CHAPITRE XIII Une visite inattendue. — Le paysan hongrois avant l’émancipation. — La corvée. — La dime. — Privilèges du paysan. — Sa situation actuelle. — Ses revenus. — Amour des procès. — Cérémonies de mariage en Hongrie. — Les préliminaires. — Repas de noce. — Condition de la femme. Nous étions re venus chezM. L..., et nous achevions de souper, — on dine au milieu du jour en Hongrie, et I on soupe le soir à sept heures, — quand la porte de la salle à manger s’ouvrit. Deux hom mes, l’un jeune et l’autre vieux, coil- fés de larges chapeaux et drapés dans de longues dalmatiques, entrèrent. — Ce ne sont pas des brigands, me dit M. L..., et je le regrette. Le plus jeune est le juge de la commune, et le plus âgé est son père. Vous m’avez demandé des renseignements sur les paysans en Hongrie ; j’ai pensé que personne ne serait mieux à même de vous en fournir que ces deux hommes ; le plus âgé est né avec le siècle, et pendant [quarante ans, au lieu de tra vailler pour son compte, il a travaillé pour son seigneur. Les deux paysans, après nous avoir serré la main, s’étaient assis. M. L... leur fit offrir du vin et du tabac. G est une vieille coutume en Hongrie, datant encore de la domination turque, de présenter aux gens qui viennent vous voir, une pipe ou un cigare. Quand un hôte arrive dans une maison de campagne, le maître du logis le conduit souvent dans une chambre réservée V r m am 3 , Un retour de noce.