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        <title>Rapport sur l'organisation de l'enseignement industriel en Allemagne et en Suisse</title>
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            <idno>845056654</idno>
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SUR

L’ORGANISATION  DE  L’ENSEIGNEMENT  INDUSTRIEL

EN  ALLEMAGNE  ET  EN  SUISSE.

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JUIN  1864:

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PARIS.

IMPRIMERIE  IMPÉRIALE.

M  DCCC  LXV.
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        /

EXTRAIT  DU  2'  VOLUME
DF.  L’ENQUÊTE  SUR  -L’ENS-EfGNEMENT  PR

VT  PROFESSIONNEL.

Bibliothek  :
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        RAPPORTS

A  SON  EXCELLENCE  LE  MINISTRE  DE  L’AGRICULTURE
PU  COMMERCE  ET  DES  TRAVAUX  PURLICS
SUR  UNE  MISSION
HELATIVE
A  L’ORGANISATION  DE  L’ENSEIGNEMENT  INDUSTRIEL
EN  ALLEMAGNE.

Commissaires  :  MM.  le  général  Mown  ,  directeur  du  Conservatoire  impérial
des  arts  et  métiers,  Rapporteur.
Perdonnet,  directeur  de  l'École  impériale  centrale  des
arts  et  manufactures.
F.  Monnier  ,  auditeur  au  Conseil  d  Etat.
        <pb n="7" />
        \

RAPPORT  GÉNÉRAL.

Monsieur  le  Ministre,
La  mission  que  vous  nous  aviez  confiée  avait  pour  but  de  recueillir  des  indications ­
  aussi  précises  que  possible  sur  le  régime  et  sur  la  situation  des  établissements ­
  d’enseignement  professionnel  qui  existent  en  Allemagne.  Pour  l’accomplir ­
  aussi  complètement  que  nous  le  permettait  le  désir  que  vous  aviez  d’être
promptement  renseigné  sur  ces  questions,  nous  avons  du  limiter  nos  investigations ­
  aux  centres  les  plus  importants  d’enseignement  et  d’industrie.  Mais
nous  pensons  cependant  en  avoir  assez  étendu  le  nombre  et  le  cercle  pour  qu’il
nous  soit  possible  de  vous  présenter  un  aperçu  général  de  l’organisation  de
l’enseignement  destiné  aux  ouvriers,  aux  commerçants,  aux  industriels  et
aux  ingénieurs  des  diverses  catégories,  et  de  signaler  à  votre  attention  les  analogies ­
  et  les  différences  que  nous  ont  offertes  les  divers  pays  que  nous  avons
parcourus.
Nous  avons  reçu  des  gouvernements,  des  autorités,  des  chefs  detablissements ­
  et  des  hommes  de  science  l’accueil  le  plus  bienveillant  pour  1  accomplissement ­
  de  notre  mission.  Partout,  l’on  s’est  empressé  de  nous  fournir  les
renseignements  verbaux  et  authentiques  propres  à  nous  éclairer.  C’est  pour
nous  un  devoir  de  le  déclarer  et  de  faire  connaître  par  cet  exemple  que,  malgré ­
  les  préoccupations  politiques,  qui  à  ce  moment  inquiétaient  l’Allemagne,
l'estime  dont  jouissent  les  doctrines  scientifiques  de  la  France,  la  libéralité  avec
laquelle  elle  ouvre  aux  étrangers,  comme  aux  nationaux,  ses  établissements
d’instruction,  ont  établi  entre  ses  hommes  de  science  et  ceux  du  monde  entier
des  liens  et  des  sentiments  de  bienveillance  que  les  questions  politiques  ne
peuvent  altérer.
Partis  de  Paris  le  6  mars,  nous  avons  visité  les  établissements  d’instruction
industrielle  et  professionnelle  d’Elberfeld,  de  Hanovre,  de  Brunswick,  de  Berlin, ­
  de  Dresde,  de  Prague,  de  Vienne,  de  Nuremberg,  de  Munich,  de  Zurich,
de  Stuttgard  et  de  Carlsruhe,  et  nous  sommes  rentrés  à  Paris  le  i6  avril.
M.  Perdonnet,  rappelé  par  les  exigences  de  ses  fonctions,  avait  du  se  séparer  de
nous,  A  Vienne,  le  27  mars.  Mais  dans  son  retour  il  a  visité  séparément  Stuttgard, ­
  Zurich  et  Carlsruhe.
        <pb n="8" />
        4

Nous  chercherons  à  grouper,  clans  notre  rapport,  tous  les  renseignements
cjue  nous  avons  pu  recueillir  sur  l’organisation  de  l’enseignement  clans  un  même
pays,  pour  permettre  d’en  apprécier  l’ensemble  et  la  coordination,  mais  ces
documents,  assez  volumineux,  et  qui  contiendront  beaucoup  de  tableaux  et  de
chiffres,  pouvant  exiger  pour  la  lecture  un  temps  assez  long,  et  quelque  étude
pour  en  bien  apprécier  les  différences  et  les  analogies,  nous  avons  pensé  que
nous  rendrions  notre  travail  plus  facile  è  lire,  et  surtout  plus  utile  au  but  proposé, ­
  en  indiquant  d’abord  l’ensemble  des  institutions  similaires  adoptées,  sauf
à  signaler  en  passant  les  variétés  qu’elles  présentent,  et  en  déduisant  de  celte
exposition  les  conséquences  générales  qui  nous  semblent  en  découler.
Cet  exposé  plus  rapide,  en  faisant  connaître  les  idées  générales  et  systématiques ­
  adoptées  en  Allemagne  permettra,  d’ailleurs,  de  rechercher  plus  facilement ­
  quels  seraient,  pour  arriver  au  même  but,  les  moyens  le  mieux  en  rapport ­
  avec  nos  mœurs  et  nos  institutions.
ORGANISATION  GÉNÉRALE
DE  L’ENSEIGNEMENT  EN  ALLEMAGNE.

DK  L’ENSEIGNEMENT  PRIMAIRE.
La  base  et  le  point  de  départ  de  toute  instruction  publique  étant  i’enseigncmant
  primaire,  et,  sous  ce  rapport,  celle  de  notre  population  laissant  encore
beaucoup  trop  à  désirer,  malgré  les  sacrifices  considérables  que  l’Etat  ne  cesse
de  faire  et  d’accroître,  pour  étendre  le  bienfait  de  la  loi  du  %  i  juin  i  8o3  ,  nous
avons  dû  nous  préoccuper  de  la  manière  dont  en  Allemagne  cet  enseignement
est  organisé,  et  des  compléments  successifs  qui  lui  sont  donnés.
Nous  n  avions  pas  oublié,  en  effet,  Monsieur  le  Ministre,  les  déclarations
recueillies  dans  l’enquête  que  vous  avez  ouverte,  et  par  lesquelles  plusieurs
chefs  de  notre  industrie  ont  signalé  la  difficulté  qu’ils  éprouvent  à  trouver,  parmi
leurs  ouvriers  les  plus  intelligents,  des  contre-maîtres  possédant  suffisamment
les  connaissances  primaires  les  plus  élémentaires.
D’un  autre  coté,  l’ignorance  des  langues  étrangères,  trop  générale  eu  France,
est  aussi  pour  notre  industrie,  et  surtout  pour  les  relations  commerciales,  un
juste  sujet  de  regrets,  de  sorte  que,  pour  certaines  industries  et  pour  la  correspondance, ­
  l’on  est  obligé  d’aller  demander  à  l’étranger  et  des  contre  maîtres
et  des  employés  de  bureau.
L’instruction  littéraire  donnée  aux  jeunes  gens,  qui  se  destinent  simplement
        <pb n="9" />
        —  5  —

il  la  carrière  commerciale,  devait  donc  appeler  notre  attention,  aussi  bien  que
1  enseignement  technique.

Tels  sont  les  motifs  qui  nous  ont  engagés  a  nous  occuper  de  ces  deux  oulies
d’études,  que  nous  devons  regretter  de  ne  pas  voir  plus  complètement  poursuivies ­
  en  France,  en  même  temps  que  nous  devions  examinei  1  oiganisation
de  l’enseignement  des  sciences  appliquées.
Dans  tous  les  pays  que  nous  avons  visités,  quelles  que  soient  la  forme  du
gouvernement  ou  la  religion,  les  lois  et  les  mœurs  rendent  l’instruction  primaire ­
  obligatoire.  Nulle  part  l’on  n  admet  que  le  père  de  famille  ait,  au  détriment ­
  de  la  société,  le  droit  de  priver  ses  enfants  de  cette  première  nourriture
intellectuelle,  pas  plus  que  de  celle  du  corps.
Des  lois  et  des  règlements  formels  établissent  cette  obligation,  une  surveillance ­
  spéciale  est  exercée  pour  en  constater  l’observation,  qui  est  en  outre
assurée  par  des  pénalités  graduées  ,  qui  sont  d’abord  f  admonestation  par  un  magistrat ­
  ou  par  une  autorité  spéciale,  ensuite  l’amende,  enfin  la  prison  (1) .
Ces  règles  sont  aussi  sévèrement  observées  dans  la  Suisse  républicaine  que
dans  la  monarchique  Autriche.Partout  elles  sont  acceptées,  et  il  est  rare  qu’on
cherche  à  s’y  soustraire  sans  motifs  légitimes.
Mais  des  motifs  de  cette  nature  n’existent  que  trop  souvent  dans  les  campagnes. ­
  L’isolement,  la  dissémination  des  habitations,  l’état  des  chemins,  la
nature  montagneuse  des  pays  sont  autant  d  obstacles  devant  lesquels  I  on  est
parfois  obligé  de  laisser  fléchir  la  règle,  au  moins  momentanément.
Ainsi,  tandis  que  sur  le  nombre  total  des  enfants  qui  ont  atteint  l’âge  de  six
ans  où  ils  doivent  aller  à  l’école  primaire,  elle  est  réellement  fréquentée  dans  :

La  Haute-Autriche.  par
La  Basse-Autriche
La  Styrie
Le  Tyrol

99,2  sur  loo,

00,0

9^9
99''

La  Bohême
La  Moravie

La  proportion  s’abaisse  pour  :
La  Hongrie,  en  général,  a

La  Carinthie
La  Vénétie  .
La  Croatie.  .

",  Potlr  les  parents  pauvres  dispensés  de  la  rétribution  scolaire,  l'amende  esl  convertie

en  journées  de  travail  au  profit  de  la  commune.
        <pb n="10" />
        Mais  il  y  a  lieu  de  dire  que  l’empire  d’Autriche  présente  ,  pour  la  dillusion  de
¡’instruction,  cette  circonstance  particulière,  que  les  populations  qui  en  l'ont
partie  se  servent  de  dix-neuf  langues  ou  idiomes  différents,  ce  qui  oblige  à
enseigner  presque  partout  au  moins  deux  langues  :  la  langue  maternelle  d’abord ­
  ,  et  l’allemand  ensuite.
Dans  l’Allemagne  centrale  et  en  Suisse  la  fréquentation  est  générale  et
assurée  par  une  surveillance  régulière  dont  nous  fournissons  des  exemples  :
(rapport  sur  la  Bavière).  Mais,  malgré  les  obstacles  naturels  ou  l’inertie  de
certaines  populations  isolées  du  mouvement  intellectuel,  partout  le  principe
subsiste;  aussi,  l’exception  étonne-t-elle,  quand  elle  ne  se  présente  pas  comme
la  conséquence  de  circonstances  évidentes.
C’est  ainsi  que  le  colonel  d’un  régiment  d’un  des  petits  Etats  d’Allemagne  ayant
trouvé  sur  un  contingent  de  huit  cents  hommes,  qui  lui  étaient  récemment
envoyés,  quatre  jeunes  gens  qui  ne  savaient  pas  lire,  le  fait  parut  assez  extraordinaire ­
  pour  qu’on  fit  ouvrir  une  enquête,  afin  d’en  avoir  l’explication.
DUCHÉ  DE  JîADE.  PRISONNIERS.

Une  preuve  de  1  accomplissement  de  ce  devoir  nous  est  fournie  par  la  statistique ­
  commerciale  du  grand-duché  de  Bade  fl) ,  qui  contient  les  résultats
suivants  relatifs  aux  condamnés  à  des  peines  diverses,  c’est-à-dire  à  la  partie
la  plus  infime  de  la  population.

Sur  îoo  condamnés,  it  y  avait  en.

HOMMES.

Sachant  lire  et  écrire
Sachant  lire,  mais  non  écrire.
Ne  sachant  ni  lire  ni  écrire.  .  .

Sachant  lire  et  écrire
Sachant  lire,  mais  non  écrire.
Ne  sachant  ni  lire  ni  écrire..  .

1859.

97,21
1,02
1,76

92,14
0,71
7,14

i860.

97,79
0,14
2,05

94,21
1,73
4,04

,86,.

97,38
0,13
2,47

88,17
0,29
4,72

97,40
0,43
2,09

91,77
2,58
5,30

Il  faut  cependant  reconnaître  que,  malgré  les  prescriptions  de  la  loi,  et
sens  que  des  circonstances  spéciales  puissent  en  justifier  l’inobservation,  il  y  a
(1)  Die  Gewerbe  im  Grossherzogthum  Baden,  par  M.  le  docteur  R.  Diclz  page  102).
        <pb n="11" />
        —  7  —
dans  certains  Etats  des  inégalités  et  des  irrégularités  très-grandes  dans  la  fréquentation ­
  réelle  des  écoles  primaires.  C’est  ce  qui  est  rendu  manifeste  en
particulier  pour  l’Autriche,  ainsi  que  nous  venons  de  l’indiquer,  et  comme  ou
peut  le  voir  dans  un  rapport  ^  sur  les  écoles  en  Autriche  adresse  en  18(32  a
M.  le  chevalier  de  Schmerling,  ministre  d’État.  Nous  reproduisons  en  entier,
dans  la  partie  de  notre  travail  qui  concerne  spécialement  l’Autriche,  les  résultats ­
  statistiques  curieux  contenus  dans  ce  rapport.
Mais  si  la  fréquentation  des  écoles  est  assurée  par  l’exécution  de  la  loi,  on
peut  se  demander  si  le  résultat  obtenu  répond  à  ses  exigences,  et  quelle  est
en  définitive  la  proportion  des  jeunes  gens  sachant  lire  et  écrire,  au  nombre
total  de  ceux  du  même  âge.
Les  renseignements  ne  sont  pas  à  ce  sujet  aussi  complets  que  nous  pourrions
le  désirer;  cependant  nous  pouvons  citer  quelques  résultats  assez  caractéristiques. ­

En  Bavière,  parmi  les  jeunes  soldats  appelés  sous  les  drapeaux  en  1  86A,  le
nombre  de  ceux  qui  ne  savaient  qu’imparfaitement  lire  et  écrire  ou  qui  ne
savaient  que  lire  a  été  en  moyenne  de  8  sur  100.
En  Prusse,  la  proportion  des  enfants  de  l’âge  de  5  à  12  ou  1  4  ans  qui
suivent  réellement  les  écoles  primaires  à  ceux  qui  y  sont  astreints  est  de  :
978  sur  1000  pour  les  garçons;
971  sur  1000  pour  les  filles.

La  proportion  moyenne  serait  donc  de  974  enfants  qui,  sur  1000,  fréquenteraient ­
  les  écoles,  ce  qui,  pour  .8900000  enfants  de  l’âge  fixé,  correspondrait ­
  à  une  fréquentation  de  8798600,  et  à  l’absence  de  101/100  enfants,
et  non  de  600000  comme  le  pense  le  ministère  de  l’instruction  publique.
D’une  autre  part,  les  statistiques  du  recrutement  de  l’armée  apprennent
que,  sur  1000  hommes  de  recrues  arrivant  au  corps,  il  n’y  en  a  en  moyenne
que  3o  qui  ne  sachent  ni  lire  ni  éciiie  (  •
En  Saxe,  le  nombre  des  enfants  de  G  A  ,6  ans  devant  suivre  les  écoles  pri-,
  ï  870802  enfants.
maires  est  cle  '
Les  écoles  sont  en  réalité  fréquentées  pai  .  .  719  o

Différence  en  plus.  .  .  .

1178

rn  Bericht  über  die  Austeilung  een  Schul  und  Uulerrichlsgegenstäaden  in  IVien.  ,  S6,
W  Voir  le  rapport  particulier  cle  la  Prusse.
        <pb n="12" />
        Cet  excès  de  fréquentation  est  attribué  à  ce  qu’un  certain  nombre  d’enfants
entrent  à  l’école  avant  6  ans,  et  que  d’autres  les  suivent  après  i  à  ans.
Il  y  a,  en  outre,  un  assez  grand  nombre  d’élèves  étrangers  attirés  par  la
réputation  des  écoles  saxonnes.
Dans  son  ouvrage  statistique  sur  la  Saxe,  M.  le  docteur  E.  Engel  a  donné,
quant  au  recrutement  de  l’armée,  les  résultats  suivants  :

1847.
,848.
185  ï
1862.

ANNEES.

NOMBRE  D’HOMMES  SUR  1000

SACHANT  LIRE
et  écrire.

957
967
960
966

SACHANT  LIRE
seulement.

23
20
17
16

NE  SACHANT
ni  lire
ni  écrire.

19
13
16
18

RESULTATS  DE  L’ENSEIGNEMENT  PRIMAIRE  EN  FRANCE.
Si  nous  rapprochons  les  résultats  obtenus  en  Allemagne  de  ceux  qui  chaque
année  sont  constatés  et  recueillis  avec  soin  par  le  ministère  de  la  guerre,  nous
sommes  forcés  de  reconnaître  toute  l’infériorité  de  notre  population  sous  ce
rapport,  et  la  lenteur  des  progrès  que  fait  en  France  l’instruction  primaire.
Le  tableau  suivant  contient  :
i°  Les  nombres  des  jeunes  gens  de  20  ans  de  toute  la  France  appelés  à
concourir  au  tirage  pour  le  recrutement,  c’est-à-dire  la  totalité  des  ieunes
hommes  de  cet  âge  dans  le  pays;
2 0  Le  nombre  de  ceux  quine  savaient  ni  lire  ni  écrire;
3°  Enfin  la  proportion  de  ce  dernier  nombre  au  premier  depuis  l’année ­
  1828  jusqu’à  1862  inclusivement,  c’est-à-dire  pendant  une  période  de
trente-quatre  ans,  dans  laquelle  se  trouvent  les  vingt-neuf  années  qui  se  sont
écoulées  depuis  la  mise  en  vigueur  de  la  loi  de  1  833  ,  qui  a  pu  commencer  à
manifester  ses  effets  pour  les  hommes  de  cet  âge  à  dater  de  1  8A  5  et  18  A6,  ou
depuis  environ  seize  ans.
        <pb n="13" />
        9

i  able  au  indiquant,  pour  ¡es  classes  de  1828  à  1862  inclusivement,  le  nombre  des  jeunes
(fens  qui,  ayant  concouru  au  tirage,  ont  été  signalés  comme  ne  sachant  ni  lire  ni
écrire.

1828.
,82g.
1  83o.
1831.
1882.
1833.
1834.
1835.
1836.
,83-y.
,838.
:83g.
1840..
1841.
1842.  .
,843..
1844..
845.  .
,846..
84?.  .
1848..
kg..
1Î.jO.  .

1  o  J  1  .
852.
.  33.
854.
1855.
1856.
1807.
i858.
:85g.
,  860.
1861.
1862.

CLASSES.

NOMBRE
TOTAL
des  jeunes  gens
appelés  à  concourir
au  tirage.

282  985
294  975
294  593
293  978
277  477
285  805
326  298
309  376
309  516
294  021
287  311
314  521
300  717
300  822
304  222
304  098
308  000
300  775
307  091
304  905
305  124
304  023
305  712
311  218
295  762
301  295
306  622
317  855
310  289
294761
305  330
306  314
312  204
321  435
323  070

NOMBRE
DE  JEUNES  GENS
ne  sachant  ni  lire
ni  écrire.

149  824
153  635
146  502
143  752
131  353
131  OU
149  195
139  585
130  294
128  127
120  436
130  434
125  700
121  698
122  058
1  18  700
117879
111382
109  038
106  443
106  138
106  279
104  995
105  900
98  671
99  548
99  600
102  495
97  875
90  373
92  579
80878
90  781
90  942
88  796

NOMBRE
DE  JEUNES  GENS
de  20  ans
ne  sachant  ni  lire
ni  écrire,
sur  1000.

530
521
496
488
474
458
457
450
440
435
419
414
418
406
401
387
382
370
356
348
348
350
344
341
335
330
324
321
317
306
302
266
293
283
274
        <pb n="14" />
        L’examen  de  la  dernière  colonne  nous  montre  :
i°  Que  sur  1000  jeunes  gens  ayant  20  ans  en  1828,  c’est-à-dire  nés  en  1808,
au  milieu  de  la  période  de  nos  grandes  guerres,  il  y  en  avait  53o,  ou  plus  de  la
moitié  ,  qui  ne  savaient  ni  lire  ni  écrire;
2 0  Que  sur  le  même  nombre  de  jeunes  gens  nés  en  1810  qui,  en  1  833  ,  à
l’époque  de  la  promulgation  de  la  loi  sur  l’instruction  primaire  avaient  20  ans,
il  y  en  avait  encore  658,  ou  près  de  la  moitié,  aussi  ignorants;
3°  Qu’a  près  vingt-neuf  ans  de  cette  loi  bienfaisante  et  populaire,  malgré  les
sacrifices  toujours  croissants  du  gouvernement  qui,  de  100000  francs  alloués
à  l’instruction  primaire  en  1829,  s’élevaient  en  1848  à  8700000  francs,  et  en
1861  à  6797000  francs,  il  y  en  a  encore,  sur  1000  276  ou  plus  du  quart
qui  ne  savent  ni  lire  ni  écrire.
Si  I  on  représente  graphiquement  les  données  de  ce  tableau,  en  prenant  les
années  pour  abscisses  à  l’échelle  de  5  millimètres  pour  une  année,  et  pour
ordonnées  les  nombres  d’hommes  qui,  sur  1000,  ne  savent  ni  lire  ni  écrire
à  l’échelle  de  25  millimètres  pour  100  hommes,  on  obtient  la  courbe  que
présente  la  figure  pl.  1.
Elle  montre  avec  quelle  lenteur,  on  pourrait  dire  désespérante,  diminue  le
nombre  des  jeunes  gens  qui  ne  savent  ni  lire  ni  écrire,  malgré  les  ressources
croissantes  que  les  communes,  les  départements  et  l’Etat  ne  cessent  de  consacrer ­
  à  cette  partie  fondamentale  de  ¡instruction  publique.
L’on  voit,  en  effet,  que,  tandis  que  la  somme  inscrite  au  budjet  de  l’Etat  pour
l’instruction  primaire  a  été  portée  de  100000  francs  quelle  était  en  1829  a
6797000  francs  en  1861,  c’est-à-dire  est  devenue  68  fois  plus  forte,  et  que
les  dépenses  des  communes  ont  crû  dans  une'  proportion  encore  beaucoup  plus
grande,  le  nombre  des  hommes  de  20  ans  qui  ne  savent  ni  lire  ni  écrire  n’a
diminué  que  dans  le  rapport  de  53o  à  276  sur  1000  ou  de  moins  de  moitié.
Celte  diminution  parait  même  devenir  de  plus  en  plus  lente,  malgré  l’accroissement ­
  inverse  des  sacrifices  pécuniaires,  et  la  continuité  de  la  courbe  qui
en  indique  la  loi  semble  montrer  que,  tant  qu’il  ne  sera  pas  pris  de  mesures
plus  efficaces  que  des  allocations  financières  e!  que  des  créations  d’écoles,  ou
ne  pourra  pas  se  flatter  de  voir  cette  proportion  descendre  seulement  à  celle  de
10  ignorants  sur  100  hommes  âgés  de  20  ans  avant  cinquante  ans.
Nous  n’avons  pas  à  nous  occuper  dans  ce  rapport  des  moyens  à  employer
pour  obtenir  ce  résultat  si  désirable,  que  tout  homme  appelé  par  les  lois  à  jouir
de  ses  droits  de  citoyen  et  à  en  remplir  les  devoirs  sache  au  moins  lire  et
écrire.  Mais  nous  ne  pouvons  nous  empêcher  d’exprimer  la  conviction  profonde
        <pb n="15" />
        depuis  1828  jusqu’à  1861  inclusivement.

vu.&amp;gt;/&amp;gt;  AVi/n r &amp;gt;/\wp  uorf.toJou f f

Imprimerie  Impériale
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«MK
        <pb n="17" />
        que  ce  n’est  pas  seulement  par  les  progrès  des  mœurs  et  de  la  civilisation  et  par
des  sacrifices  pécuniaires  de  l’Etat  qu’on  peut  se  Halter  de  1  atteindre.  Les  renseignements ­
  authentiques  que  nous  avons  recueillis  en  Allemagne,  nous  montrent
au  contraire  que  dans  les  pays  où  la  loi  a  rendu  l’ensignement  primaire  obligatoire ­
  pour  tous,  et  où  une  surveillance  paternelle,  mais  exacte,  plutôt  que
les  peines  édictées,  mais  rarement  appliquées,  en  assure  l’exécution,  le  principe ­
  est  si  bien  passé  dans  les  mœurs  que  presque  personne  ne  songe  à  s’y  soustraire, ­
  et  qu’après  moins  de  trente  ans  environ,  depuis  la  promulgation  de  ces
lois,  tout  homme  de  20  ans  en  Allemagne  sait  lire  et  écrire,  tandis  qu’en  France,
tous  nos  sacrifices,  pendant  le  même  laps  de  temps,  11’ont  abouti  qu’à  diminuer
de  moins  de  moitié  le  nombre  des  ignorants.
Quand  on  en  a  la  ferme  volonté,  il  n’est  pas  aussi  difficile  qu’on  pourrait  Je
croire  d’obliger  même  tous  les  enfants  d’une  commune  à  suivre  les  leçons  de
l’école  primaire.
Les  autorités  municipales  cl  ecclésiastiques,  les  propriétaires  peuvent  à  ce
sujet  exercer  une  très-grande  influence  et  obtenir  ce  résultat.
La  contrainte  légale  pour  un  motif  si  légitime  est  facilement  acceptée  dans
les  pays  qui  y  sont  le  moins  préparés.  C’est  ainsi  que,  quand  par  suite  des  traités ­
  de  181  5,  la  Prusse  prit  possession  du  duché  de  Posen  ,  qui  comptait  alors  un
million  d’habitants,  et  où  il  n’y  avait  que  20  écoles  primaires,  le  gouvernement
prussien  \  introduisit  l’obligation  de  fréquenter  les  écoles  et  n  éprouva  aucune
difficulté.  Il  en  lut  de  même  dans  les  provinces  Rhénanes,  qui  passèrent  alors
du  régime  français  à  celui  de  la  Prusse.
Si  nos  mœurs,  si  le  caractère  national  se  refusent  à  la  coercition  légale,  il
est  d’autres  moyens  qui  pourraient  au  moins  accélérer  le  progrès,  mais,  ainsi
que  nous  l'avons  déjà  dit,  nous  n’avons  pas  pour  le  moment  mission  de  les
indiquer;  nous  devons  nous  borner  à  faire  connaître  les  données  que  nous
avons  recueillies  sur  cette  importante  question,  si  intimement  liée  à  celle  de
l’instruction  professionnelle  et  industrielle.
ENSEIGNEMENT  ÉLÉMENTAIRE  DU  DESSIN.
Les  programmes  de  l’enseignement  primaire,  outre  la  religion,  la  lecture,
1  écriture,  les  éléments  de  l’arithmétique,  des  notions  d’histoire  et  de  géographie, ­
  comprennent  presque  partout,  pour  les  garçons  de  même  que  pour  les
filles,  l’étude  du  dessin  à  main  levée,  comme  préparation  aux  enseignements
ultérieurs.
DÉPENSES.
La  dépense  des  écoles  primaires  est,  en  principe,  à  la  charge  de  la  coin-
        <pb n="18" />
        I

—  12  —
mune,  mais  l’Etat  vient  en  aide  aux  communes  pauvres.  La  rétribution  scolaire,
toujours  très-faible,  n’est  exigée  que  de  ceux  qui  ont  les  ressources  suffisantes;
pour  les  pauvres  l’enseignement  est  gratuit.
APPRENTIS.
Dans  une  grande  partie  de  l’Allemagne,  les  corporations  de  métiers  existent
encore,  mais  avec  des  prérogatives  très-restreintes.  L’apprentissage  y  est  réglé
et  ne  peut  être  considéré  comme  terminé  qu’après  des  épreuves  pour  lesquelles
interviennent,  la  plupart  du  temps,  des  personnes  étrangères  à  la  corporation. ­
  Parmi  les  obligations  de  l’apprenti,  on  retrouve  à  peu  près  partout  celle
de  fréquenter,  jusqu’à  l’âge  de  16  à  18  ans,  les  leçons  du  dimanche  et  des
jours  de  fêtes,  et  parfois  celles  du  soir,  qui  sont  données  à  l’école  primaire.
Ces  leçons,  qui  ont  pour  objet  de  perfectionner  l’enseignement  que  ces
jeunes  gens  ont  reçu,  en  le  développant  davantage,  sont  un  complément,  nonseulement
  très-utile,  mais  que  nous  croyons  même  indispensable,  des  études  de
l’école  primaire.
Elles  répondent  à  peu  près  à  ce  que  prescrivait  pour  nos  écoles  la  loi  de  i  83d
sous  Je  nom  d’instruction  primaire  supérieure.  Elles  offrent  en  outre  le  grand
avantage  d’empêcher  les  jeunes  gens  d  oublier  ce  qu’ils  ont  appris  à  l’école  primaire, ­
  de  les  familiariser  complètement  avec  les  notions  élémentaires  qu’ils  y
ont  reçues,  en  même  temps  quelles  permettent  à  ceux  qui  sont  plus  arriérés
de  réparer  le  temps  perdu.  Les  excuses  plus  ou  moins  valables  que  l’on  donne
pour  expliquer  l’absence  de  l’école  primaire  aux  jours  ouvrables  ne  peuvent
d'ailleurs  exister  pour  celles  du  dimanche.
L’obligation  de  les  suivre  est  réglée  par  des  mesures  disciplinaires  analogues
à  celles  qui  sont  prises  pour  les  premières  écoles,  et  dans  certains  pays,  les
patrons,  qui  occupent  des  apprentis,  sont  rendus  responsables  de  l’assiduité  de
ceux-ci  aux  leçons  du  dimanche.
A  Carlsruhe,  il  y  a  en  outre  des  cours  faits  le  malin  avant  les  heures  du  travail ­
  de  l’atelier.  Ils  sont  obligatoires  jusqu’à  17  ans.  On  en  verra  le  détail  dans
le  rapport  spécial  au  grand  duché  de  Bade.
Malgré  des  différences  assez  notables  d’un  pays  à  un  autre,  cette  obligation
de  suivre  les  écoles  du  dimanche  est  généralement  imposée  aux  jeunes  gens
sortis  de  l’école  primaire,  jusqu’à  16  ou  18  ans.  Elle  a  pour  résultat  de  les  fortifier ­
  dans  leurs  premières  études,  de  leur  donner  quelque  instruction  en  dessin,
en  géométrie,  en  arithmétique  commerciale  et  en  ce  qui  concerne  les  professions ­
  principales  qui  peuvent  être  exercées  dans  la  localité.
Cette  instruction  est  d’ailleurs  gratuite  et  à  la  charge  des  communes.
        <pb n="19" />
        13

DES  ENFANTS  EMPLOYÉS  DANS  LES  FABRIQUES.
Le  travail  des  enfants  dans  les  fabriques  est,  connue  on  ne  le  sait  que  trop,
à  la  fois  une  nécessité  et  un  des  plus  grands  obstacles  au  développement  physique, ­
  intellectuel  et  moral  des  populations  ouvrières.  Si  la  commission  a
entendu  à  ce  sujet  de  tristes  renseignements,  elle  a  reçu  de  la  part  de  plusieurs
fabricants  et  de  la  société  industrielle  de  Mulhouse  l’expression  de  vœux,  aussi
honorables  que  philantropiques,  qui,  pour  remédier  au  moins  au  défaut  d’instruction, ­
  proposent  de  réduire  la  durée  du  travail  des  enfants  et  des  apprentis
à  six  heures  par  jour;  le  reste  étant  consacré  à  1  instruction  et.  aux  exercices
utiles  à  leur  age.
Depuis  i  83y  le  gouvernement  prussien  n’a  cessé  de  prendre,  dans  le  triple
intérêt  de  la  société,  de  l’instruction  et  de  la  moralité  de  l’enfance,  des  mesures
efficaces.
D’après  les  dernières  ordonnances  (  i  6  mai  1853)  :
«  Les  enfants  ne  peuvent  être  admis  à  travailler  dans  les  fabriques  qu’a  près
«avoir  atteint  läge  de  i  2  ans  révolus  (l) .
«  Depuis  le  i cr  octobre  j  853,  les  jeunes  gens  au-dessous  de  1  6  ans  ne  peuvent
«être  admis  à  travailler  dans  les  fabriques,  qu’après  que  leur  père  ou  tuteur  a
«  remis  un  livret  constatant  qu’ils  savent  lire  et  écrire.  Le  fabricant  doit  conser-«
  ver  ce  livret  et  le  tenir  à  la  disposition  des  autorités.
«Les  enfants,  jusqu’à  läge  de  1/4  ans  révolus,  ne  peuvent  être  assujettis  à
«  travailler  plus  de  six  heures  par  jour.  Trois  heures  par  jour  seront  consacrées  à
«  l’instruction.
«¡I  est  complètement  interdit  de  faire  travailler  des  enfants  de  moins  de
«seize  ans  avant  cinq  heures  et  demie  du  matin  et  après  huit  heures  du
«  soir.  »
Des  amendes  graduées,  croissantes  en  cas  de  récidive,  punissent  les  infractions ­
  à  ces  règles  protectrices  de  l'enfance,  et  même,  dans  le  cas  de  trois  infractions ­
  constatées  dans  l’espace  de  cinq  ans,  le  juge  peut  interdire,  pendant  un
temps  donné,  le  travail  des  enfants  dans  une  fabrique.
Cette  suspension  est  obligatoire  s’il  y  a  eu  six  infractions  à  la  règle  dans  le
même  espace  de  temps  de  cinq  ans.
Le  gouvernement  nomme  des  inspecteurs  chargés  de  veiller  à  l’exécution  du
îègiement,  qui  est  signé  par  le  Roi,  à  la  date  du  18  août  i  853.
Voir  le  rapport  sur  la  Prusse.
        <pb n="20" />
        s

—  14  --D’autres
  articles  prescrivent  de  surveiller  les  fabriques  au  point  de  vue  de  la
salubrité  et  des  mœurs,  de  séparer  les  filles  âgées  de  moins  de  i6  ans  des
hommes  et  des  garçons;  d’isoler  les  sexes  s’il  y  a  des  dortoirs,  etc.
Une  mesure,  conservatrice  de  l’autorité  paternelle,  prescrit  de  ne  faire  la
paye  qu’entre  les  mains  des  parents.
Une  autre  ordonne  de  s’assurer  si  le  genre  d’occupation  ou  la  nature  des
préparations  n’est  pas  nuisible  à  la  santé  des  enfants.
Enfin,  on  recommande  de  veiller  à  ce  qu’une  ventilation  convenable  soit  établie ­
  dans  les  ateliers  où  se  développent  des  poussières,  etc.
Nous  avons  rapporté  ici  ces  prescriptions  que  l’on  trouvera  plus  détaillées
dans  le  rapport  particulier  sur  la  Prusse,  parce  quelles  indiquent  combien  le
gouvernement  prussien  s’est  sagement  et  paternellement  préoccupé  de  tout  ce
qui  concerne  l’enfance  et  la  jeunesse.
Le  Gouvernement  autrichien  et  celui  de  la  Saxe  ne  se  sont  pas  montrés
moins  préoccupés  de  cette  question.  (Voir  aux  rapports  sur  l’Autriche  et  sur  la
Saxe.)
ÉCOLES  D’APPRENTISSAGE.
Outre  les  écoles  destinées  à  perfectionner  l’instruction  que  les  apprentis  ont
reçue  dans  les  écoles  primaires,  en  leur  donnant  les  notions  de  sciences  et  de
dessin  qui  peuvent  leur  être  utiles,  il  a  été  créé  dans  quelques  parties  de  l’Allemagne, ­
  mais  en  assez  petit  nombre,  des  écoles  spéciales  destinées  à  former  ou
à  perfectionner  des  ouvriers  dans  certaines  professions.  Les  unes  sont  permanentes, ­
  les  autres  temporaires,  et  n’ont  pour  but  que  d  introduire  certaines
industries  dans  quelques  contrées.  Lorsque  ce  but  a  été  atteint,  l’école,  qui
n’est  plus  nécessaire,  est  supprimée.  Nous  en  indiquerons  des  exemples,  et  en
particulier  dans  le  grand-duché  de  Bade.
La  condition  des  populations  a  Je  plus  souvent  déterminé  ces  créations,
qui  généralement  ont  été  établies  dans  les  parties  les  plus  pauvres  et  les  plus
peuplées  des  Etals.  Ainsi,  en  Silésie,  où  régnait  une  grande  misère,  le  gouvernement ­
  prussien  a  développé  avec  succès  par  des  enseignements  de  ce  genre
les  industries  de  la  fabrication  des  lapis  turcs  et  celle  de  la  dentelle,  qui  sont
devenues  pour  le  pays  une  grande  ressource  et  l’objet  d’un  commerce  assez
important.
Dans  le  grand-duché  de  Bade  (1) ,  l’on  a  organisé,  sous  le  nom  d’écoles  d’industrie ­
  (  Industries  Schule)  des  enseignements  de  ce  genre  pour  relever  l’ancienne ­
  horlogerie,  qui  était  en  décadence,  pour  perfectionner  la  fabrication  des

(')  Rapport  sur  le  grand-duché  de  Bade.
        <pb n="21" />
        —  15
tresses  pour  les  chapeaux  de  paille,  pour  la  peinture  sur  émail,  sur  pou  daine
et  sur  poteries.
Des  résultats  non  moins  favorables  ont  ete  obtenus,  on  le  sait,  en  Belgique,
dans  la  Flandre  occidentale,  d’où  1  organisation  de  soixante  ecoles  communales
de  tissage  a  fait  disparaître  la  lèpre  de  la  mendicité.
A  Elberfeld,  en  Prusse,  à  Stuttgard,  en  Wurtemberg,  Ion  a  crée  des  écoles
permanentes  de  tissage,  qui  ont  pour  objet  de  faire  connaître  à  des  jeunes  gens
la  théorie  complète  de  cette  industrie,  la  composition,  la  décomposition  des
dessins,  la  mise  en  cartes,  le  montage  et  le  travail  au  métier.
Mais  la  première  paraît  cire  plutôt  (lj  destinée  à  l’instruction  des  lils  de
fabricants  de  cette  ville,  et  à  leur  faire  connaître  les  principes  généraux  de  la
fabrication,  qu’au  perfectionnement  d’ouvriers  déjà  exercés.  Quoique  les  jeunes
gens  y  reçoivent  une  instruction  théorique  assez  complète,  les  résultats  nous
paraissent  peu  en  proportion  avec  les  dépenses.
Ea  seconde  école  de  ce  genre,  créée  à  Stuttgard  ne  reçoit,  comme  on  le  verra
à  la  partie  de  ce  rapport  qui  concerne  le  Wurtemberg,  que  des  ouvriers  déjà
formés,  ayant  suivi  avec  succès  les  cours  donnés  aux  apprentis,  et  particulièrement ­
  ceux  de  dessin.  Ils  sont  choisis  parmi  les  tisserands  de  profession,  reconnus ­
  les  plus  intelligents  et  les  plus  laborieux.
Einstruction  théorique  qu’on  leur  donne  est  menée  de  iront  avec  le  travail
de  l’atelier,  qu’ils  doivent  continuer  et  pratiquer  six  heures  par  jour,  pour  su  dire
à  leurs  dépenses.  Quand  ils  ont  bien  acquis  la  connaissance  complète  de  la
théorie  du  tissage,  dans  tous  ses  détails  et  ses  applications,  on  les  envoie  à
l’étranger  avec  une  subvention,  travailler  dans  les  meilleures  fabriques  pour  s’y
perfectionner.  Rentrés  dans  leur  patrie,  ils  y  deviennent  de  bons  chefs  d’ateliers
et  de  fabriques.
E  on  voit  par  ces  exemples  que,  dans  certains  cas  et  pour  des  buts  temporaires ­
  ou  permanents,  des  ateliers  d  apprentissage  peuvent  avoir  leur  utilité.
E’ou  ne  doit  pas  oublier  qu’en  1810  un  atelier  de  filature  de  coton,  installe
temporairement  au  Conservatoire  des  arts  et  métiers,  a  servi  à  former  un  assez
grand  nombre  d’ouvriers,  qui  ont  ensuite  répandu  dans  le  pays  cette  industrie
devenue  si  importante.
ÉCOLES  DE  PERFECTIONNEMENT  DES  JEUNES  GENS  (fORTBILDUNGS  SCHULEN).
Sous  ce  titre,  il  existe  en  Allemagne  des  institutions  qui  ont  toutes,  avec  des
formes  différentes,  pour  but  1  instruction  professionnelle  proprement  dite  des

(t  Voir  le  rapport  sur  la  Prusse,  Etberteld.
        <pb n="22" />
        —  16  —
ouvriers.  Au  premier  rang  des  matières  de  l’enseignement  de  ces  écoles  ou
cours,  qui  se  tiennent  le  dimanche  ou  le  soir,  figurent  toujours  le  dessin  à  main
levée  et  le  dessin  linéaire.  Dans  certains  pays,  comme  en  Wurtemberg,  comme
en  Bavière,  à  Nuremberg,  le  dessin  est  l’objet  spécial  de  ces  écoles,  et  les  progrès ­
  qu’il  a  fait  faire  à  toutes  les  industries  qui  ont  besoin  de  cet  art  sont  assez
frappants  et  assez,  universellement  reconnus  pour  rendre  évidentes  futilité  et  la
nécessité  de  ce  genre  d’enseignement.
Il  suffit  de  jeter  les  yeux  sur  ces  jouets  d’enfants  si  variés  que  l’industrie  de
Nuremberg  répand  dans  le  monde  entier,  pour  reconnaître  que  les  progrès  ont
été  dus  à  cette  diffusion  de  l’art  du  dessin.  Les  plus  petites  figures,  les  hommes,
les  animaux,  tout,  est  aujourd’hui  produit  avec  des  formes  presque  artistiques,
et  cependant  tous  ces  objets  sont  fabriqués  dans  les  chaumières  des  parties  les
plus  montagneuses  du  pays.  Ils  occupent  depuis  les  enfants  de  l’Age  le  plus
tendre,  dès  qu’ils  peuvent  manier  un  petit  couteau,  jusqu’au  père  de  famille,
et  cette  industrie  du  loyer  domestique,  qui  n’éloigne  pas  du  travail  des  champs,
répand  l’aisance  dans  des  contrées  naturellement  pauvres  et  arides.
Nos  fabricants  parisiens  de  jouets  et  d’objets  d  é  tren  nés  sont  encore  bien
loin  sous  ce  rapport,  il  faut  le  dire,  de  leurs  rivaux  de  Nuremberg.
Dans  un  genre  plus  relevé,  la  sculpture  sur  bois,  sur  ivoire  et  sur  pierre  ,
s’est  propagée  en  même  temps  quelle  s’est  rapprochée  des  règles  de  l’art,  au
moins  quant  à  l’exécution.  Le  goût  des  compositions  laisse  sans  doute  A  désirer,
mais,  ainsi  qu’on  l’a  fait  observer  justement  en  France,  c’est  le  public  qui
contribue  beaucoup  à  former  celui  des  artistes.
Quoi  qu’il  en  soit,  les  écoles  de  dessin  communales  répandues  à  profusion
et  soumises  A  des  directions  générales  aussi  actives  qu’intelligentes  dans  le
Wurtemberg  et  dans  Je  grand-duché  de  Bade,  les  écoles  du  dimanche  et
du  soir  pour  les  apprentis  et  les  ouvriers  dans  le  reste  de  fAllemagne,  ont.
fait  faire,  tant  pour  le  dessin  artistique  que  pour  le  dessin  linéaire  et  pour
la  pratique  des  métiers  aux  ouvriers  allemands,  des  progrès  très-remarquables, ­
  auxquels  il  importe  que  la  France  réfléchisse  dans  l’intérêt  de  son
industrie.
L’école  supérieure  de  dessin  de  Nuremberg (l:  dont  le  directeur  a  pris
pour  règle  que,  pour  former  d’habiles  dessinateurs  industriels,  il  faut  faire
passer  les  élèves  par  tous  les  degrés  du  dessin  artistique,  a  exercé  sur  l’industrie ­
  des  pays  voisins  une  très-heureuse  influence.  C’est  là  qu’on  envoie,  des  divers
Etats,  se  perfectionner,  les  élèves  les  plus  distingués  des  écoles  inférieures,

(l)  Voir  le  rapport  sur  Nuremberg.
        <pb n="23" />
        3

—  17  —
pour  qu’ils  reviennent  dans  leur  pays  natal  propager  le  talent  quils  ont  pu
acquérir.
Ce  résultat,  bien  connu  de  tous  les  hommes  qui  s’occupent  de  ces  questions
en  Allemagne,  prouve  l’utilité  d’une  école  normale  de  dessin,  dirigée  en  vue
de  l’art  industriel,  dont  nos  artistes  réclament  la  création  depuis  plus  de
douze  ans.
La  plupart  des  autres  écoles  pour  le  perfectionnement  de  l’instruction  des
ouvriers,  tout  en  s’occupant  beaucoup  du  dessin,  ont  plus  spécialement  pour
objet  son  application  aux  travaux  des  diverses  professions  de  maçons,  de
charpentiers,  de  menuisiers,  de  serruriers,  de  mécaniciens,  etc.  On  y  fait
exécuter  à  chacun  les  dessins  des  objets  relatifs  à  sa  profession,  et  on  y  joint
des  leçons  et  des  exercices  de  calcul,  de  géométrie,  etc.
Ces  cours  ont  lieu  le  plus  souvent  le  dimanche  et  le  soir  dans  les  locaux
allectés  aux  écoles  industrielles  d’un  ordre  plus  élevé,  où  l’enseignement  est
donné  le  jour  et  dont  nous  parlerons  plus  loin  sous  le  nom  d’écoles  industrielles ­
  (Gewerbeschule)  en  ce  qui  concerne  la  Prusse,  et  d’écoles  réelles  pour
l’Autriche.
On  trouvera  d’ailleurs  les  programmes  des  diverses  institutions  de  ce  genre
dans  les  rapports  particuliers  aux  différents  Etats  que  nous  avons  visités.
ÉCOLES  ANALOGUES  EN  AUTRICHE.
Le  but  que  se  proposent  les  écoles  dites  Fortbildung  schalen  ou  Handwerkerschulen ­
  est  également  rempli  en  Autriche  par  celles  que,  dans  ce  pays,  on
nomme  écoles  industrielles  (Gewerbeschule)  et  qui  sont  annexées  à  des  établissements ­
  d’ordre  un  peu  supérieur.
Dans  cet  empire,  ces  écoles  sont  ¡assez  récentes  et  elles  ont  été  principalement ­
  fondées  par  des  sociétés  industrielles  dont  les  membres,  presque  tous
chefs  d’établissements,  se  sont  réciproquement  imposé  la  condition  de  faire
suivre  les  cours  par  leurs  jeunes  ouvriers  dans  la  dernière  année  de  leur
apprentissage,  et  à  payer  une  subvention  même  quand  ils  nauraient  pas  d  apprentis. ­

L’enseignement  y  est  partagé  en  classe  élémentaire  et  en  sections  spéciales.
Dans  la  première,  les  élèves  se  perfectionnent  dans  la  lecture,  le  calcul;  1  écriture, ­
  et  surtout  dans  le  dessin.  Dans  les  sections  spéciales,  on  leur  fait  étudier
et  dessiner  tout  ce  qui  est  relatif  à  leur  profession.
Ainsi,  dans  l’école  de  Gumpendoij,  à  Vienne,  on  enseigne  ce  qui  peut  être
utile  aux  tisserands,  aux  ouvriers  en  soieries,  en  rubans,  en  passementerie,
aux  teinturiers,  etc.
        <pb n="24" />
        A  celle  du  faubourg  de  Wiéden,  on  s’occupe  de  ce  qui  concerne  les  machines
et  les  industries  des  tourneurs,  des  menuisiers,  des  relieurs,  des  ciseleurs,
des  fondeurs,  etc.
Dans  une  autre  école  du  faubourg  de  Wiéden  on  traite  de  tous  les  détails  de
l’industrie  du  bâtiment.
ASSOCIATIONS  VOLONTAIRES  D’OUVRIERS.
Outre  les  écoles  et  les  cours  spéciaux  d’instruction  et  d’ouvriers,  il  s’est
formé  particulièrement  en  18A8,  dans  différentes  parties  de  l’Allemagne  des
associations  d’ouvriers  dans  le  but  ostensible  et  jusqu’ici  réel,  au  moins  en
apparence,  de  fournir  aux  membres  des  moyens  divers  d’accroître  leur  instruction, ­
  d’améliorer  leur  position,  et  parfois  de  se  secourir,  de  s’entraider  mutuellement. ­
  Mais  dans  quelques  pays,  en  Hanovre  et  en  Prusse,  par  exemple,
ces  sociétés  ne  se  sont  pas  contentées  d’etre  purement  locales,  elles  se  sont
affiliées  les  unes  aux  autres,  et,  sous  le  masque  de  réunions  d’instruction,
quelques-unes  sont  devenues,  même  par  la  nature  des  sujets,  qui  sont  traités
dans  leur  sein,  de  véritables  associations  où  l’on  s’occupe,  non  encore  des
questions  politiques  du  jour,  mais  de  ces  questions  d’organisation  sociale,
qui  peuvent  conduire  à  des  écarts  si  funestes  aux  populations  ouvrières  ellesmêmes.

Nous  avons  assisté  à  quelques-unes  des  réunions  de  sociétés  de  ce  genre  (J) ,
et,  quoique  tout  ce.  que  nous  y  avons  vu  et  entendu  ne  puisse  être  le  sujet
d’aucun  blâme,  nous  pensons  qu’il  y  a  dans  quelques-unes  un  vice  d’organisation ­
  qui,  en  des  moments  d’agitation,  peut  devenir  dangereux.
Ainsi,  la  société  dite  Handwerker-  Verein  de  Berlin,  composée  de  3ooo  membres  ,
offre  à  la  fois  un  exemple  de  l’utilité  de  semblables  réunions  et  de  la  nécessité
d’exercer  un  contrôle  très-attentif  sur  leurs  tendances  et  sur  les  questions  traitées
par  les  professeurs.
Le  soir  de  8  heures  à  i  o  heures  et  le  dimanche  depuis  8  heures  du  matin
jusqu’à  4  heures  du  soir,  des  leçons  diverses  sont  données  sur  la  géométrie,
sur  l’algèbre,  sur  le  dessin  à  main  levée,  sur  le  dessin  de  bâtiment  et  sur  celui
des  machines,  sur  la  géométrie  descriptive,  sur  la  perspective,  sur  la  comptabilité ­
  commerciale,  sur  la  sténographie,  sur  la  calligraphie,  sur  les  langues  française ­
  et  anglaise,  sur  le  style  épistolaire,  sur  la  géographie.
A  ces  leçons,  qui  forment  l’objet  de  cours  spéciaux  très-suivis,  sont  jointes
des  séances  plus  générales,  et  pendant  les  mois  de  janvier,  février  et  mars  186/j.

Voir  le  rapport  sur  le  Hanovre.
        <pb n="25" />
        3.

—  19  —
outre  des  conférences  sur  l’histoire  naturelle,  sur  la  chimie,  sur  la  technologie,
sur  l’ornementation,  sur  l’usage  du  tabac,  sur  la  musique,  on  y  a  traité  des
sujets  historiques,  tels  que  des  notices  sur  Washington,  sur  Lessing,  sur  Ulrich
de  Hutten,  sur  don  Carlos,  et  des  questions  politiques  qui  ne  paraissaient  pas
devoir  être  abordées  devant  un  semblable  auditoire,  et  parmi  lesquelles  nous
pouvons  citer,  pour  le  premier  trimestre  de  186/1,  l’histoire  et  les  relations
diplomatiques  des  Etats,  la  situation  actuelle  de  la  Russie,  l’économie  sociale,
la  constitution,  la  science  du  Gouvernement,  et  un  grand  nombre  d’autres
questions  touchant  plus  ou  moins  à  la  politique.
Si  de  pareils  sujets  étaient  traités  imprudemment  devant  les  membres  d’une
association  qui  a  un  drapeau  très-caractéristique,  orné  du  symbole  connu  de
deux  mains  entrelacées  et  représentant  un  ouvrier  les  bras  nus,  qui  donne  une
main  à  un  jeune  soldat  et  l’autre  à  un  citoyen,  on  comprend  qu’il  pourrait  en
résulter  une  agitation  inorale,  qui  ne  serait  pas  sans  inconvénient  dans  une
ville  comme  Berlin.
Ajoutons  enfin  que,  malgré  leur  abstention  obligée,  quant  à  présent,  de  toute
discussion  politique,  les  comptes  rendus  et  les  discours  prononcés  aux  réunions
anuelles  des  sociétés  ne  laissent  que  trop  percer  le  désir  de  s’y  livrer,  dès  qu’une
occasion  favorable  se  présenterait.  C’est  ce  qu’il  serait  facile  de  montrer  par
l’analyse  du  compte  rendu  de  l’association  des  ouvriers  d’Alexandcr-Strasse,  en
juin  1863.
Mais,  après  avoir  signalé  les  défauts  de  quelques-unes  de  ces  associations,  il
est  juste  de  reconnaître  que  toutes  ces  sociétés  peuvent  concourir,  et  concourent
réellement,  à  accroître  l’instruction  de  ceux  de  leurs  membres  que  veulent  étudier. ­
  Des  cours  de  dessin,  d’arithmétique,  de  notions  scientifiques,  des  leçons
spéciales,  des  discussions  sur  les  progrès  nouveaux  de  la  science,  des  arts  et  de
l’industrie  font  l’objet  le  plus  habituel  des  réunions;  l’usage  de  bibliothèques
où  l’on  peut  venir  lire  et  même,  à  certaines  conditions,  emprunter  des  livres;
I  habitude  de  se  trouver  ensemble  et  d’observer  les  règles  d’une  bonne  tenue,
d’avoir  des  égards  réciproques;  la  présence  de  professeurs  distingués,  de  fonctionnaires ­
  supérieurs  de  l’administration  qui  témoignent  aux  ouvriers  l’affection  ,
l’estime  et  cette  considération  que  doit  toujours  inspirer  et  qui  Hatte  le  travailleur ­
  honorable,  ne  peuvent  que  contribuer  beaucoup  à  leur  inspirer  le  respect
d’eux-mêmes  et  celui  des  lois,  à  leur  donner  des  habitudes  d’ordre  et  de  modération. ­
  il  n’est  pas  rare,  en  clfel,  de  voir  les  versements  aux  caisses  d  épargne,
1  economic,  l’aisance  intérieure  de  la  famille  se  développer  par  suite  de  la
fréquentation  de  ces  réunions,  qu’il  peut  être  utile  de  multiplier,  en  évitant
toute  association  de  l’une  à  l’autre,  toute  discussion  improvisée,  et  en  en
        <pb n="26" />
        confiant  la  direction  à  des  hommes  connus  à  la  fois  par  leur  dévouement
à  la  classe  ouvrière  et  par  la  sûreté  de  leurs  principes  politiques.
DES  ÉCOLES  BOURGEOISES  SUPERIEURES.  (HÖHERE  BÜRGERSCHULE).
Après  avoir  fait  connaître  l’organisation  générale  de  l’enseignement  primaire
et  de  celui  qui  est  destiné  aux  apprentis  et  aux  ouvriers,  il  convient  d’indiquer
les  diverses  natures  d’écoles  plus  spécialement  destinées  au  commerce  et  à  l’industrie. ­

Le  degré  inférieur  de  ce  genre  d’écoles  est  celui  qu’on  désigne  le  plus  souvent ­
  sous  le  nom  d’écoles  bourgeoises  supérieures,  et  dans  lesquelles,  à  la  sortie
de  l’école  primaire  entrent  les  enfants  que  leurs  parents  destinent  à  la  carrière
du  commerce  ou  de  l’industrie  de  second  ordre.
Ce  ne  sont  en  réalité  que  des  écoles  primaires  supérieures.
En  Autriche,  par  exemple,  elles  font  partie  de  l’organisation  de  l’enseignement ­
  primaire  qui  comprend  (1 )  :
i°  Les  écoles  élémentaires  inférieures  ayant  trois  classes;
a 0  Les  écoles  élémentaires  supérieures  ayant  quatre  classes;
3°  Les  écoles  bourgeoises  ayant  six  ou  sept  classes.
Ces  dernières  sont  souvent  constituées  de  manière  à  comprendre  tout  l’enseignement ­
  primaire  des  deux  premières  catégories,  et  un  enseignement  que
l’on  donne  dans  les  trois  classes  inférieures  des  écoles  réelles,  dont  nous  parlerons ­
  plus  loin.
La  religion,  la  langue  allemande,  le  français,  le  calcul  commercial,  1  histoire, ­
  la  géographie,  des  notions  d’histoire  naturelle  et  de  physique,  le  dessin
à  main  levée  et  le  dessin  linéaire,  la  calligraphie,  sont  les  matières  les  plus  ordinaires ­
  de  cet  enseignement,  qui  est  plutôt  destiné  au  petit  commerce  qu’à
l’industrie.
Quelquefois  cependant  l’on  y  introduit  des  applications  spéciales  aux  industries ­
  locales,  principalement  à  l’aide  du  dessin.
En  Autriche,  ces  établissements,  qui  sont  communaux,  existent  dans  presque
toutes  les  villes  de  9  à  7,000  âmes.  Leur  fréquentation  n’est  nullement  obligatoire ­
  et  elle  dispense  de  celle  des  écoles  du  dimanche.
Tous  les  élèves  y  sont  externes,  selon  la  coutume  générale  en  Allemagne.

