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        <title>Rapport sur l'organisation de l'enseignement industriel en Allemagne et en Suisse</title>
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SUR 
L’ORGANISATION DE L’ENSEIGNEMENT INDUSTRIEL 
EN ALLEMAGNE ET EN SUISSE. 
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omis/ 
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JUIN 1864: 
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¿ A 
Pi 
PARIS. 
IMPRIMERIE IMPÉRIALE. 
M DCCC LXV.
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        / 
EXTRAIT DU 2' VOLUME 
DF. L’ENQUÊTE SUR -L’ENS-EfGNEMENT PR 
VT PROFESSIONNEL. 
Bibliothek : 
MiUtÄ 
cP i 
CP
        <pb n="7" />
        RAPPORTS 
A SON EXCELLENCE LE MINISTRE DE L’AGRICULTURE 
PU COMMERCE ET DES TRAVAUX PURLICS 
SUR UNE MISSION 
HELATIVE 
A L’ORGANISATION DE L’ENSEIGNEMENT INDUSTRIEL 
EN ALLEMAGNE. 
Commissaires : MM. le général Mown , directeur du Conservatoire impérial 
des arts et métiers, Rapporteur. 
Perdonnet, directeur de l'École impériale centrale des 
arts et manufactures. 
F. Monnier , auditeur au Conseil d Etat.
        <pb n="8" />
        V i 
. ' . ^ K', U*-
        <pb n="9" />
        \ 
RAPPORT GÉNÉRAL. 
Monsieur le Ministre, 
La mission que vous nous aviez confiée avait pour but de recueillir des indica 
tions aussi précises que possible sur le régime et sur la situation des établisse 
ments d’enseignement professionnel qui existent en Allemagne. Pour l’accom 
plir aussi complètement que nous le permettait le désir que vous aviez d’être 
promptement renseigné sur ces questions, nous avons du limiter nos investi 
gations aux centres les plus importants d’enseignement et d’industrie. Mais 
nous pensons cependant en avoir assez étendu le nombre et le cercle pour qu’il 
nous soit possible de vous présenter un aperçu général de l’organisation de 
l’enseignement destiné aux ouvriers, aux commerçants, aux industriels et 
aux ingénieurs des diverses catégories, et de signaler à votre attention les ana 
logies et les différences que nous ont offertes les divers pays que nous avons 
parcourus. 
Nous avons reçu des gouvernements, des autorités, des chefs detablisse 
ments et des hommes de science l’accueil le plus bienveillant pour 1 accom 
plissement de notre mission. Partout, l’on s’est empressé de nous fournir les 
renseignements verbaux et authentiques propres à nous éclairer. C’est pour 
nous un devoir de le déclarer et de faire connaître par cet exemple que, mal 
gré les préoccupations politiques, qui à ce moment inquiétaient l’Allemagne, 
l'estime dont jouissent les doctrines scientifiques de la France, la libéralité avec 
laquelle elle ouvre aux étrangers, comme aux nationaux, ses établissements 
d’instruction, ont établi entre ses hommes de science et ceux du monde entier 
des liens et des sentiments de bienveillance que les questions politiques ne 
peuvent altérer. 
Partis de Paris le 6 mars, nous avons visité les établissements d’instruction 
industrielle et professionnelle d’Elberfeld, de Hanovre, de Brunswick, de Ber 
lin, de Dresde, de Prague, de Vienne, de Nuremberg, de Munich, de Zurich, 
de Stuttgard et de Carlsruhe, et nous sommes rentrés à Paris le i6 avril. 
M. Perdonnet, rappelé par les exigences de ses fonctions, avait du se séparer de 
nous, A Vienne, le 27 mars. Mais dans son retour il a visité séparément Stutt 
gard, Zurich et Carlsruhe.
        <pb n="10" />
        4 
Nous chercherons à grouper, clans notre rapport, tous les renseignements 
cjue nous avons pu recueillir sur l’organisation de l’enseignement clans un même 
pays, pour permettre d’en apprécier l’ensemble et la coordination, mais ces 
documents, assez volumineux, et qui contiendront beaucoup de tableaux et de 
chiffres, pouvant exiger pour la lecture un temps assez long, et quelque étude 
pour en bien apprécier les différences et les analogies, nous avons pensé que 
nous rendrions notre travail plus facile è lire, et surtout plus utile au but pro 
posé, en indiquant d’abord l’ensemble des institutions similaires adoptées, sauf 
à signaler en passant les variétés qu’elles présentent, et en déduisant de celte 
exposition les conséquences générales qui nous semblent en découler. 
Cet exposé plus rapide, en faisant connaître les idées générales et systéma 
tiques adoptées en Allemagne permettra, d’ailleurs, de rechercher plus facile 
ment quels seraient, pour arriver au même but, les moyens le mieux en rap 
port avec nos mœurs et nos institutions. 
ORGANISATION GÉNÉRALE 
DE L’ENSEIGNEMENT EN ALLEMAGNE. 
DK L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE. 
La base et le point de départ de toute instruction publique étant i’enseignc- 
mant primaire, et, sous ce rapport, celle de notre population laissant encore 
beaucoup trop à désirer, malgré les sacrifices considérables que l’Etat ne cesse 
de faire et d’accroître, pour étendre le bienfait de la loi du % i juin i 8o3 , nous 
avons dû nous préoccuper de la manière dont en Allemagne cet enseignement 
est organisé, et des compléments successifs qui lui sont donnés. 
Nous n avions pas oublié, en effet, Monsieur le Ministre, les déclarations 
recueillies dans l’enquête que vous avez ouverte, et par lesquelles plusieurs 
chefs de notre industrie ont signalé la difficulté qu’ils éprouvent à trouver, parmi 
leurs ouvriers les plus intelligents, des contre-maîtres possédant suffisamment 
les connaissances primaires les plus élémentaires. 
D’un autre coté, l’ignorance des langues étrangères, trop générale eu France, 
est aussi pour notre industrie, et surtout pour les relations commerciales, un 
juste sujet de regrets, de sorte que, pour certaines industries et pour la cor 
respondance, l’on est obligé d’aller demander à l’étranger et des contre maîtres 
et des employés de bureau. 
L’instruction littéraire donnée aux jeunes gens, qui se destinent simplement
        <pb n="11" />
        — 5 — 
il la carrière commerciale, devait donc appeler notre attention, aussi bien que 
1 enseignement technique. 
Tels sont les motifs qui nous ont engagés a nous occuper de ces deux oulies 
d’études, que nous devons regretter de ne pas voir plus complètement pour 
suivies en France, en même temps que nous devions examinei 1 oiganisation 
de l’enseignement des sciences appliquées. 
Dans tous les pays que nous avons visités, quelles que soient la forme du 
gouvernement ou la religion, les lois et les mœurs rendent l’instruction pri 
maire obligatoire. Nulle part l’on n admet que le père de famille ait, au détri 
ment de la société, le droit de priver ses enfants de cette première nourriture 
intellectuelle, pas plus que de celle du corps. 
Des lois et des règlements formels établissent cette obligation, une surveil 
lance spéciale est exercée pour en constater l’observation, qui est en outre 
assurée par des pénalités graduées , qui sont d’abord f admonestation par un ma 
gistrat ou par une autorité spéciale, ensuite l’amende, enfin la prison (1) . 
Ces règles sont aussi sévèrement observées dans la Suisse républicaine que 
dans la monarchique Autriche.Partout elles sont acceptées, et il est rare qu’on 
cherche à s’y soustraire sans motifs légitimes. 
Mais des motifs de cette nature n’existent que trop souvent dans les cam 
pagnes. L’isolement, la dissémination des habitations, l’état des chemins, la 
nature montagneuse des pays sont autant d obstacles devant lesquels I on est 
parfois obligé de laisser fléchir la règle, au moins momentanément. 
Ainsi, tandis que sur le nombre total des enfants qui ont atteint l’âge de six 
ans où ils doivent aller à l’école primaire, elle est réellement fréquentée dans : 
La Haute-Autriche. par 
La Basse-Autriche 
La Styrie 
Le Tyrol 
99,2 sur loo, 
00,0 
9^9 
99'' 
La Bohême 
La Moravie 
La proportion s’abaisse pour : 
La Hongrie, en général, a 
La Carinthie 
La Vénétie . 
La Croatie. . 
", Potlr les parents pauvres dispensés de la rétribution scolaire, l'amende esl convertie 
en journées de travail au profit de la commune.
        <pb n="12" />
        Mais il y a lieu de dire que l’empire d’Autriche présente , pour la dillusion de 
¡’instruction, cette circonstance particulière, que les populations qui en l'ont 
partie se servent de dix-neuf langues ou idiomes différents, ce qui oblige à 
enseigner presque partout au moins deux langues : la langue maternelle d’a 
bord , et l’allemand ensuite. 
Dans l’Allemagne centrale et en Suisse la fréquentation est générale et 
assurée par une surveillance régulière dont nous fournissons des exemples : 
(rapport sur la Bavière). Mais, malgré les obstacles naturels ou l’inertie de 
certaines populations isolées du mouvement intellectuel, partout le principe 
subsiste; aussi, l’exception étonne-t-elle, quand elle ne se présente pas comme 
la conséquence de circonstances évidentes. 
C’est ainsi que le colonel d’un régiment d’un des petits Etats d’Allemagne ayant 
trouvé sur un contingent de huit cents hommes, qui lui étaient récemment 
envoyés, quatre jeunes gens qui ne savaient pas lire, le fait parut assez extraor 
dinaire pour qu’on fit ouvrir une enquête, afin d’en avoir l’explication. 
DUCHÉ DE JîADE. PRISONNIERS. 
Une preuve de 1 accomplissement de ce devoir nous est fournie par la sta 
tistique commerciale du grand-duché de Bade fl) , qui contient les résultats 
suivants relatifs aux condamnés à des peines diverses, c’est-à-dire à la partie 
la plus infime de la population. 
Sur îoo condamnés, it y avait en. 
HOMMES. 
Sachant lire et écrire 
Sachant lire, mais non écrire. 
Ne sachant ni lire ni écrire. . . 
Sachant lire et écrire 
Sachant lire, mais non écrire. 
Ne sachant ni lire ni écrire.. . 
1859. 
97,21 
1,02 
1,76 
92,14 
0,71 
7,14 
i860. 
97,79 
0,14 
2,05 
94,21 
1,73 
4,04 
,86,. 
97,38 
0,13 
2,47 
88,17 
0,29 
4,72 
97,40 
0,43 
2,09 
91,77 
2,58 
5,30 
Il faut cependant reconnaître que, malgré les prescriptions de la loi, et 
sens que des circonstances spéciales puissent en justifier l’inobservation, il y a 
(1) Die Gewerbe im Grossherzogthum Baden, par M. le docteur R. Diclz page 102).
        <pb n="13" />
        — 7 — 
dans certains Etats des inégalités et des irrégularités très-grandes dans la fré 
quentation réelle des écoles primaires. C’est ce qui est rendu manifeste en 
particulier pour l’Autriche, ainsi que nous venons de l’indiquer, et comme ou 
peut le voir dans un rapport ^ sur les écoles en Autriche adresse en 18(32 a 
M. le chevalier de Schmerling, ministre d’État. Nous reproduisons en entier, 
dans la partie de notre travail qui concerne spécialement l’Autriche, les résul 
tats statistiques curieux contenus dans ce rapport. 
Mais si la fréquentation des écoles est assurée par l’exécution de la loi, on 
peut se demander si le résultat obtenu répond à ses exigences, et quelle est 
en définitive la proportion des jeunes gens sachant lire et écrire, au nombre 
total de ceux du même âge. 
Les renseignements ne sont pas à ce sujet aussi complets que nous pourrions 
le désirer; cependant nous pouvons citer quelques résultats assez caractéris 
tiques. 
En Bavière, parmi les jeunes soldats appelés sous les drapeaux en 1 86A, le 
nombre de ceux qui ne savaient qu’imparfaitement lire et écrire ou qui ne 
savaient que lire a été en moyenne de 8 sur 100. 
En Prusse, la proportion des enfants de l’âge de 5 à 12 ou 1 4 ans qui 
suivent réellement les écoles primaires à ceux qui y sont astreints est de : 
978 sur 1000 pour les garçons; 
971 sur 1000 pour les filles. 
La proportion moyenne serait donc de 974 enfants qui, sur 1000, fré 
quenteraient les écoles, ce qui, pour .8900000 enfants de l’âge fixé, corres 
pondrait à une fréquentation de 8798600, et à l’absence de 101/100 enfants, 
et non de 600000 comme le pense le ministère de l’instruction publique. 
D’une autre part, les statistiques du recrutement de l’armée apprennent 
que, sur 1000 hommes de recrues arrivant au corps, il n’y en a en moyenne 
que 3o qui ne sachent ni lire ni éciiie ( • 
En Saxe, le nombre des enfants de G A ,6 ans devant suivre les écoles pri- 
, ï 870802 enfants. 
maires est cle ' 
Les écoles sont en réalité fréquentées pai . . 719 o 
Différence en plus. . . . 
1178 
rn Bericht über die Austeilung een Schul und Uulerrichlsgegenstäaden in IVien. , S6, 
W Voir le rapport particulier cle la Prusse.
        <pb n="14" />
        Cet excès de fréquentation est attribué à ce qu’un certain nombre d’enfants 
entrent à l’école avant 6 ans, et que d’autres les suivent après i à ans. 
Il y a, en outre, un assez grand nombre d’élèves étrangers attirés par la 
réputation des écoles saxonnes. 
Dans son ouvrage statistique sur la Saxe, M. le docteur E. Engel a donné, 
quant au recrutement de l’armée, les résultats suivants : 
1847. 
,848. 
185 ï 
1862. 
ANNEES. 
NOMBRE D’HOMMES SUR 1000 
SACHANT LIRE 
et écrire. 
957 
967 
960 
966 
SACHANT LIRE 
seulement. 
23 
20 
17 
16 
NE SACHANT 
ni lire 
ni écrire. 
19 
13 
16 
18 
RESULTATS DE L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE EN FRANCE. 
Si nous rapprochons les résultats obtenus en Allemagne de ceux qui chaque 
année sont constatés et recueillis avec soin par le ministère de la guerre, nous 
sommes forcés de reconnaître toute l’infériorité de notre population sous ce 
rapport, et la lenteur des progrès que fait en France l’instruction primaire. 
Le tableau suivant contient : 
i° Les nombres des jeunes gens de 20 ans de toute la France appelés à 
concourir au tirage pour le recrutement, c’est-à-dire la totalité des ieunes 
hommes de cet âge dans le pays; 
2 0 Le nombre de ceux quine savaient ni lire ni écrire; 
3° Enfin la proportion de ce dernier nombre au premier depuis l’an 
née 1828 jusqu’à 1862 inclusivement, c’est-à-dire pendant une période de 
trente-quatre ans, dans laquelle se trouvent les vingt-neuf années qui se sont 
écoulées depuis la mise en vigueur de la loi de 1 833 , qui a pu commencer à 
manifester ses effets pour les hommes de cet âge à dater de 1 8A 5 et 18 A6, ou 
depuis environ seize ans.
        <pb n="15" />
        9 
i able au indiquant, pour ¡es classes de 1828 à 1862 inclusivement, le nombre des jeunes 
(fens qui, ayant concouru au tirage, ont été signalés comme ne sachant ni lire ni 
écrire. 
1828. 
,82g. 
1 83o. 
1831. 
1882. 
1833. 
1834. 
1835. 
1836. 
,83-y. 
,838. 
:83g. 
1840.. 
1841. 
1842. . 
,843.. 
1844.. 
845. . 
,846.. 
84?. . 
1848.. 
kg.. 
1Î.jO. . 
1 o J 1 . 
852. 
. 33. 
854. 
1855. 
1856. 
1807. 
i858. 
:85g. 
, 860. 
1861. 
1862. 
CLASSES. 
NOMBRE 
TOTAL 
des jeunes gens 
appelés à concourir 
au tirage. 
282 985 
294 975 
294 593 
293 978 
277 477 
285 805 
326 298 
309 376 
309 516 
294 021 
287 311 
314 521 
300 717 
300 822 
304 222 
304 098 
308 000 
300 775 
307 091 
304 905 
305 124 
304 023 
305 712 
311 218 
295 762 
301 295 
306 622 
317 855 
310 289 
294761 
305 330 
306 314 
312 204 
321 435 
323 070 
NOMBRE 
DE JEUNES GENS 
ne sachant ni lire 
ni écrire. 
149 824 
153 635 
146 502 
143 752 
131 353 
131 OU 
149 195 
139 585 
130 294 
128 127 
120 436 
130 434 
125 700 
121 698 
122 058 
1 18 700 
117879 
111382 
109 038 
106 443 
106 138 
106 279 
104 995 
105 900 
98 671 
99 548 
99 600 
102 495 
97 875 
90 373 
92 579 
80878 
90 781 
90 942 
88 796 
NOMBRE 
DE JEUNES GENS 
de 20 ans 
ne sachant ni lire 
ni écrire, 
sur 1000. 
530 
521 
496 
488 
474 
458 
457 
450 
440 
435 
419 
414 
418 
406 
401 
387 
382 
370 
356 
348 
348 
350 
344 
341 
335 
330 
324 
321 
317 
306 
302 
266 
293 
283 
274
        <pb n="16" />
        L’examen de la dernière colonne nous montre : 
i° Que sur 1000 jeunes gens ayant 20 ans en 1828, c’est-à-dire nés en 1808, 
au milieu de la période de nos grandes guerres, il y en avait 53o, ou plus de la 
moitié , qui ne savaient ni lire ni écrire; 
2 0 Que sur le même nombre de jeunes gens nés en 1810 qui, en 1 833 , à 
l’époque de la promulgation de la loi sur l’instruction primaire avaient 20 ans, 
il y en avait encore 658, ou près de la moitié, aussi ignorants; 
3° Qu’a près vingt-neuf ans de cette loi bienfaisante et populaire, malgré les 
sacrifices toujours croissants du gouvernement qui, de 100000 francs alloués 
à l’instruction primaire en 1829, s’élevaient en 1848 à 8700000 francs, et en 
1861 à 6797000 francs, il y en a encore, sur 1000 276 ou plus du quart 
qui ne savent ni lire ni écrire. 
Si I on représente graphiquement les données de ce tableau, en prenant les 
années pour abscisses à l’échelle de 5 millimètres pour une année, et pour 
ordonnées les nombres d’hommes qui, sur 1000, ne savent ni lire ni écrire 
à l’échelle de 25 millimètres pour 100 hommes, on obtient la courbe que 
présente la figure pl. 1. 
Elle montre avec quelle lenteur, on pourrait dire désespérante, diminue le 
nombre des jeunes gens qui ne savent ni lire ni écrire, malgré les ressources 
croissantes que les communes, les départements et l’Etat ne cessent de consa 
crer à cette partie fondamentale de ¡instruction publique. 
L’on voit, en effet, que, tandis que la somme inscrite au budjet de l’Etat pour 
l’instruction primaire a été portée de 100000 francs quelle était en 1829 a 
6797000 francs en 1861, c’est-à-dire est devenue 68 fois plus forte, et que 
les dépenses des communes ont crû dans une' proportion encore beaucoup plus 
grande, le nombre des hommes de 20 ans qui ne savent ni lire ni écrire n’a 
diminué que dans le rapport de 53o à 276 sur 1000 ou de moins de moitié. 
Celte diminution parait même devenir de plus en plus lente, malgré l’ac 
croissement inverse des sacrifices pécuniaires, et la continuité de la courbe qui 
en indique la loi semble montrer que, tant qu’il ne sera pas pris de mesures 
plus efficaces que des allocations financières e! que des créations d’écoles, ou 
ne pourra pas se flatter de voir cette proportion descendre seulement à celle de 
10 ignorants sur 100 hommes âgés de 20 ans avant cinquante ans. 
Nous n’avons pas à nous occuper dans ce rapport des moyens à employer 
pour obtenir ce résultat si désirable, que tout homme appelé par les lois à jouir 
de ses droits de citoyen et à en remplir les devoirs sache au moins lire et 
écrire. Mais nous ne pouvons nous empêcher d’exprimer la conviction profonde
        <pb n="17" />
        depuis 1828 jusqu’à 1861 inclusivement. 
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Imprimerie Impériale
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        <pb n="19" />
        que ce n’est pas seulement par les progrès des mœurs et de la civilisation et par 
des sacrifices pécuniaires de l’Etat qu’on peut se Halter de 1 atteindre. Les rensei 
gnements authentiques que nous avons recueillis en Allemagne, nous montrent 
au contraire que dans les pays où la loi a rendu l’ensignement primaire obliga 
toire pour tous, et où une surveillance paternelle, mais exacte, plutôt que 
les peines édictées, mais rarement appliquées, en assure l’exécution, le prin 
cipe est si bien passé dans les mœurs que presque personne ne songe à s’y sous 
traire, et qu’après moins de trente ans environ, depuis la promulgation de ces 
lois, tout homme de 20 ans en Allemagne sait lire et écrire, tandis qu’en France, 
tous nos sacrifices, pendant le même laps de temps, 11’ont abouti qu’à diminuer 
de moins de moitié le nombre des ignorants. 
Quand on en a la ferme volonté, il n’est pas aussi difficile qu’on pourrait Je 
croire d’obliger même tous les enfants d’une commune à suivre les leçons de 
l’école primaire. 
Les autorités municipales cl ecclésiastiques, les propriétaires peuvent à ce 
sujet exercer une très-grande influence et obtenir ce résultat. 
La contrainte légale pour un motif si légitime est facilement acceptée dans 
les pays qui y sont le moins préparés. C’est ainsi que, quand par suite des trai 
tés de 181 5, la Prusse prit possession du duché de Posen , qui comptait alors un 
million d’habitants, et où il n’y avait que 20 écoles primaires, le gouvernement 
prussien \ introduisit l’obligation de fréquenter les écoles et n éprouva aucune 
difficulté. Il en lut de même dans les provinces Rhénanes, qui passèrent alors 
du régime français à celui de la Prusse. 
Si nos mœurs, si le caractère national se refusent à la coercition légale, il 
est d’autres moyens qui pourraient au moins accélérer le progrès, mais, ainsi 
que nous l'avons déjà dit, nous n’avons pas pour le moment mission de les 
indiquer; nous devons nous borner à faire connaître les données que nous 
avons recueillies sur cette importante question, si intimement liée à celle de 
l’instruction professionnelle et industrielle. 
ENSEIGNEMENT ÉLÉMENTAIRE DU DESSIN. 
Les programmes de l’enseignement primaire, outre la religion, la lecture, 
1 écriture, les éléments de l’arithmétique, des notions d’histoire et de géogra 
phie, comprennent presque partout, pour les garçons de même que pour les 
filles, l’étude du dessin à main levée, comme préparation aux enseignements 
ultérieurs. 
DÉPENSES. 
La dépense des écoles primaires est, en principe, à la charge de la coin-
        <pb n="20" />
        I 
— 12 — 
mune, mais l’Etat vient en aide aux communes pauvres. La rétribution scolaire, 
toujours très-faible, n’est exigée que de ceux qui ont les ressources suffisantes; 
pour les pauvres l’enseignement est gratuit. 
APPRENTIS. 
Dans une grande partie de l’Allemagne, les corporations de métiers existent 
encore, mais avec des prérogatives très-restreintes. L’apprentissage y est réglé 
et ne peut être considéré comme terminé qu’après des épreuves pour lesquelles 
interviennent, la plupart du temps, des personnes étrangères à la corpora 
tion. Parmi les obligations de l’apprenti, on retrouve à peu près partout celle 
de fréquenter, jusqu’à l’âge de 16 à 18 ans, les leçons du dimanche et des 
jours de fêtes, et parfois celles du soir, qui sont données à l’école primaire. 
Ces leçons, qui ont pour objet de perfectionner l’enseignement que ces 
jeunes gens ont reçu, en le développant davantage, sont un complément, non- 
seulement très-utile, mais que nous croyons même indispensable, des études de 
l’école primaire. 
Elles répondent à peu près à ce que prescrivait pour nos écoles la loi de i 83d 
sous Je nom d’instruction primaire supérieure. Elles offrent en outre le grand 
avantage d’empêcher les jeunes gens d oublier ce qu’ils ont appris à l’école pri 
maire, de les familiariser complètement avec les notions élémentaires qu’ils y 
ont reçues, en même temps quelles permettent à ceux qui sont plus arriérés 
de réparer le temps perdu. Les excuses plus ou moins valables que l’on donne 
pour expliquer l’absence de l’école primaire aux jours ouvrables ne peuvent 
d'ailleurs exister pour celles du dimanche. 
L’obligation de les suivre est réglée par des mesures disciplinaires analogues 
à celles qui sont prises pour les premières écoles, et dans certains pays, les 
patrons, qui occupent des apprentis, sont rendus responsables de l’assiduité de 
ceux-ci aux leçons du dimanche. 
A Carlsruhe, il y a en outre des cours faits le malin avant les heures du tra 
vail de l’atelier. Ils sont obligatoires jusqu’à 17 ans. On en verra le détail dans 
le rapport spécial au grand duché de Bade. 
Malgré des différences assez notables d’un pays à un autre, cette obligation 
de suivre les écoles du dimanche est généralement imposée aux jeunes gens 
sortis de l’école primaire, jusqu’à 16 ou 18 ans. Elle a pour résultat de les for 
tifier dans leurs premières études, de leur donner quelque instruction en dessin, 
en géométrie, en arithmétique commerciale et en ce qui concerne les profes 
sions principales qui peuvent être exercées dans la localité. 
Cette instruction est d’ailleurs gratuite et à la charge des communes.
        <pb n="21" />
        13 
DES ENFANTS EMPLOYÉS DANS LES FABRIQUES. 
Le travail des enfants dans les fabriques est, connue on ne le sait que trop, 
à la fois une nécessité et un des plus grands obstacles au développement phy 
sique, intellectuel et moral des populations ouvrières. Si la commission a 
entendu à ce sujet de tristes renseignements, elle a reçu de la part de plusieurs 
fabricants et de la société industrielle de Mulhouse l’expression de vœux, aussi 
honorables que philantropiques, qui, pour remédier au moins au défaut d’ins 
truction, proposent de réduire la durée du travail des enfants et des apprentis 
à six heures par jour; le reste étant consacré à 1 instruction et. aux exercices 
utiles à leur age. 
Depuis i 83y le gouvernement prussien n’a cessé de prendre, dans le triple 
intérêt de la société, de l’instruction et de la moralité de l’enfance, des mesures 
efficaces. 
D’après les dernières ordonnances ( i 6 mai 1853) : 
« Les enfants ne peuvent être admis à travailler dans les fabriques qu’a près 
«avoir atteint läge de i 2 ans révolus (l) . 
« Depuis le i cr octobre j 853, les jeunes gens au-dessous de 1 6 ans ne peuvent 
«être admis à travailler dans les fabriques, qu’après que leur père ou tuteur a 
« remis un livret constatant qu’ils savent lire et écrire. Le fabricant doit conser- 
« ver ce livret et le tenir à la disposition des autorités. 
«Les enfants, jusqu’à läge de 1/4 ans révolus, ne peuvent être assujettis à 
« travailler plus de six heures par jour. Trois heures par jour seront consacrées à 
« l’instruction. 
«¡I est complètement interdit de faire travailler des enfants de moins de 
«seize ans avant cinq heures et demie du matin et après huit heures du 
« soir. » 
Des amendes graduées, croissantes en cas de récidive, punissent les infrac 
tions à ces règles protectrices de l'enfance, et même, dans le cas de trois infrac 
tions constatées dans l’espace de cinq ans, le juge peut interdire, pendant un 
temps donné, le travail des enfants dans une fabrique. 
Cette suspension est obligatoire s’il y a eu six infractions à la règle dans le 
même espace de temps de cinq ans. 
Le gouvernement nomme des inspecteurs chargés de veiller à l’exécution du 
îègiement, qui est signé par le Roi, à la date du 18 août i 853. 
Voir le rapport sur la Prusse.
        <pb n="22" />
        s 
— 14 -- 
D’autres articles prescrivent de surveiller les fabriques au point de vue de la 
salubrité et des mœurs, de séparer les filles âgées de moins de i6 ans des 
hommes et des garçons; d’isoler les sexes s’il y a des dortoirs, etc. 
Une mesure, conservatrice de l’autorité paternelle, prescrit de ne faire la 
paye qu’entre les mains des parents. 
Une autre ordonne de s’assurer si le genre d’occupation ou la nature des 
préparations n’est pas nuisible à la santé des enfants. 
Enfin, on recommande de veiller à ce qu’une ventilation convenable soit éta 
blie dans les ateliers où se développent des poussières, etc. 
Nous avons rapporté ici ces prescriptions que l’on trouvera plus détaillées 
dans le rapport particulier sur la Prusse, parce quelles indiquent combien le 
gouvernement prussien s’est sagement et paternellement préoccupé de tout ce 
qui concerne l’enfance et la jeunesse. 
Le Gouvernement autrichien et celui de la Saxe ne se sont pas montrés 
moins préoccupés de cette question. (Voir aux rapports sur l’Autriche et sur la 
Saxe.) 
ÉCOLES D’APPRENTISSAGE. 
Outre les écoles destinées à perfectionner l’instruction que les apprentis ont 
reçue dans les écoles primaires, en leur donnant les notions de sciences et de 
dessin qui peuvent leur être utiles, il a été créé dans quelques parties de l’Alle 
magne, mais en assez petit nombre, des écoles spéciales destinées à former ou 
à perfectionner des ouvriers dans certaines professions. Les unes sont perma 
nentes, les autres temporaires, et n’ont pour but que d introduire certaines 
industries dans quelques contrées. Lorsque ce but a été atteint, l’école, qui 
n’est plus nécessaire, est supprimée. Nous en indiquerons des exemples, et en 
particulier dans le grand-duché de Bade. 
La condition des populations a Je plus souvent déterminé ces créations, 
qui généralement ont été établies dans les parties les plus pauvres et les plus 
peuplées des Etals. Ainsi, en Silésie, où régnait une grande misère, le gouver 
nement prussien a développé avec succès par des enseignements de ce genre 
les industries de la fabrication des lapis turcs et celle de la dentelle, qui sont 
devenues pour le pays une grande ressource et l’objet d’un commerce assez 
important. 
Dans le grand-duché de Bade (1) , l’on a organisé, sous le nom d’écoles d’in 
dustrie ( Industries Schule) des enseignements de ce genre pour relever l’an 
cienne horlogerie, qui était en décadence, pour perfectionner la fabrication des 
(') Rapport sur le grand-duché de Bade.
        <pb n="23" />
        — 15 
tresses pour les chapeaux de paille, pour la peinture sur émail, sur pou daine 
et sur poteries. 
Des résultats non moins favorables ont ete obtenus, on le sait, en Belgique, 
dans la Flandre occidentale, d’où 1 organisation de soixante ecoles communales 
de tissage a fait disparaître la lèpre de la mendicité. 
A Elberfeld, en Prusse, à Stuttgard, en Wurtemberg, Ion a crée des écoles 
permanentes de tissage, qui ont pour objet de faire connaître à des jeunes gens 
la théorie complète de cette industrie, la composition, la décomposition des 
dessins, la mise en cartes, le montage et le travail au métier. 
Mais la première paraît cire plutôt (lj destinée à l’instruction des lils de 
fabricants de cette ville, et à leur faire connaître les principes généraux de la 
fabrication, qu’au perfectionnement d’ouvriers déjà exercés. Quoique les jeunes 
gens y reçoivent une instruction théorique assez complète, les résultats nous 
paraissent peu en proportion avec les dépenses. 
Ea seconde école de ce genre, créée à Stuttgard ne reçoit, comme on le verra 
à la partie de ce rapport qui concerne le Wurtemberg, que des ouvriers déjà 
formés, ayant suivi avec succès les cours donnés aux apprentis, et particulière 
ment ceux de dessin. Ils sont choisis parmi les tisserands de profession, recon 
nus les plus intelligents et les plus laborieux. 
Einstruction théorique qu’on leur donne est menée de iront avec le travail 
de l’atelier, qu’ils doivent continuer et pratiquer six heures par jour, pour su dire 
à leurs dépenses. Quand ils ont bien acquis la connaissance complète de la 
théorie du tissage, dans tous ses détails et ses applications, on les envoie à 
l’étranger avec une subvention, travailler dans les meilleures fabriques pour s’y 
perfectionner. Rentrés dans leur patrie, ils y deviennent de bons chefs d’ateliers 
et de fabriques. 
E on voit par ces exemples que, dans certains cas et pour des buts tempo 
raires ou permanents, des ateliers d apprentissage peuvent avoir leur utilité. 
E’ou ne doit pas oublier qu’en 1810 un atelier de filature de coton, installe 
temporairement au Conservatoire des arts et métiers, a servi à former un assez 
grand nombre d’ouvriers, qui ont ensuite répandu dans le pays cette industrie 
devenue si importante. 
ÉCOLES DE PERFECTIONNEMENT DES JEUNES GENS (fORTBILDUNGS SCHULEN). 
Sous ce titre, il existe en Allemagne des institutions qui ont toutes, avec des 
formes différentes, pour but 1 instruction professionnelle proprement dite des 
(t Voir le rapport sur la Prusse, Etberteld.
        <pb n="24" />
        — 16 — 
ouvriers. Au premier rang des matières de l’enseignement de ces écoles ou 
cours, qui se tiennent le dimanche ou le soir, figurent toujours le dessin à main 
levée et le dessin linéaire. Dans certains pays, comme en Wurtemberg, comme 
en Bavière, à Nuremberg, le dessin est l’objet spécial de ces écoles, et les pro 
grès qu’il a fait faire à toutes les industries qui ont besoin de cet art sont assez 
frappants et assez, universellement reconnus pour rendre évidentes futilité et la 
nécessité de ce genre d’enseignement. 
Il suffit de jeter les yeux sur ces jouets d’enfants si variés que l’industrie de 
Nuremberg répand dans le monde entier, pour reconnaître que les progrès ont 
été dus à cette diffusion de l’art du dessin. Les plus petites figures, les hommes, 
les animaux, tout, est aujourd’hui produit avec des formes presque artistiques, 
et cependant tous ces objets sont fabriqués dans les chaumières des parties les 
plus montagneuses du pays. Ils occupent depuis les enfants de l’Age le plus 
tendre, dès qu’ils peuvent manier un petit couteau, jusqu’au père de famille, 
et cette industrie du loyer domestique, qui n’éloigne pas du travail des champs, 
répand l’aisance dans des contrées naturellement pauvres et arides. 
Nos fabricants parisiens de jouets et d’objets d é tren nés sont encore bien 
loin sous ce rapport, il faut le dire, de leurs rivaux de Nuremberg. 
Dans un genre plus relevé, la sculpture sur bois, sur ivoire et sur pierre , 
s’est propagée en même temps quelle s’est rapprochée des règles de l’art, au 
moins quant à l’exécution. Le goût des compositions laisse sans doute A désirer, 
mais, ainsi qu’on l’a fait observer justement en France, c’est le public qui 
contribue beaucoup à former celui des artistes. 
Quoi qu’il en soit, les écoles de dessin communales répandues à profusion 
et soumises A des directions générales aussi actives qu’intelligentes dans le 
Wurtemberg et dans Je grand-duché de Bade, les écoles du dimanche et 
du soir pour les apprentis et les ouvriers dans le reste de fAllemagne, ont. 
fait faire, tant pour le dessin artistique que pour le dessin linéaire et pour 
la pratique des métiers aux ouvriers allemands, des progrès très-remar 
quables, auxquels il importe que la France réfléchisse dans l’intérêt de son 
industrie. 
L’école supérieure de dessin de Nuremberg (l: dont le directeur a pris 
pour règle que, pour former d’habiles dessinateurs industriels, il faut faire 
passer les élèves par tous les degrés du dessin artistique, a exercé sur l’indus 
trie des pays voisins une très-heureuse influence. C’est là qu’on envoie, des divers 
Etats, se perfectionner, les élèves les plus distingués des écoles inférieures, 
(l) Voir le rapport sur Nuremberg.
        <pb n="25" />
        3 
— 17 — 
pour qu’ils reviennent dans leur pays natal propager le talent quils ont pu 
acquérir. 
Ce résultat, bien connu de tous les hommes qui s’occupent de ces questions 
en Allemagne, prouve l’utilité d’une école normale de dessin, dirigée en vue 
de l’art industriel, dont nos artistes réclament la création depuis plus de 
douze ans. 
La plupart des autres écoles pour le perfectionnement de l’instruction des 
ouvriers, tout en s’occupant beaucoup du dessin, ont plus spécialement pour 
objet son application aux travaux des diverses professions de maçons, de 
charpentiers, de menuisiers, de serruriers, de mécaniciens, etc. On y fait 
exécuter à chacun les dessins des objets relatifs à sa profession, et on y joint 
des leçons et des exercices de calcul, de géométrie, etc. 
Ces cours ont lieu le plus souvent le dimanche et le soir dans les locaux 
allectés aux écoles industrielles d’un ordre plus élevé, où l’enseignement est 
donné le jour et dont nous parlerons plus loin sous le nom d’écoles indus 
trielles (Gewerbeschule) en ce qui concerne la Prusse, et d’écoles réelles pour 
l’Autriche. 
On trouvera d’ailleurs les programmes des diverses institutions de ce genre 
dans les rapports particuliers aux différents Etats que nous avons visités. 
ÉCOLES ANALOGUES EN AUTRICHE. 
Le but que se proposent les écoles dites Fortbildung schalen ou Handwerkers 
chulen est également rempli en Autriche par celles que, dans ce pays, on 
nomme écoles industrielles (Gewerbeschule) et qui sont annexées à des établis 
sements d’ordre un peu supérieur. 
Dans cet empire, ces écoles sont ¡assez récentes et elles ont été principa 
lement fondées par des sociétés industrielles dont les membres, presque tous 
chefs d’établissements, se sont réciproquement imposé la condition de faire 
suivre les cours par leurs jeunes ouvriers dans la dernière année de leur 
apprentissage, et à payer une subvention même quand ils nauraient pas d ap 
prentis. 
L’enseignement y est partagé en classe élémentaire et en sections spéciales. 
Dans la première, les élèves se perfectionnent dans la lecture, le calcul; 1 écri 
ture, et surtout dans le dessin. Dans les sections spéciales, on leur fait étudier 
et dessiner tout ce qui est relatif à leur profession. 
Ainsi, dans l’école de Gumpendoij, à Vienne, on enseigne ce qui peut être 
utile aux tisserands, aux ouvriers en soieries, en rubans, en passementerie, 
aux teinturiers, etc.
        <pb n="26" />
        A celle du faubourg de Wiéden, on s’occupe de ce qui concerne les machines 
et les industries des tourneurs, des menuisiers, des relieurs, des ciseleurs, 
des fondeurs, etc. 
Dans une autre école du faubourg de Wiéden on traite de tous les détails de 
l’industrie du bâtiment. 
ASSOCIATIONS VOLONTAIRES D’OUVRIERS. 
Outre les écoles et les cours spéciaux d’instruction et d’ouvriers, il s’est 
formé particulièrement en 18A8, dans différentes parties de l’Allemagne des 
associations d’ouvriers dans le but ostensible et jusqu’ici réel, au moins en 
apparence, de fournir aux membres des moyens divers d’accroître leur instruc 
tion, d’améliorer leur position, et parfois de se secourir, de s’entraider mu 
tuellement. Mais dans quelques pays, en Hanovre et en Prusse, par exemple, 
ces sociétés ne se sont pas contentées d’etre purement locales, elles se sont 
affiliées les unes aux autres, et, sous le masque de réunions d’instruction, 
quelques-unes sont devenues, même par la nature des sujets, qui sont traités 
dans leur sein, de véritables associations où l’on s’occupe, non encore des 
questions politiques du jour, mais de ces questions d’organisation sociale, 
qui peuvent conduire à des écarts si funestes aux populations ouvrières elles- 
mêmes. 
Nous avons assisté à quelques-unes des réunions de sociétés de ce genre (J) , 
et, quoique tout ce. que nous y avons vu et entendu ne puisse être le sujet 
d’aucun blâme, nous pensons qu’il y a dans quelques-unes un vice d’organisa 
tion qui, en des moments d’agitation, peut devenir dangereux. 
Ainsi, la société dite Handwerker- Verein de Berlin, composée de 3ooo membres , 
offre à la fois un exemple de l’utilité de semblables réunions et de la nécessité 
d’exercer un contrôle très-attentif sur leurs tendances et sur les questions traitées 
par les professeurs. 
Le soir de 8 heures à i o heures et le dimanche depuis 8 heures du matin 
jusqu’à 4 heures du soir, des leçons diverses sont données sur la géométrie, 
sur l’algèbre, sur le dessin à main levée, sur le dessin de bâtiment et sur celui 
des machines, sur la géométrie descriptive, sur la perspective, sur la compta 
bilité commerciale, sur la sténographie, sur la calligraphie, sur les langues fran 
çaise et anglaise, sur le style épistolaire, sur la géographie. 
A ces leçons, qui forment l’objet de cours spéciaux très-suivis, sont jointes 
des séances plus générales, et pendant les mois de janvier, février et mars 186/j. 
Voir le rapport sur le Hanovre.
        <pb n="27" />
        3. 
— 19 — 
outre des conférences sur l’histoire naturelle, sur la chimie, sur la technologie, 
sur l’ornementation, sur l’usage du tabac, sur la musique, on y a traité des 
sujets historiques, tels que des notices sur Washington, sur Lessing, sur Ulrich 
de Hutten, sur don Carlos, et des questions politiques qui ne paraissaient pas 
devoir être abordées devant un semblable auditoire, et parmi lesquelles nous 
pouvons citer, pour le premier trimestre de 186/1, l’histoire et les relations 
diplomatiques des Etats, la situation actuelle de la Russie, l’économie sociale, 
la constitution, la science du Gouvernement, et un grand nombre d’autres 
questions touchant plus ou moins à la politique. 
Si de pareils sujets étaient traités imprudemment devant les membres d’une 
association qui a un drapeau très-caractéristique, orné du symbole connu de 
deux mains entrelacées et représentant un ouvrier les bras nus, qui donne une 
main à un jeune soldat et l’autre à un citoyen, on comprend qu’il pourrait en 
résulter une agitation inorale, qui ne serait pas sans inconvénient dans une 
ville comme Berlin. 
Ajoutons enfin que, malgré leur abstention obligée, quant à présent, de toute 
discussion politique, les comptes rendus et les discours prononcés aux réunions 
anuelles des sociétés ne laissent que trop percer le désir de s’y livrer, dès qu’une 
occasion favorable se présenterait. C’est ce qu’il serait facile de montrer par 
l’analyse du compte rendu de l’association des ouvriers d’Alexandcr-Strasse, en 
juin 1863. 
Mais, après avoir signalé les défauts de quelques-unes de ces associations, il 
est juste de reconnaître que toutes ces sociétés peuvent concourir, et concourent 
réellement, à accroître l’instruction de ceux de leurs membres que veulent étu 
dier. Des cours de dessin, d’arithmétique, de notions scientifiques, des leçons 
spéciales, des discussions sur les progrès nouveaux de la science, des arts et de 
l’industrie font l’objet le plus habituel des réunions; l’usage de bibliothèques 
où l’on peut venir lire et même, à certaines conditions, emprunter des livres; 
I habitude de se trouver ensemble et d’observer les règles d’une bonne tenue, 
d’avoir des égards réciproques; la présence de professeurs distingués, de fonc 
tionnaires supérieurs de l’administration qui témoignent aux ouvriers l’affection , 
l’estime et cette considération que doit toujours inspirer et qui Hatte le travail 
leur honorable, ne peuvent que contribuer beaucoup à leur inspirer le respect 
d’eux-mêmes et celui des lois, à leur donner des habitudes d’ordre et de modé 
ration. il n’est pas rare, en clfel, de voir les versements aux caisses d épargne, 
1 economic, l’aisance intérieure de la famille se développer par suite de la 
fréquentation de ces réunions, qu’il peut être utile de multiplier, en évitant 
toute association de l’une à l’autre, toute discussion improvisée, et en en
        <pb n="28" />
        confiant la direction à des hommes connus à la fois par leur dévouement 
à la classe ouvrière et par la sûreté de leurs principes politiques. 
DES ÉCOLES BOURGEOISES SUPERIEURES. (HÖHERE BÜRGERSCHULE). 
Après avoir fait connaître l’organisation générale de l’enseignement primaire 
et de celui qui est destiné aux apprentis et aux ouvriers, il convient d’indiquer 
les diverses natures d’écoles plus spécialement destinées au commerce et à l’in 
dustrie. 
Le degré inférieur de ce genre d’écoles est celui qu’on désigne le plus sou 
vent sous le nom d’écoles bourgeoises supérieures, et dans lesquelles, à la sortie 
de l’école primaire entrent les enfants que leurs parents destinent à la carrière 
du commerce ou de l’industrie de second ordre. 
Ce ne sont en réalité que des écoles primaires supérieures. 
En Autriche, par exemple, elles font partie de l’organisation de l’enseigne 
ment primaire qui comprend (1 ) : 
i° Les écoles élémentaires inférieures ayant trois classes; 
a 0 Les écoles élémentaires supérieures ayant quatre classes; 
3° Les écoles bourgeoises ayant six ou sept classes. 
Ces dernières sont souvent constituées de manière à comprendre tout l’en 
seignement primaire des deux premières catégories, et un enseignement que 
l’on donne dans les trois classes inférieures des écoles réelles, dont nous parle 
rons plus loin. 
La religion, la langue allemande, le français, le calcul commercial, 1 his 
toire, la géographie, des notions d’histoire naturelle et de physique, le dessin 
à main levée et le dessin linéaire, la calligraphie, sont les matières les plus or 
dinaires de cet enseignement, qui est plutôt destiné au petit commerce qu’à 
l’industrie. 
Quelquefois cependant l’on y introduit des applications spéciales aux indus 
tries locales, principalement à l’aide du dessin. 
En Autriche, ces établissements, qui sont communaux, existent dans presque 
toutes les villes de 9 à 7,000 âmes. Leur fréquentation n’est nullement obliga 
toire et elle dispense de celle des écoles du dimanche. 
Tous les élèves y sont externes, selon la coutume générale en Allemagne. 
(1) Voir le rapport sur l’Autriche.
        <pb n="29" />
        — 21 — 
L’on voit que ces institutions d’ordre inférieur ont une grande analogie a\ee 
les petites pensions privées qui existent en France, et quelles ont en genual 
peu de rapports avec l’enseignement industriel proprement dit. 
DES ÉCOLES INDUSTRIELLES [gEU ERBSCHULE). 
Ce titre n’a pas partout en Allemagne la même signification. En Prusse, il 
s’applique, d’après une circulaire en date du 2 3 juin 185o, sous le nom de Pro-, 
vinzial (jewerbschule, à des établissements qui doivent donner l’enseignement 
technique à des maîtres ou contremaîtres, ouvriers, charpentiers, maçons, 
chefs mineurs, brasseurs, tanneurs, distillateurs, teinturiers, contre-maîtres de 
fabriques, etc. Aussi, les instructions ministérielles recommandent-elles de diri 
ger l’enseignement principalement en vue des applications. 
Ijes élèves qui sortent des écoles bourgeoises ou des écoles de perleclionne- 
mcnt des ouvriers peuvent en suivre les cours s’ils possèdent suffisamment 
la connaissance de la langue allemande, les éléments de l’arithmétique, la 
géométrie plane et les éléments du dessin. 
Les matières de l’enseignement comprennent : toute la géométrie élémen 
taire et une partie de la géométrie descriptive, l’algèbre jusqu’au deuxieme degré, 
la trigonométrie, les applications de la géométrie a 1 arpentage, a la coupe de* 
pierres, l’étude des notions fondamentales de la mécanique, la technologie mé 
canique, les détails de constructions diverses, les éléments de la physique et 
ceux de la chimie, avec des manipulations, etc. Les dessins variés et nombreux 
ont presque tous pour objet des questions d’application. 
11 existe en Prusse 2 5 écoles industrielles de ce genre, réparties ainsi qu’il 
suit : 
Provinces Rhénanes 
Westphaliennes , 
Silésiennes. . . . 
Prussiennes . . . 
de Poméranie . 
de Brandebourg 
de Posen 
7 
5 
3 
3 
2 
2 
3 
Total 
20 
Le nombre des élèves, tous externes, y était, d’après un tableau que nous
        <pb n="30" />
        — 22 — 
reproduisons® de 1827, et la dépense moyenne par élève était de 197 fr. 
80 cent, non compris le loyer des bâtiments et le mobilier que les villes four 
nissent. Sur cette somme, l’État par ses subventions contribue, à peu près 
pour un tiers, et la subvention scolaire, payée par les élèves, pour un quart. 
Cette dépense, pour un enseignement d'ordre inférieur, quoique utile, nous 
semble excessive. La raison en est que ces écoles sont trop multipliées, et qua 
l’exception de celles des villes principales elles n’ont pas assez d’élèves. 
Dans l’organisation de ces nombreux établissements, comme dans celle de 
quelques autres, dont nous parlerons plus loin, la libéralité des villes et celle 
du gouvernement ont devancé les besoins. On en recueillera sans doute le 
fruit; mais peut-être eût-il mieux valu procéder plus lentement dans cette voie 
de progrès, où le succès des établissements d’instruction dépend beaucoup du 
nombre des élèves, qui doit être assez grand pour stimuler l’émulation et sou 
tenir le zèle des professeurs. 
C’est dans les locaux occupés par les écoles industrielles, dont nous venons 
de parler, qu’est, en outre, donné, le soir et le dimanche, l’enseignement des 
tiné au perfectionnement des apprentis et des ouvriers, dont il a été question 
plus baut, sous le nom de Fortbildung s chilien ou de H cindwerhers chilien. Cette 
annexion est prescrite par les règlements, et les professeurs des écoles indus 
trielles sont tenus d’y participer. 
Cette prescription a l’avantage d’utiliser le même personnel, les mêmes bâti 
ments et le même matériel pour deux enseignements similaires, quoique de 
degrés différents. L’externat permet ce double emploi. 
Les écoles provinciales qui ont trois années d’étude, et qu’on désigne en 
Prusse sous le nom d’écoles provinciales supérieures, ont le droit de procéder 
à des examens de sortie, et de délivrer des certificats de maturité qui donnent 
accès aux instituts polytechniques, dont on parlera plus loin et dans lesquels 
se complète l’enseignement technique. 
ÉCOLES ANALOGUES EN AUTRICHE. 
Sous un titre différent, celui d’écoles réelles, il existe en Autriche une orga 
nisation presque identique®. En effet, dans cet empire les écoles réelles font 
partie de ce qu’on nomme l’enseignement moyen (Mittel Schulen). 
Elles sont distinguées en écoles réelles inférieures comprenant trois années 
d’études, et en écoles réelles supérieures ayant six années de cours. 
O Voir le rapport sur la Prusse. 
W Voirie rapport sur l’Autriche.
        <pb n="31" />
        — 23 — 
Leur but, d’après un décret en date du 2 mars 185 1, est de donner aux 
élèves, outre une éducation générale qui n’embrasse pas l’élude des langues an 
ciennes, un degré moyen d’instruction, qui les prépare pour les professions in 
dustrielles ou à entrer dans les écoles d’enseignement technique. 
Les études des trois premières classes, qui constituent l’école inférieure, 
forment un ensemble tel que les élèves qui en ont profité peuvent entrer déjà 
dans la pratique des arts industriels. 
Le dessin, d’après les objets réels, la géométrie élémentaire, les projections 
et des applications aux travaux de maçonnerie, de charpente, de serrurerie, 
de menuiserie, aux machines et en général à tout ce qui concerne la construc 
tion, forment la base des études des élèves. 
Dans les trois classes supérieures, les études mathématiques et leurs appli 
cations se continuent et comprennent la géométrie descriptive, la perspective, 
etc. L’enseignement y devient plus scientifique, quoique toujours simple dans 
les méthodes qu’il emploie. 
Outre ces études, qui préparent les jeunes gens aux professions techniques, 
l’enseignement obligatoire comprend : 
La religion, l’étude d’une langue autre que la langue maternelle, l’histoire, 
la géographie, l’histoire naturelle, les éléments de la physique, de la chimie; 
l’on y joint comme facultative l’étude des langues vivantes, du chant, etc. 
L’examen des tableaux du nombre d’heures de leçons données à l’école supé 
rieure réelle de PragueW montre le soin que l’on apporte à l’enseignement 
religieux, à celui de la langue nationale et à celui du dessin à main levée. 
Parmi les diverses écoles de ce genre, que nous avons visitées en Autriche et 
même ailleurs, l’école de Prague est certainement celle où le dessin linéaire est 
le plus parfait, par suite de la légèreté de main que les élèves ont acquise par 
la pratique préparatoire du dessin à main levée. 
L’enseignement du dessin est presque partout accompagné de celui du mode 
lage, et souvent de la sculpture sur bois et sur pierre. 
Les études des écoles réelles d Autriche conduisent à 1 école polytechnique 
les élèves qui, après avoir obtenu, par des examens, le certificat de maturité, 
désirent acquérir une instruction plus élevée. 
C’est à ces écoles réelles que sont annexés et faits dans les mêmes locaux et 
par les mêmes professeurs les cours destinés aux ouvriers et nommés, en Au 
triche, Gewerbsschale, ainsi que cela se pratique en Prusse. 
Voir le rapport sur l’Autriche (école de Prague).
        <pb n="32" />
        — 24 - 
OBSERVATIONS SUR LES ECOLES PRECEDENTES. 
L’on remarquera que les écoles industrielles de Prusse et les écoles réelles 
supérieures d’Autriche, qui se proposent, par l’enseignement quelles donnent, 
de préparer des élèves pour les institutions polytechniques où se forment les 
jeunes gens qui se destinent aux carrières d’ingénieurs, d’architectes, de chi 
mistes et de divers services publics, sont principalement organisées en vue de 
l’enseignement des sciences et de leurs applications, tandis que l’étude des 
lettres n’y est cultivée qu’avec bien peu de développements. 
Nous signalons en particulier, dans le rapport sur la Bavière, les inconvé 
nients que l’on a reconnus à celte préparation trop exclusivement scientifique 
des ingénieurs et des industriels, et nous croyons devoir appeler l’attention sur 
la nécessité de faire dans cette préparation une plus large part aux études litté 
raires, si l’on veut que les élèves qui proviennent de ces écoles puissent soute 
nir plus tard la concurrence avec ceux que fournissent aux instituts polytechniques 
les gymnases, où se font les études d’humanités. 
DES ÉCOLES RÉELLES. 
Les établissements connus sous ce nom sont répandus dans toute l’Alle 
magne; mais dans ce cas encore, sous un même titre,on confond souvent deux 
organisations très-différentes, dont les types se rencontrent, l’un en Prusse, l’autre 
en Autriche. 
Dans le premier de ces Etats l’école réelle est aujourd’hui un établissement 
d’enseignement littéraire et scientifique secondaire analogue, sous beaucoup de 
rapports, à la division scientifique de nos lycées, avec cette différence qu’on y 
enseigne avec plus de soin et de succès qu’en France les langues vivantes. 
Nous avons vu plus haut qu’en Autriche ce que l’on nomme école réelle est 
un établissement d’enseignement élémentaire de sciences et de dessin appliqué 
à l’industrie, et dont les classes inférieures forment des jeunes gens destinés à 
devenir contre-maîtres ou maîtres constructeurs dans diverses spécialités, tandis 
que les classes supérieures permettent à leurs élèves de participer plus tard aux 
études des instituts polytechniques. Nous n’avons donc plus à parler des éta 
blissements de ce genre en ce qui concerne l’Autriche. 
ORGANISATION GÉNÉRALE DES ÉCOLES RÉELLES EN PRUSSE. 
La création de ces écoles remonte déjà assez loin, car celle d’Elberfeld a 
été fondée en 1829 par le conseil municipal de cette ville, avec l’autorisation du 
gouvernement, qui l’a placée sous la surveillance de la régence de Dusseldorf. 
Toutes les écoles de ce genre, qui existent en Prusse, sont sous la direction
        <pb n="33" />
        4 
— 25 — 
générale du ministère de l’instruction publique, par la raison que ce sont des 
établissements d’enseignement littéraire et scientifique sans aucun caractère 
technique. 
\ l’époque de leur création, l’on avait, il est vrai, cherché à leur donner ce 
dernier caractère; mais on n’a pas tardé à reconnaître que (’instruction ne 
pouvait y être ni assez scientifique ni assez technique. 
Aujourdhui les écoles réelles de Prusse sont partagées en deux catégories, 
savoir : les écoles inférieures, qui n’ont que trois ou quatre classes, et les écoles 
supérieures qui en ont six à huit, parmi lesquelles sont comprises celles des 
précédentes. 
Les enfants y sont admis à l’âge de y à 9 ans, quand ils ont acquis les pre 
mieres connaissances de 1 école primaire, de sorte qu’un jeune homme ne peut 
avoir terminé ses études de l’école réelle supérieure qu’à 1 y ou 18 ans. 
Les études littéraires des langues modernes sont très-étendues et com 
prennent, pour les classes supérieures, les œuvres des poètes et des prosateurs 
allemands, et pour le latin, celle des prosateurs seulement. 
L’on peut donner une idée de la solidité de ces études dans l’école d’Elher 
leid , par exemple, en citant quelques-uns des sujets de composition traités par 
les élèves de la première classe, en 1861-(13. 
En français. Analyse du Cid de Corneille. —Histoire poétique du Cid. — 
Les inventions modernes. — Analyse de la tragédie d'Esther. — Comparaison 
entre César et Napoléon. etc. (, b 
En anglais. On the war raging in the United-States. — Frederick the Great. 
— On the Deat of Cesar. — Othello, etc. 
Nous avons eu la preuve que les mêmes élèves de cette école d’Ëlberfeld 
pouvaient répondre, traduire ou analyser un ouvrage allemand dans l’une ou 
dans l’autre de ces deux langues. 
L’enseignement du latin, qui ne s’étend, comme nous l’avons dit, qu’aux 
prosateurs, permet cependant ai\x élèves de suivre certains cours des univer 
sités, où ils peuvent être admis, comme ceux des gymnases, pour des branches 
spéciales d’études. 
Quant à 1 enseignement scientifique, il prépare à un degré suffisant, par les 
trois ou quatre premières classes, aux écoles industrielles du pays, et par les 
classes supérieures aux études des instituts polytechniques. 
L’on remarquera que, sous ce dernier rapport, cette organisation se rap 
proche beaucoup de celle de la division scientifique de nos lycées. 
Voir le rapport sur la Prusse.
        <pb n="34" />
        Pour faire apprécier Ja nature de cet enseignement, nous extrairons du rap 
port particulier à la Prusse le tableau suivant, qui indique le nombre des 
heures de leçons consacrées par semaine aux différentes matières, dans les six 
classes de l’école réelle d’Elberfeld : 
NOMBRE D’HEURES 
MATIÈRES ENSEIGNÉES. DE LEÇONS PAR SEMAINE. 
Enseignement, religieux. 
Í Allemande 
1 Latine . .. 
Langues .. \ T , 
i T rançaise. 
f Anglaise.. 
Géographie 
Histoire 
Histoire naturelle 8 
Ecriture perfectionnée 7 
Arithmétique et calcul commercial 19 
Physique 6 
Chimie 4 
Géométrie 11 
Chant 7 
Gymnastique 12 
L’on remarquera, dans ce résumé général, l’absence de l’étude du dessin à 
l’école d’Klberfeld. C’est une lacune fâcheuse, surtout dans un établissement 
destiné à des jeunes gens qui doivent entrer dans des carrières industrielles; 
mais cette absence du dessin n’est pas générale dans les écoles réelles de 
Prusse. 
Il est à remarquer que le plus grand nombre des élèves de ces écoles réelles 
quittent les études après la troisième ou la quatrième année, soit pour se diri 
ger sur les écoles techniques inférieures ou écoles industrielles, soit pour entrer, 
dès l’àge de quatorze à quinze ans, dans les emplois inférieurs du commerce. 
Le nombre de ceux qui complètent les études n’est, en général, que le huitième 
ou le neuvième de ceux de la quatrième année. 
La rétribution scolaire varie de 100 à 160 francs par an , chiffre assez élevé 
par rapport à celui qui est fixé pour des enseignements supérieurs. Mais il 
y a toujours un très-grand nombre d’élèves boursiers. Aussi les recettes de 
ces établissements sont-elles loin de couvrir les dépenses, et le déficit est 
supporté ordinairement par moitié par les administrations municipales et par 
l’Etat. 
Toutes les écoles réelles ont une bibliothèque, une galerie d’instruments de 
12 
16 
34 
82 
9 
8
        <pb n="35" />
        à. 
— 27 — 
physique, un laboratoire de chimie, et généralement des salles de dessin su 111- 
samment pourvues de modèles. 
AVANTAGES ACCORDES AUX ELEVES DES ECOLES REELLES EN PRUSSE. 
Les règlements administratifs de la Prusse accordent aux élèves des secondes 
classes des écoles réelles, comme à ceux des gymnases, quand ils sont munis 
de certificats d’admissibilité aux premières classes, la faculté de se présenter aux 
examens pour les grades d’officiers dans l’armée, et, de plus, ils réduisent en leur 
faveur à une seule année la durée du service militaire, qui est de trois ans (1 l 
Ceux des élèves des écoles réelles supérieures qui obtiennent, à la fin de 
leurs études, un certificat dit de maturité, peuvent être admis aux instituts 
polytechniques pour les études relatives aux bâtiments civils, à l’école des mines; 
et dans l’armée ils sont dispensés de l’examen exigé pour le grade de porte- 
enseigne. 
La faveur qui dispense de deux années de service militaire les élèves des 
gymnases et des écoles réelles, qui ont suivi avec succès la classe de seconde, 
nous paraît sujette à critique; elle crée un privilège considérable en laveur 
des familles riches, et, d’une autre part, elle nous semble contraire aux inté 
rêts de l’armée, qu’elle prive du service d une partie des jeunes gens les plus 
instruits, dans un pays où la durée totale de présence sous les drapeaux nest 
que de trois ans. Cette exemption constitue une sorte d exoneration du service 
militaire par 1 instruction. Elle est peut-être rationnelle cependant, en Prusse, 
où la plupart des grades militaires sont donnés à l’aristocratie, et où il ne suffit 
pas, comme en France, d’être instruit, pour en obtenir l’accès. 
En résumé, l’on voit que le titre d’écoles réelles, conservé en Prusse aux 
établissements d’enseignement dont nous venons de parler, n’indique nulle 
ment la véritable nature de 1 instruction qui y est donnée, et qui n a rien de 
technique, de réaliste, s’il est permis de s exprimer ainsi. Ce sont simplement 
des institutions d enseignement littéraire secondaire, d ou le grec et les poètes 
latins sont exclus; dans lequel au contraire les langues vivantes occupent une 
large portion du temps, et où les éléments des sciences sont introduits comme 
préparation théorique à des études plus spéciales et ensuite techniques. La du 
rée de ces études complètes est aussi longue que celle des gymnases d humanités 
et de nos lycées, puisque les jeunes gens ne les terminent qua i y ou 18 ans. 
Par 1 instruction littéraire spéciale quelles donnent, ces écoles préparent 
plus utilement que les études d’humanités aux carrières industrielles et com- 
Voir le rapport sur la Prusse.
        <pb n="36" />
        — 28 — 
merciales, pour lesquelles la connaissance des sciences, et surtout celle des 
langues vivantes, devient de plus en plus nécessaire. Mais il nous paraîtrait 
complètement injuste d’attribuer à cet enseignement une tendance quelconque 
vers les idées matérialistes et révolutionnaires. Là n’est pas la cause du mal 
moral qui tourmente et inquiète l’Allemagne. 
GYMNASES REELS. 
En Bavière, les études littéraires et scientifiques d’ordre secondaire sont 
réparties ^ entre des établissements désignés sous le nom de Gymnases com 
plets, comprenant les études d’bumanités, et de Gymnases réels, plus spéciale 
ment destinés à la préparation aux services publics et aux études industrielles. 
Les élèves entrent dans ces deux sortes d’établissements après quatre années 
d’études dans des écoles dites écoles latines, et passent ensuite quatre ans dans 
l’un ou dans l’autre gymnase. 
Celui qui porte le nom de gymnase réel continue, pendant les quatre années 
d’études, celles de la religion, de l’allemand, du latin, de l’histoire, de la géo 
graphie, de l’histoire naturelle, des sciences mathématiques élémentaires et 
même les notions de calcul différentiel, de la physique, des langues française et 
anglaise, ce qui constitue un enseignement tout à fait analogue à celui de la 
division scientifique de nos lycées, et destiné aussi à préparer aux écoles scien 
tifiques d’ordre supérieur. Les études littéraires occupent, par semaine, 5o heu 
res; les sciences, 24 ; le dessin, 2/1; les sciences naturelles, 1 Zi ; la religion, 8. 
Dans cette organisation, sur laquelle nous donnons des détails plus complets 
dans le rapport spécial à la Bavière, l’on voit que c’est à l’âge de 11\ ans que 
les jeunes gens se dirigent nettement vers les études littéraires proprement 
dites ou vers les études scientifiques, ce qui est presque identiquement le plan 
d’études adopté pour les lycées de France, en i852. 
Les gymnases réels de Bavière offrent donc la plus grande analogie avec les 
écoles réelles réelles de Prusse et avec la division scientifique de nos lycées. 
Nous ne croyons pas devoir entrer dans de plus longs détails sur le véritable 
caractère des écoles réelles d’Allemagne. L’on trouvera, d’ailleurs, dans les 
rapports particuliers relatifs à chacun des États que nous avons visités, les ren 
seignements relatifs à leurs institutions propres. 
DES INSTITUTS POLYTECHNIQUES. 
Si les diverses institutions destinées à l’enseignement commercial ou indus- 
(') Voir le rapport sur la Bavière.
        <pb n="37" />
        — 29 — 
(riel présentent sous des désignations identiques, de très-grandes varietés en 
Allemagne, il n en est pas de même des établissements polytechniques qui, 
sous la formule variable de Gewerbs-lnstitut à Berlin, d’école ou dinstitut po 
lytechnique en Saxe, en Bavière, en Autriche, en Wurtemberg, en Suisse et 
dans le grand-duché de Bade, sont destinés à former des ingénieurs civils pour 
les services des ponts et chaussées ou des mines, ainsi que pour l’industrie, 
des ingénieurs mécaniciens, des chimistes industriels, des architectes, des 
ingénieurs des forêts, etc. 
Dans tous ces établissements, l’instruction scientifique est donnée à un 
degré très-élevé et parfois même avec un développement supérieur aux besoins 
et au but que l’on se propose d’atteindre; mais, partout aussi, la partie tech 
nique de cet enseignement est cultivée avec le plus grand soin. 
Ces instituts polytechniques sont à la fois des écoles théoriques et des écoles 
d’applicalion , et présentent, sous ce rapport, une très-grande analogie avec 
l’école centrale de France. 
Dans tous, les élèves entrent à l’àge de 17 à 18 ans, et doivent posséder une 
instruction préparatoire correspondante aux études spéciales qu’ils se proposent 
de suivre. Le choix de la direction une fois fait par l’élève, les cours qu’ils doit 
fréquenter lui sont désignés et deviennent presque partout obligatoires. Cepen 
dant cette obligation n’est pas toujours absolue, et la liberté qu’ont les élèves 
des divisions techniques de ne pas suivre certains cours scientifiques, a pour 
eilet d’engager les professeurs à renfermer les développements théoriques dans 
les limites de ce qui est réellement utile à ces divisions, 
La partie des premiers cours qui forment le fondement scientifique des 
applications techniques est ordinairement commune à plusieurs des divisions 
spéciales, dans lesquelles les élèves sont partagés, et chaque division reçoit en 
outre l’enseignement particulier qui lui est nécessaire. 
Ces divisions, plus ou moins nombreuses, selon les pays, sont en général les 
suivantes : 
Ingénieurs des ponts et chaussées. 
ingénieurs civils pour chemins de fer, etc. 
Architectes et constructeurs de bâtiments. 
Mécaniciens. 
Chimistes industriels. 
ingénieurs des mines. 
Ingénieurs forestiers. 
tous les instituts ne comprennent pas le même nombre de divisions, mais
        <pb n="38" />
        30 — 
Jes quatre ou cinq premières se trouvent à peu près partout, s’il n’y a pas d’éta 
blissement spécial qui les remplace. 
La coordination et la gradation particulières des études offrent presque tou 
jours un caractère de méthode remarquable, en ce que la première partie des 
études de chaque division spéciale, qui exige une ou deux années, est tellement 
réglée qu elle constitue un ensemble de connaissances assez complet pour per 
mettre à un jeune homme de s’y arrêter et d’entrer utilement dans les posi 
tions secondaires de la carrière qu’il a choisie. 
Ainsi, après avoir accompli cette première partie des études, un élève peut 
devenir conducteur instruit des ponts et chaussées ou des travaux civils [Werk 
meister], entrepreneur de bâtiments [Baumeister], contre-maître ou chef méca 
nicien, pharmacien ou chef d’atelier de chimie industrielle, chef mineur, garde- 
mines, agent forestier, etc. 
Dans plus d’un Etat, l’on impose même aux élèves, après qu’ils sont parvenus 
à ce premier degré d’instruction technique, l’obligation d'aller passer un an on 
deux sur des chantiers de travaux, dans des ateliers, dans des fabriques, avant 
de reprendre la suite de leurs études. 
Cette \ec^\&lt;L y qui offre 1 inconvénient d interrompre les études et d’exposer 
beaucoup d’élèves à en oublier une partie, a, d’un autre côté, l’avantage de 
mûrir leur esprit par la pratique, de leur montrer les conditions de l’appli 
cation de la science, et de n’appeler à des études plus fortes que ceux qui en 
ont réellement la vocation. Elle n’est d ailleurs praticable que dans les conditions 
d’externat libre, où se trouvent tous les élèves eu Allemagne, et pour des car 
rières où ils n’y a pas de limite d’âge. 
OBSERVATIONS SUR L’EXTERNAT. 
L’on sait qu’eu Allemagne l’usage général des établissements d instruction 
est de n’admettre que des élèves externes. Les jeunes gens étrangers aux villes 
où sont situés ces établissements trouvent chez quelques professeurs ou chez 
des habitants connus des pensions où ils sont logés et nourris à des prix con 
venables et proportionnés à leurs ressources. Ce système a pour la jeunesse ses 
avantages et ses inconvénients. Il conserve pour les élèves de la ville l’influence 
et l’action de la famille, et les habitue de bonne heure à suivre la route du 
devoir; pour les élèves étrangers il n’a plus le même avantage et présente le 
danger de la dissipation; mais un bon choix de correspondants peut y remé 
dier, et les communications par les chemins de fer sont si faciles aujourd'hui, 
qu’un jeune homme est rarement tout à fait isolé de sa famille. 
Il ne faudrait pas croire, d’ailleurs, que la discipline exercée sur ces élèves
        <pb n="39" />
        — 31 
libres soit dépourvue de sévérité. Elle est exercée, quant à l’exactitude et aux 
travaux, par des professeurs, et, quant à la conduite extérieure, par les direc 
teurs, qui ont à leur disposition des moyens gradués de répression. 
L’admonestation particulière, la réprimande devant le conseil des profes 
seurs, la prison, la menace du renvoi et finalement l’expulsion, sont des peines 
graduées et appliquées réellement. 
Sans doute un certain nombre d’élèves se détournent de la bonne voie , 
mais ceux qui y persévèrent ont acquis par cela seul, dès leur jeune âge, une 
force morale qui leur permet de s’introduire de bonne heure dans la vie 
publique, sans courir les dangers de la transition brusque de la vie claustrale 
des lycées et des collèges, à l’émancipation des écoles publiques. Ils sont deve 
nus des hommes. 
OBSERVATIONS SUR LE DEGRE D’ELEVATION DES ETUDES THEORIQUES. 
Nous avons dit plus haut que les études mathématiques dans ces instituts 
étaient d’un ordre très-élevé. Il est cependant bon de faire remarquer que 
celles qui correspondent à la première période que nous venons d’indiquer 
sont presque partout plus élémentaires et par conséquent accessibles aux 
élèves qui ne se destinent qu’aux positions secondaires de chaque branche 
spéciale ou technique. 
Mais il n’en est pas de même pour les dernières années d’études, et tout en 
rendant hommage au savoir et au dévouement des professeurs, nous croyons 
pouvoir dire qu’en général, dans ces établissements, l’on donne â l’élude et â 
l’emploi des mathématiques transcendantes un développement plus grand 
qu’il n’est nécessaire. 
L’on voit trop souvent, dans les programmes, des leçons consacrées au calcul 
des probabilités, au calcul des variations, dont les élèves ne feront certaine 
ment jamais usage, et qui leur prennent un temps précieux. L’emploi du cal 
cul différentiel et du calcul intégral est également poussé trop loin. En effet, 
s’il est bon cl utile qu’un ingénieur soit familiarisé avec l’esprit de ces méthodes 
de calcul, il n’est pas aussi nécessaire de donner à cette élude tant de déve 
loppement pour enseigner des théories de sciences appliquées, que l’on peut 
exposer tout aussi rigoureusement par des méthodes élémentaires plus faciles 
à saisir. 
Il est plus que probable que c’est cette exagération des considérations délicates 
des théories mathématiques qui empêche un grand nombre d’élèves d’achever, 
comme ils 1 auraient peut-être désiré, le cours entier des études techniques. 
Il serait sans doute plus sage de réserver pour une division spéciale, libre,
        <pb n="40" />
        consacrée exclusivement aux études scientifiques, ces développements, qui 
seraient alors adressés aux jeunes gens qui se destineraient à la carrière de l’en 
seignement. A l’école polytechnique de Zurich fl) il existe une division de ce 
genre, où sont reçus, à titre d’élèves ou d’auditeurs libres, tous ceux qui 
veulent suivre des cours de sciences proprement dits, et où il est fait aussi des 
cours sur des branches très-variées des connaissances humaines. 
Malgré ces réflexions, qui sont surtout dictées par l’intérêt et par l’estime 
que nous ont inspirés ces établissements, il est juste de reconnaître que cette 
élévation de l’enseignement, jointe à la multiplicité des instituts polytechniques 
dont l’Allemagne s’est enrichie depuis trente ans a puissamment contribué à y 
développer le goût des hautes études scientifiques, et celui des applications de 
la science à toutes les branches des services publics et de l’industrie. 
Ces progrès nous étaient indiqués déjà depuis plusieurs années par les publi 
cations remarquables qui étaient faites de l’autre côté du Rhin sur toutes ces 
questions, et ce que nous avons vu n’a pti que nous confirmer dans les consé 
quences que nous avions tirées de l’examen de ces travaux. 
Sous ce rapport, l’Allemagne nous paraît avoir fait pour la diffusion des 
sciences,et surtout pour leurs applications à tous les besoins des travaux publics, 
des arts et de l’industrie, des progrès bien plus rapides que l’Angleterre, et il 
importe que la France s’en préoccupe sérieusement, car le jour n’est peut-être 
pas loin où l’Allemagne, joignant au hou marché de la main-d’œuvre et aux 
habitudes modestes de la vie privée, toutes les ressources de la science, devien 
dra pour notre industrie une rivale aussi dangereuse que celle qui, de l’autre 
côté du détroit, nous a le plus préoccupés jusqu’ici. 
ÉTUDES D’APPLICATIONS. 
Dans tous les instituts polytechniques que nous avons visités, les applications 
des sciences sont, enseignées aux élèves, non-seulement par des leçons, mais 
surtout par des études détaillées et progressives qu’on les oblige à faire de toutes 
les parties de l’art ou des services auxquels ils se destinent. Les ingénieurs, les 
architectes, les mécaniciens étudient et reproduisent par le dessin, par des pro 
jets tous les détails de construction, depuis les plus élémentaires jusqu’aux plus 
difficiles et aux plus compliqués. Toutes les parties des projets doivent être 
calculées d’après les règles de la science et de l’art. 
Les élèves s’aident beaucoup, il est vrai, d’ouvrages tels que les aide-mémoires 
dus à des professeurs célèbres, à M. Weisbach, à M. Redtenbach, mais ils n’en 
O Voir le rapport sur la Suisse.
        <pb n="41" />
        5 
— 33 — 
ont pas moins dû comprendre les principes qui servent de base aux règles que 
les savants auteurs y ont formulées. 
LABORATOIRES DE CHIMIE. 
Les divisions de chimie ont à leur disposition des laboratoires vastes et très- 
bien organisés, où les élèves, moyennant une rétribution généralement très-mo 
dérée, peuvent, par des manipulations, joindre la pratique à la théorie. Nous 
donnons dans nos rapports les plans de quelques-uns de ces laboratoires, et 
même ceux d’un ou deux établissements d’enseignement. 
COLLECTIONS. 
Des collections nombreuses d’instruments, de modèles, de minéraux, de 
technologie, des bibliothèques au courant de toutes les publications nouvelles, 
complètent ces moyens d’instruction. 
DISPOSITIONS GÉNÉRALES. 
Partout les salles sont vastes, bien éclairées, et l’espace n’y est pas ménagé. 
La plupart de ces instituts sont de création récente, et les constructions y ont 
un caractère tout a lait monumental. La rivalité des divers Etats n’a pas été 
étrangère à ces progrès; elle les a conduits à établir chacun au moins un éta 
blissement de ce genre, et à faire, pour assurer son succès, des sacrifices consi 
dérables. Heureuse rivalité, qu’il serait bien à désirer devoir établir entre nos 
grands centres industriels, et qui, en peu de temps, sans devenir trop onéreuse 
l’État, doterait le pays de l’enseignement dont il a si grand besoin, pour 
soutenir des luttes de plus en plus difïiciles avec l’étranger. 
BRANCHES DIVERSES D’ENSEIGNEMENT. 
Nous n’avons parlé, dans ce rapport général que des institutions dont le type, 
sous des noms divers, mais avec des buts à peu près identiques, se retrouve 
dans les états que nous avons visités. 
Outre ces organisations, qui constituent un ensemble, il y a des établissements 
divers et parfois spéciaux dont nous faisons connaître l’organisation dans les 
rapports particuliers à chaque pays. Ainsi, des écoles spéciales d'art industriel, 
d’architecture, de forestiers, d’agriculture, de navigation, de commerce, existent 
dans plusieurs de ces Etats, et nous ne croyons pas devoir rappeler ici ce que 
nous en disons dans les rapports particuliers, où elles trouvent leur place 
naturelle.
        <pb n="42" />
        — 34 
MÉTHODE D’ENSEIGNEMENT Dl DESSIN. 
Ajoutons, comme fait général, que dans tous ces enseignements techniques, 
quels qu’ils soient, le dessin A main levée et le dessin linéaire occupent a bon 
droit une très-large place, qu’ils y servent de moyen d’enseignement, en faisant 
pénétrer par les yeux bien des notions auxquelles [intelligence seule se mon 
trerait peut-être un peu rebelle. Quant aux méthodes suivies pour cet ensei 
gnement spécial, celles qui, sans exception, depuis la haute école de Nurem 
berg jusqu’aux plus modestes classes des villages de Wurtemberg, a toujours 
et partout donné les meilleurs résultats, est la méthode proposée par feu 
M. Dupuis, et qui a trop été perdue de vue en France. Elle consiste, comme 
on sait, à faire, soit immédiatement, soit après quelques premiers essais faits 
d’après des dessins modèles pour délier la main et l’habituer à opérer d’accord 
avec l’œil, dessiner les élèves d’après des objets en relief, d’abord fort simples, 
puis combinés, variés de positions, en s’élevant graduellement par des modèles 
d’ornements en relief jusqu’au dessin d’après la bosse et d'après nature. Modifiée 
dans quelques détails, on la retrouve dans presque toutes les écoles d’Allemagne. 
Persuadés comme nous le sommes qu’une des premières et des plus importantes 
mesures à prendre pour organiser l’enseignement industriel consiste à propager 
partout celui du dessin, nous croyens, dès à présent, devoir signaler à [atten 
tion le choix de cette méthode. 
CO O R DIN A T ION GE N ER ALE. 
Le caractère dominant des institutions allemandes pour [instruction nationale, 
c’est l’ensemble, la coordination de tous les établissements qui, depuis l’école 
primaire jusqu’aux facultés de l’ordre le plus élevé dans les universités, offrent 
aux différentes catégories de citoyens la série des degrés d instruction qu’ils 
peuvent avoir le besoin ou la capacité d’acquérir. Les représentations de cette 
coordination des enseignements, que nous donnons dans les rapports sur la 
Bavière et sur l’Autriche, la rendent parfaitement intelligible à simple vue. A sa 
sortie de l’école primaire, l’enfant pauvre peut achever cette première partie de 
son éducation dans les écoles du dimanche, dans les écoles bourgeoises ou écoles 
primaires supérieures. Il entre ensuite en apprentissage. Si sa famille a plus de 
ressources, il passe aux écoles littéraires de deux ordres, selon sa destination, et 
il atteint ainsi l’âge de 11\ ans, soit avec une préparation littéraire qui lui permet 
d’aborder les études d’humanités, et de là les universités et les facultés qui en 
dépendent, soit avec une préparation littéraire et scientifique à l’aide de laquelle 
il peut se livrer à des études plus élevées et ensuite aux applications techniques.
        <pb n="43" />
        5. 
— 35 — 
Les besoins de la société actuelle ont ainsi conduit tous les Etats de l’Alle 
magne à cette séparation des études à l’âge de i h ans, que l’on a, un peu par 
dérision, nommée en France la bifurcation, et qui est, selon nous, une néces 
sité commandée, non pas par le désir de précipiter les études, qui n’en ont pas 
moins exigé huit ou neuf ans après l’école primaire, mais par la nécessité où 
se trouve aujourd’hui la jeunesse d’acquérir sur une foule de sujets des connais 
sances plus approfondies que nos pères n en possédaient, afin de pouvoir 
répondre à toutes les conditions des services publics et à tous les besoins de 
l’industrie ou du commerce. 
Y ces directions diverses offertes aux jeunes gens qui veulent, et peuvent 
taire dans l’une ou l'autre des études complètes, s’ajoutent, dans l’intérêt et 
pour des catégories moins heureuses de citoyens, à la sortie de l'école du 
dimanche, les écoles d’apprentis, les cours du soir et du dimanche pour les 
ouvriers, les écoles supérieures pour les lilies, les ateliers d’apprentissage variés 
selon les besoins locaux, les écoles ou cours spéciaux à certains métiers, les écoles 
d’agriculture, celles de pilotes, etc. de sorte que les voies de l’instruction sont 
ouvertes à tous et à chacun suivant, sa position, sa carrière ou sa capacité. 
Nous devons même ajouter que, pour tous ces enseignements spéciaux, 
organisés en vue des besoins de l’industrie, les gouvernements, les provinces et 
les municipalités apportent la plus grande libéralité à aider, par des exemptions 
des rétributions scolaires et même par des subventions, les sujets laborieux et 
intelligents, à poursuivre leurs études le plus loin possible, sans les écarter tou 
tefois de la voie spéciale où la position sociale de leur famille doit les engager 
à marcher. 
C’est un pareil ensemble d’institutions que, par le concours de citoyens 
dévoués à leur patrie, des sociétés industrielles, des villes de commerce, des 
départements et de l’État, nous voudrions voir établir en France, en appro 
priant chacune d’elles aux besoins locaux et aux conditions particulières de l’in 
dustrie et des populations. 
Si le travail que nous avons entrepris à notre retour d’un séjour beaucoup 
trop court dans chacun des Etats que nous avons parcourus si rapidement, peut 
aider à la solution de cette importante question, qui nous préoccupe depuis bien 
des années, nous serons amplement dédommagés des longues recherches aux 
quelles il nous a entraînés. 
COMPARAISON DES DÉPENSES FAITES POUR L’INSTRUCTION PUBLIQUE 
DANS DIFFÉRENTS PAYS. 
11 ne sera sans doute pas inutile de chercher à établir une comparaison entre
        <pb n="44" />
        Jes crédits que les différents Etats sur lesquels nous avons pu nous procurer 
des renseignements allouent sur le budget total de leurs dépenses aux départe 
ments de la guerre et de l’instruction publique pour les dépenses normales. 
Pour cette comparaison, il ne faut pas perdre de vue que, dans tous les états 
de l’Allemagne, de même qu’en France, les dépenses relatives à l’instruction 
primaire sont mises à la charge des communes et des provinces ou départe 
ments, et que l’Etat n’y intervient que pour subvenir aux ressources insuffi 
santes. 11 ne convient donc de faire entrer en ligne de compte pour tous les 
états, dans cette comparaison, que les sommes portées aux budgets officiels 
D’autre part, les crédits extraordinaires pour les créations d établissements 
d’enseignement pouvant varier beaucoup avec les circonstances, il convient 
aussi de les laisser en dehors. 
En suivant cette marche, et en résumant les budgets totaux des dépenses, 
les budgets de la guerre et les budgets de l’instruction publique, on peut 
former le tableau ci-après. 
Comparaison des dépenses faites dans différents Etats de VAllemagne et en Franee 
pour les départements de la guerre et de Vinstruction publique de tous les degrés. 
DESIGNATION 
DES ETATS. 
France 
Autriche 
Prusse 
Bavière 
Wurtemberg 
Hanovre. 
Grand - duché de 
Bade ......... 
Saxe 
POPULATION, 
habitants. 
37,382,225 
39.000. 000 
17.000. 000 
4,615,648 
1,783,967 
1,910,000 
1,359,291 
2,225,240 
BUDGET 
des dépenses. 
fr. 
1,776,134,001 
1,099,758,342 
513,613,106 
100,213,254 
34,103,344 
78,654,750 
34,295,705 
39,375,000 
CONTRI 
BUTION 
moyenne 
in 
dividu. 
fr. c. 
47 50 
28 20 
30 20 
21 70 
19 10 
41 12 
25 20 
17 70 
BUDGETS 
DE I.A GUERRE 
ET DE LA MARINE. 
Sa part 
portion - 
fr. 
523,826,372 
296,707,865 
141,921,506 
21,961,880 
7,436,094 
10,182,000 
6,336,674 
8,437,500 
0,295 
0,270 
0,276 
0,219 
0,218 
0,122 
0,182 
0,214 
INSTRUCTION 
PUBLIQUE. 
fr. 
19,165,121 
21,250,000 
7,071,195 
2,165,278 
1,613,020 
996,233 
1,137,060 
1,470,000 
Sa part 
portion - 
0,011 
0,019 
0,014 
0,022 
0,047 
0,013 
0,033 
0,037 
Loti voit, par les résultats comparatifs contenus dans ce tableau, que les 
Etats de second ordre de l’Allemagne, dont l’indépendance repose sur le droite! 
9) Ainsi en France, landis que, d’après le Bulleîin administratif n° aa du Ministère de 
l’instruction publique, la totalité des dépenses faites par le pays s’élève à la somme 
de 71,453,579 francs, la somme portée au budget n’est quede 6,509,100 francs; le surplus 
est fourni par les communes el par les départements.
        <pb n="45" />
        — 37 — 
sur la (bides traités ,et que leur importance ou leurs intérêts politiques n obligent 
pas à entretenir un état militaire considérable, peuvent et savent laire poui 
(instruction publique des sacrifices relativement bien plus grands que les états 
les plus puissants, tout en n’exigeant que des impôts proportionnellement 
beaucoup moindres. 
en même temps que les dépenses militaires diminuent, ce qui explique comment, 
prospère que plusieurs peuvent diminuer les charges de leurs budgets, au lieu 
Les instituts polytechniques, dont l’enseignement se rapproche de celui de 
l’école polytechnique et de l’école centrale de France, sont, en Allemagne, 
besoins intellectuels de ses habitants. 
Mais le chiffre des habitants qui, pour toute l*Allemagne, correspond à un 
institut de ce genre étant de 55ooooo, tandis qu’en France nous n avons 
que deux établissements analogues pour 3*7382 225 habitants ou un pour 
i86qifioo habitants, l’on voit que, sous ce rapport, (ensemble des Etats aile 
rnands a fait pour la diffusion des sciences physiques et mathématiques, ainsi 
L’instruction, source de richesses publiques et privées, s’y développe donc 
malgré 1 extension donnée partout aux travaux publics et les dépenses qu’ils 
occasionnent, les finances de ces Etats secondaires sont dans un état tellement 
de les accroître, après avoir amélioré cependant la condition des fonctionnaires 
publics. 
RÉPARTITION DES INSTITUTS POLYTECHNIQUES. 
répartis ainsi qu’il suit entre les différents Étals. 
Répartition et rapport des instituts polytechniques à la population 
NOm'bRE D’HABITANTS 
NOMBRE 
POCB UN INSTITUT. 
DÉSIGNATION DES ÉTATS. 
Moyenne. 
Autriche 
Prusse 
Bavière 
Wurtemberg 
Saxe 
Grand duché de Bade 
7,400,000 
Cette répartition fort inégale du nombre des habitants correspondant à un 
institut polytechnique n’a rien qui doive surprendre, attendu qu’en dehors de 
toute considération depopulation chaque Etat a tenu à pourvoir lui-même aux
        <pb n="46" />
        iW 
f • 
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; : 
#1 
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#1 
que pour leur application aux services publics et à l’industrie des sacrifices con 
sidérables, qui ne peuvent manquer de produire de grands effets sous le double 
rapport des progrès des sciences et de ceux de l’industrie. 
INFLUENCE GENERALE SUR LES PROGRES DES SCIENCES. 
Si nous avons cru devoir critiquer occasionnellement l’exagération de cer 
taines branches de l’enseignement mathématique, il n’en est pas moins vrai que 
le grand nombre de chaires ouvertes à des savants distingués, et l’émulation 
qu’entretient entre eux l’utile rivalité des établissements, qui se disputent l’hon 
neur de posséder les plus illustres, doivent diriger beaucoup d’esprits élevés vers 
les études scientifiques. Nos géomètres les plus célèbres de l’Académie des sciences 
ne l’ignorent pas; et, depuis plusieurs années ils sont frappés du grand mou 
vement scientifique qui s’est produit en Allemagne, comme nous l’avons été 
nous-mêmes du progrès de l’enseignement des sciences appliquées. 
Il y a là pour la France, sous ce double rapport, un symptôme auquel elle 
doit apporter, croyons-nous, une sérieuse attention. 
Nous n’avons pas, d’ailleurs, et à dessein, introduit dans la comparaison pré 
cédente les universités allemandes pas plus que les facultés de France, parce 
que ce sont des institutions d’un autre ordre. 
Juin, i 864.
        <pb n="47" />
        RAPPORT PARTICULIER 
SUR LES ÉTABLISSEMENTS D’ENSEIGNEMENT 
DANS 
LE ROYAUME DE HANOVRE. 
E N S KIG N K M K N T 1&gt; RIM AI R E. 
Une ordonnance du Roi, en date du ad mai 186.8, rappelle et continue 
dans les termes suivants les règles établies pour l’enseignement primaire : 
«Ernest-Auguste, Roi de Hanovre, parla grâce de Dieu... 
«§ 1 er . L’enseignement des écoles primaires reste, conformément à la loi 
«constitutionnelle du pays, sous la surveillance des autorités ecclésiastiques 
« relevant du ministère de l’instruction publique et des cultes. 
« $ 2. Notre ministre de l’instruction publique et des cultes déterminera 
«les matières à enseigner, la durée de l’enseignement; il prendra les mesures 
« nécessaires pour assurer une fréquentation régulière des écoles. 
« § 3. Les enfants de tout habitant du pays sont tenus de fréquenter les écoles 
«primaires pendant la période obligatoire, à moins qu’ils ne suivent les cours 
«d’un établissement d’enseignement plus élevé, ou qu’ils ne reçoivent, par l’en- 
«seignement privé, ( instruction voulue. L’autorité spirituelle de leur confession 
«peut accorder une dispense. 
« § 4. L’âge 011 la fréquentation de l’école commence à être obligatoire est 
« celui de six ans. 
«§ 5. Cette période obligatoire finit à l’âge prescrit dans les différentes pro- 
« A inces du royaume, et pour les différentes confessions. ' 
«Là où il n’y a pas de prescriptions établies à ce sujet, notre ministre de 
« l’instruction publique et des cultes pourra les établir. 
«S (). L’instruction privée ne dispense de la fréquentation des écoles pri- 
« maires que dans le cas où elle comprend toutes les matières enseignées dans ces 
« dernières, et où la capacité de l’instituteur est reconnue par les autorités pré- 
« posées à la surveillance des écoles primaires. » 
On compte, dans ce royaume 36oo écoles primaires pour une population 
de 1910000 habitants, ou environ une école pour 5oo habitants.
        <pb n="48" />
        Le nombre des entants astreints à acquérir l’enseignement primaire est de 
3i5ooo. Le nombre des élèves présents est de 296000, ou 96 sur 100 en 
fants inscrits, le reste reçoit l’enseignement dans les familles ou dans des écoles 
privées fort nombreuses. 
La Ici sur fobligation de l’enseignement est maintenue avec beaucoup de 
sévérité, et l’on trouve à peine quelques jeunes gens dépourvus de l’instruction 
élémentaire. 
ÉCOLE DE PERFECTIONNEMENT POUR LES APPRENTIS. 
Les corporations existent encore dans ce royaume, quoique leurs attribu 
tions soient assez restreintes. Un apprenti ne peut passer compagnon dans sa 
profession qu’avec l’approbation d’une commission de membres de la corpo-' 
ration, présidée par un délégué ou membre du conseil municipal. 
Parmi les conditions imposées aux apprentis se trouve celle d’avoir suivi avec 
fruit les cours donnés le soir et principalement le dimanche, pendant l’hiver, 
dans les écoles instituées à cet effet aux frais des villes. 
On continue, dans ces écoles, l’étude de la lecture, de l’écriture, de la 
langue allemande, du calcul, et l’on s’occupe principalement du dessin d’or 
nement, auquel on joint un peu de dessin linéaire et de géométrie. 
Le nombre de ces écoles était, en 1 863, de 3y dans le royaume, et elles 
étaient suivies par près de 5ooo élèves ou apprentis. 
Le tableau ci joint en donne la situation. 
Tableau relatif aux ( gewerbeschulen) écoles de perfectionnement du Hanovre. 
NUMERO. 
ECOLES 
DF. 
Alfeld 
Bremenvordc. 
Celle 
Clausthal . . . 
Diepholz 
Duderstadt.. . 
Einbeck 
Emden 
A reporter. 
NOMBRE 
de 
PROFESSEURS. 
34 
NOMBRE 
D’ÉLÈVES. 
59 
48 
155 
219 
46 
64 
1 12 
156 
859 
COMPAGNONS 
et 
APPRENTIS. 
48 
48 
155 
198 
38 
64 
105 
129 
785
        <pb n="49" />
        6 
/Il 
NUMERO. 
y 
10 
1 1 
12 
13 
J 4 
15 
16 
17 
18 
19 
20 
21 
22 
23 
24 
25 
26 
27 
28 
29 
30 
31 
32 
33 
34 
35 
36 
37 
ECOLES 
DK 
Esens 
Geestemünde 
Gifliom 
Gottingen . . . 
Hameln 
Ilarbourg. . . 
Herzberg.. .. 
Hildesheim. . 
Lauterberg .. 
Leer 
Lemforden . . 
Lingen 
Lunebourg. . 
Meppen . . . . 
Münden 
Moringen... . 
Nienburg.. . . 
Norden 
Northeim . . . 
Osterode. . . . 
Osnabrück. . 
Peine 
Sol tau 
Stade 
Uelzen 
Usla 
lar 
Verden ... 
Wittingen. 
Weener... 
Report. 
Totaux 
NOMBRE 
de 
PROFESSEURS. 
34 
6 
3 
2 
10 
6 
5 
7 
4 
3 
7 
2 
3 
10 
3 
4 
3 
6 
4 
5 
5 
I i 
4 
1 
3 
5 
2 
5 
3 
4 
170 
NOMBRE 
D’ÉLÈVES. 
859 
50 
51 
69 
328 
214 
67 
68 
168 
91 
179 
27 
68 
232 
57 
89 
40 
101 
09 
68 
85. 
429 
157 
39 
82 
90 
108 
26 
75 
61 
4077 
COMPAGNONS 
et 
APPRENTIS. 
785 
47 
47 
69 
316 
198 
67 
67 
168 
90 
170 
22 
65 
227 
50 
83 
40 
97 
98 
67 
83 
331 
157 
38 
74 
90 
78 
22 
64 
53 
3763 
ÉCOLE INDUSTRIELLE DE LA VILLE DE HANOVRE. 
Outre les écoles de province, il en existe dans la capitale une très-impor 
tante, qui, dans l’année scolaire i 863-ï 866, ne comptait pas moins de 88 i 
élèves, dont 6o8 fréquentaient l’école proprement dite, s36 l’école préparatoire 
et 3 g les deux écoles. 
Les classes de dessin de l’école préparatoire y étaient suivies par 33y élèves, 
et celle de l’école proprement dite par 336.
        <pb n="50" />
        Dans l’école proprement dite, les élèves étaient répartis ainsi qu’il suit : 
Dessin à main levée, 3° division 102 
Dessin spécial, 4 e division 149 
Dessin linéaire, d’architecture, modelage, 2 e division 67 
Bosse 26 
ToTAf, 344 
ÉCOLE D’APPRENTISSAGE. 
11 n’y a, dans le royaume, qu’une seule école d’apprentissage destinée au 
tissage. Elle a peu d’importance. 
sociétés d’ouvriers. 
11 existait dans le royaume de Hanovre, en 1862-1863, dix-neul sociétés 
d’ouvriers, presque entièrement composées de compagnons. Une grande partie 
des maîtres et des chefs d’ateliers n’y étaient pas associés. 
Ces sociétés ont une organisation analogue à celles de la ville de Hanovre, 
que nous allons faire connaître. Le nombre total de leurs membres était d’en 
viron 2876 avec 2io membres honoraires. 
Leurs bibliothèques contenaient plus de 6000 ouvrages divers 
La ville de Hanovre compte trois sociétés de ce genre : 
La première pour les apprentis; 
La deuxième pour les ouvriers; 
La troisième pour les patrons et chefs d’ateliers. 
Cette dernière, dont font partie quelques professeurs, qui y donnent des cours, 
se réunit dans la salle d assemblée et de fêtes commune au gymnase et à 
l’école réelle, on y traite exclusivement, dans les séances qui ont lieu le lundi 
soir, des questions industrielles. 
La société des apprentis est instituée sous un patronage spécial et surveillée 
avec soin; elle compte 300 membres. 
La société des ouvriers est composée presque exclusivement d’aides et de 
compagnons. Les maîtres et les chefs d’ateliers qui occupent beaucoup de 
monde prennent rarement part à ces réunions. Elle compte, à Hanovre seule 
ment, 900 membres, et se réunit, dans un local quelle a loué, tous les soirs 
de y à 10 heures 1/2, le lundi depuis 4 heures jusqu’à 10 heures 1/2, elles 
dimanches ou fêtes dans la journée, jusqu’à 1 1 heures du soir. 
Fondée le 2 3 août 1845, sous le titre de Société de lecture, elle se constitua, le 
i" avril i848, en société générale, et les statuts quelle se donna à cette époque, 
et quila régissent encore, portent l’empreinte des aspirations de l’époque.
        <pb n="51" />
        — 43 — 
D’après ces statuts elle a pour but : 
i° La culture intellectuelle et industrielle de ses membres, au moyen d’une 
bibliothèque, de journaux et de conférences; 
2° De représenter les intérêts des ouvriers, et de chercher à entretenir des 
relations avec les sociétés analogues en Hanovre, en s’abstenant de s’occuper 
de politique. 
Les conditions d’admission sont : 
D être âgé de dix-sept ans et sorti d’apprentissage, d’avoir une condition 
honorable et une bonne réputation. 
En formant sa demande , le candidat doit verser 7,5 silbergros ou 90 centimes. 
Son nom est inscrit sur un tableau spécial exposé pendant quatorze jours dans 
la salle des réunions, et il est admis s’il n’y a pas eu d’opposition. 
Outre ses membres titulaires, la société a aussi des membres honoraires, 
quelle choisit parmi les personnes ou les hommes de science, qui ont rendu 
des services à l’industrie. 
La rétribution mensuelle des membres est de 5 silbergros ou 60 centimes. 
Elle doit être payée exactement, excepté en cas de maladie, sous peine de ra 
diation avec affiche du nom. 
La société est gouvernée par un comité composé de dix membres, tous élus 
en assemblée générale et obligés d’accepter. Elle a, en outre, une commission 
littéraire, une commission des fêtes et une commission d’approvisionnements, 
qui achète en gros et livre en détail aux sociétaires et au comptant, les den 
rées qui leur sont nécessaires, il y a aussi une commission de comptabilité, 
une commission d’arbitrage et de poursuites judiciaires'pour défendre les 
droits des membres. 
Les sujets des lectures et des conférences sont déterminés par un comité 
d’enseignement, dans lequel se trouve un certain nombre de professeurs. 
La commission d’arbitrage reçoit les plaintes des membres et cherche à 
concilier les parties. Elle est composée de douze membres juges et de six sup 
pléants. Elle prononce des jugements et condamne à des peines auxquelles les 
membres doivent se soumettre, sous peine d’exclusion ; mais il y a appel de 
ses décisions devant 1 assemblée générale. 
La société a une bibliothèque de 2000 volumes et une salle de lecture 
éclairée le soir. Elle prête des livres à ses membres avec la garantie d’un dépôt 
de 20 silbergros ou 2 fr. 5o cent, et 1 adresse de 1 emprunteur, 
Nous avons assisté à une séance à laquelle il y avait plus de cent membres 
presents dans la salle des conferences et l’on y a traité la question de l’utilité 
du tour d Allemagne pour les compagnons. Deux membres, simples ouvriers, y 
Ö .
        <pb n="52" />
        ont pris la parole: l’un a soutenu l’utilité de ces tournées au point de vue in 
dustriel, l’autre l’a combattue au point de vue moral. 
Ces discussions s’appellent des exercices de paroles et ne sont guère eu 
réalité autre chose; mais J’on doit se demander précisément s’il est utile, pour 
des ouvriers, de s habituer à manier la parole, quand ils ne peuvent y joindre 
des connaissances suffisamment approfondies sur les sujets qu’ils traitent. Si 
ces exercices ne portaient jamais que sur des questions techniques ou de mé 
tier, il est certain que des ouvriers habiles, pouvant bien expliquer les pro 
cédés et les difficultés d’exécution, rendraient des services; mais, hors de là, 
il est très-dangereux que des ouvriers s’habituent à se poser en orateurs; nous 
savons en France à quoi nous en tenir. 
Outre la salle des conférences, il y en a une pour fumer et se rafraîchir, 
pour lire les journaux et plusieurs autres pour les cours donnés, par des pro 
fesseurs payés, aux ouvriers qui désirent les suivre. 
Pour que les leçons soient données, il faut qu’il s’y présente un nombre 
minimum d’auditeurs, qui est de : 
8 pour les leçons de français, de modelage, de sculpture sur bois; 
6 pour les leçons d’anglais, d’allemand, de mathématiques et de tenue des 
livres; 
i 2 pour les leçons de dessin linéaire ou à main levée et de calligraphie. 
Chaque membre qui s’est fait inscrire dépose pour caution de son exacti 
tude 5 silbergros ou fio centimes, et chaque fois qu’il manque sans excuse 
valable, on lui retient i centime. 
Les matières enseignées dans les cours, la durée des séances, le nombre 
des auditeurs en i 863 , étaient : 
MATIERES 
DE L’ENSEIOEMEXT. 
Dessin d’ornement.. . 
Dessin technique. . . . 
Dessin linéaire ..... 
Langue allemande. . . 
Chaut 
Calcul 
Ecriture 
A reporter 
NOMBRE 
D'HEURES 
NOMBRE 
D’ELEVES. 
80 
94 
70 
75 
60 
70 
70 
519 
MATIERES 
DE L’EXSEIGSEMEST. 
Report 
Mathématiques 
Français 
Anglais 
Coupe des habits 
Modelage et sculpture sur hois. 
Gymnastique 
Total 
NOMBRE 
D'HEURES 
semaine. 
NOMBRE 
d'élèves. 
5 J 9 
30 
60 
60 
30 
15 
100 
784
        <pb n="53" />
        — ¿i5 — 
La société cie Hanovre a un budget de i3oo thalers ou /1870 trancs, cjui 
est administré avec soin par un comité spécial; elle compte 900 membies 
Le nombre actuel de ces sociétés d ouvriers est aujourd bui d environ 2 0 dans 
le royaume de Hanovre seulement; celui de leurs membres est estime a Gooo. 
Le défaut grave et le danger de ces associations est dans 1 affiliation qui les 
réunit et qui, dans des circonstances difficiles, peut permettre à des meneurs 
audacieux de disposer d’un grand nombre d hommes faciles à entraîner et à 
passionner. 
L’on doit cependant reconnaître, d’après le tableau précédent de la nature 
des cours et du nombre des auditeurs, que des institutions semblables peuvent 
être utiles, mais il faut leur donner une autre organisation, dont nous trouve 
rons un bon modèle dans les cours du soir et du dimanche faits en Autriche 
aux ouvriers. 
GYMNASES. ÉCOLES REELLES. ÉCOLES l)E COMMERCE. 
Dans le royaume de Hanovre les gymnases où l’on fait les études littéraires 
d humanités, qui conduisent à celles des universités et les écoles réelles, ou 
renseignement est aussi littéraire, mais moins étendu, comme nous le ferons 
voir plus loin, sont habituellement établis dans le même bâtiment, mais cepen 
dant complètement séparés et avec des professeurs distincts. 
il y a ainsi dans le royaume, dix-sept gymnases et dix-sept écoles réelles, plus 
ou moins complètes quant aux classes. Nous ne parlerons ici que de l’école réelle 
de la ville de Hanovre, l’une des mieux organisées que nous ayons visitées. 
ÉCOLE RÉELLE DE HANOVRE. 
Sous ce titre, il existe dans la ville de Hanovre, depuis i835, un éta 
blissement d’enseignement spécialement destiné aux jeunes gens que leurs 
parents veulent diriger vers le commerce ou l’industrie. 
A son origine, cette école devait joindre aux études littéraires et scientili- 
liques élémentaires des leçons plus spécialement relatives au commerce pro 
prement dit. Mais plus tard, suivant l’exemple du gouvernement prussien, 
celui de Hanovre a écarté de l’enseignement de cette école tout ce qui était 
technique ou spécial ; de sorte qu elle est devenue aujourd’hui un établisse 
ment d’études littéraires restreintes. 
Les études, qui peuvent comprendre même Iinstruction primaire, sont 
partagées entre deux divisions, dont l’une, appelée école préparatoire (vors- 
chule), n’est, à vrai dire, qu’une école primaire, comprenant trois années
        <pb n="54" />
        d’études; et Ja seconde, qui constitue une école réelle proprement dite, a sept 
classes d’une année. 
l^es enfants admis dans l’école préparatoire à six ou sept ans ne sortent donc 
de l’école réelle, quand ils y complètent leurs études, qu’à seize ou dix-sept 
ans, c’est-à-dire après dix années. 
L’externat, qui chaque jour ramène l’enfant dans sa famille, rend cette 
durée dés études moins pénible, quoiqu’elle semble bien longue pour le buta 
atteindre. 
Cet enseignement est d’ailleurs principalement littéraire et n’a rien de tech 
nique, comme on peut s’en assurer par l’examen du tableau suivant des ma 
tières traitées et du nombre d’heures qui leur sont consacrées chaque semaine. 
Tableau du nombre d’heures consacrées aux diverses matières de l’enseignement. 
MATIERES ENSEIGNEES. 
Religion 
Allemand 
Français 
Anglais 
Latin 
Mathématiques 
Calcul 
Histoire 
Géographie 
Phénomènes naturels.. . . 
Chimie et minéralogie.. . 
Histoire naturelle 
Écriture 
Dessin A main levée 
Dessin linéaire 
Chant 
Totaux 
2 
(3) 
34 
2 
(3) 
(J) 
32 
ECOLE REELLE. 
3* 
2 
4 
4 
4 
4 
4 
2 
2 
"2 
2 
2 
2 
(J) 
34 
4' 
2 
4 
4 
4 
4 
2 
2 
2 
2 
il 
2 
2 
2 
h 
O) 
32 
5' 
32 
6 e 
32 
7 
27 
ECOLE 
PREPARATOIRE. 
8' 
26 
9 
15 
TOTAL 
10 
22 
38 
25 
16 
25 
18 
33 
14 
13 
4 
6 
12 
30 
12 
274 
L’on voit par ce tableau qu’après l’étude de la langue nationale, celle du 
français et celle du latin occupent le plus de temps, celle de l’anglais en a 
beaucoup moins, mais l’analogie de cette langue avec le français, quant à la 
grammaire, et avec l’allemand, quant aux mots, rend sou étude facile aux 
jeunes gens qui savent déjà les deux autres langues.
        <pb n="55" />
        Le mode d’enseignement a beaucoup d analogie avec la méthode mise en 
pratique à Paris avec succès par le professeur Roberston, comme nous lavons 
déjà dit au sujet des écoles de Prusse. 
Répartition des élèves dans les classes. — Dans cette école, comme dans celles 
de Prusse, le nombre des élèves qui y continuent leurs études jusqu’à la limite 
de l’enseignement, n’est qu’une fraction de ceux qui les commencent. 
En 1862-63 on comptait dans les diverses classes les nombres suivants 
d’élèves. 
ECOLE REELLE. 
Nombre d’élèves 16 
29 
3* 
31 
4* 
39 
5* 
44 
6* 
45 
7 
51 
ECOLE 
rnÉPARATOIKH. 
8 e 
52 
9 
53 
43 
TOTAL. 
403 
L’on voit par ce tableau que la moitié environ des élèves quittent l’école à 
la troisième classe et que moins du tiers y terminent leurs études. 
La rétribution scolaire varie de i 8 à il\ thalers paran (67 à 90 francs). 
Le bâtiment qui contient l’école réelle renferme aussi le gymnase; mais les 
deux établissements sont complètement séparés. Ils n’ont de commun qu’une 
belle façade sur une place publique et une grande salle dite salle des fetes. 
Cet édifice, fort beau cl parfaitement approprié à sa destination, a coûté à 
la ville de Hanovre a3oooo thalers (86-2 5oo francs). Les salles sont grandes, 
bien aérées et chauffées par d’énormes poêles en faïence, dont on pourrait 
probablement utiliser la construction pour la ventilation, en les modifiant con 
venablement. 
Les dépenses totales se sont élevées en 1862 à 1 i3âo thalers. 
La rétribution scolaire a produit 8100 
La ville supporte la différence 3a&amp;5 
et outre le bâtiment, elle fournit le mobilier. 
L’école a une bibliothèque assez complète, dont les livres peuvent être prêtés 
aux élèves. 
Le mode d’enseignement suivi, et qui consiste surtout en interrogations fré 
quemment adressées en quelque sorte simultanément à tous les élèves, tient 
leur attention en éveil et la surexcite fortement. En l’employant convenable-
        <pb n="56" />
        ment, il est très-propre à développer la mémoire et surtout l’initiative indivi 
duelle des enfants. 
ÉCOLE DE COMMERCE (»ANDELS SCHULE). 
Dans les mêmes bâtiments que l’école réelle, la municipalité de la ville a 
établi une école de commerce destinée à compléter l’instruction des jeunes gens 
qui sortent de l’école primaire et qui veulent entrer dans le commerce pro 
prement dit. 
Cette création a remplacé les cours de commerce, de tenue des livres, etc. 
qui avaient été retranchés du programme de l’école réelle. 
Les corporations existant encore en Hanovre, celle des commerçants, d’accord 
avec l’autorité municipale, désigne les jeunes apprentis du commerce qui doi 
vent suivre les cours de cette école. Ces cours deviennent alors obligatoires 
pour l’élève, auquel le patron doit de son coté laisser la liberté nécessaire. 
L’établissement se compose d’une école préparatoire, où l’on enseigne l’écri 
ture et le calcul aux jeunes gens qui ne son. pas suffisamment préparés, et de 
l’école de commerce proprement dite, dont les études embrassent deux années 
ou quatre semestres. 
Les matières enseignées sont : 
La correspondance commerciale, la géographie commerciale, le calcul écrit 
et mental, la calligraphie, le français et l’anglais; dans la première et dans la 
deuxième classe on y ajoute la tenue des livres, et dans la troisième et la qua 
trième l’art du commerce. 
En cas d’absence des élèves, les patrons sont prévenus et doivent signer la 
feuille qui leur en donne avis. Si c’est le patron qui retient l’élève on en prévient 
le magistrat. 
Les classes sont tenues en été de six à huit heures, et en hiver de sept à neuf 
heures du matin. 
Les matières enseignées à l’école du commerce dans les deux heures de 
classe sont réparties comme il est indiqué au tableau suivant.
        <pb n="57" />
        7 
— 49 
Répartition des matières de l’enseignement 
à l’école de commerce de Hanovre 
pendant l’été. 
LUNDI. 
MARDI. 
MERCREDI. 
JEUDI. 
VENDREDI. 
SAMEDI. 
Calcul écrit. 
Tenue des livres. 
Calcul écrit. 
Calligraphie. 
Calcul écrit. 
ÉTÉ, DE 6 HEURES X 7 HEURES. 
4 e .. Calcul mental. 
Géographie 
commerciale. 
Correspondance 
commerciale 
en allemand. 
Tenue des livres. 
Calcul écrit. 
Calcul mental. 
Anglais. 
Calcul mental. 
Calligraphie. 
Art commercial. 
Calcul écrit. 
Tenue des livres. 
Correspondance 
commerciale 
en allemand. 
Calcul écrit. 
ÉTÉ, DE 7 HEURES X 8 HEURES. 
Français 
et correspondance 
commerciale. 
Anglais. 
Géographie 
commerciale. 
Correspondance 
commerciale 
en allemand. 
Français. 
Art commercial. 
Correspondance 
commerciale 
en allemand. 
Géographie 
commerciale. 
Calcul écrit. 
Calligraphie. 
Tenue des livres. 
Calcul écrit. 
Anglais. 
Français. 
Correspondance 
commerciale 
en anglais. 
Français. 
Géographie 
commerciale. 
Calligraphie. 
Calcul mental. 
Art commercial. 
Art. commercial. 
L’introduction du calcul mental dans une école destinée, comme on le voit, 
à de simples employés inférieurs du commerce paraît une idée assez heureuse. 
Cette école possède une petite bibliothèque, où les élèves peuvent, sous la 
garantie de leurs patrons, emprunter des livres. 
Tous les cours de l’enseignement sont également obligatoires, et la rétribu 
tion scolaire est de l\ thalers (i 5 francs) par semestre à l’école préparatoire, et 
de 7 thalers (26 fr. 25 cent.) pour l’école commerciale proprement dite. 
Les élèves qui ont accompli les deux années complètes de cours sont 
admis à passer devant une commission du commerce un examen, à la suite 
duquel il peut leur être délivré un certificat de capacité. Ceux qui n ont suivi 
qu’une partie des classes inférieures ne reçoivent qu’un certificat relatif à ces 
classes. 
École de l’industrie du bâtiment (baugewerk schule) X nienburg (hanovre). 
H existe dans cette ville une école spécialement consacrée à former des ou 
vriers constructeurs capables, et des maîtres habiles pour l’industrie du bâtiment. 
L enseignement n’y est donné que pendant l’hiver, du 2 1 octobre jusqu’à la 
fin de la dernière semaine du mois de mars. Il est divisé en trois classes.
        <pb n="58" />
        50 
|ï i 
3 e CLASSE, (classe inférieure.) 
Langue allemande. — Orthographe, petites compositions 
Calcul et algèbre jusqu’aux proportions, et extractions des racines, équations 
du 1 er degré 
Géométrie plane.— Égalité et similitude des triangles, calcul des aires 
Dessin linéaire et géométrie descriptive.— Assemblages, toitures, appareils. . . . 
Physique.—Notions générales 
Dessin d’architecture 
Dessin à main levée et d’ornement 
Total 
2 e CLASSE. 
Langue allemande. — Syntaxe, ponctuation, lettres d’affaires 
Algèbre. — Elévation aux puissances, extraction de racines, équations 
Géométrie plane et dans l’espace.— Similitude, polygones, cercle, plan, cuba lures. 
Géométrie descriptive. — Assemblage de toitures, voûtes, escaliers, appareils 
composés, pièces de.machines, ombres, perspective 
Physique technique. — Forces, effets, centre de gravité, machines simples 
Notions sur les constructions pour les tailleurs de pierre, les maçons, les char 
pentiers, les couvreurs, avec dessins de plans, coupes, élévations, ordres, 
entablements, détails 
Notions sur les matériaux de construction. (Collection.) 
Dessin d’ornement d’après les modèles 
Modelage en argile ou plâtre, en bois ou en pierre . 
Total 
r CLASSE. 
Langue allemande —Compositions écrites et orales 
Tenue des livres industriels 
Algèbre, géométrie plane et dans l’espace. (Répétitions et exercices.) 
Géométrie pratique. — Lever de terrains, de routes, de parties de villes, nivel 
lement, dessin de plans 
Physique technique. — Machines employées dans les constructions, résistances, 
pression de l’eau, machines élévatoires. Du mouvement. Mécanique relative 
aux constructions 
Cours de constructions. — Construction des bâtiments. Elude des terrains. Fon 
dations. Établissement de projets complets avec devis. Dessin de construc 
tion. Police des constructions 
Dessin d’ornement 
Modelage en plâtre et argile, en pierre et en bois 
Total 
NOMBRE 
D’HEURES 
par semaine. 
8 
9 
7 
i5 
4 
5 
1 2 
6o 
4 
6 
4 
8 
4 
2 J 
3 
6 
4 
6o 
2 
2 
4 
4 
6 
3o 
6 
6 à i2 
6o à 66
        <pb n="59" />
        7- 
— 51 — 
Cette école avait, en i 8fi3~i 86/i, i k professeurs et ig5 élèves, dont: 
89 maçons; 
87 menuisiers; 
2 couvreurs; 
9 constructeurs de moulins et de machines; 
7 ébénistes; 
1 serrurier. 
La majorité des élèves avait de 17 à a5 ans, le plus jeune avait i5 ans, et 
le plus âgé 87. 
ÉCOLE POLYTECHNIQUE. 
Cet établissement, fondé le a mars i83i, sous le nom d'École supérieure 
industrielle, sous la direction de M. le docteur Karmarsh, qui en est encore le 
chef, n’a pris qu’en 18/18 le titre d'Ecole polytechnique. 
Son organisation présente une assez grande analogie avec celle des univer 
sités, en ce que, bien quelle prépare les élèves à des destinations spéciales et 
techniques, elle leur laisse, pour le choix des cours à suivre, une latitude nota 
blement plus grande que quelques autres écoles semblables, et en ce qu’elle 
admet des auditeurs libres, sans destination particulière, et même des élèves 
pour les cours de dessin seulement, outre ceux qui se destinent à des branches 
spéciales d’industrie. 
Les subdivisions principales de l’enseignement sont réglées en vue de donner 
les connaissances nécessaires : 
i° Aux chimistes industriels; 
2 0 Aux agriculteurs; 
o° Aux géomètres du cadastre et autres; 
Zi° Aux mécaniciens et aux constructeurs de machines; 
5° Aux architectes; 
6° Aux ingénieurs hydrauliciens, ainsi qu’à ceux des routes ordinaires et des 
chemins de fer. 
Les programmes de l’enseignement indiquent, pour chacune de ces spécia 
lités, quels sont les cours que les élèves sont invités à suivre, et une fois qu’ils 
ont fait leur choix, ces cours deviennent obligatoires. 
Afin que les cours spéciaux soient suivis avec fruit, les élèves doivent faire, 
preuve de certaines connaissances, ou s’y préparer dans des cours qui const i 
tuent ce que l’on nomme l’école préparatoire. 
Nous allons faire connaître les détails de 1 enseignement réglé d’après ces 
bases générales.
        <pb n="60" />
        Pour être admis à se faire inscrire comme élève de l’école préparatoire, il 
faut avoir 16 ans, et pour l’école supérieure ou pour les divisions spéciales, 
i 7 ans. 
Les connaissances exigées pour l’école préparatoire sont celles de la langue 
allemande et l’habitude de la rédaction, l’usage du calcul décimal, des règles 
de trois et des proportions, les éléments de calcul algébrique, la géométrie 
plane, des notions générales de géographie et d’histoire. 
Quant aux cours spéciaux de l'école supérieure, il faut, pour y être admis, 
posséder les connaissances enseignées à l’école préparatoire, et dont nous don 
nerons plus loin le détail. 
Cependant les élèves qui ne se destinent qu’aux cours d’histoire naturelle ne 
sont pas obligés de subir un examen sérieux sur les mathématiques. 
Enfin on n’exige aucun examen des élèves qui ne se proposent de suivre que 
les leçons de dessin et de modelage. 
ENSEIGNEMENT DE L’ECOLE PREPARATOIRE. 
i° Mathématiques élémentaires, algèbre jusqu’aux équations du troisième 
et du quatrième degré. Logarithmes. Calcul des fonctions convergentes et diver 
gentes. Théorie des équations supérieures. Calcul des probabilités. Géométrie, 
des courbes, stéréométrie, corps réguliers et irréguliers. Trigonométrie plane 
et sphérique, géométrie analytique. 
2° Éléments de géologie et de botanique enseignés d’après la vue des objets 
réels; excursions. 
3° Minéralogie. Eléments. 
. Dessin à main levée, en trois divisions, 1,2, 3, d’après des modèles 
gradués divers. 
5° Dessin linéaire, constructions à l'échelle. Eléments de géométrie des 
criptive. 
Observations. — L’enseignement de l’algèbre nous semble plus développé 
qu’il n’est nécessaire pour les besoins des spécialités techniques de l’institut, et 
nous ne voyons pas de quelle utilité peut être pour les élèves le calcul des pro 
babilités. 
ENSEIGNEMENT DE L’ECOLE SUPERIEURE. 
1. Mathématiques transcendantes. — Premier cours, cinq heures par semaine. 
Géométrie analytique dans l’espace. Calcul différentiel et intégral et appli 
cation à la géométrie analytique.
        <pb n="61" />
        Deuxième cours, cinq heures par semaine T. 
Continuation des applications du calcul différentiel et intégral. Integration 
des équations, méthode des moindres carrés. Calcul des variations. 
Observation. — Cet enseignement de mathématiques transcendantes nous 
semble également trop développé. Des notions sur le calcul différentiel, sur le 
calcul intégral avec des applications simples à la géométrie et aux principales 
courbes seraient suffisantes. 
11. Géométrie descriptive. — Théorie des ombres et perspective, dix heures 
par semaine. 
fil. Géométrie pratique. — Levé des plans, géodésie, représentations topo 
graphiques, et opérations sur le terrain, dix heures par semaine. 
IV. Mécanique.— Premier cours, cinq heures par semaine et trois heures 
de répétitions. 
Principes généraux, propriétés des corps et notions sur la construction des 
machines. 
(Cette partie n’exige que la connaissance des mathématiques élémentaires.) 
