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        <title>La Hongrie de l'Adriatique au Danube</title>
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      <div>290 
LA HONGRIE, DE L’ADRIATIQUE AU DANURE. 
« — Pas le moins du monde, répliquai-je d’assez méchante humeur. 
« — Alors, ayez donc la bonté de me chanter cet air que vous n’avez 
pas achevé... 
« Je m’enfonçai dans un coin de la voiture, et je fis semblant de dormir. 
« Jusqu’à notre arrivée à Arad, je m’étais flatté que la comtesse achè 
terait mon silence; mais pas même la plus petite recommandation de ne 
pas raconter ce qui nous était arrivé! A six heures, nous étions à Arad; à 
sept heures, toute la ville savait que la comtesse avait dansé, bu et mangé 
avec les brigands. Elle fut la reine du bal. Elle s’excusa de ne pouvoir 
danser, à cause de sa fatigue ; mais elle ne fut pas moins la femme la plus 
choyée et la plus recherchée de la soirée. Pour fatiguée, je vous assure 
qu elle devait l’être! Elle avait dansé avec Fekete dix-huit csardas! J’ai eu 
le temps de les compter. Moi qui n’avais pas dansé, je n’en pouvais plus et 
ne me tenais pas debout. J’allai m asseoir à une table de whist. 
« — Tu as de la veine aujourd’hui, pensai-je, hasarde-toi hardiment... 
Ah! comme je vais vous plumer, mes petits oiseaux! 
« Hélas! je perdis non-seulement tout ce que j’avais sur moi, mais encore 
mille écus sur parole. 
« Six mois après les événements que je vous ai contés, je lus dans un 
journal que Fekete Joszi, le célèbre chef de brigands, avait été pris et 
pendu à Szegedin. 
« Je courus chez la comtesse lui apprendre la nouvelle : 
« — Quel dommage! s’écria-t-elle en me rendant le journal, c’était 
un si beau danseur! »</div>
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