(1)  Voir  le  rapport  sur  l’Autriche.
        <pb n="27" />
        —  21  —
L’on  voit  que  ces  institutions  d’ordre  inférieur  ont  une  grande  analogie  a\ee
les  petites  pensions  privées  qui  existent  en  France,  et  quelles  ont  en  genual
peu  de  rapports  avec  l’enseignement  industriel  proprement  dit.
DES  ÉCOLES  INDUSTRIELLES  [gEU  ERBSCHULE).
Ce  titre  n’a  pas  partout  en  Allemagne  la  même  signification.  En  Prusse,  il
s’applique,  d’après  une  circulaire  en  date  du  2  3  juin  185o,  sous  le  nom  de  Pro-,
vinzial  (jewerbschule,  à  des  établissements  qui  doivent  donner  l’enseignement
technique  à  des  maîtres  ou  contremaîtres,  ouvriers,  charpentiers,  maçons,
chefs  mineurs,  brasseurs,  tanneurs,  distillateurs,  teinturiers,  contre-maîtres  de
fabriques,  etc.  Aussi,  les  instructions  ministérielles  recommandent-elles  de  diriger ­
  l’enseignement  principalement  en  vue  des  applications.
Ijes  élèves  qui  sortent  des  écoles  bourgeoises  ou  des  écoles  de  perleclionnemcnt
  des  ouvriers  peuvent  en  suivre  les  cours  s’ils  possèdent  suffisamment
la  connaissance  de  la  langue  allemande,  les  éléments  de  l’arithmétique,  la
géométrie  plane  et  les  éléments  du  dessin.
Les  matières  de  l’enseignement  comprennent  :  toute  la  géométrie  élémentaire ­
  et  une  partie  de  la  géométrie  descriptive,  l’algèbre  jusqu’au  deuxieme  degré,
la  trigonométrie,  les  applications  de  la  géométrie  a  1  arpentage,  a  la  coupe  de*
pierres,  l’étude  des  notions  fondamentales  de  la  mécanique,  la  technologie  mécanique, ­
  les  détails  de  constructions  diverses,  les  éléments  de  la  physique  et
ceux  de  la  chimie,  avec  des  manipulations,  etc.  Les  dessins  variés  et  nombreux
ont  presque  tous  pour  objet  des  questions  d’application.
11  existe  en  Prusse  2  5  écoles  industrielles  de  ce  genre,  réparties  ainsi  qu’il
suit  :

Provinces  Rhénanes
Westphaliennes  ,
Silésiennes.  .  .  .
Prussiennes  .  .  .
de  Poméranie  .
de  Brandebourg
de  Posen

7
5
3
3
2
2
3

Total

20

Le  nombre  des  élèves,  tous  externes,  y  était,  d’après  un  tableau  que  nous
        <pb n="28" />
        —  22  —
reproduisons®  de  1827,  et  la  dépense  moyenne  par  élève  était  de  197  fr.
80  cent,  non  compris  le  loyer  des  bâtiments  et  le  mobilier  que  les  villes  fournissent. ­
  Sur  cette  somme,  l’État  par  ses  subventions  contribue,  à  peu  près
pour  un  tiers,  et  la  subvention  scolaire,  payée  par  les  élèves,  pour  un  quart.
Cette  dépense,  pour  un  enseignement  d'ordre  inférieur,  quoique  utile,  nous
semble  excessive.  La  raison  en  est  que  ces  écoles  sont  trop  multipliées,  et  qua
l’exception  de  celles  des  villes  principales  elles  n’ont  pas  assez  d’élèves.
Dans  l’organisation  de  ces  nombreux  établissements,  comme  dans  celle  de
quelques  autres,  dont  nous  parlerons  plus  loin,  la  libéralité  des  villes  et  celle
du  gouvernement  ont  devancé  les  besoins.  On  en  recueillera  sans  doute  le
fruit;  mais  peut-être  eût-il  mieux  valu  procéder  plus  lentement  dans  cette  voie
de  progrès,  où  le  succès  des  établissements  d’instruction  dépend  beaucoup  du
nombre  des  élèves,  qui  doit  être  assez  grand  pour  stimuler  l’émulation  et  soutenir ­
  le  zèle  des  professeurs.
C’est  dans  les  locaux  occupés  par  les  écoles  industrielles,  dont  nous  venons
de  parler,  qu’est,  en  outre,  donné,  le  soir  et  le  dimanche,  l’enseignement  destiné ­
  au  perfectionnement  des  apprentis  et  des  ouvriers,  dont  il  a  été  question
plus  baut,  sous  le  nom  de  Fortbildung  s  chilien  ou  de  H  cindwerhers  chilien.  Cette
annexion  est  prescrite  par  les  règlements,  et  les  professeurs  des  écoles  industrielles ­
  sont  tenus  d’y  participer.
Cette  prescription  a  l’avantage  d’utiliser  le  même  personnel,  les  mêmes  bâtiments ­
  et  le  même  matériel  pour  deux  enseignements  similaires,  quoique  de
degrés  différents.  L’externat  permet  ce  double  emploi.
Les  écoles  provinciales  qui  ont  trois  années  d’étude,  et  qu’on  désigne  en
Prusse  sous  le  nom  d’écoles  provinciales  supérieures,  ont  le  droit  de  procéder
à  des  examens  de  sortie,  et  de  délivrer  des  certificats  de  maturité  qui  donnent
accès  aux  instituts  polytechniques,  dont  on  parlera  plus  loin  et  dans  lesquels
se  complète  l’enseignement  technique.
ÉCOLES  ANALOGUES  EN  AUTRICHE.
Sous  un  titre  différent,  celui  d’écoles  réelles,  il  existe  en  Autriche  une  organisation ­
  presque  identique®.  En  effet,  dans  cet  empire  les  écoles  réelles  font
partie  de  ce  qu’on  nomme  l’enseignement  moyen  (Mittel  Schulen).
Elles  sont  distinguées  en  écoles  réelles  inférieures  comprenant  trois  années
d’études,  et  en  écoles  réelles  supérieures  ayant  six  années  de  cours.
O  Voir  le  rapport  sur  la  Prusse.
W  Voirie  rapport  sur  l’Autriche.
        <pb n="29" />
        —  23  —
Leur  but,  d’après  un  décret  en  date  du  2  mars  185  1,  est  de  donner  aux
élèves,  outre  une  éducation  générale  qui  n’embrasse  pas  l’élude  des  langues  anciennes, ­
  un  degré  moyen  d’instruction,  qui  les  prépare  pour  les  professions  industrielles ­
  ou  à  entrer  dans  les  écoles  d’enseignement  technique.
Les  études  des  trois  premières  classes,  qui  constituent  l’école  inférieure,
forment  un  ensemble  tel  que  les  élèves  qui  en  ont  profité  peuvent  entrer  déjà
dans  la  pratique  des  arts  industriels.
Le  dessin,  d’après  les  objets  réels,  la  géométrie  élémentaire,  les  projections
et  des  applications  aux  travaux  de  maçonnerie,  de  charpente,  de  serrurerie,
de  menuiserie,  aux  machines  et  en  général  à  tout  ce  qui  concerne  la  construction, ­
  forment  la  base  des  études  des  élèves.
Dans  les  trois  classes  supérieures,  les  études  mathématiques  et  leurs  applications ­
  se  continuent  et  comprennent  la  géométrie  descriptive,  la  perspective,
etc.  L’enseignement  y  devient  plus  scientifique,  quoique  toujours  simple  dans
les  méthodes  qu’il  emploie.
Outre  ces  études,  qui  préparent  les  jeunes  gens  aux  professions  techniques,
l’enseignement  obligatoire  comprend  :
La  religion,  l’étude  d’une  langue  autre  que  la  langue  maternelle,  l’histoire,
la  géographie,  l’histoire  naturelle,  les  éléments  de  la  physique,  de  la  chimie;
l’on  y  joint  comme  facultative  l’étude  des  langues  vivantes,  du  chant,  etc.
L’examen  des  tableaux  du  nombre  d’heures  de  leçons  données  à  l’école  supérieure ­
  réelle  de  PragueW  montre  le  soin  que  l’on  apporte  à  l’enseignement
religieux,  à  celui  de  la  langue  nationale  et  à  celui  du  dessin  à  main  levée.
Parmi  les  diverses  écoles  de  ce  genre,  que  nous  avons  visitées  en  Autriche  et
même  ailleurs,  l’école  de  Prague  est  certainement  celle  où  le  dessin  linéaire  est
le  plus  parfait,  par  suite  de  la  légèreté  de  main  que  les  élèves  ont  acquise  par
la  pratique  préparatoire  du  dessin  à  main  levée.
L’enseignement  du  dessin  est  presque  partout  accompagné  de  celui  du  modelage, ­
  et  souvent  de  la  sculpture  sur  bois  et  sur  pierre.
Les  études  des  écoles  réelles  d  Autriche  conduisent  à  1  école  polytechnique
les  élèves  qui,  après  avoir  obtenu,  par  des  examens,  le  certificat  de  maturité,
désirent  acquérir  une  instruction  plus  élevée.
C’est  à  ces  écoles  réelles  que  sont  annexés  et  faits  dans  les  mêmes  locaux  et
par  les  mêmes  professeurs  les  cours  destinés  aux  ouvriers  et  nommés,  en  Autriche, ­
  Gewerbsschale,  ainsi  que  cela  se  pratique  en  Prusse.
Voir  le  rapport  sur  l’Autriche  (école  de  Prague).
        <pb n="30" />
        —  24  -
OBSERVATIONS  SUR  LES  ECOLES  PRECEDENTES.
L’on  remarquera  que  les  écoles  industrielles  de  Prusse  et  les  écoles  réelles
supérieures  d’Autriche,  qui  se  proposent,  par  l’enseignement  quelles  donnent,
de  préparer  des  élèves  pour  les  institutions  polytechniques  où  se  forment  les
jeunes  gens  qui  se  destinent  aux  carrières  d’ingénieurs,  d’architectes,  de  chimistes ­
  et  de  divers  services  publics,  sont  principalement  organisées  en  vue  de
l’enseignement  des  sciences  et  de  leurs  applications,  tandis  que  l’étude  des
lettres  n’y  est  cultivée  qu’avec  bien  peu  de  développements.
Nous  signalons  en  particulier,  dans  le  rapport  sur  la  Bavière,  les  inconvénients ­
  que  l’on  a  reconnus  à  celte  préparation  trop  exclusivement  scientifique
des  ingénieurs  et  des  industriels,  et  nous  croyons  devoir  appeler  l’attention  sur
la  nécessité  de  faire  dans  cette  préparation  une  plus  large  part  aux  études  littéraires, ­
  si  l’on  veut  que  les  élèves  qui  proviennent  de  ces  écoles  puissent  soutenir ­
  plus  tard  la  concurrence  avec  ceux  que  fournissent  aux  instituts  polytechniques
les  gymnases,  où  se  font  les  études  d’humanités.
DES  ÉCOLES  RÉELLES.
Les  établissements  connus  sous  ce  nom  sont  répandus  dans  toute  l’Allemagne; ­
  mais  dans  ce  cas  encore,  sous  un  même  titre,on  confond  souvent  deux
organisations  très-différentes,  dont  les  types  se  rencontrent,  l’un  en  Prusse,  l’autre
en  Autriche.
Dans  le  premier  de  ces  Etats  l’école  réelle  est  aujourd’hui  un  établissement
d’enseignement  littéraire  et  scientifique  secondaire  analogue,  sous  beaucoup  de
rapports,  à  la  division  scientifique  de  nos  lycées,  avec  cette  différence  qu’on  y
enseigne  avec  plus  de  soin  et  de  succès  qu’en  France  les  langues  vivantes.
Nous  avons  vu  plus  haut  qu’en  Autriche  ce  que  l’on  nomme  école  réelle  est
un  établissement  d’enseignement  élémentaire  de  sciences  et  de  dessin  appliqué
à  l’industrie,  et  dont  les  classes  inférieures  forment  des  jeunes  gens  destinés  à
devenir  contre-maîtres  ou  maîtres  constructeurs  dans  diverses  spécialités,  tandis
que  les  classes  supérieures  permettent  à  leurs  élèves  de  participer  plus  tard  aux
études  des  instituts  polytechniques.  Nous  n’avons  donc  plus  à  parler  des  établissements ­
  de  ce  genre  en  ce  qui  concerne  l’Autriche.
ORGANISATION  GÉNÉRALE  DES  ÉCOLES  RÉELLES  EN  PRUSSE.
La  création  de  ces  écoles  remonte  déjà  assez  loin,  car  celle  d’Elberfeld  a
été  fondée  en  1829  par  le  conseil  municipal  de  cette  ville,  avec  l’autorisation  du
gouvernement,  qui  l’a  placée  sous  la  surveillance  de  la  régence  de  Dusseldorf.
Toutes  les  écoles  de  ce  genre,  qui  existent  en  Prusse,  sont  sous  la  direction
        <pb n="31" />
        4

—  25  —
générale  du  ministère  de  l’instruction  publique,  par  la  raison  que  ce  sont  des
établissements  d’enseignement  littéraire  et  scientifique  sans  aucun  caractère
technique.
\  l’époque  de  leur  création,  l’on  avait,  il  est  vrai,  cherché  à  leur  donner  ce
dernier  caractère;  mais  on  n’a  pas  tardé  à  reconnaître  que  (’instruction  ne
pouvait  y  être  ni  assez  scientifique  ni  assez  technique.
Aujourdhui  les  écoles  réelles  de  Prusse  sont  partagées  en  deux  catégories,
savoir  :  les  écoles  inférieures,  qui  n’ont  que  trois  ou  quatre  classes,  et  les  écoles
supérieures  qui  en  ont  six  à  huit,  parmi  lesquelles  sont  comprises  celles  des
précédentes.
Les  enfants  y  sont  admis  à  l’âge  de  y  à  9  ans,  quand  ils  ont  acquis  les  premieres ­
  connaissances  de  1  école  primaire,  de  sorte  qu’un  jeune  homme  ne  peut
avoir  terminé  ses  études  de  l’école  réelle  supérieure  qu’à  1  y  ou  18  ans.
Les  études  littéraires  des  langues  modernes  sont  très-étendues  et  comprennent, ­
  pour  les  classes  supérieures,  les  œuvres  des  poètes  et  des  prosateurs
allemands,  et  pour  le  latin,  celle  des  prosateurs  seulement.
L’on  peut  donner  une  idée  de  la  solidité  de  ces  études  dans  l’école  d’Elherleid ­
  ,  par  exemple,  en  citant  quelques-uns  des  sujets  de  composition  traités  par
les  élèves  de  la  première  classe,  en  1861-(13.
En  français.  Analyse  du  Cid  de  Corneille.  —Histoire  poétique  du  Cid.  —
Les  inventions  modernes.  —  Analyse  de  la  tragédie  d'Esther.  —  Comparaison
entre  César  et  Napoléon.  etc.  (, b
En  anglais.  On  the  war  raging  in  the  United-States.  —  Frederick  the  Great.
—  On  the  Deat  of  Cesar.  —  Othello,  etc.
Nous  avons  eu  la  preuve  que  les  mêmes  élèves  de  cette  école  d’Ëlberfeld
pouvaient  répondre,  traduire  ou  analyser  un  ouvrage  allemand  dans  l’une  ou
dans  l’autre  de  ces  deux  langues.
L’enseignement  du  latin,  qui  ne  s’étend,  comme  nous  l’avons  dit,  qu’aux
prosateurs,  permet  cependant  ai\x  élèves  de  suivre  certains  cours  des  universités, ­
  où  ils  peuvent  être  admis,  comme  ceux  des  gymnases,  pour  des  branches
spéciales  d’études.
Quant  à  1  enseignement  scientifique,  il  prépare  à  un  degré  suffisant,  par  les
trois  ou  quatre  premières  classes,  aux  écoles  industrielles  du  pays,  et  par  les
classes  supérieures  aux  études  des  instituts  polytechniques.
L’on  remarquera  que,  sous  ce  dernier  rapport,  cette  organisation  se  rapproche ­
  beaucoup  de  celle  de  la  division  scientifique  de  nos  lycées.

Voir  le  rapport  sur  la  Prusse.
        <pb n="32" />
        Pour  faire  apprécier  Ja  nature  de  cet  enseignement,  nous  extrairons  du  rapport ­
  particulier  à  la  Prusse  le  tableau  suivant,  qui  indique  le  nombre  des
heures  de  leçons  consacrées  par  semaine  aux  différentes  matières,  dans  les  six
classes  de  l’école  réelle  d’Elberfeld  :
NOMBRE  D’HEURES
MATIÈRES  ENSEIGNÉES.  DE  LEÇONS  PAR  SEMAINE.

Enseignement,  religieux.
Í  Allemande
1  Latine  .  ..
Langues  ..  \  T ,
i  T  rançaise.
f  Anglaise..
Géographie
Histoire

Histoire  naturelle  8
Ecriture  perfectionnée  7
Arithmétique  et  calcul  commercial  19
Physique  6
Chimie  4
Géométrie  11
Chant  7
Gymnastique  12

L’on  remarquera,  dans  ce  résumé  général,  l’absence  de  l’étude  du  dessin  à
l’école  d’Klberfeld.  C’est  une  lacune  fâcheuse,  surtout  dans  un  établissement
destiné  à  des  jeunes  gens  qui  doivent  entrer  dans  des  carrières  industrielles;
mais  cette  absence  du  dessin  n’est  pas  générale  dans  les  écoles  réelles  de
Prusse.
Il  est  à  remarquer  que  le  plus  grand  nombre  des  élèves  de  ces  écoles  réelles
quittent  les  études  après  la  troisième  ou  la  quatrième  année,  soit  pour  se  diriger ­
  sur  les  écoles  techniques  inférieures  ou  écoles  industrielles,  soit  pour  entrer,
dès  l’àge  de  quatorze  à  quinze  ans,  dans  les  emplois  inférieurs  du  commerce.
Le  nombre  de  ceux  qui  complètent  les  études  n’est,  en  général,  que  le  huitième
ou  le  neuvième  de  ceux  de  la  quatrième  année.
La  rétribution  scolaire  varie  de  100  à  160  francs  par  an  ,  chiffre  assez  élevé
par  rapport  à  celui  qui  est  fixé  pour  des  enseignements  supérieurs.  Mais  il
y  a  toujours  un  très-grand  nombre  d’élèves  boursiers.  Aussi  les  recettes  de
ces  établissements  sont-elles  loin  de  couvrir  les  dépenses,  et  le  déficit  est
supporté  ordinairement  par  moitié  par  les  administrations  municipales  et  par
l’Etat.
Toutes  les  écoles  réelles  ont  une  bibliothèque,  une  galerie  d’instruments  de

12
16
34
82
9
8
        <pb n="33" />
        à.

—  27  —
physique,  un  laboratoire  de  chimie,  et  généralement  des  salles  de  dessin  su  111-samment
  pourvues  de  modèles.
AVANTAGES  ACCORDES  AUX  ELEVES  DES  ECOLES  REELLES  EN  PRUSSE.
Les  règlements  administratifs  de  la  Prusse  accordent  aux  élèves  des  secondes
classes  des  écoles  réelles,  comme  à  ceux  des  gymnases,  quand  ils  sont  munis
de  certificats  d’admissibilité  aux  premières  classes,  la  faculté  de  se  présenter  aux
examens  pour  les  grades  d’officiers  dans  l’armée,  et,  de  plus,  ils  réduisent  en  leur
faveur  à  une  seule  année  la  durée  du  service  militaire,  qui  est  de  trois  ans (1 l
Ceux  des  élèves  des  écoles  réelles  supérieures  qui  obtiennent,  à  la  fin  de
leurs  études,  un  certificat  dit  de  maturité,  peuvent  être  admis  aux  instituts
polytechniques  pour  les  études  relatives  aux  bâtiments  civils,  à  l’école  des  mines;
et  dans  l’armée  ils  sont  dispensés  de  l’examen  exigé  pour  le  grade  de  porteenseigne.

La  faveur  qui  dispense  de  deux  années  de  service  militaire  les  élèves  des
gymnases  et  des  écoles  réelles,  qui  ont  suivi  avec  succès  la  classe  de  seconde,
nous  paraît  sujette  à  critique;  elle  crée  un  privilège  considérable  en  laveur
des  familles  riches,  et,  d’une  autre  part,  elle  nous  semble  contraire  aux  intérêts ­
  de  l’armée,  qu’elle  prive  du  service  d  une  partie  des  jeunes  gens  les  plus
instruits,  dans  un  pays  où  la  durée  totale  de  présence  sous  les  drapeaux  nest
que  de  trois  ans.  Cette  exemption  constitue  une  sorte  d  exoneration  du  service
militaire  par  1  instruction.  Elle  est  peut-être  rationnelle  cependant,  en  Prusse,
où  la  plupart  des  grades  militaires  sont  donnés  à  l’aristocratie,  et  où  il  ne  suffit
pas,  comme  en  France,  d’être  instruit,  pour  en  obtenir  l’accès.
En  résumé,  l’on  voit  que  le  titre  d’écoles  réelles,  conservé  en  Prusse  aux
établissements  d’enseignement  dont  nous  venons  de  parler,  n’indique  nullement ­
  la  véritable  nature  de  1  instruction  qui  y  est  donnée,  et  qui  n  a  rien  de
technique,  de  réaliste,  s’il  est  permis  de  s  exprimer  ainsi.  Ce  sont  simplement
des  institutions  d  enseignement  littéraire  secondaire,  d  ou  le  grec  et  les  poètes
latins  sont  exclus;  dans  lequel  au  contraire  les  langues  vivantes  occupent  une
large  portion  du  temps,  et  où  les  éléments  des  sciences  sont  introduits  comme
préparation  théorique  à  des  études  plus  spéciales  et  ensuite  techniques.  La  durée ­
  de  ces  études  complètes  est  aussi  longue  que  celle  des  gymnases  d  humanités
et  de  nos  lycées,  puisque  les  jeunes  gens  ne  les  terminent  qua  i  y  ou  18  ans.
Par  1  instruction  littéraire  spéciale  quelles  donnent,  ces  écoles  préparent
plus  utilement  que  les  études  d’humanités  aux  carrières  industrielles  et  com-Voir

  le  rapport  sur  la  Prusse.
        <pb n="34" />
        —  28  —

merciales,  pour  lesquelles  la  connaissance  des  sciences,  et  surtout  celle  des
langues  vivantes,  devient  de  plus  en  plus  nécessaire.  Mais  il  nous  paraîtrait
complètement  injuste  d’attribuer  à  cet  enseignement  une  tendance  quelconque
vers  les  idées  matérialistes  et  révolutionnaires.  Là  n’est  pas  la  cause  du  mal
moral  qui  tourmente  et  inquiète  l’Allemagne.
GYMNASES  REELS.
En  Bavière,  les  études  littéraires  et  scientifiques  d’ordre  secondaire  sont
réparties  ^  entre  des  établissements  désignés  sous  le  nom  de  Gymnases  complets, ­
  comprenant  les  études  d’bumanités,  et  de  Gymnases  réels,  plus  spécialement ­
  destinés  à  la  préparation  aux  services  publics  et  aux  études  industrielles.
Les  élèves  entrent  dans  ces  deux  sortes  d’établissements  après  quatre  années
d’études  dans  des  écoles  dites  écoles  latines,  et  passent  ensuite  quatre  ans  dans
l’un  ou  dans  l’autre  gymnase.
Celui  qui  porte  le  nom  de  gymnase  réel  continue,  pendant  les  quatre  années
d’études,  celles  de  la  religion,  de  l’allemand,  du  latin,  de  l’histoire,  de  la  géographie, ­
  de  l’histoire  naturelle,  des  sciences  mathématiques  élémentaires  et
même  les  notions  de  calcul  différentiel,  de  la  physique,  des  langues  française  et
anglaise,  ce  qui  constitue  un  enseignement  tout  à  fait  analogue  à  celui  de  la
division  scientifique  de  nos  lycées,  et  destiné  aussi  à  préparer  aux  écoles  scientifiques ­
  d’ordre  supérieur.  Les  études  littéraires  occupent,  par  semaine,  5o  heures; ­
  les  sciences,  24  ;  le  dessin,  2/1;  les  sciences  naturelles,  1  Zi  ;  la  religion,  8.
Dans  cette  organisation,  sur  laquelle  nous  donnons  des  détails  plus  complets
dans  le  rapport  spécial  à  la  Bavière,  l’on  voit  que  c’est  à  l’âge  de  11\  ans  que
les  jeunes  gens  se  dirigent  nettement  vers  les  études  littéraires  proprement
dites  ou  vers  les  études  scientifiques,  ce  qui  est  presque  identiquement  le  plan
d’études  adopté  pour  les  lycées  de  France,  en  i852.
Les  gymnases  réels  de  Bavière  offrent  donc  la  plus  grande  analogie  avec  les
écoles  réelles  réelles  de  Prusse  et  avec  la  division  scientifique  de  nos  lycées.
Nous  ne  croyons  pas  devoir  entrer  dans  de  plus  longs  détails  sur  le  véritable
caractère  des  écoles  réelles  d’Allemagne.  L’on  trouvera,  d’ailleurs,  dans  les
rapports  particuliers  relatifs  à  chacun  des  États  que  nous  avons  visités,  les  renseignements ­
  relatifs  à  leurs  institutions  propres.
DES  INSTITUTS  POLYTECHNIQUES.
Si  les  diverses  institutions  destinées  à  l’enseignement  commercial  ou  indus-(')
  Voir  le  rapport  sur  la  Bavière.
        <pb n="35" />
        —  29  —
(riel  présentent  sous  des  désignations  identiques,  de  très-grandes  varietés  en
Allemagne,  il  n  en  est  pas  de  même  des  établissements  polytechniques  qui,
sous  la  formule  variable  de  Gewerbs-lnstitut  à  Berlin,  d’école  ou  dinstitut  polytechnique ­
  en  Saxe,  en  Bavière,  en  Autriche,  en  Wurtemberg,  en  Suisse  et
dans  le  grand-duché  de  Bade,  sont  destinés  à  former  des  ingénieurs  civils  pour
les  services  des  ponts  et  chaussées  ou  des  mines,  ainsi  que  pour  l’industrie,
des  ingénieurs  mécaniciens,  des  chimistes  industriels,  des  architectes,  des
ingénieurs  des  forêts,  etc.
Dans  tous  ces  établissements,  l’instruction  scientifique  est  donnée  à  un
degré  très-élevé  et  parfois  même  avec  un  développement  supérieur  aux  besoins
et  au  but  que  l’on  se  propose  d’atteindre;  mais,  partout  aussi,  la  partie  technique ­
  de  cet  enseignement  est  cultivée  avec  le  plus  grand  soin.
Ces  instituts  polytechniques  sont  à  la  fois  des  écoles  théoriques  et  des  écoles
d’applicalion  ,  et  présentent,  sous  ce  rapport,  une  très-grande  analogie  avec
l’école  centrale  de  France.
Dans  tous,  les  élèves  entrent  à  l’àge  de  17  à  18  ans,  et  doivent  posséder  une
instruction  préparatoire  correspondante  aux  études  spéciales  qu’ils  se  proposent
de  suivre.  Le  choix  de  la  direction  une  fois  fait  par  l’élève,  les  cours  qu’ils  doit
fréquenter  lui  sont  désignés  et  deviennent  presque  partout  obligatoires.  Cependant ­
  cette  obligation  n’est  pas  toujours  absolue,  et  la  liberté  qu’ont  les  élèves
des  divisions  techniques  de  ne  pas  suivre  certains  cours  scientifiques,  a  pour
eilet  d’engager  les  professeurs  à  renfermer  les  développements  théoriques  dans
les  limites  de  ce  qui  est  réellement  utile  à  ces  divisions,
La  partie  des  premiers  cours  qui  forment  le  fondement  scientifique  des
applications  techniques  est  ordinairement  commune  à  plusieurs  des  divisions
spéciales,  dans  lesquelles  les  élèves  sont  partagés,  et  chaque  division  reçoit  en
outre  l’enseignement  particulier  qui  lui  est  nécessaire.
Ces  divisions,  plus  ou  moins  nombreuses,  selon  les  pays,  sont  en  général  les
suivantes  :
Ingénieurs  des  ponts  et  chaussées.
ingénieurs  civils  pour  chemins  de  fer,  etc.
Architectes  et  constructeurs  de  bâtiments.
Mécaniciens.
Chimistes  industriels.
ingénieurs  des  mines.
Ingénieurs  forestiers.
tous  les  instituts  ne  comprennent  pas  le  même  nombre  de  divisions,  mais
        <pb n="36" />
        30  —

Jes  quatre  ou  cinq  premières  se  trouvent  à  peu  près  partout,  s’il  n’y  a  pas  d’établissement ­
  spécial  qui  les  remplace.
La  coordination  et  la  gradation  particulières  des  études  offrent  presque  toujours ­
  un  caractère  de  méthode  remarquable,  en  ce  que  la  première  partie  des
études  de  chaque  division  spéciale,  qui  exige  une  ou  deux  années,  est  tellement
réglée  qu  elle  constitue  un  ensemble  de  connaissances  assez  complet  pour  permettre ­
  à  un  jeune  homme  de  s’y  arrêter  et  d’entrer  utilement  dans  les  positions ­
  secondaires  de  la  carrière  qu’il  a  choisie.
Ainsi,  après  avoir  accompli  cette  première  partie  des  études,  un  élève  peut
devenir  conducteur  instruit  des  ponts  et  chaussées  ou  des  travaux  civils  [Werkmeister], ­
  entrepreneur  de  bâtiments  [Baumeister],  contre-maître  ou  chef  mécanicien, ­
  pharmacien  ou  chef  d’atelier  de  chimie  industrielle,  chef  mineur,  gardemines,
  agent  forestier,  etc.
Dans  plus  d’un  Etat,  l’on  impose  même  aux  élèves,  après  qu’ils  sont  parvenus
à  ce  premier  degré  d’instruction  technique,  l’obligation  d'aller  passer  un  an  on
deux  sur  des  chantiers  de  travaux,  dans  des  ateliers,  dans  des  fabriques,  avant
de  reprendre  la  suite  de  leurs  études.
Cette  \ec^\&amp;lt;L y  qui  offre  1  inconvénient  d  interrompre  les  études  et  d’exposer
beaucoup  d’élèves  à  en  oublier  une  partie,  a,  d’un  autre  côté,  l’avantage  de
mûrir  leur  esprit  par  la  pratique,  de  leur  montrer  les  conditions  de  l’application ­
  de  la  science,  et  de  n’appeler  à  des  études  plus  fortes  que  ceux  qui  en
ont  réellement  la  vocation.  Elle  n’est  d  ailleurs  praticable  que  dans  les  conditions
d’externat  libre,  où  se  trouvent  tous  les  élèves  eu  Allemagne,  et  pour  des  carrières ­
  où  ils  n’y  a  pas  de  limite  d’âge.
OBSERVATIONS  SUR  L’EXTERNAT.
L’on  sait  qu’eu  Allemagne  l’usage  général  des  établissements  d  instruction
est  de  n’admettre  que  des  élèves  externes.  Les  jeunes  gens  étrangers  aux  villes
où  sont  situés  ces  établissements  trouvent  chez  quelques  professeurs  ou  chez
des  habitants  connus  des  pensions  où  ils  sont  logés  et  nourris  à  des  prix  convenables ­
  et  proportionnés  à  leurs  ressources.  Ce  système  a  pour  la  jeunesse  ses
avantages  et  ses  inconvénients.  Il  conserve  pour  les  élèves  de  la  ville  l’influence
et  l’action  de  la  famille,  et  les  habitue  de  bonne  heure  à  suivre  la  route  du
devoir;  pour  les  élèves  étrangers  il  n’a  plus  le  même  avantage  et  présente  le
danger  de  la  dissipation;  mais  un  bon  choix  de  correspondants  peut  y  remédier, ­
  et  les  communications  par  les  chemins  de  fer  sont  si  faciles  aujourd'hui,
qu’un  jeune  homme  est  rarement  tout  à  fait  isolé  de  sa  famille.
Il  ne  faudrait  pas  croire,  d’ailleurs,  que  la  discipline  exercée  sur  ces  élèves
        <pb n="37" />
        —  31

libres  soit  dépourvue  de  sévérité.  Elle  est  exercée,  quant  à  l’exactitude  et  aux
travaux,  par  des  professeurs,  et,  quant  à  la  conduite  extérieure,  par  les  directeurs, ­
  qui  ont  à  leur  disposition  des  moyens  gradués  de  répression.
L’admonestation  particulière,  la  réprimande  devant  le  conseil  des  professeurs, ­
  la  prison,  la  menace  du  renvoi  et  finalement  l’expulsion,  sont  des  peines
graduées  et  appliquées  réellement.
Sans  doute  un  certain  nombre  d’élèves  se  détournent  de  la  bonne  voie  ,
mais  ceux  qui  y  persévèrent  ont  acquis  par  cela  seul,  dès  leur  jeune  âge,  une
force  morale  qui  leur  permet  de  s’introduire  de  bonne  heure  dans  la  vie
publique,  sans  courir  les  dangers  de  la  transition  brusque  de  la  vie  claustrale
des  lycées  et  des  collèges,  à  l’émancipation  des  écoles  publiques.  Ils  sont  devenus ­
  des  hommes.
OBSERVATIONS  SUR  LE  DEGRE  D’ELEVATION  DES  ETUDES  THEORIQUES.
Nous  avons  dit  plus  haut  que  les  études  mathématiques  dans  ces  instituts
étaient  d’un  ordre  très-élevé.  Il  est  cependant  bon  de  faire  remarquer  que
celles  qui  correspondent  à  la  première  période  que  nous  venons  d’indiquer
sont  presque  partout  plus  élémentaires  et  par  conséquent  accessibles  aux
élèves  qui  ne  se  destinent  qu’aux  positions  secondaires  de  chaque  branche
spéciale  ou  technique.
Mais  il  n’en  est  pas  de  même  pour  les  dernières  années  d’études,  et  tout  en
rendant  hommage  au  savoir  et  au  dévouement  des  professeurs,  nous  croyons
pouvoir  dire  qu’en  général,  dans  ces  établissements,  l’on  donne  â  l’élude  et  â
l’emploi  des  mathématiques  transcendantes  un  développement  plus  grand
qu’il  n’est  nécessaire.
L’on  voit  trop  souvent,  dans  les  programmes,  des  leçons  consacrées  au  calcul
des  probabilités,  au  calcul  des  variations,  dont  les  élèves  ne  feront  certainement ­
  jamais  usage,  et  qui  leur  prennent  un  temps  précieux.  L’emploi  du  calcul ­
  différentiel  et  du  calcul  intégral  est  également  poussé  trop  loin.  En  effet,
s’il  est  bon  cl  utile  qu’un  ingénieur  soit  familiarisé  avec  l’esprit  de  ces  méthodes
de  calcul,  il  n’est  pas  aussi  nécessaire  de  donner  à  cette  élude  tant  de  développement ­
  pour  enseigner  des  théories  de  sciences  appliquées,  que  l’on  peut
exposer  tout  aussi  rigoureusement  par  des  méthodes  élémentaires  plus  faciles
à  saisir.
Il  est  plus  que  probable  que  c’est  cette  exagération  des  considérations  délicates
des  théories  mathématiques  qui  empêche  un  grand  nombre  d’élèves  d’achever,
comme  ils  1  auraient  peut-être  désiré,  le  cours  entier  des  études  techniques.
Il  serait  sans  doute  plus  sage  de  réserver  pour  une  division  spéciale,  libre,
        <pb n="38" />
        consacrée  exclusivement  aux  études  scientifiques,  ces  développements,  qui
seraient  alors  adressés  aux  jeunes  gens  qui  se  destineraient  à  la  carrière  de  l’enseignement. ­
  A  l’école  polytechnique  de  Zurich  fl)  il  existe  une  division  de  ce
genre,  où  sont  reçus,  à  titre  d’élèves  ou  d’auditeurs  libres,  tous  ceux  qui
veulent  suivre  des  cours  de  sciences  proprement  dits,  et  où  il  est  fait  aussi  des
cours  sur  des  branches  très-variées  des  connaissances  humaines.
Malgré  ces  réflexions,  qui  sont  surtout  dictées  par  l’intérêt  et  par  l’estime
que  nous  ont  inspirés  ces  établissements,  il  est  juste  de  reconnaître  que  cette
élévation  de  l’enseignement,  jointe  à  la  multiplicité  des  instituts  polytechniques
dont  l’Allemagne  s’est  enrichie  depuis  trente  ans  a  puissamment  contribué  à  y
développer  le  goût  des  hautes  études  scientifiques,  et  celui  des  applications  de
la  science  à  toutes  les  branches  des  services  publics  et  de  l’industrie.
Ces  progrès  nous  étaient  indiqués  déjà  depuis  plusieurs  années  par  les  publications ­
  remarquables  qui  étaient  faites  de  l’autre  côté  du  Rhin  sur  toutes  ces
questions,  et  ce  que  nous  avons  vu  n’a  pti  que  nous  confirmer  dans  les  conséquences ­
  que  nous  avions  tirées  de  l’examen  de  ces  travaux.
Sous  ce  rapport,  l’Allemagne  nous  paraît  avoir  fait  pour  la  diffusion  des
sciences,et  surtout  pour  leurs  applications  à  tous  les  besoins  des  travaux  publics,
des  arts  et  de  l’industrie,  des  progrès  bien  plus  rapides  que  l’Angleterre,  et  il
importe  que  la  France  s’en  préoccupe  sérieusement,  car  le  jour  n’est  peut-être
pas  loin  où  l’Allemagne,  joignant  au  hou  marché  de  la  main-d’œuvre  et  aux
habitudes  modestes  de  la  vie  privée,  toutes  les  ressources  de  la  science,  deviendra ­
  pour  notre  industrie  une  rivale  aussi  dangereuse  que  celle  qui,  de  l’autre
côté  du  détroit,  nous  a  le  plus  préoccupés  jusqu’ici.
ÉTUDES  D’APPLICATIONS.
Dans  tous  les  instituts  polytechniques  que  nous  avons  visités,  les  applications
des  sciences  sont,  enseignées  aux  élèves,  non-seulement  par  des  leçons,  mais
surtout  par  des  études  détaillées  et  progressives  qu’on  les  oblige  à  faire  de  toutes
les  parties  de  l’art  ou  des  services  auxquels  ils  se  destinent.  Les  ingénieurs,  les
architectes,  les  mécaniciens  étudient  et  reproduisent  par  le  dessin,  par  des  projets ­
  tous  les  détails  de  construction,  depuis  les  plus  élémentaires  jusqu’aux  plus
difficiles  et  aux  plus  compliqués.  Toutes  les  parties  des  projets  doivent  être
calculées  d’après  les  règles  de  la  science  et  de  l’art.
Les  élèves  s’aident  beaucoup,  il  est  vrai,  d’ouvrages  tels  que  les  aide-mémoires
dus  à  des  professeurs  célèbres,  à  M.  Weisbach,  à  M.  Redtenbach,  mais  ils  n’en

O  Voir  le  rapport  sur  la  Suisse.
        <pb n="39" />
        5

—  33  —
ont  pas  moins  dû  comprendre  les  principes  qui  servent  de  base  aux  règles  que
les  savants  auteurs  y  ont  formulées.
LABORATOIRES  DE  CHIMIE.
Les  divisions  de  chimie  ont  à  leur  disposition  des  laboratoires  vastes  et  trèsbien
  organisés,  où  les  élèves,  moyennant  une  rétribution  généralement  très-modérée, ­
  peuvent,  par  des  manipulations,  joindre  la  pratique  à  la  théorie.  Nous
donnons  dans  nos  rapports  les  plans  de  quelques-uns  de  ces  laboratoires,  et
même  ceux  d’un  ou  deux  établissements  d’enseignement.

COLLECTIONS.
Des  collections  nombreuses  d’instruments,  de  modèles,  de  minéraux,  de
technologie,  des  bibliothèques  au  courant  de  toutes  les  publications  nouvelles,
complètent  ces  moyens  d’instruction.
DISPOSITIONS  GÉNÉRALES.
Partout  les  salles  sont  vastes,  bien  éclairées,  et  l’espace  n’y  est  pas  ménagé.
La  plupart  de  ces  instituts  sont  de  création  récente,  et  les  constructions  y  ont
un  caractère  tout  a  lait  monumental.  La  rivalité  des  divers  Etats  n’a  pas  été
étrangère  à  ces  progrès;  elle  les  a  conduits  à  établir  chacun  au  moins  un  établissement ­
  de  ce  genre,  et  à  faire,  pour  assurer  son  succès,  des  sacrifices  considérables. ­
  Heureuse  rivalité,  qu’il  serait  bien  à  désirer  devoir  établir  entre  nos
grands  centres  industriels,  et  qui,  en  peu  de  temps,  sans  devenir  trop  onéreuse
l’État,  doterait  le  pays  de  l’enseignement  dont  il  a  si  grand  besoin,  pour
soutenir  des  luttes  de  plus  en  plus  difïiciles  avec  l’étranger.
BRANCHES  DIVERSES  D’ENSEIGNEMENT.
Nous  n’avons  parlé,  dans  ce  rapport  général  que  des  institutions  dont  le  type,
sous  des  noms  divers,  mais  avec  des  buts  à  peu  près  identiques,  se  retrouve
dans  les  états  que  nous  avons  visités.
Outre  ces  organisations,  qui  constituent  un  ensemble,  il  y  a  des  établissements
divers  et  parfois  spéciaux  dont  nous  faisons  connaître  l’organisation  dans  les
rapports  particuliers  à  chaque  pays.  Ainsi,  des  écoles  spéciales  d'art  industriel,
d’architecture,  de  forestiers,  d’agriculture,  de  navigation,  de  commerce,  existent
dans  plusieurs  de  ces  Etats,  et  nous  ne  croyons  pas  devoir  rappeler  ici  ce  que
nous  en  disons  dans  les  rapports  particuliers,  où  elles  trouvent  leur  place
naturelle.
        <pb n="40" />
        —  34

MÉTHODE  D’ENSEIGNEMENT  Dl  DESSIN.
Ajoutons,  comme  fait  général,  que  dans  tous  ces  enseignements  techniques,
quels  qu’ils  soient,  le  dessin  A  main  levée  et  le  dessin  linéaire  occupent  a  bon
droit  une  très-large  place,  qu’ils  y  servent  de  moyen  d’enseignement,  en  faisant
pénétrer  par  les  yeux  bien  des  notions  auxquelles  [intelligence  seule  se  montrerait ­
  peut-être  un  peu  rebelle.  Quant  aux  méthodes  suivies  pour  cet  enseignement ­
  spécial,  celles  qui,  sans  exception,  depuis  la  haute  école  de  Nuremberg ­
  jusqu’aux  plus  modestes  classes  des  villages  de  Wurtemberg,  a  toujours
et  partout  donné  les  meilleurs  résultats,  est  la  méthode  proposée  par  feu
M.  Dupuis,  et  qui  a  trop  été  perdue  de  vue  en  France.  Elle  consiste,  comme
on  sait,  à  faire,  soit  immédiatement,  soit  après  quelques  premiers  essais  faits
d’après  des  dessins  modèles  pour  délier  la  main  et  l’habituer  à  opérer  d’accord
avec  l’œil,  dessiner  les  élèves  d’après  des  objets  en  relief,  d’abord  fort  simples,
puis  combinés,  variés  de  positions,  en  s’élevant  graduellement  par  des  modèles
d’ornements  en  relief  jusqu’au  dessin  d’après  la  bosse  et  d'après  nature.  Modifiée
dans  quelques  détails,  on  la  retrouve  dans  presque  toutes  les  écoles  d’Allemagne.
Persuadés  comme  nous  le  sommes  qu’une  des  premières  et  des  plus  importantes
mesures  à  prendre  pour  organiser  l’enseignement  industriel  consiste  à  propager
partout  celui  du  dessin,  nous  croyens,  dès  à  présent,  devoir  signaler  à  [attention ­
  le  choix  de  cette  méthode.
CO  O  R  DIN  A  T  ION  GE  N  ER  ALE.
Le  caractère  dominant  des  institutions  allemandes  pour  [instruction  nationale,
c’est  l’ensemble,  la  coordination  de  tous  les  établissements  qui,  depuis  l’école
primaire  jusqu’aux  facultés  de  l’ordre  le  plus  élevé  dans  les  universités,  offrent
aux  différentes  catégories  de  citoyens  la  série  des  degrés  d  instruction  qu’ils
peuvent  avoir  le  besoin  ou  la  capacité  d’acquérir.  Les  représentations  de  cette
coordination  des  enseignements,  que  nous  donnons  dans  les  rapports  sur  la
Bavière  et  sur  l’Autriche,  la  rendent  parfaitement  intelligible  à  simple  vue.  A  sa
sortie  de  l’école  primaire,  l’enfant  pauvre  peut  achever  cette  première  partie  de
son  éducation  dans  les  écoles  du  dimanche,  dans  les  écoles  bourgeoises  ou  écoles
primaires  supérieures.  Il  entre  ensuite  en  apprentissage.  Si  sa  famille  a  plus  de
ressources,  il  passe  aux  écoles  littéraires  de  deux  ordres,  selon  sa  destination,  et
il  atteint  ainsi  l’âge  de  11\  ans,  soit  avec  une  préparation  littéraire  qui  lui  permet
d’aborder  les  études  d’humanités,  et  de  là  les  universités  et  les  facultés  qui  en
dépendent,  soit  avec  une  préparation  littéraire  et  scientifique  à  l’aide  de  laquelle
il  peut  se  livrer  à  des  études  plus  élevées  et  ensuite  aux  applications  techniques.
        <pb n="41" />
        5.

—  35  —
Les  besoins  de  la  société  actuelle  ont  ainsi  conduit  tous  les  Etats  de  l’Allemagne ­
  à  cette  séparation  des  études  à  l’âge  de  i  h  ans,  que  l’on  a,  un  peu  par
dérision,  nommée  en  France  la  bifurcation,  et  qui  est,  selon  nous,  une  nécessité ­
  commandée,  non  pas  par  le  désir  de  précipiter  les  études,  qui  n’en  ont  pas
moins  exigé  huit  ou  neuf  ans  après  l’école  primaire,  mais  par  la  nécessité  où
se  trouve  aujourd’hui  la  jeunesse  d’acquérir  sur  une  foule  de  sujets  des  connaissances ­
  plus  approfondies  que  nos  pères  n  en  possédaient,  afin  de  pouvoir
répondre  à  toutes  les  conditions  des  services  publics  et  à  tous  les  besoins  de
l’industrie  ou  du  commerce.
Y  ces  directions  diverses  offertes  aux  jeunes  gens  qui  veulent,  et  peuvent
taire  dans  l’une  ou  l'autre  des  études  complètes,  s’ajoutent,  dans  l’intérêt  et
pour  des  catégories  moins  heureuses  de  citoyens,  à  la  sortie  de  l'école  du
dimanche,  les  écoles  d’apprentis,  les  cours  du  soir  et  du  dimanche  pour  les
ouvriers,  les  écoles  supérieures  pour  les  lilies,  les  ateliers  d’apprentissage  variés
selon  les  besoins  locaux,  les  écoles  ou  cours  spéciaux  à  certains  métiers,  les  écoles
d’agriculture,  celles  de  pilotes,  etc.  de  sorte  que  les  voies  de  l’instruction  sont
ouvertes  à  tous  et  à  chacun  suivant,  sa  position,  sa  carrière  ou  sa  capacité.
Nous  devons  même  ajouter  que,  pour  tous  ces  enseignements  spéciaux,
organisés  en  vue  des  besoins  de  l’industrie,  les  gouvernements,  les  provinces  et
les  municipalités  apportent  la  plus  grande  libéralité  à  aider,  par  des  exemptions
des  rétributions  scolaires  et  même  par  des  subventions,  les  sujets  laborieux  et
intelligents,  à  poursuivre  leurs  études  le  plus  loin  possible,  sans  les  écarter  toutefois ­
  de  la  voie  spéciale  où  la  position  sociale  de  leur  famille  doit  les  engager
à  marcher.
C’est  un  pareil  ensemble  d’institutions  que,  par  le  concours  de  citoyens
dévoués  à  leur  patrie,  des  sociétés  industrielles,  des  villes  de  commerce,  des
départements  et  de  l’État,  nous  voudrions  voir  établir  en  France,  en  appropriant ­
  chacune  d’elles  aux  besoins  locaux  et  aux  conditions  particulières  de  l’industrie ­
  et  des  populations.
Si  le  travail  que  nous  avons  entrepris  à  notre  retour  d’un  séjour  beaucoup
trop  court  dans  chacun  des  Etats  que  nous  avons  parcourus  si  rapidement,  peut
aider  à  la  solution  de  cette  importante  question,  qui  nous  préoccupe  depuis  bien
des  années,  nous  serons  amplement  dédommagés  des  longues  recherches  auxquelles ­
  il  nous  a  entraînés.
COMPARAISON  DES  DÉPENSES  FAITES  POUR  L’INSTRUCTION  PUBLIQUE
DANS  DIFFÉRENTS  PAYS.
11  ne  sera  sans  doute  pas  inutile  de  chercher  à  établir  une  comparaison  entre
        <pb n="42" />
        Jes  crédits  que  les  différents  Etats  sur  lesquels  nous  avons  pu  nous  procurer
des  renseignements  allouent  sur  le  budget  total  de  leurs  dépenses  aux  départements ­
  de  la  guerre  et  de  l’instruction  publique  pour  les  dépenses  normales.
Pour  cette  comparaison,  il  ne  faut  pas  perdre  de  vue  que,  dans  tous  les  états
de  l’Allemagne,  de  même  qu’en  France,  les  dépenses  relatives  à  l’instruction
primaire  sont  mises  à  la  charge  des  communes  et  des  provinces  ou  départements, ­
  et  que  l’Etat  n’y  intervient  que  pour  subvenir  aux  ressources  insuffisantes. ­
  11  ne  convient  donc  de  faire  entrer  en  ligne  de  compte  pour  tous  les
états,  dans  cette  comparaison,  que  les  sommes  portées  aux  budgets  officiels
D’autre  part,  les  crédits  extraordinaires  pour  les  créations  d  établissements
d’enseignement  pouvant  varier  beaucoup  avec  les  circonstances,  il  convient
aussi  de  les  laisser  en  dehors.
En  suivant  cette  marche,  et  en  résumant  les  budgets  totaux  des  dépenses,
les  budgets  de  la  guerre  et  les  budgets  de  l’instruction  publique,  on  peut
former  le  tableau  ci-après.

Comparaison  des  dépenses  faites  dans  différents  Etats  de  VAllemagne  et  en  Franee
pour  les  départements  de  la  guerre  et  de  Vinstruction  publique  de  tous  les  degrés.

DESIGNATION

DES  ETATS.

France
Autriche
Prusse
Bavière
Wurtemberg
Hanovre.
Grand  -  duché  de
Bade  .........
Saxe

POPULATION,

habitants.
37,382,225
39.000.  000
17.000.  000
4,615,648
1,783,967
1,910,000
1,359,291
2,225,240

BUDGET
des  dépenses.

fr.
1,776,134,001
1,099,758,342
513,613,106
100,213,254
34,103,344
78,654,750
34,295,705
39,375,000

CONTRIBUTION ­

moyenne
individu. ­


fr.  c.
47  50
28  20
30  20
21  70
19  10
41  12
25  20
17  70

BUDGETS
DE  I.A  GUERRE
ET  DE  LA  MARINE.

Sa  part
portion  -

fr.
523,826,372
296,707,865
141,921,506
21,961,880
7,436,094
10,182,000
6,336,674
8,437,500

0,295
0,270
0,276
0,219
0,218
0,122
0,182
0,214

INSTRUCTION
PUBLIQUE.

fr.
19,165,121
21,250,000
7,071,195
2,165,278
1,613,020
996,233
1,137,060
1,470,000

Sa  part
portion  -

0,011
0,019
0,014
0,022
0,047
0,013
0,033
0,037

Loti  voit,  par  les  résultats  comparatifs  contenus  dans  ce  tableau,  que  les
Etats  de  second  ordre  de  l’Allemagne,  dont  l’indépendance  repose  sur  le  droite!

9)  Ainsi  en  France,  landis  que,  d’après  le  Bulleîin  administratif  n°  aa  du  Ministère  de
l’instruction  publique,  la  totalité  des  dépenses  faites  par  le  pays  s’élève  à  la  somme
de  71,453,579  francs,  la  somme  portée  au  budget  n’est  quede  6,509,100  francs;  le  surplus
est  fourni  par  les  communes  el  par  les  départements.
        <pb n="43" />
        —  37  —
sur  la  (bides  traités  ,et  que  leur  importance  ou  leurs  intérêts  politiques  n  obligent

pas  à  entretenir  un  état  militaire  considérable,  peuvent  et  savent  laire  poui
(instruction  publique  des  sacrifices  relativement  bien  plus  grands  que  les  états
les  plus  puissants,  tout  en  n’exigeant  que  des  impôts  proportionnellement
beaucoup  moindres.

en  même  temps  que  les  dépenses  militaires  diminuent,  ce  qui  explique  comment,

prospère  que  plusieurs  peuvent  diminuer  les  charges  de  leurs  budgets,  au  lieu

Les  instituts  polytechniques,  dont  l’enseignement  se  rapproche  de  celui  de
l’école  polytechnique  et  de  l’école  centrale  de  France,  sont,  en  Allemagne,

besoins  intellectuels  de  ses  habitants.
Mais  le  chiffre  des  habitants  qui,  pour  toute  l*Allemagne,  correspond  à  un
institut  de  ce  genre  étant  de  55ooooo,  tandis  qu’en  France  nous  n  avons
que  deux  établissements  analogues  pour  3*7382  225  habitants  ou  un  pour
i86qifioo  habitants,  l’on  voit  que,  sous  ce  rapport,  (ensemble  des  Etats  aile
rnands  a  fait  pour  la  diffusion  des  sciences  physiques  et  mathématiques,  ainsi

L’instruction,  source  de  richesses  publiques  et  privées,  s’y  développe  donc

malgré  1  extension  donnée  partout  aux  travaux  publics  et  les  dépenses  qu’ils
occasionnent,  les  finances  de  ces  Etats  secondaires  sont  dans  un  état  tellement

de  les  accroître,  après  avoir  amélioré  cependant  la  condition  des  fonctionnaires
publics.

RÉPARTITION  DES  INSTITUTS  POLYTECHNIQUES.

répartis  ainsi  qu’il  suit  entre  les  différents  Étals.
Répartition  et  rapport  des  instituts  polytechniques  à  la  population

NOm'bRE  D’HABITANTS

NOMBRE

POCB  UN  INSTITUT.

DÉSIGNATION  DES  ÉTATS.

Moyenne.

Autriche
Prusse
Bavière
Wurtemberg
Saxe
Grand  duché  de  Bade

7,400,000

Cette  répartition  fort  inégale  du  nombre  des  habitants  correspondant  à  un
institut  polytechnique  n’a  rien  qui  doive  surprendre,  attendu  qu’en  dehors  de
toute  considération  depopulation  chaque  Etat  a  tenu  à  pourvoir  lui-même  aux
        <pb n="44" />
        iW

f  •

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#1

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#1

que  pour  leur  application  aux  services  publics  et  à  l’industrie  des  sacrifices  considérables, ­
  qui  ne  peuvent  manquer  de  produire  de  grands  effets  sous  le  double
rapport  des  progrès  des  sciences  et  de  ceux  de  l’industrie.
INFLUENCE  GENERALE  SUR  LES  PROGRES  DES  SCIENCES.
Si  nous  avons  cru  devoir  critiquer  occasionnellement  l’exagération  de  certaines ­
  branches  de  l’enseignement  mathématique,  il  n’en  est  pas  moins  vrai  que
le  grand  nombre  de  chaires  ouvertes  à  des  savants  distingués,  et  l’émulation
qu’entretient  entre  eux  l’utile  rivalité  des  établissements,  qui  se  disputent  l’honneur ­
  de  posséder  les  plus  illustres,  doivent  diriger  beaucoup  d’esprits  élevés  vers
les  études  scientifiques.  Nos  géomètres  les  plus  célèbres  de  l’Académie  des  sciences
ne  l’ignorent  pas;  et,  depuis  plusieurs  années  ils  sont  frappés  du  grand  mouvement ­
  scientifique  qui  s’est  produit  en  Allemagne,  comme  nous  l’avons  été
nous-mêmes  du  progrès  de  l’enseignement  des  sciences  appliquées.
Il  y  a  là  pour  la  France,  sous  ce  double  rapport,  un  symptôme  auquel  elle
doit  apporter,  croyons-nous,  une  sérieuse  attention.
Nous  n’avons  pas,  d’ailleurs,  et  à  dessein,  introduit  dans  la  comparaison  précédente ­
  les  universités  allemandes  pas  plus  que  les  facultés  de  France,  parce
que  ce  sont  des  institutions  d’un  autre  ordre.
Juin,  i  864.
        <pb n="45" />
        RAPPORT  PARTICULIER

SUR  LES  ÉTABLISSEMENTS  D’ENSEIGNEMENT

DANS

LE  ROYAUME  DE  HANOVRE.

E  N  S  KIG  N  K  M  K  N  T  1&amp;gt;  RIM  AI  R  E.
Une  ordonnance  du  Roi,  en  date  du  ad  mai  186.8,  rappelle  et  continue
dans  les  termes  suivants  les  règles  établies  pour  l’enseignement  primaire  :
«Ernest-Auguste,  Roi  de  Hanovre,  parla  grâce  de  Dieu...
«§  1 er .  L’enseignement  des  écoles  primaires  reste,  conformément  à  la  loi
«constitutionnelle  du  pays,  sous  la  surveillance  des  autorités  ecclésiastiques
«  relevant  du  ministère  de  l’instruction  publique  et  des  cultes.
«  $  2.  Notre  ministre  de  l’instruction  publique  et  des  cultes  déterminera
«les  matières  à  enseigner,  la  durée  de  l’enseignement;  il  prendra  les  mesures
«  nécessaires  pour  assurer  une  fréquentation  régulière  des  écoles.
«  §  3.  Les  enfants  de  tout  habitant  du  pays  sont  tenus  de  fréquenter  les  écoles
«primaires  pendant  la  période  obligatoire,  à  moins  qu’ils  ne  suivent  les  cours
«d’un  établissement  d’enseignement  plus  élevé,  ou  qu’ils  ne  reçoivent,  par  l’en-«seignement
  privé,  (  instruction  voulue.  L’autorité  spirituelle  de  leur  confession
«peut  accorder  une  dispense.
«  §  4.  L’âge  011  la  fréquentation  de  l’école  commence  à  être  obligatoire  est
«  celui  de  six  ans.
«§  5.  Cette  période  obligatoire  finit  à  l’âge  prescrit  dans  les  différentes  pro-«
  A  inces  du  royaume,  et  pour  les  différentes  confessions.  '
«Là  où  il  n’y  a  pas  de  prescriptions  établies  à  ce  sujet,  notre  ministre  de
«  l’instruction  publique  et  des  cultes  pourra  les  établir.
«S  ().  L’instruction  privée  ne  dispense  de  la  fréquentation  des  écoles  pri-«
  maires  que  dans  le  cas  où  elle  comprend  toutes  les  matières  enseignées  dans  ces
«  dernières,  et  où  la  capacité  de  l’instituteur  est  reconnue  par  les  autorités  pré-«
  posées  à  la  surveillance  des  écoles  primaires.  »
On  compte,  dans  ce  royaume  36oo  écoles  primaires  pour  une  population
de  1910000  habitants,  ou  environ  une  école  pour  5oo  habitants.
        <pb n="46" />
        Le  nombre  des  entants  astreints  à  acquérir  l’enseignement  primaire  est  de
3i5ooo.  Le  nombre  des  élèves  présents  est  de  296000,  ou  96  sur  100  enfants ­
  inscrits,  le  reste  reçoit  l’enseignement  dans  les  familles  ou  dans  des  écoles
privées  fort  nombreuses.
La  Ici  sur  fobligation  de  l’enseignement  est  maintenue  avec  beaucoup  de
sévérité,  et  l’on  trouve  à  peine  quelques  jeunes  gens  dépourvus  de  l’instruction
élémentaire.

ÉCOLE  DE  PERFECTIONNEMENT  POUR  LES  APPRENTIS.

Les  corporations  existent  encore  dans  ce  royaume,  quoique  leurs  attributions ­
  soient  assez  restreintes.  Un  apprenti  ne  peut  passer  compagnon  dans  sa
profession  qu’avec  l’approbation  d’une  commission  de  membres  de  la  corpo-'
ration,  présidée  par  un  délégué  ou  membre  du  conseil  municipal.
Parmi  les  conditions  imposées  aux  apprentis  se  trouve  celle  d’avoir  suivi  avec
fruit  les  cours  donnés  le  soir  et  principalement  le  dimanche,  pendant  l’hiver,
dans  les  écoles  instituées  à  cet  effet  aux  frais  des  villes.
On  continue,  dans  ces  écoles,  l’étude  de  la  lecture,  de  l’écriture,  de  la
langue  allemande,  du  calcul,  et  l’on  s’occupe  principalement  du  dessin  d’ornement, ­
  auquel  on  joint  un  peu  de  dessin  linéaire  et  de  géométrie.
Le  nombre  de  ces  écoles  était,  en  1  863,  de  3y  dans  le  royaume,  et  elles
étaient  suivies  par  près  de  5ooo  élèves  ou  apprentis.
Le  tableau  ci  joint  en  donne  la  situation.

Tableau  relatif  aux  (  gewerbeschulen)  écoles  de  perfectionnement  du  Hanovre.

NUMERO.

ECOLES
DF.

Alfeld
Bremenvordc.
Celle
Clausthal  .  .  .
Diepholz
Duderstadt..  .
Einbeck
Emden

A  reporter.

NOMBRE
de
PROFESSEURS.

34

NOMBRE
D’ÉLÈVES.

59
48
155
219
46
64
1  12
156

859

COMPAGNONS
et
APPRENTIS.

48
48
155
198
38
64
105
129

785
        <pb n="47" />
        6

/Il

NUMERO.

y
10
1  1
12
13
J  4
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31
32
33
34
35
36
37

ECOLES
DK

Esens
Geestemünde
Gifliom
Gottingen  .  .  .
Hameln
Ilarbourg.  .  .
Herzberg..  ..
Hildesheim.  .
Lauterberg  ..
Leer
Lemforden  .  .
Lingen
Lunebourg.  .
Meppen  .  .  .  .
Münden
Moringen...  .
Nienburg..  .  .
Norden
Northeim  .  .  .
Osterode.  .  .  .
Osnabrück.  .
Peine
Sol  tau
Stade
Uelzen
Usla

lar
Verden  ...
Wittingen.
Weener...

Report.

Totaux

NOMBRE
de
PROFESSEURS.

34
6
3
2
10
6
5
7
4
3
7
2
3
10
3
4
3
6
4
5
5
I  i
4
1
3
5
2
5
3
4

170

NOMBRE
D’ÉLÈVES.

859
50
51
69
328
214
67
68
168
91
179
27
68
232
57
89
40
101
09
68
85.
429
157
39
82
90
108
26
75
61

4077

COMPAGNONS
et
APPRENTIS.

785
47
47
69
316
198
67
67
168
90
170
22
65
227
50
83
40
97
98
67
83
331
157
38
74
90
78
22
64
53

3763

ÉCOLE  INDUSTRIELLE  DE  LA  VILLE  DE  HANOVRE.
Outre  les  écoles  de  province,  il  en  existe  dans  la  capitale  une  très-importante, ­
  qui,  dans  l’année  scolaire  i  863-ï  866,  ne  comptait  pas  moins  de  88  i
élèves,  dont  6o8  fréquentaient  l’école  proprement  dite,  s36  l’école  préparatoire
et  3  g  les  deux  écoles.
Les  classes  de  dessin  de  l’école  préparatoire  y  étaient  suivies  par  33y  élèves,
et  celle  de  l’école  proprement  dite  par  336.
        <pb n="48" />
        Dans  l’école  proprement  dite,  les  élèves  étaient  répartis  ainsi  qu’il  suit  :

Dessin  à  main  levée,  3°  division  102
Dessin  spécial,  4  e  division  149
Dessin  linéaire,  d’architecture,  modelage,  2 e  division  67
Bosse  26
ToTAf,  344

ÉCOLE  D’APPRENTISSAGE.
11  n’y  a,  dans  le  royaume,  qu’une  seule  école  d’apprentissage  destinée  au
tissage.  Elle  a  peu  d’importance.
sociétés  d’ouvriers.
11  existait  dans  le  royaume  de  Hanovre,  en  1862-1863,  dix-neul  sociétés
d’ouvriers,  presque  entièrement  composées  de  compagnons.  Une  grande  partie
des  maîtres  et  des  chefs  d’ateliers  n’y  étaient  pas  associés.
Ces  sociétés  ont  une  organisation  analogue  à  celles  de  la  ville  de  Hanovre,
que  nous  allons  faire  connaître.  Le  nombre  total  de  leurs  membres  était  d’environ ­
  2876  avec  2io  membres  honoraires.
Leurs  bibliothèques  contenaient  plus  de  6000  ouvrages  divers
La  ville  de  Hanovre  compte  trois  sociétés  de  ce  genre  :
La  première  pour  les  apprentis;
La  deuxième  pour  les  ouvriers;
La  troisième  pour  les  patrons  et  chefs  d’ateliers.
Cette  dernière,  dont  font  partie  quelques  professeurs,  qui  y  donnent  des  cours,
se  réunit  dans  la  salle  d  assemblée  et  de  fêtes  commune  au  gymnase  et  à
l’école  réelle,  on  y  traite  exclusivement,  dans  les  séances  qui  ont  lieu  le  lundi
soir,  des  questions  industrielles.
La  société  des  apprentis  est  instituée  sous  un  patronage  spécial  et  surveillée
avec  soin;  elle  compte  300  membres.
La  société  des  ouvriers  est  composée  presque  exclusivement  d’aides  et  de
compagnons.  Les  maîtres  et  les  chefs  d’ateliers  qui  occupent  beaucoup  de
monde  prennent  rarement  part  à  ces  réunions.  Elle  compte,  à  Hanovre  seulement, ­
  900  membres,  et  se  réunit,  dans  un  local  quelle  a  loué,  tous  les  soirs
de  y  à  10  heures  1/2,  le  lundi  depuis  4  heures  jusqu’à  10  heures  1/2,  elles
dimanches  ou  fêtes  dans  la  journée,  jusqu’à  1  1  heures  du  soir.
Fondée  le  2  3  août  1845,  sous  le  titre  de  Société  de  lecture,  elle  se  constitua,  le
i"  avril  i848,  en  société  générale,  et  les  statuts  quelle  se  donna  à  cette  époque,
et  quila  régissent  encore,  portent  l’empreinte  des  aspirations  de  l’époque.
        <pb n="49" />
        —  43  —
D’après  ces  statuts  elle  a  pour  but  :
i°  La  culture  intellectuelle  et  industrielle  de  ses  membres,  au  moyen  d’une
bibliothèque,  de  journaux  et  de  conférences;
2°  De  représenter  les  intérêts  des  ouvriers,  et  de  chercher  à  entretenir  des
relations  avec  les  sociétés  analogues  en  Hanovre,  en  s’abstenant  de  s’occuper
de  politique.
Les  conditions  d’admission  sont  :
D  être  âgé  de  dix-sept  ans  et  sorti  d’apprentissage,  d’avoir  une  condition
honorable  et  une  bonne  réputation.
En  formant  sa  demande  ,  le  candidat  doit  verser  7,5  silbergros  ou  90  centimes.
Son  nom  est  inscrit  sur  un  tableau  spécial  exposé  pendant  quatorze  jours  dans
la  salle  des  réunions,  et  il  est  admis  s’il  n’y  a  pas  eu  d’opposition.
Outre  ses  membres  titulaires,  la  société  a  aussi  des  membres  honoraires,
quelle  choisit  parmi  les  personnes  ou  les  hommes  de  science,  qui  ont  rendu
des  services  à  l’industrie.
La  rétribution  mensuelle  des  membres  est  de  5  silbergros  ou  60  centimes.
Elle  doit  être  payée  exactement,  excepté  en  cas  de  maladie,  sous  peine  de  radiation ­
  avec  affiche  du  nom.
La  société  est  gouvernée  par  un  comité  composé  de  dix  membres,  tous  élus
en  assemblée  générale  et  obligés  d’accepter.  Elle  a,  en  outre,  une  commission
littéraire,  une  commission  des  fêtes  et  une  commission  d’approvisionnements,
qui  achète  en  gros  et  livre  en  détail  aux  sociétaires  et  au  comptant,  les  denrées ­
  qui  leur  sont  nécessaires,  il  y  a  aussi  une  commission  de  comptabilité,
une  commission  d’arbitrage  et  de  poursuites  judiciaires'pour  défendre  les
droits  des  membres.
Les  sujets  des  lectures  et  des  conférences  sont  déterminés  par  un  comité
d’enseignement,  dans  lequel  se  trouve  un  certain  nombre  de  professeurs.
La  commission  d’arbitrage  reçoit  les  plaintes  des  membres  et  cherche  à
concilier  les  parties.  Elle  est  composée  de  douze  membres  juges  et  de  six  suppléants. ­
  Elle  prononce  des  jugements  et  condamne  à  des  peines  auxquelles  les
membres  doivent  se  soumettre,  sous  peine  d’exclusion  ;  mais  il  y  a  appel  de
ses  décisions  devant  1  assemblée  générale.
La  société  a  une  bibliothèque  de  2000  volumes  et  une  salle  de  lecture
éclairée  le  soir.  Elle  prête  des  livres  à  ses  membres  avec  la  garantie  d’un  dépôt
de  20  silbergros  ou  2  fr.  5o  cent,  et  1  adresse  de  1  emprunteur,
Nous  avons  assisté  à  une  séance  à  laquelle  il  y  avait  plus  de  cent  membres
presents  dans  la  salle  des  conferences  et  l’on  y  a  traité  la  question  de  l’utilité
du  tour  d  Allemagne  pour  les  compagnons.  Deux  membres,  simples  ouvriers,  y
Ö  .
        <pb n="50" />
        ont  pris  la  parole:  l’un  a  soutenu  l’utilité  de  ces  tournées  au  point  de  vue  industriel, ­
  l’autre  l’a  combattue  au  point  de  vue  moral.
Ces  discussions  s’appellent  des  exercices  de  paroles  et  ne  sont  guère  eu
réalité  autre  chose;  mais  J’on  doit  se  demander  précisément  s’il  est  utile,  pour
des  ouvriers,  de  s  habituer  à  manier  la  parole,  quand  ils  ne  peuvent  y  joindre
des  connaissances  suffisamment  approfondies  sur  les  sujets  qu’ils  traitent.  Si
ces  exercices  ne  portaient  jamais  que  sur  des  questions  techniques  ou  de  métier, ­
  il  est  certain  que  des  ouvriers  habiles,  pouvant  bien  expliquer  les  procédés ­
  et  les  difficultés  d’exécution,  rendraient  des  services;  mais,  hors  de  là,
il  est  très-dangereux  que  des  ouvriers  s’habituent  à  se  poser  en  orateurs;  nous
savons  en  France  à  quoi  nous  en  tenir.
Outre  la  salle  des  conférences,  il  y  en  a  une  pour  fumer  et  se  rafraîchir,
pour  lire  les  journaux  et  plusieurs  autres  pour  les  cours  donnés,  par  des  professeurs ­
  payés,  aux  ouvriers  qui  désirent  les  suivre.
Pour  que  les  leçons  soient  données,  il  faut  qu’il  s’y  présente  un  nombre
minimum  d’auditeurs,  qui  est  de  :
8  pour  les  leçons  de  français,  de  modelage,  de  sculpture  sur  bois;
6  pour  les  leçons  d’anglais,  d’allemand,  de  mathématiques  et  de  tenue  des
livres;
i  2  pour  les  leçons  de  dessin  linéaire  ou  à  main  levée  et  de  calligraphie.
Chaque  membre  qui  s’est  fait  inscrire  dépose  pour  caution  de  son  exactitude ­
  5  silbergros  ou  fio  centimes,  et  chaque  fois  qu’il  manque  sans  excuse
valable,  on  lui  retient  i  centime.
Les  matières  enseignées  dans  les  cours,  la  durée  des  séances,  le  nombre
des  auditeurs  en  i  863  ,  étaient  :

MATIERES
DE  L’ENSEIOEMEXT.