V. Mécanique supérieure. — Deuxième cours, cinq heures d’études et deux 
heures de répétitions. 
i° Mécanique analytique, théories générales, 
2° Mécanique de l’ingénieur, élasticité et résistance des matériaux, char 
pentes, ponts en tôle ou en treillis, ponts suspendus, calculs, théorie générale 
des courbes. 
Préparation nécessaire : cours de mathématiques transcendantes, premiei 
cours de mécanique. 
VI. (Construction des machines. — Cinq heures d’études, huit heures de 
dessin. 
Revue des principaux résultats sur la résistance des matériaux, construction 
des cléments de machines, volants, régulateurs divers, machines élévatoires, 
presses, pompes, etc. 
Préparation nécessaire; deuxième cours de géométrie descriptive; premier 
cours de mécanique. 
VII. Etude des machines. — Premier cours, cinq heures par semaine. 
Ce deuxième cours de mathématiques supérieures a cessé en &gt;864 d’être obliga 
toires, il est devenu seulement facultatif.
        <pb n="62" />
        — 54 — 
Machines à mesurer, à calculer et à compter. Moulins, machines d'agri 
culture. 
VIII. Elude des machines motrices et autres.— Deuxième cours, cinq heures 
par semaine. 
i re partie. Théorie de l’hydraulique, théorie des moteurs hydrauliques, ma 
chines à vapeur, machines à élever l’eau et les fardeaux, machines soufflantes, 
marteaux-pilons. 
°- 0 partie. Pratique. Cinq heures de leçons, huit heures d’études de projets 
par semaine. 
Projets de machines à vapeur, de roues hydrauliques, de pompes, de ma 
chines soufflantes. 
IX. Construction. — Premier cours : 
i° Détails et matériaux de constructions. Quatre heures de leçons, huit 
heures de dessin par semaine. 
Détails des travaux de maçonnerie, de charpente, constructions en fer, fon 
dations , matériaux. 
2° Ornements. Trois heures par semaine. 
Application aux divers matériaux. 
Préparation nécessaire • Deuxième cours de géométrie descriptive; premier 
cours de mécanique. 
(Les praticiens sont dispensés de cette préparation, pourvu que leurs con 
naissances soient suffisantes.) 
Deuxième cours de constructions : 
i° Construction de bâtiments. Deux heures de cours, trois heures de des 
sin par semaine. 
Disposition d’escaliers, appareils de chauffage et de ventilation, travaux de 
menuiserie, de serrurerie et de couverture. 
2° Elude des formes d’architecture et de perspective. Trois heures de cours, 
quatre heures de dessin. 
Fragments d’histoire de l’art, formes grecques, romaines, des temps primi 
tifs de l’ère chrétienne, romanes, gothiques. 
3° Ornementation. Une heure de cours, trois heures de dessin. 
Ornementation antique, des premiers temps de 1ère chrétienne, du moyen 
âge. 
Projets et dessins d’après des modèles en plâtre. 
k° Projets d’édifices simples, publics et privés. Quatre heures par semaine. 
Projets d’après un programme donné.
        <pb n="63" />
        55 
Préparation exigée : 
Avoir suivi au moins la première classe du premier cours de construction. 
Troisième cours de constructions : 
i° Projets d’édifices publics et privés. Deux heures de cours, sept heures 
d’études, plus sept heures de dessin. Etudes complètes de constructions, an 
ciennes, du moyen âge et modernes; projets d’après un programme donné; 
étude de projets avec tous les détails nécessaires. 
2° Cours, quatre heures, trois heures de dessin. Disposition et établissement 
des édifices, devis, plans pour la mise à exécution, contrats, métrage, avec des 
croquis de plans de constructions à l’appui. 
d° Ornementation, trois heures d’études. Projets de détail d’ornementation 
appliqués aux projets architectoniques, sujets de détails intérieurs, meubles, etc. 
d’après un programme. 
Préparation exigée : avoir suivi avec succès la deuxième classe du deuxième 
cours. 
!\° Histoire de l’architecture, six heures par semaine. Antiquités allemandes, 
monuments d’Amérique, d’Asie. d’Egypte, de Nubie. Architecture grecque, 
étrusque et romaine, byzantine, mahométane, romane, gothique, renaissance 
et style rococo, avec étude de la plastique et de la peinture. 
Ee cours d’histoire de l’architecture appartient au troisième cours de cons 
truction , mais il est également ouvert aux élèves du deuxième cours et à toutes 
les personnes aptes à en profiter. 
X. Chaussées et chemins de fer. —Cours, quatre et six heures par semaine 
après Pâques. Dessin , six heures. 
i° Chaussées. Nature du terrain, voitures, travail des bêtes de somme. Pro 
jets de route, alignements, profils en long et en travers, construction des routes, 
distribution en largeur, consolidation de la voie, ponts et passages, murs de 
soutènement, accotements, devis et exécution, principes pour l’entretien, ex 
cursions. 
2° Chemins de fer. Historique, aperçu sur la force motrice, recherche et 
tracé de la ligne, travail spécial des projets et exécution des voies ferrées, ac 
quisition des terrains, terrassements , méthodes et appareils de transport, cons 
truction de la partie supérieure. Matériel, ustensiles, fournitures, croisements, 
signaux, barrières, clôtures. Ponts en tôle, en treillis ou ouvrages spéciaux, 
calcul et devis des ponts, gares et dépendances, édifices en dehors des gares, 
exécution des constructions, estimation des dépenses, construction de tun 
nels , excursions.
        <pb n="64" />
        Préparation exigée : les cours de construction de machines, le deuxième 
cours de constructions, les mathématiques supérieures et la mécanique supé 
rieure. 
XI. Ponts et constructions hydrauliques. — Cours, huit heures et après Pâques, 
six heures. Dessin, six heures par semaine. 
i° Constructions de ponts. Fondations, constructions riveraines; du but des 
ponts en général, ponts en pierre, en bois, en fer, ponts suspendus, ponts mo 
biles. Excursions. 
2° Constructions hydrauliques. Sources, cours d'eau, réunion et écoulement 
des eaux à la surface de la terre, purification et conduite des eaux; dispositions 
pour les retenir. Digues et chenaux, dispositions pour assécher et irriguer sur 
une échelle plus ou moins grande. Canaux de navigation, construction de ca 
naux et d’écluses; fleuves et torrents, étangs, constructions maritimes, ports. 
Excursions. 
Préparation exigée : cours de construction de machines, le deuxième cours 
de constructions, les mathématiques et la mécanique supérieures. 
XII. Géognosie, trois heures par semaine. Pétrographie, paléontologie, oro 
graphie avec les principes de la géologie. 
Préparation exigée : la zoologie, la botanique et la minéralogie. 
XIII. Physique pure, cinq heures par semaine. Pesanteur, état d’agrégation, 
acoustique, optique, chaleur, électricité par frottement, magnétisme, électri 
cité par contact. Expériences de physique. 
La condition de la participation à ces expériences est de suivre ou d’avoir 
suivi le cours de physique pure. 
XIV. Physique technique, trois heures par semaine. Application de la cha 
leur au chauffage, dispositions pour l’éclairage, instruments d’optique, télégra 
phie électrique. 
XV. Chimie pure, cinq heures par semaine. Chimie minérale et organique. 
XVI. Chimie technique, cinq heures par semaine. Appareils pour des opéra 
tions chimiques sur des matières minérales et organiques en grand. 
Préparation exigée : les connaissances enseignées dans le cours de chimie 
pure. 
XVII. Chimie pratique, vingt-trois heures de manipulation. Comme prépa 
ration aux manipulations il y a un cours de chimie analytique (trois heures). 
Pour l’admission aux manipulations, on exige les connaissances nécessaires en
        <pb n="65" />
        s 
chimie théorique et la fréquentation antérieure ou simultanée du cours de chi 
mie analytique. 
Les élèves que leurs autres études empêchent d’assister à toutes les heures 
de manipulation, peuvent être dispensés d’un certain nombre de séances. 
XVI11. Technologie mécanique, cinq heures de cours et de répétition. Tra 
vail des métaux, du bois, filature, tissage. 
XIX. .Modelage, dix heures. Imitation d’ornements, parties du corps humain 
ou d’animaux, figures complètes en argile ou en cire. Modelage d’après des des 
sins, moulage en plâtre. 
XX. Exécution des modèles, dix heures. Modelage en bois, toits, ponts en 
arc, escaliers, modelage en plâtre, voûtes, arcs de diverses formes, escaliers 
en pierres. 
Préparation exigée : connaître le premier cours de construction ou avoir 
des connaissances pratiques. 
PLANS D’ÉTUDES. 
Afin de rendre plus facile le choix des cours à suivre et prévenir beaucoup 
de demandes de renseignements â ce sujet, les instructions réglementaires font 
observer que l’école préparatoire comprend, dans le cours d’une année, les 
matières suivantes : zoologie, botanique, minéralogie, mathématiques élémen 
taires, dessin â main levée et dessin linéaire. 
On indique, pour la marche naturelle des études, à partir de l’école prépa 
ratoire et pour les spécialités, les plans d’études suivants : 
CHIMISTES (CHIMIE TECHNIQUE). 
T* année. — Ecole préparatoire. 
2 e (uinée. — Chimie pure, technologie, physique pure, physique technique, 
mécanique. 
3 e année. — Géognosie ou connaissance générale des machines, chimie tech 
nique, travaux de chimie pratique. 
U c année. — Manipulations chimiques. 
AGRICULTEURS. 
1 e année. — Ecole préparatoire. 
2 année. — Chimie pure, technologie, physique pure, physique technique, 
mécanique.
        <pb n="66" />
        3 e année. — Connaissance générale des machines, construction, premier 
cours; géométrie pratique et levés de plans, ou bien manipulations chimiques, 
chimie technique, géognosie. 
GÉOMÈTRES. 
l rc année. — Ecole préparatoire. 
2 e année. — Mathématiques supérieures, premier cours; physique pure, 
physique technique; géométrie descriptive. 
3 e année. —Géométrie pratique avec levé de plans. Géognosie, premier cours. 
MÉCANICIENS ET CONSTRUCTEURS DE MACHINES. 
l re année. — Ecole préparatoire. 
2 e année. —Mathématiques supérieures, premier cours; mécanique, techno 
logie, géométrie descriptive, physique pure. 
3 e année. —Connaissance des machines, construction des machines, cons 
tructions, premier cours; mécanique supérieure. 
4 e année. — Connaissance des machines spéciales, mathématiques supé 
rieures, deuxième cours ; chimie pure, physique technique. 
ARCHITECTES. 
l re année. — Ecole préparatoire. 
2 e année.— Mathématiques supérieures, premier cours; technologie, géo 
métrie descriptive, mécanique, physique pure. 
3 e année. —Constructions, premier cours, et ornementation, géométrie pra 
tique et dessin de levé de plans, connaissance générale des machines, modelage 
et bosse. 
4 e année.— Constructions, deuxième cours, et ornementation, géognosie, 
constructions de routes et de chemins de fer, modelage et bosse. 
5 e année. — Constructions, troisième cours, et ornementation, ponts et 
constructions hydrauliques, chimie pure. 
GÉNIE CIVIL, CHAUSSÉES ET CHEMINS DE FER. 
l re année. — Ecole préparatoire. 
2 e année. — Mathématiques supérieures, premier cours; technologie, géo 
métrie descriptive, physique pure, mécanique. 
3 e année. — Mathématiques supérieures, deuxième année; art de cons 
truire , premier cours ; géométrie pratique et dessin de levé de plans, construc 
tion de machines.
        <pb n="67" />
        — 59 — 
4 e année. — Chaussées et chemins de 1er, constructions, deuxieme cours; 
mécanique supérieure, géognosie, physique technique. 
5 e année. — Constructions de ponts et hydraulique, art de construire, troi 
sième cours ; machines spéciales, chimie pure. 
ÉLÈVES ET AUDITEURS. 
D’après des renseignements statistiques, le recrutement des élèves de l’école 
polytechnique de Hanovre se fait dans les proportions suivantes parmi les dif 
férentes catégories de jeunes gens. 
Sur îoo élèves admis, il en est fourni par : 
Les gymnases d’humanités 18,3 
Les écoles bourgeoises supérieures, réelles ou profession 
nelles , les gymnases réels, les écoles de commerce ou des 
mines 18,g 
L’enseignement privé 21,9 
Les ateliers et les usines 25,6 
Les autres instituts polytechniques 4,8 
Les écoles de 1 industrie du bâtiment 3,3 
Les écoles inférieures 0,6 
Les o(liciers et employés de l’Etat 4,5 
Les professeurs 2,1 
Total 100,0 
Les élèves de l’école supérieure peuvent suivre les cours qu’ils veulent choi 
sir, sous la réserve que les dispositions réglementaires et la suite naturelle des 
études ne s’y opposent pas. Tous les élèves sont tenus de frequenter régulière 
ment les cours, d assister aux exercices, dessin, manipulations, et d observer, 
en général, les règlements de l’école, qui leur ont été notifies a leur admission. 
A la lin de chaque année, au mois de juillet, les élèves qui en font la de 
mande, et dont le nombre s’élève habituellement aux deux tiers ou aux trois 
quarts de la totalité, sont admis 4 des examens sur 1 ensemble de 1 enseigne 
ment et sur leurs travaux. On leur délivre, s’il y a lieu, un certificat constatant 
leur fréquentation et leur instruction! Ces certificats sont de trois degres; 
dans certains cas, on y ajoute la mention avec distinction, et Ion y joint le don 
de quelques ouvrages. 
Les personnes qui occupent une position indépendante, ou qui ont Ire 
quente les universités, peuvent être admises comme auditeurs libres. 
11 n’est pas délivré à ces derniers de certificats de progrès et d application.
        <pb n="68" />
        Ceux qui ne remplissent pas les conditions susénoncées peuvent être admis 
comme auditeurs libres, sur la demande éorite de leur père ou de leur tuteur, 
demande dans laquelle on doit spécifier que 1 impétrant n’ignore pas qu’il n’a 
pas à attendre de certificat. 
Toute personne qui s’est fait inscrire comme auditeur libre peut, dans les 
trois premiers mois de l’année jusqu’au nouvel an, être admise comme élève, 
en faisant part au directeur de son intention. 
Observations. — Nous avons reproduit en entier, non-seulement le plan gé 
néral des éludes dont on vient de voir les divisions, mais encore le détail des 
matières enseignées dans chaque cours, parce qu’il ressort de ce détail la con 
séquence que la marche de l’enseignement est tellement réglée que, pour cer 
taines divisions importantes, telles que celles des mécaniciens et des architectes, 
on peut recevoir une instruction technique, déjà assez sérieuse, à l’aide des 
mathématiques élémentaires, et entrer dans la pratique des travaux sans suivre 
la totalité des études, ce qui peut convenir à beaucoup de jeunes gens, et ne 
nuit d’ailleurs nullement à la solidité des études complètes. 
Ainsi les élèves mécaniciens, pour suivre le premier cours de mécanique, le 
cours de construction de machines, ceux d hydraulique, des moteurs et des 
principales machines-outils, et pour la rédaction des projets relatifs à ces ma 
chines, n’ont besoin, à la rigueur, que de connaissances élémentaires et fon 
damentales en géométrie, en algèbre, en trigonométrie, en géométrie descrip 
tive, sans être obligés de se livrer à l’élude des mathématiques transcendantes 
qui, malgré son utilité, présente à certains esprits des difficultés assez grandes 
et exige beaucoup de temps et d’efforts. 
Il en est de même de l’enseignement donné aux architectes; car, après 
avoir suivi les deux premiers cours de constructions, les élèves peuvent avoir 
acquis les connaissances nécessaires pour les constructions civiles ordinaires. 
Cette graduation méthodique de l’enseignement diminue notablement l’in 
convénient que nous avons signalé plus haut, du développement exagéré donné 
dans le deuxième cours de mathématiques transcendantes aux études de ce 
genre. Au surplus, le tableau de la répartition des élèves entre les diveres 
branches d’enseignement que nous allons reproduire justifie nos observations; 
car on y verra que, tandis qu’il y a 8q élèves inscrits pour les mathématiques 
élémentaires, et 83 pour le premier cours de mathématiques transcendantes, 
il n’y en a que i h pour le deuxième cours des mêmes études. 
Il est même plus que probable qu’une faible partie des 83 élèves du premier 
cours profitent réellement de cet enseignement. Nous devons ajouter que l’exac 
titude de cette observation paraît avoir été reconnue, car le deuxième cours
        <pb n="69" />
        — 61 — 
de mathématiques supérieures a cessé d’être obligatoire à partir de 186/1- 
i8G5. 
Répartition des élèves entre les différentes branches de ïenseignement. — Cette 
répartition est assez intéressante à étudier, parce qu elle met en évidence 1 uti 
lité des différentes études. Ce tableau est relatif à i863-i86/i. 
MATIERES ENSEIGNEES. 
Mathématiques élémentaires. . . 
Mathématiques transcend ' cours 
dantes I 2'coi 
Mécanique 
Mécanique supérieure 
Géométrie pratique 
Géométrie descriptive 
Etude des machines . . . . ■ 1 Conrs 
I 2* cours 
Construction des machines 
i er cours 
2* cours 
\ 3* cours 
Histoire de l'art des constructions. . 
Constructions des routes et des ponts 
Constructions hydrauliques 
Zoologie et botanique 
Construction 
monts . . . 
des bâti 
NOMBRE 
D’ELEVES. 
89 
83 
14 
93 
00 
57 
73 
80 
30 
05 
79 
45 
27 
15 
39 
30 
52 
MATIERES ENSEIGNEES. 
Minéralogie . 
Géognosie 
Physique théorique 
Physique technique 
Chimie théorique 
Chimie technique 
Chimie pratique 
Technologie 
Dessin linéaire 
Dessin à main levée 
Bosse et reliefs 
Modelage 
Langue française. 
Langue anglaise 
Histoire 
Droit et police des constructions. 
NOMBRE 
D'ÉLÈVES. 
57 
40 
24 
10 
50 
27 
29 
82 
79 
96 
10 
5 
11 
21 
10 
20 
Ce tableau montre d’une manière évidente quels sont les cours qui répon 
dent le plus aux besoins de la population scolaire qui fréquente les instituts de 
ce genre. 
Ce sont, en conservant l’ordre du tableau précédent: 
Les mathématiques élémentaires ; 
Les mathématiques transcendantes premier cours (qu’on pourrait simplifier); 
La mécanique, notions élémentaires (qui pourraient être plus développées); 
La géométrie pratique; 
La géométrie descriptive; 
L’élude des machines, premier cours (qu’on pourrait développer plus élé- 
mentairement ; 
La construction des machines; 
ï 11*. ( 1 er cours; 
La construction des batiments. . ( 
( a e cours; 
lia zoologie et la botanique;
        <pb n="70" />
        f) 2 
La chimie théorique ; 
La technologie; 
Le dessin linéaire; 
Le dessin à main levée. 
Il semble donc que c’est principalement à ces différentes branches des étu 
des qu’il convient de s’attacher, en cherchant d’ailleurs les moyens d’en 
faciliter l’étude par l’emploi des méthodes les plus simples, puisqu’on voit que 
l’usage des sciences d’un ordre élevé éloigne les élèves. 
Il est à remarquer et regrettable que la physique soit au nombre des études 
les moins suivies, cela tient peut-être à des causes particulières; mais dans tous 
les cas, il conviendrait de lui assurer dans l’enseignement une place élevée et 
de grands moyens d’expérimentation. 
Nombre des élèves. — Dans l’année 1862-63 le nombre total des élèves a été 
de lilio dont 3yq comme élèves réguliers et 61 comme auditeurs libres; il y 
en avait en outre 85 à l’école préparatoire. 
Les élèves de l’école supérieure étaient en grande majorité âgés de 18 à 20 
ans, un douzième seulement avaient 16 ans et un huitième environ 1 y ans. 
Nombre des professeurs.—L’établissement a 2 1 professeurs titulaires, et 3 répé 
titeurs outre les maîtres spéciaux. 
Budget. — Les dépenses annuelles s’élèvent à i23y5o francs environ, dont 
3i5oo francs sont couverts par la rétribution scolaire. L’Etat supporte la 
différence et fournit en outre le bâtiment et tout le mobilier. 
Le matériel d’enseignement a coûté à l’origine environ 100 000 francs et il 
est chaque année accru par une allocation de 8 à 9000 francs. 
Collections.—Une très-belle bibliothèque, riche de 10000 volumes d’ou 
vrages de littérature et de sciences, est mise à la disposition des professeurs 
et des élèves, qui peuvent emporter chez eux les livres qui leur sont nécessaires. 
Des albums techniques et des collections très-nombreuses de dessins sont 
placés dans les salles d’études pour être consultés par les éléves. 
Une galerie de modèles de machines, riche et très-variée, contient beaucoup 
de modèles construits â des échelles réduites, qui sont transportés dans les salles 
pour servir à l’enseignement. 
Une collection technologique de matières premières et de produits des prin 
cipales industries du pays, très-bien classée, et surtout fort développée en ce 
qui concerne les industries métallurgiques et celles qui mettent les métaux en 
œuvre sert à l’enseignement. 
Des laboratoires de chimie, l’un pour le professeur, l’autre pour recevoir
        <pb n="71" />
        — 63 — 
■20 élèves chimistes sont bien organisés et munis des collections nécessaires aux 
études. 
Il y a en outre un laboratoire spécial pour les essais par la voie sèche. 
Le cabinet de physique est moins riche quoique cependant assez bien pour 
vu des principaux instruments. Ceux de géodosie et de topographie sont égale 
ment munis de tous les appareils nécessaires pour les travaux d’application. 
Il n’existe pas d’atelier mécanique, parce qu’on a reconnu qu’il serait peu 
fréquenté par les élèves et que ses produits ne seraient pas en rapport avec la 
dépense. 
Dans ce royaume, où les départements ministériels sont peu nombreux, 
l’école polytechnique est dans les attributions du ministère de l’instruction pu 
blique et des cultes, et pour les études sous la surveillance d’un conseil supé 
rieur dépendant de ce ministère. Une commission présidée par un membre 
du conseil municipal contrôle l’administration financière. 
Les professeurs se réunissent une fois par mois en conférence pour traiter 
des questions d’enseignement et de discipline. 
L’on voit, par les détails dans lesquels nous avons cru nécessaire d’entrer, 
que l’école polytechnique de Hanovre, lune des plus anciennes de l’Allemagne , 
mérite à juste titre lahau te réputation dont elle jouit, et forme dans l’ensemble 
des institutions analogues un type particulier qui participe des universités et 
des écoles plus spécialement techniques. 
Comparaison des budgets. — Le budget général du royaume de Hanovre pour 
une population de 1910000 habitants s’élève à 7865/1750 francs. 
Sur cette somme l’Etat consacre au service militaire 10182000 francs, ou 
0,128 du budget total, et à l’instruction publique 996233 francs, ou 0,01 3 du 
budget total. 
Conclusion générale. — L’exposé que nous .venons de faire des diverses insti 
tutions qui ont pour but la diffusion des connaissances, depuis l’enseignement le 
plus élémentaire jusqu’à celui des sciences pures et appliquées de l’ordre le plus 
élevé, montre que l’esprit le plus libéral n’a pas cessé d’inspirer le gouverne 
ment du Hanovre depuis Leibnitz jusqu’à nos jours.
        <pb n="72" />
        <pb n="73" />
        KAPPORT PARTICULIER 
SDH LES ÉTABLISSEMENTS D’ENSEIGNEMENT 
DANS 
LE DUCHÉ DE BRUNSWICK 
C O L L E GIU Al C A R O L l N U Al. 
L’établissement connu sous le nom de Collegium Carolinum, fondé à Bruns 
wick en 17h5 par le duc Charles I er , est considéré, non sans quelque fonde 
ment, comme le type le plus ancien des instituts d’enseignement technique. 
A l’époque de sa création, les études des gymnases étant trop faibles par 
rapport à celles des universités, le but du collège Carolinum était, d’une part, 
de les compléter, et, de l’autre, de donner l’instruction nécessaire aux jeunes 
gens qui se destinaient aux travaux des arts, de 1 industrie et du commerce. 
Tel fut au moins le programme général que s’imposa son premier directeur, 
l’abbé Jérusalem, dont le nom nous parait mériter d’etre conservé, comme 
celui d’un de ces hommes à larges vues, qui ont, les premiers, cherché à donner 
les sciences pour base à tous les travaux de l’industrie. 
Tout en restant fidèle à son but général, le collège Carolinum a du modi 
fier successivement les programmes de son enseignement pour les approprier 
aux besoins des diverses époques, et, en 1862, ces programmes ont été réglés 
de manière à offrir aux diverses catégories d’élèves qui s’y présentent un des en 
sembles les plus complets qui existent sous le nom d instituts polytechniques. 
Le but actuel du collège est de former, par un enseignement scientifique et 
technique, des sujets pour les carrières spéciales de : 
Mécaniciens, 
Ingénieurs civils, 
Architectes, 
Métallurgistes, exploitant des salines ou des mines. 
Chimistes industriels ou pharmaciens,
        <pb n="74" />
        Forestiers, 
Agriculteurs, 
Agents des chemins de fer ou des postes, 
Géomètres pour le cadastre. 
Ces subdivisions, qui nous paraissent un peu trop multipliées, et dont une 
partie pourrait, peut-être, être retranchée ou établie séparément, ont conduit 
à organiser un enseignement très-varié, dans lequel chaque catégorie d’élèves 
choisit les parties dont elle a besoin pour sa destination future. Mais lorsqu’un 
élève s’est fait inscrire pour une spécialité d’études, et qu’il veut obtenir du 
collège le certificat de maturité, il est obligé de suivre tous les cours enseignés 
dans cette branche technique. 
Outre les études spéciales, il y a des cours généraux de littérature, de 
langues vivantes, d’histoire et de géographie générale et politique, de statis 
tique, deconomic politique, que les élèves sont invités à suivre comme com 
pléments utiles de l’enseignement scientifique. 
fia durée des études complètes des neuf divisions techniques est déterminée 
ainsi qu’il suit : 
i° Construction des machines 
2" Génie civil. Constructions et travaux d’art 
3° Usines métallurgiques et salines 
4° Chimie industrielle 
5° Pharmacie 
6° Economie forestière 
7 0 Économie agricole 
8° Services des chemins de fer et des postes. 
9 0 Géométrie pour le cadastre 
DUREE 
DES ETUDES 
spéciales. 
3 ans 
L’enseignement des mathématiques élémentaires, de la physique expérimen 
tale, de la chimie générale, des notions de sciences naturelles et du dessin à 
main levée, est commun à toutes les divisions. 
L’on exige d’ailleurs pour l’admission dans chaque division spéciale la justi 
fication d’une instruction préparatoire suffisante. 
A la fin de chaque année d’études, le directeur et les professeurs statuent 
sur le passage des élèves à la classe supérieure de leur division. Ceux pour les 
quels il y a doute doivent, à la rentrée des vacances, subir un examen spécial 
d’après lequel on statue.
        <pb n="75" />
        9- 
— 67 — 
Un élève qui a suivi les cours complets de sa division reçoit un certificat 
de sortie qui constate son aptitude. 
Outre les élèves régulièrement inscrits pour les divisions techniques, on 
admet des auditeurs libres, pour certains cours, et même pour les arts du 
dessin, de la peinture, de la sculpture, l’on reçoit à toute époque des jeunes 
gens dans les salles d’études et dans les ateliers. 
Des collections nombreuses et bien tenues, une belle bibliothèque, sont à 
la disposition des professeurs et peuvent être visitées par les élèves. 
L’on aura une idée de la variété de l’enseignement donné au collège Caro 
linum par la seule nomenclature des cours qui y sont professés. 
COURS PROFESSES. 
ENSEIGNEMENT GENERAL. 
MATHEMATIQUES ELEMENTAIRES. 
Arithmétique et algèbre. . . 
Géométrie et trigonométrie. 
Stéréotomie 
MATHEMATIQUES SUPERIEURES. 
Théorie des équations 
Géométrie analytique 
Calcul différentiel et intégra 
MATHÉMATIQUES APPLIQUEES. 
Arithmétique appliquée 
Géométrie descriptive, en trois parties 
Géométrie pratique, en deux parties 
Dessin des plans, en deux parties 
Géodésie 
Mécanique technique, en trois parties 
Mécanique appliquée aux constructions 
Mécanique analytique 
Exercices mathématiques 
PHYSIQUE. 
Physique expérimentale, en deux parties 
Physique mathématique 
Physique technique 
Météorologie, 2' partie de la physique expérimentale. 
Exercices de physique 
NOMBRE 
D'Il FORES 
«le leçons 
par semaine. 
2 
5 
12 
2 
12 
3 
10 
3 
13 
J 
4 
4 a 6 
10 
4 
4
        <pb n="76" />
        COURS PROFESSES. 
Chimie minérale, en deux parties.. 
Chimie physique 
Chimie technique, en deux parties 
Chimie agricole, 2° partie de la chimie 
Chimie industrielle, 2 e partie de la chimie technique. 
Chimie légale 
Pharmacie 
Introduction aux travaux pratiques 
Manipulations au laboratoire 
HISTOIRE NATURELLE. 
Zoologie 
Botanique 
Minéralogie 
Géologie 
Exercices d’histoire naturelle. 
ARTS. 
Dessin à main levée. 
Dessin d’ornement . 
Dessin de paysage. . . 
Modelage 
ENSEIGNEMENT DES DIVISIONS TECHNIQUES. 
MÉCANICIENS. 
Études des machines, en deux parties 
Construction des machines, en trois parties 
Dessin de machines, en deux parties 
Détails de construction de machines, en trois parties . . . 
Mécanique technologique 
Notions générales sur les machines 
CONSTRUCTIONS ET GENIE CIVIL. 
Matériaux de construction. 
Connaissances générales, 1", 2 e et 3 e parties 
Dessin d’architecture et de construction, i rc , 2 e et 3 e parties. 
Chaussées et chemins de fer 
Dessin de chemins defer..... 
Ponts 
Dessin pour construction de ponts 
Constructions hydrauliques 
NOMBRE 
D'HEURES 
cle leçons 
par semaine. 
10 
2 
10 
h 
5 
2 
8 
G 
20 
30 
2 
12 
30 
4 
10 
4 
10 
4
        <pb n="77" />
        — 69 — 
COURS PROFESSES. 
Dessin de machines hydrauliques 
Esthétique de l’art de construire, i re et 2 e parties. 
Dessin architectonique, i" et 2' parties 
Projets architectoniques, i re et 2 e parties 
Projets d’usines métallurgiques 
Projets d’exploitations industrielles 
Constructions rurales 
Projets de constructions rurales 
PHARMACIENS. 
Pharmacognosie. 
ECONOMIE FORESTIÈRE. 
Climatologie forestière . . 
Connaissance du sol des forêts 
Anatomie et physiologie des plantes forestières 
Botanique forestière . 
insectes des forêts 
Exploitation forestière 
Organisation d’exploitation 
Estimation des valeurs forestières * 
Protection des forêts 
Utilisation des forêts 
Statistique forestière 
Economie forestière de l'Etat 
Police forestière 
De la chasse 
Histoire et littérature . 
ÉCONOMIE RURALE. 
Anatomie et physiologie des animaux domestiques 
Application de l’économie politique à l’économie rurale. 
Economie rurale 
Théorie de l’agriculture 
Culture des plantes 
Élève du bétail 
Connaissance et élève du cheval 
Maladies des animaux domestiques 
Opérations simples, connaissance des remèdes 
Estimation des biens 
Tenue de livres agricoles 
CONNAISSANCES GÉNÉRALES. 
Droit civil 
Droit relatif aux constructions 
NOMBRE 
D'BEMES 
de leçons 
par semaine.
        <pb n="78" />
        COURS PROFESSES. 
Droit forestier 
Géographie 
Statistique 
Economie nationale 
Histoire de l’architecture 
Histoire 
Histoire de la littérature allemande. 
Langue française 
Histoire de la littérature française.. 
Langue anglaise 
Histoire de la littérature anglaise. . 
NOMBRE 
D'HEURES 
de leçons 
par semaine. 
L’examen détaillé des programmes particuliers à chacune de ces branches 
de l’enseignement montre avec quel esprit remarquable de méthode on a su y 
réunir, sans exagération, les connaissances théoriques de l’ordre le plus élevé 
aux notions techniques les plus détaillées. C’est ce qui nous engage à les re 
produire en entier. 
ENSEIGNEMENT GÉNÉRAL. 
MATHÉMATIQUES ÉLÉMENTAIRES «. 
i° Arithmétique et algèbre (cinq heures en hiver). 
Les quatre règles: équations du premier degré, puissances, logarithmes, 
équations du deuxième degré, progressions géométriques et arithmétiques. 
2° Géométrie et trigonométrie rectiligne (cinq heures en hiver). 
Géométrie.— Notions fondamentales sur les lignes et les angles, égalité, si 
militude, équivalence, et mesure des surfaces polygonales et du cercle. 
Trigonométrie. — Fonctions circulaires, trigonométrie analytique, équations 
fondamentales de la trigonométrie rectiligne, calcul des éléments et de la sur 
face des triangles. 
3° Stéréométrie et trigonométrie sphérique (quatre heures en été). 
Stéréométrie. — Intersections respectives d’une droite et d’un plan, de deux 
plans, angle plan, corps prismatiques et pyramidaux, cylindre, cône, sphère, 
calcul de la surface et du volume des corps. 
(&gt;) Quoique pour l’admission l’on exige la connaissance des mathématiques élémentaires, 
l’expérience a montré qu’il était bon de les développer et de les approfondir encore.
        <pb n="79" />
        — 71 — 
Trigonométrie sphérique. — Égalité, détermination des triangles sphériques, 
relations et calcul de leurs éléments, surfaces. 
MATHÉMATIQUES SUPÉRIEURES. 
Les mathématiques supérieures sont enseignées avec le développement né 
cessaire à l’intelligence de la mécanique analytique et de la physique mathéma 
tique. 
Théorie des équations (deux heures en élé). 
Calcul avec des grandeurs complexes, théorème de Moivre, résolution des 
équations, binômes, polynômes entiers avec une valeur indéterminée, leur dé 
composition en facteurs; racines des équations, théorème du binôme pour des 
exposants entiers et positifs, polynômes dérivés, équations du troisième degré 
et bicarrées, méthode approximative simple pour la résolution des équations 
d’un degré supérieur, séries arithmétiques d’un degré supérieur. 
Géométrie analytique (cinq heures en été). 
Systèmes de coordonnées planes, ligne droite, cercle et ellipse, parabole, 
hyperbole, équations générales du deuxième degré, coordonnées dans l’espace, 
ligne droite et plan, surfaces du deuxième degré. 
PREMIÈRE PARTIE. (CINQ HEURES EN HIVER.) 
Calcul différentiel et intégral. 
Fonctions d’une variable, valeurs limites, méthode des infiniment petits, 
fonctions dérivées et différentielles de premier ordre, tangentes et normales à des 
courbes planes, fonctions dérivées et différentielles d’ordre supérieur, maxima 
et minima, séries indéfinies, séries de Taylor et de Maclaurin, relations entre 
les fonctions exponentielles et trigonométriqués, détermination de valeurs af 
fectant une forme déterminée, tangences d’un degré supérieur entre des courbes 
planes, cercles de courbures enveloppantes et développantes, intégrales définies 
et indéterminées, méthodes les plus importantes de l’intégration indéterminée, 
quadrature et rectification de courbures, calcul du volume et de la surface des 
solides de la révolution. 
Il' PARTIE. (CINQ HEURES EN ETE.) 
Fonctions à plusieurs variables, leurs dérivées et leurs différentielles, plans 
tangents et normaux à des surfaces courbes, maxima et minima, séries indéfi 
nies, intégrales doubles, volume des corps, développement des surfaces courbes, 
integrale simple de différentielles à plusieurs termes, intégration des équations 
differentielles de premier degré à deux variables, courbes enveloppantes, Ira-
        <pb n="80" />
        — 72 — 
jectoires courbes à double courbure, tangentes, plans normaux, plans de cour 
bure, normale principale, cercle de courbure, rayon de combine des soi faces 
courbes, lignes de courbure, équations différentielles des genres de surfaces les 
plus importants. 
III e PARTIE. (DEUX HEURES EN HIVER.) 
Intégration d’équations différentielles d un degre supérieur, série et inté 
grale de Fourier, intégration de quelques équations aux differences partielles, 
par exemple, decebes qui se présentent dans la théorie de la propagation de 
la chaleur et du son. 
MATHÉMATIQUES APPLIQUÉES. 
Application à 1 arithmétique (deux heures en bivei ). 
Calcul des intérêts et des rentes, problèmes d’économie politique, science 
du calcul politique, calcul d’évaluation de forêts, éléments de la théorie des 
combinaisons et des probabilités. 
GÉOMÉTRIE DESCRIPTIVE O. 
PREMIÈRE PARTIE. (QUATRE HEURES EN HIVER.) 
Représentation sur les plans de projection de solides simples, considération 
sur la position des lignes droites par rapport aux plans de projection et entre 
elles, détermination des traces des lignes droites et des. plans, projection et 
vraie longueur des intersections de plans, détermination de l’angle de deux 
plans, courbes, lignes courbes simples, détermination de leurs projections, 
projections de diverses aires planes, génération et représentation des différentes 
surfaces, surfaces développables, de révolution, enveloppantes, surfaces gauches, 
plans tangents à ces surfaces. 
Il* PARTIE, (quatre HEURES EN ETE.) 
Détermination des projections des corps ronds ou polyédriques dans les posi 
tions les plus diverses, intersection de plans et de surfaces rondes ou polyé 
driques , détermination des projections et des dimensions des sections, dévelop 
pement de ces surfaces avec celui de la ligne d’intersection plane, pénétration des 
solides, projection des courbes de pénétration et tangentes à ces courbes. 
Ill' PARTIE. (QUATRE HEURES EN HIVER.) 
Théorie des ombres, considérations physiques sur la lumière, lumière arti- 
(.) Les élèves qui suivent les cours de géométrie descriptive sont tenus de faire, comme 
exercices, les épures correspondantes.
        <pb n="81" />
        — 73 — 
licielle et lumière solaire, les rayons conventionnels à \5°, points brillants, 
angles brillants, angles brillants par réflexion, ombres portees de points, de 
lignes droites ou courbes et d’aires planes sur les plans de projections, ombres 
portées de points, de lignes, d’aires planes sur la surface de corps polyédriques 
et ronds, ombres portées de corps sur la surface d’autres corps. 
Perspective 
Notions générales, considération des différentes méthodes pour la représen- 
tion en perspective des images, application de ces méthodes à des dessins, 
ombres perspectives. 
Géométrie pratique. Dessin de plans. 
GÉODÉSIE ÉLÉMENTAIRE. 
COURS ET DESSIN. (CINQ HEURES EN ETE.) 
Étendue et division de la géométrie pratique, les différentes mesures, leur 
conversion-, instruments simples pour la mesure de la ligne droite sur le ter 
rain, manière de les vérifier et de les corriger, mesurer et jalonner des lignes 
droites et des lignes courbes au moyen de la chaîne d’arpenteur et de règles, 
levé de parcelles de terrain isolées, de prairies, manière de Je reporter sur le 
papier, détermination des erreurs de mesurage. 
Instruments pour mesurer les angles horizontaux. Principes auxiliaires de 
eatoptrique et de dioptrique, disposition et construction des instruments pour 
mesurer les angles horizontaux, télescopes et microscopes, la planchette, la 
boussole, l’astrolabe, les différents théodolites, les instruments à réflexion, 
supports avec les dispositions pour mouvoir les instruments et les placer hori 
zontalement, manière de vérifier et de corriger tous ces instruments, mesure 
des angles horizontaux, levé de parcelles de terrain en plaine avec des instru 
ments pour mesurer les angles et avec la chaîne, divers modes de mesurage, 
application rationnelle des instruments à réflexion, mesurage d’angles incli 
nés au moyen des mêmes instruments, confection de plans de terrains plans, 
calcul et partage des surfaces. 
Instruments de nivellement, manière de les vérifier et de les corriger, l’art 
de niveler. 
Levé de mines, instruments du géomètre de mines, préparation, calcul et 
dessin d’un levé, but du levé, problèmes de levé de mines. 
Les exercices seront exécutés avec les instruments et avec tout le développe 
ment nécessaire à l’économie rurale et forestière. 
Dessin de plans (six heures en été).
        <pb n="82" />
        — Ik — 
En dehors des cours on est tenu de dessiner des cartes topographiques 
d’après les levés. 
GÉODÉSIE SUPÉRIEURE. 
COURS ET EXERCICES. (TROIS HEURES EN ETE.) 
Levés trigonométriques sans avoir égard à la courbure du globe, établisse 
ment du méridien parles hauteurs correspondantes du soleil comme abscisses, 
réseau trigonométrique-, base et sa mesure, mesures des hauteurs tiigo 
nomélriquement et au moyen du baromètre, le theodolite comme instrument 
propre à mesurer les hauteurs, détermination exacte de lerreui dindex, me 
sure des angles en hauteur et manière de tenir compte de la réfraction atmos 
phérique et de la courbure du globe, projection horizontale du levé. 
Le théodolite astronomique, l’instrument universel avec lecture microsco 
pique. 
Manière de vérifier et de corriger ces instruments, mesure du temps et 
détermination de l’heure, détermination de la hauteur du pôle et du méridien, 
réseau de triangulation, trigonométrie astronomique, mesure de la base et des 
angles des triangles plans et sphériques, distances zénithales, projets de.caites 
géographiques. 
Des exercices pratiques sur toutes ces matières seront faits par les élèves. 
Dessin de plans (quatre heures en été). 
Comme complément des cours les élèves dessineront des cartes topogra 
phiques, d’après des levés, et des plans de mines, d’après des modèles. 
Astronomie sphérique et connaissance des instruments (trois heures en imei ), 
comme introduction à la géodésie supérieure. 
MÉCANIQUE TECHNIQUE. 
PREMIÈRE PARTIE. (QUATRE HEURES E\ ETE. 
Première partie de la statique des corps solides, notions fondamentales 
et définitions; principes de la transmission des forces, principes de l’égalité de 
l’action et de la réaction ; parallélogramme des forces, composition des forces, 
forces dans un meme plan avec différents points d’application, théorème des 
moments (statique), forces parallèles dans un même plan, couple, forces paral 
lèles dans l’espace, théorie du centre de gravité avec de nombreuses appli 
cations pour la détermination du centre de gravité de lignes, de surfaces et 
de corps; principes sur l’équilibre de corps maintenus ou soutenus, stabilité, 
équilibre de polygones, chaînette, théorie du frottement des corps rigides ou 
souples, roideur des cordes et des câbles; théorie des machines dites simples,
        <pb n="83" />
        — 75 — 
du levier simple et du levier complexe ; du plan incliné, du coin, de la vis, de 
la poulie, des systèmes de poulies, de moufles et du treuil différentiel. 
II e PARTIE. (CINQ HEURES EN HIVER.) 
Deuxième partie de la statique des corps solides, élasticité et résistance 
des matériaux : i° élasticité absolue, module d’élasticité, formes d’égale résis 
tance; 2° élasticité et résistance relatives; position de la surface des fibres 
neutres dans un prisme qu’on courbe, recherche du degré de tension des 
libres dans les différentes sections, développement de l’équation de l’axe 
neutre dans des prismes, pour des positions variables des points d’appui 
et des charges; position de la section la plus fatiguée, et conditions pour at 
teindre la limite d élasticité et produire la rupture dans les différents cas de 
flexion ; détermination des moments d’inertie et des modules de section pour 
difieren les sections, symétriques ou non, importantes dans la pratique, formes 
d’égale résistance pour différents cas de flexion ; 3° élasticité de réaction et ré 
sistance des corps droits et longs ; théorie de H. Scheftler, résultats d’expé 
riences de Ilodgkinson , h° élasticité et résistance à la torsion, angle de torsion, 
rupture par torsion ; 5° applications à des cas simples d’élasticité et de résistance 
combinées ; applications nombreuses de la théorie de l’élasticité et de la résistance 
à des cas simples de constructions de machines ou de bâtiments ; dynamique 
des corps solides, notions et définitions; développement des formules 
fondamentales, pour les mouvements simples, à l’aide de représentations 
graphiques, mouvement composé, parallélogramme des espaces parcourus, 
des vitesses et des accélérations ; mouvement des projectiles, mouvement avec 
une déviation normale, mouvement relatif, mouvement d’un point matériel; 
principes relatifs aux forces, aux masses, aux accélérations, travail mécanique 
d’une force constante ou d’une force variable; accumulation du travail, prin 
cipe des forces vives avec application, travail résultant d’un système de forces, 
principe des vitesses virtuelles, principe de d’Alembert, travail dans le mouve 
ment en ligne courbe, pendule ordinaire et pendule cycloidal ; rotation d’un 
corps autour d’un axe fixe, accumulation du travail, détermination du moment 
d inertie pour différentes formes en usage, rotation périodiquement uniforme, 
influence des volants, son application au mouvement d’une manivelle* avec 
volant, conditions de régularité du mouvement pour un arbre de roue, mou 
vement de rotation d’un corps, sous la seule influence de son propre poids, 
autour d’un axe fixe horizontal, résultante des forces; centre de percussion, 
centre d oscillation du pendule composé, théorie de la force centrifuge avec 
application à la résistance des corps tournants et au pendule à force centrifuge,
        <pb n="84" />
        — 76 — 
théorie du choc, application au mouton, à la sonnette, a 1 action des coups de 
bélier entre des corps non élastiques, choc entre des corps tournant autour 
d’axes fixes, application au pendule balistique; mesure du travail mécanique 
dans les changements de forme; extension, flexion et torsion des corps dans les 
limites de l’élasticité, pour juger de l’influence des effets du choc sur la résistance 
des corps, oscillations des tiges verticales pendantes et chargées dans les cas 
spéciaux qui ont une importance pratique. 
III a PARTIE. (CINQ HEURES EN ÉTÉ.) 
Mécanique des liquides (hydrostatique), notions et définitions; principe fon 
damental de la transmission d’une pression extérieure sur un corps complè 
tement fluide, pression totale sur des parois planes et courbes ; principe de la 
presse hydraulique, résistance de parois cylindriques, forme de la surlace libre 
pour les liquides en mouvement et en repos ; lois de la pression hydrostatique 
avec de nombreuses applications, pression totale sur des surfaces planes et 
courbes; pressions latérales dans des directions déterminées, corps flottants, 
profondeur d’immersion, stabilité, metacentro. 
Aérostatique, loi de Mariotte, travail mécanique développé lors de la com 
pression des gaz, tension et densité d’une masse gazeuse produite par son propre 
poids, loi de Gay-Lussac, construction de divers manomètres, écoulement de 
l’eau par des orifices relativement petits et avec niveau constant ; vitesse d’écou 
lement et débit théorique ; pression hydraulique dans les vases à écoulement, 
écoulement par de grands orifices de différentes formes, écoulement de vases 
en mouvement, contraction de la veine liquide, coefficient d’écoulement par le 
vannage des roues à aubes courbes de M. Poncelet, contraction incomplete et 
imparfaite; déversoirs, ajutages, écoulement par de longs tuyaux, resistance due 
au frottement, courbures et changements brusques de section, jets d’eau, écou 
lement dans des vases composés, écoulement dans l’eau, écoulement avec 
pression variable, écluses, etc. . 
Mouvement dans les canaux découverts et les lits des fleuves; barrages, dé 
termination de la longueur sur laquelle se fait sentirle remous que le barrage 
détermine. 
Hydrométrie, exposé des différentes méthodes pour jauger les eaux; théorie 
du choc et de la résistance des liquides contre des surfaces planes ou courbes. 
Aérodynamique, écoulement des gaz par des orifices et de longs tuyaux, 
avec pression constante ou décroissante; vitesse d’écoulement et débit théo 
rique; résistance des frottements, etc. débit réel; mouvement des projectiles 
dans un milieu résistant.
        <pb n="85" />
        77 
MÉCANIQUE DES CONSTRUCTIONS. 
(deux heures en hiver.) 
Principe îles vitesses virtuelles, statique du point, attraction, éléments de 
la statique des corps solides, couple, centre de gravité, principe de d’Alembert 
et de Gauss; lois générales du mouvement d’un système de corps, dynamique 
du point, mouvement circulaire, mouvement sur un plan ou une courbe déter 
minés; dynamique des corps solides, rotation autour d’un axe fixe, rotation 
autour d’un point fixe, moment d’inertie, statique et dynamique des liquides, 
rotation d’une ellipsoïde liquide autour d’un axe et autres exemples. 
EXERCICES MATHÉMATIQUES. 
(hiver et été, quatre à six heures.) 
Problèmes de mathématiques élémentaires, principalement sur l’application 
de 1 arithmétique, de la géométrie, de la stéréométrie, de la trigonométrie et 
indication de la marche suivie pour leur solution. Dans le choix de ces pro 
blèmes, on aura en vue les applications qui se présentent dans l’économie 
agricole, forestière, etc. 
SCIENCES PHYSIQUES. 
PHYSIQUE EXPÉRIMENTALE. 
PREMIÈRE PARTIE. (CINQ HEURES EN HIVER.) 
Propriétés générales des corps, pesanteur, élasticité, résistance, phénomènes 
d’adhésion, etc. équilibre et mouvement de corps solides, liquides et gazeux; 
électricité, galvanisme, électro-magnétisme, magnétisme, diamagnétisme. 
II e PARTIE. (CINQ HEURES EN ÉTÉ.) 
Théorie de ia chaleur, de la lumière, du son, météorologie et climatologie, 
distribution de la chaleur sur le globe, mouvement dans l’atmosphère, humi 
dité atmosphérique, phénomènes optiques dans l’atmosphère, électricité atino 
sphérique, magnétisme terrestre. 
PHYSIQUE MATHÉMATIQUE. 
(deux HEURES EN HIVER ET EN ÉTÉ.) 
Application des mathématiques supérieures à certaines parties de la physique, 
telles que l’élasticité, la chaleur, l’optique, l’électricité, le magnétisme.
        <pb n="86" />
        — 78 — 
PHYSIQUE TECHNIQUE. 
PREMIÈRE PARTIE. (DEUX HEURES EN HIVER.) 
Appareils électriques et magnétiques, paratonnerres, télégraphie électro 
magnétique, machines électro-magnétiques, application du courant galvanique 
à la galvanoplastie, à la dorure, à l’argenture, au cuivrage, à l’inflammation 
des mines. 
Lumière, instruments d’optique, lunettes, télescopes, microscopes et télé 
graphie optique; phares, effets de lumière, polarisation, photochimie, appa 
ritions spectrales. 
II e PARTIE, (deux HEURES EN ÉTÉ.) 
Vide, baromètre et détermination des hauteurs; le vide et ses applications 
industrielles ; chemins de fer atmosphériques, pression atmosphérique, travaux 
sous-marins, cloche de plongeur, air comprimé comme force motrice ; gaz, 
ballons. 
Mouvement des gaz, ventilation, compteur à gaz. 
Chaleur, production de la vapeur, nombre de calories développées dans les 
machines à vapeur, comparaison des effets des gaz comprimes, gaz sur 
chauffés , chauffage et air nécessaire à la combustion; recherches anémomé- 
triques, combustible et puissance calorifique; appareils fumivores, instruments 
d’acoustique. 
MÉTÉOROLOGIE ET CLIMATOLOGIE. 
(en ÉTÉ, COMME COMPLÉMENT DE LA PHYSIQUE EXPÉRIMENTALE.) 
EXERCICES DE PHYSIQUE. 
(en hiver et en été, une après-dînée par semaine.) 
Méthode de recherches, calcul d’après des observations, exercices sur l’usage 
des instruments de physique ordinaires; pour ces études, il y a un cabinet de 
physique pourvu des meilleurs appareils. 
SCIENCES CHIMIQUES. 
CHIMIE GÉNÉRALE. 
PREMIÈRE PARTIE. CHIMIE MINÉRALE. (CINQ HEURES EN HIVER.) 
Introduction et généralités; éléments, combinaisons, naissance des combi 
naisons, décomposition, loi des combinaisons, équivalents, atomes, nom en-
        <pb n="87" />
        — 79 — 
cia ture, signes et formules; élude spéciale des éléments métalloïdes et de leurs 
combinaisons minérales les plus importantes; des métaux les plus importants 
et de leurs principales combinaisons. 
II e PARTIE. CHIMIE DES CORPS ORGANIQUES. (CINQ HEURES EN ÉTÉ.) 
introduction et généralités; analyse élémentaire, constitution des combinai 
sons, considération spéciale des combinaisons les plus importantes au point de 
vue de la physiologie chimique des règnes végétal et animal , chimie agricole, 
application de la chimie à l’agriculture et à l’élève des bestiaux. 
CHIMIE PHYSIQUE. 
(deux HEURES PAR SEMAINE.) 
Théories générales de la chimie; poids des mélanges, équivalents, atomes, 
calcul des formules d’après les analyses, points de départ pour la détermination 
des équivalents chimiques, atomes, molécules, rapports entre eux et les pro 
priétés physiques, telles que le poids spécifique de la vapeur, la capacité calo 
rifique, isomorphisme, volume spécifique à l’état solide, constitution des 
combinaisons, isomérisme, différences des points d’ébullition, séries homo 
logues, polarisation, etc. 
CHIMIE TECHNOLOGIQUE. 
PREMIÈRE P \RTIE. (5 HEURES PAR SEMAINE.) 
Introduction ; combustibles et chauffage ; éclairage et matières éclairantes ; 
fabrication des acides, de la potasse, de la soude, du sel, du salpêtre, de la 
poudre; métallurgie du fer, de l’acier, du cuivre, du plomb, de l’argent ; art 
du chaufournier ; cuisson du plâtre; mortiers; fabrication du verre, des pro 
duits céramiques, porcelaines, faïences, poteries, tuiles; tuyaux de drainage; 
fabrication du la ron; tanneries; teintureries. 
Il' PARTIE. INDUSTRIES AGRICOLES ( HIVER 5 HEURES.) 
Introduction; art du brasseur; distilleries; fabrication de l’alcool; produc 
tion du levain de bière; fabrication des liqueurs; fabrication du vinaigre; 
fabrication de l’amidon, delà dextrine, de la glucose; fabrication du sucre de 
cannes, du sucre de betteraves; préparation du beurre, du fromage ; cuisson 
du pain; du savon pour le ménage. 
CHIMIE ACHICOLE. 
(En été après la conclusion du cours de chimie organique). 
ferre arable; nourriture des plantes; amendements divers; exploitation
        <pb n="88" />
        — 80 
rationnelle au point de vue chimique; aliments des animaux; diverses espèces 
de fourrages ; alimentation rationnelle. 
INDUSTRIES AGRICOLES. 
(hiver, cinq heures.) 
Deuxième partie de la technologie chimique. 
CHIMIE LÉGALE. 
(ÉTÉ, DEUX HEURES.) 
Précautions générales à prendre dans l’exécution des recherches chimico- 
légales; marche à suivre pour découvrir les différents poisons; recherche de 
l’acide prussique, du phosphore, des alcaloïdes, des poisons métalliques, sur 
tout de l’arsenic; les caractères distinctifs sont donnés pour chaque poison; 
manière de reconnaître les taches de sang. 
PHARMACIE. 
(cinq HEURES EN ÉTÉ.) 
Introduction ; art et méthode d’examiner les substances; leur fabrication au 
point de vue pratique; examen critique des différentes méthodes de fabrica 
tion , particulièrement de celles qui sont prescrites dans les différentes phar 
macies ; propriétés et recherches des impuretés et des falsifications; exposé 
théorique sur la composition. 
INTRODUCTION AUX MANIPULATIONS. 
(Dans les premières semaines des semestres d'hiver et d’été.) 
Généralités sur les opérations qui se présentent dans les laboratoires; 
usages des appareils, des réactifs, du chalumeau; de l’exécution des analyses 
qualitatives, etc. 
MANIPULATIONS. 
Les élèves s’exerceront chacun à des manipulations de sa spécialité ; le labo 
ratoire est ouvert tous les jours de la semaine de 8 heures du matin A 
5 heures de l’après-dînée, et le soir de 2 à 5 heures, excepté le samedi. 
HISTOIRE NATURELLE. 
Dans cet enseignement, il faudra, autant que possible, s’aider d’objets qu’on 
mettra à la portée des élèves.
        <pb n="89" />
        81 
ZOOLOGIE. 
(hiver, cinq heures.) 
Introduction; organisation du règne animal en général et différences dorga 
nisation des divers types d’animaux; caractères distinctifs des groupes naturels, 
des classes, des ordres du règne animal; examen de la reproduction, du dé 
veloppement, du genre de vie, du séjour et de la répartition géographique des 
animaux; caractères distinctifs des animaux les plus importants de l’Europe et 
des autres contrées, surtout pour les classes d’animaux les plus parfaits; examen 
spécial des formes caractéristiques, au point de vue géognostique; des animaux 
utiles et nuisibles, des animaux importants, au point de vue de la chasse, des 
forêts, de l’agriculture, de la médecine. 
Exercice de déterminations d’espèces d’après l’examen du crâne, des os... . 
BOTANIQUE. 
(cinq heures par semaine en été.) 
Aperçu général sur la structure, la nutrition et la reproduction des plantes; 
les organes des plantes d’après leur structure et leur forme extérieure, avec 
démonstration sur des plantes vivantes prises dans le Jardin botanique; con 
naissance des systèmes botaniques et géographie des plantes; caracteres des 
plantes les plus importantes pour l’économie forestière, agricole, pharmaceu 
tique, d’après leurs propriétés botaniques, leur répartition et leur dépendance 
du sol ; exercices fréquents de détermination des espèces indigènes pour 
différentes familles de plantes. 
MINÉRALOGIE. 
(cinq heures en hiver.) 
Introduction; composition chimique; propriétés physiques; formes et sys 
tèmes cristallins ; des lieux où l’on rencontre les minéraux au point de vue 
géognostique ; caractères des ordres naturels de minerais avec des échantillons 
à l’appui; caractères des espèces minérales, d'après ce classement naturel en 
s’appesantissant sur les espèces importantes au point de vue technique et geo- 
gnostique, et indication des terrains dans lesquels on les trouve; exhibitions et 
explications sur de nombreux échantillons. 
On fera faire aux élèves de nombreuses déterminations de minéraux. 
GÉOLOGIE. 
(ÉTÉ CINQ HEURES.) 
Introduction; propriétés physiques et chimiques importantes des roches
        <pb n="90" />
        et de l’atmosphère au point de vue géologique; faits irrécusablement établis 
au sujet de la structure de l’écorce solide du globe, conclusions qu’on peut en 
tirer; séparation des roches par formation; caractères minéralogiques et con 
ditions géognostiques dans lesquelles se présentent les différentes espèces de 
roches; elfets et produits de l’action décomposante des agents atmosphériques; 
aperçu des principales formes d’animaux et de plantes fossiles au point de vue 
de l’histoire naturelle ; aperçus des fossiles caractéristiques les plus importants 
classés d’après les formations géognostiques; caractères et âges relatifs des for 
mations stratifiées et non stratifiées et des gisements de minerais; aperçu sur 
l’ordre probable survenu dans la formation de la terre ; structure géognostique 
de l’Europe et spécialement de l’Allemagne. 
On fera faire de nombreuses déterminations de roches et de fossiles et des 
excursions géognostiques dans les environs et au Harz. 
EXERCICES ET TRAVAUX SUR L’HISTOIRE NATURELLE. 
Ces exercices auront lieu pendant l’hiver et l’été pour tous les élèves qui ont 
du goût pour une branche spéciale de l’histoire naturelle, tels que les métal 
lurgistes, les futurs professeurs, etc. 
Comme moyen auxiliaire de l’enseignement de l’histoire naturelle, l’éta 
blissement dispose du Musée ducal et du Jardin botanique, qui sont ouverts à 
toute heure de la journée pour les répétitions et les études privées, et dans 
lesquels on met volontiers les matériaux à la disposition de ceux qui veulent 
étudier par eux-mêmes. 
ARTS. 
L enseignement des jeunes gens qui cultivent exclusivement les arts est dis 
tinct de celui des élèves des divisions techniques. 11 se compose ainsi qu’il 
suit : 
Dessina main levée (dix heures par semaine en hiver et en été). 
Dessin d’après des modèles soigneusement choisis pour faire acquérir la sou 
plesse de main nécessaire, dessin de contours d’après des tètes et figures en 
plâtre, dessin à la lumière de la lampe d’après le vit, dessin de perspective 
d’après des formes géométriques simples et compliquées, dessin d’arabesques 
d’après des modèles simples et colorés. 
Dessin d’ornements (six heures en hiver et en été), d apres des moulages en 
plâtre. 
Dessin du paysage (quatre heures en hiver et en ele). 
Éléments de dessin à l’aquarelle.
        <pb n="91" />
        Modelage (cinq heures en hiver et en été). 
(Pour être admis à pratiquer le modelage, il faut être déjà tres-exeice au 
dessin à main levée.) 
Manière de préparer les matières, différents procédés de modelage dapius 
la nature des matériaux, modelage d ornements simples, en bas relief, en haut 
relief, en ronde-bosse d’après modèle; modelage d’après des dessins, modelage 
ru argile, en plâtre, moules en stuc, moules en argile, finissage des pièces 
moulées. 
Comme moyens auxiliaires, on dispose d’une collection de moulages des 
chefs-d’œuvre anciens et modernes, et de feuilles de modèles. 
ÉTUDES DES DIVISIONS TECHNIQUES. 
MÉCANICIENS. 
ÉTUDE DES MACHINES. 
PREMIÈRE PARTIE. ( O CATRE HEURES EN ETE.) 
Du mouvement, action et effet de machines, régulateurs et modérateurs, 
freins, etc. voitures et appareils dynamométriques, frein de Prony. théorie de 
quelques machines motrices, appareils récepteurs du travail animal, tels que 
treuils, manèges ; propriétés mécaniques de la vapeur d eau, générateurs de 
vapeur, théorie des machines à vapeur fixes et des machines locomotives d’après 
Pambour. 
n* PARTIE, (quatre heures en hiver.) 
Suite de la théorie des moteurs, théorie des roues hydrauliques et des tur 
bines d’après Rcdtenbacher, théorie des machines à colonne d’eau d’après 
Weisbach, théorie des moulins a vent, théorie des appareils les plus visites, tels 
que machines à élever les fardeaux, à transporter des fardeaux, a elever I eau ; 
pompes, souffleries, marteaux et h oca rds, moulins a ble et scieries. 
CONSTRUCTION DE MACHINES. 
PREMIÈRE PARTIE. (DEUX HEURES EN HIVER.) 
Examen des moteurs les plus importants, construction de parties de ma 
chines simples d’après Rcdtenbacher, vis, boulons et assemblages a vis, rivets 
et assemblages à rivets, axes, arbres et embrayages, supports el paliers de 
erapaudine, engrenages et poulies â courroies, établissement des formules rela 
tives à la construction.
        <pb n="92" />
        8/1 
II e PARTIE. ( DEUX HEURES EN ÉTÉ.) 
Suite de la construction des parties de machines, manivelles, bielles, balan 
ciers, guides, cylindres avec couvercle et boîte à étoupes, soupapes et pis 
tons, construction de machines complexes, grues, pompes; construction des 
chaudières à vapeur, des appareils accessoires. . . . 
III e PARTIE. (DEUX HEURES EN HIVER.) 
Construction de machines à vapeur, de roues hydrauliques et de turbines, 
dispositions d’installation. 
Dessin de machines (dix heures en hiver et en été). 
Levé de parties de machines, de mécanismes et de machines compliquées, 
surtout d’après des modèles, construction de dents d’engrenage à l’aide de la 
cycloid e et delà développante, ainsi que d’après différentes méthodes approxi 
matives et pratiques. 
EXERCICES DE CONSTRUCTION DE MACHINES. 
Les projets d’exécution de machines doivent être étudiés à raison de dix 
heures par semaine, en même temps que les cours correspondants. 
MÉCANIQUE TECHNOLOGIQUE. 
Dans le cours de construction on fera connaître au moment convenable les 
parties les plus importantes de la fabrication du fer et de la conversion des mé 
taux en organes de machines. 
Notions usuelles sur les machines (quatre heures en hiver). 
Comme introduction, on donnera les principes les plus simples de la mé 
canique, les machines dites simples; levier, plan incliné, coin, vis, poulie, 
moufle, engrenage, etc. les appareils moteurs les plus importants, le treuil, le 
manège, les roues hydrauliques, les turbines, les machines à vapeur, les outils 
le plus en usage, tels que machines élévatoires, pompes, presses, souffleries, 
laminoirs, marteaux, bocards, moulins et machines agricoles. 
Comme moyens auxiliaires, l’établissement possède une grande collection 
de modèles de machines, d’outils, de nombreux dessins. On doit faire des ex 
cursions dans des ateliers. 
CONSTRUCTEURS. 
CONNAISSANCE DES MATERIAUX DE CONSTRUCTION. (DEUX HEURES EN ÉTÉ.) 
Ouel doit être le but de cette élude; matériaux de construction naturels et
        <pb n="93" />
        — 85 — 
artificiels, d’origine organique ou inorganique; composition chimique des mi 
nerais les plus importants qui entrent dans la composition des roches, les 
pierres de construction naturelles au point de vue géognostique, leur exploita 
tion et leur emploi, pierres artificielles, leur fabrication et leur emploi; matières 
servant à relier les parties, le bois dé construction, ses propriétés, ses défauts, 
et sa durée, préparation du bois de construction, coupe, séchage, impregna 
tion avec des sels métalliques, pourriture du bois, champignon du bois; 
métaux. 
NOTIONS GÉNÉRALES DE CONSTRUCTION. 
DESSINS DE CONTRECTION. 
PREMIÈRE PARTIE. CONSTRLCTIONS EN PIERRE. (QUATRE HEURES EN ÉTÉ.) 
Murs en pierres artificielles, appareillage, murs en moellons et en pierres 
ordinaires, murs eu terre, murs de fondation, de façade et de refend, déter 
mination de leur force, construction des voûtes, voûtes en plein cintre avec 
chape, en arc de cloître, voûtes d’arêtes, en coupole, pour couvrir des empla 
cements des formes les plus variées, construction de seuils de portes et d’ap 
puis de fenêtre en briques et en pierre de taille, escaliers droits ou hélicoïdaux, 
en briques et en pierres plates, établissement de foyers contre les murs des 
étages supérieurs, conduits de fumée et cheminées, couvertures de toits en 
matériaux naturels et artificiels. 
Dessins de constructions (dix heures par semaine). 
Projets de constructions basés sur l’enseignement du cours. 
Il* PARTIE. CONSTRUCTIONS EN BOIS ET EN FER. (QUATRE HEURES EN HIVER.) 
CONSTRUCTIONS EN ROIS. 
Assemblages simples eu bois, renforcement du bois par des assemblages à 
entailles et à chevilles, fermes de Town, de Howe, de Long, de Wiegmann, de 
Lawes et de Polonceau; planchers avec solives, pans de bois verticaux, cons 
truction des charpentes de toitures, en ayant égard à Iinclinaison commandée 
par la nature des matériaux, combles en appentis à deux pans en croupe, toits 
plans et sphériques, leurs intersections, arêtes, etc. 
CONSTRUCTIONS EN FER. 
Les assemblages simples en fonte, en tôle et en fer en barre, assemblages à 
boulons et a rivets, construction de parois verticales en fonte, poutres pour la
        <pb n="94" />
        construction des toils en tôle et en fonte, construction des toits en fonte et fer 
forgé, en fonte et en bois. 
Leçons sur l’ébénisterie, sur la serrurerie, sur la vitrerie, sur la peinture. 
Dessin de construction (dix heures par semaine). 
III e PARTIE. ÉTABLISSEMENT DES CONSTRUCTIONS. (QUATRE HEURES EN ETE.) 
Considérations générales sur la nature du sol au point de vue des fondations, 
fondations sur un sol résistant, rocher, gravier, sable sec et pur, sur du limon, 
ou de l’argile, fondations sur un terrain compressible au moyen de lits de 
sable, de béton, puits de fondation, grillages simples, grillages à pilots, battage 
de pilots au mouton, à main, à sonnette, à déclic, à vapeur, atmosphérique; 
disposition de ces machines, charge que peut supporter un pilot, fondation 
en caisson, construction des caissons, creusage et drainage du fond, emploi 
de la mine pour faire sauter les rochers sous l’eau, assèchement des caissons, 
machines auxiliaires. 
Dessin de construction (dix heures par semaine). 
Routes et chemins de fer (quatre heures en hiver). 
Dessin de construction (dix heures en hiver). 
Considérations générales sur le but de l’établissement et sur la direction des 
routes; aoules des crêtes et des vallées, transport de fardeaux par voiture, avec 
des bêtes de somme sur des routes, résistance, force de traction des animaux, 
détermination des pentes maximum d’après la charge, les résistances et la force 
de traction, recherche du tracé d’une route sur un terrain donné en se servant, 
pour établir les limites de pentes, soit du niveau sur le terrain, soit d’une carte à 
courbes de niveau ; mesurage et représentation graphique du trace jalonne, ni 
vellement longitudinal, profil en long, profil en travers, terrassements, com 
pensation des déblais et des remblais, construction delà voie; diverses méthodes 
d’empierrements, pierres concassées et gravier, routes pavées, assèchement des 
routes, fossés, canaux, caniveaux, travaux d’art, murs de soutènement, mai 
sons de cantonniers, barrières de péages, poteaux des numéros et des distances, 
plantations d’arbres, entretien des routes, usure de l’empierrement par les 
roues des voitures et les influences atmosphériques, manière de retirer et de 
remplacer les détritus, détermination de l’approvisionnement d’entretien pour 
une longueur de route déterminée, d’après la fréquentation de la route et la 
résistance des matériaux employés. 
CHEMINS DE FEU. 
Considérations générales pour le tracé, trafic, recherche de ( importance du
        <pb n="95" />
        — 87 
trafic, détermination approximative du rendement des dépenses détablisse 
ment, d’après les frais d exploitation et l’importance du trafic, recherche de la 
résistance au transport des fardeaux sur des rails. En déduire la consommation 
de vapeur qui en résulte et le poids à donner aux locomotives. Limite d’incli 
naison de la voie, limite du rayon des courbes, exhaussement du rail extérieur 
dans les courbes et élargissement de la voie, établissement d’un projet, devis 
des frais d’établissement et d’exploitation, terrassements, tranchées, digues, 
compensation des déblais et des remblais, divers systèmes de voies, choix d’un 
système convenable, passages à niveau, croisements, clôtures de la voie, cons 
truction des tunnels, construction d’un tunnel en commençant par ses deux 
extrémités seulement, ou par ses deux extrémités et par des puits intermé 
diaires, établissement des stations et dispositions pour l’exploitation, chariots 
porteurs, plaques tournantes, voies de garage, et bâtiments nécessaires à l’ex 
ploitation. 
DESSIN DE CONSTRUCTION. 
PROJETS DE TRACÉS DE ROUTES ET DE CHEMINS DE FER. 
Construction de ponts (quatre heures en hiver). 
Dessin de construction (été, dix heures). 
Choix de remplacement, choix du système de construction d’après la localité 
et le but; détermination de la section de passage des eaux d’après la masse de 
celles-ci, vitesse maximum de l’eau au passage sous les ponts, ponts en bois avec 
des culées et des piles en pierre; murs riverains, piles, ponts en poutres 
pleines, ponts en treillis, ponts suspendus et à arc-boutant ; ponts américains, 
brise-glaces, ponts droits en pierre, viaducs, exécution des pieds-droits, des 
piles et des voûtes, avec détermination de leur résistance à la poussée; ponts 
biais en pierre, disposition des surfaces de ponts, considération de l’angle de 
joint constant, ponts en fer, poutres, voûtes, suspensions, arcs boutants, ponts 
tubulaires en fonte, ponts en poutres, en treillis, tubulaires en fer forgé et 
laminé ; ponts en chaînes et en fil de fer, et leurs moyens de suspension ; 
ponts mobiles, ponts-levis, ponts tournants, ponts roulants, ponts de bateaux, 
ponts volants. 
Dessin de construction: projets basés sur les cours. 
Constructions hydrauliques (été, quatre heures). 
Dessin (été, six heures). 
Constructions dans les fleuves et torrents ; naissance et propriétés générales 
des torrents ; travaux hydrométriques, travaux qui se présentent dans la régu 
larisation des torrents, ouvrages transversaux, ouvrages parallèles, protection
        <pb n="96" />
        88 
§. 
ties rives, plantations, assèchements et irrigations; naissance des marais et des 
tourbières; moyens d’assèchements, assèchement complet, etablissements d’ir 
rigations, barrages, arrosage, culture d’une pente, d’une crête, culture mixte. 
Travaux de défense et écluses. 
Travaux fixes de la défense, leur longueur, hauteur et direction; défenses en 
bois eten pierres; choix de la construction, défense d’écluses et de déversoirs; 
travaux de défense pour les irrigations et les assèchements. 
Canaux, quantité d’eau nécessaire, alimentation et écoulement des canaux, 
écluses de canaux à portes en bois ou en fer, écluses pour bateaux. 
Ports, ports de mer, digues et jetées, avant-ports, écluses. 
Conduites d’eau, alimentation de la distribution, filtres, tuyaux de distri 
bution, en bois, en pierre, en métal; distribution d’eau pour de grandes villes, 
projets basés sur les cours. 
Esthétique de l'art de l’architecture (hiver et été, cinq heures). 
Ordres toscan, dorique, ionique et corinthien; positions des colonnes, des 
pieds-droits; voûtes, murs de façades, portes, fenêtres et portes cochères; 
seuils et appuis ; linteaux droits et en voûte ; toits et planchers ; dispositions 
de bâtiments complets au point de vue de la beauté, caractère des constructions, 
emplacement des constructions, dispositions des places, des rues pour des 
localités entières. 
Dessin architectonique (hiver et été, huit heures). 
Dessin d’éléments architectoniques avec leurs ornements, des colonnes avec 
leur entablement, le socle, la hase, le chapiteau, les corniches, les colonnes et 
les piliers avec leurs arcs. 
Projets architectoniques (hiver et été, dix heures). 
Projets de plans d’après des données, et compositions dites de concours. 
Projets et discussion de plans d’usines métallurgiques (hiver et été, quatre heures). 
Il y a un cours de dessin pour ceux qui s’occupent de métallurgie ; ce cours 
est basé sur ceux de chimie et de physique techniques et de construction. 
Projets et discussion de fabriques (hiver et été, quatre heures). 
11 y a un cours spécial de dessin organisé sur des bases analogues au précé 
dent; on y donne des explications et on groupe, devant les élèves, les appareils 
avec leur dispositif pratique. 
Constructions agricoles (été, deux heures). 
Dessin et projet de constructions agricoles (hiver et été, quatre heures). 
Emplacement de la ferme par rapport aux champs, à la propriété; choix 
de remplacement, disposition des bâtiments de la ferme, dispositions compa 
ratives des bâtiments d’une ferme en Allemagne, en Angleterre et en Écosse;
        <pb n="97" />
        I 2 
— 89 —— 
distribution ct rapport de la surface des dillérents bâtiments; dispositions pom 
la préservation des récoltes, des meules, des granges, des greniers, des caves, 
des silos, et dispositions et espace nécessaires pour recevoir le bétail; fosses a 
fumier, réservoirs à purin; maisons pour les besoins domestiques, dhabitation 
du propriétaire, du fermier, de la domesticité, des familles d’ouvriers; laiterie, 
cave à lait, glacière. 
L’établissement possède, comme moyens auxiliaires, 3oo modèles de cons 
tructions les plus variés, et une collection de matériaux de construction ainsi 
que de nombreux ouvrages à la bibliothèque. 
PHARMACIENS. 
Pharmacognosie (hiver, quatre heures). 
Introduction, classement des drogues, manière de les examiner, leur origine, 
récolte et traitements ultérieurs; genres et espèces; description des drogues à 
l’état sous lequel on les trouve dans le commerce; substitutions et falsifications; 
composition chimique, collection pharmacognostique. 
FORESTIERS. 
Climatologie forestière (hiver, une heure). 
Influence du climat sur les forêts et des forêts sur le climat ; il est néces 
saire de connaître la météorologie pour suivre ce cours. 
Connaissance du sol (hiver, une heure). 
Différences physiques et chimiques du sol; influence du sol, du sous-sol et 
de ce qui couvre le sol, sur la prospérité des forêts; influence du boisement 
et de l’exploitation sur les propriétés productives de la terre arable. Pour ces 
études il est nécessaire de connaître la chimie, la physique, la minéralogie et 
la géognosie. 
Anatomie et physiologie des plantes forestières (quatre heures en hiver, y com 
pris les démonstrations microscopiques). 
Organes élémentaires et leur agrégation en systèmes d’organes; composition 
chimique des parties constitutives des plantes et leur transformation; fructifi 
cation, germination, nutrition, croissance et reproduction des plantes. 
Travaux au microscope. 
Botanigaeforestière (deux heures en hiver). 
Propriétés des plantes forestières et des plantes nuisibles, qui intéressent 
spécialement l’économie forestière. 
Ce cours sert d introduction à celui d’exploitation forestière qu’il précédera. 
Insectes des forêts (deux heures en été).
        <pb n="98" />
        Leur structure et leur développement; leur alimentation, leur croissance, 
leurs métamorphoses ; marche systématique et habitudes des insectes utiles et 
nuisibles, pour l’usage des cours sur la protection des forêts. 
Exploitation forestière (quatre heures en hiver). 
Conditions de l’économie forestière, les différents systèmes d’exploitation ; des 
rejetons, de la reproduction à la suite des coupes, des transformations, etc. 
Culture du hois, règles pour le rajeunissement et pour la culture des forêts; 
reboisement, boisements nouveaux et amélioration des forêts existantes. 
Organisation de l’exploitation et taxations (été, cinq heures). 
Mesure et distribution des surfaces boisées ; mesure et calcul des arbres, des 
forêts et de leur accroissement; mesures à prendre suivant les modes d’exploi 
tation et l’état des forêts pour l’économie future ; différentes méthodes pour 
calculer le rapport d’une forêt d’après les divers modes d’exploitation. 
Evaluation de la valeur d’une forêt (hiver, trois heures). 
Protection des forêts (été, deux heures). 
Mesures à prendre contre les dommages que peuvent causer aux forêts 
l’homme, les animaux, les plantes, les phénomènes de la nature. 
iJtilisation des forêts (hiver, trois heures). 
Connaissances de la valeur commerciale des bois ; propriétés techniques et 
valeur pour l’usage des produits forestiers. 
Industries forestières ; exploitation. 
Charbonnage, écorçage, scieries. 
Commerce forestier, conservation, transport; fixation du prix et consom 
mation des produits forestiers. 
Statistique forestière (hiver, une heure). 
Conditions du boisement actuel de l’Allemagne et particulièrement du duché 
de Brunswick. 
Statistique forestière (une heure en été). 
Relations entre le sol, le capital, la croissance du bois et le travail, entre la 
production et l’utilisation. 
Economie forestière de l’État (une heure en été). 
importance des forêts de l’Etat pour l’intérêt général, et principes spéciaux 
d’économie qui en résultent; administration forestière, caisse et comptabilité. 
Police forestière (été, une heure). 
Autorités, ordonnances restrictives de police sur le droit de disposer de la 
propriété forestière, dans l’intérêt public, pour augmenter la production et di 
minuer la consommation des produits forestiers, servitudes et manière de s’en 
libérer; partages en commun, expropriation, etc.
        <pb n="99" />
        — 91 — 
(Dans ces trois derniers cours on ne donne que des notions generales, en 
engageant les élèves à travailler par eux-mêmes.) 
De la chasse (été, deux heures). 
Soins des pistes et méthodes de chasse en usage. 
Histoire et littérature forestières (été, deux heures), 
Histoire du boisement de l’Allemagne, causes et suites des changements 
survenus avec le temps; histoire de la science forestière et de la chasse, avec 
indication spéciale des ouvrages convenables pour des études particulières. 
Comme moyens auxiliaires, l’établissement possède une collection d’ins 
truments de culture et de travail du bois, d’instruments de mesurage, de 
modèles pour l’utilisation technique de produits forestiers, de construction de 
meules, de fours de carbonisation, de fours à résine, d’outils de chasse, de mo 
dèles de dispositifs de chasse, et une forêt de 2 hectares 5g ares (10 waldmor- 
(jen) de superficie. 
AGRICULTEURS. 
Anatomie et physiologie des animaux domestiques (trois heures en hiver). 
Démonstrations et explications physiologiques des organes les plus impor 
tants avec les préparations du cabinet zootomique, d’après des bêtes vivantes 
et des dessins. 
Considérations économiques sur l’agriculture (deux heures en hiver). 
Notions fondamentales, production par la réunion destorces de la nature, 
du travail et du capital; classification des biens, produit brut et net. rente du 
travail, rente du capital, rente du fonds, transmission des biens, trafic, moyens 
de trafic, prix, argent, monnaie, crédit, banques, effets de commerce, papier- 
monnaie, commerce des céréales. 
Économie agricole (quatre heures en hiver). 
Position sociale et gouvernementale de 1 agriculture, histoire de 1 agricul 
ture chez les peuples anciens et chez les Germains, littérature agricole, res 
sources agricoles, biens fonds, capital, travail , au point de vue surtout de la de 
termination des valeurs relatives, application de ces ressources dans différents 
systèmes d’exploitation, successions des cultures et conditions du système dex 
ploitation particulière d’après les localités, choix des plantes de culture d après 
leurs besoins d amendements et le climat, ainsi que d’après leur écoulement; 
choix du bétail, réunion de I industrie agricole et de celle de 1 aubergiste, di 
rection. 
Fhéorie de l agriculture (cinq heures en été). 
Principes de culture déduits des sciences; organes, phénomènes de la nutri-
        <pb n="100" />
        — 92 — 
lion et autres dans les plantes de culture; roches et formation de chaînes de 
montagnes, décomposition et formation de la terre arable, conditions essen 
tielles à la végétation, terre, air, eau, lumière, chaleur, influences artificielles, 
amendements, préparation du sol, défrichement, drainage, instruments agri 
coles et leur application, culture profonde, etc. 
Culture (cinq heures en été). 
Semailles, semer en tournant, semer en large, méthodes de culture, cul 
ture despèces isolées, leurs règles au point de vue du climat, du soi, de la 
fumure et de la succession des récoltes, soins, maladies des plantes de culture 
et prophylaxie, plantes à graines, à racines, dommages causés par les insectes, 
manière de les éviter, récoltes et méthodes en usage pour récolter, rapport et 
composition des récoltes, culture des céréales, cultures commerciales, culture 
de fourrages, de prairies et de pâturages, dispositions d’irrigations et d’assèche 
ments , herbes qui poussent sans culture, leur importance comme plantes de 
prairies ou de pâturages. 
Elève du bétail (cinq heures en hiver). 
Provenance et race des animaux domestiques, principes pour élever le bé 
tail suivant le but qu on se propose, élève et soin du jeune bétail, alimentation 
et soin du vieux bétail , élève spéciale des races bovines, ovines, porcines; 
indications pour l’exploitation des viviers, des ruches d’abeilles. 
Connaissance et élève des chevaux (quatre heures en hiver). 
Forme extérieure, âge d’après la denture, robes, caractères et races des 
chevaux, principes pour l’accouplement et l’ennoblissement du cheval, part, 
manière de l’aider, alimentation et soins à donner aux chevaux. 
Maladies des animaux domestiques (quatre heures en été). 
Les maladies passagères fréquentes et leurs causes, épizooties et maladies 
contagieuses, mesures de salubrité contre leur propagation, manière d’éviter 
les maladies. 
Opérations et médicaments (quatre heures en été). 
Opérations et coups de main pour secours immédiat, propriétés physiques 
et chimiques et effets des médicaments les plus usités, surtout parmi les médi 
caments indigènes. 
Estimation des biens (deux heures en été). 
Etablissement du prix d’achat ou de fermage d’une propriété, en se basant 
sur un plan d’exploitation approprié, rapport moyen en céréales et les frais 
d’exploitation. 
Comptabilité agricole (une heure en hiver). 
Valeur et avantages d’une bonne tenue de livres, tenue de livres en partie
        <pb n="101" />
        — 93 — 
simple sous forme de registre, tenue de livres en partie double aussi simplifiée 
que possible. 
Comme moyens auxiliaires d enseignement, 1 établissement possède une col 
lection d'instruments d agriculture et de modèles, de roches et de terres, de 
différentes espèces de céréales et de plantes de culture, d’herbes, de prépara 
tions zootomiques, d’échantillons de laines, de dessins de différentes races 
d’animaux, un jardin botanico-économique. 
Les élèves font des excursions sur de grandes propriétés. 
BRANCHES FACULTATIVES D’ENSEIGNEMENT. 
POUR LA CULTURE GENERALE DE L’ESPRIT. 
Droit civil (trois heures en hiver . 
Droit relatif aux constructions (deux heures en été). 
Droit forestier (deux heures en été). 
Géographie (trois heures en hiver). 
Statistique (trois heures en hiver). 
Économie politique nationale (trois heures en été). 
Histoire de l’art des constructions ( quatre heures en été). 
L’art chez les anciens Egyptiens, les anciens peuples de l’intérieur de l’Asie, 
les Grecs, les Etrusques et les Romains, architecture des premiers temps de 
1 ère chrétienne, architecture de l’islamisme, architecture du style roman et 
gothique, art moderne, renaissance et style rococo. 
PREMIÈRE PARTIE. 
Histoire (deux heures en hiver et en été). 
Revue de l’histoire ancienne et du moyen âge. 
n* PARTIE. 
Histoire moderne (trois heures en hiver et en été). 
Histoire de la littérature allemande (trois heures en hiver et en été). 
Langue française : Grammaire (trois heures en hiver et en été). 
Explications d’auteurs français (trois heures en hiver et eu 
été). 
Traductions en français (deux heures en hiver et en été). 
Conversation française (deux heures en hiver et en été). 
Histoire de la littérature française (deux heures en hiver et en été). 
• Langue anglaise : Grammaire (trois heures en hiver et en été).
        <pb n="102" />
        Langue anglaise : Explications d’auteurs anglais( trois heures en hiver et en été). 
Traductions en anglais (deux heures en hiver et en été). 
Conversation anglaise (deux heures en hiver et en été). 
Histoire de la littérature anglaise (deux heures en hiver et en été). 
RÉPARTITION DES MATIERES D’ENSEIGNEMENT. 
Enfin nous donnons la répartition des matières et des heures d’études par se 
maine pour les divisions spéciales. Chaque paragraphe correspond à un semestre. 
Les élèves .qui ne suivent pas le plan d’études indiqué pour une spécialité ne 
peuvent pas prétendre à obtenir le certificat de sortie qui y est relatif. 
Les cours marqués (*) ne sont pas obligatoires; mais il est fortement recom 
mandé aux élèves de suivre exactement les cours compris dans leurs études, et 
de ne pas négliger ceux qui se rapportent à la culture générale de l’esprit. 
PREMIÈRE DIVISION TECHNIQUE. 
MÉCANICIENS ET CONSTRUCTEURS DE MACHINES. 
Afin d’abréger la durée des études, ou commence les cours spéciaux avant 
que l’enseignement des mathématiques supérieures soit complètement terminé. 
Les cours de construction de machines sont menés de front et en relation 
avec ceux de mécanique, d’étude de machines, de projets et d’exercices de 
construction. 
l re ANNÉE. 1 er SEMESTRE. 
Arithmétique et algèbre 
Géométrie et trigonométrie. 
Connaissance des instruments 
Physique expérimentale, 1" cours 
Chimie inorganique .... 
Dessin à main levée 
2 SEMESTRE. 
Stéréométrie et trigonométrie sphérique. 
Équations 
Géométrie analytique 
' Géométrie pratique 
Physique expérimentale, 2 e cours 
* Dessin de plans 
Dessin à main levée 
NOMBRE 
D’HEURES 
par semaine. 
5 
5 
2 
5 
5 
n 
5 
2 
5 
5 
5 
H 
//
        <pb n="103" />
        — 95 
a" ANNÉE. — 3 e SEMESTRE. 
Calcul différentiel, i" cours 
Géométrie descriptive, i or cours 
Minéralogie 
Chimie technique, i er cours 
Dessin de machines 
4' SEMESTRE. 
Calcul différentiel, a* cours 
Géométrie descriptive, a* cours 
* Géologie 
Mécanique, i' r cours 
Notions générales de construction de bâtiments 
Dessin de machines 
II e DIVISION TECHNIQUE. 
CONSTRUCTION DE BÂTIMENTS. 
NOMBRE 
D’HEURES 
par semaine. 
4 
5 
5 
h 
4 
5 
4 
4 
// 
Les divisions de constructeurs de bâtiments, de génie civil et d’architecture, 
ont presque toutes les études préparatoires communes; elles ont en outre plu 
sieurs points communs pour les études spéciales. Aussi, quand les élèves se sont 
prononcés pour l’une ou l’autre des huit subdivisions, ce n’est que dans les exer 
cices de dessin, les projets et les applications qui s’y rapportent que leur ensei 
gnement difiere de celui des deux autres subdivisions. 
l” ANNÉE. 1 ' SEMESTRE. 
Arithmétique et algèbre. 
Géométrie et trigonométrie 
Connaissance des instruments 
Physique expérimentale, i e ‘ cours 
Chimie inorganique 
Dessin à main levée 
3° SEMESTRE. 
Stéréométrie et trigonométrie sphérique. . . . 
Théorie des equations 
Géométrie analytique 
Géométrie pratique 
NOMBRE 
D’HEURES 
par ¡semaine. 
5 
5 
2 
5 
5 
a 
2 
5 
5
        <pb n="104" />
        Physique expérimentale, 2 e cours 
Dessin de plans 
Dessin à main levée 
2 e ANNÉE. 3 e SEMESTRE. 
Calcul différentiel, i* r cours 
Géométrie descriptive, i" cours 
* Géodésie 
Chimie technique 
Minéralogie 
Histoire de l’architecture, i" cours 
Dessin d'ornements 
4 e SEMESTRE. 
Calcul différentiel, 2 e cours 
Géométrie descriptive, 2 e cours 
* Géodésie supérieure 
Géologie 
Mécanique, 1 er cours 
Notions générales de constructions, i"cours. 
Dessin d’ornements 
Dessin d’architecture et de constructions.. . . 
3 e ANNÉE. 5 e SEMESTRE. 
Calcul différentiel, 3 e cours 
Géométrie descriptive, 3 e cours 
Physique technique, 1 er cours 
Mécanique, 2 e cours 
Notions générales de construction , 2 e cours 
Dessin d’architecture et de constructions 
6 e SEMESTRE. 
Physique technique, 2 e cours 
Physique mathématique, a" cours 
Mécanique, 3 e cours 
Notions générales de constructions, 3 e cours 
Histoire de l’architecture , 2 e cours 
Matériaux de construction 
Dessin d’architecture et de constructions 
4 e ANNÉE. 7* SEMESTRE. 
* Mécanique analytique 
NOMBRE 
D’HEURES 
par semaine. 
5 
// 
II 
5 
4 
2 
5 
5 
2 
// 
5 
4 
3 
5 
4 
j 
II 
H 
2 
4 
2 
5 
4 
U 
2 
2 
4 
4 
4 
2 
U 
4
        <pb n="105" />
        97 
Mécanique des constructions 
Roules el chemins de fer 
Construction de ponts 
Droit civil 
Dessin de constructions 
Projets architectoniques 
Dessin de paysages 
8 e SEMESTRE. 
Constructions hydrauliques 
Etude de machines 
Droit relatif à la construction des bâtiments . 
Dessin de constructions 
Projets architectoniques 
Dessin de paysages 
IIP DIVISION TECHNIQUE. 
SAUNES ET USINES METALLURGIQUES. 
NOMBRE 
D’HEURES 
par semaine. 
2 
4 
4 
3 
// 
// 
4 
4 
2 
// 
U 
Ces deux subdivisions ont besoin des mêmes études préparatoires. Pour les 
salines on exige une connaissance approfondie de fa géognosie el des fossiles, et 
pour les usines métallurgiques, celles de la chimie et de la minéralogie. 
l" ANNÉE. 1 er SEMESTRE. 
Arithmétique et algèbre 
Géométrie et trigonométrie 
' Connaissance des instruments 
Physique expérimentale, C cours 
Chimie inorganique 
Dessin à main levée 
2 e SEMESTRE. 
Stéréométrie el trigonométrie sphérique 
Théorie des équations 
Géométrie analytique 
Géométrie pratique 
Physique expérimentale, 2 e cours 
* Dessin de plans 
Dessin à main levée 
NOMBRE 
D’HEURES 
par semaine. 
5 
5 
2 
5 
5 
5 
2 
5 
5 
5 
U 
II
        <pb n="106" />
        i 
: Jm 
V 
98 
2 e ANNEE. 3 e SEMESTRE. 
Calcul différentiel, i ei cours 
Géométrie descriptive, i" cours*. 
Physique technique, i 61 cours 
Physique chimique 
Minéralogie 
Dessin de machines 
Manipulations au laboratoire 
4 e SEMESTRE. 
Calcul différentiel, 2 e cours 
Géométrie descriptive, 2 e cours 
Physique technique, 2 e cours 
Géologie 
Mécanique, i er cours. . 
Notions générales de constructions 
Dessin de machines et de constructions, manipulations 
3 e ANNÉE. 5° SEMESTRE. 
Mécanique, 2 e cours 
Exercices minéralogiques 
Notions générales de constructions, 2" cours 
Projets d’usines métallurgiques 
Manipulations au laboratoire 
6 e SEMESTRE. 
Mécanique, 3 e cours 
Métallurgie 
Exercices géologiques 
Notions générales de constructions, 3° cours 
Projets d’usines métallurgiques 
Travaux au laboratoire 
NOMBRE 
D’HEURES 
par semaine. 
4 
2 
2 
5 
n 
n 
5 
4 
2 
5 
4 
4 
H 
5 
2 
4 
U 
// 
4 à 5 
2 à 3 
2 
4 
// 
// 
IV e DIVISION TECHNIQUE. 
CHIMIE TECHNIQUE. 
Outre une connaissance approfondie de la chimie, les élèves de cette division 
doivent avoir des notions de construction de machines et de bâtiments. La con 
naissance de la géométrie descriptive leur est par consécpient nécessaire. 
Dans la troisième année on ne fait guère que des manipulations au labora 
toire.
        <pb n="107" />
        .99 
l” ANNÉE. l" SEMESTRE. 
Arithmétique el algebre 
Géométrie et trigonométrie 
Physique expérimentale, 1" cours 
Chimie inorganique 
Dessin à main levée 
2 r SEMESTRE. 
Stéréométrie et trigonométrie, physique 
Physique expérimentale, 2* cours 
Chimie organique 
Botanique 
Dessin à main levée 
2' ANNÉE. 3 e SEMESTRE. 
Géométrie descriptive, 1 e1 cours 
Physique chimique 
Chimie technique, 1" cours 
Physique technique, i er cours 
Minéralogie 
Dessin de machines et travaux au laboratoire 
4' SEMESTRE. 
Géométrie descriptive, 2' cours 
Chimie technique, 2' cours 
Physique technique, 2'cours 
Géologie 
Dessin de machines et travaux au laboratoire. 
3* ANNÉE.— 5 e SEMESTRE. 
Notions genérales sur les machines 
Statistique 
Projets de fabriques et travaux au laboratoire 
6 e SEMESTRE. 
Économie politique 
Projets de fabriques et travaux au laboratoire 
NOMBRE 
D’HEURES 
par semaine. 
O 
5 
5 
5 
H 
5 
5 
5 
5 
// 
4 
2 
5 
2 
5 
H 
4 
5 
2 
5 
H 
4 
3 
H 
3 
// ' 
V* DIVISION TECHNIQUE. 
PHARMACIENS. 
Ces études pharmaceutiques doivent avoir été précédées d’un apprentissage 
pratique.
        <pb n="108" />
        - 100 
l” ANNÉE. 1 er SEMESTRE. 
Arithmétique et algèbre.. 
Géométrie el trigonométrie 
Physique expérimentale, i e * cours 
Chimie inorganique 
Travaux au laboratoire 
2 e SEMESTRE. 
Physique expérimentale, 2 e cours 
Chimie organique 
Botanique 
Pharmacie 
Chimie légale 
Travaux au laboratoire 
2 &lt; ‘ ANNÉE.— 3 e SEMESTRE. 
Minéralogie 
Zoologie 
Pharmacognosie 
Physique chimique 
Travaux au laboratoire 
VI e DIVISION TECHNIQUE. 
ÉCONOMIE FORESTIÈRE. 
NOMBRE 
D’HEURES 
par semaine. 
5 
5 
5 
5 
U 
5 
5 
5 
5 
2 
n 
5 
5 
4 
2 
H 
Le plan d’études sépare ici les études spéciales des études préparatoires. 
L’on conseille aux candidats aux emplois du service forestier du pays de suivre 
la première année de cette division immédiatement au sortir defecóle primaire, 
ou autre école élémentaire, et de faire ensuite une année d’apprentissage dans 
les forêts,* avant de venir suivre les cours spéciaux de la deuxième année. 
l" ANNÉE. 1 er SEMESTRE. 
Arithmétique et algèbre 
Géométrie et trigonométrie 
Physique expérimentale, i re année 
Chimie inorganique 
Zoologie. 
Minéralogie 
NOMBRE 
D’HEURES 
par semaine. 
5 
5 
5 
5
        <pb n="109" />
        — 101 
2 e SEMESTRE. 
Stéréométrie et trigonométrie sphérique 
Géométrie pratique 
Physique expérimentale, 2* cours 
Chimie organique 
Botanique 
Géologie 
2 e ANNÉE. 3* SEMESTRE. 
Exercices mathématiques 
Climatologie et connaissance du sol 
Physiologie des plans frontières 
Botanique forestière et culture des forêts 
Évaluation de la valeur d’une forêt 
Histoire et statistique forestière 
Droit civil. 
4' SEMESTRE. 
Exercices mathématiques 
Organisation de l’exploitation et taxations 
Protection des forêts. — Insectes forestiers 
Police forestière et économie forestière 
Utilisation des forêts 
Notions sur la chasse 
Droit forestier 
NOMBRE 
D'HEURES 
par semaine. 
5 
5 
5 
2 à 4 
2 
4 
(i 
3 
2 
3 
2 à 4 
4 
4 
4 
3 
2 
VIP DIVISION TECHNIQUE. 
ÉCONOMIE RURALE. 
L’on engage les élèves à partager leurs études de la même manière que pour 
la spécialité précédente. 
l r * ANNÉE. 1 er SEMESTRE. 
Arithmétique et algebre 
Géométrie et trigonométrie 
Physique expérimentale, 1" cours 
Chimie inorganique 
Zoologie 
Minéralogie 
NOMBRE 
D'HEURES 
par semaine. 
5 
5 
5 
5 
5 
5
        <pb n="110" />
        NOMBRE 
2* SEMESTRE. 
Stéréométrie et trigonométrie sphérique. . . . 
Géométrie pratique 
Physique expérimentale, 2 e cours. 
Chimie organique 
Botanique 
Géologie 
Dessin de plans 
2 e ANNÉE. 3 e SEMESTRE. 
Economie agricole 
Anatomie des animaux domestiques 
Élève du bétail 
Connaissance et élève des chevaux 
Chimie technique 
Connaissance générale des machines 
Comptabilité agricole 
4' SEMESTRE. 
Théorie de l’agriculture proprement dite 
Culture des plantes 
Maladies des animaux domestiques 
Notions sur les opérations et les médicaments 
Estimation des biens 
* Notions sur les constructions agricoles 
Travaux au laboratoire 
3 e ANNÉE. 5 e SEMESTRE. 
Calcul différentiel, 3' cours 
Géométrie descriptive, 3 e cours 
' Physique technique 
Mécanique, 2 e cours 
Construction de machines, C r cours 
Notions générales de construction de bâtiments, 2 e cours 
Construction de machines. (Exercices.) 
6 e SEMESTRE. 
* Physique technique, 2' cours 
Physique mathématique 
Mécanique, 3 e cours 
Construction de machines, 2 e cours 
Étude des machines, 2 e cours 
Notions générales de construction, 3 e cours 
Construction de machines. (Exercices.) 
D’HEURES 
par semaine. 
5- 
5 
5 
y 
n 
y 
// 
// 
// 
y 
// 
y 
H 
n 
II 
y 
n 
u 
2 
4 
2 
4 
2 
2 
4 
2 
4 
4 
a 
OA W
        <pb n="111" />
        \ 
\ 
103 
4* ANNÉE. 7 e SEMESTRE. 
* Mécanique analytique 
Mécanique des constructions de bâtiments 
Construction de machines, 3° cours. 
Elude de machine 
* Génie civil 
Construction de machines. (Exercices.) 
VIII e DIVISION TECHNIQUE. 
CHEMINS DE FER ET POSTES. 
NOMBRE 
D'HEURES 
par semaine. 
4 
2 
2 
4 
4 
U 
Les matières exigées pour être admis clans cette division sont les mathéma 
tiques élémentaires, la géographie et la statistique, l’histoire des langues mo 
dernes et de leur littérature. 
l" ANNÉE. l" SEMESTRE. 
Arithmétique et algèbre 
Géométrie et trigonométrie 
Physique expérimentale 
Géographie et statistique 
Langue française 
Langue anglaise 
2 e SEMESTRE. 
Stéréométrie et trigonométrie sphérique 
Economie politique (nationale) 
Histoire 
Littérature allemande 
Langue et littérature françaises 
Langue et littérature anglaises 
2 e ANNÉE. 3 e SEMESTRE. 
* Exercices mathématiques 
Physique technique 
Histoire 
Littérature allemande * 
Langue et littérature françaises 
Langue et littérature anglaises 
Droit civil 
NOMBRE 
D’HEURES 
fpar semaine. 
5 
5 
5 
6 
6 
6 
3 
5 
3 
3 
8 
2 à 4 
2 
// 
II 
u 
n
        <pb n="112" />
        IX e DIVISION TECHNIQUE. 
GÉOMÈTRES POUR LE CADASTRE. 
Les jeunes gens qui se destinent à ce service doivent suivre un cours de deux 
ans composé à peu près de Ja façon suivante : 
l‘* ANNÉE. I e * SEMESTRE. 
Arithmétique et algèbre 
Géométrie et trigonométrie 
Exercices mathématiques 
Connaissance des instruments .... 
Pliysique expérimentale 
2' SEMESTRE. 
Stéréométrie et trigonométrie sphérique 
Théorie des équations 
Géométrie analytique 
Géométrie pratique 
Exercices mathématiques 
Physique expérimentale. 
Dessin de plans 
2 e ANNÉE. — 3 e SEMESTRE. 
Calcul différentiel, i* r cours 
Géométrie descriptive, i* r cours 
Astronomie sphérique 
Exercices mathématiques 
Physique technique 
Dessin de plans 
4 e SEMESTRE. 
Calcul différentiel, 2' cours 
Géométrie descriptive 
Géodésie supérieure 
Géologie . . 
Observationsgénérales sur les programmes. — 11 est certainement difficile de 
composer des programmes d’enseignement scientifiques et techniques plus com 
plets et mieux coordonnés, et il ne saurait être douteux que des jeunes gens 
qui les auraient suivis avec assiduité ne soient en état de se distinguer dans la 
carrière qu’ils auraient adoptée. 
NOMBRE 
D'HEURES 
par semaine. 
5 
5 
4 à 6 
2 
5 
2 
5 
5 
4 
5 
h 
5 
4 
3 
2 à 4 
2 
II 
5 
4 
3 
5
        <pb n="113" />
        J 05 
DIRECTION. 
La direction est confiée à trois membres dont le plus âgé est président. Ce 
comité de direction est sous la dépendance immédiate du ministère dEtat. 
Le collège ou conseil des professeurs est consulté pour des intérêts généraux 
ou pour modifier des dispositions existantes. Il se compose alors des professeurs 
principaux, et est convoqué, soit sur l’initiative du président, soit sur la demande 
d’un des membres du comité de direction. 
La conférence des professeurs se compose de tous les professeurs et répéti 
teurs. Elle est convoquée pour discuter la marche de l’enseignement. 
Rétribution scolaire. — Les jeunes gens immatriculés comme élèves réguliers 
payent par semestre 18 thalers (6y fr. 5o cent.) et pour prendre part aux mani 
pulations, fi thalers (22 fr. 5o cent.) en plus. Ils donnent en outre au garçon 
de laboratoire 20 gros (2 francs). 
Les jeunes gens non immatriculés payent par semestre pour un cours de trois 
heures par semaine 3 thalers (11 fr. 28 cent.), pour un cours de quatre â cinq 
heures, fi thalers (22 fr. 5o cent.), la rétribution maximum est de 18 thalers 
fi y fr. 5o cent.), quel que soit le nombre de cours que l’on suive. 
Pour le laboratoire ces élèves payent 1 o thalers (3y fr. 5o cent.) et au gar 
çon 20 gros (2 francs). 
Pour la participation journalière à l’enseignement dans les arts, depuis huit 
heures du matin à deux heures de l’après-dîner, on paye 3 thalers (1 1 fr. 25 c.) 
par trimestre, et la moitié pour trois jours seulement de la semaine au moins. 
Pour l’immatriculation, on paye 2 thalers (y fr. 5o cent.) plus 20 gros (2 fr.) 
à l’appariteur et 10 gros ( 1 franc) pour la carte d’admission. 
Discipline. — Malgré la condition de l’externat, la discipline est maintenue à 
l’intérieur et pour les études parles professeurs, chacun pour son cours, et par 
le comité directeur pour l’ordre général et pour la conduite extérieure. 
Le séjour paisible de la ville de Brunswick est, d’ailleurs, favorable au calme 
des études. 
L’Institut polytechnique de Brunswick ne compte pas moins de vingt-cinq 
professeurs pour les différentes parties de son enseignement. 
ÉCOLE DES CONSTRUCTEURS X 1IOL/.MINDEN. 
Dans cette petite ville du duché de Brunswick, il existe un établissement 
spécial d’instructiop qui, par une exception remarquable à la règle générale en 
Allemagne, reçoit des élèves internes. 
Il est destiné à cette catégorie d’ouvriers qu’on comprend en France sous le
        <pb n="114" />
        nom général d’ouvriers du bâtiment : maçons, tailleurs de pierres, charpentiers, 
menuisiers, serruriers, couvreurs, vitriers, peintres, ébénistes, etc. 
L’enseignement y est principalement donne pendant le semestre d’hiver, 
époque de la suspension des travaux; mais il se continue aussi pendant l’été pour 
ceux qui Je désirent. 
Pour y être admis, il faut être déjà engagé dans l’une des professions rela 
tives au bâtiment, et fournir les renseignements nécessaires sur son âge, sur ses 
parents, sur son domicile, sur le patron chez lequel on a travaillé, et sur sa 
moralité; on subit une visite du médecin pour constater l’état de la santé. 
Les élèves portent, pendant leur séjour, un uniforme qui facilite la disci 
pline. A leur arrivée, ils doivent apporter du linge, quelques accessoires, ainsi 
qu’une boîte d’instruments de mathématiques. 
L’établissement fournit pendant la durée ordinaire de l’enseignement, qui 
est de vingt semaines, pour le semestre d’hiver : 
Le logement et la nourriture pour la somme de.. . 27“' ou ioi f a5 c 
L enseignement, le chauiïage, l’éclairage, le maté 
riel d écriture eide dessin, l’uniforme, les soins 
du médecin et le blanchissage, pour 45 1687b 
Total 72 ou 270 00 
Ainsi, pendant cette période de cent quarante jours, un jeune ouvrier, pour 
moins de 2 francs par jour, peut être nourri, logé, instruit et défrayé complè 
tement. 
Les eleves sont partagés selon le degré de leur instruction en trois classes. 
Dans les deux classes inférieures, on améliore leur instruction en ce qui con 
cerne le calcul ordinaire et commercial, l’écriture, la rédaction. En même 
temps, dans toutes les classes, on s’occupe du dessin à main levée, de détails 
de construction, d’ornements, de dessins au trait relatifs aux diverses profes 
sions, en choisissant les objets et les modèles selon la force des élèves. 
La discipline est à peu près réglée comme dans un collège. On se lève à six 
heures, on s’occupe des soins de propreté jusqu’à huit heures et demie, et les 
études durent ensuite jusqu’à neuf heures et demie du soir, sauf un repas et les 
repos. On se couche à dix heures. 
Il y a place, dans l’établissement, pour cinq cent cinquante élèves internes. 
A la fin de chaque période complète d’enseignement, on délivre aux élèves, 
qui en sont jugés dignes et qui ont fait un voyage suffisant d’instruction, 
un
        <pb n="115" />
        certificat de sortie, sur lequel on indique l’état de leurs connaissances dans les 
différentes branches en rapport avec leur profession. 
Les élèves qui n’ont pas terminé leurs études reçoivent un certificat relatif à 
leur conduite et à leur application pendant Je temps passé à l’école. Ce certifi 
cat doit être visé par leurs parents ou par leurs patrons, quand ils reviennent 
au semestre suivant. 
Le programme général de l’enseignement comprend la calligraphie, l’ortho- 
graphe, la rédaction, le calcul ordinaire et le calcul commercial, les éléments 
d’algèbre, la tenue des livres, la géométrie élémentaire, la géométrie descrip 
tive, les projections, la stéréométrie, la coupe des pierres, la physique élémen 
taire et technique, les détails de la construction des machines et des batiments-, 
les assemblages en pierre, en bois, en fer; la chimie technique, la connaissance 
des matériaux de construction, la rédaction des devis, la législation des bâti 
ments, le dessin â main levée, le dessin d’architecture, l’étude des formes et 
des ordres, le dessin des machines, la rédaction de projets et le modelage. 
Les élèves, pendant les semestres d’été, doivent visiter des travaux et faire 
des rapports sur ces excursions. 
On conçoit qu’une semblable institution, jointe â la pratique de la profes 
sion, peut contribuer, avec beaucoup de succès, â former des jeunes gens aptes 
à devenir des maîtres ouvriers habiles.
        <pb n="116" />
        . 
■
        <pb n="117" />
        RAPPORT PARTICULIER 
SUR 
L’ORGANISATION GÉNÉRALE DE L’ENSEIGNEMENT 
EN PRUSSE. 
Dans le séjour trop court que nous avons pu faire dans ce royaume, nous 
ne pouvons nous flatter d’avoir eu le temps d’examiner, avec tout le soin qu elle 
mérite, l’organisation que, depuis près de quarante années, le Gouvernement a 
donnée et s’efforce sans cesse d’améliorer pour 1 instruction des diverses classes 
de la société. 
Nous avons dù porter plus spécialement notre attention sur les établis 
sements qui, de loin ou de près, se lient à l’enseignement professionnel ou 
industriel, et pour donner une idée générale de leur ensemble, nous en pré 
senterons d’abord la nomenclature, en indiquant le ministère dont ils dé 
pendent. Nous les classerons d’ailleurs autant que possible dans l’ordre des 
intelligences ou des besoins industriels auxquels ils répondent et dans celui de 
l’élévation scientifique de leurs études. 
Classification des établissements d’enseignement en Prusse 
DESIGNATION DES ETABLISSEMENTS. 
Écoles primaires et écoles des dimanches. (Enfants au-dessous de quinze 
ans.) 
Écoles bourgeoises 
Écoles pour les enfants qui travaillent dans les fabriques 
Ecoles d’apprentissage, écoles de tissage 
Écoles et cours pour les apprentis, pour les ouvriers 
Conférences et associations d’ouvriers 
Écoles industrielles 
I o I)architecture (Ban Akademie) 
2° Des raines (Berg Akademie) 
3° De dessin industriel [Muster Zeichnen Schule).. 
v 4° De pilotage et de navigation 
Ecoles réelles (littéraires) 
Gymnases (d’humanités) 
Institut polytechnique ( Gewerbe Institut) 
niversités et facultés. (Pour mémoire.) 
Ecoles 
industrielles 
spéciales. 
MINISTERE 
BOST ItS DÉPEHDEWT. 
Instruction publique. 
Idem. 
Commerce. 
Idem. 
Idem. 
Idem. 
Idem. 
Commerce. 
Idem. 
Instruction publique. 
Idem. 
Commerce. 
Instruction publique.
        <pb n="118" />
        Cette seule nomenclature suffit pour montrer quel ensemble important 
d'institutions existe en Prusse, pour répondre aux besoins d’instruction de la 
population, et elle justifiera l’étendue que nous serons forcés de donnera 
l’étude que nous avons pu en faire. Nous examinerons successivement ces 
diverses institutions, et nous ferons connaître les règlements qui les régissent, 
ainsi que les réflexions auxquelles elles nous ont paru pouvoir donner lieu. 
Mais, auparavant, nous ferons remarquer que les écoles primaires, les écoles 
réelles, les gymnases et les universités, avec leurs facultés, sont régis par le 
ministère de l’instruction publique, et que tous les établissements d’ensei 
gnement qui se rapportent au commerce, à l’industrie, à tous les degrés, y 
compris 1 institut polytechnique, dépendent du ministère du commerce. 
ENSEIGNEMENT PRIMAIRE. 
(DECISION ROYALE DU l4 MAI 182b, 1 er TITRE.) 
«Afin d’assurer, dans toute l’étendue du royaume, la discipline scolaire et 
«que la fréquentation des écoles primaires ne soit pas négligée, conformément 
«à ce que prescrit la législation qui régit le pays, j’arrête, sur la proposition 
«du ministre d’Etat, que ce qui suit sera également exécutoire dans les parties 
«du royaume où cette législation n’est pas encore introduite. 
« i° Les parents ou ceux qui, d’après la loi, en tiennent lieu, sont tenus, 
«sous peine de voir le cas échéant, employer contre eux la contrainte et le 
«châtiment, d’envoyer à l’école leurs enfants âgés de plus de 5 ans, à moins 
«qu’ils ne puissent prouver qu’ils veillent à ce que ces enfants reçoivent à 
«domicile 1 instruction voulue. 
« 2 0 L’enfant est tenu de suivre régulièrement l’enseignement à l’école, aussi 
«longtemps qu’il n’a pas acquis, de l’avis de son directeur spirituel, les con- 
« naissances indispensables à tout homme raisonnable de sa classe. 
« 3° Le consentement de l’autorité et du directeur spirituel local sont néces- 
«saires pour qu’un enfant puisse être dispensé de fréquenter l’école, dès qu’il 
«aura atteint l’âge voulu, ou pour que son instruction puisse être quelque 
«temps interrompue, s’il se présente des motifs d’empêchement. 
« 4° Les peines disciplinaires ne doivent jamais dégénérer en mauvais trai- 
« tements susceptibles h aucun degré de nuire à la santé de l’enfant. 
« 5° Les châtiments qui restent dans la limite des peines disciplinaires ne 
«peuvent pas constituer contre les instituteurs un délit d’injures ou de mau- 
« vais traitements. 
« 6° Si la limite des peines disciplinaires a été dépassée, sans qu’il en soit 
«résulté un dommage réel pour l’enfant, ce sera le conseil provincial préposé
        <pb n="119" />
        — Ill — 
«à l’enseignement qui en connaîtra et appliquera au professeur la peine (lis 
«ciplinaire que le cas signalé aura motivée; si, au contraire, 1 abus du droit d( 
«châtier a causé à lenlant un dommage materiel reel, le professeur sei a jus- 
« ticiable devant les tribunaux ordinaires, d’après les lois établies. 
«Signe FRÉDÉRIC-GUILLAUME.» 
Exlrait d’an règlement pour les écoles primaires et supérieures. 
§ 1 er . 
«Les écoles et les universités sont des établissements du Gouvernement, Leur but. 
«dont le but est d’enseigner à la jeunesse les sciences et les connaissances 
« utiles. 
S 2. 
« Les établissements de ce genre ne peuvent être fondés qu’avec l’assen- 
«tirnent du Gouvernement. 
S 3. 
« Toute personne qui se propose de fonder un établissement d’enseignement 
« libre doit s’adresser à l’autorité locale préposée à la surveillance des écoles et de 
«l’éducation, pour prouver qu elle a la capacité requise et pour exposer quel est 
« le plan quelle compte adopter, tant pour (éducation que pour l’instruction. 
Des établissements 
privés d’enseignement. 
$ k. 
«Les établissements privés sont également soumis à la surveillance de l’au- 
« to ri té compétente, qui est tenue de s’informer de quelle façon les enfants y 
«sont traités et soignés; comment est conduite leur éducation physique et mo- 
«rale, et comment leur est donnée l'instruction voulue. 
S 5. 
«Si l’autorité locale remarque des désordres ou des abus, elle esi tenue 
«d’en informer l’autorité provinciale, qui se livre à un examen approfondi et 
« y met ordre. 
S 6. 
«A la campagne et dans les petites villes dans lesquelles se trouvent des 
« écoles publiques, on ne doit point tolérer d’école accessoire, sans autorisation 
« spéciale.
        <pb n="120" />
        - 112 — 
De renseignement 
domestique. 
Des écoles publiques. 
Des écoles ordinaires. 
Surveillance 
et direction. 
I 
§ 7. 
«Les parents sont libres (conformément an 2 e titre) de faire donner clîez 
«eux, à leurs enfants, l’instruction et l’éducation nécessaires. 
§ 8. 
u Mais les personnes qui font profession de donner des leçons chez les par 
ti ticuliers doivent justifier de leur capacité auprès des autorités locales compé- 
« tentes et se faire délivrer un certificat. » 
Une instruction postérieure reproduit avec plus de détails les prescriptions 
précédentes, nous en extrairons les passages suivants, dont quelques-uns sont 
importants, parce qu’ils indiquent les attributions des autorités et les obli 
gations imposées aux communes. 
5 9. 
« Toutes les écoles et établissements d’enseignement public sont sous la sur- 
«veillance de l’Etat et doivent en tout temps se soumettre à ses visites et 
« examens. 
5 10. 
« On ne peut interdire à personne l’accès d’une école publique, à raison 
«d’une différence de religion. 
§ 11. 
«Les enfants d’une religion différente de celle que l’on enseigne dans l’école 
«publique et qui doivent être élevés "suivant les lois de l’Etat, ne peuvent être 
« obligés d’assister à cet enseignement religieux. 
5 12. 
«Les écoles ordinaires, qui donnent aux enfants l’instruction primaire, sont 
« placées sous la direction de l’autorité judiciaire de chaque endroit; cette auto- 
« rite doit néanmoins s’adjoindre les représentants de la religion de la commune 
« à laquelle lecole appartient. 
§ 13. 
«Les ministres du culte de chaque commune, à la campagne et dans les 
« petites villes, et à leur défaut les maires, les juges, les commissaires de police, 
« sont tenus de veiller an maintien de l’ordre établi dans les écoles de la corn 
il mune. 
§ 29. 
«Là où il n’y a point de dotation pour les écoles ordinaires, le traitement 
Traitement.
        <pb n="121" />
        — 113 — 
« de ) instituteur est à la charge de tous les chois de famille de 1 endroit, &lt;jnils 
«aient des enfants ou non, et sans distinction de religion. 
S 30. 
«Si, cependant, dans la même localité, il y a plusieurs écoles ordinaires 
«pour les différentes religions, chaque habitant n’est tenu de contribuer quà 
« l’entretien de l’instituteur de sa confession. 
$ 31. 
«Cette contribution, quelle consiste en argent ou en dons en nature, doit 
«être répartie équitablement entre les pères de famille; d’après leurs 
«moyens; la répartition doit être approuvée par l’autorité. 
S 32. 
«Cette contribution libère de toute autre rétribution les enfants du contri- 
« buable. . 
S 33. 
«A la campagne, les seigneurs propriétaires sont tenus d’aider, quand il sera 
«nécessaire, pour le payement de cette contribution, ceux de leurs vassaux 
«que le besoin empêchera momentanément d’y satisfaire. 
S 34. 
«L’entretien de la maison d’école et celui de l’habitation de l’instituteur 
«sont également à la charge de tous les habitants de la commune, sans 
« exception. 
§ 35. 
« Cependant un membre d’une commune différente annexée ne contribue 
« à l’entretien des bâtiments que pour la moitié de ce qui incombe à un habitant 
« de même classe de la même commune. 
§ 36. 
«Lors de la construction ou de la réparation de la maison d’école, les ma- 
«gistrats dans les villes et les seigneurs à la campagne doivent permettre 
«d’employer, sans rétribution, les matériaux, bois ou pierres que renferme 
«le terrain où se trouve l’école, s’ils peuvent servir utilement. 
S 37. 
Si la maison d’école sert en même temps d’habitation a 1 instituteur, I en- 
« tretien doit s’en faire d’après les règles prescrites pour les presbytères. 
Maison d’école.
        <pb n="122" />
        Devoirs de la commune- 
Devoirs de l’inspecteur 
des écoles. 
Devoirs du pasteur. 
- 114 — 
S 38. 
«Cependant, aucun membre de la commune ne peut se soustraire au paye- 
« ment de sa quote-part des frais d’entretien, sous prétexte de différence de 
« religion. 
S 39. 
«Les communes sont en général tenues d’aller chercher, à leurs frais, le 
« nouvel instituteur pour l’amener à sa résidence. 
§ 40. 
« 11 en est de même pour les personnes de sa famille et pour ce qu’il 
«possède en fait d’habillements, de linge, de mobilier et de livres. 
§ 41. 
« Cependant cette obligation est limitée à la distance de deux jours de 
«route, comme pour le curé. 
§45. 
« On tiendra école les dimanches et les jours de fêtes, à des heures spéciales, 
«pour les enfants dont les études sont interrompues par les travaux indispen- 
« sables à faire dans les campagnes à certaines époques de l’année. 
§ 46. 
«Chaque enfant devra continuer ses études jusqu’à ce que, de l’avis de son 
«directeur spirituel, il ait acquis toutes les connaissances essentielles à un 
« homme raisonnable de sa classe. 
§ 47. 
« Les inspecteurs doivent veiller à ce que l’instituteur remplisse ses devoirs 
«avec zèle et fidélité. 
§ 48. 
«Ils doivent, avec l’assistance de l’autorité, s’assurer que tous les enfants 
«astreints à aller à l’école soient tenus de le faire, en employant au besoin 
«des moyens coercitifs et le châtiment contre les parents négligents. 
S 49. 
«Le pasteur est tenu, non-seulement par sa surveillance sur l’instituteur, 
«mais par les instructions qu’il lui donne, ainsi qu’aux enfants, de coopérer 
« activement à atteindre le but que 1 établissement a en vue. 
§ 51. 
«Si l’instituteur juge que, par des châtiments modérés, il ne pourra suffi- 
Discipline.
        <pb n="123" />
        15. 
— 115 — 
« samment remédier à la méchanceté invétérée chez un enfant ou à son pen- 
« chant au vice et à la dissipation, il doit en informer l’autorité et le direc 
teur spirituel de l’école. 
S 52. 
«Ceux-ci doivent alors, avec la coopération des parents ou tuteurs, exa- 
. miner la question avec soin et prendre les mesures convenables. 
S 53. 
«Mais on ne peut, en cela, dépasser les limites posées à l’autorité disci- 
« piinaire des parents. » 
Effets des règlements précédents. — Les règlements que nous venons de rap 
porter presque en entier ne sont pas lettre morte, l’exécution et les résultats 
y répondent complètement. 
D’une part, en effet, les données statistiques relatives au recrutement de 
l’armée constatent que, sur iooo jeunes gens de 20 ans appelés au service, il 
n’y en a que 3o environ qui ne sachent ni lire ni écrire. 
