CH. XXXH. — DE L’OFINION DE M. MALTHUS SLR LA RENTE. 393 « sante, ne sont pas accompagnées d’une grande augmentation de » rente ; et c’est précisément cela qui doit décider un pays riche à » importer une partie du blé qu’il consomme, s’il peut être assuré " d’en obtenir un approvisionnement uniforme. Mais dans tous les » cas, l’importation du blé étranger ne peut convenir à une nation, » à moins qu’il ne soit moins cher que le blé récolté dans le pays, » d’une valeur égale à celle des profits et de la rente que rapporte “ le blé du cru, qui est ainsi remplacé. » Voyez Grounds, etc. page 36. De même que la rente est l’effet de la cherté du blé, l’extinc tion de la rente est la suite d’un prix très-bas. Le blé étranger n’en tre jamais en concurrence avec le blé du cru qui ne paie aucun fer mage ; la baisse du prix est toujours supportée par le propriétaire, jusqu’à ce que tout son fermage soit absorbé ; si le prix baisse en core davantage, le capital ne rapportera plus les profits ordinaires , il sera détourné de la culture de la terre pour être employé autre ment , et le blé qui était récolté sur cette terre, sera alors, et pas avant, remplacé par dublé importé. L’extinction du fermage occa sionnera une perte de valeur estimée en argent, mais il y aura aug mentation de richesse. La somme totale des produits de l’agriculture et autres se trouvera augmentée par la plus grande facilité de leur production : et, quoique augmentés en quantité, ils auront diminué de valeur. Deux hommes emploient des capitaux égaux, l’un à l’agriculture, l’autre aux manufactures. Le premier capital rapporte un revenu annuel net de 12001. st., dont 1000 1. restent pour les profits, et 200 sont payées pour la rente : le capital employé dans l’industrie ne rap porte qu’une valeur de 1000 1. par an. Supposons qu’au moyen de l’importation l’on puisse obtenir la même quantité de blé en échange de marchandises qui coûtent 950 1., et qu’en conséquence le capital de l’agriculteur soit détourné vers les manufactures, où il peut pro duire une valeur de 1000 1. ; dans ce cas, le revenu net de la nation aura perdu en valeur, se trouvant réduit de 2200 1. à 2000 1.; mais il y aura non-seulement la même quantité de produits et de blé pour la consommation du pays, mais encore un surcroît égal à la quantité de produits qu’on pourra acheter avec 50 1., montant de la différence «ntre la valeur que les produits manufacturés rapportaient de l’é- Iranger, et la valeur du blé qu’on y achetait*. ' Or, voilà précisément la question à résoudre relativement aux avantages re-