Dessin  d’ornement..  .
Dessin  technique.  .  .  .
Dessin  linéaire  .....
Langue  allemande.  .  .
Chaut
Calcul
Ecriture

A  reporter

NOMBRE
D'HEURES

NOMBRE

D’ELEVES.

80
94
70
75
60
70
70

519

MATIERES
DE  L’EXSEIGSEMEST.

Report
Mathématiques
Français
Anglais
Coupe  des  habits
Modelage  et  sculpture  sur  hois.
Gymnastique

Total

NOMBRE
D'HEURES
semaine.

NOMBRE
d'élèves.

5  J  9
30
60
60
30
15
100

784
        <pb n="51" />
        —  ¿i5  —
La  société  cie  Hanovre  a  un  budget  de  i3oo  thalers  ou  /1870  trancs,  cjui
est  administré  avec  soin  par  un  comité  spécial;  elle  compte  900  membies
Le  nombre  actuel  de  ces  sociétés  d  ouvriers  est  aujourd  bui  d  environ  2  0  dans
le  royaume  de  Hanovre  seulement;  celui  de  leurs  membres  est  estime  a  Gooo.
Le  défaut  grave  et  le  danger  de  ces  associations  est  dans  1  affiliation  qui  les
réunit  et  qui,  dans  des  circonstances  difficiles,  peut  permettre  à  des  meneurs
audacieux  de  disposer  d’un  grand  nombre  d  hommes  faciles  à  entraîner  et  à
passionner.
L’on  doit  cependant  reconnaître,  d’après  le  tableau  précédent  de  la  nature
des  cours  et  du  nombre  des  auditeurs,  que  des  institutions  semblables  peuvent
être  utiles,  mais  il  faut  leur  donner  une  autre  organisation,  dont  nous  trouverons ­
  un  bon  modèle  dans  les  cours  du  soir  et  du  dimanche  faits  en  Autriche
aux  ouvriers.

GYMNASES.  ÉCOLES  REELLES.  ÉCOLES  l)E  COMMERCE.
Dans  le  royaume  de  Hanovre  les  gymnases  où  l’on  fait  les  études  littéraires
d  humanités,  qui  conduisent  à  celles  des  universités  et  les  écoles  réelles,  ou
renseignement  est  aussi  littéraire,  mais  moins  étendu,  comme  nous  le  ferons
voir  plus  loin,  sont  habituellement  établis  dans  le  même  bâtiment,  mais  cependant ­
  complètement  séparés  et  avec  des  professeurs  distincts.
il  y  a  ainsi  dans  le  royaume,  dix-sept  gymnases  et  dix-sept  écoles  réelles,  plus
ou  moins  complètes  quant  aux  classes.  Nous  ne  parlerons  ici  que  de  l’école  réelle
de  la  ville  de  Hanovre,  l’une  des  mieux  organisées  que  nous  ayons  visitées.
ÉCOLE  RÉELLE  DE  HANOVRE.
Sous  ce  titre,  il  existe  dans  la  ville  de  Hanovre,  depuis  i835,  un  établissement ­
  d’enseignement  spécialement  destiné  aux  jeunes  gens  que  leurs
parents  veulent  diriger  vers  le  commerce  ou  l’industrie.
A  son  origine,  cette  école  devait  joindre  aux  études  littéraires  et  scientililiques
  élémentaires  des  leçons  plus  spécialement  relatives  au  commerce  proprement ­
  dit.  Mais  plus  tard,  suivant  l’exemple  du  gouvernement  prussien,
celui  de  Hanovre  a  écarté  de  l’enseignement  de  cette  école  tout  ce  qui  était
technique  ou  spécial  ;  de  sorte  qu  elle  est  devenue  aujourd’hui  un  établissement ­
  d’études  littéraires  restreintes.
Les  études,  qui  peuvent  comprendre  même  Iinstruction  primaire,  sont
partagées  entre  deux  divisions,  dont  l’une,  appelée  école  préparatoire  (vorschule),
  n’est,  à  vrai  dire,  qu’une  école  primaire,  comprenant  trois  années
        <pb n="52" />
        d’études;  et  Ja  seconde,  qui  constitue  une  école  réelle  proprement  dite,  a  sept
classes  d’une  année.
l^es  enfants  admis  dans  l’école  préparatoire  à  six  ou  sept  ans  ne  sortent  donc
de  l’école  réelle,  quand  ils  y  complètent  leurs  études,  qu’à  seize  ou  dix-sept
ans,  c’est-à-dire  après  dix  années.
L’externat,  qui  chaque  jour  ramène  l’enfant  dans  sa  famille,  rend  cette
durée  dés  études  moins  pénible,  quoiqu’elle  semble  bien  longue  pour  le  buta
atteindre.
Cet  enseignement  est  d’ailleurs  principalement  littéraire  et  n’a  rien  de  technique, ­
  comme  on  peut  s’en  assurer  par  l’examen  du  tableau  suivant  des  matières ­
  traitées  et  du  nombre  d’heures  qui  leur  sont  consacrées  chaque  semaine.

Tableau  du  nombre  d’heures  consacrées  aux  diverses  matières  de  l’enseignement.

MATIERES  ENSEIGNEES.

Religion
Allemand
Français
Anglais
Latin
Mathématiques
Calcul
Histoire
Géographie
Phénomènes  naturels..  .  .
Chimie  et  minéralogie..  .
Histoire  naturelle
Écriture
Dessin  A  main  levée
Dessin  linéaire
Chant

Totaux

2
(3)

34

2
(3)
(J)

32

ECOLE  REELLE.

3*

2
4
4
4
4
4
2
2
"2

2
2
2
(J)

34

4'

2
4
4
4
4
2
2
2
2
il
2
2
2
h
O)

32

5'

32

6 e

32

7

27

ECOLE
PREPARATOIRE.

8'

26

9

15

TOTAL

10

22
38
25
16
25
18
33
14
13
4
6
12
30
12

274

L’on  voit  par  ce  tableau  qu’après  l’étude  de  la  langue  nationale,  celle  du
français  et  celle  du  latin  occupent  le  plus  de  temps,  celle  de  l’anglais  en  a
beaucoup  moins,  mais  l’analogie  de  cette  langue  avec  le  français,  quant  à  la
grammaire,  et  avec  l’allemand,  quant  aux  mots,  rend  sou  étude  facile  aux
jeunes  gens  qui  savent  déjà  les  deux  autres  langues.
        <pb n="53" />
        Le  mode  d’enseignement  a  beaucoup  d  analogie  avec  la  méthode  mise  en
pratique  à  Paris  avec  succès  par  le  professeur  Roberston,  comme  nous  lavons
déjà  dit  au  sujet  des  écoles  de  Prusse.

Répartition  des  élèves  dans  les  classes.  —  Dans  cette  école,  comme  dans  celles
de  Prusse,  le  nombre  des  élèves  qui  y  continuent  leurs  études  jusqu’à  la  limite
de  l’enseignement,  n’est  qu’une  fraction  de  ceux  qui  les  commencent.
En  1862-63  on  comptait  dans  les  diverses  classes  les  nombres  suivants
d’élèves.

ECOLE  REELLE.

Nombre  d’élèves  16

29

3*

31

4*

39

5*

44

6*

45

7

51

ECOLE
rnÉPARATOIKH.

8 e

52

9

53

43

TOTAL.

403

L’on  voit  par  ce  tableau  que  la  moitié  environ  des  élèves  quittent  l’école  à
la  troisième  classe  et  que  moins  du  tiers  y  terminent  leurs  études.
La  rétribution  scolaire  varie  de  i  8  à  il\  thalers  paran  (67  à  90  francs).
Le  bâtiment  qui  contient  l’école  réelle  renferme  aussi  le  gymnase;  mais  les
deux  établissements  sont  complètement  séparés.  Ils  n’ont  de  commun  qu’une
belle  façade  sur  une  place  publique  et  une  grande  salle  dite  salle  des  fetes.
Cet  édifice,  fort  beau  cl  parfaitement  approprié  à  sa  destination,  a  coûté  à
la  ville  de  Hanovre  a3oooo  thalers  (86-2  5oo  francs).  Les  salles  sont  grandes,
bien  aérées  et  chauffées  par  d’énormes  poêles  en  faïence,  dont  on  pourrait
probablement  utiliser  la  construction  pour  la  ventilation,  en  les  modifiant  convenablement. ­


Les  dépenses  totales  se  sont  élevées  en  1862  à  1  i3âo  thalers.
La  rétribution  scolaire  a  produit  8100
La  ville  supporte  la  différence  3a&amp;amp;5

et  outre  le  bâtiment,  elle  fournit  le  mobilier.
L’école  a  une  bibliothèque  assez  complète,  dont  les  livres  peuvent  être  prêtés
aux  élèves.
Le  mode  d’enseignement  suivi,  et  qui  consiste  surtout  en  interrogations  fréquemment ­
  adressées  en  quelque  sorte  simultanément  à  tous  les  élèves,  tient
leur  attention  en  éveil  et  la  surexcite  fortement.  En  l’employant  convenable-
        <pb n="54" />
        ment,  il  est  très-propre  à  développer  la  mémoire  et  surtout  l’initiative  individuelle ­
  des  enfants.
ÉCOLE  DE  COMMERCE  (»ANDELS  SCHULE).
Dans  les  mêmes  bâtiments  que  l’école  réelle,  la  municipalité  de  la  ville  a
établi  une  école  de  commerce  destinée  à  compléter  l’instruction  des  jeunes  gens
qui  sortent  de  l’école  primaire  et  qui  veulent  entrer  dans  le  commerce  proprement ­
  dit.
Cette  création  a  remplacé  les  cours  de  commerce,  de  tenue  des  livres,  etc.
qui  avaient  été  retranchés  du  programme  de  l’école  réelle.
Les  corporations  existant  encore  en  Hanovre,  celle  des  commerçants,  d’accord
avec  l’autorité  municipale,  désigne  les  jeunes  apprentis  du  commerce  qui  doivent ­
  suivre  les  cours  de  cette  école.  Ces  cours  deviennent  alors  obligatoires
pour  l’élève,  auquel  le  patron  doit  de  son  coté  laisser  la  liberté  nécessaire.
L’établissement  se  compose  d’une  école  préparatoire,  où  l’on  enseigne  l’écriture ­
  et  le  calcul  aux  jeunes  gens  qui  ne  son.  pas  suffisamment  préparés,  et  de
l’école  de  commerce  proprement  dite,  dont  les  études  embrassent  deux  années
ou  quatre  semestres.
Les  matières  enseignées  sont  :
La  correspondance  commerciale,  la  géographie  commerciale,  le  calcul  écrit
et  mental,  la  calligraphie,  le  français  et  l’anglais;  dans  la  première  et  dans  la
deuxième  classe  on  y  ajoute  la  tenue  des  livres,  et  dans  la  troisième  et  la  quatrième ­
  l’art  du  commerce.
En  cas  d’absence  des  élèves,  les  patrons  sont  prévenus  et  doivent  signer  la
feuille  qui  leur  en  donne  avis.  Si  c’est  le  patron  qui  retient  l’élève  on  en  prévient
le  magistrat.
Les  classes  sont  tenues  en  été  de  six  à  huit  heures,  et  en  hiver  de  sept  à  neuf
heures  du  matin.
Les  matières  enseignées  à  l’école  du  commerce  dans  les  deux  heures  de
classe  sont  réparties  comme  il  est  indiqué  au  tableau  suivant.
        <pb n="55" />
        7

—  49

Répartition  des  matières  de  l’enseignement

à  l’école  de  commerce  de  Hanovre

pendant  l’été.

LUNDI.

MARDI.

MERCREDI.

JEUDI.

VENDREDI.

SAMEDI.

Calcul  écrit.
Tenue  des  livres.
Calcul  écrit.

Calligraphie.
Calcul  écrit.

ÉTÉ,  DE  6  HEURES  X  7  HEURES.

4 e ..  Calcul  mental.

Géographie
commerciale.
Correspondance
commerciale
en  allemand.

Tenue  des  livres.
Calcul  écrit.
Calcul  mental.
Anglais.

Calcul  mental.
Calligraphie.
Art  commercial.

Calcul  écrit.
Tenue  des  livres.
Correspondance
commerciale
en  allemand.
Calcul  écrit.

ÉTÉ,  DE  7  HEURES  X  8  HEURES.

Français
et  correspondance
commerciale.
Anglais.

Géographie
commerciale.
Correspondance
commerciale
en  allemand.

Français.
Art  commercial.

Correspondance
commerciale
en  allemand.
Géographie
commerciale.
Calcul  écrit.
Calligraphie.

Tenue  des  livres.
Calcul  écrit.
Anglais.
Français.

Correspondance
commerciale
en  anglais.
Français.

Géographie
commerciale.

Calligraphie.
Calcul  mental.
Art  commercial.

Art.  commercial.

L’introduction  du  calcul  mental  dans  une  école  destinée,  comme  on  le  voit,
à  de  simples  employés  inférieurs  du  commerce  paraît  une  idée  assez  heureuse.
Cette  école  possède  une  petite  bibliothèque,  où  les  élèves  peuvent,  sous  la
garantie  de  leurs  patrons,  emprunter  des  livres.
Tous  les  cours  de  l’enseignement  sont  également  obligatoires,  et  la  rétribution ­
  scolaire  est  de  l\  thalers  (i  5  francs)  par  semestre  à  l’école  préparatoire,  et
de  7  thalers  (26  fr.  25  cent.)  pour  l’école  commerciale  proprement  dite.
Les  élèves  qui  ont  accompli  les  deux  années  complètes  de  cours  sont
admis  à  passer  devant  une  commission  du  commerce  un  examen,  à  la  suite
duquel  il  peut  leur  être  délivré  un  certificat  de  capacité.  Ceux  qui  n  ont  suivi
qu’une  partie  des  classes  inférieures  ne  reçoivent  qu’un  certificat  relatif  à  ces
classes.

École  de  l’industrie  du  bâtiment  (baugewerk  schule)  X  nienburg  (hanovre).
H  existe  dans  cette  ville  une  école  spécialement  consacrée  à  former  des  ou
vriers  constructeurs  capables,  et  des  maîtres  habiles  pour  l’industrie  du  bâtiment.
L  enseignement  n’y  est  donné  que  pendant  l’hiver,  du  2  1  octobre  jusqu’à  la
fin  de  la  dernière  semaine  du  mois  de  mars.  Il  est  divisé  en  trois  classes.
        <pb n="56" />
        50

|ï  i

3 e  CLASSE,  (classe  inférieure.)
Langue  allemande.  —  Orthographe,  petites  compositions
Calcul  et  algèbre  jusqu’aux  proportions,  et  extractions  des  racines,  équations
du  1 er  degré
Géométrie  plane.—  Égalité  et  similitude  des  triangles,  calcul  des  aires
Dessin  linéaire  et  géométrie  descriptive.—  Assemblages,  toitures,  appareils.  .  .  .
Physique.—Notions  générales
Dessin  d’architecture
Dessin  à  main  levée  et  d’ornement

Total
2 e  CLASSE.
Langue  allemande.  —  Syntaxe,  ponctuation,  lettres  d’affaires
Algèbre.  —  Elévation  aux  puissances,  extraction  de  racines,  équations
Géométrie  plane  et  dans  l’espace.—  Similitude,  polygones,  cercle,  plan,  cuba  lures.
Géométrie  descriptive.  —  Assemblage  de  toitures,  voûtes,  escaliers,  appareils
composés,  pièces  de.machines,  ombres,  perspective
Physique  technique.  —  Forces,  effets,  centre  de  gravité,  machines  simples
Notions  sur  les  constructions  pour  les  tailleurs  de  pierre,  les  maçons,  les  charpentiers, ­
  les  couvreurs,  avec  dessins  de  plans,  coupes,  élévations,  ordres,
entablements,  détails
Notions  sur  les  matériaux  de  construction.  (Collection.)
Dessin  d’ornement  d’après  les  modèles
Modelage  en  argile  ou  plâtre,  en  bois  ou  en  pierre  .
Total
r  CLASSE.
Langue  allemande  —Compositions  écrites  et  orales
Tenue  des  livres  industriels
Algèbre,  géométrie  plane  et  dans  l’espace.  (Répétitions  et  exercices.)
Géométrie  pratique.  —  Lever  de  terrains,  de  routes,  de  parties  de  villes,  nivellement, ­
  dessin  de  plans
Physique  technique.  —  Machines  employées  dans  les  constructions,  résistances,
pression  de  l’eau,  machines  élévatoires.  Du  mouvement.  Mécanique  relative
aux  constructions
Cours  de  constructions.  —  Construction  des  bâtiments.  Elude  des  terrains.  Fondations. ­
  Établissement  de  projets  complets  avec  devis.  Dessin  de  construction. ­
  Police  des  constructions
Dessin  d’ornement
Modelage  en  plâtre  et  argile,  en  pierre  et  en  bois
Total

NOMBRE
D’HEURES
par  semaine.
8
9
7
i5
4
5
1  2
6o

4
6
4
8
4

2  J
3
6
4
6o

2
2
4
4

6

3o
6
6  à  i2
6o  à  66
        <pb n="57" />
        7-

—  51  —
Cette  école  avait,  en  i  8fi3~i  86/i,  i  k  professeurs  et  ig5  élèves,  dont:
89  maçons;
87  menuisiers;
2  couvreurs;
9  constructeurs  de  moulins  et  de  machines;
7  ébénistes;
1  serrurier.
La  majorité  des  élèves  avait  de  17  à  a5  ans,  le  plus  jeune  avait  i5  ans,  et
le  plus  âgé  87.
ÉCOLE  POLYTECHNIQUE.
Cet  établissement,  fondé  le  a  mars  i83i,  sous  le  nom  d'École  supérieure
industrielle,  sous  la  direction  de  M.  le  docteur  Karmarsh,  qui  en  est  encore  le
chef,  n’a  pris  qu’en  18/18  le  titre  d'Ecole  polytechnique.
Son  organisation  présente  une  assez  grande  analogie  avec  celle  des  universités, ­
  en  ce  que,  bien  quelle  prépare  les  élèves  à  des  destinations  spéciales  et
techniques,  elle  leur  laisse,  pour  le  choix  des  cours  à  suivre,  une  latitude  notablement ­
  plus  grande  que  quelques  autres  écoles  semblables,  et  en  ce  qu’elle
admet  des  auditeurs  libres,  sans  destination  particulière,  et  même  des  élèves
pour  les  cours  de  dessin  seulement,  outre  ceux  qui  se  destinent  à  des  branches
spéciales  d’industrie.
Les  subdivisions  principales  de  l’enseignement  sont  réglées  en  vue  de  donner
les  connaissances  nécessaires  :
i°  Aux  chimistes  industriels;
2 0  Aux  agriculteurs;
o°  Aux  géomètres  du  cadastre  et  autres;
Zi°  Aux  mécaniciens  et  aux  constructeurs  de  machines;
5°  Aux  architectes;
6°  Aux  ingénieurs  hydrauliciens,  ainsi  qu’à  ceux  des  routes  ordinaires  et  des
chemins  de  fer.
Les  programmes  de  l’enseignement  indiquent,  pour  chacune  de  ces  spécialités, ­
  quels  sont  les  cours  que  les  élèves  sont  invités  à  suivre,  et  une  fois  qu’ils
ont  fait  leur  choix,  ces  cours  deviennent  obligatoires.
Afin  que  les  cours  spéciaux  soient  suivis  avec  fruit,  les  élèves  doivent  faire,
preuve  de  certaines  connaissances,  ou  s’y  préparer  dans  des  cours  qui  const  i
tuent  ce  que  l’on  nomme  l’école  préparatoire.
Nous  allons  faire  connaître  les  détails  de  1  enseignement  réglé  d’après  ces
bases  générales.
        <pb n="58" />
        Pour  être  admis  à  se  faire  inscrire  comme  élève  de  l’école  préparatoire,  il
faut  avoir  16  ans,  et  pour  l’école  supérieure  ou  pour  les  divisions  spéciales,
i  7  ans.
Les  connaissances  exigées  pour  l’école  préparatoire  sont  celles  de  la  langue
allemande  et  l’habitude  de  la  rédaction,  l’usage  du  calcul  décimal,  des  règles
de  trois  et  des  proportions,  les  éléments  de  calcul  algébrique,  la  géométrie
plane,  des  notions  générales  de  géographie  et  d’histoire.
Quant  aux  cours  spéciaux  de  l'école  supérieure,  il  faut,  pour  y  être  admis,
posséder  les  connaissances  enseignées  à  l’école  préparatoire,  et  dont  nous  donnerons ­
  plus  loin  le  détail.
Cependant  les  élèves  qui  ne  se  destinent  qu’aux  cours  d’histoire  naturelle  ne
sont  pas  obligés  de  subir  un  examen  sérieux  sur  les  mathématiques.
Enfin  on  n’exige  aucun  examen  des  élèves  qui  ne  se  proposent  de  suivre  que
les  leçons  de  dessin  et  de  modelage.
ENSEIGNEMENT  DE  L’ECOLE  PREPARATOIRE.
i°  Mathématiques  élémentaires,  algèbre  jusqu’aux  équations  du  troisième
et  du  quatrième  degré.  Logarithmes.  Calcul  des  fonctions  convergentes  et  divergentes. ­
  Théorie  des  équations  supérieures.  Calcul  des  probabilités.  Géométrie,
des  courbes,  stéréométrie,  corps  réguliers  et  irréguliers.  Trigonométrie  plane
et  sphérique,  géométrie  analytique.
2°  Éléments  de  géologie  et  de  botanique  enseignés  d’après  la  vue  des  objets
réels;  excursions.
3°  Minéralogie.  Eléments.
.  Dessin  à  main  levée,  en  trois  divisions,  1,2,  3,  d’après  des  modèles
gradués  divers.
5°  Dessin  linéaire,  constructions  à  l'échelle.  Eléments  de  géométrie  descriptive. ­

Observations.  —  L’enseignement  de  l’algèbre  nous  semble  plus  développé
qu’il  n’est  nécessaire  pour  les  besoins  des  spécialités  techniques  de  l’institut,  et
nous  ne  voyons  pas  de  quelle  utilité  peut  être  pour  les  élèves  le  calcul  des  probabilités. ­


ENSEIGNEMENT  DE  L’ECOLE  SUPERIEURE.
1.  Mathématiques  transcendantes.  —  Premier  cours,  cinq  heures  par  semaine.
Géométrie  analytique  dans  l’espace.  Calcul  différentiel  et  intégral  et  application ­
  à  la  géométrie  analytique.
        <pb n="59" />
        Deuxième  cours,  cinq  heures  par  semaine  T.
Continuation  des  applications  du  calcul  différentiel  et  intégral.  Integration
des  équations,  méthode  des  moindres  carrés.  Calcul  des  variations.
Observation.  —  Cet  enseignement  de  mathématiques  transcendantes  nous
semble  également  trop  développé.  Des  notions  sur  le  calcul  différentiel,  sur  le
calcul  intégral  avec  des  applications  simples  à  la  géométrie  et  aux  principales
courbes  seraient  suffisantes.
11.  Géométrie  descriptive.  —  Théorie  des  ombres  et  perspective,  dix  heures
par  semaine.
fil.  Géométrie  pratique.  —  Levé  des  plans,  géodésie,  représentations  topographiques, ­
  et  opérations  sur  le  terrain,  dix  heures  par  semaine.
IV.  Mécanique.—  Premier  cours,  cinq  heures  par  semaine  et  trois  heures
de  répétitions.
Principes  généraux,  propriétés  des  corps  et  notions  sur  la  construction  des
machines.
(Cette  partie  n’exige  que  la  connaissance  des  mathématiques  élémentaires.)
V.  Mécanique  supérieure.  —  Deuxième  cours,  cinq  heures  d’études  et  deux
heures  de  répétitions.
i°  Mécanique  analytique,  théories  générales,
2°  Mécanique  de  l’ingénieur,  élasticité  et  résistance  des  matériaux,  charpentes, ­
  ponts  en  tôle  ou  en  treillis,  ponts  suspendus,  calculs,  théorie  générale
des  courbes.
Préparation  nécessaire  :  cours  de  mathématiques  transcendantes,  premiei
cours  de  mécanique.
VI.  (Construction  des  machines.  —  Cinq  heures  d’études,  huit  heures  de
dessin.
Revue  des  principaux  résultats  sur  la  résistance  des  matériaux,  construction
des  cléments  de  machines,  volants,  régulateurs  divers,  machines  élévatoires,
presses,  pompes,  etc.
Préparation  nécessaire;  deuxième  cours  de  géométrie  descriptive;  premier
cours  de  mécanique.
VII.  Etude  des  machines.  —  Premier  cours,  cinq  heures  par  semaine.
Ce  deuxième  cours  de  mathématiques  supérieures  a  cessé  en  &amp;gt;864  d’être  obligatoires, ­
  il  est  devenu  seulement  facultatif.
        <pb n="60" />
        —  54  —
Machines  à  mesurer,  à  calculer  et  à  compter.  Moulins,  machines  d'agriculture. ­

VIII.  Elude  des  machines  motrices  et  autres.—  Deuxième  cours,  cinq  heures
par  semaine.
i re  partie.  Théorie  de  l’hydraulique,  théorie  des  moteurs  hydrauliques,  machines ­
  à  vapeur,  machines  à  élever  l’eau  et  les  fardeaux,  machines  soufflantes,
marteaux-pilons.
°- 0  partie.  Pratique.  Cinq  heures  de  leçons,  huit  heures  d’études  de  projets
par  semaine.
Projets  de  machines  à  vapeur,  de  roues  hydrauliques,  de  pompes,  de  machines ­
  soufflantes.
IX.  Construction.  —  Premier  cours  :
i°  Détails  et  matériaux  de  constructions.  Quatre  heures  de  leçons,  huit
heures  de  dessin  par  semaine.
Détails  des  travaux  de  maçonnerie,  de  charpente,  constructions  en  fer,  fondations ­
  ,  matériaux.
2°  Ornements.  Trois  heures  par  semaine.
Application  aux  divers  matériaux.
Préparation  nécessaire  •  Deuxième  cours  de  géométrie  descriptive;  premier
cours  de  mécanique.
(Les  praticiens  sont  dispensés  de  cette  préparation,  pourvu  que  leurs  connaissances ­
  soient  suffisantes.)
Deuxième  cours  de  constructions  :
i°  Construction  de  bâtiments.  Deux  heures  de  cours,  trois  heures  de  dessin ­
  par  semaine.
Disposition  d’escaliers,  appareils  de  chauffage  et  de  ventilation,  travaux  de
menuiserie,  de  serrurerie  et  de  couverture.
2°  Elude  des  formes  d’architecture  et  de  perspective.  Trois  heures  de  cours,
quatre  heures  de  dessin.
Fragments  d’histoire  de  l’art,  formes  grecques,  romaines,  des  temps  primitifs ­
  de  l’ère  chrétienne,  romanes,  gothiques.
3°  Ornementation.  Une  heure  de  cours,  trois  heures  de  dessin.
Ornementation  antique,  des  premiers  temps  de  1ère  chrétienne,  du  moyen
âge.
Projets  et  dessins  d’après  des  modèles  en  plâtre.
k°  Projets  d’édifices  simples,  publics  et  privés.  Quatre  heures  par  semaine.
Projets  d’après  un  programme  donné.
        <pb n="61" />
        55

Préparation  exigée  :
Avoir  suivi  au  moins  la  première  classe  du  premier  cours  de  construction.
Troisième  cours  de  constructions  :
i°  Projets  d’édifices  publics  et  privés.  Deux  heures  de  cours,  sept  heures
d’études,  plus  sept  heures  de  dessin.  Etudes  complètes  de  constructions,  anciennes, ­
  du  moyen  âge  et  modernes;  projets  d’après  un  programme  donné;
étude  de  projets  avec  tous  les  détails  nécessaires.
2°  Cours,  quatre  heures,  trois  heures  de  dessin.  Disposition  et  établissement
des  édifices,  devis,  plans  pour  la  mise  à  exécution,  contrats,  métrage,  avec  des
croquis  de  plans  de  constructions  à  l’appui.
d°  Ornementation,  trois  heures  d’études.  Projets  de  détail  d’ornementation
appliqués  aux  projets  architectoniques,  sujets  de  détails  intérieurs,  meubles,  etc.
d’après  un  programme.
Préparation  exigée  :  avoir  suivi  avec  succès  la  deuxième  classe  du  deuxième
cours.
!\°  Histoire  de  l’architecture,  six  heures  par  semaine.  Antiquités  allemandes,
monuments  d’Amérique,  d’Asie.  d’Egypte,  de  Nubie.  Architecture  grecque,
étrusque  et  romaine,  byzantine,  mahométane,  romane,  gothique,  renaissance
et  style  rococo,  avec  étude  de  la  plastique  et  de  la  peinture.
Ee  cours  d’histoire  de  l’architecture  appartient  au  troisième  cours  de  construction ­
  ,  mais  il  est  également  ouvert  aux  élèves  du  deuxième  cours  et  à  toutes
les  personnes  aptes  à  en  profiter.
X.  Chaussées  et  chemins  de  fer.  —Cours,  quatre  et  six  heures  par  semaine
après  Pâques.  Dessin  ,  six  heures.
i°  Chaussées.  Nature  du  terrain,  voitures,  travail  des  bêtes  de  somme.  Projets ­
  de  route,  alignements,  profils  en  long  et  en  travers,  construction  des  routes,
distribution  en  largeur,  consolidation  de  la  voie,  ponts  et  passages,  murs  de
soutènement,  accotements,  devis  et  exécution,  principes  pour  l’entretien,  excursions. ­

2°  Chemins  de  fer.  Historique,  aperçu  sur  la  force  motrice,  recherche  et
tracé  de  la  ligne,  travail  spécial  des  projets  et  exécution  des  voies  ferrées,  acquisition ­
  des  terrains,  terrassements  ,  méthodes  et  appareils  de  transport,  construction ­
  de  la  partie  supérieure.  Matériel,  ustensiles,  fournitures,  croisements,
signaux,  barrières,  clôtures.  Ponts  en  tôle,  en  treillis  ou  ouvrages  spéciaux,
calcul  et  devis  des  ponts,  gares  et  dépendances,  édifices  en  dehors  des  gares,
exécution  des  constructions,  estimation  des  dépenses,  construction  de  tunnels ­
  ,  excursions.
        <pb n="62" />
        Préparation  exigée  :  les  cours  de  construction  de  machines,  le  deuxième
cours  de  constructions,  les  mathématiques  supérieures  et  la  mécanique  supérieure. ­

XI.  Ponts  et  constructions  hydrauliques.  —  Cours,  huit  heures  et  après  Pâques,
six  heures.  Dessin,  six  heures  par  semaine.
i°  Constructions  de  ponts.  Fondations,  constructions  riveraines;  du  but  des
ponts  en  général,  ponts  en  pierre,  en  bois,  en  fer,  ponts  suspendus,  ponts  mobiles. ­
  Excursions.
2°  Constructions  hydrauliques.  Sources,  cours  d'eau,  réunion  et  écoulement
des  eaux  à  la  surface  de  la  terre,  purification  et  conduite  des  eaux;  dispositions
pour  les  retenir.  Digues  et  chenaux,  dispositions  pour  assécher  et  irriguer  sur
une  échelle  plus  ou  moins  grande.  Canaux  de  navigation,  construction  de  canaux ­
  et  d’écluses;  fleuves  et  torrents,  étangs,  constructions  maritimes,  ports.
Excursions.
Préparation  exigée  :  cours  de  construction  de  machines,  le  deuxième  cours
de  constructions,  les  mathématiques  et  la  mécanique  supérieures.
XII.  Géognosie,  trois  heures  par  semaine.  Pétrographie,  paléontologie,  orographie ­
  avec  les  principes  de  la  géologie.
Préparation  exigée  :  la  zoologie,  la  botanique  et  la  minéralogie.
XIII.  Physique  pure,  cinq  heures  par  semaine.  Pesanteur,  état  d’agrégation,
acoustique,  optique,  chaleur,  électricité  par  frottement,  magnétisme,  électricité ­
  par  contact.  Expériences  de  physique.
La  condition  de  la  participation  à  ces  expériences  est  de  suivre  ou  d’avoir
suivi  le  cours  de  physique  pure.
XIV.  Physique  technique,  trois  heures  par  semaine.  Application  de  la  chaleur ­
  au  chauffage,  dispositions  pour  l’éclairage,  instruments  d’optique,  télégraphie ­
  électrique.
XV.  Chimie  pure,  cinq  heures  par  semaine.  Chimie  minérale  et  organique.
XVI.  Chimie  technique,  cinq  heures  par  semaine.  Appareils  pour  des  opérations ­
  chimiques  sur  des  matières  minérales  et  organiques  en  grand.
Préparation  exigée  :  les  connaissances  enseignées  dans  le  cours  de  chimie
pure.
XVII.  Chimie  pratique,  vingt-trois  heures  de  manipulation.  Comme  préparation ­
  aux  manipulations  il  y  a  un  cours  de  chimie  analytique  (trois  heures).
Pour  l’admission  aux  manipulations,  on  exige  les  connaissances  nécessaires  en
        <pb n="63" />
        s

chimie  théorique  et  la  fréquentation  antérieure  ou  simultanée  du  cours  de  chimie ­
  analytique.
Les  élèves  que  leurs  autres  études  empêchent  d’assister  à  toutes  les  heures
de  manipulation,  peuvent  être  dispensés  d’un  certain  nombre  de  séances.
XVI11.  Technologie  mécanique,  cinq  heures  de  cours  et  de  répétition.  Travail ­
  des  métaux,  du  bois,  filature,  tissage.
XIX.  .Modelage,  dix  heures.  Imitation  d’ornements,  parties  du  corps  humain
ou  d’animaux,  figures  complètes  en  argile  ou  en  cire.  Modelage  d’après  des  dessins, ­
  moulage  en  plâtre.
XX.  Exécution  des  modèles,  dix  heures.  Modelage  en  bois,  toits,  ponts  en
arc,  escaliers,  modelage  en  plâtre,  voûtes,  arcs  de  diverses  formes,  escaliers
en  pierres.
Préparation  exigée  :  connaître  le  premier  cours  de  construction  ou  avoir
des  connaissances  pratiques.

PLANS  D’ÉTUDES.
Afin  de  rendre  plus  facile  le  choix  des  cours  à  suivre  et  prévenir  beaucoup
de  demandes  de  renseignements  â  ce  sujet,  les  instructions  réglementaires  font
observer  que  l’école  préparatoire  comprend,  dans  le  cours  d’une  année,  les
matières  suivantes  :  zoologie,  botanique,  minéralogie,  mathématiques  élémentaires, ­
  dessin  â  main  levée  et  dessin  linéaire.
On  indique,  pour  la  marche  naturelle  des  études,  à  partir  de  l’école  préparatoire ­
  et  pour  les  spécialités,  les  plans  d’études  suivants  :
CHIMISTES  (CHIMIE  TECHNIQUE).
T*  année.  —  Ecole  préparatoire.
2 e  (uinée.  —  Chimie  pure,  technologie,  physique  pure,  physique  technique,
mécanique.
3 e  année.  —  Géognosie  ou  connaissance  générale  des  machines,  chimie  technique, ­
  travaux  de  chimie  pratique.
U c  année.  —  Manipulations  chimiques.
AGRICULTEURS.
1  e  année.  —  Ecole  préparatoire.
2  année.  —  Chimie  pure,  technologie,  physique  pure,  physique  technique,
mécanique.
        <pb n="64" />
        3 e  année.  —  Connaissance  générale  des  machines,  construction,  premier
cours;  géométrie  pratique  et  levés  de  plans,  ou  bien  manipulations  chimiques,
chimie  technique,  géognosie.
GÉOMÈTRES.
l rc  année.  —  Ecole  préparatoire.
2 e  année.  —  Mathématiques  supérieures,  premier  cours;  physique  pure,
physique  technique;  géométrie  descriptive.
3 e année.  —Géométrie  pratique  avec  levé  de  plans.  Géognosie,  premier  cours.
MÉCANICIENS  ET  CONSTRUCTEURS  DE  MACHINES.
l re  année.  —  Ecole  préparatoire.
2 e  année.  —Mathématiques  supérieures,  premier  cours;  mécanique,  technologie, ­
  géométrie  descriptive,  physique  pure.
3 e  année.  —Connaissance  des  machines,  construction  des  machines,  constructions, ­
  premier  cours;  mécanique  supérieure.
4 e  année.  —  Connaissance  des  machines  spéciales,  mathématiques  supérieures, ­
  deuxième  cours  ;  chimie  pure,  physique  technique.
ARCHITECTES.
l re  année.  —  Ecole  préparatoire.
2 e  année.—  Mathématiques  supérieures,  premier  cours;  technologie,  géométrie ­
  descriptive,  mécanique,  physique  pure.
3 e  année.  —Constructions,  premier  cours,  et  ornementation,  géométrie  pratique ­
  et  dessin  de  levé  de  plans,  connaissance  générale  des  machines,  modelage
et  bosse.
4 e  année.—  Constructions,  deuxième  cours,  et  ornementation,  géognosie,
constructions  de  routes  et  de  chemins  de  fer,  modelage  et  bosse.
5 e  année.  —  Constructions,  troisième  cours,  et  ornementation,  ponts  et
constructions  hydrauliques,  chimie  pure.
GÉNIE  CIVIL,  CHAUSSÉES  ET  CHEMINS  DE  FER.
l re  année.  —  Ecole  préparatoire.
2 e  année.  —  Mathématiques  supérieures,  premier  cours;  technologie,  géométrie ­
  descriptive,  physique  pure,  mécanique.
3 e  année.  —  Mathématiques  supérieures,  deuxième  année;  art  de  construire ­
  ,  premier  cours  ;  géométrie  pratique  et  dessin  de  levé  de  plans,  construction ­
  de  machines.
        <pb n="65" />
        —  59  —
4 e  année.  —  Chaussées  et  chemins  de  1er,  constructions,  deuxieme  cours;
mécanique  supérieure,  géognosie,  physique  technique.
5 e  année.  —  Constructions  de  ponts  et  hydraulique,  art  de  construire,  troisième ­
  cours  ;  machines  spéciales,  chimie  pure.
ÉLÈVES  ET  AUDITEURS.
D’après  des  renseignements  statistiques,  le  recrutement  des  élèves  de  l’école
polytechnique  de  Hanovre  se  fait  dans  les  proportions  suivantes  parmi  les  différentes ­
  catégories  de  jeunes  gens.
Sur  îoo  élèves  admis,  il  en  est  fourni  par  :

Les  gymnases  d’humanités  18,3
Les  écoles  bourgeoises  supérieures,  réelles  ou  professionnelles ­
  ,  les  gymnases  réels,  les  écoles  de  commerce  ou  des
mines  18,g
L’enseignement  privé  21,9
Les  ateliers  et  les  usines  25,6
Les  autres  instituts  polytechniques  4,8
Les  écoles  de  1  industrie  du  bâtiment  3,3
Les  écoles  inférieures  0,6
Les  o(liciers  et  employés  de  l’Etat  4,5
Les  professeurs  2,1

Total  100,0

Les  élèves  de  l’école  supérieure  peuvent  suivre  les  cours  qu’ils  veulent  choisir, ­
  sous  la  réserve  que  les  dispositions  réglementaires  et  la  suite  naturelle  des
études  ne  s’y  opposent  pas.  Tous  les  élèves  sont  tenus  de  frequenter  régulièrement ­
  les  cours,  d  assister  aux  exercices,  dessin,  manipulations,  et  d  observer,
en  général,  les  règlements  de  l’école,  qui  leur  ont  été  notifies  a  leur  admission.
A  la  lin  de  chaque  année,  au  mois  de  juillet,  les  élèves  qui  en  font  la  demande, ­
  et  dont  le  nombre  s’élève  habituellement  aux  deux  tiers  ou  aux  trois
quarts  de  la  totalité,  sont  admis  4  des  examens  sur  1  ensemble  de  1  enseignement ­
  et  sur  leurs  travaux.  On  leur  délivre,  s’il  y  a  lieu,  un  certificat  constatant
leur  fréquentation  et  leur  instruction!  Ces  certificats  sont  de  trois  degres;
dans  certains  cas,  on  y  ajoute  la  mention  avec  distinction,  et  Ion  y  joint  le  don
de  quelques  ouvrages.
Les  personnes  qui  occupent  une  position  indépendante,  ou  qui  ont  Irequente ­
  les  universités,  peuvent  être  admises  comme  auditeurs  libres.
11  n’est  pas  délivré  à  ces  derniers  de  certificats  de  progrès  et  d  application.
        <pb n="66" />
        Ceux  qui  ne  remplissent  pas  les  conditions  susénoncées  peuvent  être  admis
comme  auditeurs  libres,  sur  la  demande  éorite  de  leur  père  ou  de  leur  tuteur,
demande  dans  laquelle  on  doit  spécifier  que  1  impétrant  n’ignore  pas  qu’il  n’a
pas  à  attendre  de  certificat.
Toute  personne  qui  s’est  fait  inscrire  comme  auditeur  libre  peut,  dans  les
trois  premiers  mois  de  l’année  jusqu’au  nouvel  an,  être  admise  comme  élève,
en  faisant  part  au  directeur  de  son  intention.
Observations.  —  Nous  avons  reproduit  en  entier,  non-seulement  le  plan  général ­
  des  éludes  dont  on  vient  de  voir  les  divisions,  mais  encore  le  détail  des
matières  enseignées  dans  chaque  cours,  parce  qu’il  ressort  de  ce  détail  la  conséquence ­
  que  la  marche  de  l’enseignement  est  tellement  réglée  que,  pour  certaines ­
  divisions  importantes,  telles  que  celles  des  mécaniciens  et  des  architectes,
on  peut  recevoir  une  instruction  technique,  déjà  assez  sérieuse,  à  l’aide  des
mathématiques  élémentaires,  et  entrer  dans  la  pratique  des  travaux  sans  suivre
la  totalité  des  études,  ce  qui  peut  convenir  à  beaucoup  de  jeunes  gens,  et  ne
nuit  d’ailleurs  nullement  à  la  solidité  des  études  complètes.
Ainsi  les  élèves  mécaniciens,  pour  suivre  le  premier  cours  de  mécanique,  le
cours  de  construction  de  machines,  ceux  d  hydraulique,  des  moteurs  et  des
principales  machines-outils,  et  pour  la  rédaction  des  projets  relatifs  à  ces  machines, ­
  n’ont  besoin,  à  la  rigueur,  que  de  connaissances  élémentaires  et  fondamentales ­
  en  géométrie,  en  algèbre,  en  trigonométrie,  en  géométrie  descriptive, ­
  sans  être  obligés  de  se  livrer  à  l’élude  des  mathématiques  transcendantes
qui,  malgré  son  utilité,  présente  à  certains  esprits  des  difficultés  assez  grandes
et  exige  beaucoup  de  temps  et  d’efforts.
Il  en  est  de  même  de  l’enseignement  donné  aux  architectes;  car,  après
avoir  suivi  les  deux  premiers  cours  de  constructions,  les  élèves  peuvent  avoir
acquis  les  connaissances  nécessaires  pour  les  constructions  civiles  ordinaires.
Cette  graduation  méthodique  de  l’enseignement  diminue  notablement  l’inconvénient ­
  que  nous  avons  signalé  plus  haut,  du  développement  exagéré  donné
dans  le  deuxième  cours  de  mathématiques  transcendantes  aux  études  de  ce
genre.  Au  surplus,  le  tableau  de  la  répartition  des  élèves  entre  les  diveres
branches  d’enseignement  que  nous  allons  reproduire  justifie  nos  observations;
car  on  y  verra  que,  tandis  qu’il  y  a  8q  élèves  inscrits  pour  les  mathématiques
élémentaires,  et  83  pour  le  premier  cours  de  mathématiques  transcendantes,
il  n’y  en  a  que  i  h  pour  le  deuxième  cours  des  mêmes  études.
Il  est  même  plus  que  probable  qu’une  faible  partie  des  83  élèves  du  premier
cours  profitent  réellement  de  cet  enseignement.  Nous  devons  ajouter  que  l’exactitude ­
  de  cette  observation  paraît  avoir  été  reconnue,  car  le  deuxième  cours
        <pb n="67" />
        —  61  —
de  mathématiques  supérieures  a  cessé  d’être  obligatoire  à  partir  de  186/1-i8G5.

Répartition  des  élèves  entre  les  différentes  branches  de  ïenseignement.  —  Cette
répartition  est  assez  intéressante  à  étudier,  parce  qu  elle  met  en  évidence  1  utilité ­
  des  différentes  études.  Ce  tableau  est  relatif  à  i863-i86/i.

MATIERES  ENSEIGNEES.

Mathématiques  élémentaires.  .  .
Mathématiques  transcend  '  cours
dantes  I  2'coi
Mécanique
Mécanique  supérieure
Géométrie  pratique
Géométrie  descriptive
Etude  des  machines  .  .  .  .  ■  1  Conrs
I  2*  cours
Construction  des  machines
i er  cours
2*  cours
\  3*  cours
Histoire  de  l'art  des  constructions.  .
Constructions  des  routes  et  des  ponts
Constructions  hydrauliques
Zoologie  et  botanique

Construction
monts  .  .  .

des  bâti

NOMBRE

D’ELEVES.

89
83
14
93
00
57
73
80
30
05
79
45
27
15
39
30
52

MATIERES  ENSEIGNEES.

Minéralogie  .
Géognosie
Physique  théorique
Physique  technique
Chimie  théorique
Chimie  technique
Chimie  pratique
Technologie
Dessin  linéaire
Dessin  à  main  levée
Bosse  et  reliefs
Modelage
Langue  française.
Langue  anglaise
Histoire
Droit  et  police  des  constructions.

NOMBRE
D'ÉLÈVES.

57
40
24
10
50
27
29
82
79
96
10
5
11
21
10
20

Ce  tableau  montre  d’une  manière  évidente  quels  sont  les  cours  qui  répondent ­
  le  plus  aux  besoins  de  la  population  scolaire  qui  fréquente  les  instituts  de
ce  genre.
Ce  sont,  en  conservant  l’ordre  du  tableau  précédent:
Les  mathématiques  élémentaires  ;
Les  mathématiques  transcendantes  premier  cours  (qu’on  pourrait  simplifier);
La  mécanique,  notions  élémentaires  (qui  pourraient  être  plus  développées);
La  géométrie  pratique;
La  géométrie  descriptive;
L’élude  des  machines,  premier  cours  (qu’on  pourrait  développer  plus  élémentairement

  ;
La  construction  des  machines;
ï  11*.  (  1 er  cours;
La  construction  des  batiments.  .  (
(  a e  cours;
lia  zoologie  et  la  botanique;
        <pb n="68" />
        f)  2

La  chimie  théorique  ;
La  technologie;
Le  dessin  linéaire;
Le  dessin  à  main  levée.
Il  semble  donc  que  c’est  principalement  à  ces  différentes  branches  des  études ­
  qu’il  convient  de  s’attacher,  en  cherchant  d’ailleurs  les  moyens  d’en
faciliter  l’étude  par  l’emploi  des  méthodes  les  plus  simples,  puisqu’on  voit  que
l’usage  des  sciences  d’un  ordre  élevé  éloigne  les  élèves.
Il  est  à  remarquer  et  regrettable  que  la  physique  soit  au  nombre  des  études
les  moins  suivies,  cela  tient  peut-être  à  des  causes  particulières;  mais  dans  tous
les  cas,  il  conviendrait  de  lui  assurer  dans  l’enseignement  une  place  élevée  et
de  grands  moyens  d’expérimentation.
Nombre  des  élèves.  —  Dans  l’année  1862-63  le  nombre  total  des  élèves  a  été
de  lilio  dont  3yq  comme  élèves  réguliers  et  61  comme  auditeurs  libres;  il  y
en  avait  en  outre  85  à  l’école  préparatoire.
Les  élèves  de  l’école  supérieure  étaient  en  grande  majorité  âgés  de  18  à  20
ans,  un  douzième  seulement  avaient  16  ans  et  un  huitième  environ  1  y  ans.
Nombre  des  professeurs.—L’établissement  a  2  1  professeurs  titulaires,  et  3  répétiteurs ­
  outre  les  maîtres  spéciaux.
Budget.  —  Les  dépenses  annuelles  s’élèvent  à  i23y5o  francs  environ,  dont
3i5oo  francs  sont  couverts  par  la  rétribution  scolaire.  L’Etat  supporte  la
différence  et  fournit  en  outre  le  bâtiment  et  tout  le  mobilier.
Le  matériel  d’enseignement  a  coûté  à  l’origine  environ  100  000  francs  et  il
est  chaque  année  accru  par  une  allocation  de  8  à  9000  francs.
Collections.—Une  très-belle  bibliothèque,  riche  de  10000  volumes  d’ouvrages ­
  de  littérature  et  de  sciences,  est  mise  à  la  disposition  des  professeurs
et  des  élèves,  qui  peuvent  emporter  chez  eux  les  livres  qui  leur  sont  nécessaires.
Des  albums  techniques  et  des  collections  très-nombreuses  de  dessins  sont
placés  dans  les  salles  d’études  pour  être  consultés  par  les  éléves.
Une  galerie  de  modèles  de  machines,  riche  et  très-variée,  contient  beaucoup
de  modèles  construits  â  des  échelles  réduites,  qui  sont  transportés  dans  les  salles
pour  servir  à  l’enseignement.
Une  collection  technologique  de  matières  premières  et  de  produits  des  principales ­
  industries  du  pays,  très-bien  classée,  et  surtout  fort  développée  en  ce
qui  concerne  les  industries  métallurgiques  et  celles  qui  mettent  les  métaux  en
œuvre  sert  à  l’enseignement.
Des  laboratoires  de  chimie,  l’un  pour  le  professeur,  l’autre  pour  recevoir
        <pb n="69" />
        —  63  —
■20  élèves  chimistes  sont  bien  organisés  et  munis  des  collections  nécessaires  aux
études.
Il  y  a  en  outre  un  laboratoire  spécial  pour  les  essais  par  la  voie  sèche.
Le  cabinet  de  physique  est  moins  riche  quoique  cependant  assez  bien  pourvu ­
  des  principaux  instruments.  Ceux  de  géodosie  et  de  topographie  sont  également ­
  munis  de  tous  les  appareils  nécessaires  pour  les  travaux  d’application.
Il  n’existe  pas  d’atelier  mécanique,  parce  qu’on  a  reconnu  qu’il  serait  peu
fréquenté  par  les  élèves  et  que  ses  produits  ne  seraient  pas  en  rapport  avec  la
dépense.
Dans  ce  royaume,  où  les  départements  ministériels  sont  peu  nombreux,
l’école  polytechnique  est  dans  les  attributions  du  ministère  de  l’instruction  publique ­
  et  des  cultes,  et  pour  les  études  sous  la  surveillance  d’un  conseil  supérieur ­
  dépendant  de  ce  ministère.  Une  commission  présidée  par  un  membre
du  conseil  municipal  contrôle  l’administration  financière.
Les  professeurs  se  réunissent  une  fois  par  mois  en  conférence  pour  traiter
des  questions  d’enseignement  et  de  discipline.
L’on  voit,  par  les  détails  dans  lesquels  nous  avons  cru  nécessaire  d’entrer,
que  l’école  polytechnique  de  Hanovre,  lune  des  plus  anciennes  de  l’Allemagne  ,
mérite  à  juste  titre  lahau  te  réputation  dont  elle  jouit,  et  forme  dans  l’ensemble
des  institutions  analogues  un  type  particulier  qui  participe  des  universités  et
des  écoles  plus  spécialement  techniques.
Comparaison  des  budgets.  —  Le  budget  général  du  royaume  de  Hanovre  pour
une  population  de  1910000  habitants  s’élève  à  7865/1750  francs.
Sur  cette  somme  l’Etat  consacre  au  service  militaire  10182000  francs,  ou
0,128  du  budget  total,  et  à  l’instruction  publique  996233  francs,  ou  0,01  3  du
budget  total.
Conclusion  générale.  —  L’exposé  que  nous  .venons  de  faire  des  diverses  institutions ­
  qui  ont  pour  but  la  diffusion  des  connaissances,  depuis  l’enseignement  le
plus  élémentaire  jusqu’à  celui  des  sciences  pures  et  appliquées  de  l’ordre  le  plus
élevé,  montre  que  l’esprit  le  plus  libéral  n’a  pas  cessé  d’inspirer  le  gouvernement ­
  du  Hanovre  depuis  Leibnitz  jusqu’à  nos  jours.
        <pb n="70" />
        KAPPORT  PARTICULIER

SDH  LES  ÉTABLISSEMENTS  D’ENSEIGNEMENT

DANS

LE  DUCHÉ  DE  BRUNSWICK

C  O  L  L  E  GIU  Al  C  A  R  O  L  l  N  U  Al.
L’établissement  connu  sous  le  nom  de  Collegium  Carolinum,  fondé  à  Brunswick ­
  en  17h5  par  le  duc  Charles  I er ,  est  considéré,  non  sans  quelque  fondement, ­
  comme  le  type  le  plus  ancien  des  instituts  d’enseignement  technique.
A  l’époque  de  sa  création,  les  études  des  gymnases  étant  trop  faibles  par
rapport  à  celles  des  universités,  le  but  du  collège  Carolinum  était,  d’une  part,
de  les  compléter,  et,  de  l’autre,  de  donner  l’instruction  nécessaire  aux  jeunes
gens  qui  se  destinaient  aux  travaux  des  arts,  de  1  industrie  et  du  commerce.
Tel  fut  au  moins  le  programme  général  que  s’imposa  son  premier  directeur,
l’abbé  Jérusalem,  dont  le  nom  nous  parait  mériter  d’etre  conservé,  comme
celui  d’un  de  ces  hommes  à  larges  vues,  qui  ont,  les  premiers,  cherché  à  donner
les  sciences  pour  base  à  tous  les  travaux  de  l’industrie.
Tout  en  restant  fidèle  à  son  but  général,  le  collège  Carolinum  a  du  modifier ­
  successivement  les  programmes  de  son  enseignement  pour  les  approprier
aux  besoins  des  diverses  époques,  et,  en  1862,  ces  programmes  ont  été  réglés
de  manière  à  offrir  aux  diverses  catégories  d’élèves  qui  s’y  présentent  un  des  ensembles ­
  les  plus  complets  qui  existent  sous  le  nom  d  instituts  polytechniques.
Le  but  actuel  du  collège  est  de  former,  par  un  enseignement  scientifique  et
technique,  des  sujets  pour  les  carrières  spéciales  de  :
Mécaniciens,
Ingénieurs  civils,
Architectes,
Métallurgistes,  exploitant  des  salines  ou  des  mines.
Chimistes  industriels  ou  pharmaciens,
        <pb n="71" />
        Forestiers,
Agriculteurs,
Agents  des  chemins  de  fer  ou  des  postes,
Géomètres  pour  le  cadastre.
Ces  subdivisions,  qui  nous  paraissent  un  peu  trop  multipliées,  et  dont  une
partie  pourrait,  peut-être,  être  retranchée  ou  établie  séparément,  ont  conduit
à  organiser  un  enseignement  très-varié,  dans  lequel  chaque  catégorie  d’élèves
choisit  les  parties  dont  elle  a  besoin  pour  sa  destination  future.  Mais  lorsqu’un
élève  s’est  fait  inscrire  pour  une  spécialité  d’études,  et  qu’il  veut  obtenir  du
collège  le  certificat  de  maturité,  il  est  obligé  de  suivre  tous  les  cours  enseignés
dans  cette  branche  technique.
Outre  les  études  spéciales,  il  y  a  des  cours  généraux  de  littérature,  de
langues  vivantes,  d’histoire  et  de  géographie  générale  et  politique,  de  statistique, ­
  deconomic  politique,  que  les  élèves  sont  invités  à  suivre  comme  compléments ­
  utiles  de  l’enseignement  scientifique.
fia  durée  des  études  complètes  des  neuf  divisions  techniques  est  déterminée
ainsi  qu’il  suit  :

i°  Construction  des  machines
2"  Génie  civil.  Constructions  et  travaux  d’art
3°  Usines  métallurgiques  et  salines
4°  Chimie  industrielle
5°  Pharmacie
6°  Economie  forestière
7 0  Économie  agricole
8°  Services  des  chemins  de  fer  et  des  postes.
9 0  Géométrie  pour  le  cadastre

DUREE

DES  ETUDES

spéciales.

3  ans

L’enseignement  des  mathématiques  élémentaires,  de  la  physique  expérimentale, ­
  de  la  chimie  générale,  des  notions  de  sciences  naturelles  et  du  dessin  à
main  levée,  est  commun  à  toutes  les  divisions.
L’on  exige  d’ailleurs  pour  l’admission  dans  chaque  division  spéciale  la  justification ­
  d’une  instruction  préparatoire  suffisante.
A  la  fin  de  chaque  année  d’études,  le  directeur  et  les  professeurs  statuent
sur  le  passage  des  élèves  à  la  classe  supérieure  de  leur  division.  Ceux  pour  lesquels ­
  il  y  a  doute  doivent,  à  la  rentrée  des  vacances,  subir  un  examen  spécial
d’après  lequel  on  statue.
        <pb n="72" />
        9-

—  67  —
Un  élève  qui  a  suivi  les  cours  complets  de  sa  division  reçoit  un  certificat
de  sortie  qui  constate  son  aptitude.
Outre  les  élèves  régulièrement  inscrits  pour  les  divisions  techniques,  on
admet  des  auditeurs  libres,  pour  certains  cours,  et  même  pour  les  arts  du
dessin,  de  la  peinture,  de  la  sculpture,  l’on  reçoit  à  toute  époque  des  jeunes
gens  dans  les  salles  d’études  et  dans  les  ateliers.
Des  collections  nombreuses  et  bien  tenues,  une  belle  bibliothèque,  sont  à
la  disposition  des  professeurs  et  peuvent  être  visitées  par  les  élèves.
L’on  aura  une  idée  de  la  variété  de  l’enseignement  donné  au  collège  Carolinum ­
  par  la  seule  nomenclature  des  cours  qui  y  sont  professés.

COURS  PROFESSES.

ENSEIGNEMENT  GENERAL.

MATHEMATIQUES  ELEMENTAIRES.

Arithmétique  et  algèbre.  .  .
Géométrie  et  trigonométrie.
Stéréotomie

MATHEMATIQUES  SUPERIEURES.

Théorie  des  équations
Géométrie  analytique
Calcul  différentiel  et  intégra

MATHÉMATIQUES  APPLIQUEES.
Arithmétique  appliquée
Géométrie  descriptive,  en  trois  parties
Géométrie  pratique,  en  deux  parties
Dessin  des  plans,  en  deux  parties
Géodésie
Mécanique  technique,  en  trois  parties
Mécanique  appliquée  aux  constructions
Mécanique  analytique
Exercices  mathématiques

PHYSIQUE.
Physique  expérimentale,  en  deux  parties
Physique  mathématique
Physique  technique
Météorologie,  2'  partie  de  la  physique  expérimentale.
Exercices  de  physique

NOMBRE
D'Il  FORES
«le  leçons
par  semaine.