D’un autre côté, le tableau statistique suivant de la population, entre 5 et 
i 4 ans, limite extrême de celle des écoles et de la fréquentation réelle, qui 
nous a été fourni par le Gouvernement prussien, montre combien la loi est 
également respectée et observée dans toutes les provinces. 
STATISTIQUE DE L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE EN PRUSSE. 
DESIGNATION 
DES PROVINCES. 
Prusse 
Duché de Posen 
Brandebourg 
Poméranie 
Silésie 
Saxe 
Westphalie 
Provinces rhénanes 
Hohenzollern 
Forteresses et postes fédéraux. 
Totaux 
DEVANT SUIVRE 
les écoles. 
NOMBRE D’ENFANTS 
SUIVANT LES ECOLES. 
Garçons. 
281751 
151181 
233619 
144032 
314648 
196775 
163340 
313883 
5719 
174 
1805112 
Filles. 
278652 
150328 
227954 
140070 
316531 
222217 
156909 
306724 
5932 
234 
1775521 
Garçons. 
200093 
109574 
178887 
105388 
260955 
167728 
134470 
264617 
5028 
1426790 
Filles. 
193241 
105406 
174783 
103087 
261485 
167234 
129464 
254052 
7213 
1394965 
POUR IOOO 
suivent les écoles. 
Garçons. 
712 
698 
750 
715 
828 
798 
790 
809 
900 
785 
Filles. 
690 
700 
765 
737 
825 
751 
772 
830 
785
        <pb n="124" />
        Observations. — il y a lieu de faire remarquer que, dans ce tableau, fou 
a compris la totalité des enfants de 5 à i 4 ans, formant, d’après les recen 
sements, le nombre de ceux qui, entre ces limites d’âge, doivent suivre 
les écoles primaires; mais, d’une part, un nombre assez notable d’enfants de 
5 ans sont trop faibles pour être astreints à y assister, et, de l’autre, une por 
tion des enfants ont satisfait à ces éludes à 12 ans et peuvent être autorisés à 
passer à des écoles supérieures, et d’autres enfin ont pu recevoir l’instruction 
chez leurs parents. Par conséquent, la comparaison du nombre des enfants 
qui suivent les écoles à celui des enfants de l äge où la fréquentation est obli 
gatoire est faite d’après une estimation notablement trop forte de ce dernier 
nombre. 
L’auteur des renseignements que nous venons de rapporter fait autorité, 
par sa position officielle, pour apprécier cette cause d’erreur, et il estime le 
nombre total des garçons astreints à suivre les écoles à 1460209 et celui des 
filles à 1 407455, ce qui élèverait les rapports de fréquentation réelle à 978 
sur 1 000 pour les garçons, et à 97 1 sur 1 000 pour les filles, chiffres qui doivent 
être plus près de la vérité que les précédents, et qui concordent d’ailleurs avec 
fes données fournies par le recrutement de l’armée, qui n’indiquent que 
00 hommes sur 1000 ne sachant ni lire ni écrire. 
Ces deux résultats réunis montrent donc qu’en Prusse la loi, qui rend la 
fréquentation des écoles primaires obligatoire:, est uniformément observée et 
exécutée dans toutes les provinces du royaume, et que le but de cet ensei 
gnement est, pour ainsi dire, complètement atteint, puisque tous les jeunes 
gens de 20 ans savent lire et écrire. 
Mesures relatives ail travail des enfants dans les fabric]nés. — Le travail des 
enfants dans les fabriques est, comme on ne le sait que trop, à la lois une néces 
sité et un des plus grands obstacles au développement physique, intellectuel et 
moral des populations ouvrières. Si la commission d’enquête a entendu à ce 
sujet de tristes renseignements, elle a reçu aussi de la part de plusieurs fabri 
cants et de la société industrielle de Mulhouse des vœux aussi honorables que 
philanthropiques, qui, pour remédier au moins au défaut de l’instruction, pro 
posent de réduire la durée du travail des enfants et des apprentis à six heures 
par jour, le reste étant consacré à l’instruction et aux exercices si utiles à leur 
âge, ainsi que cela se pratique déjà avec succès dans une partie de l’Écosse. 
11 ne sera donc pas hors de propos de faire connaître les mesures que, de 
puis 1 83q, le Gouvernement prussien n’a cessé de prendre dans le triple intérêt 
de la santé, de l’instruction et de la moralité de l’enfance. 
Règlement sur le travail des enfants dans les fabriques. — « Divers règlements,
        <pb n="125" />
        — 117 — 
«en date des g mars i83g, 16 mai i853, 18 août i853 et i 2 août i85Zi, 
« ont successivement lixé et modifié les conditions générales du travail des 
u enfants dans les fabriques. 
«D’après l’ordonnance royale du 1 fi mai i853, les enfants ne peuvent être 
«admis, à partir du 1 er juillet 1855, à travailler dans les fabriques qu’après 
« avoir atteint l’âge de 1 2 ans révolus. 
«A dater du i er octobre 1 8 5 3, les jeunes gens au-dessous de 1 fi ans ne 
« peuvent être admis à travailler dans les fabriques qu’après que leur père ou 
« tuteur a remis un livret indiquant : 
«Le jour, le mois et l’année de la naissance, et la religion du jeune homme; 
«Le nom, la profession et le domicile du père ou du tuteur; 
«Un certificat constatant qu’il sait lire et écrire. 
« Le fabricant doit conserver ce livret et le tenir à la disposition des auto- 
«rités, et le rendre au père ou au tuteur à la sortie du jeune homme. 
«Les enfants, jusqu’à l’âge de i4 ans révolus, ne peuvent être assujettis 
« à travailler plus de six heures par jour. Trois heures par jour seront consacrées 
«à l’instruction. 
«11 est complètement interdit de faire travailler les enfants de moins de 
« 1 fi ans avant 5 heures 1/2 du matin et après 8 heures 1/2 du soir. 
« Ions ceux qui emploient des enfants dans ces conditions sont tenus d’en 
«donner avis au bureau de police, et de faire connaître, tous les six mois, le 
«nombre des enfants au-dessus de 16 ans qu’ils occupent. Les contraventions 
«seront punies de 1 à 5 thalers (3 fr. 75 cent, à i8 fr. y3 cent.) pour la pre- 
«mière fois, et 5 à 5o thalers (18 fr. 78 cent, à 187 fr. 5o cent.) pour le cas 
« de récidive. 
«En outre, le juge pourra, dans le cas de trois infractions dans j’espace de 
«cinq ans, suspendre pour un temps donné tout travail d’enfants au-dessous 
«de i fi ans dans l’établissement en contravention. Si, dans l’espace de cinq 
«ans, il y a eu six infractions à la règle, la suspension sera obligatoire pendant 
«trois mois au moins, et, si elle n’est pas observée, elle sera punie dune 
«amende de 5 thalers { 1 8 fr. 75 cent.) pour chaque enfant et chaque con- 
« travention. 
«L’État nommera des inspecteurs chargés de »veiller à I exécution de ce 
«règlement, s’il le juge nécessaire, et réglera leurs rapports avec le service or- 
« dinaire de police. 
«Signé FRÉDÉRIC-GUILLAUME.»
        <pb n="126" />
        2 e circulaire, 18 août 1853, relative à Inapplication des règlements précédents. 
«Si les occupations des enfants ne paraissent pas avoir pour but et pour 
«résultats l’apprentissage d’un métier déterminé, ces enfants seront considérés 
«comme travaillant en fabrique, et les règlements précédents leur seront 
« appliqués. 
«Dans le cas contraire, on se contentera de l’observation des règles géné- 
« raies relatives à ¡’instruction obligatoire. C’est ce qui peut arriver par exemple 
«si les enfants sont occupés à des travaux agricoles, comme la fabrication du 
«sucre de betteraves. Mais l’enseignement ne doit jamais en souffrir, et le 
«fabricant sera passible d’une amende pour tous les enfants qu’il emploiera 
« sans autorisation de l’instituteur pendant les heures destinées à l’étude. 
Un article spécial prescrit de surveiller la fabrique aux points de vue de la 
salubrité et des mœurs, de séparer les enfants des adultes et surtout les lilies 
âgées de moins de seize ans des hommes et des garçons ; d’isoler les sexes, s’il 
y a des dortoirs, de préposer quelqu’un à l’arrivée et au départ des enfants, de 
ne faire, en général, la paye qu’aux parents; d’examiner si le genre d’occupa 
tion, ou la nature des préparations n’est pas nuisible à la santé des enfants; de 
veiller à ce qu’une ventilation convenable soit établie dans les ateliers où il 
se développe des poussières. 
On y rappelle les prescriptions qui limitent à six heures par jour le travail 
des enfants astreints à fréquenter encore l’école primaire, et l’on appelé l’atten 
tion sur l’utilité d’une instruction complémentaire qui serait également utile 
aux contre-maîtres et aux ouvriers. 
Enfin il est prescrit que les livrets d’ouvriers, imprimés par les soins de l’ad 
ministration, devront contenir l’indication des ordres précédents. 
ÉCOLE SUPÉRIEURE DE TISSAGE A ELBERFELD. 
Dans celte ville, dont l’industrie, spécialement adonnée au tissage, a doublé 
depuis trente ans la population, l’on a établi en i8â5, principalement en vue 
des besoins de cette fabrication locale, une école supérieure de tissage pour 
laquelle la ville a fait élever un bâtiment spécial très-convenable, dont le mobi 
lier a été fourni par l’Etat. 
Cette école comprend trois divisions distinctes, dont les études peuvent être 
cependant suivies par tous les élèves 
i" division Tissage. 
2 e division Dessin de fabrique. 
3* division Chimie, écriture d’impression.
        <pb n="127" />
        — 119 — 
L’enseignement a pour objet les principes fondamentaux de la théorie du 
tissage, la connaissance des propriétés des diverses matières textiles, les no 
tions sur la composition des tissus unis ou façonnés, leur décomposition pour 
la mise en cartes , la composition de dessins nouveaux, l’art d’y graduer les tons 
pour toutes les variétés de tissus. Le dessin y est enseigné d’après la méthode 
Dupuis, c’est-à dire en exerçant, dès le commencement, les élèves à reproduire 
des objets naturels ou en relief. 
L’enseignement comprend trois semestres, pendant lesquels il v a environ 
trente-six heures do séance par semaine. 
Chaque élève rédige un cahier dans lequel sont réunis des échantillons des 
divers genres de tissus qu’il doit analyser et décomposer en calculant leurs élé 
ments et en reproduisant la mise en cartes par des croquis. 
La rétribution scolaire est 120 thalers (4 5o francs) pour trois semestres ; 
pour le premier cours seul, elle est de 90 thalers (337 fr. 5o cent.) et, pour 
le second de 60 thalers (220 francs). 
En dehors des cours spéciaux les élèves sont admis à suivre gratuitement les 
cours de dessin, de physique et de chimie. 
L’établissement possède quarante-deux métiers : les élèves doivent y travail 
ler pour s’exercer au montage et à la fabrication. Lorsqu’ils ont fait un projet 
de tissu et prepare les cartons, ils doivent monter complètement, le métier et 
commencer la fabrication. Les matières sont fournies par l’école, mais en gé 
néral ils travaillent peu et le matériel n’est pas convenablement utilisé. 
Cette école qui pourrait recevoir 1 60 élèves n’en avait guère que la moitié 
cette année, savoir : au tissage 45, au dessin 25, en chimie 8, total 79. 
Il y vient quelques élèves de l’étranger et meme de France. 
Les laboratoires sont convenablement organisés et peuvent recevoir à la fois 
de 20 à 3o élèves au moins. Ces élèves s’exercent aux analyses spéciales à leur 
industrie. 
La dépense annuelle de l’école s’élève à 10000 thalers (3y5oo francs) 
environ, et l’excédant de la dépense sur la recette est supportée moitié par l’Etat 
et moitié par la ville. 
11 a été fondé en Prusse deux autres écoles analogues : l’une en 1834 à 
Mülheim, pour la fabrication des tissus de coton et de laine, l’autre à Crefold, 
pour celle des velours. Elles sont établies dans des conditions analogues. 
Observations. —• En général, il ne nous semble pas que ces écoles se recrutent 
d’une manière convenable en élèves, ni quelles utilisent le mieux possible les 
moyens mis si libéralement à leur disposition. La marche suivie à Stuttgard dans 
un établissement analogue nous paraît de beaucoup préférable : prendre pour
        <pb n="128" />
        eleves des jeunes gens intelligents, déjà rompus au travail du métier et aux dé 
tails du montage, sachant passablement dessiner et ayant une première ins 
truction , les perfectionner ensuite à l’école dans l’étude et dans l’application 
des principes, en les faisant réellement travailler pour les rendre aptes à diriger 
ensuite des ateliers : telle est la marche adoptée à Stuttgard, et qui nous pa 
raîtrait la plus rationnelle et la plus profitable aux industries locales. 
Il convient cependant d’ajouter que les succès obtenus à l’école de tissage 
de Mulhouse, où les jeunes gens sont astreints à travailler sérieusement aux 
métiers, prouvent que l’on peut, dans des écoles semblables, donner rapide 
ment à des jeunes gens déjà instruits les connaissances pratiques suffisantes 
pour qu’ils soient en état de devenir directeurs de fabrications. 
écoles de perfectionnement pour les jeunes ouvriers. 
Sous ce titre on désigne des écoles destinées à donner aux ouvriers déjà 
engagés dans les professions le complément d’instruction qui leur est nécessaire. 
L’enseignement a pour objet le perfectionnement dans l’écriture, dans la 
langue allemande, un peu de littérature, les langues française et anglaise, le 
dessin appliqué aux diverses professions, le calcul, la géométrie , des notions de 
physique et de chimie, de mécanique, la géographie, la tenue des livres, des 
notions sur le commerce, sur la technologie, sur l’industrie et sur l’histoire. 
Ces écoles ont pour but de compléter les études des écoles élémentaires et 
des écoles bourgeoises. Les cours y sont répartis par semestres, de manière 
que celui d’un semestre fait suite au précédent. Les élèves s’y font inscrire pour 
les cours dont ils veulent profiter, mais tout élève nouvellement admis est 
obligé de suivre au moins quatre cours. 
A Berlin, les leçons sont données tous les dimanches de huit heures à une 
heure. Dans d autres villes les séances ont lieu le soir ou le matin. 
Les apprentis ne peuvent y être admis qu’a près avoir reçu de la corporation 
dont ils dépendent, ou d’une école du dimanche pour les apprentis, un certificat 
constatant qu’ils possèdent une instruction élémentaire suffisante. 
La rétribution scolaire est de i5 silbergros ou ï if. 85 cent, par trimestre, 
mais les apprentis qui forment la grande masse des élèves ne payent rien. 
Il existe à Berlin trois écoles de ce genre dont les cours sont tenus le dimanche; 
deux dans les bâtiments des écoles réelles et la troisième dans le gymnase 
Frédéric. 
Dans le courant de deux semestres, de Pâques 1863 à Pâques i 86â, le nombre 
des leçons données a été de cent soixante et dix-huit. Le nombre des élèves 
en moyenne de 1200.
        <pb n="129" />
        iÜ 
— 121 — 
Leur répartition par âge a été la suivante dans le semestre d’été. 
DE l 4 À 1 6 ANS. 
588 
DE 17 A 20 ANS. 
485 
DE 2 1 À 24 ANS. 
104 
DE 25 À 3O ANS. 
31 
DE 3o À 4o ANS. 
12 
AO DELA 
de 4o ans. 
Total 1,223 
La dépense totale s’est élevée à i36oq francs. 
Des bibliothèques populaires sont ouvertes aux élèves qui suivent les cours. 
SOCIÉTÉS ÉVANGÉLIQUES D’APPRENTIS. 
Outre les écoles d’enseignement proprement dit, il existe en Prusse, et en 
particulier à Berlin et à Elberfeld, des associations ayant pour but principal 
de maintenir dans les voies morales et religieuses les jeunes ouvriers, en leur 
offrant des moyens d’études et de distractions honnêtes, en même temps que 
des facilités de logement et de nourriture, ainsi que des secours en cas de ma 
ladie. 
Ces sociétés ont des petites bibliothèques, des salles pour des cours de 
lecture, d’écriture, de calcul, de dessin, d’histoire, de chant et pour des expli 
cations de la Bible. Des auberges, dites auberges chrétiennes, peuvent rece 
voir les jeunes ouvriers, avec l’approbation du pasteur de la maison. Les 
heures de lever, de prière, de rentrée, sont réglées. Les prix sont fixés, pour 
le logement, à 20 centimes par nuit, et pour les aliments, d’après un tarif. 
SOCIÉTÉS D’OUVRIERS SOUS LES NOMS D’IIANDVERKERVEREIN , D’ARBEITER VEREIN. 
11 existe en Prusse un très-grand nombre de réunions d’ouvriers déjà en 
gagés dans les professions. 
Les programmes des cours faits dans ces sociétés sont en général determines 
et spéciaux pour les diverses professions. La plupart du temps ils sont relatifs 
à 1 arithmétique, à la géométrie élémentaire, à des notions sur les projections 
et principalement au dessin, dont l’enseignement et les applications sont réglés 
en vue de la profession. 
Les auditeurs sont partagés le plus habituellement en trois ou quatre divi 
sions, comprenant les catégories suivantes : 
i° Construction de bâtiments, maçons, tailleurs de pierres, 
marbriers, 
etc.
        <pb n="130" />
        122 
2° Charpentiers, menuisiers, ébénistes, etc. 
3° Ouvriers en métaux , mécaniciens, serruriers, ferblantiers, tôliers, chau 
dronniers, etc. 
h° Etats divers. 
Les applications de la géométrie et du dessin sont réparties conformément 
à cette division, de façon que chaque élève ait à étudier et à résoudre des 
questions qui se rapportent directement à son métier. 
Des albums de modèles correspondant à ces mêmes divisions sont publiés. 
Habituellement ces cours, destinés spécialement aux ouvriers, sont annexés 
aux écoles industrielles ((jewerbe Schule) et aux écoles réelles dont nous par 
lerons plus loin. 
ÉCOLES INDUSTRIELLES EN PRUSSE. 
Sous ce titre on comprend quelquefois en Allemagne des établissements 
assez distincts et d’ordre réellement différents. Dans le grand-duché de Rade, 
on nomme ainsi des écoles fréquentées le matin par des apprentis (au nombre 
de ooo, à Carlsruhe) et dans lesquelles on s’attache à leur donner une instruc 
tion élémentaire de sciences particulièrement appliquées à leur profession ; 
nous en parlerons plus loin. 
Mais, en général, on désigne, sous le nom d’écoles industrielles, des éta 
blissements où l’on donne un enseignement scientifique, plus élevé que dans 
les écoles bourgeoises et dans les écoles réelles inférieures, dont il sera ques 
tion plus tard. 
Le but habituel des écoles industrielles en Prusse est de former des 
employés pour le commerce, des maîtres et des contre maîtres pour l’industrie, 
et de préparer des candidats pour les instituts polytechniques. 
Les études y durent ordinairement deux années, et l’enseignement religieux 
V a toujours une part convenable. 
La rétribution scolaire y est partout fort modérée, et un très-grand nombre 
d’élèves en sont dispensés : aussi ces établissements sont-ils partout une charge 
assez considérable pour les villes et pour l’Etat qui les soutiennent. 
En Prusse, où elles existent depuis i 820 et où leur nombre s’élève aujour 
d’hui à 2Ô, leur organisation a reçu, par suite de l’expérience acquise, des 
modifications qui les ont amenées è un régime uniforme, qu elles ont du à deux 
ministres aussi éclairés que dévoués aux intérêts industriels de leur patrie, 
M. W. de Beuth et M. de Von der Heydt. 
Nous croyons utile de reproduire ici, presque textuellement, les ordon 
nances et les circulaires relatives à cette organisation régulière qui date
        <pb n="131" />
        — 123 — 
de 185o, mais nous les ferons précéder de la statistique générale de ces éta 
blissements. 
Statistic/ue des écoles industrielles en Prusse. — En i860, il existait dans ce 
royaume s5 écoles industrielles constituées sur les bases développées dans la 
circulaire du 5 juin i85o et réparties, un peu inégalement, ainsi qu’il suit : 
Province Rhénane 
Weslphalienne.... 
Saxonne 
Silésienne 
Prussienne 
de Poméranie. . .. 
de Brandebourg.. 
de Posen 
Total. 
écoles industrielles. 
Ces écoles sont établies dans les villes de Cologne, Kœnigsberg, Dantzig, 
Stettin, Aix-la-Chapelle, Crefold, Elberfeld, Postdam, Halle, Erfurt, Frankfort, 
Coblentz, Munster, Görlitz, Halberstadt, Trêves, Stralsund, Liegnitz, Schweid 
nitz, Iserlohn, Bettefeld, Gradeoz, Saarbruck, Hagen et Bochum. 
Le nombre des professeurs s’élève à 87, et chaque établissement ayant 
3 professeurs titulaires, il s’ensuit qu’il y a en tout 12 professeurs adjoints. 
Ils se partagent les diverses branches de l’enseignement. 
D’après les états fournis au bureau du commerce, il y avait eu, en 1807, 
i 1 76 élèves, et, en 1 858, 1 A 18, ce qui, pour cette dernière année, corres 
pondait à un nombre moyen de 07 élèves par école. 
Lors de notre passage, il y en avait à Elberfeld 70 el à Postdam 66. La 
répartition n’est pas uniforme entre toutes les écoles, et les fréquentations les. 
plus nombreuses ont lieu à Kœnigsberg, Dantzig, h Gradenz et à Trêves. 
Circulaire du 5 juin 1850, du Ministre du commerce, M. Von der Heydt, 
aux Gouverneurs du royaume. 
« Le développement ultérieur des cjewerbe Schulen en Prusse a été 1 objet 
« de plusieurs réunions de conseils, d’après l’avis desquels j ai fait élaborer : 
« 4. Un plan d’organisation des écoles industrielles provinciales; 
a A'. Un règlement pour (établissement des certificats de soi tie, 
a A". Un règlement sur forganisation de l’institut industriel. 
i(5.
        <pb n="132" />
        « Le but de l’institut industriel et des écoles industrielles provinciales est au 
fond le même et ne varie que dans son étendue. 
«Ces deux établissements ont en vue l’instruction théorique pratique. 
«Mais si le but de l’institut industriel (gewerbe Institut) est, comme don- 
« liant l’enseignement technique le plus complet qu’on puisse recevoir en Prusse, 
« de former des techniciens capables de projeter, d’établir et d’organiser des 
«établissements industriels, celui des écoles industrielles (gewerbe Schule. 
«n’est que de former des maîtres ouvriers, charpentiers, maçons, mineurs, 
«brasseurs, tanneurs, distillateurs, teinturiers, contre-maître des fabriques. 
«11 résulte de là que, dans ces dernières écoles, l’application de la science à 
« 1 industrie doit occuper une grande place, car les sciences pures ne sont pour 
«le praticien que d’une faible utilité, attendu qu’il ne peut par lui-même en 
«trouver les applications. 
«Il faut donc, lors de la fondation des nouvelles écoles industrielles 
u(gewerbe Schule) ou de la modification de celles qui existent, s’attacher d’une 
« manière spéciale aux enseignements techniques. 
«Mais, pour que cet enseignement puisse porter ses fruits, il faut que les 
«élèves aient une connaissance approfondie des mathématiques élémentaires, 
«de la chimie et de la physique générale, ainsi qu’une grande habitude du 
«dessin. Aussi, par cela même que le programme est assez restreint, il faut 
« insister sur une parfaite connaissance des matières qu’il renferme, mais il ne 
«devra être permis à aucune des écoles industrielles provinciales de déve- 
«lopper fenseignement des mathématiques au delà de ce qu’indique le 
«plan A. 
«La transformation des écoles industrielles déjà existantes, dans le sens 
«que nous venons d’indiquer, ne pourra pas se faire sans difficultés, non-seu- 
« lernent parce que les professeurs ne seront pas à même de se conformer 
« immédiatement au programme de cet enseignement, mais encore et surtout 
u par suite de l’absence de modèles d’appareils et de locaux. 
«Une mise à exécution complète et immédiate du plan d’études ne peut 
« donc point être obtenue, et il conviendra de prendre en considération les cir- 
« constances locales ; mais, en même temps, on devra regarder ce plan comme 
«b* but qu’il faudra insensiblement atteindre. Le ministère tiendra la main a 
«ce ([ne cette transformation s’opère aussi rapidement que possible, et il 
«demande que toutes les écoles industrielles de province déposent, avant la 
«réouverture des classes, un rapport indiquant jusqu’à quel point la nouvelle 
« organisation peut être adoptée. Le ministère consentira à ce qu’on s’écarte 
« encore du plan d’organisation A, mais il attend des autorités gouverne-
        <pb n="133" />
        125 
«mentales quelles ne prennent, à ce sujet, en considération que les difficultés 
«réelles, et ne se laissent en aucune lacón influencer par les vœux des inté- 
«ressés, sans quoi l’on n arriverait jamais à faire disparaître les grandes dif- 
« férences qui existent aujourd’hui entre ces écoles industrielles, dont beaucoup 
« ne méritent même pas ce nom. 
« Le plan A servira de hase lors de la création de tout établissement nouveau. 
« Dans ces nouvelles conditions beaucoup de ces écoles n’auraient plus les 
«ressources suffisantes; celles qui, par leur bonne organisation et leur impor 
tance, méritent d’être conservées trouveront, je n’en doute pas, un soutien 
«auprès des chambres; mais, comme, d’un autre côté, il est juste que les coin* 
« munes, dans l’intérêt desquelles ces écoles ont été créées, contribuent éga- 
«lemenl aux dépenses, on adoptera pour base les deux principes suivants : 
« i° Dans toutes les écoles industrielles à créer la commune fournira le 
« local et, si les ressources de l’école ne couvrent pas ses dépenses, la commune 
«prendra à sa charge la moitié du déficit et l’Etat l’autre moitié; ce dernier 
« fera les frais de première installation des appareils d’enseignement. 
«2° Les écoles industrielles existantes, dont l’importance ne répond pas 
«aux subventions quelles nécessitent, seront transférées dans d’autres villes où 
« elles paraîtront avoir plus de probabilités de succès. 
&lt; Le règlement A pour les examens de sortie est, sauf quelques légères mo- 
« difications, le résultat d’une conférence des directeurs de ces établissements, 
«convoqués l’année dernière dans ce but. 
« Il est mis en vigueur dès aujourd’hui, sauf à y introduire plus tard les mo 
« difications que l’expérience fera juger convenables. 
«Outre le droit d’admissibilité à 1 institut industriel ((jewerbe Institut) que 
«confère le certificat de maturité, il restera à étudier s’il donnera droit à ne 
«faire qu’une année de service militaire, ou en quoi l’on pourra modifier les 
« examens exigés pour être reconnu maître en constructions. 
«Le nouveau règlement A de l’institut industriel, combiné avec celui des 
«écoles industrielles, permet de supprimer dans l’enseignement de l’institut 
«les mathématiques élémentaires et, si on y répète quelques matières déjà 
«enseignées dans l’école industrielle, c’est que ces matières demandent à être 
« connues et possédées à fond. La modification principale que ce règlement fait 
« subir à l’institut industriel consiste en ce que les élèves mécaniciens, chimistes 
« et constructeurs, auront leurs cours plus distincts, de façon qu’ils pourront cul- 
« tiver avec tout le soin nécessaire leurs études spéciales, tout en acquérant les 
« connaissances accessoires indispensables. » 
Circulaire du 1 er novembre Í859. — «Il n’y a que les certificats de sortie des
        <pb n="134" />
        126 — 
«gymnases, des écoles industrielles de province (gewerbe Schale), des écoles 
«réelles (real Schale), de i re et 2 e classe, qui donnent droit d’admission à l’ins- 
«titut industriel. Les écoles bourgeoises supérieures (höhere Burger Schalen) n’ont 
«pas ce privilège. Il n’y aura pas de préférence quelle que soit l’espèce d’éta- 
« blissements précités d’oii émane le certificat. Les examens d’admissibilité à 
« l’institut industriel sont supprimés pour les jeunes Prussiens, mais non 
« pour les étrangers. » 
Plan pour l’organisation des écoles industrielles de province. 
S 1 er . 
«Toute école industrielle provinciale, complètement organisée, se compose 
«de deux classes d’une année chacune, une classe inférieure et une classe 
« supérieure. 
« La première est destinée principalement à l’enseignement théorique et au 
« dessin ; la deuxième à l’application à l'industrie des connaissances acquises. 
«Une combinaison des écoles industrielles de province et des écoles bour- 
«geoises supérieures, ou des écoles réelles, ne peut exister qu’en tant que 
«certains élèves de ces dernières suivent quelques cours des premières.» 
$ 2. 
CONDITIONS D’ADMISSION À LA CLASSE INFERIEURE. 
« i° Avoir au moins i U ans; 
« 2° Savoir non-seulement lire couramment l’allemand, mais encore se 
«rendre compte, en le lisant, d’un livre â la portée de l’intelligence d un en- 
« tant de l’âge de i A ans ; 
3° «Écrire l’allemand sans fautes grossières d’orthographe, et avoir une écri- 
« ture lisible ; 
« A 0 Savoir calculer couramment avec des nombres entiers et des fractions 
«ordinaires; savoir appliquer ces calculs aux problèmes ordinaires; savoir me- 
« surer des surfaces planes polygonales et celles des corps prismatiques ; 
« 5° Être exercé au dessin. 
«Les jeunes apprentis peuvent, au sortir des écoles élémentaires, se pré- 
ci parer suffisamment par la fréquentation des écoles de perfectionnement. 
«D’autres jeunes gens acquerront à une bonne école communale ou â une 
«école bourgeoise supérieure, ou bien dans un gymnase, jusqu’en quatrième, 
«les connaissances suffisantes. Dans certaines localités, si le besoin s’en fait 
«sentir, on pourra établir une année d’études préparatoires, mais qui restera
        <pb n="135" />
        — 127 — 
« toujours à la charge de la commune et qui ne pourra pas anticiper sur l’en- 
«seignement de l’école industrielle, de façon quelle pourra être utile aux per- 
« sonnes qui ne se destinent pas à cette école. 
S 3. 
«Pour passer de la première classe dans la deuxième de l’école industrielle, 
«les élèves seront soigneusement examinés sur toutes les matières de l’en- 
« seignement, ceux qui ne subissent pas ces épreuves avec succès pourront 
«répéter une fois la première année d’études. Les élèves étrangers à l’école qui, 
«en subissant cet examen, font preuve de connaissances suffisantes, pourront 
«être immédiatement admis à la classe supérieure. 
« Les matières de l’enseignement sont les suivantes : 
«Mathématiques pures, géométrie, planimètrie, trigonométrie plane, sté- 
« réométrie et les éléments de la géométrie descriptive; sections coniques, des- 
«criptions synthétiques de leurs principales propriétés, arpentage. 
«Arithmétique, exercices pratiques et nombreux de calcul; l’algèbre jus- 
« qu’aux équations du deuxième degré, progressions comprises; exercer beau- 
« coup au calcul des logarithmes; application de l’algèbre et de la trigonomé- 
« trie à la solution des problèmes planimétriques et stéréométriqucs. 
«Physique, chimie, principalement la chimie minérale; emploi du chain- 
« mean ; un petit laboratoire est indispensable è ces écoles. 
«Chimie technologique; bien approfondir quelques parties plutôt que de 
« faire de la chimie générale. 
«Minéralogie, mécanique et machines. 
«Pour ces dernières, après l’étude des moteurs, on se préoccupera des be- 
« soins particuliers de l’industrie locale. Une collection de modèles est indis* 
« pensable. 
«Construction. Ce cours se réglera d’après les programmes des examens 
« des ouvriers constructeurs. 
« Dessin et modelage. Dessiner le plus tôt possible d’après des objets en re- 
« lief, composer et modeler. 
«Pour la distribution de cet enseignement on donnera le type général 
«suivant : ~
        <pb n="136" />
        ,,..Vc... 
JUA 3BK 
larjgL 
Si Khi-' 
I 
128 
Semestres 
d’hiver 
et d’été. 
Semestre 
d’hiver. 
Semestre 
d’été. 
CLASSE INFERIEURE. 
Planimétrie 
Algèbre jusqu’aux équations du premier degré inclusivement. 
Calcul pratique 
Physique 
Chimie 
Dessin à main levée 
Dessin linéaire 
Total 
CLASSE SUPERIEURE. 
Suite de l’algèbre. Trigonométrie 
Stéréométrie, géométrie descriptive 
Calcul pratique 
Mécanique et étude de machines 
Travaux chimiques. Répétition de physique et de chimie. 
Minéralogie 
Constructions et devis 
Dessin à main levée 
Dessin linéaire 
Total 
j Suite de la géométrie descriptive. Sections coniques. 
Application de l’algèbre et de la trigonométrie à la solution de 
problèmes planimétriques et stéréométriques, arpentage 
Calculs pratiques sur l’extraction des racines, sur les logarithmes 
et sur les cubatures 
Etude de machines. Technologie mécanique 
Chimie technologique 
Minéralogie 
Constructions et devis 
Dessin à main levée et modelage 
Dessin linéaire 
Total 
HEUIIES 
DE CLASSE 
par semaine. 
35 
36 
36 
«On ne doit pas dépasser trente-six. heures d'enseignement par semaine. 
«Les vacances se régleront suivant les usages locaux. 
$ 6. 
«Afin d’empêcher tous les écarts d’organisation qui ne sont pas commandés
        <pb n="137" />
        — 129 — 
«par des exigences incales, durant le mois d’aoùt de chaque année, chaque 
« école industrielle devra remettre au ministère du commerce le plan d’études 
« quelle se propose d’adopter pour l’année suivante, afin de le faire approuver 
«et d’avoir son avis formel. 
§ 7. 
«S’il existe une école préparatoire, elle devra être placée sous la direction 
« de l’école industrielle provinciale. 
S 8. 
« Une école de perfectionnement pour les ouvriers (handwerker Fortbildung 
u Schule) sera attachée à chaque école industrielle. A cette école on donnera le* 
« soir, dans la semaine et les dimanches, l’instruction aux apprentis et aux com- 
«pagnons. Les professeurs de l’école industrielle sont tenus de professer ;i ces 
«écoles de perfectionenment; on leur tiendra d’ailleurs compte des heures 
« qu’ils y consacreront. 
K 9. 
«Les écoles industrielles, complètement organisées, feront des examens de 
«sortie, qui seront établis d’après un règlement ultérieur. 
«Le droit de procéder à ces examens et de délivrer à la suite des certificats 
« valables ne peut s’obtenir que sur une permission spéciale du ministère du 
«commerce, qui se guidera d’après la valeur des épreuves écrites et des 
« dessins de tout élève de la classe supérieure de l’école industrielle, qui sollici 
te tera ce droit. 
« Pour comparer la force de ces différentes écoles industrielles, il sera 
« nommé un commissaire spécial chargé de diriger les premiers examens dans 
«ces écoles. Il devra s’assurer aussi qu’on n’a pas soigné particulièrement 
« quelques élèves privilégiés aux dépens du reste de la classe. 
« Le procès-verbal d’examen sera remis immédiatement au ministère, qui dé- 
« cidera s’il y a lieu d’accorder le droit de délivrer des certificats. 
$ 10. 
« A chaque école industrielle, complètement organisée, seront attachés trois 
« professeurs ordinaires : 
«Un pour les mathématiques, la mécanique, les études de machines, mé 
canique technologique ; 
«Un pour les sciences naturelles, physique, chimie, minéralogie, chimie 
« technologique ; 
«Un pour le dessin, le modelage et les détails de constructions.
        <pb n="138" />
        «La direction de l’établissement sera dévolue à l’un des deux premiers, les 
« deux autres prendront ensuite rang d’après le nombre de leurs années de 
« service. 
«Les professeurs adjoints, là où il y en aura, seront peu à peu remplacés 
« par des professeurs titulaires. 
5 11. 
« Le titre de professeur de l’école industrielle est accordé après un examen 
« passé devant une commission nommée à cet effet. 
« Le ministre pourra dispenser d’un nouvel examen ceux qui déjà ont été re- 
« connus aptes à un enseignement supérieur. 
S 12. 
«Le directeur d’une école industrielle provinciale aura, en général, seize 
«à dix-huit heures de cours, et chacun des autres professeurs vingt à vingt- 
quatre par semaine. 
«La réunion des deux divisions n’est admise que pour le dessin, quand le 
« nombre total des élèves est moindre de ào, et si une séparation devient néces- 
«saire, on appellera un professeur adjoint à la classe inférieure. 
§ 13. 
« Toutes les nominations doivent être soumises à l’approbation du ministre ; 
«les professeurs adjoints temporaires peuvent être admis par l’autorité gouver- 
« nementale du lieu, mais en en référant aussitôt au ministre. 
§ 14. 
« On a l’intention de régler comme il suit la position des professeurs dans 
«celles des écoles qui ont obtenu le droit de délivrer des certificats, c’est-à-dire 
« dans celles qui présentent des garanties de stabilité. 
« La nomination d’un professeur, qui n’a pas encore fait ses preuves à une 
«autre école, se fait au moyen d’une convention qui peut être rompue par une 
«dénonciation préalable de six mois, par l’une ou par l’autre partie con 
ic tractante. 
«Les professeurs qui, dans cet état provisoire, font preuve de capacité, 
«sont nommés définitivement, mais la nomination définitive ne peut toutefois 
«être prononcée avant trois ans, et devient obligatoire, au plus tard, à la cin- 
«quième année d’essai, si l’on n’a pas cru devoir faire usage du droit de dénon- 
p ciation. 
« Dès qu’une école a obtenu le droit de délivrer aux élèves des certificats de 
«sortie, la nomination des professeurs qui y étaient attachés peut immédia 
tement, avec l’agrément du ministre, être rendue définitive.
        <pb n="139" />
        « Les professeurs définitifs ont les droits et les devoirs de fonctionnaires du 
«Gouvernement. Ils ont droit à la pension et subissent la retenue corres- 
« pondante. Les années de stage sont comptées comme années de service. 
« Les honoraires d'un professeur définitif seront de 5oo thalers ( / 8j5 francs) 
«au moins, ceux des directeurs de 700 thalers [262Ò francs) au moins, par an. 
§ 15. 
« Dans les écoles industrielles provinciales qui n’auront pas acquis le droit de 
« donner des certificats de sortie, la désignation des professeurs se fera par con- 
«trat, avec dénonciation préalable de six mois, de l’une ou de l’autre part. 
S 16. 
«L’autorité gouvernementale nomme, pour la direction des intérêts exté- 
« rieurs de chaque école industrielle, un comité composé de cinq membres, 
« dont le directeur fait partie de droit. 
«Berlin, 5 juin i85o. 
«Signé VON DER HEYDT.» 
Règlements des examens de sortie des écoles industrielles provinciales. 
(5 juin i85o ) 
« Le but des examens est : 
« i° De vérifier si les élèves sortant ont le degré d instruction nécessaire pour 
« suivre utilement la carrière industrielle. 
« 2 0 D’indiquer aux élèves une direction immédiate à suivre ; 
3°De mettre les élèves qui ont avantageusement satisfait aux examens à même 
«d’entrer dans l’institut industriel (geiverbe Institut) de Berlin, s’ils remplissent 
«les autres conditions nécessaires. 
S 2. 
« L autorisation du ministre est nécessaire pour qu’une école puisse établir des 
« examens de sortie. 
S3. 
« Ont droit de concourir à ces examens : 
« i° Les élèves qui ont suivi pendant une année au moins les éludes de la 
« première classe: 
« 2 0 Les autres jeunes gens qui, en dehors de ces écoles, croient avoir atteint 
«le degré d’instruction nécessaire.
        <pb n="140" />
        « Le candidat qui se présente donne un aperçu de l’emploi antérieur de son 
&lt;• temps. 
« Les candidats étrangers à l’école doivent présenter un certificat de l’école 
« d’où ils sortent et des dessins. Le directeur engage à ne pas se présenter ceux 
«qui lui paraissent trop faibles, mais ne peut les empêcher de subir les chances 
« de l’examen. 
S 5. 
« Les examens sont faits par une commission nommée à cet eilet et composée : 
«i° D’un commissaire du Gouvernement. 
« 5° D’un membre des autorités locales préposées aux écoles. 
« 3° Du directeur de l’école industrielle et des autres professeurs de l’école 
« enseignant en première classe. 
S 6. 
«Le directeur prend les mesures nécessaires pour les épreuves écrites, le 
commissaire du Gouvernement préside et dirige l’examen oral. 
§ 7. 
« Les certificats sont signés par tous les membres de la commission; ils por 
te lent les qualifications avec distinction, — bien, — suffisant on insuffisant ;— cette 
«dernière note exclut du droit à un certificat de maturité. 
* 16. 
« L’aptitude du candidat est mise aux voix. Le vote du commissaire du Gou- 
« vernein eut décide eneas de partage : seul il a le droit d’annexer un vote séparé 
«au procès-verbal et, dans ce cas, le ministère du commerce décide. 
* 18. 
( Modèle de certificat) Certificat de maturité (ou de non-maturité). 
Pour né le à 
à fréquente l’école depuis.. . 
« I. Conduite. 
,11. Dispositions et zèle. 
« III. Connaissances en : 
« Calcul ordinaire , 
# Algèbre, 
« Géométrie, 
« Physique, 
« Langue allemande, 
religion fils de domicilié 
. et la première classe depuis 
« En chimie et chimie technologique, 
« Minéralogie, 
« Mécaniques et machines, 
« Projections. 
« Constructions. 
«IV. Habileté dans le dessin linéaire, le 
«dessin à main levée, le modelage. 
« Le certificat porte aussi le détail des mentions obtenues par l’élève pour
        <pb n="141" />
        J 
— 133 — 
« chaque branche, et permet toujours de juger de ses aptitudes spéciales, et même, 
«s’il a encore d’autres connaissances, on peut les constater dans un cinquième 
« article. 
S 20. 
« Quant aux candidats qui n’ont pas mérité le certificat de maturité, on ne leur 
« délivre qu’un certificat de non-maturité, détaillé de même sur leur demande 
« expresse. 
$21. 
«Les certificats d’examen doivent être délivrés dans la quinzaine, les pièces 
« de l’examen sont envoyées au ministère, d’où elles retournent avec les obser- 
«vations nécessaires à la direction de l’école, pour être conservées dans les ar- 
« chives. 
$ 22. 
«Toute personne étrangère à l’école est tenue de payer 5 thalers pour 
«avoirle droit de se faire examiner 
5 juin i 85o. 
«VON DE K HEYDT. » 
Observations. — L’on voit parces règlements et par les programmes des éludes 
suivies dans les écoles industrielles qu elles ont une grande analogie avec l’en 
seignement théorique de nos écoles d’arts et métiers, quoiqu’elles le donnent á 
un degre peut-être un peu plus élevé sous certains rapports. Mais elles ne com 
prennent aucun enseignement pratique d’atelier. 
Les vingt-cinq écoles industrielles de Prusse ne comptant qu’environ 
i/ioo élèves, faisant deux années d’études, elles livrent par an environ 700 
sujets préparés, au point de vue théorique seulement, aux travaux de l’indus 
trie. Nos trois écoles d’arts et métiers avec leurs trois années d’études théori 
ques et de travaux d’ateliers en fournissent 3oo, plus aptes à entrer immé 
diatement dans la vie pratique, mais ayant peut-être des connaissances, théori 
ques moins complètes et moins générales. 
Statistique des écoles industrielles en Prusse.— Le tableau suivant, qui fait con 
naître les dépenses, les traitements des professeurs et le nombre des élèves des 
vingt-cinq écoles industrielles fondées dans le royaume de Prusse, contient des 
renseignements que nous croyons utile de consigner ici.
        <pb n="142" />
        Tableau donnant les recettes, les honoraires des professeur* e? ^ nombre d’élèves aux écoles industrielles de Prusse. 
d’ordre. 
6 
7 
8 
9 
10 
11 
12 
13 
14 
15 
16 
17 
18 
19 
20 
21 
22 
23 
24 
25 
LOCALITES. 
Kœnisberg. 
Dantzig. . . 
Gradenz.. . 
Stettin. . . . 
Stralsund. 
Schweidnidz ... 
Liegnitz 
Gœrlitz 
Postdam 
Francfort 
Halberstadt. . . . 
Halle 
Erfurt 
Munster....... 
Bi el fel d 
Hagen 
Iseriobn 
Bochum 
Coblentz 
Crefeld 
Elberfeld 
Gologne 
Trêves 
Saarbrücken . . , 
Aix-la-Chapelle 
Totaux 
SOMMES 
RECETTES. 
th. 
2316 
2664 
1557 
3097 
3868 
2182 
2740 
2306 
3104 
2430 
2660 
2405 
1255 
2409 
2320 
2723 
2851 
2429 
2747 
2196 
3022 
5467 
2298 
4156 
3813 
70 015 
PROVENANCE DES RECETTES. 
BUTIONS 
scolaires. 
th. 
396 
480 
136 
658 
776 
472 
933 
530 
1024 
825 
834 
648 
280 
600 
800 
1400 
700 
448 
720 
1070 
720 
1900 
440 
750 
879 
18419 
th. 
120 
34 
33 
52 
22 
647 
42 
40 
93 
50 
45 
15 
79 
110 
54 
21 
29 
47 
36 
126 
77 
48 
36 
62 
I 918 
SUBVENTIONS 
du 
Gouverne- 
tli. 
900 
1075 
977 
1203 
1151 
844 
580 
867 
1020 
756 
a 
856 
490 
825 
455 
828 
1065 
876 
990 
1045 
1088 
1745 
905 
1685 
1436 
23 662 
APPOI 
NT6_J[ e NTS. 
communes. 
du 
DIRECTEUR. 
th. 
900 
1075 
444 
1203 
1889 
844 
580 
867 
1020 
756 
1776 
856 
470 
905 
955 
441 
1065 
1076 
990 
1045 
1088 
1745 
905 
1685 
1436 
26 016 
th. 
900 
1000 
200 
700 
1000 
800 
800 
800 
900 
800 
900 
800 
180 
700 
800 
800 
800 
800 
900 
1000 
900 
1200 
300 
1000 
1000 
du 1 er 
PRO 
FESSEUR. 
th. 
500 
700 
500 
600 
550 
206 
500 
600 
700 
750 
600 
650 
600 
600 
500 
600 
600 
600 
600 
600 
700 
700 
900 
550 
780 
700 
du » 
PRO 
FESSES 5 
50Û 
600 
500 
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th. 
200 
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700 
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600 
550 
FESSEUR 
adjoint. 
900 
455 
h 
300 
300 
283 
a 
il 
400 
il 
250 
il 
h 
1,030 
h 
400 
350 
NOMBRE D’ELEVES. 
13 
23 
10 
17 
15 
21 
25 
10 
16 
25 
20 
17 
18 
5 
23 
27 
8 
12 
20 
17 
17 
32 
5 
15 
12 
423 
11 
26 
11 
31 
43 
31 
28 
18 
26 
21 
22 
35 
19 
12 
19 
10 
7 
30 
33 
40 
20 
76 
7 
21 
25 
631 
1054 
Prépa- 
II 
II 
28 
83 
a 
14 
Inconnu. 
' 33 
63 
il 
15 
29 
273 
24 
49 
21 
76 
141 
52 
61 
28 
42 
46 
42 
52 
37 
17 
42 
46 
29 
42 
53 
57 
70 
171 
12 
51 
66 
1327 
OBSERVATIONS. 
L’école préparatoire fait partie de l’école. Les recettes et les dépenses sont communes 
pour les deux, et par conséquent contenues dans la première colonne. 
L'école préparatoire est entretenue aux frais de la commune, et les recettes et dépenses 
figurent dans la colonne des subventions communales (1). 
Comme n* h■ 
Comme n° 4. 
L’école préparatoire est une institution de la commune. 
Comme n® 4. 
Comme n® t\. 
Comme n® 4 • 
(,) D’après l’observation, l’État ne paye rie. pour le, 83 élève, de l’école de Str.l- 
'lï nombro de expon, lesquels il accorde de, subvention..’«, donc que de 
'%^m^ilk5tent de ,366a thalers, la dépense par élève est en moyenne 
de 10 thalers ou 7a francs.
        <pb n="143" />
        L’on voit en résumé parce tableau que les dépenses pour les écoles indus 
trielles de Prusse, au nombre de vingt-cinq, s’élèvent à la somme totale de 
70016 thalers ou 262562 francs. 
Les subventions de l’Etal y contribuent pour 20662 thalers. 
Les villes 26016 
La rétribution scolaire 18419 
Les intérêts des fondations ! 918 
70015 thalers. 
Le nombre total des élèves étant de 1 3 2 7, la dépense par élève est de 5% tha 
lers ou 195 francs, non compris le loyer du bâtiment et le mobilier que les 
villes fournissent; sur cette somme l’État, parses subventions, contribue à peu 
près pour un tiers et la rétribution scolaire pour un quart. 
Ces dépenses pour un enseignement d’un ordre aussi inférieur, quoique utile, 
donné â des élèves externes, nous semblent excessives et hors de proportion 
avec les résultats obtenus. La raison en est facile à trouver dans le petit nombre 
des élèves de la plupart des écoles, dont certaines n’ont que 12, 17, 21, 24, 
29 élèves, et au moins deux professeurs avec un matériel suffisant pour un 
nombre beaucoup plus grand. Aussi à Stralsund, où le nombre des élèves est de 
1 4 ï , la dépense n’est que de 3868 thalers ou de 27, 4 thalers, soit 101 fr. 
75 cent, par élève, et à Cologne où il y a 171 élèves la dépense totale s’élève 
à 5467 thalers, ce qui revient à 3 1, 97 thalers ou 1 20 francs par élève , sommes 
encore fort élevées, mais cependant bien inférieures à la moyenne. 
Cette comparaison des dépenses au nombre des élèves montre que, dans son 
désir de répandre I instruction dans la classe ouvrière, le Gouvernement prus 
sien a devancé les besoins présents. Nous en verrons d’autres exemples; sans 
doute il en recueillera les fruits plus tard, mais peut-être eut-il mieux valu pro 
céder plus lentement dans cette voie de progrès, où le succès des établissements 
d’instruction dépend beaucoup du nombre des élèves, qui doit être assez grand 
pour stimuler l’émulation et soutenir le zèle des professeurs. 
ACADÉMIE D’ARCHITECTE LE. 
Sous ce titre il existe à Berlin une école où l’on forme : 
i° Des conducteurs de travaux pour le service de l’Etat ou des villes; 
2 0 Des architectes ou des ingénieurs civils admis au service du Gouverne 
ment ou des communes; 
3° Des architectes pour les constructions privées.
        <pb n="144" />
        L’enseignement est réparti en quatre semestres ou deux années et pour y 
être admis il faut produire un certificat satisfaisant d’études suivies dans un gym 
nase ou dans une école réelle. 
De plus les candidats au titre d’architecte pour les constructions privées 
(privat Baumeister) doivent avoir obtenu la maîtrise prescrite pour l’une des 
professions de maçon, de tailleur de pierres, de charpentier, après trois ans d’ap 
prentissage pratique. 
Pour se préparer à devenir architecte en titre pour les travaux du Gouverne 
ment (Baumeister) il faut, outre le certificat de maturité d’études dans un gym 
nase ou dans une école réelle, avoir une année de pratique sur des chantiers 
de construction, avoir fait dés nivellements et des métrages et présenter des 
dessins. 
Quant aux conducteurs, ils sont envoyés par le Gouvernement et destinés à 
son service. 
Tout élève entrant paye 10 thalers (37 fr. 5o cent.) de frais d’immatricula 
tion et il reçoit une feuille sur laquelle sont inscrits les cours qu’il doit suivre 
et pour chacun desquels il doit payer 0,76 thaler (2 fr. 60 cent.) par semestre. 
Le nombre des cours à suivre n’étant guère inférieur à dix cela revient à une 
rétribution scolaire annuelle d’environ 56 francs. 
L’école a 2 3 professeurs ordinaires et 6 adjoints; parmi les premiers profes 
seurs il n’y en a que 5 qui soient titulaires. Ils sont payés ;i raison de 2 thalers 
(7 fr. 5o cent.) par leçon d’une heure, s’ils donnent 12 heures par semaine 
pendant dix mois ou 120 heures; cela revient à 900 francs par an. Les autres 
professeurs ordinaires ne reçoivent que 1 thaler 33 ou 5 francs par leçon, et 
les professeurs adjoints 1 thaler ou 3 fr. 76 cent. Ces traitements paraissent 
bien insuffisants. 
Dans l’hiver 1 863-64 l’académie avait : 
51/4 élèves inscrits pour le service de l’Etal. 
34 élèves inscrits pour architectes privés. 
55 élèves inscrits étrangers, 
69 élèves auditeurs libres. 
Totai 472 
Les dépenses se sont élevées, en 186/1, à 26975 thalers pour 472 élèves 
soit 55 thalers ou 206 francs par élève. 
La rétribution scolaire a produit 1 i5oo thalers ou o,44 de la dépense. Le 
Gouvernement a donné 85oo thalers ou environ o.33.
        <pb n="145" />
        Le surplus a été fourni par des ressources diverses. 
Les matières de l’enseignement sont réparties ainsi quit suit : 
l re ANNÉE. 
Eléments de la construction, dessins et exercices; projections, applications 
à la coupe des pierres, aux voûtes, détermination des ombres, perspective, ar 
chitecture ancienne. 
Dispositions des bâtiments simples. 
Constructions rurales, projets. 
Connaissance des matériaux, leurs prix. 
Dessin d’ornement, 
Constructions hydrauliques, de chaussées, de chemins de fer. 
Mathématiques pures. 
Mathématiques appliquées, mécanique, levers de plans. 
Sciences naturelles, notions de physique et de chimie appliquées aux cons 
tructions. 
2 e ANNÉE. 
Construction, architecture, grands bâtiments avec appareils de chauffage. 
Histoire de l’architecture. 
Principaux genres de bâtiments privés ou publics. 
Projets, ornements et décorations; dessins à main levée. 
Projets de constructions hydrauliques, de chemins de fer, d’établissements 
de machines. 
Géodésie supérieure. 
Télégraphie. 
Mathématiques transcendantes (calcul différentiel et intégral), calcul des 
probabilités, dynamique analytique appliquée à la résistance des matériaux. 
L’examen de ces programmes, bien coordonnés, montre qu’après une pre 
mière année d’études les élèves peuvent avoir acquis les connaissances qui 
leur permettent d’entreprendre des constructions de second ordre. 
Le cours de la seconde année nous paraît, pour des architectes, inutilement 
chargé d’un enseignement de mathématiques transcendantes, attendu que tout 
ce qui concerne la résistance des matériaux et la partie de la mécanique qu’il 
leur est utile de connaître peut s’enseigner élémentairement. Il paraît d’ailleurs 
évident que la connaissance du calcul des probabilités est complètement inu 
tile à des architectes. 
A la sortie de l’académie, les élèves sont admis à subir des examens pour 
obtenir le diplôme de la carrière à laquelle ils se destinent.
        <pb n="146" />
        — i 39 — 
Le candidat au titre d’architecte public (Baumeister) doit d’abord justiher de 
deux années de travail sous la direction d’un architecte, et donner un aperçu de 
l’ernploi de ce temps. 
Il fait ensuite, en cellule, un projet de construction architecturale, pour 
lequel il lui est accordé une semaine. 
Si ces premières épreuves sont satisfaisantes, il est admis à passer l’examen, 
qui dure deux à trois jours, sur toutes les matières de l’enseignement des deux 
années. 
Le certificat délivré à la suite de cet examen indique la partie de l’art des 
constructions à laquelle se destine le candidat. 
Pour obtenir le titre d’architecte privé (privat Baumeister), il laut être maitn 
dans l’une des professions de maçon, de charpentier ou de tailleur de pierres, 
et justifier de trois années d’études préliminaires. 
On doit rédiger un projet pour lequel on accorde huit jours. 
On subit ensuite l’examen, qui dure deux jours, sur toutes les matières de 
l’enseignement. 
Quant aux conducteurs, ils ne sont pas soumis à des examens : on se contente 
d’apprécier la manière dont ils ont suivi les études. Ils sont assermentés. 
Un concours annuel et facultatif est ouvert chaque année entre les élèves, 
et assure à l’auteur des meilleurs projets une subvention d’environ 2000 fr. 
pour un voyage à l’étranger. Nous avons vu l’exposition de ces travaux de con 
cours et nous y avons remarqué un grand nombre de projets fort bien étudiés 
dans leur ensemble et dans leurs détails. 
En résumé, l’enseignement de cette école nous parait organisé avec beaucoup 
de méthode, il initie les élèves à tous les détails de la construction, en même 
temps qu’aux principes de l’art, et ne se borne pas à former des décorateurs. 
ACADÉMIE DES MINES (BERG AKADEMIE). 
Cette académie, fondée en 1 86 1, a pour but de donner aux jeunes gens qui 
se destinent au service public des mines, ou à l’industrie métallurgique, les con 
naissances de sciences appliquées ou techniques qui leur sont nécessaires. Les le 
çons théoriques de ces sciences sont données à ces élèves à J université de Berlin. 
Les élèves des mines qui veulent entrer au service de 1 Etat ont trois grades 
à acquérir par des examens. Le premier, qui se donne à la sortie de 1 école, est 
celui d'élève des mines. Le second, qui ne peut être acquis qnapiès deux ans de 
pratique dans les exploitations, conduit au titre de référendaire des mines. Le troi 
sième, pour lequel on ne peut se présenter qu apres deux années de travaux 
d administration chez un ingénieur en chef, donne le titre d assesseur des mines. 
,8.
        <pb n="147" />
        La rétribution scolaire est calculée à raison d’un thaler et demi (5 fr. tío c.) 
pour une heure de cours suivi par semaine. Ainsi, un élève qui suit un cours 
pour lequel il y a six heures de leçons par semaine, paye 9 thalers ou 33 fr. 
y5 cent par semestre. 
Pour les manipulations du laboratoire, on paye en outre 20 thalers ou 
y5 francs par semestre, et de plus 10 thalers ou 3y fr. 5o cent, pour faire 
les essais docimasiques. 
Le nombre des élèves varie de 3o à /10, et la dépense totale de l’établis 
sement s’élève à 1 2000 thalers ou 45ooo francs-, ce qui revient à 1 i 2Ò francs 
par élève, chiffre fort élevé pour un enseignement donné à des externes. Ce 
qui n’est pas couvert par le montant de la rétribution scolaire est supporté par 
l’Etat, qui a fourni le bâtiment et tout le matériel, ainsi que les collections. 
L’on admet aux cours des auditeurs libres qui, de même que les élèves ré 
guliers, se font inscrire pour les cours qu’ils désirent suivre. 
11 y a en tout neuf professeurs , dont trois sont spécialement attachés â l’école 
et reçoivent 1000 thalers ou 3y5o francs par an. Le directeur a le même 
traitement. Les autres professeurs sont attachés à l’université et viennent donner 
des leçons à l’académie. 
Les laboratoires sont très-bien et très-complètement organisés. Il y en a un 
pour les essais par la voie humide et un pour les épreuves par la voie sèche. 
Les réactifs chers ne sont délivrés que par le professeur; les autres sont â la dis 
position des élèves. 
Les collections géologiques et minéralogiques sont très-belles, très-com 
plètes. On s’occupe d’en achever la classification. Elles sont mises en partie à 
la disposition des élèves pour leurs études. 
Un règlement, en date du 21 décembre i8tí3, signe par M. le comte 
d’itzemplitz, ministre du commerce, détermine toutes les conditions d admis 
sibilité et de sortie relatives aux élèves et aux examens, ainsi que celles de 
l’enseignement. Nous croyons utile de les reproduire en grande partie. 
ACADÉMIE DES MINES. 
Cette académie a pour but de permettre aux jeunes gens qui se destinent 
à la métallurgie, à l’exploitation des mines, des salines, d’acquérir les connais 
sances spéciales nécessaires à ces industries. 
Elle dépend du ministère du commerce et les fonctions relatives a la comp 
tabilité sont remplies par des employés de ce ministère. Le Roi nomme le 
directeur ainsi qu’un conseil de cinq membres. 
Le ministre nomme les principaux professeurs sur la proposition du directe m .
        <pb n="148" />
        Les cours durent chaque année du 10 octobre au i5 août, avec trois se 
maines de vacances à Pâques. 
Lne partie des cours est privée et l’autre est publique et gratuite. 
Aux cours privés sont admis : i° les élèves qui se destinent aux mines, aux 
salines ou a la métallurgie, 2° les élèves inscrits de 1 université de Frédéric- 
Guillaume ; 3" les élèves inscrits de l’institut polytechnique. 
lies élèves désignent eux-mêmes les cours qu’ils ont l’intention de suivre 
et payent, pour chaque cours, une rétribution fixée à i 1/2 thaler ou 5 fr. 
fio cent, par leçon hebdomadaire et par semestre. 
Les matières de l’enseignement sont les suivantes: 
«° Exploitation des mines; 
o.° des salines ; 
3° métallurgique en général ; 
-V’ métallurgique du 1er ; 
5° Mécanique ; 
6° Etude des machines ; 
7 0 Levers de plans; 
8’ Dessin; —-projections; — détermination des ombres; 
9 Répétitions et conférences sur la minéralogie et la géognosie ; 
1 °' Répétitions et conférences sur les sciences mathématiques; 
ï 1 Analyse chimique générale; travaux au laboratoire; 
12 ' Essais par la voie sèche et par la voie humide; théorie et pratique des 
essais. 
Les cours sont répartis entre huit heures du matin et sept heures du soir 
en hiver. 
Conditions d’admission aux emplois : l u de directeur ou de membre technique aux 
emplois supérieurs des mines; 3° de préposé au district des mines. Pour arriver à ces 
positions, il faut passer des examens, mais ou y admettra de préférence ceux 
qui auront fait leurs études d’après les indications suivantes : 
$ 2. 11 y a trois examens : i° celui des élèves; 2 0 celui des référendaires; 
3° celui des assesseurs. 
§ 3. Pour se présenter aux examens pour l’un de ces grades, il faut avoir 
d’abord le certificat de maturité d’un gymnase ou d’une école réelle de premier 
ordre. 
$ 4. En se présentant , il faut indiquer à quelle spécialité ou se destine plus 
particulièrement. 
Durée et marche de l'enseignement. — L’enseignement est subdivisé :
        <pb n="149" />
        14-2 
i 0 En apprentissage des travaux par l’exercice manuel; 
2° Apprentissage théorique; 
3° Enseignement technique et pratique. 
L’apprentissage pratique dure au moins une année. L ingénieur des mines 
(Ober-bercjamt) désigne les lieux oii l’élève devra travailler. 
L’apprentissage théorique s’acquiert par des études de trois ans. Celles de la 
dernière année doivent être laites à l’académie des mines de Berlin ; celles des 
deux autres peuvent être suivies à l’académie des mines de Freyberg ou bien 
à l’école des mines de Clausthal. 
Sil. Examen de l’élève. — L’apprentissage théorique terminé, les élèves 
passent devant une commission nommée par le ministre du commerce, à la 
quelle ils produisent les pièces justificatives exigées, un examen oral roulant : 
i° Sur les sciences, savoir : la minéralogie, la géognosie; 2° la chimie miné 
rale et l’analyse chimique; 3° la physique; l\° les mathématiques jusqu’à l’ap 
plication de l’algèbre à la géométrie inclusivement, la mécanique, le mou 
vement des liquides et des gaz; 
2° Sur les sciences appliquées à l’exploitation des mines, des salines, à la 
métallurgie, au lever de plans, aux essais, aux machines; 
3° Sur les connaissances générales, savoir : l’encyclopédie du droit, le droit 
romain, le droit rural et des mines en Prusse; l’économie nationale, le ser 
vice des finances, la statistique commerciale et industrielle, et la technologie. 
Si l’aspirant réussit, il est nommé élève des mines (bercj-Eleve), sinon il est 
ajourné au semestre suivant, et s’il ne réussit pas à cette seconde épreuve, il 
est rayé des cadres. 
Examen de référendaire. — L’instruction ultérieure se divise en deux parties, 
l’une technique, l’autre comprenant la pratique des affaires. 
i° Pour les mines, l’instruction technique comprend l’exécution de tous les 
travaux qui se présentent dans l’exploitation des mines et le lever des plans; 
2° Pour la métallurgie, outre le travail des exploitations métallurgiques pro 
prement dites, le charbonnage, la fabrication du coke, le moulage, la fusion, 
les constructions en matériaux réfractaires, le grillage des minerais; 
3° Pour les salines, l’exécution des travaux relatifs aux chaudières, aux ap 
pareils d’évaporation, les sondages, le foncement des puits, le cuvelage, les 
constructions hydrauliques. On pourra compter comme occupation pratique 
trois mois passés dans une fabrique de produits chimiques. 
/ Il faut que l’élève ait passé au moins deux ans dans une exploitation, et le 
fasse constater par l’ingénieur du Gouvernement du ressort;
        <pb n="150" />
        — 143 — 
4° Une année doit être consacrée en outre à l’instruction administrative. 
Cette année sera employée dans les bureaux, notamment : i° à la compta 
bilité et à la chancellerie des mines; 2° à la tenue des livres relatifs aux dé 
penses et à la production ; 3° à la révision des comptes ; 4° au bureau d’un 
(berg - Beamten) ingénieur de district. 
Les élèves doivent se familiariser avec cette branche de leur service, lire 
attentivement les actes, copier les livres et en faire des doubles. 
Us sont toujours tenus de rendre compte deux fois par an, en juin et en dé 
cembre, à l’Ober-bergamt, du lieu de leur séjour et de leurs occupations. 
Us font constater ces occupations par des certificats, et tiennent en outre un 
journal qu’ils reproduisent en se présentant à l’examen pour le grade de réfé 
rendaire. En même temps, ils sont obligés de prouver qu’ils sont élèves et 
qu’ils ont satisfait au service militaire, ou bien qu’ils en sont exempts. 
En outre, en se présentant comme candidats référendaires, ils doivent pro 
duire le dessin d’une machine, un plan topographique avec nivellement, un 
plan de mines et enfin divers dessins prouvant qu’ils savent dessiner et déter 
miner les ombres. 
Comme épreuves écrites, ils doivent : i° sur des données fournies par 1 in 
génieur du district, projeter un plan d’exploitation de mines ou discuter un 
plan déjà établi ; 2° donner la description théorique et pratique des procédés 
d’une usine métallurgique, avec discussion des résultats économiques ; 3° la 
description d’une saline; 4° la description géologique d’une contrée; 5° une 
analyse des matières premières, des produits et des déchets ; 6° la description 
et le calcul d’une machine d’exploitation ; y 0 traiter une question intéressant 
l’administration ou l’économie des mines. 
Ces travaux doivent être faits et remis à l’ingénieur du district, dans le délai 
de six mois, avec serment qu’on ne s’est fait aider par personne. 
Ces épreuves écrites sont examinées et, suivant le jugement qui en est porté, 
le candidat est admis à l’examen oral, destiné à vérifier s’il possède bien les 
connaissances demandées et dont il a été question plus haut. 
A la sortie de ces épreuves, le candidat est nommé référendaire, s’il y a sa 
tisfait, ou il est ajourné à un deuxième examen. Une épreuve manquée ne peut 
être répétée qu’une fois. 
Examen de berg-Assessor. —Un référendaire qui se présente pour le grade de 
berg-Assessor est tenu de travailler auparavant deux ans chez 1 ingénieur du dis 
trict et de s’initier complètement à tous les travaux de 1 administration. 
Les examinateurs sont nommés par le ministre du commerce. Le candidat
        <pb n="151" />
        doit traiter un sujet d’économie politique, un sujet technique, et faire un rap 
port sur une question compliquée d’administration. L’examen oral roule 
surtout sur les questions de haute administration, sur la propriété du sol et des 
mines; sur les sociétés minières, sur les hypothèques, sur la surveillance, sur la 
police minière, sur l’impôt sur les mines, etc. 
Pour chacun de ces examens on paye 10 thalers (3y fr. 5o cent.). Ces 
prescriptions du 20 mai 1 863 sont destinées à remplacer celles du 3 mars 1 856, 
du 9 novembre i85q et du 2 février 1861. 
ÉCOLE DE DESSIN INDUSTRIEL (MUSTER ZEICHNEN SCHULE). 
Cette école, quoique séparée de l’institut polytechnique et ayant un direc 
teur spécial, est regardée comme une annexe de cet institut. Elle a cependant 
pour but très-distinct de former des dessinateurs et des compositeurs pour les 
industries du tissage en soie, en laine ou en coton, pour les impressions de 
toiles peintes et pour les papiers peints ; et, à ce titre, elle se rapproche beau 
coup plus des écoles de tissage (webe Schule) proprement dites. Outre le dessin, 
ou y enseigne encore la théorie et la pratique du tissage dans tous leurs détails; 
l’école possède à cet elfet 8 à 1 o métiers. 
La méthode d’enseignement du dessin, qui y est suivie, est celle de feu 
M. Dupuis, laquelle consiste, comme on sait, à n’exercer les élèves, dès le 
commencement, que d’après des modèles en relief gradués, depuis les plus 
simples jusqu’aux plus beaux, qui sont empruntés à l’antiquité, et enfin d’après 
la nature elle-même. Les résultats de cet enseignement sont vraiment remar 
quables pour tous les genres d’industrie auxquels ils se rattachent, mais mal 
heureusement les élèves qu’il forme ne trouvent pas à utiliser dans le pays le 
talent qu’ils ont pu acquérir, et la plupart sont conduits à s’expatrier. Aussi, 
l’école, d’abord florissante, et qui comptait à l’origine 4o à 5o élèves, n’en 
a-1-elle plus que 6 ou 8 et parle-t-on de la supprimer. 
Ce résultat regrettable peut être attribué à deux causes. La première, c’est 
que 1 industrie de la Prusse trouve, dans le bon marché de la main-d’œuvre et 
dans la facilité avec laquelle les modes et les modèles venus de France sont 
acceptés par le public, des motifs suffisants pour se contenter des moyens plus 
ou moins imparfaits dont elle dispose. La seconde, plus rationnelle peut-être, 
c’est que l’Allemagne n’ayant pas, pour les inventions et pour les marques de 
fabrique, de loi protectrice applicable à toute l’étendue du Zollverein, tout 
dessin nouveau, original, fait en Prusse, peut être immédiatement reproduit 
dans les autres Etats. 
Ces conditions pourraient peut-être bien changer, si les traités de commerce
        <pb n="152" />
        '9 
— 145 — 
projetés en Ire la France et le Zollverein étaient enfin étendus à toute l’Alle 
magne et si la législaiton industrielle était modifiée; mais, d’ici-là, l’école de 
dessin industriel de Berlin sera probablement supprimée. 
De semblables écoles pouvant cependant réussir dans d’autres conditions, 
nous pensons qu'il ne sera pas inutile de faire connaître le règlement qui fixe 
les conditions de l’enseignement dans cette école, entièrement à la charge de 
I Etat, et à laquelle un budget de 10000 thalers (3y5oo francs) par an est ac 
cordé, outre le bâtiment, par le ministère du commerce. 
Règlement pour l’école de dessin industriel. — L’enseignement est donné en 
deux années. 
Dans la première, qui se rapporte à la deuxième classe, on consacre par 
semaine : 
ik heures au dessin d’après des modèles en relief ; 
6 heures à des notions de physique et de chimie spéciales au but de l’école; 
6 heures à l’étude descriptive et au montage des métiers; 
A heures au dessin industriel. 
Dans la deuxième année ou dans la première classe, on emploie par semaine : 
36 heures à la composition et à l’exécution de dessins pour impressions et 
tissus ; 
16 heures au montage des métiers de tissage pour piqué, velours, exercices 
de tissage ; 
8 heures à la décomposition et à la mise en carte des tissus. 
Conditions d’admission. —• Pour être admis à l’école, il faut être âgé de 
i 4 ans au moins et avoir été confirmé ou avoir fait sa première communion. 
Savoir lire l’allemand imprimé, soit en lettres gothiques, soit en lettres la 
tines, et rendre compte du contenu d’un livre à la portée de son intelligence; 
Calculer avec des nombres entiers et fractionnaires, et les appliquer aux pro 
blèmes ordinaires; 
Ecrire l’allemand sans fautes grossières d’orthographe ; 
Connaître les principes du dessin au crayon ; 
La rétribution scolaire et de ï 2 thalers ou 65 francs par semestre. 
Le but de l’école est de former des dessinateurs qui, après avoir suivi le cours 
complet d’études, puissent servir de dessinateurs dans les fabriques ou sachent 
diriger des ateliers de dessin. 
On y enseigne le dessin pour les papiers peints, pour les toiles cirées, pour 
I impression sur soie, sur coton, sur laine et sur fil ; pour le tissage d’étoiles et
        <pb n="153" />
        146 — 
de rubans; pour les meubles, pour les tapis, pour la broderie et pour la 
dentelle. 
L’école est placée sous la direction spéciale d’un professeur technique et du 
directeur de l’institut polytechnique. 
Il y a deux années d’études; les cours d’impression sur étoffes, de coloris et du 
montage de métiers à tisser sont communs aux deux années. 
Dans la première période de séjour, les élèves sont mis au courant du tissage 
et de la mise en cartes, autant que cela est nécessaire au dessin industriel. 
Dans la deuxième, le dessin commence par l’ornementation et finit par celui 
de la bosse et de l’académie. 
Le cours de dessin industriel proprement dit commence par la copie de 
Heurs d’après nature; puis on copie des dessins choisis, on s’attache à habituer les 
élèves à la composition, c’est-à-dire à l’invention de dessins nouveaux. 
Les élèves de la deuxième classe peuvent en tout temps être promus à la 
première, aussitôt qu’ils auront, de l’avis du professeur, acquis le degré voulu 
d’habileté. 
Dans la deuxième classe le nombre d’heures de classe est de six par jour ; 
il est de huit dans la première. 
Le corps enseignant se compose : 
i° Du professeur de dessin industriel, qui est à la fois directeur; 
2° D’un professeur de dessin pour la deuxième classe ; 
3° D’un professeur pour le coloris; 
4° D’un professeur pour la partie relative à l’impression et au tissage ; 
5° D’un professeur pour le tissage et la mise en cartes. 
$ 9. Pendant les vacances de chaque année, il y a une exposition des des 
sins des élèves. 
§ 14. Une partie des dessins faits par les élèves appartiennnet à l’établisse 
ment, les autres leur sont rendus. 
§ 18. Les élèves dont l’instruction est complète reçoivent un certificat de 
maturité. Les autres peuvent recevoir un certificat indiquant jusqu’à quel 
point s’est élevée leur instruction spéciale. 
ÉCOLES DE NAVIGATION. 
Il existe en Prusse six écoles de navigation destinées à former des pilotes 
et des capitaines au long cours. Elles sont situées à Memel, à Dantzig, à Pill un, 
à Grabow, près Stettin, et à Stralsund. Un seul directeur, résidant à Dantzig, 
a la surveillance de ces écoles, qui ont chacune deux professeurs et un pro 
fesseur adjoint chargé de l’enseignement du dessin.
        <pb n="154" />
        V 
1 9 • 
— 147 — 
Ces écoles sont partagées en deux divisions : l’une inférieure, doit donner en 
une année l’instruction nécessaire aux pilotes, et l’autre supérieure, en deux 
autres années, celle de la navigation au long cours. 
L’admission aux écoles est décidée d’après un examen subi devant le direc 
teur et fait par un professeur. 
Pour être reçu au cours de pilotage il faut avoir moins de ho ans, savoir 
lire, écrire, rédiger convenablement et posséder les mathématiques élémen 
taires. La rétribution scolaire est de 10 thalers (fr. 5o cent.) pour l’école 
de navigation, et de 6 thalers (22 fr. 5o cent.) pour celle du pilotage, par 
chaque trimestre. 
Il y a par semaine environ 82 heures de leçons. 
L’enseignement de la division inférieure ou de pilotage, comprend : 
L’arithmétique, la géométrie plane, la charpenterie, la trigonométrie plane 
et sphérique; la navigation, les observations terrestres et astronomiques; le dessin 
des cartes géographiques terrestres et astronomiques, et l’anglais. 
Celui de la division supérieure ou de navigation comprend, outre Jes con 
naissances précédentes, qui doivent être plus approfondies, le gréement, le 
dessin des différentes parties d’un bâtiment, les règles commerciales relatives aux 
papiers de bord, celles du change sur les principales places de commerc, etc. 
Des examens de sortie sont exigés pour obtenir le certificat d’aptitude. 
DES ÉCOLES RÉELLES. 
Sous ce titre on comprend habituellement des établissements d’instruction, 
très nombreux en Allemagne, ayant pour but de donner aux jeunes gens, qui 
se destinent au commerce, aux emplois inférieurs de l’administration et à l’in 
dustrie, une instruction générale qui, en Prusse, comprend les langues alle 
mande, française et anglaise, quelquefois l’italien, point de grec, et souvent 
assez de latin pour entrer dans les classes supérieures des gymnases où se font 
les études d’humanités, et dans les instituts polytechniques. 
L’enseignement religieux, l’histoire, la géographie, des notions d histoire 
naturelle, de physique et de chimie; l’arithmétique commerciale, la géométrie 
élémentaire, le chant et la gymnastique complètent ces éludes, qui sont suivies 
par un très-grand nombre d’élèves, tous externes. 
On distingue en général deux degrés d’écoles réelles : les ecoles reelles infe 
rieures et les écoles réelles supérieures, et l’on y assimile même des ocoles 
analogues, quoique plus faibles, appelées écoles bourgeoises supérieures. Les 
premières n’ont que trois à quatre classes, les secondes six a huit, parmi 
lesquelles sont comprises celles des précédentes.
        <pb n="155" />
        L’enseignement est gradué de manière que ces écoles peuvent recevoir les 
entants, à partir de l’âge de 7 à 8 ans, quand ils savent déjà lire, écrire, comp 
ter, la grammaire et l’orthographe allemandes, ce qui exige souvent cependant 
une ou deux années de classes préparatoires, ou en tout huit années d’études; 
de sorte qu’un jeune homme peut avoir terminé ces classes à 1 7 ou 18 ans. 
Les études littéraires des langues modernes sont très-étendues et com 
prennent, pour les classes supérieures, les œuvres des prosateurs et des poètes 
allemands, et pour le latin celles des prosateurs seulement. 
En allemand, on étudie Lessing, Schiller, Klopstock ; en français, Cor 
neille, Racine et quelques-uns de nos auteurs modernes; en anglais, la collection 
des classiques anglais de Herrig, quelques pièces de Shakespeare font le sujet 
des lectures et des traductions. 
Des sujets nombreux de compositions, sur des textes historiques, sont trai 
tés dans les trois langues. 
L’on peut donner une idée de la solidité de ces études dans l’école d’El h er 
leid , par exemple, en citant quelques-uns des sujets de composition traités pal 
les élèves de la première classe en 1862-60. 
En français : analyse du Cid de Corneille et histoire poétique du Cid. — 
Les inventions modernes. — Analyse de la tragédie d’Esther. — Comparaison 
entre César et Napoléon. —- Les faits principaux des premiers livres de la 
(hierre des Gaules par J. César, etc. etc. 
En anglais, On the war now raging in the United-States. — Frederick the 
Great. — On the Death of Cesar. — Othello, a tale from Shakespeare, etc. 
— A summary account of Louisa, Queen of Prussia, etc. 
U n est pas inutile d ajouter que ce sont les mêmes élèves qui doivent trai 
ter ces sujets dans l’une ou dans l’autre langue, et nous avons eu la preuve du 
succès obtenu en assistant, à Elberfeld, à une leçon de la classe de seconde , où 
le professeur a eu 1 obligeance de faire successivement traduire et analyser en 
français et en anglais, devant nous, plusieurs fragments d’un ouvrage allemand. 
La méthode suivie par ce professeur se rapproche beaucoup de celle de 
AL Robertson, et consiste à faire apprendre par cœur des fragments a’une 
vingtaine de lignes, puis, avec les mêmes mots, à composer de petites phrases 
que l’on traduit alternativement d’une langue dans l’autre. Les élèves, toujours 
tenus en éveil par l’interpellation du professeur, sont sans cesse prêts à ré 
pondre, et se familiarisent rapidement avec les mots qu’ils se gravent ainsi dans 
la mémoire. 
L’enseignement du latin, qui ne s’étend, comme nous l’avons dit, qu’aux 
prosateurs, prépare les élèves à suivre certains cours des universités où ils
        <pb n="156" />
        — 149 — 
peuvent, pour quelques cours, être admis, ainsi que nous l’avons dit, comme 
ceux des gymnases. 
Quant à ¡’enseignement scientifique, il prépare, par les classes inférieures et 
par les classes supérieures, aux écoles industrielles proprement dites et aux 
études des instituts polytechniques. 
L’on remarquera que, sous ce rapport, cet enseignement se rapproche 
beaucoup de celui de la division scientifique de nos lycées. 
D’après la répartition des leçons professées aux élèves des six classes, dont se 
compose la division supérieure de l’école réelle d’Elberfeld, le temps consacré 
aux leçons en une semaine et pour les six classes est réglé ainsi qu'il suit : 
Enseignement religieux 12 heures. 
Langue allemande 16 
Langue latine (pour les élèves qui se destinent aux gymnases) 34 
Langue française 02 
Langue anglaise 9 
Géographie 8 
Histoire 1 i 
Histoire naturelle 8 
Écriture perfectionnée 7 
Arithmétique et calcul commercial 1 9 
Physique 6 
Chimie 4 
Géométrie 11 
Chant 7 
Gymnastique 12 
L’école réelle d’Elberfeld a dans le pays une réputation justement méritée, 
et le nombre de ses élèves est toujours au complet. Dans les dix années de 
1853-54 à i862-63 il s’est même notablement accru, et a atteint les chiffres 
suivants : 
1853-1854. 
233 
1854-1855. 
234 
1855-1850. 
209 
1856-1857. 
280 
1857-1858. 
312 
1858-1859. 
314 
1859-1800. 
283 
1800-1801. 
293 
J 861-1802. 
290 
1862-1803 
312 
Les dépenses de ¡’établissement s’élèvent à 11900 thalers ou environ 
44025 francs, soit a peu près i/i3 francs par élève, à raison de 012; mais, 
dans cette dépense, ne sont pas compris le loyer du batiment ni le mobilier, 
qui sont fournis par la ville. 
Les traitements des professeurs sont fort modestes. Les plus eleves sont de
        <pb n="157" />
        &lt; 
- 150 
i loo thalers ou environ 4312 francs, et les plus faibles, de 5oo thalers 
i8y5 francs). 11 y a en tout 1 4 professeurs. 
Observation sur l’enseignement des écoles réelles en Prusse. — Il faut faire re 
marquer que ces écoles étant principalement destinées aux jeunes gens qui 
se préparent au commerce, à l’industrie et à des emplois inférieurs, il arrive 
toujours qu’un grand nombre des élèves cessent leurs éludes à partir de la 
troisième et de. la quatrième classe, et qu’il n’en reste qu’un petit nombre pour 
la deuxième et encore moins pour la première, qui correspond à la rhétorique. 
En général, le nombre des élèves de seconde n’est au plus que la moitié de 
celui des classes de sixième, cinquième, quatrième et troisième, et celui des 
élèves de première classe n’en est guère que le dixième, ce qui prouve que ce 
n’est pas dans ces écoles réelles que l'on vient chercher un enseignement litté 
raire élevé, meme en se bornant aux langues vivantes, que l’on y enseigne 
cependant plus efficacement que dans les gymnases. On y trouve encore moins 
une instruction technique se rapportant plus ou moins directement à l’indus 
trie. C’est une réflexion qu’il ne faut pas perdre de vue dès à présent, parce 
que nous verrons plus loin qu’en d’autres parties de l’Allemagne on désigne 
sous le même nom des établissements fort différents. 
ORGANISATION GENERALE DES ECOLES RÉELLES EN PRUSSE. 
La création des écoles réelles remonte déjà assez loin, car celle d’Elberfeld 
a été fondée en 1829 par le conseil municipal de cette ville, avec l’autori 
sation du Gouvernement, qui l’a placée sous la surveillance de la régence de 
Dusseldorf et d’une commission composée de sept membres, présidée par le 
directeur, qui est nommé par le Gouvernement. Trois des membres sont élus 
par le conseil municipal et les trois autres par la régence de la province. 
Toutes les écoles de ce genre, qui existent en Prusse, sont sous la direction 
générale du ministère de l’instruction publique, qui laisse d ailleurs aux com 
missions locales toute la liberté nécessaire pour que l’enseignement, dont les 
dépenses sont pour une grande partie à la charge des villes, soit autant que 
possible approprié aux besoins locaux, sans toutefois devenir technique. 
A l’époque de leur création l’on avait, au contraire, cherché à donner à une 
partie de ces écoles une direction plus technique, mais elle ne pouvait être ni 
assez scientifique ni assez pratique pour atteindre le but que l’on s était propose, 
et les résultats furent peu favorables. Aussi en est-on venu successivement à 
se borner à des études de littérature moderne et à des notions scientifiques 
générales et élémentaires.
        <pb n="158" />
        — 151 — 
Programme general de renseignement des écoles réelles. — D’après une ins 
truction ministérielle de i85g, le programme général des études dans les 
écoles de premier ordre, à six classes, doit être réglé ainsi qu’il suit : 
Répartition des leçons données par semaine. 
MATIERES ENSEIGNEES. 
Religion 
Allemand 
Latin 
Français 
Anglais 
Géographie et histoire. . , 
Histoire naturelle 
Mathématiques et calcul. 
Écriture 
Dessin 
Total des heures de leçons 
par semaine 
6 e 
CLASSE. 
30 
31 
4 e 
CLASSE. 
32 
3 e 
CLASSE, 
32 
32 
32 
14 
20 
32 
22 
10 
20 
20 
31 
7 
13 
Ce programme général, qu’on peut regarder comme le type de l’ensei 
gnement de ces écoles, reçoit, ainsi que nous l’avons dit plus haut, quelques 
modifications partielles et peut prendre plus d’extension dans certaines villes, 
mais l’esprit et le but de l’enseignement sont toujours les mêmes, littéraire 
surtout. 
Quant au reproche adressé à ces écoles de diriger l’esprit vers des idées ma 
térialistes, il ne nous semble nullement fondé, quanta présent, eine nous paraît 
guère l’avoir été davantage dans le passé. L’enseignement de ces écoles n’a pas 
cessé de comprendre, jusqu’aux classes de troisième ou de quatrième, des ins 
tructions religieuses destinées à corroborer les sentiments développés dans 
les écoles primaires. Les études spécialement littéraires prennent pour textes 
les mêmes auteurs que les gymnases, et ne laissent de côté que les auteurs 
grecs ou latins; elles ne sauraient donc avoir produit le résultat qu’on leur a 
attribué. 
Les véritables causes du développement d’idées révolutionnaires qui inquiète 
et tourmente aujourd’hui l’Allemagne n’est pas dans les études plus ou moins 
techniques qui permettent à la jeunesse d’acquérir, plus facilement que par le 
passé, des connaissances à l’aide desquelles elle peut trouver sa place dans la
        <pb n="159" />
        société. IJ ne nous appartient pas de les rechercher ici, mais nous ne serions 
pas embarrassés pour en indiquer plusieurs bien autrement réelles. 
Quoi qu’il en soit, en Prusse, et généralement dans toute l’Allemagne, l’en 
seignement donné dans les écoles réelles nous paraît sagement coordonné. 
Outre une préparation littéraire suffisante pour les carrières commerciales, 
largement, libéralement et souvent gratuitement mise à la portée des fortunes 
les plus modestes, il propage avec succès la connaissance des langues modernes, 
française, anglaise et italienne; il prépare, pour le recrutement des instituts 
polytechniques, des sujets qui savent convenablement la langue allemande et 
très-souvent d’autres langues modernes. Simple dans son exposition scientifique, 
aidé de collections aussi largement pourvues qu’il est nécessaire, confié à des 
professeurs qui savent adapter leur enseignement à la direction spéciale de 
leurs élèves, et à cet effet complètement séparé de celui des gymnases, qui est 
et doit être beaucoup plus doctrinal, il nous paraît satisfaire aux conditions d’un 
enseignement spécialement destiné aux commerçants et aux industriels. 
ÉCOLE RÉELLE DE BERLIN. 
( KÖNIGSTADTISCH REALSCHULE. ) 
Les études de cette école, qui est l’une de celles où l’enseignement est le plus 
élevé, sont partagées entre les classes élémentaires et ce que l’on nomme les 
classes réelles. 
Les premières classes, au nombre de quatre, comportent deux années 
d’études, pendant lesquelles l’enseignement traite de la religion, delà langue 
allemande, de l’écriture et du calcul. Les élèves peuvent y être admis à 7 ans, 
pourvu qu’ils sachent déjà lire, écrire et calculer un peu. 
Les classes qui constituent l’enseignement plus élevé sont au nombre de six, 
selon la classification, mais elles exigent en réalité huit années d’études. 
La première, qui est une rhétorique de langues modernes, doit être dou 
blée et par conséquent exige deux ans. 
La deuxième et la troisième sont partagées en deuxième et troisième infé 
rieures, et en seconde et troisième supérieures qui occupent chacune une 
année. 
La quatrième et la cinquième exigent chacune une année. 
La sixième et la septième seules n’exigent chacune qu’un semestre. 
Cette répartition des études correspond donc à neuf années d études qui, 
jointes aux deux années élémentaires imposées à un enfant qui est entré à 
7 ans, ne lui permettraient de terminer ces études qu’à 18 ans, pour entrer 
plus tard dans les instituts polytechniques.
        <pb n="160" />
        *' 
20 
— 153 — 
Les programmes de cet enseignement sont analogues, quoique un peu su 
périeurs pour la force des études, à ceux de l’école d’Elberfeld. La répartition 
du temps est indiquée dans le tableau suivant. 
Les classes de troisième, quatrième, cinquième et sixième étant nombreuses, 
ou les a dédoublées, afin de n’avoir jamais 60 élèves dans la meme classe. 
Tableau de la répartition des leçons données par semaine à l’école réelle de Berlin. 
or,J ET 
DES LEÇONS. 
Religion 
Allemand 
Latin 
Français 
Anglais 
Histoire 
Géographie 
Géométrie 
Calcul 
Physique 
Chimie 
Histoire naturelle. 
Dessin 
Ecriture 
Chant (facultatif). 
Totaux. . . 
(4) 
36 
32 
TROISIEME 
32 
QUI EME , 
(4) 
32 
(4) 
33 32 
6 mois. 
CLASSES 
ÉLÉMENTAIRES, 
32 
30 
heures 
consacrées 
semaine 
pour les 
6 classes 
Heures. 
28 
20 
Si, pour établir une comparaison entre le temps affecté aux différentes 
matières de l’enseignement, on prend le total des heures consacrées par semaine 
pour la même matière, dans les six classes, on trouvera les résultats sui 
vants : 
Religion ia heures par semaine pour les six classes. 
Allemand 27 
Latin 42 
Français 31 
Anglais 17 
Histoire jf&gt; 
Géographie 12 
Géométrie , g
        <pb n="161" />
        — 154 — 
Calcul 25 heures par semaine pour les six classes. 
Physique 8 
Chimie îo 
Histoire naturelle i 5 
Dessin 17 
Ecriture 7 
L’on voit par ce relevé comparatif que, dans ces écoles, I on continue avec 
soin l’enseignement religieux donné dans le premier âge, et que l’étude du 
latin et des langues vivantes y a la plus large part. Il est même remarquable 
que celle qui y est faite à la langue française y est un peu supérieure à celle qui 
est assignée à l’allemand et presque double de celle de l’anglais. 
L’on remarquera aussi que cet enseignement n’a rien de technique ni de 
spécial à aucun genre particulier d’industrie, il ne donne que des connaissances 
générales et principalement littéraires. 
Répartition des élèves dans les classes de divers degrés. — La répartition des 
élèves dans les différentes classes montre encore que le nombre de ceux qui 
atteignent la classe de seconde est à peine la moitié de celui des élèves de troi 
sième ou de quatrième, dont une grande partie quitte les écoles, après ces 
classes, pour entrer dans la vie publique, vers läge de quatorze à quinze ans. 
Quant aux élèves de première, leur nombre n’est guère que le huitième ou le 
neuvième de celui de ceux de quatrième. 
Voici, en effet, l’état de présence des élèves des diverses classes pendant les 
semestres d’hiver et d’été de 1862 : 
En hiver. En été. 
Première 12 &gt;0 
Seconde supérieure 1 3 15 
Seconde inférieure 3° 08 
Troisième supérieure 7^ bit 
Troisième inférieure 77 82 
Quatrième 1 * o 112 
Cinquième Qâ g5 
Sixième supérieure 55 5g 
Sixième inférieure 53 5g 
Deux classes élémentaires 21 k 201 
Nombre total des élèves y3G 7^4 
La rétribution scolaire est fixée à un taux assez bas et varie, selon l’âge et les 
cours,de 35 à Ao thalers ou de 1 20 à 1 5o francs par an. Mais il y a un très-grand 
nombre d’élèves boursiers; aussi les recettes sont-elles loin de couvrir les
        <pb n="162" />
        — 155 — 
dépenses des établissements, dont le surplus, compris entre le tiers et la moitié 
de la dépense totale, reste ordinairement à la charge des villes. 
Toutes les écoles réelles ont une bibliothèque, une galerie d’instruments 
de physique, un laboratoire de chimie, des salles de dessin avec de nombreux 
modèles, et sont très-convenablement pourvues de tout le matériel nécessaire- 
Nous donnerons encore ici quelques renseignements sur l’école réelle de 
première classe de Witts tock. 
ÉCOLE RÉELLE DE WITTSTOCK. 
Cette école réelle, de première classe, comprend deux classes élémentaires 
et six classes supérieures exigeant chacune une année d’études. La répartition 
des heures de leçons par semaine y est réglée, pour les six classes supérieures, 
à très-peu près conformément au type général que nous avons donné en pre 
mier lieu, comme on peut le voir par le résumé suivant : 
Religion 
Allemand 
Latin 
Français 
Anglais 
Histoire 
Géographie 
Géométrie 
Calcul 
Physique 
Chimie 
Histoire naturelle 
i4 heures par semaine. 
l 7 
3a 
22 
ÎO 
ÎO 
8 
16 
20 
6 
4 
8 
Dessin i3 
Ecriture 7 
Chant ia 
Dans cette école, comme dans les précédentes, le plus grand nombre des 
élèves abandonne les études à partir de la troisième classe ou de la quatrième. 
Pendant le semestre d’hiver de 1860-1861, les a4y élèves de l’école de Witts- 
toek étaient ainsi répartis : 
Première 
Seconde 
Troisième. 
Quatrième 
Cinquième 
Sixième 
Deux classes élémentaires 
3 élèves. 
1 2 
2 7 
36 
43 
42 . 
84 
247 
Total
        <pb n="163" />
        ECOLES BOURGEOISES SUPERIEURES [HÖHERE BÜRGERSCHULE 
Outre les écoles réelles proprement dites, dont on vient de faire connaître 
le but et l’organisation, il y a encore en Prusse un certain nombre d’é 
coles du même genre, mais un peu inférieures au point de vue de la force 
des études et auxquelles on a conservé le nom d’écoles bourgeoises supé 
rieures. Elles sont aussi sous la direction du ministère de l’instruction pu- 
PROYLNCES. 
1° Pi'U ï SI' 
2° Brandebourg, 
3° Poméranie 
5° Posen 
6° Saxe 
'/* Westphalie 
8° Province, rhénanes et Hohenzollcrn. 
Totaux. 
NOMBRE DES ÉTABLISSEMENTS D’ENSEIGNEMENT RÉEL. 
Inde 
rs HUELLES 
i" classe. 
An- 
à îles 
gvm- 
49 
kcoi.es rkeli.es 
de a” classe. 
indé 
dan les. 
12 
nexces 
à des 
gvm- 
IG 
ECOLES BOURGEOISES 
supérieures. 
In dé 
dan les. 
19 
nexces 
gy*»- 
ECOI.ES REELLES 
de toute espèce. 
Indc- 
20 
nexées 
gym- 
8 
9 
21 
NOMBRE 
DE PROFESSF.UKS 
portés au budge 
des établissements réels 
indépendants. 
réelles 
de 
91 
134 
32 
93 
47 
124 
réelles 
de 
a* 
140 
geoises 
Heures. 
J 2» 1 
233 I 
4® I 
lU 
S' 
]0® 
5® I 
2 2fl 
En résumé fou voit qu’il existe en Prusse quatre vingt-six écoles réelles donnant 
un enseignement littéraire comprenant , outre un certain degré d’instruction en 
latin, les langues vivantes et des notions de sciences suffisantes pour conduire 
les élèves aux instituts poly techniques et analogues sous ce rapport à la division 
scientifique de nos lycées. 
Ces écoles ont, en 1866, un personnel de 987 professeurs et 20702 élèves. 
La dépense totale faite par l’Etat s’élève à 685780 thalers ou 2086198 fr. 
70 cent. 
Avantages accordés aux élèves des écoles réelles. — Dans la vue d’encourager la 
fréquentation des écoles réelles, le Gouvernement prussien a accordé aux élèves 
qui en ont suivi les études à différents degrés, des avantages qui méritent d’etre 
/ 
- 157 — 
l.lique. Leur enseignement est littéraire et scientifique sans applications tech- 
niques. 
STATISTIQUE DES ECOLES RÉELLES ET DES ECOLES BOURGEOISES. 
Le tableau suivant l'ait connaître la situation actuelle des écoles reelles de 
différents degrés, la répartition, le nombre des professeurs, celui des eleves et 
les dépenses auxquelles elles donnent lieu en 1866. 
NOMBRE DIS ÉLÈVES 
DÉPENSES D’ENTRETIEN POUR CES ETABLISSEMENTS. 
colos 
'elles 
do 
Hasse. 
2,5% 
•3,723 
8G7 
1,902 
1,295 
1,064 
1,130 
2,207 
5,450 
réelles 
de 
a' 
429 
1,315 
146 
274 
183 
550 
130 
252 
3,291 
geoises 
Heures. 
115 
645 
170 
125 
39 
68 
823 
1,991 
3,140 
5,083 
1,189 
2,301 
1,478 
2,259 
1,340 
3,342 
20,732 
Ecoles réelles 
de i r * classe. 
Thalers. 
03,470 
95,229 
27,146 
59,044 
47,905 
44,312 
31,508 
92,588 
401,202 
238,012'50« 
357,108 75 
101,797 50 
221,415 00 
179,6-43 75 
106,170 00 
118,380 00 
347,205 00 
1,729,732 50 
Écoles réelles 
de 2 e classe. 
Thalers. 
10,554 
42,488 
0,410 
17,894 
8,470* 
85,822 
39,577'50 c 
159,330 00 
24,037 50 
67,102 50 
31,785 00' 
321,832 50 
Ecoles bourgeoises 
supérieures. 
Thalers. 
12,972 
16,607* 
4,960 
3,060 
3,962 
46,540 
88,701 
48,645 1 00 e 
62,276 25" 
18,000 00 
13,725 00 
14,857 50 
174,525 00 
332,628 75 
Thalers. 
86,996 
154,324 
32,100 
69,114 
47,905 
62,206 
35,530 
147,604 
035,785 
320,235' 00' 
578,715 00 
120,397 50 
259,177 50 
179,043 75 
233,272 50 
133,237 50 
553,515 00 
2,384,193 75 
Calcule à raison de 3 fr. ?5 cent, le thaler. 
rapportés cl qui sont détaillés dans une ordonnance du i3 novembre 1861, 
dont nous reproduisons les dispositions les plus importantes. 
„ Le college royal des écoles provinciales fait connaître au public le resent 
„de M. le ministre de 1 instruction publique et des cultes, pai lequd lis dcu. 
«de la deuxième classe des gymnases et des écoles, réelles qui auront passe un 
«semestre dans ces deuxièmes classes, qui en auront lait les dexoiis &lt; t s\ 
«seront bien comportés, auront seuls droit à ne faire qu’une aunee de service 
«militaire, tandis que les certificats de sortie délivrés par la commission spe- 
«ciale d’examen, et qui ne s’exprimerontpasd’une manière completementsatis- 
«faisante sur l’état des connaissances, ainsi que sur l’assidu ite et sur la conduite
        <pb n="164" />
        «2 o 17 décembre 1 86 1. Le conseil royal des écoles provinciales fait connaître 
«l’ordonnance qui sera en vigueur au i er janvier 1862 et, relative au mode 
«à suivre pour compléter le cadre des officiers de l’armée. » 
Au paragraphe 3 de cette ordonnance il est dit : « que, pour éviter l’affiu- 
«ence des jeunes gens incomplètement préparés aux examens, l’admission à ces 
«examens ne sera accordée qu’à ceux qui seront munis d’un certificat d’admis- 
« sibililé aux premières classes d’un gymnase prussien ou d’une école réelle de 
« premier ordre. » 
Parmi les anciennes ordonnances relatives aux écoles réelles de premier 
ordre, on rappellera les suivantes : &lt; i° Les élèves qui sortent de ces écoles avec 
« un certificat de maturité sont admis à suivre les études nécessaires aux services 
« des bâtiments civils et à celui des mines. 
«Si, en vue d’obtenir de l’avancement dans l’armée, ils veulent s’y engager, 
«ils sont dispensés de subir l’examen pour le grade de porte-enseigne. 
« Ils sont également admissibles à l’école forestière de Neustadt ou à l’ins- 
« titut polytechnique. » 
Les autres dispositions sont relatives à l’admissibilité dans les emplois civils 
ou aux études des diverses écoles publiques. 
Observations. — Au sujet de la réduction du service militaire de trois années 
à une seule, accordée aux élèves de la deuxième classe des écoles réelles supé 
rieures , il y lieu de faire remarquer qu’elle crée pour les classes riches, qui peu 
vent faire donner de l’éducation à leurs enfants, un privilège considérable, 
puisque par le fait seul de cette facilité que donne l’aisance, les familles se trou 
vent à la fois avoir donné à leurs enfants le bienfait de l’éducation et les avoir 
dispensés de la plus grande partie du service militaire obligatoire pour tout 
citoyen. Enfin, cette exemption prive l’armée d’un très-grand nombre de jeunes 
soldats qui eussent été une pépinière précieuse d’officiers. Si la mesure est une 
faveur accordée à l’instruction, elle nous paraît peu équitable et contraire aux 
intérêts de l’armée. 
DES GYMNASES. 
Ces établissements, analogues à nos institutions d’enseignement secondaire, 
ont pour objet l’enseignement classique littéraire des humanités. • 
Les principes religieux, la langue allemande, le français, le latin, l’hébreu, 
I histoire, la géographie, les mathématiques élémentaires, la physique, la 
chimie, le chant et la gymnastique forment l’ensemble des études. L’on remar 
quera que le dessin n’y est pas compris. 
Les élèves qu’on y reçoit se destinent pour la plupart à suivre plus tard les
        <pb n="165" />
        - 159 — 
cours des universités. Il y a six classes proprement dites et une école prépara 
toire pour les enfants les plus jeunes et les plus faibles. 
Les règlements interdisent l’admission des enfants dans la classe de sixième 
avant läge de neuf ans. En supposant donc qu’un enfant ne double aucune des 
six classes, il pourrait avoir terminé ses études littéraires à quinze ans, et être 
à cet âge admissible aux universités ou aux instituts polytechniques. 
Lorsque le nombre des élèves dépasse 4o à 5o dans une même classe, onia 
dédouble. 
A la fin des études, les élèves qui veulent être admis aux universités doi 
vent subir un examen, à la suite duquel ils peuvent obtenir le certificat de 
maturité nécessaire. Ces examens sont sévères, car ordinairement la moitié à 
peine des élèves obtiennent le certificat. 
En 1862-60, au gymnase d’Elberfeld les élèves étaient répartis comme il 
suit dans les six classes nominales. 
Semestre d’hiver. . 
Semestre d’été. . . . 
31 
31 
41 
36 
3 e 
CLASSE. 
4 e 
CLASSE. 
(2 sections.) . (2 sections.) 
64 
59 
58 
58 
5' 
CLASSE. 
41 
43 
6° 
CLASSE. 
33 
38 
ratoirc. 
25 
25 
293 
299 
Sur les 3i élèves de première, i 4 seulement ont obtenu le certificat de ma 
turité et sur ce nombre 8 se destinaient aux études théologiques, 2 à la mé 
decine, 2 au droit. 
On peut donner une idée de la force des études par le programme suivant 
des épreuves à subir pour obtenir le certificat de maturité du gymnase de 
Berlin, 
Sujets à traiter pour les élèves sortants. — i° Religion. Confession évangélique. 
De la foi et des œuvres, d’après l’article 20 de la confession d’Augsbourg. 
Confession catholique, en prenant pour base la parabole de la bonne semence 
et de 1 ivraie (Saint Mathieu, xm), expliquer : i° d’où vient le mal dans le 
monde? 2 0 pourquoi il y est? 3° quelle sera sa fin? 
2 0 Composition allemande. Motiver et tracer les limites du proverbe [das 
alte behalte) «conserve ce qui est ancien. » 
3° Latin. Composition, Exposer les principaux motifs pour lesquels la Grèce 
a succombé sous les coups de Philippe de Macédoine. (Murcti, ep. 1-81.) 
4° Grec. Ex zxa.i$o)v apaxpeov toi oCtos yéveaQou.
        <pb n="166" />
        L’article qui a servi de texte à la composition se trouve dans le Protagoras 
de Platon, page 3a5. 
5° Français. L’article choisi pour la composition française se trouve dans 
Michaud, chap, vu, au commencement, et c’est l'Histoire de la première Croisade. 
G 0 Hébreu. Ind. xfv, 5-g. 
7° Mathématiques. (A) Problème géométrique : décrire un triangle dans 
lequel la différence des sections à la base soit = m ; la somme des autres côtés 
— n et la différence des deux angles de la base = d. (B) Problème algé 
brique : quatre nombres sont en progression arithmétique; le produit des 
moyens ou des extrêmes est de 72 ; la différence entre la somme des extrêmes 
et la somme des moyens = 5; la somme des carrés de tous les termes = 485. 
(G) Problème trigonomélrique : dans un triangle on donne l’angle au sommet 
= 37 o 5a' 36"; la bissectrice de cet angle = 1 8° 56' 8" et le rapport des 
deux côtés de l’angle = y ; calculer le triangle. (D) Problème stéréométrique : 
dans un cône tronqué le rayon de la base = 12, le rayon de la section tron 
quée = 7, l’apothème = 1 6 ; calculer le rayon de la sphère de même volume. 
INST1TUT POLYTECHNIQUE. 
Sous le nom d’institut Royal industriel (Königliches gercer be Institut) on dé 
signe, à Berlin, un établissement analogue, quant à sa destination et à l’ensei 
gnement qu’il donne, à ceux qu’en Allemagne on nomme instituts polytechniques. 
Nous le rangerons donc dans la même catégorie. 
Les élèves y sont, suivant la destination qu’ils se proposent de suivre, par 
tagés en trois divisions, savoir : i° celle des mécaniciens; 2 0 celle des chimistes 
et métallurgistes ; 3° celle des constructions navales. 
La durée des cours est de trois années. Les trois premiers semestres sont 
consacrés à des études théoriques générales communes aux trois divisions. 
Le nombre des élèves y était, à l’époque de notre visite, de 35o. La rétri 
bution scolaire est de ko thalers (i5o francs) par an, pour la première et la 
troisième division, et de 5o thalers (1 87 fr. 5o cent.) pour ceux de la deuxième 
division (chimistes). Mais les deux tiers des élèves sont admis gratuitement, et 
même il y en a une vingtaine qui reçoivent en outre une subvention de 
200 thalers (700 francs) par an, pour leur subsistance à Berlin. 
L’établissement compte 22 professeurs dont le traitement est réglé, d’après 
le nombre de leçons qu’ils donnent par semaine, à raison de 100 thalers 
(375 francs) par heure de leçon donnée par semaine. Ainsi, un professeur qui 
donne régulièrement dix leçons par semaine, dans le cours de l’année sco 
laire, reçoit îooo thalers ou 3760 francs. Aussi la plupart de ces proies-
        <pb n="167" />
        — 161 — 
seurs, peu rétribués, sont-ils obligés cl enseigner à la fois dans d’autres éta 
blissements. 
Des ateliers, dans lesquels quelques ouvriers spéciaux travaillent à la con 
fection et à l’entretien des modèles, sont ouverts aux élèves, mais ils sont peu 
fréquentés par eux; quelques-uns cependant en profitent; la plupart du temps 
ce sont ceux qui ont déjà passé par les ateliers. 
Des laboratoires très-beaux et très-bien organisés reçoivent les élèves chi 
mistes, qui peuvent y prendre place au nombre de 45 à 5o. 
Des tables avec armoires et munies d’étagères, sur lesquelles les réactifs sont 
rangés, reçoivent chacune 6 élèves. Des étuves vitrées et closes, munies de 
becs de gaz, des étuves à sable, toqtes bien fermées et ventilées, servent aux 
évaporations. 
Le dessin est enseigné d’après la méthode Dupuis, c’est-à-dire eu habituant, 
dès le commencement, les élèves à dessiner d’après des objets en relief. 
Un atelier de modelage est annexé aux salles ch; dessin et pourvu d’une très- 
belle collection de modèles d’ornement et d’art plastique. Il y a place pour 
5o à 4o élèves et il est très-fréquenté. 
Une bibliothèque, riche de i ooooo volumes et ouverte au public, sert aussi 
aux élèves de l’établissement. 
Des collections fort nombreuses en modèles de machines et en instruments 
de physique servent à l’enseignement et sont ouvertes au public. 
Un règlement, qui date du s3 août i860, contient les dispositions suivantes : 
Ü I er . Les cours commencent le 1" octobre de chaque année. 
S 2. Pour V être admis il faut avoir plus de ¡7 ans et moins de 27; 
avoir obtenu le certificat de maturité d’une école réelle, d’un gymnase ou d’une 
école industrielle provinciale (provinzial (jewerbe Schale) autorisée à faire 
passer des examens de sortie. Les étrangers sont admis s’ils justifient des con 
naissances suffisantes et s’il y a assez de place. 
§ 3. L’institut industriel est partagé en une division d enseignement tech 
nique général et une deuxième division comprenant les trois spécialités sui 
vantes : 
Mécanique. 
Chimie et métallurgie. 
Constructions navales. 
Dans la première division, l’enseignement est exclusivement théorique. Dans 
la deuxième, à la suite des leçons, les élèves se livrent à des exercices pratiques 
dans les salles de dessin et dans lös laboratoires. 
■' 4, La durée des études de chaque division est d’un an et demi et, pour 
• -j i
        <pb n="168" />
        être admis au cours de Ja deuxième division, il faut avoir suivi tout le cours 
d’études de la première. Les élèves qui se destinent aux constructions navales 
doivent prouver qu’ils ont travaillé pendant six mois au moins dans un chantier 
de marine. Les mécaniciens, quand leurs trois années d’études sont terminées, 
peuvent à volonté continuer à travailler une année dans les ateliers de ¡’éta 
blissement. 
Les matières de l’enseignement sont les suivantes : 
1. — PREMIÈRE DIVISION D’ENSEIGNEMENT TECHNIQUE GÉNÉRAL. 1 
i° Complément d’arithmétique. Équations des degrés supérieurs. 
2° Trigonométrie sphérique et applications. 
3° Calcul différentiel et intégrai. 
4° Statique et mécanique analytique. 
5° Théorie des effets mécaniques de la chaleur. 
6° Géométrie descriptive avec ses applications à la perspective, aux ombres, 
à la coupe de pierres. 
7° Chimie minérale. 
8° Physique. 
cf Chimie générale expérimentale. 
io° Cours général de construction. 
i i° Machines simples. 
i 2° Dessin à main levée. 
i 3° Modelage. 
2. — Il' DIVISION. 
(classe spéciale des mécaniciens.) 
]” Théorie de la résistance des matériaux de construction et des éléments 
de machines. Calculs de constructions composées. Théorie des voûtes, de la 
stabilité des culées et des revêtements. 
2° Mouvements de l’eau et de l’air dans des canaux découverts ou dans des 
conduits artificiels. — Hydraulique appliquée. — Théorie des appareils de 
chauffage. 
3° Théorie générale des machines, — résistances, — régulateurs. — Théo 
rie des moteurs hydrauliques et machines à vapeur. 
4° Calcul des pièces de machines, — combinaisons ordinaires des machines. 
5° Étude spéciale de machines, — moteurs. 
6° Technologie mécanique. 
7° Technologie chimique.
        <pb n="169" />
        8° Exercices et projets de pièces de machines. 
9° Projets de moteurs. 
io° Projets de machines complètes et d’établissements industriels. 
i i° Dessin des formes artistiques les plus usitées dans le moulage des pièces 
en fonte. 
i 2° Démonstration mathématique des principes essentiels de physique. 
CLASSE DES CHIMISTES ET DES MÉTALLURGISTES. 
Chimie minérale. 
Chimie organique. 
Minéralogie. 
Céognosie. 
Métallurgie chimique. 
Chimie technologique. 
Etude spéciale de machines. — Moteurs. 
Exercices et projets d’établissements chimiques. 
Travaux pratiques au laboratoire. 
CLASSE DR CONSTRUCTIONS NAVALES. ( LES MEMES COURS QUE LES MECANICIENS 
DE 1 A 9.) 
1 o° Dessin de navires et de parties de navires. 
ï i° Construction de navires, — généralités, — déplacement et stabilité. 
Calculs d’hydrostatique. 
1 2 0 Constructions navales (stabilité, 2 e partie). Théorie des navires à voiles et 
à vapeur. — Principes généraux sur la forme. — Construction de navires en 
bois et en fer. 
i 3° Exercices. 
1 à° Projets et calculs de navires. 
§ 6. Les élèves sont libres de suivre tel cours qu’ils veulent choisir, dans les 
limites de l’une ou l’autre des périodes; mais les élèves boursiers sont tenus 
de suivre le plan que nous venons de transcrire. 
§ 7. Quand un cours théorique est fini, ou fait des interrogations sur ce 
cours, et les notes qui en résultent se joignent à celles obtenues dans les tra 
vaux pratiques. Les élèves boursiers sont astreints à répondre A ces examens. 
§ 8. A la sortie de l’école l’élève peut recevoir un certificat. Ce certificat 
contient la note des cours suivis, des travaux pratiques exécutés, et il y est in 
diqué si l’élève s’est présenté aux examens de chacun des cours qu’il a suivis, 
s’il a exécuté les travaux pratiques d’une façon satisfaisante.
        <pb n="170" />
        164 
§ 9. Le prix de l’enseignement est de 20 thalers (75 francs) par semestre et 
de 65 thalers (1 Gs'yS) pour ceux qui prennent part aux manipulations chi 
miques, où, d’ailleurs, ils sont en outre responsables des dégâts occasionnés 
par inattention ou par imprévoyance. 
§ 10. Les vacances ont lieu du i er août au i er octobre. Il y a de plus dix jours 
de congé à Pâques et dix à Noël. 
§ 13. Des élèves libres peuvent suivre les leçons, s’il y a de la place, en 
payant 1 thaler par cours et par semaine. 
Instructions pour l'admission, le payement, les répétitions el Iobtention des certi 
ficats. — § 1 er . Ladmission a lieu par immatriculation, après une demande 
préalable. 
$ 2. Au commencement de chaque semestre, chaque élève immatriculé 
reçoit une carte qui sert pour ce semestre seulement. 
$ 3. Les inscriptions aux cours et les payements se font entre les mains du 
caissier ds l’institut. 
§ 4. En payant l’élève reçoit sa feuille de cours qui, dans !a première 
colonne, contient la liste de tous les cours qu’il peut fréquenter. IJ y inscrit 
lui-même quels sont ceux qu’il veut suivre, il paye, le caissier met son reçu 
dans la troisième colonne, puis la feuille est mise pendant dix jours à la 
disposition des professeurs quelle concerne. Ceux-ci y inscrivent leurs notes 
dans les troisième et quatrième colonnes, et reportent sur leur liste le nom 
de l’élève. Alors seulement l’élève est de droit admis au cours. 
$ 5. Aucun professeur ne peut admettre un élève si le reçu du caissier ou la 
dispense du directeur ne sont inscrits sur cette feuille. 
Pour prendre part aux examens, l’élève met son nom vis-à-vis de 1 indication 
des cours pour lesquels il veut être examiné ou noté, et remet sa feuille en 
temps utile à la caisse. 
Les examens sont affichés huit jours à l’avance. 
S 8. Les examens pour chaque cours ne commencent que lorsque ce cours 
est fini. 
§ 9. Les professeurs mettent leurs notes sur la feuille, qui est renvoyée à 
l’élève par le bureau de l’école. 
Ces feuilles doivent être conservées avec soin : toute rature y est interdite. 
§ 10. Les certificats accordés au départ de l’élève sont délivrés avec le con 
cours du conseil complet des professeurs. 
Cette instruction a été approuvée par le ministre, le i 8 septembre 1 860. 
Les cours ont une durée de 2 heures dans la première période, où ils sont
        <pb n="171" />
        Total 
1798692 
J 65 
obligatoires ; il y a par semaine 4o heures de cours. Il y a 20 professeurs atta 
ches à l’établissement, sans compter les répétiteurs. 
On fait, en outre, trois cours extraordinaires traitant : 
Le premier, de 1 économie nationale pratique. 
Le second, de la teinture et 1 impression. 
Le troisième, de la photographie. 
Les professeurs ne donnent guère (pie 8 à i 2 heures de leçons par semaine, 
excepté le directeur de l’école qui en donne 2/4. 
COMPARAISON DES DEPENSES FAITES EN PRUSSE ' 
POUR LA GUERRE, POUR L'INSTRUCTION PUBLIQUE, AVEC LE BUDGET TOTAL DE L’ETAT. 
Le budget total, pour i864, s’élève à 106963^190 thalers. 
qui incombent au ministère de l’instruction publique et de celles que sup 
porte le ministère du commerce, se répartissent ainsi qu’il suit ; 
II y a tous les jours des manipulations chimiques. 
La guerre en absorbe 
La marine 
37845735 
11 45133 
08990868 
ou 
= 0,290 du budget total. 
Les dépenses de l'instruction publique, considérées dans l’ensemble de celles 
MIXISTERK DE (/INSTRUCTION PUBLIQUE. 
Collèges provinciaux 
Commissions d’examens 
Universités 
Gymnases et écoles réelles (subventions). 
583854 
349394 
6646o"‘ 
7490 
Écoles normales des instituteurs 
élémentaire. ¡ Écoles des sourds-muets et des aveugles 
\ Orphelinats et établissements de bienfaisance.. 
I Académie des beaux arts de Berlin 
( Académie de l’art à Kœnigsberg et à Dusseldorf. 
Musée à Berlin 
ï 3510 
75488 
81867 
15960 
Arts et sciences 
rts et sciences. 
65685 
249802 
Académie des sciences à Berlin 
Dépenses diverses pour l’art et les sciences. . . 
Bibliothèque royale à Berlin 
22743 f 
21837 \ 
01710 !
        <pb n="172" />
        MINISTÈRE DU COMMERCE, DE L’INDUSTRIE ET DES TRAVAUX PUBLICS. 
Subvention à l’académie des constructions 856o"" 
Entretien de l’institut industriel à Berlin 464oo j 
Entretien des établissements d’instruction technique dans les &gt; 78400 
provinces 82000 • 
Totai 86960 
Par conséquent, la dépense totale de l’Etat, pour les divers services relatifs 
à l’instruction publique, depuis l’enseignement primaire jusqu’aux établis 
sements scientifiques et artistiques de premier ordre, est ainsi partagée : 
Ministère de l’instruction publique 1792692 thalers. 
Ministère du commerce et de l’industrie. . . 86960 
1885602 
soit en tout 7071 1 98 francs. 
Le budget total s’élevant à 186963475 thalers, la somme effectuée à tous 
les services de ^instruction publique en est les 
tandis que le budget de la guerre en est les 0,290. 
OBSERVATIONS GÉNÉRALES. 
L’ensemble des renseignements que nous avons pu réunir sur l’organisation 
de l’enseignement en Prusse montre que, dans les quarante dernieres années, 
le Gouvernement s’est efforcé, de la manière la plus libérale, de développer 
et de répandre l’instruction à tous les degrés nécessaires aux diverses classes de 
la population. L’enseignement primaire généralisé, le perfectionnement de 
ces premieres études, les écoles bourgeoises, les écoles industrielles, les écoles 
spéciales de lissage, les écoles réelles, bien plus littéraires que scientifiques, 
l’école d’architecture, celle des mines, celles de navigation, les gymnases litté 
raires, l’institut polytechnique et enfin les universités forment un ensemble 
complet, largement sulïisant aux besoins présents de l’instruction publique. 
Peut-être même,.comme nous l’avons indiqué pour les nombreuses écoles 
industrielles et pour celle du dessin appliqué à l’industrie, les sacrifices de l’Etat 
ont-ils devancé les besoins, mais cette observation même ne peut être qu’un 
éloge de la libéralité du Gouvernement et des ministres, amis de la science et 
de l’industrie, qui ont pris I initiative de ces mesures.
        <pb n="173" />
        RAPPORT PARTICULAR 
SUR 
L’ORGANISATION DE L’ENSEIGNEMENT PROFESSIONNEL 
DANS 
LE ROYAUME DE SAXE. 
ENSEIGNEMENT PRIMAIRE. 
Le principe de l’enseignement obligatoire paraît avoir été établi en Saxe par 
l’électeur Jean-Georges, en i5y3, époque depuis laquelle il a été observé avec 
plus ou moins de sévérité. Aujourd’hui une loi du 6 juin i835 en règle l’appli 
cation et y astreint les enfants des deux sexes, depuis l’âge de ii ans jusqu’à 
celui de i/j. 
I^es dépenses de cet enseignement sont une charge communale, qui est allégée 
par la rétribution scolaire, dont les pauvres seuls sont exempts . et par les sub 
ventions que J Etat accorde aux communes dont les ressources sont insuffisantes. 
E Etat n intervient dans la dépense de cet enseignement que pour i i oooo tha 
lers (4 12000 francs), dont 02000 en subventions accordées aux communes, 
et 08000 pour les écoles normales d’instituteurs et d’institutrices. 
A Dresde les écoles primaires coûtent 99000 thalers, dont 53ooo sont 
couverts par la rétribution scolaire et le reste, ou A6000, est à la charge de 
la ville.
        <pb n="174" />
        Tableau statistique de renseignement primaire eu Saxe en I860. 
ARRONDISSEMENTS. 
Meissen. . 
Freiberg . 
Grimma . , 
Rochlilz., 
Doblen.. . 
Chemnitz. 
Zwickau.. 
Annaberg. 
Planen. . . 
Budissin. 
Lobau... 
Pour toute 
rurale.. . 
population 
NOMBRE 
d’élèves 
fesseu r. 
115 
94 
92 
118 
97 
82 
102 
93 
141 
130 
133 
110 
131 
117 
125 
113 
POPULATION RURALE. 
d’habi- 
105580 
78729 
02581 
87118 
92630 
03923 
03492 
59192 
129937 
105578 
70780 
103912 
49529 
117302 
130406 
1320749 
fréquenter 
l'école. 
