DE L’ADRIATIQUE AU DANUBE. 3G5 Les clochers dores de l’église grecque et les coupoles bulbeuses de la synagogue étincellent d’un éclat oriental; la Redoute épanouit ses grandes baies mauresques au milieu des verdures de son square; et le Mercure dont le pied ailé se pose sur la Bourse semble reprendre son vol d’or dans l’air bleu. A l’est, l’œil plonge dans les profondeurs verdoyantes du Bois de la Ville, qui est le 1 c is de Boulogne et le Prater de Pest. L’immense plaine de Rabos T « 'TT# ' X (SME r , m MlWi&ll a \r • & > il- Le RudasFiV'dö. s étend dans la même direction et déroule sa nappe uniforme, toute rayée de soleil, jusque sous les murs de Belgrade. Le Rabos est la plaine sainte de la Hongrie. G est dans ces champs sacrés que les piélats, les barons, les magnats, tout flamboyants de velours et d or, étincelants de diamants et de pierreries, vêtus de riches pelisses ou drapés de peaux de tigre et de panthère, s’assemblaient autrefois pour tenir, achevai et armés, leurs diètes, à l’ombre de leurs bannières brodées, et peintes aux couleurs de leurs armoiries bizarres. Souvent la réunion finis sait par une mêlée sanglante, l’air se remplissait de cris, de hennissements sauvages; et les escadrons se choquaient avec un bruit de fer et de bataille.