2
5
12
2
12
3
10
3
13
J
4
4  a  6
10
4
4
        <pb n="73" />
        COURS  PROFESSES.

Chimie  minérale,  en  deux  parties..
Chimie  physique
Chimie  technique,  en  deux  parties
Chimie  agricole,  2°  partie  de  la  chimie
Chimie  industrielle,  2 e  partie  de  la  chimie  technique.
Chimie  légale

Pharmacie
Introduction  aux  travaux  pratiques
Manipulations  au  laboratoire
HISTOIRE  NATURELLE.

Zoologie
Botanique
Minéralogie
Géologie
Exercices  d’histoire  naturelle.

ARTS.

Dessin  à  main  levée.
Dessin  d’ornement  .
Dessin  de  paysage.  .  .
Modelage

ENSEIGNEMENT  DES  DIVISIONS  TECHNIQUES.

MÉCANICIENS.
Études  des  machines,  en  deux  parties
Construction  des  machines,  en  trois  parties
Dessin  de  machines,  en  deux  parties
Détails  de  construction  de  machines,  en  trois  parties  .  .  .
Mécanique  technologique
Notions  générales  sur  les  machines
CONSTRUCTIONS  ET  GENIE  CIVIL.

Matériaux  de  construction.
Connaissances  générales,  1",  2 e  et  3 e  parties
Dessin  d’architecture  et  de  construction,  i rc ,  2 e  et  3 e  parties.
Chaussées  et  chemins  de  fer
Dessin  de  chemins  defer.....
Ponts
Dessin  pour  construction  de  ponts
Constructions  hydrauliques

NOMBRE
D'HEURES
cle  leçons
par  semaine.

10
2
10
h
5
2

8
G
20
30

2
12
30
4
10
4
10
4
        <pb n="74" />
        —  69  —

COURS  PROFESSES.

Dessin  de  machines  hydrauliques
Esthétique  de  l’art  de  construire,  i re  et  2  e  parties.
Dessin  architectonique,  i"  et  2'  parties
Projets  architectoniques,  i re  et  2 e  parties
Projets  d’usines  métallurgiques
Projets  d’exploitations  industrielles
Constructions  rurales
Projets  de  constructions  rurales

PHARMACIENS.

Pharmacognosie.

ECONOMIE  FORESTIÈRE.
Climatologie  forestière  .  .
Connaissance  du  sol  des  forêts
Anatomie  et  physiologie  des  plantes  forestières
Botanique  forestière  .
insectes  des  forêts
Exploitation  forestière
Organisation  d’exploitation
Estimation  des  valeurs  forestières  *
Protection  des  forêts
Utilisation  des  forêts
Statistique  forestière
Economie  forestière  de  l'Etat
Police  forestière
De  la  chasse
Histoire  et  littérature  .
ÉCONOMIE  RURALE.
Anatomie  et  physiologie  des  animaux  domestiques
Application  de  l’économie  politique  à  l’économie  rurale.
Economie  rurale
Théorie  de  l’agriculture
Culture  des  plantes
Élève  du  bétail
Connaissance  et  élève  du  cheval
Maladies  des  animaux  domestiques
Opérations  simples,  connaissance  des  remèdes
Estimation  des  biens
Tenue  de  livres  agricoles
CONNAISSANCES  GÉNÉRALES.
Droit  civil
Droit  relatif  aux  constructions

NOMBRE
D'BEMES
de  leçons
par  semaine.
        <pb n="75" />
        COURS  PROFESSES.

Droit  forestier
Géographie
Statistique
Economie  nationale
Histoire  de  l’architecture
Histoire
Histoire  de  la  littérature  allemande.
Langue  française
Histoire  de  la  littérature  française..
Langue  anglaise
Histoire  de  la  littérature  anglaise.  .

NOMBRE
D'HEURES
de  leçons
par  semaine.

L’examen  détaillé  des  programmes  particuliers  à  chacune  de  ces  branches
de  l’enseignement  montre  avec  quel  esprit  remarquable  de  méthode  on  a  su  y
réunir,  sans  exagération,  les  connaissances  théoriques  de  l’ordre  le  plus  élevé
aux  notions  techniques  les  plus  détaillées.  C’est  ce  qui  nous  engage  à  les  reproduire ­
  en  entier.
ENSEIGNEMENT  GÉNÉRAL.

MATHÉMATIQUES  ÉLÉMENTAIRES  «.
i°  Arithmétique  et  algèbre  (cinq  heures  en  hiver).
Les  quatre  règles:  équations  du  premier  degré,  puissances,  logarithmes,
équations  du  deuxième  degré,  progressions  géométriques  et  arithmétiques.
2°  Géométrie  et  trigonométrie  rectiligne  (cinq  heures  en  hiver).
Géométrie.—  Notions  fondamentales  sur  les  lignes  et  les  angles,  égalité,  similitude, ­
  équivalence,  et  mesure  des  surfaces  polygonales  et  du  cercle.
Trigonométrie.  —  Fonctions  circulaires,  trigonométrie  analytique,  équations
fondamentales  de  la  trigonométrie  rectiligne,  calcul  des  éléments  et  de  la  surface ­
  des  triangles.
3°  Stéréométrie  et  trigonométrie  sphérique  (quatre  heures  en  été).
Stéréométrie.  —  Intersections  respectives  d’une  droite  et  d’un  plan,  de  deux
plans,  angle  plan,  corps  prismatiques  et  pyramidaux,  cylindre,  cône,  sphère,
calcul  de  la  surface  et  du  volume  des  corps.

(&amp;gt;)  Quoique  pour  l’admission  l’on  exige  la  connaissance  des  mathématiques  élémentaires,
l’expérience  a  montré  qu’il  était  bon  de  les  développer  et  de  les  approfondir  encore.
        <pb n="76" />
        —  71  —
Trigonométrie  sphérique.  —  Égalité,  détermination  des  triangles  sphériques,
relations  et  calcul  de  leurs  éléments,  surfaces.
MATHÉMATIQUES  SUPÉRIEURES.
Les  mathématiques  supérieures  sont  enseignées  avec  le  développement  nécessaire ­
  à  l’intelligence  de  la  mécanique  analytique  et  de  la  physique  mathématique. ­

Théorie  des  équations  (deux  heures  en  élé).
Calcul  avec  des  grandeurs  complexes,  théorème  de  Moivre,  résolution  des
équations,  binômes,  polynômes  entiers  avec  une  valeur  indéterminée,  leur  décomposition ­
  en  facteurs;  racines  des  équations,  théorème  du  binôme  pour  des
exposants  entiers  et  positifs,  polynômes  dérivés,  équations  du  troisième  degré
et  bicarrées,  méthode  approximative  simple  pour  la  résolution  des  équations
d’un  degré  supérieur,  séries  arithmétiques  d’un  degré  supérieur.
Géométrie  analytique  (cinq  heures  en  été).
Systèmes  de  coordonnées  planes,  ligne  droite,  cercle  et  ellipse,  parabole,
hyperbole,  équations  générales  du  deuxième  degré,  coordonnées  dans  l’espace,
ligne  droite  et  plan,  surfaces  du  deuxième  degré.
PREMIÈRE  PARTIE.  (CINQ  HEURES  EN  HIVER.)
Calcul  différentiel  et  intégral.
Fonctions  d’une  variable,  valeurs  limites,  méthode  des  infiniment  petits,
fonctions  dérivées  et  différentielles  de  premier  ordre,  tangentes  et  normales  à  des
courbes  planes,  fonctions  dérivées  et  différentielles  d’ordre  supérieur,  maxima
et  minima,  séries  indéfinies,  séries  de  Taylor  et  de  Maclaurin,  relations  entre
les  fonctions  exponentielles  et  trigonométriqués,  détermination  de  valeurs  affectant ­
  une  forme  déterminée,  tangences  d’un  degré  supérieur  entre  des  courbes
planes,  cercles  de  courbures  enveloppantes  et  développantes,  intégrales  définies
et  indéterminées,  méthodes  les  plus  importantes  de  l’intégration  indéterminée,
quadrature  et  rectification  de  courbures,  calcul  du  volume  et  de  la  surface  des
solides  de  la  révolution.

Il'  PARTIE.  (CINQ  HEURES  EN  ETE.)
Fonctions  à  plusieurs  variables,  leurs  dérivées  et  leurs  différentielles,  plans
tangents  et  normaux  à  des  surfaces  courbes,  maxima  et  minima,  séries  indéfinies, ­
  intégrales  doubles,  volume  des  corps,  développement  des  surfaces  courbes,
integrale  simple  de  différentielles  à  plusieurs  termes,  intégration  des  équations
differentielles  de  premier  degré  à  deux  variables,  courbes  enveloppantes,  Ira-
        <pb n="77" />
        —  72  —
jectoires  courbes  à  double  courbure,  tangentes,  plans  normaux,  plans  de  courbure, ­
  normale  principale,  cercle  de  courbure,  rayon  de  combine  des  soi  faces
courbes,  lignes  de  courbure,  équations  différentielles  des  genres  de  surfaces  les
plus  importants.
III e  PARTIE.  (DEUX  HEURES  EN  HIVER.)
Intégration  d’équations  différentielles  d  un  degre  supérieur,  série  et  intégrale ­
  de  Fourier,  intégration  de  quelques  équations  aux  differences  partielles,
par  exemple,  decebes  qui  se  présentent  dans  la  théorie  de  la  propagation  de
la  chaleur  et  du  son.
MATHÉMATIQUES  APPLIQUÉES.
Application  à  1  arithmétique  (deux  heures  en  bivei  ).
Calcul  des  intérêts  et  des  rentes,  problèmes  d’économie  politique,  science
du  calcul  politique,  calcul  d’évaluation  de  forêts,  éléments  de  la  théorie  des
combinaisons  et  des  probabilités.
GÉOMÉTRIE  DESCRIPTIVE  O.
PREMIÈRE  PARTIE.  (QUATRE  HEURES  EN  HIVER.)
Représentation  sur  les  plans  de  projection  de  solides  simples,  considération
sur  la  position  des  lignes  droites  par  rapport  aux  plans  de  projection  et  entre
elles,  détermination  des  traces  des  lignes  droites  et  des.  plans,  projection  et
vraie  longueur  des  intersections  de  plans,  détermination  de  l’angle  de  deux
plans,  courbes,  lignes  courbes  simples,  détermination  de  leurs  projections,
projections  de  diverses  aires  planes,  génération  et  représentation  des  différentes
surfaces,  surfaces  développables,  de  révolution,  enveloppantes,  surfaces  gauches,
plans  tangents  à  ces  surfaces.
Il*  PARTIE,  (quatre  HEURES  EN  ETE.)
Détermination  des  projections  des  corps  ronds  ou  polyédriques  dans  les  positions ­
  les  plus  diverses,  intersection  de  plans  et  de  surfaces  rondes  ou  polyédriques ­
  ,  détermination  des  projections  et  des  dimensions  des  sections,  développement ­
  de  ces  surfaces  avec  celui  de  la  ligne  d’intersection  plane,  pénétration  des
solides,  projection  des  courbes  de  pénétration  et  tangentes  à  ces  courbes.
Ill'  PARTIE.  (QUATRE  HEURES  EN  HIVER.)
Théorie  des  ombres,  considérations  physiques  sur  la  lumière,  lumière  arti-(.)
  Les  élèves  qui  suivent  les  cours  de  géométrie  descriptive  sont  tenus  de  faire,  comme
exercices,  les  épures  correspondantes.
        <pb n="78" />
        —  73  —
licielle  et  lumière  solaire,  les  rayons  conventionnels  à  \5°,  points  brillants,
angles  brillants,  angles  brillants  par  réflexion,  ombres  portees  de  points,  de
lignes  droites  ou  courbes  et  d’aires  planes  sur  les  plans  de  projections,  ombres
portées  de  points,  de  lignes,  d’aires  planes  sur  la  surface  de  corps  polyédriques
et  ronds,  ombres  portées  de  corps  sur  la  surface  d’autres  corps.
Perspective
Notions  générales,  considération  des  différentes  méthodes  pour  la  représention
  en  perspective  des  images,  application  de  ces  méthodes  à  des  dessins,
ombres  perspectives.
Géométrie  pratique.  Dessin  de  plans.
GÉODÉSIE  ÉLÉMENTAIRE.
COURS  ET  DESSIN.  (CINQ  HEURES  EN  ETE.)
Étendue  et  division  de  la  géométrie  pratique,  les  différentes  mesures,  leur
conversion-,  instruments  simples  pour  la  mesure  de  la  ligne  droite  sur  le  terrain, ­
  manière  de  les  vérifier  et  de  les  corriger,  mesurer  et  jalonner  des  lignes
droites  et  des  lignes  courbes  au  moyen  de  la  chaîne  d’arpenteur  et  de  règles,
levé  de  parcelles  de  terrain  isolées,  de  prairies,  manière  de  Je  reporter  sur  le
papier,  détermination  des  erreurs  de  mesurage.
Instruments  pour  mesurer  les  angles  horizontaux.  Principes  auxiliaires  de
eatoptrique  et  de  dioptrique,  disposition  et  construction  des  instruments  pour
mesurer  les  angles  horizontaux,  télescopes  et  microscopes,  la  planchette,  la
boussole,  l’astrolabe,  les  différents  théodolites,  les  instruments  à  réflexion,
supports  avec  les  dispositions  pour  mouvoir  les  instruments  et  les  placer  horizontalement, ­
  manière  de  vérifier  et  de  corriger  tous  ces  instruments,  mesure
des  angles  horizontaux,  levé  de  parcelles  de  terrain  en  plaine  avec  des  instruments ­
  pour  mesurer  les  angles  et  avec  la  chaîne,  divers  modes  de  mesurage,
application  rationnelle  des  instruments  à  réflexion,  mesurage  d’angles  inclinés ­
  au  moyen  des  mêmes  instruments,  confection  de  plans  de  terrains  plans,
calcul  et  partage  des  surfaces.
Instruments  de  nivellement,  manière  de  les  vérifier  et  de  les  corriger,  l’art
de  niveler.
Levé  de  mines,  instruments  du  géomètre  de  mines,  préparation,  calcul  et
dessin  d’un  levé,  but  du  levé,  problèmes  de  levé  de  mines.
Les  exercices  seront  exécutés  avec  les  instruments  et  avec  tout  le  développement ­
  nécessaire  à  l’économie  rurale  et  forestière.
Dessin  de  plans  (six  heures  en  été).
        <pb n="79" />
        —  Ik  —
En  dehors  des  cours  on  est  tenu  de  dessiner  des  cartes  topographiques
d’après  les  levés.
GÉODÉSIE  SUPÉRIEURE.
COURS  ET  EXERCICES.  (TROIS  HEURES  EN  ETE.)

Levés  trigonométriques  sans  avoir  égard  à  la  courbure  du  globe,  établissement ­
  du  méridien  parles  hauteurs  correspondantes  du  soleil  comme  abscisses,
réseau  trigonométrique-,  base  et  sa  mesure,  mesures  des  hauteurs  tiigo
nomélriquement  et  au  moyen  du  baromètre,  le  theodolite  comme  instrument
propre  à  mesurer  les  hauteurs,  détermination  exacte  de  lerreui  dindex,  mesure ­
  des  angles  en  hauteur  et  manière  de  tenir  compte  de  la  réfraction  atmosphérique ­
  et  de  la  courbure  du  globe,  projection  horizontale  du  levé.
Le  théodolite  astronomique,  l’instrument  universel  avec  lecture  microscopique. ­

Manière  de  vérifier  et  de  corriger  ces  instruments,  mesure  du  temps  et
détermination  de  l’heure,  détermination  de  la  hauteur  du  pôle  et  du  méridien,
réseau  de  triangulation,  trigonométrie  astronomique,  mesure  de  la  base  et  des
angles  des  triangles  plans  et  sphériques,  distances  zénithales,  projets  de.caites
géographiques.
Des  exercices  pratiques  sur  toutes  ces  matières  seront  faits  par  les  élèves.
Dessin  de  plans  (quatre  heures  en  été).
Comme  complément  des  cours  les  élèves  dessineront  des  cartes  topographiques, ­
  d’après  des  levés,  et  des  plans  de  mines,  d’après  des  modèles.
Astronomie  sphérique  et  connaissance  des  instruments  (trois  heures  en  imei  ),
comme  introduction  à  la  géodésie  supérieure.

MÉCANIQUE  TECHNIQUE.
PREMIÈRE  PARTIE.  (QUATRE  HEURES  E\  ETE.
Première  partie  de  la  statique  des  corps  solides,  notions  fondamentales
et  définitions;  principes  de  la  transmission  des  forces,  principes  de  l’égalité  de
l’action  et  de  la  réaction  ;  parallélogramme  des  forces,  composition  des  forces,
forces  dans  un  meme  plan  avec  différents  points  d’application,  théorème  des
moments  (statique),  forces  parallèles  dans  un  même  plan,  couple,  forces  parallèles ­
  dans  l’espace,  théorie  du  centre  de  gravité  avec  de  nombreuses  applications ­
  pour  la  détermination  du  centre  de  gravité  de  lignes,  de  surfaces  et
de  corps;  principes  sur  l’équilibre  de  corps  maintenus  ou  soutenus,  stabilité,
équilibre  de  polygones,  chaînette,  théorie  du  frottement  des  corps  rigides  ou
souples,  roideur  des  cordes  et  des  câbles;  théorie  des  machines  dites  simples,
        <pb n="80" />
        —  75  —
du  levier  simple  et  du  levier  complexe  ;  du  plan  incliné,  du  coin,  de  la  vis,  de
la  poulie,  des  systèmes  de  poulies,  de  moufles  et  du  treuil  différentiel.
II e  PARTIE.  (CINQ  HEURES  EN  HIVER.)
Deuxième  partie  de  la  statique  des  corps  solides,  élasticité  et  résistance
des  matériaux  :  i°  élasticité  absolue,  module  d’élasticité,  formes  d’égale  résistance; ­
  2°  élasticité  et  résistance  relatives;  position  de  la  surface  des  fibres
neutres  dans  un  prisme  qu’on  courbe,  recherche  du  degré  de  tension  des
libres  dans  les  différentes  sections,  développement  de  l’équation  de  l’axe
neutre  dans  des  prismes,  pour  des  positions  variables  des  points  d’appui
et  des  charges;  position  de  la  section  la  plus  fatiguée,  et  conditions  pour  atteindre ­
  la  limite  d  élasticité  et  produire  la  rupture  dans  les  différents  cas  de
flexion  ;  détermination  des  moments  d’inertie  et  des  modules  de  section  pour
difieren  les  sections,  symétriques  ou  non,  importantes  dans  la  pratique,  formes
d’égale  résistance  pour  différents  cas  de  flexion  ;  3°  élasticité  de  réaction  et  résistance ­
  des  corps  droits  et  longs  ;  théorie  de  H.  Scheftler,  résultats  d’expériences ­
  de  Ilodgkinson  ,  h°  élasticité  et  résistance  à  la  torsion,  angle  de  torsion,
rupture  par  torsion  ;  5°  applications  à  des  cas  simples  d’élasticité  et  de  résistance
combinées  ;  applications  nombreuses  de  la  théorie  de  l’élasticité  et  de  la  résistance
à  des  cas  simples  de  constructions  de  machines  ou  de  bâtiments  ;  dynamique
des  corps  solides,  notions  et  définitions;  développement  des  formules
fondamentales,  pour  les  mouvements  simples,  à  l’aide  de  représentations
graphiques,  mouvement  composé,  parallélogramme  des  espaces  parcourus,
des  vitesses  et  des  accélérations  ;  mouvement  des  projectiles,  mouvement  avec
une  déviation  normale,  mouvement  relatif,  mouvement  d’un  point  matériel;
principes  relatifs  aux  forces,  aux  masses,  aux  accélérations,  travail  mécanique
d’une  force  constante  ou  d’une  force  variable;  accumulation  du  travail,  principe ­
  des  forces  vives  avec  application,  travail  résultant  d’un  système  de  forces,
principe  des  vitesses  virtuelles,  principe  de  d’Alembert,  travail  dans  le  mouvement ­
  en  ligne  courbe,  pendule  ordinaire  et  pendule  cycloidal  ;  rotation  d’un
corps  autour  d’un  axe  fixe,  accumulation  du  travail,  détermination  du  moment
d  inertie  pour  différentes  formes  en  usage,  rotation  périodiquement  uniforme,
influence  des  volants,  son  application  au  mouvement  d’une  manivelle*  avec
volant,  conditions  de  régularité  du  mouvement  pour  un  arbre  de  roue,  mouvement ­
  de  rotation  d’un  corps,  sous  la  seule  influence  de  son  propre  poids,
autour  d’un  axe  fixe  horizontal,  résultante  des  forces;  centre  de  percussion,
centre  d  oscillation  du  pendule  composé,  théorie  de  la  force  centrifuge  avec
application  à  la  résistance  des  corps  tournants  et  au  pendule  à  force  centrifuge,
        <pb n="81" />
        —  76  —
théorie  du  choc,  application  au  mouton,  à  la  sonnette,  a  1  action  des  coups  de
bélier  entre  des  corps  non  élastiques,  choc  entre  des  corps  tournant  autour
d’axes  fixes,  application  au  pendule  balistique;  mesure  du  travail  mécanique
dans  les  changements  de  forme;  extension,  flexion  et  torsion  des  corps  dans  les
limites  de  l’élasticité,  pour  juger  de  l’influence  des  effets  du  choc  sur  la  résistance
des  corps,  oscillations  des  tiges  verticales  pendantes  et  chargées  dans  les  cas
spéciaux  qui  ont  une  importance  pratique.
III a  PARTIE.  (CINQ  HEURES  EN  ÉTÉ.)
Mécanique  des  liquides  (hydrostatique),  notions  et  définitions;  principe  fondamental ­
  de  la  transmission  d’une  pression  extérieure  sur  un  corps  complètement ­
  fluide,  pression  totale  sur  des  parois  planes  et  courbes  ;  principe  de  la
presse  hydraulique,  résistance  de  parois  cylindriques,  forme  de  la  surlace  libre
pour  les  liquides  en  mouvement  et  en  repos  ;  lois  de  la  pression  hydrostatique
avec  de  nombreuses  applications,  pression  totale  sur  des  surfaces  planes  et
courbes;  pressions  latérales  dans  des  directions  déterminées,  corps  flottants,
profondeur  d’immersion,  stabilité,  metacentro.
Aérostatique,  loi  de  Mariotte,  travail  mécanique  développé  lors  de  la  compression ­
  des  gaz,  tension  et  densité  d’une  masse  gazeuse  produite  par  son  propre
poids,  loi  de  Gay-Lussac,  construction  de  divers  manomètres,  écoulement  de
l’eau  par  des  orifices  relativement  petits  et  avec  niveau  constant  ;  vitesse  d’écoulement ­
  et  débit  théorique  ;  pression  hydraulique  dans  les  vases  à  écoulement,
écoulement  par  de  grands  orifices  de  différentes  formes,  écoulement  de  vases
en  mouvement,  contraction  de  la  veine  liquide,  coefficient  d’écoulement  par  le
vannage  des  roues  à  aubes  courbes  de  M.  Poncelet,  contraction  incomplete  et
imparfaite;  déversoirs,  ajutages,  écoulement  par  de  longs  tuyaux,  resistance  due
au  frottement,  courbures  et  changements  brusques  de  section,  jets  d’eau,  écoulement ­
  dans  des  vases  composés,  écoulement  dans  l’eau,  écoulement  avec
pression  variable,  écluses,  etc.  .
Mouvement  dans  les  canaux  découverts  et  les  lits  des  fleuves;  barrages,  détermination ­
  de  la  longueur  sur  laquelle  se  fait  sentirle  remous  que  le  barrage
détermine.
Hydrométrie,  exposé  des  différentes  méthodes  pour  jauger  les  eaux;  théorie
du  choc  et  de  la  résistance  des  liquides  contre  des  surfaces  planes  ou  courbes.
Aérodynamique,  écoulement  des  gaz  par  des  orifices  et  de  longs  tuyaux,
avec  pression  constante  ou  décroissante;  vitesse  d’écoulement  et  débit  théorique; ­
  résistance  des  frottements,  etc.  débit  réel;  mouvement  des  projectiles
dans  un  milieu  résistant.
        <pb n="82" />
        77

MÉCANIQUE  DES  CONSTRUCTIONS.
(deux  heures  en  hiver.)
Principe  îles  vitesses  virtuelles,  statique  du  point,  attraction,  éléments  de
la  statique  des  corps  solides,  couple,  centre  de  gravité,  principe  de  d’Alembert
et  de  Gauss;  lois  générales  du  mouvement  d’un  système  de  corps,  dynamique
du  point,  mouvement  circulaire,  mouvement  sur  un  plan  ou  une  courbe  déterminés; ­
  dynamique  des  corps  solides,  rotation  autour  d’un  axe  fixe,  rotation
autour  d’un  point  fixe,  moment  d’inertie,  statique  et  dynamique  des  liquides,
rotation  d’une  ellipsoïde  liquide  autour  d’un  axe  et  autres  exemples.
EXERCICES  MATHÉMATIQUES.
(hiver  et  été,  quatre  à  six  heures.)
Problèmes  de  mathématiques  élémentaires,  principalement  sur  l’application
de  1  arithmétique,  de  la  géométrie,  de  la  stéréométrie,  de  la  trigonométrie  et
indication  de  la  marche  suivie  pour  leur  solution.  Dans  le  choix  de  ces  problèmes, ­
  on  aura  en  vue  les  applications  qui  se  présentent  dans  l’économie
agricole,  forestière,  etc.
SCIENCES  PHYSIQUES.
PHYSIQUE  EXPÉRIMENTALE.

PREMIÈRE  PARTIE.  (CINQ  HEURES  EN  HIVER.)
Propriétés  générales  des  corps,  pesanteur,  élasticité,  résistance,  phénomènes
d’adhésion,  etc.  équilibre  et  mouvement  de  corps  solides,  liquides  et  gazeux;
électricité,  galvanisme,  électro-magnétisme,  magnétisme,  diamagnétisme.
II e  PARTIE.  (CINQ  HEURES  EN  ÉTÉ.)
Théorie  de  ia  chaleur,  de  la  lumière,  du  son,  météorologie  et  climatologie,
distribution  de  la  chaleur  sur  le  globe,  mouvement  dans  l’atmosphère,  humidité ­
  atmosphérique,  phénomènes  optiques  dans  l’atmosphère,  électricité  atino
sphérique,  magnétisme  terrestre.
PHYSIQUE  MATHÉMATIQUE.
(deux  HEURES  EN  HIVER  ET  EN  ÉTÉ.)
Application  des  mathématiques  supérieures  à  certaines  parties  de  la  physique,
telles  que  l’élasticité,  la  chaleur,  l’optique,  l’électricité,  le  magnétisme.
        <pb n="83" />
        —  78  —

PHYSIQUE  TECHNIQUE.
PREMIÈRE  PARTIE.  (DEUX  HEURES  EN  HIVER.)
Appareils  électriques  et  magnétiques,  paratonnerres,  télégraphie  électromagnétique, ­
  machines  électro-magnétiques,  application  du  courant  galvanique
à  la  galvanoplastie,  à  la  dorure,  à  l’argenture,  au  cuivrage,  à  l’inflammation
des  mines.
Lumière,  instruments  d’optique,  lunettes,  télescopes,  microscopes  et  télégraphie ­
  optique;  phares,  effets  de  lumière,  polarisation,  photochimie,  apparitions ­
  spectrales.
II e  PARTIE,  (deux  HEURES  EN  ÉTÉ.)
Vide,  baromètre  et  détermination  des  hauteurs;  le  vide  et  ses  applications
industrielles  ;  chemins  de  fer  atmosphériques,  pression  atmosphérique,  travaux
sous-marins,  cloche  de  plongeur,  air  comprimé  comme  force  motrice  ;  gaz,
ballons.
Mouvement  des  gaz,  ventilation,  compteur  à  gaz.
Chaleur,  production  de  la  vapeur,  nombre  de  calories  développées  dans  les
machines  à  vapeur,  comparaison  des  effets  des  gaz  comprimes,  gaz  surchauffés ­
  ,  chauffage  et  air  nécessaire  à  la  combustion;  recherches  anémométriques,
  combustible  et  puissance  calorifique;  appareils  fumivores,  instruments
d’acoustique.
MÉTÉOROLOGIE  ET  CLIMATOLOGIE.
(en  ÉTÉ,  COMME  COMPLÉMENT  DE  LA  PHYSIQUE  EXPÉRIMENTALE.)

EXERCICES  DE  PHYSIQUE.
(en  hiver  et  en  été,  une  après-dînée  par  semaine.)
Méthode  de  recherches,  calcul  d’après  des  observations,  exercices  sur  l’usage
des  instruments  de  physique  ordinaires;  pour  ces  études,  il  y  a  un  cabinet  de
physique  pourvu  des  meilleurs  appareils.
SCIENCES  CHIMIQUES.
CHIMIE  GÉNÉRALE.
PREMIÈRE  PARTIE.  CHIMIE  MINÉRALE.  (CINQ  HEURES  EN  HIVER.)
Introduction  et  généralités;  éléments,  combinaisons,  naissance  des  combinaisons, ­
  décomposition,  loi  des  combinaisons,  équivalents,  atomes,  nom  en-
        <pb n="84" />
        —  79  —
cia  ture,  signes  et  formules;  élude  spéciale  des  éléments  métalloïdes  et  de  leurs
combinaisons  minérales  les  plus  importantes;  des  métaux  les  plus  importants
et  de  leurs  principales  combinaisons.
II e  PARTIE.  CHIMIE  DES  CORPS  ORGANIQUES.  (CINQ  HEURES  EN  ÉTÉ.)
introduction  et  généralités;  analyse  élémentaire,  constitution  des  combinaisons, ­
  considération  spéciale  des  combinaisons  les  plus  importantes  au  point  de
vue  de  la  physiologie  chimique  des  règnes  végétal  et  animal  ,  chimie  agricole,
application  de  la  chimie  à  l’agriculture  et  à  l’élève  des  bestiaux.
CHIMIE  PHYSIQUE.
(deux  HEURES  PAR  SEMAINE.)
Théories  générales  de  la  chimie;  poids  des  mélanges,  équivalents,  atomes,
calcul  des  formules  d’après  les  analyses,  points  de  départ  pour  la  détermination
des  équivalents  chimiques,  atomes,  molécules,  rapports  entre  eux  et  les  propriétés ­
  physiques,  telles  que  le  poids  spécifique  de  la  vapeur,  la  capacité  calorifique, ­
  isomorphisme,  volume  spécifique  à  l’état  solide,  constitution  des
combinaisons,  isomérisme,  différences  des  points  d’ébullition,  séries  homologues, ­
  polarisation,  etc.
CHIMIE  TECHNOLOGIQUE.
PREMIÈRE  P  \RTIE.  (5  HEURES  PAR  SEMAINE.)
Introduction  ;  combustibles  et  chauffage  ;  éclairage  et  matières  éclairantes  ;
fabrication  des  acides,  de  la  potasse,  de  la  soude,  du  sel,  du  salpêtre,  de  la
poudre;  métallurgie  du  fer,  de  l’acier,  du  cuivre,  du  plomb,  de  l’argent  ;  art
du  chaufournier  ;  cuisson  du  plâtre;  mortiers;  fabrication  du  verre,  des  produits ­
  céramiques,  porcelaines,  faïences,  poteries,  tuiles;  tuyaux  de  drainage;
fabrication  du  la  ron;  tanneries;  teintureries.
Il'  PARTIE.  INDUSTRIES  AGRICOLES  (  HIVER  5  HEURES.)
Introduction;  art  du  brasseur;  distilleries;  fabrication  de  l’alcool;  production ­
  du  levain  de  bière;  fabrication  des  liqueurs;  fabrication  du  vinaigre;
fabrication  de  l’amidon,  delà  dextrine,  de  la  glucose;  fabrication  du  sucre  de
cannes,  du  sucre  de  betteraves;  préparation  du  beurre,  du  fromage  ;  cuisson
du  pain;  du  savon  pour  le  ménage.
CHIMIE  ACHICOLE.
(En  été  après  la  conclusion  du  cours  de  chimie  organique).
ferre  arable;  nourriture  des  plantes;  amendements  divers;  exploitation
        <pb n="85" />
        —  80

rationnelle  au  point  de  vue  chimique;  aliments  des  animaux;  diverses  espèces
de  fourrages  ;  alimentation  rationnelle.
INDUSTRIES  AGRICOLES.
(hiver,  cinq  heures.)
Deuxième  partie  de  la  technologie  chimique.
CHIMIE  LÉGALE.
(ÉTÉ,  DEUX  HEURES.)
Précautions  générales  à  prendre  dans  l’exécution  des  recherches  chimicolégales;
  marche  à  suivre  pour  découvrir  les  différents  poisons;  recherche  de
l’acide  prussique,  du  phosphore,  des  alcaloïdes,  des  poisons  métalliques,  surtout ­
  de  l’arsenic;  les  caractères  distinctifs  sont  donnés  pour  chaque  poison;
manière  de  reconnaître  les  taches  de  sang.
PHARMACIE.
(cinq  HEURES  EN  ÉTÉ.)
Introduction  ;  art  et  méthode  d’examiner  les  substances;  leur  fabrication  au
point  de  vue  pratique;  examen  critique  des  différentes  méthodes  de  fabrication ­
  ,  particulièrement  de  celles  qui  sont  prescrites  dans  les  différentes  pharmacies ­
  ;  propriétés  et  recherches  des  impuretés  et  des  falsifications;  exposé
théorique  sur  la  composition.
INTRODUCTION  AUX  MANIPULATIONS.
(Dans  les  premières  semaines  des  semestres  d'hiver  et  d’été.)
Généralités  sur  les  opérations  qui  se  présentent  dans  les  laboratoires;
usages  des  appareils,  des  réactifs,  du  chalumeau;  de  l’exécution  des  analyses
qualitatives,  etc.
MANIPULATIONS.
Les  élèves  s’exerceront  chacun  à  des  manipulations  de  sa  spécialité  ;  le  laboratoire ­
  est  ouvert  tous  les  jours  de  la  semaine  de  8  heures  du  matin  A
5  heures  de  l’après-dînée,  et  le  soir  de  2  à  5  heures,  excepté  le  samedi.
HISTOIRE  NATURELLE.
Dans  cet  enseignement,  il  faudra,  autant  que  possible,  s’aider  d’objets  qu’on
mettra  à  la  portée  des  élèves.
        <pb n="86" />
        81

ZOOLOGIE.
(hiver,  cinq  heures.)
Introduction;  organisation  du  règne  animal  en  général  et  différences  dorganisation ­
  des  divers  types  d’animaux;  caractères  distinctifs  des  groupes  naturels,
des  classes,  des  ordres  du  règne  animal;  examen  de  la  reproduction,  du  développement, ­
  du  genre  de  vie,  du  séjour  et  de  la  répartition  géographique  des
animaux;  caractères  distinctifs  des  animaux  les  plus  importants  de  l’Europe  et
des  autres  contrées,  surtout  pour  les  classes  d’animaux  les  plus  parfaits;  examen
spécial  des  formes  caractéristiques,  au  point  de  vue  géognostique;  des  animaux
utiles  et  nuisibles,  des  animaux  importants,  au  point  de  vue  de  la  chasse,  des
forêts,  de  l’agriculture,  de  la  médecine.
Exercice  de  déterminations  d’espèces  d’après  l’examen  du  crâne,  des  os...  .
BOTANIQUE.
(cinq  heures  par  semaine  en  été.)
Aperçu  général  sur  la  structure,  la  nutrition  et  la  reproduction  des  plantes;
les  organes  des  plantes  d’après  leur  structure  et  leur  forme  extérieure,  avec
démonstration  sur  des  plantes  vivantes  prises  dans  le  Jardin  botanique;  connaissance ­
  des  systèmes  botaniques  et  géographie  des  plantes;  caracteres  des
plantes  les  plus  importantes  pour  l’économie  forestière,  agricole,  pharmaceutique, ­
  d’après  leurs  propriétés  botaniques,  leur  répartition  et  leur  dépendance
du  sol  ;  exercices  fréquents  de  détermination  des  espèces  indigènes  pour
différentes  familles  de  plantes.
MINÉRALOGIE.
(cinq  heures  en  hiver.)
Introduction;  composition  chimique;  propriétés  physiques;  formes  et  systèmes ­
  cristallins  ;  des  lieux  où  l’on  rencontre  les  minéraux  au  point  de  vue
géognostique  ;  caractères  des  ordres  naturels  de  minerais  avec  des  échantillons
à  l’appui;  caractères  des  espèces  minérales,  d'après  ce  classement  naturel  en
s’appesantissant  sur  les  espèces  importantes  au  point  de  vue  technique  et  geognostique,
  et  indication  des  terrains  dans  lesquels  on  les  trouve;  exhibitions  et
explications  sur  de  nombreux  échantillons.
On  fera  faire  aux  élèves  de  nombreuses  déterminations  de  minéraux.
GÉOLOGIE.
(ÉTÉ  CINQ  HEURES.)
Introduction;  propriétés  physiques  et  chimiques  importantes  des  roches
        <pb n="87" />
        et  de  l’atmosphère  au  point  de  vue  géologique;  faits  irrécusablement  établis
au  sujet  de  la  structure  de  l’écorce  solide  du  globe,  conclusions  qu’on  peut  en
tirer;  séparation  des  roches  par  formation;  caractères  minéralogiques  et  conditions ­
  géognostiques  dans  lesquelles  se  présentent  les  différentes  espèces  de
roches;  elfets  et  produits  de  l’action  décomposante  des  agents  atmosphériques;
aperçu  des  principales  formes  d’animaux  et  de  plantes  fossiles  au  point  de  vue
de  l’histoire  naturelle  ;  aperçus  des  fossiles  caractéristiques  les  plus  importants
classés  d’après  les  formations  géognostiques;  caractères  et  âges  relatifs  des  formations ­
  stratifiées  et  non  stratifiées  et  des  gisements  de  minerais;  aperçu  sur
l’ordre  probable  survenu  dans  la  formation  de  la  terre  ;  structure  géognostique
de  l’Europe  et  spécialement  de  l’Allemagne.
On  fera  faire  de  nombreuses  déterminations  de  roches  et  de  fossiles  et  des
excursions  géognostiques  dans  les  environs  et  au  Harz.
EXERCICES  ET  TRAVAUX  SUR  L’HISTOIRE  NATURELLE.
Ces  exercices  auront  lieu  pendant  l’hiver  et  l’été  pour  tous  les  élèves  qui  ont
du  goût  pour  une  branche  spéciale  de  l’histoire  naturelle,  tels  que  les  métallurgistes, ­
  les  futurs  professeurs,  etc.
Comme  moyen  auxiliaire  de  l’enseignement  de  l’histoire  naturelle,  l’établissement ­
  dispose  du  Musée  ducal  et  du  Jardin  botanique,  qui  sont  ouverts  à
toute  heure  de  la  journée  pour  les  répétitions  et  les  études  privées,  et  dans
lesquels  on  met  volontiers  les  matériaux  à  la  disposition  de  ceux  qui  veulent
étudier  par  eux-mêmes.
ARTS.
L  enseignement  des  jeunes  gens  qui  cultivent  exclusivement  les  arts  est  distinct ­
  de  celui  des  élèves  des  divisions  techniques.  11  se  compose  ainsi  qu’il
suit  :
Dessina  main  levée  (dix  heures  par  semaine  en  hiver  et  en  été).
Dessin  d’après  des  modèles  soigneusement  choisis  pour  faire  acquérir  la  souplesse ­
  de  main  nécessaire,  dessin  de  contours  d’après  des  tètes  et  figures  en
plâtre,  dessin  à  la  lumière  de  la  lampe  d’après  le  vit,  dessin  de  perspective
d’après  des  formes  géométriques  simples  et  compliquées,  dessin  d’arabesques
d’après  des  modèles  simples  et  colorés.
Dessin  d’ornements  (six  heures  en  hiver  et  en  été),  d  apres  des  moulages  en
plâtre.
Dessin  du  paysage  (quatre  heures  en  hiver  et  en  ele).
Éléments  de  dessin  à  l’aquarelle.
        <pb n="88" />
        Modelage  (cinq  heures  en  hiver  et  en  été).
(Pour  être  admis  à  pratiquer  le  modelage,  il  faut  être  déjà  tres-exeice  au
dessin  à  main  levée.)
Manière  de  préparer  les  matières,  différents  procédés  de  modelage  dapius
la  nature  des  matériaux,  modelage  d  ornements  simples,  en  bas  relief,  en  haut
relief,  en  ronde-bosse  d’après  modèle;  modelage  d’après  des  dessins,  modelage
ru  argile,  en  plâtre,  moules  en  stuc,  moules  en  argile,  finissage  des  pièces
moulées.
Comme  moyens  auxiliaires,  on  dispose  d’une  collection  de  moulages  des
chefs-d’œuvre  anciens  et  modernes,  et  de  feuilles  de  modèles.
ÉTUDES  DES  DIVISIONS  TECHNIQUES.
MÉCANICIENS.
ÉTUDE  DES  MACHINES.
PREMIÈRE  PARTIE.  (  O  CATRE  HEURES  EN  ETE.)
Du  mouvement,  action  et  effet  de  machines,  régulateurs  et  modérateurs,
freins,  etc.  voitures  et  appareils  dynamométriques,  frein  de  Prony.  théorie  de
quelques  machines  motrices,  appareils  récepteurs  du  travail  animal,  tels  que
treuils,  manèges  ;  propriétés  mécaniques  de  la  vapeur  d  eau,  générateurs  de
vapeur,  théorie  des  machines  à  vapeur  fixes  et  des  machines  locomotives  d’après
Pambour.
n*  PARTIE,  (quatre  heures  en  hiver.)
Suite  de  la  théorie  des  moteurs,  théorie  des  roues  hydrauliques  et  des  turbines ­
  d’après  Rcdtenbacher,  théorie  des  machines  à  colonne  d’eau  d’après
Weisbach,  théorie  des  moulins  a  vent,  théorie  des  appareils  les  plus  visites,  tels
que  machines  à  élever  les  fardeaux,  à  transporter  des  fardeaux,  a  elever  I  eau  ;
pompes,  souffleries,  marteaux  et  h  oca  rds,  moulins  a  ble  et  scieries.
CONSTRUCTION  DE  MACHINES.
PREMIÈRE  PARTIE.  (DEUX  HEURES  EN  HIVER.)
Examen  des  moteurs  les  plus  importants,  construction  de  parties  de  machines ­
  simples  d’après  Rcdtenbacher,  vis,  boulons  et  assemblages  a  vis,  rivets
et  assemblages  à  rivets,  axes,  arbres  et  embrayages,  supports  el  paliers  de
erapaudine,  engrenages  et  poulies  â  courroies,  établissement  des  formules  relatives ­
  à  la  construction.
        <pb n="89" />
        8/1

II e  PARTIE.  (  DEUX  HEURES  EN  ÉTÉ.)
Suite  de  la  construction  des  parties  de  machines,  manivelles,  bielles,  balanciers, ­
  guides,  cylindres  avec  couvercle  et  boîte  à  étoupes,  soupapes  et  pistons, ­
  construction  de  machines  complexes,  grues,  pompes;  construction  des
chaudières  à  vapeur,  des  appareils  accessoires.  .  .  .
III e  PARTIE.  (DEUX  HEURES  EN  HIVER.)
Construction  de  machines  à  vapeur,  de  roues  hydrauliques  et  de  turbines,
dispositions  d’installation.
Dessin  de  machines  (dix  heures  en  hiver  et  en  été).
Levé  de  parties  de  machines,  de  mécanismes  et  de  machines  compliquées,
surtout  d’après  des  modèles,  construction  de  dents  d’engrenage  à  l’aide  de  la
cycloid  e  et  delà  développante,  ainsi  que  d’après  différentes  méthodes  approximatives ­
  et  pratiques.
EXERCICES  DE  CONSTRUCTION  DE  MACHINES.
Les  projets  d’exécution  de  machines  doivent  être  étudiés  à  raison  de  dix
heures  par  semaine,  en  même  temps  que  les  cours  correspondants.
MÉCANIQUE  TECHNOLOGIQUE.
Dans  le  cours  de  construction  on  fera  connaître  au  moment  convenable  les
parties  les  plus  importantes  de  la  fabrication  du  fer  et  de  la  conversion  des  métaux ­
  en  organes  de  machines.
Notions  usuelles  sur  les  machines  (quatre  heures  en  hiver).
Comme  introduction,  on  donnera  les  principes  les  plus  simples  de  la  mécanique, ­
  les  machines  dites  simples;  levier,  plan  incliné,  coin,  vis,  poulie,
moufle,  engrenage,  etc.  les  appareils  moteurs  les  plus  importants,  le  treuil,  le
manège,  les  roues  hydrauliques,  les  turbines,  les  machines  à  vapeur,  les  outils
le  plus  en  usage,  tels  que  machines  élévatoires,  pompes,  presses,  souffleries,
laminoirs,  marteaux,  bocards,  moulins  et  machines  agricoles.
Comme  moyens  auxiliaires,  l’établissement  possède  une  grande  collection
de  modèles  de  machines,  d’outils,  de  nombreux  dessins.  On  doit  faire  des  excursions ­
  dans  des  ateliers.
CONSTRUCTEURS.
CONNAISSANCE  DES  MATERIAUX  DE  CONSTRUCTION.  (DEUX  HEURES  EN  ÉTÉ.)
Ouel  doit  être  le  but  de  cette  élude;  matériaux  de  construction  naturels  et
        <pb n="90" />
        —  85  —
artificiels,  d’origine  organique  ou  inorganique;  composition  chimique  des  minerais ­
  les  plus  importants  qui  entrent  dans  la  composition  des  roches,  les
pierres  de  construction  naturelles  au  point  de  vue  géognostique,  leur  exploitation ­
  et  leur  emploi,  pierres  artificielles,  leur  fabrication  et  leur  emploi;  matières
servant  à  relier  les  parties,  le  bois  dé  construction,  ses  propriétés,  ses  défauts,
et  sa  durée,  préparation  du  bois  de  construction,  coupe,  séchage,  impregnation ­
  avec  des  sels  métalliques,  pourriture  du  bois,  champignon  du  bois;
métaux.
NOTIONS  GÉNÉRALES  DE  CONSTRUCTION.
DESSINS  DE  CONTRECTION.

PREMIÈRE  PARTIE.  CONSTRLCTIONS  EN  PIERRE.  (QUATRE  HEURES  EN  ÉTÉ.)
Murs  en  pierres  artificielles,  appareillage,  murs  en  moellons  et  en  pierres
ordinaires,  murs  eu  terre,  murs  de  fondation,  de  façade  et  de  refend,  détermination ­
  de  leur  force,  construction  des  voûtes,  voûtes  en  plein  cintre  avec
chape,  en  arc  de  cloître,  voûtes  d’arêtes,  en  coupole,  pour  couvrir  des  emplacements ­
  des  formes  les  plus  variées,  construction  de  seuils  de  portes  et  d’appuis ­
  de  fenêtre  en  briques  et  en  pierre  de  taille,  escaliers  droits  ou  hélicoïdaux,
en  briques  et  en  pierres  plates,  établissement  de  foyers  contre  les  murs  des
étages  supérieurs,  conduits  de  fumée  et  cheminées,  couvertures  de  toits  en
matériaux  naturels  et  artificiels.
Dessins  de  constructions  (dix  heures  par  semaine).
Projets  de  constructions  basés  sur  l’enseignement  du  cours.
Il*  PARTIE.  CONSTRUCTIONS  EN  BOIS  ET  EN  FER.  (QUATRE  HEURES  EN  HIVER.)
CONSTRUCTIONS  EN  ROIS.
Assemblages  simples  eu  bois,  renforcement  du  bois  par  des  assemblages  à
entailles  et  à  chevilles,  fermes  de  Town,  de  Howe,  de  Long,  de  Wiegmann,  de
Lawes  et  de  Polonceau;  planchers  avec  solives,  pans  de  bois  verticaux,  construction ­
  des  charpentes  de  toitures,  en  ayant  égard  à  Iinclinaison  commandée
par  la  nature  des  matériaux,  combles  en  appentis  à  deux  pans  en  croupe,  toits
plans  et  sphériques,  leurs  intersections,  arêtes,  etc.
CONSTRUCTIONS  EN  FER.
Les  assemblages  simples  en  fonte,  en  tôle  et  en  fer  en  barre,  assemblages  à
boulons  et  a  rivets,  construction  de  parois  verticales  en  fonte,  poutres  pour  la
        <pb n="91" />
        construction  des  toils  en  tôle  et  en  fonte,  construction  des  toits  en  fonte  et  fer
forgé,  en  fonte  et  en  bois.
Leçons  sur  l’ébénisterie,  sur  la  serrurerie,  sur  la  vitrerie,  sur  la  peinture.
Dessin  de  construction  (dix  heures  par  semaine).
III e  PARTIE.  ÉTABLISSEMENT  DES  CONSTRUCTIONS.  (QUATRE  HEURES  EN  ETE.)
Considérations  générales  sur  la  nature  du  sol  au  point  de  vue  des  fondations,
fondations  sur  un  sol  résistant,  rocher,  gravier,  sable  sec  et  pur,  sur  du  limon,
ou  de  l’argile,  fondations  sur  un  terrain  compressible  au  moyen  de  lits  de
sable,  de  béton,  puits  de  fondation,  grillages  simples,  grillages  à  pilots,  battage
de  pilots  au  mouton,  à  main,  à  sonnette,  à  déclic,  à  vapeur,  atmosphérique;
disposition  de  ces  machines,  charge  que  peut  supporter  un  pilot,  fondation
en  caisson,  construction  des  caissons,  creusage  et  drainage  du  fond,  emploi
de  la  mine  pour  faire  sauter  les  rochers  sous  l’eau,  assèchement  des  caissons,
machines  auxiliaires.
Dessin  de  construction  (dix  heures  par  semaine).
Routes  et  chemins  de  fer  (quatre  heures  en  hiver).
Dessin  de  construction  (dix  heures  en  hiver).
Considérations  générales  sur  le  but  de  l’établissement  et  sur  la  direction  des
routes;  aoules  des  crêtes  et  des  vallées,  transport  de  fardeaux  par  voiture,  avec
des  bêtes  de  somme  sur  des  routes,  résistance,  force  de  traction  des  animaux,
détermination  des  pentes  maximum  d’après  la  charge,  les  résistances  et  la  force
de  traction,  recherche  du  tracé  d’une  route  sur  un  terrain  donné  en  se  servant,
pour  établir  les  limites  de  pentes,  soit  du  niveau  sur  le  terrain,  soit  d’une  carte  à
courbes  de  niveau  ;  mesurage  et  représentation  graphique  du  trace  jalonne,  nivellement ­
  longitudinal,  profil  en  long,  profil  en  travers,  terrassements,  compensation ­
  des  déblais  et  des  remblais,  construction  delà  voie;  diverses  méthodes
d’empierrements,  pierres  concassées  et  gravier,  routes  pavées,  assèchement  des
routes,  fossés,  canaux,  caniveaux,  travaux  d’art,  murs  de  soutènement,  maisons ­
  de  cantonniers,  barrières  de  péages,  poteaux  des  numéros  et  des  distances,
plantations  d’arbres,  entretien  des  routes,  usure  de  l’empierrement  par  les
roues  des  voitures  et  les  influences  atmosphériques,  manière  de  retirer  et  de
remplacer  les  détritus,  détermination  de  l’approvisionnement  d’entretien  pour
une  longueur  de  route  déterminée,  d’après  la  fréquentation  de  la  route  et  la
résistance  des  matériaux  employés.
CHEMINS  DE  FEU.
Considérations  générales  pour  le  tracé,  trafic,  recherche  de  (  importance  du
        <pb n="92" />
        —  87
trafic,  détermination  approximative  du  rendement  des  dépenses  détablissement, ­
  d’après  les  frais  d  exploitation  et  l’importance  du  trafic,  recherche  de  la
résistance  au  transport  des  fardeaux  sur  des  rails.  En  déduire  la  consommation
de  vapeur  qui  en  résulte  et  le  poids  à  donner  aux  locomotives.  Limite  d’inclinaison ­
  de  la  voie,  limite  du  rayon  des  courbes,  exhaussement  du  rail  extérieur
dans  les  courbes  et  élargissement  de  la  voie,  établissement  d’un  projet,  devis
des  frais  d’établissement  et  d’exploitation,  terrassements,  tranchées,  digues,
compensation  des  déblais  et  des  remblais,  divers  systèmes  de  voies,  choix  d’un
système  convenable,  passages  à  niveau,  croisements,  clôtures  de  la  voie,  construction ­
  des  tunnels,  construction  d’un  tunnel  en  commençant  par  ses  deux
extrémités  seulement,  ou  par  ses  deux  extrémités  et  par  des  puits  intermédiaires, ­
  établissement  des  stations  et  dispositions  pour  l’exploitation,  chariots
porteurs,  plaques  tournantes,  voies  de  garage,  et  bâtiments  nécessaires  à  l’exploitation. ­

DESSIN  DE  CONSTRUCTION.
PROJETS  DE  TRACÉS  DE  ROUTES  ET  DE  CHEMINS  DE  FER.
Construction  de  ponts  (quatre  heures  en  hiver).
Dessin  de  construction  (été,  dix  heures).
Choix  de  remplacement,  choix  du  système  de  construction  d’après  la  localité
et  le  but;  détermination  de  la  section  de  passage  des  eaux  d’après  la  masse  de
celles-ci,  vitesse  maximum  de  l’eau  au  passage  sous  les  ponts,  ponts  en  bois  avec
des  culées  et  des  piles  en  pierre;  murs  riverains,  piles,  ponts  en  poutres
pleines,  ponts  en  treillis,  ponts  suspendus  et  à  arc-boutant  ;  ponts  américains,
brise-glaces,  ponts  droits  en  pierre,  viaducs,  exécution  des  pieds-droits,  des
piles  et  des  voûtes,  avec  détermination  de  leur  résistance  à  la  poussée;  ponts
biais  en  pierre,  disposition  des  surfaces  de  ponts,  considération  de  l’angle  de
joint  constant,  ponts  en  fer,  poutres,  voûtes,  suspensions,  arcs  boutants,  ponts
tubulaires  en  fonte,  ponts  en  poutres,  en  treillis,  tubulaires  en  fer  forgé  et
laminé  ;  ponts  en  chaînes  et  en  fil  de  fer,  et  leurs  moyens  de  suspension  ;
ponts  mobiles,  ponts-levis,  ponts  tournants,  ponts  roulants,  ponts  de  bateaux,
ponts  volants.
Dessin  de  construction:  projets  basés  sur  les  cours.
Constructions  hydrauliques  (été,  quatre  heures).
Dessin  (été,  six  heures).
Constructions  dans  les  fleuves  et  torrents  ;  naissance  et  propriétés  générales
des  torrents  ;  travaux  hydrométriques,  travaux  qui  se  présentent  dans  la  régularisation ­
  des  torrents,  ouvrages  transversaux,  ouvrages  parallèles,  protection
        <pb n="93" />
        88

§.

ties  rives,  plantations,  assèchements  et  irrigations;  naissance  des  marais  et  des
tourbières;  moyens  d’assèchements,  assèchement  complet,  etablissements  d’irrigations, ­
  barrages,  arrosage,  culture  d’une  pente,  d’une  crête,  culture  mixte.
Travaux  de  défense  et  écluses.
Travaux  fixes  de  la  défense,  leur  longueur,  hauteur  et  direction;  défenses  en
bois  eten  pierres;  choix  de  la  construction,  défense  d’écluses  et  de  déversoirs;
travaux  de  défense  pour  les  irrigations  et  les  assèchements.
Canaux,  quantité  d’eau  nécessaire,  alimentation  et  écoulement  des  canaux,
écluses  de  canaux  à  portes  en  bois  ou  en  fer,  écluses  pour  bateaux.
Ports,  ports  de  mer,  digues  et  jetées,  avant-ports,  écluses.
Conduites  d’eau,  alimentation  de  la  distribution,  filtres,  tuyaux  de  distribution, ­
  en  bois,  en  pierre,  en  métal;  distribution  d’eau  pour  de  grandes  villes,
projets  basés  sur  les  cours.
Esthétique  de  l'art  de  l’architecture  (hiver  et  été,  cinq  heures).
Ordres  toscan,  dorique,  ionique  et  corinthien;  positions  des  colonnes,  des
pieds-droits;  voûtes,  murs  de  façades,  portes,  fenêtres  et  portes  cochères;
seuils  et  appuis  ;  linteaux  droits  et  en  voûte  ;  toits  et  planchers  ;  dispositions
de  bâtiments  complets  au  point  de  vue  de  la  beauté,  caractère  des  constructions,
emplacement  des  constructions,  dispositions  des  places,  des  rues  pour  des
localités  entières.
Dessin  architectonique  (hiver  et  été,  huit  heures).
Dessin  d’éléments  architectoniques  avec  leurs  ornements,  des  colonnes  avec
leur  entablement,  le  socle,  la  hase,  le  chapiteau,  les  corniches,  les  colonnes  et
les  piliers  avec  leurs  arcs.
Projets  architectoniques  (hiver  et  été,  dix  heures).
Projets  de  plans  d’après  des  données,  et  compositions  dites  de  concours.
Projets  et  discussion  de  plans  d’usines  métallurgiques  (hiver  et  été,  quatre  heures).
Il  y  a  un  cours  de  dessin  pour  ceux  qui  s’occupent  de  métallurgie  ;  ce  cours
est  basé  sur  ceux  de  chimie  et  de  physique  techniques  et  de  construction.
Projets  et  discussion  de  fabriques  (hiver  et  été,  quatre  heures).
11  y  a  un  cours  spécial  de  dessin  organisé  sur  des  bases  analogues  au  précédent; ­
  on  y  donne  des  explications  et  on  groupe,  devant  les  élèves,  les  appareils
avec  leur  dispositif  pratique.
Constructions  agricoles  (été,  deux  heures).
Dessin  et  projet  de  constructions  agricoles  (hiver  et  été,  quatre  heures).
Emplacement  de  la  ferme  par  rapport  aux  champs,  à  la  propriété;  choix
de  remplacement,  disposition  des  bâtiments  de  la  ferme,  dispositions  comparatives ­
  des  bâtiments  d’une  ferme  en  Allemagne,  en  Angleterre  et  en  Écosse;
        <pb n="94" />
        I  2

—  89  ——
distribution  ct  rapport  de  la  surface  des  dillérents  bâtiments;  dispositions  pom
la  préservation  des  récoltes,  des  meules,  des  granges,  des  greniers,  des  caves,
des  silos,  et  dispositions  et  espace  nécessaires  pour  recevoir  le  bétail;  fosses  a
fumier,  réservoirs  à  purin;  maisons  pour  les  besoins  domestiques,  dhabitation
du  propriétaire,  du  fermier,  de  la  domesticité,  des  familles  d’ouvriers;  laiterie,
cave  à  lait,  glacière.
L’établissement  possède,  comme  moyens  auxiliaires,  3oo  modèles  de  constructions ­
  les  plus  variés,  et  une  collection  de  matériaux  de  construction  ainsi
que  de  nombreux  ouvrages  à  la  bibliothèque.
PHARMACIENS.
Pharmacognosie  (hiver,  quatre  heures).
Introduction,  classement  des  drogues,  manière  de  les  examiner,  leur  origine,
récolte  et  traitements  ultérieurs;  genres  et  espèces;  description  des  drogues  à
l’état  sous  lequel  on  les  trouve  dans  le  commerce;  substitutions  et  falsifications;
composition  chimique,  collection  pharmacognostique.
FORESTIERS.
Climatologie  forestière  (hiver,  une  heure).
Influence  du  climat  sur  les  forêts  et  des  forêts  sur  le  climat  ;  il  est  nécessaire ­
  de  connaître  la  météorologie  pour  suivre  ce  cours.
Connaissance  du  sol  (hiver,  une  heure).
Différences  physiques  et  chimiques  du  sol;  influence  du  sol,  du  sous-sol  et
de  ce  qui  couvre  le  sol,  sur  la  prospérité  des  forêts;  influence  du  boisement
et  de  l’exploitation  sur  les  propriétés  productives  de  la  terre  arable.  Pour  ces
études  il  est  nécessaire  de  connaître  la  chimie,  la  physique,  la  minéralogie  et
la  géognosie.
Anatomie  et  physiologie  des  plantes  forestières  (quatre  heures  en  hiver,  y  compris ­
  les  démonstrations  microscopiques).
Organes  élémentaires  et  leur  agrégation  en  systèmes  d’organes;  composition
chimique  des  parties  constitutives  des  plantes  et  leur  transformation;  fructification, ­
  germination,  nutrition,  croissance  et  reproduction  des  plantes.
Travaux  au  microscope.
Botanigaeforestière  (deux  heures  en  hiver).
Propriétés  des  plantes  forestières  et  des  plantes  nuisibles,  qui  intéressent
spécialement  l’économie  forestière.
Ce  cours  sert  d  introduction  à  celui  d’exploitation  forestière  qu’il  précédera.
Insectes  des  forêts  (deux  heures  en  été).
        <pb n="95" />
        Leur  structure  et  leur  développement;  leur  alimentation,  leur  croissance,
leurs  métamorphoses  ;  marche  systématique  et  habitudes  des  insectes  utiles  et
nuisibles,  pour  l’usage  des  cours  sur  la  protection  des  forêts.
Exploitation  forestière  (quatre  heures  en  hiver).
Conditions  de  l’économie  forestière,  les  différents  systèmes  d’exploitation  ;  des
rejetons,  de  la  reproduction  à  la  suite  des  coupes,  des  transformations,  etc.
Culture  du  hois,  règles  pour  le  rajeunissement  et  pour  la  culture  des  forêts;
reboisement,  boisements  nouveaux  et  amélioration  des  forêts  existantes.
Organisation  de  l’exploitation  et  taxations  (été,  cinq  heures).
Mesure  et  distribution  des  surfaces  boisées  ;  mesure  et  calcul  des  arbres,  des
forêts  et  de  leur  accroissement;  mesures  à  prendre  suivant  les  modes  d’exploitation ­
  et  l’état  des  forêts  pour  l’économie  future  ;  différentes  méthodes  pour
calculer  le  rapport  d’une  forêt  d’après  les  divers  modes  d’exploitation.
Evaluation  de  la  valeur  d’une  forêt  (hiver,  trois  heures).
Protection  des  forêts  (été,  deux  heures).
Mesures  à  prendre  contre  les  dommages  que  peuvent  causer  aux  forêts
l’homme,  les  animaux,  les  plantes,  les  phénomènes  de  la  nature.
iJtilisation  des  forêts  (hiver,  trois  heures).
Connaissances  de  la  valeur  commerciale  des  bois  ;  propriétés  techniques  et
valeur  pour  l’usage  des  produits  forestiers.
Industries  forestières  ;  exploitation.
Charbonnage,  écorçage,  scieries.
Commerce  forestier,  conservation,  transport;  fixation  du  prix  et  consommation ­
  des  produits  forestiers.
Statistique  forestière  (hiver,  une  heure).
Conditions  du  boisement  actuel  de  l’Allemagne  et  particulièrement  du  duché
de  Brunswick.
Statistique  forestière  (une  heure  en  été).
Relations  entre  le  sol,  le  capital,  la  croissance  du  bois  et  le  travail,  entre  la
production  et  l’utilisation.
Economie  forestière  de  l’État  (une  heure  en  été).
importance  des  forêts  de  l’Etat  pour  l’intérêt  général,  et  principes  spéciaux
d’économie  qui  en  résultent;  administration  forestière,  caisse  et  comptabilité.
Police  forestière  (été,  une  heure).
Autorités,  ordonnances  restrictives  de  police  sur  le  droit  de  disposer  de  la
propriété  forestière,  dans  l’intérêt  public,  pour  augmenter  la  production  et  diminuer ­
  la  consommation  des  produits  forestiers,  servitudes  et  manière  de  s’en
libérer;  partages  en  commun,  expropriation,  etc.
        <pb n="96" />
        —  91  —
(Dans  ces  trois  derniers  cours  on  ne  donne  que  des  notions  generales,  en
engageant  les  élèves  à  travailler  par  eux-mêmes.)
De  la  chasse  (été,  deux  heures).
Soins  des  pistes  et  méthodes  de  chasse  en  usage.
Histoire  et  littérature  forestières  (été,  deux  heures),
Histoire  du  boisement  de  l’Allemagne,  causes  et  suites  des  changements
survenus  avec  le  temps;  histoire  de  la  science  forestière  et  de  la  chasse,  avec
indication  spéciale  des  ouvrages  convenables  pour  des  études  particulières.
Comme  moyens  auxiliaires,  l’établissement  possède  une  collection  d’instruments ­
  de  culture  et  de  travail  du  bois,  d’instruments  de  mesurage,  de
modèles  pour  l’utilisation  technique  de  produits  forestiers,  de  construction  de
meules,  de  fours  de  carbonisation,  de  fours  à  résine,  d’outils  de  chasse,  de  modèles ­
  de  dispositifs  de  chasse,  et  une  forêt  de  2  hectares  5g  ares  (10  waldmor-(jen)
  de  superficie.