18100 
13999 
10000 
10275 
16904 
11622 
11106 
10925 
24260 
20403 
15061 
20139 
9437 
20520 
19852 
239275 
d’écoles, 
131 
128 
102 
112 
133 
120 
98 
103 
129 
110 
91 
100 
49 
144 
119 
1741 
de 
l'esscurs 
(les aides 
inclusivc- 
162 
149 
118 
139 
174 
140 
108 
110 
172 
151 
112 
173 
75 
170 
156 
2121 
A CHAQUE ECOLE CORRESPONDENT 
en moyenne : 
Kilo 
mètres 
14. 44 
15. 48 
17. 08 
15. 66 
11. 32 
10. 89 
12. 84 
11. 80 
12. 08 
15. 00 
17. 36 
15. 19 
12. 55 
18. 40 
13. 21 
14. 03 
Ha 
bitants. 
806 
615 
614 
778 
690 
507 
648 
575 
1007 
910 
844 
650 
1011 
815 
1096 
762 
Enfants 
138 
110 
104 
145 
127 
92 
113 
106 
188 
176 
166 
126 
193 
142 
167 
137 
frequen- 
l’école. 
142 
109 
106 
147 
128 
92 
113 
105 
188 
178 
164 
120 
194 
143 
164 
138 
Proie: 
1. 24 
1. 17 
1. 16 
1. 24 
1. 31 
1. Il 
1. 10 
1. 13 
1. 33 
1. 30 
1. 23 
1. 08 
1. 53 
1. 22 
1. 31 
NOMS 
DES VILLES. 
Dresde et 33 villes de son 
département 
Leipzig et 36 idem 
Zwickau et 5? idem. . . . 
Budissin et 19 idem 
Pour toutes les villes du j 
royaume, au nombre &gt; 
NOMBRE 
d’élèves 
fesseur. 
59 
93 
104 
76 
POPULATION DES VILLES. 
d’habi- 
220194 
205260 
317174 
53525 
796153 
d'enfants 
fréquenter 
33800 
32999 
56088 
8640 
131537 
112 
62 
80 
21 
fesseurs 
(les aides 
inclusive- 
779 
495 
543 
127 
1744 
V CHAQUE ECOLE CORRESPONDENT 
en moyenne : 
Kilo 
mètres 
Ha 
bitants, 
1906 
3311 
3965 
2550 
2895 
Enfants 
à fré 
quenter 
302 
532 
701 
411 
fréquen 
tant 
l’école. 
303 
532 
708 
419 
481 
Profes- 
5. 17 
8. 00 
6. 79 
6. 05 
6. 34 
Conséquences du tableau précédent. — L'on voit par l’examen des nombres 
contenus dans les neuvième et dixième colonnes, que ceux des enfants astreints 
à aller aux écoles et des enfants qui les fréquentent réellement sont toujours
        <pb n="175" />
        22 
— 169 — 
égaux, ce qui montre avec quelle exactitude la loi est observée, même clans 
les campagnes. 
ÉCOLES nu DIMANCHE. 
Outre les écoles primaires, il y a, clans toutes les communes, des écoles du 
dimanche, et, dans les villes, des écoles du soir destinées à compléter l’ins 
truction élémentaire. On y enseigne la langue allemande, le dessin, les élé 
ments de la géométrie et des mathématiques, et dans quelques-unes on donne 
des notions de physique et de chimie. 
L’État accorde à ces écoles des subventions dont le total s’élève à i 5.000 tha 
lers (45ooo francs). 
ÉCOLES D’APPRENTISSAGE POUR LES FILLES. 
Enfin, il y a, dans les communes des parties montagneuses et pauvres, des 
écoles d’apprentissage pour les filles, où on leur enseigne la fabrication des den 
telles, de la bonneterie, etc. Les communes fournissent le local, le chauffage et 
l’éclairage; l’Etat paye les instituteurs et les institutrices, et alloue, pour ces 
dépenses, ZiSoo thalers (16875 francs)/Des inspecteurs surveillent ces écoles. 
TRAVAIL ET ÉCOLES DES ENFANTS DANS LES FABRIQUES. 
Quant aux enfants employés dans les fabriques et qui ne doivent pas y être 
admis aujourd’hui avant l’âge de 10 ans, et à partir de 1865 avant celui de 11 , 
les fabricants doivent leur laisser le temps nécessaire pour suivre l’école pri 
maire, ou établir dans leur fabrique une école qui satisfasse aux conditions 
de la loi ( du 6 juin 1 835). 
Le travail des enfants au-dessous de î/i ans est d’ailleurs limité à dix heures, 
y compris le repos pour les repas (loi du 1 3 octobre 1861). * 
DES GYMNASES ET DES ÉCOLES REELLES. 
Dans les grandes villes, telles que Dresde, Leipzig et Chemnitz, les gymnases 
et les écoles réelles sont aussi des charges exclusivement communales. — 
D’autres gymnases ont des fondations propres. La somme de 5oooo thalers 
portée au budget est destinée à l’entretien des gymnases et des écoles réelles des 
villes de moindre importance, telles que Zwickau, Freiberg, Zittau, Plauen, 
Annaberg, etc. au nombre de 11. 
Outre les 90000 thalers inscrits au budget, l’université possède des im 
meubles, des fonds de dotation, des rentes sur l’Etat produisant 80000 tha 
lers, ce qui élève ses ressources à 170000 thalers (627600 francs).
        <pb n="176" />
        î 70 
ÉCOLES TECHNIQUES. 
Quant aux écoles spéciales ou techniques, dont la création est nouvelle, et 
qui sont dans les attributions du ministère de l’intérieur, elles n’ont pas de 
revenus propres et, sauf le produit des rétributions scolaires, elles sont entiè 
rement à la charge de l’État. 
PROPORTION ENTRE LES RETRIBUTIONS SCOLAIRES ET LES DEPENSES. 
Les rétributions scolaires sont d’ailleurs très-modérées et, beaucoup d’élèves 
en étant dispensés, leur produit n’est qu’une assez faible partie des dépenses, 
ainsi qu’on peut le voir par les chiffres suivants : 
École polytechnique 
École des arts et métiers 
École des beaux-arts 
École des forêts 
École des mines 
École des maîtres constructeurs. 
École des contre-maîtres 
BUDGET 
thalers. 
30000 
18000 
22500 
16500 
14800 
u 
13750 
PRODUIT 
de la 
RETRIBUTION 
thalers. 
7000 
4000 
1500 
4500 
1200 
il 
1750 
RAPPORT. 
0..23 
0. 22 
0. 07 
0. 27 
0. 08 
h 
0. 13 
écoles des maîtres ouvriers (Bciümcister Schale). 
H y a cinq écoles de maîtres maçons ou charpentiers (Baumeister) entretenues 
par l’État. — Leurs cours comprennent trois semestres d’hiver. — Il existe 
aussi une école, pour les contre-maîtres des ateliers de construction de machines 
et de filature, à Chemnitz, dont les cours durent trois semestres, et quatre 
écoles de pilotes et de bateliers qui se tiennent du mois de décembre au mois 
de février. Elles sont situées dans des petites villes sur les bords de l’Elbe. 
La dépense totale pour ces écoles s’élève à i45oo thalers. 
ÉCOLES PROFESSIONNELLES. 
Au-dessus des écoles primaires et des écoles du dimanche, il y a, dans 
plusieurs villes industrielles, des écoles de différents degrés, parmi lesquelles 
nous choisirons pour exemple celles de Chemnitz, en commençant par celles 
du degré inférieur, destinées à donner à des chefs d’ateliers, à des contre 
maîtres l’instruction nécessaire.
        <pb n="177" />
        — 171 — 
ÉCOLE DES MAÎTRES OUVRIERS ( WERKMEISTER SCHULE) X CHEMNITZ. 
Cette école se compose de trois classes. Dans l’année 1862-1863 son ensei 
gnement a compris les matières suivantes et a été réparti par semaine comme 
il suit : 
Répartition des heures de leçons par semaine. 
MATIERES DE L’ENSEIGNEMENT. 
Langue allemande 
Arithmétique et éléments d’algèbre 
Géométrie 
Dessin à main levée 
Dessin géométrique. — Proportions 
Notions de physique 
Mathématiques et mécanique 
Description de machines et technologie. 
Construction de machines . 
Dessin de machines 
Dessin de bâtiments et de constructions. 
Machines hydrauliques (facultatif) 
Tenue de livres 
Filature et tissage (facultatif) 
Totaux. 
3» 
CLASSE. 
32 
28 
CLASSE. 
30 
MODE D’ENSEIGNEMENT. 
L’enseignement de l’arithmétique comprend des notions élémentaires d’al 
gèbre. Celui de géométrie, outre la géométrie élémentaire, s’occupe des 
applications au levé des plans, à l’arpentage et aux projections. 
La mécanique, le jaugeage des cours d’eau et la construction des machines 
sont enseignés élémenttaircment et au point de vue essentiellement pratique, 
avec des applications aux établissements locaux. 
Le dessin à main levée y est montré d’après la méthode Dupuis et en faisant 
exécuter beaucoup de croquis cotés. Sous le nom de dessin de bâtiment on 
comprend une étude spéciale des détails d’assemblage et d’exécution des cons 
tructions en bois et en fer. 
En un mot, cet enseignement, essentiellement technique et pratique, paraît 
très-bien remplir sa destination spéciale. 
Dans 1 année 1862-1860, cette école avait 49 élèves et 8 professeurs, parmi
        <pb n="178" />
        lesquels on comptait deux docteurs en philosophie, dont l’un enseignait les 
mathématiques et savait mettre son enseignement à la portée des élèves. 
ÉCOLE DES CONSTRUCTEURS (bAÜGEWERKENSHULe). 
L’enseignement, qui a pour objet de donner l’instruction nécessaire à des 
entrepreneurs de construction, est partagé en trois classes et réparti sur trois 
années d’études. Il suppose les connaissances mathématiques données à l’école 
des maîtres ouvriers ou dans d’autres établissements, et comprend les spécialités 
suivantes : 
Langue allemande, mathématiques, mécanique et projections, travaux de 
maçonnerie, de charpente, dessin d’ornement et d’architecture, perspective, 
art général de la construction. 
Tableau des heures de leçons par semaine. 
MATIERES DE L’ENSEIGNEMENT. 
Langue allemande et littérature 
Arithmétique 
Géométrie et projections 
Mécanique 
Dessin à main levée 
Dessin linéaire et perspective 
Constructions générales.—Connaissance des matériaux. 
Dessin d’architecture 
Dessin d’ornements. — Styles 
Physique 
Constructions. — Détails 
Projets de construction 
Rédaction des devis 
Modelage de voussoirs, etc 
Totaux 
3' 
CLASSE. 
36 
2° 
CLASSE. 
28 
CLASSE. 
30 
Cette école avait, en 1862-1 863, quatre-vingt-quatre élèves, répartis ainsi 
qu’il suit : 
Troisième classe,.quarante-six; deuxième classe, vingt et un; première classe , 
dix-sept. 
A la fin des cours, des examens sont passés, et l’on délivre des certificats de 
capacité aux élèves qui y ont satisfait.
        <pb n="179" />
        — 173 — 
L’examen détaillé des programmes montre que cet enseignement technique 
est donné avec une étendue suffisante, et que l’instruction scientifique y est 
renfermée dans des limites convenables. 
L’établissement a sept professeurs. 
ÉCOLE ROYALE SUPERIEURE INDUSTRIELLE DE CHEMNITZ (HOHERN GEWERBSCHÜLE). 
Cet établissement a reçu, par un décret royal, en date du 9 octobre 1862, 
l’autorisation de prendre le titre ci-dessus, et scs études ont été organisées ainsi 
qu’il suit : 
L’enseignement dure trois ou quatre ans et il est réparti en trois divisions 
spéciales. 
La première A, relative aux industries techniques, est subdivisée en deux 
sections, l’une A a pour les constructions de machines industrielles et particu 
lièrement des machines de filatures; la seconde A b pour les industriels qui ont 
besoin des applications de la chimie et de celles de la mécanique. 
Cette division A a trois années d’études. 
La deuxième division B se compose des élèves qui n’ont réellement besoin 
que des connaissances utiles aux arts chimiques, tels que les teinturiers, les 
savonniers, les imprimeurs en couleur, etc. 
Cette division n’a que trois années d’études. 
La troisième division C est celle des agriculteurs, et elle n’a aussi que trois 
années d’études. 
Nous croyons devoir donner ici le programme détaillé des études suivies par 
les trois divisions, parce qu’il indique bien les limites dans lesquelles l’ensei 
gnement est renfermé. 
PROGRAMME DES ÉTUDES. 
QUATRIÈME CLASSE. 
L’enseignement est commun pour tous les élèves de cette classe. 
Arithmétique.—Six heures par semaine, consacrées à l’arithmétique complète 
et à l’algèbre jusqu’aux équations du premier degré inclusivement (arithmétique 
de M. Teilkampf et problèmes de F. Hoffmann). 
Géométrie. — Quatre heures. La géométrie plane. 
Physique. — Quatre heures (Eléments de physique de Muller). Introduction 
générale à l’étude de la nature. Fragments d’astronomie, de géographie phy 
sique, de climatologie. Notions sur la chaleur, le magnétisme et l’électricité. 
Histoire naturelle. — Quatre heures : en été, botanique; examen des plantes
        <pb n="180" />
        — 17/1 — 
employées dans l’industrie. En hiver, zoologie, plus spécialement des mammi 
fères. 
Dessin à main levée. — D’après des formes géométriques, des modèles en 
plâtre; méthode de Dupuis. 
Dessin linéaire. — Constructions planes comme exercices; ombres à l’encre 
de Chine. 
Langue allemande. — Dans la classe 4 e , dans laquelle on sépare les élèves 
dont l’orthographe laisse encore à désirer, deux heures sont consacrées à des 
exercices de style et d’orthographe et deux heures à des exercices oraux; une 
heure à la grammaire. Dans la classe 4 a , deux heures de grammaire, une 
heure d’exercices oraux et une heure de compositions écrites. 
TROISIÈME CLASSE. 
ENSEIGNEMENT COMMUN AUX DIVISIONS A, B, C. 
Chimie générale. —En été six heures; en hiver quatre heures. Chimie orga 
nique et minérale. 
Langue allemande. — Deux heures de grammaire, deux heures d’exercice 
oral et lecture. 
Division A". 
Arithmétique. — Equations du premier degré à plusieurs inconnues; du 
deuxième degré, puissances, logarithmes, progressions, intérêts. 
Géométrie. — Stéréométrie; trigonométrie rectiligne; géométrie analytique. 
Physique. — Considérations mécaniques sur les corps solides, liquides et 
gazeux. Acoustique. Optique. Appliquer les mathématiques autant que les 
connaissances des élèves le permettent. 
Géométrie descriptive. — Pour la division A 1 ’, en été seulement. Projections 
rectangulaires, application aux polyèdres à axes parallèles aux plans de pro 
jection. Le point, la ligne droite, le plan. Détermination de la vraie grandeur 
au moyen des projections. Construction d’un corps d’après certaines données. 
Angle solide; polyèdres et leurs relations. Constructions et modèles. Cônes, 
cylindres, sections coniques, pénétrations, développements. Construction des 
surfaces développables, leurs sections, leurs tangences par et à des plans et 
à des sphères. 
Dessin à main levée. — De même qu’en quatrième classe, mais ombré. 
Lavis à l'encre de Chine. — Deux heures en hiver pour À a seulement; on
        <pb n="181" />
        — 175 — 
donnera des modèles lithographiés de corps géométriques et de machines non 
ombrés. 
Calculs commerciaux. — Monnaies; des différentes monnaies allemandes; 
conversion des monnaies; change en général; explication du cours de Leipzig; 
réduction de change simple ; intérêts; rabais; escompte; provision; escompte 
de traites; diverses manières de calculer les comptes courants; calculs des 
rentes et des actions; des factures; des profits et pertes; calculs simples et 
composés. 
La division A 1 ’a, en outre, en hiver, huit heures par semaine de manipula 
tions chimiques. 
Division B. 
Technologie mécanique. — Production et travail des métaux; travail du bois, 
des matières textiles. 
Manipulations chimiques. — Exercices; production et examen des matières 
d’un usage fréquent en industrie; analyse; les exercices sont différents suivant 
la destination de l’élève; les élèves tiennent un procès-verbal de leurs travaux. 
En outre, la division B participe à l’enseignement de l’arithmétique, de la 
géométrie, de la physique, du dessin à main levée, du calcul commercial de la 
division A de la même année. 
Division C. 
Arithmétique. — Equations du premier degré à plusieurs inconnues; équa 
tions du second degré; logarithmes, progressions arithmétiques et géomé 
triques; intérêts. 
Géométrie. — Trigonométrie rectiligne, stéréométrie. 
Physique. — Lois de l’équilibre; mouvement des solides, des liquides, des 
gaz. Acoustique. Optique. 
Botanique. — Botanique spéciale; examen des plantes sauvages, particu 
lièrement avantageuses ou nuisibles à l’agriculture. 
Zoologie. — Etude spéciale des animaux particulièrement avantageux ou 
nuisibles à l’agriculture. 
Minéralogie. — Quatre heures en hiver. Aperçu de cristallographie; examen 
des propriétés physiques et chimiques des minéraux en général; description 
physique des matériaux qui forment la terre arable. 
Connaissance des machines et technologie. — Description des principales pièces 
de machines et moteurs; travail du bois et du fer.
        <pb n="182" />
        Dessin de machines. — Deux heures en hiver. Projections; dessin d’ustensiles 
et de machines agricoles. 
Géométrie pratique. — En été, une après-midi par semaine, levé de plans 
et nivellement, par groupes de cinq à six élèves. 
Calcul commercial. — Monnaies; change; cours de la bourse de Leipzig; 
explication, comme pour la division A. 
Tenue de livres et correspondance. — Deux heures en été. Tenue de livres; 
explications théoriques. Application à une affaire d’importance moyenne avec 
une industrie telle que distillerie, briqueterie, pendant une période de trois 
mois en partie simple et en partie double.Correspondance; rédactions surdes 
sujets qui peuvent se présenter dans les affaires. 
Dessins de plans. — Pendant la période d’hiver dans la classe deuxième. 
DEUXIÈME CLASSE. 
ENSEIGNEMENT COMMUN AUX DIVISIONS A, B, C. 
Lauque et littérature allemandes. — Savoir: deux heures de littérature, une 
heure d’exercice oral, une heure de l’art de parler et de faire un discours 
(logique et rhétorique populaires). 
Division A. 
A b . Analyse. — Pendant l’été. Nombres figurés, séries, équations du deuxième 
degré, combinaisons. Détermination des valeurs, limites et quadrature des fonc 
tions. Séries binomiale, exponentielles, logarithmiques, goniométriques, cyclo 
métriques de Taylor. Détermination de la valeur y. Valeurs maxima et minima 
des fonctions. Méthode des moindres carrés. 
Trigonométrie sphérique et géométrie analytique plane. — En été, deux heures; 
en hiver, quatre heures pour A a seulement. 
Mécanique. — Statique et dynamique des corps solides, liquides, gazeux, 
avec tous les développements qu’exigera l’application aux machines. 
Lavis à l’encre de Chine. — Deux heures en ete, pour A a seulement. 
Dessin de machines. — En été, six heures, et pour A\ en hiver, quatre 
heures. Construction de mécanique géométrique, engrenages, dessin de parties 
de machines, de machines motrices et outils simples, d’après des modèles, des 
feuilles ou des croquis cotés. 
Géométrie descriptive. — En été, quatre heures; en hiver, deux heures, pour 
A a seulement. Changement des plans de projection, projections axonométriques.
        <pb n="183" />
        23 
— 177 — 
Des surfaces gauches clans leurs applications les plus simples el les plus impor 
tantes : ombres, projections, perspective; aperçu général des systèmes de 
projections. 
Géométrie pratique et dessin de plans. — En été, une après-dinée par semaine 
est consacrée à l’arpentage; en hiver, deux heures de dessin de plans pour A a 
seulement. La chaîne, la planchette, la boussole; nivellement, inscription, 
calcul et division des mesures. Détermination des hauteurs au moyen du baro 
mètre. Les opérations sont faites avec les instruments de l’établissement, par 
des groupes de cinq à six élèves chaque. 
En outre, la division A participe au cours de mécanique technologique, la 
subdivision A b au cours de chimie minérale et de géognosie. La subdivision A\ 
à raison de deux heures, et la subdivision A 1 ’, à raison de quatre heures en été 
et de six heures en hiver, prennent part au cours de chimie technique. Aux 
heures fréquentées par la division A 3 , on traitera surtout, en forme de répéti 
tion, les parties relatives aux traitements métallurgiques; pour le reste, on trai 
tera principalement des matériaux de combustion, d’éclairage, de la fabrication 
du verre, des produits chimiques. La subdivision A b participe, en outre, huit 
heures par semaine, aux manipulations chimiques. 
Division B 
Chimie technique. — Six heures. Répétition de la chimie générale en s’appe 
santissant sur les applications et sur la description des fabrications chimiques 
les plus importantes, par exemple, la fabrication du savon à propos des subs 
tances grasses, îa teinture et l’impression , à propos des matières colorantes, etc. 
Manipulations. — Douze heures, comme dans la troisième classe, avec choix 
des travaux suivant la carrière des élèves. 
Minéralogie, géognosie. — Deux heures. Minéralogie, en été. Introduction. 
Physiologie et terminologie des minéraux. Physiographic d’après le système de 
Neumann. En hiver, géognosie. Fragments de géographie et de géologie phy 
siques. Etudes des roches au point de vue de leurs applications. En outre, les 
élèves participent à l’enseignement de la technologie mécanique et peuvent 
s’occuper du dessin des machines. 
Division C. 
Physiologie des plantes. — Quatre heures en été. Anatomie des plantes de 
culture par démonstration microscopique et dessin. Physiologie générale des 
plantes. Principe des amendements. But du labour. Arrosage. Drainage. Expo 
sition. Reproduction. Fructification. Croisements. Variétés. Amélioration de
        <pb n="184" />
        la semence. Reproduction individuelle par bourgeons tubercules, oignons, 
greffe, etc. Développement physiologique. Germination, végétation; ma 
turité. 
En hiver : physiologie spéciale des plantes de culture. Description systé 
matique des cultures les plus importantes et des méthodes; modèles de ces cul 
tures. On fera des excursions dans les environs, et, dans l’établissement, des 
essais agricoles. 
Physiologie des animaux. — Deux heures en été. Anatomie des animaux do 
mestiques: squelette, muscles et tendons les plus importants, intestins, vais 
seaux, nerfs, organes des sens. En hiver, quatre heures. Physiologie générale 
des animaux domestiques. Théorie de la nutrition. Assimilation. Les quatre 
groupes de matières nutritives. Principes généraux de nourriture. Essais. 
Phénomènes plastiques. Formation de la viande, de la graisse, de la peau, des 
poils. Sécrétion du lait. De la capacité de travail et de l’élève du bétail au 
point de vue physiologique. Reproduction, développement de l’embryon, 
hérédité des qualités. But des croisements. Accessoirement : fonctions des 
nerfs, énergie spécifique des nerfs des organes, effets des muscles. Physio 
logie animale spéciale. Examen des particularités spécifiques présentées par 
les principaux animaux domestiques. La production de la viande, de la 
graisse, du lait, de la laine, de la force musculaire, au point de vue de l’ali 
mentation pratique. Le pied du cheval. Les maladies les plus importantes des 
animaux domestiques. 
Exploitation agricole. —- Quatre heures. Place occupée par l’agriculture dans 
l’économie politique. Principes. De la production. Capital et travail. De la 
circulation des biens, de l’argent, du crédit, des branches spéciales de revenu 
et de ce qui v a rapport, de l’usure des biens et de ses rapports avec la pro 
duction. Exigences de l’exploitation. De la propriété rurale, de sa composi 
tion, choix et acquisition ; du capital employé dans l’exploitation agricole, en 
bâtiments, ustensiles, bestiaux, fumiers, provisions. Du travail agricole. De 
l’organisation et de la conduite de l’exploitation : ses diverses branches; la 
culture proprement dite, l’élève des bestiaux. Choix de la classe des bestiaux 
et de la méthode à suivre pour les élever; industries accessoires. Comptes 
d’exploitation. Tenue de livres. 
Constructions rurales. — Deux heures. Aperçu succinct sur les matériaux de 
construction. Fabrication des briques, des tuyaux, de la chaux, du mortier ordi 
naire et hydraulique. Examen des diverses parties des bâtiments, murs, fonda 
tions, baies, plafonds, planchers, poutres, toits et parties extérieures. Dessin
        <pb n="185" />
        — 179 — 
de quelques constructions importantes. Règles pour la disposition d’habitations 
et d’exploitations rurales; étables. Composition de plans simples et devis suivant 
les différents modes d’exécution. Des chauffages les plus usités dans les établis 
sements agricoles. 
Géométrie pratique. — En été, une après-dinée par semaine. Levé de plans, 
les sections d’élèves opéreront d’une manière plus indépendante que dans les 
années précédentes pour compléter les connaissances acquises. Les élèves lève 
ront à la planchette des terrains assez étendus, en y pratiquant les nivellements 
nécessaires pour établir les courbes de niveau. En hiver, on fera un cours de 
deux heures sur le levé de plans. Emploi de différents appareils de mesurage, 
manière de les vérifier, deles corriger. Différentes méthodes pour lever et éva 
luer les surfaces. Représentation de la configuration du terrain. Calcul des 
déblais et remblais. Ces notions sont données avec plus ou moins de détails, 
suivant que l’élève en aura besoin ou non dans la suite. 
Géognosie. — Deux heures en été. Des roches. Description des principales 
roches, leur nature, leur gisement. Courtes notions sur leur formation et sur 
les fossiles. Connaissance des terrains. Excursions géognostiques. 
Chimie agricole. — Quatre heures en été, deux heures en hiver. On com 
plétera les parties de la chimie générale et organique spécialement importantes 
pour l’agriculteur. On parlera de la composition des terrains, des engrais, des 
plantes, des corps des animaux. En outre, les élèves de cette division partici 
peront, en été, pendant quatre heures, en hiver, de quatre heures à huit heures, 
aux travaux de chimie pratique; ils détermineront les différentes nature de ter 
rains, d’engrais; feront des recherches sur les plantes les plus importantes. En 
été, deux heures, en hiver,quatre heures.On leur fera les mêmes cours de chimie 
technique qu’à la division A\ en insistant davantage cependant sur les industries 
plus intimement en rapport avec l’agriculture, comme la fabrication de la 
fécule, du sucre, de la bière, de l’alcool, du vinaigre, etc. ' 
PREMIÈRE PARTIE. 
Cette classe ne comprend plus qu’une seule division A. 
Étude de machines. — Huit heures. Des machines et de leur construction en 
général. Organes pour transmettre, changer et régler les mouvements, au point 
de vue spécial des machines employées dans les fabriques. Mesure des forces 
motrices et de leur travail. Machines récepteurs du travail de l’homme, des 
animaux, de l’eau, de la vapeur, du vent. Machines de travail le plus ordi 
nairement employées.
        <pb n="186" />
        Dessin de machines. — Huit heures pour A a , quatre heures pour A b . Projets 
de portions de machines et de machines simples. 
Mathématiques. — Quatre heures en hiver pour A a seulement. Théorie géné 
rale des équations, géométrie analytique à trois dimensions, exercices mathé 
matiques. 
Minéralogie et géognosie. — Pour A a seulement (même cours que pour la di 
vision B). 
Chimie technique. — Deux heures en été. Métallurgie des métaux. 
Chimie analytique et théorique. — Deux heures en été, quatre en hiver pour 
A 1 ’ seulement. Dans ce cours, l’analyse qualitative est traitée d’une façon plus 
complète, et l’analyse quantitative et volumétrique est traitée à fond. On étu 
diera plus spécialement aussi la chimie théorique, au point de vue des poids ato 
miques, de la forme cristalline, des volumes et des poids spécifiques et la 
théorie de la chimie organique. 
Manipulations chimiques. — Quatre heures pour A a et douze heures pour A b . 
Constructions. —• Deux heures facultatives pour A b . Travail, forme, mesure 
des principaux matériaux, fabrication des briques, mortier ordinaire et hydrau 
lique. Disposition des bâtiments en général, au point de vue de la stabilité, 
de l’appropriation, de la beauté. Examen des principales parties des bâtiments 
au point de vue de la stabilité et de leur superposition, et dessins des construc 
tions les plus importantes pour des cas donnés. 
Chauffage. — Composition de projets simples ou devis. 
IMécanique technologique. — Les élèves de A a pourront prendre part, en tant 
qu’ils le jugeront avantageux à leur vocation, au cours de filature de la Werk 
meisterschule quatre heures par semaine. Ils sont, en outre, libres de prendre 
part aux cours suivants : 
Langue française. — Cet enseignement est donné dans cinq classes diffé 
rentes, à raison de trois heures par semaine, de sorte que chacun peut suivre 
la classe qui convient au degré de connaissances qu’il a déjà acquises. 
Langue anglaise. — Quatre classes à trois heures par semaine. 
Tenue de livres et correspondance. — Trois heures pour les divisions A et B 
(deuxième classe). 
En outre, dans la quatrième classe, il y a un cours de quatre heures par 
semaine sur l’histoire et la géographie, auquel sont tenus d’assister les élèves 
qui, en entrant, n’étaient pas suffisamment instruits dans ces matières. 
Ecole de dessin. — A cette école industrielle supérieure, ion a adjoint une
        <pb n="187" />
        — 181 — 
école de dessin industriel pour les apprentis et les compagnons employés dans 
les fabriques ou ateliers de la ville, et à laquelle sont également admis les élèves 
de l’école industrielle. 
Cette école de dessin a deux classes, à raison de quatre heures par semaine. 
La classe inférieure a pour but d’exercer les jeunes gens au dessin, la classe 
supérieure de donner l’enseignement spécial pour les dessins d’indiennes, d’im 
pression, de tissage, etc. 
ÉCOLES RÉELLES. 
Dans le royaume de Saxe, les écoles réelles sont des établissements d’ensei 
gnement littéraire,où l’on cultive un peu l’étude du latin, mais surtout celle des 
langues vivantes, l’allemand, le français et l’anglais. On ne s y occupe ni du grec, 
ni de la logique, ni de la philosophie, qui sont réservés pour les gymnases. Les 
sciences mathématiques et physiques et le dessin à main levée ont une part 
considérable du temps, et les jeunes gens qui sortent de ces établissements 
sont parfaitement en mesure, s’ils ont profité de leurs études, d’entrer aux ins 
tituts polytechniques. 
L’on a d’ailleurs soin d’écarter très-expressément tout ce qui peut ressem 
bler à des études pratiques ou techniques, et l’on n’y autorise pas même les 
manipulations chimiques. 
Ces écoles offrent donc en Saxe un type littéraire qui se rapproche beaucoup 
de celui qui est adopté en Prusse, et de celui qui a été proposé récemment en 
France par le Ministre de l’instruction publique sous le titre d’enseignement 
spécial. 
Leur organisation a été remaniée tout récemment par un décret royal du 
ï juillet i860, et comme le réglement qui en est résulté forme un ensemble 
complet, nous croyons devoir le reproduire en entier. 
RÈGLEMENT 
POUR LES ÉCOLES REELLES 1HJ ROYAUME DE SAXE. 
Décret (2 juillet i860) relutil à rétablissement d’un reglement pour les Realschulen. 
Le ministère des cultes et de l’instruction publique, en donnant le règle 
ment suivant pour les écoles réelles de Saxe, ordonne ce qui suit : 
I. 
Ce règlement est applicable à partir du jour de sa promulgation. Les direc 
teurs et inspecteurs devront le mettre à exécution dans les écoles respec-
        <pb n="188" />
        tives, clans le plus bref délai et dans tous les cas avant la fin de l’année cou 
rante. 
II. 
Les établissements auxquels leur position ou leurs ressources ne permettent 
pas la mise à exécution complète du règlement s’abstiendront à l’avenir de 
prendre le titre d’écoles réelles et adopteront un autre nom tel que ceux 
d’écoles bourgeoises supérieures (höhere Bürgerschule), d’école de perfection 
nement (Forbildungsclwle). Cet ordre s’applique également aux écoles réelles 
qui, en voie de formation, ne consistent encore qu’en quelques classes infé 
rieures ou moyennes. 
Le droit de faire subir des examens de maturité et de délivrer des certificats 
jouissant des prérogatives dont il est fait mention au paragraphe /i du présent 
décret, n’appartiendra qu’aux écoles réelles (Realschulen) auxquelles il aura été 
expressément accordé. Pour désigner celles de ces écoles auxquelles on accor 
dera ce droit, le ministère nommera une commission qui procédera à la visite 
de toutes les écoles et proclamera les noms de celles qui auront mérité cette 
faveur. Dans la suite d’ailleurs on fera également connaître publiquement les 
noms des écoles réelles (Realschalen) auxquelles on accordera encore ce droit, 
ou de celles auxquelles on l’aura retiré par suite de l’abaissement du niveau des 
études. 
III. 
D’accord avec le ministère de l’intérieur et des finances, nous décidons que 
les jeunes gens qui auront obtenu le certificat de maturité à l’une des écoles 
autorisées jouiront de certains privilèges indiqués plus loin, non-seulement 
pour leur entrée dans les établissements d’instruction supérieure et technique, 
mais encore pour l’accès aux emplois publics, tels que ceux des postes, des 
douanes, des télégraphes. 
Tout élève qui, sur un certificat de ce genre, aura obtenu la mention bien, 
au moins pour la chimie, la physique, les mathématiques et le dessin, pourra, 
sans autre examen, entrer dans la deuxième classe de la section inférieure de 
l’école polytechnique, et dans la seconde classe de la section d’agriculture ou 
dans la troisième classe de l’école industrielle (Geiverbschale) de Chemnitz. 
S’il a obtenu la mention bien dans les sciences mathématiques, il peut égale 
ment entrer sans examen dans l’académie de Tharant ou dans la quatrième 
division de l’académie des mines de Freyberg. 
Enfin, s’il n’a pas paru possible de faire de l’obtention de ce certificat de 
maturité une condition obligatoire pour l’admission aux services publics cités
        <pb n="189" />
        — 183 — 
plus haut, on donnera néanmoins, à capacité égale, la préférence a celui qui 
pourra produire un pareil certificat. 
Dresde, q juillet i860. 
Ministère des cultes et de l’instruction publique. 
Nous donnons ici, en entier, la traduction du règlement des écoles réelles 
de Saxe, en ce qui concerne les autorités, le personnel enseignant, les élèves, 
l’organisation, le plan d’études, les examens de maturité, parce qu’on y trou 
vera la preuve que les principes religieux et ceux de la morale y sont à juste 
titre considérés comme la base de l’enseignement de la jeunesse; ce qui montre 
que c’est fort injustement que l’on a accusé ces écoles et autres établissements 
analogues, d’avoir contribué au développement des idées matérialistes et révo 
lutionnaires qui inquiètent l’Allemagne centrale. 
RÈGLEMENT PROPREMENT DIT. 
INTRODUCTION. 
§ 1". 
Les écoles réelles, comme les écoles littéraires d’humanités, ont pour but 
de donner aux jeunes gens une instruction générale étendue; néanmoins elles 
ont en vue une destination plus pratique que celles-ci, de sorte qu’accordant 
une importance bien moindre à l’étude des langues anciennes, elles mettent 
en première ligne l’étude des langues nouvelles, des mathématiques et des 
sciences naturelles. 
§ 2. 
De même que les gymnases forment l’intermédiaire entre les écoles pri 
maires et les universités, les écoles réelles sont le lien des écoles primaires et 
des écoles spéciales supérieures. Elles doivent donc, avec 1 instruction générale 
qu elles donnent, être organisées de façon ò être des écoles préparatoires pour 
ces mêmes écoles, pour quelques branches techniques du service de l’Etat, et, 
en général, pour toute direction industrielle ou technique supérieure. 
g 3. 
On n’autorisera à porter le nom d’écoles réelles (Realschulen) que les écoles 
qui, dans leur organisation intérieure et extérieure observeront le plan suivant, 
et le ministère de l’instruction publique et des cultes se réserve de faire pu 
blier les noms de celles qui pourront délivrer des certificats de maturité.
        <pb n="190" />
        CHAP mu: r (^Section). 
AUTORITÉS. 
§ 4. 
Les écoles réelles relèvent directement de l’inspection des écoles, au-dessus 
de laquelle se place la direction de district ou cercle, et, en dernier ressort, 
le ministère de l’instruction publique et des cultes. Les écoles réelles annexées à 
des gymnases (actuellement celle de Plauen et celle de Zittau) font seules excep 
tion; leur position est réglée par le décret du 21 mars 1 835 relatif aux auto 
rités dont relèvent les gymnases communaux, et le règlement du 27 décembre 
i846 relatif aux écoles d’humanités, et elles sont placées comme les gymnases 
sous la dépendance de la commission des gymnases, qui relève directement du 
ministère de l’instruction publique et des cultes. 
§ 5. 
Attributions de l’inspection des écoles (Schul-Inspection). — Cette inspection 
sert d’intermédiaire entre la direction de l’école et les autorités supérieures 
dont elle exécute les prescriptions. Elle présente et installe les nouveaux pro 
fesseurs nommés par la direction et, par la voie de son membre ecclésiastique, 
les rappelle à leurs devoirs. Par la même voie, elle surveille l’instruction reli 
gieuse et la discipline , assiste aux examens annuels ; elle vérifie les plans 
d’études, les comptes, et les remet avec ses observations aux recteurs de dis 
tricts (Kreis Directoren), autorité immédiatement supérieure. Elle est le tri 
bunal disciplinaire inférieur pour les professeurs. 
Attributions des directeurs de districts (Kreis Directoren). — Les directeurs des 
districts exécutent les ordres du ministère des cultes et de l’instruction pu 
blique dans leur district pour ce qui est relatif aux écoles réelles. Ils font le 
projet annuel de budget pour les établissements placés sous l’administration 
du ministère des cultes ou qui reçoivent des subventions du trésor et le re 
mettent au commencement de décembre de chaque année. Ils vérifient les 
comptes et le plan d’études de toutes les écoles réelles de leur district et les 
soumettent au ministère avec leurs observations. Ils font visiter par un membre 
ecclésiastique de la direction, au moins une lois par an, en détail, chaque école 
réelle, et font un rapport au ministère. Les conseils de direction sont pour les 
professeurs le tribunal disciplinaire intermédiaire.
        <pb n="191" />
        185 — 
§ 7. 
Attributions du ministère des cultes et de l’instruction publique. — Le ministère 
exerce la surveillance supérieure sur toutes les écoles réelles du pays et en 
dirige les affaires en dernière instance. Tl nomme tout le personnel des profes 
seurs à toutes les écoles réelles administrées par le Gouvernement. Les écoles 
réelles administrées par des particuliers doivent faire agréer leurs professeurs, 
tant au moment de leur nomination première que lorsqu’ils passent à une autre 
branche d’enseignement, et faire connaître l’étendue exacte des matières ensei 
gnées. Les plans d’études, les budgets et les comptes doivent être contrôlés et ap 
prouvés par lui. Il fait inspecter les écoles réelles autant de fois qu’il le juge à 
propos, par des commissaires royaux. Il est pour les professeurs le tribunal 
disciplinaire supérieur. 
$ 8. 
Fondations de nouvelles écoles réelles. —• Pour que des villes, des communes 
ou des particuliers puissent fonder de nouvelles écoles réelles, ils doivent avoir 
1 autorisation du ministère des cultes et de 1 instruction publique, qui l’accorde 
ou la refuse d’après le degré d’utilité et les ressources que ces établissements 
peuvent avoir. 
§ 9. 
Droits et devoirs des directeurs d’écoles réelles privées. — Parmi leurs droits, ils 
ont celui de nommer le personnel enseignant et d’administrer de leur école. 
Mais, par contre, ils doivent tenir un compte spécial des recettes et dépenses de 
l’établissement, et les excédants de recette ne pourront être employés que dans 
l’intérêt de l’établissement ou être capitalisés. • 
Ils ne pourront pas, lors de la fondation d’une école, fixer arbitrairement la 
rétribution des élèves, ni changer les rétributions admises dans les établisse 
ments existants, sans l’agrément de l’autorité supérieure. 
CHAPITRE It. 
PERSONNEL ENSEIGNANT DES ¿COLES REELLES. 
§ 10. 
Connaissances exigées pour l'admission au professorat. — Pour occuper une 
place de professeur dans une école réelle, il faut avoir en général fait ses études 
académiques et obtenu le grade de professeur supérieur (dont les épreuves 
sont déterminées par le règlement du 12 décembre 1 848, $ 2) ou de candidat 
en théologie, suivant les branches d’enseignement à donner.
        <pb n="192" />
        Néanmoins, les professeurs sortis de simples écoles normales d’instruction, et 
qui se sont distingués dans leur carrière par leur zèle à se perfectionner, pour 
ront être admis comme professeurs dans les écoles réelles, conformément 
au décret additionnel du i5 avril i85o au règlement précité du 12 dé 
cembre 18 A 8. 
Dans le cas où l’enseignement du dessin, de la gymnastique, des langues 
vivantes, ne pourrait être confié à des professeurs déjà éprouvés, et d’une 
instruction reconnue, le ministère se réserve de décider comment les maîtres 
seront appelés à prouver leurs capacités. 
§ 11. 
Conditions dans lesquelles les professeurs sont admis. — La nomination des pro 
fesseurs ne se fait ni temporairement ni sous réserve d’un temps de dénoncia 
tion. Cependant, si le ministère juge à propos de faire permuter un professeur 
nommé ou ayant eu de l’avancement, sous l’application du présent règlement, 
à une autre école réelle ou d’enseignement supérieur, celui-ci doit s’y sou 
mettre, à condition que ses nouveaux appointements ne soient pas moindres 
que les anciens. Dans une école privée, les professeurs sont tenus d’obtempérer 
à des dispositions analogues prises par les administrateurs et approuvées par le 
ministre. 
Si le professeur est obligé de changer de résidence, on lui payera les frais 
de déplacement, dans le cas où ses appointements ne seraient pas plus élevés 
dans sa nouvelle position que dans l’ancienne. (Règlement des écoles littéraires, 
$%6.) 
. S 12. 
Épreuves d'admission et d’avancement. — Quoique les professeurs à nommer 
ou à faire avancer ne soient pas tenus à un examen spécial (conformément au 
règlement des examens des candidats au professorat supérieur du 1 2 décembre 
1 848 et de son complément du 1 5 avril 185o), le ministère se réserve de faire 
subir un examen, dans certains cas particuliers et sur des branches spéciales, 
aux individus qui lui sont présentés pour occuper une place de professeur. 
§ 13. 
Un professeur titulaire à une école réelle, en entrant en fonctions, doit re 
cevoir de la direction une lettre de nomination qui mentionne les principales 
conditions et les devoirs de sa charge ainsi que le montant des appointements à 
toucher. Dans le cas d’avancement d’un même individu, on ne donne pas une 
nomination nouvelle, mais ou met des annotations à la première.
        <pb n="193" />
        187 
§ 14. 
Tons les professeurs et maîtres d’une école réelle sont tenus de prêter ser 
ment. Les professeurs ordinaires seulement sont confirmés par décret. 
$ 15. 
Ces professeurs ordinaires ont droit au titre de professeur supérieur ( Ober 
lehrer). 
S 16. 
Ils sont compris comme tels à la première classe dans les pensions pour les 
veuves et les orphelins de professeurs aux écoles évangéliques. Pour ceux tou 
tefois qui n’ont pas fait leurs études académiques, la restriction prescrite par le 
paragraphe 4 de la loi du i er juillet 18/40 est seule maintenue. 
§ 17. 
Tous les professeurs ont droit au payement régulier de leur traitement. 
Ces traitements seront proportionnés aux occupations et aux services des 
professeurs. 
S 18. 
Les fits des professeurs qui suivent les cours de l’école réelle où leur père 
est professeur sont exemptés de la rétribution. 
§ 19. 
Outre le temps consacré à préparer consciencieusement leurs cours et à la 
correction des devoirs et compositions, les professeurs doivent donner par se 
maine jusqu’à vingt-deux heures de leçons ou de séances. Pour l’enseignement 
du dessin, du chant et de la gymnastique, le nombre de leçons s’élève jusqu’à 
vingt-huit heures. Le directeur n’en donne que quatorze. 
En cas de maladie ou de courte absence, les professeurs doivent se répartir 
l’augmentation de service qui en résulte, d’après les ordres du directeur et sans 
indemnité. 
Le directeur peut également, pour les matières d’un enseignement pénible, 
diminuer de deux à trois heures le nombre d’heures d’enseignement par se 
maine. 
S 20. 
Les professeurs doivent donner exactement et consciencieusement leurs 
leçons. Les cours doivent être commencés dix minutes après que l’heure a 
sonné et ne doivent cesser qu’au moment même où le signal est donné.
        <pb n="194" />
        Le directeur doit se vouer entièrement à son école. Dans les localités où un 
directeur cumule encore plusieurs fonctions, on nommera à la première va 
cance de cet emploi un directeur pour l’école seule, et cette condition est de 
rigueur pour obtenir l’approbation du ministère. Dans les écoles réelles an 
nexées à des gymnases, on nommera un vice-directeur, pris parmi les princi 
paux professeurs de l’école réelle. 
$22. 
Devoirs spéciaux du directeur. — Le directeur a pour fonctions la direction 
intérieure de l’école et la représentation à l’extérieur, il est responsable de 
toutes les fautes et infractions qui y sont commises. 
Il est spécialement chargé de la surveillance de l’instruction, de la discipline, 
de la composition des plans d’étude. Les procès-verbaux de conférences, les 
notes des classes et des sorties, les travaux pour l’examen de maturité, les pro 
cès-verbaux de ces examens, la conservation et l’entretien des bâtiments, des 
appareils, de la bibliothèque, etc. sont également dans ses attributions. 
$23. 
Esprit général du conseil des professeurs. — Les professeurs doivent toujours 
avoir en vue, outre leur occupation spéciale, le bien de l’établissement; ils 
doivent donc s’aider entre eux, soutenir leur directeur et se prêter conscien 
cieusement appui, en évitant toute différence égoïste et en faisant preuve 
d’abnégation en vue du succès de l’établissement. 
$ 26. 
L instruction des écoles réelles ayant par sa nature une direction obligée vers 
les questions d’ordre matériel, les professeurs s'efforceront de faire régner dans 
leurs leçons un ordre d’idées qui agisse sur l’éducation morale des élèves, dans 
le but de leur inspirer le zèle, l’obéissance, la fidélité à remplir leurs devoirs, 
la probité, la crainte de Dieu; et ils y parviendront encore plus sûrement par 
des relations paternelles avec les élèves, par une surveillance vigilante, mais non 
minutieuse, exercée surtout sur les élèves séparés de leurs parents, ainsi que 
par la force de l’exemple. 
$25. 
5e rappeler réciproquement leur tâche, s’entraider dans son accomplisse 
ment, constater les résultats acquis, se les communiquer, les discuter, travailler
        <pb n="195" />
        dans tous les sens aux progrès de l’établissement : tel est le but de la conférence 
des professeurs. Cette conférence, qui se compose de tous les professeurs de 
l’établissement, tient séance une fois par mois sous la présidence du directeur, 
mais elle peut être, dans les cas extraordinaires, convoquée par lui. Il est dressé 
procès-verbal des séances. Les décisions prises ne pourront être mises à exécu 
tion par le directeur qu autant qu elles seront renfermées dans les limites de sa 
compétence, sinon il en référera à l’autorité supérieure, qui avisera. Avant leur 
publication officielle, ces décisions sont considérées par les professeurs comme 
secrètes. 
CHAPITRE III. 
DES ÉLÈVES. 
$26. 
Principe général. — Les parents et les élèves doivent se bien pénétrer qu’un« 
école réelle n’est plus une école élémentaire où l’on admet et garde indiffé- 
remment tous les élèves. Ici, au contraire, pour être admis il faut faire preuve 
d’une certaine maturité d’esprit et d’instruction, et, pour se maintenir, il faut 
développer son intelligence et sa moralité. 
Les parents ne sont, il est vrai, pas tenus de maintenir leurs enfants pendant 
toute la période d’études, une fois qu’ils sont entrés, mais il est juste de les pré 
venir que l’instruction donnée par l’école est réglée en vue de la continuation 
des études jusqu’à leur terminaison, et qu’en retirant plus loties enfants, on 
renoncerait à une grande partie des avantages qu’ils sont en droit d’espérer de 
cette instruction. 
$ 27. 
Les demandes d’admission sont adressées au directeur, et l’élève doit justifier 
de son extrait de baptême, de ses certificats de vaccine et de confirmation (pour 
ceux qui ont été confirmés), et du certificat de ses progrès et de sa conduite 
dans les établissements dinstruction, privés ou publics, qu’il a fréquentés 
jusque-là. 
$28. 
Les élèves ne peuvent pas être admis avant 1 âge de dix ans accomplis. 
$29. 
L instruction exigée est l’instruction primaire que peut acquérir un enfant 
appliqué et intelligent dans ses quatre premières années de classes, avoir : 
ï 0 Connaissance de l’histoire sainte, Ancien et Nouveau Testament; avoir
        <pb n="196" />
        appris par cœur et comprendre la première partie principale du petit caté 
chisme luthérien; 
•2° Ecrire et lire couramment les caractères allemands et latins; 
3° Facilité pour écrire une dictée avec l’une ou l’autre de ces écritures; 
t\° Calcul : les quatre règles avec les nombres entiers; 
5° Répéter de mémoire une histoire facile; 
6° Les éléments dans les sciences réelles, notamment la géométrie. 
§30. 
Examens d’admission. — L’examen pour l’admission à la classe inférieure 
doit se faire au moins avec la coopération des professeurs de cette classe. Pour 
les classes supérieures, il en devra être de même pour les professeurs de la 
classe correspondante; mais il sera préférable de réunir tout le conseil des pro 
fesseurs. 
§ 31. 
L’admission n’a lieu qu’une fois par an avant l’ouverture des classes, et ce 
n’est qu’exceptionnellement, comme dans le cas de changement de domicile 
des parents, qu’on admet des élèves dans le courant de l’année. 
§32. 
A partir du jour de son entrée l’élève est soumis, tant à I extérieur qu’à l’in 
térieur, à la discipline de l’établissement. Cette discipline comprend toutes les 
mesures qui permettent à l’école d’accomplir sa tâche d instruction et d’édu 
cation. 
§33. 
Pour constater si les élèves fréquentent assidûment l’école, il existe dans 
chaque classe un registre, dans lequel le professeur qui donne le premier cours 
note les noms des absents, et que les professeurs suivants vérifient. 
Le professeur doit s’informer des causes des absences non justifiées, et, dans 
tous les cas graves, en référer au directeur pour la punition. 
§ 34. 
Les dispenses temporaires de fréquenter l’école ne doivent être accordées 
que dans des cas exceptionnels et pour des raisons de famille ou majeures. 
Pour la dispense d’une simple leçon, c’est le professeur qui l’accorde et dé 
livre le certificat. Une dispense plus longue est du ressort du directeur. 
§35. 
Pour que l’élève profite, il laut de 1 attention et du %èle, on veillera donc á 
ce que des punitions soient infligées pour tous les cas d’inattention.
        <pb n="197" />
        191 
§36. 
La conduite des élèves doit reposer sur une soumission volontaire à la supé 
riorité et à la capacité reconnues du professeur; cette déférence envers le pro 
fesseur influera plus tard sur la conduite civile du citoyen. 11 est donc im 
portant de s’assurer d’une obéissance et d’une sincérité parfaites comme 
premiers devoirs de l’élève. 
§37. 
Dans ses rapports avec ses condisciples, l’élève doit apprendre de bonne 
heure à respecter les droits des autres, soit égaux, soit plus faibles que lui, 
c’est-à-dire à acquérir un caractère pacifique et aimable; on prohibera surtout 
très-strictement les coutumes grossières qui proviennent d’un esprit de corpo 
ration mal entendu, et qui conduisent les anciens à exercer de mauvais procé 
dés envers les nouveaux venus. 
§ 38. 
Conduite en dehors de l'école. — Devoirs religieux des élèves. — 11 importe à 
l’éducation religieuse, fondement de toute véritable civilisation humaine, que 
l’école habitue de bonne heure les enfants à remplir leurs devoirs religieux. Il 
faudra donc tenir la main à ce que les élèves, sous la surveillance alternative 
d’un des professeurs, fréquentent régulièrement l’église, les dimanches et jours 
de fête. En outre, pour les élèves confirmés, il y a chaque année, deux fois au 
moins, confession et communion , avec participation du collège des professeurs, 
et après préparation préalable à l’école, comme l’exigent les mœurs pieuses de 
tout établissement d’instruction supérieure. 
§ 39. 
Les élèves doivent, en dehors de l’établissement, consacrer à l’étude tous les 
moments qui ne sont pas nécessaires à leurs exercices corporels. 
§ 40. 
Récréations des élèves. — De leur participation aux divertissements publics. — 
Les récréations des élèves doivent être simples et naturelles et être calculées 
pour le maintien de la sauté de lame et du corps, mais sans exposer à un dan 
ger de distraction, d'affaiblissement et de dissipation des plus nobles forces. 
Ces récréations résulteront surtout des relations avec les familles, d’une sévère 
moralité, des exercices du corps et de la jouissance de la campagne. Comme 
le caractère de 1 homme ne se fortifie pas dans les distractions, mais bien dans 
un sérieux recueillement, par des jouissances modérées, par 1 exercice de l’ab 
négation, les élèves, même les plus âgés, ne pourront prendre part aux diver-
        <pb n="198" />
        192 — 
tissements publics qii’exceptionnellement, avec l’autorisation expresse du direc 
teur et du professeur respectif, qu’ils devront obtenir dans chaque cas parti 
culier. 
§ 41. 
Concours des parents. — Comme les parents sont aussi intéressés aux succès 
des élèves, l’école leur demande de coopérer pour leur part à agir sur leurs 
enfants dans l’intérêt de leurs études. A cet elfet, le directeur et le professeur 
de la classe respective auront soin de porter immédiatement à la connaissance 
des parents toutes les observations importantes relatives à leurs enfants. Cha 
que semestre, d’ailleurs, on délivre des certificats réguliers de progrès et de 
conduite. 
$ 42. 
Peines disciplinaires. — Le but de ces peines doit être non-seulement de 
rendre justice, mais encore de ramener l’élève au devoir et de l’améliorer. Ces 
peines varieront donc non-seulement avec la faute, mais encore avec l’inten 
tion, le caractère, l’àge, la conduite ordinaire du délinquant, et comprendront 
toujours une remontrance et des exhortations très-vives de la part des parents. 
§ 43. 
Parmi les peines disciplinaires on distingue celles que peut appliquer le pro 
fesseur, qui doit en informer le directeur, et celles que le directeur seul, ou 
assisté du collège des professeurs, peut infliger. 
I. Chaque professeur peut, pour des infractions ou des fautes légères com 
mises pendant son cours : 
i° Faire une remontrance; 
2° Faire sortir l’élève des bancs dans les trois classes inférieures; 
3° Donner à faire un pensum chez lui; 
4° Faire rester à l’école jusqu’à concurrence de deux heures supplémen 
taires, avec un pensum à faire sous la surveillance d’un maître. 
II. Le directeur seul peut : 
i° Faire une remontrance devant la classe; 
2 Û Faire descendre de plusieurs rangs dans la classe; 
3° Donner deux heures de cachot. 
HL Pour des fautes grossières, surtout contre la moralité, ou les règle 
ments généraux, ou contre l’autorité des professeurs, c’est le conseil des pro 
fesseurs qui, d’après les circonstances, applique : 
I o La remontrance devant le conseil, en en donnant également connais 
sance à la classe;
        <pb n="199" />
        20 
— 193 — 
2° La dégradation dans la classe, en retirant à l’élève un emploi honorifique; 
3° Le cachot avec ou sans chaîne, jusqua concurrence de six heures avec 
un pensum; 
4° L’expulsion définitive de l’établissement. 
Dans ce dernier cas, si, dans le conseil des professeurs, les voix sont parta 
gées, on prend l’avis de l’autorité supérieure; mais si le directeur juge la pré 
sence de l’élève nuisible à l’établissement, il peut l’en tenir éloigné jusqu’à ce 
que la décision soit rendue. L’élève renvoyé ne reçoit un certificat que sous la 
condition d’y mentionner qu’il a été renvoyé et pour quels motifs. 
Les peines corporelles dans les classes inférieures ne sont pas absolument 
interdites, mais ne seront appliquées que dans le cas où l’on jugera quelles 
produiront un effet utile à l’individu. La punition est appliquée sous la respon 
sabilité du professeur. Dans chaque classe se trouve un registre où l’on inscrit 
les punitions. 
CHAPITRE IV. 
ORGANISATION DES ¿COLES. 
§ 44. 
Nombre des classes. — Les écoles réelles doivent se composer de six classes 
successives, celles qui n’ont encore que cinq classes doivent ajouter une classe 
supérieure en plus. 
Dans les écoles réelles (Realschulen) annexées aux gymnases, les subdivi 
sions A et B de la première classe se changent en I et 11, et les désignations des 
autres classes en conséquence. 
$ 45. 
Système des classes. — Quoique dans les écoles réelles (Realschulen) certaines 
matières, telles que les mathématiques, les sciences naturelles, le dessin, les 
langues nouvelles doivent être réparties d’après les spécialités, il laut nean 
moins que le système par classe soit maintenu, autant que cela est compatible 
avec un enseignement suivi, et soit surtout caractérisé dans chaque classe par. 
la présence d’un professeur ordinaire de cette classe, auquel les élèves seront 
soumis pour tout ce qui concerne l’ordre et la discipline, et qui, en outre, doit 
surveiller les élèves en dehors de l’école. 
C’est le directeur qui, dans le cas de changement de personnel, propose 
dans son plan d’études la personne destinée à être nominee professeur de 
classe. 
Le système de division par classe rend obligatoire pour les élèves d’une
        <pb n="200" />
        — 194 
même section tousles cours de cette classe (sous la réserve de ce qui est dit au 
paragraphe 62 ). 
$46. 
Nombre des élèves dans chaque classe. — Ce nombre rre doit, en général, pas 
dépasser quarante; s’il le dépasse en moyenne, il y a obligation d’établir une 
classe parallèle. 
$47. 
Cours d’études. — L’enseignement est divisé par cours d’une année, de Pâques 
â Pâques, seule époque à laquelle ont lieu les admissions ordinaires (§ 26). 
$48. 
Durée des études complètes dans une école réelle. — Cette durée est de six ans 
au moins, mais pour ceux seulement qui ne sont obligés de redoubler aucune 
classe. Celui qui, après avoir redoublé une classe, n’est pas reconnu capable de 
passer à la classe supérieure, doit quitter l’établissement. 
$49. 
Répartition des heures de cours dans la semaine. — Les cours doivent être dis 
tribués de façon que : i° les lundi, mardi, jeudi et vendredi il y en ait le matin 
et le soir,; mais le mercredi et le samedi le matin seulement; 2 0 do façon que, 
les leçons les plus difficiles et les plus importantes soient données le matin. 
Les leçons de religion seront les premières, et au plus tard les secondes de 
la journée. 
$50. 
Nombre d’heures de cours. — Ce nombre ne doit, pour aucune classe, dépas 
ser sept heures par jour, et quatre ou cinq au plus pour les jours où l’après- 
midi est libre. 
Pour le reste, voirie plan d’études. 
$ 51. 
Prière au commencement des leçons. —Comme usage chrétien, et afin que les 
professeurs comme les élèves aient toujours en vue ce qu’il y a de plus élevé 
pour l’homme, la première leçon sera tous les jours précédée d’une prière, qui 
sera le plus utilement prononcée par le professeur. En outre le lundi matin , de 
bonne heure, avant le commencement des cours, les élèves seront réunis dans 
la salle destinée aux solennités de l’établissement, pour s’y livrer en commun 
à la prière. De même, avant les vacances, la clôture des cours sera chaque 
fois précédée d’une courte et solennelle prière. Outre le directeur, tous les pro 
fesseurs dont les cours finissent ou commencent assisteront à ces prières.
        <pb n="201" />
        - 195 — 
§52. 
Répétitions périodiques. — Afin de s’assurer que l’enseignement a été bien suivi 
et de quelle manière chaque élève en a profité, ainsi que pour forcer également 
ceux-ci à bien se pénétrer des matières enseignées, les professeurs feront, à de 
courts intervalles, des répétitions. Si 1 enseignement des matières ne présente 
pas de moment plus spécialement favorable à ces répétitions, elles seront tenues 
dans les dernières leçons de chaque mois. 
§53. 
Examens. — Deux fois chaque année tous les élèves seront examinés, sa 
voir : à la Saint-Michel et avant Pâques. Les examens de la Saint-Michel ne sont 
pas publics; leur but est principalement de stimuler le zèle des élèves et de les 
classer d’après leur mérite dans chaque classe. Les examens de Pâques ont, en 
outre, pour but de montrer, par une épreuve publique, quel est le niveau des 
études dans l’établissement : c’est par ce motif qu’ils sont relégués à la fin de 
l’année, et qu’on y invite le public. 
§54. 
Mode d’examen. — Les examens de la Saint-Michel et de Pâques se com 
posent d’épreuves écrites et d’épreuves orales. Les épreuves orales ne seront 
qu’une espèce de répétition générale à laquelle assisteront le directeur et les 
professeurs de la classe; mais elles ne dureront pas plus de huit jours pour tout 
rétablissement. Dans les examens de Pâques, les classes seront examinées 
successivement; mais il ne serait pas possible de pratiquer un examen portant 
sur toutes les matières de ¡’enseignement. 
Voici d’ailleurs en quoi consisteront les épreuves écrites tant à la Saint-Michel 
qu’à Pâques : 
PREMIÈRE CLASSE. 
ï 0 Une composition en allemand ) sur un sujet qui doit être communiqué 
2° Une composition en français ) quatorze jours à l’avance; 
3° Une traduction d’allemand en anglais ; 
4° Une traduction d’allemand en latin; 
5° Résolution d’un problème géométrique; 
(i° Résolution d’un problème arithmétique; 
7° Résolution d’un problème de physique. 
Pour chacune des cinq dernières épreuves les élèves ont trois heures, et elles 
doivent se faire sous la surveillance d’un professeur. 
(Suit la liste des épreuves pour les autres classes.) 
2 5 .
        <pb n="202" />
        Promotions. — D’après Je résultat de ces examens et de ceux du semestre 
précédent, et d’après Ja conduite de J’élève, Je professeur ordinaire de la classe, 
aidé des autres professeurs de cette classe, procède au classement des élèves 
et soumet au directeur, pour être approuvée par le conseil des professeurs, la 
liste des élèves qui méritent d’être promus à la classe supérieure. 
' S 50. 
Notes semestrielles. — En vue du résultat des examens et de la conduite de 
l’élève pendant le semestre, le professeur tient des notes sur ses progrès, son 
zèle, sa conduite. Ces notes sont remises à l’élève; ses absences y sont égale 
ment relatées. Les cinq degrés d’appréciation sont : très-bien, bien, satisfaisant, 
à peine satisfaisant, insuffisant. 
Les notes sur les progrès ne sont pas données en résumé, mais bien pour 
chaque matière spécialement et, à cet eilet, sur les états de ces notes sont impri 
mées l’une ou l’autre des listes de matières, l’une de ces listes servant pour les 
trois classes supérieures, l’autre pour les trois classes inférieures. 
Le professeur doit s’assurer que ces témoignages ont été remis aux parents 
ou tuteurs. L’élève qui, pour sa conduite, a, pour deux semestres consécutifs, 
reçu la note insuffisante est renvoyé de l’école. 
S 57. 
Prix. — Il est à désirer qu’après chaque examen on donne des prix aux 
élèves qui ont eu les meilleures notes, surtout dans les trois classes supérieures. 
Là où il n’y a pas de dotation spéciale pour cet objet, il faudra en tenir compte 
dans le budget des dépenses. 
§ 58. 
Fêtes des écoles. — Outre les fêtes locales, telles qu’anniversaires de fonda 
tion, certaines fêtes, comme celles du départ, à Pâques, des élèves qui ont fini 
leurs études, ou celle de l’anniversaire de la naissance de Sa Majesté, seront 
célébrées chaque année, et après les discours prononcés par les élèves à cette 
occasion, un des membre du conseil des professeurs prendra la parole pour 
inspirer des sentiments de respect et de dévouement au Roi et à la famille 
régnante et pour retracer les traits de quelque noble figure historique ou rap 
peler quelque grand souvenir de l’histoire de la patrie. 
§ 59. 
Vacances. — A Noël, du ad décembre au 7 janvier; à Pâques, du dimanche
        <pb n="203" />
        des Rameaux au lundi qui suit la Quasimodo; à la Pentecôte, au temps des 
canicules, trois semaines, et après la Saint-Michel, une semaine. A part cela, 
il ne sera accordé aucun congé d’une journée ou d’une demi-journée pour 
usages locaux. Là où ces congés ne pourront être supprimés, on ne donnera 
pas de vacances à la Saint-Michel. 
S 00. 
Programme de la séance pabligac. — Il est tenu une séance publique pour 
les examens de lin d’année. Cette séance commence par un travail fait par 
l’un des professeurs, généralement à tour do rôle. On fait connaître les chan 
gements survenus dans le courant de l’année ou les incidents remarquables; 
on lit la liste des élèves de chaque classe; enfin le tableau des matières ensei 
gnées, des travaux exécutés, des leçons par semaine. Ce programme doit être 
remis aux autorités dont l’école relève. 
CHAPITRE V. 
CLAN D’ÉTUDES. 
§ 61. 
Matières d’enseignement. — Les matières enseignées, outre la religion, la 
vraie et la plus noble base de toute éducation , peuvent se diviser en trois 
groupes, les sciences, les langues, les connaissances générales (Fertigkeiten). 
Les sciences comprennent : 
i° L’histoire; 
2° La géographie; 
3° Les sciences naturelles se subdivisant en sciences naturelles descriptives, 
description de la nature, botanique, zoologie, minéralogie, et en études de la 
nature, physique, chimie ; 
h° Calcul arithmétique ; 
•j° Mathématiques, géométrie, algèbre. 
Les langues : 
i° Allemande; 
?.° Latine; 
3° Française ; 
â n Anglaise. 
Connaissances générales ou complémentaires (Fertigkeiten). 
i° L’écriture;
        <pb n="204" />
        198 
3° Le dessin ; 
!i° Le chant; 
5° La gymnastique. 
Le plan d’enseignement suivant a pour but d établir à partir de quel point 
de départ et à quel point de vue chacune de ces matières doit être enseignée, 
et comment elles doivent être réparties dans les diverses classes. 
§62. 
Enseignement religieux. Son but. — L’enseignement religieux doit, dans les 
écoles réelles, comme dans tout autre établissement chrétien, être la base de 
toute instruction et de toute éducation. Cet enseignement doit être humble 
ment soumis à la parole de Dieu pour produire une foi vivifiante , une piété 
sincère, présidant à toute notre vie et l’ennoblissant, mais il ne doit consister 
ni en commentaires faux ou superficiels qui conduisent à 1 indifférence reli 
gieuse, et même à l’incrédulité, ni en un dogmatisme faux et dangereux, rétré 
cissant le cœur, faisant oublier pour des formules la vie et la force de la religion, 
et jetant les bases précoces de l’intolérance, des dissidences religieuses et de 
l’amour-propre. Les élèves qui appartiennent à une autre confession chrétienne 
qu’à la confession évangélique doivent être dispensés de l’enseignement religieux 
et du culte, mais ils doivent apporter un témoignage prouvant qu’il a été pourvu 
ailleurs à leur éducation religieuse. 
§ 63. 
Répartition de renseignement. — En troisième, la plupart des élèves font leur 
confirmation; il faut donc jusque-là continuer l’étude de l’histoire sainte et du 
catéchisme, mais ensuite l’enseignement doit être dirigé de façon à donner une 
connaissance plus approfondie de 1 Evangile, et, pour la satisfaction du cœur, à 
amener de plus en plus à reconnaître le salut en Jésus-Christ, ce qui les pré 
munira non-seulement contre les erreurs prédominantes de notre époque, mais 
encore contre les dangers de la jeunesse et de leurs penchants individuels. 
Ainsi, de la sixième à la troisième inclusivement, l’enseignement consistera 
en histoire sainte et étude du catéchisme, avec le nombre d’heures indiqué 
au tableau des leçons, qui sera donné à la suite. 
Dans les classes de seconde et de première, on donnera l’histoire de la reli 
gion, la lecture des parties de l’Ancien Testament relatives au Messie, des 
psaumes choisis, de l’Evangile selon saint Jean et de l’Epître aux Romains. 
Différences de confessions. — On ne se bornera pas à faire ressortir ce qui 
divise les différentes confessions chrétiennes, mais on appuiera aussi sur ce 
quelles ont de commun.
        <pb n="205" />
        — 199 — 
S GL 
Professeurs de religion. — Pour aucune autre matière l'influence person 
nelle du professeur n'est aussi grande que pour l’enseignement religieux; en 
outre, comme cet enseignement est différent de la direction spéciale prédomi 
nante chez les professeurs dans les écoles réelles, on ne pourra charger, en 
général, ces derniers de l’enseignement religieux, il faudra surtout y renoncer 
pour les deux classes supérieures et apporter tous ses soins au choix d’un pro 
fesseur spécial. 
§65. 
Langue mère. — L'étude de la langue allemande est celle à laquelle, par un 
revirement récent, on a consacré le plus de temps, après une période d’injuste 
abandon; mais l’organisation mal entendue de cette étude n’a pas donné des 
résultats en rapport avec le temps qu’on y a consacré. On a adopté comme 
base de cet enseignement une grammaire régulière, comme si l’élève avait à 
se familiariser avec les premiers éléments de la langue, quand il en a sûre 
ment déjà un certain usage, et on a poursuivi laborieusement l’étude détail 
lée de cette grammaire à travers toutes les classes, en ne laissant qu’une place 
relativement insignifiante aux productions dans celte langue. 
Tl faudra donc faire un peu moins de grammaire et un peu plus d’exercices 
littéraires. 
§ 66. 
Répartition de cet enseignement. — 6 e classe, quatre heures. Exercices de lec 
ture. Orthographe, grammaire et ponctuation. Prononciation. Exercices écrits, 
un par semaine. 
5 e classe, quatre heures. 
§ 67. 
En définitive, l’étude de 1 allemand doit donner la possession parfaite de cette 
langue, la connaissance des principales époques de sa littérature, des écrivains 
les plus distingués et de quelques-uns de leurs ouvrages. 
§ 68. 
Langue latine. — Cette langue peut servir de base grammaticale; en outre, 
elle est utile dans l’étude du français et de l’anglais. Son enseignement ne de 
vrait être obligatoire que pour les élèves qui fréquentent l’école dans 1 intention 
de subir l’examen de maturité. 
§ 69. 
Manière de l’enseigner. — L’étude de la grammaire doit prédominer, puis on
        <pb n="206" />
        passe aux exercices de thèmes et de versions. Il ne faut pas vouloir faire arriver 
les élèves à parler latin. La meilleure méthode sera de laisser, surtout dans les 
classes supérieures, cet enseignement sous la direction d’un ou de deux profes 
seurs seulement, d’un philologue, par exemple, qui traitera la matière confor 
mément aux besoins de l’école. 
S 70. 
Pour la répartition du temps, voir le tableau. 
§ 71. 
Le but qu’on doit se proposer, c’est d’amener les élèves à pouvoir traduire 
en latin, sans fautes grossières, un écrit allemand de difficulté moyenne, ou à 
pouvoir lire un chapitre de Jules César ou de Cicéron sans dictionnaire, ou 
bien à traduire correctement, à l’aide du dictionnaire, un passage difficile. 
S 72. 
Langue française. — 11 faut, dès l’origine, attacher beaucoup dimportance 
à une prononciation correcte et distinguée. Aussi cet enseignement ne doit-il 
pas être confié à une personne qui n’ait pas eu l’occasion d’acquérir une pareille 
prononciation, quand même, du reste, elle connaîtrait parfaitement la langue. 
§ 73. 
Pour le nombre d’heures par semaine, voir le tableau. En 3 e , par exemple, 
exercices de syntaxe, lecture, exercices de prononciation; apprendre par cœur. 
Lecture avec aperçu des principales époques de la littérature. L’enseignement 
se fera en français. 
§ 74. 
En sortant de i rc , l’élève doit savoir traduire, sans dictionnaire, un morceau 
difficile, en prose, ou facile, en vers, afin qu’il puisse comprendre au cours, 
répondre couramment en français aux demandes qu’on lui adresse? écrire en 
français une dictée facile faite en allemand, faire une composition française 
correcte sur un sujet donné avec des tournures françaises. 
§ 75. 
Langue anglaise. — Cette langue , qu’on commence à étudier dans une 
classe plus élevée (3 P ), de même que le français, doit être enseignée d’après les 
mêmes principes. Voir le tableau des leçons. 
§ 77 = 
L’élève sortant de i ,e doit avoir une prononciation sure, pouvoir traduire
        <pb n="207" />
        — 201 — 
une page de prose, qui ne traite pas d’un sujet particulièrement difficile. Faire 
un thème anglais sans faute ou erreur grossière. 
§78. 
Géographie. — Cet enseignement a pour but de permettre à l’élève de 
s’orienter sur tout notre globe au point de vue ethnographique, politique, phy 
sique et topographique. 
Il y a deux heures de leçons dans chaque classe. 
§79. 
En 6' classe. Usage des cartes. Principes de géographie générale, forme de ta 
terre, parties du monde, longitudes et latitudes, zones, pôle et équateur, etc. 
Si le temps le permet, on fera connaître les parties les plus importantes de 
la Saxe et de la Palestine. 
5 e . Répétition. Aperçu général du globe. 
k*. Les cinq parties du monde considérées isolément. 
3". Les Etats de l’Europe au point de vue du commerce et de l’industrie et 
surtout l’Allemagne. 
2 e et i Les Etats extra-européens au même point de vue (géographie ma 
thématique). 
§ 81. 
Histoire. — Deux heures de leçons dans chaque classe. Outre le point de vue 
didactique, cet enseignement élargit celui sous lequel on considère l’humanité; 
il ouvre le cœur à l’enthousiasme pour ce qui est grand et noble, et remplit 
de respect envers Dieu, qui, seul, se maintient éternel et immuable au milieu 
des mutations diverses de l’humanité. 
§ 82. 
6*. Histoire ancienne. 
5 e . Histoire du moyen âge, en faisant ressortir surtout les grandes figures de 
l’histoire de l’Allemagne et de la Saxe. 
4®. Histoire moderne et spécialement celle de la Saxe. 
Dans les classes 3, 2, 1, on reprend les mêmes sujets, mais on les appro 
fondit davantage. 
Le but de cet enseignement est, d’un côté, de développer le jugement par 
l’étude historique, et, de l’autre, de connaître les points principaux de 1 his 
toire. 
§ 84. 
Sciences naturelles. — Les sciences naturelles forment une partie essentielle de 
21*
        <pb n="208" />
        l’enseignement et du genre de culture à donner à l’esprit dans les écoles réelles. 
L’histoire naturelle est répartie dans toutes les classes de l’école; mais l’étude 
de la physique et de la chimie ne commence qu’en troisième avec les notions 
élémentaires générales. 
En seconde, il y a trois heures de physique et deux heures de chimie. En pre 
mière, deuxheures de physique et trois heures de chimie par semaine. Le cours de 
physique, de seconde, sera principalement expérimental. Celui de première trai 
tera les matières avec application des mathématiques. Après les cours de chimie 
minérale on donnera un aperçu de la composition des principales substances 
organiques. Les travaux de manipulation doivent être complètement supprimés 
dans les écoles réelles et laissés aux écoles techniques spéciales. 
S 85. 
Classifications. — Dans la 6 e et dans la 5 e , on donnera, pendant le semestre 
d’été, la description de quelques plantes, on les divisera en groupes naturels 
d’après leurs analogies. Description des organes des plantes. 
En zoologie (hiver), description d’animaux. 
En 4°. Botanique (été). Description des principaux organes des plantes et de 
leurs fonctions. Application du système de Linnée à la détermination des 
espèces. 
Indication du classement en familles naturelles. 
Zoologie (hiver), organes des animaux. 
Du règne animal, d’après Cuvier. 
3 e . Botanique, répétition, fragments du système naturel de Jussieu. 
(En hiver.) Minéralogie. Description de quelques minéraux. 
2 e et i ie . Minéralogie et géognosie. 
§ 87. 
Mathématiques, calcul. — S’attacher à une connaissance approfondie des 
mathématiques élémentaires. En outre, en algèbre, on donnera des méthodes 
pratiques pour la résolution des équations d’un degré supérieur, et on ira jus 
qu’au binôme de Newton inclusivement. 
§90. 
Dessin. — Dans les classes supérieures, on fera du dessin géométrique, mis 
en rapport le plus possible avec l’enseignement mathématique. Le dessin topo 
graphique, architectural, celui des machines, ne sont pas à leur place dans les 
écoles réelles. Dans les classes inférieures on ne fait que du dessin à main levée, 
on emploiera de préférence la méthode de Peter Schmitd ou celle de Dupuis.
        <pb n="209" />
        26. 
— 203 — 
§93. 
Calligraphie. — Dans les classes supérieures les professeurs insisteront sur 
l’utilité d’une belle écriture. 
§94. 
Chant. — Tous les élèves sont tenus d’assister aux leçons de chant. 
Les élèves cpii font partie des chœurs ont, en outre, deux heures de chants 
d’ensemble. 
§95. 
GYMNASTIQUE. 
TABLEAU DU NOMBRE D’HEURES CONSACREES PAR SEMAINE AUX DIVERS ENSEIGNEMENTS. 
Religion 
Allemand 
Latin 
Français 
Anglais 
Géographie 
Histoire 
Histoire naturelle. 
Physique 
Chimie 
Calcul 
Algèbre 
Mathématiques . . 
Dessin 
Calligraphie. ... 
Chant 
Gymnastique. 
CLASSE. 
2 e 
CLASSE. 
CLASSE. 
4 e 
CLASSE. 
heures. 
CLASSE. 
6* 
CLASSE. 
97. 
Modification de ce plan d’études. — il ne sera admis aucun changement dans les 
prescriptions générales indiquées précédemment, mais seulement dans la répar 
tition des études et le nombre d’heures par semaine, d’après les observations 
motivées des professeurs, du directeur, et avec l’approbation du ministère.
        <pb n="210" />
        — 204 
$08. 
Les livres employés seront mis en rapport avec cet enseignement, surtout 
pour l’histoire, la géographie, les mathématiques, la physique. Ces livres devront 
être autorisés par le ministèré, qui jugera sur un exemplaire ou un manuscrit 
qui lui sera remis. 
CHAPITRE VI. 
EXAMENS DE MATURITÉ. 
$09. 
Après la fin des études à l’école réelle, on procède à un examen de matu 
rité; mais les écoles seules qui en auront reçu l’autorisation expresse du minis 
tère de l’instruction publique et des cultes pourront organiser de pareils exa 
mens. 
$ 100. 
La commission d’examen sera composée du directeur, de tous les profes 
seurs des branches sur lesquelles roulera l’examen, surtout des professeurs des 
classes supérieures, et elle sera présidée par un commissaire délégué par le 
ministère de l’instruction publique et des cultes. 
$ 101 . 
Pour être admis à cet examen, il faut et il suffit que l’élève ait suivi les 
cours de la classe supérieure d’une école réelle, et qu’il fasse sa demande d’ad 
mission au directeur. 
Les élèves des autres établissements doivent produire des attestations d’après 
lesquelles on juge si l’on doit les admettre ou non à l’examen. Les jeunes gens 
qui ont reçu un enseignement privé ne sont astreints qu’à fournir un témoignage 
d’application. 
Les élèves de l’école même ne payent rien pour ces examens, les étrangers 
payent 6 thalers, soit qu’ils réussissent, soit qu’ils échouent. 
$102. 
Les examens se font à la fin de l’année; les jours doivent être indiqués à 
l’avance par le directeur à l’autorité. 
$ 103 et 104. 
L’examen se compose d’épreuves écrites et d’épreuves orales. 
Les épreuves écrites, qui sont les premières, consistent en : 
i° Une composition en langue allemande;
        <pb n="211" />
        2° Une composition en langue française; 
3° Une traduction d’allemand en anglais; 
4° Une traduction d’allemand en latin ; 
5° Un problème de quadrature et de cuba turc; 
6° Un problème de trigonométrie; 
7° Un problème d algèbre; 
8° Un problème de physique. 
Les sujets de composition et les problèmes sont choisis parle directeur, quand 
celui-ci est en même temps le professeur de la classe supérieure; sinon, le 
professeur de cette classe soumet au choix du directeur trois sujets ou pro 
blèmes sur chaque matière. 
Le sujet de composition allemande est donné huit jours à l’avance. Les élèves 
restent libres, mais doivent attester, avec une poignée de main, au directeur, que 
la composition est leur ouvrage propre. Pour toutes les autres épreuves, les 
élèves doivent les passer dans l’établissement, sous la surveillance non inter 
rompue d’un professeur; ils ont quatre heures par épreuve, et le professeur 
note en combien de temps l’épreuve a été exécutée. Les épreuves sont ensuite 
corrigées et cotées par les professeurs respectifs, puis soumises au directeur et 
«ï l’ensemble des professeurs. 
Les candidats étrangers ;'i l’école ont, en outre, encore à subir une épreuve 
sur le dessin, une autre sur la calligraphie et une troisième , qui est facultative, 
sur la gymnastique. 
$105. 
L’examen oral a lieu simultanément pour tous les candidats; il dure une 
journée au plus, suivant leur nombre : cet examen n est pas public. 
L’examen terminé, on discute les notes qui sont : 
ï Excellent; 
2 Bien ; 
3 Suffisant; 
Avec les deux notes intermédiaires de très-bien entre i et 2 et de assez bien 
entre 2 et 3. 
$107. 
On donne ici, d’ailleurs, un modèle de certificat de maturité. 
X*“, né à élève de l’École réelle sous-désignée. depuis 
jusqu’à a, dans l’examen passé à Pâques 
conformément au règlement du 2 juillet i860, obtenu les notes 
suivantes : 
Connaissance de la religion
        <pb n="212" />
        206 - 
Langue allemande 
Langue latine 
Langue française 
Langue anglaise 
Géographie 
Histoire 
Botanique 
Zoologie 
Minéralogie 
Physique 
Chimie 
Planimétrie et stéréométrie 
Trigonometrie ; 
Algèbre 
Arithmétique et calcul 
En fait de connaissances complémentaires, il a obtenu la note suivante : 
Dessin 
Calligraphie 
Gymnastique, il a suivi les cours avec 
Í toujours exempte de blâme. 
Sa conduite fut } quelquefois blâmable. 
I souvent blâmable. 
Ecole réelle de le 
Le Commissaire royal, Le Directeur, 
Les Professeurs, 
§ 108. 
On publiera plus tard, après s’être concerté avec les autres ministères, à 
quels privilèges la possession d’un de ces certificats de maturité peut permettre 
de prétendre. 
§ 109. 
Si le candidat échoue, il peut encore redoubler une année dans 1 etablisse 
ment; mais, s’il échoue une seconde fois, il ne peut plus se présenter. 
§ no. • 
Toute fraude dans les examens est punie d’exclusion des épreuves subsé 
quentes pour la même session, et si la fraude ne se découvre qu’après que le 
certificat a été accordé, il est retiré, et l’ancien professeur de l’élève est obligé 
de lui faire passer un nouvel examen. 
On fera connaître ces dispositions aux candidats avant de commencer les 
épreuves.
        <pb n="213" />
        ÉCOLE RÉELLE DE NEUSTADT. 
Cette école est du nombre de celles qui ont obtenu le droit de faire passer 
des examens de maturité (9 mars 1862). 
Le recteur est le professeur principal de la première classe, et le vice-recteur 
de la deuxième. 
11 y a dix-sept professeurs. 
On compte dans la i re classe 22 élèves. 
2 e 34 
3 e 60 
4 e 79 
5 e 69 
6 e 49 
Total. 313 élèves. 
Aux examens de mars 1863, onze élèves ont reçu le certificat de maturité. 
Les épreuves écrites ont eu pour objet : 
En allemand, La bénédiction et (a malédiction de Varient. 
En français, Esquisse de la guerre de Sept-Ans. 
Plus, un thème anglais et latin. 
Physique. — De l’effet et de l’usage des lentilles. 
Mathématiques. — I ; De trois points placés sur une même droite, l’un, le 
point A, se trouve à des distances (a) et (b) des deux autres; trouver la ligne 
décrite par ce point A, se mouvant dans un plan de façon que le rapport de 
ses distances aux deux autres points soit constant. 
Il ; Inscrire, dans une sphère de rayon donné, une pyramide à base carrée 
et dont les arêtes latérales sont de longueur double de celles de la base. Cal 
culer i° le volume de cette pyramide; 2 0 le volume du segment de sphère 
détaché par le prolongement du plan de la base ; 
III; Résoudre l’équation : ,r 4 —3 x 2 — àa x= ào; 
IV; Le périmètre d’un triangle est de 620 pieds, un des angles A = 54° 
9' 18", l’autre angle B = 36° 35' 4%", calculer chacun des côtés. 
INSTITUT POLYTECHNIQUE DE DRESDE. 
Cet établissement, fondé en 1828, a subi, dans son organisation et dans son 
enseignement, des modifications successives en 1882 et 1 855, époque à laquelle
        <pb n="214" />
        — 208 — 
il a été définitivement constitué sur son pied actuel, et enfin un décret du 
3 i juillet i 8(33 en a réglé les études comme on va l’indiquer. 
il a pour but de former des ingénieurs pour le service de l'État, des ingé 
nieurs mécaniciens, des chefs et des directeurs de fabriques, et des professeurs- 
destinés à l’enseignement des sciences. 
Les élèves sont répartis en quatre divisions spéciales correspondant à la 
direction qu’ils se proposent de suivre et qui sont : 
La division A, des élèves qui se destinent à devenir chefs de fabriques, direc 
teurs d’usines, ingénieurs mécaniciens ou professeurs de mécanique; 
La division B, des élèves ingénieurs de routes, de chemins de fer, des ponts, 
de travaux hydrauliques et du cadastre ; 
La division C, des fabricants ou des directeurs de fabriques où les arts chi 
miques prédominent ; 
La division D, des élèves qui se destinent à l’enseignement des mathémati 
ques, de l’histoire naturelle et des connaissances techniques. 
L’on voit, par cette classification des élèves, que l’institut polytechnique de 
Dresde, outre la mission de préparer des ingénieurs pour les besoins de l’État 
et de f industrie du pays, a aussi celle de former des professeurs, et offre ainsi 
le double caractère d’une école technique et d’une école normale pour ce genre 
d’enseignement. Cette dernière attribution nous paraît d’autant plus convenable. 
que ces futurs professeurs, formés par des maîtres qui traitent eux-mêmes de 
l’application des sciences aux arts et à l’industrie, se pénètrent plus facilement 
des conditions spéciales de ce genre d’enseignement, que ceux qui reçoivent, 
dans les universités, une instruction plus profonde peut-être, mais qui, par 
cela même, sont trop souvent portés à employer des méthodes d’un ordre 
scientifique trop élevé pour le plus grand nombre des élèves, ou qui oblige 
ceux-ci à consacrer à ces éludes plus de temps qu’il ne serait nécessaire. 
D’après la nouvelle organisation de i 863, l’enseignement est divisé en cours 
généraux et cours spéciaux. Les premiers comprennent trois semestres d’études 
commençant à Pâques, les seconds durent trois ans. 
Les cours généraux comprennent l’étude des matières suivantes : 
PREMIER SEMESTRE. 
happe! des mathématiques élémentaires. 
Trigonométrie sphérique. 
Physique et chimie générales. 
Projections. Dessin de plans. 
Littérature et langue allemande. 
DEUXIÈME ET TROISIÈME SEMESTRE. 
Géométrie analytique. Mécanique. 
Chimie générale. Physique. 
Constructions et dessins de constructions 
Projections et perspective. 
Arpentage et dessin de plans. 
Littérature et langue allemandes.
        <pb n="215" />
        : 
: 
2 7 
— 209 - 
Pour être admis à ces cours généraux, il faut avoir obtenu un certificat sa 
tisfaisant de l’une des écoles réelles du royaume, ou d’une classe de troisième de 
l’école industrielle de Chemnitz. 
Les candidats qui ne sont pas munis de ce certificat devront justifier 
qu’ils ont atteint l’âge de 16 ans, et subir un examen pour prouver qu’ils 
ont l’instruction suffisante. Cependant on admet aussi, à titre provisoire et 
pour un semestre, des élèves qui ne satisfont pas complètement à ces condi 
tions. 
COURS DK PREMIÈRE ANNÉE. 
Division A. — Mécaniciens, etc. 
Mathématiques supérieures. 
Mécanique générale. 
Mécanique spéciale. 
Composition et projets de machines. 
Mécanique technique. Matériaux. 
Minéralogie. Connaissance des pierres. 
Dessin d’architecture. 
Histoire de la littérature. 
Division B. — Ingénieurs des routes, etc. 
Malhématiques supérieures. 
Mécanique générale. 
Mécanique technologique. 
Minéralogie et connaissance des pierres. 
Métrage des travaux. 
Arpentage et dessin topographique. 
Détails des constructions. 
Dessin d architecture. 
Histoire de la littérature. 
Division C. — Arts et industries chimiques. 
Mathématiques supérieures. 
Mécanique générale. 
Mécanique technologique. 
Minéralogie et connaissance des pierres. 
Chimie technologique. 
Chimie théorique. 
Manipulations chimiques. 
Dessin d’architecture. 
Histoire de la littérature. 
Division D. — Professeurs. 
Mathématiques supérieures. 
Mécanique générale. 
Mécanique technologique. 
Minéralogie et connaissance des pierres. 
Métrage. 
Chimie théorique. 
Manipulations chimiques. 
Histoire de la littérature. 
Nota. Le cours de mathématiques supérieures n’est obligatoire que pour les 
élèves qui ont l’intention de suivre plus tard les cours spéciaux de deuxième et 
de troisième année. 
L’on pourrait même faire remarquer que les élèves qui se destinent aux arts 
chimiques devraient aussi en .être dispensés. 
En général, il semble que les mathématiques supérieures et la mécanique 
générale pourraient, être avantageusement remplacées par des notions plus 
simples et tout aussi rigoureuses. 
Après la première année d’études, les élèves de la division A (des mécani- 
ciens) sont engagés à aller passer deux ans dans un atelier pour y faire un ap-
        <pb n="216" />
        210 
prentissage comme ouvriers, s’ils ne l’ont pas fait avant leur entrée à l’institut. 
Ils doivent ensuite revenir continuer leurs études de deuxième et de troisième 
année. 
Mais, en réalité, il n’en revient qu’un petit nombre. Les uns ont oublié en 
partie, les autres se contentent de ce qu’ils ont appris pendant la première 
année, et c’est un motif de plus pour regretter que l’enseignement des ma 
thématiques et de la mécanique ne soit pas plus élémentaire pendant cette 
année. Il convient cependant d’ajouter que les élèves qui, après deux années 
de séjour dans les ateliers, ont l’énergie de revenir se placer sur les bancs de 
l’école, font preuve d’une vocation et d’une volonté fermes, et que préparés ainsi 
par des éludes théoriques et pratiques, ils ne peuvent manquer de devenir des 
ingénieurs distingués. Ce qui arrive à l’école centrale de Paris pour les élèves 
des écoles des arts et métiers qui y entrent, fournit la preuve de l’exactitude 
de cette conclusion. 
COURS DE DEUXIÈME ANNÉE. 
Pendant le mois de septembre qui précède la rentrée des vacances , les 
élèves de la division A (mécaniciens) doivent visiter des ateliers et se familiariser 
avec le service des machines à vapeur et autres; ceux de la division B (ingé 
nieurs) exécutent des levés topographiques et autres. 
Ce travail pour l’année i 863-6/i a été exécuté à la planchette par dix bri 
gades de trois ou quatre élèves chacune, qui ont fait le levé et le nivellement, 
avec profil développé, d’un tracé projeté de chemin de fer partant de Dresde et 
* dirigé vers les montagnes. 
Les matières d’enseignement de cette deuxième année sont réparties de la 
manière suivante : 
Division A. — Mécaniciens. 
Mécanique analytique. 
Résistance des matériaux. Hydraulique. 
Etudes des machines. 
Projet de machine. 
Mécanique technologique, ülalure, lissage. 
Histoire de la littérature. 
Division B. — Ingénieurs des routes. 
Mécanique analytique. 
Résistance des matériaux. Hydraulique. 
Routes, chemins de fer, constructions hy 
drauliques. 
Projet de bâtiment. 
Métrages. 
Dessin topographique. 
Géognosie. 
Histoire de la littérature. 
Division C. — Chimistes. 
Chimie technique. 
Chimie théorique (éléments). 
Manipulations chimiques. 
Géognosie. 
Mécanique technologique. 
Histoire de la littérature.
        <pb n="217" />
        2 7- 
— 211 
Division D. — Professeurs. 
Mécanique analytique. 
Résistance des matériaux hydrauliques. 
Métrages. 
(iéognosié. 
Chimie théorique. 
Manipulations chimiques. 
Expériences de physique. 
Histoire de la littérature. 
COURS DK 
Division A. — Mécaniciens. 
Mathématiques supérieures. 
Elude des machines. 
Projets de machines et d’usines, 
i héorie de la chaleur. 
Mécanique technologique. 
Moulins à blé. Papeterie, etc. 
Economie politique. 
Notions de philosophie. 
Division B. — Ingénieurs des routes. 
Mathématiques supérieures. 
Théorie de l’électricité. 
Construction des ponts. 
Projets de travaux d’art. 
Métrages. 
Travaux de roule. 
Economie politique. 
Notions de philosophie. 
TROISIÈME ANNÉE. 
Division C. — Chimistes. 
Chimie technique. 
Chimie théorique (éléments). 
Manipulations chimiques. 
Mécanique technologique. 
Economie politique. 
Notions de philosophie. 
Division D. — Professeurs. 
Mathématiques supérieures. 
Exercices de mathématiques. 
Théorie de la chaleur. 
Théorie de T électricité. 
Manipulations chimiques. 
Métrages. 
Chimie théorique. 
Eludes de chimie pratique. 
Economie politique. 
Notions de philosophie. 
Pendant le mois de septembre qui précède la rentrée en troisième année 
après les vacances, les élèves de la division A (des mécaniciens) doivent visiter 
des usines, dont on leur facilite l’entrée, et les élèves de la division B (des ingé 
nieurs) doivent lever des plans. 
Observation.— Il est à regretter que, pendant les vacances, les élèves méca 
niciens ne soient pas obligés de faire des levés d’usines avec croquis, dessins et 
mémoires, comme les élèves de l’école de Metz et ceux de l’école des mines. 
C’est un exercice excellent, qui prépare très-bien à la rédaction des projets. 
Outre les cours obligatoires pour chaque division spéciale, il y en a de facul 
tatifs, où I on traite de la législation, des appareils de chauffage, de la tenue des 
livres, des règles de commerce et de change, de la sténographie et des langues 
française cl anglaise. 
Travaux pratiques. — Les projets rédigés par les eleves pour les usines ou 
pour les constructions du service des ponts et chaussées sont étudiés avec soin,
        <pb n="218" />
        et les mémoires â l’appui prouvent que les dimensions des pièces principales 
ont été calculées. 
Laboratoire. — Le laboratoire de chimie, quoique un peu petit, est bien dis 
posé pour recevoir vingt-cinq ou trente élèves. 
Collections. — Les collections de modèles divers sont riches et nombreuses. 
Des modèles de machines, de ponts, de charpentes, d’écluses, de métiers, et 
des échantillons de matières premières, de produits divers, de minéralogie, etc. 
sont à la disposition des professeurs pour leur enseignement. 
Des dessins au trait, simples et clairs, sont aussi d’un grand secours pour les 
élèves. 
Les principaux journaux ou recueils périodiques qui traitent des sciences 
sont mis pendant trois mois à la disposition des professeurs, et passent ensuite 
à la bibliothèque, qui possède huit à dix mille volumes. 
Dessin. — Le dessin linéaire, quoique exact dans le tracé, laisse un peu à dé 
sirer quant à la finesse et à la pureté du trait, mais le choix des objets à dessiner 
nous a paru fait avec beaucoup de discernement. 
Certificats et examens. — A la fin de chaque semestre pour les cours générau x, 
et de chaque année pour les divisions spéciales, il est délivré aux élèves des cer 
tificats qui sont le résultat des notes et de l’appréciation de leurs travaux. 
Ceux qui ont terminé les trois années d’études des divisions A (mécaniciens) 
et B (ingénieurs) peuvent subir un examen de maturité à la suite duquel il leur 
est délivré, s'il est satisfaisant, un certificat de maturité qui les autorise à se 
présenter aux examens d admission dans les services publics prescrits dans le 
décret royal eu date du ‘ilx décembre i85i. (Voir plus loin ce décret.) 
Pour les élèves de la division I) (professeurs), le certificat de maturité dis 
pense des examens sur les sciences mathématiques, sur l’histoire naturelle et 
meme sur le grec, exigés aux universités pour être admis comme professeurs de 
mathématiques. 
\ombre des élèves. — \ Pâques » 863, il y avait à l’Institut polytechnique de 
Dresde : 
Aux cours généraux 97 élèves. 
/ de 1”année .... 47 
Aux cours spéciaux A, B, C, D, j de 2 6 année 36 
( de 3' année 29 
Y l’école de modelage annexée 15 
Aux divers cours facultatifs 17
        <pb n="219" />
        — 213 — 
On admet aussi, pour des cours séparés, des auditeurs libres. 
Les élèves entrent ordinairement à l’institut polytechnique à l’àge de 16 à 
i 8 ans. Les nationaux payent une rétribution scolaire de /io thalers (i 5o francs), 
et les étrangers 6o thalers (29.5 francs). 
Le budget total de l’institut s’élève à ooooo thalers (i 12600 francs), dont 
loooo environ sont fournis par la rétribution scolaire, et les 20000 restant 
par l État. 
Les conditions d’admission aux cours généraux sont un certificat de satisfac 
tion délivré dans une école réelle ou à la sortie de la troisième classe de l’école 
de Chemnitz. 
L’institut compte 28 professeurs, dont les traitements varient de 000 à 
à 2 000 thalers (1876 â 7000 francs), selon l’importance de leurs cours et la 
durée des services. 
ÉCOLE DE DESSIN ET DE MODELAGE. 
Celte école est une annexe de l’institut polytechnique de Dresde, mais elle 
est établie dans un local séparé. Elle est placée sous la direction d’un artiste, qui 
a séjourné plusieurs années à Paris, et qui suit la méthode de feu M. Dupuis, il 
commence par faire dessiner de simples pièces de bois isolées ou réunies; puis 
des solides géométriques, des reliefs moulés, variés, la bosse, et enfin d’après 
nature; puis il fait passer les élèves au modelage en terre et en plâtre. Les 
élèves de cette école, qui se sont occupés du modelage avec succès, trouvent 
assez facilement de l’emploi dans les fonderies de fonte ou de bronze, ou pour 
fournir des modèles aux sculpteurs en bois ou en pierre. Il n’en est pas de 
même de ceux qui ont cultivé le dessin sur étoffes. 
Cette école possède une bonne collection de modèles en plâtre de tous 
genres. 
Décret du 24 décembre 1851 (Ministère de l’intérieur et des financesJ sur les examens 
pour l'admission des ingénieurs aux services publics. 
$ 1 er . 
L admission des ingénieurs au service de l’Etat (sauf les exceptions des para 
graphes 1 9 et 20, et les cas particuliers où les ministères respectifs en disposent 
autrement) pour les services référés au paragraphe 2 sera, a partir du 1 jan 
vier 1862, soumise au règlement suivant. (On doit faire remarquer que de 
bons examens ne constituent pas un droit, mais seulement une aptitude à être 
employé par l’État.)
        <pb n="220" />
        Les services auxquels cet exaiuen rend admissible, sont ceux de la géodésie, 
des ponts et chaussées, des chemins de fer, des travaux hydrauliques, du ma 
tériel pour les routes ou les chemins de fer et d’exploitation de chemins de fel 
par l’Etat, des télégraphes, des constructions publiques. 
§ 3. 
L’examen est passé devant une commission composée d’un délégué du mi 
nistère de l’intérieur et des finances, et de dix membres spéciaux nommés pal 
ees ministères. Elle porte le nom de Commission royale d’examen pour les ingé 
nieurs de l’Etat, et a son siège à Dresde. 
La présidence appartient au fonctionnaire le plus élevé et, à rang égal, au 
plus âgé. 
$ 4. 
Tout individu qui désire se soumettre aux épreuves d’admission à un des 
services indiqués au paragraphe 2 devra s’adresser à la commission et justifier 
des conditions suivantes : 
S 5. 
Présenter un certificat constatant que l’impétrant possède toutes les connais 
sances techniques et scientifiques exigées au paragraphe 6. 
Prouver qu’il a pratiqué pendant huit ans au moins, avec succès, la branche 
pour laquelle il a l’intention de se présenter à l’examen. 
§ G. 
Justifier qu’il possède un ensemble de connaissances scientifiques dans Je 
genre de celles qui sont comprises dans le programme des cours supérieurs de 
l’école polytechnique de Dresde; savoir suffisamment l’anglais et le français 
ou l’une de ces deux langues au moins, pour comprendre les ouvrages tech 
niques écrits dans l’une ou l’autre de ces langues. 
Qu’il connaît en outre : 
i° Pour la géodésie : 
L’analyse supérieure, la mécanique analytique, la physique supérieure, la 
géodésie théorique et pratique, le dessin topographique, l’astronomie. 
2 0 Pour les ponts et chaussées : 
L’analyse supérieure, la mécanique analytique, la physique supérieure, la 
géodésie théorique et pratique, la géognosie et la géologie, la construction des 
routes et des chemins de fer, les constructions hydrauliques, l’établissement
        <pb n="221" />
        — 215 — 
du projet d’un pont, d’une construction hydraulique, d’un chemin de 1er, d’une 
route. 
3° Pour les machines : 
L’analyse supérieure, la mécanique analytique, la physique supérieure, la 
théorie des moteurs. 
/i° Pour les constructions : 
L’analyse supérieure, la mécanique analytique, la physique supérieure, l’his 
toire et l’esthétique de l’architecture, présenter des projets architectoniques. 
g 7. 
Le temps pendant lequel le candidat a pratiqué n’a pas besoin de représenter 
trois années consécutives de pratique, il suffît que l’ensemble de ce temps fasse 
trois ans. 
5 9. 
L’examen se compose d’abord d’une composition graphique, dans l’exécution 
de laquelle plusieurs des sciences énumérées trouveront leur application. Le 
mémoire joint au dessin fera également juger de la façon dont le candidat 
connaît les ressources de sa langue. 
$ 10. 
fous les secours littéraires sont à la disposition du candidat pendant ses 
épreuves, mais il doit s’interdire toute autre espèce d’aide; s’il contrevenait à 
cette recommandation, il serait renvoyé sans pouvoir jamais se représenter. Le 
lieu où il travaille doit toujours être accessible aux membres de la commission. 
S 11. 
A la suite des épreuves graphiques vient un examen oral, qui consiste en ce 
que le candidat doit soutenir une discussion sur son travail et répondre à toutes 
les questions soulevées par son examen approfondi. 
11 a, en outre, à répondre aux questions qu’on peut lui adresser sur les 
branches de l’administration publique, sur les décrets et les lois les plus im 
portantes, ainsi que sur l’organisation de (’administration. 
$ 12. 
Les autres candidats et les personnes qui cultivent la même profession 
peuvent assister aux examens, en se procurant des cartes d’entrée. 
S 13. 
Si les épreuves écrites sont trop insuffisantes, on peut interdire au candidat 
l’admission aux épreuves orales.
        <pb n="222" />
        Le résultat de l’examen est établi par la commission et elle en dresse un 
procès-verbal. 
S 15. 
Le candidat refusé peut se présenter encore une fois après une année 
écoulée. 
§ 16. 
Le candidat admis reçoit un certificat. Ce certificat ne contient en général 
pas d’appréciation spéciale de mérite; néanmoins, la commission a le droit d’y 
ajouter toutes les notes permettant de juger de l’aptitude spéciale de la per 
sonne examinée, qui peut, de son côté, demander un extrait du procès-verbal 
d’examen. 
$ 17. 
En outre, le candidat admis a le droit de prendre, suivant celle des quatre 
spécialités pour laquelle il a passé son examen, le titre de : 
i° Géomètre à diplôme de première classe; 
2° Ingénieur à diplôme des ponts et chaussées; 
3° Ingénieur civil mécanicien h diplôme; 
4° Architecte à diplôme; 
Et de se faire délivrer un diplôme correspondant par le ministère de l’inté 
rieur et des finances. 
§ 18. 
Le prix de l’épreuve et du diplôme est, en tout, de io thalers (3? fr. 5o). 
S 19. 
Ceux qui ne veulent entrer que comme aides, élèves ou volontaires dans les 
services référés au paragraphe 2 , n’ont pas besoin de se soumettre à l’épreuve 
du paragraphe 8 ; mais il suffit qu’ils remplissent les conditions du paragraphe 5. 
$20. 
Quant à la nomination aux emplois techniques d’un rang encore inférieur, 
comme ceux de chefs cantonniers, de conducteurs de locomotives, ces dispo 
sitions ne sont en aucune façon applicables. On se réserve de prendre des 
mesures particulières pour s’assurer que ces personnes ont les connaissances 
voulues. 
$ 21. 
Néanmoins, les employés indiqués aux paragraphes 19 et 20 peuvent, dans
        <pb n="223" />
        — 217 — 
les positions inférieures qu’ils occupent, se présenter à l’examen de la commis 
sion, et leur réussite les dispensera d’examens ultérieurs quand ils passeront à 
des fonctions supérieures. 
S 22. 
L’examen pour le diplôme de l’Etat est d’ailleurs obligatoire : 
i° Pour l’admission à tous les services de l’Etat, sauf pour les rangs men 
tionnés aux articles 19 et 20; 
2 0 Pour toute promotion à une place supérieure; 
3° Pour passer de l’un des quatre services dans l’autre. 
Ceux qui, à la promulgation du présent décret, ont trois ans de service pra 
tique dans l’un des emplois paragraphe 19, peuvent obtenir par cela même 
le certificat mentionné au paragraphe 5. 
S 23. 
D’autres exceptions ne pourront être autorisées que par le ministère corres 
pondant dans chaque cas particulier. 
Dresde, 24 décembre 1 851. 
Ministère de l’intérieur et des finances. 
COORDINATION DCS ÉTABLISSEMENTS D’ENSEIGNEMENT EN SAXE. 
L organisation dont nous venons de faire connaître les di lier cuts éléments 
constitue, comme on peut le voir, un ensemble complet d’études, où chaque 
catégorie d’élèves peut trouver le degré d’instruction qui lui est nécessaire. 
Elle se compose, en elfet, des institutions suivantes pour une population de 
2128428 habitants. 
2016 Ecoles primaires, ou une école pour io53 habitants. 
2016 Ecoles du dimanche, suite des écoles primaires. 
Ecoles des enfants dans les fabriques. 
6 Ecoles de maîtres ouvriers. 
ï Ecoles de constructeurs, 
i Ecoles de bateliers et pilotes. 
Ecoles industrielles. 
Ecoles d’apprentissages pour les lilies (tissage, broderies, dentelles, etc.). 
Gymnases. 
Ecoles réelles. 
1 Institut polytechnique et son école spéciale de dessin. 
Université de Leipzig. 
L’on comprend facilement qu’un pays où l’instruction est ainsi organisée de 
28
        <pb n="224" />
        manière à répondre à tous les besoins de l’activité intellectuelle ou industrielle 
et dont le sol fertile contient en outre de grandes richesses minérales, possède 
tous les éléments de prospérité désirables. 
RÉPARTITION DES RESSOURCES BUDGETAIRES. 
Le royaume de Saxe, par suite des conditions heureuses dans lesquelles il se 
trouve placé, exempt de la nécessité d’entretenir une armée considérable, et 
jouissant, depuis cinquante ans, d’une paix profonde, que les événements de 
1868 n’ont troublée que passagèrement, présente le spectacle assez rare d’un 
Etat qui, sans négliger aucun des progrès que réclament les besoins modernes, 
se trouve, grâce à une sage administration, en mesure de diminuer les impôts 
tout en augmentant les traitements des fonctionnaires publics. 
Le budget total de l’Etat s’élève à îoôooooo thalers (89870000 francs); 
sur cette somme l’armée dépense 2280000 thalers (8/i3y5oo francs) ou 
0,2 16 du budget total, et l’instruction publique de tous les degrés 892000 
thalers (1/170000 francs) ou 0,087 environ. 
Les établissements d’enseignement de tous genres et les dépenses à la 
charge de l’Etat qu’ils occasionnent sont répartis entre les trois ministères 
suivants : 
Ministère de l’instruction publique. 
Enseignement primaire, fonds de subvention 
Ecoles normales d’instituteurs et d institutrices 
Sourds-muets 
Gymnases et écoles réelles 
Universités 
82000 tb. 
58ooo 
80000 
5oooo 
90000 
280000 thalers. 
Ministère de l’intérieur. 
École polytechnique.. . . 
Ecole des arts et métiers 
Ecoles spéciales 
Beaux arts 
28000 
16000 
28000 
21000 
86000 
Ecole des mines.. 
École des forêts... 
Ministère des )manees. 
1 3000 
16000 
26000 
892000 thalers.
        <pb n="225" />
        RAPPORT PARTICULIER 
SUR LES ÉTABLISSEMENTS D’ENSEIGNEMENT 
DANS 
L’EMPIRE D’AUTRICHE. 
I/enseignement est partagé dans cet empire en quatre divisions principales 
qui sont : 
i° Les écoles primaires ( Volkschulen), ou écoles élémentaires inférieures et 
supérieures, et les écoles bourgeoises (Bürgerschulen ) auxquelles il faut joindre 
les salles d’asile, les asiles des sourds et muets, ceux des aveugles, les orpheli 
nats et les écoles congréganistes ainsi que les écoles normales pour les institu 
teurs et les institutrices. 
2° Les écoles moyennes ou secondaires (Mittelschulen), pour l’enseignement 
des lettres et des sciences, ou de l’industrie, telles que les gymnases et les 
écoles réelles. 
3° Les écoles supérieures et spécialement les universités et les instituts tech 
niques; aux premières se relient les enseignements de théologie, les écoles de 
droit, les écoles de chirurgie et d’accouchement, où l’on donne une instruction 
technique. 
4° Les écoles spéciales, i 0 pour le service militaire, 2° pour la marine militaire; 
3" pour l’industrie et le commerce ainsi que pour la navigation; /j° les écoles 
d’agriculture, des forêts et des mines; 5° les écoles pour le développement de 
Part. Dans cette même catégorie se place aussi l’académie des orientalistes. 
ÉCOLES PRIMAIRES. 
Elles sont généralement destinées aux enfants de six à quinze ans. 
On les distingue en écoles publiques et en écoles privées. Les premieres, fon 
dées et dirigées par l’Etat, peuvent donner des certificats d etudes;les secondes, 
qui ne peuvent être établies qu’avec la permission de 1 Jetât, dans les grandes 
villes, ont besoin d’une autorisation spéciale pour délivrer ces certificats. 
Les écoles élémentaires ou primaires sont partagées en : 
Ecoles élémentaires inférieures et comprenant trois classes;
        <pb n="226" />
        — 220 — 
Ecoles élémentaires supérieures ayant quatre classes; 
Ecoles bourgeoises (jBürgerschulen) ayant six à sept classes. 
Les premières ne donnent que celte partie de l’enseignement que, d’après 
les règlements de l’État, tout enfant doit acquérir, savoir : l’instruction reli 
gieuse, la lecture, l’écriture, le calcul, le chant, et pour les filles les ouvrages 
de leur sexe. A l’occasion de la lecture, on doit apprendre aux élèves ce qu’il 
y a de plus important sur les sciences naturelles et sur la forme du globe ter 
restre. 
Comme accessoires, les enfants peuvent apprendre, suivant la contrée, la 
taille des arbres, l’éducation des abeilles, l’élève des vers à soie, la culture jar 
dinière, etc. 
Les lois de l’État rendent l’instruction obligatoire dans ce degré de l’ensei 
gnement. 
Règlements pom' l’instruction primaire. — On trouve dans l’ouvrage intitulé 
Organisation politique des écoles primaires allemandes (1) pour les provinces*alle 
rna nd es , hongroises, lombardes, vénitiennes et dalmates les prescriptions sui 
vantes : 
«Art. 30. Tous les enfants, garçons ou filles, aisés ou pauvres doivent fré- 
« queuter l’école, depuis l’âge de six ans jusqu’à celui de douze ans accomplis. 
« Chaque école paroissiale ou communale doit tenir un état exact du nombre 
«de ces enfants, basé sur les registres de baptême. L’instituteur et le délégué 
« local font chaque année, aux vacances d’automne, un relevé par maison et par 
«famille, des enfants existants. 
«Art. 310. Le Gouvernement, tenant beaucoup à ce que les fabricants ne 
« manquent pas de bras et à ce que les parents pauvres ne soient pas privés du 
«gain légitime que leurs enfants peuvent faire,mais attachant une égale impor- 
« tance à ce que les enfants ne soient pas élevés dans une grossière ignorance, 
«mère de tous les vices, il y aura lieu de prendre des mesures convenables 
« pour que les enfants reçoivent de leur directeur spirituel et de l’instituteur i’en- 
«seignementindispensable, soit le soir, soit les dimanches et jours de fête, 
« moyennant une indemnité payée par les fabricants ou par les parents. 
« On veillera à ce que les enfants ne soient pas admis, sans nécessité, à tra 
il y ailler dans les fabriques avant l’âge de neuf ans. 
« Dans les campagnes les directeurs spirituels et les instituteurs devront orga- 
« niser un enseignement gratuit les dimanches et jours de fête, pour les enfants 
« de treize à quinze ans. » 
(l) Politische Verfaltung der deutschen Volkschulen. Vienne 1847-
        <pb n="227" />
        — 221 — 
Des écoles primaires doivent être établies partout où l’on en sentira le besoin. 
Déjà une très-grande partie de l’empire est complètement pourvue sous ce rap 
port; et dans d’autres parties, l’est et le sud surtout, on se propose d’établir 
d’autres écoles, de manière à pouvoir rendre l’instruction réellement obligatoire. 
Les écoles primaires supérieures contiennent et complètent les écoles infé 
rieures; elles enseignent une deuxième langue de l’empire ; en quelques lieux 
une troisième et le dessin. Elles sont les écoles préparatoires pour les écoles 
moyennes. 
Il existe, en général, dans les villes de plus de 3ooo âmes, des écoles de ce 
genre, sans que leur fréquentation soit cependant obligatoire. 
L’école bourgeoise (Bürgerschule) complète se compose de l’école primaire 
et de deux et fréquemment de trois classes réelles pour les matières dont la 
connaissance est nécessaire pour les petites industries des villes et des campagnes. 
Ces classes réelles sont organisées comme les classes inférieures des écoles réelles 
{heals ch alen) et se rapprochent pour ce motif beaucoup des écoles moyennes, 
dont elles se distinguent cependant parce qu’elles donnent un enseignement 
moins scientifique et ont principalement en vue les applications usuelles, 
attendu que la majorité des élèves termine ses études au sortir de l’école bour 
geoise [Bürgerschule] et passe dans la vie pratique. 
C’est par ce motif que le gouvernement permet d’organiser différemment ces 
classes réelles dans les écoles bourgeoises [Bürgerschulen), d’après les besoins 
particuliers de l’industrie de la localité, et d’y ajouter même plusieurs années 
d’enseignement industriel, dans une direction spéciale. Ces écoles bourgeoises 
existent en général dans les villes de plus do 6 à 7000 âmes, et sans que leur 
fréquentation puisse être obligatoire. 
ÉCOLES SUPÉRIEURES POUR LES FILLES. 
Sous ce titre [Hauptschulen) il existe en Autriche quelques écoles où l’on per 
fectionne l’instruction que les garçons et les filles ont reçue à l’école primaire. 
On y continue l’enseignement religieux, celui de la langue allemande, de la lec 
ture, de l’écriture et du calcul, en y joignant des notions d’histoire, de géogra 
phie, d’histoire naturelle, des éléments de dessin et du chant. 
Ces écoles comprennent trois classes et peuvent préparer les enfants a entrer 
dans les positions inférieures du commerce ou à l’admission aux écoles reelles. 
La seule instruction spéciale qui y soit donnée aux lilies consiste dans les tra 
vaux ordinaires d’aiguille. 
11 serait à désirer que celles de ces écoles, qui, comme I école évangélique 
de Vienne, sont annexées à des écoles réelles, profitassent davantage pour les
        <pb n="228" />
        iilles, comme on le fait pour les garçons, des moyens d’instruction industrielle 
que possèdent ces établissements. 
Ecoles primaires spéciales. — On désigne ainsi les écoles établies dans les fabri 
ques, les instituts et les écoles pour les sourds-muets et les aveugles, et les écoles 
très-nombreuses de travail pour les filles. 
Enseignement religieux. — Il est donné pour chaque rite conformément à 
ses règles. 
Langue adoptée. — La langue maternelle des enfants est celle dans laquelle 
l’enseignement doit être donné, ce qui conduit à le faire dans dix-neuf idiomes 
différents, comme on le verra plus loin. 
Séparation des sexes. — L’établissement d’écoles distinctes pour les deux sexes 
est la règle générale, et elle est observée toutes les fois que les ressources 
locales le permettent. Les écoles bourgeoises ne reçoivent que des garçons. 
ÉCOLES PRIMAIRES DE PERFECTIONNEMENT. 
( Werktags und Jbrtbildung Schalen). — Toute école primaire est en même 
temps école pour les jours ouvrables, et école du dimanche et des jours de 
fête pour le perfectionnement de l’instruction. 
Les écoles des jours ouvrables ( Werktag sschulen) doivent avoir quatre à cinq 
heures de classes, et celles du dimanche deux à quatre heures. 
D’après les règlements qui rendent fenseignement primaire obligatoire, tout 
enfant qui ne reçoit pas chez ses parents ou dans un établissement privé l’ins 
truction nécessaire, doit suivre l’école primaire publique aux jours ouvrables, 
depuis l’âge de six ans jusqu’à celui de douze ans; et quand, à la sortie de cette 
école primaire, il n’entre pas dans une école supérieure, il doit encore suivre, 
jusqu’à l’âge de quinze ans, l’école du dimanche, dont l’objet est de perfection 
ner et d’accroître l’instruction des garçons et des filles dans les connaissances 
nécessaires à la vie pratique. If enseignement qu’on y reçoit est la suite et Je 
complément de celui des jours de la semaine. 
Les écoles primaires et les écoles bourgeoises supérieures ont des écoles du 
dimanche divisées en plusieurs classes, suivant le degré d’avancement des élèves. 
Au lieu des écoles du dimanche, il y a souvent des écoles du soir dans cer 
taines localités. 
Méthode d’enseignement. — Il est prescrit de s’attacher à donner à l’enseigne 
ment le caractère démonstratif; les maîtres peuvent user de toute la latitude 
que leur laisse le programme arrêté par le Gouvernement. Tous les livres de 
lecture et d’enseignement sont choisis par le Gouvernement, et ce n’est que
        <pb n="229" />
        dans les écoles bourgeoises que l’on peut introduire quelques autres livres 
adoptés par le corps enseignant. Ces livres prescrits sont imprimés par les soins 
du Gouvernement, qui n’v cherche pas une source de bénéfices, mais les cède 
au prix coûtant. Le quart environ des exemplaires vendus est distribué chaque 
année gratuitement aux enfants indigents. 
ÉCOLES D’INSTITUTEURS (LEHRERBILDÜNGSANSLTEN). 
Des établissements spéciaux pour la préparation des instituteurs pour les 
écoles primaires existent dans tout l’empire, pour les différentes confessions et 
les différentes langues. Ces établissements sont en relations directes avec des 
écoles modèles. La durée des études y est de deux ans. Pour y être admis il 
faut avoir seize ans, et avoir suivi jusqu’à la fin ses études dans une école bour 
geoise ou une école réelle pour les garçons, ou une école primaire supérieure 
(höhere Töchterschule) pour les filles. 
Il y a outre des institutions gouvernementales (staats Institut) richement 
pourvues, où les filles de fonctionnaires et d’officiers, en nombre déterminé, 
sont élevées aux frais de l’Etat, pour former des institutrices des hautes classes de 
la société. On y admet également des élèves payants; elles sont organisées pour 
avoir des élèves de l’àge de huit à vingt ans. 
Pour former les instituteurs des écoles bourgeoises, les cours ne sont aussi 
que deux ans; mais il faut que les élèves aient suivi d’abord l’enseignement 
d’une école réelle supérieure. • 
Pour le perfectionnement des professeurs déjà exercés, il existe de nom 
breuses bibliothèques et des conférences de maîtres établies sur la proposition 
et sous la direction de l’inspecteur du district. 
TRAITEMENT DES INSTITUTEURS (STELLUNG DER LEHRER). 
Dans les campagnes, l’instituteur joint généralement à son service quelque 
fonction à l’église. 
Les instituteurs des écoles primaires inférieures ont, en moyenne, s5o flo 
rins (5y5 francs) de traitement, outre le logement et quelques rétributions ac 
cessoires, telles que la jouissance d’un champ, des contributions en nature, etc. 
Dans les écoles primaires supérieures et les écoles bourgeoises, le traitement 
varie de 3oo à 800 florins (620 à 1680 francs), outre quelques autres avan 
tages de position. 
Enfin tout instituteur a le droit de donner, après son cours, des répétitions 
rétribuées. 
Tous les instituteurs tiennent leur emploi, soit directement du Gouverne-
        <pb n="230" />
        ment, soit des administrations municipales, sous son approbation et sa surveil 
lance. Quoiqu’ils ne soient pas réputés fonctionnaires du Gouvernement, ils 
jouissent de quelques-uns des droits attachés à cette qualité, et occupent dans 
la commune une place en rapport avec l’importance de leurs fonctions. 
ils ne peuvent être destitués qu’avec l’agrément du Gouvernement. 
La loi assure des secours à la famille de l’instituteur défunt. 11 existe, en 
outre, des caisses de retraite et de pensions auxquelles l’instituteur est libre de 
souscrire. 
Dépenses des écoles. — Le Gouvernement, et les communes défrayent les 
écoles. L’Etat se charge des écoles normales d’instituteurs. Il entretient, en 
outre, plusieurs écoles primaires supérieures et des écoles bourgeoises qui des 
servent un rayon plus étendu, et plusieurs institutions d’aveugles et de sourds- 
muets. Pour la fondation d’écoles primaires nouvelles il donne des subventions, 
si les communes en ont besoin. Les écoles primaires sont, d’après la loi, des 
écoles obligatoires, et considérées comme des établissements de la commune; 
sous le rapport religieux, elles dépendent de la communauté religieuse. 