AGRICULTEURS.
Anatomie  et  physiologie  des  animaux  domestiques  (trois  heures  en  hiver).
Démonstrations  et  explications  physiologiques  des  organes  les  plus  importants ­
  avec  les  préparations  du  cabinet  zootomique,  d’après  des  bêtes  vivantes
et  des  dessins.
Considérations  économiques  sur  l’agriculture  (deux  heures  en  hiver).
Notions  fondamentales,  production  par  la  réunion  destorces  de  la  nature,
du  travail  et  du  capital;  classification  des  biens,  produit  brut  et  net.  rente  du
travail,  rente  du  capital,  rente  du  fonds,  transmission  des  biens,  trafic,  moyens
de  trafic,  prix,  argent,  monnaie,  crédit,  banques,  effets  de  commerce,  papiermonnaie,
  commerce  des  céréales.
Économie  agricole  (quatre  heures  en  hiver).
Position  sociale  et  gouvernementale  de  1  agriculture,  histoire  de  1  agriculture ­
  chez  les  peuples  anciens  et  chez  les  Germains,  littérature  agricole,  ressources ­
  agricoles,  biens  fonds,  capital,  travail  ,  au  point  de  vue  surtout  de  la  determination ­
  des  valeurs  relatives,  application  de  ces  ressources  dans  différents
systèmes  d’exploitation,  successions  des  cultures  et  conditions  du  système  dexploitation ­
  particulière  d’après  les  localités,  choix  des  plantes  de  culture  d  après
leurs  besoins  d  amendements  et  le  climat,  ainsi  que  d’après  leur  écoulement;
choix  du  bétail,  réunion  de  I  industrie  agricole  et  de  celle  de  1  aubergiste,  direction. ­

Fhéorie  de  l  agriculture  (cinq  heures  en  été).
Principes  de  culture  déduits  des  sciences;  organes,  phénomènes  de  la  nutri-
        <pb n="97" />
        —  92  —
lion  et  autres  dans  les  plantes  de  culture;  roches  et  formation  de  chaînes  de
montagnes,  décomposition  et  formation  de  la  terre  arable,  conditions  essentielles ­
  à  la  végétation,  terre,  air,  eau,  lumière,  chaleur,  influences  artificielles,
amendements,  préparation  du  sol,  défrichement,  drainage,  instruments  agricoles ­
  et  leur  application,  culture  profonde,  etc.
Culture  (cinq  heures  en  été).
Semailles,  semer  en  tournant,  semer  en  large,  méthodes  de  culture,  culture ­
  despèces  isolées,  leurs  règles  au  point  de  vue  du  climat,  du  soi,  de  la
fumure  et  de  la  succession  des  récoltes,  soins,  maladies  des  plantes  de  culture
et  prophylaxie,  plantes  à  graines,  à  racines,  dommages  causés  par  les  insectes,
manière  de  les  éviter,  récoltes  et  méthodes  en  usage  pour  récolter,  rapport  et
composition  des  récoltes,  culture  des  céréales,  cultures  commerciales,  culture
de  fourrages,  de  prairies  et  de  pâturages,  dispositions  d’irrigations  et  d’assèchements ­
  ,  herbes  qui  poussent  sans  culture,  leur  importance  comme  plantes  de
prairies  ou  de  pâturages.
Elève  du  bétail  (cinq  heures  en  hiver).
Provenance  et  race  des  animaux  domestiques,  principes  pour  élever  le  bétail ­
  suivant  le  but  qu  on  se  propose,  élève  et  soin  du  jeune  bétail,  alimentation
et  soin  du  vieux  bétail  ,  élève  spéciale  des  races  bovines,  ovines,  porcines;
indications  pour  l’exploitation  des  viviers,  des  ruches  d’abeilles.
Connaissance  et  élève  des  chevaux  (quatre  heures  en  hiver).
Forme  extérieure,  âge  d’après  la  denture,  robes,  caractères  et  races  des
chevaux,  principes  pour  l’accouplement  et  l’ennoblissement  du  cheval,  part,
manière  de  l’aider,  alimentation  et  soins  à  donner  aux  chevaux.
Maladies  des  animaux  domestiques  (quatre  heures  en  été).
Les  maladies  passagères  fréquentes  et  leurs  causes,  épizooties  et  maladies
contagieuses,  mesures  de  salubrité  contre  leur  propagation,  manière  d’éviter
les  maladies.
Opérations  et  médicaments  (quatre  heures  en  été).
Opérations  et  coups  de  main  pour  secours  immédiat,  propriétés  physiques
et  chimiques  et  effets  des  médicaments  les  plus  usités,  surtout  parmi  les  médicaments ­
  indigènes.
Estimation  des  biens  (deux  heures  en  été).
Etablissement  du  prix  d’achat  ou  de  fermage  d’une  propriété,  en  se  basant
sur  un  plan  d’exploitation  approprié,  rapport  moyen  en  céréales  et  les  frais
d’exploitation.
Comptabilité  agricole  (une  heure  en  hiver).
Valeur  et  avantages  d’une  bonne  tenue  de  livres,  tenue  de  livres  en  partie
        <pb n="98" />
        —  93  —
simple  sous  forme  de  registre,  tenue  de  livres  en  partie  double  aussi  simplifiée
que  possible.
Comme  moyens  auxiliaires  d  enseignement,  1  établissement  possède  une  collection ­
  d'instruments  d  agriculture  et  de  modèles,  de  roches  et  de  terres,  de
différentes  espèces  de  céréales  et  de  plantes  de  culture,  d’herbes,  de  préparations ­
  zootomiques,  d’échantillons  de  laines,  de  dessins  de  différentes  races
d’animaux,  un  jardin  botanico-économique.
Les  élèves  font  des  excursions  sur  de  grandes  propriétés.
BRANCHES  FACULTATIVES  D’ENSEIGNEMENT.
POUR  LA  CULTURE  GENERALE  DE  L’ESPRIT.
Droit  civil  (trois  heures  en  hiver  .
Droit  relatif  aux  constructions  (deux  heures  en  été).
Droit  forestier  (deux  heures  en  été).
Géographie  (trois  heures  en  hiver).
Statistique  (trois  heures  en  hiver).
Économie  politique  nationale  (trois  heures  en  été).
Histoire  de  l’art  des  constructions  (  quatre  heures  en  été).
L’art  chez  les  anciens  Egyptiens,  les  anciens  peuples  de  l’intérieur  de  l’Asie,
les  Grecs,  les  Etrusques  et  les  Romains,  architecture  des  premiers  temps  de
1  ère  chrétienne,  architecture  de  l’islamisme,  architecture  du  style  roman  et
gothique,  art  moderne,  renaissance  et  style  rococo.
PREMIÈRE  PARTIE.
Histoire  (deux  heures  en  hiver  et  en  été).
Revue  de  l’histoire  ancienne  et  du  moyen  âge.
n*  PARTIE.
Histoire  moderne  (trois  heures  en  hiver  et  en  été).
Histoire  de  la  littérature  allemande  (trois  heures  en  hiver  et  en  été).
Langue  française  :  Grammaire  (trois  heures  en  hiver  et  en  été).
Explications  d’auteurs  français  (trois  heures  en  hiver  et  eu
été).
Traductions  en  français  (deux  heures  en  hiver  et  en  été).
Conversation  française  (deux  heures  en  hiver  et  en  été).
Histoire  de  la  littérature  française  (deux  heures  en  hiver  et  en  été).
•  Langue  anglaise  :  Grammaire  (trois  heures  en  hiver  et  en  été).
        <pb n="99" />
        Langue  anglaise  :  Explications  d’auteurs  anglais(  trois  heures  en  hiver  et  en  été).
Traductions  en  anglais  (deux  heures  en  hiver  et  en  été).
Conversation  anglaise  (deux  heures  en  hiver  et  en  été).
Histoire  de  la  littérature  anglaise  (deux  heures  en  hiver  et  en  été).

RÉPARTITION  DES  MATIERES  D’ENSEIGNEMENT.
Enfin  nous  donnons  la  répartition  des  matières  et  des  heures  d’études  par  semaine ­
  pour  les  divisions  spéciales.  Chaque  paragraphe  correspond  à  un  semestre.
Les  élèves  .qui  ne  suivent  pas  le  plan  d’études  indiqué  pour  une  spécialité  ne
peuvent  pas  prétendre  à  obtenir  le  certificat  de  sortie  qui  y  est  relatif.
Les  cours  marqués  (*)  ne  sont  pas  obligatoires;  mais  il  est  fortement  recommandé ­
  aux  élèves  de  suivre  exactement  les  cours  compris  dans  leurs  études,  et
de  ne  pas  négliger  ceux  qui  se  rapportent  à  la  culture  générale  de  l’esprit.

PREMIÈRE  DIVISION  TECHNIQUE.
MÉCANICIENS  ET  CONSTRUCTEURS  DE  MACHINES.

Afin  d’abréger  la  durée  des  études,  ou  commence  les  cours  spéciaux  avant
que  l’enseignement  des  mathématiques  supérieures  soit  complètement  terminé.
Les  cours  de  construction  de  machines  sont  menés  de  front  et  en  relation
avec  ceux  de  mécanique,  d’étude  de  machines,  de  projets  et  d’exercices  de
construction.

l re  ANNÉE.  1 er  SEMESTRE.
Arithmétique  et  algèbre
Géométrie  et  trigonométrie.
Connaissance  des  instruments
Physique  expérimentale,  1"  cours
Chimie  inorganique  ....
Dessin  à  main  levée

2  SEMESTRE.

Stéréométrie  et  trigonométrie  sphérique.
Équations
Géométrie  analytique
'  Géométrie  pratique
Physique  expérimentale,  2 e  cours
*  Dessin  de  plans
Dessin  à  main  levée

NOMBRE
D’HEURES
par  semaine.

5
5
2
5
5
n
5
2
5
5
5
H
//
        <pb n="100" />
        —  95

a"  ANNÉE.  —  3 e  SEMESTRE.
Calcul  différentiel,  i"  cours
Géométrie  descriptive,  i or  cours
Minéralogie
Chimie  technique,  i er  cours
Dessin  de  machines
4'  SEMESTRE.
Calcul  différentiel,  a*  cours
Géométrie  descriptive,  a*  cours
*  Géologie
Mécanique,  i' r  cours
Notions  générales  de  construction  de  bâtiments
Dessin  de  machines

II e  DIVISION  TECHNIQUE.
CONSTRUCTION  DE  BÂTIMENTS.

NOMBRE
D’HEURES
par  semaine.

4
5
5
h

4
5
4
4
//

Les  divisions  de  constructeurs  de  bâtiments,  de  génie  civil  et  d’architecture,
ont  presque  toutes  les  études  préparatoires  communes;  elles  ont  en  outre  plusieurs ­
  points  communs  pour  les  études  spéciales.  Aussi,  quand  les  élèves  se  sont
prononcés  pour  l’une  ou  l’autre  des  huit  subdivisions,  ce  n’est  que  dans  les  exercices ­
  de  dessin,  les  projets  et  les  applications  qui  s’y  rapportent  que  leur  enseignement ­
  difiere  de  celui  des  deux  autres  subdivisions.

l”  ANNÉE.  1  '  SEMESTRE.
Arithmétique  et  algèbre.
Géométrie  et  trigonométrie
Connaissance  des  instruments
Physique  expérimentale,  i e ‘  cours
Chimie  inorganique
Dessin  à  main  levée

3°  SEMESTRE.
Stéréométrie  et  trigonométrie  sphérique.  .  .  .
Théorie  des  equations
Géométrie  analytique
Géométrie  pratique

NOMBRE
D’HEURES
par  ¡semaine.

5
5
2
5
5
a

2
5
5
        <pb n="101" />
        Physique  expérimentale,  2 e  cours
Dessin  de  plans
Dessin  à  main  levée

2 e  ANNÉE.  3 e  SEMESTRE.
Calcul  différentiel,  i* r  cours
Géométrie  descriptive,  i"  cours
*  Géodésie
Chimie  technique
Minéralogie
Histoire  de  l’architecture,  i"  cours
Dessin  d'ornements

4 e  SEMESTRE.
Calcul  différentiel,  2 e  cours
Géométrie  descriptive,  2 e  cours
*  Géodésie  supérieure
Géologie
Mécanique,  1 er  cours
Notions  générales  de  constructions,  i"cours.
Dessin  d’ornements
Dessin  d’architecture  et  de  constructions..  .  .

3 e  ANNÉE.  5 e  SEMESTRE.
Calcul  différentiel,  3 e  cours
Géométrie  descriptive,  3 e  cours
Physique  technique,  1 er  cours
Mécanique,  2 e  cours
Notions  générales  de  construction  ,  2 e  cours
Dessin  d’architecture  et  de  constructions

6 e  SEMESTRE.
Physique  technique,  2 e  cours
Physique  mathématique,  a"  cours
Mécanique,  3 e  cours
Notions  générales  de  constructions,  3 e  cours
Histoire  de  l’architecture  ,  2 e  cours
Matériaux  de  construction
Dessin  d’architecture  et  de  constructions
4 e  ANNÉE.  7*  SEMESTRE.
*  Mécanique  analytique

NOMBRE
D’HEURES
par  semaine.
5
//
II
5
4
2
5
5
2
//
5
4
3
5
4
j
II
H
2
4
2
5
4
U
2
2
4
4
4
2
U
4
        <pb n="102" />
        97

Mécanique  des  constructions
Roules  el  chemins  de  fer
Construction  de  ponts
Droit  civil
Dessin  de  constructions
Projets  architectoniques
Dessin  de  paysages
8 e  SEMESTRE.
Constructions  hydrauliques
Etude  de  machines
Droit  relatif  à  la  construction  des  bâtiments  .
Dessin  de  constructions
Projets  architectoniques
Dessin  de  paysages

IIP  DIVISION  TECHNIQUE.
SAUNES  ET  USINES  METALLURGIQUES.

NOMBRE
D’HEURES
par  semaine.
2
4
4
3
//
//

4
4
2
//
U

Ces  deux  subdivisions  ont  besoin  des  mêmes  études  préparatoires.  Pour  les
salines  on  exige  une  connaissance  approfondie  de  fa  géognosie  el  des  fossiles,  et
pour  les  usines  métallurgiques,  celles  de  la  chimie  et  de  la  minéralogie.

l"  ANNÉE.  1 er  SEMESTRE.
Arithmétique  et  algèbre
Géométrie  et  trigonométrie
'  Connaissance  des  instruments
Physique  expérimentale,  C  cours
Chimie  inorganique
Dessin  à  main  levée
2 e  SEMESTRE.
Stéréométrie  el  trigonométrie  sphérique
Théorie  des  équations
Géométrie  analytique
Géométrie  pratique
Physique  expérimentale,  2 e  cours
*  Dessin  de  plans
Dessin  à  main  levée

NOMBRE
D’HEURES
par  semaine.
5
5
2
5
5
5
2
5
5
5
U
II
        <pb n="103" />
        i

:  Jm

V

98

2 e  ANNEE.  3 e  SEMESTRE.
Calcul  différentiel,  i ei  cours
Géométrie  descriptive,  i"  cours*.
Physique  technique,  i 61  cours
Physique  chimique
Minéralogie
Dessin  de  machines
Manipulations  au  laboratoire
4 e  SEMESTRE.
Calcul  différentiel,  2 e  cours
Géométrie  descriptive,  2 e  cours
Physique  technique,  2 e  cours
Géologie
Mécanique,  i er  cours.  .
Notions  générales  de  constructions
Dessin  de  machines  et  de  constructions,  manipulations
3 e  ANNÉE.  5°  SEMESTRE.
Mécanique,  2 e  cours
Exercices  minéralogiques
Notions  générales  de  constructions,  2"  cours
Projets  d’usines  métallurgiques
Manipulations  au  laboratoire
6 e  SEMESTRE.
Mécanique,  3 e  cours
Métallurgie
Exercices  géologiques
Notions  générales  de  constructions,  3°  cours
Projets  d’usines  métallurgiques
Travaux  au  laboratoire

NOMBRE
D’HEURES
par  semaine.

4
2
2
5
n
n
5
4
2
5
4
4
H
5
2
4
U
//
4  à  5
2  à  3
2
4
//
//

IV e  DIVISION  TECHNIQUE.
CHIMIE  TECHNIQUE.
Outre  une  connaissance  approfondie  de  la  chimie,  les  élèves  de  cette  division
doivent  avoir  des  notions  de  construction  de  machines  et  de  bâtiments.  La  connaissance ­
  de  la  géométrie  descriptive  leur  est  par  consécpient  nécessaire.
Dans  la  troisième  année  on  ne  fait  guère  que  des  manipulations  au  laboratoire. ­
        <pb n="104" />
        .99

l”  ANNÉE.  l"  SEMESTRE.
Arithmétique  el  algebre
Géométrie  et  trigonométrie
Physique  expérimentale,  1"  cours
Chimie  inorganique
Dessin  à  main  levée

2 r  SEMESTRE.
Stéréométrie  et  trigonométrie,  physique
Physique  expérimentale,  2*  cours
Chimie  organique
Botanique
Dessin  à  main  levée

2'  ANNÉE.  3 e  SEMESTRE.
Géométrie  descriptive,  1 e1  cours
Physique  chimique
Chimie  technique,  1"  cours
Physique  technique,  i er  cours
Minéralogie
Dessin  de  machines  et  travaux  au  laboratoire

4'  SEMESTRE.
Géométrie  descriptive,  2'  cours
Chimie  technique,  2'  cours
Physique  technique,  2'cours
Géologie
Dessin  de  machines  et  travaux  au  laboratoire.

3*  ANNÉE.—  5 e  SEMESTRE.
Notions  genérales  sur  les  machines
Statistique
Projets  de  fabriques  et  travaux  au  laboratoire

6 e  SEMESTRE.

Économie  politique
Projets  de  fabriques  et  travaux  au  laboratoire

NOMBRE
D’HEURES
par  semaine.

O
5
5
5
H
5
5
5
5
//
4
2
5
2
5
H
4
5
2
5
H
4
3
H
3
//  '

V*  DIVISION  TECHNIQUE.
PHARMACIENS.
Ces  études  pharmaceutiques  doivent  avoir  été  précédées  d’un  apprentissage
pratique.
        <pb n="105" />
        -  100

l”  ANNÉE.  1 er  SEMESTRE.
Arithmétique  et  algèbre..
Géométrie  el  trigonométrie
Physique  expérimentale,  i e *  cours
Chimie  inorganique
Travaux  au  laboratoire
2 e  SEMESTRE.
Physique  expérimentale,  2 e  cours
Chimie  organique
Botanique
Pharmacie
Chimie  légale
Travaux  au  laboratoire
2 &amp;lt; ‘  ANNÉE.—  3 e  SEMESTRE.
Minéralogie
Zoologie
Pharmacognosie
Physique  chimique
Travaux  au  laboratoire

VI e  DIVISION  TECHNIQUE.
ÉCONOMIE  FORESTIÈRE.

NOMBRE
D’HEURES
par  semaine.

5
5
5
5
U
5
5
5
5
2
n
5
5
4
2
H

Le  plan  d’études  sépare  ici  les  études  spéciales  des  études  préparatoires.
L’on  conseille  aux  candidats  aux  emplois  du  service  forestier  du  pays  de  suivre
la  première  année  de  cette  division  immédiatement  au  sortir  defecóle  primaire,
ou  autre  école  élémentaire,  et  de  faire  ensuite  une  année  d’apprentissage  dans
les  forêts,*  avant  de  venir  suivre  les  cours  spéciaux  de  la  deuxième  année.

l"  ANNÉE.  1 er  SEMESTRE.
Arithmétique  et  algèbre
Géométrie  et  trigonométrie
Physique  expérimentale,  i re  année
Chimie  inorganique
Zoologie.
Minéralogie

NOMBRE
D’HEURES
par  semaine.

5
5
5
5
        <pb n="106" />
        —  101

2 e  SEMESTRE.
Stéréométrie  et  trigonométrie  sphérique
Géométrie  pratique
Physique  expérimentale,  2*  cours
Chimie  organique
Botanique
Géologie
2 e  ANNÉE.  3*  SEMESTRE.
Exercices  mathématiques
Climatologie  et  connaissance  du  sol
Physiologie  des  plans  frontières
Botanique  forestière  et  culture  des  forêts
Évaluation  de  la  valeur  d’une  forêt
Histoire  et  statistique  forestière
Droit  civil.
4'  SEMESTRE.
Exercices  mathématiques
Organisation  de  l’exploitation  et  taxations
Protection  des  forêts.  —  Insectes  forestiers
Police  forestière  et  économie  forestière
Utilisation  des  forêts
Notions  sur  la  chasse
Droit  forestier

NOMBRE
D'HEURES
par  semaine.

5
5

5
2  à  4
2
4
(i
3
2
3
2  à  4
4
4
4
3
2

VIP  DIVISION  TECHNIQUE.
ÉCONOMIE  RURALE.

L’on  engage  les  élèves  à  partager  leurs  études  de  la  même  manière  que  pour
la  spécialité  précédente.

l r *  ANNÉE.  1 er  SEMESTRE.
Arithmétique  et  algebre
Géométrie  et  trigonométrie
Physique  expérimentale,  1"  cours
Chimie  inorganique
Zoologie
Minéralogie

NOMBRE
D'HEURES
par  semaine.

5
5
5
5
5
5
        <pb n="107" />
        NOMBRE

2*  SEMESTRE.
Stéréométrie  et  trigonométrie  sphérique.  .  .  .
Géométrie  pratique
Physique  expérimentale,  2 e  cours.
Chimie  organique
Botanique
Géologie
Dessin  de  plans

2 e  ANNÉE.  3 e  SEMESTRE.
Economie  agricole
Anatomie  des  animaux  domestiques
Élève  du  bétail
Connaissance  et  élève  des  chevaux
Chimie  technique
Connaissance  générale  des  machines
Comptabilité  agricole

4'  SEMESTRE.

Théorie  de  l’agriculture  proprement  dite
Culture  des  plantes
Maladies  des  animaux  domestiques
Notions  sur  les  opérations  et  les  médicaments
Estimation  des  biens
*  Notions  sur  les  constructions  agricoles
Travaux  au  laboratoire

3 e  ANNÉE.  5 e  SEMESTRE.
Calcul  différentiel,  3'  cours
Géométrie  descriptive,  3 e  cours
'  Physique  technique
Mécanique,  2 e  cours
Construction  de  machines,  C r  cours
Notions  générales  de  construction  de  bâtiments,  2 e  cours
Construction  de  machines.  (Exercices.)
6 e  SEMESTRE.
*  Physique  technique,  2'  cours
Physique  mathématique
Mécanique,  3 e  cours
Construction  de  machines,  2 e  cours
Étude  des  machines,  2 e  cours
Notions  générales  de  construction,  3 e  cours
Construction  de  machines.  (Exercices.)

D’HEURES
par  semaine.

5-5


5

y
n
y
//

//
//
y
//

y
H
n

II
y
n
u

2
4

2
4

2
2
4
2
4
4
a

OA  W
        <pb n="108" />
        \

\

103

4*  ANNÉE.  7 e  SEMESTRE.
*  Mécanique  analytique
Mécanique  des  constructions  de  bâtiments
Construction  de  machines,  3°  cours.
Elude  de  machine
*  Génie  civil
Construction  de  machines.  (Exercices.)
VIII e  DIVISION  TECHNIQUE.
CHEMINS  DE  FER  ET  POSTES.

NOMBRE
D'HEURES
par  semaine.

4
2
2
4
4
U

Les  matières  exigées  pour  être  admis  clans  cette  division  sont  les  mathématiques ­
  élémentaires,  la  géographie  et  la  statistique,  l’histoire  des  langues  modernes ­
  et  de  leur  littérature.

l"  ANNÉE.  l"  SEMESTRE.
Arithmétique  et  algèbre
Géométrie  et  trigonométrie
Physique  expérimentale
Géographie  et  statistique
Langue  française
Langue  anglaise
2 e  SEMESTRE.
Stéréométrie  et  trigonométrie  sphérique
Economie  politique  (nationale)
Histoire
Littérature  allemande
Langue  et  littérature  françaises
Langue  et  littérature  anglaises
2 e  ANNÉE.  3 e  SEMESTRE.
*  Exercices  mathématiques
Physique  technique
Histoire
Littérature  allemande  *
Langue  et  littérature  françaises
Langue  et  littérature  anglaises
Droit  civil

NOMBRE
D’HEURES
fpar  semaine.

5
5
5
6
6
6

3
5
3
3
8
2  à  4
2
//
II
u
n
        <pb n="109" />
        IX e  DIVISION  TECHNIQUE.
GÉOMÈTRES  POUR  LE  CADASTRE.

Les  jeunes  gens  qui  se  destinent  à  ce  service  doivent  suivre  un  cours  de  deux
ans  composé  à  peu  près  de  Ja  façon  suivante  :

l‘*  ANNÉE.  I e *  SEMESTRE.
Arithmétique  et  algèbre
Géométrie  et  trigonométrie
Exercices  mathématiques
Connaissance  des  instruments  ....
Pliysique  expérimentale
2'  SEMESTRE.
Stéréométrie  et  trigonométrie  sphérique
Théorie  des  équations
Géométrie  analytique
Géométrie  pratique
Exercices  mathématiques
Physique  expérimentale.
Dessin  de  plans
2 e  ANNÉE.  —  3 e  SEMESTRE.
Calcul  différentiel,  i* r  cours
Géométrie  descriptive,  i* r  cours
Astronomie  sphérique
Exercices  mathématiques
Physique  technique
Dessin  de  plans
4 e  SEMESTRE.
Calcul  différentiel,  2'  cours
Géométrie  descriptive
Géodésie  supérieure
Géologie  .  .

Observationsgénérales  sur  les  programmes.  —  11  est  certainement  difficile  de
composer  des  programmes  d’enseignement  scientifiques  et  techniques  plus  complets ­
  et  mieux  coordonnés,  et  il  ne  saurait  être  douteux  que  des  jeunes  gens
qui  les  auraient  suivis  avec  assiduité  ne  soient  en  état  de  se  distinguer  dans  la
carrière  qu’ils  auraient  adoptée.

NOMBRE
D'HEURES
par  semaine.

5
5
4  à  6
2

5
2
5
5
4
5
h
5
4
3
2  à  4
2
II
5
4
3
5
        <pb n="110" />
        J  05

DIRECTION.

La  direction  est  confiée  à  trois  membres  dont  le  plus  âgé  est  président.  Ce
comité  de  direction  est  sous  la  dépendance  immédiate  du  ministère  dEtat.
Le  collège  ou  conseil  des  professeurs  est  consulté  pour  des  intérêts  généraux
ou  pour  modifier  des  dispositions  existantes.  Il  se  compose  alors  des  professeurs
principaux,  et  est  convoqué,  soit  sur  l’initiative  du  président,  soit  sur  la  demande
d’un  des  membres  du  comité  de  direction.
La  conférence  des  professeurs  se  compose  de  tous  les  professeurs  et  répétiteurs. ­
  Elle  est  convoquée  pour  discuter  la  marche  de  l’enseignement.
Rétribution  scolaire.  —  Les  jeunes  gens  immatriculés  comme  élèves  réguliers
payent  par  semestre  18  thalers  (6y  fr.  5o  cent.)  et  pour  prendre  part  aux  manipulations, ­
  fi  thalers  (22  fr.  5o  cent.)  en  plus.  Ils  donnent  en  outre  au  garçon
de  laboratoire  20  gros  (2  francs).
Les  jeunes  gens  non  immatriculés  payent  par  semestre  pour  un  cours  de  trois
heures  par  semaine  3  thalers  (11  fr.  28  cent.),  pour  un  cours  de  quatre  â  cinq
heures,  fi  thalers  (22  fr.  5o  cent.),  la  rétribution  maximum  est  de  18  thalers
fi  y  fr.  5o  cent.),  quel  que  soit  le  nombre  de  cours  que  l’on  suive.
Pour  le  laboratoire  ces  élèves  payent  1  o  thalers  (3y  fr.  5o  cent.)  et  au  garçon ­
  20  gros  (2  francs).
Pour  la  participation  journalière  à  l’enseignement  dans  les  arts,  depuis  huit
heures  du  matin  à  deux  heures  de  l’après-dîner,  on  paye  3  thalers  (1  1  fr.  25  c.)
par  trimestre,  et  la  moitié  pour  trois  jours  seulement  de  la  semaine  au  moins.
Pour  l’immatriculation,  on  paye  2  thalers  (y  fr.  5o  cent.)  plus  20  gros  (2  fr.)
à  l’appariteur  et  10  gros  (  1  franc)  pour  la  carte  d’admission.
Discipline.  —  Malgré  la  condition  de  l’externat,  la  discipline  est  maintenue  à
l’intérieur  et  pour  les  études  parles  professeurs,  chacun  pour  son  cours,  et  par
le  comité  directeur  pour  l’ordre  général  et  pour  la  conduite  extérieure.
Le  séjour  paisible  de  la  ville  de  Brunswick  est,  d’ailleurs,  favorable  au  calme
des  études.
L’Institut  polytechnique  de  Brunswick  ne  compte  pas  moins  de  vingt-cinq
professeurs  pour  les  différentes  parties  de  son  enseignement.
ÉCOLE  DES  CONSTRUCTEURS  X  1IOL/.MINDEN.
Dans  cette  petite  ville  du  duché  de  Brunswick,  il  existe  un  établissement
spécial  d’instructiop  qui,  par  une  exception  remarquable  à  la  règle  générale  en
Allemagne,  reçoit  des  élèves  internes.
Il  est  destiné  à  cette  catégorie  d’ouvriers  qu’on  comprend  en  France  sous  le
        <pb n="111" />
        nom  général  d’ouvriers  du  bâtiment  :  maçons,  tailleurs  de  pierres,  charpentiers,
menuisiers,  serruriers,  couvreurs,  vitriers,  peintres,  ébénistes,  etc.
L’enseignement  y  est  principalement  donne  pendant  le  semestre  d’hiver,
époque  de  la  suspension  des  travaux;  mais  il  se  continue  aussi  pendant  l’été  pour
ceux  qui  Je  désirent.
Pour  y  être  admis,  il  faut  être  déjà  engagé  dans  l’une  des  professions  relatives ­
  au  bâtiment,  et  fournir  les  renseignements  nécessaires  sur  son  âge,  sur  ses
parents,  sur  son  domicile,  sur  le  patron  chez  lequel  on  a  travaillé,  et  sur  sa
moralité;  on  subit  une  visite  du  médecin  pour  constater  l’état  de  la  santé.
Les  élèves  portent,  pendant  leur  séjour,  un  uniforme  qui  facilite  la  discipline. ­
  A  leur  arrivée,  ils  doivent  apporter  du  linge,  quelques  accessoires,  ainsi
qu’une  boîte  d’instruments  de  mathématiques.
L’établissement  fournit  pendant  la  durée  ordinaire  de  l’enseignement,  qui
est  de  vingt  semaines,  pour  le  semestre  d’hiver  :

Le  logement  et  la  nourriture  pour  la  somme  de..  .  27“'  ou  ioi f  a5 c
L  enseignement,  le  chauiïage,  l’éclairage,  le  matériel ­
  d  écriture  eide  dessin,  l’uniforme,  les  soins
du  médecin  et  le  blanchissage,  pour  45  1687b

Total  72  ou  270  00

Ainsi,  pendant  cette  période  de  cent  quarante  jours,  un  jeune  ouvrier,  pour
moins  de  2  francs  par  jour,  peut  être  nourri,  logé,  instruit  et  défrayé  complètement. ­

Les  eleves  sont  partagés  selon  le  degré  de  leur  instruction  en  trois  classes.
Dans  les  deux  classes  inférieures,  on  améliore  leur  instruction  en  ce  qui  concerne ­
  le  calcul  ordinaire  et  commercial,  l’écriture,  la  rédaction.  En  même
temps,  dans  toutes  les  classes,  on  s’occupe  du  dessin  à  main  levée,  de  détails
de  construction,  d’ornements,  de  dessins  au  trait  relatifs  aux  diverses  professions, ­
  en  choisissant  les  objets  et  les  modèles  selon  la  force  des  élèves.
La  discipline  est  à  peu  près  réglée  comme  dans  un  collège.  On  se  lève  à  six
heures,  on  s’occupe  des  soins  de  propreté  jusqu’à  huit  heures  et  demie,  et  les
études  durent  ensuite  jusqu’à  neuf  heures  et  demie  du  soir,  sauf  un  repas  et  les
repos.  On  se  couche  à  dix  heures.
Il  y  a  place,  dans  l’établissement,  pour  cinq  cent  cinquante  élèves  internes.
A  la  fin  de  chaque  période  complète  d’enseignement,  on  délivre  aux  élèves,
qui  en  sont  jugés  dignes  et  qui  ont  fait  un  voyage  suffisant  d’instruction,

un
        <pb n="112" />
        certificat  de  sortie,  sur  lequel  on  indique  l’état  de  leurs  connaissances  dans  les
différentes  branches  en  rapport  avec  leur  profession.
Les  élèves  qui  n’ont  pas  terminé  leurs  études  reçoivent  un  certificat  relatif  à
leur  conduite  et  à  leur  application  pendant  Je  temps  passé  à  l’école.  Ce  certificat ­
  doit  être  visé  par  leurs  parents  ou  par  leurs  patrons,  quand  ils  reviennent
au  semestre  suivant.
Le  programme  général  de  l’enseignement  comprend  la  calligraphie,  l’orthographe,
  la  rédaction,  le  calcul  ordinaire  et  le  calcul  commercial,  les  éléments
d’algèbre,  la  tenue  des  livres,  la  géométrie  élémentaire,  la  géométrie  descriptive, ­
  les  projections,  la  stéréométrie,  la  coupe  des  pierres,  la  physique  élémentaire ­
  et  technique,  les  détails  de  la  construction  des  machines  et  des  batiments-,
les  assemblages  en  pierre,  en  bois,  en  fer;  la  chimie  technique,  la  connaissance
des  matériaux  de  construction,  la  rédaction  des  devis,  la  législation  des  bâtiments, ­
  le  dessin  â  main  levée,  le  dessin  d’architecture,  l’étude  des  formes  et
des  ordres,  le  dessin  des  machines,  la  rédaction  de  projets  et  le  modelage.
Les  élèves,  pendant  les  semestres  d’été,  doivent  visiter  des  travaux  et  faire
des  rapports  sur  ces  excursions.
On  conçoit  qu’une  semblable  institution,  jointe  â  la  pratique  de  la  profession, ­
  peut  contribuer,  avec  beaucoup  de  succès,  â  former  des  jeunes  gens  aptes
à  devenir  des  maîtres  ouvriers  habiles.
        <pb n="113" />
        .

■
        <pb n="114" />
        RAPPORT  PARTICULIER

SUR
L’ORGANISATION  GÉNÉRALE  DE  L’ENSEIGNEMENT
EN  PRUSSE.

Dans  le  séjour  trop  court  que  nous  avons  pu  faire  dans  ce  royaume,  nous
ne  pouvons  nous  flatter  d’avoir  eu  le  temps  d’examiner,  avec  tout  le  soin  qu  elle
mérite,  l’organisation  que,  depuis  près  de  quarante  années,  le  Gouvernement  a
donnée  et  s’efforce  sans  cesse  d’améliorer  pour  1  instruction  des  diverses  classes
de  la  société.
Nous  avons  dù  porter  plus  spécialement  notre  attention  sur  les  établissements ­
  qui,  de  loin  ou  de  près,  se  lient  à  l’enseignement  professionnel  ou
industriel,  et  pour  donner  une  idée  générale  de  leur  ensemble,  nous  en  présenterons ­
  d’abord  la  nomenclature,  en  indiquant  le  ministère  dont  ils  dépendent. ­
  Nous  les  classerons  d’ailleurs  autant  que  possible  dans  l’ordre  des
intelligences  ou  des  besoins  industriels  auxquels  ils  répondent  et  dans  celui  de
l’élévation  scientifique  de  leurs  études.

Classification  des  établissements  d’enseignement  en  Prusse

DESIGNATION  DES  ETABLISSEMENTS.

Écoles  primaires  et  écoles  des  dimanches.  (Enfants  au-dessous  de  quinze
ans.)

Écoles  bourgeoises
Écoles  pour  les  enfants  qui  travaillent  dans  les  fabriques
Ecoles  d’apprentissage,  écoles  de  tissage
Écoles  et  cours  pour  les  apprentis,  pour  les  ouvriers
Conférences  et  associations  d’ouvriers
Écoles  industrielles
I o  I)architecture  (Ban  Akademie)
2°  Des  raines  (Berg  Akademie)
3°  De  dessin  industriel  [Muster  Zeichnen  Schule)..
v  4°  De  pilotage  et  de  navigation
Ecoles  réelles  (littéraires)
Gymnases  (d’humanités)
Institut  polytechnique  (  Gewerbe  Institut)
niversités  et  facultés.  (Pour  mémoire.)

Ecoles
industrielles
spéciales.

MINISTERE
BOST  ItS  DÉPEHDEWT.

Instruction  publique.
Idem.
Commerce.
Idem.
Idem.
Idem.
Idem.

Commerce.
Idem.
Instruction  publique.
Idem.
Commerce.
Instruction  publique.
        <pb n="115" />
        Cette  seule  nomenclature  suffit  pour  montrer  quel  ensemble  important
d'institutions  existe  en  Prusse,  pour  répondre  aux  besoins  d’instruction  de  la
population,  et  elle  justifiera  l’étendue  que  nous  serons  forcés  de  donnera
l’étude  que  nous  avons  pu  en  faire.  Nous  examinerons  successivement  ces
diverses  institutions,  et  nous  ferons  connaître  les  règlements  qui  les  régissent,
ainsi  que  les  réflexions  auxquelles  elles  nous  ont  paru  pouvoir  donner  lieu.
Mais,  auparavant,  nous  ferons  remarquer  que  les  écoles  primaires,  les  écoles
réelles,  les  gymnases  et  les  universités,  avec  leurs  facultés,  sont  régis  par  le
ministère  de  l’instruction  publique,  et  que  tous  les  établissements  d’enseignement ­
  qui  se  rapportent  au  commerce,  à  l’industrie,  à  tous  les  degrés,  y
compris  1  institut  polytechnique,  dépendent  du  ministère  du  commerce.
ENSEIGNEMENT  PRIMAIRE.
(DECISION  ROYALE  DU  l4  MAI  182b,  1 er  TITRE.)
«Afin  d’assurer,  dans  toute  l’étendue  du  royaume,  la  discipline  scolaire  et
«que  la  fréquentation  des  écoles  primaires  ne  soit  pas  négligée,  conformément
«à  ce  que  prescrit  la  législation  qui  régit  le  pays,  j’arrête,  sur  la  proposition
«du  ministre  d’Etat,  que  ce  qui  suit  sera  également  exécutoire  dans  les  parties
«du  royaume  où  cette  législation  n’est  pas  encore  introduite.
«  i°  Les  parents  ou  ceux  qui,  d’après  la  loi,  en  tiennent  lieu,  sont  tenus,
«sous  peine  de  voir  le  cas  échéant,  employer  contre  eux  la  contrainte  et  le
«châtiment,  d’envoyer  à  l’école  leurs  enfants  âgés  de  plus  de  5  ans,  à  moins
«qu’ils  ne  puissent  prouver  qu’ils  veillent  à  ce  que  ces  enfants  reçoivent  à
«domicile  1  instruction  voulue.
«  2 0  L’enfant  est  tenu  de  suivre  régulièrement  l’enseignement  à  l’école,  aussi
«longtemps  qu’il  n’a  pas  acquis,  de  l’avis  de  son  directeur  spirituel,  les  con-«
  naissances  indispensables  à  tout  homme  raisonnable  de  sa  classe.
«  3°  Le  consentement  de  l’autorité  et  du  directeur  spirituel  local  sont  néces-«saires
  pour  qu’un  enfant  puisse  être  dispensé  de  fréquenter  l’école,  dès  qu’il
«aura  atteint  l’âge  voulu,  ou  pour  que  son  instruction  puisse  être  quelque
«temps  interrompue,  s’il  se  présente  des  motifs  d’empêchement.
«  4°  Les  peines  disciplinaires  ne  doivent  jamais  dégénérer  en  mauvais  trai-«
  tements  susceptibles  h  aucun  degré  de  nuire  à  la  santé  de  l’enfant.
«  5°  Les  châtiments  qui  restent  dans  la  limite  des  peines  disciplinaires  ne
«peuvent  pas  constituer  contre  les  instituteurs  un  délit  d’injures  ou  de  mau-«
  vais  traitements.
«  6°  Si  la  limite  des  peines  disciplinaires  a  été  dépassée,  sans  qu’il  en  soit
«résulté  un  dommage  réel  pour  l’enfant,  ce  sera  le  conseil  provincial  préposé
        <pb n="116" />
        —  Ill  —
«à  l’enseignement  qui  en  connaîtra  et  appliquera  au  professeur  la  peine  (lis
«ciplinaire  que  le  cas  signalé  aura  motivée;  si,  au  contraire,  1  abus  du  droit  d(
«châtier  a  causé  à  lenlant  un  dommage  materiel  reel,  le  professeur  sei  a  jus-«
  ticiable  devant  les  tribunaux  ordinaires,  d’après  les  lois  établies.
«Signe  FRÉDÉRIC-GUILLAUME.»

Exlrait  d’an  règlement  pour  les  écoles  primaires  et  supérieures.

§  1 er .
«Les  écoles  et  les  universités  sont  des  établissements  du  Gouvernement,  Leur  but.
«dont  le  but  est  d’enseigner  à  la  jeunesse  les  sciences  et  les  connaissances
«  utiles.
S  2.
«  Les  établissements  de  ce  genre  ne  peuvent  être  fondés  qu’avec  l’assen-«tirnent
  du  Gouvernement.

S  3.

«  Toute  personne  qui  se  propose  de  fonder  un  établissement  d’enseignement
«  libre  doit  s’adresser  à  l’autorité  locale  préposée  à  la  surveillance  des  écoles  et  de
«l’éducation,  pour  prouver  qu  elle  a  la  capacité  requise  et  pour  exposer  quel  est
«  le  plan  quelle  compte  adopter,  tant  pour  (éducation  que  pour  l’instruction.

Des  établissements
privés  d’enseignement.

$  k.

«Les  établissements  privés  sont  également  soumis  à  la  surveillance  de  l’au-«
  to  ri  té  compétente,  qui  est  tenue  de  s’informer  de  quelle  façon  les  enfants  y
«sont  traités  et  soignés;  comment  est  conduite  leur  éducation  physique  et  mo-«rale,
  et  comment  leur  est  donnée  l'instruction  voulue.

S  5.
«Si  l’autorité  locale  remarque  des  désordres  ou  des  abus,  elle  esi  tenue
«d’en  informer  l’autorité  provinciale,  qui  se  livre  à  un  examen  approfondi  et
«  y  met  ordre.
S  6.
«A  la  campagne  et  dans  les  petites  villes  dans  lesquelles  se  trouvent  des
«  écoles  publiques,  on  ne  doit  point  tolérer  d’école  accessoire,  sans  autorisation
«  spéciale.
        <pb n="117" />
        -  112  —

De  renseignement
domestique.

Des  écoles  publiques.

Des  écoles  ordinaires.
Surveillance
et  direction.
I

§  7.
«Les  parents  sont  libres  (conformément  an  2 e  titre)  de  faire  donner  clîez
«eux,  à  leurs  enfants,  l’instruction  et  l’éducation  nécessaires.
§  8.
u  Mais  les  personnes  qui  font  profession  de  donner  des  leçons  chez  les  parti ­
  ticuliers  doivent  justifier  de  leur  capacité  auprès  des  autorités  locales  compé-«
  tentes  et  se  faire  délivrer  un  certificat.  »
Une  instruction  postérieure  reproduit  avec  plus  de  détails  les  prescriptions
précédentes,  nous  en  extrairons  les  passages  suivants,  dont  quelques-uns  sont
importants,  parce  qu’ils  indiquent  les  attributions  des  autorités  et  les  obligations ­
  imposées  aux  communes.
5  9.
«  Toutes  les  écoles  et  établissements  d’enseignement  public  sont  sous  la  sur-«veillance
  de  l’Etat  et  doivent  en  tout  temps  se  soumettre  à  ses  visites  et
«  examens.
5  10.
«  On  ne  peut  interdire  à  personne  l’accès  d’une  école  publique,  à  raison
«d’une  différence  de  religion.
§  11.
«Les  enfants  d’une  religion  différente  de  celle  que  l’on  enseigne  dans  l’école
«publique  et  qui  doivent  être  élevés  "suivant  les  lois  de  l’Etat,  ne  peuvent  être
«  obligés  d’assister  à  cet  enseignement  religieux.
5  12.
«Les  écoles  ordinaires,  qui  donnent  aux  enfants  l’instruction  primaire,  sont
«  placées  sous  la  direction  de  l’autorité  judiciaire  de  chaque  endroit;  cette  auto-«
  rite  doit  néanmoins  s’adjoindre  les  représentants  de  la  religion  de  la  commune
«  à  laquelle  lecole  appartient.
§  13.
«Les  ministres  du  culte  de  chaque  commune,  à  la  campagne  et  dans  les
«  petites  villes,  et  à  leur  défaut  les  maires,  les  juges,  les  commissaires  de  police,
«  sont  tenus  de  veiller  an  maintien  de  l’ordre  établi  dans  les  écoles  de  la  cornil ­
  mune.
§  29.
«Là  où  il  n’y  a  point  de  dotation  pour  les  écoles  ordinaires,  le  traitement

Traitement.
        <pb n="118" />
        —  113  —
«  de  )  instituteur  est  à  la  charge  de  tous  les  chois  de  famille  de  1  endroit,  &amp;lt;jnils
«aient  des  enfants  ou  non,  et  sans  distinction  de  religion.
S  30.
«Si,  cependant,  dans  la  même  localité,  il  y  a  plusieurs  écoles  ordinaires
«pour  les  différentes  religions,  chaque  habitant  n’est  tenu  de  contribuer  quà
«  l’entretien  de  l’instituteur  de  sa  confession.

$  31.
«Cette  contribution,  quelle  consiste  en  argent  ou  en  dons  en  nature,  doit
«être  répartie  équitablement  entre  les  pères  de  famille;  d’après  leurs
«moyens;  la  répartition  doit  être  approuvée  par  l’autorité.

S  32.

«Cette  contribution  libère  de  toute  autre  rétribution  les  enfants  du  contri-«
  buable.  .

S  33.

«A  la  campagne,  les  seigneurs  propriétaires  sont  tenus  d’aider,  quand  il  sera
«nécessaire,  pour  le  payement  de  cette  contribution,  ceux  de  leurs  vassaux
«que  le  besoin  empêchera  momentanément  d’y  satisfaire.

S  34.
«L’entretien  de  la  maison  d’école  et  celui  de  l’habitation  de  l’instituteur
«sont  également  à  la  charge  de  tous  les  habitants  de  la  commune,  sans
«  exception.
§  35.
«  Cependant  un  membre  d’une  commune  différente  annexée  ne  contribue
«  à  l’entretien  des  bâtiments  que  pour  la  moitié  de  ce  qui  incombe  à  un  habitant
«  de  même  classe  de  la  même  commune.

§  36.
«Lors  de  la  construction  ou  de  la  réparation  de  la  maison  d’école,  les  ma-«gistrats
  dans  les  villes  et  les  seigneurs  à  la  campagne  doivent  permettre
«d’employer,  sans  rétribution,  les  matériaux,  bois  ou  pierres  que  renferme
«le  terrain  où  se  trouve  l’école,  s’ils  peuvent  servir  utilement.
S  37.
Si  la  maison  d’école  sert  en  même  temps  d’habitation  a  1  instituteur,  I  en-«
  tretien  doit  s’en  faire  d’après  les  règles  prescrites  pour  les  presbytères.

Maison  d’école.
        <pb n="119" />
        Devoirs  de  la  commune-Devoirs

  de  l’inspecteur
des  écoles.

Devoirs  du  pasteur.

-  114  —
S  38.
«Cependant,  aucun  membre  de  la  commune  ne  peut  se  soustraire  au  paye-«
  ment  de  sa  quote-part  des  frais  d’entretien,  sous  prétexte  de  différence  de
«  religion.
S  39.
«Les  communes  sont  en  général  tenues  d’aller  chercher,  à  leurs  frais,  le
«  nouvel  instituteur  pour  l’amener  à  sa  résidence.
§  40.
«  11  en  est  de  même  pour  les  personnes  de  sa  famille  et  pour  ce  qu’il
«possède  en  fait  d’habillements,  de  linge,  de  mobilier  et  de  livres.
§  41.
«  Cependant  cette  obligation  est  limitée  à  la  distance  de  deux  jours  de
«route,  comme  pour  le  curé.
§45.
«  On  tiendra  école  les  dimanches  et  les  jours  de  fêtes,  à  des  heures  spéciales,
«pour  les  enfants  dont  les  études  sont  interrompues  par  les  travaux  indispen-«
  sables  à  faire  dans  les  campagnes  à  certaines  époques  de  l’année.
§  46.
«Chaque  enfant  devra  continuer  ses  études  jusqu’à  ce  que,  de  l’avis  de  son
«directeur  spirituel,  il  ait  acquis  toutes  les  connaissances  essentielles  à  un
«  homme  raisonnable  de  sa  classe.

§  47.
«  Les  inspecteurs  doivent  veiller  à  ce  que  l’instituteur  remplisse  ses  devoirs
«avec  zèle  et  fidélité.
§  48.

«Ils  doivent,  avec  l’assistance  de  l’autorité,  s’assurer  que  tous  les  enfants
«astreints  à  aller  à  l’école  soient  tenus  de  le  faire,  en  employant  au  besoin
«des  moyens  coercitifs  et  le  châtiment  contre  les  parents  négligents.
S  49.
«Le  pasteur  est  tenu,  non-seulement  par  sa  surveillance  sur  l’instituteur,
«mais  par  les  instructions  qu’il  lui  donne,  ainsi  qu’aux  enfants,  de  coopérer
«  activement  à  atteindre  le  but  que  1  établissement  a  en  vue.
§  51.
«Si  l’instituteur  juge  que,  par  des  châtiments  modérés,  il  ne  pourra  suffi-Discipline.
        <pb n="120" />
        15.

—  115  —
«  samment  remédier  à  la  méchanceté  invétérée  chez  un  enfant  ou  à  son  pen-«
  chant  au  vice  et  à  la  dissipation,  il  doit  en  informer  l’autorité  et  le  directeur ­
  spirituel  de  l’école.
S  52.
«Ceux-ci  doivent  alors,  avec  la  coopération  des  parents  ou  tuteurs,  exa-.
  miner  la  question  avec  soin  et  prendre  les  mesures  convenables.
S  53.
«Mais  on  ne  peut,  en  cela,  dépasser  les  limites  posées  à  l’autorité  disci-«
  piinaire  des  parents.  »
Effets  des  règlements  précédents.  —  Les  règlements  que  nous  venons  de  rapporter ­
  presque  en  entier  ne  sont  pas  lettre  morte,  l’exécution  et  les  résultats
y  répondent  complètement.
D’une  part,  en  effet,  les  données  statistiques  relatives  au  recrutement  de
l’armée  constatent  que,  sur  iooo  jeunes  gens  de  20  ans  appelés  au  service,  il
n’y  en  a  que  3o  environ  qui  ne  sachent  ni  lire  ni  écrire.
D’un  autre  côté,  le  tableau  statistique  suivant  de  la  population,  entre  5  et
i  4  ans,  limite  extrême  de  celle  des  écoles  et  de  la  fréquentation  réelle,  qui
nous  a  été  fourni  par  le  Gouvernement  prussien,  montre  combien  la  loi  est
également  respectée  et  observée  dans  toutes  les  provinces.

STATISTIQUE  DE  L’ENSEIGNEMENT  PRIMAIRE  EN  PRUSSE.

DESIGNATION
DES  PROVINCES.

Prusse
Duché  de  Posen
Brandebourg
Poméranie
Silésie
Saxe
Westphalie
Provinces  rhénanes
Hohenzollern
Forteresses  et  postes  fédéraux.

Totaux

DEVANT  SUIVRE
les  écoles.

NOMBRE  D’ENFANTS

SUIVANT  LES  ECOLES.

Garçons.

281751
151181
233619
144032
314648
196775
163340
313883
5719
174

1805112

Filles.

278652
150328
227954
140070
316531
222217
156909
306724
5932
234

1775521

Garçons.

200093
109574
178887
105388
260955
167728
134470
264617
5028

1426790

Filles.

193241
105406
174783
103087
261485
167234
129464
254052
7213

1394965

POUR  IOOO
suivent  les  écoles.

Garçons.

712
698
750
715
828
798
790
809
900

785

Filles.

690
700
765
737
825
751
772
830

785
        <pb n="121" />
        Observations.  —  il  y  a  lieu  de  faire  remarquer  que,  dans  ce  tableau,  fou
a  compris  la  totalité  des  enfants  de  5  à  i  4  ans,  formant,  d’après  les  recensements, ­
  le  nombre  de  ceux  qui,  entre  ces  limites  d’âge,  doivent  suivre
les  écoles  primaires;  mais,  d’une  part,  un  nombre  assez  notable  d’enfants  de
5  ans  sont  trop  faibles  pour  être  astreints  à  y  assister,  et,  de  l’autre,  une  portion ­
  des  enfants  ont  satisfait  à  ces  éludes  à  12  ans  et  peuvent  être  autorisés  à
passer  à  des  écoles  supérieures,  et  d’autres  enfin  ont  pu  recevoir  l’instruction
chez  leurs  parents.  Par  conséquent,  la  comparaison  du  nombre  des  enfants
qui  suivent  les  écoles  à  celui  des  enfants  de  l  äge  où  la  fréquentation  est  obligatoire ­
  est  faite  d’après  une  estimation  notablement  trop  forte  de  ce  dernier
nombre.
L’auteur  des  renseignements  que  nous  venons  de  rapporter  fait  autorité,
par  sa  position  officielle,  pour  apprécier  cette  cause  d’erreur,  et  il  estime  le
nombre  total  des  garçons  astreints  à  suivre  les  écoles  à  1460209  et  celui  des
filles  à  1  407455,  ce  qui  élèverait  les  rapports  de  fréquentation  réelle  à  978
sur  1  000  pour  les  garçons,  et  à  97  1  sur  1  000  pour  les  filles,  chiffres  qui  doivent
être  plus  près  de  la  vérité  que  les  précédents,  et  qui  concordent  d’ailleurs  avec
fes  données  fournies  par  le  recrutement  de  l’armée,  qui  n’indiquent  que
00  hommes  sur  1000  ne  sachant  ni  lire  ni  écrire.
Ces  deux  résultats  réunis  montrent  donc  qu’en  Prusse  la  loi,  qui  rend  la
fréquentation  des  écoles  primaires  obligatoire:,  est  uniformément  observée  et
exécutée  dans  toutes  les  provinces  du  royaume,  et  que  le  but  de  cet  enseignement ­
  est,  pour  ainsi  dire,  complètement  atteint,  puisque  tous  les  jeunes
gens  de  20  ans  savent  lire  et  écrire.
Mesures  relatives  ail  travail  des  enfants  dans  les  fabric]nés.  —  Le  travail  des
enfants  dans  les  fabriques  est,  comme  on  ne  le  sait  que  trop,  à  la  lois  une  nécessité ­
  et  un  des  plus  grands  obstacles  au  développement  physique,  intellectuel  et
moral  des  populations  ouvrières.  Si  la  commission  d’enquête  a  entendu  à  ce
sujet  de  tristes  renseignements,  elle  a  reçu  aussi  de  la  part  de  plusieurs  fabricants ­
  et  de  la  société  industrielle  de  Mulhouse  des  vœux  aussi  honorables  que
philanthropiques,  qui,  pour  remédier  au  moins  au  défaut  de  l’instruction,  proposent ­
  de  réduire  la  durée  du  travail  des  enfants  et  des  apprentis  à  six  heures
par  jour,  le  reste  étant  consacré  à  l’instruction  et  aux  exercices  si  utiles  à  leur
âge,  ainsi  que  cela  se  pratique  déjà  avec  succès  dans  une  partie  de  l’Écosse.
11  ne  sera  donc  pas  hors  de  propos  de  faire  connaître  les  mesures  que,  depuis ­
  1  83q,  le  Gouvernement  prussien  n’a  cessé  de  prendre  dans  le  triple  intérêt
de  la  santé,  de  l’instruction  et  de  la  moralité  de  l’enfance.
Règlement  sur  le  travail  des  enfants  dans  les  fabriques.  —  «  Divers  règlements,
        <pb n="122" />
        —  117  —
«en  date  des  g  mars  i83g,  16  mai  i853,  18  août  i853  et  i  2  août  i85Zi,
«  ont  successivement  lixé  et  modifié  les  conditions  générales  du  travail  des
u  enfants  dans  les  fabriques.
«D’après  l’ordonnance  royale  du  1  fi  mai  i853,  les  enfants  ne  peuvent  être
«admis,  à  partir  du  1 er  juillet  1855,  à  travailler  dans  les  fabriques  qu’après
«  avoir  atteint  l’âge  de  1  2  ans  révolus.
«A  dater  du  i er  octobre  1  8  5  3,  les  jeunes  gens  au-dessous  de  1  fi  ans  ne
«  peuvent  être  admis  à  travailler  dans  les  fabriques  qu’après  que  leur  père  ou
«  tuteur  a  remis  un  livret  indiquant  :
«Le  jour,  le  mois  et  l’année  de  la  naissance,  et  la  religion  du  jeune  homme;
«Le  nom,  la  profession  et  le  domicile  du  père  ou  du  tuteur;
«Un  certificat  constatant  qu’il  sait  lire  et  écrire.
«  Le  fabricant  doit  conserver  ce  livret  et  le  tenir  à  la  disposition  des  auto-«rités,
  et  le  rendre  au  père  ou  au  tuteur  à  la  sortie  du  jeune  homme.
«Les  enfants,  jusqu’à  l’âge  de  i4  ans  révolus,  ne  peuvent  être  assujettis
«  à  travailler  plus  de  six  heures  par  jour.  Trois  heures  par  jour  seront  consacrées
«à  l’instruction.
«11  est  complètement  interdit  de  faire  travailler  les  enfants  de  moins  de
«  1  fi  ans  avant  5  heures  1/2  du  matin  et  après  8  heures  1/2  du  soir.
«  Ions  ceux  qui  emploient  des  enfants  dans  ces  conditions  sont  tenus  d’en
«donner  avis  au  bureau  de  police,  et  de  faire  connaître,  tous  les  six  mois,  le
«nombre  des  enfants  au-dessus  de  16  ans  qu’ils  occupent.  Les  contraventions
«seront  punies  de  1  à  5  thalers  (3  fr.  75  cent,  à  i8  fr.  y3  cent.)  pour  la  pre-«mière
  fois,  et  5  à  5o  thalers  (18  fr.  78  cent,  à  187  fr.  5o  cent.)  pour  le  cas
«  de  récidive.
«En  outre,  le  juge  pourra,  dans  le  cas  de  trois  infractions  dans  j’espace  de
«cinq  ans,  suspendre  pour  un  temps  donné  tout  travail  d’enfants  au-dessous
«de  i  fi  ans  dans  l’établissement  en  contravention.  Si,  dans  l’espace  de  cinq
«ans,  il  y  a  eu  six  infractions  à  la  règle,  la  suspension  sera  obligatoire  pendant
«trois  mois  au  moins,  et,  si  elle  n’est  pas  observée,  elle  sera  punie  dune
«amende  de  5  thalers  {  1  8  fr.  75  cent.)  pour  chaque  enfant  et  chaque  con-«
  travention.
«L’État  nommera  des  inspecteurs  chargés  de  »veiller  à  I  exécution  de  ce
«règlement,  s’il  le  juge  nécessaire,  et  réglera  leurs  rapports  avec  le  service  or-«
  dinaire  de  police.