Une des grandes ressources de l’école est le patronage qui, généralement, 
est déféré à l’un des grands propriétaires fonciers, lequel l’exerce d’ordi 
naire en vertu de contrats et de donations. Ces patronages sont attachés t 
d’ordinaire, à des biens d’Etat, de particuliers, à des dotations religieuses ou 
à des fonds d’église. Enfin les écoles trouvent encore une ressource dans la 
rétribution des enfants des familles aisées. Les pauvres ne payent rien, et il n’y 
a pas d’écoles spéciales de pauvres. Le prix de l’enseignement varie, suivant 
la classe des écoles et le degré d’avancement, de i à k florins (2 fr. 1 o cent, 
à 8 fr. ko cent.) par an, et même au delà. 
Inspection et direction des écoles primaires. — La surveillance et la direction de 
chaque école primaire inférieure est confiée au directeur spirituel ( Seelsonjer ) de 
l’établissement et à un membre de la commune. Dans les écoles évangéliques, 
c’est le conseil pres by té ral. Chaque école primaire supérieure a un directeur 
qui fait partie du corps enseignant de l’établissement. 
Pour la surveillance générale, les écoles primaires sont réparties en dis 
tricts, dans chacun desquels un ecclésiastique ( recteur ou senior) est chargé'de 
ce qui est relatif à l’enseignement, et. le chef administratif du district (Bezirks- 
hehörde) de ce qui concerne les mesures d’ordre et d’administration de ces éta 
blissements. 
Le senior ou recteur relève de 1 Ordinariat (Saperintendenz), et du chef admi 
nistratif de l’autorité provinciale, qui a, sous son autorité, la surveillance inté 
rieure et extérieure de toutes les écoles primaires, et se met en rapport avec 
N-
        <pb n="231" />
        l’ordinariat pour ce qui est relatif à l’instruction. La législation des écoles pri 
maires est du ressort du Reichsrath, en ce qui touche les principes, et du res 
sort des États provinciaux, en ce qui ne sort pas des limites des lois, avec réserve 
de la sanction impériale. 
La surveillance gouvernementale s’exerce au moyen d’inspecteurs (Schalratk) 
ou conseillers d’écoles, pour la direction didactique. Lu Hongrie, il y a pour 
les districts des directeurs supérieurs des écoles (Schulen Oberdirector). 
Statistique des écoles primaires de l’empire d’Autriche en ¡859. — Le tableau 
suivant donne l’état des écoles primaires en Autriche à la fin de l’année i85q. 
CONTREES. 
Haute Autriche, au-dessus de i’Ens ... 
Basse Autriche, au-dessous de l’Ens. .. 
Salzbourg 
Styric 
Carinthie 
Cernióle, 
Illyrie (Goritz, Gradiska , Istrie) 
Tyrol et Vorarlberg 
Bohême 
Moravie 
Silcsio 
Gallicie 
Bukowine 
Dahlia tie 
Lombardie vénitienne 
Hongrie 
Croatie et Slavonie 
Siebenbürgen (Transylvanie orientale). 
Colonies militaires 
Militaires en service 
Totaux. 
POPULA 
TION. 
1 681 697 
707 450 
146 769 
1 056 773 
332 456 
451 941 
520 978 
853 016 
4 705 525 
1 867 094 
443 912 
4 597 470 
456 920 
404 499 
2 440 056 
9 900 785 
870 009 
1 926 727 
1 064 922 
579 989 
35 019 058 
NOMBRE 
3 162 
484 
150 
707 
334 
240 
336 
1 892 
3 847 
1 715 
18 
2 382 
95 
180 
1 747 
9 666 
391 
3 321 
910 
29 972 
2 289 
1 327 
386 
958 
414 
254 
501 
2 702 
5 955 
2 465 
598 
2 621 
129 
248 
2 410 
11 510 
492 
3 850 
l 200 
39 795 
ELEVES 
DES JOUI,S 
le la semaine 
Inscrits. 
188 500 
78 000 
14 500 
113 800 
33 400 
52 600 
64 100 
100 200 
631 400 
249 500 
58 500 
295 100 
77 400 
32 300 
304 100 
996 000 
78 000 
218 100 
98 500 
Présents. 
3 990 000 
187 500 
77 500 
14 600 
99 600 
27 500 
29 100 
28 600 
110 600 
611 100 
248 000 
55 800 
129 000 
7 500 
8 100 
102 500 
739 900 
34 500 
157 500 
54 500 
2 723 400 
99 
99 
10! 
87 
82 
55 
44 
104 
90 
99 
95 
22 
10 
25 
33 
74 
44 
72 
55 
68 
159 
160 
97 
140 
82 
121 
85 
63 
159 
146 
133 
54 
78 
43 
59 
76 
88 
44 
69 
89 
82 
58 
39 
104 
66 
114 
48 
41 
103 
101 
98 
49 
58 
32 
42 
64 
70 
41 
45 
1 447 
1 461 
977 
1 494 
995 
1 966 
1 550 
449 
1 223 
1 088 
1 062 
1 930 
4 809 
2 174 
1 400 
1 024 
2 234 
580 
1 170 
On remarquera que, dans ce tableau, il y a des provinces où la propor 
tion des enfants qui suivent les écoles est tellement faible que, pour se 
rendre un compte exact des résultats de la législation et des efforts du Gouver 
nement, il ne serait pas exact d’introduire, dans le calcul des résultats moyens, 
les chiffres relatifs à ces provinces. Ainsi la Gallicie donne 23,1a Bukowine i o, 
la Dalmatie 2.5, la Lombardie vénitienne 33, pour le nombre des enfants qui, 
sur îoo, fréquentent les écoles, tandis que :
        <pb n="232" />
        La baute Autriche donne 99 
La basse Autriche 99 
La province de Salzbourg 101 
Le Tyrol et le Vorarlberg io4 
La Bohême * 9^ 
La Moravie 99 
La Silésie. 9^ 
Moyenne 
99 sur 100. 
Il y a lien (le penser que des difficultés locales, la dissémination des habi 
tants, les mœurs plus barbares encore qu’on ne le saurait croire, dans quelques 
parties de l’empire, sont les obstacles qui, pour certaines provinces, rendent 
les efforts du Gouvernement en partie infructueux. 
A ce sujet, il n’est pas inutile de signaler une difficulté spéciale que l’ensei 
gnement primaire rencontre et doit vaincre dans l’empire d’Autriche, composé 
de populations si diverses. Outre la langue générale de l’Etat, cet enseignement 
doit être donné dans dix-huit autres idiomes locaux, qui forment la véritable 
langue maternelle des enfants. 
G es langues ou idiomes sont : le bohémien, le hongrois, l’italien, le polo 
nais, le slave, 1’illy ri en serbe et croate, le ruthène, le roman, le bohémien alle 
mand, l’italien allemand, le polonais allemand, l’illyrien allemand, le slave 
allemand, l’illyrien italien, le hongrois roman, le hongrois ruthène et autres. 
Les instructions prescrivent formellement de donner l’enseignement primaire 
dans ces idiomes. 
ÉCOLES INDUSTRIELLES (GEWERBESCHULE) OU ÉCOLES DE PERFECTIONNEMENT 
POUR LES APPRENTIS ET AUTRES OUVRIERS. 
Ces écoles, que l’on désigne en Prusse et dans une grande partie de l’Alle 
magne parle nom de Fortbüdiingschilen, dont le sens est celui du titre que 
nous leur donnons ici, sont appelées en Autriche Gewerbeschulen, ou écoles in 
dustrielles. La confusion que ces significations différentes de nom peuvent oc 
casionner cesse lorsque l’on examine le but, les conditions et la marche de 
l’enseignement qui est donné dans ces établissements. 
Leur création en Autriche, et à Vienne en particulier, ne remonte qu’à 
l’année i85y, époque à laquelle se forma, avec l’approbation du Gouverne 
ment et le concours de la ville, la société industrielle. 
Les membres de cette société s’imposèrent en principe l’obligation d’envoyer 
leurs apprentis, au moins pendant la dernière année de leur temps d’appren-
        <pb n="233" />
        tissage, suivre les cours qui, sous le litre de Gewerbeschulen, seraient ouverts dans 
les écoles réelles de l’Etat ou dans celles de la ville, et, en outre, à payer une 
subvention proportionnelle à ]’importance de leurs établissements, meme dans le 
cas où ils n’auraient pas d’apprentis. Cette subvention volontaire est de à kreutzers 
par florin de contribution industrielle ou d’un quinzième de cette contribution. 
D’une autre part, il fut décidé que les apprentis devraient suivre ces cours 
pendant leur dernière année, faute de quoi ils ne seraient pas considérés comme 
ayant terminé leur apprentissage. 
L’enseignement de ces écoles est sous la surveillance du directeur de l’école 
réelle à laquelle elles sont attachées. Il est donné par les professeurs de l’école 
réelle, qui reçoivent, à cet eilet, une subvention spéciale proportionnée au 
nombre d’heures de leçons; si quelqu’un des professeurs ne peut se charger de 
cet enseignement supplémentaire , le directeur pourvoit à en désigner un autre. 
En 1861, par suite de l’initiative prise par les chambres de commerce et par 
les industriels, il existait déjà cinq de ces écoles annexées aux écoles réelles de 
Gumpendorf, de Wieden, de Landstrasse, de Jœgerzeïlc et Schotenfeld, ainsi 
qu’une école de tissage (Jdf^ebeschule) à Gumpendorf, et une école pratique de 
construction. 
Ces écoles profitent sans frais des locaux , des collections et des appareils des 
écoles réelles; mais les modèles plus spéciaux à l’enseignement quelles donnent 
sont achetés sur leurs propres ressources. 
Organisation nouvelle des écoles de perfectionnement des apprentis et des ouvriers. 
— D’après un règlement nouveau, qui doit être mis en vigueur cette année, 
l’enseignement sera partagé entre une section élémentaire, ayant deux classes, 
et plusieurs sections relatives aux diverses spécialités industrielles. 
La section élémentaire aura pour but de donner l’instruction théorique et 
d’exercer à l’art du dessin, en l’appliquant toutefois à la carrière future de 
l’élève. Dans les sections spéciales, les connaissances acquises seront appliquées 
aux branches d’industrie choisies par l’élève. L’organisation des spécialités 
devra s’adapter, dans chaque circonscription, aux besoins dominants de 1 indus 
trie locale. Ainsi les spécialités pour l’école de Gumpendorf seront princi 
palement celles de tisserands, d ouvriers en étoiles de soie, en rubans, en 
passementerie, en teintureries, etc. 
A l’école de Wieden, ce seront les spécialités se rapportant aux machines, 
aux industries telles que les métiers de tourneur, de menuisier, de relieur, 
d’ouvriers en cuivre, en bronze, fondeurs, etc. 
A l’école Jaegerzeile on fera principalement des cours relatifs a 1 industrie du 
batiment.
        <pb n="234" />
        — 
228 
Nombre d heures a enseignement, par semaine. — Ce nombre d'heures est de 
neuf heures et demie, tant dans la semaine, à partir de six heures et demie du 
soir (lundi, mercredi, vendredi), que le dimanche avant midi. 
Le nombre d’élèves ne peut pas dépasser 5o par classe, et s’il excède ce 
chiffre, on dédouble la classe. 
Matières de t’enseignement. — Dans la première classe de la section élémen 
taire on consacrera, par semaine, les nombres de leçons suivants: 
S, 
Religion o h 5o 
Langue allemande 2 00 
Calcul 2 00 
Calligraphie 1 00 
Dessin " A 00 
if*! " 
I lis 
Total 9 5o 
SECONDE CLASSE DE LA SECTION ELEMENTAIRE. 
Religion o u 5o 
Allemand, exercices de style et de sujets d’affaires commer 
ciales 1 00 
Arithmétique industrielle et calcul appliqué à la géométrie. 1 00 
Eléments de physique 2 00 
Géographie 1 00 
Dessin géométrique, projections, dessin à main levée, des 
sin de ligures et d’ornements, modelage pour chacun de 
ces trois genres 4 00 
Total 9 5o 
Ce qui peut donner pour un seul élève, y compris les trois genres de dessin, 
1 y heures 1/2 au plus par semaine. 
Dans les sections spéciales, l’enseignement sera réparti ainsi qu’il suit: 
Dessin industriel 4' 
Dessin architectural, devis. 4 
Dessin de machines, mécanique, études de machines 4 
Modelage et dessin d’après la bosse 4 
Chimie générale .’ 1 
Etude des matières premières 1 
Tenue de livres industrielle, douanes, etc 1 
Mécanique technologique 1 
Chimie technologique 1 
Total 21
        <pb n="235" />
        — 229 — 
Choix des cours par les élèves. — Dans les deux sections élémentaires, l’ensei 
gnement est obligatoire pour tous les cours. 
Dans les sections spéciales, au contraire, le choix des cours à suivre est 
laissé aux élèves. 
Durée de l’année scolaire. — L’année commence le i rr octobre et finit à la 
fin de juillet. 
A la fin de l’année, les élèves reçoivent des certificats dans lesquels sont 
appréciés leur conduite, leur application, leurs progrès dans les différentes 
branches. Un élève obligé, par des raisons majeures, d’abandonner les cours 
avant la fin de l’année, peut exceptionnellement, dans certains cas, rece 
voir un certificat de fréquentation, et même être autorisé à se présenter aux 
examens de fin d’année. 
Les élèves les plus distingués reçoivent, comme prix, des médailles d’argent 
ou de bronze, ou des mentions honorables. 
Direction de l’enseignement. — Le directeur de l’école réelle, à laquelle l’école 
des apprentis est annexée, est le chef de 1 enseignement. Il partage cependant 
cette autorité avec un délégué de la société industrielle. Ils veillent tous deux 
à introduire, dans fenseignement, toutes les améliorations que réclament les 
besoins des industries locales, signalés par les présidents des associations indus 
trielles qui patronnent ces écoles. 
Personnel enseignant. — L’enseignement est, comme on l’a déjà dit, donné 
par les professeurs des cours correspondants de l’école réelle (Realschule), si 
toutefois les professeurs y peuvent consentir d’après le temps qui leur reste 
libre ou la rétribution qu’on met à leur disposition. Lorsqu’un professeur ne 
peut pas se charger du cours à l’école des apprentis, le directeur avise à trou 
ver un autre professeur. 
Pour l’enseignement pratique on pourra, avec l’autorisation de l’autorité 
municipale, admettre comme professeurs des industriels, des contre-maîtres 
qui, dans tout ce qui concerne l’enseignement, seront sous les ordres de la 
direction. 
Objets servant à l’enseignement. — Pour l’achat des appareils et de tous les 
objets de consommation et d’usage, il est assigné un budget annuel, dont le 
directeur dispose, de concert avec le professeur de la spécialité correspondante. 
Il en est rendu un compte ultérieur. 
Administration des écoles industrielles à Vienne. — Pour la direction generale 
de ces écoles industrielles, il est formé un conseil composé des présidents et 
vice-présidents de la chambre de commerce et de l’industrie, des représentants
        <pb n="236" />
        230 
de la province et de la commune de Vienne, du président du comité de chaque 
école, et enfin de membres de la chambre de commerce et d’industrie désignés 
par l’élection. Ce conseil se réunit à des jours déterminés en assemblées extraor 
dinaires, pour constater chaque fois, en présence des directeurs, l’état de 
l’école, et délibérer sur les mesures favorables à son développement. 
Ressources des écoles. — Chaque membre de l’association industrielle, pour 
les écoles industrielles, qu’il ait ou non des apprentis, est tenu de payer une 
cotisation calculée de façon que le total, joint à diverses subventions, repré 
sente l’ensemble des dépenses probables de l’école pendant le courant de 
l’année. Par suite, il a le droit d’envoyer ses apprentis (s’ils ont déjà Je degré 
d’instruction nécessaire) à l’école, sans autre dépense que celle des objets ma 
tériels d’écriture et de dessin. 
Les compagnons qui, comme apprentis, ont fréquenté l’école, ne peuvent 
continuer à y venir en leur qualité de compagnons, qu’à la condition de payer 
une rétribution. 
Dans ces dernières années, les conditions financières des écoles d apprentis 
de Vienne se sont améliorées. Néanmoins, le rapport du nombre total d’ap 
prentis fréquentant ces écoles, qui est de i i oo, au nombre d’apprentis occupés 
à Vienne, i5ooo environ, est encore très-faible, et à peine de —. 
Pour développer ces institutions, ou a l’intention : 
i° De rendre une loi qui fixerait la contribution que chaque industriel devrait 
payer pour l’entretien de l’école industrielle de sa circonscription ; 
•2° De faire visiter et inspecter fréquemment ces écoles. 
Pour l’année i863, les comptes des écoles industrielles de Vienne peuvent 
se résumer ainsi qu’il suit : 
RECETTES. 
lin caisse au 3i décembre 1862. 
Contributions des industriels. . . 
Recettes extraordinaires 
Vente des livres d’études 
Intérêts des fonds placés 
Chambres de commerce 
du prince impérial. . . . 
du conseil municipal. . 
du conseil provincial. . 
4383' 33 e 
7715 60 
18 30 
192 51 
496 01 
4000 00 
2000 00 
3000 00 
3000 00 
25005 75 
DÉPENSES. 
École de Gumpendorf 2376' 00 e 
de Wieden 1840 75 
de Landstrasse.. . 1684 55 
de Jœgerzeile . 2107 89 
de Scholen Feld 1901 80 
Timbres 2I 25 
Remboursements d’avances 6000 00 
En caisse 9074 00 
25005 75 
1! résulte de ce compte que la dépense réelle faite par ces cinq écoles, qui 
ont 1 j 00 eleves, se serait élevé, en 1863, à 993 r florins G6, ou environ
        <pb n="237" />
        2o855 francs, soit à 18 fr. 90 cent, par élève, non compris les frais du local 
et du mobilier appartenant à l’école réelle. 
Nous avons visité deux de ces écoles et vu les travaux exécutés par les élèves 
des sections spéciales. Nous avons pu y constater la bonne direction donnée à 
l’enseignement, et les résultats remarquables obtenus au point de vue du dessin 
et de l’utile habitude qu’il fait contracter de se rendre compte, avec son secours, 
des formes et des proportions. Des collections complètes de ces dessins nous 
ont été données, et méritent d’être consultées quand on établira des ensei 
gnements analogues. 
Les belles salles des écoles réelles, vastes et bien aérées, permettent de 
mettre à l’aise les élèves de toutes les sections spéciales. 
ÉCOLE INDUSTRIELLE OU DE PERFECTIONNEMENT DES APPRENTIS ET DES OUVRIERS À PRAGUE. 
La Bohême, où l’enseignement primaire est si développé, et qui, conservant 
l’usage de sa langue nationale, est une des provinces de l’empire d’Autriche où 
les études littéraires et scientifiques sont le plus cultivées, a, depuis longtemps, 
constitué à Prague un ensemble d enseignements véritablement remarquable. 
Nous parlerons plus loin de ses écoles réelles et de son institut polytechnique, 
mais, pour le moment, nous devons faire connaître l’organisation quelle a 
donnée à son école pour les ouvriers. 
Il y a déjà plus de trente ans que la société industrielle de Bohême (gcu'crbs Verein 
von Böhmen) avait fondé une école de dessin et de modelage en plâtre, pensant, 
avec raison, que c’est principalement par le dessin que l’on pent instruire les 
ouvriers et leur donner une foule de notions utiles et même scientifiques qu’il 
serait autrement difficile de leur rendre familières. 
Plus tard, cette société voulut donner plus d’extension à son enseignement, 
mais elle fut arrêtée longtemps par le défaut de ressources, et ce 11’est que 
depuis deux ans environ quelle a pu y parvenir. Un ingénieur dévoué, qui a 
beaucoup étudié l’organisation de l’enseignement industriel en France et 
ailleurs, a été chargé de rédiger un plan d’études pour les écoles destinées aux 
ouvriers. Ce plan, publié sous le titre : Projet de statuts pour l’école de /'industrie 
et des métiers à Prague, a été soumis à la Diète de Bohême et au conseil de la 
ville, qui l’ont adopté. La ville a fourni pour (’établissement, le bâtiment, le 
mobilier et une subvention annuelle de i5oo florins (3i5o francs), la Dicte 
a alloué 2000 florins (4200 francs), et la société industrielle s’est engagée à 
donner aussi 3000 florins (4200 francs). L’école a donc un revenu fixe de 
55oo florins (1 i55o francs). 
La haute surveillance de l’école est confiée à un conseil de trois membres
        <pb n="238" />
        élus par la Diète, de trois membres du conseil municipal et de trois membres 
de la société industrielle. 
Cette école a été ouverte en i 863. L’enseignement y est donné en allemand 
et en bohémien, ce qui oblige parfois à avoir deux professeurs pour les mêmes 
matières. Les professeurs, presque tous attachés au corps enseignant des deux 
écoles réelles supérieures de la ville, sont au nombre de 16. L’analogie, que 
nous aurons occasion de signaler, entre la direction des études dans ces deux 
genres d’établissements explique et justifie celte réunion de fonctions par les 
mêmes professeurs. 
Le plan des études pour l’année 1863-1864 est le suivant : 
de 8 à 9 heures. . 
de 8 à îo heures. 
Dimanche 1 de loà 12 heures. 
de 2 à 4 heures. . &lt; 
Lundi soir 
Mardi soir 
1 heure. 
2 heures. 
2 heures 
1 heure . 
2 heures. 
2 heures 
Mercredi soir. 
1 heure. 
2 heures. 
2 heures, 
i heure . 
Vendredi soir. .. . { 2 | îei]res 
Technologie. 
Travail du lissage. 
Exercices de dessin linéaire. 
Exercices de dessin à main levée. 
Dessin de machines. 
Dessin d’ornemenis à main levée. 
Exercices de dessin linéaire. 
Exercices de dessin à main levée. 
Dessin de construction de bâtiments. 
Dessin d’ornement à main levée. 
Leçons sur les machines. 
Chimie. 
Histoire naturelle 
Algèbre et géométrie. 
Dessin de construction de bâtiments. 
Modelage. 
Calcul. 
Art de la construction 
Compositions écrites et style. 
Chimie. 
Dessin de machines. 
Modelage. 
Dessin d’échantillons. 
Algèbre et géométrie. 
Leçons de machines. 
Art de la construction. 
Leçons sur l’ornementation. 
Dessin d’échantillons. 
Physique et mécanique. 
Technologie. 
Leçons de machines. 
Art de la construction. 
Modelage.
        <pb n="239" />
        Samedi soir 
/ Géographie. 
1 heure • . • j Histoire naturelle. 
( Leçons de machines. 
, Calcul. 
•ï heures ) Tenue des livres. 
! Physique et mécanique. 
2 heures Modelage. 
Ces séances de dessin ou de cours sont réparties dans les diverses salles de 
l’école réelle. 
En hiver, les cours du soir ont lieu de 6 heures et demie à 8 heures et de 
mie, et en été, de 7 heures à 9 heures. 
L’enseignement et le dessin relatifs à la construction des batiments finit à 
Pâques; pour les autres industries ils durent depuis le commencement d’octobre 
jusqu’à la fin de juillet. 
On exige, pour l’admission à l’école préparatoire, la lecture, l’écriture et le 
calcul, et, pour l’entrée au cours des divisions spéciales, le certificat de capa 
cité de l'école préparatoire ou d’une école réelle inférieure. 
La rétribution scolaire est d’un demi-florin (1 fr. o5 cent.) par an pour 
chaque heure de cours auquel on s’inscrit; elle se paye d’avance par semestre. 
Cet enseignement , tout à fait technique et pratique, est réparti en cinq divi 
sions principales, selon les branches d’industrie dans lesquelles les auditeurs 
sont engagés. Elles sont destinées : 
La première, ou école de l’industrie du bâtiment, aux maçons, aux tailleurs 
de pierre, aux charpentiers, aux menuisiers, etc. On y enseigne la géométrie, 
les éléments d’algèbre, fart de la construction en général, le dessin du bâtiment 
et le modelage, des notions de physique et de mécanique, les effets de la cha 
leur. Ces études exigent deux semestres d’hiver. 
La deuxième, ou école de l’industrie des machines, aux serruriers, mécani 
ciens, aux conducteurs de machines, aux chaudronniers, modeleurs, aux meu 
niers, etc. On y enseigne la géométrie, les éléments d’algèbre, des notions de 
physique et de mécanique, la description et l’étude des machines, ainsi que le 
dessin. Ces études exigent deux années. 
La troisième, ou école des chimistes, aux teinturiers, aux brasseurs, aux tan 
neurs, aux savonniers, etc. Ou y donne des notions générales de chimie et de 
technologie chimique. 
La quatrième est l’école rie tissage et de filature. On y montre le travail du 
tissage, les calculs qui y sont relatifs, la composition de la mise en carte, la 
décomposition, etc.
        <pb n="240" />
        La cinquième, ou école de l’art industriel, est destinée aux ouvriers en por 
celaine, aux faïenciers, aux verriers et aux orfèvres, aux confiseurs, etc. 
L’enseignement consiste en dessins et en modelages. 
A la fin des cours, il y a des examens à la suite desquels on délivre, s’il y a 
lieu, des certificats de capacité, et les deux meilleurs élèves de chaque division 
reçoivent des prix. 
Le nombre des ouvriers inscrits à l’école de Prague, en i 863-1 86A , est de 
762, dont i5 à 20 p. 0/0 sont de nationalité allemande, et le reste, 85 à 80 
p. 0/0, de Bohême. 
Les dépenses de l’école s’élèvent, par an, aux sommes suivantes : 
Honoraires des professeurs 2.38o florins. 
Enseignement du dessin et modèles 1 620 
Collections 700 
Direction et service Ö20 
Chauffage 280 
Eclairage 4oo 
Total 5goo 
ou 12090 francs. 
Ce qui, pour 762 élèves, correspond à une dépense de 16 fr. 20 cent, par 
élève. Sur cette dépense totale, la rétribution payée par les ouvriers n’a pro 
duit que 1000 florins ou 2100 francs, soit 1/6 de la dépense. Le reste a été 
couvert par les subventions et les souscriptions. 
L’enseignement du dessin est donné, comme aux écoles réelles de la même 
ville, d’après des modèles en relief, et à très-peu près selon la méthode Dupuis. 
Écoles des provinces. — Outre les écoles dont les villes de Vienne et de Prague 
nous ont montré des types complets, il en existe d’analogues dans beaucoup 
d’autres villes de l’empire. 
Des cours du dimanche et du soir sont fondés dans la plupart des villes et 
des centres d’industrie par l’initiative des administrations locales, des chambres 
de commerce et des sociétés industrielles, ou par de simples particuliers. 
De nombreuses écoles d’apprentissage proprement dit ont été établies à 
Brünn pour le tissage, à Prague, par un comité central, pour venir au secours 
des habitants pauvres de l’Erzgebirge. Ce sont des écoles pour la fabrication de 
la dentelle, pour la couture, pour la bonneterie, pour la fabrication des tresses 
de paille, etc. 
En i85q, il y avait déjà dans J’empire 70 de ces écoles, recevant 1 1000 
élèves.
        <pb n="241" />
        ÉCOLES SUPÉRIEURES DE L’INDUSTRIE ET DU COMMERCE. 
Académie de commerce etclc marine, à Trieste. — Cet établissement est partagé 
en deux divisions, l’une pour le commerce et l’autre pour la navigation mari 
time. 
Le nombre des professeurs est de 23 et celui des élèves de 100. 
Il y a, en outre, cinq écoles maritimes, en rapport avec l’académie de marine 
de Trieste, à Venise, à Fiume, à Lussinpiccolo, à Spoletc et A Cattaro. 
Elles comptent y professeurs et 100 élèves seulement. 
ACADÉMIE DE COMMERCE. 
Au rang de ces établissements, il faut placer l’académie supérieure de com 
merce de Prague, fondée en 1826. Elle a trois classes, l'une inférieure, la se 
conde moyenne et la troisième supérieure. On y est admis avec un certificat 
satisfaisant d’études faites dans une école réelle ou dans un gymnase inférieur. 
En 1 827, a été fondée l’académie de commerce de Vienne , dont nous parle 
rons A part, et la société supérieure de commerce de Pesth. En 1 859, celle- 
ci avait 29 professeurs et 1 3 6 élèves. 
Tous ces établissements sont privés et fondés par des sociétés. 
ÉCOLES SPÉCIALES POUR L’AGRICULTURE. 
Ces écoles sont partagées en deux catégories, l’une supérieure et l’autre infé 
rieure. 
École pour ï étude complète de la science agricole. — Une école supérieure ou 
académie existe A Altenbourg, en Hongrie. Elle a 9 professeurs et 1 Ay élèves. 
La rétribution scolaire est de 63 florins; les dépenses annuelles de 19600 !lo- 
rins. C’est un établissement de l’État, qui possède des collections de tous genres, 
un laboratoire de chimie, une galerie de technologie, une bibliothèque, un 
jardin botanique. Il y a des cours pour la culture des arbres et pour l’adminis 
tration rurale et forestière. 
Ecoles moyennes d’agriculture. — A Grossau, dans la basse Autriche; A i es- 
chenliebwerd, en Bohême; à Kreutz, en Croatie; A Dublauy, en GaUicie. Les 
cours sont de deux années. Il y a 27 professeurs et 1 66 élèves externes. La 
rétribution scolaire est de 3o à 62 florins (63 A îoy francs). Les dépenses an 
nuelles s’élèvent A 9200 florins (19120 francs). Elles sont supportées par les 
ressources du pays et par les sociétés d’agriculture. 
Écoles inférieures d’agriculture. — Il va 7 écoles de ce genre : A Grossau
        <pb n="242" />
        (basse Autriche); à Liebejei-Rabin; à Terchen-Liebwerd, en Bohême; à (irai/., 
en Styrie; à Kreutz, en Croatie; à Ezernichow, en Gallicie, et à Laybach, en 
Garinthie. Ces écoles ont *¿3 professeurs et %3o élèves. La rétribution scolaire 
varie de 3o à /io florins, en partie recouvrés par le travail des élèves. Il v a 
72 boursiers. 
ÉCOLES FORESTIÈRES. 
Académies supérieures des forets. — Ces écoles sont établies à Mariabrunn, en 
liasse Autriche, et à Schemnilz, en Hongrie. On y fait deux à trois ans d’études. 
On y obtient l’admission avec un certificat d’études d’un gymnase ou d’une école 
réelle supérieure. Ces écoles possèdent un musée, des collections, un jardin 
botanique et un laboratoire. Leur personne! se compose de 1 /1 professeurs et de 
1 60 élèves pour les deux écoles. La rétribution scolaire est de 10 florins. Il y a 
des bourses gratuites. Ces établissements sont soutenus par l’Etat. 
Ecoles forestières moyennes.— Ces écoles sont situées à Wiessevvasser, en Bo 
hème; à Aussen, en Moravie; a Kreutz, en Croatie. Les cours durent deux à 
trois ans. La préparation exigée est l’école primaire. Ces écoles comptent 1 2 pro 
fesseurs et 100 élèves. La gratuité est compensée parles travaux des élèves. 
Ecoles forestières inférieures. — A Pibram, en Bohême; à Windschacht, eu 
Hongrie; à Nagnay, en Transylvanie. 
Les cours durent deux à trois ans. La préparation exigée est l’école primaire 
et l’habitude des travaux. 
Il y a 8 professeurs et 87 élèves. La gratuité est générale. 
Ces établissements sont soutenus par l’Etat. 
ÉCOLES DES MINES. 
Ecoles supérieures ou académies des mines. — A Schemnilz, en Hongrie; à Léo 
ben, en Styrie; à Pibram, en Bohême. 
Les cours durent deux à quatre ans. La préparation exigée est un certificat 
d’un gymnase ou d’une école réelle supérieure. 
il y a 23 professeurs et 205 élèves. La rétribution scolaire est de 10 florins 
ou 2 2,5 kreutzers. On accorde beaucoup de bourses. 
La dépense totale est de 1/1700 florins. Ces établissements sont soutenus 
par 1 Etat. 
ÉCOLE DE SERVICE DIPLOMATIQUE EN ORIENT OU ACADEMIE ORIENTALISTE. 
Cette école a pour objet l’enseignement des langues et du droit politique de 
l’Orient, elle compte 21 élèves externes et 6 professeurs.
        <pb n="243" />
        *237 — 
C’est un établissement de l’État. 
ÉCOLES DES ARTS. 
I.es écoles d’art, en Autriche, sont : 
L’académie des arts plastiques, à Vienne, à la charge de l’Etat, fondée 
en 170/1; 1 1 professeurs et 200 élèves. 
L’académie de peinture, à Gratz, à la charge de la province; 3o à So élèves. 
L académie des arts, à Prague, soutenue par la Société patriotique des Amis 
de l’art; 61 élèves. 
L’école des beaux-arts, à Cracovie, à l’institut technique; 5 professeurs et 
2/1 élèves. 
L’académie des beaux-arts, à Venise, fondée en 1670; q professeurs et 
3/10 élèves. 
L’académie de peinture et d’art plastique, à Vérone ; 3o élèves. 
Les conservatoires de musique, à Vienne et à Prague, et, depuis 1858, 
5a autres écoles d’art et de musique organisées en partie par des associations, 
en partie par des particuliers, et qui ont ensemble 23 1 professeurs et 8978 
élèves des deux sexes. 
Conservatoire de music/ue de Vienne. — Fondation privée, jouissant néanmoins 
d’une subvention annuelle notable. Six années d’études. On paye do k à 6 florins 
par mois. Deux fois par an , il y a séance publique. Cet établissement a 1 direc 
teur, 20 professeurs et 209 élèves des deux sexes. 
Conservatoire de musique de Prague. — Fondé et entretenu par la Société 
pour l’avancement de la musigue, il se divise en école de musique instrumen 
tale et en école de chant et de théâtre. La durée des études est de six ans pour 
la première école, de deux ans pour le chant et de deux à trois ans pour le 
théâtre (opéra). Pour les habitants du pays l’enseignement est gratuit. Il y a 
i directeur, 1 sous-directeur et 1 9 professeurs. 
ÉCOLE DE COMMERCE (HANDELS-AKADEMIE.) 
Il a été fondé, à Vienne, en 1867, par souscription, sous le titre d Aca 
démie de commerce, un établissement très-remarquable pour l’enseignement 
des jeunes gens qui se destinent au commerce proprement dit. Un capital de 
\00000 florins (8/joooo francs) a été réuni, et un hôtel situe dans les nou 
veaux quartiers de la ville a été construit à cet eilet. Il est pourvu de collections 
technologiques, d’un musée de matières premières et de laboratoires de chimie 
complets et parfaitement installés.
        <pb n="244" />
        __ 238 — 
Un conseil d’administration composé de neuf membres préside à la direction 
générale. 
L enseignement est réparti entre deux divisions, l’une préparatoire, qui exige 
deux années d’études, l’autre technique, qui demande le même temps. 
La répartition du temps consacré aux différentes matières peut se classer 
ainsi qu’il va suivre. 
Tableau du nombre d’heures consacrées par semaine aux. divers enseignements. 
DIVISION PREPARATOIRE. 
MATIERES DE L'ENSEIGNEMENT. 
Religion 
Allemand 
Arithmétique 
Géographie 
Histoire 
Histoire naturelle 
Calligraphie 
Tenue des livres 
Physique. 
Totaux. 
NOMBRE 
d’heures. 
année, année 
24 
2 
3 
4 
3 
/ 3 
2 
4 
2 
2 
25 
DIVISION TECHNIQUE 
MATIÈRES DE L’ENSEIGNEMENT. 
NOMBRE 
d’heures. 
annee. année. 
Calculs commerciaux 
Tenue des livres 
Correspondance commerciale. 
Economie politique 
Droit de commerce et de 
change 
Géographie, commerce et sta 
tistique 
Histoire commerciale 
Chimie 
Physique 
Etude des marchandises et 
technologie 
Industrie et commerce autri 
chiens 
Comptoir modèle 
Totaux 
24 
24 
Outre cet enseignement obligatoire, il y a des cours libres de français, d’an 
glais et d’italien, parmi lesquels cependant chaque élève doit au moins eu 
suivre un. 
Des laboratoires très-bien installés peuvent recevoir les élèves qui désirent 
se préparer aux analyses commerciales des denrées. Cette étude constitue un 
enseignement facultatif. L’hiver on y fait les analyses qualitatives, et l’été les 
analyses quantitatives. 
La rétribution scolaire est de ï 57 lï. 5o gr. (33o fr. 70 cent.) par an pour 
l’ensemble des cours.
        <pb n="245" />
        — 239 — 
Depuis ia fondation de cet établissement, ouvert en i85y, le nombre des 
élèves y a toujours été en croissant; il a suivi la marche indiquée ci-après : 
1857-1858. 1858-1859. * 1859-1860. 1860-1861. 1861-1862. 1862-1863. 1863-1864. 
50 
180 
206 
384 
368 
390 
422 
A la fin des cours il y a des examens facultatifs, à la suite desquels on dé 
livre, s’il y a lieu, des certificats de capacité. 
Parmi les enseignements facultatifs, on range la sténographie, à laquelle on 
attache une certaine importance, et le dessin, que l’on cultive au point de vue du 
goût artistique et commercial. 
Outre les cours réguliers du jour, il y a aussi des cours pour les personnes 
déjà engagées dans les affaires. Ils se tiennent le soir, de sept heures à neuf 
heures, depuis le mois d’octobre jusqu a Pâques, et sont fréquentés par environ 
25o personnes, qui payent /i florins (8 fr. 4o cent.) par cours particulier, sauf 
ceux des langues vivantes, pour lesquels on ne paye que 2 florins (4 fr. 20 cent.) 
et celui de sténographie, taxé à 1 florin ou 2 fr. 10 cent. 
Les matières traitées dans ces cours sont le calcul commercial, la tenue des 
livres, la correspondance commerciale, les règles de commerce et de change, etc. 
les langues vivantes et la sténographie. 
La plupart des auditeurs de ces cours du soir se présentent à des examens pour 
obtenir les certificats correspondants. 
Dans cet établissement libre, la discipline est maintenue par les professeurs 
au moyen d’un règlement assez sévère. 
ÉCOLES SECONDAIRES (MITTELSCHULEN). GYMNASES. 
Destination. — Les gymnases ont pour but général et spécial l’enseignement 
des anciennes langues classiques et de préparer aux études des universités. 
Ancienne organisation. — Jusqu’à l’année 18/19, ^ existait, dans les contrées 
allemandes-slaves de l’empire et dans le royaume Lombard-Vénitien (dont, en 
i85q, une partie de la Lombardie a été séparée), y compris les établissements 
militaires, 92 gymnases ayant six classes, et 6 gymnases ayant quatre classes. 
Le nombre des professeurs était de 6/16 et celui des élèves de 2o3i6. 
à9 de ces établissements comprenaient deux années d’études obligatoires de 
philosophie, et avaient 2/19 professeurs et 4800 élèves. 
En dehors de ces contrées de l’empire, on avait organisé, d’une façon géné-
        <pb n="246" />
        râlement moins complète, l’enseignement, des gymnases en Hongrie, en Croatie, 
en Slavonie et dans la Transylvanie. 11 y existait alors 120 gymnases ayant en 
tout 67 ï professeurs et 22807 élèves, parmi lesquels on comptait 61 gym 
nases ayant des cours de philosophie avec 200 professeurs et 2600 élèves. 
Réforme. — Le décret d’organisation de 18/19 a élevé les gymnases de 
six classes à huit classes, en y joignant les deux classes de philosophie élémen 
taire, et a donné plus d étendue à l’enseignement du grec et de la littérature 
allemande supérieure; on a réparti celui de l’histoire, des mathématiques, de la 
physique et de l’histoire naturelle sur l’ensemble des études. A celte époque, 
l’on a créé l’enseignement dans les différentes langues de l’empire, rejeté dans 
les universités les études de philosophie proprement dite et apporté de notables 
améliorations aux méthodes d’enseignement. 
Un gymnase complet se compose actuellement d’un gymnase supérieur et d’un 
gymnase inférieur ayant quatre classes. 
Le gymnase inférieur prépare pour les écoles supérieures comme le gym 
nase supérieur ou l’école réelle supérieure. 
Le gymnase supérieur donne un enseignement scientifique plus complet et il 
est l’école spéciale préparatoire aux études de l’université. 
il y a des gymnases publics et des gymnases privés. Les premiers seuls 
peuvent donner des certificats de maturité. 
¡Sombre des gymnases, des professeurs et des élèves. — En 1869, il y avait, 
dans l’ensemble de la monarchie, 2/10 gymnases, dont 1 64 à huit classes et 
78 à quatre classes, avec 2454 professeurs titulaires, 498 professeurs adjoints 
et 5 1 1 2 1 élèves. Les règlements prescrivent que, dans chaque classe, il n’y ait 
pas plus de 5o élèves; au delà de ce nombre on forme une subdivision de la 
classe. 
Un gymnase complet compte 1 8 professeurs titulaires, dont un remplit les 
fonctions de directeur. Un gymnase inférieur n’a que 6 professeurs. 
Les places de professeur sont données après un examen fait par une com 
mission universitaire. 
Surveillance et direction. — Pour chaque subdivision, if y a un professeur 
principal ou titulaire, qui est le supérieur des autres professeurs de fa même 
classe. La réunion des professeurs titulaires sous la présidence du directeur 
forme la conférence des professeurs. L inspection immédiatement supérieure 
est confiée à un membre du conseil d’instruction agissant en qualité d’inspec 
teur de gymnase. 
Le choix de la langue dans laquelle se donne l’enseignement dépend, en
        <pb n="247" />
        — 241 — 
général, des lieux où l’autorisation d’établir un gymnase a été accordée et des 
pays où l’on doit rechercher les professeurs. On choisit d’ailleurs la langue qui 
paraît la plus avantageuse au développement rapide des élèves. 
Organisation des études dans les gymnases.— Les études obligatoires sont : la 
religion, le latin, l’allemand, une seconde langue parlée dans le pays, l’histoire, 
Ja géographie, pendant huit classes; le grec depuis la troisième jusqu’à la hui 
tième, l’histoire naturelle dans la première, la deuxième, la cinquième et la 
sixième; la physique dans la troisième, la quatrième, la septième et la huitième; 
les éléments de philosophie dans la septième et la huitième. 
Pour les autres études, telles que les langues vivantes, la calligraphie, Je 
dessin, le chant et la gymnastique, l’enseignement est libre. 
Le nombre des heures de classes obligatoires est compris entre vingt-deux et 
vingt-sept par semaine. Le dimanche et deux demi journées dans la semaine 
devront être laissés sans cours obligatoires. 
On ne fait pas d’examens réguliers de fin d’année; le passage à une classe 
supérieure est accordé ou refusé suivant le travail de l’année, et l’examen n’a 
lieu que dans les cas douteux. Pour entrer aux universités, il faut avoir obtenu, 
à la sortie d’un gymnase, un certificat de maturité, et l’examen pour l’obtenir a 
lieu sous la direction de ( inspecteur du gymnase. 
Les élèves qui ont fait des études privées peuvent également se présenter à 
ces épreuves, à la condition de passer régulièrement des examens semestriels. 
Livres d'enseignement. — L’autorité supérieure pour l’instruction ne rend pas 
obligatoire l’emploi de livres déterminés. Elle indique seulement ceux que l’on 
peut employer, et, pour une même classe, il peut y en avoir plusieurs. 
Rétribution scolaire. — Le montant de la rétribution annuelle aux gymnases 
subventionnés par l’Etat varie de 8 fl. 4 kr. à j 2 11. 6 kr. (i 7 fr. 60 cent, à 2 fi fr. 
65 cent.). 
La bonne conduite et les progrès d’un élève pauvre peuvent lui faire accorder 
la gratuité. Outre ces rétributions, il y a à payer un droit d admission de 2.1 flo 
rins pour l’acquisition du matériel d’études et les taxes des examens de matu 
rité pour rémunérer les examinateurs. 
Dans l’ensemble des gymnases autrichiens, la somme des rétributions sco 
laires s’est, élevée, en i85q, à 2761872 florins (603 181 2 francs). 
Il y a un grand nombre de bourses fondées par l'État, par des corporations 
ou des particuliers, ce qui permet aux jeunes gens pauvres doues de capacité de 
suivre ces études. 
En 1809, 2881 jeunes gens jouissaient de bourses, dont l’ensemble montait 
à la somme de 207098 florins ou 686906 francs, ce qui montre que le 
31
        <pb n="248" />
        nombre des élèves boursiers est à celui des élèves payants à peu près dans le 
rapport de 6,35 à 6,o3. 
Collections d’objets d’enseignement. — Jusqu’en 1869, plupart des gymnases 
manquaient d’objets de ce genre, mais à dater de cette époque, grâce à l’active 
coopération de l’Etat, des communes et des particuliers, leur nombre a aug 
menté à tel point que, dans certains gymnases, la bibliothèque compte des mil 
liers de volumes, les cabinets de physique plus de 1000 appareils, et certaines 
collections plus de 20000 objets. 
Dépenses. — La dépense totale d’un gymnase est de 1 2000 florins (26200 fr.). 
Les appointements des professeurs varient de 735 à io5o florins (i563 à 
22o5 francs). Celui des directeurs de ii5oà 1 365 florins (261 5 à 2866 fr.). 
Après chaque période de dix ans de service, il y a pour tous les professeurs 
io5 florins d’augmentation (220 francs), et après trente ans de service, si un 
professeur ne peut plus continuer ses fonctions, il n’en reçoit pas moins ses 
honoraires complets. 
ÉCOLES RÉELLES. 
Jusqu’à l’année i85o, les écoles réelles (il n’y en avait alors que cinq) étaient 
en rapport direct avec les instituts techniques, dont elles étaient les écoles prépa 
ratoires. L’enseignement consistait surtout à apprendre les éléments du calcul et 
des mathématiques, les études humanitaires n’y étaient que faiblement repré 
sentées. Les élèves sortant de la quatrième classe des écoles primaires supé 
rieures y étaient admis. 
Ces écoles réelles consistaient alors en deux années d’études. 
Réforme. —La réorganisation de ces écoles date d’un décret du 2 mars 1 85 1, 
dans lequel les bases de l’organisation de l’enseignement industriel et de l’éta 
blissement des écoles réelles ont été posées. 
Elles furent alors toutes organisées en établissements distincts sous une 
direction particulière et distinguées en écoles réelles inférieures avec trois 
années de cours et en écoles réelles supérieures ayant six années de cours. 
Le but de ces écoles réelles est aujourd’hui de donner aux élèves, outre une 
éducation générale, sans embrasser l’étude des langues anciennes, un degré 
moyen d’instruction pour les professions industrielles et qui puisse leur servir 
également de préparation pour les écoles d’enseignement technique. 
Les écoles réelles inférieures, ainsi que les trois premières années de classes 
des écoles réelles supérieures, donnent une instruction suffisante pour les pro 
fessions industrielles les plus ordinaires, et préparent également pour les trois 
années suivantes d’études d’une école réelle supérieure.
        <pb n="249" />
        Les études des élèves des trois premières classes, qui constituentl’école réelle 
inférieure, forment un ensemble tel que les élèves qui en ont profité, peuvent 
entrer dans la pratique des arts industriels avec une instruction très-satisfai 
sante. L’on pourra en juger par les détails suivants que nous croyons utile de 
faire connaître. 
Le dessin est enseigné dès les premières classes, d’après des modèles en 
relief, et l’on n’y fait faire quelques copies que pour apprendre aux élèves la 
manière même de manier le crayon. 
Dans la première année, les élèves do la première classe, âgés de onze ans, 
s’exercent à des dessins de géométrie élémentaire à main levée et à des croquis 
de corps solides de formes géométriques d’après des modèles analogues à ceux de 
la méthode Dupuis. L’emploi de la règle et du compas ne leur est pas permis. 
A la deuxième année, les élèves de la deuxième classe, âgés de douze ans, 
exécutent les constructions élémentaires de la géométrie au compas et à la 
règle. Ils continuent aussi le dessin à main levée des ornements d’après des mou 
lages, font quelques copies de tête, et finissent par dessiner d’après la bosse. 
Dans la troisième classe, qui contient des élèves de treize à quatorze ou 
quinze ans,»le dessin reçoit un développement considérable, surtout au point 
de vue des applications à la pratique des industries auxquelles ils se destinent. 
A cet elfet, ou fait exécuter plus spécialement à chaque élève les dessins qui 
doivent lui être particulièrement utiles. La liste suivante de la collection des 
travaux exécutés en i 862-1863 dans cette classe à l’école impériale et royale de 
Landstrasse, h Vienne, indique à la fois la direction suivie et son utilité 
immédiate (1) . 
Dessins exécutés dans la 8 e classe de l’école réelle impériale et royale de l re classe 
de Vienne. 
Assemblages de charpente lavés à l'effet 6 feuilles. 
i Fermes en charpente 2 
I Pilots et moulons 1 
i Toitures (dispositions générales) 9 
Charpenterie.../ Grandes charpentes.. 9 
1 Appentis 1 
I Charpentes complexes, noues, etc ° 
! Planchers I 
Cintres en charpente 
35 
O La collection entière de ces dessins exécutés par les élèves nous a été envoyée de 
Vienne à notre demande.
        <pb n="250" />
        — 244 — 
Maçonnerie.. . . i 
Éléments de constructions en maçonnerie, appareils sim 
ples 
Gros œuvre de serrurerie de bâtiment 
Pénétrations de voûtes 
Coupe des pierres; voûtes simples, biaises; pénétrations; 
voûtes en cul-de-four, surbaissées 
Vestibules, en plate-bande ou voûtés 
Cintres courbes. Étançonnage des plaies-bandes 
Escaliers droits, tournants, à vis 
Fenêtres, maçonnerie et menuiserie 
Cheminées 
Foyers divers, fours 
Lieux d’aisances, communs 
Projets de bâtiments. — Habitations de campagne 
Ordres. — Ensembles et détails 
Compositions de façades 
Toitures 
5 feuilles. 
3 
4 
8 
3 
3 
7 
8 
3 
3 
4 
6 
16 
5 
2 
8o 
ÉLÈVES DE SEIZE À DIX-SEPT ANS. 
Charpentes à grandes portées 
Voûtes 
_. , . A . ... ( École réelle supérieure communale de Vienne. 
( Idem de Iroppau 
Machines. —Courbes géométriques. — Mécanique 
Engrenages 
Paliers; arbres; manchons; pistons 
Pompes; pistons à vapeur; volants 
Moulins à farine 
Roues hydrauliques, à augets; à aubes courbes; à augets 
en dessus 
Régulateur parabolique. 
Lavis; manivelles; manchons; bielles, freins, etc 
Machines diverses 
Dessins de la carte 
Machines 
2 
i 
6 
4 
3 
3 
i 
i 
3 
i 
5 
5 
5 
DESSIN k MAIN LEVEE. 
Ornements d’après le relief. 8 
Ornements et têtes copiés a 
Tête d’après nature et la bosse 5 
(') Mous joignons à ce rapport le dessin de l’école réelle communale de Vienne, pl. 11.
        <pb n="251" />
        Nota. Pour l’enseignement de la géométrie descriptive, ou se sert beaucoup 
des plans rectangulaires et des liebes qui rendent sensibles aux yeux toutes les 
règles des projection^. C’est, du reste, le mode d’enseignement qui avait été 
proposé et employé par M. Olivier, professeur au Conservatoire des arts et 
métiers. Son appareil était formé de deux plans articulés à charnière, en bois 
recouvert de liège dans lequel on plantait des fiches représentant les lignes de 
projection. 
Observation sur l enseignement des écoles réelles inférieures. — L’on voit, par le 
choix et le nombre des sujets traités dans les trois années d’études, que les 
jeunes gens qui se destinent aux industries pratiques de la construction des 
bâtiments et des machines peuvent sortir d’une de ces écoles réelles inférieures 
avec une instruction déjà suffisamment complète pour devenir plus tard des 
entrepreneurs de travaux capables de comprendre les projets à exécuter et de 
reproduire leurs propres idées par le dessin. 
Ces écoles réelles inférieures sont donc, en fait, pour les jeunes gens, des 
écoles qui les rendent susceptibles de devenir des maîtres ouvriers, des contre 
maîtres et des conducteurs de travaux, quand ils auront acquis dans les ateliers 
et les chantiers la pratique du métier. 
Classes supérieures. — Les jeunes gens qui veulent continuer leurs études 
passent ensuite aux quatrième, cinquième et sixième classes, pour lesquelles 
l’enseignement du dessin est encore à la fois théorique et technique. Les sujets 
des dessins exécutés à la même école en j 863 sont les suivants : 
QUATRIÈME CLASSE. 
Feuilles. 
Perspectives à main levée d’après des objets réels d’aborl 
simples, formés de lignes droites et ensuite plus composés. 3o 
Figures géométriques tracées au compas et à la règle, cercles, 
tangentes, figures composées, sections coniques, courbes 
diverses 17 
Dessin à main levée. — Ornements et figures copiées 7 
Ornements et figures d’après des modèles en relief. . 8 
Tête d’après nature 1 
63 
CINQUIÈME CLASSE. ¿LÈVES DE SEIZE À D1X-SERT ANS. 
Epures de géométrie descriptive complètes, projections simples 
et composées d’objets de toutes formes, d’ornements, de 
figures, perspective. Intersections et pénétrations. Ombres. 
88
        <pb n="252" />
        — 2 40 
SIXIÈME CLASSE. 
Feuilles. 
Lavis el dessins coloriés. Ornements d’après des modèles 
agrandis y 
Dessins à la mine de plomb 2 
Figures d’après la bosse 2 
Figures d’après nature 2 
Enseignement. — Les études obligatoires des écoles inférieures comprennent 
la religion, les langues, fhistoire, la géographie, l’arithmétique, l’histoire na 
turelle, les éléments de physique et de chimie, le dessin et la calligraphie. 
L’étude de la seconde langue du pays n’est obligatoire que pour ceux dont 
elle est la langue maternelle (attendu qu’à Vienne l’enseignement se donne en 
allemand). 
Le chant, la gymnastique et la sténographie ne sont pas obligatoires. 
Les méthodes d’enseignement doivent être principalement simples et popu 
laires. 
Dans les trois classes supérieures, l’enseignement doit suivre une marche 
plus scientifique, de manière à donner une idée générale des connaissances 
humaines en même temps qu’une préparation pour les études techniques. On 
ajoute aux études des écoles réelles inférieures les mathématiques élémentaires. 
Au lieu de l’arithmétique, l’étude des machines y devient obligatoire. La calli 
graphie ne l’est pas, et les langues vivantes, telles que l’italien, le français, 
l’anglais, y sont enseignées mais non obligatoires. 
Le nombre des écoles réelles indépendantes organisées conformément aux 
instructions était, en i85q, de 5s; celui des professeurs de 5ao et celui des 
élèves de qq3q. 
Le nombre des heures de classes pour les cours obligatoires varie de trente 
à trente-quatre. 
L’organisation de ces écoles est, pour l’enseignement et pour la discipline, 
exactement la même que pour les gymnases. Le nombre des professeurs est 
aussi de douze pour une école reelle supérieure, et de six à sept pour une 
école inférieure. Celui des élèves dune même classe ne doit pas dépasser 
quatre-vingts, et pour le dessin, s’il y a plus de cinquante élèves, on donne un 
adjoint au professeur. 
Recrutement des professeurs. —Tout candidat à un emploi de professeur doit 
d’abord passer un examen devant une commission établie à Vienne, pour 
prouver qu’il a les connaissances scientifiques nécessaires, et qu’il a une bonne 
méthode d’enseignement.
        <pb n="253" />
        — 247 — 
Il doit subir une année d’épreuve de professorat dans une école réelle pu 
blique. 
Les professeurs ont le droit de choisir les livres d’enseignement qu’ils veulent 
suivre parmi ceux qui sont autorisés par l’autorité supérieure pour l’enseigne 
ment. 
Rétributions et dépenses. ■— La rétribution annuelle dans les écoles réelles 
varie suivant les localités de 8 à 20 florins (16 fr. 20 cent, â 42 francs). Les 
cas d’exemption de payement sont les mêmes que pour les gymnases. Le droit 
d’admission est de 2,1 florins (4 fr. 4o cent.) et n’est payé qu’une fois. Il est 
destiné à couvrir les frais d’acquisition des objets d’enseignement. Si son produit 
ne suffît pas, il y est suppléé par une dotation. 
Les appointements des professeurs sont de 63o, 84o, io5o, 1260 florins 
( i 3 2 3, 1764, 2 2 o 5 , 2646 francs), avec augmentation décennale de 
210 florins. Les fonctions supplémentaires de directeur sont rétribuées de 
210 à 3 1 5 florins (44o à 660 francs). La dépense annuelle d’une école réelle 
inférieure est de 8000 à 11100 florins (16800 à 28100 francs), et celle 
d’une école réelle supérieure, de i5 à 20000 florins (3i5oo à 42000 francs). 
Les dépenses sont supportées pour les écoles impériales et royales par les 
royaumes respectifs; pour les écoles réelles communales, parles fonds commu 
naux, et pour les établissements privés par les dotations particulières. Beau 
coup d’écoles réelles sont subventionnées en partie par les communes et en 
partie par les fonds publics. Le montant de la rétribution appartient aux 
caisses qui subventionnent. 
Surveillance et direction. — Le directeur et près de lui le conseil des pro 
fesseurs sont appelés à la direction de l’école. Les écoles réelles sont sous la 
surveillance immédiate de l’autorité gouvernementale du pays, représentée par 
un conseiller des écoles. 
ÉCOLE RÉELLE SUPERIEURE DE PRAGUE. 
Cette école, dont à travers des transformations successives commandées par 
les besoins et par les progrès de l’industrie, les habitants de la Bohême font, 
avec un légitime orgueil, remonter l’origine à l’année i5y6, et au règne de 
Rodolphe II, c’est-à-dire à une époque bien antérieure à la fondation de la plu 
part de celles qui existent aujourd’hui en Allemagne, suit, pour l’ensemble des 
études, des programmes analogues à ceux des écoles de Vienne, comme on peut 
le voir par le tableau ci-dessous. 
Les élèves sont partagés en six classes qui exigent six années d’études. Les
        <pb n="254" />
        — 248 — 
programmes contiennent les matières suivantes, auxquelles on consacre, par 
semaine, le nombre d’heures indiquées. 
Enseignement religieux 2 h 2 h 
Langue allemande 4 4 
Géographie et histoire 3 3 
Arithmétique 4 4 
Histoire naturelle 2 2 
Connaissances utiles 2 3 
Langue bohémienne 3 3 
Calligraphie 2 2 
Dessin à main levée // 6 
Chimie 
Construction de bâtiments 
Mathématiques 
Dessin linéaire 
Physique 
Description de machines 
Dessin de machines 
Modelage 
Géométrie et dessin graphique. ... 10 
Italien J 
Français &gt; En dehors des classes 
Sténographie ) 
1" 
CLASSE. 
2« 
CLASSE. 
3' 
CLASSE. 
4= 
CLASSE. 
2“ 
3 5 
3 5 
5' 
CLASSE. 
6' 
CLASSE. 
6 
2 
// 
2 
2 
4 
2 
2 
4 
// 
2 
2 
. 2 
TOTAUX. 
12 
23 5 
20 5 
11 
10 
5 
18 
8 
31 
12 
2 
15 
8 
h 
14 
On voit, par cette répartition, le soin que l’on apporte à l’enseignement re 
ligieux, à celui des langues nationales allemande et bohémienne et à celui du 
dessin à main levée. 
Six heures, au moins, sont, pendant cinq ans, consacrées par semaine à ce 
genre de dessin, et deux è quatre heures seulement pendant trois ans au des 
sin linéaire. Aussi les succès des élèves sont-ils remarquables et supérieurs à 
ce que nous avons vu partout ailleurs. Le modelage pratiqué dans la sixième 
année paraît aussi réussir très-bien; on suit complètement la méthode Dupuis, 
dont on a tous les modèles. 
En i8ôy, les élèves étaient répartis ainsi qu’il suit :
        <pb n="255" />
        32 
249 — 
Age : io ans. 
1 2. 
j3. 
i4. 
i 5. 
16. 
1 7* 
18. 
19- 
20. 
CLASSE. 
60 
CLASSEMENT 
6 
13 
18 
25 
9 
2 
2' 
CLASSE. 
45 
PAH ÂGE 
1 
3 
16 
9 
14 
10 
4 
2 
1 
3 e 
CLASSE. 
77 
4« 
CLASSE. 
117 
À L’ENTRÉE. 
4 
21 
26 
28 
9 
6 
2 
19 
38 
49 
20 
6 
CLASSE. 
82 
6 
10 
34 
27 
16 
3 
2 
fi c 
CLASSE. 
51 
2 
2 
9 
20 
10 
3 
3 
TOTAL. 
432 
Sur 51 3 élèves, étaient Bohémiens; /i35, catholiques; 7, protestants; 
71, israélites. 
La bibliothèque contient près de 1 5oo volumes. La rétribution scolaire an 
nuelle est calculée à raison de 1/2 florin ou 1 fr. 28 cent, par heure de cours 
hebdomadaire. Ainsi une année de cours, qui a trente leçons par semaine, 
coûte i5 florins, ou 3i fr. 5o cent, par an. 
De toutes les écoles réelles que nous avons visitées, celle de Prague est certai 
nement celle où le dessin linéaire est le plus parfait, et nous croyons pouvoir l’at 
tribuer en grande partie au développement donné, à l’origine, à celui du dessin 
à main levée, qui habitue de bonne heure les élèves à la légèreté du trait. 
L’enseignement est donné en allemand et en bohémien; mais les profes 
seurs sont libres du choix de la langue dans laquelle ils veulent parler. Il y a 
quelquefois des professeurs des deux langues pour un meme cours. 
Les salles d’étude, les amphithéâtres, les laboratoires sont vastes et bien 
disposés. Des collections sont très-convenablement pourvues de modèles. Un 
atelier de modelage peut recevoir jusqu’à 2.5 élèves à la fois, et il est très-fré- 
quenté. 
ÉCOLE RÉELLE X TRÜBAU. 
Cette école réelle, que nous n avons pas visitée, a été l’occasion d’un essai 
que l’on a voulu faire de la réunion des élèves d’un gymnase à ceux d'une école 
réelle pour certaines classes, sous la direction des mêmes professeurs. 
Le point de départ, et surtout le but des élèves n’étant pas le même, et les
        <pb n="256" />
        — 250 — 
professeurs du gymnase peu familiarisés avec les détails technologiques, l’en 
seignement donné n’était pas assez scientifique. Il était un peu trop faible pour 
les élèves des gymnases, et trop élevé pour ceux des écoles réelles. On a dû 
renoncer à ce système qui, en France, produirait probablement des résultats 
encore moins favorables. 
ÉCOLES RÉELLES SUPÉRIEURES DE VIENNE. 
Nous avons visité dans cette ville deux écoles réelles supérieures, l’une im 
périale et royale, appartenant à l’Etat; l’autre communale, fondée par la ville. 
Toutes deux ont six classes d’études exigeant au moins six années. 
La première, dont nous avons déjà parlé, est située Landstrasse, dans un 
bâtiment pris en location (ancien hôtel du prince Lichtenstein ). Elle a des col 
lections nombreuses, principalement en minéralogie et en histoire naturelle. Le 
nombre des professeurs est de douze, dont six ont 1200 florins (2620 francs) 
de traitement; les six derniers nommés n’ont que 1000 florins (2100 francs) 
et obtiennent 1210 florins, dès que l’un des six premiers, après dix ans d’exer 
cice, obtient l’augmentation de 120 florins (44i francs) à laquelle ils ont tous 
droit. Outre cet avantage, les professeurs ont celui de devenir inamovibles, 
après dix années de service. Ils ne peuvent être destitués, mais simplement mis à 
la retraite. Enfin les professeurs reçoivent une indemnité de logement de 
120 florins (252 francs). 
Des laboratoires bien installés permettent de faire faire, aux élèves qui le 
désirent, des manipulations élémentaires. 
Un atelier de modelage est destiné à la pratique de cet art, et les élèves sont 
exercés à modeler d’après un dessin et, réciproquement, à représenter l’objet 
modelé par le dessin. 
Les salles de dessin sont très-belles et bien éclairées; les élèves y ont toute 
la place nécessaire. Pour le dessin d’après la bosse ou le modèle en relief, 
même élémentaire, on a disposé des cabinets ou cellules garnies de toiles vertes, 
et où les modèles sont éclairés par un bec de gaz unique, afin que les ombres 
soient mieux accusées. 
Le temps consacré aux leçons et aux travaux graphiques, sous la direction 
des professeurs, est réparti comme il est indiqué dans le tableau suivant :
        <pb n="257" />
        32. 
— 251 
Tableau du nombre d’heures consacrées par semaine aux divers enseignements. 
Religion 
Arithmétique 
Mathématiques 
Allemand 
Géographie et histoire 
Histoire naturelle 
Physique . . • 
Chimie 
Ecriture ou calligraphie. . . . 
Dessin à main levée 
Géométrie descriptive, dessin, 
Dessin linéaire de bâtiments . 
Dessin de machines 
Leçons sur les machines. . . . 
Modelage 
ire 
CLASSE. 
CLASSE. 
3' 
CLASSE. 
CLASSE. 
ENSEIGNEMENT OBLIGATOIRE. 
ENSEIGNEMENT FACULTATIF. 
CLASSE. 
Langue anglaise. 
Langue italienne. 
Langue française 
Sténographie . . . 
Chant 
Gymnastique.. . . 
CLASSE. 
TOTAUX. 
12 
11 
16 
26 
21 
8 
14 
12 
8 
39 
4 
2 
12 
5 heures par semaine. 
3 Idem. 
3 Idem. 
2 Idem. 
2 Idem. 
2 Idem. 
On voit, par ce tableau, quelle importance prépondérante on donne à l’en 
seignement du dessin à main levée, presque exclusivement montré d’après des 
modèles en relief, et auquel on consacre, pour les six classes, trente-neuf h eures 
par semaine, tandis que, pour le dessin linéaire au compas et à la règle on 
n’accorde que dix-sept heures. 
Malgré cette grande attention apportée au dessin à main levée, dans lequel 
les élèves réussissent bien, le dessin linéaire manque un peu de finesse et de 
légèreté. 
Examens. — A la fin de chaque année il y a un examen et des notes don 
nées pour le passage aux classes supérieures. D’après les renseignements et les 
notes de chaque professeur, l’on fait le classement des élèves, et toute note 
constatant l'insuffisance en une seule matière de l’enseignement empêche un 
élève de passer dans la classe supérieure, et, pour sa sortie, le prive du certi-
        <pb n="258" />
        íicat de satisfaction nécessaire pour l’admission aux instituts techniques. On 
voit, par ces règles, que l’externat peut se concilier avec des mesures de disci 
pline sévère. 
Lorsqu’un élève quitte la sixième classe d’une école réelle supérieure avec 
le certificat d’éminence, il est admis de droit dans la première classe de l’insti 
tut polytechnique, sinon, pour y entrer, il doit faire une année d’études prépa 
ratoires. 
Les examens des écoles sont très-sérieux, et l’année dernière, i 863, le 
nombre des élèves auxquels on a refusé le passage d’une classe à l’autre a été : 
l" CLASSE, 2' CLASSE, 3' CLASSE, 
de 60 p .0/0. . de 45 p. o/o. de 35 p. o/o. 
et sur les six classes en moyenne de 33 p. o/o. 
La rétribution scolaire à Vienne est de 18 à 20 florins (3y fr. 80 cent, à 
4 2 francs) par an. Les élèves qui veulent travailler au laboratoire de chimie 
payent en outre 2 florins (4 fr. 20 cent.) d’entrée et 1 florin (2 fr. 10 cent.) 
par mois. Les réactifs leur sont fournis par l’Etat. 
ÉCOLE RÉELLE SUPERIEURE COMMUNALE DE VIENNE (VORSTADT WIEDEN^. 
Cette école, fondée par la ville et administrée par elle, est du même ordre 
que celle de l’Etat. Le bâtiment est très-beau et fort convenablement disposé, 
comme on peut en juger par les plans et la vue que nous joignons à ce rapport. 
PI. II. 
Les salles d’études, de dessin, les laboratoires sont vastes et bien éclairés. 
Des collections fort convenables sont organisées. 
Le dessin y est enseigné d’après les objets et les modèles en relief. Le dessin 
à main levée a, dans la répartition du temps, une part beaucoup plus grande que 
le dessin linéaire : quand le premier a trente-huit heures réparties sur les di 
verses classes, le deuxième n’en a que huit, et cependant le dessin linéaire est 
satisfaisant. 
Les matières de l’enseignement sont réparties ainsi qu’il va suivre.
        <pb n="259" />
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        <pb n="260" />
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        <pb n="262" />
        Tableau des nombres d’heures consacrées par semaine aux divers enseignements. 
Religion 
Arithmétique 
Mathématiques 
Allemand 
Géographie et histoire 
Histoire naturelle 
Physique 
Chimie 
Écriture et calligraphie 
Géométrie descriptive 
Dessin à main levée 
Dessin linéaire de bâtiments et de 
machines 
Leçons sur les machines 
Construction de bâtiments 
Total des heures de leçons 
par classe et par semaine. 
COURS. 
2 
4 
5 
3 
2 
2 
« 
2 
il 
10 
30 
2° 
COURS. 
31 
3 e 
COURS. 
31 
4 e 
COURS. 
32 
5 e 
COURS. 
32 
6' 
COURS. 
32 
TOTAL. 
12 
12 
18 
26 
21 
10 
13 
12 
8 
a 
38 
8 
2 
2 
L’on voit, par ce tableau, qu*e la répartition du temps et des leçonspst pour 
ainsi dire identique avec celle qui est en usage à l’école impériale et royale de 
Landstrasse. Il en est de môme de la répartition des sujets de dessin qui, après 
avoir été relatifs aux questions d’enseignement général, sont répartis en spécia 
lités distinctes d’industrie. 
Les élèves qui veulent travailler au laboratoire payent un florin par mois pour 
deux séances de trois heures chacune par semaine, pendant la saison des va 
cances. 
La collection minéralogique et technologique est remarquable, très-bien 
tenue et bien fournie de minéraux utiles. 
A la fin de chaque année de cours, les élèves reçoivent des notes de chacun 
des professeurs, et ceux qui ont pour note : Instruction insuffisante, pour une 
seule partie de l’enseignement, ne sont pas admis à passer dans la classe supé 
rieure. Ces notes sont données avec beaucoup de sévérité, comme nous avons 
pu nous en assurer par l’examen des registres. Aussi cette école passe-t-elle 
pour être très-sévère.
        <pb n="263" />
        25/i — 
Nombre des élèves auxquels il a été donné et refusé des certificats. 
1" ANNEE. 
Donné. 
59 
Rel'usé. 
12 
2 e ANNEE. 
Donné. 
48 
Refusé. 
22 
3» ANNEE. 
Donné. 
49 
Refusé. 
10 
4 e ANNEE. 
Donné. 
47 
Refusé. 
9 
5' ANNEE. 
Donné. 
36 
Refusé. 
6« ANNEE. 
Donné. 
34 
Refusé. 
Total. . . . 273 certificats donnés, 59 refusés, soit 0.22 p. 0/0. 
La sévérité des examens et des notes de fin d’année est, comme on le voit, 
assez grande pour assurer la force des études. 
Le nombre des élèves dans les différentes classes se répartit ainsi qu’il 
suit : 
1" ANNEE. 
78 
2 e ANNEE. 
81 
3 e ANNEE. 
69 
4' ANNEE. ! 5» ANNEE. 
69 
68 
6 e ANNEE. 
48 
TOTAL. 
413 
Une grande partie des élèves de la sixième classe ou année se présente à l’ins 
titut polytechnique ou aux écoles militaires de 1 artillerie et du genie. 
ÉCOLE RÉELLE COMMUNALE DE SECOND ORDRE DU FAUBOURG GUMPENDORF, 
À VIENNE. 
Cette école de deuxième ordre a eu, en 1862, environ 180 eleves dans ses 
trois classes. L’enseignement y est réglé comme dans les classes inferieures 
correspondantes des écoles réelles supérieures. 
La sévérité des examens de passage et de sortie y est au moins aussi grande, 
car en 1862, sur 178 élèves, 1 i 7 seulement ont ete admis, soit au passage 
des classes supérieures, soit à 1 obtention du certificat, et 56. soi! 82 p. 0/0, 
ont été refusés. 
ÉCOLE RÉELLE INFÉRIEURE ÉVANGÉLIQUE DE VIENNE. 
Outre les écoles royales et impériales et les écoles communales réelles, il en 
existe encore d’autres, à titre d’écoles libres autorisées par le gouvernement 
De ce nombre est une école évangélique réelle, de degré inférieur, ayant 
seulement trois classes, à laquelle sont annexées deux écoles primaires, l’une 
pour les garçons et l’autre pour les filles.
        <pb n="264" />
        — 255 — 
Cette école, construite par souscription sur un terrain donné par la ville, a 
coûté 2/10000 florins (5oàooo francs) d’établissement; son budget annuel 
est de 3oooo florins (63ooo francs). Elle a une bibliothèque de i 5ooo vo 
lumes à l’usage des professeurs. 
Les élèves de l’école primaire y entrent après quatre années d’études, c’est- 
à-dire à dix ou onze ans. 
Les études sont réglées comme il est indiqué au tableau suivant. 
J'ableau des nombres d’heures consacrées aux divers enseignements. 
Religion 
Arithmétique 
Allemand 
Géographie et histoire. . 
Histoire naturelle 
Physique 
Écriture ou calligraphie 
Dessin à main levée... . 
Dessin linéaire 
Géométrie 
Chant 
Chimie 
Totaux. 
l re 
CLASSE. 
26 
2' 
CLASSE. 
26 
CLASSE. 
26 
TOTAUX. 
6 
9 
13 
8 
4 
5 
6 
10 
4 
4 
3 
6 
L’on voit par ce tableau que l’enseignement donné dans cette école ne diffère 
guère de celui des précédentes, et que l’étude de la langue allemande et du 
dessin à main levée y ont la plus large part. 
Les élèves de cette école réelle payent 5 florins (io fr. 70 cent.) d’entrée et 
12 florins (26 fr. 20 cent.) par an. Cette rétribution, qui n’est pas payee par 
tous les élèves, produit seulement 6000 florins (12600 francs) par an. La 
ville alloue une subvention de 7000 florins (1/1700 francs); le surplus des 
dépenses est couvert par des souscriptions. 
La direction de cet établissement est presque entièrement indépendante du 
contrôle de l’Etat. Il est administré sous la surveillance d’un conseil élu par les 
membres de la communion évangélique, par un directeur également élu, mais 
dont la nomination doit être approuvée par le gouvernement.
        <pb n="265" />
        256 
ÉCOLES SPÉCIALES. 
I o ÉCOLES MILITAIRES. 
Ces écoles se divisent en écoles d’éducation et en écoles d’enseignement mi 
litaire. 
Les écoles militaires d’éducation se partagent en écoles pour les sous-officiers 
et écoles pour les officiers. 
Les écoles pour les sous-officiers sont : 
Les écoles inférieures d’éducation; 
Les écoles supérieures d’éducation ; 
Les écoles de compagnie. 
Les écoles pour les officiers sont : 
L’école des cadets (cadetten Institut); 
Les académies militaires. 
Les écoles militaires proprement dites sont : 
L’institut des professeurs militaires (militar Leherinstitut) ; 
L’école supérieure d’artillerie; 
L’école supérieure du génie; 
L’école centrale de cavalerie ; 
L’école de la guerre ( Kriegs-Schale); 
L’école d’administration militaire ; 
L’académie médico-chirurgicale Joseph; 
L’institut vétérinaire; 
Enfin I institut d’éducation des filles d’officiers A Hernals. 
Etablissements d’éducation militaire. 
Les établissements d éducation militaire ont pour but de préparer à occuper 
des emplois de sous-officiers et d officiers, les fils de parents peu fortunés qui 
ont bien servi sous les drapeaux de l’Etat. 
Dans ces établissements, il y a des places delevesinilitaires {Militärzöglinge, 
enfants de troupe) et des places payantes ou des bourses fondées par la pro 
vince ou par des particuliers. 
L’on admet aux places d’enfants de troupe [Militäiizög linge) les fils de militaires 
ou d’employés civils qui ont fait le service de deux engagements, et dans les 
écoles de compagnies [Schule Compagnien) les fils d’employés civils et de gardes- 
frontières. x 
Les conditions d’admission aux places défrayées par des dotations des pro-
        <pb n="266" />
        — 257 — 
vinces ou des particuliers sont déterminées par le cahier des conditions de ces 
mêmes dotations. Tout Autrichien a droit de prétendre aux places payantes, à 
la condition de verser à la caisse militaire le montant de la rétribution d’une 
année et de remplir les autres conditions d’admission. 
Des élèves payants peuvent être admis dans tous les établissements militaires, 
excepté dans les écoles inférieures. 
Des étrangers peuvent également être admis aux places payantes, à condition 
de justifier d’une autorisation formelle de leur gouvernement pour entrer au 
service de l’Autriche. 
Pour l’admission, il faut avoir l’âge requis pour chaque école, l’aptitude cor 
porelle et l’instruction correspondante préalable. 
L’enseignement est réglé dans chaque école par un plan d’études déter 
miné, qui peut être modifié selon les progrès des sciences et des moyens 
d’enseignement. 
Les matières enseignées dans les écoles pour les sous officiers sont : la reli 
gion, les langues allemande, bohème, hongroise, italienne, roumane, les ma 
thématiques, la mécanique populaire, les principes de physique, les éléments 
des constructions civiles, la géographie, l’histoire, l’histoire naturelle, les com 
positions littéraires militaires, la connaissance des armes de l’infanterie, de 
l’artillerie, le service des pionniers, celui des fortifications, l’instruction des 
sapeurs du génie, l’art des mines, les règlements pour dresser et exercer les 
recrues, l’escrime, le service en campagne,le dessin, la gymnastique, la natation. 
Pour les écoles d’officiers, la religion, la philosophie élémentaire, les lan 
gues allemande, française, bohème, italienne, hongroise, les mathématiques, 
la mécanique, l’arpentage pratique, la physique, la chimie, la géométrie des 
criptive, la géographie, l’histoire, l’histoire naturelle, le droit public européen, 
le droit privé autrichien, le code pénal militaire et les formes de procédure, 
la rhétorique, le style militaire, la connaissance des armes de l’artillerie, la 
fortification, l’instruction de sapeurs du génie, le service et le règlement pour 
l’instruction des recrues et les manœuvres, le service de campagne, le dessin, 
la gymnastique et l’escrime. 
Dans le courant du mois de septembre, les élèves de la dernière année des 
écoles de compagnies entrent comme sous-officiers dans l’armée ; ceux de 
l’académie y entrent comme officiers. 
De plus, les élèves de la dernière année des écoles d’éducation inférieure 
passent à l’école supérieure, et, de là, dans les écoles de compagnies [Schale 
Compagnien) et à l’institut des cadets. 
Les autres élèves passent dans les classes immédiatement supérieures.
        <pb n="267" />
        Les élèves qui ne profitent pas suffisamment sont rendus à leurs parents, à 
l’exception des enfants de militaires, pour lesquels, dans certains cas, on use 
encore de ménagements ultérieurs. 
Les élèves retirés avant la fin des études ne peuvent, s’ils s’engagent immé 
diatement ou plus tard, être promus à aucun grade, et surtout à celui d’offi 
cier, avant la sortie de leurs camarades de la même promotion. 
La durée des études dans ces écoles est pour les 
5 écoles inférieures, ayant chacune.... 100 élèves... 
5 supérieures 200 
2 écoles de compagnies pour infanterie. 120 
4 — artillerie j 
1 pionniers , ¡ 20 
1 génie ] 
4 écoles de cadets fcade tien Institut) 200 
4 années d’études. 
4 
2 
4 
Pour les académies militaires, savoir : 
L’académie de Neustadt 4oo 4 
L’académie d’artillerie et du génie 160 4 
Commandement. — Le commandement est donné dans une école inférieure 
à un officier subalterne, dans une école supérieure ou dans une Schale Compa 
gnien, à un capitaine; dans une école des cadets, à un officier d’état-major; dans 
une académie, à un général. 
A chaque école est attaché le personnel correspondant pour l’enseigne 
ment, la surveillance, les manœuvres ainsi que pour la santé et le service. 
L’enseignement religieux est donné, en partie, par des ecclésiastiques atta 
chés à l'établissement, en partie par des aumôniers civils ou militaires. 
Les autres matières sont enseignées, dans les écoles inférieures, par des 
sous-officiers instructeurs; dans les écoles supérieures et écoles de compagnies 
(Schule Compagnies), par des officiers et des sergents instructeurs; dans les écoles 
de cadets, par des officiers, en descendant, à partir du grade de capitaine ; 
dans les académies, par des officiers d’état-major. Dans les académies, les élèves 
reçoivent également des leçons d equitation. Chaque école de sous-officiers a un 
médecin major; chaque école de cadets, un médecin de régiment, et chaque 
académie, un médecin d’état-major et un médecin supérieur. 
INSTITUT DE PROFESSEURS MILITAIRES. 
Cet institut a son siège à Neustadt (faubourg de Vienne) et a pour but de 
former des professeurs pour les écoles de sous-officiers et des sergents instruc-
        <pb n="268" />
        33. 
— 259 — 
leurs pour les écoles d’officiers, des maîtres d’armes et de gymnastique pour 
ces deux espèces d’écoles et pour les troupes. 
Les élèves, au nombre de cinquante, sont des sous-officiers de troupes. 
La durée de l’instruction est d’une année. 
L’établissement est dirigé par un officier d’état-major auquel sont adjoints 
des officiers et des sergents instructeurs pour donner l’enseignement. 
ÉCOLES D’ARTILLERIE, DU GENIE SUPERIEUR ET ECOLE DE GUERRE. 
Ces établissements sont destinés à donner à des officiers capables de le 
recevoir un degré plus élevé d’instruction et à les rendre aptes aux services 
supérieurs de l’armée. 
La classe supérieure d’artillerie est réunie à l’académie d’artillerie de Weiss- 
kirchen, et celle du génie à l’académie du génie de Znaïm. 
L’école de la guerre à Vienne forme un établissement à part, dont le chef 
est un général, elles professeurs, le plus souvent, des officiers d’état major, et 
ordinairement même attachés à l’état-major du quartier maître général. 
Les élèves sont des lieutenants ou sous-lieutenants, dont 1 admission est pro 
noncée par une commission d’examen. 
Les cours sont de deux années dans chacun de ces établissements, au sortir 
desquels les officiers d’artillerie et du génie entrent dans leurs corps, et les 
officiers de la Kriegs Schule sont répartis dans l’état-major du quartier maître 
général, suivant les besoins. 
ÉCOLE CENTRALE DE CAVALERIE À VIENNE. 
Cette école a pour but d’apprendre aux officiers les plus capables de la ca 
valerie à monter et à dresser des chevaux, à les manier et à les utiliser, à con 
duire et employer à propos la cavalerie. 
La durée de l’enseignement est d’une année, et on admet à l’école un offi 
cier par régiment de cavalerie. Le chef de l’établissement est un officier d’état- 
major ou un général; l’enseignement est donné par un officier de cavalerie et 
par un vétérinaire. 
ÉCOLE D’ADMINISTRATION MILITAIRE À VIENNE. 
Dans cette école, il y a deux subdivisions, l’une pour i’auditoriat, l’autre 
pour l’administration militaire des frontières. 
Aux cours d’auditoriat, on admet les employés d’auditoriat; l’enseignement, 
dure une année, et, à leur sortie, les élèves passent à l’application.
        <pb n="269" />
        — 260 — 
A l’école d’administration militaire des frontières, on admet des officiers 
subalternes, des sous-officiers et des aspirants civils, après un examen. 
L’enseignement dure deux ans, après lesquels les officiers passent à l’admi 
nistration des frontières avec leur grade; les sous-officiers et les élèves sont 
promus dans la même administration au grade de sous-lieutenant de deuxième 
classe. 
Le commandant de l’école de guerre a la direction de l’établissement. L’en 
seignement est donné par des sujets de l’auditoriat, du commissariat de la 
guerre, du service d’administration militaire des frontières et des professeurs 
civils. 
ACADÉMIE MÉDICO-CHIRURGICALE JOSEPH, À VIENNE. 
Lile a pour but de former des médecins pour l’armée et de contribuer à 
l’avancement de la médecine. 
Elle se subdivise : i° en un cours supérieur pour formes des docteurs en 
médecine et en chirurgie, et 2° en cours inférieurs pour former des chirurgiens 
pour les services inférieurs de campagne. 
Cette académie est mise sur le rang de la faculté de médecine de l’univer 
sité de Vienne. 
L’enseignement supérieur dure cinq ans; l’enseignement inférieur trois ans. 
Les élèves sortant de l’enseignement supérieur ont le rang de médecins su 
périeurs (Oberärzte) avec le grade de docteur et sont astreints à un service mi 
litaire de dix ans. 
Ceux qui sortent de l’école inférieure ont le rang de médecins inférieurs 
( Unterärzte) et sont tenus à un service militaire de huit ans. 
Le commandement administratif, militaire et disciplinaire de l’école est confié 
à un officier d’état-major; un directeur des études dirige la partie scientifique. 
I/enseignement est donné par des médecins militaires et des professeurs civils. 
INSTITUT VETERINAIRE MILITAIRE,. A VIENNE. 
11 a pour but de former des vétérinaires et des maréchaux ferrants pour 
l’armée et le civil, de travailler à l’avancement de la science vétérinaire, de 
soigner dans ses hôpitaux les mammifères malades de toute espèce fournis par 
le militaire ou le civil, enfin, d’agir en qualité d’autorité scientifique supérieure 
en matière judiciaire et de police relative aux animaux, pour donner des avis 
et des opinions sur les questions soulevées par les autorités. 
L’institut comprend : i° l’école vétérinaire, pour former les vétérinaires et les 
maréchaux; 2° l’école de maréchaux ferrants, pour le perfectionnement des ma 
réchaux ferrants civils.
        <pb n="270" />
        — 261 — 
Les conditions de commandement et de direction sont les mêmes qua l’aca 
démie Joseph. 
Le personnel enseignant se divise en professeurs titulaires et en professeurs 
adjoints. Il y a cinq professeurs et chacun a son adjoint. Pour les matières pour 
lesquelles des professeurs ordinaires ne sont pas nommés, le ministère de la 
guerre désigne des professeurs auxiliaires. 
L’instruction pour le ferrage des chevaux est donnée par deux professeurs, 
auxquels sont adjoints deux maréchaux ferrants militaires. 
L enseignement à l’école vétérinaire est de trois ans pour les élèves, de deux 
ans pour les vétérinaires et pour les maréchaux ferrants. 
Les élèves, en sortant de l’école vétérinaire, reçoivent le diplôme de vétéri- 
% naire de deuxième classe, et sont tenus à un service militaire de six ans. 
Les élèves militaires de deux ans rentrent dans leur corps de troupes, et 
sont nommés maréchaux ferrants suivant les besoins. 
Le nombre des auditeurs civils était, en 1859-1860, de 5/j, ceux de l’école 
des maréchaux ferrants de 8 1. 
Des cours sur les épidémies et la police vétérinaire ont été, en outre, suivis 
par io3 étudiants en médecine de l’université et 72 élèves de l’académie 
Joseph. Le diplôme de vétérinaire a été accordé à 1 1 élèves" sortants , et 88 ma 
réchaux ferrants ont obtenu le certificat de maréchal ferrant. 
INSTITUT D’ÉDUCATION DES FILLES D’OFFICIERS, À HERNALS. 
Le but de cette institution est de faciliter aux officiers chargés de famille et 
peu aisés, ainsi qu’à leurs veuves, l’éducation de leurs filles, et de leur procurer 
une instruction suffisante pour les mettre en état de subvenir à leurs besoins 
comme institutrices de jeunes filles dans les classes supérieures et aisées. 
Observation. — Cette direction donnée à des jeunes filles sans fortune nous 
paraît déroger à la prudence ordinaire du Gouvernement autrichien. Elle ex 
pose, comme on ne le sait que trop, ces jeunes personnes à des dangers aux 
quels elles succombent fréquemment. Il serait, selon nous, bien préférable de 
leur donner une instruction industrielle plus modeste qui les séparerait moins 
de leur famille et ne les placerait pas au milieu d’un monde élégant dont elles 
contractent en partie les habitudes sans en avoir les ressources. 
Les élèves, au nombre de 78, sont défrayées par l’Etat ou par des dotations 
de particuliers. 
L’âge d’admission est de 6 à 8 ans, et les élèves restent dans l’établissement 
jusqu’à celui de 20 ans accomplis. Les études sont réparties sur quatre années, 
et chaque année est partagée en deux divisions.
        <pb n="271" />
        La directrice de l’établissement a sous ses ordres quatre sous-directrices, une 
maîtresse de couture, une maîtresse de ménage. Cette instruction sur les soins 
du ménage et sur son administration manque dans l’éducation française. 
ÉTABLISSEMENT D’ENSEIGNEMENT POUR LA MARINE. 
il y a en Autriche : 
Une école de mousses (Schiffsjunge) ; 
Une école d’infanterie de marine; 
Une école de maistrance (quartiers-maîtres); 
Une école pour les élèves de marine de première classe; 
Une école pour les élèves de marine de deuxième classe ; 
Un enseignement théorique pour les cadets de marine (Seecadettcn); 
Un cours supérieur pour des officiers de marine. 
L’école des mousses a pour but de former des sous-officiers de marine avec 
des jeunes gens des provinces slaves et allemandes admis entre l’àge de i ». à 
i 4 ans comme mousses dans la marine militaire. 
L'enseignement dure jusqu’à ce que l’élève ait atteint l’âge de la conscrip 
tion, il est alors engagé comme matelot et devient sous-officier, quand il a 
acquis la pratique suffisante. La charge la plus élevée qu’il puisse atteindre est 
celle de maître-pilote (Hochbotsmann). 
Dans les écoles d’infanterie de marine et de marine (Zeugscorps), sont reçus 
des hommes déjà engagés au service militaire, qui sont tirés de leurs corps 
de troupes respectifs. Ils sont formés comme sous-officiers et une partie en re 
çoit funiforme. Ceux qui sont aptes à devenir officiers sont nommés à ce grade 
au moment où ils quittent leur corps pour entrer à l’école. 
L’école pour élèves de première classe se trouve à bord d’un navire de guerre 
destiné à ce service. Elle a pour but de former au service maritime et comme 
officiers de marine les jeunes gens de i 6 à 18 ans qui, au moment d’entrer dans 
cette école de marine, ont déjà acquis une instruction civile technique com 
plète. Aussi, l’enseignement à cette école consiste-t-il principalement dans le 
service pratique, l’exercice, les manœuvres, mais en partie également dans 
l’application des connaissances scientifiques précédemment acquises à l’art et 
à l’astronomie nautiques. 
Le cours dure une année; à la sortie, l’élève est reçu cadet de marine. Après 
deux à trois ans de navigation, ces cadets entrent dans le cours théorique des 
cadets de marine. 
L’école pour élèves de deuxième classe a pour unique but de former des offi 
ciers de marine avec les élèves qui y sont admis.
        <pb n="272" />
        Dans cette école, il y a des élèves militaires, des élèves défrayés par dotation 
et des élèves payants. 
Les fils d’officiers et de fonctionnaires de l’Etat peuvent prétendre aux places 
d’élèves militaires, tandis que tout sujet autrichien peut, en payant la rétribu 
tion annuelle et en remplissant les autres conditions exigées, être admis à oc 
cuper une place payante. Des étrangers peuvent également être reçus aux 
places payantes, s’ils justifient de l’autorisation de leur gouvernement pour en 
trer au service de la marine militaire de l’Autriche. 
Pour être admis, il faut avoir de 12 à ih ans, l’aptitude corporelle nécessaire 
et une instruction suffisante. 
'L’enseignement est réglé d’après un plan, et donné à bord d’un navire école 
expressément disposé à cet effet et sur lequel sont embarqués tous les élèves. 
A la fin des trois années d’études, les élèves sortent comme cadets de 
marine, et sont embarqués pour le service effectif. Après deux à trois ans de 
navigation, les cadets de marine sont admis à des cours théoriques de ma 
rine. 
Cette école reçoit ho à 5o élèves. 
Le commandant du navire a la direction générale de l’établissement. 
L’aumônier du bord a le soin des âmes et de l’enseignement religieux; les 
autres enseignements sont donnés par des professeurs sortis des écoles hydro 
graphiques. Ce sont les officiers de marine du navire-école qui sont chargés 
d’enseigner les exercices pratiques et la manœuvre. 
Le médecin du bord fait le service sanitaire. 
Le cours théorique pour les cadets de marine a lieu à terre et consiste en une 
année d’enseignement, après lequel chaque élève subit l’examen prescrit pour 
le grade d’officier. 
A la sortie de cette dernière école, les élèves sont encore cadets de marine, 
mais au premier départ ils sont promus au grade d’officiers. 
Le cours supérieur pour les officiers de marine a pour but de perfectionner 
dans les sciences, par des études mathématiques et hydrographiques, les jeunes 
gens qui se distinguent par leur talent et leur goût pour ces sciences. 
ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR. — UNIVERSITES. 
RENSEIGNEMENTS GENERAUX. 
L’empire d’Autriche a huit universités, savoir : celles de Vienne, de Prague, 
de Pesth, de Cracovie, de Padoue, de Lemberg, de Gratz et d’Inspruck. 
Les quatre premières ont quatre facultés : de théologie, de droit et d’adminis 
tration, de'médecine et de philosophie. L université de Padoue a, en outre,
        <pb n="273" />
        — 264 — 
une cinquième faculté pour les mathématiques. Les trois dernières n’ont pas 
de faculté de médecine. 
ORGANISATION ANTERIEURE \ l8/|8. 
Jusqu’en 18/18, les règlements étaient très-sévères, et par des examens semes 
triels et de fin d’année on s’assurait des résultats de l’enseignement. 
A la tête de chaque faculté se trouvait un directeur nommé par le Gouverne 
ment pour diriger et surveiller les études, et pour chaque faculté il y avait un 
plan d’études strictement déterminé. Les professeurs étaient, en général, tenus 
de régler leurs cours sur des livres d’enseignement prescrits. La faculté de phi 
losophie entre autres avait un cours obligatoire (Propœdeutique) comprenant : 
la religion, la philosophie, la philologie classique, les mathématiques élémen 
taires et la physique, dans lequel entraient les élèves sortant des gymnases, alors 
à six classes, et au sortir duquel seulement ils pouvaient passer à l’une des 
autres facultés. Les mathématiques supérieures, l’astronomie, l’esthétique et 
d’autres matières analogues étaient traitées comme enseignements libres. 
ORGANISATION ACTUELLE. 
En i 848, et dans les années suivantes, les universités autrichiennes ont été 
soumises à un remaniement complet, basé sur l’adoption de la liberté d’enseigne 
ment. 
Les deux années de cours de philosophie élémentaire (Propædeatiqae) furent 
supprimées et l’enseignement des matières que ce cours traitait fut renvoyé aux 
gymnases, qui eurent désormais huit classes. 
Les directions des études furent supprimées, ainsi que les livres obligatoires, 
et les examens semestriels et de fin d’année. 
On introduisit la concurrence de plusieurs cours traitant des mêmes ma 
tières et faits par des professeurs titulaires et par des professeurs agrégés (privat 
(locenten). 
Quelques parties de l’organisation antérieure furent maintenues dans les 
facultés de théologie, et celle de l’université de Padoue fut conservée en entier. 
Dans l’année 1 856 on entreprit également à Padoue la réforme sur des bases 
nouvelles, mais les événements politiques de i85q arrêtèrent la mise à exécu 
tion complète, de sorte que cette université se trouve encore dans une période 
transitoire. 
ORGANISATION DES AUTORITES ACADEMIQUES. 
Les universités se divisent en facultés, et celles-ci comprennent le conseil des 
professeurs et des élèves.
        <pb n="274" />
        V 
34 
— 265 — 
Le collège des professeurs ( lehrer Collegium) se compose : i° des professeurs 
ordinaires et extraordinaires, des professeurs agrégés (Privat-Doccnten) et des 
professeurs spéciaux, tels que les professeurs de langues, de gymnastique, c’est- 
à-dire qui n’enseignent pas une science, mais un art ou un exercice. 
C’est dans le college des professeurs (lehrer Collegium) qu’est choisi le [Pro 
fessor Collegium), qui est l’autorité directrice immédiate do chaque faculté. 
Le Professor Collegium est composé de tous les professeurs ordinaires, des 
professeurs extraordinaires les plus anciens, et de deux professeurs agrégés 
[Privat Docenten). Le président (Decan) est élu chaque année dans le corps des 
professeurs ordinaires. 
C’est du collège des professeurs que sort chaque année le sénat académique, 
comme autorité académique supérieure. 11 se compose du recteur, du pro-reo- 
teur, des doyens (Decanen) et vice-doyens du Professor Collegium. 
Le recteur est élu chaque année par tour dans chaque faculté. 
A Vienne et à Prague, chaque faculté se divise en deux collèges, celui des 
professeurs, et celui des docteurs à diplôme. A la tête des docteurs se trouve un 
doyen élu, qui a siège et voix dans le collège respectif des professeurs et dans 
le sénat académique, (qui, à Vienne, porte le nom de Consistoire de l’Université), 
mais ce droit ne lui est accordé qu’à la condition que le doctoren Collegium accorde 
réciproquement le même droit au doyen du professoren Collegium. Le choix des 
dignitaires de l’université est soumis à l'approbation ministérielle. 
Positions des professeurs, des professeurs agrégés (Privat Docenten) et des maîtres 
d’école de langue ou d’exercice (Lehrer). — Les professeurs ont les droits de fonc 
tionnaires du gouvernement, ils sont nommés par l’empereur. Leur traitement 
se compose : i° d’appointements fixes ou à augmentation décennale, des rétri 
butions de leurs auditeurs et des droits d’examen. 
Le traitement fixe à attribuer à un professeur n’est limité par aucune loi. 
Les traitements minimum, qui servent de base dans le cas où une chaire vacante 
est mise au concours, varient avec les différentes universités et sont io5o, 
1260, 1365 et 1 680 florins (2205 , 26/16, 2866, 3026 francs). Les augmen 
tations décennales sont de 210 et. 31 5 florins (Mo à 657 francs). 
Les professeurs extraordinaires ont de 600 à 1260 florins (1260 à 2646 if.) 
d'appointements fixes. 
Celui qui veut professer des cours comme professeur agrégé (Privat Docent ) à 
une université doit se soumettre à un examen préalable du collège des profes 
seurs. Si cet examen lui est favorable, le certificat d’aptitude est soumis, à la 
confirmation du ministère. Les professeurs agrégés (Privat Docenten) n’ont pas 
de traitement, mais ils perçoivent simplement les rétributions de leurs audi-
        <pb n="275" />
        — 266 — 
teui's. Ceux qui font preuve de capacité sont ensuite nommés professeurs extra 
ordinaires; ils deviennent ensuite généralement professeurs ordinaires, de sorte 
que les professeurs agrégés (Privat Docenten) sont la pépinière des professeurs 
universitaires. 
Les maîtres proprement dits (Lehrer) ont les uns des traitements, d’autres 
n’en ont pas, mais ils peuvent aussi exiger une rétribution de leurs auditeurs. 
Etudiants. — Les auditeurs des cours de la faculté sont élèves ordinaires 
(Ordentliche:) ou élèves libres (Ausserordentliche). Il n’y a que les premiers qui 
participent aux droits dont jouissent les citoyens académiques et qui puissent 
être admis aux examens, soit pour le doctorat, soit pour tous les emplois de 
l’Etat pour lesquels on exige des grades universitaires. 
En général, pour prendre des inscriptions, il faut, à la conclusion des études 
des gymnases, avoir obtenu le certificat de maturité. 
L’inscription coûte 2,1 florins (â fr. /¡o cent.). 
Les auditeurs libres doivent avoir au moins 16 ans et posséder (’instruc 
tion suffisante pour comprendre les matières exposées dans le cours. 
Les études se divisent en deux semestres. Le semestre d’hiver commence le 
2 octobre, et dure jusqu’au jeudi qui précède la semaine sainte. Le semestre 
d’été commence après Pâques. 
Les inscriptions à chaque cours sont valables pour un semestre. 
Les étudiants sont libres de suivre les cours qu’ils veulent, en tant qu’ils rem 
plissent les conditions pour les épreuves de doctoral ou pour les emplois du 
gouvernement, quand ils s’y présentent. 
Le temps qu’ils ont passé h d’autres universités étrangères, où les études sont 
également libres, peut leur être compté, sous certaines conditions, de même 
que des étrangers peuvent prendre des inscriptions aux universités autri 
chiennes. 
La durée des études est, en général, de quatre ans pour les facultés de théo 
logie, de droit, de science administrative, de cinq ans pour la médecine, de 
trois ans pour la philosophie. 
Les étudiants sont tenus de fréquenter régulièrement les cours, sinon leurs 
inscriptions peuvent être annulées. 
Rétributions. — Les étudiants ne payent rien pour la fréquentation de l’uni 
versité en général, mais ils sont tenus de verser à la caisse de l’université, poul 
ies cours auxquels ils assistent, des rétributions qui, après réduction de 5 p. 0/0 
pour frais de perception, reviennent aux professeurs respectifs. 
Le minimum de la rétribution d’un cours est fixé à autant de fois un gulden,
        <pb n="276" />
        i 
— 267 — 
monnaie de convention (i,o5 florin Ostwuch, ou 2 fr. 10 cent.) par semestre 
qu’il y a de leçons de ce cours par semaine. 
Pour les cours facultatifs, Je professeur agrégé ( Privat Docent) peut à volonté 
augmenter la taxe. 
Le collège des professeurs peut faire remise de la moitié au de la totalité des 
rétributions aux étudiants pauvres et laborieux. 
Discipline académique. — En ce qui concerne les conditions de la vie civile 
et les délits, les étudiants sont placés sous faction des autorités et des lois ordi 
naires de pays. 
En outre, pour ce qui se rapporte à leur conduite à l’académie et à ses 
règlements spéciaux, ils sont soumis à l’autorité de l’établissement. Les dispo 
sitions pénales dont on use à leur égard sont : 
]° L’avertissement du doyen; 
2 0 La dénonciation au sénat académique; 
3" La relégation de l’Université pendant un à quatre semestres ; 
Zi 0 L’expulsion de toutes les Universités de l’Autriche. 
C’est le sénat académiqu e qui prononce ces punitions. 
Nombre des professeurs et des étudiants. — Pendant l’année scolaire 1 858-1 859 
le nombre des professeurs et des professeurs agrégés (Privat Docenten) était pour 
l’ensemble des universités de l’empire de 555. Celui des étudiants a été, pen 
dant le semestre d’hiver, de y539 , et pendant le semestre d’été, de 691 3. 
Dépenses. — Les dépenses d’entretien des universités sont les suivantes: 
Pour Vienne. . 355ooo florins. 725000 francs. 
Pour Prague 201000 622100 
Pour Padoue 160000 296000 
Pour Pcslli i5oooo 3i5ooo 
Pour Cracovie 102000 216200 
Pour Lemberg ii5ooo 261600 
Pour Gratz G6000 i386oo 
Pour Inspruck 63ooo i323oo 
Dans ces sommes sont comprises les dépenses pour les bibliothèques, les 
dotations annuelles pour appareils, mais non les bourses, les constructions, etc. 
Nous nous bornerons dans ce rapport aux indications générales qui pré 
cèdent en ce qui concerne les facultés, nous ne parlerons pas de l’organisation 
et des règles particulières de chacune d’elles. Nous ferons cependant une excep 
tion pour celle de philosophie, qui est destinée è former des professeurs pour 
les gymnases et les écoles réelles, et nous dirons un mot de l’école des sages- 
femmes. 
3 '1.
        <pb n="277" />
        - 208 
Nous passerons ensuite aux instituts techniques dont nous devons plus spé 
cialement nous occuper. 
FACULTÉ DE PHILOSOPHIE. 
Le but de la faculté de philosophie est : i° de former des professeurs pour 
les universités et les écoles générales (gymnases, écoles réelles); Q° de donner 
le fonds nécessaire de connaissances générales aux étudiants en médecine, en 
pharmacie, aux juristes. 
Matières des études. — Toutes les branches des sciences littéraires et posi 
tives, et spécialement la philosophie (logique théorique et pratique), psycholo 
gie, métaphysique, esthétique, pédagogie, histoire de la philosophie, histoire et 
géographie sous leur plus grande extension: temps anciens, moyen âge, temps 
modernes; méthodes d’études de l’histoire, chronologie, paléographie, diplo 
matie, mathématiques et sciences naturelles, mathématiques supérieures, phy 
sique, astronomie, chimie, météorologie, zoologie, anatomie comparée, 
botanique, météorologie, physiologie des plantes, minéralogie, géognosic, pa 
léontologie. 
Philologie et linguistique (langues et littératures classiques orientales, litté 
ratures germaniques, slave, roumaine, hongroise). 
Archéologie et histoire artistique, architecture antique et religieuse, numis 
matique, plastique, histoire et esthétique de la musique. 
Langues modernes. 
Accessoires : gymnastique, sténographie, calligraphie. 
Des cours pratiques ont pour but de donner aux jeunes gens l’habitude de la 
méthode scientifique, par des discussions, par des appréciations écrites. Ils 
servent, en outre, à exciter l’esprit d’observation et l’activité propre des étu 
diants; et, à cet effet, il y a des établissements spéciaux, des musées, des labo 
ratoires, etc. Ainsi : 
ï 0 L’Etat entretient à Vienne, à Prague, à Cracovie et à Padoue des obser 
vatoires. Chacun de ces observatoires a pour directeur le professeur d’astrono 
mie de 1 université ; le directeur a un adjoint et le nombre d’aides nécessaires. 
Dix-sept personnes sont employées à ces observations, sans compter les gens de 
service. Les dépenses s’élèvent annuellement à i 7000 florins ( 35 100 francs). 
2° Il y a le collège de philologie historique, le collège de recherches histo 
riques concernant l’Autriche, l’institut physique à l’université de Vienne, et les 
institutions analogues aux autres écoles supérieures. Dans ces collèges, il 
existe des subventions données à certains élèves par le Gouvernement pour 
leur entretien.
        <pb n="278" />
        3° L’établissement central de météorologie et de magnétisme terrestre à 
Vienne, qui forme le centre de toutes les stations établies dans les différentes 
parties de la monarchie pour les observations météorologiques et magnétiques. 
Cette station fait elle-même des observations; mais, en outre, elle surveille, di 
rige et coordonne les observations des autres stations, elles publie dans des 
rapports mensuels et des comptes rendus annuels. 
La direction de l’établissement est confiée à un directeur aidé d’un ad 
joint et de deux aides. Les dépenses annuelles s’élèvent à 10000 florins 
(2 1 000 francs). 
b° Les cabinets de physique, les laboratoires de chimie, les musées d’his 
toire naturelle et les jardins botaniques. 
Examens et doctorat. — Les élèves qui se destinent à l’instruction comme 
professeurs dans un gymnase ou dans une école réelle ont à subir un examen 
sur les branches de science qu’ils se proposent d’enseigner et sur quelques 
branches qui s’y rattachent; sur la langue dans laquelle ils doivent professer et 
sur leurs connaissances philosophiques; mais ceux qui veulent devenir profes 
seurs d’université doivent subir un examen général pour le doctorat, et ensuite 
une épreuve spéciale d’aptitude, qui consiste à prouver, par des travaux et des 
discussions, xju’ils possèdent les connaissances spéciales supérieures et les con 
naissances scientifiques qui s’y rattachent. La faculté de philosophie est chargée 
d’apprécier-la valeur de cette épreuve. 
Les membres de la faculté de philosophie participent d’ailleurs également, 
chacun dans la branche qui lui correspond, aux examens des étudiants en 
droit, en médecine et en pharmacie. 
Nombre de professeurs. — Dans chaque faculté de philosophie, ¡’enseigne 
ment traite des parties les plus importantes de la philosophie et des autres 
branches de sciences, de l’histoire des langues et de la littérature par l’organe 
de professeurs en titre et rétribués. 
Beaucoup de ces branches d’enseignement sont traitées par plusieurs pro 
fesseurs à la fois dans des directions spéciales; aux universités importantes, 
comme celles de Vienne et de Prague, il y a des chaires pour un grand nombre 
de sciences spéciales et accessoires. Il en résulte que le nombre des professeurs 
est très-different aux diverses universités. A la faculté de philosophie de l’uni 
versité de Vienne, le nombre total des professeurs, y compris les professeurs 
agrégés, les maîtres de langues, les adjoints et les aides est de 60, et à toutes 
les facultés de philosophie delà monarchie il y avait, en i85q, 200 profes 
seurs. * 
¡Sombre d’étudiants.—Ce nombre était de 878 à toutes les facultés de phi-
        <pb n="279" />
        losophie, en i85q. Celle de Vienne est Ja plus fréquentée: elle avait alors 
/ioo élèves environ, dont la majorité se vouait au droit, à la médecine et à la 
pharmacie. A Prague le nombre des étudiants de philosophie était de 200. Il 
était beaucoup moindre dans les autres universités. 
ÉCOLES DE SAGES-FEMMES. 
Il y a huit écoles de ce genre : à Zinz, à Klagenfurt, à Laybach, à Trieste, 
Alle-Laste près Trente, à Zara, à Venise, à Czernovicz; on instruit en outre, 
gratuitement, des sages-femmes aux facultés de médecine et aux établissements 
chirurgicaux. Bon nombre d’apprenties sages-femmes, reçoivent, en vue de leurs 
études, des secours assez notables des deniers de l’Etat, des provinces ou des 
communes. 
Conditions d’admission. — Avoir vingt-quatre ans accomplis et moins de cin 
quante ans, savoir lire et écrire, une bonne moralité et une bonne santé. 
Enseignement et exercices prafgues. — L’enseignement dure, suivant les cir 
constances, quatre, cinq et six mois. Il est à la fois théorique et pratique, et est 
donné par le professeur d’accouchement assisté d’une sage-femme et d’un aide. 
Dans la plupart des écoles ou fait deux promotions en une année. A la sortie, 
les élèves doivent se soumettre aune épreuve sévère, pour laquelle, celles qui 
le peuvent, payent une rétribution de 3o,4 florins (64 francs). 
Professeurs. Elèves. Dépenses— Le nombre des professeurs, pour l’instruction 
des sages-femmes, est de 10. Il y a un nombre égal d’aides et de maîtresses sages- 
femmes. Le traitement du professeur est de 4so à 63o florins (882 h 1 323 fr.). 
Ces écoles fournissent chaque année plus de 1 200 sages-femmes convenablement 
instruites. La dépense, pour ce qui incombe aux fonds d’études est de 98 1 5 flo 
rins (20612 francs). 
INSTITUTS TECHNIQUES. 
But de l'institution. — Ces établissements ont pour but de former les jeunes 
gens : i° pour 1 industrie et le commerce supérieurs; 2 0 pour de grandes exploi 
tations rurales; 3° pour les branches des services publics et privés qui exigent 
des connaissances techniques supérieures. 
Outre la faculté de mathématiques de Padoue, il y a actuellement en Au 
triche sept écoles techniques supérieures, qui sont: l’institut polytechnique à 
Vienne, celui de Prague, l’école technique de Brünn, 1 académie technique de 
Lemberg, l’institut technique de Cracovie, le polytechnicum Joseph à Ofen et le 
Joanneum à Gratz.
        <pb n="280" />
        — 271 
Les instituts techniques sont les uns complets, c’est-à-dire embrassant l’en 
seignement technique et commercial; les autres, tels que ceux de Prague et 
d’Ofen, incomplets, ou ne donnant que l’enseignement technique. L’institut de 
Vienne a une école préparatoire et une école de dessin industriel; celui de Cra- 
covie a une école des beaux-arts et une école de musique, celui d’Ofen une 
école préparatoire. 
Direction et corps enseignant. — Chaque institut a un directeur (celui de Vienne 
a en outre un sous-directeur), qui s’aide et s’éclaire, pour tout ce qui a rapport à 
l’enseignement et à la discipline, du concours du conseil des professeurs. Le 
personnel enseignant se compose de professeurs ordinaires et extraordinaires, 
qui ont le rang de professeurs d’université, de professeurs agrégés de même 
rang qu’aux universités, de maîtres (Lehrer) ordinaires et extraordinaires, et 
pour les expériences pratiques des adjoints et des aides. 
Le directeur a de 1600 à 2000 florins (336o à &amp;200 francs) de traitement; 
celui de Vienne en a 0000 (63oo francs). Les professeurs ont de 800 à 
3000 florins ( 1 680 à àsoo francs) et des frais de logement proportionnés. 
Elèves. — On les distingue en auditeurs ordinaires et extraordinaires et en 
élèves libres. On admet comme élèves ordinaires ou inscrits les jeunes gens 
qui ont suivi avec succès les cours d’un gymnase ordinaire, d’une école réelle 
supérieure, ou ceux qui, âgés de seize ans, ont subi un examen d’admission sa 
tisfaisant. 
Des personnes d’âge mur et des étudiants d’établissements supérieurs peu 
vent être admis, comme auditeurs extraordinaires, s’ils ne satisfont pas aux 
conditions exigées pour les élèves ordinaires. Enfin on donne le nom d’élèves 
libres à ceux qui ne veulent suivre que quelques cours isolés, ne formant pas 
une branche complète d’études. 
Objets de l’enseignement. — Les élèves ordinaires sont également libres de 
choisir les cours qu’ils veulent suivre et pour lesquels ils se sont montrés suffi 
samment préparés. 
Dans les instituts techniques on enseigne : 
i° Les mathématiques élémentaires et supérieures; 
2° La géométrie descriptive et le dessin ; 
3° La physique technique ; 
/i° La mécanique théorique; 
5° La construction des machines et le dessin; 
6° La géodésie ordinaire et supérieure et le dessin qui s’y rapporte, 
7 0 Les applications aux ponts et chaussées, avec le dessin ; 
8° L’histoire naturelle;
        <pb n="281" />
        9° La chimie technique générale; 
i o° La mécanique et la chimie technologique ; 
i i° L’économie politique et l’administration de biens; 
12° L’encyclopédie forestière; 
i 3° L’économie nationale ; 
11\° La statistique ; 
i 5° La science d’organisation et d’administration; 
i 6° La législation commerciale et industrielle ; 
i 7° La géographie et l’histoire; 
i8° La comptabilité; 
1 9° L’arithmétique politique; 
2 0° Les calculs de commerce et de tenue de livres; 
2 i° L’art d’écrire ; 
2 2° La connaissance des matières premières et des marchandises; 
2.3° Les langues et les littératures italienne, française et anglaise; 
2ZC La calligraphie; 
2.5° La sténographie; 
26 o Le dessin élémentaire et ornemental; 
2 7 0 Le modelage. 
A l’institut de Vienne on enseigne encore, en outre, la langue turque, la 
langue persane, l’arabe vulgaire et quelques autres matières facultatives. 
Les branches d’enseignement qui exigent des démonstrations expérimen 
tales ont des collections d’instruments et des cabinets placés sous la direction 
des professeurs, ainsi qu’une dotation annuelle pour leur entretien et leur 
augmentation. 
Certificats de fréquentation et examens. — Les auditeurs ordinaires et extraor 
dinaires reçoivent des certificats de fréquentation, qui sont délivrés par les pro 
fesseurs respectifs et contre-signés par le directeur. 
A la lin de chaque année, les élèves ordinaires peuvent passer des examens 
sur les cours qu’ils ont suivis, et l’on en constate le résultat par des certificats 
qui ont une valeur officielle. Les étudiants extraordinaires peuvent obtenir de 
même des certificats particuliers. 
Nombre des professeurs et des étudiants. — En i85q, tous les instituts tech 
niques comptaient 1 67 professeurs et 353 1 auditeurs, dont 782 à titre d’élèves 
libres. 
Ces nombres d’auditeurs étaient répartis ainsi qu’il suit entre les différents 
instituts :
        <pb n="282" />
        35 
Institut polytechnique de Vienne.. . 
Id. de Prague . . 
Etablissement technique à Brünn .. 
Id. académie à Lemberg. 
Id. institut à Cracovie.. . 
Josephs polytechnicum à Ofen 
Joanneum id. à Gratz.... 
273 — 
Professeurs. 
.. 54 
25 
13 
il 
14 
.. 24 
.. 16 
Étudiants. 
i 9 63 
617 
196 
229 
171 
201 
i54 
3 531 
Élèves libres. 
723 
// 
// 
// 
6 
// 
23 
FACULTÉ MATHÉMATIQUE DE PADOUE. 
Cette faculté peut être rangée au nombre des instituts techniques. Elle a pour 
but de former des ingénieurs et autres techniciens; c’est pour ce motif qu’on y 
donne à l’enseignement une direction pratique, ce qui ne permettait pas de la 
comprendre au nombre des facultés de philosophie. 
L’on admet à la faculté mathématique de Padoue tous les candidats qui prou-, 
vent, par des certificats spéciaux, qu’ils ont fait leurs études complètes d’une 
façon satisfaisante à un gymnase ou à une école réelle. 
L’enseignement se donne dans une période de trois ans, mais les élèves 
peuvent étudier plus longtemps, selon qu’ils suivent à la fois tous les cours 
d’une année, ou bien qu’ils en reportent une partie à l’année suivante. 
J rf année d’études. — Introduction aux mathématiques supérieures. 
Géodésie. 
Hydrométrie. 
Dessin géométrique. 
Agriculture.— Histoire naturelle. 
2 e année d’études. — Mathématiques supérieures. — Calcul différentiel et intégral. 
Constructions civiles et hydrauliques. 
Géométrie descriptive. 
Dessin architectural. 
3 e année d’études. — Mathématiques appliquées. 
Constructions civiles et hydrauliques 
Dessin de machines et architectural. 
Législation pour les ingénieurs (trattati legali). 
11 existe en outre, non pour tous les étudiants, mais simplement pour ceux 
qui désirent une instruction plus spéciale, des cours de construction de ma 
chines, de technologie, etc. Toutes les autres branches nécessaires à l’instruc 
tion technique, telles que la physique, la chimie, etc. sont aussi largement en 
seignées h la faculté de Padoue. 
Les ingénieurs ont à subir l’examen du doctorat devant la faculté de mathé-
        <pb n="283" />
        — 274 — 
inatiques de l’Université, et, en outre, pour être reconnus aptes au service de 
l’Etat, ils ont encore à passer un examen spécial pour les détails du service. 
A cette faculté de mathématiques, il existe encore une classe d’une année 
pour l’instruction des géomètres arpenteurs et conducteurs de travaux. Les 
cours sont les suivants : 
Constructions civiles et des chaussées. 
Dessin géométrique et architectural. 
Géodésie élémentaire. 
Agriculture, histoire naturelle. 
Législation pour les ingénieurs. 
Le nombre des étudiants de la faculté de mathématiques varie de 200 à 3oo. 
ORGANISATION PARTICULIÈRE DES INSTITUTS DE PRAGUE ET DE VIENNE. 
A ces renseignements généraux sur l’ensemble des instituts polytechniques 
qui existent en Autriche, nous croyons devoir ajouter des détails plus circons 
tanciés sur ceux de Prague et de Vienne, qui jouissent à juste titre d’une grande 
réputation, tant par leur helle organisation que par le talent des professeurs qui 
y donnent l’enseignement. Ils viennent d’ailleurs de recevoir, dans l’organisa 
tion des études, des modifications que l’on peut regarder comme le résultat des 
observations et des améliorations que l’expérience a pu suggérer. 
STATUT ORGANIQUE POUR L’INSTITUT POLYTECHNIQUE DU ROYAUME DE BOHEME, 
À PRAGUE, DU a3 NOVEMBRE l863. 
Bal de l’institut. 
§ 1 er . L’institut polytechnique a, comme école supérieure, pour hut de donner 
aux élèves qui en suivent les études une instruction scientifique fondamentale 
appropriée à la direction qu’ils désirent adopter, et de les mettre tellement au 
courant des progrès techniques et industriels, qu’ils puissent sans préparation 
intermédiaire entrer dans la vie pratique. 
§ 2. Pour atteindre ce but, l’enseignement sera réparti sur les quatre divi 
sions spéciales, comme on va l’indiquer. 
$. 3. Organisation des études. — Les élèves qui se destinent à suivre les 
études de 1 institut polytechnique sont partagés en deux catégories : 
i° Ceux qui doivent recevoir l’instruction nécessaire pour l’une des quatre 
divisions spéciales; 
2 0 Ceux qui, pour le simple perfectionnement de leur instruction, veulent 
suivre cet enseignement. 
L’organisation de l’enseignement polytechnique de Prague a été modifié ré-
        <pb n="284" />
        — 275 — 
ceimiient, et d’après le programme qui a été arrêté pour l’exercice prochain 
i 864-1865 (1) , les élèves ordinaires seront répartis en quatre divisions spéciales 
ainsi qu’il suit : 
A. Division des ponts et chaussées et génie civil ( Yasser und Strassenbau). 
B. Division de 1 architecture et constructions civiles [Hochbau). 
C. Division de la construction des machines (Maschinenbau). 
D. Division de la chimie appliquée ( technische Chemie). 
Mais, comme ces divisions spéciales ont besoin de certaines parties d’ensei 
gnement commun, l’on a donné d’abord dans le programme général le détail 
des matières traitées dans chacun des cours qui doivent être professés, ainsi 
que le nombre d heures qui y est consacré, et dans les programmes particu 
liers à chaque division spéciale, l’on s’est contenté d’indiquer les parties de ces 
cours qui étaient obligatoires pour les élèves de ces divisions. 
Cet ordre est d’autant plus convenable qu’outre les cours obligatoires les 
élèves ordinaires peuvent en suivre d’autres, et que les élèves extraordinaires et 
les auditeurs libres sont ainsi en mesure de connaître l’objet et l’étendue des 
connaissances exposées dans ces cours. 
Nous reproduirons ici les programmes, parce qu’ils font bien connaître l’es 
prit général et la tendance de l’enseignement de cet institut justement célèbre 
en Allemagne. 
ENSEIGNEMENT DES DIVISIONS SPECIALES OU TECHNIQUES. 
I. Mathématiques, trois cours d’une année. 
i" cours. — Algèbre, analyse, éléments de calcul différentiel, géométrie ana 
lytique des plans et des solides 
2 e cours- — Equations du degré supérieur, calcul différentiel et intégral, avec 
applications à des problèmes de géométrie 
(Préparation exigée : le i" cours de mathématiques (,) .) 
3* cours. — Equations différentielles, calcul des variations, méthodes des 
moindres carrés 
Observation. — Il nous semble que. pour répondre aux besoins de l’ensei- 
(') Cette condition veut dire que l’on n'est admis à suivre le cours qu’autant qu’on pos 
sède les connaissances données dans celui qui est indiqué. Elle se trouve reproduite pour 
beaucoup d’autres cours. 
(1) Organische Statuten für das polytechnische Institut des Königreichs Böhmen. In Crag. 
novembre i863. 
HEURES 
DE LEÇONS 
par semaine. 
7 
6 
5
        <pb n="285" />
        276 — 
HEURES 
DE LEÇONS 
par semaine 
gnement des quatre divisions spéciales, cet enseignement mathématique est 
d’un ordre plus élevé qu’il n’est nécessaire, et qu’il suffirait de connaissances 
plus élémentaires pour les études techniques ultérieures. Cette observation 
s'applique plus spécialement au 3 e cours. 
II. Géométrie descriptive. 
ï 0 Projections orthogonales; obliques et polaires en général, et au point de vue 
des applications techniques. 
Dessin de construction 
2° Stéréotomie 
Applications de la géométrie descriptive à la coupe des pierres et des voussoirs 
de voûtes 
Exécution matérielle de modèles de coupe de pierres (en été), 
(Préparation exigée : les principes de la géométrie descriptive. 
III. Géodésie. 
1 er cours. — Levé des plans, nivellement, théorie et description des instru 
ments, indications générales des appareils techniques. 
Dessins de terrains d’après des modèles et des reliefs. (Ces modèles sont ceux 
de M. Bardin. 
Exercices d’arpentage et de nivellement sur le terrain, par an pendant qua 
torze jours au moins. 
(Préparation exigée : i* r cours de mathématiques, géométrie descriptive et 
physique.) 
2 e cours. —Représentation du terrain, cadastre, nivellement géodésique. . . . 
Cadastrage sur le terrain, par an au moins huit jours. 
(Préparation exigée : ï" cours de géodésie, 3 e cours de mathématiques et 
géognosie. 
Observation. — Ici encore le 3 e cours de mathématique nous semble à peu 
près superflu. 
IV. Mécanique et construction de machines. 
ï 0 Mécanique élémentaire. — Statique et dynamique terrestres, hydrosta 
tique, hydrodynamique, aérostatique et aérodynamique 
(Préparation exigée : i cr cours de mathématiques et physique générale. 
2° Mécanique analytique. — Semestre d’été 
(Préparation exigée : 3 e cours de mathématiques et de mécanique élémen 
taire.) 
3° Mécanique des constructions. 
(Préparation exigée : mécanique analytique.) 
o 
10
        <pb n="286" />
        Dessin des machines 
(Préparation exigée : 2* cours de mathématiques, éléments de mécanique, 
géodésie 1" cours.) 
4° Etude des machines. — Application de la mécanique à la théorie et au 
dessin des machines, et dessin des machines 
(Préparation exigée : 2 e cours de mathématiques, mécanique élémentaire, 
géodésie, i cr cours.) 
5° Construction des machines. — Connaissance des matériaux, instruction sur 
quelques genres de machines 
Dessin des machines 
Visite de grands ateliers de construction de machines 
(Préparation exigée : cours de machines, minéralogie et chimie générale.) 
6° Encyclopédie des machines.— Pour les élèves qui ne se destinent à aucune 
spécialité de machines 
Dessin des machines... 
7° Travail dans des ateliers de construction de machines, au moins 
8° Emploi pratique dans un établissement de construction de machines où les 
élèves soient de temps à autre occupés à tous les travaux 
V. Mécanique technologique. 
Travail des métaux, des bois, des matières filamenteuses, des lilalures, des 
étoffes de laine et fabrication du papier 
VI. Architecture et génie civil. 
1° i ci cours. — Travaux de construction et de détail du métier de maçon et 
de charpentier, constructions en 1er, matériaux de fondation et stabilité des 
constructions 
Dessins de construction 
(Préparation exigée : 2 e cours de mathématiques élémentaires, géodésie, 
1 er cours; minéralogie, physique, technologie, chimie générale; et pour 
les élèves qui se destinent à l’architecture, étude des styles avec dessins 
du 1 er cours.) 
2° 2 e cours. — Etude technique des monuments, des travaux préparatoires, 
de l’assiette des bâtiments 
Dessin de bâtiments 
(Préparation exigée ; i er cours d’architecture, mécanique analytique, élude 
des machines, géognosie; et pour les élèves qui se destinent aux grandes 
constructions, élude des styles avec dessins du i er cours.) 
3° 3 e cours. — Projet d’un grand bâtiment d’après un programme donné.. . . 
Visite, des constructions les plus intéressantes 
HEURES 
DE LEÇONS 
par semaine. 
5 
10 
12 
//
        <pb n="287" />
        1 
278 
(Préparation exigée : deux cours d’architecture, 1" cours des routes et ponts 
mécanique des constructions, stéréotomie. 
4° Elude des styles avec dessins. 
i cours. 
2 e cours. 
3 e cours. 
4' cours. 
Modelage en terre. 
(Préparation exigée : dessin à main levée.) 
Vil. Constructions hydrauliques et constructions des chemins. 
i" cours. — Fondations, digues, écluses et canaux; construction des routes 
De la charge des ponts et des chemins de 1er 
Dessins des constructions 
(Préparation exigée : mécanique analytique, élude des machines, i" cours 
de constructions rurales.) 
2 e cours. — Des ponts et des chemins de fer 
Dessin de construction 
Projet de constructions hydrauliques et de routes, d’après un programme 
donné 
Visite des constructions les plus intéressantes 
(Préparation exigée : roules et travaux hydrauliques i" cours, architecture 
2' cours, mécanique des constructions, stéréotomie.) 
VIII. Notions générales sur les travaux hydrauliques 
ET SUR LES TRAVAUX DE ROUTES. 
Pour les élèves qui ne se destinent pas à une spécialité de travaux de cons 
truction 
Dessins de bâtiments 
IX. Physique générale. 
i° Statique, dynamique, magnétisme et électricité, chaleur, optique, acoustique. 
Observation. — La statique et la dynamique devraient être renvoyées au 
cours de mécanique simplifié. 
2° Physique technique. — Application de la physique a des questions tech 
niques et à l’industrie, pyrotechnie, télégraphie, galvanoplastie 
Ce nombre d’heures paraît insuffisant, 
(Préparation exigée : physique générale.) 
heures 
DE LEÇONS 
par semaine.
        <pb n="288" />
        — 279 — 
X. Chimie générale. 
j 6 Matières premières et leur emploi, travail des métaux, alliage des métaux, 
étude des sels, chimie organique 
(Préparation exigée: Physique générale, minéralogie, botanique et zoologie, 
mathématiques 1" cours.) 
a 0 Chimie analytique. — Epreuves au chalumeau, analyses qualitatives et 
quantitatives; en hiver 
Travaux d’analyse au laboratoire : 
j" cours 
a cours 
(Préparation exigée : chimie générale.) 
3° Chimie technologique. — i er cours. — Fermentation chimique, semestre 
d’hiver; chimie agricole, blanchiment et teinture, semestre d’été 
Visites d’établissements industriels 
2* cours. — Fabrication du sucre. Semestre d’hiver 
Fabrication du verre et des poteries 
Chimie des sels 
Visite d’établissements industriels 
(Préparation exigée : chimie générale.) 
4° Encyclopédie chimique. — Pour les élèves qui ne se destinent pas à une 
spécialité chimique 
Semestre d’été. 
XI. Minéralogie. 
Considérations sur la partie technique et sur l’industrie, semestre d’été. 
XII. Géognosie et paléontologie. 
Considérations sur la partie technique et industrielle. 
Excursions géologiques 
(Préparation exigée : minéralogie.) 
XIII. Botanique. 
Considérations sur la partie technique et industrielle, semestre d’été. . 
XIV. Zoologie. 
Considérations sur la partie technique et industrielle, semestre d’hiver. 
XV. Dessin k main levée. 
Selon le but spécial des études techniques 
HEURES 
DE LEÇONS 
par semaine. 
15 
15
        <pb n="289" />
        Enseignement des élèves de la deuxième catégorie. — Les études de ces élèves, 
qui ne se proposent que de perfectionner leurs connaissances, sont réglées 
ainsi qu’il suit : 
i° Economie nationale; 
a 0 Commerce et règles du change ; 
3° Science agricole; 
k° Exploitation des mines. 
Jusqu’à ce qu’une école supérieure d’agriculture puisse ctre organisée en 
Bohême, l’enseignement relatif à la science agricole et à l’administration des 
propriétés comprendra deux années de cours ayant chacune cinq heures de 
leçons. 
5° Cours spécial de technologie mécanique; 
6° Statistique et commerce industriels; 
7° Comptabilité; 
8° Langue française; 
9° Langue anglaise; 
i o° Langue italienne; 
i i° Langues slave, serbe, russe. 
Observations. — Cet enseignement de la deuxième catégorie d’élèves paraît 
devoir être bien superficiel. 
Ordre et répartition de l’enseignement pour les divisions spéciales.— La durée de 
l'enseignement est de cinq années pour les trois premières divisions de la pre 
mière catégorie d'élèves (ponts et chaussées, architepture, constructions de ma 
chines), et de quatre années seulement pour la quatrième division (chimie 
appliquée). 
Les matières de l’enseignement sont réparties par année ainsi qu’il va 
suivre.
        <pb n="290" />
        29 
17 
36 
— 281 — 
Division A. — ponts et chaussées. 
Mathématiques, i" cours 
éométrie descriptive . . . 
Dessin des épures 
Physique générale 
Minéralogie 
Dessin à main levée 
HEURES D’ETUDES 
PAR SEMAINE. 
10 
20 14 1 
35 
HEURES D’ETUDES 
PAR SEMAINE. 
4 ANNEE. 
Construction de routes et tra 
vaux hydrauliques, i"cours. 
Dessin de routes et travaux hy 
drauliques 
Architecture et constructions 
civiles , 2' cours 
Mathématiques , 2 e cours 
Géodésie, i er cours 
Dessin des plans 
Levé des plans sur le terrain . 
Mécanique élémentaire 
Chimie encyclopédique 
Physique technique 
21 
14 j 
14 j&lt; 
27 
0 e ANNÉE. 
3 e cours de mathématiques, en 
hiver .* 
Mécanique analytique, en été.. 
Description des machines 
Dessin de machines 
Architecture et constructions 
civiles, 1 er cours 
Dessin de bâtiments 
Géognosie 
Excursions géologiques 
17 
12 
Dessin de bâtiments 
Mécanique du bâtiment 
Coupe de pierres (en été, 2 h. 
Modelage et coupe de pierres, 
été 
Construction de routes et cons 
tructions hydrauliques 
Dessin de routes et de construc 
tions hydrauliques 
Visite de travaux pour projets. 
Mécanique technique 
Géodésie, 2 e cours 
Travaux extraordinaires d’art, 
au moins dans 1 annee.. . 
14 
14 
8j
        <pb n="291" />
        Division B. — architecture et constructions civiles. 
Enseignements et travaux com 
muns avec la division A des 
ponts et chaussées. 
Enseignements et travaux com 
muns avec la division A des 
ponts et chaussées, plus, pour 
étude du style, 1" cours. . . 
3 e ANNÉE. 
Enseignements et travaux com 
muns avec la division A des 
ponts et chaussées, plus, pour 
le 2* cours de style 
HEURES D’ETUDES 
PAR SEMAINE. 
4' ANNÉE. 
Enseignements et travaux com 
muns avec la division A des 
ponts et chaussées, plus,pour 
étude des styles, 3' cours.. . 
5' ANNÉE. 
Architecture et constructions 
civiles, 3 e cours; projets de 
constructions. 
Économie nationale, en hiver,, 
5 heures 
Comptabilité, en été, 3 heures.! 
Mécanique technique 
Etude et dessin des styles, 4 
Modelage 
Visite des constructions intéres 
santes 
HEURES D’ETUDES 
PAR SEMAINE. 
y 
12 
1S+.T 
Division C. — construction des machines. 
1 ET 2 ANNEE. 
Enseignement des travaux com 
muns avec la division A des 
ponts et chaussées. 
3‘ ANNÉE. 
Mathématiques, 3 e cours, hiver. 
Mécanique analytique, été. . . . 
Etude des machines 
A reporter. 
HEURES D’ETUDES 
PAR SEMAINE. 
10 
3" ANNÉE. (Suite.) 
Report 
Dessin des machines 
Encyclopédie de la construc 
tion 
Dessin de constructions 
Géognosie 
HEURES D’ETUDES 
PAR SEMAINE. 
10 
18 
12
        <pb n="292" />
        36. 
— 283 
4 e ANNEE. 
Construction lie machines. . . . 
Dessin fie machines 
Projets de machines, été 
Mécanique technologique 
Chimie technologie et métal 
lurgie , hiver 
Kconomie nationale, hiver, 5 h. 
Comptabilité, été, 3 heures. . . 
A reporter 
HEURES D’ETUDES 
PAR SEMAINE. 
2,5 
4 
10 
II 
II 
16 
10 
Report. ..•••••••• 
Travail dans un atelier de cons 
truction , au moins 
Visites de grands ateliers de 
construction 
HEURES D’ETUDES 
PAR SEMAINE. 
16 
16 
10 
10 
5"ANNÉE. 
Travail pratique dans un atelier 
de construction. 
Division D.—chimie technologique. 
HEURES D’ETUDES 
PAR SEMAINE. 
! r " ANNEE. 
Mathématiques, i cr cours. 
Physique générale 
Minéralogie 
Zoologie, hiver, 5 heures. 
Botanique, été, 3 heures. 
HEURES D’ETUDES 
PAR SEMAINE. 
3” ANNÉE. 
Analyse chimique, hiver, 5 h. 
Analyses au laboratoire 
Chimie technique, hiver, 5 h. 
Chimie agricole, été, 5 heures. 
Encyclopédie de la construc 
tion 
Dessin de bâtiment 
2,5 
31 
12.5 
6 
6 
35,5 
15 
15 
2 e ANNEE. 
Chimie générale 
Physique technique. 
Mécanique encyclopédique 
Dessin de machines. 
Géognosie. 
Excursions géologiques. 
4 e ANNÉE. 
Travaux d’analyse au labora 
toire, au moins 
Fabrication du sucre. — Usines 
à fer 
Fabrication de verre. — Pote-) 
ries ^ 
Chimie des sels 
Mécanique technique I 
Économie nationale / 
Comptabilité 
5 
4 
14 
15 
15
        <pb n="293" />
        Observation. — On remarquera que, dans ce programme, renseignement 
donné aux élèves mécaniciens est poursuivi sans interruption pendant quatre 
années, et que le travail dans les ateliers n’est exigé qu’à la cinquième année, 
ce qui paraît préférable à l’interruption en usage à Dresde, qui oblige ces élèves 
à passer un an aux ateliers après la première année d’études. Mais ij est assez 
probable que les élèves se contentent d'eux-mêmes de la troisième année d’é 
tudes de leur division, ce que leur programme semble rendre difficile d’ail 
leurs à la fin de la première et de la deuxième année. 
Statistique. —L’Institut a 20 professeurs ordinaires 
6 professeurs extraordinaires de première caté 
gorie. 
5 professeurs extraordinaires de deuxième caté 
gorie. 
20 répétiteurs. 
6 maîtres. 
Le nombre des élèves a été, en 1862-1868, de -7/17, dont : 
Habitants de Prague 120 de 16 à 19 ans à l’entrée 128 j 
de la Bohème 676 de 19 à 26 626 ' 
de la Moravie i4 de 28 à a5 63 I 
Autriche et autres provinces 38 
(jolleclions. •— L’institut technique de Prague possède des collections nom 
breuses, largement pourvues des moyens d’enseignement nécessaires. Elles con 
sistent en : 
i° Une bibliothèque de 10000 à 12000 volumes; 
2 0 Modèles de géométrie descriptive complets, modèles de surfaces engen 
drées par des lignes droites en fil, etc. 
3° instruments de topographie, de géodésie et de nivellement pour les 
travaux des élèves. Modèles de topographie en relief (système Bardin). 
L\° Modèles de machines très-nombreux et très-variés; éléments de machines. 
Appareils pour les lois de la chute des corps. Dynamomètres. Moteurs di 
vers , etc. 
5° Instruments de physique; ou y trouve la plupart des nouveaux appareils. 
6° Technologie. Outils divers. Matières premières. 
7 0 Architecture. Modèles en plâtre; beaux modèles de ponts suspendus et 
autres, en bois, en fer, etc. Charpentes ordinaires ou à grandes portées. 
8° Agriculture. Modèles nombreux à petite échelle, très-bien exécutés, des 
divers instruments.
        <pb n="294" />
        — 285 — 
9° Histoire naturelle. Minéralogie. Collection de minéraux et de roches mise 
à la disposition des élèves. Oiseaux, reptiles, etc. 
Laboratoire de chimie. — L’institut a, pour les étude» de chimie appliquée, 
un laboratoire fort bien installé, dans lequel ho élèves peuvent à la fois exé 
cuter les principales manipulations. 
Dessin. — L’institut de Prague est celui où nous avons trouvé la meilleure 
exécution du dessin linéaire. Le trait y est fin et léger; toutes les épures de la 
géométrie y sont exécutées, et les projets de travaux publics, de bâtiments ou 
de machines y sont rédigés avec soin. 
INSTITUT POLYTECHNIQUE DE VIENNE. 
Cet institut, établi dans les nouveaux quartiers de Vienne, est un établisse 
ment considérable, riche en collections très-variées et très-complètes, parfaite 
ment bien tenues et dans le meilleur ordre. Ces collections sont ouvertes au 
public le dimanche. 
Il y a actuellement i y professeurs ordinaires et 20 professeurs extraor 
dinaires, 900 élèves qui font cinq années d’études et payent 2/1 llorins par 
an; mais un tiers environ a des bourses. 
Les collections se composent de modèles de ponts, d’écluses, etc. d appa 
reils de transport, bateaux, vaisseaux, voitures, etc. d’appareils à élever et à 
peser les fardeaux; de machines à diviser et de fabrications diverses, de ma 
chines et d’appareils hydrauliques, roues, turbines, machines à colonne d’eau, 
cagnardelle, etc. de machines à vapeur fixes, de marteaux à vapeur, d’appa 
reils et de machines à élever les eaux; de balances de précision, de mano 
mètres, d horloges, de locomotives, de chaudières avec leurs détails; d’un 
beau modèle de la coulisse de Stéphenson; de bateaux à vapeur, de bateaux- 
dragues à vapeur; d’instruments de physique, de dessins et de baromètres, 
d appareils d’optique, d’un appareil pour mettre le feu aux mines, portatif 
et simple, de machines électriques, etc. 
Il existe aussi une collection technologique très et peut-être trop conside 
rable , de matières premières, d’outils, de produits de toutes les industries, y 
compris celle de l’habillement, très-bien tenue et renfermant des objets curieux, 
dont une partie devrait être renouvelée de temps à autre. 
Des collections très-nombreuses de dessins collés sur toile, simplement faits 
mais bien exécutés, sont a la disposition des professeurs pour l’enseignement. 
Les salles, vastes, bien éclairées et bien aérées, permettent de donner aux 
élèves tout l’espace nécessaire pour l’exécution de leurs dessins. 
Un atelier, composé de 12 ouvriers, fabrique et entretient les instruments
        <pb n="295" />
        de géodésie, de topographie et d’arpentage nécessaires au service de i’institut, 
et comme son chef est autorisé à vendre des produits au dehors, il est astreint, 
î'i ces conditions, à se suffire sans subvention et sans autre avantage que le local 
et le matériel. 
Un laboratoire très-complet, muni d’étuves ventilées pour les évaporations, 
peut recevoir au moins 60 à 5o élèves répartis autour de tables offrant dix 
places chacune. Pour éviter le gaspillage des réactifs, l’usage est de faire payer 
aux élèves ceux qu’ils consomment. 
De T enseignement. — D’après les nouveaux statuts qui vont être mis en vi 
gueur pour l’institut polytechnique de Vienne, cet établissement a pour but 
de donner un enseignement théorique, aussi approfondi et pratique que pos 
sible, dans les sciences nécessaires aux diverses catégories d’élèves. 
Il est, à cet effet, partagé en une division préparatoire commune, comprenant 
deux années d’études, et en quatre divisions d’enseignement spécial, savoir : 
I o Les ponts et chaussées-, 
2° L’architecture; 
3° La construction des machines; 
4° La chimie. 
L’enseignement dure du octobre à la lin de juillet; il est partagé en cours 
d’un an et en cours d’un semestre de durée. 
Les matières enseignées sont réparties en cinq branches distinctes qui sont : 
Mathématiques. 
Géométrie descriptive. 
Géométrie pratique. 
Géodésie supérieure. 
Astronomie sphérique. 
Mécanique technique. 
Mécanique analytique. 
! Physique générale. 
A / Physique technique. 
Chimie inorganique. 
Chimie organique. 
Chimie analytique. 
Minéralogie. 
Géologie. 
Zoologie. 
i Zoologie au point de vue de l’étude de la paléontologie. 
Botanique.
        <pb n="296" />
        287 — 
I Etude des machines. 
Notions générales sur les machines. 
Construction de machines. 
Mécanique technologique. 
Mécanique relative à la construction. 
Notions générales de construction de bâtiments. 
Histoire générale. 
Histoire de l’Autriche.. 
Histoire de l’art des constructions. 
Histoire des sciences d’induction. 
Littérature allemande. 
C i Esthétique. 
Ï Economie politique. 
■ Statistique. 
i Droit de commerce, de change et de mer. 
1 Organisation et administration autrichiennes. 
\ Tenue de livres, 
i Dessin technique et à main levée. 
! Ornementation et dessin d’ornements. 
) Dessin de paysages. 
■■■ Modelage, 
i Langue française. 
J Langue italienne, 
j Langue anglaise. 
( Sténographie. 
Ces matières sont réparties dans les divisions préparatoires et spéciales, 
comme l’indiquent les tableaux suivants, dans lesquels les séances de cours 
sont invariablement d’une heure et demie. 
Architecture et art des constructions. 
Ponts et chaussées, chemins de fer, description de terrains. 
Ordonnance des constructions et administration. 
Chimie technologique.
        <pb n="297" />
        — 288 — 
DIVISIONS PREPARATOIRES (1 ). 
SEMESTRES 
D’HIVER 
MATIERES ENSEIGNEES. 
Nombre 
Nombre 
de seances 
de cours 
semaine. 
d heures 
de dessin 
de séances 
de cours 
d heures 
de dessin 
semaine. 
l rc ANN&amp;E. 
Mathématiques, i" cours 
Géométrie descriptive 
Chimie inorganique 
Minéralogie 
Géologie (des roches et des formations), 
Dessin technique et à main levée 
Somme. 
13 
14 
13 
16 
(2) 
Mathématiques, 2 e cours 
Physique générale 
Mécanique technique 
Géométrie pratique 
Dessin technique et à main levée. 
Somme. 
11 
14 
12 
6 
10 
16 
DIVISION DES PONTS ET CHAUSSEES. 
Coupe des pierres et perspective. . . 
Géodésie supérieure 
Mécanique analytique 
Notions générales sur les machines. 
Art des constructions, i er cours. . .. 
13 
14 
12 
20 
O Outre les cours indiqués dans les tableaux, les élèves peuvent en suivre d’autres; ils 
pourront également passerdans les salles de dessin et dans les laboratoires un nombre d’heures 
plus grand que celui qui est indiqué. 
{,) Les élèves qui se destinent à la division de chimie technique ne suivent que la première 
année de la division préparatoire; pour eux, le cours de géométrie descriptive n’est pas obli 
gatoire et est remplacé par des manipulations au laboratoire.
        <pb n="298" />
        3 7 
289 
MATIÈRES ENSEIGNÉES. * 
Physique technique 
Mécanique technologique 
Mécanique relative à la construction.. . 
Description de terrains 
Ponts et chaussées 
Projets et exécutions de constructions. 
Somme. 
SEMESTRES 
Nombre 
de séances 
de cours 
semaine. 
10 
d’heures 
de dessin 
semaine. 
15 
15 
Nombre 
de séances 
de cours 
semaine. 
d’heures 
de dessin 
semaine. 
3" ANNÉE. 
Histoire de l’art de construire 
Ordonnance des constructions et administration. 
Construction de ponts 
Construction de chemins de fer.... 
Projets et exécutions de constructions 
Somme. 
15 
15 
IJ. DIVISION DES ARCHITECTES ET DES CONSTRUCTEURS DE BÂTIMENTS. 
Coupe des pierres et perspective 
Notions générales sur les machines. . . 
Mécanique relative à la construction. 
Histoire de l'art des constructions. . . 
Architecture et art des constructions, 
Somme. 
12 
14 
12 
Physique technique » 
Mécanique technologique 
Notions générales sur la construction, 2 e semestre. 
(Ponts et chaussées.) 
Architecture et art des constructions, 2 e cours 
Dessin d architecture et projets 
Somme. 
10 
14 
14 
4 
il 
15 
19 
20 
20 
20 
6 
// 
14 
20
        <pb n="299" />
        290 
MATIÈRES ENSEIGNEES. 
3 e ANNÉE. 
Ordonnance des constructions et administration.. . 
Architecture et art des constructions, 3 e cours 
Projets 
Somme. 
SEMESTRES 
D’HIVER. 
Nombre 
de séances 
de cours 
semaine. 
d’heures 
de dessin 
semaine. 
15 
15 
Nombre 
de séances 
de cours 
semaine. 
III. DIVISION DES CONSTRUCTEURS DE MACHINES. 
l" ANNÉE. 
Physique technique 
Notions générales sur les constructions 
Mécanique analytique 
Etude des machines 
Construction de machines, j er cours 
Exécution de travaux de construction de machines 
Somme. 
11 
6 
10 
16 
Mécanique relative à la construction. 
Mécanique technologique 
Appareils de chauffage et d’éclairage . 
Métallurgie 
Constructions de machines, 2 e cours. 
Projets et exécution de machines. . . . 
Somme. 
il 
15 
15 
IV. 
I re ANNÉE. 
DIVISION DF. CHIMIE TECHNIQUE. 
Physique générale 
Mécanique technique. . 
Botanique 
Zoologie 
Chimie organique,. . . . 
Chimie analytique 
Travaux au laboratoire. 
Somme. 
2 
«3 
3 
2 
1 
h 
11 
10 
10 
12 
11 
d’heures 
de dessin 
semaine. 
15 
15 
10 
16 
15 
15 
10 
10
        <pb n="300" />
        3?- 
29] 
SEMESTRES 
MATIERES ENSEIGNEES 
Nombre 
Nombre 
de séances 
de cours 
d heures• 
de dessin 
d heures 
de dessin 
Physique technique 
Notions générales sur les constructions, i er semestre. 
Technologie mécanique 
Connaissance des marchandises 
Chimie technologique 
(a) Métallurgie et salines 
(b) Matériaux de chauffage et d’éclairage 
(c.) Fabrication des sels, du ciment, du verre et des 
produits céramiques t 
Travaux au laboratoire 
Somme. 
3 e ANNÉE. 
Notions générales sur les machines 
Chimie technologique 
(n) Teinture, blanchiment, impression, tannage. . . 
(e) Produits fermentés, fécule, fabrication du sucre, 
du savon, des bougies stéariques 
Travaux au laboratoire 
Somme. ... 
11 
10 
10 
15 
11 
10 
10 
15 
15 
Les leçons de botanique, de zoologie, de géologie, de technologie mécanique 
ou chimique, de construction de machines, d’art des constructions et de sciences 
agricoles, seront suivies d’excursions et de visites d’établissements. 
Le cours pratique de géométrie sera terminé l’éié par des opérations impor 
tantes sur le terrain. 
Observations générales. — L’on voit, par les détails dans lesquels nous avons 
cru devoir entrer sur les deux grands instituts polytechniques de Vienne et de 
Prague, qu’ils sont constitués de manière à donner, aux élèves qui en suivent 
les cours, un enseignement scientifique très-complet, et toutes les notions 
techniques que l’on peut acquérir dans une école d’application. 
La durée des cours, qui est de cinq années pour les architectes, les ingénieurs
        <pb n="301" />
        et les mécaniciens, comprend le même espace de temps que le séjour de nos 
élèves à l’école polytechnique et dans nos écoles d’application , surtout si l’on 
tient compte de la préparation un peu plus forte de nos élèves. 
La destination tout à fait spéciale que se proposent de suivre les jeunes gens 
qui, en qualité d’élèves ordinaires, assistent aux cours de ces écoles, nous 
semble justifier l’observation que nous avons faite au sujet des cours de ma 
thématiques supérieures, que nous trouvons d’un ordre plus élevé et d’une 
étendue plus développée qu’il ne serait nécessaire pour les besoins des études 
techniques. Toutes les questions d’application à la mécanique, à l’art de l’ingé 
nieur et à celui des constructions, peuvent être traitées, complètement, rigou 
reusement, à l’aide de notions mathématiques bien plus élémentaires, et il est 
à craindre que les difficultés sérieuses d’un enseignement d’un ordre trop élevé 
ne rebutent une partie de cette jeunesse, qui se destine spécialement à la vie 
pratique. 
A part ces observations que, du reste, noQs pourrions aussi appliquer à 
d’autres établissements, nous pensons que l’organisation de ces deux grands 
instituts peut offrir des modèles à imiter. 
Statistique. — Les élèves se répartissent d’une manière très-inégale entre les 
divers instituts techniques de l’empire, c’est ce qui explique la différence des 
budgets qui leur sont attribués, et qui étaient, en 1862 , d’après M. Korislka (1 , 
à Vienne de 110960 florins (282/1/19 francs), à Prague de l\ 1000 florins 
(86100 francs), et dans tous les autres de 20000 à 3oooo florins. 
Ces chiffres comparés aux nombres d’élèves montrent qu’à Vienne la dépense 
annuelle est, par élève, de 118 francs environ, et à Prague de 109 francs. 
La rétribution scolaire n’est que de 1 fl. 26 par heure de cours heb 
domadaire ou de 37,0 florins (78 fr. 78 cent.) pour 3o heures de cours par 
semaine, ce qui constitue à peu près un enseignement spécial complet. 
L’on doit ajouter qu’un grand nombre d’élèves sont boursiers, et quel- 
quelques-uns mêmes reçoivent en outre des secours pour leur entretien en 
ville. 
Le même auteur donne pour la répartition de ces deux budgets la réparti 
tion suivante : (*) 
(*) Der höhere Polylechniche Unterricht in Deutschland, in der Schweifz, in Frankreich, Bel 
gien und Angland, par Carl Roristka, Gotha, 1863.
        <pb n="302" />
        <pb n="303" />
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.Uiu’tr^J primaires.
        <pb n="304" />
        293 — 
Traitements du directeur et du sous-directeur. 
Personnel enseignant des divisions techniques 
Bureaux et administration 
École industrielle de dessin 
Droits et frais d’administration 
Collections et laboratoires 
Bibliothèque 
Éclairage, chauffage, service de propreté 
Entretien de bâtiments 
VIENNE. 
5400 
53000 
7500 
9300 
30000 
8400 
2100 
9600 
5000 
110,960 
630 
25400 
4400 
4000 
1000 
3600 
2000 
41,030 
Le produit de ia rétribution scolaire et des taxes d’administration est à 
Vienne de i885o florins, et à Prague de 7200 florins, ou environ un 
sixième de la dépense totale, ce qui donne la mesure des sacrifices que s’im 
posent l’Etat, les provinces et les villes. 
Proportion du budget de la guerre et de celui de l’instruction publique au budget général 
de l’État. 
Le budget général de l’empire d’Autriche s’élève à la somme de 1 milliard 
997883/12 francs (l) , sur laquelle il est alï’ecté. 
A la guerre • 266 707 865' 
A la marine 3o 000 000 
Total 296 707 865 
ou 0,270 du budget total, el à l’instruction publique, 21280000 francs, ou 
0,0 i 9 du budget total. 
COORDINATION DES ETABLISSEMENTS D’ENSEIGNEMENT EN ACHUCHE. 
La coordination de tous les établissements d’enseignement d Autriche est 
représentée, sous forme d’arbre généalogique, par la figure (pi. III bis) que 
' l] Le florin d’Autriche étant évalué à 2 fr. 55 cent.
        <pb n="305" />
        nous empruntons à un rapport fort bien fait sur l’exposition des écoles et des 
établissements de Vienne, présenté en 1862 à M. le chevalier de Schmerling, 
par M. le baron Helfert (l) . 
L’on y voit très-clairement le système, si mal compris encore en France, de 
la séparation des élèves qui, après avoir commeneé leurs éludes élémentaires 
en commun, jusqu’à un certain degré, se dirigent, les uns vers les gymnases, 
pour continuer celles de littérature, les autres vers les écoles réelles spéciale 
ment destinées aux études scientifiques appliquées. 
Dans les gymnases, un partage analogue se produit. Leurs classes inférieures 
préparent les élèves aux écoles d’ofliciers de santé, de pharmacie, d’art vétéri 
naire et d’administration, ainsi qu’aux écoles inférieures pour les agriculteurs, 
les forestiers, les mineurs, les commerçants et les industriels, tandis que les 
classes supérieures conduisent d’abord aux études universitaires d’ordre élevé, 
aux facultés de théologie catholique, de droit, de médecine et de philosophie, 
ou, dans d’autres cas , directement aux écoles de théologie protestante, grecque 
ou autres, et à ce que l’on nomme les académies de droit, de langues orien 
tales et des rabbins. Enfin, ces gymnases supérieurs envoient aussi des élèves 
aux instituts polytechniques et aux académies des forêts, des mines et d’agri 
culture. 
De même, les écoles réelles sont divisées en deux catégories : celles d’ordre 
inférieur mènent aussi aux écoles spéciales d’agriculture, d’agents forestiers, de 
mineurs, de commerçants et d’industriels; celles du degré supérieur dirigent 
leurs élèves vers les instituts polytechniques et, de là , vers les divisions spéciales 
des constructions civiles, des ponts et chaussées, de la mécanique et de la chi 
mie appliquées. En concurrence avec les gymnases supérieurs, elles conduisent 
aussi aux académies d’agriculture, des forêts . des mines et spécialement à celles 
de la marine et du commerce. 
D’une autre part, et dès les écoles primaires, l’on voit une partie des enfants 
dont elles ont commencé l’instruction, entrer de suite dans les écoles spéciales 
pratiques d’ordre inférieur, destinées, les unes aux temmes, comme les écoles 
de sages-femmes, les écoles supérieures et les pensionnats de jeunes filles, et 
les écoles normales d’institutrices; les autres, sous le nom d’écoles du dimanche, 
d’écoles d agriculteurs, de vignerons, de jardiniers, de pilotes et de mineurs 
destinées aux garçons. 
Sur le même rang que les écoles primaires, mais à part, on trouve les asiles 
qui recueillent les aveugles et les sourds-muets. 
O Bericht über die Austeilung von Schul und Unterrichts-g egenständen in Wien. Vienne, 1862.
        <pb n="306" />
        — 295 — 
Enfin et en dehors sont indiqués les établissements consacrés aux arts, tels 
que le conservatoire de musique, avec ses écoles de déclamation, de chant et 
de musique instrumentale, l’académie des beaux-arts et les écoles de peinture, 
d’architecture et de sculpture. 
Cet ensemble met en évidence une organisation complète de l’enseignement, 
répondant à tous les besoins des diverses classes d’individus dont une société 
se compose, et permettant à chacun d’acquérir, le plus souvent à très-peu de 
frais, l’instruction que comporte son intelligence ou sa position , et celle qui lui 
est nécessaire pour y prendre sa place.
        <pb n="307" />
        <pb n="308" />
        38 
RAPPORT PARTICULIER 
sun LES ÉTABLISSEMENTS D’ENSEIGNEMENT 
DANS 
LE ROYAUME DE BAVIÈRE. 
ENSEIGNE MENT PRIMAIRE. 
A l’exemple de ce qui se pratiquait depuis longtemps déjà en Prusse et en 
Autriche, l’enseignement primaire a été rendu obligatoire en Bavière par un 
décret en date du 9 juillet 1856 pour les enfants de 6 à i3 ans. Dans l’ap 
plication de ce décret, l’on tient compte des difficultés locales et particulières 
qui peuvent s’opposer à l’observation de cette prescription; mais dans les villes, 
où ces circonstances exceptionnelles se présentent plus rarement, l’exécution 
de la règle est beaucoup plus sévère. 
L’instituteur doit faire connaître le nombre des élèves absents au magistrat 
chargé de la surveillance des écoles. Un agent de la ville s’enquiert des motifs 
plus ou moins valables allégués pour excuse, et une décision inflige un blâme, 
une punition ou une amende. 
Nous reproduisons ici l’extrait d’un de ces rapports régulièrement fournis 
par une des écoles du dimanche à Munich, pour montrer dans quelle forme ou 
procède.
        <pb n="309" />
        Liste des élèves de la 3 e classe de l’école paroissiale du Saint-Esprit qui, les 1U et 16 juin 
1863, ont manqué à l’école sans excuse valable. (Munich, le 16 juin 1863.) 
NUMEROS 
d’ordre. 
NOMS 
DES ÉLÈVES. 
Grahn (Xavier).. 
ETAT 
OU 
PROFESSION. 
Menuisier. . 
PARENTS, 
PATRONS 
ou maîtres. 
Travaille chez 
son père. 
DOMICILE. 
Thal. 
JV°. ÉTAGE. 
23. 
OBSERVATIONS. 
Le i4 et le i6 
du mois, trois 
absences. 
Excuse : 
Prétend qu’il est allé à l’école le i4 , et que le 16 son père a eu besoin 
de lui. 
Décision : 
Quatre heures d’arrêts. 
ai juin i863. 
Waltizpul 
(Pierre). 
Travail le au Ro 
senthal. 
Maçon.. 
Réprimandé sévèrement et menacé d’arrêts 
Beiknau. . 
32. 
1“. 
Le 14 et le 16 
du mois, quatre 
absences. 
La gratuité complète de l’enseignement primaire n’est accordée qu’aux habi 
tants dont la pauvreté est bien constatée, et la quotité de la rétribution, qui 
varie entre o fr. 72 cent., o fr. 5o cent, et o fr. 25 cent, par semaine, est fixée 
pour chaque élève par une commission spéciale. 
D’après un article d’un décret en date du 1 7 mai i860, les parents de com 
munions chrétiennes qui font donner à leurs enfants l’instruction primaire dans 
des établissements privés ou chez eux, doivent payer une contribution de 0 fl. 12 
(6 fr. 70 cent.) par an. 
Les écoles primaires de Bavière ont en général quatre classes, auxquelles, 
dans plusieurs villes, comme à Munich, on a ajouté deux classes supérieures, 
dites de perfectionnement, où les enfants terminent leur enseignement primaire 
à 12 ou 13 ans. 
Il y a, en 1864, 8260 écoles primaires pour une population totale de 
45ooooo habitants, ce qui correspond à 1,85 école pour 1000 habitants. 
Elles sont fréquentées par 286788 garçons et par 290626 filles : en tout 
576216 enfants; ce qui correspond à 1,44 écoles pour 100 enfants de 6 à 
12 ans, ou à 69 élèves en moyenne par école. On compte généralement, dans 
le royaume, qu’il y a une école primaire par 670 habitants
        <pb n="310" />
        33. 
— 290 — 
La ville de Munich seule, dont la population est de 100000 habitants en 
viron, possède 2 i écoles primaires de six classes, dont : 
io pour les garçons, recevant 4q44 élèves. 
i i pour les lilies, recevant 6209 
Total i02o3 
Ce qui correspond à peu près à 5 écoles pour 1000 habitants, et à un 
nombre moyen de 686 enfants par école et de 81 enfants par classe. Le per 
sonnel enseignant est composé de 170 instituteurs, ce qui donne un peu plus 
de 8 instituteurs par école et un nombre moyen de 60 enfants par instituteur, 
y compris les maîtres spéciaux pour les deux dernières classes, tels que des 
professeurs de français, de dessin, de travaux à l’aiguille pour les filles, etc. 
La loi qui rend l’enseignement primaire obligatoire, sans aucune exception, 
est tellement observée, que l’on ne reconnaît pas de différence entre le nombre 
des enfants inscrits et astreints à cette fréquentation et le nombre de ceux qui 
le suivent réellement. 
Ce qui prouve l’efficacité et l’observation de la loi, c’est qu’en 186/4, parmi 
les jeunes soldats appelés sous les drapeaux par le recrutement, le nombre de 
ceux qui ne savaient qu'imparfaite nient lire et écrire, ou qui ne savaient i/uc lire, ne 
s’est élevé qu’à 8 sur 100. 
Cette proportion varie de la manière suivante dans les différentes parties du 
royaume : 
Bavière supérieure 7,8 sur 100. 
Bavière inférieure.. . i5,o 
Palatinal 9,4 
Palatinal supérieur 12,7 
Franconie supérieure 5,1 
Franconie moyenne 4,i 
Franconie inférieure 5,2 
80 u abe 4,4 
Ce relevé montre bien qu’en effet la loi est assez généralement exécutée pour 
que des difficultés locales suffisent à rendre compte des différences observées. 
BUDGET. 
Les dépenses du royaume de Bavière s’élèvent en totalité à 66720097 do 
rios (100669283 francs). 
Sur cotte somme, l’Etat consacre à 1 instruction publique, aux sciences et 
aux arts la répartition suivante :
        <pb n="311" />
        300 
MINISTÈRE DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE. 
Écoles de lalin, gymnases, lycées 68169 H. 
Subventions aux écoles primaires 4i4ii3 
Supplément aux traitements des instituteurs 16000 
Sourds-muets, aveugles, enfants rachitiques icooo 
Enseignement de la musique, subventions à des établisse 
ments d’éducation 15381 
Enseignement scientifique supérieur 377020 
Beaux-arts 16824 
Ensemble 
902507 
902607 fl. 
MINISTÈRE DU COMMERCE ET DE L’INDUSTRIE. 
Gymnases réels et école polytechnique 110000 
Ecoles vétérinaires 16621 
Ecoles d’agriculture supérieures 12007 
Ensemble 138678 188678 
Total des dépenses pour l’instruction io4io85 
Soit 0,022 du budget total de l’État. 
Mais il convient d’ajouter que les écoles primaires, les écoles industrielles, 
les écoles agricoles inférieures, et en général tout ce qui concerne l’instruction 
technique inférieure est considéré comme devant faire Tobjet des dépenses pro 
vinciales et communales. 
Le budget de la guerre pour l’armée active et la gendarmerie s’élève à 
10462800 florins ou à 0,22 des dépenses totales du royaume. 
ORGANISATION NOUVELLE DE L’ENSEIGNEMENT. 
Lorganisation qui, depuis i834, avait été donnée à l’enseignement indus 
triel, vient de subir récemment des modifications importantes, fruits de 1 expé 
rience, et dont le principe même mérite attention. 
Dans l’ordre de choses que l’on modifie d’après une loi nouvelle, quia donné 
lieu à de longues discussions, les écoles industrielles devaient prendre une 
partie de leurs élèves à la sortie de l’école primaire, et l’autre A la sortie d’é 
coles, dites latines, ayant quatre classes, ces derniers élèves pouvant d’ailleurs 
y entrer dans la classe de deuxième année. 
D’une autre part, l’instruction donnée dans les écoles industrielles, que l’on
        <pb n="312" />
        — 301 — 
avait nommées un peu ambitieusement gymnases scientifiques, s’élevait à un 
degré qui devait permettre aux élèves, qui la recevaient en entier, d’être reçus 
aux instituts polytechniques. 
Mais la différence d’origine et de préparation des élèves de, ces écoles appor 
tait un obstacle sérieux à la marche de l’enseignement, et l’on reconnaissait 
aussi que, si les élèves venus aux instituts polytechniques par les gymnases lit 
téraires y semblaient d’abord inférieurs aux autres pour l’étude des sciences, iis 
y reprenaient généralement la supériorité sur ceux des gymnases scientifiques. 
On reprochait en outre aux élèves provenant de ces derniers établissements 
de ne posséder qu’une instruction littéraire trop incomplète, de ne pas savoir 
exprimer convenablement leur pensée dans un style suffisamment clair et élevé, 
d’être à la fois communs par la pensée et par ( expression. 
Déjà, depuis cinq ans, le conseil des ponts et chaussées de Bavière avait dé 
cidé qu’il n’admettrait plus dans le corps que des élèves qui, avant d’entrer à 
l’institut polytechnique, auraient fait des études complètes aux gymnases litté 
raires. 
L’administration des mines, de son côté,' avait toujours eu la même exi 
gence. 
L’un des hommes distingués qui, depuis de longues années et dès ( organisa 
tion de l’enseignementin dus trie! en Bavière, se sont occupés de cette importante 
question, nous exposait, à notre passage à Munich, la marche de s es idées. Ami 
fervent des sciences, qu’il cultive avec succès, il était persuadé que leur élude, 
l’habitude d’en suivre la méthode, d’en exposer, d’en appliquer les résultats, 
devait, tout aussi bien que la culture des lettres, développer l’intelligence et 
conduire à l’habitude de rendre clairement sa pensée par la parole ou par le 
style, en même temps qu’elle pouvait élever l’ordre des idées. 
Professeur de chimie, de physique et d’histoire naturelle dans l’une des pre 
mières écoles industrielles du pays, il y avait soutenu cette opinion, qui ne con 
tribua pas peu à le faire nommer professeur à l’institut polytechnique de 
Munich, en même temps qu’il l’était à l’école industrielle. Dans le premier de 
ces établissements, il eut alors sous les yeux les élèves sortis de l’école indus 
trielle ou gymnase scientifique, et ceux qui provenaient du gymnase littéraire, 
il ne tarda pas, nous assurait-il, à reconnaître qu’en effet si, à leur début, les 
élèves formés par les éludes scientifiques paraissaient plus aptes à en suivre les 
applications, ceux qui venaient des gymnases littéraires, après des études com 
plètes, ne tardaient pas à se montrer supérieurs. 
Cette expérience personnelle, fruit de longues et consciencieuses observa 
tions, a rallié cet homme distingué à l’opinion que la culture des lettres donne
        <pb n="313" />
        — 302 — 
à l’esprit une lucidité de conception et d’expression de la pensée très-favorable à 
l’étude des sciences. 
Nous avons toujours professé la même opinion, et l’expérience de l’école de 
Metz et de l’école militaire de Saint Cyr atteste, depuis longtemps, que les 
élèves qui ont été assez heureux pour pouvoir joindre une instruction littéraire 
avancée à 1 étude des sciences, sont presque toujours ceux qui fournissent les 
carrières les plus brillantes. 
Le résultat des critiques et des discussions auxquelles l’ancienne organisation 
a donné lieu a été une organisation nouvelle, dans laquelle les écoles indus 
trielles [g e wer be Schulen) ne sont plus destinées qu’à former la suite de l’ensei 
gnement des écoles primaires, pour donner 1 instruction préparatoire aux écoles 
d agriculture, du commerce, et à l’industrie ordinaire. 
il a été créé, parallèlement aux gymnases littéraires, où se font les études 
d humanités, des gymnases réels, qui donnent un enseignement littéraire et 
scientifique suffisant pour la préparation aux instituts polytechniques. Ce sys 
tème est presque identiquement celui qui a été adçpté en France en i85'i. 
principalement en vue de l’instruction littéraire des élèves qui se destinaient aux 
services publics, avec cette différence fondamentale et avantageuse qu’en 
Bavière les deux ordres d’établissements sont séparés au lieu d’être réunis. 
Organisation des établissements d’enseignement technique. 
Une ordonnance royale, en date du i4 mai i 86/j, contient les dispositions 
suivantes : 
LOUIS II, parla grâce de Dieu, roi de Bavière, comte palatin 
Sur la proposition de notre ministre du commerce et des travaux publics, 
nous avons décidé la réorganisation de l’enseignement technique; nous avons 
approuvé à cet effet le règlement suivant pour les établissements d’enseigne 
ment technique, et nous ordonnons ce qui suit : 
Art. 1 er . Les écoles professionnelles (gewerbeSchulen) d’organisation nouvelle 
seront substituées pour leur siège, leurs dotations et leur service, aux écoles 
professionnelles et agricoles existant jusqu’à ce jour. 
Les écoles professionnelles des districts de Munich, de Passau, de Kaiserslau 
tern, de Regensbourg, de Bayreuth, de Nuremberg, de Wurtzbourg et d’Augs- 
bourg, auront le droit de conserver le même titre [kreis gewerbe Schalen). 
Le droit de présentation aux emplois du personnel enseignant n’est pas mo 
difié pour les écoles qui en jouissaient.
        <pb n="314" />
        — 303 — 
2. Les gymnases réels et les écoles polytechniques sont des établissements 
de l’Etat. 
3. Les villes de Munich, de Spire, de Regensbourg, de Nuremberg, de 
Wurtzbourg et d’Augsbourg, auront chacune, dès à présent, un gymnase 
réel. 
4. La nouvelle école polytechnique aura son siège à Munich. 
5 et 6. Ces articles fixent les époques de transition de l’organisation précé 
dente à la nouvelle. 
7. L’école polytechnique actuellement existante à Augsbourg sera supprimée 
à la fin de l’année scolaire i863-i864, sauf les ateliers de mécanique, qui reste 
ront encore ouverts. 
8. A la fin de l’année scolaire 186y-1 868, l’ordonnance du i 6 février i833, 
relative aux écoles polytechniques et aux écoles professionnelles, sera annulée. 
9. En chargeant notre ministre du commerce et des travaux publics de 
l’exécution de cette réorganisation, nous l’autorisons à prendre les décisions 
nécessaires pour sa mise en pratique, et nous lui recommandons de prendre, 
de préférence, en considération, pour les nominations aux emplois de profes 
seurs, qu’il aura á soumettre à notre approbation, les titres des professeurs des 
écoles professionnelles et agricoles actuelles, qu’il jugera suffisamment ca 
pables. 
Munich, le 14 mai i86Zi. 
LOLIS. 
Ln règlement ayant pour objet l’exécution de cette ordonnance, divise les 
établissements d’enseignement technique en : 
i° Écoles industrielles [gewerbe Schulen) auxquelles, suivant les besoins 
locaux, pourront être annexées des divisions spéciales pour le commerce, pour 
l’agriculture, etc. 
2° Gymnases réels ; 
3° Ecole polytechnique comprenant quatre divisions spéciales : 
i° Pour les constructions; 
2° Pour la mécanique technique;
        <pb n="315" />
        * 
304 — 
3° Pour la chimie technique ; 
h° Pour le commerce. 
Nous croyons utile de reproduire en détail les programmes de diverses par 
ties de l’enseignement industriel, tel qu’il doit être organisé, et un extrait des 
principales dispositions réglementaires qui les concernent. 
ÉCOLES INDUSTRIELLES. 
Ces écoles ((jewerbe Schulen) reçoivent les élèves à l’âge de i o ou 12 ans, 
à leur sortie des écoles primaires (deutsche volk Schulen), et ne sont destinées 
qu’à donner l’instruction suffisante pour préparer aux emplois inférieurs de l’in 
dustrie. Elles comportent trois années d’études, auxquelles on pourra, selon le 
désir des administrations municipales, en ajouter une quatrième, qui corres 
pondra aux écoles de commerce et d’agriculture, auxquelles l’on consacre aussi 
une année. 
Programmes des écoles industrielles. 
DESIGNATION 
des 
DIVERSES PARTIES DE L’ENSEIGNEMENT. 
Religion 
Langue allemande 
Géographie 
Histoire 
Arithmétique 
Notions d’histoire naturelle 
Dessin 
Modelages et bosse 
Dessin 
Langue française 
Algèbre 
Géométrie plane 
Géométrie des solides et trigonométrie 
des nombres. 
Géométrie descriptive 
Physique 
Chimie 
Notions de mécanique 
HEURES DE SEANCES PAR SEMAINE. 
l" COURS. I e COURS. 3 e COURS. 
30 
30 
30 
6 
12 
4 
G 
5 
4 
22 
6 
5 
85
        <pb n="316" />
        39 
— 305 
ÉCOLE DE COMMERCE. 
Cette école, qui n’est qu’une annexe ou une division spéciale de l’école in 
dustrielle, exige de ses élèves les deux premières années d’études de celle-ci, et 
une année spécialement consacrée à trois cours : le premier pour la langue 
française et la calligraphie; le second pour le commerce, l’arithmétique, la 
science commerciale avec continuation de l’étude du français; le troisième fai 
sant suite au précédent pour la science commerciale et le français, et compre 
nant, en outre, l’étude de la langue anglaise, de la géographie commerciale et 
de l’histoire du commerce. 
ÉCOLE D’AGRICULTURE. 
Cette école, de même que la précédente, est une division spéciale de l’école 
industrielle. Après avoir fait dans cette dernière les études de deux premières 
années, les élèves qui se destinent à l’agriculture doivent passer une année dans 
cette division, où ils suivent trois cours : 
Le premier, pour l’étude de la science agricole et du dessin; 
Le second, formant la continuation du premier, avec addition de l’arithmé 
tique appliquée à l’agriculture; 
Le troisième, formant aussi la continuation des deux autres, auxquels on 
joint la géométrie appliquée. 
On voit, par ces programmes d’études, que ces divers enseignements sont 
d’un ordre très-modeste. 
NOMBRE D’ÉCOLES INDUSTRIELLES. 
11 y a en Bavière trente écoles industrielles et agricoles, dont vingt-neuf ont 
trois années d’études, et qui, à l’avenir, seront toutes soumises au nouveau 
règlement dont on vient de faire connaître les bases. 
ENSEIGNEMENT DE L’AGRICULTURE. 
L’enseignement supérieur de l’agriculture est d’ailleurs donné dans un éta 
blissement spécial, l’école de Weihenstephan, dont il sera question plus loin. 
ÉTUDES LITTÉRAIRES. 
Quant aux études littéraires, elles sont données, pour les classes de latinité 
élémentaire, dans soixante-six écoles, dites écoles latines (Lateinschule), et dans 
vinqt-huit gymnases complets, comprenant aussi celles des précédentes.
        <pb n="317" />
        306 — 
GYMNASES REELS [REAL GYMNASIEN). 
Il sera établi à l’avenir cinq gymnases de cet ordre, dont quatre dans les 
provinces de la rive droite du Rhin, et un dans celles de la rive gauche. Ils 
auront pour but de donner en quatre années d’études, à partir des écoles de 
latinité élémentaire, un enseignement littéraire et scientifique pour les élèves 
qui se destinent aux divers spécialités des travaux et des constructions publiques 
de l’industrie. Les connaissances exigées pour l’admission dans les gymnases 
réels sont celles que l’on a dû acquérir dans les écoles de latinité élémentaire, 
savoir : la religion, la langue allemande, l’histoire, la géographie, les mathé 
matiques élémentaires jusqu’à l’algèbre, et une connaissance élémentaire du 
latin et du grec. 
On y continue, pendant les quatre années, les études des langues anciennes, 
comme l’indique le programme général suivant : 
Tableaux des nombres d’heures consacrées aux diverses parties de l’enseignement 
dans les gymnases réels. 
MATIERES ENSEIGNEES. 
Religion 
Langue ou littérature allemande. 
Latin 
Géométrie 
Géométrie descriptive 
Géométrie analytique 
Algèbre 
Eléments d’analyse 
Mathématiques supérieures 
Trigonométrie 
Minéralogie et chimie 
Histoire naturelle 
Physique 
Histoire 
Français 
Anglais 
Géographie 
Dessin * 
Totaux. 
I 1 '* ANNÉE. 
30 
2 e ANNÉE. 
30 
3* ANNÉE. 
31 
4 e ANNÉE. 
31 
TOTAUX 
par 
SEMAINE. 
K. 
8 
9 
14 
12 
11 
2 
2 
2 
5 
4 
5 
4 
14 
4 
5 
24 
123 
JL
        <pb n="318" />
        307 
On voit, par ce tableau de l’emploi du temps et par le nombre total d’heures 
consacrées aux divers enseignements, que les études littéraires y participent : 
La langue allemande pour g heures par semaine. 
La langue latine pour , 4 
La langue française pour t 3 
La langue anglaise pour 4 
L'histoire pour 4 
La géographie pour 5 
Le dessin 
pour. 
5o 
24 
jes sciences mathématiques : 
Géométrie pour 7 
Algèbre pour y 
Trigonométrie pour 2 
Géométrie descriptive pour 5 
Mathématiques supérieures pour. 4 
heures par semaine. 
00 
2/4 
Les sciences naturelles : 
Minéralogie, histoire naturelle et physique. 1 4 
Religion 8 
là 
8 
t 23 
De sorte que l’enseignement religieux et littéraire y occupent environ la 
moitié du temps, et celui des diverses branches des sciences l’autre moitié. 
Les élèves qui, a leur sortie des gymnases réels, ont reçu le certificat de 
maturité peuvent être admis aux instituts polytechniques. 
INSTITUT POLYTECHNIQUE ( POLYIECHNICUm). 
Par suite de la nouvelle organisation adoptée pour l’enseignement industriel 
en général, l’institut polytechnique de Munich donnera à l’avenir l’instruction 
, nécessaire aux quatre spécialités suivantes : 
i° Les constructions; 
?.° La mécanique technique; 
3° La chimie technique; 
\° Le commerce. 
Les cours seront distigués en cours communs et en cours spéciaux. 
39.
        <pb n="319" />
        Pour les deux premières divisions, les cours communs dureront deux ans, 
et les cours spéciaux deux ans. 
La troisième division, celle des chimistes, devra suivre le cours commun 
pendant la première année, et elle aura deux années de cours spéciaux. 
La quatrième division, celle des commerçants, ne sera de même assujettie 
qu’à la première année du cours commun, et n’aura qu’une année de cours 
spécial. 
Les matières de ces diverses branches d’enseignement et les nombres 
d’heures qui y sont consacrées par semaine sont indiqués dans les programmes 
généraux suivants : 
Matières de l’enseignement et nombre d’heures de séances par semaine. 
ENSEIGNEMENT COMMUN. 
l" COURS. 
Géométrie analytique 
Calcul différentiel et intégral 
Mécanique analytique 
Physique mathématique 
Physique appliquée et expériences 
Eléments de construction de bâtiments 
Eléments de construction des machines 
Dessin à main levée 
Mécanique élémentaire 
Zoologie 
Botanique 
Economie politique 
¡ française 
anglaise 
italienne 
Histoire de la littérature allemande 
2 e COURS. 
Mécanique appliquée 
Application de géométrie descriptive, de perspective, 
et de coupe des pierres 
Chimie générale 
Chimie spéciale 
Oryclognosie ' 
SEMESTRE. 
Nombre d’l&gt;cures 
par semaine. 
d’ombres 
SEMESTRE. 
Nombre d’b eures 
par semaine.
        <pb n="320" />
        — 309 
Géognosie 
Dessins de constructions (détails et formes). . . . 
Dessins de machines, éléments de constructions. 
Connaissance générale des machines 
Droit constitutionnel et droit du bâtiment 
¡ française 
anglaise 
italienne 
Totaux. 
SEMESTRE. 
Nombre d’heures 
par semaine. 
108 
SEMESTRE. 
Nombre d’heures 
par semaine. 
IOO 
DIVISION TECHNIQUE. CONSTRUCTION DE BATIMENTS. 
On exige pour l’admission dans cette division, parmi les connaissances indi 
quées dans les deux cours généraux précédents, celles qui suivent : la géométrie 
analytique, le calcul différentiel et intégral, la mécanique analytique et appliquée, 
la physique mathématique et appliquée, la chimie générale et spéciale, les 
applications de la géométrie descriptive, l’oryctognosie, la géognosie, le dessin 
de construction de bâtiments et de machines, le dessin à main levée et l’éco 
nomie politique. 
Matières de l'enseignement et nombre d’heures de séances par semaine. 
COURS. 
Pour les architectes et les ingénieurs constructeurs eu commun. 
Notions générales sur les constructions civiles 
Matériaux de construction et hygiène des bâtiments 
Prix de revient, devis et contrats d’entreprise 
Dessins de plans topographiques 
Pour les architectes, enseignements particuliers. 
Styles d’histoire de l’architecture 
Projets de grandes constructions 
Dessin de la figure et du paysage 
SEMESTRE. 
Nombre d’heures 
par semaine. 
4 
i4 
4 
SEMESTRE. 
Nombre d’heures 
par semaine. 
4 
i4 
4
        <pb n="321" />
        3 i O 
Pour les ingénieurs constructeurs. 
Construction des ponts 
Projets de ponts 
ijéodésie et hydraulique 
Connaissance des machines 
2 COURS. 
Enseignement commun pour les architectes et les ingénieurs 
constructeurs. 
Projets de grandes constructions 
Projets de constructions du génie civil. 
Coupe des pierres et modelage 
Constitution et droit des constructions. 
Enseignement particulier pour les architectes. 
Histoire de l’architecture . . . 
Eléments de l’art de construire les routes, les ponts et les travaux 
hydrauliques 
Métrage 
Projets de grands bâtiments 
Pour ingénieurs constructeurs. 
Art de la construction des roules et des travaux hydrauliques. . 
Histoire de l’art de l’ingénieur civil 
Projets de travaux du génie civil 
i" 
SEMESTRE. 
Nombre d’heures 
par semaine. 
1 2 
2 e 
SEMESTRE. 
Nombre d’heures 
par semaine. 
MÉCANIQUE TECHNIQUE. 
On exige pour l’admission dans cette division, parmi les connaissances indi 
quées dans les deux cours généraux précédents, celles qui suivent : 
Le calcul différentiel et intégral, la géométrie analytique, les applications 
de la géométrie descriptive, la physique mathématique et appliquée, le dessin 
de bâtiment et des machines, la connaissance générale des machines, la méca 
nique analytique et appliquée, la chimie générale et spéciale, la géognosie.
        <pb n="322" />
        V 
— 311 
Matières de ienseignement et nombre d’heures de séances par semaine. 
r r cours. 
Travailai pratiques de la division des mécaniciens. 
Connaissance des machines 
Systèmes de transmissions de mouvement 
Construction des machines 
Projets de constructions 
Connaissance des matériaux 
Physique technique, pyrotechnie 
Métrage ......... 
Dessins de plans 
Economie politique 
Excursions 
2 e COURS. 
Travaux pratiques de la division des mécaniciens. 
Connaissance des machines 
Construction des machines 
Projets de constructions 
Constructions hydrauliques et constructions de chemins de fer. . 
INivellemenl, jaugeage, mesure de la force des cours d’eau 
Constructions d’usines 
Métallurgie 
Technologie. (Fabrications, constructions, machines, outils.).. . 
Excursions 
Totaux 
1" 2' 
SEMESTRE. SEMESTRE. 
Nombre d’heures Nombre d’heures 
par semaine. 
5 
3 
4 
8 
4 
4 
// 
// 
4 
« 
4 
4 
8 
3 
» 
H 
5 
5 
6i 
par semaine. 
5 
3 
4 
8 
II 
H 
4 
2 
H 
4 
4 
4 
8 
« 
4 
3 
a 
5 
58 
CHIMIE TECHNIQUE. 
On exige pour l’admission dans cette division, parmi les connaissances indi 
quées dans les deux cours généraux, celles qui suivent : 
La zoologie, la botanique, l’oryctognosie, la géognosic, les mathématiques 
et la physique appliquée; la chimie générale et spéciale, le dessin de bâtiment.
        <pb n="323" />
        Totaux 
77 
5 9 
312 — 
Matières de. renseignement et nombre d’heures de séances par semaine. 
1 er COURS. 
Mécanique élémentaire 
Physique technique, théorie de la chaleur. . . 
Chimie technique 
Éléments du dessin des machines 
Connaissance des matériaux, de constructions 
Economie politique 
Travaux au laboratoire. 
2 e COURS. 
Élude générale des machines 
Étude générale des constructions civiles 
Métallurgie, cours des mines 
Chimie physique 
Technologie. 
Travaux an laboratoire 
COURS UNIQUE. 
Commerce. 
Étude du commerce et comptabilité 
Géographie et statistique commerciales 
Histoire du commerce 
Législation commerciale et du change 
Arithmétique commerciale 
Arithmétique politique 
Connaissance des marchandises 
Mécanique (au point de vue des transports) 
Économie politique 
Constitution et droit administratif. 
¡ française 
anglaise 
italienne. . 
Correspondance commerciale en français et en anglais 
SEMESTRE. 
Nombre d’heures 
par semaine. 
SEMESTRE. 
Nombre d’heures 
par semaine.
        <pb n="324" />
        313 — 
COLLECTIONS. 
L’institut polytechnique de Munich est installé dans un vaste local ; les am 
phithéâtres, les salles d’études sont vastes et bien éclairés; des laboratoires 
bien disposés peuvent recevoir les élèves de la division de chimie qui veulent 
faire des manipulations. Les salles de dessin sont pourvues d’une belle col 
lection de modèles en relie! pour l’enseignement. Les collections de mo 
dèles de machines et de constructions sont très-nombreuses, et celle des 
grands ponts et des travaux d’art contient des spécimens des dispositions les 
plus nouvelles. 
En i 864, l’institut polytechnique de Munich avait 172 élèves réguliers et 
102 auditeurs libres. En 1862-1863, il y avait eu 164 élèves réguliers et 
97 auditeurs libres. 
Le nombre des professeurs est de 11, et celui des maîtres ou professeurs 
adjoints est de 4. 
NUREMBERG. 
Ecole polytechnique. — Sous ce titre il existe, à Nuremberg, un établisse 
ment d’enseignement technique qui compte 10 professeurs titulaires et 2 répé 
titeurs ou adjoints, 59 élèves réguliers et 33 élèves libres. 
La division des mécaniciens a 20 ou 2/1 élèves. Les cours comprennent trois 
années d’études; mais, en général, la plupart des élèves quittent l’école pour 
entrer dans les positions secondaires de l’industrie des machines, de la cons 
truction ou des arts chimiques; ceux qui aspirent à des positions plus élevées 
vont compléter leurs études à l’Ecole de Munich. 
Des ateliers dépendant de l’école reçoivent quelques élèves, qui y travaillent 
de vingt à trente heures par semaine. 
L’enseignement mathématique donné dans cet établissement est d’un ordre 
élevé, qui nous paraît un peu disproportionné avec le but à atteindre; et, 
avec les besoins de l’industrie locale, un seul institut polytechnique supérieur, 
comme celui de Munich, nous paraît suffisant; il y aurait même avantage à 
transformer celui de Nuremberg soit en un gymnase réel, soit en une école 
industrielle. 
École supérieure de dessin. — Dans cette ville, si renommée parla variété de 
son industrie, il existe plusieurs écoles de dessin de différents degrés, selon le 
but que les élèves se proposent d’atteindre. 
La première et la plus importante est l’école supérieure de dessin industriel, 
dirigée par M. Kröling. Elle est, à jaste titre, regardée en Allemagne comme 
celle qui a rendu le plus de services à l’industrie. On n’y admet que des élèves 
4o
        <pb n="325" />
        — 314 — 
qui sachent déjà passablement dessiner, afin de pouvoir, en peu d’années 
d’études, leur faire acquérir quelque talent. 
Le principe adopté par le directeur de cette école est que, pour former de 
véritables dessinateurs industriels, il faut faire passer les élèves par tous les 
degrés du dessin artistique, de telle sorte qu’ils puissent, dans les combinai 
sons si variées et si diverses qu’exige l’industrie, associer convenablement et 
avec harmonie tous les genres entre eux, sans qu’il soit nécessaire, comme il 
arrive trop souvent, de recourir à un artiste pour la partie architecturale, à un 
second pour la figure, à un troisième pour l’ornement, etc. 
Quant au mode d’enseignement, il est exclusivement basé sur le dessin d’après 
des modèles en relief variés, gradués selon la force des élèves, et s’élevant 
depuis les plus simples modelagesjusqu’aux modèles les plus beaux de l'antique 
et jusqu’à la nature. L’habile directeur exprime son antipathie pour la copie 
des lithographies, en disant que ce n’est pas du dessin, mais delà calligraphie. 
D’après ces principes, il a formé pour ses élèves de très-belles et tr^s-com. 
plètes collections de modèles. 
L’enseignement est réparti en trois divisions : i° le dessin d’ornement; %" le 
dessin d’après l’antique; 3° le dessin d’après nature. 
Après s’être formés au dessin, les élèves passent au modelage et à la sculp 
ture sur bois et sur pierre; puis, lorsqu’ils ont acquis une certaine habileté, ou 
les habitue à composer des dessins, à les modeler et à les sculpter. 
L’opinion générale des hommes qui se sont occupés des questions d’ensei 
gnement, non-seulement en Bavière, mais encore dans les autres parties de 
l’Allemagne, est que l’école de dessin de Nuremberg est celle qui a le plus lar 
gement contribué aux progrès de 3 industrie de son pays. Ces progrès, au sur 
plus, sont bien manifestés par l’amélioration très notable des produits de l’in 
dustrie si féconde des jouets d’enfants, qui forme une des principales produc 
tions du pays. Depuis un certain nombre d’années la perfection des formes, 
celle des objets moulés en terre ou sculptés en bois , dont la fabrique de Nurem 
berg a le privilège de fournir les magasins de Paris, nous avaient convaincu 
que de grands progrès avaient dù êj-e faits dans l’enseignenY n du dessin, et 
nous avons trouvé la justification de cette opinion dans la visne que nous avons 
faite à l’école supérieure de dessin de cette ville. L’industrie parisienne, si per 
fectionnée pour d’autres parties qui se rattachent aux arts du dessin, est, quant 
aux jouets d’enfants, bien inférieure à celle de Nuremberg. 
Comme préparation à l’école supérieure de dessin, il y a à Nuremberg une 
école élémentaire, qui comprend deux années de cours. Le premier, qui a huit 
heures de leçons par semaine, ne s’occupe que du dessin à main levée, en com-
        <pb n="326" />
        — 315 — 
mençant par des exercices sur des lignes droites ou courbes, sur des surfaces 
planes, sur des corps symétriques ou réguliers, et sur des ornements simples 
et composés, en finissant par des compositions. Le second cours, de six heures 
de leçons par semaine, est consacré au dessin de l’ornement, de la bosse, d’après 
l’antique et à celui des meubles. 
ÉCOLES nu DIMANCHE ( SONNTAGS HAN D WE R KE RSCH ULE ). 
Létablissement fondé sous ce titre à Nuremberg, réunit 1 enseignement du 
dessin, du modelage, de la sculpture et de la gravure à celui des notions de 
géométrie, d arithmétique, de physique et de chimie. 
La première et la plus importante partie de cet enseignement est celle qui 
se rattache aux arts du dessin. 
Le premier et le deuxième cours, gradués selon la force des élèves, s’oc 
cupent du dessin à main levée, du dessin d’ornement, de celui de l’architecture 
avec ou sans ombres, du dessin de la figure, du dessin géométrique et du lavis. 
Le troisième cours est partagé en quatre divisions, suivant la destination spé 
ciale des élèves : la première division s’occupe de tout ce qui concerne la cons 
truction des bâtiments, depuis les premiers détails des travaux de maçonnerie 
et de charpente jusqu’aux types et aux styles de l’architecture; la deuxième di 
vision est consacrée aux travaux de menuiserie; la troisième, aux tourneurs en 
Lois et en métaux; la quatrième, aux industries diverses. 
La seconde partie de l’enseignement s’occupe du modelage en cire, en terre 
et en plâtre, de la gravure et de la sculpture. 
La troisième a pour but de compléter l’enseignement de l’arithmétique et 
de donner des notions usuelles de géométrie sur les surfaces, les cuba tures, les 
tracés, etc. 
La quatrième donne des notions élémentaires de physique et de mécanique 
appliquée aux industries locales. 
La cinquième, enfin, traite dans le même but de la chimie industrielle. 
Ces cours réunissent, en ï 86Zi, 228 élèves pour les séances de dessin , et 
i 354 auditeurs pour les divers cours. 
ÉCOLE D’AGRICULTURE ET D’INDUSTRIE (KREIS LANDW1RTHSCHAFT 
UND GEWERBESCHULE). 
Sous ce titre ou comprend, à Nuremberg, deux établissements d’enseigne 
ment destinés l’un à l’agriculture, l’autre à l’industrie. 
L organisation qui leur a été donnée, et qui remonte au moins à 1802, 
devra nécessairement être modifiée d’après les nouvelles bases admises pour 
les enseignements de cet ordre. 
4o.
        <pb n="327" />
        — 316 — 
l/école d’agriculture (Kreis Landwirthschaftschule) comprend : 
i° Une école préparatoire; 
2° Une école de cultivateurs; 
3° Une école de science agricole. 
La première école était destinée à recevoir des jeunes gens qui n’étaient 
pas suffisamment préparés, et qui, en un an, devaient suivre l’enseignement in 
diqué ci-après : 
Tableau du nombre d'heures de leçons de l’école préparatoire d'agriculture a Nuremberg, 
NOMBRE 
D’HEURES 
par semaine. 
2 
2 
4 
4 
4 
4 
2 
2 
8 
33 
L’école des cultivateurs est destinée à former des chefs de culture, des fer 
miers ou des régisseurs de petites propriétés. L’enseignement dure une année, 
et est réparti comme il suit : 
MATIÈRES ENSEIGNÉES. 
Religion 
Agriculture théorique; principes 
Agriculture pratique 
Arithmétique 
Lecture 
Calligraphie 
Langue allemande 
Géographie 
Histoire naturelle 
Dessin 
Total 
Tableau du nombre d'heures de leçons de l’école des cultivateurs à Nuremberg. 
MATIÈRES ENSEIGNÉES. 
Religion 
Langue allemande. . . 
Chimie 
Arithmétique. ...... 
Géographie 
Dessin 
Calligraphie 
Agriculture théorique 
Agriculture pratique. 
Total 
nombre 
D’heures 
par semaine. 
2 
4 
2 
4 
2 
3 
4 
6 
4 
3i
        <pb n="328" />
        — 317 - 
L’école de science agricole doit former des jeunes gens capables : i° d’ex 
ploiter, d’affermer ou d’administrer des propriétés de petite ou moyenne éten 
due ; 2° d’etre admis à une école centrale d’agriculture ou A l’école vétérinaire 
de Munich. 
L’enseignement y est réparti en trois années ou trois divisions, et il y avait, 
en i 862 et 1 863 : 
Dans Ja première 3g élèves. 
Dans la deuxième 18 
Dans la troisième 15 
Total. ....... 72 élèves. 
Cette répartition prouve que la moitié au plus des élèves achève les études 
commencées. 
L’école des cultivateurs n’avait que deux élèves, l’école préparatoire huit, ce 
qui forme un total de 82 élèves, pour lesquels on entretient 10 professeurs et 
3 maîtres. 
Les programmes de l’enseignement de science agricole sont les suivants : 
I ro ANNÉE. MATIÈRES ENSEIGNÉES. 
Heligion 
Agriculture théorique 
Zoologie 
Botanique générale et spéciale 
Arithmétique 
Langue allemande 
Géographie 
Dessin 
Calligraphie 
Agriculture pratique (suivant Je temps et Ja saison) 
Total 
NOMBRE 
D'HEURES 
par semaine. 
2 
5 
2 
2 
4 
4 
2 
6 
4 
i 2 à 3o 
01 
MATIÈRES DU COURS D’AGRICULTURE DE PREMIERE ANNEE. 
Agronomie.—Origine de la terre arable; classification des terres arables; 
comment elles se comportent par rapport à l’air, à la chaleur, à J humidité ;
        <pb n="329" />
        — 318 
leur pesanteur spécifique; l’engrais; puissance productive et valeur; moyens 
d’amendement; terre meuble et sous-sol, leur relation intime; influence de 
l’exposition sur la puissance productive; caractères et désignation des espèces 
de terres, suivant quelles sont propres à la culture des céréales, des trèfles, 
suivant les espèces de plantes sauvages quelles produisent. 
Agriculture.— Défrichement; but du labourage; importance d’un labour 
approprié ; différents modes de labour. 
Ustensiles.—- Description et application des sortes les plus importantes d’ins 
truments de culture : bêches; appareils de drainage; berne; charrue commune; 
charrue à croc, à butter; charrue à pelle; extirpateur; défonceur; houe cou 
pante; presse roulante, traînante; visite des instruments de la collection de 
l'établissement. 
Emploi du temps de 2 e et de 3 e année. 
MATIÈRES ENSEIGNÉES. 
Religion 
Agriculture théorique 
Agriculture pratique : 
Minéralogie pure. 
Minéralogie appliquée 
Physique 
Chimie 
Arithmétique 
Géométrie 
Langue allemande 
Dessin à main levée et linéaire 
Anatomie et guérison des animaux domestiques 
En deuxième année, le cours d’agriculture théorique comprend : 
Engrais. — Appauvrissement et enrichissement du sol ; descriptions succinctes 
des matières organiques et minérales nécessaires à la croissance des plantes, 
décomposition à l’air et jachère; humus; connaissance, traitement et emploi 
des matières d’engrais les plus importantes des règnes végétal, animal et miné 
ral; préparation du fumier. 
Culture des plantes en général. — Répartition des plantes nutritives les plus 
importantes i\ la surface de la terre; influence du climat; destruction des mau- 
HF.URES PAR SEMAINE. 
2 e année. 
2 
7 
12 à 30 
3' année. 
2 
4 
12 à 30
        <pb n="330" />
        vaises herbes et préparation de la terre pour la culture; semences, soins, ré 
colte, égrenage et conservation des grains, soit à l’air, soit à couvert. 
Culture des plantes spéciales. — Classification des plantes utiles en agriculture; 
culture des céréales, des légumineuses, des racines et des tubercules, des 
plantes commerciales et industrielles; culture des prés, fauchage, fenaison; 
culture des principales espèces de trèfles (luzerne, trèfle rouge, esparcette, 
trèfle blanc, bâtard, incarnat); prairies artificielles; autres plantes fourragères 
qui peuvent servir en cas de rareté; arbres fruitiers, viticulture ; excursions. 
En troisième année, le cours d’agriculture théorique comprend : 
Elève du bétail en général. — Fourrage : vert, sec, de racines, de grains; 
emploi des déchets des industries agricoles; préparation des aliments; emploi 
du sel; aperçu comparatif des différentes substances alimentaires au point de 
vue de leur valeur nutritive; aliments azotés, non azotés; quantité de nourri 
ture consommée par un animal. 
Elève du bétail. — haces bovine, chevaline, ovine; connaissance de la laine; 
race porcine; chèvres; volailles; abeilles; étude de cette dernière race ; examen 
spécial de la méthode de Dzierzon ; des meilleures races, sous races et métis. 
Exploitation agricole. — Exploitation proprement dite; de la propriété; du 
capital engagé dans l’exploitation ; du travail agricole; des systèmes de culture; 
des calculs d’exploitation agricole; comptabilité agricole. 
Travaux pratigues. — Les élèves des trois années, sans concours appréciable 
de journaliers, ont cultivé, en 1862 et 1 863, 170 journaux de terre (tagwerk 
akec), 97 hect. 35 cent, (jardins, prés, étangs desséchés), avec trente tètes de 
gros bétail et quelques chevaux. 
Il est probable que, par suite des changements apportés à l’organisation gé 
nérale de l’enseignement, celui de cette école d’agriculture recevra des modifi 
cations. 
ÉCOLE INDUSTRIELLE X NUREMBERG. 
11 en sera de même de l’école industrielle de cette ville, dont le programme 
comprenait aussi trois années d’études. 
ÉCOLE CENTRALE D’AGRICULTURE DE AV EÏHENSTEPIIAN. 
Cet établissement, qui constitue l’école supérieure d’agriculture de la Ba 
vière, a pour but de donner l’enseignement théorique et pratique a des jeunes 
gens qui se destinent à la direction de grandes exploitations agricoles et des 
industries qui en dépendent.
        <pb n="331" />
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e 
— 320 — 
Les études comprennent deux années, et l’enseignement y est donné par 
9 professeurs et 2 professeurs adjoints. 
Les élèves sont partagés en élèves ordinaires et en auditeurs libres. Le nom 
bre des premiers paraît être de 20 environ, et celui des seconds de ko. 
Pour être admis à cette école, il faut être âgé de 1 6 ans, avoir suivi les études 
d’une école d’agriculture (landwirthshaft Schule) ou d’une école industrielle; 
savoir assez de latin pour comprendre la valeur des termes empruntés à cette 
langue, ou subir un examen sur les matières de l’enseignement de ces écoles. 
Par suite des conditions locales et par exception aux usages généraux de 
l’Allemagne, les élèves sont reçus en internat, savoir : les nationaux pour 
i 25 florins (262 fr. 5o cent.) par semestre, et les étrangers pour i5o florins 
(3 1 5 francs). Moyennant ce prix, ils ont droit à l’enseignement, au logement, à 
la nourriture avec le linge de service : les livres et les fournitures de bureau 
restent à leur charge. Ils payent, en outre, 2 florins (3 fr. 20 cent.) par se 
mestre pour le salon de lecture. Les élèves libres payent 35 florins (72 fr. 55c.) 
par semestre par cours qu’ils suivent, et peuvent obtenir un certificat relatif à 
ce cours. 
Les cours durent depuis le i er octobre jusqu’à la fin d’aoùt, avec quinze jours 
de vacances à Pâques. 
A la fin de chaque année, il est passé des examens à la* suite desquels on 
délivre, s’il y a lieu, des certificats d’aptitude. 
L'école est établie sur le domaine royal de Weyhenstephan, dont l’étendue 
est de 660 journaux de terre ou 38o hectares en terres labourables et en prés. 
On y entretient toutes les espèces d’animaux domesticpies. 
Il y a en outre : 
i° Des champs d’essai pour des cultures diverses; 
2 0 Une brasserie et une distillerie; 
3° Une pépinière; 
k° Une houblonnière; 
5° Une fromagerie ; 
6° Des collections technologiques: 
7 0 Un laboratoire de chimie; 
8° Une collection de semences diverses; 
9 0 Une collection des produits du sol de la Bavière; 
1 o° Un cabinet de physique ; 
1 i° Une collection d’instruments et de modèles agricoles; 
i2° Une bibliothèque; 
i3° Une plantation de mûriers pour l’étude des vers à soie;
        <pb n="332" />
        41 
— 32] 
i 4° Une collection anatomique pour l’art vétérinaire. 
Les forêts voisines offrent les moyens d’étudier les arbres résineux. 
L’enseignement y es! réparti ainsi qu’il suit. 
PREMIÈRE ANNÉE. 
(SEMESTRE D’HIVER.) 
Cours sur les outils et machines agricoles. — Description des différents instru 
ments de labour, des machines les plus usitées pour battre le blé, pour fau 
cher, semer, etc. des services que rendent les ustensiles et les machines, 
leurs prix; description de dispositions pour l’irrigation, pour les moulins à 
roues, à aubes, pour les turbines, etc. au point de vue pratique, on exerce 
les élèves à battre le blé, h semer, à connaître les semailles et la manière de 
les traiter; on fait des excursions sur les exploitations agricoles du voisinage 
Chimie générale expérimentale. — Trois heures par semaine. Chimie orga 
nique et technologie chimique générale. 
Arithmétique. — Répétition des parties les plus importantes de l’arithmé 
tique et des mathématiques appliquées en vue de la mesure des longueurs et 
des surfaces, des poids et de leur transformation d’après les mesures des dif 
férents pays; systèmes de mesures françaises, de monnaies; notions sur les 
papiers de l’Etat, sur les lettres de change: 
Notions de construction. — Introduction : des murs, des fondations, des 
hautes et basses constructions, spécialement des voûtes, des travaux d’intérieur 
et d’extérieur des bâtiments. 
Dessin de levé de'plans et d’ustensiles agricoles. — Durant les deux semestres 
de la première année, on enseigne la physiologie des plantes : conformation et 
structure des cellules, réunion des cellules entre elles; contenu des cellules, 
formation des cellules; de la nutrition et de la reproduction; des maladies des 
plantes. 
Agronomie. — Des différentes substances qui composent le sol, des princi 
pales espèces de sol, avec leurs propriétés physiques; des circonstances qui, 
en dehors de la composition de la terre arable, peuvent influer sur la consti 
tution du sol. 
Agriculture. — De l’amendement d’un sol; de la préparation d’un sol; 
du défrichement. 
Science forestière. — Introduction : aperçu sur les sciences accessoires ; 
climatologie forestière; connaissance du sol des forêts, aperçu général; physio 
logie des plantes forestières; botanique forestière, générale et spéciale, limitée 
aux essences les plus importantes.
        <pb n="333" />
        Anatomie : du cheval; des races bovines, ovine et porcine; physiologie et 
diététique des animaux domestiques. 
PREMIÈRE ANNÉE. 
(SEMESTRE D’ÉTÉ.) 
Cours sur l'exploitation agricole avec application spéciale à l’exploitation de l’école. 
— Description de la composition d’une propriété; séries anciennes des récoltes 
et nouvelles séries à introduire; comparaison des fumures naturelles et artifi 
cielles; étude des avantages des cultures de certaines espèces de plantes ; direc 
tion rationnelle de la maison, des travaux, des ouvriers; direction de l’exploi 
tation. Deux après-dinées sont consacrées par semaine à des exercices pratiques 
ou à des excursions plus ou moins éloignées. 
De la construction en général (suite). — De la construction, de l’achat et de 
l’emploi des matériaux de construction; connaissance .du maniement des ins 
truments les plus ordinaires de mesure et de nivellement; arpentage pratique, 
levé à la planchette ; manière pratique de procéder pour le calcul et le par 
tage des terrains; le nivellement dans tous ses détails. 
De l’exploitation forestière. — Production du bois; disposition des coupes 
pour (’exploitation des forêts de pins et de sapins dans les hautes et basses 
futaies, exploitation des pins et écorçage des chênes, pratiqués dans la forêt 
même. 
Les autres matières enseignées dans le cours sont : la plantation d’une 
forêt, la combustion des gazons, 1ecobuage ; les semailles à la Biermann 
et autres; l’établissement des tas de fumiers pour la fumure; les essais de la 
semence, sa récolte, sa conservation, sa semaille suivant les différentes mé 
thodes de préparer le sol, semailles pleines, plates, en chéneaux, en ri 
goles, en trous. Ou enseigne à pratiquer les ensemencements relatifs à la cul 
ture des forêts; on fait des plantations de grandes et de petites plantes, isolées 
ou en bouquets, avec ou sans buttage, en creux et en saillie, avec des piquets. 
On y consacre, pendant la saison, toutes les heures d’études qui sont rendues 
libres à cet effet. 
Exploitation forestière. — Assortiment des bois; utilisation des pâturages, de 
l’herbe, de la paille, etc. récolte de la résine; inconvénients de la pratique ordi 
naire et explication des moyens à employer sans nuire aux arbres. 
Police forestière. — Ordonnances relatives aux ouragans, aux incendies des 
forêts, aux ravages des insectes; examen des insectes les plus nuisibles; indi 
cation pratique de leurs ravages; exposition de leur genre de vie, de leur des 
truction, etc.
        <pb n="334" />
        — 323 — 
Production du bétail. —Méthodes et principes pour f élève du bétail; valeur 
nutritive des différents fourrages; connaissance des races de grand bétail et 
principalement du bétail bavarois ; généralités sur les maladies du grand 
bétail. 
DEUXIÈME ANNÉE. 
(SEMESTRE ÎVIIIVER.) 
Organisation d'économie et d’exploitation rurale. — Notions d’économie rurale, 
division des sciences agricoles; de l’exploitation : considération de l’agriculture 
supérieure, du sol, du terrain, du travail, du capital, de l’intelligence; rap 
ports généraux du pays et de la contrée ; composition d'une propriété; des rap 
ports sur lesquels repose l’équilibre d’une exploitation; les systèmes ruraux et 
les séries de cultures; travail des hommes et des animaux, du bétail et de l’ex 
ploitation dans son ensemble; du capital; du propriétaire; de l’intelligence. 
Semestres d'hiver et d’été. — Trois heures par semaine. Chimie agricole. Les 
exemples pour les exercices sont choisis dans le domaine de l’exploitation 
rurale et des industries agricoles; notions sur la fermentation chimique, pour 
riture, décomposition, formation de l’humus, chimie des fumiers et autres 
engrais; guano, os, plâtre, cendres, etc. Influence de la paille au point de 
vue chimique, préparation du fumier; principes chimiques de la jachère et 
des alternances de cultures; épuisement du sol et rapport; recherches qualita 
tives et quantitatives sur la nature d’un sol; analyses de produits agricoles; 
du lait, de la pomme de terre. Analyses chimiques : au laboratoire d’essai, on 
analyse le lait, les pommes de terre, les excréments de bœufs et de chevaux, 
le guano, les cendres et différentes espèces de sol. 
Construction des routes. — Cours spéciaux pour l’établissement et l’examen des 
devis : rédaction de six devis différents; dessin de levé de plans et d’ustensiles 
agricoles. 
Cultures spéciales. — Blés et légumineuses; plantes oléagineuses, tinctoriales, 
commerciales et grimpantes; plantes fourragères, navets, tubercules; culture 
d’arbres fruitiers. 
Semestres d hiver et d’été. — Reproduction des bestiaux ; élève des bœufs, des 
moutons, des chevaux, des porcs; des maladies ordinaires du grand bétail et 
des moyens de guérison; médicaments et leur préparation. 
Ferrage des chevaux et des bêtes à cornes; traitement des maladies du sabot. 
Connaissance des formes extérieures du cheval et du bétail; pratique de 
quelques opérations chirurgicales peu difficiles, Notions sur la police vétéri 
naire et sur la loi des garanties dans le commerce des bestiaux. Les élèves font
        <pb n="335" />
        — 324 — 
des visiles dans les écuries de la caserne des cuirassiers et à leurs chevaux ma 
lades; on fait des excursions à la foire du bétail et au marché aux chevaux de 
Moosburg et au marché aux laines d’Augs bourg. 
On étudie la géographie physique, météorologique et la climatologie. 
DEUXIÈME ANNÉE. 
(SEMESTRE D’ÉTÉ.) 
Comptabilité. — Tenue des livres; introduction et division de la taxation; 
comptabilité sur le prix et la valeur des propriétés, et de l’argent en général; 
oscillations du prix des produits agricoles; inlîuence de la valeur des métaux 
précieux sur celle des céréales; nécessité d’estimer en argent la valeur des 
biens; différence des prix d’après la position de la propriété; estimation du prix 
des blés d’après la base de la mise à prix; hausse et baisse du prix des blés 
d’après les frais de production. 
Classification des champs, des prairies, des pâturages, d’après Thaer, Schem- 
bler, S.choenlentner; d’après les principes de la taxation de la Prusse, de la 
Saxe et de la Bavière ; leur valeur réelle; établissement de devis de propriétés 
et de fermage. 
Des rapports des fermiers avec les propriétaires; contrat de fermage; produit 
des propriétés d’après les différents modes d’exploitation. 
La tenue de livres : son but; tenue des livres fixe; tenue des livres courante; 
tenue des livres en partie simple ; tenue des livres en partie double ou commer 
ciale ; bilan; inventaire. 
On consacre, en outre, deux après-dinées à des exercices pratiques, à des 
excursions plus ou moins éloignées ; un voyage aux fermes d’élevage, aux haras 
royaux de Granelfuy, Fürstenfeldsbruck, Schwaiganger, Benedetbearen et Wall. 
Constructions agricoles appliquées aux édifices les plus importants de l’agri 
culture. 
Culture des prairies; assèchement des terrains, en insistant sur les travaux 
de drainage. , 
Technologie agricole. — (En hiver et en été, quatre heures par semaine.) La 
brasserie; la distillation de l’eau de-vie ; la fabrication du vinaigre, du beurre, 
du fromage, de la fécule, de l’amidon, du sagou de pommes de terre, du 
glucose. 
Partie mécanique de la fabrication du sucre de betteraves; dépenses et prix 
de revient. 
Manipulations iechnologigues. — On fabrique, dans les ateliers, de la bière 
double, du bock-bier, de l’eau-de-vie, de la fécule, du vinaigre, etc. On exé-
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        TvcqlarTiTïdït des matières de I enseignement 
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        cute les recherches halymétriques, aréométriques, optiques et chimiques sur 
la bière, les essais du vinaigre et de l’eau de-vie, au point de vue de la pureté 
et de la force. On fait des visites assidues aux industries agricoles de l’école, 
et des environs de Munich; on fait des essais avec le malt de blé. 
Les programmes qui précèdent peuvent se résumer ainsi qu’il suit : 
première; année. 
SEMESTRE D’HIVER. 
Ustensiles agricoles ; 
Chimie expérimentale ; 
Arithmétique ; 
Notions de construction ; 
Dessin de levé de plans et d’ustensiles agri 
coles ; 
Physiologie des plantes, agronomie, agricul 
ture ; 
Science forestière ; 
Anatomie, physiologie et diététique des ani 
maux domestiques. 
SEMESTRE D’HIVER. 
Organisation d’économie et d exploitation ru 
rales ; 
( Ihimie agricole ; 
Roules ; 
Dessin de levé de plans et d’ustensiles agri 
coles ; 
Reproduction et élève du bétail ; 
Police vétérinaire, garandes après marché 
lait ; 
Géographie physique ; 
Uraosphérologie ; 
Climatologie. 
SEMESTRE D’ÉTÉ. 
Exploitation agricole ; 
Chimie expérimentale; 
Constructions ; 
Levé des plans ; 
Production du bétail, races, maladies; 
Physiologie des plantes ; 
Agronomie ; 
Agriculture ; 
Exploitation forestière. 
ANNEE. 
SEMESTRE D’ÉTÉ. 
Taxation de biens et tenue des livres; 
Chimie agricole ; 
Constructions agricoles, prairies, drainage et 
assèchements; 
Technologie agricole ; 
Reproduction et élève du bétail; 
Police vétérinaire, garanties après marché 
fait ; 
Géographie physique ; 
Atmospliérologie; 
Climatologie. 
COORDINATEUR DE L’ENSEIGNEMENT EN RAVlÈRE. 
Le tableau figuratif planche 111 représente, sous forme d’arbre généalogique, 
la liaison et la filiation des diverses branches de l’enseignement, tel qu’il est 
aujourd’hui organisé en Bavière, à partir de l’école primaire jusqu’aux termes 
les plus élevés des diverses branches de ¡’instruction. Il indique en môme 
temps, par une teinte noire, les parties de l’enseignement qui sont régies par le
        <pb n="339" />
        département de l’instruction publique, et, par une teinte grise, celles qui 
dépendent du département du commerce et des travaux publics. 
La durée des études étant indiquée pour chaque subdivision, l’on voit : 
i° Qu’à quatorze ans un enfant peut entrer en apprentissage avec une pré 
paration convenable de sept à huit années d’études élémentaires; 
2° Qu’à quinze ans il peut avoir acquis les connaissances nécessaires à des 
employés de commerce, à des fils d’agriculteurs et à des employés d’industries 
diverses; 
3° Qu’après quatre années d’études élémentaires de latin et quatre années 
d’études littéraires et scientifiques au gymnase réel, c’est-à-dire huit ans après 
sa sortie de l’école primaire, ou-à l’âge de dix-huit ans, un jeune homme peut 
être admis aux instituts polytechniques, d’où il sort quatre ans après, c’est-à- 
dire à vingt-deux ans, avec une instruction technique suffisante pour son ad 
mission dans les services des ponts et chaussées, des mines, des forêts, ou 
pour devenir ingénieur-mécanicien. 
Toutes les branches précédentes de l’enseignement, à partir de la sortie de 
l’école primaire et de l’école de latinité élémentaire, ressortissent au département 
du commerce et des travaux publics. 
D’une autre part, sous la direction du département de l’instruction publique, 
les écoles primaires, les écoles de latinité élémentaires, de quatre années 
d’études, les gymnases d’humanités, de même durée, suivie d’une année de 
philosophie, conduisent un jeune homme, à l’âge de dix-neuf ans, aux facultés de 
médecine, de droit et de théologie, qui exigent trois ans d’études, et à celle 
d’administration, qui en demande deux; de sorte que, dans ces directions, les 
études complètes peuvent être terminées à vingt-deux ou vingt et un ans. 
Cet ensemble du plan d’études actuellement adopté en Bavière nous paraît 
répondre à la fois aux besoins des lettres et des sciences, comme à ceux de 
l’industrie, du commerce et de l’agriculture. Jt se prête, d’ailleurs, à toutes les 
additions que peuvent exiger certaines industries ou certains services locaux, 
tels que les cours du dimanche et du soir pour les ouvriers, les écoles spéciales 
supérieures pour les filles, les écoles d’apprentissage, les écoles normales pour 
les instituteurs et les institutrices, etc. que nous n’avons pas mentionnées ici.
        <pb n="340" />
        RAPPORT PARTICULIER 
SLR LES ÉTABLISSEMENTS D’ENSEIGNEMENT 
EN SUISSE. 
ZURICH. 
Chaque canton ayant ses lois et son administration propres, l’organisation de 
renseignement peut varier de l’un à l’autre. Nous ne nous occuperons dans 
ce rapport que de celle du canton de Zurich, que nous avons visité, et du 
principal établissement commun à toute la Confédération, l’institut poly 
technique de Zurich. 
ENSEIGNEMENT PRIMAIRE. 
Dans la Suisse républicaine, de même que dans les divers Etats de l’Alle 
magne, l’enseignement primaire est obligatoire, il se compose ordinairement 
de six années d’études partagées entre deux divisions désignées, l’une sous le 
nom d'école élémentaire, comprenant trois années, et l’autre sous celui d'école 
réelle, exigeant aussi trois années. 
Ces six années d’études, qui ont lieu pendant les jours ouvrables, peuvent 
être suivies, de 12 ou i3 à 16 ans, de trois années d’études dans des écoles 
dites secondaires, lorsqu’il en existe dans la commune. 
Ces écoles secondaires préparent à certaines écoles spéciales d’ordre infé 
rieur. 
A la sortie des écoles primaires réelles, c’est-à-dire de 1 2 à 1 3 ans, les enfants 
peuvent être immédiatement admis dans les écoles cantonales, qui présentent 
deux divisions principales, souvent réunies, comme à Zurich, dans un même 
local, mais très-dietinctes, et qui constituent déjà une véritable bifurcation 
des études. 
Ces divisions, appelées l’une gymnase et l’autre école industrielle, préparent 
les élèves : la première, aux études de l’université et des facultés; la seconde, 
à l’industrie privée et à l’école polytechnique fédérale établie à Zurich. 
Après avoir indiqué en peu de mots l’ensemble général de l’organisation de 
l'enseignement dans ce canton, nous croyons utile de faire connaître, par un
        <pb n="341" />
        — 328 — 
extrait étendu des lois et des règlements, les détails relatifs à chacune de ses 
branches. 
Extrait de la loi générale sur l’instruction dans le canton de Zurich. 
PREMIÈRE PARTIE. 
DES AUTORITÉS OUI DIRIGENT L’ENSEIGNEMENT DANS LE CANTON DE ZURICH. 
DIRECTEUR ET CONSEIL D’EDUCATION. 
Ce conseil constitue, après le conseil cantonal, l’autorité supérieure. 
Le directeur d’éducation est l’un des membres du conseil cantonal. 
Il lui est adjoint un conseil d’éducation composé de six membres, dont quatre 
sont directement élus par le grand conseil, et les deux autres par les synodes 
des écoles, sous la condition qu’ils seront agréés par le grand conseil. Ces six 
membres et le directeur qui les préside sont nommés pour quatre ans-, le con 
seil se renouvelle par moitié tous les deux ans. 
Fonctions. — Le conseil a la surveillance de tous les établissements d ensei 
gnement du canton, le soin du perfectionnement des études et de l'amélioration 
morale de la population, la direction supérieure des établissements publics, la 
préparation et la mise à exécution des lois sur l’enseignement. 
Il entre à cet eilet en rapport avec les autorités inférieures ; il convoque 
chaque année, en assemblée consultative, les délégués des écoles de district 
et le directeur de l’école normale des instituteurs, pour discuter les mesures 
qui intéressent l’enseignement. Les délégués sont tenus de rendre compte à 
leurs mandataires de ces réunions. Le conseil organise, s’il en est besoin, des 
inspections spéciales, auxquelles est affecté un crédit de 3ooo francs par an ; il 
a le droit de suspendre provisoirement, jusqu’à décision définitive prise par le 
conseil du canton, le professeur qu’il juge avoir encouru cette peine. 
Enfin, pour la surveillance immédiate du gymnase, de l’école d’industrie, 
des exercices militaires et gymnastiques de l’école cantonale, de l’école vété 
rinaire, de l’école normale d instituteurs, il nomme une ou plusieurs commis 
sions spéciales de surveillance, dont les membres sont élus au scrutin secret, sur 
la proposition du directeur de l’éducation. Si ce directeur veut faire partie de 
ces commissions, il en est de droit le president. 
CURATEURS DE DISTRICT POUR LES ECOLES. 
Chaque district a une réunion de curateurs composée de neuf à dix membres :
        <pb n="342" />
        42 
— 329 — 
trois de ces membres sont des professeurs, les autres sont choisis par l’assemblée 
du district dans d’autres professions. — Les membres sont élus pour six ans, 
et renouvelés en partie de trois en trois ans. — Ils choisissent leur président 
dans leur sein. — Leurs fonctions sont gratuites. — Ils reçoivent 3 francs 
d’indemnité par jour d’inspection, et 6 francs quand ils sont délégués comme 
arbitres clans des questions en litige, aux frais de la partie condamnée. 
Leurs fonctions consistent dans la surveillance de l’enseignement du district. 
Les différents établissements sont répartis entre les membres pour la surveil 
lance biennale. Chaque membre est tenu de faire au moins une visite en été, et 
une en hiver aux écoles de son ressort. Toutes les écoles secondaires d’un dis 
trict sont ordinairement du ressort d’un seul membre. 
Ces curateurs doivent porter principalement leur attention : sur la fréquen 
tation assidue des enfants; — sur l'exactitude des professeurs et des surveillants 
subalternes à remplir leurs devoirs;—sur l’ordre de l’école; — sur les condi 
tions économiques et le local. 
Les visites sont consignées sur un registre. Les curateurs sont tenus d’assister 
aux examens de fin d’année, après lesquels ils se consultent avec les délégués 
communaux, relativement aux conditions des écoles secondaires, et font leur 
rapport. Ils entrent ensuite en conférence entre eux et prennent leurs résolu 
tions. Un extrait du procès-verbal de ces résolutions les fait connaître aux cura 
teurs des communes et aux professeurs quelles concernent. , 
Les plans pour la construction des écoles communales doivent leur être 
soumis, et il n’y a d’appel contre leur décision qu’au conseil d’éducation. 
Ils remettent au conseil d’éducation, chaque année , sur la situation des 
écoles de district, un rapport conforme à un formulaire donné, et, tous les 
trois ans, un rapport étendu avec les améliorations jugées nécessaires. 
Ils veillent à l’exécution de la loi sur l’enseignement et des ordres du conseil 
d’éducation, et ils utilisent à cet effet le personnel inférieur ; mais ils peuvent 
cependant placer quelques établissements sous une surveillance spéciale. 
CURATEURS D'ECOLES SECONDAIRES ET COMMUNALES. 
Chaque cercle secondaire a un conseil de curateurs composé de sept a 
onze membres. — Les curateurs de district en fixent le nombre suivant les 
besoins : deux des membres sont désignés par eux, les autres sont élus au scru 
tin secret par les curateurs des écoles communales. — Ils sont nommes pour 
quatre ans ; ils choisissent un président dans leur sein et nomment un admi 
nistrateur des écoles pour la période de quatre ans. 
Fonctions. — Ces curateurs d’écoles doivent surveiller et remettre aux cu-
        <pb n="343" />
        rateurs de district les rapports rédigés selon un formulaire, avec leurs observa 
tions. L’administrateur dresse les comptes et les fait reviser et remettre par les 
curateurs secondaires, en copie, aux curateurs des communes ; quinze jours 
après, les comptes, avec les observations auxquelles ils ont donné lieu, sont 
transmis au conseil de district pour être ratifiés. 
Curateurs communaux. — La commission des curateurs a pour président 
le pasteur ou le curé, et quatre membres au moins sont nommés par la com 
mune. Ils sont nommés pour quatre ans, choisissent un vice-président et un 
secrétaire, ce dernier pouvant être pris au dehors. Les instituteurs assistent 
aux séances avec voix consultative, sauf le cas où il s’agit d’eux-mêmes. Le 
président convoque la commission quand il est nécessaire. Pour ¡’administra 
tion des biens de l’école, la commission choisit un administrateur nommé pour 
quatre ans, lequel est appelé dans les délibérations où il s’agit d’intérêts éco 
nomiques, s’il n’est pas d’ailleurs déjà curateur. 
Les curateurs communaux doivent veiller à ce que l’ordre et la propreté 
soient maintenus dans les écoles. Ils doivent faire, dans un certain ordre qu’ils 
fixent entre eux, des visites à l’école, et chaque fois ils consignent leur nom 
sur un registre spécial. — Ils font chaque année un rapport consistant à remplir 
un formulaire, en y ajoutant leurs propositions et leurs vœux; tous les trois 
ans ils font un rapport plus étendu. — Ils doivent aussi veiller à ce que les 
instituteurs reçoivent régulièrement leurs appointements. 
L’administrateur est, sous la surveillance des curateurs, chargé des intérêts 
économiques de l’école. 
Conditions générales. — Pour faire partie de ces divers conseils, il faut avoir 
2 5 ans accomplis. Les parents au premier degré : pères, frères, beaux-frères 
et gendres ne peuvent être simultanément membres d’un même conseil. Tous 
les membres sortants sont rééligibles. * 
SECONDE PARTIE. 
DES ÉTABLISSEMENTS CANTONAUX. 
I. ÉCOLES PRIMAIRES. 
Les écoles primaires sont destinées à élever les enfants de toutes les classes 
du peuple, d’après des principes uniformes, de manière à former des hommes 
d’un esprit énergique ayant des sentiments religieux et utiles comme citoyens. 
Ces écoles sont distinguées en deux classes : écoles communales et écoles 
de district ou secondaires. Dans le canton de Zurich, il y a onze de ces der 
nières écoles.
        <pb n="344" />
        Instruction obligatoire. — Tous les enfants du canton de Zurich, qui ont eu 
6 ans au i* r mai, sont tenus de suivre les écoles primaires à la rentrée sui 
vante ou immédiate des classes, qui commencent en mai, sauf les cas excep 
tionnels. Au-dessous de cet âge, les enfants ne seront pas admis aux écoles. 
L’enseignement primaire est obligatoire jusqu’à l’époque de la confirmation 
( i 6 ans). 
Les habitants qui donnent à leurs enfants un enseignement privé doivent 
prouver aux curateurs que ces enfants reçoivent une instruction au moins aussi 
étendue que celle des écoles primaires, et n’en payent pas moins la rétribution, 
tant que leurs enfants n’ont pas atteint l’âge réglementaire. 
L’école primaire se divise en deux parties : l’école journalière avec six 
années d’étude, l’école de perfectionnement avec trois années. En outre, 
jusqu’à leur première communion, tous les enfants sont tenus de fréquenter le 
cours de chant, qui se tient une fois par semaine. Les trois classes inférieures 
de l’école journalière s’appellent école élémentaire ; les trois classes supérieures, 
école réelle. 
Durée des classes. — Cette durée est : 
Dans la classe inférieure, de dix-huit à vingt heures par semaine. 
Dans la deuxième et la troisième classe, de vingt et une à vingt-quatre 
heures par semaine. 
Dans les trois classes supérieures, de vingt-quatre à vingt-sept heures par 
semaine. 
Et pour l’école de perfectionnement, de huit heures, en deux matinées. 
On ne peut charger un professeur de plus de trente-cinq heures de leçons 
par semaine, sans compter les heures de gymnastique. 
Les vacances sont fixés à huit semaines par an. 
Matières de l’enseignement. — Dans l’école des jours ouvrables on fera acquérir 
aux élèves, d’une façon solide et approfondie, les connaissances élémentaires 
générales, savoir : la religion chrétienne, la langue allemande, le calcul et les 
éléments de géométrie ; l’histoire naturelle, l’histoire et la géographie, particu 
lièrement celles de la Suisse; le chant, l’écriture, le dessin, les connaissances 
usuelles; les travaux de femmes (pour les filles). 
Dans les écoles de perfectionnement, on cherche autant que possible à rat 
tacher les applications à la vie pratique. Il doit y avoir, dans chaque cercle, au 
moins une école d’ouvrages de femmes, et il est à desirer qu il se forme des 
sociétés de dames pour soutenir et aider la maîtresse. On accordera a ces so 
ciétés voix consultative dans tout ce qui aura rapport à ces écoles. Afin d’assu-
        <pb n="345" />
        332 — ' 
i er aux écoles la fourniture à bon marché des matériaux et modèles d’enseigne 
ment, l’Etat se charge d’en faire les achats en gros. 
A la fin de chaque année, des examens ont lieu pour le passage de l’école élé 
mentaire à l’école réelle, et de l’école réelle à l’école de perfectionnement. Les 
promotions dans l’intérieur d’une division sont du ressort du professeur seul. 
On doit apporter la plus grande attention à la fréquentation régulière de 
l’école par les enfants, et agir suivant la loi envers les parents négligents. 
Chaque école doit avoir son local particulier et un logement pour l’institu 
teur. 
La rétribution est de trois francs par année et par élève pour les écoles te 
nues tous les jours, mais cette rétribution peut être augmentée jusqu’au double 
parla commune, ou bien diminuée ou supprimée. 
La commission des écoles doit veiller sur le service du local, du cbaullage, 
des ustensiles et du mobilier, et sur l’exécution du contrat passé avec 1 institu 
teur. Chaque commission d’école doit posséder pour l’école un fonds spécial, 
composé : i° des legs et donations; 2° des contributions fournies par chaque 
concession de droit d’habitant et par chaque mariée qui arrive dans la com 
mune par mariage; 3° du cadeau de noces de 5 francs au moins que chaque 
couple doit payer au fonds des écoles. Les curateurs sont autorisés à ouvrir 
chaque année une souscription volontaire. 
Subvention de l’Etat et résultats statistiques.— Le canton supporte, pour l’ins 
truction, le traitement et la pension de retraite des instituteurs, ainsi que les 
charges fixées par la loi. Il peut, pour des constructions nouvelles ou des ré 
parations importantes de maisons d’écoles, accorder une subvention. Le conseil 
cantonal dispose, pour des secours extraordinaires, d’un crédit de 35o8o fr. 
Il résulte d’une statistique publiée par la Gazette d’Appenzell que, dans les 
onze cantons désignés ci-après, les nombres des écoles et leurs rapports avec 
la population ont les valeurs suivantes : 
Zurich a, pour une population de 268000 âmes, 01 i écoles, ou une école 
pour 02/j habitants; 
Lucerne a, pour une population de 102000 âmes, 446 écoles, ou une école 
pour 296 habitants; 
Schwytz a 45ooo habitants et 100 écoles ; une école par 4 5o âmes; 
Claris a 3335o habitants et 5? écoles; une école pour 585 âmes; 
Zuq a 19600 habitants et 44 écoles; une école pour 465 âmes; 
Lriboarg a io5ooo habitants et 3o8 écoles; une école pour 34 1 âmes; 
Soleare compte 70000 habitants et 176 écoles; une école pour 397 âmes; 
Saint-Gall compte 18 1000 habitants et 390 écoles; une école pour 464 âmes;
        <pb n="346" />
        (irisons compte 90000 habitants et 651 écoles; une école pour 202 âmes ; 
Argovie compte 196000 âmes et 586 écoles; une école pour 385 habitants; 
Appenzell (Rhodes-ext.) a, pour une population de 68600 âmes, 86 écoles 
(compris les écoles des orphelins et les écoles secondaires); ainsi une école 
pour 58o habitants. 
ÉCOLES SECONDAIRES. 
Ces écoles sont instituées pour les jeunes garçons et les jeunes lilies qui, au 
sortir des écoles primaires, doivent encore suivre les écoles. Elles ont pour but 
de fixer les connaissances acquises dans les écoles élémentaires et, en dévelop 
pant cette instruction dans les limites du programme des écoles primaires, de 
permettre à certains élèves de passer aux écoles supérieures. 
Ces écoles ne peuvent être établies que lorsqu’il y a un local spécial, des 
ressources suffisantes assurées, et quinze élèves au moins. Si, pendant plusieurs 
années consécutives, le nombre d’élèves d’une école secondaire tombe à huit 
ou au-dessous, elle peut être supprimée par le conseil du canton. 
Les matières enseignées sont: la religion et la morale;—les langues allemande 
et française; — l’arithmétique; — la géométrie , avec des exercices pratiques; — 
l’histoire, la géographie, et l’organisation gouvernementale de la Suisse; — 
les éléments de la physique, avec indication de ses applications à l’agriculture 
et à l’industrie; — le chant; — le dessin; — la calligraphie; — la gymnas 
tique, et les exercices desarmes. 
Un professeur ne peut être tenu de faire plus de trente-trois heures de le 
çons par semaine, la gymnastique non comprise. 
La durée des études secondaires est de trois ans; mais, dans chaque 
année, l’enseignement forme un ensemble complet. L’enseignement religieux 
est donné par un ecclésiastique. Les jeunes filles peuvent suivre en même temps 
les écoles de travaux de leur sexe. Lorsque, dans une classe, le nombre des 
élèves dépasse trente-cinq, on doit donner un adjoint au professeur, et, si ce 
nombre dépasse cinquante, on nomme un second professeur. 
Chaque école secondaire à son fonds spécial. Les dépenses sont couvertes : — 
I o par la subvention du canton, qui est de io5o francs, ou plus si fécule a plus 
de 5o élèves par classe; — 2 0 par les rétributions et les amendes d’absence : 
la rétribution ne doit pas dépasser 26 francs par an, dont 8 pour le profes 
seur; sur 8 places on en compte une gratuite pour les enfants indigents; — 
3° par les intérêts du fonds de dotation de l’école; — 6° par les versements 
volontaires des communes ou des particuliers; — 5° par les contributions 
communales, qui comblent les déficits quand il y en a; les excédants sont ver 
sés au fonds de réserve des écoles.
        <pb n="347" />
        -—334 
ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR. 
UNIVERSITÉ. 
Le but de l'université est: — i° de donner un enseignement scientifique 
supérieur; — 2° de contribuer à l’avancement de la science. 
L’université se divise en quatre facultés, savoir : la faculté de théologie; — 
la faculté de sciences d’état; — la faculté de médecine ; — la faculté de philoso 
phie, dont l’enseignement est partagé entre les sciences philosophiques, philo 
logiques et historiques, et les sciences mathématiques, physiques et chi 
miques. 
On y prendra en considération les exigences du présent et les besoins du pays. 
En général, la faculté de théologie a cinq chaires; celle de sciences d’état n’a 
pas de chaire proprement dite; celle de médecine en a six; et la faculté de 
philosophie, y compris les cours qui appartiennent à l’école polytechnique, en 
compte quatorze. 
Il y a des professeurs titulaires et des professeurs agrégés. 
Les cours des professeurs ordinaires ont en général dix à douze heures de le 
çons par semaine, et les cours des professeurs extraordinaires quatre à six heures. 
Les fonctions de professeur sont incompatibles avec celles de pasteur, de 
conseiller de gouvernement, déjugé ou de chancelier, d’employé du gouverne 
ment, de gouverneur de ville et d’avocat. 
Les professeurs ordinaires ont un traitement de 2600 francs à 4ooo francs 
par an; les professeurs extraordinaires, de 1000 à 2000 francs. Ils ont, en 
outre, une part dans les rétributions des élèves et des droits d’examen. 
Les professeurs agrégés ont 5 francs par heure de cours, s’ils ont moins de 
quatre heures par semaine, et 4 francs s’ils ont plus d’heures de leçons. 
Le conseil d’éducation dispose d’un crédit de 8000 francs pour accorder 
des subventions à des professeurs agrégés ou à d’autres sujets distingués. 
Après les examens, le diplôme de docteur est délivré, s’il y a lieu, par chaque 
faculté. 
Les jeunes gens du canton doivent, pour être admis aux cours, avoir ob 
tenu le certificat de maturité du gymnase. 
A l’entrée, chaque étudiant paye 12 francs d’inscription et verse 6 francs 
aux collections. — Quant aux cours, il est obligé de payer la taxe fixée pour 
chaque cours qu’il suit, et cette taxe est, après déduction du 2 p. 0/0, remise au 
professeur titulaire ou agrégé du cours. 
Chaque faculté nomme au scrutin secret, pour deux ans, un doyen non 
rééligible immédiatement.
        <pb n="348" />
        Les doyens et les professeurs forment le sénat académique qui élit de même 
son recteur pour deux ans. — Le recteur, fex-recteur et les doyens forment le 
comité pour 1 expédition des affaires courantes, et sont nécessairement consul 
tés par le conseil d’éducation pour tout ce qui a rapport à l’université. — Un 
crédit est ouvert à ce conseil pour les besoins de l’université. 
ÉCOLES CANTONALES. 
Ces écoles donnent l’enseignement immédiatement inférieur à celui de l’uni 
versité. Il y en a une dans les principaux cantons, et elles se divisent en deux 
parties, d’après la nature de leur enseignement, savoir le gymnase et l’école in 
dustrielle. 
Gymnase. —il a pour but principal l’enseignement des études classiques des 
anciens, et prépare aux études de l’université. Le gymnase se partage en deux 
sections : le gymnase inférieur, avec quatre années d’étude-, le gymnase supé 
rieur, avec deux années et demie. 
Les matières enseignées dans le gymnase inférieur sont : la religion ; les lan 
gues allemande, latine, grecque, française; l’histoire genérale et celle de la pa 
trie; la géographie; la physique; les mathématiques, le calcul compris; le des 
sin à mainlevée; la calligraphie; le chant; la gymnastique et les exercices mi 
litaires. La rétribution annuelle est de 3o francs. 
Les matières enseignées dans le gymnase supérieur sont : la religion; les 
langues allemande, latine, grecque, hébraïque, française; l’histoire générale 
et celle de la patrie; les mathématiques; l’histoire naturelle; la philosophie ; le 
chant; les exercices gymnastiques et militaires. La rétribution est de 2/1 francs 
par semestre. 
Les élèves qui ont passé par toutes les classes du gymnase peuvent se pré 
senter à l’examen de maturité, qui les rend admissibles à l’université. 
Dans le gymnase, tout l’enseignement est, de règle, obligatoire. 
Ecole industrielle. — Cette école est destinée aux jeunes gens qui se vouent 
à l’industrie ou au commerce. Elle les forme, soit pour la pratique immédiate, 
soit pour les écoles techniques ou commerciales supérieures! Elle se divise en 
école inférieure et école supérieure. 
Les matières enseignées à l’école industrielle inférieure sont : la religion; les 
langues allemande et française; l’histoire générale et celle de la patrie; la géo 
graphie; l’histoire naturelle; la physique; les mathématiques; le calcul pratique; 
le dessin géométrique; le dessin à main levée; la calligraphie; le chant; les 
exercices gymnastiques et militaires. Cette section inférieure a trois classes d’une 
année chacune. La rétribution est de 3o francs par an.
        <pb n="349" />
        A l’école industrielle supérieure, on enseigne les matières suivantes, en trois 
spécialités (mécanique, chimie, commerce), savoir : la religion; les langues alle 
mande, française, anglaise, italienne; 1 histoire générale et celle de la patrie; 
la géographie; les mathémathiques théoriques; les mathématiques appliquées 
et la technologie mécanique (tissage, filature, papeterie, machines, etc.); l'al 
gèbre complète; la trigonométrie et la géométrie analytique; la mécanique, la 
géométrie descriptive, les ombres et la perspective; le dessin géométrique et 
technique; l’arithmétique commerciale; le commerce, le fonctionnement des 
banques, l’économie politique, le service des lettres de change; la législation 
dans différents pays; la tenue des livres; le travail de bureau; la connaissance 
des marchandises; la géographie et la statistique commerciales; l’histoire natu 
relle (botanique, zoologie, minéralogie); la physique et la chimie (manipula 
tions); la chimie et la technologie chimique; les relations commerciales; le 
dessin à main levée; la calligraphie; le chant; les exercices gymnastiques et mi 
litaires. Cette section supérieure comporte deux ans et demi d’études. Les 
cours ne sont pas obligatoires, ceux d’exercices gymnastiques et militaires ex 
ceptés. La rétribution est de 3o francs par semestre, et de 3o francs en plus 
pour ceux qui prennent part aux manipulations chimiques. Les auditeurs libres 
payent 5 francs pour une heure de cours par semaine, pendant un semestre. 
Examens et vacances. —-Dans l’école cantonale les classes ouvrent à la mi- 
avril et finissent à une époque qui permette le passage à I université ou à 
l’école fédérale polytechnique. Les vacances sont de dix semaines. Des examens 
ont lieu à la fin de chaque année pour toutes les classes. Aucun cours ne peut 
admettre plus de quarante élèves, et certains cours sont limités à un nombre 
bien inférieur, et au besoin divisés en classes parallèles. Pour entrer dans la 
classe inférieure, les enfants doivent avoir 12 ans au moins; ils sortent alors 
de l’école primaire. Ils payent 6 francs en entrant. 
Le traitement des professeurs est calculé à raison de 100 à 1 5o francs et de 
1 yo francs au plus pour une heure de cours hebdomadaire et par an. 
La rétribution des élèves est versée par moitié dans la caisse de l’école, 
l’autre partie est répartie entre les professeurs, et celle des auditeurs libres re 
vient aux professeurs. 
Les professeurs en litre ont droit à la dénomination d'Oberlehrer; comme dis 
tinction exceptionnelle on peut accorder le titre de Professor. 
Les professeurs se réunissent en conseil pour discuter les besoins de leur 
enseignement, sous la direction d un recteur que nomme parmi eux le conseil 
cantonal. 
Pour chacune des deux divisions de l’école cantonale, il y a, en outre, une
        <pb n="350" />
        commission de surveillance, composée de neuf membres, dont sept sont nom 
més par le conseil d’éducation, avec l’assentiment du conseil gouvernemental; 
les deux autres sont les recteurs et prorecteurs. 
Enfin, pour la direction des exercices gymnastiques et militaires, il y a aussi 
une commission spéciale, qui se compose de sept membres. 
ECOLE VÉTÉRINAIRE. 
Dans cette école, la durée de l’enseignement complet est de trois années. 
On y enseigne : i° la physique, la chimie, la botanique, la zoologie; 
2° l’anatomie comparée, microscopique, chirurgicale et pathologique; la phy 
siologie; la connaissance de l’extérieur, la diététique; l’élevage des animaux, 
le dressage; l’art de monter à cheval; la pharmacie et la connaissance des re 
cettes; la pathologie et la thérapeutique, le traitement des maladies chirurgi 
cales; les opérations; le part; le ferrage et le service vétérinaire judiciaire et 
de police, la clinique à l’hôpital des animaux et la clinique ambulante. 
A cet établissement sont annexés un hôpital pour les animaux, un cabinet 
de dissection, une forge pour ferrer et les collections nécessaires. 
Pour être admis aux cours, il faut se faire inscrire, soit comme auditeur, 
soit comme élève. Les élèves sont tenus de suivre l’enseignement dans l’ordre 
établi. Il faut avoir 16 ans accomplis, et passer un examen constatant que l’on 
possède 1 instruction donnée dans les écoles secondaires. On paye 12 francs d’en 
trée; et 20 francs par trimestre : la moitié de cette rétribution est versée à la 
caisse de l’école, et l’autre moitié répartie entre les professeurs. Il y a deux 
professeurs principaux : l’un, qui a la direction de l’hôpital et enseigne la pa 
thologie et la thérapeutique, reçoit 2000 francs, avec logement et jardin; 
l’autre, qui enseigne l’anatomie et la physiologie, reçoit 2/100 francs d’appoin 
tements. 