«Signé  FRÉDÉRIC-GUILLAUME.»
        <pb n="123" />
        2 e  circulaire,  18  août  1853,  relative  à  Inapplication  des  règlements  précédents.
«Si  les  occupations  des  enfants  ne  paraissent  pas  avoir  pour  but  et  pour
«résultats  l’apprentissage  d’un  métier  déterminé,  ces  enfants  seront  considérés
«comme  travaillant  en  fabrique,  et  les  règlements  précédents  leur  seront
«  appliqués.
«Dans  le  cas  contraire,  on  se  contentera  de  l’observation  des  règles  géné-«
  raies  relatives  à  ¡’instruction  obligatoire.  C’est  ce  qui  peut  arriver  par  exemple
«si  les  enfants  sont  occupés  à  des  travaux  agricoles,  comme  la  fabrication  du
«sucre  de  betteraves.  Mais  l’enseignement  ne  doit  jamais  en  souffrir,  et  le
«fabricant  sera  passible  d’une  amende  pour  tous  les  enfants  qu’il  emploiera
«  sans  autorisation  de  l’instituteur  pendant  les  heures  destinées  à  l’étude.
Un  article  spécial  prescrit  de  surveiller  la  fabrique  aux  points  de  vue  de  la
salubrité  et  des  mœurs,  de  séparer  les  enfants  des  adultes  et  surtout  les  lilies
âgées  de  moins  de  seize  ans  des  hommes  et  des  garçons  ;  d’isoler  les  sexes,  s’il
y  a  des  dortoirs,  de  préposer  quelqu’un  à  l’arrivée  et  au  départ  des  enfants,  de
ne  faire,  en  général,  la  paye  qu’aux  parents;  d’examiner  si  le  genre  d’occupation, ­
  ou  la  nature  des  préparations  n’est  pas  nuisible  à  la  santé  des  enfants;  de
veiller  à  ce  qu’une  ventilation  convenable  soit  établie  dans  les  ateliers  où  il
se  développe  des  poussières.
On  y  rappelle  les  prescriptions  qui  limitent  à  six  heures  par  jour  le  travail
des  enfants  astreints  à  fréquenter  encore  l’école  primaire,  et  l’on  appelé  l’attention ­
  sur  l’utilité  d’une  instruction  complémentaire  qui  serait  également  utile
aux  contre-maîtres  et  aux  ouvriers.
Enfin  il  est  prescrit  que  les  livrets  d’ouvriers,  imprimés  par  les  soins  de  l’administration, ­
  devront  contenir  l’indication  des  ordres  précédents.
ÉCOLE  SUPÉRIEURE  DE  TISSAGE  A  ELBERFELD.
Dans  celte  ville,  dont  l’industrie,  spécialement  adonnée  au  tissage,  a  doublé
depuis  trente  ans  la  population,  l’on  a  établi  en  i8â5,  principalement  en  vue
des  besoins  de  cette  fabrication  locale,  une  école  supérieure  de  tissage  pour
laquelle  la  ville  a  fait  élever  un  bâtiment  spécial  très-convenable,  dont  le  mobilier ­
  a  été  fourni  par  l’Etat.
Cette  école  comprend  trois  divisions  distinctes,  dont  les  études  peuvent  être
cependant  suivies  par  tous  les  élèves
i"  division  Tissage.
2 e  division  Dessin  de  fabrique.
3*  division  Chimie,  écriture  d’impression.
        <pb n="124" />
        —  119  —
L’enseignement  a  pour  objet  les  principes  fondamentaux  de  la  théorie  du
tissage,  la  connaissance  des  propriétés  des  diverses  matières  textiles,  les  notions ­
  sur  la  composition  des  tissus  unis  ou  façonnés,  leur  décomposition  pour
la  mise  en  cartes  ,  la  composition  de  dessins  nouveaux,  l’art  d’y  graduer  les  tons
pour  toutes  les  variétés  de  tissus.  Le  dessin  y  est  enseigné  d’après  la  méthode
Dupuis,  c’est-à  dire  en  exerçant,  dès  le  commencement,  les  élèves  à  reproduire
des  objets  naturels  ou  en  relief.
L’enseignement  comprend  trois  semestres,  pendant  lesquels  il  v  a  environ
trente-six  heures  do  séance  par  semaine.
Chaque  élève  rédige  un  cahier  dans  lequel  sont  réunis  des  échantillons  des
divers  genres  de  tissus  qu’il  doit  analyser  et  décomposer  en  calculant  leurs  éléments ­
  et  en  reproduisant  la  mise  en  cartes  par  des  croquis.
La  rétribution  scolaire  est  120  thalers  (4  5o  francs)  pour  trois  semestres  ;
pour  le  premier  cours  seul,  elle  est  de  90  thalers  (337  fr.  5o  cent.)  et,  pour
le  second  de  60  thalers  (220  francs).
En  dehors  des  cours  spéciaux  les  élèves  sont  admis  à  suivre  gratuitement  les
cours  de  dessin,  de  physique  et  de  chimie.
L’établissement  possède  quarante-deux  métiers  :  les  élèves  doivent  y  travailler ­
  pour  s’exercer  au  montage  et  à  la  fabrication.  Lorsqu’ils  ont  fait  un  projet
de  tissu  et  prepare  les  cartons,  ils  doivent  monter  complètement,  le  métier  et
commencer  la  fabrication.  Les  matières  sont  fournies  par  l’école,  mais  en  général ­
  ils  travaillent  peu  et  le  matériel  n’est  pas  convenablement  utilisé.
Cette  école  qui  pourrait  recevoir  1  60  élèves  n’en  avait  guère  que  la  moitié
cette  année,  savoir  :  au  tissage  45,  au  dessin  25,  en  chimie  8,  total  79.
Il  y  vient  quelques  élèves  de  l’étranger  et  meme  de  France.
Les  laboratoires  sont  convenablement  organisés  et  peuvent  recevoir  à  la  fois
de  20  à  3o  élèves  au  moins.  Ces  élèves  s’exercent  aux  analyses  spéciales  à  leur
industrie.
La  dépense  annuelle  de  l’école  s’élève  à  10000  thalers  (3y5oo  francs)
environ,  et  l’excédant  de  la  dépense  sur  la  recette  est  supportée  moitié  par  l’Etat
et  moitié  par  la  ville.
11  a  été  fondé  en  Prusse  deux  autres  écoles  analogues  :  l’une  en  1834  à
Mülheim,  pour  la  fabrication  des  tissus  de  coton  et  de  laine,  l’autre  à  Crefold,
pour  celle  des  velours.  Elles  sont  établies  dans  des  conditions  analogues.
Observations.  —•  En  général,  il  ne  nous  semble  pas  que  ces  écoles  se  recrutent
d’une  manière  convenable  en  élèves,  ni  quelles  utilisent  le  mieux  possible  les
moyens  mis  si  libéralement  à  leur  disposition.  La  marche  suivie  à  Stuttgard  dans
un  établissement  analogue  nous  paraît  de  beaucoup  préférable  :  prendre  pour
        <pb n="125" />
        eleves  des  jeunes  gens  intelligents,  déjà  rompus  au  travail  du  métier  et  aux  détails ­
  du  montage,  sachant  passablement  dessiner  et  ayant  une  première  instruction ­
  ,  les  perfectionner  ensuite  à  l’école  dans  l’étude  et  dans  l’application
des  principes,  en  les  faisant  réellement  travailler  pour  les  rendre  aptes  à  diriger
ensuite  des  ateliers  :  telle  est  la  marche  adoptée  à  Stuttgard,  et  qui  nous  paraîtrait ­
  la  plus  rationnelle  et  la  plus  profitable  aux  industries  locales.
Il  convient  cependant  d’ajouter  que  les  succès  obtenus  à  l’école  de  tissage
de  Mulhouse,  où  les  jeunes  gens  sont  astreints  à  travailler  sérieusement  aux
métiers,  prouvent  que  l’on  peut,  dans  des  écoles  semblables,  donner  rapidement ­
  à  des  jeunes  gens  déjà  instruits  les  connaissances  pratiques  suffisantes
pour  qu’ils  soient  en  état  de  devenir  directeurs  de  fabrications.
écoles  de  perfectionnement  pour  les  jeunes  ouvriers.
Sous  ce  titre  on  désigne  des  écoles  destinées  à  donner  aux  ouvriers  déjà
engagés  dans  les  professions  le  complément  d’instruction  qui  leur  est  nécessaire.
L’enseignement  a  pour  objet  le  perfectionnement  dans  l’écriture,  dans  la
langue  allemande,  un  peu  de  littérature,  les  langues  française  et  anglaise,  le
dessin  appliqué  aux  diverses  professions,  le  calcul,  la  géométrie  ,  des  notions  de
physique  et  de  chimie,  de  mécanique,  la  géographie,  la  tenue  des  livres,  des
notions  sur  le  commerce,  sur  la  technologie,  sur  l’industrie  et  sur  l’histoire.
Ces  écoles  ont  pour  but  de  compléter  les  études  des  écoles  élémentaires  et
des  écoles  bourgeoises.  Les  cours  y  sont  répartis  par  semestres,  de  manière
que  celui  d’un  semestre  fait  suite  au  précédent.  Les  élèves  s’y  font  inscrire  pour
les  cours  dont  ils  veulent  profiter,  mais  tout  élève  nouvellement  admis  est
obligé  de  suivre  au  moins  quatre  cours.
A  Berlin,  les  leçons  sont  données  tous  les  dimanches  de  huit  heures  à  une
heure.  Dans  d  autres  villes  les  séances  ont  lieu  le  soir  ou  le  matin.
Les  apprentis  ne  peuvent  y  être  admis  qu’a  près  avoir  reçu  de  la  corporation
dont  ils  dépendent,  ou  d’une  école  du  dimanche  pour  les  apprentis,  un  certificat
constatant  qu’ils  possèdent  une  instruction  élémentaire  suffisante.
La  rétribution  scolaire  est  de  i5  silbergros  ou  ï  if.  85  cent,  par  trimestre,
mais  les  apprentis  qui  forment  la  grande  masse  des  élèves  ne  payent  rien.
Il  existe  à  Berlin  trois  écoles  de  ce  genre  dont  les  cours  sont  tenus  le  dimanche;
deux  dans  les  bâtiments  des  écoles  réelles  et  la  troisième  dans  le  gymnase
Frédéric.
Dans  le  courant  de  deux  semestres,  de  Pâques  1863  à  Pâques  i  86â,  le  nombre
des  leçons  données  a  été  de  cent  soixante  et  dix-huit.  Le  nombre  des  élèves
en  moyenne  de  1200.
        <pb n="126" />
        iÜ

—  121  —
Leur  répartition  par  âge  a  été  la  suivante  dans  le  semestre  d’été.

DE  l  4  À  1  6  ANS.

588

DE  17  A  20  ANS.

485

DE  2  1  À  24  ANS.

104

DE  25  À  3O  ANS.

31

DE  3o  À  4o  ANS.

12

AO  DELA
de  4o  ans.

Total  1,223

La  dépense  totale  s’est  élevée  à  i36oq  francs.
Des  bibliothèques  populaires  sont  ouvertes  aux  élèves  qui  suivent  les  cours.
SOCIÉTÉS  ÉVANGÉLIQUES  D’APPRENTIS.
Outre  les  écoles  d’enseignement  proprement  dit,  il  existe  en  Prusse,  et  en
particulier  à  Berlin  et  à  Elberfeld,  des  associations  ayant  pour  but  principal
de  maintenir  dans  les  voies  morales  et  religieuses  les  jeunes  ouvriers,  en  leur
offrant  des  moyens  d’études  et  de  distractions  honnêtes,  en  même  temps  que
des  facilités  de  logement  et  de  nourriture,  ainsi  que  des  secours  en  cas  de  maladie. ­

Ces  sociétés  ont  des  petites  bibliothèques,  des  salles  pour  des  cours  de
lecture,  d’écriture,  de  calcul,  de  dessin,  d’histoire,  de  chant  et  pour  des  explications ­
  de  la  Bible.  Des  auberges,  dites  auberges  chrétiennes,  peuvent  recevoir ­
  les  jeunes  ouvriers,  avec  l’approbation  du  pasteur  de  la  maison.  Les
heures  de  lever,  de  prière,  de  rentrée,  sont  réglées.  Les  prix  sont  fixés,  pour
le  logement,  à  20  centimes  par  nuit,  et  pour  les  aliments,  d’après  un  tarif.

SOCIÉTÉS  D’OUVRIERS  SOUS  LES  NOMS  D’IIANDVERKERVEREIN  ,  D’ARBEITER  VEREIN.

11  existe  en  Prusse  un  très-grand  nombre  de  réunions  d’ouvriers  déjà  en
gagés  dans  les  professions.
Les  programmes  des  cours  faits  dans  ces  sociétés  sont  en  général  determines
et  spéciaux  pour  les  diverses  professions.  La  plupart  du  temps  ils  sont  relatifs
à  1  arithmétique,  à  la  géométrie  élémentaire,  à  des  notions  sur  les  projections
et  principalement  au  dessin,  dont  l’enseignement  et  les  applications  sont  réglés
en  vue  de  la  profession.
Les  auditeurs  sont  partagés  le  plus  habituellement  en  trois  ou  quatre  divisions, ­
  comprenant  les  catégories  suivantes  :

i°  Construction  de  bâtiments,  maçons,  tailleurs  de  pierres,

marbriers,

etc.
        <pb n="127" />
        122

2°  Charpentiers,  menuisiers,  ébénistes,  etc.
3°  Ouvriers  en  métaux  ,  mécaniciens,  serruriers,  ferblantiers,  tôliers,  chaudronniers, ­
  etc.
h°  Etats  divers.
Les  applications  de  la  géométrie  et  du  dessin  sont  réparties  conformément
à  cette  division,  de  façon  que  chaque  élève  ait  à  étudier  et  à  résoudre  des
questions  qui  se  rapportent  directement  à  son  métier.
Des  albums  de  modèles  correspondant  à  ces  mêmes  divisions  sont  publiés.
Habituellement  ces  cours,  destinés  spécialement  aux  ouvriers,  sont  annexés
aux  écoles  industrielles  ((jewerbe  Schule)  et  aux  écoles  réelles  dont  nous  parlerons ­
  plus  loin.
ÉCOLES  INDUSTRIELLES  EN  PRUSSE.
Sous  ce  titre  on  comprend  quelquefois  en  Allemagne  des  établissements
assez  distincts  et  d’ordre  réellement  différents.  Dans  le  grand-duché  de  Rade,
on  nomme  ainsi  des  écoles  fréquentées  le  matin  par  des  apprentis  (au  nombre
de  ooo,  à  Carlsruhe)  et  dans  lesquelles  on  s’attache  à  leur  donner  une  instruction ­
  élémentaire  de  sciences  particulièrement  appliquées  à  leur  profession  ;
nous  en  parlerons  plus  loin.
Mais,  en  général,  on  désigne,  sous  le  nom  d’écoles  industrielles,  des  établissements ­
  où  l’on  donne  un  enseignement  scientifique,  plus  élevé  que  dans
les  écoles  bourgeoises  et  dans  les  écoles  réelles  inférieures,  dont  il  sera  question ­
  plus  tard.
Le  but  habituel  des  écoles  industrielles  en  Prusse  est  de  former  des
employés  pour  le  commerce,  des  maîtres  et  des  contre  maîtres  pour  l’industrie,
et  de  préparer  des  candidats  pour  les  instituts  polytechniques.
Les  études  y  durent  ordinairement  deux  années,  et  l’enseignement  religieux
V  a  toujours  une  part  convenable.
La  rétribution  scolaire  y  est  partout  fort  modérée,  et  un  très-grand  nombre
d’élèves  en  sont  dispensés  :  aussi  ces  établissements  sont-ils  partout  une  charge
assez  considérable  pour  les  villes  et  pour  l’Etat  qui  les  soutiennent.
En  Prusse,  où  elles  existent  depuis  i  820  et  où  leur  nombre  s’élève  aujourd’hui ­
  à  2Ô,  leur  organisation  a  reçu,  par  suite  de  l’expérience  acquise,  des
modifications  qui  les  ont  amenées  è  un  régime  uniforme,  qu  elles  ont  du  à  deux
ministres  aussi  éclairés  que  dévoués  aux  intérêts  industriels  de  leur  patrie,
M.  W.  de  Beuth  et  M.  de  Von  der  Heydt.
Nous  croyons  utile  de  reproduire  ici,  presque  textuellement,  les  ordonnances ­
  et  les  circulaires  relatives  à  cette  organisation  régulière  qui  date
        <pb n="128" />
        —  123  —
de  185o,  mais  nous  les  ferons  précéder  de  la  statistique  générale  de  ces  établissements. ­

Statistic/ue  des  écoles  industrielles  en  Prusse.  —  En  i860,  il  existait  dans  ce
royaume  s5  écoles  industrielles  constituées  sur  les  bases  développées  dans  la
circulaire  du  5  juin  i85o  et  réparties,  un  peu  inégalement,  ainsi  qu’il  suit  :

Province  Rhénane
Weslphalienne....
Saxonne
Silésienne
Prussienne
de  Poméranie.  .  ..
de  Brandebourg..
de  Posen
Total.

écoles  industrielles.

Ces  écoles  sont  établies  dans  les  villes  de  Cologne,  Kœnigsberg,  Dantzig,
Stettin,  Aix-la-Chapelle,  Crefold,  Elberfeld,  Postdam,  Halle,  Erfurt,  Frankfort,
Coblentz,  Munster,  Görlitz,  Halberstadt,  Trêves,  Stralsund,  Liegnitz,  Schweidnitz, ­
  Iserlohn,  Bettefeld,  Gradeoz,  Saarbruck,  Hagen  et  Bochum.
Le  nombre  des  professeurs  s’élève  à  87,  et  chaque  établissement  ayant
3  professeurs  titulaires,  il  s’ensuit  qu’il  y  a  en  tout  12  professeurs  adjoints.
Ils  se  partagent  les  diverses  branches  de  l’enseignement.
D’après  les  états  fournis  au  bureau  du  commerce,  il  y  avait  eu,  en  1807,
i  1  76  élèves,  et,  en  1  858,  1  A  18,  ce  qui,  pour  cette  dernière  année,  correspondait ­
  à  un  nombre  moyen  de  07  élèves  par  école.
Lors  de  notre  passage,  il  y  en  avait  à  Elberfeld  70  el  à  Postdam  66.  La
répartition  n’est  pas  uniforme  entre  toutes  les  écoles,  et  les  fréquentations  les.
plus  nombreuses  ont  lieu  à  Kœnigsberg,  Dantzig,  h  Gradenz  et  à  Trêves.

Circulaire  du  5  juin  1850,  du  Ministre  du  commerce,  M.  Von  der  Heydt,
aux  Gouverneurs  du  royaume.
«  Le  développement  ultérieur  des  cjewerbe  Schulen  en  Prusse  a  été  1  objet
«  de  plusieurs  réunions  de  conseils,  d’après  l’avis  desquels  j  ai  fait  élaborer  :
«  4.  Un  plan  d’organisation  des  écoles  industrielles  provinciales;
a  A'.  Un  règlement  pour  (établissement  des  certificats  de  soi  tie,
a  A".  Un  règlement  sur  forganisation  de  l’institut  industriel.
i(5.
        <pb n="129" />
        «  Le  but  de  l’institut  industriel  et  des  écoles  industrielles  provinciales  est  au
fond  le  même  et  ne  varie  que  dans  son  étendue.
«Ces  deux  établissements  ont  en  vue  l’instruction  théorique  pratique.
«Mais  si  le  but  de  l’institut  industriel  (gewerbe  Institut)  est,  comme  don-«
  liant  l’enseignement  technique  le  plus  complet  qu’on  puisse  recevoir  en  Prusse,
«  de  former  des  techniciens  capables  de  projeter,  d’établir  et  d’organiser  des
«établissements  industriels,  celui  des  écoles  industrielles  (gewerbe  Schule.
«n’est  que  de  former  des  maîtres  ouvriers,  charpentiers,  maçons,  mineurs,
«brasseurs,  tanneurs,  distillateurs,  teinturiers,  contre-maître  des  fabriques.
«11  résulte  de  là  que,  dans  ces  dernières  écoles,  l’application  de  la  science  à
«  1  industrie  doit  occuper  une  grande  place,  car  les  sciences  pures  ne  sont  pour
«le  praticien  que  d’une  faible  utilité,  attendu  qu’il  ne  peut  par  lui-même  en
«trouver  les  applications.
«Il  faut  donc,  lors  de  la  fondation  des  nouvelles  écoles  industrielles
u(gewerbe  Schule)  ou  de  la  modification  de  celles  qui  existent,  s’attacher  d’une
«  manière  spéciale  aux  enseignements  techniques.
«Mais,  pour  que  cet  enseignement  puisse  porter  ses  fruits,  il  faut  que  les
«élèves  aient  une  connaissance  approfondie  des  mathématiques  élémentaires,
«de  la  chimie  et  de  la  physique  générale,  ainsi  qu’une  grande  habitude  du
«dessin.  Aussi,  par  cela  même  que  le  programme  est  assez  restreint,  il  faut
«  insister  sur  une  parfaite  connaissance  des  matières  qu’il  renferme,  mais  il  ne
«devra  être  permis  à  aucune  des  écoles  industrielles  provinciales  de  déve-«lopper
  fenseignement  des  mathématiques  au  delà  de  ce  qu’indique  le
«plan  A.
«La  transformation  des  écoles  industrielles  déjà  existantes,  dans  le  sens
«que  nous  venons  d’indiquer,  ne  pourra  pas  se  faire  sans  difficultés,  non-seu-«
  lernent  parce  que  les  professeurs  ne  seront  pas  à  même  de  se  conformer
«  immédiatement  au  programme  de  cet  enseignement,  mais  encore  et  surtout
u  par  suite  de  l’absence  de  modèles  d’appareils  et  de  locaux.
«Une  mise  à  exécution  complète  et  immédiate  du  plan  d’études  ne  peut
«  donc  point  être  obtenue,  et  il  conviendra  de  prendre  en  considération  les  cir-«
  constances  locales  ;  mais,  en  même  temps,  on  devra  regarder  ce  plan  comme
«b*  but  qu’il  faudra  insensiblement  atteindre.  Le  ministère  tiendra  la  main  a
«ce  ([ne  cette  transformation  s’opère  aussi  rapidement  que  possible,  et  il
«demande  que  toutes  les  écoles  industrielles  de  province  déposent,  avant  la
«réouverture  des  classes,  un  rapport  indiquant  jusqu’à  quel  point  la  nouvelle
«  organisation  peut  être  adoptée.  Le  ministère  consentira  à  ce  qu’on  s’écarte
«  encore  du  plan  d’organisation  A,  mais  il  attend  des  autorités  gouverne-
        <pb n="130" />
        125

«mentales  quelles  ne  prennent,  à  ce  sujet,  en  considération  que  les  difficultés
«réelles,  et  ne  se  laissent  en  aucune  lacón  influencer  par  les  vœux  des  inté-«ressés,
  sans  quoi  l’on  n  arriverait  jamais  à  faire  disparaître  les  grandes  dif-«
  férences  qui  existent  aujourd’hui  entre  ces  écoles  industrielles,  dont  beaucoup
«  ne  méritent  même  pas  ce  nom.
«  Le  plan  A  servira  de  hase  lors  de  la  création  de  tout  établissement  nouveau.
«  Dans  ces  nouvelles  conditions  beaucoup  de  ces  écoles  n’auraient  plus  les
«ressources  suffisantes;  celles  qui,  par  leur  bonne  organisation  et  leur  importance, ­
  méritent  d’être  conservées  trouveront,  je  n’en  doute  pas,  un  soutien
«auprès  des  chambres;  mais,  comme,  d’un  autre  côté,  il  est  juste  que  les  coin*
«  munes,  dans  l’intérêt  desquelles  ces  écoles  ont  été  créées,  contribuent  éga-«lemenl
  aux  dépenses,  on  adoptera  pour  base  les  deux  principes  suivants  :
«  i°  Dans  toutes  les  écoles  industrielles  à  créer  la  commune  fournira  le
«  local  et,  si  les  ressources  de  l’école  ne  couvrent  pas  ses  dépenses,  la  commune
«prendra  à  sa  charge  la  moitié  du  déficit  et  l’Etat  l’autre  moitié;  ce  dernier
«  fera  les  frais  de  première  installation  des  appareils  d’enseignement.
«2°  Les  écoles  industrielles  existantes,  dont  l’importance  ne  répond  pas
«aux  subventions  quelles  nécessitent,  seront  transférées  dans  d’autres  villes  où
«  elles  paraîtront  avoir  plus  de  probabilités  de  succès.
&amp;lt;  Le  règlement  A  pour  les  examens  de  sortie  est,  sauf  quelques  légères  mo-«
  difications,  le  résultat  d’une  conférence  des  directeurs  de  ces  établissements,
«convoqués  l’année  dernière  dans  ce  but.
«  Il  est  mis  en  vigueur  dès  aujourd’hui,  sauf  à  y  introduire  plus  tard  les  mo
«  difications  que  l’expérience  fera  juger  convenables.
«Outre  le  droit  d’admissibilité  à  1  institut  industriel  ((jewerbe  Institut)  que
«confère  le  certificat  de  maturité,  il  restera  à  étudier  s’il  donnera  droit  à  ne
«faire  qu’une  année  de  service  militaire,  ou  en  quoi  l’on  pourra  modifier  les
«  examens  exigés  pour  être  reconnu  maître  en  constructions.
«Le  nouveau  règlement  A  de  l’institut  industriel,  combiné  avec  celui  des
«écoles  industrielles,  permet  de  supprimer  dans  l’enseignement  de  l’institut
«les  mathématiques  élémentaires  et,  si  on  y  répète  quelques  matières  déjà
«enseignées  dans  l’école  industrielle,  c’est  que  ces  matières  demandent  à  être
«  connues  et  possédées  à  fond.  La  modification  principale  que  ce  règlement  fait
«  subir  à  l’institut  industriel  consiste  en  ce  que  les  élèves  mécaniciens,  chimistes
«  et  constructeurs,  auront  leurs  cours  plus  distincts,  de  façon  qu’ils  pourront  cul-«
  tiver  avec  tout  le  soin  nécessaire  leurs  études  spéciales,  tout  en  acquérant  les
«  connaissances  accessoires  indispensables.  »
Circulaire  du  1 er  novembre  Í859.  —  «Il  n’y  a  que  les  certificats  de  sortie  des
        <pb n="131" />
        126  —

«gymnases,  des  écoles  industrielles  de  province  (gewerbe  Schale),  des  écoles
«réelles  (real  Schale),  de  i re  et  2  e  classe,  qui  donnent  droit  d’admission  à  l’ins-«titut
  industriel.  Les  écoles  bourgeoises  supérieures  (höhere  Burger  Schalen)  n’ont
«pas  ce  privilège.  Il  n’y  aura  pas  de  préférence  quelle  que  soit  l’espèce  d’éta-«
  blissements  précités  d’oii  émane  le  certificat.  Les  examens  d’admissibilité  à
«  l’institut  industriel  sont  supprimés  pour  les  jeunes  Prussiens,  mais  non
«  pour  les  étrangers.  »
Plan  pour  l’organisation  des  écoles  industrielles  de  province.
S  1 er .
«Toute  école  industrielle  provinciale,  complètement  organisée,  se  compose
«de  deux  classes  d’une  année  chacune,  une  classe  inférieure  et  une  classe
«  supérieure.
«  La  première  est  destinée  principalement  à  l’enseignement  théorique  et  au
«  dessin  ;  la  deuxième  à  l’application  à  l'industrie  des  connaissances  acquises.
«Une  combinaison  des  écoles  industrielles  de  province  et  des  écoles  bour-«geoises
  supérieures,  ou  des  écoles  réelles,  ne  peut  exister  qu’en  tant  que
«certains  élèves  de  ces  dernières  suivent  quelques  cours  des  premières.»
$  2.
CONDITIONS  D’ADMISSION  À  LA  CLASSE  INFERIEURE.
«  i°  Avoir  au  moins  i  U  ans;
«  2°  Savoir  non-seulement  lire  couramment  l’allemand,  mais  encore  se
«rendre  compte,  en  le  lisant,  d’un  livre  â  la  portée  de  l’intelligence  d  un  en-«
  tant  de  l’âge  de  i  A  ans  ;
3°  «Écrire  l’allemand  sans  fautes  grossières  d’orthographe,  et  avoir  une  écri-«
  ture  lisible  ;
«  A 0  Savoir  calculer  couramment  avec  des  nombres  entiers  et  des  fractions
«ordinaires;  savoir  appliquer  ces  calculs  aux  problèmes  ordinaires;  savoir  me-«
  surer  des  surfaces  planes  polygonales  et  celles  des  corps  prismatiques  ;
«  5°  Être  exercé  au  dessin.
«Les  jeunes  apprentis  peuvent,  au  sortir  des  écoles  élémentaires,  se  préci
  parer  suffisamment  par  la  fréquentation  des  écoles  de  perfectionnement.
«D’autres  jeunes  gens  acquerront  à  une  bonne  école  communale  ou  â  une
«école  bourgeoise  supérieure,  ou  bien  dans  un  gymnase,  jusqu’en  quatrième,
«les  connaissances  suffisantes.  Dans  certaines  localités,  si  le  besoin  s’en  fait
«sentir,  on  pourra  établir  une  année  d’études  préparatoires,  mais  qui  restera
        <pb n="132" />
        —  127  —
«  toujours  à  la  charge  de  la  commune  et  qui  ne  pourra  pas  anticiper  sur  l’en-«seignement
  de  l’école  industrielle,  de  façon  quelle  pourra  être  utile  aux  per-«
  sonnes  qui  ne  se  destinent  pas  à  cette  école.
S  3.
«Pour  passer  de  la  première  classe  dans  la  deuxième  de  l’école  industrielle,
«les  élèves  seront  soigneusement  examinés  sur  toutes  les  matières  de  l’en-«
  seignement,  ceux  qui  ne  subissent  pas  ces  épreuves  avec  succès  pourront
«répéter  une  fois  la  première  année  d’études.  Les  élèves  étrangers  à  l’école  qui,
«en  subissant  cet  examen,  font  preuve  de  connaissances  suffisantes,  pourront
«être  immédiatement  admis  à  la  classe  supérieure.
«  Les  matières  de  l’enseignement  sont  les  suivantes  :
«Mathématiques  pures,  géométrie,  planimètrie,  trigonométrie  plane,  sté-«
  réométrie  et  les  éléments  de  la  géométrie  descriptive;  sections  coniques,  des-«criptions
  synthétiques  de  leurs  principales  propriétés,  arpentage.
«Arithmétique,  exercices  pratiques  et  nombreux  de  calcul;  l’algèbre  jus-«
  qu’aux  équations  du  deuxième  degré,  progressions  comprises;  exercer  beau-«
  coup  au  calcul  des  logarithmes;  application  de  l’algèbre  et  de  la  trigonomé-«
  trie  à  la  solution  des  problèmes  planimétriques  et  stéréométriqucs.
«Physique,  chimie,  principalement  la  chimie  minérale;  emploi  du  chain-«
  mean  ;  un  petit  laboratoire  est  indispensable  è  ces  écoles.
«Chimie  technologique;  bien  approfondir  quelques  parties  plutôt  que  de
«  faire  de  la  chimie  générale.
«Minéralogie,  mécanique  et  machines.
«Pour  ces  dernières,  après  l’étude  des  moteurs,  on  se  préoccupera  des  be-«
  soins  particuliers  de  l’industrie  locale.  Une  collection  de  modèles  est  indis*
«  pensable.
«Construction.  Ce  cours  se  réglera  d’après  les  programmes  des  examens
«  des  ouvriers  constructeurs.
«  Dessin  et  modelage.  Dessiner  le  plus  tôt  possible  d’après  des  objets  en  re-«
  lief,  composer  et  modeler.
«Pour  la  distribution  de  cet  enseignement  on  donnera  le  type  général
«suivant  :  ~
        <pb n="133" />
        ,,..Vc...

JUA  3BK

larjgL

Si  Khi-'

I

128

Semestres
d’hiver
et  d’été.

Semestre
d’hiver.

Semestre
d’été.

CLASSE  INFERIEURE.
Planimétrie
Algèbre  jusqu’aux  équations  du  premier  degré  inclusivement.
Calcul  pratique
Physique
Chimie
Dessin  à  main  levée
Dessin  linéaire
Total

CLASSE  SUPERIEURE.
Suite  de  l’algèbre.  Trigonométrie
Stéréométrie,  géométrie  descriptive
Calcul  pratique
Mécanique  et  étude  de  machines
Travaux  chimiques.  Répétition  de  physique  et  de  chimie.
Minéralogie
Constructions  et  devis
Dessin  à  main  levée
Dessin  linéaire
Total

j  Suite  de  la  géométrie  descriptive.  Sections  coniques.
Application  de  l’algèbre  et  de  la  trigonométrie  à  la  solution  de
problèmes  planimétriques  et  stéréométriques,  arpentage
Calculs  pratiques  sur  l’extraction  des  racines,  sur  les  logarithmes
et  sur  les  cubatures
Etude  de  machines.  Technologie  mécanique
Chimie  technologique
Minéralogie
Constructions  et  devis
Dessin  à  main  levée  et  modelage
Dessin  linéaire
Total

HEUIIES
DE  CLASSE
par  semaine.

35

36

36

«On  ne  doit  pas  dépasser  trente-six.  heures  d'enseignement  par  semaine.
«Les  vacances  se  régleront  suivant  les  usages  locaux.
$  6.
«Afin  d’empêcher  tous  les  écarts  d’organisation  qui  ne  sont  pas  commandés
        <pb n="134" />
        —  129  —
«par  des  exigences  incales,  durant  le  mois  d’aoùt  de  chaque  année,  chaque
«  école  industrielle  devra  remettre  au  ministère  du  commerce  le  plan  d’études
«  quelle  se  propose  d’adopter  pour  l’année  suivante,  afin  de  le  faire  approuver
«et  d’avoir  son  avis  formel.
§  7.
«S’il  existe  une  école  préparatoire,  elle  devra  être  placée  sous  la  direction
«  de  l’école  industrielle  provinciale.
S  8.
«  Une  école  de  perfectionnement  pour  les  ouvriers  (handwerker  Fortbildung
u  Schule)  sera  attachée  à  chaque  école  industrielle.  A  cette  école  on  donnera  le*
«  soir,  dans  la  semaine  et  les  dimanches,  l’instruction  aux  apprentis  et  aux  com-«pagnons.
  Les  professeurs  de  l’école  industrielle  sont  tenus  de  professer  ;i  ces
«écoles  de  perfectionenment;  on  leur  tiendra  d’ailleurs  compte  des  heures
«  qu’ils  y  consacreront.
K  9.
«Les  écoles  industrielles,  complètement  organisées,  feront  des  examens  de
«sortie,  qui  seront  établis  d’après  un  règlement  ultérieur.
«Le  droit  de  procéder  à  ces  examens  et  de  délivrer  à  la  suite  des  certificats
«  valables  ne  peut  s’obtenir  que  sur  une  permission  spéciale  du  ministère  du
«commerce,  qui  se  guidera  d’après  la  valeur  des  épreuves  écrites  et  des
«  dessins  de  tout  élève  de  la  classe  supérieure  de  l’école  industrielle,  qui  sollicite ­
  tera  ce  droit.
«  Pour  comparer  la  force  de  ces  différentes  écoles  industrielles,  il  sera
«  nommé  un  commissaire  spécial  chargé  de  diriger  les  premiers  examens  dans
«ces  écoles.  Il  devra  s’assurer  aussi  qu’on  n’a  pas  soigné  particulièrement
«  quelques  élèves  privilégiés  aux  dépens  du  reste  de  la  classe.
«  Le  procès-verbal  d’examen  sera  remis  immédiatement  au  ministère,  qui  dé-«
  cidera  s’il  y  a  lieu  d’accorder  le  droit  de  délivrer  des  certificats.
$  10.
«  A  chaque  école  industrielle,  complètement  organisée,  seront  attachés  trois
«  professeurs  ordinaires  :
«Un  pour  les  mathématiques,  la  mécanique,  les  études  de  machines,  mécanique ­
  technologique  ;
«Un  pour  les  sciences  naturelles,  physique,  chimie,  minéralogie,  chimie
«  technologique  ;
«Un  pour  le  dessin,  le  modelage  et  les  détails  de  constructions.
        <pb n="135" />
        «La  direction  de  l’établissement  sera  dévolue  à  l’un  des  deux  premiers,  les
«  deux  autres  prendront  ensuite  rang  d’après  le  nombre  de  leurs  années  de
«  service.
«Les  professeurs  adjoints,  là  où  il  y  en  aura,  seront  peu  à  peu  remplacés
«  par  des  professeurs  titulaires.
5  11.
«  Le  titre  de  professeur  de  l’école  industrielle  est  accordé  après  un  examen
«  passé  devant  une  commission  nommée  à  cet  effet.
«  Le  ministre  pourra  dispenser  d’un  nouvel  examen  ceux  qui  déjà  ont  été  re-«
  connus  aptes  à  un  enseignement  supérieur.
S  12.
«Le  directeur  d’une  école  industrielle  provinciale  aura,  en  général,  seize
«à  dix-huit  heures  de  cours,  et  chacun  des  autres  professeurs  vingt  à  vingtquatre
  par  semaine.
«La  réunion  des  deux  divisions  n’est  admise  que  pour  le  dessin,  quand  le
«  nombre  total  des  élèves  est  moindre  de  ào,  et  si  une  séparation  devient  néces-«saire,
  on  appellera  un  professeur  adjoint  à  la  classe  inférieure.
§  13.
«  Toutes  les  nominations  doivent  être  soumises  à  l’approbation  du  ministre  ;
«les  professeurs  adjoints  temporaires  peuvent  être  admis  par  l’autorité  gouver-«
  nementale  du  lieu,  mais  en  en  référant  aussitôt  au  ministre.
§  14.
«  On  a  l’intention  de  régler  comme  il  suit  la  position  des  professeurs  dans
«celles  des  écoles  qui  ont  obtenu  le  droit  de  délivrer  des  certificats,  c’est-à-dire
«  dans  celles  qui  présentent  des  garanties  de  stabilité.
«  La  nomination  d’un  professeur,  qui  n’a  pas  encore  fait  ses  preuves  à  une
«autre  école,  se  fait  au  moyen  d’une  convention  qui  peut  être  rompue  par  une
«dénonciation  préalable  de  six  mois,  par  l’une  ou  par  l’autre  partie  conic ­
  tractante.
«Les  professeurs  qui,  dans  cet  état  provisoire,  font  preuve  de  capacité,
«sont  nommés  définitivement,  mais  la  nomination  définitive  ne  peut  toutefois
«être  prononcée  avant  trois  ans,  et  devient  obligatoire,  au  plus  tard,  à  la  cin-«quième
  année  d’essai,  si  l’on  n’a  pas  cru  devoir  faire  usage  du  droit  de  dénonp
  ciation.
«  Dès  qu’une  école  a  obtenu  le  droit  de  délivrer  aux  élèves  des  certificats  de
«sortie,  la  nomination  des  professeurs  qui  y  étaient  attachés  peut  immédiatement, ­
  avec  l’agrément  du  ministre,  être  rendue  définitive.
        <pb n="136" />
        «  Les  professeurs  définitifs  ont  les  droits  et  les  devoirs  de  fonctionnaires  du
«Gouvernement.  Ils  ont  droit  à  la  pension  et  subissent  la  retenue  corres-«
  pondante.  Les  années  de  stage  sont  comptées  comme  années  de  service.
«  Les  honoraires  d'un  professeur  définitif  seront  de  5oo  thalers  (  /  8j5  francs)
«au  moins,  ceux  des  directeurs  de  700  thalers  [262Ò  francs)  au  moins,  par  an.
§  15.
«  Dans  les  écoles  industrielles  provinciales  qui  n’auront  pas  acquis  le  droit  de
«  donner  des  certificats  de  sortie,  la  désignation  des  professeurs  se  fera  par  con-«trat,
  avec  dénonciation  préalable  de  six  mois,  de  l’une  ou  de  l’autre  part.
S  16.
«L’autorité  gouvernementale  nomme,  pour  la  direction  des  intérêts  exté-«
  rieurs  de  chaque  école  industrielle,  un  comité  composé  de  cinq  membres,
«  dont  le  directeur  fait  partie  de  droit.
«Berlin,  5  juin  i85o.
«Signé  VON  DER  HEYDT.»

Règlements  des  examens  de  sortie  des  écoles  industrielles  provinciales.
(5  juin  i85o  )
«  Le  but  des  examens  est  :
«  i°  De  vérifier  si  les  élèves  sortant  ont  le  degré  d  instruction  nécessaire  pour
«  suivre  utilement  la  carrière  industrielle.
«  2 0  D’indiquer  aux  élèves  une  direction  immédiate  à  suivre  ;
3°De  mettre  les  élèves  qui  ont  avantageusement  satisfait  aux  examens  à  même
«d’entrer  dans  l’institut  industriel  (geiverbe  Institut)  de  Berlin,  s’ils  remplissent
«les  autres  conditions  nécessaires.

S  2.
«  L  autorisation  du  ministre  est  nécessaire  pour  qu’une  école  puisse  établir  des
«  examens  de  sortie.
S3.
«  Ont  droit  de  concourir  à  ces  examens  :
«  i°  Les  élèves  qui  ont  suivi  pendant  une  année  au  moins  les  éludes  de  la
«  première  classe:
«  2 0  Les  autres  jeunes  gens  qui,  en  dehors  de  ces  écoles,  croient  avoir  atteint
«le  degré  d’instruction  nécessaire.
        <pb n="137" />
        «  Le  candidat  qui  se  présente  donne  un  aperçu  de  l’emploi  antérieur  de  son
&amp;lt;•  temps.
«  Les  candidats  étrangers  à  l’école  doivent  présenter  un  certificat  de  l’école
«  d’où  ils  sortent  et  des  dessins.  Le  directeur  engage  à  ne  pas  se  présenter  ceux
«qui  lui  paraissent  trop  faibles,  mais  ne  peut  les  empêcher  de  subir  les  chances
«  de  l’examen.
S  5.
«  Les  examens  sont  faits  par  une  commission  nommée  à  cet  eilet  et  composée  :
«i°  D’un  commissaire  du  Gouvernement.
«  5°  D’un  membre  des  autorités  locales  préposées  aux  écoles.
«  3°  Du  directeur  de  l’école  industrielle  et  des  autres  professeurs  de  l’école
«  enseignant  en  première  classe.
S  6.
«Le  directeur  prend  les  mesures  nécessaires  pour  les  épreuves  écrites,  le
commissaire  du  Gouvernement  préside  et  dirige  l’examen  oral.
§  7.
«  Les  certificats  sont  signés  par  tous  les  membres  de  la  commission;  ils  porte ­
  lent  les  qualifications  avec  distinction,  —  bien,  —  suffisant  on  insuffisant  ;—  cette
«dernière  note  exclut  du  droit  à  un  certificat  de  maturité.

*  16.
«  L’aptitude  du  candidat  est  mise  aux  voix.  Le  vote  du  commissaire  du  Gou-«
  vernein  eut  décide  eneas  de  partage  :  seul  il  a  le  droit  d’annexer  un  vote  séparé
«au  procès-verbal  et,  dans  ce  cas,  le  ministère  du  commerce  décide.

*  18.

(  Modèle  de  certificat)  Certificat  de  maturité  (ou  de  non-maturité).

Pour  né  le  à
à  fréquente  l’école  depuis..  .
«  I.  Conduite.
,11.  Dispositions  et  zèle.
«  III.  Connaissances  en  :
«  Calcul  ordinaire  ,
#  Algèbre,
«  Géométrie,
«  Physique,
«  Langue  allemande,

religion  fils  de  domicilié
.  et  la  première  classe  depuis
«  En  chimie  et  chimie  technologique,
«  Minéralogie,
«  Mécaniques  et  machines,
«  Projections.
«  Constructions.
«IV.  Habileté  dans  le  dessin  linéaire,  le
«dessin  à  main  levée,  le  modelage.

«  Le  certificat  porte  aussi  le  détail  des  mentions  obtenues  par  l’élève  pour
        <pb n="138" />
        J

—  133  —
«  chaque  branche,  et  permet  toujours  de  juger  de  ses  aptitudes  spéciales,  et  même,
«s’il  a  encore  d’autres  connaissances,  on  peut  les  constater  dans  un  cinquième
«  article.
S  20.
«  Quant  aux  candidats  qui  n’ont  pas  mérité  le  certificat  de  maturité,  on  ne  leur
«  délivre  qu’un  certificat  de  non-maturité,  détaillé  de  même  sur  leur  demande
«  expresse.
$21.
«Les  certificats  d’examen  doivent  être  délivrés  dans  la  quinzaine,  les  pièces
«  de  l’examen  sont  envoyées  au  ministère,  d’où  elles  retournent  avec  les  obser-«vations
  nécessaires  à  la  direction  de  l’école,  pour  être  conservées  dans  les  ar-«
  chives.
$  22.
«Toute  personne  étrangère  à  l’école  est  tenue  de  payer  5  thalers  pour
«avoirle  droit  de  se  faire  examiner
5  juin  i  85o.
«VON  DE  K  HEYDT.  »
Observations.  —  L’on  voit  parces  règlements  et  par  les  programmes  des  éludes
suivies  dans  les  écoles  industrielles  qu  elles  ont  une  grande  analogie  avec  l’enseignement ­
  théorique  de  nos  écoles  d’arts  et  métiers,  quoiqu’elles  le  donnent  á
un  degre  peut-être  un  peu  plus  élevé  sous  certains  rapports.  Mais  elles  ne  comprennent ­
  aucun  enseignement  pratique  d’atelier.
Les  vingt-cinq  écoles  industrielles  de  Prusse  ne  comptant  qu’environ
i/ioo  élèves,  faisant  deux  années  d’études,  elles  livrent  par  an  environ  700
sujets  préparés,  au  point  de  vue  théorique  seulement,  aux  travaux  de  l’industrie. ­
  Nos  trois  écoles  d’arts  et  métiers  avec  leurs  trois  années  d’études  théoriques ­
  et  de  travaux  d’ateliers  en  fournissent  3oo,  plus  aptes  à  entrer  immédiatement ­
  dans  la  vie  pratique,  mais  ayant  peut-être  des  connaissances,  théoriques ­
  moins  complètes  et  moins  générales.
Statistique  des  écoles  industrielles  en  Prusse.—  Le  tableau  suivant,  qui  fait  connaître ­
  les  dépenses,  les  traitements  des  professeurs  et  le  nombre  des  élèves  des
vingt-cinq  écoles  industrielles  fondées  dans  le  royaume  de  Prusse,  contient  des
renseignements  que  nous  croyons  utile  de  consigner  ici.
        <pb n="139" />
        Tableau  donnant  les  recettes,  les  honoraires  des  professeur*  e?  ^  nombre  d’élèves  aux  écoles  industrielles  de  Prusse.

d’ordre.

6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25

LOCALITES.

Kœnisberg.
Dantzig.  .  .
Gradenz..  .
Stettin.  .  .  .

Stralsund.

Schweidnidz  ...
Liegnitz
Gœrlitz
Postdam
Francfort
Halberstadt.  .  .  .
Halle
Erfurt
Munster.......
Bi  el  fel  d
Hagen
Iseriobn
Bochum
Coblentz
Crefeld
Elberfeld
Gologne
Trêves
Saarbrücken  .  .  ,
Aix-la-Chapelle

Totaux

SOMMES
RECETTES.

th.
2316
2664
1557
3097
3868
2182
2740
2306
3104
2430
2660
2405
1255
2409
2320
2723
2851
2429
2747
2196
3022
5467
2298
4156
3813

70  015

PROVENANCE  DES  RECETTES.

BUTIONS
scolaires.

th.
396
480
136
658
776
472
933
530
1024
825
834
648
280
600
800
1400
700
448
720
1070
720
1900
440
750
879

18419

th.
120
34
33
52
22
647
42
40
93
50
45
15
79
110
54
21
29
47
36
126
77
48
36
62

I  918

SUBVENTIONS

du
Gouvernetli.


900
1075
977
1203
1151
844
580
867
1020
756
a
856
490
825
455
828
1065
876
990
1045
1088
1745
905
1685
1436

23  662

APPOI

NT6_J[ e NTS.

communes.

du
DIRECTEUR.

th.
900
1075
444
1203
1889
844
580
867
1020
756
1776
856
470
905
955
441
1065
1076
990
1045
1088
1745
905
1685
1436

26  016

th.
900
1000
200
700
1000
800
800
800
900
800
900
800
180
700
800
800
800
800
900
1000
900
1200
300
1000
1000

du  1 er
PROFESSEUR. ­


th.
500
700
500
600
550
206
500
600
700
750
600
650
600
600
500
600
600
600
600
600
700
700
900
550
780
700

du  »

PROFESSES ­

 5

50Û
600
500
600
7OO
5OO
50Û
50Ö
650
6OO
600
60°
//
5OO
55O
5OO
55O
5OO
ôOO
700
650
goo
55O
660
5OO

du  3«
PRO-':'»CUR.

th.

200
400

700
550
600
550

FESSEUR
adjoint.

900
455
h
300

300
283
a
il
400
il
250
il
h
1,030
h
400
350

NOMBRE  D’ELEVES.

13
23
10
17
15
21
25
10
16
25
20
17
18
5
23
27
8
12
20
17
17
32
5
15
12

423

11
26
11
31
43
31
28
18
26
21
22
35
19
12
19
10
7
30
33
40
20
76
7
21
25

631

1054

Prépa-II


II
28
83

a
14

Inconnu.
'  33
63
il
15
29

273

24
49
21
76
141
52
61
28
42
46
42
52
37
17
42
46
29
42
53
57
70
171
12
51
66

1327

OBSERVATIONS.

L’école  préparatoire  fait  partie  de  l’école.  Les  recettes  et  les  dépenses  sont  communes
pour  les  deux,  et  par  conséquent  contenues  dans  la  première  colonne.
L'école  préparatoire  est  entretenue  aux  frais  de  la  commune,  et  les  recettes  et  dépenses
figurent  dans  la  colonne  des  subventions  communales  (1).

Comme  n*  h■

Comme  n°  4.

L’école  préparatoire  est  une  institution  de  la  commune.
Comme  n®  4.
Comme  n®  t\.
Comme  n®  4  •

(,)  D’après  l’observation,  l’État  ne  paye  rie.  pour  le,  83  élève,  de  l’école  de  Str.l-'lï
  nombro  de  expon,  lesquels  il  accorde  de,  subvention..’«,  donc  que  de
'%^m^ilk5tent  de  ,366a  thalers,  la  dépense  par  élève  est  en  moyenne
de  10  thalers  ou  7a  francs.
        <pb n="140" />
        L’on  voit  en  résumé  parce  tableau  que  les  dépenses  pour  les  écoles  industrielles ­
  de  Prusse,  au  nombre  de  vingt-cinq,  s’élèvent  à  la  somme  totale  de

70016  thalers  ou  262562  francs.
Les  subventions  de  l’Etal  y  contribuent  pour  20662  thalers.
Les  villes  26016
La  rétribution  scolaire  18419
Les  intérêts  des  fondations  !  918

70015  thalers.

Le  nombre  total  des  élèves  étant  de  1  3  2  7,  la  dépense  par  élève  est  de  5%  thalers ­
  ou  195  francs,  non  compris  le  loyer  du  bâtiment  et  le  mobilier  que  les
villes  fournissent;  sur  cette  somme  l’État,  parses  subventions,  contribue  à  peu
près  pour  un  tiers  et  la  rétribution  scolaire  pour  un  quart.
Ces  dépenses  pour  un  enseignement  d’un  ordre  aussi  inférieur,  quoique  utile,
donné  â  des  élèves  externes,  nous  semblent  excessives  et  hors  de  proportion
avec  les  résultats  obtenus.  La  raison  en  est  facile  à  trouver  dans  le  petit  nombre
des  élèves  de  la  plupart  des  écoles,  dont  certaines  n’ont  que  12,  17,  21,  24,
29  élèves,  et  au  moins  deux  professeurs  avec  un  matériel  suffisant  pour  un
nombre  beaucoup  plus  grand.  Aussi  à  Stralsund,  où  le  nombre  des  élèves  est  de
1  4  ï  ,  la  dépense  n’est  que  de  3868  thalers  ou  de  27,  4  thalers,  soit  101  fr.
75  cent,  par  élève,  et  à  Cologne  où  il  y  a  171  élèves  la  dépense  totale  s’élève
à  5467  thalers,  ce  qui  revient  à  3  1,  97  thalers  ou  1  20  francs  par  élève  ,  sommes
encore  fort  élevées,  mais  cependant  bien  inférieures  à  la  moyenne.
Cette  comparaison  des  dépenses  au  nombre  des  élèves  montre  que,  dans  son
désir  de  répandre  I  instruction  dans  la  classe  ouvrière,  le  Gouvernement  prussien ­
  a  devancé  les  besoins  présents.  Nous  en  verrons  d’autres  exemples;  sans
doute  il  en  recueillera  les  fruits  plus  tard,  mais  peut-être  eut-il  mieux  valu  procéder ­
  plus  lentement  dans  cette  voie  de  progrès,  où  le  succès  des  établissements
d’instruction  dépend  beaucoup  du  nombre  des  élèves,  qui  doit  être  assez  grand
pour  stimuler  l’émulation  et  soutenir  le  zèle  des  professeurs.
ACADÉMIE  D’ARCHITECTE  LE.
Sous  ce  titre  il  existe  à  Berlin  une  école  où  l’on  forme  :
i°  Des  conducteurs  de  travaux  pour  le  service  de  l’Etat  ou  des  villes;
2 0  Des  architectes  ou  des  ingénieurs  civils  admis  au  service  du  Gouvernement ­
  ou  des  communes;
3°  Des  architectes  pour  les  constructions  privées.
        <pb n="141" />
        L’enseignement  est  réparti  en  quatre  semestres  ou  deux  années  et  pour  y
être  admis  il  faut  produire  un  certificat  satisfaisant  d’études  suivies  dans  un  gymnase ­
  ou  dans  une  école  réelle.
De  plus  les  candidats  au  titre  d’architecte  pour  les  constructions  privées
(privat  Baumeister)  doivent  avoir  obtenu  la  maîtrise  prescrite  pour  l’une  des
professions  de  maçon,  de  tailleur  de  pierres,  de  charpentier,  après  trois  ans  d’apprentissage ­
  pratique.
Pour  se  préparer  à  devenir  architecte  en  titre  pour  les  travaux  du  Gouvernement ­
  (Baumeister)  il  faut,  outre  le  certificat  de  maturité  d’études  dans  un  gymnase ­
  ou  dans  une  école  réelle,  avoir  une  année  de  pratique  sur  des  chantiers
de  construction,  avoir  fait  dés  nivellements  et  des  métrages  et  présenter  des
dessins.
Quant  aux  conducteurs,  ils  sont  envoyés  par  le  Gouvernement  et  destinés  à
son  service.
Tout  élève  entrant  paye  10  thalers  (37  fr.  5o  cent.)  de  frais  d’immatriculation ­
  et  il  reçoit  une  feuille  sur  laquelle  sont  inscrits  les  cours  qu’il  doit  suivre
et  pour  chacun  desquels  il  doit  payer  0,76  thaler  (2  fr.  60  cent.)  par  semestre.
Le  nombre  des  cours  à  suivre  n’étant  guère  inférieur  à  dix  cela  revient  à  une
rétribution  scolaire  annuelle  d’environ  56  francs.
L’école  a  2  3  professeurs  ordinaires  et  6  adjoints;  parmi  les  premiers  professeurs ­
  il  n’y  en  a  que  5  qui  soient  titulaires.  Ils  sont  payés  ;i  raison  de  2  thalers
(7  fr.  5o  cent.)  par  leçon  d’une  heure,  s’ils  donnent  12  heures  par  semaine
pendant  dix  mois  ou  120  heures;  cela  revient  à  900  francs  par  an.  Les  autres
professeurs  ordinaires  ne  reçoivent  que  1  thaler  33  ou  5  francs  par  leçon,  et
les  professeurs  adjoints  1  thaler  ou  3  fr.  76  cent.  Ces  traitements  paraissent
bien  insuffisants.
Dans  l’hiver  1  863-64  l’académie  avait  :
51/4  élèves  inscrits  pour  le  service  de  l’Etal.
34  élèves  inscrits  pour  architectes  privés.
55  élèves  inscrits  étrangers,
69  élèves  auditeurs  libres.
Totai  472

Les  dépenses  se  sont  élevées,  en  186/1,  à  26975  thalers  pour  472  élèves
soit  55  thalers  ou  206  francs  par  élève.
La  rétribution  scolaire  a  produit  1  i5oo  thalers  ou  o,44  de  la  dépense.  Le
Gouvernement  a  donné  85oo  thalers  ou  environ  o.33.
        <pb n="142" />
        Le  surplus  a  été  fourni  par  des  ressources  diverses.
Les  matières  de  l’enseignement  sont  réparties  ainsi  quit  suit  :
l re  ANNÉE.
Eléments  de  la  construction,  dessins  et  exercices;  projections,  applications
à  la  coupe  des  pierres,  aux  voûtes,  détermination  des  ombres,  perspective,  architecture ­
  ancienne.
Dispositions  des  bâtiments  simples.
Constructions  rurales,  projets.
Connaissance  des  matériaux,  leurs  prix.
Dessin  d’ornement,
Constructions  hydrauliques,  de  chaussées,  de  chemins  de  fer.
Mathématiques  pures.
Mathématiques  appliquées,  mécanique,  levers  de  plans.
Sciences  naturelles,  notions  de  physique  et  de  chimie  appliquées  aux  constructions. ­

2 e  ANNÉE.
Construction,  architecture,  grands  bâtiments  avec  appareils  de  chauffage.
Histoire  de  l’architecture.
Principaux  genres  de  bâtiments  privés  ou  publics.
Projets,  ornements  et  décorations;  dessins  à  main  levée.
Projets  de  constructions  hydrauliques,  de  chemins  de  fer,  d’établissements
de  machines.
Géodésie  supérieure.
Télégraphie.
Mathématiques  transcendantes  (calcul  différentiel  et  intégral),  calcul  des
probabilités,  dynamique  analytique  appliquée  à  la  résistance  des  matériaux.
L’examen  de  ces  programmes,  bien  coordonnés,  montre  qu’après  une  première ­
  année  d’études  les  élèves  peuvent  avoir  acquis  les  connaissances  qui
leur  permettent  d’entreprendre  des  constructions  de  second  ordre.
Le  cours  de  la  seconde  année  nous  paraît,  pour  des  architectes,  inutilement
chargé  d’un  enseignement  de  mathématiques  transcendantes,  attendu  que  tout
ce  qui  concerne  la  résistance  des  matériaux  et  la  partie  de  la  mécanique  qu’il
leur  est  utile  de  connaître  peut  s’enseigner  élémentairement.  Il  paraît  d’ailleurs
évident  que  la  connaissance  du  calcul  des  probabilités  est  complètement  inutile ­
  à  des  architectes.
A  la  sortie  de  l’académie,  les  élèves  sont  admis  à  subir  des  examens  pour
obtenir  le  diplôme  de  la  carrière  à  laquelle  ils  se  destinent.
        <pb n="143" />
        —  i  39  —
Le  candidat  au  titre  d’architecte  public  (Baumeister)  doit  d’abord  justiher  de
deux  années  de  travail  sous  la  direction  d’un  architecte,  et  donner  un  aperçu  de
l’ernploi  de  ce  temps.
Il  fait  ensuite,  en  cellule,  un  projet  de  construction  architecturale,  pour
lequel  il  lui  est  accordé  une  semaine.
Si  ces  premières  épreuves  sont  satisfaisantes,  il  est  admis  à  passer  l’examen,
qui  dure  deux  à  trois  jours,  sur  toutes  les  matières  de  l’enseignement  des  deux
années.
Le  certificat  délivré  à  la  suite  de  cet  examen  indique  la  partie  de  l’art  des
constructions  à  laquelle  se  destine  le  candidat.
Pour  obtenir  le  titre  d’architecte  privé  (privat  Baumeister),  il  laut  être  maitn
dans  l’une  des  professions  de  maçon,  de  charpentier  ou  de  tailleur  de  pierres,
et  justifier  de  trois  années  d’études  préliminaires.
On  doit  rédiger  un  projet  pour  lequel  on  accorde  huit  jours.
On  subit  ensuite  l’examen,  qui  dure  deux  jours,  sur  toutes  les  matières  de
l’enseignement.
Quant  aux  conducteurs,  ils  ne  sont  pas  soumis  à  des  examens  :  on  se  contente
d’apprécier  la  manière  dont  ils  ont  suivi  les  études.  Ils  sont  assermentés.
Un  concours  annuel  et  facultatif  est  ouvert  chaque  année  entre  les  élèves,
et  assure  à  l’auteur  des  meilleurs  projets  une  subvention  d’environ  2000  fr.
pour  un  voyage  à  l’étranger.  Nous  avons  vu  l’exposition  de  ces  travaux  de  concours ­
  et  nous  y  avons  remarqué  un  grand  nombre  de  projets  fort  bien  étudiés
dans  leur  ensemble  et  dans  leurs  détails.
En  résumé,  l’enseignement  de  cette  école  nous  parait  organisé  avec  beaucoup
de  méthode,  il  initie  les  élèves  à  tous  les  détails  de  la  construction,  en  même
temps  qu’aux  principes  de  l’art,  et  ne  se  borne  pas  à  former  des  décorateurs.
ACADÉMIE  DES  MINES  (BERG  AKADEMIE).
Cette  académie,  fondée  en  1  86  1,  a  pour  but  de  donner  aux  jeunes  gens  qui
se  destinent  au  service  public  des  mines,  ou  à  l’industrie  métallurgique,  les  connaissances ­
  de  sciences  appliquées  ou  techniques  qui  leur  sont  nécessaires.  Les  leçons ­
  théoriques  de  ces  sciences  sont  données  à  ces  élèves  à  J  université  de  Berlin.
Les  élèves  des  mines  qui  veulent  entrer  au  service  de  1  Etat  ont  trois  grades
à  acquérir  par  des  examens.  Le  premier,  qui  se  donne  à  la  sortie  de  1  école,  est
celui  d'élève  des  mines.  Le  second,  qui  ne  peut  être  acquis  qnapiès  deux  ans  de
pratique  dans  les  exploitations,  conduit  au  titre  de  référendaire  des  mines.  Le  troisième, ­
  pour  lequel  on  ne  peut  se  présenter  qu  apres  deux  années  de  travaux
d  administration  chez  un  ingénieur  en  chef,  donne  le  titre  d  assesseur  des  mines.
,8.
        <pb n="144" />
        La  rétribution  scolaire  est  calculée  à  raison  d’un  thaler  et  demi  (5  fr.  tío  c.)
pour  une  heure  de  cours  suivi  par  semaine.  Ainsi,  un  élève  qui  suit  un  cours
pour  lequel  il  y  a  six  heures  de  leçons  par  semaine,  paye  9  thalers  ou  33  fr.
y5  cent  par  semestre.
Pour  les  manipulations  du  laboratoire,  on  paye  en  outre  20  thalers  ou
y5  francs  par  semestre,  et  de  plus  10  thalers  ou  3y  fr.  5o  cent,  pour  faire
les  essais  docimasiques.
Le  nombre  des  élèves  varie  de  3o  à  /10,  et  la  dépense  totale  de  l’établissement ­
  s’élève  à  1  2000  thalers  ou  45ooo  francs-,  ce  qui  revient  à  1  i  2Ò  francs
par  élève,  chiffre  fort  élevé  pour  un  enseignement  donné  à  des  externes.  Ce
qui  n’est  pas  couvert  par  le  montant  de  la  rétribution  scolaire  est  supporté  par
l’Etat,  qui  a  fourni  le  bâtiment  et  tout  le  matériel,  ainsi  que  les  collections.
L’on  admet  aux  cours  des  auditeurs  libres  qui,  de  même  que  les  élèves  réguliers, ­
  se  font  inscrire  pour  les  cours  qu’ils  désirent  suivre.
11  y  a  en  tout  neuf  professeurs  ,  dont  trois  sont  spécialement  attachés  â  l’école
et  reçoivent  1000  thalers  ou  3y5o  francs  par  an.  Le  directeur  a  le  même
traitement.  Les  autres  professeurs  sont  attachés  à  l’université  et  viennent  donner
des  leçons  à  l’académie.
Les  laboratoires  sont  très-bien  et  très-complètement  organisés.  Il  y  en  a  un
pour  les  essais  par  la  voie  humide  et  un  pour  les  épreuves  par  la  voie  sèche.
Les  réactifs  chers  ne  sont  délivrés  que  par  le  professeur;  les  autres  sont  â  la  disposition ­
  des  élèves.
Les  collections  géologiques  et  minéralogiques  sont  très-belles,  très-complètes. ­
  On  s’occupe  d’en  achever  la  classification.  Elles  sont  mises  en  partie  à
la  disposition  des  élèves  pour  leurs  études.
Un  règlement,  en  date  du  21  décembre  i8tí3,  signe  par  M.  le  comte
d’itzemplitz,  ministre  du  commerce,  détermine  toutes  les  conditions  d  admissibilité ­
  et  de  sortie  relatives  aux  élèves  et  aux  examens,  ainsi  que  celles  de
l’enseignement.  Nous  croyons  utile  de  les  reproduire  en  grande  partie.
ACADÉMIE  DES  MINES.
Cette  académie  a  pour  but  de  permettre  aux  jeunes  gens  qui  se  destinent
à  la  métallurgie,  à  l’exploitation  des  mines,  des  salines,  d’acquérir  les  connaissances ­
  spéciales  nécessaires  à  ces  industries.
Elle  dépend  du  ministère  du  commerce  et  les  fonctions  relatives  a  la  comptabilité ­
  sont  remplies  par  des  employés  de  ce  ministère.  Le  Roi  nomme  le
directeur  ainsi  qu’un  conseil  de  cinq  membres.
Le  ministre  nomme  les  principaux  professeurs  sur  la  proposition  du  directe  m  .
        <pb n="145" />
        Les  cours  durent  chaque  année  du  10  octobre  au  i5  août,  avec  trois  semaines ­
  de  vacances  à  Pâques.
Lne  partie  des  cours  est  privée  et  l’autre  est  publique  et  gratuite.
Aux  cours  privés  sont  admis  :  i°  les  élèves  qui  se  destinent  aux  mines,  aux
salines  ou  a  la  métallurgie,  2°  les  élèves  inscrits  de  1  université  de  Frédéric-Guillaume
  ;  3"  les  élèves  inscrits  de  l’institut  polytechnique.
lies  élèves  désignent  eux-mêmes  les  cours  qu’ils  ont  l’intention  de  suivre
et  payent,  pour  chaque  cours,  une  rétribution  fixée  à  i  1/2  thaler  ou  5  fr.
fio  cent,  par  leçon  hebdomadaire  et  par  semestre.
Les  matières  de  l’enseignement  sont  les  suivantes:
«°  Exploitation  des  mines;
o.°  des  salines  ;
3°  métallurgique  en  général  ;
-V’  métallurgique  du  1er  ;
5°  Mécanique  ;
6°  Etude  des  machines  ;
7 0  Levers  de  plans;
8’  Dessin;  —-projections;  —  détermination  des  ombres;
9  Répétitions  et  conférences  sur  la  minéralogie  et  la  géognosie  ;
1  °'  Répétitions  et  conférences  sur  les  sciences  mathématiques;
ï  1  Analyse  chimique  générale;  travaux  au  laboratoire;
12  '  Essais  par  la  voie  sèche  et  par  la  voie  humide;  théorie  et  pratique  des
essais.
Les  cours  sont  répartis  entre  huit  heures  du  matin  et  sept  heures  du  soir
en  hiver.
Conditions  d’admission  aux  emplois  :  l u  de  directeur  ou  de  membre  technique  aux
emplois  supérieurs  des  mines;  3°  de  préposé  au  district  des  mines.  Pour  arriver  à  ces
positions,  il  faut  passer  des  examens,  mais  ou  y  admettra  de  préférence  ceux
qui  auront  fait  leurs  études  d’après  les  indications  suivantes  :
$  2.  11  y  a  trois  examens  :  i°  celui  des  élèves;  2 0  celui  des  référendaires;
3°  celui  des  assesseurs.
§  3.  Pour  se  présenter  aux  examens  pour  l’un  de  ces  grades,  il  faut  avoir
d’abord  le  certificat  de  maturité  d’un  gymnase  ou  d’une  école  réelle  de  premier
ordre.
$  4.  En  se  présentant  ,  il  faut  indiquer  à  quelle  spécialité  ou  se  destine  plus
particulièrement.