Le directeur de l’école vétérinaire est choisi par le conseil d’éducation : c’est 
généralement un des professeurs principaux. 
Un crédit de 35oo francs est destiné à rétribuer les aides, et I on alloue pour 
J’aide de clinique un crédit spécial de 1 000 francs, avec un logement dans 
l’établissement; de plus, un crédit de 2600 francs est atfecté aux autres dé 
penses et à l’augmentation des collections. Pour subvenir à ces crédits, l’on 
prélève (iooo francs sur les produits des droits de timbre sur le bétail; le 
reste est fourni par la caisse cantonale. 
Une commission composée de cinq membres est chargée de la surveillance 
de l’établissement.
        <pb n="351" />
        338 — 
ÉCOLE NORMALE D’INSTITUTEURS. 
Cotte école, ou séminaire, est destinée à former des instituteurs capables pour 
les écoles primaires. 
Pour être admis à Pécole normale, il faut avoir i5 ans accomplis, jouir 
d’une bonne santé, ne pas avoir de vices de conformation qui rendent impropre 
au service, justifier d’une conduite morale, et posséder les connaissances que 
fait supposer la sortie, après la troisième année, d’une école secondaire: en 
histoire biblique, en langue allemande et française, en arithmétique et en géo 
métrie, en histoire et en géographie, en physique, en chant, en dessin et en 
calligraphie. 
L’admission n’est d’abord que provisoire, elle ne devient définitive qu après 
trois mois d’essai. 
Le nombre d’élèves à admettre chaque année est fixé par le conseil d’éduca 
tion, mais il ne doit jamais dépasser cent. L’enseignement est gratuit. La durée 
des études est de quatre ans; mais, au milieu de la troisième année, les cours 
doivent être terminés. Les six derniers mois sont consacrés à des répétitions et 
des exercices. Les vacances ne peuvent en tout dépasser huit semaines. 
Les matières d’enseignement sont : la religion et la morale, la pédagogie, les 
langues allemande et française, les mathématiques, l’histoire, la géographie, la 
physique, le chant, le violon et le piano, la calligraphie, le dessin, les exercices 
gymnastiques et militaires, les éléments des travaux agricoles. 
A l’école normale est attaché un internat facultatif, où les jeunes gens du 
canton payent 2/10 francs au plus par an, et les étrangers hoo francs : pour ce 
prix, ils ont la nourriture, le logement, le blanchissage, la lumière, le chauffage et 
les soins d’un médecin. Un crédit de 9000 francs est ouvert pour les bons élèves 
pauvres; la somme à affecter à un seul élève ne peut excéder 3oo francs par an. 
Le personnel enseignant se compose d’un directeur, qui fait, outre ses fonc 
tions, douze ou treize heures de classe par semaine, de son adjoint et du nom 
bre nécessaire de professeurs. Le directeur a de 1800 à 2600 francs de traite 
ment, le logement, la nourriture, le chauffage, l’éclairage pour lui et sa famille. 
Pour les professeurs, il est ouvert un crédit annuel de 16000 francs, à répar 
tir à peu près dans la proportion des heures de leçons par semaine. Le direc 
teur est nommé parle conseil cantonal, sur la proposition du conseil d’éduca 
lion, et le professeur par le conseil d’éducation. L’aumônier doit être membre 
du consistoire de Zurich. 
Pour la bibliothèque, les collections, les exercices gymnastiques et militaires 
il est ouvert un crédit de 1000 francs.
        <pb n="352" />
        43. 
339 — 
Une commission de surveillance, de sept membres, fait des visites régulières 
A l’école; le directeur prend part A toutes les délibérations, sauf à celles qui 
le concernent personnellement. 
ÉCOLE AGRICOLE. 
Dans la vue de former des agriculteurs capables en théorie et en pratique, 
le canton de Zurich a créé une école d’agriculture réunie A l’exploitation d’une 
propriété. Cet établissement est placé sous la surveillance immédiate de la 
commission agricole, et relève ensuite de la direction de l’intérieur. On y 
reste deux ans; ou paye 3oo francs au plus de pension. Le directeur jouit de 
2000 à 2600 francs de traitement, et les professeurs ont de 1000 A 1/400 fr. 
Les études et les travaux sont répartis ainsi qu’il suit : 
En été, de quatre heures et demie à six heures et demie, prière, leçon, 
ordre du jour; de six heures et demie A onze heures, travail aux champs; de 
onze heures A midi, leçon; de midi A une heure dîner, récréation; de une heure 
A cinq heures, travail ; de cinq heures A sept heures, leçon ou travail libre dans 
la chambre; de sept heures A neuf heures, souper, journal; de neuf heures A 
neuf heures et demie, prière. 
En hiver, on ne se lève qu’à six heures. 
On a donc, en été, huit heures de travail manuel et cinq heures de 
leçons. 
En hiver, on n’a que six heures de travail manuel et cinq heures de 
leçons. 
Bibliothèque et collections. — Les élèves et les professeurs des établisse 
ments d’enseignement supérieur peuvent profiter de la bibliothèque cantonale, 
pour laquelle le canton paye une subvention annuelle de 5ooo francs. 
Pour l’entretien et l’augmentation des collections, des cabinets d’appareils et 
du jardin botanique, il est ouvert un crédit de 1 /1000 francs. 
Subventions.—Chaque année, il est ouvert un crédit de 12000 francs en 
faveur des jeunes gens pauvres, mais qui se distinguent par le talent et la 
bonne conduite. 
ÉTABLISSEMENTS D’ENSEIGNEMENT QUI NE RENTRENT PAS DANS LE PLAN 
D’ORGANISATION GÉNÉRALE. 
Ces établissements, s’ils sont fondés par des corporations ou par des com 
munes, ou bien si, fondés par des particuliers, ils prétendent à des subventions 
de l’Etat ou des communes, sont également soumis à l’approbation du conseil
        <pb n="353" />
        — 340 
d’éducation, tant pour ie plan d’organisation que pour le choix du personnel 
enseignant, et restent placés sous sa surveillance. 
DE L’ENSEIGNEMENT PRIVE. 
L’enseignement privé n’est soumis à d’autre réglementation que la suivante : 
Une autorisation spéciale du conseil d’éducation est nécessaire, après examen 
et approbation des plans et des dispositions, pour tout établissement d’ensei 
gnement ou d’éducation privée, y compris les établissements de secours pour 
les enfants abandonnés, les écoles du dimanche, les salles d’asile, etc. 
Les établissements privés destinés à remplacer les écoles primaires, doivent 
donner un enseignement équivalent. 
Ils sont soumis à l’inspection du conseil d’éducation ou des délégués. 
Dans le cas où il se produirait des abus spéciaux dans un établissement, le 
conseil d’éducation a le droit d’y interdire l’enseignement. 
Le conseil cantonal peut accorder des subventions à des établissements pri 
vés, s’ils répondent à un besoin réel, et surtout s’ils ont en vue le perfectionne 
ment des élèves sortant des écoles primaires : il ouvre alors un crédit spécial. 
ÉCOLE POLYTECHNIQUE. 
Par une loi, en date du y février i854, le conseil fédéral, après avoir en 
tendu le rapport d’une commission nommée dans son sein pour préparer un 
projet d’organisation d’une école polytechnique pour toute la Confédération, a 
décrété cette création dans les termes suivants : 
CHAPITRE PREMIER. 
DISPOSITIONS GÉNÉRALES. 
Article premier. Il est créé une école polytechnique à Zurich. 
Art. 2. Elle a pour but de former par les études théoriques, et autant que 
possible par les travaux pratiques, des hommes qui puissent se vouer: i° à 
l’architecture et à l’art de bâtir, 2° à la construction des ponts et des chaus 
sées, des chemins de fer et des travaux hydrauliques; 3° à la mécanique in- 
dusti ¡elle; 4° â la chimie industrielle; 5° à la sylviculture, en prenant toujours 
«‘il considération les besoins particuliers de la Suisse. 
Des branches d’enseignement dans la philosophie et dans les sciences poli 
tiques sont jointes h l’école polytechnique. Ce sont en particulier les langues 
modernes, les mathématiques, les sciences naturelles, l’histoire politique et 
artistique, le droit public suisse et l’économie politique.
        <pb n="354" />
        L’école polytechnique peut aussi servir à former des professeurs pour les 
institutions d’enseignement technique. 
Art. 3. L’enseignement de l’école polytechnique commence au point où se 
sont arrêtés les élèves de la plupart des écoles cantonales et industrielles. 
Art. h. La liberté d’enseignement est reconnue dans l’établissement. Les 
cours sont donnés par les professeurs à leur choix, soit en allemand, soit en 
français, soit en italien. 
Art. 5. La dépense totale et annuelle que l’établissement occasionnera à la 
Confédération ne doit pas dépasser i 5oooo francs. (Ce chiffre a été plus tard 
élevé à gSoooo francs.) 
Art. 6. Il est créé un fonds pour cet établissement. Dans le cas où le budget 
des recettes et des dépenses renfermerait un article pour cet établissement, la 
caisse fédérale versera chaque année, depuis l’ouverture de l’établissement, 
une somme correspondante à celle qui est portée au budget dans le fonds sus 
mentionné. L’assemblée fédérale, prenant en considération l’état du compte 
annuel, peut décréter des subsides pour ce fonds. 
Les donations et les legs qui sont faits à l’établissement sont portes au fonds 
de l’école. Les donations et legs qui ne sont pas faits d’une manière générale, 
mais avec une destination spéciale, seront gérés séparément. 
CHAPITRE 11. 
DES ÉLÈVES. 
Art. 7. Le règlement fixera les conditions qu’il faudra remplir pour être 
admis à l’école polytechnique, de même que les branches d’enseignement obli 
gatoires. La fréquentation des cours donnés sur d’autres branches est accordée 
à tous ceux qui sont porteurs d’un certificat de moralité, moyennant une rétri 
bution qui sera déterminée par le règlement. 
Art. 8. Tous ceux qui suivent les cours sont soumis à la police de l’établis 
sement. 
Art. 9. Les élèves les plus avancés de l’école polytechnique devront, autant 
que possible, être mis à même de connaître et d’étudier, pour leur instruction 
pratique, les constructions, ateliers et établissements industriels importants » 
au point de vue de la profession à laquelle ils veulent se préparer dans l’école 
polytechnique. 
Art. 10. Dans le but d’exciter et de développer l’activité scientifique et 
d’encourager les élèves au travail, il sera alloué périodiquement des prix pour 
ia solution de questions proposées.
        <pb n="355" />
        Art. 11. Les élèves de l’établissement auront la l'acuité d’être admis aux 
examens nécessaires dans les dille rentes branches d’enseignement. 
Art. 12. Des élèves montrant de l’aptitude, mais dépourvus de fortune, 
peuvent être dispensés des émoluments pour les cours des professeurs salariés, 
ainsi que du payement des rétributions. 
CHAPITRE III. 
DU CORPS ENSEIGNANT. 
Art. 13. Les professeurs reçoivent en principe un traitement fixe. Néan 
moins, le titre de professeur peut être accordé sans qu’un traitement soit en 
même temps fixé. 
Art. 14. La permission de donner des cours sur des branches spéciales 
peut aussi être accordée à ceux qui, par des publications ou par un enseigne 
ment sur la matière, ou à leur défaut par un examen spécial, auront donné 
des preuves suffisantes de leur capacité. 
Ces membres du corps enseignant portent le titre de professeurs agrégés. 
Les agrégés ne reçoivent pas de traitement fixe. 
Il peut être accordé des gratifications à ceux qui, par leur cours, remplissent 
une lacune dans l’enseignement, ou qui, par leurs talents distingués, se créent 
dans l’établissement une notoriété scientifique. 
Art. 15. Les professeurs sont, en principe, nommés pour dix ans; cette 
nomination peut, exceptionnellement, être à vie. 
Art. 16. Le libre usage des collections, des bibliothèques et des labora 
toires est assuré, autant que possible, à tous les membres du corps enseignant, 
sous les conditions fixées par le règlement. 
Art. 17. Le règlement fixera ultérieurement les dispositions nécessaires 
concernant l’organisation du corps enseignant, pour ce qui a rapport aux 
cours qui seront donnés, aux examens qui seront établis, au maintien de la 
discipline parmi les élèves, etc. 
CHAPITRE IV. 
DU CONSEIL FÉDÉRAL COMME AUTORITE SUPERIEURE DE L’ÉTABLISSEMENT, ET DU CONSEIL 
DE L’ÉCOLE. 
Art. 18. Le Conseil fédéral est l’autorité directoriale et exécutrice supé 
rieure de rétablissement. 
Art. 19. Au-dessous du Conseil fédéral est un conseil de l’école, chargé de 
la direction et de la surveillance immédiate de l’établissement.
        <pb n="356" />
        343 — 
Art. 20. Le conseil de l’école se compose d’un président et de quatre 
membres. 11 sera nommé, en outre, trois suppléants pour ces derniers. 
Le conseil de l’école et ses suppléants sont élus par le Conseil fédéral parmi 
tous les citoyens suisses électeurs au Conseil national. 
Il ne peut y avoir parmi les membres du conseil de l'école deux ou plusieurs 
citoyens d’un même canton. 
Art. 21. La durée des fonctions d’un membre du conseil de l’école et d’un 
suppléant est de cinq ans. 
Art. 22. Les parents et alliés en ligne ascendante et descendante, et les 
parents et alliés en ligne collatérale jusqu’au degré de cousin germain inclusi 
vement, de même que les beaux-frères, ne peuvent pas être en même temps 
membres du conseil de l’école. 
Art. 23. Le conseil de l’école ne peut délibérer que lorsqu’il y a au moins 
trois membres présents. 
Art. 24. Le conseil de l’école tient ses séances à Zurich; c’est aussi dans 
cette ville que le président doit avoir son domicile. 
Art. 25. Le président du conseil de l’école reçoit un traitement de 
45oo francs. 
Les membres du conseil reçoivent une indemnité fixe par jour et le rem 
boursement de leurs (rais de voyage. 
Art. 26. Le secrétaire du conseil de l’école est nommé pour cinq ans pal 
le conseil, immédiatement après son renouvellement intégral. Il remplit aussi 
les fonctions de secrétaire du président du conseil. Il doit avoir son domicile 
à Zurich. 
Il reçoit un traitement fixe qui, selon les circonstances, peut être porté jus 
qu’à 3ooo francs, et qui est fixé chaque fois par le conseil de l’école. 
Art. 27. Le Conseil fédéral prendra les dispositions nécessaires pour la 
gestion.de la caisse de l’établissement, ainsi que pour l’administration de ses 
fonds. 
Art. 28. Le Conseil fédéral devra, pour toutes les décisions importantes 
qu’il prendra relativement à l’établissement, demander un préavis au conseil de 
l’école; le conseil de l’école demandera aussi un préavis au corps enseignant » 
ou, le cas échéant, à une section de ce corps, pour les dispositions importantes 
et permanentes à arrêter sur la marche de 1 enseignement et sur la discipline 
dans l’établissement. 
Art. 29. Le Conseil fédéral fait, sur la proposition du conseil de l’école
        <pb n="357" />
        les règlements importants que réclame l’exécution des lois et des décrets de 
l’Assemblée fédérale sur l’établissement. 
Art. 30. Le Conseil fédéral, sur le rapport et les propositions du conseil de 
l'école, nomme les professeurs et les adjoints, fixe leurs traitements, et statue 
sur les gratifications à accorder à des membres du corps enseignant. 
Le Conseil fédéral ne peut nommer aucun professeur ou adjoint avant d’avoir 
reçu le préavis du conseil de l’école. 
Art. 31. Le Conseil fédéral, sur la proposition du conseil de l’école, statue 
sur les demandes en démission des professeurs. 
Art. 32. Le Conseil fédéral, sur la proposition du conseil de l’école, peut, 
à leur demande ou même sans demande de leur part, mettre à la retraite des 
professeurs nommés à vie, qui, par une cause indépendante de leur volonté, 
telle que l’âge, la maladie, etc. se trouveraient d’une manière permanente hors 
d’état de remplir convenablement leurs fonctions. 
Dans ce cas, un professeur salarié conservera une partie de son traitement 
comme pension de retraite. 
Art. 33. Le Conseil fédéral peut, sur la proposition motivée du conseil de 
l’école, révoquer les professeurs qui auraient manqué si gravement aux de 
voirs de leurs fonctions, ou dont la conduite en général serait telle, que leur 
maintien dans le professorat paraîtrait incompatible avec le bien de l’établis 
sement. 
Le conseil de l’école ne peut prendre de décisions de cette nature qu’à la 
majorité absolue de tous ses membres; quant au Conseil fédéral, il appliquera 
l’article 38 de la loi du 9 décembre i85o sur la responsabilité des autorités et 
des fonctionnaires de la Confédération. 
Art. 34. Le règlement déterminera le montant des sommes dont le Conseil 
fédéral, d’une part, et le conseil de l’école, de l’autre, pourront disposer sur 
les crédits alloués pour l’établissement. 
Art. 35. Le Conseil fédéral présentera à l’Assemblée fédérale, sur le pré 
avis du conseil de l’école, le projet de budget pour l’établissement, comme une 
section du projet de budget général des recettes et des dépenses pour la Con 
fédération. 
Art. 36. Sur la proposition du conseil de l’école, le Conseil fédéral statue 
dans sa compétence sur tous les comptes annuels relatifs à l’établissement. 
Art. 37. Sur la proposition du conseil de l’école, le Conseil fédéral statue 
sur l’acceptation des donations ou des legs faits à l’établissement avec une des 
tination spéciale.
        <pb n="358" />
        44 
un 
— 345 — 
Art. 38. Le conseil de l’école présente chaque année au Conseil fédéral 
rapport sur la marche de ¡’établissement. 
Art. 39. Lorsque le conseil de l’école n’est pas rassemblé, son président 
pourvoit aux affaires courantes. 
Le règlement déterminera sa compétence à cet égard. 
CHAPITRE V. 
Dll SIEGE DE L’ETABLISSEMENT. 
Art. 40. Le canton et la ville de Zurich doivent remplir les obligations 
suivantes : 
i° Mettre les collections scientifiques qui leur appartiennent gratuitement 
à la disposition de l’établissement fédéral et pour son libre usage; 
*2° Contribuer de tout leur pouvoir à conférer à l’établissement le droit 
d’user librement des collections scientifiques qui seraient possédées par des 
corporations ou sociétés; 
3° Mettre des forêts à la disposition de l’école des forêts; 
4° Mettre gratuitement à la disposition de l’établissement un jardin bota 
nique que le Conseil fédéral aura reconnu comme suffisant; 
5° Mettre à la disposition de ¡’établissement les bâtiments nécessaires, les 
disposer convenablement et les entretenir; le tout gratuitement et d’accord avec 
le Conseil fédéral : 
ï 0 Pour le conseil de l’école; 
2° Pour les réunions du corps enseignant et de ses sections; 
3° Pour la célébration des solennités de ¡’établissement; 
4° Pour la tenue des cours; 
5° Pour les divers travaux des élèves de l’école polytechnique; 
6° Pour les laboratoires de physique et de chimie; 
7° Pour la bibliothèque; 
8° Pour toutes les collections et tous les instruments; 
9° Pour des ateliers destinés à servir aux exercices pratiques des élèves de 
l’école polytechnique, lorsque cela serait jugé nécessaire; 
io° Pour le service de l’établissement. 
6° Veiller à ce que les emplacements nécessaires pour les exercices corporels 
puissent être utilisés gratuitement par l’établissement; 
7° Fournir à la Confédération une contribution annuelle de 16000 francs 
pour les dépenses de ¡’établissement. 
Art. 41. Les fonctionnaires, les membres du corps enseignant et les em-
        <pb n="359" />
        pioyés sont, à l’égard des lois et des autorités du canton où est le siège de l’éta 
blissement, dans la même position que les autres fonctionnaires fédéraux. 
Art. Ù2. Les élèves n’ont aucun privilège en matière de juridiction. 
Les prescriptions en matière de discipline à établir pour les élèves émanent 
des autorités de l’établissement, et toute violation de ces prescriptions sera 
punie exclusivement par elle. 
RAPPORT DE LA COMMISSION DU CONSEIL FÉDÉRAL. 
Le rapport de la commission contient des vues trop élevées et trop directe 
ment applicables aux questions qui préoccupent en ce moment le Gouverne 
ment de la France pour que nous ne croyons pas utile d’en reproduire ici au 
moins quelques fragments. 
Il commence par déclarer que cet enseignement a été organisé « en prenant 
«tout particulièrement en considération l’état de l’industrie en Suisse, les 
«besoins de cette industrie, et l’importance toujours croissante que les sciences 
«naturelles et mathématiques acquièrent de jour en jour dans les étabîisse- 
« ments analogues. » 
La commission admettant pour point de départ de l’enseignement de l’école 
polytechnique celui que les élèves peuvent recevoir dans les écoles indus 
trielles d’Aarau, de Zurich, de Saint-Gall, de Winterthur et de Neufchâtel, 
avait cru pouvoir repousser d’abord l’idée d’organiser à l’école polytechnique 
même des cours préparatoires destinés à amener à un degré uniforme d’ins 
truction les élèves qui se proposaient de suivre les cours des grandes divisions 
de l’établissement. 
Cependant, les cours préparatoires, établis dès l’origine comme moyen 
transitoire, ont duré jusqu’è ce jour, et ils ont été réglementés par le conseil 
de l’école, à la date du 16 mars 1859, ainsi qu’il suit : 
RÈGLEMENT CONCERNANT LE COURS PRÉPARATOIRE DE MATHÉMATIQUES. 
Bat du cours préparatoire. — Art. 1 er . Il sera organisé à l’école polytechnique 
fédérale un cours préparatoire d’une année pour les élèves que le défaut de 
connaissances élémentaires ou des difficultés de langage empêcheraient d’être 
immédiatement admis dans la division qu’ils se proposent de suivre. 
Objets d’enseignement. — Art. 2. Le cours préparatoire comprendra les 
branches d’enseignement ci-après, savoir : les mathématiques, en langue alle 
mande et française; — la mécanique; —la géométrie descriptive; — la phy 
sique expérimentale; — la géométrie appliquée; —— le dessin; —- les langues 
allemande et française.
        <pb n="360" />
        44 • 
— 347 
Étendue de Venseignement. — Art. 3. L’enseignement dans les branches in 
diquées doit atteindre le degré du programme d’admission pour les ingénieurs 
et les mécaniciens (2 e et 3 e division). 
Durée de l’enseignement. — Art. 4. L’enseignement des mathématiques, de 
la physique expérimentale, des langues allemande et française et du dessin 
sera donné pendant toute la durée du cours. Pour les branches mentionnées à 
l’article 3, l’enseignement peut être restreint à six mois. 
Ouverture et clôture du cours préparatoire. — Art. 5. Le cours préparatoire 
commence et finit avec l’année scolaire de l’école polytechnique. Les vacances 
sont les mêmes que celles des diverses divisions de l’école. 
Epoque et mode de l’admission des élèves. — Art. 6. L’admission régulière des 
élèves a lieu en octobre chaque année. Des élèves peuvent aussi être admis 
exceptionnellement au commencement du deuxième semestre. 
Conditions de présentation et d’admission. — Le programme annuel de l’école 
polytechnique fera connaître chaque fois l’époque de la présentation pour l’ad 
mission au cours préparatoire. Les aspirants devront adresser, pour cette 
époque, au secrétariat de l’école polytechnique, pour être remises au directeur, 
les pièces suivantes : 
i° Une lettre de présentation avec une déclaration indiquant la branche 
d’études dans laquelle l’aspirant désire être admis après avoir suivi le cours 
préparatoire. Outre la signature de l’aspirant, cette lettre devra porter aussi la 
signature du père ou du tuteur ; 
2 0 Un certificat régulier de sortie, si l’élève vient d’une école préparatoire 
cantonale; 
3° L’attestation authentique de l’âge de dix-sept ans révolus ; 
4° Un certificat de bonnes mœurs, ainsi que des attestations sur les études 
antérieures ou les travaux pratiques du candidat. 
Connaissances préliminaires exigées et examen d’admission. — Art. 8. Les aspi 
rants qui satisfont aux conditions énumérées à l’article précédent seront admis 
au cours préparatoire sans autre examen, s’ils produisent des certificats régu 
tiers de sortie de la dernière classe d’écoles industrielles ou gymnases suisses 
dont l’organisation offre des garanties suffisantes. 
En ce qui concerne les aspirants qui ont subi un examen d’admission pour 
une branche spéciale, mais qui n’ont pas été trouvés suffisamment préparés, le 
rapport que les examinateurs pour les branches spéciales feront sur la question 
de l’admission au cours préparatoire sera considéré connue décisif. 
Tous les autres aspirants qui n’appartiennent pas à l’une de ces deux catégo-
        <pb n="361" />
        368 
ries, notamment les étrangers ou les Suisses sortant de la pratique à un âge 
plus avancé, devront justifier, dans un examen, des connaissances suivantes, 
déterminées comme degré minimum d’instruction. 
Langues. — S’exprimer avec facilité et sûreté, soit oralement, soit par écrit, 
dans l’une des trois langues nationales de la Suisse. 
Quelques connaissances élémentaires dans celle des deux langues, allemande 
ou française, qui n’est pas la langue maternelle de l’aspirant. Les aspirants dont 
la langue maternelle est l’italien, doivent avoir une connaissance plus étendue 
de l’allemand ou du français, de manière à pouvoir, dès le commencement, 
suivre avec fruit l’enseignement en français ou en allemand. 
Arithmétique et algèbre. — Les six opérations arithmétiques , avec de^ 
nombres entiers et des fractions, et des expressions algébriques. 
Les rapports et les proportions algébriques et géométriques. 
Facilité et sûreté dans le calcul et la solution numérique de problèmes 
d’arithmétique. 
Quelque connaissance des logarithmes. 
Les équations du premier degré à une inconnue. 
Géométrie. — Les éléments de la planimétrie et de la stéréométrie. 
Ecolages. — Les élèves du cours préparatoire ont à acquitter, lors de leur 
admission, une rétribution scolaire (écoiage) de 100 francs. Les élèves distin 
gués, s’ils sont sans fortune, pourront être exemptés de cette rétribution. 
Direction du cours préparatoire. — Art. 10. Le conseil de l’école nomme, 
parmi les professeurs du cours préparatoire, un principal auquel est spéciale 
ment confiée la direction de la classe. La classe comprenant deux divisions 
(divisions allemande et française), il peut être adjoint au principal un second 
professeur du cours préparatoire pour la surveillance immédiate des études 
des élèves. 
Conférence des professeurs. — Art. 11. La conférence de tous les professeurs 
du cours préparatoire, sous la direction du principal, a pour mission de dis 
cuter le plan d’études pour chaque semestre, de proposer des modifications de 
tout genre dans l’organisation du cours préparatoire, ainsi que de diriger et de 
surveiller la classe en général. Elle communique ses propositions au directeur 
de l’école, qui les transmet au président du conseil de l’école. 
Art. 12. La conférence se réunit deux fois au moins par semestre; elle se 
renseigne sur l’application cl les progrès de chaque élève; elle fait de son chef 
les admonitions qui pourraient être nécessaires, ou renvoie le cas au principal, 
au directeur de l’établissement ou au président du conseil de l’école.
        <pb n="362" />
        Art. 13. Le directeur de l'école polytechnique occupe une position inter 
médiaire entre la conférence et le principal de la classe préparatoire d’une 
part, et le conseil de l’école ou son président d’autre part; il a voix consulta 
tive et donne des préavis. 
Art. 14. Surveillance et discipline. — Le conseil de l’école suisse, ou en son 
absence le président, exerce une surveillance et une inspection actives sur la 
marche de l’enseignement dans le cours préparatoire en général; il fixe les 
plans d’études et y apporte les modifications nécessaires pour tel ou tel élève; 
il décide toutes les questions d’organisation et de discipline en conformité du 
règlement général de l’école polytechnique. 
Art. 15. Le plan général des leçons est obligatoire pour tous les élèves. 
Néanmoins, dans le cas où des circonstances particulières et un but spécial 
justifieraient des dérogations à cette règle, le principal de la classe accordera 
des modifications sur la demande des élèves ou de leurs parents ou tuteurs. 
Ces modifications seront soumises à l’approbation du directeur et du président 
du conseil de l’école avant le commencement de chaque semestre. 
Art. 16. La fréquentation des cours est obligatoire pour les élèves. L’assi 
duité et le progrès des élèves seront rigoureusement contrôlés par des répéti 
tions et des examens fréquents, et par des travaux de concours qui auront lieu 
au moins une fois par mois. 
Art. 17. Les absences non justifiées, la négligence dans la fréquentation de 
l’école et le défaut d’application eu général, ainsi que les infractions à la disci 
pline (dans l’école et au dehors) entraîneront des admonitions à l’élève, qui 
pourra même, dans les cas graves ou en cas de récidive, être renvoyé de 
1 école. 
Promotions aux diverses divisions de l’école. — Art. 18. Seront promus du 
cours préparatoire aux diverses divisions de l’école tous ceux qui auront entiè 
rement satisfait, dans un examen, aux conditions d’admission exigées par le 
programme. 
Art. 19. Le cours préparatoire n’ayant point pour but de donner une édu 
cation complète, mais étant destiné exclusivement aux élèves quise préparent 
pour entrer à l’école polytechnique, et qui devront en faire la déclaration 
expresse lors de leur admission au cours, il ne leur sera délivré à la sortie 
aucun certificat d’études. 
Zurich, le 16 mars i85g. 
PROGRAMME D’ADMISSION. 
Pour l’admission dans les cinq divisions techniques de l’école, des conditions
        <pb n="363" />
        — 350 — 
d’instruction préalable étant indispensables, elles ont été fixées par le pro 
gramme suivant, arrêté aussi par le conseil de l’école le 16 mars 1859. 
LIEU DE L’EXAMEN D’ADMISSION. EXAMINATEURS. 
Article premier. Il sera ouvert annuellement à Zurich des examens d’ad 
mission au cours de première année de chacune des divisions de l’école poly 
technique fédérale. Les examinateurs sont pris parmi les professeurs de l’école 
et présidés par le directeur de l’établissement. Le président du conseil de l’école 
peut autoriser, par exception, la tenue d’examens d’admission au cours de 
première année dans d’autres villes que Zurich; en ce cas, il nomme une com 
mission d’examen, qui a la faculté de s’adjoindre au besoin sur les lieux des 
experts impartiaux. 
PIÈCES X PRODUIRE. 
Art. 2. Tout candidat à l’admission, comme élève régulier, à l’école poly 
technique fédérale, doit envoyer au secrétariat du conseil de l’école suisse,, 
dans le délai prescrit, les pièces suivantes : 
i° Une demande par écrit qui doit contenir le nom et le lieu de naissance 
du candidat, la désignation de la profession à laquelle il se destine, celle de la 
division où il veut entrer, et la signature de son père ou de son tuteur; 
2° Un certificat authentique de son âge; läge de dix-sept ans étant réguliè 
rement requis comme condition d’admission à l’examen; 
3° Un certificat de bonnes vie et mœurs, et une attestation relative à ses 
études antérieures. 
Sur le dépôt de ces pièces, le candidat est autorisé à subir son examen. 
délibération sur les admissions. 
Art. 3. Immédiatement après la clôture des épreuves d admission, les exa 
minateurs et les principaux de chaque division se réunissent en conférence 
generale, afin d’arrêter et de soumettre au conseil de l’école ou au président 
de ce conseil les propositions d’admission ou de rejet de chacun des jeunes gens 
examinés. A cet effet, la conférence doit prendre en considération les résultats 
des épreuves , la valeur des certificats d’études produits par les candidats, et le 
mérite des travaux (dessins, etc.) qu’ils ont exécutés. 
Le président du conseil de l’école assiste à cette délibération. 
DÉCISIONS SUR les ADMISSIONS. 
Art. 4. Le conseil de l’école, en son absence le président, après avoir exa-
        <pb n="364" />
        miné et pesé les propositions de la conférence, ainsi que toutes les pièces 
d’épreuve qui y ont trait, prononce définitivement sur l’admission ou le rejet de 
chacun des candidats. 
PROMULGATION DES DECISIONS. 
Art. 5. Cette décision prise, le directeur proclame, devant une assemblée 
publique des professeurs et des étudiants, les noms des élèves réguliers nou 
vellement admis dans les différentes divisions de l’école polytechnique, et il 
annonce en même temps, au nom du conseil de l’école, l’ouverture de la nou 
velle année scolaire. 
CONDITIONS GÉNÉRALES D’ADMISSION. 
Art. 6. Les épreuves suivantes sont exigées dans l’examen mentionné ar 
ticle I cr : 
i° Le candidat doit rédiger dans sa langue maternelle une composition sur 
un sujet proposé ; 
2° Il est tenu de justifier qu’il possède, dans les langues où il devra rece 
voir un enseignement obligatoire, les connaissances nécessaires pour suivre 
les leçons; 
3° Il doit, en outre, subir, selon la division où il se propose d’entrer, un 
examen sur les matières contenues dans le programme suivant. 
CONDITIONS SPÉCIALES D’ADMISSION. 
PREMIÈRE DIVISION. 
ÉCOLE D’ARCHITECTURE. 
I e Arithmétique et algèbre. 
Les six opérations arithmétiques : l’addition, la soustraction, la multiplica 
tion, la division, la formation des puissances et l’extraction des racines, avec 
des nombres entiers et des expressions algébriques. 
Caractères de la divisibilité; recherche du plus grand commun diviseur et 
du plus petit commun multiple de plusieurs nombres ou expressions algé 
briques. 
Fractions ordinaires et décimales et les six opérations decimales sur ces frac 
tions. 
Équations du premier degré à une ou plusieurs inconnues; équations indé 
terminées du premier degré; équations du second degré à une inconnue.
        <pb n="365" />
        Rapports et proportions arithmétiques et géométriques. * 
Fractions continues. 
Logarithmes et leur application au calcul d’expressions numériques com 
posées. 
2° Géométrie. 
A. GÉOMÉTRIE PLANE. 
Triangles plans; droites parallèles et perpendiculaires; principes fondamen 
taux des transversales; quadrilatères et polygones; cercles. 
B. GÉOMÉTRIE DE L’ESPACE. 
Droites parallèles ou se coupant dans l’espace ; droites perpendiculaires, 
parallèles ou obliques à un plan. 
Plans parallèles et plans qui se coupent; angle formé par l’intersection de 
ces plans et sa mesure. 
Définition des projections et des coordonnées dans l’espace. 
Prismes, pyramides, cylindres, cônes et sphères, et leur calcul. 
C. TRIGONOMÉTRIE. 
Eléments de la trigonométrie plane. — Il sera attaché une grande importance 
à la solution prompte et exacte de problèmes numériques sur toutes les parties 
de l’arithmétique, de l’algèbre et de la géométrie, ainsi qu’à la résolution tri 
gonométrique des triangles à l’aide des tables de logarithmes. 
3° Géométrie descriptive. 
A. LIGNE DROITE, PLAN ET FIGURES PLANES. 
Détermination des projections orthogonales d’un point, d’une droite et d’un 
cercle, ainsi que des traces d’un plan, étant donné un nombre suffisant de 
conditions pour les cas les plus simples. 
Détermination de la position d’un point et d’un plan, ainsi que de la posi 
tion et de la grandeur d’une droite et d’un cercle, d’après leurs projections et 
leurs traces. 
Passer des projections et des traces sur un système de plans donné aux 
projections et traces d’un autre système de plans; rabattement d’une figure 
plane sur les plans de projections. 
Déterminer les distances relatives de points, droites et plans, ainsi que le 
point d’intersection et l’angle formé par les deux dernières grandeurs, au 
moyen de leur projection et de leurs traces. 
Propriétés des projections de l’angle droit.
        <pb n="366" />
        45 
353 — 
B. CORPS. 
Application des théories précédentes à la représentation des prismes et des 
pyramides, et à leur intersection, soit entre eux, soit avec des plans. 
Représentation de cylindres droits et de cônes; détermination des projec 
tions de leurs intersections, soit entre eux, soit avec des plans. 
Détermination des traces de plans tangents à des cylindres droits ou à des 
cônes, ayant un point de tangence connu ou étant parallèles une ligne droite 
donnée. 
C. THÉORIE DES OMBRES. 
Détermination de l’ombre portée par des corps simples sur les plans de 
projection, les rayons de lumière étant parallèles. 
4° Géométrie pratique. 
Tracer des points sur le terrain. 
Tracer des lignes droites sur un champ découvert et sur un terrain acci 
denté. 
Prolonger des lignes droites sur le terrain. 
Déterminer sur le terrain l’intersection des deux lignes de visée. 
Mesurer des lignes sur un terrain uni avec la chaîne et avec la règle. 
Description et vérification de l’équerre d’arpenteur. Tracer sur le terrain des 
lignes perpendiculaires au moyen de cet instrument. 
Lever des figures simples au moyen de la chaîne, de la règle et de 
l’équerre. 
Quelques notions sur l’usage de la planchette. 
5° Mécanique. 
A. MOUVEMENT D’UN POINT MATHEMATIQUE. 
Mouvement uniforme. Relation entre l’espace, le temps et la vitesse dans le 
mouvement uniforme. 
Mouvement circulaire uniforme. Définition de la vitesse à la circonférence et 
de la vitesse angulaire. 
Mouvement varié en général, et spécialement mouvement uniformément 
varié. Relation entre l’espace, le temps, la vitesse et l’accélération. 
Chute des corps et son accélération. 
Mouvement simple et composé; composition et décomposition des mou 
vements. 
Mouvement relatif.
        <pb n="367" />
        mit 
_ ZÆfi ¿S_ 
— 35/4 — 
Il MÉCANIQUE DU POINT MATERIEL. 
Point d’application, direction et grandeur d’une force. Forces constantes et 
forces variables. Condition de l’égalité de deux forces. Effet de la force sur un 
corps en repos et sur un corps en mouvement. Définition de la masse et de 
l’inertie. Introduction de la force et de la masse ou du poids dans les équa 
tions du mouvement uniformément varié. 
Composition, décomposition et conditions de l’équilibre des forces agissant 
sur un point matériel. Résultante, composante, parallélogrammes des forces. 
Moment d’une force. 
C. MÉCANIQUE DES CORPS SOLIDES. 
Transport du point d’application d’une force agissant sur un corps solide 
dans la direction de celte force. Action et réaction. Composition et décompo 
sition des forces dans un plan. Composition des forces parallèles dans l’espace, 
et centre des forces parallèles. 
Définition du centre de gravité; détermination du centre de gravité d’un 
système quelconque de points matériels. Centre de gravité de la ligne droite, 
et des figures planes rectilignes, des prismes, cylindres, pyramides et cônes. 
Le levier, la poulie, le treuil et le plan incliné. 
D. MÉCANIQUE DES CORPS FLUIDES. 
Pour cette matière, les connaissanses exigées pour l’examen de physique 
sont suffisantes. 
6° Physique. 
A. PROPRIÉTÉS GÉNÉRALES DES COUPS. 
Connaissances fondamentales sur les divers états d’agrégation, sur la cohé 
sion et l’adhérence, sur l’élasticité, la pesanteur et le poids spécifique. 
B. ÉQUILIBRE ET MOUVEMENT DES CORPS. 
Composition et décomposition des forces. Lois du levier et principales 
applications de ces lois. 
Centre de gravité. 
Théorie du mouvement rectiligne, jusqu’au mouvement vertical d’un corps 
pesant. Théorie de la rotation uniforme, et principes fondamentaux du mou 
vement du pendule. 
Principes fondamentaux de l’hydrostatique, et éléments de l’hydraulique. 
Capillarité. 
Pression atmosphérique et baromètre.
        <pb n="368" />
        355 — 
Loi de Mariotte et construction des pompes les plus usuelles et de la ma 
chine pneumatique. 
C. ACOUSTIQUE. 
Mode de propagation du son. Tons hauts et bas et intervalles musicaux. 
Moyens principaux de produire les tons. 
D. OPTIQUE. 
Mode de propagation de la lumière. Reflexion et réfraction de la lumière 
sur les miroirs et verres à surfaces planes et sphériques. 
Parties principales de l’œil de l’homme et instruments qui aident à l’action 
de cet organe. 
Nature des couleurs et modes les plus simples de leur génération. 
E. CHALEUR. 
Dilatation des corps par la chaleur et construction des thermomètres les 
plus usuels. 
Phénomènes principaux dans la variation des états d’agrégation. 
Définition et détermination de la chaleur spécifique. 
Principes fondamentaux sur la conductibilité et le rayonnement de la 
chaleur. 
F. MAGNÉTISME ET ÉLECTRICITÉ. 
Effets des aimants. Connaissances essentielles sur l’état magnétique de la 
terre 
Phénomènes principaux de l’électricité. Dispositions des machines électri 
ques, du condensateur, de la bouteille de Lêyde et de l’électrophore ; explications 
de leurs «effets. 
Génération du courant galvanique et loi d’Ohm. Effets magnétiques du 
courant et ses effets chimiques les plus usuels. Mesure du courant. 
Génération du courant thermo-électrique et des courants d’induction. 
7° Dessin. 
A. DESSIN LINÉAIRE. 
Facilité dans 1 exécution des constructions géométriques. Quelque habitude 
du lavis. 
B. DESSIN À MAIN LEVÉE. 
Quelque exercice dans le dessin d’ornement. 
45. 
I
        <pb n="369" />
        356 
DEUXIEME DIVISION. 
ÉCOLES DES INGÉNIEURS. 
1° Arithmétique et Algèbre. 
Les six opérations arithmétiques : l’addition, la soustraction, la multiplica 
tion, la division, la formation des puissances et l’extraction de racines, avec des 
nombres entiers et expressions algébriques. 
Caractères de la divisibilité; recherche du plus grand commun diviseur et 
du plus petit commun multiple de plusieurs nombres, ou expressions algé- 
briq ues. 
Fractions ordinaires et décimales, et les six opérations arithmétiques sur 
ces fractions. 
Equations du premier degré à une ou plusieurs inconnues; équations indé 
terminées du premier degré; équations du second et du troisième degré à une 
inconnue. 
Rapports, proportions et progressions arithmétiques et géométriques. 
Fractions continues. 
Logarithmes et leur application au calcul d’expressions numériques com 
posées, et aux équations exponentielles simples. 
Éléments de la théorie des combinaisons. Binôme de Newton et son appli 
cation à l’extraction des racines des degrés supérieurs. Résolution numérique 
approximative d’équations des degrés supérieurs, au moyen de la règle de fausse 
position. 
Séries exponentielles et logarithmiques, ainsi que les plus simples séries 
trigonométriques. Théorème de Moivrc. 
2° Géométrie. 
A. GÉOMÉTRIE PLANE. 
Triangle plan; droites parallèles et perpendiculaires, principes fondamen 
taux des transversales. Quadrilatères et polygones. Cercle. 
B. GÉOMÉTRIE DE i/eSPACE. 
Droites parallèles ou se coupant dans l’espace. Droites perpendiculaires, 
parallèles ou obliques à un plan. 
Plans parallèles et plans qui se coupent. Angle formé par l’intersection de 
ces plans et sa mesure. 
Définition des projections et des coordonnées dans l’espace. 
Prismes, pyramides, cylindres, cônes et sphères, et leur calcul.
        <pb n="370" />
        357 
C. TRIGONOMÉTRIE. 
Trigonométrie plane et formules goniométriques. 
Propriétés les plus simples des angles trièdres el éléments de la trigono 
métrie sphérique. 
D. GÉOMÉTRIE ANALYTIQUE. 
Coordonnées rectangulaires et polaires. Transformation des coordonnées. 
La droite comme ligne du premier degré. L’ellipse, la parabole et l’hy 
perbole, comme lignes du deuxième degré. Leurs propriétés les plus impor 
tantes. Interprétation géométrique de l’équation générale du second degré 
à deux inconnues. 
Il est exigé, pour l’examen, une certaine habitude des constructions géo 
métriques, et notamment de la construction d’expressions algébriques. — En 
outre, il sera attaché une grande importance à la solution prompte et exacte 
de problèmes numériques sur toutes les parties de l’arithmétique , de l’algèbre 
et de la géométrie, ainsi qu’à la résolution trigon orné trique des triangles à 
l’aide des tables de logarithmes. 
3° Géométrie descriptive; 
l\° Géométrie pratique; I ...... . , 
,, ' ' i Comme dans la premiere division, ou école 
5° Mécanique; &gt; .. , . 
„ ™ . d. architecture. 
6° Physique ; \ 
y 0 Dessin. ) 
TROISIÈME DIVISION. 
ÉCOLE DE MÉCANIQUE TECHNIQUE. 
e 
i° Arithmétique et algèbre; ) Connue dans la deuxième division, ou école 
2° Géométrie; . ) des ingénieurs. 
3° Géométrie descriptive; 
/j° Mécanique; 
5° Physique; 
6° Dessin. 
QUATRIEME DIVISION. 
ÉCOLE DE CHIMIE TECHNIQUE. 
I o Arithmétique et algèbre; 
2° Géométrie; 
3° Physique. 
Comme dans la première division, ou école 
d’architecture. 
Comme dans la première division, ou école 
d’architecture.
        <pb n="371" />
        — 358 — 
Chimie inorganique. 
Principes généraux de la chimie inorganique : corps simples et composés, 
affinité chimique, proportions chimiques, équivalents, atomes, stœchiométrie, 
langage des signes et nomenclature. 
Propriétés physiques et chimiques, méthodes d’extraction des principaux 
éléments métalliques et non métalliques, leurs combinaisons théoriques et 
pratiques les plus importantes, en tant que la connaissance en est nécessaire 
à l’intelligence de la chimie organique ou technique et A l’exécution d’ana 
lyses qualitatives dans le laboratoire. 
Notions fondamentales sur la structure et les fonctions des organes ; de la 
racine, de la tige, de la feuille et des parties de la fleur, ainsi que les connais 
sances les plus générales concernant les principaux groupes du règne végétal; 
Intelligence d’un des plus faciles prosateurs latins; traduire couramment un 
passage donné d’une pharmacopée rédigée en latin. 
5° Histoire naturelle. 
A. BOTANIQUE. 
cryptogames (champignons, lichens, algues, mousses, fougères), et phanéro 
games (gymnospermes, monocotylédons et dicotyledons). 
ß. MINÉRALOGIE. 
Rapports les plus fréquents de formes entre les corps cristallisés ou non 
cristallisés, ainsi que les principales propriétés physiques et chimiques des miné 
raux en général. 
6° Langue latine. 
(Pour les pharmaciens.) 
7° Dessin. 
Habitude du dessin linéaire et quelques exercices du dessin à main levée. 
CINQUIÈME DIVISION. 
ÉCOLE FORESTIÈRE. 
ï 0 Arithmétique et algèbre; 
2° Géométrie; 
Comme pour la première division, ou école 
d’architecture. 
3° Géométrie pratiqu 
Zi° Physique; 
5° Chimie ; 
6° Histoire naturell 
y 0 Dessin.
        <pb n="372" />
        SIXIÈME DIVISION. 
SCIENCES MATHÉMATIQUES ET NATURELLES, LITTERATURE, ECONOMIE POLITIQUE 
ET DROIT PUBLIC. * 
Les connaissances suivantes sont exigées de tous les candidats à l’admission 
en qualité d’élèves réguliers de la sixième division : 
i° Arithmétique et algèbre; 
2° Géométrie ; 
3° Physique; 
h° Dessin. 
Comme pour la première division, ou école 
d’architecture. 
Comme pour la quatrième division, ou école 
de chimie. 
En outre, ceux des candidats à l’admission en qualité d’élèves réguliers de 
la sixième division, qui veulent suivre quelques cours obligatoires pour une 
des cinq premières divisions, doivent subir, sur les connaissances préalables 
nécessaires à l’intelligence de ces cours, l’examen requis pour entrer dans ladite 
division. 
DEPENSE PARTIELLE OU TOTALE DES EXAMENS. 
Art. 7. En règle générale, tout candidat doit remplir les conditions ci-des 
sus déterminées pour l’admission à la première année de toutes les divisions. 
La dispense partielle des épreuves, ou l’exemption entière de l’examen d’ad 
mission, ne peut avoir lieu qu’en vertu d’une résolution spéciale du conseil de 
l’école ou du président. Cette résolution doit être précédée d’une proposition 
du directeur de l’établissement, qui est tenu de prendre l’avis du principal de 
la division dans laquelle le candidat se propose d’entrer. 
L’entière dispense d’examen d’admission est principalement autorisée en 
faveur des candidats à l’enseignement, d’un age mûr, qui, ayant déjà occupé long 
temps un emploi dans l’instruction et l’ayant rempli avec succès, présentent, 
par là, une garantie suffisante qu’ils peuvent suivre et comprendre parfaite 
ment les cours qu’ils se proposent de fréquenter. 
La dispense partielle des examens est autorisée notamment dans les cas ci- 
après : 
a. A l'égard des candidats, d’un âge mûr, qui suppléent par de solides 
études pratiques à quelques lacunes dans les connaissances théoriques; 
b. A l’égard des candidats qui suppléent à des lacunes dans la connaissance 
de quelques branches des sciences exactes par la preuve d’études solides en 
humanités. 
Dans tous les cas, on doit toujours prendre en considération décisive, dans
        <pb n="373" />
        ~— 
360 
la résolution à arrêter, Je point de savoir si le candidat peut suivre et com 
prendre complètement les cours obligatoires, spéciaux et professionnels, qu’il 
voudra fréquenter. 
DISPENSE D’EXAMEN POUR LES ETRANGERS. 
Les étrangers peuvent, sur le fondement d’attestations qui leur ouvriraient, 
dans leurs pays, l’entrée d’une division correspondante à celle où ils veulent 
être admis, obtenir du président du conseil de l’école, sur la proposition du 
directeur, dispense entière de l’examen d’admission. 
ADMISSION D’ÉLÈVES RÉGULIERS AUX COURS DE DEUXIEME ET TROISIEME ANNÉE 
DES DIVERSES DIVISIONS. 
Pour entrer dans les cours de deuxième ou troisième année d’une division, 
l’aspirant doit subir un examen sur les branches obligatoires des cours de l’année 
précédente. 
Les formes prescrites aux articles 7 et 8 seront observées pour décider si des 
certificats de fréquentation d’un autre établissement polytechnique de même 
force peuvent dispenser de cet examen. 
Mais, pour la sixième division, qui constitue un enseignement complète 
ment libre pour la philosophie, les sciences politiques, les langues modernes, les 
mathématiques, les sciences naturelles, l’histoire publique et artistique, le droit 
public suisse et l’économie politique, aucune condition d’instruction préalable 
n’a été fixée pour ces cours semestriels. 
Au sujet de ces études, le rapport s’exprime en ces termes : 
«La position future, comme citoyen, des élèves de notre école exige deux 
«plus que des connaissances exclusivement professionnelles : de saines doc- 
« trines d’économie politique, d’histoire et de droit public sont certainement le 
«meilleur des antidotes contre ces aberrations socialistes et communistes qui, 
«trop souvent, ont été mises en avant et soutenues précisément par d’anciens 
« élèves de l’Ecole polytechnique de Paris. 
Plus loin, le rapport ajoute : 
«Les conclusions du rapport d’une commission d’hommes très-distingués, 
chargés, en i85o, de procéder h une enquête sur les résultats de l’enseigne- 
« ment dans l’Ecole polytechnique de Paris, prouventjusqu’è l’évidence la néces- 
« sité d’étendre au delà des notions purement techniques les connaissances des 
« jeunes industriels. Cette commission propose trois changements principaux 
« à introduire dans l’école. Or, le premier consiste à donner un plus grand déve- 
X T* 
V
        <pb n="374" />
        — 361 — 
«loppemeiit à l’enseignement littéraire.» (Rapport sur l'enseignement de l’Ecole 
polytechnique, page i 1.) 
Il est remarquable que les idées qui ont dirigé la commission française, et 
qui ont été si mal comprises en France, aient trouvé une pareille approbation 
dans le conseil fédéral de la Suisse républicaine : tant il est vrai que, quelle que 
soit la forme des gouvernements, les principes protecteurs des sociétés restent 
partout les mêmes. 
RÈGLEMENT DE L’ÉCOLE POLYTECHNIQUE FÉDÉRALE. 
Le règlement intérieur de cette école, dont les élèves sont externes et en 
partie étrangers, non-seulement au canton de Zurich, mais à la Suisse même, 
n’est pas moins remarquable, en ce qu’il concilie la liberté de l’enseignement, et 
celle même des élèves, avec une discipline plus sévère qu’on ne le croirait. 
Nous en reproduirons les articles les plus importants. 
TITRE PREMIER. 
DISPOSITIONS GÉNÉRALES. 
Article premier. L’école polytechnique fédérale comprend les six divisions 
suivantes : 
j lv division, école des constructeurs ; 
2 e division, école du génie civil; 
3 e division, école de mécanique; 
/i c division, école de chimie; 
5 P division, école des forestiers ; 
6 e division, école scientifique supérieure des sciences naturelles et ma 
thématiques, des sciences littéraires, et des sciences morales et politiques. 
Art. 2. Les cours des cinq premières divisions sont annuels; ceux de la 
seconde division sont semestriels. 
La durée de l’enseignement complet est de trois ans pour les trois premieres 
divisions, et de deux ans pour les quatrième et cinquième divisions. 
Art. 3. L’école des constructeurs forme théoriquement, au point de vue, 
soit technique, soit esthétique, des constructeurs capables d’élever des édifices 
ayant un caractère civil ou monumental. Elle initie les eleves h tous les details 
pratiques de l’art de bâtir. 
Les cours de première et de seconde année de cette division suffisent pour 
former des constructeurs aptes à entreprendre des bâtiments de moindre im 
portance ayant un caractère civil. Pour être habiles à se charger d’édifices 
46
        <pb n="375" />
        — 362 — 
i 
considérables, surtout s'ils ont un caractère monumental, les élèves devront 
avoir suivi les cours des (rois années. 
Art. 4. L’école du génie forme, au point de vue théorique, des ingénieurs 
civils pour les ponts et chaussées, les chemins de fer, les constructions hydrau 
liques et les travaux topographiques. Elle prépare les élèves à la pratique de 
leur profession. 
Les cours de première et de seconde année de cette division roulent sur les 
matières que tout ingénieur doit connaître ; ceux de troisième année sont spé 
cialement consacrés, soit à un enseignement technique supérieur, soit à une 
exposition développée de la géodésie. 
Art. 5. L’école de mécanique forme; au point de vue théorique, des méca 
niciens aptes à diriger la construction et l’établissement des machines. Elle 
offre aux élèves les moyens de s’exercer à la pratique de leur profession. De 
plus, les élèves acquièrent dans cette division les connaissances nécessaires à 
l’exploitation rationnelle, à l’aide de machines, des différentes branches de 
la fabrication. 
Les cours de première et de seconde année roulent sur les connaissances 
indispensables à tout mécanicien industriel. Dans la troisième année, le cons 
tructeur de machines complète d’une part ses études de mécanique, et de 
l’autre il acquiert les connaissances technologiques spéciales nécessaires aux 
directeurs d’exploitations conduites à l’aide de machines. 
Art. 6. L’école de chimie industrielle est destinée à former théoriquement, 
soit des chimistes aptes à exploiter les différentes branches de la chimie indus 
trielle et de la fabrication des ’produits chimiques, soit des pharmaciens. Les 
élèves de cette division sont exercés à la pratique des manipulations chimiques. 
L enseignement de première année roule sur les connaissances indispensables 
à toute profession dont la chimie est la base. 
Les cours de deuxième année se subdivisent en deux catégories spéciales : 
A. La chimie exclusivement appliquée à 1 industrie ; 
B. La pharmacie. 
Art. 7. L’école des forestiers est destinée à former théoriquement des 
forestiers. Les élèves de cette division seront aussi exercés a la pratique de 
leur profession. 
Art. 8. Dans l’école scientifique supérieure il est donné, soit au point de 
vue purement scientifique le plus élevé, soit au point de vue de l’application à 
l’industrie, un enseignement supérieur sur les sciences naturelles et mathéma 
tiques, sur la littérature des principales langues modernes, sur l'histoire poli-
        <pb n="376" />
        tique et artistique, sur leconomie politique, sur le droit publie, et sur les 
parties du droit eivil et de la législation administrative dont la connaissance est 
nécessaire aux élèves des cinq premières divisions. 
Art. 9. 11 sera pris des mesures pour que les jeunes gens qui se destinent 
à la carrière de l’enseignement dans les établissements supérieurs d'éducation» 
et tout particulièrement dans les écoles industrielles, puissent se former à l'école 
polytechnique. 
Art. 1 0. L’enseignement est donné dans les langues allemande, française et 
italienne, au choix des professeurs. 
Art. 11. Les professeurs des six divisions de l’école ne devront jamais, 
dans leur enseignement, perdre de vue les besoins particuliers de la Suisse. 
TITRE 11. 
DES ETUDIANTS. 
I o . Admission. Devoirs et droits des Elèves. 
Art. 18. Les jeunes gens qui étudient à l’école polytechnique sont divisés 
en élèves réguliers et en élèves auditeurs. 
Ceux qui désirent faire des études complètes dans l’une des cinq premières 
divisions doivent se présenter en qualité d’élèves réguliers. Ceux au contraire 
qui, sans avoir de but déterminé, désirent suivre des cours dans l’une des 
divisions de l’école, peuvent se faire inscrire en qualité d’auditeurs. 
Art. 19. Les élèves réguliers ne peuvent être admis qu’au commencement 
des cours annuels; les simples auditeurs, au commencement de chaque cours 
semestriel. Lorsque le cours que les auditeurs se proposent de suivre est an 
nuel, ils ne peuvent être admis qu’au début de ce cours. 
Des exceptions à la règle ci-dessus ne pourront avoir lieu que pour des 
motifs graves. 
Art. àO. Chaque candidat à 1 admission en qualité d’elève régulier doit, à 
l’époque prescrite, se présenter en personne au directeur de l’école polytech 
nique, lui donner son nom, son lieu d’origine, l’adresse de ses parents, ou de 
son tuteur s’il est mineur, et lui indiquer sa demeure à Zurich. 
De plus, il doit : — i° dans la règle, être âgé de i ~ ans accomplis; — 
2° être porteur d’une attestation de bonnes vie et mœurs, ainsi que d’un cer 
tificat concernant les études qu’il a déjà faites;— 3° se soumettre à un examen 
d’admission.
        <pb n="377" />
        364 — 
Art. 21. Cet examen roulera sur les sujets suivants : 
A. Tout candidat à l’admission devra savoir s’exprimer d’une manière cor 
recte, soit oralement, soit par écrit, dans l’une des trois langues nationales de 
la Suisse. Si une partie de l’enseignement obligatoire de la division dont il dé 
sire devenir élève se donne dans deux langues autres que sa langue maternelle, il 
devra pouvoir suivre les professeurs. 
B. Ceux qui se présentent pour entrer comme élèves réguliers dans les divi 
sions i ie , 2 e et 3° (constructeurs, ingénieurs et mécaniciens) devront justifier 
des connaissances suivantes : 
Mathématiques. — Arithmétique en entier; algèbre, jusqu’aux équations du 
troisième degré inclusivement; solution numérique des équations des degrés 
supérieurs; combinaisons, arrangements, permutations; séries. 
Géométrie élémentaire. — Trigonométrie plane et sphérique; solution numé 
rique des problèmes trigonométriques; géométrie analytique élémentaire/ 
Géométrie descriptive. — Théorie des projections appliquée aux projections 
orthogonales des lignes, des surfaces et des solides; problèmes élémentaires 
sur les plans tangents et sur les intersections des surfaces; quelques notions 
sur les projections obliques et les éléments de la théorie des ombres. 
Géométrie appliquée. — Mesure et levé des lignes et des figures au moyen 
de la chaîne, delà règle, de l’équerre d’arpenteur et de la planchette, y compris 
la vérification et la correction de ces instruments; quelques exercices pratiques 
de ces opérations. 
Mécanique. — Cours élémentaire et théorique de statique et de dynamique. 
Dessin. — Les jeunes gens qui se présentent doivent avoir quelque habitude 
de dessiner au trait les figures géométriques, l’ornement simple, les construc 
tions, ainsi que les machines les moins compliquées; ils doivent être exercés 
aux lavis. 
Physique. — Cours élémentaire de physique; emploi et théorie des équations 
et des formules trigonométriques. 
Chimie. — Cours élémentaire et théorique de chimie inorganique. 
Histoire naturelle. — Cours élémentaire de l’histoire naturelle des trois 
règnes. 
G. Tous ceux qui se présentent pour entrer comme élèves réguliers dans la 
quatrième division ( chimie industrielle) doivent justifier des connaissances 
suivantes : 
Mathématiques. — Arithmétique en entier; algèbre, jusqu’aux équations du
        <pb n="378" />
        365 — 
troisième degré inclusivement; usage des logarithmes; séries les plus impor 
tantes; trigonométrie plane. 
Dessin. — Quelque habitude de manier la règle et le compas. 
Phyhiqne. — Cours élémentaire de physique ; emploi des éléments des ma 
thématiques dont ce programme exige la connaissance. 
Chimie. — Cours théorique élémentaire de chimie organique et inorganique. 
Histoire naturelle. — Cours élémentaire de l’histoire naturelle des trois 
règnes. 
Ceux qui se destinent à l’étude de la pharmacie doivent avoir une connais 
sance suffisante de la langue latine. 
Ceux qui veulent entrer comme élèves réguliers dans la quatrième division 
pour s’y former à d’autres professions que celle de pharmacien sont exemptés 
de l’obligation de savoir la langue latine; mais ils doivent, outre les connais 
sances énumérées ci-dessus, justifier encore de celles qui suivent : 
Géométrie descriptive. — Théorie des projections appliquée aux projections 
orthogonales des lignes, des surfaces et des solides; quelques notions sur les 
projections obliques. 
Mécanique. — Cours élémentaire et théorique de statique et de dynamique ; 
corps solides et liquides. 
O. Ceux qui se présentent pour entrer comme élèves réguliers dans la divi 
sion des forestiers doivent justifier des connaissances suivantes : 
Mathématiques. — Arithmétique en entier; algèbre, jusqu’aux équations du 
troisième degré inclusivement; usage des logarithmes; séries les plus impor 
tantes. 
Géométrie. — Éléments de géométrie. 
Trigonométrie. — Trigonométrie plane et sphérique; solution numérique des 
problèmes trigonométriqués. 
Géométrie descriptive. — Théorie des projections appliquée aux projections 
orthogonales des lignes, des surfaces et des solides; quelques notions sur les 
projections obliques v 
Géométrie appliquée. —- Mesure et lever des lignes et des figures au moyen 
de la chaîne, de la règle, de l’équerre d’arpenteur et de la planchette, y com 
pris la vérification et la correction de ces instruments; quelques exercices pra 
tiques de ces opérations. 
Mécanique. — Cours théorique élémentaire de statique et de dynamique; 
corps solides et liquides.
        <pb n="379" />
        — 366 — 
Dessin. —Pratique du dessin linéaire; dessin; dessin de figures géométri 
ques et architechtoniques élémentaires; principes du dessin à main levée. 
Physique. — Cours élémentaire de physique, avec l’emploi des éléments des 
mathématiques dont ce programme exige la connaissance. 
Chimie. — Cours théorique élémentaire de chimie inorganique. 
Histoire naturelle.— Cours élémentaire de l’histoire naturelle des trois règnes. 
Art. 22. Ceux qui veulent entrer dans la seconde ou la troisième année 
de l’une des cinq premières divisions de l’école doivent, sauf dispense spéciale , 
avoir dans l’un ou l’autre cas i 8 et 19 ans révolus. Il doivent en outre justi 
fier, par un examen, d’une connaissance suffisante des sciences qui sont 
enseignées dans la première année ou dans les deux premières années de la 
division pour laquelle ils se présentent. 
Art. 23. Chaque élève régulier est astreint à payer, pour tout l’enseigne 
ment qu’il reçoit des professeurs en titre, un écolage annuel de 5o francs 
(élevé en 186A à 100 francs). 
Les cours libres, donnés par des professeurs ordinaires et agrégés, seront 
payés à part par les élèves qui les suivent. 
Chaque élève doit une indemnité pour l’usage des laboratoires et des 
ateliers. 
Art. 24. Chaque élève régulier est obligé de suivre tous les cours théori 
ques et pratiques énumérés dans le programme de la division et de l’année à 
laquelle il appartient (article 12). Cependant un élève peut être dispensé de 
suivre certains cours lorsque la profession à laquelle il se destine, l’enseigne 
ment préalable qu’il a reçu ou telle autre circonstance particulière justifient 
cette exception. 
Chaque élève régulier est astreint à suivre exactement toutes les leçons et 
les répétitions de la division et de la classe à laquelle il appartient. Iï doit 
prendre part aux excursions hebdomadaires de sa division, et préparer soigneu 
sement tous les travaux que lui imposent ses professeurs. 
Art. 25. Les élèves réguliers sont libres de suivre tous les coürs qu’ils 
désirent, en dehors du programme de la division dont ils font partie, pourvu 
que les heures de ces études volontaires ne coïncident pas avec celles de l’en 
seignement obligatoire de leur classe. Lorsqu’ils désirent suivre un cours donné 
dans l’une des cinq premières divisions, ils doivent préalablement justifier de 
connaissances suffisantes. Quant aux cours libres donnés par des agrégés, les 
élèves doivent se soumettre aux prescriptions de l’article 28.
        <pb n="380" />
        — 367 
Les élèves réguliers qui veulent suivre des cours en dehors du programme 
obligatoire pour leur division doivent, après avoir satisfait aux conditions 
indiquées dans cet article, s’inscrire auprès des professeurs de l’enseignement 
desquels ils veulent profiter. 
Art. 26. Ceux qui désirent suivre des cours en qualité de simples auditeurs 
doivent indiquer, au directeur de l’école, leur nom, leur lieu d’origine et leur 
demeure à Zurich. 
De plus, ils doivent avoir : i° sauf dispense, i y ans accomplis; 2° présenter 
un certificat de moralité satisfaisant; 3° justifier de connaissances suffisantes, 
dès qu’ils veulent suivre des cours spéciaux donnés dans l’une des cinq pre 
mières divisions. 
Art. 27. Ceux qui suivent des cours en qualité d’auditeurs sont tenus de 
payer pour chaque cours des honoraires, dont le montant est fixé, soit par les 
professeurs en titre, soit par les agrégés. Ces honoraires, lorsqu’il s’agit de 
cours donnés par des professeurs en titre, ne peuvent être de plus de h francs 
par semestre pour une heure de leçon par semaine. 
Les auditeurs ont à payer une indemnité pour l’usage des laboratoires et des 
ateliers. 
Ceux qui, se destinant à la carrière de l’enseignement, suivent quinze heures 
de leçons au moins par semaine seront mis, pour les écolages, sur le même 
pied que les élèves réguliers. 
Après avoir satisfait aux conditions déterminées par les articles 26 et 2y, les 
auditeurs doivent s’inscrire auprès des professeurs dont ils désirent suivre les 
cours. 
Art. 28. Les étudiants distingués, s’ils sont dans l’indigence, pourront être 
exemptés de payer les indemnités ainsi que les écolages pour les cours des 
professeurs rétribués par la Confédération. 
Art. 21). Tous les payements doivent être faits à l’avance entre les mains 
du caissier de l’école. 
Art. 30. Autant que faire se pourra, les étudiants, tant élèves réguliers 
qu’auditeurs, seront autorisés à travailler, en dehors des heures de classe, dans 
les salles de dessin, dans les laboratoires et dans les ateliers de l’école. 
Art. 31. Nul ne peut suivre, pendant plus de huit jours, un cours en qua 
lité d’assistant provisoire. Lorsqu’il s’agit d’un cours donné dans I une des cinq 
premières divisions, cette fréquentation temporaire des leçons ne peut avoir 
lieu sans l’autorisation préalable du professeur.
        <pb n="381" />
        ■ s rp: 
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— 368 — 
Art. 32. Si létat de sa santé ou toute autre circonstance de force majeure 
oblige un élève régulier à manquer à l’école plus d’un jour, il devra immédia 
tement en prévenir le directeur. 
Art. 33. Lorsqu’ils changent de demeure, les étudiants, tant élèves régu 
liers qu’auditeurs, doivent, dans un délai de trois jours, indiquer leur nou 
velle adresse au directeur. 
2° Discipline. 
Art. 34. Les étudiants de l’école polytechnique sont, comme tous les habi 
tants du canton, soumis aux lois, aux arrêtés et aux autorités de l’Etat et de la 
ville de Zurich. 
Art. 35. Le droit de connaître des crimes, délits et contraventions de police 
que pourraient commettre des étudiants appartient exclusivement aux tribunaux 
ordinaires et aux autorités du canton rie Zurich. — En outre, les autorités et 
les fonctionnaires de l’école polytechnique ont le droit de punir les infractions 
à la discipline intérieure. — Dans tous les cas où les autorités civiles et sco 
laires seraient appelées en même temps à sévir, les peines prononcées par le 
magistrat ou les tribunaux seront subies les premières. 
Art. 36. Les principales infractions à la discipline sont les suivantes: négli 
gence apportée aux études, oubli du respect et de l’obéissance dus aux autorités 
et aux professeurs de l’école, dérèglement notable des mœurs. 
Art. 37. Les manifestations solennelles et les promenades aux flambeaux 
ne sont permises aux étudiants qu’à la condition pour eux de se soumettre aux 
prescriptions de police locale et de se munir d’une autorisation préalable du 
directeur de l’école. 
Art. 38. Outre l’influence des professeurs et des conférences de chaque 
division, les peines suivantes serviront au maintien de la discipline : 
i° Admonestation devant le directeur ou la conférence générale des pro- 
. fesseurs ; 
2° Admonestation devant le président du conseil de l’école ou devant ce 
conseil lui-même ; 
3° Menace de renvoi ; 
4° Renvoi de l’école. 
Art. 39. Le renvoi d’un élève sera publié dans l’école même par une affiche; 
il en sera donné connaissance à la direction de police du canton de Zurich, 
ainsi qu’aux autorités du lieu d’origine de l’individu chassé. 
Art. 40. Les parents ou les tuteurs seront, à l’exception de la simple ou 
W ri
        <pb n="382" />
        — 369 — 
première admonestation prévue dans l’article 38, prévenus de toutes les puni 
tions infligées aux étudiants soumis à leur autorité. 
4° Des diplômes. 
Art.'46. Des études complètes et satisfaisantes, faites dans les cinq pre 
mières divisions, donnent droit aux diplômes suivants : 
i re division. Ecole des constructeurs (architecture, art de bâtir) : diplôme 
d’ingénieur constructeur. 
‘2 e division. Ecole du génie civil (ponts, chaussées, chemins de fer, travaux 
hydrauliques, géodésie) : diplôme d’ingénieur des ponts et chaussées; diplôme 
d’ingénieur topographe. 
3 e division. École de mécanique (mécanique industrielle, fabrication); 
diplôme d’ingénieur mécanicien. 
4 e division. Ecole de chimie (chimie industrielle, pharmacie) : diplôme de 
chimiste industriel ; diplôme de pharmacien. 
5 e division. École des forestiers (sylviculture, topographie, construction des 
ponts, chemins, travaux hydrauliques, etc. à l’usage des forestiers) : diplôme 
d’ingénieur forestier. 
Art. 47. Ces diplômes certilient que le titulaire a suivi d'une manière com 
plète et satisfaisante tout l’enseignement théorique de la division dont il faisait 
partie ; que les détails d’application et d’exécution enseignés â l’école lui sont 
familiers, et qu’il est en conséquence capable d’entreprendre et de diriger tous 
les travaux relatifs à sa profession. 
Art. 48. Pour pouvoir, au sortir de la dernière année de la division, 
demander un diplôme, il faut qu’un élève régulier ait satisfait aux conditions 
énumérées à l’article 38. 
Art. 49. Il faut en outre : i° qu’il ait, par son travail, par ses progrès dans 
les différentes branches d’études, tant théoriques que pratiques, satisfait aux 
légitimes exigences de l’école; 5° qu’il ait subi un examen oral, non public, 
sur toutes les branches d’études enseignées dans la division dont il fait partie; 
qu’il ait encore, d’après un programme arrêté d’avance, à laide des ressources . 
dont l’usage lui a été permis et dans un délai fixé, préparé un projet satisfai 
sant sur un sujet relatif aux branches spéciales pour lesquelles il demande le 
diplôme. Si le jury d’examen l’exige, il devra donner de vive voix des détails 
sur le projet qu’il a élaboré et en défendre les dispositions. 
Art. 50. Les diplômes seront délivrés à la fin des cours annuels, à l’époque
        <pb n="383" />
        des épreuves publiques. Les noms des élèves qui auront obtenu des diplômes 
seront publiés dans la feuille fédérale. 
5° Des examens publics, des promotions et de la sortie des étudiants. 
Art. 51. A la fin de l’année scolaire, un examen public a lieu dans chacune 
des cinq premières divisions. 
A cet examen est jointe une exposition des dessins, des plans et des mo 
dèles exécutés par les élèves dans le courant de l’année. 
Art. 52. Après cet examen, il sera statué sur le passage des élèves régu 
liers d’une année dans l’autre. 
Pour déterminer ce passage, il sera tenu compte aussi bien des travaux et 
des progrès des élèves pendant le courant de l’année que des résultats de 
l’examen. 
Le passage des auditeurs d’une année dans l’autre, pour les cours qu’ils 
suivent dans l’une des cinq premières dvisions, sera réglé par les progrès 
qu’ils auront faits. 
Art. 53. Un élève régulier peut rester au plus deux ans dans la même 
classe. Si, au commencement de la troisième année, il n’est pas de force à 
passer dans la classe suivante, il devra quitter la division dont il faisait partie. 
Il en est de même pour les auditeurs qui suivent quelques cours dans l’une 
des cinq premières divisions. 
Art. 54. Tout élève qui n’a pas été congédié pendant la durée des cours est 
tenu de prendre part aux examens publics et d’exposer les dessins, les plans et 
les modèles qu’il a exécutés pendant l’année scolaire. 
Art. 55. Lors de la concession des diplômes à des élèves réguliers, il sera 
tenu compte de ces examens annuels. Ces résultats seront, à cet effet, consignés 
dans les procès-verbaux des conférences de chaque division. 
Art. 56. Les élèves réguliers obligés de quitter l’école avant la fin de l’année 
scolaire doivent en avertir le directeur, et, s’ils sont mineurs, lui présenter une 
autorisation écrite de leurs parents ou de leurs tuteurs. Ils ne seront considérés 
comme libérés régulièrement qu’à la suite d’une notification faite dans la forme 
. indiquée ci-dessus. Les auditeurs doivent. dans le même cas, prévenir aussi le 
directeur de l’école, et, s’il l’exige, expliquer le motif de leur départ, 
Art. 57. Les élèves réguliers qui, après avoir subi des examens publies à 
la fin de l’année, ou après avoir rempli les formalités indiquées à l’article 56, 
quittent l’école avant les examens, peuvent, sur leur demande, obtenir un 
certificat d’étude pour les cours qu’ils ont suivis dans l’une des divisions.
        <pb n="384" />
        — 37 J — 
Art. 58. Les élèves réguliers qui se sont soustraits aux obligations men 
tionnées aux articles 56 et 56, sans pouvoir expliquer leur conduite d’une 
manière satisfaisante, ne peuvent obtenir ni diplôme ni certificat d’études. 
Art. 59. Les auditeurs peuvent demander des attestations certifiant qu’ils 
ont fréquenté certains cours; ils peuvent encore demander à subir un examen 
sur les enseignements qu’ils ont suivis, et, en vertu d’épreuves satisfaisantes, 
obtenir des certificats d’études. 
Les auditeurs qui quittent l’école avant la fin des cours sans remplir les for 
malités indiquées à l’article 56, ne peuvent, à moins de justifier pleinement 
leur conduite, obtenir aucune espèce de certificat. 
TITRE TROISIEME. 
DU PERSONNEL ENSEIGNANT. 
Art. 60. Le personnel enseignant de l’école polytechnique se compose de 
professeurs en titre et de professeurs agrégés. Les premiers se divisent en pro 
fesseurs ordinaires et professeurs adjoints. 
Art. 63. Les professeurs ordinaires et adjoints en titre reçoivent, dans la 
règle, un traitement fixe. Cependant Je titre de professeur pourra, dans cer 
taines circonstances, être conféré sans entraîner nécessairement pour le titulaire 
la jouissance d’un traitement. 
Le chiffre du traitement fixe alloué à un professeur ordinaire ou adjoint, 
rétribué, sera établi chaque fois par une convention préalable. 
Art. 64. Les deux tiers des écolages payés par chaque élève régulier et par 
chacun de ceux qui, se destinant à la carrière de l’enseignement, sont traités 
au point de vue financier, comme les élèves réguliers (article 27), seront par 
tagés entre lés professeurs ordinaires en titre dont ces élèves suivent les cours, 
et cela proportionnellement au nombre des leçons que donne (¿baque professeur. 
Le dernier tiers sera versé dans la caisse de l’école. 
Dans chaque cas particulier, il sera décidé si les professeurs adjoints auront 
une part dans les écolages. 
Art. 65. Les honoraires que payent les auditeurs pour suivre les cours des 
professeurs ordinaires et adjoints en titre, appartiennent en entier à ceux-ci, 
lorsqu’ils n’ont pas de traitement fixe. Quand ils perçoivent un traitement fixe, 
ils ont droit aux deux tiers de ces honoraires; le troisième tiers appartient à la 
caisse de l’école. 
Art. 78. Afin de compléter leur éducation pratique, les elèves réguliers
        <pb n="385" />
        des quatre premières divisions devront visiter les bâtiments en voie de cons 
truction, les ateliers, les mines et les fabriques qui avoisinent l’école. Lorsque 
la chose sera possible et utile, iis seront appelés à prendre part aux travaux 
de certaines exploitations. 
Les élèves de la cinquième division feront de fréquentes excursions dans les 
bois voisins de Zurich, pour s’y former d’une manière pratique à l’administra 
tion et à l’exploitation des forêts. 
Art. 75. line grande excursion, destinée à faire visiter aux élèves réguliers 
des cinq premières divisions les établissements et les lieux où ils peuvent 
compléter d’une manière pratique l’enseignement qu’ils reçoivent à l’école sera, 
sauf décision contraire, organisée annuellement dans chaque division sous la 
conduite d’un maître au moins. Tout étudiant pourra, dans sa division, prendre 
part à cette excursion. 
6° De la conférence générale. 
Art. 101. Tous les professeurs ordinaires en titre sont de droit membres 
de la conférence générale. 
Art. 102. Le directeur de l’école polytechnique convoque la conférence 
générale et en préside les séances. 
Art. 103. Un secrétaire, choisi dans son sein par la conference, rédige le 
procès-verbal de chaque séance. 
Art. 104. La conférence générale est chargée, tout en se conformant aux 
règlements et aux arrêtés du conseil d’école, de diriger les études et de main 
tenir la discipline. Elle veille à ce que les directions données par le conseil 
d’école soient suivies; elle pourvoit à l’exécution des arrêtés de ce corps; elle 
lui propose les mesures générales que lui paraissent réclamer la discipline de 
l’école et le bien des études. 
Art. 105. La conférence générale doit, en particulier, donner des préavis 
au conseil de l’école. 
Des conférences du corps enseignant. — La réunion de tous les professeurs 
d’une division forme une conférence spéciale à cette division. 
Ces conférences sont chargées de diriger l’enseignement de leur division 
conformément aux arrêtés du conseil d école. 
Administration et usage des collections. — Chacune des collections est placée 
sous la surveillance d’un directeur pris parmi les professeurs pour lesquels cette 
charge est obligatoire. Ce directeur a, sous sa responsabilité, la disposition
        <pb n="386" />
        des sommes allouées pour Jes collections et pour les établissements auxiliaires 
qui lui sont confiés. 
Les professeurs peuvent faire usage des collections en prévenant le directeur 
qui en est chargé : ils sont responsables des dégâts ou accidents. 
Les élèves pourront aussi faire usage des collections, mais sous la surveil 
lance particulière d’un professeur: ils sont également responsables des dégâts. 
Bibliothèque.— La bibliothèque est ouverte à tous les professeurs et aux étu 
diants, mais les professeurs agrégés et les étudiants doivent préalablement dé 
poser une caution. 
TITRE QUATRIÈME. 
1)U CONSEIL FÉDÉRAL COMME AUTORITÉ SUPÉRIEURE DE L ECOLE POLYTECHNIQUE , ET DU CONSEIL 
d’école SUISSE. 
Art. 1 18. Le conseil fédéral est l’autorité supérieure dirigeante et exécutive 
de l’école. 
Art. 119. Le conseil fédéral nomme le conseil d’école suisse, ses sup 
pléants et son président. 
Ce sont ces deux conseils qui ont toute l’autorité du pouvoir exécutif et ad 
ministratif le plus étendu sur le personnel et sur l’enseignement de l’école. 
Nous croyons inutile d’en reproduire ici les attributions principales. 
Le directeur de l’école et son remplaçant sont élus pour deux ans et choisis 
parmi tous les professeurs ; ils sont toujours rééligibles. 
Tout professeur est tenu d accepter les fonctions de directeur de l’école ou 
de son remplaçant, celles de principal d’une des divisions ou de directeur 
d’une des collections. 
PROGRAMMES. 
L’enseignement commence dans la première quinzaine d’octobre, et le pre 
mier semestre finit avant le dimanche des Rameaux -, le second semestre com 
mence quinze jours après Pâques, et finit au milieu du mois d’aoùt. 
Pendant l’année scolaire i863-i86â les matières d enseignement ont été 
réparties ainsi qu’il va suivre.
        <pb n="387" />
        CLASSE PRÉPARATOIRE DE MATHEMATIQUES. 
SEMESTRE D’HIVER. 
MATIÈRES DE L’ENSEIGNEMENT. 
Mathématiques élémentaires, algèbre, 
géométrie des solides, trigonométrie.. 
Physique expérimentale 
Allemand (pour les élèves qui l’ignorent). 
Français 
Eléments de géométrie descriptive.. . 
HEURES 
de leçons 
semaine. 
12 
4 
8 
SEMESTRE D’ETE. 
MATIERES DE L’ENSEIGNEMENT. 
Mathématiques élémentaires (suite), 
géométrie analytique, mécanique élé 
mentaire 
Physique expérimentale 
Eléments de géométrie descriptive. . 
Allemand (s’il est nécessaire) 
Français 
Géométrie pratique 
Dessin technique 
de leçons 
semaine. 
12 
4 
2 
8 
3 
3 à 4 
6 
DIVISION. 
CONSTRUCTEURS. 
l re ANNÉE. 
Calcul différentiel et intégral 
Géométrie descriptive 
Histoire de l’art antique et archéologie.. 
Art de la construction 
Projets de détails de construction 
Dessin d’architecture 
Dessin de paysage (non obligatoire).. . . 
Modelage (non obligatoire). . . 
Chimie expérimentale pour les élèves 
qui l’ignorent * 
Calcul différentiel et intégral 
Coupe des pierres 
Chimie technologique, matériaux 
Art de la construction 
Dessin de construction 
Histoire de l’architecture au moyen âge, 
Dessin d’architecture 
Dessin d’ornement 
Dessin de paysage (non obligatoire).. . . 
Modelage (non obligatoire) 
5 
4 
1 
3 
8 
4 
4 
4 
4 
9 
2 e ANNÉE. 
Histoire de l’architecture 
Théorie des ombres, perspective aérienne 
Mécanique 
Pétrographie 
Routes et constructions hydrauliques.. . 
Exercices de composition d’architecture. 
Exercices de constructions 
Dessin d’ornements 
Dessin de figure. . . 
Formes de la construction des routes 
depuis les Romains jusqu’à la Renais 
sance 
4 
3 
3 
3 
3 
4 
6 
4 
9 
Mécanique 
Perspective 
Histoire de l’art de construire 
Routes et constructions hydrauliques., . 
Exercices de compositions d’architec 
ture 
Dessin de constructions 
Dessin de figure 
(Modelage et dessin de paysage, comme 
dans le i* r cours . 
2 
3 
3 
4 
2 
4 
4 
9
        <pb n="388" />
        375 
SEMESTRE D’HIVER. 
MATIERES DE L’ENSEIGNEMENT. 
HEURES 
de leçons 
semaine. 
SEMESTRE D’ETE. 
MATIERES DE L’ENSEIGNEMENT. 
HEURES 
de leçons 
semaine. 
Histoire de l’architecture 
Géologie technique, exercices de com 
positions architecturales 
Exercices de constructions 
•Droit civil et administratif 
Dessin d’ornement 
Progrès dans la construction des routes 
depuis les Romains jusqu’à la Re 
naissance 
Histoire de 1 architecture 
Exercices de compositions 
Dessin de constructions 
Droit civil et administratif 
(Modelage et dessin de paysage, comme 
au i CI cours. ) 
Des voûtes et des toitures incombustibles. 
Plans de constructions agricoles 
Nota. — La conférence de spécialité veillera à ce que les élèves passent chaque jour, sous une 
surveillance convenable, un nombre d’heures consécutives dans les salles de dessin. 
Dans le semestre d’été, ou fera pour cette spécialité un cours de chimie technologique des 
matériaux de construction. 
Le dessin de figure est obligatoire en seconde année, et facultatif en première et troisième 
an née. 
Le dessin de paysage et le modelage ne sont pas des éludes obligatoires, mais les plans d’études 
des trois années permettent aux élèves de suivre ce cours totalement ou partiellement. 
2 e DIVISION. 
GENIE CIVIL. 
ANNÉE. 
Calcul différentiel ctintégral ( ï" partie 
Répétitions : les élèves y assisteront par 
groupes 
Calcul différentiel et intégral, par un 
autre professeur 
Répétitions 
Géométrie descriptive 
Répétitions (par groupes d’élèves .. . . 
Topographie 
Constructions (Cours de) 
Exercices de constructions 
Dessin de machines 
Dessin de lever de plans 
Pétrographie 
Chimie expérimentale ( pour les coin 
mencants) et répétitions 
Calcul différentiel et intégral, géométrie 
analytique à trois dimensions 
Répétitions ; les élèves y assisteront par 
groupes 
Calcul différentiel intégral et géométrie 
analytique, par un autre professeur. . 
Répétitions 
Coupe des pierres 
Répétitions (par groupes d’élèves) 
Chimie technologique des matériaux de 
construction 
Cours de constructions 
Dessin de constructions 
Dessin de machines 
Dessin de lever de plans 
Arpentage 
Topographie
        <pb n="389" />
        SEMESTRE D'HIVER. 
MATIERES DE L'ENSEIGNEMENT. 
HEURES 
de leçons 
semaine. 
SEMESTRE D’ETE. 
MATIERES DE L’ENSEIGNEMENT. 
RECRES 
de leçons 
semaine 
Calcul diflereiitiel et intégral ( 2*partie). 
Même étude, en français 
Physique expérimentale en vue des ap 
plications techniques ( 1" partie). . . . 
Répétitions 
Mécanique technique. 
Répétitions (par groupes d’élèves) 
Ombres et perspective aérienne 
Astronomie ( 1” partie) 
Géologie technique 
Terrassements, fondations, ponts en 
pierre et tunnels 
Répétitions (par groupes d’élèves) 
Statique graphique 
Exercices de constructions. 
Dessin de cartes 
3 
2 
3 
3 à 4 
2 
6 
3 
Calcul différentiel et intégral (suite). 
Même étude, en français 
Perspective 
Théorie des machines 
Astronomie, i re partie (suite) 
Exercices à fobservatoire (par groupes 
d’élèves) 
Physique expérimentale en vue des ap 
plications techniques ( 2 e partie). .. . 
Répétitions 
Ponts en bois et routes 
Répétitions (par groupes d’élèves) .... 
Exercices de constructions 
Dessin de cartes. 
2 
2 
3 
6 
3 
12 
4 
1 
3 
1 à 2 
6 
3 
3 e ANNÉE. 
Théorie des machines (suite), machines 
à vapeur (sans répétitions) ....... 
Astronomie (2' partie) 
Géodésie 
Pouls en fer, routes, chemins de 1er. . 
Répétitions (par groupes d’élèves). . . 
Exercices de constructions 
Droit administratif. 
Dessin de cartes 
3 
4 
3 à 4 
6 
] 
3 
Constructions hydrauliques 
Répétitions 
Astronomie, 2 e partie suite) 
Géodésie 
Exercices de constructions 
Droit administratif. 
Dessin de cartes 
Exercices à l’observatoire (par groupes 
d’élèves 
4 
1 à 2 
3 
3 
6 
2 
3 
12 
Nota. — La chimie technologique des matériaux de construction , les exercices d’arpentage et 
les exercices à l’observatoire sont suivis, dans cette spécialité, pendant le semestre d’été. 
Dans la troisième année, on fera en sorte que les élèves aient souvent l’occasion de se livrer à 
des exercices de constructions. 
3 e DIVISION. MÉCANICIENS. 
Calcul différentiel et intégral (1" partie). 
Répétitions (par groupes d’élèves) 
Calcul différentiel et intégral (en fran 
çais) 
Calcul différentiel et intégral, géométrie 
analytique à trois dimensions 
Répétitions pour les deux études (par 
groupes d’élèves)
        <pb n="390" />
        48 
377 — 
SEMESTRE D’HIVER. 
MATIÈRES DE L’ENSEIGNEMENT. 
HEURES 
de leçons 
semaine. 
SEMESTRE D’ÉTÉ. 
MATIÈRES DE L’ENSEIGNEMENT. 
HEURES 
de leçonsi 
semaine. 
l rc ANNÉE. (Suite.) 
Répétitions 
Géométrie descriptive 
Répétitions (par groupes d’élèves) 
Géométrie analytique avec exercices.. .. 
Dessin de machines 
Technologie mécanique, i re partie (fila 
ture, tissage, papeterie) 
Chimie expérimentale (pour les com 
mençants) 
1 
4 
2 
3 
8 
3 
6 
Calcul dilîérentiel et intégral, et géomé 
trie analytique (en français) 
Répétitions 
Coupe de pierres 
Répétitions 
Mécanique technologique ( ï" partie).. . 
Répétitions (par groupes d’élèves) 
Chimie technologique des matériaux de 
construction 
Métallurgie 
Dessin de machines 
Constructions civiles et exercices de 
dessin 
4 
1 
4 
2 
6 
3 
1 
2 
5 à 6 
4 à 5 
Calcul différentiel et intégral ( 2 e partie). 
La même étude (en français) 
Physique expérimentale en vue d’appli 
cations techniques 
Répétitions 
Mécanique technique (suite) 
Répétition (par groupes d’élèves) 
Cours de construction de machines 
( i re partie) 
Technologie mécanique, 2 e partie (tra 
vail du bois et du fer) 
Construction de machines 
2 e ANNÉE. 
2 
2 
4 
1 
6 
3 
6 
3 
8 
Calcul différentiel et intégral, 2 e partie 
(suite) 
La même étude (en français) 
Connaissance théorique des machines 
( i” partie) 
Physique expérimentale (2 e partie), en 
vue d’applications pratiques 
Répétitions 
Cours de construction de machines 
i rc partie (suite) 
Construction de machines. 
2 
2 
6 
4 
1 
4 
12 
Connaissance théorique des machines.. 
Cours de construction de machines 
(2 e partie) 
Exercices de construction de machines.. 
Ponts en fer, routes, chemins de fer. . . 
3 e ANNÉE. 
G Connaissance théorique des machines 
(2” partie), locomotives, bateaux à 
Q vapeur 
g Cours de construction de machines 
( 2 e partie) 
Exercices de construction de machines.. 
3 
G 
12 
NOTA. — Pendant le semestre d’été, les élèves suivent en outre les cours de métallurgie et de 
technologie chimique des matériaux de construction. 
Pendant le semestre d’hiver et pendant le semestre d’été, on veille a ce que les élevés de troisième 
année aient occasion, autant que possible, de travailler à des exercices de construction.
        <pb n="391" />
        ti EM EST K K D’HIVER. 
MATIÈRES DE L’ENSEIGNEMENT. 
HUCHES 
de leçons 
semaine. 
SEMESTRE D’ETE. 
MATIERES DE ¡.’ENSEIGNEMENT. 
HEURES 
de leçons 
semaine 
4° DIVISION. CHIMISTES. 
ANNEE. 
Chapitres choisis tie la chimie minérale. 
Physique expérimentale en vue des ap 
plications à la chimie 
Répétitions 
Technologie chimique : produits chi 
miques 31 
Technologie chimique : * Verre et cé-&gt; 
ramique 1 
Répétitions et entretiens 
Cours descriptif de machines 
Minéralogie et répétitions 
Principes de botanique générale 
Zoologie + 
‘Dessin technique, pratique, analytique. 
“ Chimie expérimentale avec un aperçu 
des composés organiques (avec répé 
titions) 
Chimie organique 
Chimie analytique 
Métallurgie 
+Techriologie chimique des matériaux de 
construction 
Exercices dans le laboratoire technique. 
Zoologie générale et anthropologie 
‘ Minéralogie élémentaire 
+ Répétitions de minéralogie 
Dessin technique 
* Botanique spéciale au point de vue des 
plantes officinales les plus importantes 
pour la vie et l’industrie 
6 
3 
2 
1 
12 
3 
4 
2 
4 
‘Technologie chimique (blanchiment, 
teinture, impression) 
* Répétitions et entretiens 
* Technologie mécanique, i rc partie (fila 
ture et tissage) 
* Cristallographie appliquée 
'Géologie technique 
Pratique technique 
‘ Dessin technique 
+ Chimie pharmaceutique 
+ Botanique pharmaceutique 
3 
1 
3 
3 
2 
12 
4 
3 
3 
Éclairage et chauffage i 2 
Exercices au laboratoire technique 12 
Technologie chimique des industries ali 
mentaires j 
Exercices dans le laboratoire analytique.: 
Exercices de détermination des minerais. 
* Pharmacognosie 
Nota. Les cours marqués d’un astérisque ne sont obligatoires que pour les élèves de la divi 
sion technique; les cours marqués d’une croix ne le sont que pour ceux de la direction pharma 
ceutique; les cours marqués de deux astérisques ne sont pas obligatoires pour les élèves de première 
année, mais ils ont le droit de les suivre. 
Pendant le semestre d’été, on voit la chimie organique, la chimie analytique; 'la métallurgie; 
la technologie chimique des matériaux de construction; + un aperçu de zoologie; +la botanique 
spéciale; le chauffage, l’éclairage; les industries alimentaires, la détermination des minéraux; +la 
pharmacognosie; + l’étude des plantes officinales. Les cours désignés par une croix ne sont obli 
gatoires que pour les techniciens; ceux désignés par un astérisque ne le sont que pour les pharma 
ciens. Outre le temps obligatoire, les laboratoires sont encore ouverts, pour les élèves, à d’autres 
jours et à d’autres heures.
        <pb n="392" />
        •SEMESTRE D’HIVKH. 
MATIKRKS l)B 1,’ENSEIUNEMENT. 
HEURES 
Je leçons 
semaine. 
SE.M EST REJD’ETE. 
MATIÈRES DK I,’ENSEIGNEMENT. 
HEURES 
Je leçons 
O DIVISION. 
Mathématiques eu vue des applications 
à la pratique forestière 
Principes de holán ¡que générale 
Pétrographie 
Topographie 
Dessin de plans 
Encyclopédie des sciences forestières.. . 
Droit forestier ( i re partie) 
Excursions et exercices de taxations.. . . 
* Chimie expérimentale, avec aperçu des 
combinaisons organiques, et répéti 
tions 
3 
3 
3 
3 
3 
4 
1 
jour. 
ECOLE FORESTIERE. 
ANNÉE. 
Entomologie forestière i 
Soin des forêts, y compris la théorie des! 
assèchements 
Botanique économique 
Topographie 
Dessins de plans 
Arpentage 
Excursions dans les forêts et travaux pra 
tiques 
Droit forestier 
* Introduction à l’exploitation des forêts. 
(La fréquentation de ce dernier cours 
est facultative.) 
Exploitation des forêts 
Utilisation des forêts 
Administration forestière . . . . 
Connaissance de l’exposition (agronomie 
et climatologie) 
Géologie technique 
Boutes et constructions hydrauliques . . 
Droit forestier ( 2' partie) 
Excursions et exercices de taxation. . .. 
Statique et statistique forestières 
Culture des forêts 
Economie forestière de l’Etat 
Boutes et constructions hydrauliques.. . 
Droit forestier 
Chimie agricole 
Excursion dans les forêts et exercices 
pratiques 
¡Nota. — Ceux qui connaissent sullisamment la chimie minérale sont dispensés de ce cours, et 
tenus d assister aux chapitres choisis de chimie minérale avec la spécialité des chimistes. 
Pendant le semestre d’été, on suivra le cours de culture forestière. : soins des forêts, connaissance 
des terrains, statistique forestière, botanique spéciale, botanique forestière, insectes forestiers, 
chimie agricole, exercices de levé de plans. 
6 e DIVISION. 
Physique expérimentale 
Répétitions (en allemand) 
Répétitions (en français) 
Magnétisme, électricité, galvanisme.. . . 
Physique expérimentale dans une direc 
tion chimique 
Répétitions 
Géologie générale 
— I. 
4 
1 
2 
3 
4 
4 
4 
SCIENCES NATURELLES. 
Physique expérimentale 
Répétitions (en allemand) 
Répétitions (en français) 
Physique de la terre . 
Physique expérimentale dans une direc 
tion technique, 2 e partie (optique, ma 
gnétisme, électricité) 
Répétitions
        <pb n="393" />
        111! 
380 
SEMESTRE D’HIVER. 
MATIÈRES DE L’ENSEIGNEMENT. 
HEURES 
de leçons 
semaine. 
SEMESTRE D’ÉTÉ. 
MATIERES DE L’ENSEIGNEMENT. 
HEURES 
dô leçons 
semaine. 
J. SCIENCES NATURELLES. (Suite.) 
Géologie du Jura 
Géologie paléontologique des terrains 
de sédiment 
Botanique pharmaceutique. 
Plantes antédiluviennes. . . . 
Insectes fossiles. . 
Botanique générale 
Exercices microscopiques . . 
Zoologie 
Chimie expérimentale avec un aperçu 
des combinaisons organiques 
Répétitions 
Pratique analytique 
Chimie pharmaceutique 
Histoire de la chimie 
Chimie générale 
Théorie mathématique de la chaleur.. 
Des volcans 
Géologie ( les volcans exceptés) 
Géologie du Jura 
Botanique spéciale 
Cryptogames 
Exercices microscopiques 
Chimie organique 
Chimie analytique 
Pratique chimique 
Principes de la chimie minérale 
Répétitions 
Exposition comparée des nouvelles théo 
ries chimiques 
(R Les élèves les plus exercés obtiennent l’auto 
risation de visiter le laboratoire tous les jours, 
excepté le samedi. 
T 
3 
3 
1 
6 
2 
6 
6 
2 
12 
4 
I 
11. SCIENCES MATHÉMATIQUES. 
Des intégrales définies 
Des équations différentielles totales, avec 
applications 
Algèbre supérieure (théorie des équa 
tions) 
Théorie des fonctions d’une variable 
complexe 
Eléments de la théorie des nombres.. . . 
Introduction au calcul différentiel et in 
tégral 
Géométrie analytique, surtout des lignes 
courbes planes 
Practicum méthodique comme introduc 
tion à l’enseignement des mathéma 
tiques et à la connaissance complète! 
du système mathématique 
Approximation numérique 
Exercices dans l’exécution de grands cal 
culs astronomiques 
Elément d astronomie et de géographie 
mathématiques j 
2 
2 
2 
2 
3 
4 
2 
2 
2 
4 
2 
Chapitres choisis du calcul intégrai suri 
l’application des valeurs imaginaires. 5 
Sur l’application à la géométrie 
Calcul des variations 2 
Géométrie analytique des droites et des 
courbes planes 2 
Eléments d’astronomie et de géographie 
mathématiques (suite), astrognosie. . 2 
Géométrie de la position 3 
Avec exercices de construction j 9 
Introduction au calcul infinitésimal et au 
calcul des probabilités j &lt;± 
Exercices mathématiques 2 
Chapitres choisis de la géographie nou 
velle 2 
Application du calcul différentiel et in 
tégral à la mécanique •.....; g
        <pb n="394" />
        — 381 
SEMESTRE D’HIVER. 
MATIÈRES DE L’ENSEIGNEMENT. 
HEURES 
de leçons 
semaine. 
SEMESTRE D’ETE. 
MATIERES DE L’ENSEIGNEMENT. 
HEURES 
de leçons 
semaine. 
III. LANGUES ET LITTERATURE. 
Histoire de la poésie moderne allemande 
(suite) 
Aperçu sur l’histoire de la littérature en 
Europe au xix e siècle 
Histoire générale de la langue et de la 
littérature françaises depuis son origine 
jusqu’au xvn e siècle 
Exercices de langue française 
Histoire delà littérature anglaisejusqu’au 
règne d’Élisabeth 
Sonnets de Shakespeare, traduits et 
éclaircis 
Exercices anglais ayant la grammaire 
pour base 
Il genio e gii scritti di Galileo Galilei.. 
Exercizii di lingua , lettura , tradizioni e 
composizioni 
2à 3 
2 
Histoire de la poésie allemande moderne 
depuis J. P. Fr. Richter jusqu’à nos 
jours 
Drames de Shakespeare 
Histoire générale de la littérature fran 
çaise , le Siècle de Louis xiv 
Exercices, lectures et explications de 
l’Art poétique de Boileau et du Bour 
geois gentilhomme de Molière 
Histoire de la littérature anglaise depuis 
le règne d’Élisabeth 
Hamlet de Shakespeare, traduit et com 
menté 
Littérature de l’école de Galilée 
Excrcizi di lingua e lettura 
Mythologie germanique 
Le chant de Nubelingen 
La Edda 
IV. SCIENCES HISTORIQUES , POLITIQUES ET MILITAIRES. 
Aperçu de l’histoire de l’antiquité 
Histoire du temps de Frédéric le Grand 
et de la Révolution française (17/io- 
1 799) 
Histoire antique, artistique et archéolo 
gique 
Durer et Holbein, leurs contemporains 
et leurs prédécesseurs 
Développement politique et intellectuel 
de la Suisse depuis les temps les plus 
reculés jusqu’à la réformation. . . . 
Les avant coureurs de la révolution suisse. 
Explication des sculptures du musée ar 
chéologique 
Mythologie et anthologie 
Droit administratif en Suisse 
Droit fédéral des États-Unis de l’Amé 
rique du Nord 
Économie politique 
Cours élémentaire de statistique.... 
Droit commercial 
Droit civil et administratif 
Droit forestier 
2 
Organisation de l’artillerie suisse (ca 
nons , caissons, équipages, munitions), 
gratis 
Histoire de la civilisation et des mœurs 
avant 1ère chrétienne, surtout chez les 
Grecs et les Romains 
Histoire du xix° siècle, i rc partie (1800- 
i83o) 
Développement politique et de la civili 
sation en Suisse, depuis la conclusion 
du traité perpétuel des cantons pri 
mi tifs jusqu’à la formation de la con 
fédération des treize cantons ( 1315 
1513 ) * 
Les réformateurs suisses du xvm e siècle 
Les arts au moyen âge 
Les arts au xix c siècle 
Histoire artistique 
Applications de la science économique 
1 lois distributives et lois fiscales. 
Droits administratifs des cantons suisses 
Droit civil et administratif 
Droit forestier 
Droit commercial 
2 à 3
        <pb n="395" />
        SEMESTRE D’HIVER. 
MATIERES DE L'ENSEIGNEMENT. 
j HEURES 
• de leçons 
par 
! semaine. 
Perspective 
Paysage à l’aquarelle, à la sépia, au 
crayon 
Dessin de figure d’après des feuilles et 
des modèles, au crayon, à la craie ou 
à l’encre de Chine 
Exercices de modelage 
Sténographie d’après le système d’Arendt. 
(Un cours de six semaines environ.).. 
SEMESTRE D’ETE. 
M ATIÈRES DE {.’ENSEIGNEMENT. 
HEURES 
de leçons 
semaine. | 
V. ARTS. 
Paysage à l’aquarelle, à la sépia, au 
crayon, au charbon 
Dessin de figure d’après des feuilles et 
des modèles, au crayon, à la craie, ou 
à l’encre de Chine 
Dessin d’ornements à l’encre de Chine, 
à la craie et aux couleurs 
Modelage en plâtre et argile; prépara 
tion du stuc, mosaïques 
Nombre d’élèves. — Dans l’année courante 1863-1864, le nombre total 
fies élèves réguliers et des auditeurs libres a été de 5io, répartis ainsi qu’il 
suit : 
NUMERO 
DE I, * DIVJStON. 
1" division 
2 e division 
3* division 
4 e division 
5' division 
6' division 
SPECIALITE 
de 
l’imiC N JE «EST. 
DUREE 
DES ETUDES. 
Cours préparatoire.. 
i ï” année.. 
Constructeurs ’ année. . 
(3 e année.. 
j i re année. . 
Ingénieurs. . / \2 C année. . 
f 3 e aimée. . 
[ i r *année. . 
Mécaniciens b' année.. 
(3 r année.. 
i"année. . 
2' année.. 
i re année. . 
2 e année.. 
Chimistes. 
Forestiers 
NOMBRE 
d’élèves 
année. 
NOMBRE 
réguliers. 
23 ] 
7 ( 
5 J 
51 ) 
45 
44 ) 
71 j 
41 ( 
35 ) 
29 ) 
22 { 
10 , 
12 i 
40 
25 
57 
62 
29 
18 
34 
Totaux 265 
NOMBRE 
auditeurs 
30 
10 
83 
85 
22 
4 
11 
245 
NOMBRE 
par spécialité 
d’enseiguement. 
70 
35 
140 
147 
51 
22 
45 
510 
Ce résumé montre qu’il se 
lait une répartition assez inégale des élèves
        <pb n="396" />
        383 
réguliers et des auditeurs libres entre les différents cours; mais il fait voir en 
même temps que, dans la division des constructeurs, les cours de troisième 
année sont beaucoup moins suivis que ceux des deux premières années : cette 
différence provient sans doute de ce que ce dernier cours est plus spécialement 
suivi par les élèves qui aspirent à devenir architectes pour les bâtiments pu 
blics, tandis que les autres suffisent pour les travaux privés. 
On peut aussi remarquer une différence analogue et considérable pour la divi 
sion des mécaniciens, qui, de 71 élèves en première année, se trouve réduite 
à a5 en troisième. Peut-être en rendant l’enseignement plus simple, comme 
nous l’indiquerons plus loin, parviendrait-on à conserver jusqu’à la fin des 
études un plus grand nombre d’élèves. 
Observations générales. — On voit par ce qui précède que l’institut polytech 
nique de Zurich est à la fois une école de sciences pures et une école d’appli 
cation. Dans les cinq premières divisions, qui sont tout à fait techniques, les 
études théoriques sont conduites de front avec les études pratiques ou d’appli 
cation , et doivent, au point de vue théorique, être limitées à ce qui est néces 
saire. Dans la sixième division au contraire , où l’enseignement libre embrasse 
de nombreuses et. diverses branches d’études purement scientifiques, ces études 
peuvent recevoir beaucoup plus de développement : ce qui est d’autant plus 
convenable que cette division est naturellement destinée aux jeunes gens qui 
se proposent de cultiver les sciences, soit pour elles-mêmes, soit pour se livrer 
plus tard à l’enseignement. 
C’est précisément parce que cette dernière division offre à ceux des élèves 
qui le désirent tous les moyens d’étendre leurs études théoriques, sans être 
astreints à aucune limite de temps, qu’il nous paraîtrait possible d’alléger un 
peu la partie de l’enseignement mathématique des divisions spéciales des cous 
trucleurs, des ingénieurs et des mécaniciens, auxquels on peut, sans recourir 
à l’analyse mathématique supérieure, donner sur la résistance des matériaux, 
sur la stabilité des constructions et sur la mécanique, des notions aussi dévelop 
pées qu’il est nécessaire, à l’aide des éléments de la géométrie, de l’algèbre et 
de l’analyse infinitésimale. Mettre ainsi, par des méthodes simples, la science 
à la portée de tous les élèves, sans rien ôter de leur rigueur aux démonstra 
tions, c’est en faciliter la diffusion, c’est la faire goûter à un plus grand nombre 
d’esprits, sans en abaisser le niveau. 
Telles sont les seules observations que nous nous permettrons de faire sur 
l’ensemble de l’enseignement donné par les savants professeurs de 1 école poly 
technique de Zurich. 
Installation. — L’école polytechnique, dont nous venons de faire connaître
        <pb n="397" />
        la constitution, le réglement et les programmes a été fondée de la manière la 
plus libérale par le conseil fédéral et par la ville de Zurich, qui en est juste 
ment fière. Un bâtiment considérable, pb VI. élevé aux frais du canton, sur 
une hauteur qui domine la ville, contient tous les services, auxquels de vastes 
emplacements ont été assignés. Des collections nombreuses en tous genres, des 
dessins destinés à l'enseignement, des modèles de machines très-bien exécutés 
et à l’échelle, une riche bibliothèque y sont déjà réunis; et, à mesure que les 
locaux, non encore terminés, pourront les recevoir, les riches collections de 
zoologie, de botanique, de minéralogie et de paléontologie que possède la ville, 
y seront successivement classées. 
Budget. — Le budget de l’école a été augmenté, et, pour l’année 1866, il 
s’élève à la somme de trois cent (¡mirante mille francs, dont la Confédération 
supporte 2 0oooo { 
Le canton de Zurich i 6000 
Les intérêts de la fondation spéciale 10000 
La rétribution scolaire, élevée à 100 francs par élève, environ. 66000 
Somme égale 34oooo* 
Mota. — La rétribution scolaire, dont un tiers seulement entre dans la 
caisse de l’école, et qui n’était à l’origine que de 5o francs, a été élevée à 100 
francs pour les Suisses et les étrangers; on compte qu’elle produira, au moins, 
les 66000 francs indiqués ci-dessus. 
Le nombre maximum d’élèves que l’école puisse recevoir est de 600, et 
en 1863-1866 il atteignait le chilire de 5 10, comme l’indique le tableau pré 
cédent. 
Laboratoires de chimie. — Ces laboratoires méritent, par leur excellente dis 
tribution, une mention spéciale, parce qu’ils peuvent servir de modèles pour 
des établissements analogues. Ils sont partagés en deux parties : l’une consacrée 
aux travaux d’analyse, l’autre aux opérations techniques; chacune d’elles peut 
recevoir 60 élèves, simultanément occupés à des manipulations. Nous en joi 
gnons le plan à ce rapport, pi. VI. 
La rétribution exigée pour ces travaux est de 4 francs par mois, et les appa 
reils ainsi que les réactifs sont fournis gratuitement.
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        RAPPORT PARTICULIER 
SUR UES ÉTABLISSEMENTS D’ENSEIGNEMENT 
DANS 
LE ROYAUME DE WURTEMBERG. 
DES ÉCOLES PRIMAIRES. 
Les lois qui rendent l’enseignement obligatoire, dans le royaume de Wurtem 
berg, ne sont pas très-anciennes. La première date du 29 septembre 1 836, et 
la deuxième du 6 novembre i85s. Leur application n’a souffert aucune diffi 
culté, même dans les parties du pays où la nature semblait pouvoir en 
présenter. 
Toute localité composée de trente l’eux doit avoir une école, et un institu 
teur ne doit jamais être chargé de l'instruction de plus de 90 enfants. 
La surveillance de ces écoles, pour les études et pour la direction morale, 
la nomination des instituteurs, la construction et l’entretien des bâtiments, le 
contrôle sur les écoles normales d’instituteurs et sur les écoles libres, sont dans 
les attributions du consistoire de l’église réformée pour les communes de cette 
confession, et dans celles du clergé catholique pour les communes de ce culte. 
Dans les deux cas, les écoles Israélites sont sous la même autorité que les écoles 
chrétiennes de la localité. 
Les enfants qui entrent en apprentissage sont obligés de suivre les écoles du 
dimanche jusqu’à 18 ans. 
ÉCOLES DES FABRIQUES. 
Dans ce royaume, la règle est tellement passée dans les mœurs, qu’une loi 
sur le travail des enfants dans les fabriques y est devenue, au moins sous ce 
rapport, très-peu nécessaire. Les établissements industriels qui emploient des 
enfants et qui sont un peu isolés ont presque tous des écoles, que l’on trouve 
aussi bien tenues que celles des communes. 
ÉCOLES DE DESSIN. 
Le que les écoles primaires de Wurtemberg offrent de particulièrement re-
        <pb n="402" />
        marquable, c’est le développement très-grand qui v a été donné à l’ensei 
gnement du dessin. 
La direction du commerce et de l’industrie a obtenu du ministère de l’ins 
truction publique et des cultes qu’il fût joint à toutes ces écoles des classes 
de dessin industriel, et ce ministère a eu la sagesse de laisser à cette direction 
le soin d’organiser et de surveiller la marche des écoles ainsi créées après 1 ex 
position universelle de i85i, pour mettre l’industrie du pays en état de soute 
nir, sous le rapport de l’art industriel, la concurrence avec la France. 
Ces écoles étaient d’abord gratuites, mais ou a reconnu que l’on en assurerait 
mieux la fréquentation en exigeant une légère rétribution scolaire, variée, 
suivant les moyens des élèves, depuis 1/2 florin jusqu’à 12 florins (1 fr. 
5 cent, à 25 fr. 20 cent.) par an. 
Les professeurs sont, autant que possible, choisis parmi des ouvriers ou des 
maîtres ouvriers des industries principales de la localité-, qui, formés par les 
mêmes écoles, y ont acquis quelque talent. Mais ces ouvriers, devenus pro 
fesseurs, ne quittent pas leur métier et reçoivent seulement une indemnité 
d’environ 2 fr. 2 5 cent, par heure de leçon. Ils en donnent ordinairement trois 
de deux heures chacune, par semaine, de 7 heures à 9 heures du soir, ce qui 
élève l’indemnité qu’ils reçoivent à 5o ou 5à francs par mois. 
C’est ainsi qu’à Geisslingen il y a une école où 180 élèves sont dirigés par un 
maître maçon; dans plus d’une commune les chefs d’atelier ont si bien compris 
l’utilité de cet enseignement, qu’ils y conduisent eux-mêmes leurs jeunes ou 
vriers et les apprentis. 
Il a même été remarqué que des artistes du quelque talent n’ont pas aussi 
bien réussi que de simples ouvriers, ce qui prouve qu’il ne serait pas aussi 
difficile qu’on pourrait le croire de former promptement des professeurs pour 
ce genre d’enseignement élémentaire. 
La direction du commerce a adopté, pour les répandre dans toutes les 
écoles, des modèles, dont la première série, destinée aux commençants, con 
siste en lithographies simples et peu nombreuses, qui n’ont pour objet que 
de délier et d’exercer la main, en même temps que d’habituer l’élève à la gui 
der d’accord avec l’œil. Immédiatement après, les élèves dessinent d’après des 
modèles en plâtre, gradués depuis les plus simples moulures jusqu’aux plus 
beaux modèles de l’antiquité, que l’on réserve aux écoles principales. 
Ces modèles sont faits, à Stuttgard, par un modeleur qui a un tarif adopté 
par la direction. Ils sont livrés par lui aux écoles communales qui les payent, 
mais, à la fin de chaque année, la direction restitue aux écoles la moitié du 
prix quelles ont payé.
        <pb n="403" />
        — 387 — 
Outre ces modèles en relief, la direction du commerce a formé une collec 
tion des meilleures ouvrages publiés sur l’art industriel, depuis les plus précieux 
jusqu’aux plus modestes albums de meubles, d’ébénisterie, de bronzes, etc. 
Elle répand ces ouvrages dans tout le pays, en les prêtant aux professeurs des 
écoles pour un temps déterminé, ordinairement fixé à un mois. Ils doivent être 
rendus en bon état, et les dégradations éprouvées sont payées. 
Tous les deux ans, les écoles de dessin envoient à Stuttgard une collection 
de leurs dessins de tous genres pour une exposition, à la suite de laquelle on 
donne des prix à celles qui ont envoyé les plus beaux produits. Les maîtres eux- 
mêmes sont appelés à visiter celte exposition et à contrôler les jugements qui 
ont été portés. 
Parmi les maîtres les plus habiles, on en choisit quelques-uns qui, pendant 
les vacances ou à d’autres époques, vont, en qualité d’inspecteurs temporaires, 
visiter les autres écoles et y donner des conseils, parfois même des leçons par 
ticulières aux maîtres. 
Le dessin fait en outre partie de l’enseignement donné dans les écoles nor 
males d’instituteurs primaires, afin qu’ils puissent, plus tard, en enseigner les 
premiers éléments aux enfants. 
Enfin, parmi les élèves les plus habiles et qui ont fait preuve de plus de 
goût, on en choisit quelques-uns, que l’on envoie à l’école de dessin de Nurem 
berg, dont nous avons signalé la bonne direction. 
Par cet ensemble de mesures bien combinées et développées avec persévé 
rance, l'on a établi, dans le royaume de Wurtemberg, plus de /ioo écoles de 
dessin, et cette organisation, qui ne remonte guère à plus de dix ans, a déjà pro 
duit pour l’industrie du pays des progrès très-notables. 
L’exposition du dessin de toutes les écoles avait été prolongée et conservée, 
pour le moment de notre passage, par les soins bienveillants de M. le directeur 
du commerce, et nous avons pu juger des heureux résultats obtenus dans 
la plupart de ces écoles , non-seulement pour le dessin des différents genres, qui 
est en général exécuté avec beaucoup de vigueur et de franchise, mais encore 
pour le modelage, pour la sculpture sur bois et sur pierre, pour les papiers 
peints, pour les tissus, etc. 
A l’inverse de ce que nous avions appris avec regret en Prusse, les élèves 
dessinateurs de ces écoles qui ont acquis le plus de talent trouvent facilement 
à se placer dans le pays. Les plus remarquables sont d’ailleurs quelquefois 
envoyés en France pour se perfectionner, comme nous l’indiquerons plus loin. 
Une grande émulation s’est introduite parmi les instituteurs et les professeurs 
de dessin, et, outre les expositions bisannuelles faites par ordre du Gouverne- 
/lQ .
        <pb n="404" />
        — 388 — 
ment, il s’est formé une association libre des instituteurs qui, à l’aide de dons 
volontaires, s’est créé un fonds avec lequel elle organise des expositions régu 
lières de tous les travaux des élèves et distribue des récompenses. 
ÉCOLE DE TISSAGE. 
La direction du commerce et de l’industrie, installée dans un local qpi 
n’est heureusement, dit-on, que provisoire, et qui fait partie d’une caserne d’in 
fanterie, est parvenue cependant à y organiser des collections très-nombreuses 
de modèles de machines bien choisis et de modèles agricoles, ainsi qu’une belle 
collection technologique de produits et de matières très-variées. 
Mais I institution la plus remarquable qu elle y ait établie, c’est une école de 
tissage destinée, non à former des apprentis ou des ouvriers, mais à compléter, à 
développer, par 1 enseignement théorique du tissage, l’expérience déjà acquise 
par des ouvriers intelligents. A cet effet, elle choisit, parmi les tisserands, ceux 
qui, outre leur habileté professionnelle, ont montré le plus d’aptitude et de zèle 
aux écoles de dessin. Elle les réunit, au nombre de 8 à 10 seulement, dans une 
école où elle a installé a5 métiers variés, avec les appareils accessoires pour 
la préparation des cartes, etc. 
On les instruit de tous les principes de l’art du tissage, tant pour la décom 
position que pour la composition de tissus nouveaux. Ils montent leurs métiers 
et y exécutent les tissus qu’ils ont projetés. 
Celte instruction leur est donnée sans les éloigner de la pratique du métier, 
et ils sont astreints, par un travail de cinq à six heures par jour, à subvenir à 
leurs dépenses. Les produits de leur fabrication sont achetés par des fabricants 
qui fournissent la matière première. 
Ln même temps qu’ils s’instruisent dans la théorie du tissage, ces jeunes 
gens doivent apprendre le français et 1 anglais et se perfectionner dans Je 
dessin. Après deux ans de séjour, ceux qui se sont le plus distingués sont 
envoyés en France et en Angleterre, avec une indemnité, pour travailler 
comme ouvriers dans les fabriques, y étudier les procédés nouveaux et s’y per 
fectionner le goût. Ils reviennent ensuite dans leur patrie y rapporter ce qu’ils 
ont acquis. 
ÉCOLES MOYENNES (MITTELSCHULEN). 
Ce titre s’applique à tous les établissements qui donnent 1 instruction com 
prise entre les enseignements primaires et universitaires, tels que les séminaires 
théologiques protestants, les gymnases, les lycées, les écoles latines, les écoles 
réelles inférieures et supérieures, les écoles des métiers se rapportant à la cons 
truction des batiments et ne fonctionnant qu’en hiver, l’école des professeurs
        <pb n="405" />
        de gymnastique, l'école modèle de gymnastique de Stuttgard. Ces écoles 
moyennes relèvent, sous tous les rapports, du conseil des études (.Stadienrath) 
(pour la surveillance, la direction des études, les nominations des professeurs, 
les examens d’entrée et de sortie, etc.) directement pour celles de l’ordre le 
plus élevé et par ¡’intermédiaire des autorités locales pour les plus inférieures. 
Ce conseil des études est, en outre, chargé de la surveillance des institutions 
privées, qui donnent le degré d’instruction correspondant. 
SÉMINAIRES. 
il y a quatre séminaires inférieurs pour des jeunes gens de quatorze ;i dix- 
huit ans, et un séminaire supérieur à Tubingue. La durée des études est 
de quatre ans. 
L’Etat paye vingt-cinq bourses. A chaque séminaire inférieur il y a un doyen 
principal, deux professeurs, deux répétiteurs et un maître de musique. Au sé 
minaire supérieur il y a un doyen principal et neuf répétiteurs, sans compter 
les cours suivis à l’université. 
GYMNASES. 
Il y a en Wurtemberg sept gymnases, savoir: ceux de Stuttgard, d dm, 
d’Heilbronn, d’Ellwangen, d’Esslingen, de Rottweil, de Tubingen. Ils donnent 
un enseignement scientifique supérieur, et préparent aux universités. Celui 
d’Heilbronn a un internat pour /io élèves. 
lies lycées de Ludwigsbourg, Oehringen, Ravensbourg sont des établisse 
ments intermédiaires entre les gymnases et les écoles latines inférieures pour les 
jeunes gens de quatorze à seize ans. 
Dans les écoles latines (Lateinschulen), on enseigne aux enfants, jusqu’à l’âge 
de quatorze ans accomplis, les langues mortes à la suite de l’enseignement pri 
maire. 
Les écoles réelles inférieures sont, sous le rapport de ¡’âge des élèves et la 
position des professeurs, des établissements parallèles aux écoles latines (Latein 
schulen), et qui enseignent les connaissances dites réelles et le français, à l’exclu 
sion des langues anciennes. Pour les jeunes gens âgés de plus de 11\ ans, il y a, 
à Stuttgard, à dm, à Heilbronn, à Ludwigsbourg, à Esslingen, à Reutlingen, à 
Tubingen , à Rottweil et à Hall des écoles réelles supérieures , destinées à pré 
parer à l’école polytechnique, ou à donner une instruction plus complète à ceux 
qui se vouent aux carrières industrielles. 