Durée  et  marche  de  l'enseignement.  —  L’enseignement  est  subdivisé  :
        <pb n="146" />
        14-2

i 0  En  apprentissage  des  travaux  par  l’exercice  manuel;
2°  Apprentissage  théorique;
3°  Enseignement  technique  et  pratique.
L’apprentissage  pratique  dure  au  moins  une  année.  L  ingénieur  des  mines
(Ober-bercjamt)  désigne  les  lieux  oii  l’élève  devra  travailler.
L’apprentissage  théorique  s’acquiert  par  des  études  de  trois  ans.  Celles  de  la
dernière  année  doivent  être  laites  à  l’académie  des  mines  de  Berlin  ;  celles  des
deux  autres  peuvent  être  suivies  à  l’académie  des  mines  de  Freyberg  ou  bien
à  l’école  des  mines  de  Clausthal.
Sil.  Examen  de  l’élève.  —  L’apprentissage  théorique  terminé,  les  élèves
passent  devant  une  commission  nommée  par  le  ministre  du  commerce,  à  laquelle ­
  ils  produisent  les  pièces  justificatives  exigées,  un  examen  oral  roulant  :
i°  Sur  les  sciences,  savoir  :  la  minéralogie,  la  géognosie;  2°  la  chimie  minérale ­
  et  l’analyse  chimique;  3°  la  physique;  l\°  les  mathématiques  jusqu’à  l’application ­
  de  l’algèbre  à  la  géométrie  inclusivement,  la  mécanique,  le  mouvement ­
  des  liquides  et  des  gaz;
2°  Sur  les  sciences  appliquées  à  l’exploitation  des  mines,  des  salines,  à  la
métallurgie,  au  lever  de  plans,  aux  essais,  aux  machines;
3°  Sur  les  connaissances  générales,  savoir  :  l’encyclopédie  du  droit,  le  droit
romain,  le  droit  rural  et  des  mines  en  Prusse;  l’économie  nationale,  le  service ­
  des  finances,  la  statistique  commerciale  et  industrielle,  et  la  technologie.
Si  l’aspirant  réussit,  il  est  nommé  élève  des  mines  (bercj-Eleve),  sinon  il  est
ajourné  au  semestre  suivant,  et  s’il  ne  réussit  pas  à  cette  seconde  épreuve,  il
est  rayé  des  cadres.
Examen  de  référendaire.  —  L’instruction  ultérieure  se  divise  en  deux  parties,
l’une  technique,  l’autre  comprenant  la  pratique  des  affaires.
i°  Pour  les  mines,  l’instruction  technique  comprend  l’exécution  de  tous  les
travaux  qui  se  présentent  dans  l’exploitation  des  mines  et  le  lever  des  plans;
2°  Pour  la  métallurgie,  outre  le  travail  des  exploitations  métallurgiques  proprement ­
  dites,  le  charbonnage,  la  fabrication  du  coke,  le  moulage,  la  fusion,
les  constructions  en  matériaux  réfractaires,  le  grillage  des  minerais;
3°  Pour  les  salines,  l’exécution  des  travaux  relatifs  aux  chaudières,  aux  ap
pareils  d’évaporation,  les  sondages,  le  foncement  des  puits,  le  cuvelage,  les
constructions  hydrauliques.  On  pourra  compter  comme  occupation  pratique
trois  mois  passés  dans  une  fabrique  de  produits  chimiques.
/  Il  faut  que  l’élève  ait  passé  au  moins  deux  ans  dans  une  exploitation,  et  le
fasse  constater  par  l’ingénieur  du  Gouvernement  du  ressort;
        <pb n="147" />
        —  143  —
4°  Une  année  doit  être  consacrée  en  outre  à  l’instruction  administrative.
Cette  année  sera  employée  dans  les  bureaux,  notamment  :  i°  à  la  comptabilité ­
  et  à  la  chancellerie  des  mines;  2°  à  la  tenue  des  livres  relatifs  aux  dépenses ­
  et  à  la  production  ;  3°  à  la  révision  des  comptes  ;  4°  au  bureau  d’un
(berg  -  Beamten)  ingénieur  de  district.
Les  élèves  doivent  se  familiariser  avec  cette  branche  de  leur  service,  lire
attentivement  les  actes,  copier  les  livres  et  en  faire  des  doubles.
Us  sont  toujours  tenus  de  rendre  compte  deux  fois  par  an,  en  juin  et  en  décembre, ­
  à  l’Ober-bergamt,  du  lieu  de  leur  séjour  et  de  leurs  occupations.
Us  font  constater  ces  occupations  par  des  certificats,  et  tiennent  en  outre  un
journal  qu’ils  reproduisent  en  se  présentant  à  l’examen  pour  le  grade  de  référendaire. ­
  En  même  temps,  ils  sont  obligés  de  prouver  qu’ils  sont  élèves  et
qu’ils  ont  satisfait  au  service  militaire,  ou  bien  qu’ils  en  sont  exempts.
En  outre,  en  se  présentant  comme  candidats  référendaires,  ils  doivent  produire ­
  le  dessin  d’une  machine,  un  plan  topographique  avec  nivellement,  un
plan  de  mines  et  enfin  divers  dessins  prouvant  qu’ils  savent  dessiner  et  déterminer ­
  les  ombres.
Comme  épreuves  écrites,  ils  doivent  :  i°  sur  des  données  fournies  par  1  ingénieur ­
  du  district,  projeter  un  plan  d’exploitation  de  mines  ou  discuter  un
plan  déjà  établi  ;  2°  donner  la  description  théorique  et  pratique  des  procédés
d’une  usine  métallurgique,  avec  discussion  des  résultats  économiques  ;  3°  la
description  d’une  saline;  4°  la  description  géologique  d’une  contrée;  5°  une
analyse  des  matières  premières,  des  produits  et  des  déchets  ;  6°  la  description
et  le  calcul  d’une  machine  d’exploitation  ;  y 0  traiter  une  question  intéressant
l’administration  ou  l’économie  des  mines.
Ces  travaux  doivent  être  faits  et  remis  à  l’ingénieur  du  district,  dans  le  délai
de  six  mois,  avec  serment  qu’on  ne  s’est  fait  aider  par  personne.
Ces  épreuves  écrites  sont  examinées  et,  suivant  le  jugement  qui  en  est  porté,
le  candidat  est  admis  à  l’examen  oral,  destiné  à  vérifier  s’il  possède  bien  les
connaissances  demandées  et  dont  il  a  été  question  plus  haut.
A  la  sortie  de  ces  épreuves,  le  candidat  est  nommé  référendaire,  s’il  y  a  satisfait, ­
  ou  il  est  ajourné  à  un  deuxième  examen.  Une  épreuve  manquée  ne  peut
être  répétée  qu’une  fois.
Examen  de  berg-Assessor.  —Un  référendaire  qui  se  présente  pour  le  grade  de
berg-Assessor  est  tenu  de  travailler  auparavant  deux  ans  chez  1  ingénieur  du  district ­
  et  de  s’initier  complètement  à  tous  les  travaux  de  1  administration.
Les  examinateurs  sont  nommés  par  le  ministre  du  commerce.  Le  candidat
        <pb n="148" />
        doit  traiter  un  sujet  d’économie  politique,  un  sujet  technique,  et  faire  un  rapport ­
  sur  une  question  compliquée  d’administration.  L’examen  oral  roule
surtout  sur  les  questions  de  haute  administration,  sur  la  propriété  du  sol  et  des
mines;  sur  les  sociétés  minières,  sur  les  hypothèques,  sur  la  surveillance,  sur  la
police  minière,  sur  l’impôt  sur  les  mines,  etc.
Pour  chacun  de  ces  examens  on  paye  10  thalers  (3y  fr.  5o  cent.).  Ces
prescriptions  du  20  mai  1  863  sont  destinées  à  remplacer  celles  du  3  mars  1  856,
du  9  novembre  i85q  et  du  2  février  1861.
ÉCOLE  DE  DESSIN  INDUSTRIEL  (MUSTER  ZEICHNEN  SCHULE).
Cette  école,  quoique  séparée  de  l’institut  polytechnique  et  ayant  un  directeur ­
  spécial,  est  regardée  comme  une  annexe  de  cet  institut.  Elle  a  cependant
pour  but  très-distinct  de  former  des  dessinateurs  et  des  compositeurs  pour  les
industries  du  tissage  en  soie,  en  laine  ou  en  coton,  pour  les  impressions  de
toiles  peintes  et  pour  les  papiers  peints  ;  et,  à  ce  titre,  elle  se  rapproche  beaucoup ­
  plus  des  écoles  de  tissage  (webe  Schule)  proprement  dites.  Outre  le  dessin,
ou  y  enseigne  encore  la  théorie  et  la  pratique  du  tissage  dans  tous  leurs  détails;
l’école  possède  à  cet  elfet  8  à  1  o  métiers.
La  méthode  d’enseignement  du  dessin,  qui  y  est  suivie,  est  celle  de  feu
M.  Dupuis,  laquelle  consiste,  comme  on  sait,  à  n’exercer  les  élèves,  dès  le
commencement,  que  d’après  des  modèles  en  relief  gradués,  depuis  les  plus
simples  jusqu’aux  plus  beaux,  qui  sont  empruntés  à  l’antiquité,  et  enfin  d’après
la  nature  elle-même.  Les  résultats  de  cet  enseignement  sont  vraiment  remarquables ­
  pour  tous  les  genres  d’industrie  auxquels  ils  se  rattachent,  mais  malheureusement ­
  les  élèves  qu’il  forme  ne  trouvent  pas  à  utiliser  dans  le  pays  le
talent  qu’ils  ont  pu  acquérir,  et  la  plupart  sont  conduits  à  s’expatrier.  Aussi,
l’école,  d’abord  florissante,  et  qui  comptait  à  l’origine  4o  à  5o  élèves,  n’en
a-1-elle  plus  que  6  ou  8  et  parle-t-on  de  la  supprimer.
Ce  résultat  regrettable  peut  être  attribué  à  deux  causes.  La  première,  c’est
que  1  industrie  de  la  Prusse  trouve,  dans  le  bon  marché  de  la  main-d’œuvre  et
dans  la  facilité  avec  laquelle  les  modes  et  les  modèles  venus  de  France  sont
acceptés  par  le  public,  des  motifs  suffisants  pour  se  contenter  des  moyens  plus
ou  moins  imparfaits  dont  elle  dispose.  La  seconde,  plus  rationnelle  peut-être,
c’est  que  l’Allemagne  n’ayant  pas,  pour  les  inventions  et  pour  les  marques  de
fabrique,  de  loi  protectrice  applicable  à  toute  l’étendue  du  Zollverein,  tout
dessin  nouveau,  original,  fait  en  Prusse,  peut  être  immédiatement  reproduit
dans  les  autres  Etats.
Ces  conditions  pourraient  peut-être  bien  changer,  si  les  traités  de  commerce
        <pb n="149" />
        '9

—  145  —
projetés  en  Ire  la  France  et  le  Zollverein  étaient  enfin  étendus  à  toute  l’Allemagne ­
  et  si  la  législaiton  industrielle  était  modifiée;  mais,  d’ici-là,  l’école  de
dessin  industriel  de  Berlin  sera  probablement  supprimée.
De  semblables  écoles  pouvant  cependant  réussir  dans  d’autres  conditions,
nous  pensons  qu'il  ne  sera  pas  inutile  de  faire  connaître  le  règlement  qui  fixe
les  conditions  de  l’enseignement  dans  cette  école,  entièrement  à  la  charge  de
I  Etat,  et  à  laquelle  un  budget  de  10000  thalers  (3y5oo  francs)  par  an  est  accordé, ­
  outre  le  bâtiment,  par  le  ministère  du  commerce.
Règlement  pour  l’école  de  dessin  industriel.  —  L’enseignement  est  donné  en
deux  années.
Dans  la  première,  qui  se  rapporte  à  la  deuxième  classe,  on  consacre  par
semaine  :
ik  heures  au  dessin  d’après  des  modèles  en  relief  ;
6  heures  à  des  notions  de  physique  et  de  chimie  spéciales  au  but  de  l’école;
6  heures  à  l’étude  descriptive  et  au  montage  des  métiers;
A  heures  au  dessin  industriel.
Dans  la  deuxième  année  ou  dans  la  première  classe,  on  emploie  par  semaine  :
36  heures  à  la  composition  et  à  l’exécution  de  dessins  pour  impressions  et
tissus  ;
16  heures  au  montage  des  métiers  de  tissage  pour  piqué,  velours,  exercices
de  tissage  ;
8  heures  à  la  décomposition  et  à  la  mise  en  carte  des  tissus.
Conditions  d’admission.  —•  Pour  être  admis  à  l’école,  il  faut  être  âgé  de
i  4  ans  au  moins  et  avoir  été  confirmé  ou  avoir  fait  sa  première  communion.
Savoir  lire  l’allemand  imprimé,  soit  en  lettres  gothiques,  soit  en  lettres  latines, ­
  et  rendre  compte  du  contenu  d’un  livre  à  la  portée  de  son  intelligence;
Calculer  avec  des  nombres  entiers  et  fractionnaires,  et  les  appliquer  aux  problèmes ­
  ordinaires;
Ecrire  l’allemand  sans  fautes  grossières  d’orthographe  ;
Connaître  les  principes  du  dessin  au  crayon  ;
La  rétribution  scolaire  et  de  ï  2  thalers  ou  65  francs  par  semestre.
Le  but  de  l’école  est  de  former  des  dessinateurs  qui,  après  avoir  suivi  le  cours
complet  d’études,  puissent  servir  de  dessinateurs  dans  les  fabriques  ou  sachent
diriger  des  ateliers  de  dessin.
On  y  enseigne  le  dessin  pour  les  papiers  peints,  pour  les  toiles  cirées,  pour
I  impression  sur  soie,  sur  coton,  sur  laine  et  sur  fil  ;  pour  le  tissage  d’étoiles  et
        <pb n="150" />
        146  —

de  rubans;  pour  les  meubles,  pour  les  tapis,  pour  la  broderie  et  pour  la
dentelle.
L’école  est  placée  sous  la  direction  spéciale  d’un  professeur  technique  et  du
directeur  de  l’institut  polytechnique.
Il  y  a  deux  années  d’études;  les  cours  d’impression  sur  étoffes,  de  coloris  et  du
montage  de  métiers  à  tisser  sont  communs  aux  deux  années.
Dans  la  première  période  de  séjour,  les  élèves  sont  mis  au  courant  du  tissage
et  de  la  mise  en  cartes,  autant  que  cela  est  nécessaire  au  dessin  industriel.
Dans  la  deuxième,  le  dessin  commence  par  l’ornementation  et  finit  par  celui
de  la  bosse  et  de  l’académie.
Le  cours  de  dessin  industriel  proprement  dit  commence  par  la  copie  de
Heurs  d’après  nature;  puis  on  copie  des  dessins  choisis,  on  s’attache  à  habituer  les
élèves  à  la  composition,  c’est-à-dire  à  l’invention  de  dessins  nouveaux.
Les  élèves  de  la  deuxième  classe  peuvent  en  tout  temps  être  promus  à  la
première,  aussitôt  qu’ils  auront,  de  l’avis  du  professeur,  acquis  le  degré  voulu
d’habileté.
Dans  la  deuxième  classe  le  nombre  d’heures  de  classe  est  de  six  par  jour  ;
il  est  de  huit  dans  la  première.
Le  corps  enseignant  se  compose  :
i°  Du  professeur  de  dessin  industriel,  qui  est  à  la  fois  directeur;
2°  D’un  professeur  de  dessin  pour  la  deuxième  classe  ;
3°  D’un  professeur  pour  le  coloris;
4°  D’un  professeur  pour  la  partie  relative  à  l’impression  et  au  tissage  ;
5°  D’un  professeur  pour  le  tissage  et  la  mise  en  cartes.
$  9.  Pendant  les  vacances  de  chaque  année,  il  y  a  une  exposition  des  dessins ­
  des  élèves.
§  14.  Une  partie  des  dessins  faits  par  les  élèves  appartiennnet  à  l’établissement, ­
  les  autres  leur  sont  rendus.
§  18.  Les  élèves  dont  l’instruction  est  complète  reçoivent  un  certificat  de
maturité.  Les  autres  peuvent  recevoir  un  certificat  indiquant  jusqu’à  quel
point  s’est  élevée  leur  instruction  spéciale.
ÉCOLES  DE  NAVIGATION.
Il  existe  en  Prusse  six  écoles  de  navigation  destinées  à  former  des  pilotes
et  des  capitaines  au  long  cours.  Elles  sont  situées  à  Memel,  à  Dantzig,  à  Pill  un,
à  Grabow,  près  Stettin,  et  à  Stralsund.  Un  seul  directeur,  résidant  à  Dantzig,
a  la  surveillance  de  ces  écoles,  qui  ont  chacune  deux  professeurs  et  un  professeur ­
  adjoint  chargé  de  l’enseignement  du  dessin.
        <pb n="151" />
        V

1 9  •

—  147  —
Ces  écoles  sont  partagées  en  deux  divisions  :  l’une  inférieure,  doit  donner  en
une  année  l’instruction  nécessaire  aux  pilotes,  et  l’autre  supérieure,  en  deux
autres  années,  celle  de  la  navigation  au  long  cours.
L’admission  aux  écoles  est  décidée  d’après  un  examen  subi  devant  le  directeur ­
  et  fait  par  un  professeur.
Pour  être  reçu  au  cours  de  pilotage  il  faut  avoir  moins  de  ho  ans,  savoir
lire,  écrire,  rédiger  convenablement  et  posséder  les  mathématiques  élémentaires. ­
  La  rétribution  scolaire  est  de  10  thalers  (fr.  5o  cent.)  pour  l’école
de  navigation,  et  de  6  thalers  (22  fr.  5o  cent.)  pour  celle  du  pilotage,  par
chaque  trimestre.
Il  y  a  par  semaine  environ  82  heures  de  leçons.
L’enseignement  de  la  division  inférieure  ou  de  pilotage,  comprend  :
L’arithmétique,  la  géométrie  plane,  la  charpenterie,  la  trigonométrie  plane
et  sphérique;  la  navigation,  les  observations  terrestres  et  astronomiques;  le  dessin
des  cartes  géographiques  terrestres  et  astronomiques,  et  l’anglais.
Celui  de  la  division  supérieure  ou  de  navigation  comprend,  outre  Jes  connaissances ­
  précédentes,  qui  doivent  être  plus  approfondies,  le  gréement,  le
dessin  des  différentes  parties  d’un  bâtiment,  les  règles  commerciales  relatives  aux
papiers  de  bord,  celles  du  change  sur  les  principales  places  de  commerc,  etc.
Des  examens  de  sortie  sont  exigés  pour  obtenir  le  certificat  d’aptitude.
DES  ÉCOLES  RÉELLES.
Sous  ce  titre  on  comprend  habituellement  des  établissements  d’instruction,
très  nombreux  en  Allemagne,  ayant  pour  but  de  donner  aux  jeunes  gens,  qui
se  destinent  au  commerce,  aux  emplois  inférieurs  de  l’administration  et  à  l’industrie, ­
  une  instruction  générale  qui,  en  Prusse,  comprend  les  langues  allemande, ­
  française  et  anglaise,  quelquefois  l’italien,  point  de  grec,  et  souvent
assez  de  latin  pour  entrer  dans  les  classes  supérieures  des  gymnases  où  se  font
les  études  d’humanités,  et  dans  les  instituts  polytechniques.
L’enseignement  religieux,  l’histoire,  la  géographie,  des  notions  d  histoire
naturelle,  de  physique  et  de  chimie;  l’arithmétique  commerciale,  la  géométrie
élémentaire,  le  chant  et  la  gymnastique  complètent  ces  éludes,  qui  sont  suivies
par  un  très-grand  nombre  d’élèves,  tous  externes.
On  distingue  en  général  deux  degrés  d’écoles  réelles  :  les  ecoles  reelles  inferieures ­
  et  les  écoles  réelles  supérieures,  et  l’on  y  assimile  même  des  ocoles
analogues,  quoique  plus  faibles,  appelées  écoles  bourgeoises  supérieures.  Les
premières  n’ont  que  trois  à  quatre  classes,  les  secondes  six  a  huit,  parmi
lesquelles  sont  comprises  celles  des  précédentes.
        <pb n="152" />
        L’enseignement  est  gradué  de  manière  que  ces  écoles  peuvent  recevoir  les
entants,  à  partir  de  l’âge  de  7  à  8  ans,  quand  ils  savent  déjà  lire,  écrire,  compter, ­
  la  grammaire  et  l’orthographe  allemandes,  ce  qui  exige  souvent  cependant
une  ou  deux  années  de  classes  préparatoires,  ou  en  tout  huit  années  d’études;
de  sorte  qu’un  jeune  homme  peut  avoir  terminé  ces  classes  à  1  7  ou  18  ans.
Les  études  littéraires  des  langues  modernes  sont  très-étendues  et  comprennent, ­
  pour  les  classes  supérieures,  les  œuvres  des  prosateurs  et  des  poètes
allemands,  et  pour  le  latin  celles  des  prosateurs  seulement.
En  allemand,  on  étudie  Lessing,  Schiller,  Klopstock  ;  en  français,  Corneille, ­
  Racine  et  quelques-uns  de  nos  auteurs  modernes;  en  anglais,  la  collection
des  classiques  anglais  de  Herrig,  quelques  pièces  de  Shakespeare  font  le  sujet
des  lectures  et  des  traductions.
Des  sujets  nombreux  de  compositions,  sur  des  textes  historiques,  sont  traités ­
  dans  les  trois  langues.
L’on  peut  donner  une  idée  de  la  solidité  de  ces  études  dans  l’école  d’El  h  erleid ­
  ,  par  exemple,  en  citant  quelques-uns  des  sujets  de  composition  traités  palles ­
  élèves  de  la  première  classe  en  1862-60.
En  français  :  analyse  du  Cid  de  Corneille  et  histoire  poétique  du  Cid.  —
Les  inventions  modernes.  —  Analyse  de  la  tragédie  d’Esther.  —  Comparaison
entre  César  et  Napoléon.  —-  Les  faits  principaux  des  premiers  livres  de  la
(hierre  des  Gaules  par  J.  César,  etc.  etc.
En  anglais,  On  the  war  now  raging  in  the  United-States.  —  Frederick  the
Great.  —  On  the  Death  of  Cesar.  —  Othello,  a  tale  from  Shakespeare,  etc.
—  A  summary  account  of  Louisa,  Queen  of  Prussia,  etc.
U  n  est  pas  inutile  d  ajouter  que  ce  sont  les  mêmes  élèves  qui  doivent  traiter ­
  ces  sujets  dans  l’une  ou  dans  l’autre  langue,  et  nous  avons  eu  la  preuve  du
succès  obtenu  en  assistant,  à  Elberfeld,  à  une  leçon  de  la  classe  de  seconde  ,  où
le  professeur  a  eu  1  obligeance  de  faire  successivement  traduire  et  analyser  en
français  et  en  anglais,  devant  nous,  plusieurs  fragments  d’un  ouvrage  allemand.
La  méthode  suivie  par  ce  professeur  se  rapproche  beaucoup  de  celle  de
AL  Robertson,  et  consiste  à  faire  apprendre  par  cœur  des  fragments  a’une
vingtaine  de  lignes,  puis,  avec  les  mêmes  mots,  à  composer  de  petites  phrases
que  l’on  traduit  alternativement  d’une  langue  dans  l’autre.  Les  élèves,  toujours
tenus  en  éveil  par  l’interpellation  du  professeur,  sont  sans  cesse  prêts  à  répondre, ­
  et  se  familiarisent  rapidement  avec  les  mots  qu’ils  se  gravent  ainsi  dans
la  mémoire.
L’enseignement  du  latin,  qui  ne  s’étend,  comme  nous  l’avons  dit,  qu’aux
prosateurs,  prépare  les  élèves  à  suivre  certains  cours  des  universités  où  ils
        <pb n="153" />
        —  149  —
peuvent,  pour  quelques  cours,  être  admis,  ainsi  que  nous  l’avons  dit,  comme
ceux  des  gymnases.
Quant  à  ¡’enseignement  scientifique,  il  prépare,  par  les  classes  inférieures  et
par  les  classes  supérieures,  aux  écoles  industrielles  proprement  dites  et  aux
études  des  instituts  polytechniques.
L’on  remarquera  que,  sous  ce  rapport,  cet  enseignement  se  rapproche
beaucoup  de  celui  de  la  division  scientifique  de  nos  lycées.
D’après  la  répartition  des  leçons  professées  aux  élèves  des  six  classes,  dont  se
compose  la  division  supérieure  de  l’école  réelle  d’Elberfeld,  le  temps  consacré
aux  leçons  en  une  semaine  et  pour  les  six  classes  est  réglé  ainsi  qu'il  suit  :
Enseignement  religieux  12  heures.
Langue  allemande  16
Langue  latine  (pour  les  élèves  qui  se  destinent  aux  gymnases)  34
Langue  française  02
Langue  anglaise  9
Géographie  8
Histoire  1  i
Histoire  naturelle  8
Écriture  perfectionnée  7
Arithmétique  et  calcul  commercial  1  9
Physique  6
Chimie  4
Géométrie  11
Chant  7
Gymnastique  12
L’école  réelle  d’Elberfeld  a  dans  le  pays  une  réputation  justement  méritée,
et  le  nombre  de  ses  élèves  est  toujours  au  complet.  Dans  les  dix  années  de
1853-54  à  i862-63  il  s’est  même  notablement  accru,  et  a  atteint  les  chiffres
suivants  :

1853-1854.

233

1854-1855.

234

1855-1850.

209

1856-1857.

280

1857-1858.

312

1858-1859.

314

1859-1800.

283

1800-1801.

293

J  861-1802.

290

1862-1803

312

Les  dépenses  de  ¡’établissement  s’élèvent  à  11900  thalers  ou  environ
44025  francs,  soit  a  peu  près  i/i3  francs  par  élève,  à  raison  de  012;  mais,
dans  cette  dépense,  ne  sont  pas  compris  le  loyer  du  batiment  ni  le  mobilier,
qui  sont  fournis  par  la  ville.
Les  traitements  des  professeurs  sont  fort  modestes.  Les  plus  eleves  sont  de
        <pb n="154" />
        &amp;lt;

-  150

i  loo  thalers  ou  environ  4312  francs,  et  les  plus  faibles,  de  5oo  thalers
i8y5  francs).  11  y  a  en  tout  1  4  professeurs.
Observation  sur  l’enseignement  des  écoles  réelles  en  Prusse.  —  Il  faut  faire  remarquer ­
  que  ces  écoles  étant  principalement  destinées  aux  jeunes  gens  qui
se  préparent  au  commerce,  à  l’industrie  et  à  des  emplois  inférieurs,  il  arrive
toujours  qu’un  grand  nombre  des  élèves  cessent  leurs  éludes  à  partir  de  la
troisième  et  de.  la  quatrième  classe,  et  qu’il  n’en  reste  qu’un  petit  nombre  pour
la  deuxième  et  encore  moins  pour  la  première,  qui  correspond  à  la  rhétorique.
En  général,  le  nombre  des  élèves  de  seconde  n’est  au  plus  que  la  moitié  de
celui  des  classes  de  sixième,  cinquième,  quatrième  et  troisième,  et  celui  des
élèves  de  première  classe  n’en  est  guère  que  le  dixième,  ce  qui  prouve  que  ce
n’est  pas  dans  ces  écoles  réelles  que  l'on  vient  chercher  un  enseignement  littéraire ­
  élevé,  meme  en  se  bornant  aux  langues  vivantes,  que  l’on  y  enseigne
cependant  plus  efficacement  que  dans  les  gymnases.  On  y  trouve  encore  moins
une  instruction  technique  se  rapportant  plus  ou  moins  directement  à  l’industrie. ­
  C’est  une  réflexion  qu’il  ne  faut  pas  perdre  de  vue  dès  à  présent,  parce
que  nous  verrons  plus  loin  qu’en  d’autres  parties  de  l’Allemagne  on  désigne
sous  le  même  nom  des  établissements  fort  différents.
ORGANISATION  GENERALE  DES  ECOLES  RÉELLES  EN  PRUSSE.
La  création  des  écoles  réelles  remonte  déjà  assez  loin,  car  celle  d’Elberfeld
a  été  fondée  en  1829  par  le  conseil  municipal  de  cette  ville,  avec  l’autorisation ­
  du  Gouvernement,  qui  l’a  placée  sous  la  surveillance  de  la  régence  de
Dusseldorf  et  d’une  commission  composée  de  sept  membres,  présidée  par  le
directeur,  qui  est  nommé  par  le  Gouvernement.  Trois  des  membres  sont  élus
par  le  conseil  municipal  et  les  trois  autres  par  la  régence  de  la  province.
Toutes  les  écoles  de  ce  genre,  qui  existent  en  Prusse,  sont  sous  la  direction
générale  du  ministère  de  l’instruction  publique,  qui  laisse  d  ailleurs  aux  commissions ­
  locales  toute  la  liberté  nécessaire  pour  que  l’enseignement,  dont  les
dépenses  sont  pour  une  grande  partie  à  la  charge  des  villes,  soit  autant  que
possible  approprié  aux  besoins  locaux,  sans  toutefois  devenir  technique.
A  l’époque  de  leur  création  l’on  avait,  au  contraire,  cherché  à  donner  à  une
partie  de  ces  écoles  une  direction  plus  technique,  mais  elle  ne  pouvait  être  ni
assez  scientifique  ni  assez  pratique  pour  atteindre  le  but  que  l’on  s  était  propose,
et  les  résultats  furent  peu  favorables.  Aussi  en  est-on  venu  successivement  à
se  borner  à  des  études  de  littérature  moderne  et  à  des  notions  scientifiques
générales  et  élémentaires.
        <pb n="155" />
        —  151  —
Programme  general  de  renseignement  des  écoles  réelles.  —  D’après  une  instruction ­
  ministérielle  de  i85g,  le  programme  général  des  études  dans  les
écoles  de  premier  ordre,  à  six  classes,  doit  être  réglé  ainsi  qu’il  suit  :

Répartition  des  leçons  données  par  semaine.

MATIERES  ENSEIGNEES.

Religion
Allemand
Latin
Français
Anglais
Géographie  et  histoire.  .  ,
Histoire  naturelle
Mathématiques  et  calcul.
Écriture
Dessin

Total  des  heures  de  leçons
par  semaine

6 e
CLASSE.

30

31

4 e
CLASSE.

32

3 e
CLASSE,

32

32

32

14
20
32
22
10
20
20
31
7
13

Ce  programme  général,  qu’on  peut  regarder  comme  le  type  de  l’enseignement ­
  de  ces  écoles,  reçoit,  ainsi  que  nous  l’avons  dit  plus  haut,  quelques
modifications  partielles  et  peut  prendre  plus  d’extension  dans  certaines  villes,
mais  l’esprit  et  le  but  de  l’enseignement  sont  toujours  les  mêmes,  littéraire
surtout.
Quant  au  reproche  adressé  à  ces  écoles  de  diriger  l’esprit  vers  des  idées  matérialistes, ­
  il  ne  nous  semble  nullement  fondé,  quanta  présent,  eine  nous  paraît
guère  l’avoir  été  davantage  dans  le  passé.  L’enseignement  de  ces  écoles  n’a  pas
cessé  de  comprendre,  jusqu’aux  classes  de  troisième  ou  de  quatrième,  des  instructions ­
  religieuses  destinées  à  corroborer  les  sentiments  développés  dans
les  écoles  primaires.  Les  études  spécialement  littéraires  prennent  pour  textes
les  mêmes  auteurs  que  les  gymnases,  et  ne  laissent  de  côté  que  les  auteurs
grecs  ou  latins;  elles  ne  sauraient  donc  avoir  produit  le  résultat  qu’on  leur  a
attribué.
Les  véritables  causes  du  développement  d’idées  révolutionnaires  qui  inquiète
et  tourmente  aujourd’hui  l’Allemagne  n’est  pas  dans  les  études  plus  ou  moins
techniques  qui  permettent  à  la  jeunesse  d’acquérir,  plus  facilement  que  par  le
passé,  des  connaissances  à  l’aide  desquelles  elle  peut  trouver  sa  place  dans  la
        <pb n="156" />
        société.  IJ  ne  nous  appartient  pas  de  les  rechercher  ici,  mais  nous  ne  serions
pas  embarrassés  pour  en  indiquer  plusieurs  bien  autrement  réelles.
Quoi  qu’il  en  soit,  en  Prusse,  et  généralement  dans  toute  l’Allemagne,  l’enseignement ­
  donné  dans  les  écoles  réelles  nous  paraît  sagement  coordonné.
Outre  une  préparation  littéraire  suffisante  pour  les  carrières  commerciales,
largement,  libéralement  et  souvent  gratuitement  mise  à  la  portée  des  fortunes
les  plus  modestes,  il  propage  avec  succès  la  connaissance  des  langues  modernes,
française,  anglaise  et  italienne;  il  prépare,  pour  le  recrutement  des  instituts
polytechniques,  des  sujets  qui  savent  convenablement  la  langue  allemande  et
très-souvent  d’autres  langues  modernes.  Simple  dans  son  exposition  scientifique,
aidé  de  collections  aussi  largement  pourvues  qu’il  est  nécessaire,  confié  à  des
professeurs  qui  savent  adapter  leur  enseignement  à  la  direction  spéciale  de
leurs  élèves,  et  à  cet  effet  complètement  séparé  de  celui  des  gymnases,  qui  est
et  doit  être  beaucoup  plus  doctrinal,  il  nous  paraît  satisfaire  aux  conditions  d’un
enseignement  spécialement  destiné  aux  commerçants  et  aux  industriels.
ÉCOLE  RÉELLE  DE  BERLIN.
(  KÖNIGSTADTISCH  REALSCHULE.  )
Les  études  de  cette  école,  qui  est  l’une  de  celles  où  l’enseignement  est  le  plus
élevé,  sont  partagées  entre  les  classes  élémentaires  et  ce  que  l’on  nomme  les
classes  réelles.
Les  premières  classes,  au  nombre  de  quatre,  comportent  deux  années
d’études,  pendant  lesquelles  l’enseignement  traite  de  la  religion,  delà  langue
allemande,  de  l’écriture  et  du  calcul.  Les  élèves  peuvent  y  être  admis  à  7  ans,
pourvu  qu’ils  sachent  déjà  lire,  écrire  et  calculer  un  peu.
Les  classes  qui  constituent  l’enseignement  plus  élevé  sont  au  nombre  de  six,
selon  la  classification,  mais  elles  exigent  en  réalité  huit  années  d’études.
La  première,  qui  est  une  rhétorique  de  langues  modernes,  doit  être  doublée ­
  et  par  conséquent  exige  deux  ans.
La  deuxième  et  la  troisième  sont  partagées  en  deuxième  et  troisième  inférieures, ­
  et  en  seconde  et  troisième  supérieures  qui  occupent  chacune  une
année.
La  quatrième  et  la  cinquième  exigent  chacune  une  année.
La  sixième  et  la  septième  seules  n’exigent  chacune  qu’un  semestre.
Cette  répartition  des  études  correspond  donc  à  neuf  années  d  études  qui,
jointes  aux  deux  années  élémentaires  imposées  à  un  enfant  qui  est  entré  à
7  ans,  ne  lui  permettraient  de  terminer  ces  études  qu’à  18  ans,  pour  entrer
plus  tard  dans  les  instituts  polytechniques.
        <pb n="157" />
        *'

20

—  153  —
Les  programmes  de  cet  enseignement  sont  analogues,  quoique  un  peu  supérieurs ­
  pour  la  force  des  études,  à  ceux  de  l’école  d’Elberfeld.  La  répartition
du  temps  est  indiquée  dans  le  tableau  suivant.
Les  classes  de  troisième,  quatrième,  cinquième  et  sixième  étant  nombreuses,
ou  les  a  dédoublées,  afin  de  n’avoir  jamais  60  élèves  dans  la  meme  classe.
Tableau  de  la  répartition  des  leçons  données  par  semaine  à  l’école  réelle  de  Berlin.

or,J  ET

DES  LEÇONS.

Religion
Allemand
Latin
Français
Anglais
Histoire
Géographie
Géométrie
Calcul
Physique
Chimie
Histoire  naturelle.
Dessin
Ecriture
Chant  (facultatif).
Totaux.  .  .

(4)

36

32

TROISIEME

32

QUI  EME  ,

(4)

32

(4)

33  32

6  mois.

CLASSES
ÉLÉMENTAIRES,

32

30

heures
consacrées
semaine
pour  les
6  classes
Heures.

28

20

Si,  pour  établir  une  comparaison  entre  le  temps  affecté  aux  différentes
matières  de  l’enseignement,  on  prend  le  total  des  heures  consacrées  par  semaine
pour  la  même  matière,  dans  les  six  classes,  on  trouvera  les  résultats  suivants ­
  :
Religion  ia  heures  par  semaine  pour  les  six  classes.
Allemand  27
Latin  42
Français  31
Anglais  17
Histoire  jf&amp;gt;
Géographie  12
Géométrie  ,  g
        <pb n="158" />
        —  154  —

Calcul  25  heures  par  semaine  pour  les  six  classes.
Physique  8
Chimie  îo
Histoire  naturelle  i  5
Dessin  17
Ecriture  7

L’on  voit  par  ce  relevé  comparatif  que,  dans  ces  écoles,  I  on  continue  avec
soin  l’enseignement  religieux  donné  dans  le  premier  âge,  et  que  l’étude  du
latin  et  des  langues  vivantes  y  a  la  plus  large  part.  Il  est  même  remarquable
que  celle  qui  y  est  faite  à  la  langue  française  y  est  un  peu  supérieure  à  celle  qui
est  assignée  à  l’allemand  et  presque  double  de  celle  de  l’anglais.
L’on  remarquera  aussi  que  cet  enseignement  n’a  rien  de  technique  ni  de
spécial  à  aucun  genre  particulier  d’industrie,  il  ne  donne  que  des  connaissances
générales  et  principalement  littéraires.
Répartition  des  élèves  dans  les  classes  de  divers  degrés.  —  La  répartition  des
élèves  dans  les  différentes  classes  montre  encore  que  le  nombre  de  ceux  qui
atteignent  la  classe  de  seconde  est  à  peine  la  moitié  de  celui  des  élèves  de  troisième ­
  ou  de  quatrième,  dont  une  grande  partie  quitte  les  écoles,  après  ces
classes,  pour  entrer  dans  la  vie  publique,  vers  läge  de  quatorze  à  quinze  ans.
Quant  aux  élèves  de  première,  leur  nombre  n’est  guère  que  le  huitième  ou  le
neuvième  de  celui  de  ceux  de  quatrième.
Voici,  en  effet,  l’état  de  présence  des  élèves  des  diverses  classes  pendant  les
semestres  d’hiver  et  d’été  de  1862  :
En  hiver.  En  été.

Première  12  &amp;gt;0
Seconde  supérieure  1 3  15
Seconde  inférieure  3°  08
Troisième  supérieure  7^  bit
Troisième  inférieure  77  82
Quatrième  1  *  o  112
Cinquième  Qâ  g5
Sixième  supérieure  55  5g
Sixième  inférieure  53  5g
Deux  classes  élémentaires  21  k  201

Nombre  total  des  élèves  y3G  7^4

La  rétribution  scolaire  est  fixée  à  un  taux  assez  bas  et  varie,  selon  l’âge  et  les
cours,de  35  à  Ao  thalers  ou  de  1  20  à  1  5o  francs  par  an.  Mais  il  y  a  un  très-grand
nombre  d’élèves  boursiers;  aussi  les  recettes  sont-elles  loin  de  couvrir  les
        <pb n="159" />
        —  155  —

dépenses  des  établissements,  dont  le  surplus,  compris  entre  le  tiers  et  la  moitié
de  la  dépense  totale,  reste  ordinairement  à  la  charge  des  villes.
Toutes  les  écoles  réelles  ont  une  bibliothèque,  une  galerie  d’instruments
de  physique,  un  laboratoire  de  chimie,  des  salles  de  dessin  avec  de  nombreux
modèles,  et  sont  très-convenablement  pourvues  de  tout  le  matériel  nécessaire-Nous
  donnerons  encore  ici  quelques  renseignements  sur  l’école  réelle  de
première  classe  de  Witts  tock.
ÉCOLE  RÉELLE  DE  WITTSTOCK.

Cette  école  réelle,  de  première  classe,  comprend  deux  classes  élémentaires
et  six  classes  supérieures  exigeant  chacune  une  année  d’études.  La  répartition
des  heures  de  leçons  par  semaine  y  est  réglée,  pour  les  six  classes  supérieures,
à  très-peu  près  conformément  au  type  général  que  nous  avons  donné  en  premier ­
  lieu,  comme  on  peut  le  voir  par  le  résumé  suivant  :

Religion
Allemand
Latin
Français
Anglais
Histoire
Géographie
Géométrie
Calcul
Physique
Chimie
Histoire  naturelle

i4  heures  par  semaine.
l 7
3a
22
ÎO
ÎO
8
16
20
6
4
8

Dessin  i3
Ecriture  7
Chant  ia

Dans  cette  école,  comme  dans  les  précédentes,  le  plus  grand  nombre  des
élèves  abandonne  les  études  à  partir  de  la  troisième  classe  ou  de  la  quatrième.
Pendant  le  semestre  d’hiver  de  1860-1861,  les  a4y  élèves  de  l’école  de  Wittstoek
  étaient  ainsi  répartis  :

Première
Seconde
Troisième.
Quatrième
Cinquième
Sixième
Deux  classes  élémentaires

3  élèves.
1  2
2 7
36
43
42  .
84

247

Total
        <pb n="160" />
        ECOLES  BOURGEOISES  SUPERIEURES  [HÖHERE  BÜRGERSCHULE

Outre  les  écoles  réelles  proprement  dites,  dont  on  vient  de  faire  connaître
le  but  et  l’organisation,  il  y  a  encore  en  Prusse  un  certain  nombre  d’écoles ­
  du  même  genre,  mais  un  peu  inférieures  au  point  de  vue  de  la  force
des  études  et  auxquelles  on  a  conservé  le  nom  d’écoles  bourgeoises  supérieures. ­
  Elles  sont  aussi  sous  la  direction  du  ministère  de  l’instruction  pu-PROYLNCES.



1°  Pi'U  ï  SI'
2°  Brandebourg,
3°  Poméranie

5°  Posen
6°  Saxe
'/*  Westphalie
8°  Province,  rhénanes  et  Hohenzollcrn.

Totaux.

NOMBRE  DES  ÉTABLISSEMENTS  D’ENSEIGNEMENT  RÉEL.

Inders ­

  HUELLES
i"  classe.

Anà
  îles
gvm-49



kcoi.es  rkeli.es
de  a”  classe.

indédan ­
  les.

12

nexces
à  des
gvm-IG



ECOLES  BOURGEOISES
supérieures.

In  dédan ­
  les.

19

nexces

gy*»-ECOI.ES

  REELLES
de  toute  espèce.

Indc-20



nexées
gym-8


9
21

NOMBRE
DE  PROFESSF.UKS
portés  au  budge

des  établissements  réels
indépendants.

réelles
de

91
134
32
93

47
124

réelles
de
a*

140

geoises
Heures.

J  2»  1
233  I
4®  I
lU
S'
]0®
5®  I
2 2fl

En  résumé  fou  voit  qu’il  existe  en  Prusse  quatre  vingt-six  écoles  réelles  donnant
un  enseignement  littéraire  comprenant  ,  outre  un  certain  degré  d’instruction  en
latin,  les  langues  vivantes  et  des  notions  de  sciences  suffisantes  pour  conduire
les  élèves  aux  instituts  poly  techniques  et  analogues  sous  ce  rapport  à  la  division
scientifique  de  nos  lycées.
Ces  écoles  ont,  en  1866,  un  personnel  de  987  professeurs  et  20702  élèves.
La  dépense  totale  faite  par  l’Etat  s’élève  à  685780  thalers  ou  2086198  fr.
70  cent.
Avantages  accordés  aux  élèves  des  écoles  réelles.  —  Dans  la  vue  d’encourager  la
fréquentation  des  écoles  réelles,  le  Gouvernement  prussien  a  accordé  aux  élèves
qui  en  ont  suivi  les  études  à  différents  degrés,  des  avantages  qui  méritent  d’etre

/

-  157  —
l.lique.  Leur  enseignement  est  littéraire  et  scientifique  sans  applications  techniques.

STATISTIQUE  DES  ECOLES  RÉELLES  ET  DES  ECOLES  BOURGEOISES.
Le  tableau  suivant  l'ait  connaître  la  situation  actuelle  des  écoles  reelles  de
différents  degrés,  la  répartition,  le  nombre  des  professeurs,  celui  des  eleves  et
les  dépenses  auxquelles  elles  donnent  lieu  en  1866.

NOMBRE  DIS  ÉLÈVES

DÉPENSES  D’ENTRETIEN  POUR  CES  ETABLISSEMENTS.

colos
'elles
do
Hasse.

2,5%
•3,723
8G7
1,902
1,295
1,064
1,130
2,207

5,450

réelles
de
a'

429
1,315
146
274
183
550
130
252

3,291

geoises
Heures.

115
645
170
125
39
68
823

1,991

3,140
5,083
1,189
2,301
1,478
2,259
1,340
3,342

20,732

Ecoles  réelles
de  i r *  classe.

Thalers.

03,470
95,229
27,146
59,044
47,905
44,312
31,508
92,588

401,202

238,012'50«
357,108  75
101,797  50
221,415  00
179,6-43  75
106,170  00
118,380  00
347,205  00

1,729,732  50

Écoles  réelles
de  2 e classe.

Thalers.

10,554
42,488
0,410
17,894
8,470*

85,822

39,577'50 c
159,330  00
24,037  50
67,102  50
31,785  00'

321,832  50

Ecoles  bourgeoises
supérieures.

Thalers.

12,972
16,607*
4,960
3,060

3,962
46,540

88,701

48,645 1 00 e
62,276  25"
18,000  00
13,725  00

14,857  50
174,525  00

332,628  75

Thalers.

86,996
154,324
32,100
69,114
47,905
62,206
35,530
147,604

035,785

320,235'  00'
578,715  00
120,397  50
259,177  50
179,043  75
233,272  50
133,237  50
553,515  00

2,384,193  75

Calcule  à  raison  de  3  fr.  ?5  cent,  le  thaler.

rapportés  cl  qui  sont  détaillés  dans  une  ordonnance  du  i3  novembre  1861,
dont  nous  reproduisons  les  dispositions  les  plus  importantes.
„  Le  college  royal  des  écoles  provinciales  fait  connaître  au  public  le  resent
„de  M.  le  ministre  de  1  instruction  publique  et  des  cultes,  pai  lequd  lis  dcu.
«de  la  deuxième  classe  des  gymnases  et  des  écoles,  réelles  qui  auront  passe  un
«semestre  dans  ces  deuxièmes  classes,  qui  en  auront  lait  les  dexoiis  &amp;lt;  t  s\
«seront  bien  comportés,  auront  seuls  droit  à  ne  faire  qu’une  aunee  de  service
«militaire,  tandis  que  les  certificats  de  sortie  délivrés  par  la  commission  spe-«ciale
  d’examen,  et  qui  ne  s’exprimerontpasd’une  manière  completementsatis-«faisante
  sur  l’état  des  connaissances,  ainsi  que  sur  l’assidu  ite  et  sur  la  conduite
        <pb n="161" />
        «2 o  17  décembre  1  86  1.  Le  conseil  royal  des  écoles  provinciales  fait  connaître
«l’ordonnance  qui  sera  en  vigueur  au  i er  janvier  1862  et,  relative  au  mode
«à  suivre  pour  compléter  le  cadre  des  officiers  de  l’armée.  »
Au  paragraphe  3  de  cette  ordonnance  il  est  dit  :  «  que,  pour  éviter  l’affiu-«ence
  des  jeunes  gens  incomplètement  préparés  aux  examens,  l’admission  à  ces
«examens  ne  sera  accordée  qu’à  ceux  qui  seront  munis  d’un  certificat  d’admis-«
  sibililé  aux  premières  classes  d’un  gymnase  prussien  ou  d’une  école  réelle  de
«  premier  ordre.  »
Parmi  les  anciennes  ordonnances  relatives  aux  écoles  réelles  de  premier
ordre,  on  rappellera  les  suivantes  :  &amp;lt;  i°  Les  élèves  qui  sortent  de  ces  écoles  avec
«  un  certificat  de  maturité  sont  admis  à  suivre  les  études  nécessaires  aux  services
«  des  bâtiments  civils  et  à  celui  des  mines.
«Si,  en  vue  d’obtenir  de  l’avancement  dans  l’armée,  ils  veulent  s’y  engager,
«ils  sont  dispensés  de  subir  l’examen  pour  le  grade  de  porte-enseigne.
«  Ils  sont  également  admissibles  à  l’école  forestière  de  Neustadt  ou  à  l’ins-«
  titut  polytechnique.  »
Les  autres  dispositions  sont  relatives  à  l’admissibilité  dans  les  emplois  civils
ou  aux  études  des  diverses  écoles  publiques.
Observations.  —  Au  sujet  de  la  réduction  du  service  militaire  de  trois  années
à  une  seule,  accordée  aux  élèves  de  la  deuxième  classe  des  écoles  réelles  supérieures ­
  ,  il  y  lieu  de  faire  remarquer  qu’elle  crée  pour  les  classes  riches,  qui  peuvent ­
  faire  donner  de  l’éducation  à  leurs  enfants,  un  privilège  considérable,
puisque  par  le  fait  seul  de  cette  facilité  que  donne  l’aisance,  les  familles  se  trouvent ­
  à  la  fois  avoir  donné  à  leurs  enfants  le  bienfait  de  l’éducation  et  les  avoir
dispensés  de  la  plus  grande  partie  du  service  militaire  obligatoire  pour  tout
citoyen.  Enfin,  cette  exemption  prive  l’armée  d’un  très-grand  nombre  de  jeunes
soldats  qui  eussent  été  une  pépinière  précieuse  d’officiers.  Si  la  mesure  est  une
faveur  accordée  à  l’instruction,  elle  nous  paraît  peu  équitable  et  contraire  aux
intérêts  de  l’armée.

DES  GYMNASES.
Ces  établissements,  analogues  à  nos  institutions  d’enseignement  secondaire,
ont  pour  objet  l’enseignement  classique  littéraire  des  humanités.  •
Les  principes  religieux,  la  langue  allemande,  le  français,  le  latin,  l’hébreu,
I  histoire,  la  géographie,  les  mathématiques  élémentaires,  la  physique,  la
chimie,  le  chant  et  la  gymnastique  forment  l’ensemble  des  études.  L’on  remarquera ­
  que  le  dessin  n’y  est  pas  compris.
Les  élèves  qu’on  y  reçoit  se  destinent  pour  la  plupart  à  suivre  plus  tard  les
        <pb n="162" />
        -  159  —
cours  des  universités.  Il  y  a  six  classes  proprement  dites  et  une  école  préparatoire ­
  pour  les  enfants  les  plus  jeunes  et  les  plus  faibles.
Les  règlements  interdisent  l’admission  des  enfants  dans  la  classe  de  sixième
avant  läge  de  neuf  ans.  En  supposant  donc  qu’un  enfant  ne  double  aucune  des
six  classes,  il  pourrait  avoir  terminé  ses  études  littéraires  à  quinze  ans,  et  être
à  cet  âge  admissible  aux  universités  ou  aux  instituts  polytechniques.
Lorsque  le  nombre  des  élèves  dépasse  4o  à  5o  dans  une  même  classe,  onia
dédouble.
A  la  fin  des  études,  les  élèves  qui  veulent  être  admis  aux  universités  doivent ­
  subir  un  examen,  à  la  suite  duquel  ils  peuvent  obtenir  le  certificat  de
maturité  nécessaire.  Ces  examens  sont  sévères,  car  ordinairement  la  moitié  à
peine  des  élèves  obtiennent  le  certificat.
En  1862-60,  au  gymnase  d’Elberfeld  les  élèves  étaient  répartis  comme  il
suit  dans  les  six  classes  nominales.

Semestre  d’hiver.  .
Semestre  d’été.  .  .  .

31
31

41
36

3 e
CLASSE.

4 e
CLASSE.

(2  sections.)  .  (2  sections.)

64
59

58
58

5'
CLASSE.

41
43

6°
CLASSE.

33
38

ratoirc.