Les écoles élémentaires, qui existent dans quelques grandes villes, préparent 
des enfants de six à huit ans pour les études philologiques ou les études réelles.
        <pb n="406" />
        — 390 — 
Lnfin Jes jeunes gens, surtout les apprentis el les compagnons des métiers qui 
se rapportent aux constructions des bâtiments, peuvent recevoir, pendant la 
saison d’hiver, une instruction spécialement organisée pour eux dans les écoles 
d’hiver en vue des travaux de bâtiment, nommées écoles d’hiver du bâtiment 
( ffinterbaugeiverkschulen), et fondées en i 8â5. 
Pour l’enseignement de la gymnastique, qui fait depuis i8â5 partie de 
l’enseignement dans les écoles primaires et moyennes, on a établi une école 
de professeurs de gymnastique, â laquelle est annexée l’établissement modèle de 
gymnastique de Stuttgard, fréquenté par les élèves du gymnase. 
ÉCOLES INDUSTRIELLES (GEWERBESCHULEN). 
Sous ce titre, il existe dans le royaume de Wurtemberg cent et une écoles du 
dimanche ou du soir, dans lesquelles on enseigne principalement le dessin, et 
dans quelques-unes des notions de sciences. 
Le nombre des élèves dans ces écoles a été, en i863, de 7979. 
ÉCOLES DE PERFECTIONNEMENT (FORTBILDVNGSCHULEN). 
Depuis 1 853, il a été nommé par le ministère une commission pour organiser 
et diriger les écoles de ce genre, aujourd’hui au nombre de quatre-vingt qua 
torze , en y comprenant les écoles du dimanche, et pour leur procurer le matériel 
nécessaire, ainsi que des professeurs de dessin convenables. L’enseignement 
qu’on y reçoit est le même que dans les précédentes, et il est donné en partie 
par les professeurs d’autres établissements, en partie par des professeurs spé 
ciaux. 
UNIVERSITÉ DE TUBINGEN. 
Cette université se compose de sept facultés, savoir : 
i° La faculté de théologie protestante; 
‘2° La faculté de théologie catholique; 
3° La faculté de droit; 
l\° La faculté de médecine; 
5° La faculté de philosophie; 
b° La faculté d’économie politique; 
7 0 La faculté des sciences. 
Il y a, en outre, comme accessoires : i° une bibliothèque; 2 0 le séminaire 
des pasteurs protestants; 3° l’institut anatomique; l’institut physiologique; 
5° le jardin botanique; 6° le laboratoire de chimie, avec divisions spéciales 
pour la chimie physiologique et pathologique, pour l’agriculture el la chimie 
technique; 7 0 le cabinet dinstruments de chirurgie; 8° des cliniques médicales,
        <pb n="407" />
        — 391 — 
chirurgicales et d’accouchement et hôpitaux; 9 0 la collection de zoologie et d’ana 
tomie comparée; io° la collection minéralogique et géognostique; 1 i° le cabi 
net de monnaies et d’antiquités; 1 2 0 le cabinet de physique; 1 3° l’observatoire 
et le cabinet astronomique; 1 4°. la collection agricole et forestière; 1 5° la col 
lection technologique; 1 6° le séminaire philologique de professeurs; 1 7 0 I école 
de dessin (institut); 18 0 la collection de tableaux; 19° l’école de cavalerie et 
le haras; 20 0 la salle d’armes; 21 0 l’école de gymnastique; 22 0 l’école de na 
tation. 
Cette université compte 75■ professeurs, dont à 1 ordinaires, 9 extraordi 
naires, et 19 agrégés. Pendant l’hiver 1862-1803, il y avait 620 élèves, 
dont 167 étrangers. 
Outre les 1 36ooo florins que cette école reçoit du Gouvernement, elle a 
un revenu propre de 3oooo florins environ. 
ÉCOLES AGRICOLES. 
Académie agricole ei forestière de Hohenheim, fondée en 1818. 
La durée de fenseignement de cette académie est de deux ans. Il est assez 
renommé. A l’école est jointe une exploitation agricole de 1000 acres (Morgen) 
ou 280 hectares. H y a, en outre, une école inférieure d’agriculture comprenant 
trois ans d’études pour 28 élèves, une école d’horticulture pour 6 élèves. 
L’établissement a un directeur professeur, 8 professeurs, et, en outre 9 adjoints. 
En 1862-1863, il y avait à l’école agricole 121 élèves, dont 82 étrangers, et 
à l’école forestière 33 élèves, dont 2 étrangers, en tout i84 élèves. 
Il y a en outre, sur les domaines royaux de Ellwangen, d’Ochsenbausen et de 
Kirchberg, trois écoles agricoles inférieures. 
ÉCOLE VÉTÉRINAIRE DE STUTTGART). 
La durée des études est de deux ans. Pour les élèves du Wurtemberg, l’en 
seignement et le logement sont gratuits. Les étrangers payent 8 florins par se 
mestre. On reçoit de 3o à fi o élèves. 
ÉCOLE POLYTECHNIQUE. 
L’école polytechnique de Stuttgard a, dans son organisation, une certaine 
analogie avec les universités d’Allemagne, en ce que, tout en formant des élèves 
pour diverses spécialités techniques de services publics et d’industries, elle 
ne détermine pas d’une manière absolue les cours que ces élèves doivent suivre 
pour acquérir l’instruction nécessaire, et leur en laisse à peu près le choix. 
G’est ce qifi résulte des dispositions contenues dans le règlement organique 
du 16 avril 1862.
        <pb n="408" />
        — 392 — 
L’enseignement s’adresse à Ja fois aux jeunes gens qui se destinent aux di 
verses spécialités principales des travaux publics et de 1 industrie, pour lesquelles 
l’étude des sciences est nécessaire au point de vue théorique et pratique, et à 
ceux qui veulent suivre la carrière de l’instruction publique scientifique. 
Il comprend cinq années d’études, dont deux préparatoires pour les sciences 
mathématiques, physiques et naturelles, et les trois autres pour les directions 
spéciales, qui sont : 
L’architecture; 
Le génie civil; 
La construction des machines; 
I 1 aux fabrications chimiques ; 
à la métallurgie ; 
à la pharmacie. 
11 va, en outre, une division commerciale exigeant une année d’études 
correspondant à la seconde année préparatoire. 
Les élèves sont partagés en élèves réguliers et en auditeurs libres. 
Pour être admis comme élève ordinaire, il faut satisfaire aux conditions 
suivantes : 
i° Avoir seize ans pour la division de mathématiques, quinze ans pour celle 
du commerce, et dix-huit ans pour les divisions techniques; 
2 e Présenter un certificat de bonne conduite; 
3° Avoir justifié, par un examen, qu’on possède les connaissances nécessaires 
pour suivre les cours ; 
\° Produire une autorisation de ses parents ou tuteurs. 
Les connaissances exigées sont : 
Pour la division de mathématiques : 
L’algèbre jusqu’aux équations du deuxième degré, l’usage des tables de lo 
garithmes ; 
La géométrie et la stéréotomie; 
Les éléments de la trigonométrie plane ; 
Les éléments de la langue française ; 
L’habitude de la rédaction en allemand; 
La connaissance de l’histoire; 
Des notions de géographie mathématique, physique et politique ; 
Le dessin linéaire et à main levée. 
Pour la division du commerce : 
L’habitude du calcul décimal et des opérations relatives au commerce; 
Le dessin;
        <pb n="409" />
        Les éléments de la langue française; 
La géographie. 
Pour être admis dans les divisions techniques, il faut prouver qu’on possède 
les connaissances nécessaires pour en suivre l’enseignement. 
Malgré la liberté laissée aux élèves ordinaires de suivre les cours qui leur 
conviennent, ils sont cependant astreints à ceux qui sont indispensables à la 
spécialité qu’ils ont choisie. 
La rétribution scolaire à payer est de i llorín (2 fr. 10 cent.) par heure de 
cours et par semaine. Elle se règle par semestre et ne peut excéder 1 5 florins 
(3i fr. 5o cent.). On paye, en outre, 5 florins (10 fr. 5o cent.) d’entrée et 
!\ 2 kreutzers ( 1 fr. 70 cent.) par semestre pour le service. 
Pour les cours particuliers la rétribution est de 2 florins ( k fr. 20 cent.) par 
heure de leçon par semaine, et se paye par semestre. 
Enfin, pour les manipulations au laboratoire de chimie on paye 5 florins 
( 1 o fr. 00 cent.) par semestre. 
11 est fait remise totale ou partielle de ces rétributions aux élèves pauvres, 
mais studieux. 
La discipline est maintenue par les professeurs et par le directeur. 
Les peines sont : 
La réprimande simple; 
La réprimande devant les professeurs; 
La prison ; 
Le retrait de la bourse; 
La menace d'expulsion; 
L’expulsion limitée ou définitive. 
A la fin de chaque année, il y a une exposition publique des travaux des 
élèves. Lorsque les études de la division préparatoire de mathématiques sont 
terminées, on passe des examens, à la suite desquels on délivre, s’il y a lieu, des 
certificats de maturité, qui permettent l’admission aux cours spéciaux ou tech 
niques de l’université. 
Des prix sont donnés aux élèves qui passent des examens brillants, et ou 
leur accorde la réduction du service militaire à un an. 
Ces examens, qui ne sont en usage que depuis 1862, sont passés avec sévé 
rité, comme ou peut le voir par les résultats suivants : 
En 1862, 35 élèves s’y sont présentés, 18 seulement ont obtenu des certi 
ficats de maturité. 
En 1 863, il s’en est présenté 36, sur lesquels 25 seulement ont réussi. 
Chaque division spéciale a un chef ou principal choisi parmi les professeurs
        <pb n="410" />
        # 
— 394 
de celle division, lequel est chargé de la surveillance générale des élèves et de 
la discipline. 
L’établissement a pour chef un directeur nommé tous les ans par le Roi parmi 
les professeurs et sur leur présentation. 
L’école est sous f autorité directe du ministre de l’instruction publique et des 
cultes, qui réunit en Wurtemberg toutes les branches de l’enseignement et fait 
faire de temps à autre des inspections. 
Les matières de l’enseignement, ainsi que le nombre d’heures de leçons 
pour la division préparatoire mathématique et pour la division du commerce, 
sont indiquées dans le tableau suivant : 
DIVISION DE MATHÉMATIQUES. — 1" CLASSE. 
MATIÈRES ENSEIGNÉES. 
Trigonométrie plane et sphérique 
Analyse élémentaire 
Géométrie descriptive 
Plan et dessin de terrains 
Dessin à main levée 
Langue allemande 
Langue anglaise 
Langue française. . 
Géographie 
Histoire générale 
Religion (catholique ou protestante) 
DIVISION DE MATHÉMATIQUES. — 2' CLASSE. 
Analyse supérieure 
( analytique 
descriptive 
appliquée 
Mécanique, ï" partie 
Zoologie 
Dessin d’architecture 
Dessin à main levée 
Littérature allemande 
Langue française » • • • 
Langue anglaise 
Histoire 
Sommes 
NOMBRE 
d'heures 
DE LEÇONS PAR SEMAINE. 
5 Répétition 2 
4 2 
6 —^—__ • &gt; 
2 // 
2 U 
4 u 
2 • // 
2 — . // 
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38 4
        <pb n="411" />
        395 — 
CLASSE DE COMMERCE. 
Tenue des livres 
Arithmétique commerciale 
Géographie commerciale 
, allemande 
T i française 
Langues ç 
j anglaise * 
' italienne 
. ( française 
Correspondance....! . . 
( anglaise et italienne 
Introduction à la législation des lettres de change.. . 
Dessin à marin levée 
Enseignement religieux (catholique ou protestant).. 
Somme 
NOMBRE 
d’heures 
DK LEÇONS 
par semaine. 
6 
4 
3 
2 
4 
4 
5 
2 
2 
1 
2 
1 
36 
Pour renseignement technique, les élèves sont libres de fixer, avec l’appro 
bation des professeurs principaux des divisions spéciales, le plan d’études qu’ils 
se proposent de suivre. Nous indiquerons plus loin quelle est la répartition 
qu’on leur fait habituellement adopter, mais auparavant nous ferons connaître 
l’ensemble des cours professés, parce qu’il montre toute l’étendue de l’ensei 
gnement de cet institut. 
COURS PROFESSÉS A L’INSTITUT POLYTECHNIQUE DE STUTTGARD 
POUR LES DIVISIONS TECHNIQUES. 
MATIÈRES ENSEIGNÉES. 
Analyse supérieure, 2 e partie 
Méthode des moindres carrés 
Géométrie 
Mécanique, 2 e partie 
Astronomie populaire 
Minéralogie 
Exercices minéralogiques 
Physique expérimentale, 
Physique mathématique 
Exercices de physique 
Chimie générale et technique 
Chimie pour constructeurs 
Chimie analytique 
HEURES 
DE LEÇONS PAU SEMAINE. 
2 Répétition n 
2 // 
2 // 
3 — // 
2 // 
à &lt;t 
2 // 
5 * 
4 // 
3 a 
2 //
        <pb n="412" />
        — 396 — 
Histoire de l'architecture dans l’antiquité 
Histoire del’achi lecture du moyen âge, renaissance et moderne. 
Eludes graphiques sur l’histoire de l’architecture 
Dessin à main levée 
Dessin d’ornement et modelage en cire, en argile 
Histoire des temps les plus modernes -, 
Vie et œuvres de Gœlhe et de Lessing 
( française 
anglaise 
italienne 
Economie politique 
Exploitation industrielle 
Droit et administration 
Gymnastique 
Exercices de sculpture sur bois et aux ateliers de mécanique. . 
Stœchiométrie 
Exercices, manipulations chimiques 
Technologie mécanique 
Technologie chimique 
Construction de machines, 1” partie 
Constructions (exercices) 
Constructions de machines, 2" partie 
Constructions (exercices) 
Constructions de machines, 3 e partie 
Constructions (exercices) 
Cours préparatoire 
Science de l’ingénieur, i re partie 
Idem, 2 e partie 
Eléments de construction de bâtiments. (Cours.) 
Idem. (Dessin.) 
Construction de grands édifices. (Cours.) 
Projets de constructions 
HEURES 
DE LEÇONS PAR SEMAINE. 
2 Répétition // 
4 u 
6 // 
18 // 
3 /, 
2 — a 
4 // 
5 —— // 
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Le personnel enseignant se compose de 29 personnes. 
La répartition la plus habituelle de ces matières se fait ainsi qu il suit : 
SPÉCIALITÉ. CONSTRUCTEURS ET ARCHITECTES. 
Première aimée. — Éléments de construction; dessin à main levée et d’orne 
ments; minéralogie et géologie; physique mathématique; chimie relative aux 
constructions.
        <pb n="413" />
        397 
Deuxième année. — Construction; histoire de l’architecture; projets; cou- * 
naissance des matériaux de construction; dessin à main levée et d’ornements. 
Troisième année. — Grandes constructions; histoire de l’architecture mo 
derne; projets de construction; devis; dessin d’ornements et à main levée. 
Les salles de dessin sont ouvertes toute la journée. 
GÉNIE CIVIL. 
Première année. — Mécanique, deuxième cours; construction de machines, 
premier cours, et exercices; éléments de construction de bâtiments; géométrie 
appliquée; dessin à main levée; minéralogie et géognosie; physique mathéma 
tique; chimie pour les constructeurs. 
Deuxième année. — Science de l’ingénieur, premier cours; constructions de 
bâtiments, de machines, deuxième cours; dessin à main levée. 
Troisième année. — Science de l’ingénieur, deuxième cours; constructions 
importantes de bâtiments, de machines, troisième cours; dessin à main levée. 
Les salles de dessin sont ouvertes toute la journée. 
MÉCANICIENS. 
Première année. —Construction de machines; éléments de construction de 
bâtiments; mécanique, deuxième cours; physique mathématique; chimie rela 
tive aux constructions; dessin à main levée; ateliers. 
Deuxième année. — Construction de machines, deuxième cours; mécanique 
technologique; technologie chimique; chauliage; ponts. 
Troisième année. — Construction de machines, troisième cours; construc 
tions hydrauliques; constructions de bâtiments; comptabilité des travaux; éco 
nomie politique. 
Les salles de dessin sont ouvertes toute la journée. 
CHIMIE TECHNIQUE. 
Première année. — Chimie générale et technique; chimie analytique; stœchio- 
métrie; physique mathématique; minéralogie et géognosie; éléments de cons 
truction de bâtiments. 
Deuxième année. — Chimie analytique; exercices chimiques; technologie 
chimique; exercices physiques, minéralogiques; chaullâge. 
'Troisième année. — Manipulations chimiques; technologie chimique; droit. 
MÉTALLURGISTES. 
Première année. — Chimie générale et technique; physique mathématique;
        <pb n="414" />
        minéralogie et géognosie; construction de machines et exercices; éléments de 
construction de bâtiments. 
Deuxième année. — Chimie analytique; technologie mécanique; exercices 
physiques, chimiques et minéralogiques ; construction de machines et exercices; 
chauffage. 
Troisième année. — Exercices chimiques; technologie chimique; construc 
tion de machines, troisième cours, et exercices; économie politique; droit et 
administration. 
PHARMACIENS. 
On suppose que les élèves possèdent déjà les connaissances pratiques néces 
saires. 
Première année. — Chimie générale et technique; chimie analytique; phar 
macognosie; zoologie; botanique; minéralogie et géognosie; physique expéri 
mentale; stœchiométrie et manipulations chimiques. 
Deuxième année. — Exercices chimiques et minéralogiques; chimie analy 
tique. 
COLLECTIONS. 
De nombreuses collections sont en outre utilisées par les professeurs et par 
les elèves pour les études; en voici la nomenclature : 
Bibliothèque. 
Produits chimiques et cabinet d’appareils. 
Collection de technologie chimique. 
Cabinet de physique. 
Collections minéralogiques et géognostiques. 
t géologique, 
botanique, 
pharm acognostique. 
Modèles de géométrie descriptive. 
Appareils pour la géodésie. 
Modèles de machines. 
Collection de technologie mécanique, 
pour 1 architecture, 
pour les travaux d’art. 
Reproductions pour l’ornementation et l’histoire de l’architecture. 
Collection plastique pour dessin à main levée. 
Collection de modèles pour les différentes branches de dessin, pour la cons 
truction et pour I histoire de I architecture. 
Collection d’ouvrages sur les constructions et sur les travaux d’art. 
Modèles
        <pb n="415" />
        mm 
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Entrée dé Eamphithéâtre 
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LABORAME DE CHIMIE 
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façade 
sur la rue. 
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Partie antérieure du bâtiment 
Corps de bâtiment postérieur. 
C orps de bâtiment 
interine 
Tiiltlt’ (h- Vl&gt; ’''' con datte d’eau. 
- ish^a/ion^ 
o Amphithéâtre. 
1 Table à experiences 
2 Cuve à eau- 
3 Fontaine- et ange. 
k Laboratoire, de# professeurs. 
1 Tables de travail. 
2 Fontaine. . 
a 
4 Etuve aver bains de sable, 
bains-marie, etc. 
4 te lier de rinçage 
r Fontaine. 
Ateliers. 
1 Four' à potassium. 
2 Chaudrons en fer et en cuivi 
3 Fours de fusion. 
4 Alambic. 
5 Fontaine. 
6 
a' Chambre pbolometrique. 
1 Gazomètre. 
2 Fontaines 
3 Finne. 
n Laboratoire analg tique.. 
1 Grandfoyer d'évaporation. 
2 Poêle. 
3 2d places pour les élèves. 
'4 2 tables pour les préparateurs. 
5 Souffleries. 
6 Bain de sable. 
•j Alambic a distiller avec bain-marie 
et appareils tic séchage chauffés à 
lu vapeur, 
d Fontaine. 
V « 
h* 
pom 
J 
if Pluie, 
Chambre^ aux- aboques 
1 Tables et armoires. 
2 Bascule. 
Cuve O- 
IL 
C/ udièf '^' 1 "' wee bain de sable 
4 Cuve a mercare. 
5 Tableaumobile. 
6 Fiche et cheminée. 
7 Foyer clos au yax et à calcination 
d Bancs des auditeurs. 
&lt;i 7 C/a/nbre exulto rnéir it pi 
i Poêle. 
Bain de ■&lt; 
g J^ u G°n d'évaporation. 
(rordep-vo b e. 
Entrée du laboratoire . 
Escalier menant aux collections tecb- 
noloy iques et aux. chambres îles 
préparateurs. 
Escalier de la cane . 
Galerie couverte pour les évaporation. 
l Corridor. 
m. L a b oratoire des préparateurs 
' i Fours à calciner. 
2 Fontaine. 
3 Fluve avec bains desable, 
bains-marie, etc. 
4 Table delravaiL 
; /byfrdr' ' — ""Y 
g Fours d l ’J 
ni f \paee l 'h S h°urneau de calcination 
n Sand-léd\ 
22 
l) Chambre c/es balances, 
e F o,/eme ni du garçon, 
d Appareils de physique, 
e Bibliothèque., 
f Chambres- des professeurs, 
q Approvisionnements- et réactifs 
h Vestibule, 
i Cage (/’escalier. 
q Corruloi 
Chambres pour Es produits- prepar 
et Es appareils. 
xx. Latrines 
o Laboratoire technique. 
i 3 y ramies tables de travail. 
ëJ 
Canaux souterrains pour coru
        <pb n="417" />
        — 
— 
— 
It 
i'.r . !■'. 
^ ' A' \ 4;/ ' / V 
'M
        <pb n="418" />
        — 399 
Collection pour la connaissance des marchandises. 
Le local actuellement occupé par l’école est insuffisant, mais on en prépare 
un autre qui sera convenablement disposé. 
Laboratoire de chimie. — Le laboratoire de chimie, très-bien organisé et par 
faitement tenu, est divisé en deux parties principales, l’une pour la chimie ana 
lytique, l’autre pour la pharmacie. Il est muni de tous les accessoires néces 
saires, pompes à eau, appareils pour la distillation de l’eau, gazomètre, bains 
de sable, fours divers de fusion et de réduction, étuves, etc. 
Le tout est ventilé par aspiration, par en bas, de manière à éviter que les 
odeurs se répandent dans les salles. 
Nous joignons à ce rapport un plan de cette belle et complète installation, 
qui peut servir de modèle, pi. IV. 
Des ateliers sont ouverts aux élèves mécaniciens, et il y en a quelques-uns 
qui en profitent. 
Nombre de professeurs et d’élèves. — La division des constructeurs ou archi 
tectes comptait en 1866 environ /10 élèves, et leurs études sont réglées de 
manière qu’a près leur première année d’études spéciales, ils doivent aller passer 
une année sur des chantiers de construction. Après ce noviciat, ils peuvent 
prendre le titre d’entrepreneurs ou Werkmeister. 
Lorsqu’ils ont passé leur quatrième année à l’école, et qu’ils ont travaillé un 
an ou deux sous la direction d’un architecte, ils peuvent prendre le titre d’ar 
chitecte et être chargés de travaux pour les villes. 
La division des ingénieurs avait cette année 60 à 70 élèves, et l’examen des 
projets qu’ils rédigent, leurs études très-détaillées et très-complètes de ponts de 
tous genres, indiquent un enseignement très-bien dirigé et suivi avec soin. 
En 1860-1861, le personnel attaché à l’enseignement était composé de : 
i3 professeurs principaux. 
i3 professeurs spéciaux et adjoints. 
3 chefs d’ateliers. 
7 répétiteurs et préparateurs. 
Le nombre total des élèves était alors de ‘270, répartis comme il suit : 
Architectes, mécaniciens, ingénieurs i4i 
Chimistes 5, 
Commerçants . 2 , 
Eleves se destinant à 1 enseignement 1 p 
Auditeurs divers 3g 
Total 270
        <pb n="419" />
        — 400 — 
Kn 186/4, ce nombre s’était élevé à 877, répartis ainsi qu’il suit 
Première classe de mathématiques 62 
Deuxième classe id. 3? 
Division du commerce 23 
Division d’architecture 89 
Division des ingénieurs 69 
Division des mécaniciens 53 
Division des chimistes 44 
Total 377 
Relevé des dépenses relatives à Vinstraction publique. 
Univesrilé de Tubingen 
Subventions pour voyages scientifiques 
Salaires, pensions payés parle Gouvernement 
Bibliothèques, numismatique, antiquité, cabinet d’histoire naturelle. . . . 
Ecoles artistiques, subventions à de jeunes artistes, collections, entretien 
des monuments d’art et d’antiquités du Wurtemberg 
Subventions du Gouvernement à des sociétés scientifiques et artistiques 
privées 
Gymnases, lycées et autres écoles latines 
Autres dépenses 
Ecole polytechnique 
Ecole de constructeurs de bâtiments à Stuttgard. 
Ecoles réelles 
Gymnastique 
Ecoles de perfectionnement d’apprentis 
Augmentations pour durée de services et autres aux professeurs d’écoles 
littéraires et réelles 
Académie agricole et forestière de Hohenhein 
Écoles agricoles de Kirchberg, d’EHwangen, d’Ochsenhausen 
Ecole vétérinaire 
! Séminaires d’instituteurs 
Subsides aux élèves se destinant à l’enseigne 
ment privé 
Enseignement primaire.. / Ecoles primaires protestantes 
Ecoles primaires catholiques 
Augmentations pour durée de service et autres, 
subventions aux communes 
Orphelinats 
Aveugles et sourds-muets 
Total. 
i36ooo“oo 
2 5oo 00 
55oo 00 
24200 00 
17955 00 
22ÖO 00 
91635 26 
10800 00 
43ooo 00 
9721 00 
89635 5o 
7800 00 
27600 00 
24908 22 
12332 18 
. 5845 4o 
7600 00 
34524 00 
11000 00 
38671 16 
28566 09 
i255oo 00 
47860 00 
12900 00 
768105 01
        <pb n="420" />
        — 401 — 
BUDGET ET DÉPENSES POUR L’INSTRUCTION PUBLIQUE, 
Le budget total du Wurtemberg s’élevait, en 1863-1864 à la somme de 
,6*30688 Borins. Sur cette somme, le ministère de la guerre recevait 
3540007 florins ou o,a&gt;8 du budget total, et l'instruction publique des d,- 
vers degrés, non compris les cultes, 768100 florins, ou 0,047 u mtget 
total. 
(U Statistique du royaume de Wurtemberg, page 782. Stutlgard, i83. 
51 
-,V; 
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        <pb n="421" />
        Èárnm 
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        KAPPORT PARTICULIER 
SUR LES ÉTABLISSEMENTS D’ENSEIGNEMENT 
DANS 
LE GRAND-DUCHÉ DE BADE. 
ORGANISATION DE L’ENSEIGNEMENT. 
Pour faire connaître l’ensemble des institutions destinées à répandre l’instruc 
tion nécessaire aux différentes catégories des citoyens, suivant leur âge, leur po 
sition, leur carrière et leurs ressources, nous ne croyons pouvoir mieux faire que 
de donner, d’abord, l’extrait suivant d’un travail fort remarquable, publié, 
en 1863, sur la statistique et l’industrie du grand-duché, par M. R. Dietz, direc 
teur du commerce et de l’industrie. 
Nous y ajouterons ensuite quelques détails sur diverses institutions. 
« Salles d’asile. — Conformément à l’ordonnance rendue par le ministre de 
«l’intérieur du grand-duché, le 3 octobre i838, il peut être demandé à l’admi- 
« nistration scolaire supérieure (aujourd’hui conseil supérieur d’instruction du 
«grand-duché) l’autorisation d’établir une salle d’asile pour les petits enfants. 
«Le conseil examine les demandes qui lui sont soumises, sous le rapport de 
« leur utilité, et recherche si, par suite des conditions locales, et surtout par suite 
« du genre d’occupations des habitants, l’institution est devenue nécessaire et 
« peut procurer des résultats utiles. 
« Les enfants dont les parents ou tuteurs sont, parleurs occupations, éloignés 
« de leur domicile pendant la plus grande partie de la journée, peuvent seuls être 
«admis dans ces asiles. 
«Les règlements de l’asile ne peuvent interdire aux parents de venir chér 
it cher leurs enfants pour dîner. On aura soin de ne point gâter les enfants 
«adoptés, de ne point leur faire contracter des habitudes qui ne puissent s’a- 
«dapter à leur condition future, et de ne point créer en eux des besoins qu’ils 
«ne pourraient satisfaire plus tard. 
« L’instruction, qui ne sera donnée que pendant un petit nombre d’heures de 
«la journée, ne devra pas se prolonger trop tard, et, en général, elle ne devra 
« pas être exagérée.
        <pb n="423" />
        « Dans chaque établissement on aura soin de faire prendre aux enfants l’exer- 
« cice nécessaire en plein air. 
« Les salles d’asile des petits enfants ont été, en général, fondées par des co 
cí tisalions volontaires d’assemblées dont les membres appartiennent, pour la 
«plupart, à la religion protestante. Il existe des institutions semblables dans 
« beaucoup de communautés protestantes du pays. 
«D’après le compte rendu annuel pour 1862 de la maison maternelle de 
;&lt; petits enfants à Nonnenweier, près Lahr, on a établi, depuis i8áá, des écoles 
« pour les petits enfants dans i3o communes protestantes du grand-duché. 
ÉCOLES POPULAIRES OU PRIMAIRES ( VOLKSCHULE). 
« L’ordonnance grand-ducale du 1 5 mai 183/i, basée sur l’édit du 1 3 mai i8o3, 
« prescrit ce qui suit : 
« Obligation de l’enseignement primaire. —Les enfants qui, dans l’intervalle du 
«23 avril d’une année au 28 avril de l’année suivante, ont accompli leur 
«sixième année, seront tenus d’aller à l’école à partir de Pâques. 
« Cependant, dans le cas de faiblesse corporelle des enfants ou pour des ino- 
« tifs analogues, le conseil de l’école pourra leur accorder, sur la demande de 
«leurs parents ou tuteurs, un délai d’une année, après lequel ils seront tenus 
« de fréquenter l’école. 
«Les enfants ne pourront quitter l’école qu’à Pâques : pour les garçons, 
«quand ils auront accompli à cette époque ou accompliront avant le 28 avril 
«de la même année leur quatorzième année, et, pour les filles, quand elles 
«auront accompli leur treizième année ou l’accompliront avant le 28 avril. 
«Les enfants qui, arrivés à cet âge, n’auront pas acquis les connaissances 
« nécessaires à la vie civile, en ce qui concerne la religion, la langue allemande, 
« l’écriture et le calcul, seront retenus une année, ou, suivant les circonstances, 
« deux années encore à l’école primaire élémentaire. 
« Sont exemptés de l’école primaire : 
« i° Les enfants qui, en vue d’une éducation supérieure, fréquentent une 
« institution publique ou privée de degré plus élevé; 
« 2 0 Les enfants qui ont reçu l’instruction donnée dans les écoles primaires 
« d’un maître particulier, autorisé par l’inspecteur des écoles de la circonscription ; 
« 3° Les enfants qui fréquentent des écoles privées autorisées. 
« L’enseignement primaire comprend : 
« La religion ; 
« La langue allemande; 
« L’écriture ;
        <pb n="424" />
        1 
405 — 
«Le calcul; 
«Le chant; 
«Et d’autres connaissances d’une utilité pratique sur l’histoire naturelle, les 
«sciences naturelles, la géographie, l’histoire, l’hygiène, l’économie rurale, l’a - 
«griculture, la géométrie, etc. 
«On y ajoutera le dessin, si les ressources le comportent. Cependant on 
« n’enseignera ces matières supplémentaires qu’autant que l’étude des premières 
«connaissances, plus nécessaires à ¡’instruction élémentaire, n’en souffrirait 
« pas. » 
Statistique des écoles primaires. — En i85%, il y avait, dans les i 583 com 
munes du grand-duché, 1770 écoles catholiques et protestantes, où l’instruc 
tion était donnée par ïl\78 instituteurs, dont 1 863 principaux et 610 institu 
teurs adjoints. 
Les traitements des instituteurs principaux s’élevaient à 727962 florins, soit 
en moyenne, pour chacun, 890 fl. 44 kr. (819 francs). Ceux des instituteurs 
adjoints, à io55o5 florins. 
Le nombre des enfants tenus alors d’aller à l’école était de 222 1 65, et la 
surveillance exercée était telle que tous suivaient effectivement les leçons des 
écoles. 
La loi du 3 mai 1 858 a encore amélioré la situation matérielle des institu 
teurs primaires. 
En 1 852 il existait, en outre, dans le grand-duché, 69 écoles primaires ¡Israe 
lites , avec 5o instituteurs principaux et 5 instituteurs adjoints. 
Le nombre des enfants de ce culte comprenait : 
i° Ceux qui recevaient leur instruction totale à l’école; 
Garçons 1215 
Filles 112 5 
234o enfants. 
2 0 Ceux qui fréquentaient d’autres institutions et ne participaient à l’école 
israélite que pour l’instruction religieuse : 
Garçons i38 / 
Filles 45 Í 
Total 
i83 enfants. 
2 5s3 
De plus, il y avait 98 écoles religieuses israélites avec 99 instituteurs, spé 
cialement dans des endroits où des écoles israélites publiques n’avaient point 
pu subsister.
        <pb n="425" />
        183o enfants. 
— 406 
Ces écoles étaient fréquentées par : 
Garçons 
Q03 
878 
Filles 
ÉCOLES DES FABRIQUES. 
L’ordonnance du 4 mars i84o arrête : 
uLes enfants tenus d’aller à l’école ne peuvent être exemptés de la fréquen- 
« tation des écoles ordinaires pour aller travailler dans des fabriques, à moins 
« qu'ils n’y fréquentent des écoles spéciales. 
« L’établissement de ces écoles des fabriques doit être autorisé par le conseil 
« supérieur d instruction. 
« Les frais de ces écoles sont à la charge des fabricants. 
« Des enfants qui ont plus de i i ans, et n’ont pas encore dépassé les deux 
(( degrés inférieurs de l’instruction primaire élémentaire, ne peuvent suivre 
« ces écoles des fabriques. 
«Chaque division doit recevoir au moins, en moyenne, deux heures d’ins- 
« t ruction par jour. Les heures d’instruction seront réglées, autant que possible, 
« matin et soir, de manière à précéder les heures de travail ; si cela ne se peut 
« pas, l’instruction ne doit se faire qu’après une heure de repos au moins. 
« La somme des heures d’étude et de travail ne doit pas, pour des enfants qui 
« n’ont pas dépassé l’âge où ils peuvent quitter les écoles (i 4 ans pour les garçons 
«et i3 ans pour les biles), dépasser douze heures. On accordera aux enfants, 
«pendant les heures de travail du matin et de faprès-midi, un repos d’un quart 
«d’heure, à midi une heure entière de récréation, en leur facilitant, à chacun 
« de ces repos, l’exercice en plein air. » 
Il existe des écoles de fabrique à Haagen , Steinen, Lokrach, Laufenmühle, 
Ettingen, Schiltach, contenant ensemble de 4oo à 45o enfants. 
ÉCOLES DE TRAVAIL POUR LES FILLES. 
En exécution du paragraphe 3 de l’ordonnance du i 5 mai i 834 , pour ce qui 
concerne les relations des écoles industrielles et des écoles primaires, un arrêté 
du ministre de l’intérieur du grand-duché, daté du i er août ï 836, ordonne ce 
qui suit : 
« Chaque commune qui possède une école primaire est, d’après le para- 
ci graphe 8 de l’article i 3 de l’organisation de 18o3, tenue d’avoir, pendant l’hiver 
« au moins, une école de travail, où les filles apprendront à exécuter les travaux 
« de femme nécessaires à leur condition future -, on leur enseignera notamment 
«4 coudre et à tricoter.
        <pb n="426" />
        « Le conseil municipal et le conseil de l’école fixeront l äge à partir duquel 
«les filles seront reçues à ces écoles. 
«En tout cas, à partir de i i ans et jusqu’au moment où elles quittent les 
« écoles primaires, les filles sont, pendant le semestre d’hiver, tenues de fréquen- 
«ter ces écoles de travail. 
«Le conseil d’instruction pourra, à la demande des parents ou tuteurs, dis 
ci penser de ces leçons les enfants qui, par leur situation, recevront cette instruc- 
« tion, soit dans leurs familles, soit d’une autre façon. Deux jours de la semaine 
«et deux heures par jour au moins devront être consacrés à cet enseigne- 
« ment. 
ÉCOLES DE PERFECTIONNEMENT TENUES DANS LA SEMAINE. 
« Dans toutes les communes, conformément à l’édit du i 3 mai i 8o3 , il sera 
«ouvert, pendant le semestre d’hiver, des écoles de perfectionnement, que les 
«garçons, qui ne fréquentent ni une école bourgeoise supérieure ni une école 
«industrielle ou un autre établissement privé, déclaré suffisant par le conseil 
« d’instruction, seront tenus de fréquenter pendant les deux premières années 
«qui suivront leur sortie de l’école primaire. Cependant, s’il y a des motifs 
«acceptés par le conseil d’instruction, ils pourront en être dispensés pen 
ce dant toute la durée ou pendant une partie de ce temps. 
«Ces écoles seront tenues chaque semaine, une ou deux fois pendant deux 
«heures au moins. Ce n’est que par exception et pour des raisons particulières 
«locales, que ces cours pourront avoir lieu le soir, et, dans ce cas, la police de 
« l’endroit devra prendre les mesures convenables pour éviter tout désordre de 
« la part des garçons fréquentant ces écoles. 
«Dans ces écoles, les garçons s’exerceront et se perfectionneront dans les 
«matières qu’ils ont apprises aux écoles élémentaires, et notamment en ce qui 
«concerne l’écriture, la rédaction et le calcul. 
«On consacrera aussi relativement plus de temps que dans les écoles élé- 
«mentaires à donner aux élèves des notions pratiques d’histoire naturelle, de 
«sciences naturelles, de géographie, d’histoire, et surtout d’agriculture et des 
« principes élémentaires de mécanique. 
ÉCOLES DES DIMANCHES. 
« L’école du dimanche, qui dure chaque dimanche une heure (les jours de 
«fête et de vacances exceptés), devra être fréquentée parles garçons et par les 
« filles pendant trois ans (dans les villes deux ans), à partir de leur sortie des 
«écoles primaires, et sans exception, l’été comme l’hiver. 
«Sont dispensés les enfants qui fréquentent une école bourgeoise supérieure,
        <pb n="427" />
        — 408 — 
« une école industrielle ou une autre institution plus élevée, et ceux qui reçoi 
vent une instruction privée, déclarée suffisante par le conseil d’instruction, 
«ainsi que les filles qui, poursuivant dans une école publique des études plus 
« avancées, ont acquis des connaissances suffisantes dans les matières enseignées 
«à l’école du dimanche. 
« Dans ces écoles du dimanche, on devra continuer l’instruction religieuse, en 
« se servant des livres classiques prescrits à cet effet et en faisant faire la lecture 
« de passages choisis de l’Écriture sainte. 
« Le reste de l’enseignement des garçons aura pour sujet ce qui constitue l’ob- 
« jet de leurs études dans l’école de perfectionnement journalière. » 
ÉTABLISSEMENTS POUR LA FORMATION DES INSTITUTEURS PRIMAIRES. 
Il existe trois séminaires d’instituteurs : 
Le séminaire protestant de Carlsruhe, où l’on forme aussi les instituteurs 
Israélites, et les séminaires catholiques d’Ettlingen et de Meersbourg. 
Le nombre des élèves qui fréquentaient ces institutions était : 
En 1859-1860, 
En 1860-1861 . 
En 1861-1862. 
A CARLSRUHE 
PROTESTANTS. 
ISRAELITES. 
CATHOLIQUES 
A ETTLINGEN. A MEERSBOURG. 
INSTITUT DES SOURDS-MUETS DE PFORSHEIM. 
A l’institut des sourds-muets de Pforsheim, crée en 1 783 par feu le mar 
grave Charles-Frédéric, il y avait : 
En 1889-1860. 
En 1860-1861 . 
GARÇONS. 
TOTAL. 
INSTITUT DES AVEUGLES DE FRIBOURG. 
L’institut des aveugles de Fribourg, ouvert le 22 novembre 1828, centième 
anniversaire de la naissance de feu le grand-duc Charles-Frédéric, comptait :
        <pb n="428" />
        22 
21 
15 
15 
37 
36 
En 1859-1860. 
En 1860-1861 . 
ÉCOLE D’AGRICULTURE. 
Pour l’enseignement de l’agriculture, le duché de Bade possède : 
T L’école d’agriculture de Hochbourg, près Emmendingen, fondée en exé 
cution de la loi du 22 avril 18/16; 
2 0 L’école d’horticulture de Carlsruhe; 
3° L’école d’arboriculture, ouverte seulement pendant huit à dix semaines 
par an, à Carlsruhe; 
lx° L’école de culture des prairies, ouverte seulement pendant l’hiver, à 
Carlsruhe. 
Le nombre des élèves était : 
En 1839-1860. 
En 1860-1861. 
En 1861-1862. 
d'agriculture de Hochbourg. 
Élèves. 
15 
15 
18 
Élèves libres. 
A L’ECOLE 
d’horticulture 
de 
Carlsruhe. 
12 
9 
13 
d’arboriculture 
de 
Carlsruhe. 
10 
6 
de culture 
des prairies 
de 
Carlsruhe. 
10 
16 
16 
Pour propager plus complètement l’étude de la culture dans les écoles pri 
maires, les instituteurs sont astreints à donner, en dehors de l’instruction élé 
mentaire proprement dite, et surtout aux séances du dimanche, des notions de 
culture. 
La commission centrale pour la culture fait constater cette instruction par 
des personnes compétentes, et distribue des primes en argent aux instituteurs 
(jui se sont distingués dans cet enseignement. 
Pour les besoins de la culture, il existe, sous la direction de la commission 
centrale du grand-duché, une société d’agriculture qui étend son action sur tout
        <pb n="429" />
        le pays. Cette société comptait, à la fin de 1862, 1193/1 membres inscrits 
sur les listes faites jusqu’alors, et elle publie un journal de culture hebdoma 
daire, tiré à 9000 exemplaires. 
Le budget alloue à la commission centrale d’économie rurale les sommes 
suivantes : 
1862. i863. 
A. Pour la culture 07600“ 87600“ 
B. Pour l’école vétérinaire 89769 84866 
C. Pour l’école des maréchaux ferranls 800 800 
Total 128169 128266 
ÉCOLE VÉTÉRINAIRE. 
L’ancienne école vétérinaire de Carl s ruhe a été supprimée il y a quelques 
années, parce que le terrain où elle se trouvait était nécessaire à l’agrandis 
sement de l’école polytechnique. Depuis, les jeunes gens qui se vouent à cette 
carrière reçoivent des subventions tirées de la caisse de l’Etat pour suivre à 
l’étranger les cours d’écoles vétérinaires. 
ÉCOLES PROFESSIONNELLES. 
D’après une ordonnance du Grand-Duc, en date du 1 5 mai 183A, il doit être 
établi, dans chaque ville riche en industrie, des écoles professionnelles, qui ont 
pour but de donner, aux jeunes gens qui embrassent un métier ou une industrie 
n’exigeant pas une éducation scientifique supérieure et dont la pratique leur est 
déjà un peu familière, les connaissances et les aptitudes graphiques qui les ren 
dent propres à exercer cette industrie. 
L’instruction des écoles professionnelles comprend nécessairement le dessin 
à main levée des corps et des figures géométriques, et le dessin d’ornement. 
L’arithmétique et les principes d’algèbre ; 
La géométrie avec le dessin géométrique (épures); 
L’économie industrielle avec l’instruction de la tenue des livres en partie 
simple. 
A cette instruction doivent s’ajouter des exercices de lecture et de compo 
sitions écrites. 
Selon les besoins et les ressources allouées, l’instruction comprendra en outre : 
En physique : l’énumération simple des principaux phénomènes naturels, et 
les connaissances naturelles et chimiques utiles pour certains métiers spéciaux 
et pour certaines industries agricoles. 
En mécanique : les applications aux industries avec la description, la cons-
        <pb n="430" />
        — 411 — 
truction et le calcul des machines spéciales d’après la variété des industries 
de la ville et de ses environs. 
Il pourra être établi un enseignement spécial pour des industries ou des 
branches d’industries particulières. 
Sont admis aux écoles professionnelles tous les jeunes gens ayant accompli 
leur quatorzième année, qui sont entrés ou ont l’intention d’entrer prochaine 
ment en apprentissage auprès d’un maître et qui possèdent les connaissances 
prélables nécessaires. 
Il n’est exigé, pour l’admission à ces écoles, que les connaissances que l’on 
acquiert à l’école primaire. 
L’école professionnelle est destinée à tous les jeunes gens ayant atteint l’âge 
de i lx ans, travaillant auprès d’un maître en cours d’apprentissage. 
Elle est aussi ouverte aux compagnons qui ont les connaissances suffisantes 
et qui peuvent produire un certificat de moralité. 
L’accès en est de même facilité ;î tous ceux qui, pour l’exercice d’un métier 
ne rentrant dans aucune corporation, veulent acquérir des connaissances utiles 
par la fréquentation de cours spéciaux à cet elfet, comme, par exemple, pour 
des industries agricoles pour lesquelles il y a des cours de physique. 
Dans les villes où il n’est pas annexé d’enseignement de dessin à l’école pri 
maire, on devra admettre à l’école professionnelle les élèves aux cours de dessin 
un an avant leur confirmation, c’est-à-dire dès l’âge de i 2 ans. 
L’instruction sera faite en partie les dimanches et les jours de fête (les grands 
jours de fête exceptés) et en partie les jours ordinaires, et durera, suivant les loca 
lités, plus ou moins d’heures. 
L’ordonnance du 7 novembre 18/40 permet de dispenser de la fréquenta 
tion des écoles professionnelles, ou seulement de l’enseignement de certaines 
matières, les apprentis d’industries spéciales, pour lesquelles l’instruction acquise 
dans les écoles professionnelles est moins nécessaire ou utile. 
Des apprentis peuvent être dispensés de fréquenter les écoles profession 
nelles s’ils ont suivi avec succès les quatre premières années de cours d’une école 
littéraire ou d’une école bourgeoise supérieure, ou s’ils prouvent, par des exa 
mens, qu’ils possèdent les connaissances que l’on acquiert dans les cours de la 
quatrième année de l’école bourgeoise supérieure. 
Le bourgmestre, et au besoin le pasteur du district, devront prononcer des 
punitions contre les patrons qui ne s’acquitteraient pas suffisamment du devoir 
d’astreindre leurs apprentis à fréquenter les écoles. 
Les écoles professionnelles sont des institutions communales subventionnées 
par l’État.
        <pb n="431" />
        412 
Il existait, en 1863, en tout, 60 écoles proíessionnelies fréquentées par 
/i8o3 élèves. 
Elles étaient dirigées par 36 professeurs et 36 aides. 
Leurs traitements, y compris les subventions accordées par l’Etat, s’é 
levaient, ensemble, pendant les années i860 à 1862, à 3o523 florins 
(66078 francs). 
Les états de dépenses, pour les trois dernières années, des écoles profession 
nelles, s’élevaient à : 
Recettes 60100" 4o u 
Dépenses 38279 5i 
Différence 1820 69 
Ce reliquat est employé à augmenter le fonds de ces institutions. 
Parmi les recettes de ces écoles se trouvent compris 8700 florins, produit 
d’une subvention de 1 Etat inscrite dans la partie du budget affectée à l’instruc 
tion; cette dernière s’élève, pour 1 862 et 1 863, à 1 65oo florins, dont 1 5oo flo 
rins reviennent à l’école polytechnique, pour le perfectionnement des études 
d’élèves des écoles professionnelles. 
On trouve, dans la seconde partie de l’ouvrage de M. Dietz, ce qui concerne 
l’école d’horlogerie de Furtwangen, à laquelle est attachée une école profession 
nelle entretenue exclusivement aux frais de l’Etat. 
Dans l’année scolaire 1851-1852, il n’y avait encore que 3o écoles profes 
sionnelles où l’on comptait : 
Elèves ordinaires 185f&gt; 
Elèves libres 787 
Total 2662 
Depuis, ces écoles ont été beaucoup plus fréquentées, comme on peut le 
voir par le tableau suivant : 
En 1859-1860. 
Eu 1860-1861 . 
En 1861-1862. 
NOMBRE TOTAL 
D’ÉLÈVES. 
4 245 
4461 
4 803 
REPARTITION 
329 
424 
461 
APPRENTIS. 
3 343 
3 472 
3 635 
SANS MÉTIERS. 
573 
565 
707
        <pb n="432" />
        Ces nombres augmenteraient encore, si J on complétait la statistique de quel 
ques-uns de ces établissements. 
Dans les années scolaires, depuis i 85q jusqu en i 86 2 , ces écoles, au nombre 
de 37, étaient fréquentées de la façon suivante : 
DÉSIGNATION DES ECOLES. 
Constance 
Neustadt 
Tiberlingen 
Biltingen 
Emmindingen 
Fribourg 
Furtwangen 
Saint-Georges 
Schmau 
Tribey 
Waldkirch 
Waldshut 
Bade 
Brett en 
Bruchsal 
Biëbl 
Carlsruhe 
Dudach 
Eppingen 
Ettlingen 
Gernsbach 
Lahr 
Oberkiret 
OlTenbourg 
Pforzheim 
Rastadt 
Wolfacb 
Buchen 
Heidelberg 
Mannheim 
Nosbach 
Neckarguemines 
Schwetzingen 
Sentgheim 
Tanberbischoffsheim. 
Weinheim 
Werl heim 
Total . 
NOMBRE TOTAL 
233 
65 
52 
85 
55 
361 
132 
62 
47 
54 
78 
38 
252 
58 
130 
67 
304 
84 
122 
91 
81 
149 
40 
110 
483 
140 
33 
99 
424 
282 
65 
27 
115 
52 
39 
76 
151 
REPARTITION 
les 
COMPAGNONS. 
4 736 
30 
3 
2 
6 
12 
58 
9 
10 
6 
6 
8 
46 
1 
8 
a 
1 
5 
12 
13 
5 
5 
11 
28 
15 
3 
44 
45 
3 
6 
8 
11 
les 
APPRENTIS. 
426 
179 
54 
48 
74 
38 
302 
48 
46 
20 
50 
40 
29 
186 
54 
102 
53 
302 
79 
102 
57 
46 
142 
35 
82 
451 
114 
30 
50 
251 
237 
49 
26 
55 
48 
26 
67 
93 
LES ÉLÈVES 
professions. 
3 668 
24 
8 
2 
5 
5 
1 
75 
6 
21 
4 
32 
1 
20 
3 
20 
14 
8 
21 
30 
2 
5 
17 
4 
11 
46 
129 
13 
1 
54 
4 
7 
1 
47 
642 
Dans ces dernières années, de nouvelles écoles ont été établies a Meers-
        <pb n="433" />
        bourg, à Bohrenbach (canton de Willengen) et à Schnau (circonscription de 
Heidelberg). 
De ï 85g à 1862, les élèves appartenaient aux professions suivantes : 
Menuisiers 480 
Serruriers 382 
Maçons 36o 
Orfèvres &gt; 2 5i 
Charpentiers 2 oo 
Cordonniers igg 
Tailleurs i85 
Horlogers 169 
Relieurs 80 
Selliers -78 
Tailleurs de pierre 70 
Tourneurs 5q 
A l’école professionnelle de Mannheim il y a, depuis quelques années, une 
école préparatoire, qui comptait 38 élèves en 1861-1862. 
On y reçoit les garçons de 1 2 à 1 k ans qui, ayant accompli leur quatorzième 
année, entrent en apprentissage auprès d’un maître et passent de là à l’école pro 
fessionnelle, dont l’enseignement est réglé ainsi qu’il suit : 
ENSEIGNEMENT DE L'ECOLE PROFESSIONNELLE DE MANNHEIM. 
MATIÈRES ENSEIGNÉES. 
NOMBRE 
D’HEURES 
par semaine. 
Religion 
Langue allemande 
Géographie et histoire 
Arithmétique et algèbre 
Géométrie 
Dessin à main levée 
Dessin géométrique 
Langue française (étude libre). 
Chant 
2 
6 
2 
4 
4 
4 
4 
4 
1 
Total 
31 
ÉCOLES BOURGEOISES SUPERIEURES (HÖHERE BÜRGER SCHULE). 
L’instruction des écoles bourgeoises supérieures comprend, aux termes de 
l’ordonnance du 1 5 mai 183 A :
        <pb n="434" />
        m 
415 
La religion, 
I allemande, 
française, 
latine, 
L’histoire universelle, 
L’arithmétique, 
La géométrie avec les exercices pra 
tiques, 
La géographie, 
L’histoire naturelle, 
Les sciences naturelles, 
La technologie. 
Le dessin, 
La calligraphie, 
Le chant. 
En principe, les élèves entrant dans les classes inférieures doivent avoir 
i o ans accomplis. 
Une école.supérieure complète a des cours qui durent de cinq à six ans. 
On comptait, dans les écoles supérieures, au nombre de 24, désignées ci- 
dessous, les nombres d’élèves suivant : 
DESIGNATION DES ECOLES. 
Bade 
Bischoffsheim-sur-Rhin. 
Brelien 
Buchen 
Constance 
Eberbach 
Emmendingen 
Eppingen 
Ettlingen 
Ettenheim 
Fribourg 
Heidelberg 
Gernsbach 
Hornberg 
Korck 
Mannheim 
Moosbach 
Müllheim 
SinUheim 
ScholFheim 
Uberlingen 
WIllingen 
Waldshut 
Weinheim 
Total. 
NOMBRE D’ELEVES 
1858-1859. 
2 126 
1859-1860 
2 106 
i860- 186 
2 040 
1861 -1862 
2 154 
I n—ta »i —■ 11 ti i in fin
        <pb n="435" />
        — 416 — 
ÉCOLES LITTÉRAIRES (GELHERTESCHULE). 
Conformément à l’ordonnance du 3i décembre i836, on comprend sous 
ce titre : 
i° Les lycées; 2° les gymnases; 3° les maisons d’éducation (pédagogies). 
Les matières enseignées dans les lycées sont : 
La religion, la langue allemande, le latin, le grec, l’hébreu, pour ceux qui 
se vouent à la théologie, le français (et, si les ressources le comportent, l’italien 
et l’anglais); les mathématiques, les sciences naturelles, l’histoire-naturelle, la 
géographie, l’histoire, l’archéologie, la rhétorique, la philosophie, la calli 
graphie, le dessin, le chant, la gymnastique. 
Les lycées ont neuf années de cours et 6 classes. 
En principe, les élèves des classes inférieures doivent avoir accompli leur 
dixième année au moment de leur admission. 
d outes les écoles qui n’ont pas les moyens d’instruction suffisant pour rem 
plir complètement le programme doivent diviser les études conformément à 
l’esprit général de ce programme, et se borner à donner l’instruction dans des 
limites proportionnées à leurs ressources. 
Celles de ces écoles qui continuent les études jusqu’à la septième année des 
cours, inclusivement au moins, reçoivent le nom de gymnase, les autres celui 
de maisons d’éducation publique (pédagogies). 
1858-1859. 
83 
98 
1S5 
366 
163 
93 
146 
130 
222 
754 
1859-1860. 
95 
87 
195 
377 
166 
82 
117 
126 
191 
682 
1860-1861. 
91 
90 
207 
388 
170 
82 
132 
143 
178 
705 
1861-1802, 
87 
77 
218 
382 
154 
80 
134 
126 
158 
652 
Le nombre des élèves était : 
A. Aux maisons d’éducation (pédagogies) de: 
Durlacb 
Lorrach 
Pforzheim 
B. Aux gymnases de : 
Bruchsal 
Denanchingen 
Lahr 
OfTenbourg 
Tauberbischoflsheim. 
Totai. 
Total.
        <pb n="436" />
        53 
417 — 
C. Aux lycées ele : 
Carlsruhe.. . 
Constance. • 
Fribourg... 
Heidelberg.. 
Mannheim.. 
Rastadt. . . . 
Wertheim. . 
Total 
1858-1859. 
569 
251 
416 
196 
267 
157 
150 
2 006 
1859-1860. 
588 
244 
415 
186 
252 
136 
172 
1 994 
1860-1861. 
624 
217 
404 
203 
252 
136 
172 
2 008 
1861-1862, 
739 
209 
352 
223 
263 
161 
161 
2 108 
ECO LC DE GYMNASTIQUE. 
D’après l’importance considérable attachée à l’enseignement de la gymnas 
tique, le gouvernement grand-ducal a pourvu dans les budgets de i 862 et 1 863 
au crédit nécessaire de 8280 florins pour fonder à Carlsruhe une institution cen 
trale, où seront reçus des candidats spécialement destinés à l’enseignement de 
la gymnastique. Ces candidats, qui sont déjà employés dans ces enseignements 
à divers degrés, se perfectionneront à ces écoles, où l’on recevra aussi ceux qui 
provisoirement sont employés comme aides des professeurs actuels de gymnas 
tique. En cas de besoin, des subventions pourront être accordées à ces candidats. 
On a l’intention de mettre cette institution en relation avec les établissements 
d’instruction publique de Carlsruhe, et de préférence avec le lycée. Les élèves 
de ce lycée y recevront leur instruction gymnastique, et une partie au moins des 
élèves des autres institutions publiques pourra y être admise. 
¿COLES MILITAIRES. 
Pour former de jeunes officiers, S. A. R. le grand-duc Louis fonda en ï 820 
l'école des cadets, dont l’organisation actuelle date de 185 1. 
Dans cette école on reçoit des jeunes gens de i5 à 18 ans; après avoir 
reconnu leur aptitude au service militaire, et constaté leurs connaissances, qui 
doivent comprendre tout ce qui est enseigné jusqu’à la quatrième classe inclu 
sivement des gymnases du grand-duché. 
L’instruction y dure trois ans et embrasse : 
Cours théoriques : Allemand et français, mathématiques, code militaire, tac 
tique, art militaire, fortifications, histoire, géographie, arpentage. 
Cours pratiques : Exercices d’infanterie et d’artillerie, manœuvres et manie 
ment d’armes, fortifications, arpentage et reconnaissances de terrain.
        <pb n="437" />
        Gymnastique : Les armes, Ja gymnastique , l’équitation, la natation. 
D’après les budgets de 1862 et i863, le nombre des cadets s’élève à Go. 
Il existe de plus h Carlsruhe une école de perfectionnement pour les officiers 
supérieurs. 
ÉCOLE POLYTECHNIQUE DE CARLSRUHE. 
L’école potytecbnique de Carlsruhe, dont l’organisation actuelle remonte 
1882, comprend trois classes communes d’études pour les mathématiques 
générales et sept divisions spéciales techniques qui sont : 
L’école des ingénieurs, celle des architectes, l’école des sciences mécaniques 
celle des sciences chimiques, l’école forestière, l’école du commerce et l’école 
des postes. 
Dans les trois classes de mathématiques, on enseigne, outre les langues vi 
vantes l’histoire, la littérature allemande, les mathématiques pures et appli 
quées, ainsi que les sciences naturelles, la minéralogie, la géologie, la bota 
nique, la zoologie, ta physique et la chimie. 
Ces trois classes ont pour but de donner dans ces sciences une instruction 
qui serve de base aux études techniques ultérieures. 
Dans les divisions spéciales, les connaissances et (instruction particulières 
peuvent être acquises d’une façon tellement complète, quelles permettent aux 
jeunes gens qui ont quitté l’école pour entrer dans les affaires, d’y montrer 
ou d’y acquérir promptement une aptitude pratique remarquable. 
Les ateliers suivants sont annexés à l’école : 
I o Un atelier de mécanique; 
2 0 Un atelier d’ébénisterie; 
3° Un atelier de moulage en plâtre; 
!x° Un atelier de moulage en argile. 
Le nombre des élèves de l’école polytechnique et de l’école préparatoire, qui 
s’y rattache, est indiqué dans le tableau suivant:
        <pb n="438" />
        53. 
— 419 
j" classe générale mathématique. . 
2° classe 
3 e classe 
École des ingénieurs 
École d’architecture 
École forestière • ■ . 
École des sciences chimiques 
École de constructions mécaniques. 
École des postes et du commerce. . 
Elèves libres 
Total 
École préparatoire. 
E\ roui. 
49 
38 
19 
61 
40 
21 
10 
23 
23 
10 
1861-1802. 
294 
35 
329 
22 
70 
7 
95 
49 
10 
28 
100 
4 
12 
361 
4 
465 
71 
117 
26 
146 
89 
31 
33 
183 
27 
22 
755 
39 
794 
%34 
43 
11 
57 
50 
28 
10 
19 
27 
9 
288 
34 
322 
1862-1863. 
NON BADOIS. 
13 
61 
2 
98 
47 
10 
19 
123 
5 
13 
384 
4 
488 
47 
104 
14 
150 
97 
38 
29 
142 
30 
22 
672 
38 
710 
UNIVERSITE. 
Le grand-duché de Bade possède deux universités: lune à Heidelberg, fondée 
on i 386 par Robert i er , et l’autre fondée en i454 par Albert VI, archiduc 
d’Autriche. 
Le nombre des élèves était a 1 université 
d’ileidelberg : 
Théologiens et séminaristes 
Juristes 
Médecins, chimistes et pharmaciens 
Commerçants 
Philosophes et philologues 
Total 
Personnes d’âge plus mûr 
Chirurgiens et pharmaciens établis. 
En tout. 
DANS LE SEMESTRE D’HIVER 
1861-1869. 
NON BADOIS. 
57 
22 
35 
20 
32 
166 
19 
7 
192 
29 
467 
61 
7 
74 
437 
18 
19 
474 
86 
288 
96 
27 
106 
604 
37 
26 
666 
DANS LE SEMESTRE D’ETE 
i86i-i86a. 
NON BADOIS. 
54 
26 
30 
19 
27 
156 
17 
9 
182 
53 
360 
63 
7 
32 
565 
20 
18 
603 
107 
386 
63 
26 
109 
721 
37 
27 
785
        <pb n="439" />
        — 420 
Le nombre des élèves était à l’université 
de Fribourg : 
Théologiens (catholiques). . . 
Juristes et aspirants notaires. 
Médecins et pharmaciens . . . 
Commerçants 
Philosophes et philologues . . 
Totaux 
Étudiants libres 
Chirurgiens de grade inférieur . 
En Tou?. 
DANS LE SEMESTRE D'HIVER 
1861-1862. 
NON BADOIS. 
150 
25 
37 
34 
10 
262 
262 
27 
2 
7 
40 
40 
183 
17 
44 
34 
14 
302 
7 
11 
320 
DANS LE SEMESTRE D’ETE 
1861-1862. 
NON BAD O IS. 
147 
-3 
35 
30 
12 
247 
248 
32 
4 
12 
54 
179 
27 
47 
30 
18 
301 
5 
9 
315 
fl existe à Fribourg un séminaire destiné à former Jes prêtres catlioliques. 
Fes candidats théologiens catholiques doivent passer Ja dernière année de 
leurs études en exercices pratiques au séminaire de Saint-Pierre. 
SCIENCES ET ARTS. 
Le budget de l’Étal pour 1 862 accorde pour ce service Jes secours suivants : 
i° Traitements et gages 1 5oo florins. 
(Y compris le traitement du conservateur des monuments d’art.) 
2 0 Pour subvention aux jeunes artistes et savants 6677 
3° Pour le cabinet de physique de Carlsrulie 900 
4° Pour le cabinet d’histoire naturelle de Carlsrulie 500 
5° Pour la galerie des modèles de Carlsrulie 1 29 
6° Pour l’Observatoire de Carlsruhe 1 760 
7 0 Pour le théâtre de la cour de Carlsruhe 11 879 
8° Pour l’exposition artistique 1000 
9 0 Pour la conservation d’anciens monuments d’architecture 1000 
24335 
Fn résumant les détails que nous venons de rapporter, on peut former le 
tableau statistique suivant : 
Le grand-duché de Bade a une population de 1059291 habitants, répartis 
dans 1 583 communes. 
Son budget total pour 186/1 s’élève à la somme de 1 633 1 288 florins ou
        <pb n="440" />
        421 
34296706 francs. Sur cette somme ii consacre 3012699 florins ou les 
0,180 au département de la guerre et 541/167 Morins ou o,o33 à celui de 
l’instruction publique. 
Les établissements d’enseignement qu’il possède peuvent se classer comme 
il suit : 
Salles d’asile ", i3o 
Í 1770 catholiques et protestants. 
F. coles primaires... &lt; 4g israéliles. 
( 5 privées de fabrique. 
1S24 
ou une école pour 760 habitants. 
Nombre d’enfants inscrits devant aller aux écoles 322160 
Ecoles des dimanches tenues aux écoles primaires, obliga 
toires pour les garçons jusqu’à 15 ans. 
Nombre d’enfants allant réellement aux écoles primaires: tous 
par suite de la surveillance sévère exercée sur cette fré 
quentation. 
Ecoles de perfectionnement pour les biles, au moins une par 
commune, soit i583 
Ecoles professionnelles des jours ouvrables pour les apprentis. 4o 
Nombre d’élèves 48o3 
Ecoles bourgeoises 2/1 
Nombre des élèves • 2134 
Les établissements d’enseignement littéraire sont : 
Les écoles dites pédagogies au nombre de 
Les gymnases 
Les lycées 
Nombres d’élèves 
Ecoles d’agriculture diverses 
Nombre d’élèves 
Institut polytechnique 
Nombre d’élèves en 1862-63 
du grand-duché 
étrangers 
Nombre .félèves ! » ltòieltcr S 
I à Fribourg.. 
Ecole centrale gymnastique 
Universités 
Ecole normale d’instituteurs 
Ecole des sourds-muets 
Ecole des aveugles 
... 322 
... 288 
. .. 78b 
1 ■ r. 
3. 
/• / 
3,4 a 
4 
54 
710 
1100 
2 
3 
i 
i
        <pb n="441" />
        ÉTAT ACTUEL DE LA POPULATION. 
Le grand-duché de Bade, dont le territoire s’étend en grande partie dans 
les montagnes de la forêt Noire couvertes de forêts, a, pendant de longues 
années, et surtout en i 852 par suite de la maladie des pommes de terre, et de 
la stagnation simultanée de l’industrie, oiï'ert le triste spectacle d’une popula 
tion en proie à la misère et ne cherchant sa vie que par la mendicité. 
Deux moyens ont été employés avec persévérance par le Gouvernement pour 
faire disparaître cette lèpre, devenue en apparence incurable, le premier a été 
de favoriser l’émigration de la partie la plus pauvre, à l’aide des subventions 
payées par J’Etat:de 1862 à i860, 65ooo habitants (ou 8000 environ par an) 
ont ainsi quitté le pays et sont partis pour diverses destinations, principalement 
pour l’Amérique. Ce trop plein de la population, égal à ¿ de son ch ihre total 
étant évacué, le nombre des émigrants par suite des mêmes conditions est au 
jourd’hui réduit au chiffre insignifiant de 900 par an, la plupart appelés par 
des parents qui ont réussi à l’étranger. 
Le second moyen a été d’introduire ou de revivifier dans les contrées où les 
produits de l’agriculture ne pouvaient suffire à la nourriture des habitants, des 
industries domestiques, dont une grande partie pouvait être exercée par les 
enfants, parles filles et par les femmes. 
Chaque village avait vu joindre à son école primaire une école de dessin et 
une petite école d’industrie spéciale. 
La broderie et la dentelle enseignées aux lilies y auraient bien réussi sans la 
concurrence de la Silésie, qui produisait à très-bas prix. 
La culture du seigle dans ces terrains pauvres a été utilisée pour perfection 
ner et même pour créer à nouveau la fabrication des tresses pour les chapeaux 
de paille, qui s’y est tellement répandue que l’on compte dans les montagnes 
plus de 6000 personnes vivant de ce travail. 
L’on a essayé et l’on continue l’introduction de la peinture sur émail et sur 
porcelaine; mais l’industrie principale qui s’est lixée et développée de nouveau 
avec le plus de succès dans le pays, c’est celle d’horlogerie. 
Elle y existait, comme on le verra plus loin, depuis de longues années, mais 
elle était tombée dans une grande décadence, on l’a relevée à l’aide dune ecole 
spéciale fondée par un décret du 26 février 18/19, dont nous parlerons en 
détail. 
C’est ainsi que Eurtvvangen est redevenu le centre d’iine fabrication d’horlo 
gerie très-importante qui rivalise avec la France et la Savoie. 
Les branches principales de cette industrie y sont cultivées : la fabrication
        <pb n="442" />
        — 423 — 
des montres, celle des pendules on horloges, l’émaillage des cadrans, leur pein 
ture, etc. s’y exécutent. 
Cette fabrication occupe près de /1000 àoooo ouvriers de tous genres, non 
compris les femmes et les enfants, et sans tenir compte du travail quelle pro 
cure à d’autres industries. 
Par cet ensemble de mesures, exécutées avec l’énergie que supporte le carac 
tère de la population, l’on est parvenu à faire disparaître la mendicité et à amé 
liorer la condition du peuple dans une proportion qui est nettement indiquée 
par les résultats statistiques suivants. 
Résultats statisticj ne s. — Le nombre des délinquants poursuivis, qui était 
annuellement de 1852 à i 855 d’environ i 4oo, est descendu, en i 861, à 69 1, 
dont les 0,90 seulement étaient du pays. 
En même temps que le nombre des délinquants diminuait, celui des prisons 
devait suivre la même marche. Aussi plusieurs ont-elles été supprimées; d’une 
autre part, les frais de police et de poursuites qui étaient, en i85a, de 
008175 florins, sont tombés, en 1861, à 1/11866 florins. 
L’efficacité des lois sur l’enseignement primaire est tellement réelle que, 
parmi cette catégorie d’individus qui forment la partie la plus inférieure de la 
population, l’on a constaté les résultats suivants : 
Sur 100 prisonniers détenus pour diverses causes, 
ETAT DE LEUR INSTRUCTION. 
Sachant lire et écrire 
Sachant lire et non écrire. . 
Ne sachant ni tire ni écrire. 
1850. 
1860. 
HOMMES. FEMMES. 
97,79 
0,14 
2,47 
94,21 
1,73 
4,04 
1861. 
97,38 
0,13 
2,47 
88,97 
6,20 
4,72 
Si l’on rapproche ce résultat de celui que nous avons indiqué plus haut, et 
qui constate la fréquentation réelle des écoles, on voit combien la loi sur l’ins 
truction primaire a d’efficacité. 
La prospérité commerciale et celle des individus se sont accrues dans une 
proportion très-considérable. 
Le nombre des contraintes par corps qui était, en i85a, de ¡90000, est 
descendu, en 1861, à 67000. 
Celui des faillites, qui était de 1867, es ^ descendu à 21\o. 
Enfin les secours donnés aux pauvres par les communes qui s’élevaient, en 
i85a, à 1 10875, florins, ont été réduits, en i860, à 862868 florins. 
I 
ï 
r iV. &gt;*• ' . „'"zi. 
1Æ'.
        <pb n="443" />
        Totaux , 
284 
10 
26 
46 
Cet ensemble de résultats, dus en partie à une administration à la fois pa 
ternelle et sévère, et en partie aux développements donnés avec intelligence à 
l’instruction populaire et industrielle, montre ce qu’une volonté et une con 
duite ferme et persévérante peuvent avoir d’influence sur le bien-être des po 
pulations. 
Dans ce grand-duché, où, à la faveur de l’ignorance et de la misère exploi 
tées par les passions subversives, la tranquillité a été souvent troublée, le calme 
et le bien-être ont succédé à l’agitation. 
ÉCOLE SUPÉRIEURE POUR LES FILLES. 
Sous ce titre il existe, à Carlsruhe, une école municipale, qui reçoit des 
jeunes filles de la bourgeoisie, depuis l’âge de 6 à 8 ans, jusqu’à celui de 16 
à i 7 ans. 
Outre les études primaires, on y donne une instruction littéraire plus éten 
due, et l’on y forme un assez grand nombre de jeunes personnes propres à 
remplir des emplois d’institutrices à l’étranger, et particulièrement en France. 
D’autres écoles analogues libres existent dans le pays; il y en a une, entre 
autres, à Oflènbourg. Elle est dirigée par les religieuses d’une congrégation 
qui y a son siège. 
Dans l’école de Carlsruhe, l’enseignement est réparti entre cinq classes de 
la manière suivante, aux %8à élèves quelle contient : 
Tableau général des études el des heures qui leur sont consacrées par semaine. 
(.LASSES. 
111 
i Supérieure 
f Inférieure 
j Supérieure 
( Inférieure 
I Supérieure / 
I Inférieure ) 
IV. 2 années d’études 
V. 2-3 ans d’études 
AGE. 
6-8 ans. 
6-10 ans. 
10-12 ans 
12-14 ans 
i4-i6 ans 
NOMBRE D’HEURES PAR SEMAINE. 
4 
^2-3° 
en hiver. 
2-3 
12 
11 
6 à 7 
5 à 6
        <pb n="444" />
        425 
La rétribution annuelle est de i 6 florins (3/i fr. 60 cent.) par an dans la 
première classe, de 3o florins (62 francs) dans la deuxième et la troisième 
classe; de 36 florins (y5 fr. 60 cent.) dans la quatrième et la cinquième classe, 
plus 1 florin d’entrée. 
On voit, par ce tableau, que le français est enseigné avec beaucoup de soin 
dans cette école, et nous avons pu y constater les bons résultats obtenus. L’on a 
soin, pour les langues vivantes, d appeler des maîtres étrangers ayant une bonne 
prononciation. 
Le chant et la musique sont aussi bien enseignés. 
Quant au dessin, les résultats laissent à désirer. 
Nous avons aussi pu nous convaincre que, par suite de la méthode qui oblige 
les enfants à lire et à écrire d’après des modèles de mots ou de phrases mis en 
évidence sur le tableau, et qu’ils sont tous obligés de regarder ensemble, leur 
attention est excitée et soutenue de telle sorte, que des enfants de six à huit ans, 
après une année d’école, savaient déjà passablement lire, écrire et chiffrer, 
même sous la dictée. 
Aux études on joint, sous la direction de plusieurs maîtresses, l’enseigne 
ment des travaux à I aiguille et autres. 11 est donné dans une langue vivante 
étrangère au pays et que les enfants doivent parler. 
Le Gouvernement s’occupe de multiplier ces écoles, et de donner à quel 
ques-unes un caractère d’école commerciale et un peu industrielle. 
ÉCOLE SUPÉRIEURE BOURGEOISE [¡WHERE RURGER SCHULE). 
Sous ce titre il existe, à Carlsruhe, une école tout à fait analogue aux établis 
sements que (ou appelle écoles réelles dans l’Allemagne du nord. 
Les études y sont réparties entre sept classes, dont les deux inférieures sont 
doubles, h cause du nombre des élèves. On y donne un enseignement littéraire 
et scientifique, qui permet aux élèves des classes supérieures d’entrer à l’école 
polytechnique. 
Nous indiquons dans le tableau suivant la nature de (’enseignement de cette 
école.
        <pb n="445" />
        Tableau indiquant les matières de renseignement et le nombre d’heures 
des leçons par semaine. 
MATIERES ENSEIGNEES. 
Religion 
Allemand 
Latin 
Français 
Anglais 
Histoire 
Géographie 
Histoire naturelle 
Calcul 
Géométrie et mathématiques. 
Physique ...*«••«**.**..• 
Chimie» » » » 
Dessin à main levée 
Dessin linéaire 
Chant 
Gymnastique 
Calligraphie 
l re . 
28 
2 e . 
32 
3”. 
35 
34 
33 
35 
16 
23 
24 
32 
12 
10 
9 
1 1 
13 
20 
4 
4 
14 
7 
14 
14 
7 
234 
On voit par ce tableau que, si celte école est destinée à donner aux élèves 
une instruction scientifique préparatoire à lecole polytechnique, l’élément lit 
téraire de toute bonne éducation n’y est pas négligé; puisque l’allemand y oc 
cupe vingt-trois heures, le français trente-deux heures, le latin vingt-quatre 
heures, l’anglais douze heures par semaine, tandis que l’arithmétique et les 
mathématiques n’en prennent ensemble que trente-trois. 
Le dessin à main levée n’y est pas très-bien enseigné, et l’on y copie trop 
d’après des lithographies. 
Comme applications du dessin géométrique, on habitue les élèves aux pro 
jections et aux développements des surfaces les plus simples, qu’on leur fait 
exécuter en carton léger. 
L’institution, encore de date récente, compte, en i 864, 280 élèves; mais 
elle a des analogues dans plusieurs villes du grand-duché. 
ÉCOLES INDUSTRIELLES (GEWERBESCHULE). 
Il y a, à Carlsruhe, une école destinée aux apprentis âgés de moins de 17 ans.
        <pb n="446" />
        54. 
— 427 — 
Les leçons y sont données le matin de 6 à i o heures en hiver, et de 5 à 9 heures 
du matin en été. 
Cet enseignement est obligatoire pour tous les apprentis, depuis 1 4 ans jus 
qu’à 17, et les patrons chez lesquels ils travaillent sont responsables de leur 
présence, qui est constatée jour par jour par une estampille marquée sur leur 
livret. Les moyens de répression sont : l’avertissement, la remontrance, l’a 
mende et la prison. Elles peuvent être infligées au patron, si les absences sont 
de son fait. 
Outre les leçons des jours ouvrables.il y aussi des cours du dimanche ou du 
soir pour les ouvriers qui veulent les suivre. 
Les élèves sont partagés en trois divisions principales, ce qui constitue trois 
années d’études. Une quatrième division préparatoire reçoit les élèves trop 
faibles pour profiter de l’enseignement. 
Les études ont principalement pour objet l’arithmétique avec ses applica 
tions au commerce et à l’industrie; la géométrie pratique, les projections, les 
développements des surfaces, le dessin à main levée et linéaire appliqué spé 
cialement aux divers métiers, des notions de mécanique, des éléments de géo 
métrie descriptive, le moulage, la sculpture sur bois. 
Un atelier pour ces deux dernières études est ouvert aux élèves le soir, de 
7 heures 1/2 à 9 heures. 
On s'attache, dans toutes les applications, à faire à chaque élève celles qui 
concernent sa profession. 
Cette école de Carlsruhe compte plus de 3oo élèves instruits par un profes 
seur, un maître de dessin et un maître modeleur; la dépense totale n’est que 
de 1900 florins (près de 4ooo francs ou de i3 fr. 33 cent, par élève et par 
an) non compris le loyer du local, le matériel, le chauffage et l’éclairage fournis 
par la ville. 
il y a, dans le grand-duché quarante et une écoles industrielles de ce genre. 
FABRICATION DE L’HORLOGERIE DANS LE GRAND-DUCHE DE BADE (1 . 
Les premiers essais en horlogerie dans Je pays de Bade datent du milieu du 
xvn c siècle. Ces horloges, entièrement en bois, se remontaient toutes les douze 
heures. 
Vers 1760, on commença à abandonner ces horloges primitives, et l’on 
employa le métal pour les rouages. On lit marcher ces horloges vingt-quatre 
heures, et de 1770 à 1780, on construisit des horloges marchant huit jours. 
( ' Extrait de l’ouvrage de M. Dietz.
        <pb n="447" />
        On estime que, en 1808, dans le canton de Triberg, on faisait par an 
107300 horloges. 
En 18/17, quatre mille personnes étaient occupées à l’industrie des montres. 
il est digne de remarque que cette industrie se créa spontanément dans le 
pays par l’initiative de cultivateurs, et que, jusque dans ces derniers temps, 
tous les horlogers étaient en même temps cultivateurs. 
La période la plus brillante de cette industrie correspond au commencement 
de notre siècle. Mais les progrès faits à l’extérieur, et surtout en Amérique, ralen 
tirent considérablement l’exportation, et lorsque survint la maladie des pommes 
de terre, les habitants de la forêt Noire, atteints dans leurs deux sources de pro 
duction, se trouvèrent dans une grande détresse, ils s’adressèrent au grand-duc, 
qui fit faire une enquête minutieuse sur les motifs delà décadence de 1 industrie 
de l’horlogerie dans la forêt Noire, et sur les mesures à prendre pour la relever. 
C’est à la suite de cette enquête que parut la résolution du 20 février 18/19, re 
lative à la création d’une école d’horlogerie. 
Pour son siège, on choisit Furtwangen, canton de Triberg, ancien centre de 
l’industrie de l’horlogerie dans la forêt Noire. 
Ecole d’horlogerie de Furtwangen (extrait du rapport de 1862 ). — Cette école 
comprend aujourd’hui i° une [Gewerbeschule) école industrielle générale, 
traitant cependant plus spécialement de ce qui se rapporte à l’horlogerie; 
2 0 une école purement pratique, des ateliers pour perfectionner les ouvriers 
dans les différentes branches de 1 horlogerie, et toutes les dispositions utiles pour 
aider aux progrès de l’industrie chronométrique du pays de Bade en général. 
Ecole industrielle. — L’enseignement de cette école consiste en trois cours 
d’une année chacun. Il est toujours donné dans la matinée, commence a 5 heures 
du matin en été et à 6 heures en hiver, et varie de sept heures à quinze heures 
et demie de leçons par semaine pour chaque classe d’élèves. De plus, vu l’im 
portance générale du dessin à main levée, on consacre trois heures à cet ensei 
gnement tous les dimanches pour les apprentis et les compagnons. L’école 
d horlogerie fournit même les instruments de dessin aux élèves pauvres. 
Pour les enfants des deux sexes de 8 à 1 a ans il y a trois cours de dessin. 
L’enseignement du modelage est donné aux menuisiers, sculpteurs, peintres, 
sur leur demande. On y montre le modelage, le moulage, l’art de fondre, de 
prendre des empreintes sur différents matériaux, de dorer sur bois, sur pierre, 
de brosser, de mastiquer, de vernir, de polir, le tirage des gravures en 
cuivre, etc. 
Cette école avait, en 1861, h 9 élèves et 7 auditeurs.
        <pb n="448" />
        /i29 
II ya: i° un professeur principal de dessin spécial, de mécanique, de con 
naissance de machines, de physique appliquée et de chimie; 
2° Un professeur de dessin à main levée, d’ornement, de modelage, de 
sculpture el de décoration; 
3° Un maître adjoint pour l’allemand, l’arithmétique, la géométrie, les cons 
tructions géométriques et la comptabilité commerciale. 
L’enseignement est réparti ainsi qu’il suit dans les trois classes : 
COURS DE DESSIN. 
l r cours.— Pour les garçons de 8 à 10 ans, deux heures par semaine. Exer 
cices sur ardoises d après des modèles sur papier ou sur le tableau noir. 
PREMIÈRE CLASSE. 
Arithmétique et géométrie plane 
Langue allemande 
Constructions géométriques, dessin d’objets d’horloge- 
3 heures. 
2 
ne 
Dessin à main levée 
a à 3 
i à 3 
fl' CLASSE. 
Arithmétique et géométrie, surfaces, volumes, courbes 
etc 
Allemand, contrats, correspondance de commerce. . . . 
2 
Tenue de livres 
Mécanique et physique appliquées, forces et travail, centre 
de gravité, pendule, machines simples, levier coin, 
vis, poulie 
Notions d’horlogerie, généralités sur la mesure du 
temps, parties constitutives, leurs relations 
Dessin de constructions géométriques, pénétrations, 
courbes d engrenage, outillage 
2 à 3 1 2 
Dessin à main levée au crayon; on commence à om 
brer 
i à 3 
III* CLASSE. 
Arithmétique et mécanique, problèmes d’horlogerie. 
transformation de mouvements, 
i a 2 
Notions d horlogerie, calcul des rouages, des différentes 
espèces d’horloges, à coucou, à soldat, à trompette, 
des meilleurs échappements, outillage et machines.. 
Physique appliquée, surtout à l’horlogerie.. . 
Dessin spécial de constructions d horlogerie 
Dessin à main levée, ombres
        <pb n="449" />
        430 — 
2 e cours. — Pour les garçons de 10 à 1/1 ans, quatre heures en été, trois 
heures en hiver. Suite des exercices; on commence à ombrer. 
3" cours. — Pour les filles de 8 à i !\ ans, deux heures par semaine. Exer 
cices, formes de tête, ustensiles, fleurs, fruits, paysages, modèles d’ouvrages. 
U e cours. — Pour les apprentis et les compagnons. Cet enseignement varie 
avec la carrière de l’élève. Le dessin est étudié à fond sous tous les rapports et 
avec tous les moyens d’exécution qui s’y rapportent. 
Ateliers de perfectionnement. — Cette partie importante de l’école d’horlogerie 
a pour but de former des ouvriers habiles dans les branches de l’horlogerie 
dans lesquelles l’industrie de la forêt Noire est arriérée, afin que plus tard ils 
appliquent, soit pour leur compte, soit au service d’autres établissements , ce 
qu’ils ont appris, et que, de cette façon, ils ouvrent de nouvelles sources de 
production ou de perfectionnement aux industries existantes. 
Il y existe actuellement trois de ces ateliers : deux pour les montres et un 
pour les pendules. 
Le premier atelier pour montres admet les jeunes gens qui veulent se desti 
ner à cette industrie afin de les instruire solidement et d’en faire des ouvriers 
capables. 
Le second atelier fait suite au premier, c’est-à-dire que, dès qu’un élève du 
premier atelier a l’instruction suffisante pour pouvoir être employé utilement 
dans la fabrication des montres, il est libre ou d’entrer dans une fabrique pri 
vée de la forêt Noire, ou de passer dans le second atelier, où il continue à tra 
vailler, moyennant salaire, sous la direction du professeur. 
On admet également, dans ce second atelier, d’autres ouvriers capables dans 
la fabrication des montres ou travaillant aux pièces. 
Ces deux ateliers se trouvent dans les bâtiments de l’école. L’atelier pour les 
pendules fines, au contraire, à cause du manque d’espace, a été établi dans la 
maison du professeur, et comme ce dernier a, en outre, un atelier d’ouvriers 
en pendules, l’organisation devient analogue à celle que nous venons de décrire 
pour les montres. 
Chaque élève a sa place comme un ouvrier; l’outillage est celui d’une fabrique 
complète de montres et de pendules, organisé d’après les procédés les meil 
leurs et les plus récents, et d’après le système de la division du travail. 
Les ateliers ne chôment point; ou n’arrête que le samedi de Pâques et aux 
fêtes de fin d’année, au carnaval, absolument comme dans les ateliers ordinaires 
de la forêt Noire. 
La durée du travail est, comme dans les autres ateliers d’horlogerie, de
        <pb n="450" />
        y heures du matin à i i heures 1/2 et de 1 heure à y, c’est-à-dire 10 heures 
1/2. Les apprentis qui, exceptionnellement, sont dispensés de suivre les cours 
de l’école industrielle l'ont donc soixante-trois heures par semaine de travail à 
l’atelier. 
Mais, en général, les élèves des ateliers sont, tenus de suivre les cours de l’é 
cole, de sorte qu’ils ont dans la première classe, par semaine, sept heures d’en 
seignement et cinquante-huit heures de travail è l’atelier; en tout soixante-cinq 
heures en hiver; ceux de deuxième classe, douze heures et cinquante-quatre 
heures, soit soixante-six heures; ceux de la troisième classe, sept heures etcm- 
quante-huit heures, soit soixante-cinq heures. 
En été on commence les cours théoriques plus tôt, ce qui prolonge à 
soixante-six et soixante-huit heures le temps employé par semaine. 
Dans l’atelier pour les pendules on est, d’après l’usage établi dans la forêt 
Noire, occupé treize heures environ par jour. Dans le second atelier, ceux qui 
travaillent à leurs pièces peuvent suspendre leur ouvrage à la nuit tombante. 
il n’y a pas de temps fixé pour le séjour des élèves à l’un ou l’autre atelier, 
ce temps dépend des dispositions, des progrès et de l’application de chaque 
individu. En général, l’apprentissage ne dure pas plus de trois ans. Dans le 
contrat d’admission l’élève s’engage à payer une certaine somme, dans le cas où 
il quitte l’école par le fait de sa volonté, ou bien si, sortant de l’atelier des 
montres, il quitte la forêt Noire. Dans tous les autres cas l’enseignement est 
gratuit. 
Chacun des deux ateliers est organisé pour dix places, aussi l’école ne doit-elle 
pas avoir plus de 20 élèves pratiques. 
Ateliers pour montres. — On admet dans ces ateliers le principe de la division 
du travail; ainsi, dès que les élèves possèdent les notions générales, on guide 
chacun vers la partie spéciale pour laquelle il a le plus de dispositions, et qui 
répond le mieux aux besoins présents des affaires. 
L’enseignement consiste donc : 
ï 0 En une partie générale commune à tous les élèves; 
2 0 En une partie spéciale à chaque élève, et qui doit le rendre parfaitement 
apte à un ou â plusieurs des travaux dont l’industrie complète se compose ; 
3° En une partie destinée à former des horlogers complets. 
1° PARTIE GÉNÉRALE COMMUNE. 
C est la base des autres enseignements, aussi est-elle, par cela même, très- 
importante. Le professeur peut y juger des dispositions des élèves et y con 
foi mei plus tard la direction ultérieure à leur donner.
        <pb n="451" />
        Cet enseignement consiste à acquérir : 
i° L’adresse requise pour limer, tourner, percer, aiguiser, polir, etc. 
ï 0 La connaissance et le traitement des matériaux, la trempe et le recuit de 
l’acier, le martelage du laiton, etc. 
3° A confectionner des petits outils, poinçons, forets, fraises, équerres, 
règles, molettes à tarauder, etc. 
4° A apprendre l’usage des machines les plus simples; 
5° A confectionner des objets bruts, à connaître les parties constitutives 
de la montre, à s’exercer à la représentation graphique de la montre et de ses 
parties. 
I^es détails de l’enseignement pratique divisé varient trop pour qu’on puisse 
les donner ici. On veille surtout à la perfection de l’ouvrage, aux rapports 
exacts de grandeur. Les parties qu’on examine particulièrement pour la fabri 
cation des pièces brutes, sont les mouvements, les échappements à ancre, les 
balanciers, la taille des pierres, l’enchâssement, la position des roues, le réglage. 
L’instruction d’un horloger complet embrasse la connaissance de toutes les 
parties du travail divisé; elle doit, en outre, familiariser l’élève avçc les fonc 
tions, avec les relations géométriques de grandeur des parties d’une montre, 
le rendre capable de juger les mouvements d’une montre, d’entreprendre des 
améliorations, des perfectionnements et de projeter des montres nouvelles. 
Cet enseignement est donné par un professeur et un adjoint, horlogers 
praticiens tous les deux. 
Dans l’année i860, 13 élèves furent présents, dont 4 sont sortis cette 
année. 
En 1860-1861, le nombre d’élèves n’était quede 1 1, vu qu’on n’admet que 
ceux qui font preuve d’un certain talent. 
Les boites elles cadrans sont tirés de l’étranger. 
Les montres confectionnées à l’établissement sont excellentes; à I exposition 
de Besançon elles ont obtenu une médaille. 
A teliers pour pendules. — Ces ateliers ont pour but de perfectionner cette in 
dustrie déjà établie dans la foret Noire. D’après l’organisation spéciale de l’indus 
trie de l’horlogerie, il est très-difficile d’établir dans cette branche le principe 
de la division du travail, c’est pourquoi l’enseignement doit être donné à 
chaque élève de façon à lui permettre d’entrer dans les établissements déjà 
existants ou d’en créer de nouveaux. 
Il faut donc que, tout en cultivant plus spécialement la branche pour laquelle 
l’élève se sent de l’aptitude, il n’en apprenne pas moins à construire des mou 
vements complets et à confectionner les pièces brutes.
        <pb n="452" />
        55 
433 — 
L’enseignement se divise : 
ï° En un enseignement élémentaire général commun à tous Jes élèves; 
2° En un perfectionnement général de l’élève dans toutes les branches, mais 
avec une étude plus approfondie de celle pour laquelle il a de l’aptitude. 
L’enseignement général comprend : 
L’adresse ;'i limer, percer, tourner; la connaissance des matières et la manière 
de les traiter;le taraudage; la confection de différents outils par les élèves; l’ins 
truction pour se servir des différentes machin-es nécessaires à la fabrication des 
pendules; la connaissance des parties constitutives de l’horloge, leur destination, 
leur exécution. Le perfectionnement général consiste dans la confection des 
boîtes, des barillets, des ponts et exécution des roues; les moteurs; les condi 
tions indispensables pour un bon engrènement; l’exécution de divers mouve 
ments simples, à sonnerie, à répétition; le finissage, des pendules avec les 
pièces brutes. 
Comme il y a toujours dans les ateliers des élèves de divers degrés d’instruc 
tion, cet enseignement ne peut pas être partagé en sections. 
Comme nous l’avons dit, les élèves doivent pouvoir, en sortant, faire des 
pendules sans le secours des pièces brutes, car sans cela ils ne pourraient pas 
être utiles aux établissements actuels de la forêt Noire. 
Il faut néanmoins qu’ils connaissent la division du travail et l’usage de ma 
chines plus dispendieuses mais plus perfectionnées, afin de pouvoir en faire 
usage dès que les circonstances le leur permettront. 
L’enseignement est donné par un professeur. 
Les dix places sont occupées. 
Les modèles sont mis à la disposition des chefs d’établissements d’horlogerie 
de la forêt Noire. 
L’école de Eurtwangen cherche aussi à développer le goût artistique pour les 
décorations des montres, pour les cadrans peints. Elle a des planches pour le 
tirage des dessins des cadrans les plus usités, des dessins et des projets quelle 
prête aux fabricants pour les cadrans sans peinture, pour les boites, pour des 
espèces spéciales de montres et pendules (deux modèles, dont l’un imite le coq 
l’autre la chèvre, ont été ajoutés cette année à la collection). 
On a disposé une étampe pour découper les touches de boîtes à musique. 
Il y a en tout, à l’école de Eurtwangen, six professeurs, dont l’un est direc 
teur, deux ouvriers et un domestique. 
II a passé durant l’année par l’école industrielle :
        <pb n="453" />
        De première année 29 élèves. 
De deuxième année 11 
De troisième année 9 
( pour montres i4 
Dans les ateliers^ , , 
I pour pendules 17 
Total 80 
54 garçons de 8 à \U ans et 18 filles de 8 à 10 ans ont fréquenté .l’école de 
dessin spécial à main levée. 
La dotation de l’école par l’Etat est actuellement de 10000 florins 
(21000 francsj. 
AUTRES ÉTABLISSEMENTS POUR LE MAINTIEN DE L’ACTIVITE INDUSTRIELLE. 
Tressage de la paille. — Cette industrie existe de temps immémorial dans la 
forêt Noire pour les tressages communs. Mais pour les travaux fins on ne savait 
pas préparer les matériaux de choix, et par conséquent, la main d’œuvre déli 
cate de cette industrie était inconnue. 
En 1 851, i852, 1 853 , on promit des récompenses à ceux qui exposeraient 
de belles pailles indigènes bien blanchies. Par suite de ces mesures, cette 
matière est aujourd’hui préparée en quantité suffisante. 
A Furtwangen on a établi, sous la direction d’une habile maîtresse, en 
1 851, une école de tressage, d’où sont sorties des ouvrières exercées qui, elles- 
mêmes, sont devenus maîtresses. 
Outre les nombreuses écoles de tressage établies dans la forêt Noire, il s’en 
est constitué jusqu es dans (’Odenwald. 
Dans la forêt Noire, cette industrie occupe actuellement des milliers de 
personnes auxquelles elle procure des salaires rémunérateurs. 
Ouvrages en bois, brosses, sculpture. — Ces industries seront surtout relevées 
en fournissant et mettant à la disposition des industriels des modèles élégants 
faits avec goût, en les aidant à étendre leurs débouchés, en établissant dans les 
principaux centres des écoles de dessin. 
SOCIÉTÉ D’OUVRIERS (ACBE1TEBB1LDUNGVEREIN). 
Cette réunion a pour but de permettre aux compagnons d’acquérir les con 
naissances utiles à leur métier ou des connaissances générales, de cultiver le 
chant, de donner occasion à des conférences instructives et convenables, de 
prendre les mesures avantageuses pour l’institution de caisses d’épargne et de
        <pb n="454" />
        55. 
— 435 — 
secours mutuels. Dans l’intérêt de son œuvre, cette réunion est en relations 
avec la société industrielle. 
Tout ouvrier ou ami de l’institution et de bonne réputation peut être admis 
dans la société. Celui qui désire en faire partie doit se présenter au secrétariat; 
son nom, sa profession, sa demeure sont affichés pendant huit jours dans le 
local de la société, et il est admis à la séance la plus prochaine s’il n’y a pas 
d’opposition. 
Le prix d’inscription est de 12 kreulzers (45 centimes), et le versement 
mensuel de 1 5 kreutzers (55 centimes). Il doit être payé le premier jeudi de 
chaque mois; les malades en sont dispensés pendant la durée de leur maladie. 
Cette réunion est administrée par un comité composé de douze membres 
éligibles tous les semestres par moitié; le vote est secret; le comité doit siéger 
une fois par semaine. Les dépenses qui dépassent 5 florins (10 fr. ko cent.) 
doivent être votées en assemblée, sauf les cas d’urgence. 
La société a une assemblée tous les quinze jours pour traiter les questions 
ordinaires. 
Cette société est en relations avec les réunions analogues du pays et de 
l’étranger, afin de ménager à ses membres la même réception fraternelle qu elle 
leur accorde. 
Le jour où le nombre des membres s’abaissera à six, la société sera dissoute 
de fait. Son avoir social doit être placé à intérêts pour devenir la propriété 
d’une nouvelle société qui pourrait se former, et qui y aura droit après deux 
mois d’existence. 
Les matières enseignées sont les suivantes : 
Dimanche matin, à 9 heures, dessin; le soir, à 8 heures, exercices sur la manière d’exposer 
un sujet. 
Lundi, assemblée générale; sujets intéressants des sciences naturelles, 
chant, déclamation 1 
Mardi, tenue des livres et correspondance f 
Mercredi, histoire de l’Allemagne } 8 heures du soir. 
Jeudi, langue allemande et chant i 
Vendredi, histoire de la littérature ] 
Samedi, calcul et chant 
Tous les soirs une salle de lecture est ouverte, elle possède une bibliothèque 
de 200 volumes environ. 
En ï 863, la société comptait 1 97 membres, dont 100 ouvriers et 67 amis 
de 1 industrie; parmi les ouvriers il y avait kk menuisiers, 21 tailleurs, 1 1 cor 
donniers, à charrons, etc. Les membres amis de l’industrie se composaient d’in-
        <pb n="455" />
        dustriels, rie marchands, de fabricants, de professeurs et de fonctionnaires 
supérieurs. 
Nous avons assisté à une réunion de cette société un jeudi, jour d’assem 
blée générale et de conférences variées. Plusieurs questions utiles, entre autres 
celle de la conservation des bois par les injections de sels métalliques, ont été 
traitées. Des morceaux de prose et de poésie ont été récités par des ouvriers ; 
le cigare et la bière se consommaient librement, mais modérément, et la réu 
nion n’avait rien que de très-convenable. L’habitude de se voir, de se témoi 
gner des égards réciproques, de conserver la modération et la décence, donne 
à ces réunions d’hommes, occupés toute la journée, une certaine dignité morale 
qu’on ne peut méconnaître. Et lorsque la société sera en possession d’un local 
plus convenable que la salle de brasserie où elle se réunit, les instructions sé 
rieuses pourront y prendre plus de développement. Mais il importe toujours 
que la sage influence des amis de I industrie, des professeurs et des fonction 
naires qui aiment les ouvriers, y domine et les maintienne dans une voie 
étrangère à toute préoccupation politique. 
ÉCOLE POL YTECHJN IQlE. 
L’école polytechnique de Carisruhe, fondée eu 1820, est, ajuste titre, l’un 
des établissements de ce genre les plus célèbres parmi ceux que possède l’Alle 
magne. 
L’édifice remarquable qu elle occupe a coûté un million de francs. 
De vastes salles pour tous les travaux des élèves, de beaux amphithéâtres 
pouvant contenir 200 auditeurs, un grand laboratoire très-bien ordonné dont 
nous donnons le plan dans la planche V, et auquel il ne manque que des 
moyens de ventilation; des ateliers bien organisés, où l’on exécute, à un prix 
peut-être un peu élevé, mais avec une grande perfection, les modèles qui com 
plètent la belle collection déjà existante, due en grande partie au savant pro 
fesseur, M. Red ten hacher, que l’école a perdu; l’ensemble, enfin, de toutes 
ces collections, constitue un établissement de premier ordre, digne de sa grande 
réputation 
Le nombre des élèves qui viennent y acquérir 1 instruction est, en 1 8fié-1 8fiâ, 
de 58g, répartis ainsi qu’il suit :
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— 437 
NATIONALITES 
BAIïOIS. ETRANGERS. 
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44 
36 
33 
12 
18 
32 
18 
250 
70 
02 
50 
14 
14 
103 
4 
21 
330 
142 
106 
72 
47 
26 
121 
36 
39 
589 
DIVISIONS. 
Mathématiques. . . . 
Ingénieurs 
Architectes 
Forestiers 
Chimistes 
Mécaniciens 
Postes et commerce. 
Auditeurs libres.. . . 
L'on voit, par ce tableau, que les divisions des mathématiques, des ingé 
nieurs et des mécaniciens sont de beaucoup les plus nombreuses. 
Dans le nombre total des élèves étrangers, il est remarquable que la France 
n’en fournit que a, la Prusse en compte 61i, la Russie /|/| , la Bavière sô, la 
Suisse 20, l’Autriche 17. 
Enseignement de l’école polytechnique de Carlsruhe. — Cet établissement est 
une sorte d université technique qui, outre des études scientifiques d’ordre 
supérieur, comprend dans son organisation plusieurs divisions spéciales. 
La première division est consacrée, non-seulement aux sciences mathéma 
tiques, comme semble l’indiquer son nom, mais aux notions scientifiques géné 
rales, nécessaires aux autres divisions techniques, et que les élèves peuvent 
acquérir en suivant les cours particuliers relatifs à ces sciences. 
Les divisions techniques sont celles : 
Des ingénieurs. . 
Des architectes... 
Entrepreneurs 
Architectes.. . 
Des forestiers 
Des chimistes 
Des constructeurs rie machines 
Du commerce 
Des postes 
exigeant 2 ans à 2 ans et demi de cours. 
— 2 
— 4 
— 2 
— a 
— 2 
En justifiant que l’on possède les connaissances nécessaires poursuivre l’en 
seignement de l’une quelconque des divisions, l’on peut y être admis. 
Il n’y a pas de série absolument obligatoire d’études; les examens seuls
        <pb n="460" />
        — 4 &lt;3 8 — 
créent pour les élèves la nécessité d’acquérir les connaissances exigées, ce qui 
conduit à leur indiquer au moins les cours qu’il leur est indispensable de 
suivre. 
DIVISION MATHÉMATIQUE. 
Les études de cette division comprennent deux années : pour y être admis 
en première année, il faut être âgé de plus de 17 ans, et prouver que l’on 
possède les mathématiques élémentaires, et que l’on peut traiter en langue 
allemande un sujet donné. On peut également entrer directement en seconde 
année en justifiant qu’on connaît les matières enseignées en première année, 
et qu’on a 1 8 ans accomplis. 
DIVISION MATHÉMATIQUE. 
PROGRAMME DES ÉTUDES ET NOMBRE D’HEURES DE LEÇONS PAR SEMAINE. 
PREMIÈRE ANNÉE. 
Calcul différentiel et intégral 
Trigonométrie plane et sphérique 
Géométrie analytique à deux dimensions 
Id. descriptive 
Eléments de mécanique 
Physique expérimentale 
Langue allemande 
Id. française. .............................. 
Dessin à main levée 
Modelage 
5 heures. 
2 
2 
6 
5 
4 heures et 1 heure de répétition. 
2 
3 
2 
4 
DEUXIÈME ANNÉE. 
Calcul différentiel et intégral 4 
Géométrie analytique à trois dimensions 2 
Mécanique analytique 5 
Géométrie descriptive 4 
Dessin technique . . 4 en été. 
Géométrie pratique 4 
Physique supérieure 3 en hiver. 
Manipulations de physique 6 en été. 
Chimie générale (cours de la division de chimie) 4 
Minéralogie et géognosie 3 et 4 
Littérature allemande 2 
Langue française 3 
Langue anglaise 3 
Dessin à main levée 4 
Modelage a
        <pb n="461" />
        DIVISION DES INGÉNIEURS. 
La division dos ingénieurs prépare à toutes les branches de la profession, 
celle du génie militaire excepté. 
La durée des études est de deux années et demie. 
Pour y être admis il faut posséder les connaissances qu’on acquiert dans un 
gymnase ou dans un lycée jusqu’en seconde, et celles de deux années de ma 
thématiques de l’école précédente; à défaut des certificats constatant ces con 
naissances, on passe un examen. 
PROGRAMME DES MATIÈRES ENSEIGNÉES, NOMBRE D’HEURES DE LEÇONS PAR SEMAINE. 
PREMIÈRE ANNÉE. 
Calcul des variations 2 heures en hiver. 
Méthode des moindres carrés 1 
Géodésie supérieure 2 
Mécanique appliquée 3 
Chimie technologique 3 
Routes, constructions hydrauliques (avec trois après-dînées de manipu 
lations) 5 
Construction de machines 12 
Littérature allemande 1 
Histoire ancienne et du moyen âge 5 
Constructions pratiques en bois, en pierres 4 à 6 
Dessin à main levée et dessin de paysage 4 
Langue anglaise 3 
DEUXIÈME ANNÉE. 
Ponts et chaussées 
Construction des chemins de fer 
Exercices de constructions réelles, chaque après-dînée en hiver, et le 
matin et l’après-dînée en été. 
Construction de machines 
Questions de physique mathématique 
Droit populaire 
Littérature allemande 
Histoire ancienne et du moyen âge 
Dessin à main levée et paysage 
6 heures. 
2 
6 
2 heures en été. 
// 
5 
5 
4 
TROISIÈME ANNÉE. 
Un seul semestre.
        <pb n="462" />
        440 — 
Ce cours est spécialement destiné aux ingénieurs qui ont l’intention de pra 
tiquer dans le grand-duché. Us doivent se familiariser avec les règlements et 
les usages pour la concession de travaux publics, avec les prix-courants (deux 
heures par semaine). 
Elaboration de projets, mémoires, devis ; . . . . 8 heures. 
Architecture supérieure 3 
On fait faire aux élèves des excursions pour examiner des chantiers, des 
travaux, et dans ce cas les leçons sont interrompues. 
Nous ne voyons pas bien l’utilité que peuvent avoir pour les ingénieurs 
l’étude du calcul des variations et celle de la méthode des moindres carrés. 
Nous doutons même que jamais aucun ingénieur ait eu l’occasion de se servir 
de ces branches de la science mathématique pour les besoins de son art. 
• DIVISION DES CONSTRUCTEURS. 
Cette division se partage en deux : la division inférieure est destinée à former 
des (Werckmcister) entrepreneurs ou chefs de travaux capables de projeter et 
d’exécuter des constructions ordinaires d’habitation ou d’exploitation. La divi 
sion supérieure a pour but de former de futurs architectes, capables, à leur 
sortie de l’école, d’entreprendre avec fruit des voyages pour se perfec 
tionner. 
Getto division comprend quatre années d’études : 
Pour l’admission, les conditions sont les mêmes que pour la division des 
ingénieurs, sauf à se contenter du cours de la première année de la division 
de mathématiques. 
PREMIÈRE ANNÉE. 
Chimie générale ei inorganique (cours de chimie i' e division). 
Minéralogie et géognosie 
Matériaux de construction 
Géométrie descriptive 
Statique des constructions 
Dessin d’architecture d’après des feuilles 
Dessins de plans 
Paysage 
Dessin d’ornement 
Modelage en plâtre ) 
En été construction de voûtes dans la cour ) 
Modelage sur bois - 
Histoire ancienne et du moyen âge » 
Littérature allemande, même cours qu’à l’école des ingénieurs. 
4 heures. 
3 à 4 
2 
4 
2 
4 h "en hiver 6 h”* en été. 
4 6 
4 
4 6 
4 ” 
4 
5
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        n* 
— 4/il 
DEUXIEME ANNEE. 
Connaissance des machines.* 
Ponts et chaussées 
Architecture technique 
Notions d’études de projets 
Dessin d’architecture d’après des modèles et des feuilles, 
projets 4 
Projets de maison d’habitation 4 
Dessin de paysage 
Dessin d’ornement d’après des feuilles 4 
Modelage plâtre en hiver ) 
En été construction de voûtes dans la cour j 
Modelage en bois 
Histoire ancienne et du moyen âge 
Littérature 
TROISIÈME ANNÉE. 
Cours technique d’architecture, deuxième partie 
Art supérieur des constructions 
Histoire de l’architecture ancienne 
Plan de maisons d’habitation 6 
Etudes graphiques sur les ordres et les édifices les plus remar 
quables 2 
Perspective aérienne 2 
Dessin d’ornements d’après des modèles et d’après nature. . . . 
Dessin de ligures 
Dessin à main levée 
Modelage d’après des modèles 5 
Histoire ancienne et du moyen âge 
Littérature allemande 
QUATRIÈME ANNEE. 
Droit populaire : 
Art supérieur des constructions 
Histoire de 1 architecture du moyen âge et des temps modernes. 
Projets de grands édifices publics b 
Etudes graphiques du moyen âge et copie des principaux monu 
ments 2 
Vues perspectives à l’aquarelle 2 
Dessin d’ornements 2 
Dessin de figure d’après le plâtre et le modèle vivant 
Dessin à main levée 
Modelage d’après nature ou de fantaisie 5 
Histoire ancienne et du moyen âge 
Littérature allemande 
6 heures. 
5 
5G
        <pb n="464" />
        Les matinées restées libres sont employées aux travaux graphiques, et, à la 
fin de l’année d’études, un concours est ouvert pour la quatrième classe. Une 
médaille d’or est décernée au meilleur projet. 
Dans ces programmes de la division des constructeurs, on remarquera que 
l’on ne trouve pas l’indication d’un enseignement mathématique sur la stabilité 
des constructions, sur la résistance des matériaux et sur les grandes char 
pentes, etc. Dès lors, l’on ne voit guère la nécessité des mathématiques trans 
cendantes et de la mécanique analytique exigées pour l’admission dans cette 
division, dont les deux premières années d’études sont destinées à former des 
entrepreneurs ou des conducteurs de travaux. 
Il nous paraîtrait préférable d’exiger moins de mathématiques supérieures et 
plus d’applications des principes de la science à l’art des constructions. 
L’usage de faire exécuter des constructions réelles de voûtes diverses par les 
élèves de cette division nous paraît fort bon. Mais comme cette exécution ne 
peut se faire qu’en briques, elle ne doit pas dispenser de celle des voûtes et 
des autres constructions en plâtre à échelle réduite, qui obligent les élèves h 
tracer tous les panneaux et à en réaliser complètement les diverses parties. 
Après les deux premières années d’études, les élèves qui se contentent de 
devenir entrepreneurs ou conducteurs de travaux ont une instruction théo 
rique et technique suffisante. 
DIVISION DES FORESTIERS. 
L’enseignement de cette division consiste : 
i° En un cours préparatoire; 
2° En deux années d’études. 
Pour entrer au cours préparatoire, il faut posséder les connaissances qu’on 
acquiert dans un lycée jusqu’en seconde, ou bien dans toutes les classes d’un 
gymnase. 
COURS PRÉPARATOIRE. 
Arithmétique générale et algèbre 3 heures. 
Géométrie des plans et des solides 3 
Physique expérimentale 4 
Botanique générale et spéciale 4 
Zoologie 3 
Excursions de botanique et observations, une fois par semaine 
en été. 
Histoire de la littérature allemande.. a 
Droit populaire 2 
Aperçu des sciences forestières 
2
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        ■ 
56. 
MMR 
DEUXIEME ANNEE. 
Résolutions de problèmes. 
Chimie agricole 2* 
Sciences d’Etat, économie politique et financière 2 
Boules et constructions hydrauliques (notions élémentaires).. 2 
Garde et protection des forêts 2 
État de la science forestière 2 
Exploitation et estimations d’après des méthodes rationnelles.. 4 
Estimation du sol et de l’usufruit des forêts comme base des 
calculs d’intérêt d évaluation 2 
Notions sur la chasse " 2 
Administration forestière 2 
Police forestière „ 3 
Droit forestier et de chasse 2 
Excursions, voyages avec applications. 
DIVISION DES CHIMISTES. 
Cette division est spécialement consacrée aux jeunes gens qui se destinent à 
des carrières dans lesquelles les connaissances en chimie, en physique et en 
— 443 — 
Enseignement pratique clans toutes les questions forestières et 
les écritures d’une administration forestière. 
ÉTUDES SPÉCIALES. 
PROGRAMME DES MATIÈRES ENSEIGNÉES ET NOMBRE D’HEURES DE LEÇONS PAR SEMAINE. 
PREMIÈRE ANNÉE. 
Arithmétique générale et algèbre 2 heures. 
Polygonométrie plane, trigonométrie sphérique 2 
Exercices malhémalico-forestiers 4 
Chimie générale 4 
Minéralogie (en hiver) 3 
Géognosie (en été) 4 
Minéralogie pratique 2 
Botanique générale, anatomie, chimie, physiologie, géographie 
(en hiver) 4 
Climat (notions de météorologie), connaissance du sol 3 
Histoire naturelle des différentes essences de bois 2 
Exploitation forestière (en hiver) 3 
Redevances des forêts 2 
Géométrie pratique 4 
Excursions, explications sur les lieux. 
. Excursions botaniques.
        <pb n="466" />
        — fl fl fl — 
histoire naturelle trouvent leur application, soit qu’ils se livrent spécialement à 
la chimie ou qu’ils se destinent à l’exploitation des mines ou à la métallurgie. 
L’on n’exige pour 1 admission que les connaissances nécessaires pour suivre 
les cours et l’âge de i y ans révolus. 
Les matières de l’enseignement son t sommairement indiquées dans le pro 
gramme suivant : 
DIVISION DES CHIMISTES. 
PROGRAMME DES MATIERES ENSEIGNEES ET NOMBRE D’HEURES DE LEÇONS PAR SEMAINE. 
Chimie générale, premier cours, partie inorganique (semestre 
d’hiver) 4 heures. 
Chimie organique (semestre d'été) 4 
Chimie générale, deuxième cours, histoire et philosophie de la 
chimie (un an) i 
Répétitions de chimie (hiver) 2 
Conférences sur les analyses chimiques (été) a 
Art des essais métallurgiques. 
Manipulations au laboratoire. 
Analyses qualitatives et quantitatives. 
Chimie agricole (hiver) 2 
Technologie chimique, inorganique et organique, fabrications 
diverses (un an) 3 
Métallurgie (un an) 2 
Physique expérimentale 4 
Répétitions de physique i 
Physique supérieure. 
Botanique et géologie 7 
Minéralogie (hiver) 3 
Géognosie (été) 4 
Géognosie des minéraux utiles (hiver) 2 
Minéralogie pratique, excursions, etc. (été) 2 
Cristallographie (hiver) 2 
Cet enseignement très-élendu constitue un ensemble de cours qui peuvent 
être suivis, non-seulement par les élèves qui se destinent plus spécialement 
aux arts chimiques, mais encore par ceux des autres divisions. 
Pour prendre part aux manipulations chimiques, les élèves payent 46 florins 
(92 fr. 60 cent.) par an, et on leur fournit les réactifs nécessaires. 
DIVISION DES CONSTRUCTEURS DE MACHINES. 
Pour l’admission, il faut posséder les connaissances d’un élève sortant de la 
première année de la division mathématique. Les cours comprennent deux 
années d’études.
        <pb n="467" />
        m 
-, n 
«Mül 
■» 
— 445 — 
PREMIÈRE ANNÉE. 
Des machines.. h heures. 
Construction des machines 4 
Dispositions des machines h 
Physique expérimentale 4 
Mécanique appliquée •» 
Géométrie pratique. 
Technologie mécanique.. . 2 
ld. chimique. 
Métallurgie. 
Géognosie des minéraux utiles 2 
Routes et constructions hydrauliques 5 
Dessin à main levée 4 
Histoire ancienne et du moyen âge 5 
Travaux aux ateliers de 4 à 6 heures du soir. 
Littérature allemande et française 4 
DEUXIÈME ANNÉE, 
Des machines ^ 
Construction des machines 4 
Établissement des machines ” 
Technologie mécanique 2 
Sujets choisis de physique mathématique 2 
Physique supérieure ^ 
Chimie générale 4 
ld. répétitions (hiver) 2 
Routes et constructions hydrauliques h 
Chemins de 1er (été) 2 
Technologie chimique. 
Métallurgie. 
Histoire ancienne et du moyen âge. 
, Littérature allemande. 
Dessin à main levée 4 
Langue anglaise A 
Travaux aux ateliers le soir, de 4 à 6 heures. 
DIVISION DU COMMERCE. 
Pour être admis dans celte division, il suiïit de posséder les connaissances 
qu’on acquiert dans une école supérieure bourgeoise (höhere burger Schule). 
PROGRAMME DES MATIÈRES ENSEIGNÉES ET NOMBRE D'HEURES DE LEÇONS PAR SEMAINE. 
Du commerce 5 heures. 
Tenue des livres 2
        <pb n="468" />
        Correspondance commerciale . 3 heures. 
Arithmétique commerciale 3 
Connaissance des marchandises 3 
Géographie commerciale 3 
Histoire commerciale i 
¡ allemande 4 
française 4 
anglaise 3 
Calligraphie 2 
Dessin 2 
DIVISION DES POSTES. 
(Décrets des 2 juin i843 et 10 août 1847 ) 
Les connaissances nécessaires pour l’admission sont celles qu’on possède à la 
sortie de la classe supérieure d’un gymnase ou de la section supérieure de la 
cinquième d’un lycée. 
PREMIÈRE ANNÉE. 
Arithmétique 3 heures 
Mécanique 3 
Physique expérimentale 4 
Langue française 4 
Langue allemande 2 
Calligraphie 2 
DEUXIÈME ANNÉE. 
Arithmétique politique 3 heures. 
Géographie 2 
Notions générales d’économie politique (été) 2 
Droit populaire 2 
Droit commercial 3 
Application de la mécanique aux transports 2 
Histoire ancienne et du moyen âge 5 
Littérature allemande » 2 
Langue française 3 
Littérature française 2 
Langue anglaise 3 
. Calligraphie 2 
COMPOSITION DU PERSONNEL. 
ADMINISTRATION. 
1 directeur, 2 conseillers, 1 bibliothécaire, 1 secrétaire et 1 comptable.
        <pb n="469" />
        CORPS ENSEIGNANT. 
Mathématiques 
Sciences naturelles 
Architecture et construction 
4 et 2 assistants. 
6 2 
4 i 
Professeurs. I Ponts et chaussées 
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Connaissance des machines 
Sciences forestières 
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Commerce 
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Maîtres.. 
Cours généraux (langues et littérature) .... 9 
Sculpture 1 
Calligraphie 1 
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Ateliers 
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6 domestiques. 
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ENSEMBLE DES ÉTABLISSEMENTS D’ENSEIGNEMENT. 
Des salles d’asile, 
Des écoles primaires 
Des écoles de fabriques, 
Des écoles de travail pour les filles, 
Des écoles de perfectionnement des jours ouvrables, 
Des écoles du dimanche, 
Des écoles normales d’instituteurs primaires, 
Des instituts des sourds et muets, 
Des instituts des aveugles, 
Des écoles d’agriculture, 
Des écoles vétérinaires, 
Des écoles professionnelles, 
Des écoles bourgeoises supérieures, 
Des écoles littéraires, 
Des écoles de gymnastique, 
Des écoles militaires; 
En résumé, pour répondre aux besoins d’instruction des citoyens de toutes 
les classes et de tous les âges, le grand-duché de Bade possède : 
seienlilique supérieure ,
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        — 448 — 
I de chimistes, 
de constructeurs de machines, 
de commerce, 
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du service des postes, 
V de télégraphie ; 
Deux universités. 
11 résulte de ce qui précède que, dans le grand-duché de Bade, l’enseigne 
ment est organisé de manière à pourvoir à tous les besoins d’une instruction 
littéraire et scientifique supérieure, de même qu’à ceux des services ou des tra 
vaux publics et de l’industrie de tous les degrés. 
Cette satisfaction donnée à tous les besoins intellectuels de la population, 
selon ses aptitudes, sa position sociale ou ses ressources, en assurant la prospé 
rité matérielle du pays et de ses habitants, ne contribue pas moins à son amé 
lioration morale, que l’enseignement ne perd jamais de vue, et à sa tranquillité 
politique, si troublée il y a quelques années. 
Général MORIN, 
Rapporteur.
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        — 366 — 
Dessin. —Pratique du dessin linéaire; dessin; dessin de ligures géométri 
ques et architechtoniques élémentaires; principes du dessin à main levée. 
Physique. — Cours élémentaire de physique, avec l’emploi des éléments des 
mathématiques dont ce programme exige la connaissance. 
Chimie. — Cours théorique élémentaire de chimie inorganique. 
Histoire naturelle.— Cours élémentaire de l’histoire naturelle des trois règnes. 
Akt. 22. Ceux qui veulent entrer dans la seconde ou la troisième année 
de l’une des cinq premières divisions de l’école doivent, sauf dispense spéciale , 
avoir dans l’un ou l’autre cas i 8 et 19 ans révolus. Il doivent en outre justi 
fier, par un examen, d’une connaissance suffisante des sciences qui sont 
enseignées dans la première année ou dans les deux premières années de la 
division pour laquelle ils se présentent. 
Art. 23. Chaque élève régulier est astreint à payer, pour tout ¡’enseigne 
ment qu’il reçoit des professeurs en titre, un écolage annuel de 5o francs 
(élevé en 1 86A à 100 francs). 
Les cours libres, donnés par des professeurs ordinaires et agrégés, seront 
payés à part par les élèves qui les suivent. 
Chaque élève doit une indemnité pour l’usage des laboratoires et des 
ateliers. 
Art. 24. Chaque élève régulier est obligé de suivre tous les cours théori 
ques et pratiques énumérés dans le programme de la division et de l’année à 
laquelle il appartient (article 12). Cependant un élève peut être dispensé de 
suivre certains cours lorsque la profession à laquelle il se destine, l’enseigne 
ment préalable qu’il a reçu ou telle autre circonstance particulière justifient 
cette exception. 
Chaque élève régulier est astreint à suivre exactement toutes les leçons et 
les répétitions de la division et de la classe à laquelle il appartient. Il doit 
prendre part aux excursions hebdomadaires de sa division, et préparer soigneu 
sement tous les travaux que lui imposent ses professeurs. 
Art. 25. Les élèves réguliers sont libres de suivre tous les coürs qu’ils 
désirent, en dehors du programme de la division dont ils font partie, pourvu 
que les heures de ces études volontaires ne coïncident pas avec celles de l’en 
seignement obligatoire de leur classe. Lorsqu’ils désirent suivre un cours donné 
dans l’une des cinq premières divisions, ils doivent préalablement justifier de 
connaissances suffisantes. Quant aux cours libres donnés par des agrégés, les 
élèves doivent se soumettre aux prescriptions de l’article 28.
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