25
25

293
299

Sur  les  3i  élèves  de  première,  i  4  seulement  ont  obtenu  le  certificat  de  maturité ­
  et  sur  ce  nombre  8  se  destinaient  aux  études  théologiques,  2  à  la  médecine, ­
  2  au  droit.
On  peut  donner  une  idée  de  la  force  des  études  par  le  programme  suivant
des  épreuves  à  subir  pour  obtenir  le  certificat  de  maturité  du  gymnase  de
Berlin,
Sujets  à  traiter  pour  les  élèves  sortants.  —  i°  Religion.  Confession  évangélique.
De  la  foi  et  des  œuvres,  d’après  l’article  20  de  la  confession  d’Augsbourg.
Confession  catholique,  en  prenant  pour  base  la  parabole  de  la  bonne  semence
et  de  1  ivraie  (Saint  Mathieu,  xm),  expliquer  :  i°  d’où  vient  le  mal  dans  le
monde?  2 0  pourquoi  il  y  est?  3°  quelle  sera  sa  fin?
2 0  Composition  allemande.  Motiver  et  tracer  les  limites  du  proverbe  [das
alte  behalte)  «conserve  ce  qui  est  ancien.  »
3°  Latin.  Composition,  Exposer  les  principaux  motifs  pour  lesquels  la  Grèce
a  succombé  sous  les  coups  de  Philippe  de  Macédoine.  (Murcti,  ep.  1-81.)
4°  Grec.  Ex  zxa.i$o)v  apaxpeov  toi  oCtos  yéveaQou.
        <pb n="163" />
        L’article  qui  a  servi  de  texte  à  la  composition  se  trouve  dans  le  Protagoras
de  Platon,  page  3a5.
5°  Français.  L’article  choisi  pour  la  composition  française  se  trouve  dans
Michaud,  chap,  vu,  au  commencement,  et  c’est  l'Histoire  de  la  première  Croisade.
G 0  Hébreu.  Ind.  xfv,  5-g.
7°  Mathématiques.  (A)  Problème  géométrique  :  décrire  un  triangle  dans
lequel  la  différence  des  sections  à  la  base  soit  =  m  ;  la  somme  des  autres  côtés
—  n  et  la  différence  des  deux  angles  de  la  base  =  d.  (B)  Problème  algébrique ­
  :  quatre  nombres  sont  en  progression  arithmétique;  le  produit  des
moyens  ou  des  extrêmes  est  de  72  ;  la  différence  entre  la  somme  des  extrêmes
et  la  somme  des  moyens  =  5;  la  somme  des  carrés  de  tous  les  termes  =  485.
(G)  Problème  trigonomélrique  :  dans  un  triangle  on  donne  l’angle  au  sommet
=  37 o  5a'  36";  la  bissectrice  de  cet  angle  =  1  8°  56'  8"  et  le  rapport  des
deux  côtés  de  l’angle  =  y  ;  calculer  le  triangle.  (D)  Problème  stéréométrique  :
dans  un  cône  tronqué  le  rayon  de  la  base  =  12,  le  rayon  de  la  section  tronquée ­
  =  7,  l’apothème  =  1  6  ;  calculer  le  rayon  de  la  sphère  de  même  volume.
INST1TUT  POLYTECHNIQUE.
Sous  le  nom  d’institut  Royal  industriel  (Königliches  gercer  be  Institut)  on  désigne, ­
  à  Berlin,  un  établissement  analogue,  quant  à  sa  destination  et  à  l’enseignement ­
  qu’il  donne,  à  ceux  qu’en  Allemagne  on  nomme  instituts  polytechniques.
Nous  le  rangerons  donc  dans  la  même  catégorie.
Les  élèves  y  sont,  suivant  la  destination  qu’ils  se  proposent  de  suivre,  partagés ­
  en  trois  divisions,  savoir  :  i°  celle  des  mécaniciens;  2 0  celle  des  chimistes
et  métallurgistes  ;  3°  celle  des  constructions  navales.
La  durée  des  cours  est  de  trois  années.  Les  trois  premiers  semestres  sont
consacrés  à  des  études  théoriques  générales  communes  aux  trois  divisions.
Le  nombre  des  élèves  y  était,  à  l’époque  de  notre  visite,  de  35o.  La  rétribution ­
  scolaire  est  de  ko  thalers  (i5o  francs)  par  an,  pour  la  première  et  la
troisième  division,  et  de  5o  thalers  (1  87  fr.  5o  cent.)  pour  ceux  de  la  deuxième
division  (chimistes).  Mais  les  deux  tiers  des  élèves  sont  admis  gratuitement,  et
même  il  y  en  a  une  vingtaine  qui  reçoivent  en  outre  une  subvention  de
200  thalers  (700  francs)  par  an,  pour  leur  subsistance  à  Berlin.
L’établissement  compte  22  professeurs  dont  le  traitement  est  réglé,  d’après
le  nombre  de  leçons  qu’ils  donnent  par  semaine,  à  raison  de  100  thalers
(375  francs)  par  heure  de  leçon  donnée  par  semaine.  Ainsi,  un  professeur  qui
donne  régulièrement  dix  leçons  par  semaine,  dans  le  cours  de  l’année  scolaire, ­
  reçoit  îooo  thalers  ou  3760  francs.  Aussi  la  plupart  de  ces  proies-
        <pb n="164" />
        —  161  —
seurs,  peu  rétribués,  sont-ils  obligés  cl  enseigner  à  la  fois  dans  d’autres  établissements. ­

Des  ateliers,  dans  lesquels  quelques  ouvriers  spéciaux  travaillent  à  la  confection ­
  et  à  l’entretien  des  modèles,  sont  ouverts  aux  élèves,  mais  ils  sont  peu
fréquentés  par  eux;  quelques-uns  cependant  en  profitent;  la  plupart  du  temps
ce  sont  ceux  qui  ont  déjà  passé  par  les  ateliers.
Des  laboratoires  très-beaux  et  très-bien  organisés  reçoivent  les  élèves  chimistes, ­
  qui  peuvent  y  prendre  place  au  nombre  de  45  à  5o.
Des  tables  avec  armoires  et  munies  d’étagères,  sur  lesquelles  les  réactifs  sont
rangés,  reçoivent  chacune  6  élèves.  Des  étuves  vitrées  et  closes,  munies  de
becs  de  gaz,  des  étuves  à  sable,  toqtes  bien  fermées  et  ventilées,  servent  aux
évaporations.
Le  dessin  est  enseigné  d’après  la  méthode  Dupuis,  c’est-à-dire  eu  habituant,
dès  le  commencement,  les  élèves  à  dessiner  d’après  des  objets  en  relief.
Un  atelier  de  modelage  est  annexé  aux  salles  ch;  dessin  et  pourvu  d’une  trèsbelle
  collection  de  modèles  d’ornement  et  d’art  plastique.  Il  y  a  place  pour
5o  à  4o  élèves  et  il  est  très-fréquenté.
Une  bibliothèque,  riche  de  i  ooooo  volumes  et  ouverte  au  public,  sert  aussi
aux  élèves  de  l’établissement.
Des  collections  fort  nombreuses  en  modèles  de  machines  et  en  instruments
de  physique  servent  à  l’enseignement  et  sont  ouvertes  au  public.
Un  règlement,  qui  date  du  s3  août  i860,  contient  les  dispositions  suivantes  :
Ü  I er .  Les  cours  commencent  le  1"  octobre  de  chaque  année.
S  2.  Pour  V  être  admis  il  faut  avoir  plus  de  ¡7  ans  et  moins  de  27;
avoir  obtenu  le  certificat  de  maturité  d’une  école  réelle,  d’un  gymnase  ou  d’une
école  industrielle  provinciale  (provinzial  (jewerbe  Schale)  autorisée  à  faire
passer  des  examens  de  sortie.  Les  étrangers  sont  admis  s’ils  justifient  des  connaissances ­
  suffisantes  et  s’il  y  a  assez  de  place.
§  3.  L’institut  industriel  est  partagé  en  une  division  d  enseignement  technique ­
  général  et  une  deuxième  division  comprenant  les  trois  spécialités  suivantes ­
  :
Mécanique.
Chimie  et  métallurgie.
Constructions  navales.
Dans  la  première  division,  l’enseignement  est  exclusivement  théorique.  Dans
la  deuxième,  à  la  suite  des  leçons,  les  élèves  se  livrent  à  des  exercices  pratiques
dans  les  salles  de  dessin  et  dans  lös  laboratoires.
■'  4,  La  durée  des  études  de  chaque  division  est  d’un  an  et  demi  et,  pour
•  -j  i
        <pb n="165" />
        être  admis  au  cours  de  Ja  deuxième  division,  il  faut  avoir  suivi  tout  le  cours
d’études  de  la  première.  Les  élèves  qui  se  destinent  aux  constructions  navales
doivent  prouver  qu’ils  ont  travaillé  pendant  six  mois  au  moins  dans  un  chantier
de  marine.  Les  mécaniciens,  quand  leurs  trois  années  d’études  sont  terminées,
peuvent  à  volonté  continuer  à  travailler  une  année  dans  les  ateliers  de  ¡’établissement. ­

Les  matières  de  l’enseignement  sont  les  suivantes  :
1.  —  PREMIÈRE  DIVISION  D’ENSEIGNEMENT  TECHNIQUE  GÉNÉRAL. 1
i°  Complément  d’arithmétique.  Équations  des  degrés  supérieurs.
2°  Trigonométrie  sphérique  et  applications.
3°  Calcul  différentiel  et  intégrai.
4°  Statique  et  mécanique  analytique.
5°  Théorie  des  effets  mécaniques  de  la  chaleur.
6°  Géométrie  descriptive  avec  ses  applications  à  la  perspective,  aux  ombres,
à  la  coupe  de  pierres.
7°  Chimie  minérale.
8°  Physique.
cf  Chimie  générale  expérimentale.
io°  Cours  général  de  construction.
i  i°  Machines  simples.
i  2°  Dessin  à  main  levée.
i  3°  Modelage.
2.  —  Il'  DIVISION.
(classe  spéciale  des  mécaniciens.)
]”  Théorie  de  la  résistance  des  matériaux  de  construction  et  des  éléments
de  machines.  Calculs  de  constructions  composées.  Théorie  des  voûtes,  de  la
stabilité  des  culées  et  des  revêtements.
2°  Mouvements  de  l’eau  et  de  l’air  dans  des  canaux  découverts  ou  dans  des
conduits  artificiels.  —  Hydraulique  appliquée.  —  Théorie  des  appareils  de
chauffage.
3°  Théorie  générale  des  machines,  —  résistances,  —  régulateurs.  —  Théorie ­
  des  moteurs  hydrauliques  et  machines  à  vapeur.
4°  Calcul  des  pièces  de  machines,  —  combinaisons  ordinaires  des  machines.
5°  Étude  spéciale  de  machines,  —  moteurs.
6°  Technologie  mécanique.
7°  Technologie  chimique.
        <pb n="166" />
        8°  Exercices  et  projets  de  pièces  de  machines.
9°  Projets  de  moteurs.
io°  Projets  de  machines  complètes  et  d’établissements  industriels.
i  i°  Dessin  des  formes  artistiques  les  plus  usitées  dans  le  moulage  des  pièces
en  fonte.
i  2°  Démonstration  mathématique  des  principes  essentiels  de  physique.
CLASSE  DES  CHIMISTES  ET  DES  MÉTALLURGISTES.
Chimie  minérale.
Chimie  organique.
Minéralogie.
Céognosie.
Métallurgie  chimique.
Chimie  technologique.
Etude  spéciale  de  machines.  —  Moteurs.
Exercices  et  projets  d’établissements  chimiques.
Travaux  pratiques  au  laboratoire.
CLASSE  DR  CONSTRUCTIONS  NAVALES.  (  LES  MEMES  COURS  QUE  LES  MECANICIENS
DE  1  A  9.)
1  o°  Dessin  de  navires  et  de  parties  de  navires.
ï  i°  Construction  de  navires,  —  généralités,  —  déplacement  et  stabilité.
Calculs  d’hydrostatique.
1  2 0  Constructions  navales  (stabilité,  2 e  partie).  Théorie  des  navires  à  voiles  et
à  vapeur.  —  Principes  généraux  sur  la  forme.  —  Construction  de  navires  en
bois  et  en  fer.
i  3°  Exercices.
1  à°  Projets  et  calculs  de  navires.
§  6.  Les  élèves  sont  libres  de  suivre  tel  cours  qu’ils  veulent  choisir,  dans  les
limites  de  l’une  ou  l’autre  des  périodes;  mais  les  élèves  boursiers  sont  tenus
de  suivre  le  plan  que  nous  venons  de  transcrire.
§  7.  Quand  un  cours  théorique  est  fini,  ou  fait  des  interrogations  sur  ce
cours,  et  les  notes  qui  en  résultent  se  joignent  à  celles  obtenues  dans  les  travaux ­
  pratiques.  Les  élèves  boursiers  sont  astreints  à  répondre  A  ces  examens.
§  8.  A  la  sortie  de  l’école  l’élève  peut  recevoir  un  certificat.  Ce  certificat
contient  la  note  des  cours  suivis,  des  travaux  pratiques  exécutés,  et  il  y  est  indiqué ­
  si  l’élève  s’est  présenté  aux  examens  de  chacun  des  cours  qu’il  a  suivis,
s’il  a  exécuté  les  travaux  pratiques  d’une  façon  satisfaisante.
        <pb n="167" />
        164

§  9.  Le  prix  de  l’enseignement  est  de  20  thalers  (75  francs)  par  semestre  et
de  65  thalers  (1  Gs'yS)  pour  ceux  qui  prennent  part  aux  manipulations  chimiques, ­
  où,  d’ailleurs,  ils  sont  en  outre  responsables  des  dégâts  occasionnés
par  inattention  ou  par  imprévoyance.
§  10.  Les  vacances  ont  lieu  du  i er  août  au  i er  octobre.  Il  y  a  de  plus  dix  jours
de  congé  à  Pâques  et  dix  à  Noël.
§  13.  Des  élèves  libres  peuvent  suivre  les  leçons,  s’il  y  a  de  la  place,  en
payant  1  thaler  par  cours  et  par  semaine.
Instructions  pour  l'admission,  le  payement,  les  répétitions  el  Iobtention  des  certificats. ­
  —  §  1 er .  Ladmission  a  lieu  par  immatriculation,  après  une  demande
préalable.
$  2.  Au  commencement  de  chaque  semestre,  chaque  élève  immatriculé
reçoit  une  carte  qui  sert  pour  ce  semestre  seulement.
$  3.  Les  inscriptions  aux  cours  et  les  payements  se  font  entre  les  mains  du
caissier  ds  l’institut.
§  4.  En  payant  l’élève  reçoit  sa  feuille  de  cours  qui,  dans  !a  première
colonne,  contient  la  liste  de  tous  les  cours  qu’il  peut  fréquenter.  IJ  y  inscrit
lui-même  quels  sont  ceux  qu’il  veut  suivre,  il  paye,  le  caissier  met  son  reçu
dans  la  troisième  colonne,  puis  la  feuille  est  mise  pendant  dix  jours  à  la
disposition  des  professeurs  quelle  concerne.  Ceux-ci  y  inscrivent  leurs  notes
dans  les  troisième  et  quatrième  colonnes,  et  reportent  sur  leur  liste  le  nom
de  l’élève.  Alors  seulement  l’élève  est  de  droit  admis  au  cours.
$  5.  Aucun  professeur  ne  peut  admettre  un  élève  si  le  reçu  du  caissier  ou  la
dispense  du  directeur  ne  sont  inscrits  sur  cette  feuille.
Pour  prendre  part  aux  examens,  l’élève  met  son  nom  vis-à-vis  de  1  indication
des  cours  pour  lesquels  il  veut  être  examiné  ou  noté,  et  remet  sa  feuille  en
temps  utile  à  la  caisse.
Les  examens  sont  affichés  huit  jours  à  l’avance.
S  8.  Les  examens  pour  chaque  cours  ne  commencent  que  lorsque  ce  cours
est  fini.
§  9.  Les  professeurs  mettent  leurs  notes  sur  la  feuille,  qui  est  renvoyée  à
l’élève  par  le  bureau  de  l’école.
Ces  feuilles  doivent  être  conservées  avec  soin  :  toute  rature  y  est  interdite.
§  10.  Les  certificats  accordés  au  départ  de  l’élève  sont  délivrés  avec  le  concours ­
  du  conseil  complet  des  professeurs.
Cette  instruction  a  été  approuvée  par  le  ministre,  le  i  8  septembre  1  860.
Les  cours  ont  une  durée  de  2  heures  dans  la  première  période,  où  ils  sont
        <pb n="168" />
        Total

1798692

J  65

obligatoires  ;  il  y  a  par  semaine  4o  heures  de  cours.  Il  y  a  20  professeurs  attaches ­
  à  l’établissement,  sans  compter  les  répétiteurs.

On  fait,  en  outre,  trois  cours  extraordinaires  traitant  :
Le  premier,  de  1  économie  nationale  pratique.
Le  second,  de  la  teinture  et  1  impression.
Le  troisième,  de  la  photographie.
Les  professeurs  ne  donnent  guère  (pie  8  à  i  2  heures  de  leçons  par  semaine,
excepté  le  directeur  de  l’école  qui  en  donne  2/4.
COMPARAISON  DES  DEPENSES  FAITES  EN  PRUSSE  '
POUR  LA  GUERRE,  POUR  L'INSTRUCTION  PUBLIQUE,  AVEC  LE  BUDGET  TOTAL  DE  L’ETAT.
Le  budget  total,  pour  i864,  s’élève  à  106963^190  thalers.

qui  incombent  au  ministère  de  l’instruction  publique  et  de  celles  que  supporte ­
  le  ministère  du  commerce,  se  répartissent  ainsi  qu’il  suit  ;

II  y  a  tous  les  jours  des  manipulations  chimiques.

La  guerre  en  absorbe
La  marine

37845735

11  45133

08990868

ou

=  0,290  du  budget  total.
Les  dépenses  de  l'instruction  publique,  considérées  dans  l’ensemble  de  celles

MIXISTERK  DE  (/INSTRUCTION  PUBLIQUE.

Collèges  provinciaux
Commissions  d’examens
Universités
Gymnases  et  écoles  réelles  (subventions).

583854
349394

6646o"‘

7490

Écoles  normales  des  instituteurs

élémentaire.  ¡  Écoles  des  sourds-muets  et  des  aveugles
\  Orphelinats  et  établissements  de  bienfaisance..

I  Académie  des  beaux  arts  de  Berlin
( Académie  de  l’art  à  Kœnigsberg  et  à  Dusseldorf.
Musée  à  Berlin

ï  3510
75488
81867
15960

Arts  et  sciences

rts  et  sciences.

65685

249802

Académie  des  sciences  à  Berlin
Dépenses  diverses  pour  l’art  et  les  sciences.  .  .
Bibliothèque  royale  à  Berlin

22743  f
21837  \
01710  !
        <pb n="169" />
        MINISTÈRE  DU  COMMERCE,  DE  L’INDUSTRIE  ET  DES  TRAVAUX  PUBLICS.

Subvention  à  l’académie  des  constructions  856o""
Entretien  de  l’institut  industriel  à  Berlin  464oo  j
Entretien  des  établissements  d’instruction  technique  dans  les  &amp;gt;  78400
provinces  82000  •

Totai  86960
Par  conséquent,  la  dépense  totale  de  l’Etat,  pour  les  divers  services  relatifs
à  l’instruction  publique,  depuis  l’enseignement  primaire  jusqu’aux  établissements ­
  scientifiques  et  artistiques  de  premier  ordre,  est  ainsi  partagée  :

Ministère  de  l’instruction  publique  1792692  thalers.
Ministère  du  commerce  et  de  l’industrie.  .  .  86960

1885602

soit  en  tout  7071  1  98  francs.
Le  budget  total  s’élevant  à  186963475  thalers,  la  somme  effectuée  à  tous
les  services  de  ^instruction  publique  en  est  les

tandis  que  le  budget  de  la  guerre  en  est  les  0,290.

OBSERVATIONS  GÉNÉRALES.

L’ensemble  des  renseignements  que  nous  avons  pu  réunir  sur  l’organisation
de  l’enseignement  en  Prusse  montre  que,  dans  les  quarante  dernieres  années,
le  Gouvernement  s’est  efforcé,  de  la  manière  la  plus  libérale,  de  développer
et  de  répandre  l’instruction  à  tous  les  degrés  nécessaires  aux  diverses  classes  de
la  population.  L’enseignement  primaire  généralisé,  le  perfectionnement  de
ces  premieres  études,  les  écoles  bourgeoises,  les  écoles  industrielles,  les  écoles
spéciales  de  lissage,  les  écoles  réelles,  bien  plus  littéraires  que  scientifiques,
l’école  d’architecture,  celle  des  mines,  celles  de  navigation,  les  gymnases  littéraires, ­
  l’institut  polytechnique  et  enfin  les  universités  forment  un  ensemble
complet,  largement  sulïisant  aux  besoins  présents  de  l’instruction  publique.
Peut-être  même,.comme  nous  l’avons  indiqué  pour  les  nombreuses  écoles
industrielles  et  pour  celle  du  dessin  appliqué  à  l’industrie,  les  sacrifices  de  l’Etat
ont-ils  devancé  les  besoins,  mais  cette  observation  même  ne  peut  être  qu’un
éloge  de  la  libéralité  du  Gouvernement  et  des  ministres,  amis  de  la  science  et
de  l’industrie,  qui  ont  pris  I  initiative  de  ces  mesures.
        <pb n="170" />
        RAPPORT  PARTICULAR
SUR

L’ORGANISATION  DE  L’ENSEIGNEMENT  PROFESSIONNEL

DANS
LE  ROYAUME  DE  SAXE.

ENSEIGNEMENT  PRIMAIRE.
Le  principe  de  l’enseignement  obligatoire  paraît  avoir  été  établi  en  Saxe  par
l’électeur  Jean-Georges,  en  i5y3,  époque  depuis  laquelle  il  a  été  observé  avec
plus  ou  moins  de  sévérité.  Aujourd’hui  une  loi  du  6  juin  i835  en  règle  l’application ­
  et  y  astreint  les  enfants  des  deux  sexes,  depuis  l’âge  de  ii  ans  jusqu’à
celui  de  i/j.
I^es  dépenses  de  cet  enseignement  sont  une  charge  communale,  qui  est  allégée
par  la  rétribution  scolaire,  dont  les  pauvres  seuls  sont  exempts  .  et  par  les  subventions ­
  que  J  Etat  accorde  aux  communes  dont  les  ressources  sont  insuffisantes.
E  Etat  n  intervient  dans  la  dépense  de  cet  enseignement  que  pour  i  i  oooo  thalers ­
  (4  12000  francs),  dont  02000  en  subventions  accordées  aux  communes,
et  08000  pour  les  écoles  normales  d’instituteurs  et  d’institutrices.
A  Dresde  les  écoles  primaires  coûtent  99000  thalers,  dont  53ooo  sont
couverts  par  la  rétribution  scolaire  et  le  reste,  ou  A6000,  est  à  la  charge  de
la  ville.
        <pb n="171" />
        Tableau  statistique  de  renseignement  primaire  eu  Saxe  en  I860.

ARRONDISSEMENTS.

Meissen.  .
Freiberg  .
Grimma  .  ,
Rochlilz.,
Doblen..  .
Chemnitz.
Zwickau..
Annaberg.
Planen.  .  .

Budissin.
Lobau...

Pour  toute
rurale..  .

population

NOMBRE
d’élèves

fesseu  r.

115
94
92
118
97
82
102
93
141
130
133
110
131
117
125

113

POPULATION  RURALE.

d’habi-105580


78729
02581
87118
92630
03923
03492
59192
129937
105578
70780
103912
49529
117302
130406

1320749

fréquenter
l'école.

18100
13999
10000
10275
16904
11622
11106
10925
24260
20403
15061
20139
9437
20520
19852

239275

d’écoles,

131
128
102
112
133
120
98
103
129
110
91
100
49
144
119

1741

de
l'esscurs
(les  aides
inclusivc-162


149
118
139
174
140
108
110
172
151
112
173
75
170
156

2121

A  CHAQUE  ECOLE  CORRESPONDENT
en  moyenne  :

Kilomètres ­


14.  44
15.  48
17.  08
15.  66
11.  32
10.  89
12.  84
11.  80
12.  08
15.  00
17.  36
15.  19
12.  55
18.  40
13.  21

14.  03

Habitants. ­


806
615
614
778
690
507
648
575
1007
910
844
650
1011
815
1096

762

Enfants

138
110
104
145
127
92
113
106
188
176
166
126
193
142
167

137

frequenl’école.


142
109
106
147
128
92
113
105
188
178
164
120
194
143
164

138

Proie:

1.  24
1.  17
1.  16
1.  24
1.  31
1.  Il
1.  10
1.  13
1.  33
1.  30
1.  23
1.  08
1.  53
1.  22
1.  31

NOMS

DES  VILLES.

Dresde  et  33  villes  de  son
département
Leipzig  et  36  idem
Zwickau  et  5?  idem.  .  .  .
Budissin  et  19  idem
Pour  toutes  les  villes  du  j
royaume,  au  nombre  &amp;gt;

NOMBRE
d’élèves
fesseur.

59
93
104

76

POPULATION  DES  VILLES.

d’habi-220194


205260
317174
53525

796153

d'enfants

fréquenter

33800
32999
56088
8640

131537

112
62
80
21

fesseurs
(les  aides
inclusive-779


495
543
127

1744

V  CHAQUE  ECOLE  CORRESPONDENT
en  moyenne  :

Kilomètres ­


Habitants, ­


1906
3311
3965
2550

2895

Enfants

à  fréquenter ­


302
532
701
411

fréquentant ­

l’école.

303
532
708
419

481

Profes-5.

  17
8.  00
6.  79
6.  05

6.  34

Conséquences  du  tableau  précédent.  —  L'on  voit  par  l’examen  des  nombres
contenus  dans  les  neuvième  et  dixième  colonnes,  que  ceux  des  enfants  astreints
à  aller  aux  écoles  et  des  enfants  qui  les  fréquentent  réellement  sont  toujours
        <pb n="172" />
        22

—  169  —
égaux,  ce  qui  montre  avec  quelle  exactitude  la  loi  est  observée,  même  clans
les  campagnes.
ÉCOLES  nu  DIMANCHE.
Outre  les  écoles  primaires,  il  y  a,  clans  toutes  les  communes,  des  écoles  du
dimanche,  et,  dans  les  villes,  des  écoles  du  soir  destinées  à  compléter  l’instruction ­
  élémentaire.  On  y  enseigne  la  langue  allemande,  le  dessin,  les  éléments ­
  de  la  géométrie  et  des  mathématiques,  et  dans  quelques-unes  on  donne
des  notions  de  physique  et  de  chimie.
L’État  accorde  à  ces  écoles  des  subventions  dont  le  total  s’élève  à  i  5.000  thalers ­
  (45ooo  francs).

ÉCOLES  D’APPRENTISSAGE  POUR  LES  FILLES.
Enfin,  il  y  a,  dans  les  communes  des  parties  montagneuses  et  pauvres,  des
écoles  d’apprentissage  pour  les  filles,  où  on  leur  enseigne  la  fabrication  des  dentelles, ­
  de  la  bonneterie,  etc.  Les  communes  fournissent  le  local,  le  chauffage  et
l’éclairage;  l’Etat  paye  les  instituteurs  et  les  institutrices,  et  alloue,  pour  ces
dépenses,  ZiSoo  thalers  (16875  francs)/Des  inspecteurs  surveillent  ces  écoles.
TRAVAIL  ET  ÉCOLES  DES  ENFANTS  DANS  LES  FABRIQUES.
Quant  aux  enfants  employés  dans  les  fabriques  et  qui  ne  doivent  pas  y  être
admis  aujourd’hui  avant  l’âge  de  10  ans,  et  à  partir  de  1865  avant  celui  de  11  ,
les  fabricants  doivent  leur  laisser  le  temps  nécessaire  pour  suivre  l’école  primaire, ­
  ou  établir  dans  leur  fabrique  une  école  qui  satisfasse  aux  conditions
de  la  loi  (  du  6  juin  1  835).
Le  travail  des  enfants  au-dessous  de  î/i  ans  est  d’ailleurs  limité  à  dix  heures,
y  compris  le  repos  pour  les  repas  (loi  du  1  3  octobre  1861).  *
DES  GYMNASES  ET  DES  ÉCOLES  REELLES.
Dans  les  grandes  villes,  telles  que  Dresde,  Leipzig  et  Chemnitz,  les  gymnases
et  les  écoles  réelles  sont  aussi  des  charges  exclusivement  communales.  —
D’autres  gymnases  ont  des  fondations  propres.  La  somme  de  5oooo  thalers
portée  au  budget  est  destinée  à  l’entretien  des  gymnases  et  des  écoles  réelles  des
villes  de  moindre  importance,  telles  que  Zwickau,  Freiberg,  Zittau,  Plauen,
Annaberg,  etc.  au  nombre  de  11.
Outre  les  90000  thalers  inscrits  au  budget,  l’université  possède  des  immeubles, ­
  des  fonds  de  dotation,  des  rentes  sur  l’Etat  produisant  80000  thalers, ­
  ce  qui  élève  ses  ressources  à  170000  thalers  (627600  francs).
        <pb n="173" />
        î  70

ÉCOLES  TECHNIQUES.
Quant  aux  écoles  spéciales  ou  techniques,  dont  la  création  est  nouvelle,  et
qui  sont  dans  les  attributions  du  ministère  de  l’intérieur,  elles  n’ont  pas  de
revenus  propres  et,  sauf  le  produit  des  rétributions  scolaires,  elles  sont  entièrement ­
  à  la  charge  de  l’État.

PROPORTION  ENTRE  LES  RETRIBUTIONS  SCOLAIRES  ET  LES  DEPENSES.

Les  rétributions  scolaires  sont  d’ailleurs  très-modérées  et,  beaucoup  d’élèves
en  étant  dispensés,  leur  produit  n’est  qu’une  assez  faible  partie  des  dépenses,
ainsi  qu’on  peut  le  voir  par  les  chiffres  suivants  :

École  polytechnique
École  des  arts  et  métiers
École  des  beaux-arts
École  des  forêts
École  des  mines
École  des  maîtres  constructeurs.
École  des  contre-maîtres

BUDGET

thalers.
30000
18000
22500
16500
14800
u
13750

PRODUIT
de  la
RETRIBUTION

thalers.
7000
4000
1500
4500
1200
il
1750

RAPPORT.

0..23
0.  22
0.  07
0.  27
0.  08
h
0.  13

écoles  des  maîtres  ouvriers  (Bciümcister  Schale).
H  y  a  cinq  écoles  de  maîtres  maçons  ou  charpentiers  (Baumeister)  entretenues
par  l’État.  —  Leurs  cours  comprennent  trois  semestres  d’hiver.  —  Il  existe
aussi  une  école,  pour  les  contre-maîtres  des  ateliers  de  construction  de  machines
et  de  filature,  à  Chemnitz,  dont  les  cours  durent  trois  semestres,  et  quatre
écoles  de  pilotes  et  de  bateliers  qui  se  tiennent  du  mois  de  décembre  au  mois
de  février.  Elles  sont  situées  dans  des  petites  villes  sur  les  bords  de  l’Elbe.
La  dépense  totale  pour  ces  écoles  s’élève  à  i45oo  thalers.
ÉCOLES  PROFESSIONNELLES.
Au-dessus  des  écoles  primaires  et  des  écoles  du  dimanche,  il  y  a,  dans
plusieurs  villes  industrielles,  des  écoles  de  différents  degrés,  parmi  lesquelles
nous  choisirons  pour  exemple  celles  de  Chemnitz,  en  commençant  par  celles
du  degré  inférieur,  destinées  à  donner  à  des  chefs  d’ateliers,  à  des  contremaîtres ­
  l’instruction  nécessaire.
        <pb n="174" />
        —  171  —
ÉCOLE  DES  MAÎTRES  OUVRIERS  (  WERKMEISTER  SCHULE)  X  CHEMNITZ.
Cette  école  se  compose  de  trois  classes.  Dans  l’année  1862-1863  son  enseignement ­
  a  compris  les  matières  suivantes  et  a  été  réparti  par  semaine  comme
il  suit  :
Répartition  des  heures  de  leçons  par  semaine.

MATIERES  DE  L’ENSEIGNEMENT.

Langue  allemande
Arithmétique  et  éléments  d’algèbre
Géométrie
Dessin  à  main  levée
Dessin  géométrique.  —  Proportions
Notions  de  physique
Mathématiques  et  mécanique
Description  de  machines  et  technologie.
Construction  de  machines  .
Dessin  de  machines
Dessin  de  bâtiments  et  de  constructions.
Machines  hydrauliques  (facultatif)
Tenue  de  livres
Filature  et  tissage  (facultatif)

Totaux.

3»
CLASSE.

32

28

CLASSE.

30

MODE  D’ENSEIGNEMENT.

L’enseignement  de  l’arithmétique  comprend  des  notions  élémentaires  d’algèbre. ­
  Celui  de  géométrie,  outre  la  géométrie  élémentaire,  s’occupe  des
applications  au  levé  des  plans,  à  l’arpentage  et  aux  projections.
La  mécanique,  le  jaugeage  des  cours  d’eau  et  la  construction  des  machines
sont  enseignés  élémenttaircment  et  au  point  de  vue  essentiellement  pratique,
avec  des  applications  aux  établissements  locaux.
Le  dessin  à  main  levée  y  est  montré  d’après  la  méthode  Dupuis  et  en  faisant
exécuter  beaucoup  de  croquis  cotés.  Sous  le  nom  de  dessin  de  bâtiment  on
comprend  une  étude  spéciale  des  détails  d’assemblage  et  d’exécution  des  constructions ­
  en  bois  et  en  fer.
En  un  mot,  cet  enseignement,  essentiellement  technique  et  pratique,  paraît
très-bien  remplir  sa  destination  spéciale.
Dans  1  année  1862-1860,  cette  école  avait  49  élèves  et  8  professeurs,  parmi
        <pb n="175" />
        lesquels  on  comptait  deux  docteurs  en  philosophie,  dont  l’un  enseignait  les
mathématiques  et  savait  mettre  son  enseignement  à  la  portée  des  élèves.
ÉCOLE  DES  CONSTRUCTEURS  (bAÜGEWERKENSHULe).
L’enseignement,  qui  a  pour  objet  de  donner  l’instruction  nécessaire  à  des
entrepreneurs  de  construction,  est  partagé  en  trois  classes  et  réparti  sur  trois
années  d’études.  Il  suppose  les  connaissances  mathématiques  données  à  l’école
des  maîtres  ouvriers  ou  dans  d’autres  établissements,  et  comprend  les  spécialités
suivantes  :
Langue  allemande,  mathématiques,  mécanique  et  projections,  travaux  de
maçonnerie,  de  charpente,  dessin  d’ornement  et  d’architecture,  perspective,
art  général  de  la  construction.

Tableau  des  heures  de  leçons  par  semaine.

MATIERES  DE  L’ENSEIGNEMENT.

Langue  allemande  et  littérature
Arithmétique
Géométrie  et  projections
Mécanique
Dessin  à  main  levée
Dessin  linéaire  et  perspective
Constructions  générales.—Connaissance  des  matériaux.
Dessin  d’architecture
Dessin  d’ornements.  —  Styles
Physique
Constructions.  —  Détails
Projets  de  construction
Rédaction  des  devis
Modelage  de  voussoirs,  etc

Totaux

3'
CLASSE.

36

2°
CLASSE.

28

CLASSE.

30

Cette  école  avait,  en  1862-1  863,  quatre-vingt-quatre  élèves,  répartis  ainsi
qu’il  suit  :
Troisième  classe,.quarante-six;  deuxième  classe,  vingt  et  un;  première  classe  ,
dix-sept.
A  la  fin  des  cours,  des  examens  sont  passés,  et  l’on  délivre  des  certificats  de
capacité  aux  élèves  qui  y  ont  satisfait.
        <pb n="176" />
        —  173  —
L’examen  détaillé  des  programmes  montre  que  cet  enseignement  technique
est  donné  avec  une  étendue  suffisante,  et  que  l’instruction  scientifique  y  est
renfermée  dans  des  limites  convenables.
L’établissement  a  sept  professeurs.
ÉCOLE  ROYALE  SUPERIEURE  INDUSTRIELLE  DE  CHEMNITZ  (HOHERN  GEWERBSCHÜLE).
Cet  établissement  a  reçu,  par  un  décret  royal,  en  date  du  9  octobre  1862,
l’autorisation  de  prendre  le  titre  ci-dessus,  et  scs  études  ont  été  organisées  ainsi
qu’il  suit  :
L’enseignement  dure  trois  ou  quatre  ans  et  il  est  réparti  en  trois  divisions
spéciales.
La  première  A,  relative  aux  industries  techniques,  est  subdivisée  en  deux
sections,  l’une  A a  pour  les  constructions  de  machines  industrielles  et  particulièrement ­
  des  machines  de  filatures;  la  seconde  A b  pour  les  industriels  qui  ont
besoin  des  applications  de  la  chimie  et  de  celles  de  la  mécanique.
Cette  division  A  a  trois  années  d’études.
La  deuxième  division  B  se  compose  des  élèves  qui  n’ont  réellement  besoin
que  des  connaissances  utiles  aux  arts  chimiques,  tels  que  les  teinturiers,  les
savonniers,  les  imprimeurs  en  couleur,  etc.
Cette  division  n’a  que  trois  années  d’études.
La  troisième  division  C  est  celle  des  agriculteurs,  et  elle  n’a  aussi  que  trois
années  d’études.
Nous  croyons  devoir  donner  ici  le  programme  détaillé  des  études  suivies  par
les  trois  divisions,  parce  qu’il  indique  bien  les  limites  dans  lesquelles  l’enseignement ­
  est  renfermé.
PROGRAMME  DES  ÉTUDES.
QUATRIÈME  CLASSE.
L’enseignement  est  commun  pour  tous  les  élèves  de  cette  classe.
Arithmétique.—Six  heures  par  semaine,  consacrées  à  l’arithmétique  complète
et  à  l’algèbre  jusqu’aux  équations  du  premier  degré  inclusivement  (arithmétique
de  M.  Teilkampf  et  problèmes  de  F.  Hoffmann).
Géométrie.  —  Quatre  heures.  La  géométrie  plane.
Physique.  —  Quatre  heures  (Eléments  de  physique  de  Muller).  Introduction
générale  à  l’étude  de  la  nature.  Fragments  d’astronomie,  de  géographie  physique, ­
  de  climatologie.  Notions  sur  la  chaleur,  le  magnétisme  et  l’électricité.
Histoire  naturelle.  —  Quatre  heures  :  en  été,  botanique;  examen  des  plantes
        <pb n="177" />
        —  17/1  —
employées  dans  l’industrie.  En  hiver,  zoologie,  plus  spécialement  des  mammifères. ­

Dessin  à  main  levée.  —  D’après  des  formes  géométriques,  des  modèles  en
plâtre;  méthode  de  Dupuis.
Dessin  linéaire.  —  Constructions  planes  comme  exercices;  ombres  à  l’encre
de  Chine.
Langue  allemande.  —  Dans  la  classe  4 e ,  dans  laquelle  on  sépare  les  élèves
dont  l’orthographe  laisse  encore  à  désirer,  deux  heures  sont  consacrées  à  des
exercices  de  style  et  d’orthographe  et  deux  heures  à  des  exercices  oraux;  une
heure  à  la  grammaire.  Dans  la  classe  4 a ,  deux  heures  de  grammaire,  une
heure  d’exercices  oraux  et  une  heure  de  compositions  écrites.
TROISIÈME  CLASSE.
ENSEIGNEMENT  COMMUN  AUX  DIVISIONS  A,  B,  C.
Chimie  générale.  —En  été  six  heures;  en  hiver  quatre  heures.  Chimie  organique ­
  et  minérale.
Langue  allemande.  —  Deux  heures  de  grammaire,  deux  heures  d’exercice
oral  et  lecture.
Division  A".
Arithmétique.  —  Equations  du  premier  degré  à  plusieurs  inconnues;  du
deuxième  degré,  puissances,  logarithmes,  progressions,  intérêts.
Géométrie.  —  Stéréométrie;  trigonométrie  rectiligne;  géométrie  analytique.
Physique.  —  Considérations  mécaniques  sur  les  corps  solides,  liquides  et
gazeux.  Acoustique.  Optique.  Appliquer  les  mathématiques  autant  que  les
connaissances  des  élèves  le  permettent.
Géométrie  descriptive.  —  Pour  la  division  A 1 ’,  en  été  seulement.  Projections
rectangulaires,  application  aux  polyèdres  à  axes  parallèles  aux  plans  de  projection. ­
  Le  point,  la  ligne  droite,  le  plan.  Détermination  de  la  vraie  grandeur
au  moyen  des  projections.  Construction  d’un  corps  d’après  certaines  données.
Angle  solide;  polyèdres  et  leurs  relations.  Constructions  et  modèles.  Cônes,
cylindres,  sections  coniques,  pénétrations,  développements.  Construction  des
surfaces  développables,  leurs  sections,  leurs  tangences  par  et  à  des  plans  et
à  des  sphères.
Dessin  à  main  levée.  —  De  même  qu’en  quatrième  classe,  mais  ombré.
Lavis  à  l'encre  de  Chine.  —  Deux  heures  en  hiver  pour  À a  seulement;  on
        <pb n="178" />
        —  175  —
donnera  des  modèles  lithographiés  de  corps  géométriques  et  de  machines  non
ombrés.
Calculs  commerciaux.  —  Monnaies;  des  différentes  monnaies  allemandes;
conversion  des  monnaies;  change  en  général;  explication  du  cours  de  Leipzig;
réduction  de  change  simple  ;  intérêts;  rabais;  escompte;  provision;  escompte
de  traites;  diverses  manières  de  calculer  les  comptes  courants;  calculs  des
rentes  et  des  actions;  des  factures;  des  profits  et  pertes;  calculs  simples  et
composés.
La  division  A 1 ’a,  en  outre,  en  hiver,  huit  heures  par  semaine  de  manipulations ­
  chimiques.
Division  B.
Technologie  mécanique.  —  Production  et  travail  des  métaux;  travail  du  bois,
des  matières  textiles.
Manipulations  chimiques.  —  Exercices;  production  et  examen  des  matières
d’un  usage  fréquent  en  industrie;  analyse;  les  exercices  sont  différents  suivant
la  destination  de  l’élève;  les  élèves  tiennent  un  procès-verbal  de  leurs  travaux.
En  outre,  la  division  B  participe  à  l’enseignement  de  l’arithmétique,  de  la
géométrie,  de  la  physique,  du  dessin  à  main  levée,  du  calcul  commercial  de  la
division  A  de  la  même  année.

Division  C.
Arithmétique.  —  Equations  du  premier  degré  à  plusieurs  inconnues;  équations ­
  du  second  degré;  logarithmes,  progressions  arithmétiques  et  géométriques; ­
  intérêts.
Géométrie.  —  Trigonométrie  rectiligne,  stéréométrie.
Physique.  —  Lois  de  l’équilibre;  mouvement  des  solides,  des  liquides,  des
gaz.  Acoustique.  Optique.
Botanique.  —  Botanique  spéciale;  examen  des  plantes  sauvages,  particulièrement ­
  avantageuses  ou  nuisibles  à  l’agriculture.
Zoologie.  —  Etude  spéciale  des  animaux  particulièrement  avantageux  ou
nuisibles  à  l’agriculture.
Minéralogie.  —  Quatre  heures  en  hiver.  Aperçu  de  cristallographie;  examen
des  propriétés  physiques  et  chimiques  des  minéraux  en  général;  description
physique  des  matériaux  qui  forment  la  terre  arable.
Connaissance  des  machines  et  technologie.  —  Description  des  principales  pièces
de  machines  et  moteurs;  travail  du  bois  et  du  fer.
        <pb n="179" />
        Dessin  de  machines.  —  Deux  heures  en  hiver.  Projections;  dessin  d’ustensiles
et  de  machines  agricoles.
Géométrie  pratique.  —  En  été,  une  après-midi  par  semaine,  levé  de  plans
et  nivellement,  par  groupes  de  cinq  à  six  élèves.
Calcul  commercial.  —  Monnaies;  change;  cours  de  la  bourse  de  Leipzig;
explication,  comme  pour  la  division  A.
Tenue  de  livres  et  correspondance.  —  Deux  heures  en  été.  Tenue  de  livres;
explications  théoriques.  Application  à  une  affaire  d’importance  moyenne  avec
une  industrie  telle  que  distillerie,  briqueterie,  pendant  une  période  de  trois
mois  en  partie  simple  et  en  partie  double.Correspondance;  rédactions  surdes
sujets  qui  peuvent  se  présenter  dans  les  affaires.
Dessins  de  plans.  —  Pendant  la  période  d’hiver  dans  la  classe  deuxième.
DEUXIÈME  CLASSE.
ENSEIGNEMENT  COMMUN  AUX  DIVISIONS  A,  B,  C.
Lauque  et  littérature  allemandes.  —  Savoir:  deux  heures  de  littérature,  une
heure  d’exercice  oral,  une  heure  de  l’art  de  parler  et  de  faire  un  discours
(logique  et  rhétorique  populaires).
Division  A.
A b .  Analyse.  —  Pendant  l’été.  Nombres  figurés,  séries,  équations  du  deuxième
degré,  combinaisons.  Détermination  des  valeurs,  limites  et  quadrature  des  fonctions. ­
  Séries  binomiale,  exponentielles,  logarithmiques,  goniométriques,  cyclométriques ­
  de  Taylor.  Détermination  de  la  valeur  y.  Valeurs  maxima  et  minima
des  fonctions.  Méthode  des  moindres  carrés.
Trigonométrie  sphérique  et  géométrie  analytique  plane.  —  En  été,  deux  heures;
en  hiver,  quatre  heures  pour  A a  seulement.
Mécanique.  —  Statique  et  dynamique  des  corps  solides,  liquides,  gazeux,
avec  tous  les  développements  qu’exigera  l’application  aux  machines.
Lavis  à  l’encre  de  Chine.  —  Deux  heures  en  ete,  pour  A a  seulement.
Dessin  de  machines.  —  En  été,  six  heures,  et  pour  A\  en  hiver,  quatre
heures.  Construction  de  mécanique  géométrique,  engrenages,  dessin  de  parties
de  machines,  de  machines  motrices  et  outils  simples,  d’après  des  modèles,  des
feuilles  ou  des  croquis  cotés.
Géométrie  descriptive.  —  En  été,  quatre  heures;  en  hiver,  deux  heures,  pour
A a  seulement.  Changement  des  plans  de  projection,  projections  axonométriques.
        <pb n="180" />
        23

—  177  —
Des  surfaces  gauches  clans  leurs  applications  les  plus  simples  el  les  plus  importantes ­
  :  ombres,  projections,  perspective;  aperçu  général  des  systèmes  de
projections.
Géométrie  pratique  et  dessin  de  plans.  —  En  été,  une  après-dinée  par  semaine
est  consacrée  à  l’arpentage;  en  hiver,  deux  heures  de  dessin  de  plans  pour  A a
seulement.  La  chaîne,  la  planchette,  la  boussole;  nivellement,  inscription,
calcul  et  division  des  mesures.  Détermination  des  hauteurs  au  moyen  du  baromètre. ­
  Les  opérations  sont  faites  avec  les  instruments  de  l’établissement,  par
des  groupes  de  cinq  à  six  élèves  chaque.
En  outre,  la  division  A  participe  au  cours  de  mécanique  technologique,  la
subdivision  A b  au  cours  de  chimie  minérale  et  de  géognosie.  La  subdivision  A\
à  raison  de  deux  heures,  et  la  subdivision  A 1 ’,  à  raison  de  quatre  heures  en  été
et  de  six  heures  en  hiver,  prennent  part  au  cours  de  chimie  technique.  Aux
heures  fréquentées  par  la  division  A 3 ,  on  traitera  surtout,  en  forme  de  répétition, ­
  les  parties  relatives  aux  traitements  métallurgiques;  pour  le  reste,  on  traitera ­
  principalement  des  matériaux  de  combustion,  d’éclairage,  de  la  fabrication
du  verre,  des  produits  chimiques.  La  subdivision  A b  participe,  en  outre,  huit
heures  par  semaine,  aux  manipulations  chimiques.
Division  B
Chimie  technique.  —  Six  heures.  Répétition  de  la  chimie  générale  en  s’appesantissant ­
  sur  les  applications  et  sur  la  description  des  fabrications  chimiques
les  plus  importantes,  par  exemple,  la  fabrication  du  savon  à  propos  des  substances ­
  grasses,  îa  teinture  et  l’impression  ,  à  propos  des  matières  colorantes,  etc.
Manipulations.  —  Douze  heures,  comme  dans  la  troisième  classe,  avec  choix
des  travaux  suivant  la  carrière  des  élèves.
Minéralogie,  géognosie.  —  Deux  heures.  Minéralogie,  en  été.  Introduction.
Physiologie  et  terminologie  des  minéraux.  Physiographic  d’après  le  système  de
Neumann.  En  hiver,  géognosie.  Fragments  de  géographie  et  de  géologie  physiques. ­
  Etudes  des  roches  au  point  de  vue  de  leurs  applications.  En  outre,  les
élèves  participent  à  l’enseignement  de  la  technologie  mécanique  et  peuvent
s’occuper  du  dessin  des  machines.

Division  C.
Physiologie  des  plantes.  —  Quatre  heures  en  été.  Anatomie  des  plantes  de
culture  par  démonstration  microscopique  et  dessin.  Physiologie  générale  des
plantes.  Principe  des  amendements.  But  du  labour.  Arrosage.  Drainage.  Exposition. ­
  Reproduction.  Fructification.  Croisements.  Variétés.  Amélioration  de
        <pb n="181" />
        la  semence.  Reproduction  individuelle  par  bourgeons  tubercules,  oignons,
greffe,  etc.  Développement  physiologique.  Germination,  végétation;  maturité. ­

En  hiver  :  physiologie  spéciale  des  plantes  de  culture.  Description  systématique ­
  des  cultures  les  plus  importantes  et  des  méthodes;  modèles  de  ces  cultures. ­
  On  fera  des  excursions  dans  les  environs,  et,  dans  l’établissement,  des
essais  agricoles.
Physiologie  des  animaux.  —  Deux  heures  en  été.  Anatomie  des  animaux  domestiques: ­
  squelette,  muscles  et  tendons  les  plus  importants,  intestins,  vaisseaux, ­
  nerfs,  organes  des  sens.  En  hiver,  quatre  heures.  Physiologie  générale
des  animaux  domestiques.  Théorie  de  la  nutrition.  Assimilation.  Les  quatre
groupes  de  matières  nutritives.  Principes  généraux  de  nourriture.  Essais.
Phénomènes  plastiques.  Formation  de  la  viande,  de  la  graisse,  de  la  peau,  des
poils.  Sécrétion  du  lait.  De  la  capacité  de  travail  et  de  l’élève  du  bétail  au
point  de  vue  physiologique.  Reproduction,  développement  de  l’embryon,
hérédité  des  qualités.  But  des  croisements.  Accessoirement  :  fonctions  des
nerfs,  énergie  spécifique  des  nerfs  des  organes,  effets  des  muscles.  Physiologie ­
  animale  spéciale.  Examen  des  particularités  spécifiques  présentées  par
les  principaux  animaux  domestiques.  La  production  de  la  viande,  de  la
graisse,  du  lait,  de  la  laine,  de  la  force  musculaire,  au  point  de  vue  de  l’alimentation ­
  pratique.  Le  pied  du  cheval.  Les  maladies  les  plus  importantes  des
animaux  domestiques.
Exploitation  agricole.  —-  Quatre  heures.  Place  occupée  par  l’agriculture  dans
l’économie  politique.  Principes.  De  la  production.  Capital  et  travail.  De  la
circulation  des  biens,  de  l’argent,  du  crédit,  des  branches  spéciales  de  revenu
et  de  ce  qui  v  a  rapport,  de  l’usure  des  biens  et  de  ses  rapports  avec  la  production. ­
  Exigences  de  l’exploitation.  De  la  propriété  rurale,  de  sa  composition, ­
  choix  et  acquisition  ;  du  capital  employé  dans  l’exploitation  agricole,  en
bâtiments,  ustensiles,  bestiaux,  fumiers,  provisions.  Du  travail  agricole.  De
l’organisation  et  de  la  conduite  de  l’exploitation  :  ses  diverses  branches;  la
culture  proprement  dite,  l’élève  des  bestiaux.  Choix  de  la  classe  des  bestiaux
et  de  la  méthode  à  suivre  pour  les  élever;  industries  accessoires.  Comptes
d’exploitation.  Tenue  de  livres.
Constructions  rurales.  —  Deux  heures.  Aperçu  succinct  sur  les  matériaux  de
construction.  Fabrication  des  briques,  des  tuyaux,  de  la  chaux,  du  mortier  ordinaire ­
  et  hydraulique.  Examen  des  diverses  parties  des  bâtiments,  murs,  fondations, ­
  baies,  plafonds,  planchers,  poutres,  toits  et  parties  extérieures.  Dessin
        <pb n="182" />
        —  179  —
de  quelques  constructions  importantes.  Règles  pour  la  disposition  d’habitations
et  d’exploitations  rurales;  étables.  Composition  de  plans  simples  et  devis  suivant
les  différents  modes  d’exécution.  Des  chauffages  les  plus  usités  dans  les  établissements ­
  agricoles.
Géométrie  pratique.  —  En  été,  une  après-dinée  par  semaine.  Levé  de  plans,
les  sections  d’élèves  opéreront  d’une  manière  plus  indépendante  que  dans  les
années  précédentes  pour  compléter  les  connaissances  acquises.  Les  élèves  lèveront ­
  à  la  planchette  des  terrains  assez  étendus,  en  y  pratiquant  les  nivellements
nécessaires  pour  établir  les  courbes  de  niveau.  En  hiver,  on  fera  un  cours  de
deux  heures  sur  le  levé  de  plans.  Emploi  de  différents  appareils  de  mesurage,
manière  de  les  vérifier,  deles  corriger.  Différentes  méthodes  pour  lever  et  évaluer ­
  les  surfaces.  Représentation  de  la  configuration  du  terrain.  Calcul  des
déblais  et  remblais.  Ces  notions  sont  données  avec  plus  ou  moins  de  détails,
suivant  que  l’élève  en  aura  besoin  ou  non  dans  la  suite.
Géognosie.  —  Deux  heures  en  été.  Des  roches.  Description  des  principales
roches,  leur  nature,  leur  gisement.  Courtes  notions  sur  leur  formation  et  sur
les  fossiles.  Connaissance  des  terrains.  Excursions  géognostiques.
Chimie  agricole.  —  Quatre  heures  en  été,  deux  heures  en  hiver.  On  complétera ­
  les  parties  de  la  chimie  générale  et  organique  spécialement  importantes
pour  l’agriculteur.  On  parlera  de  la  composition  des  terrains,  des  engrais,  des
plantes,  des  corps  des  animaux.  En  outre,  les  élèves  de  cette  division  participeront, ­
  en  été,  pendant  quatre  heures,  en  hiver,  de  quatre  heures  à  huit  heures,
aux  travaux  de  chimie  pratique;  ils  détermineront  les  différentes  nature  de  terrains, ­
  d’engrais;  feront  des  recherches  sur  les  plantes  les  plus  importantes.  En
été,  deux  heures,  en  hiver,quatre  heures.On  leur  fera  les  mêmes  cours  de  chimie
technique  qu’à  la  division  A\  en  insistant  davantage  cependant  sur  les  industries
plus  intimement  en  rapport  avec  l’agriculture,  comme  la  fabrication  de  la
fécule,  du  sucre,  de  la  bière,  de  l’alcool,  du  vinaigre,  etc.  '
PREMIÈRE  PARTIE.
Cette  classe  ne  comprend  plus  qu’une  seule  division  A.
Étude  de  machines.  —  Huit  heures.  Des  machines  et  de  leur  construction  en
général.  Organes  pour  transmettre,  changer  et  régler  les  mouvements,  au  point
de  vue  spécial  des  machines  employées  dans  les  fabriques.  Mesure  des  forces
motrices  et  de  leur  travail.  Machines  récepteurs  du  travail  de  l’homme,  des
animaux,  de  l’eau,  de  la  vapeur,  du  vent.  Machines  de  travail  le  plus  ordinairement ­
  employées.
        <pb n="183" />
        Dessin  de  machines.  —  Huit  heures  pour  A a ,  quatre  heures  pour  A b .  Projets
de  portions  de  machines  et  de  machines  simples.
Mathématiques.  —  Quatre  heures  en  hiver  pour  A a  seulement.  Théorie  générale ­
  des  équations,  géométrie  analytique  à  trois  dimensions,  exercices  mathématiques. ­

Minéralogie  et  géognosie.  —  Pour  A a  seulement  (même  cours  que  pour  la  division ­
  B).
Chimie  technique.  —  Deux  heures  en  été.  Métallurgie  des  métaux.
Chimie  analytique  et  théorique.  —  Deux  heures  en  été,  quatre  en  hiver  pour
A 1 ’  seulement.  Dans  ce  cours,  l’analyse  qualitative  est  traitée  d’une  façon  plus
complète,  et  l’analyse  quantitative  et  volumétrique  est  traitée  à  fond.  On  étudiera ­
  plus  spécialement  aussi  la  chimie  théorique,  au  point  de  vue  des  poids  atomiques, ­
  de  la  forme  cristalline,  des  volumes  et  des  poids  spécifiques  et  la
théorie  de  la  chimie  organique.
Manipulations  chimiques.  —  Quatre  heures  pour  A a  et  douze  heures  pour  A b .
Constructions.  —•  Deux  heures  facultatives  pour  A b .  Travail,  forme,  mesure
des  principaux  matériaux,  fabrication  des  briques,  mortier  ordinaire  et  hydraulique. ­
  Disposition  des  bâtiments  en  général,  au  point  de  vue  de  la  stabilité,
de  l’appropriation,  de  la  beauté.  Examen  des  principales  parties  des  bâtiments
au  point  de  vue  de  la  stabilité  et  de  leur  superposition,  et  dessins  des  constructions ­
  les  plus  importantes  pour  des  cas  donnés.
Chauffage.  —  Composition  de  projets  simples  ou  devis.
IMécanique  technologique.  —  Les  élèves  de  A a  pourront  prendre  part,  en  tant
qu’ils  le  jugeront  avantageux  à  leur  vocation,  au  cours  de  filature  de  la  Werkmeisterschule ­
  quatre  heures  par  semaine.  Ils  sont,  en  outre,  libres  de  prendre
part  aux  cours  suivants  :
Langue  française.  —  Cet  enseignement  est  donné  dans  cinq  classes  différentes, ­
  à  raison  de  trois  heures  par  semaine,  de  sorte  que  chacun  peut  suivre
la  classe  qui  convient  au  degré  de  connaissances  qu’il  a  déjà  acquises.
Langue  anglaise.  —  Quatre  classes  à  trois  heures  par  semaine.
Tenue  de  livres  et  correspondance.  —  Trois  heures  pour  les  divisions  A  et  B
(deuxième  classe).
En  outre,  dans  la  quatrième  classe,  il  y  a  un  cours  de  quatre  heures  par
semaine  sur  l’histoire  et  la  géographie,  auquel  sont  tenus  d’assister  les  élèves
qui,  en  entrant,  n’étaient  pas  suffisamment  instruits  dans  ces  matières.
Ecole  de  dessin.  —  A  cette  école  industrielle  supérieure,  ion  a  adjoint  une
        <pb n="184" />
        —  181  —
école  de  dessin  industriel  pour  les  apprentis  et  les  compagnons  employés  dans
les  fabriques  ou  ateliers  de  la  ville,  et  à  laquelle  sont  également  admis  les  élèves
de  l’école  industrielle.
Cette  école  de  dessin  a  deux  classes,  à  raison  de  quatre  heures  par  semaine.
La  classe  inférieure  a  pour  but  d’exercer  les  jeunes  gens  au  dessin,  la  classe
supérieure  de  donner  l’enseignement  spécial  pour  les  dessins  d’indiennes,  d’impression, ­
  de  tissage,  etc.
ÉCOLES  RÉELLES.
Dans  le  royaume  de  Saxe,  les  écoles  réelles  sont  des  établissements  d’enseignement ­
  littéraire,où  l’on  cultive  un  peu  l’étude  du  latin,  mais  surtout  celle  des
langues  vivantes,  l’allemand,  le  français  et  l’anglais.  On  ne  s  y  occupe  ni  du  grec,
ni  de  la  logique,  ni  de  la  philosophie,  qui  sont  réservés  pour  les  gymnases.  Les
sciences  mathématiques  et  physiques  et  le  dessin  à  main  levée  ont  une  part
considérable  du  temps,  et  les  jeunes  gens  qui  sortent  de  ces  établissements
sont  parfaitement  en  mesure,  s’ils  ont  profité  de  leurs  études,  d’entrer  aux  instituts ­
  polytechniques.
L’on  a  d’ailleurs  soin  d’écarter  très-expressément  tout  ce  qui  peut  ressembler ­
  à  des  études  pratiques  ou  techniques,  et  l’on  n’y  autorise  pas  même  les
manipulations  chimiques.
Ces  écoles  offrent  donc  en  Saxe  un  type  littéraire  qui  se  rapproche  beaucoup
de  celui  qui  est  adopté  en  Prusse,  et  de  celui  qui  a  été  proposé  récemment  en
France  par  le  Ministre  de  l’instruction  publique  sous  le  titre  d’enseignement
spécial.
Leur  organisation  a  été  remaniée  tout  récemment  par  un  décret  royal  du
ï  juillet  i860,  et  comme  le  réglement  qui  en  est  résulté  forme  un  ensemble
complet,  nous  croyons  devoir  le  reproduire  en  entier.
RÈGLEMENT
POUR  LES  ÉCOLES  REELLES  1HJ  ROYAUME  DE  SAXE.

Décret  (2  juillet  i860)  relutil  à  rétablissement  d’un  reglement  pour  les  Realschulen.
Le  ministère  des  cultes  et  de  l’instruction  publique,  en  donnant  le  règlement ­
  suivant  pour  les  écoles  réelles  de  Saxe,  ordonne  ce  qui  suit  :
I.
Ce  règlement  est  applicable  à  partir  du  jour  de  sa  promulgation.  Les  directeurs ­
  et  inspecteurs  devront  le  mettre  à  exécution  dans  les  écoles  respec-
        <pb n="185" />
        tives,  clans  le  plus  bref  délai  et  dans  tous  les  cas  avant  la  fin  de  l’année  courante. ­

II.
Les  établissements  auxquels  leur  position  ou  leurs  ressources  ne  permettent
pas  la  mise  à  exécution  complète  du  règlement  s’abstiendront  à  l’avenir  de
prendre  le  titre  d’écoles  réelles  et  adopteront  un  autre  nom  tel  que  ceux
d’écoles  bourgeoises  supérieures  (höhere  Bürgerschule),  d’école  de  perfectionnement ­
  (Forbildungsclwle).  Cet  ordre  s’applique  également  aux  écoles  réelles
qui,  en  voie  de  formation,  ne  consistent  encore  qu’en  quelques  classes  inférieures ­
  ou  moyennes.
Le  droit  de  faire  subir  des  examens  de  maturité  et  de  délivrer  des  certificats
jouissant  des  prérogatives  dont  il  est  fait  mention  au  paragraphe  /i  du  présent
décret,  n’appartiendra  qu’aux  écoles  réelles  (Realschulen)  auxquelles  il  aura  été
expressément  accordé.  Pour  désigner  celles  de  ces  écoles  auxquelles  on  accordera ­
  ce  droit,  le  ministère  nommera  une  commission  qui  procédera  à  la  visite
de  toutes  les  écoles  et  proclamera  les  noms  de  celles  qui  auront  mérité  cette
faveur.  Dans  la  suite  d’ailleurs  on  fera  également  connaître  publiquement  les
noms  des  écoles  réelles  (Realschalen)  auxquelles  on  accordera  encore  ce  droit,
ou  de  celles  auxquelles  on  l’aura  retiré  par  suite  de  l’abaissement  du  niveau  des
études.
III.
D’accord  avec  le  ministère  de  l’intérieur  et  des  finances,  nous  décidons  que
les  jeunes  gens  qui  auront  obtenu  le  certificat  de  maturité  à  l’une  des  écoles
autorisées  jouiront  de  certains  privilèges  indiqués  plus  loin,  non-seulement
pour  leur  entrée  dans  les  établissements  d’instruction  supérieure  et  technique,
mais  encore  pour  l’accès  aux  emplois  publics,  tels  que  ceux  des  postes,  des
douanes,  des  télégraphes.
Tout  élève  qui,  sur  un  certificat  de  ce  genre,  aura  obtenu  la  mention  bien,
au  moins  pour  la  chimie,  la  physique,  les  mathématiques  et  le  dessin,  pourra,
sans  autre  examen,  entrer  dans  la  deuxième  classe  de  la  section  inférieure  de
l’école  polytechnique,  et  dans  la  seconde  classe  de  la  section  d’agriculture  ou
dans  la  troisième  classe  de  l’école  industrielle  (Geiverbschale)  de  Chemnitz.
S’il  a  obtenu  la  mention  bien  dans  les  sciences  mathématiques,  il  peut  également ­
  entrer  sans  examen  dans  l’académie  de  Tharant  ou  dans  la  quatrième
division  de  l’académie  des  mines  de  Freyberg.
Enfin,  s’il  n’a  pas  paru  possible  de  faire  de  l’obtention  de  ce  certificat  de
maturité  une  condition  obligatoire  pour  l’admission  aux  services  publics  cités
        <pb n="186" />
        —  183  —
plus  haut,  on  donnera  néanmoins,  à  capacité  égale,  la  préférence  a  celui  qui
pourra  produire  un  pareil  certificat.
Dresde,  q  juillet  i860.
Ministère  des  cultes  et  de  l’instruction  publique.
Nous  donnons  ici,  en  entier,  la  traduction  du  règlement  des  écoles  réelles
de  Saxe,  en  ce  qui  concerne  les  autorités,  le  personnel  enseignant,  les  élèves,
l’organisation,  le  plan  d’études,  les  examens  de  maturité,  parce  qu’on  y  trouvera ­
  la  preuve  que  les  principes  religieux  et  ceux  de  la  morale  y  sont  à  juste
titre  considérés  comme  la  base  de  l’enseignement  de  la  jeunesse;  ce  qui  montre
que  c’est  fort  injustement  que  l’on  a  accusé  ces  écoles  et  autres  établissements
analogues,  d’avoir  contribué  au  développement  des  idées  matérialistes  et  révolutionnaires ­
  qui  inquiètent  l’Allemagne  centrale.
RÈGLEMENT  PROPREMENT  DIT.

INTRODUCTION.

§  1".
Les  écoles  réelles,  comme  les  écoles  littéraires  d’humanités,  ont  pour  but
de  donner  aux  jeunes  gens  une  instruction  générale  étendue;  néanmoins  elles
ont  en  vue  une  destination  plus  pratique  que  celles-ci,  de  sorte  qu’accordant
une  importance  bien  moindre  à  l’étude  des  langues  anciennes,  elles  mettent
en  première  ligne  l’étude  des  langues  nouvelles,  des  mathématiques  et  des
sciences  naturelles.
§  2.
De  même  que  les  gymnases  forment  l’intermédiaire  entre  les  écoles  primaires ­
  et  les  universités,  les  écoles  réelles  sont  le  lien  des  écoles  primaires  et
des  écoles  spéciales  supérieures.  Elles  doivent  donc,  avec  1  instruction  générale
qu  elles  donnent,  être  organisées  de  façon  ò  être  des  écoles  préparatoires  pour
ces  mêmes  écoles,  pour  quelques  branches  techniques  du  service  de  l’Etat,  et,
en  général,  pour  toute  direction  industrielle  ou  technique  supérieure.
g  3.
On  n’autorisera  à  porter  le  nom  d’écoles  réelles  (Realschulen)  que  les  écoles
qui,  dans  leur  organisation  intérieure  et  extérieure  observeront  le  plan  suivant,
et  le  ministère  de  l’instruction  publique  et  des  cultes  se  réserve  de  faire  publier ­
  les  noms  de  celles  qui  pourront  délivrer  des  certificats  de  maturité.
        <pb n="187" />
        CHAP  mu:  r  (^Section).

AUTORITÉS.

§  4.
Les  écoles  réelles  relèvent  directement  de  l’inspection  des  écoles,  au-dessus
de  laquelle  se  place  la  direction  de  district  ou  cercle,  et,  en  dernier  ressort,
le  ministère  de  l’instruction  publique  et  des  cultes.  Les  écoles  réelles  annexées  à
des  gymnases  (actuellement  celle  de  Plauen  et  celle  de  Zittau)  font  seules  exception; ­
  leur  position  est  réglée  par  le  décret  du  21  mars  1  835  relatif  aux  autorités ­
  dont  relèvent  les  gymnases  communaux,  et  le  règlement  du  27  décembre
i846  relatif  aux  écoles  d’humanités,  et  elles  sont  placées  comme  les  gymnases
sous  la  dépendance  de  la  commission  des  gymnases,  qui  relève  directement  du
ministère  de  l’instruction  publique  et  des  cultes.
§  5.
Attributions  de  l’inspection  des  écoles  (Schul-Inspection).  —  Cette  inspection
sert  d’intermédiaire  entre  la  direction  de  l’école  et  les  autorités  supérieures
dont  elle  exécute  les  prescriptions.  Elle  présente  et  installe  les  nouveaux  professeurs ­
  nommés  par  la  direction  et,  par  la  voie  de  son  membre  ecclésiastique,
les  rappelle  à  leurs  devoirs.  Par  la  même  voie,  elle  surveille  l’instruction  religieuse ­
  et  la  discipline  ,  assiste  aux  examens  annuels  ;  elle  vérifie  les  plans
d’études,  les  comptes,  et  les  remet  avec  ses  observations  aux  recteurs  de  districts ­
  (Kreis  Directoren),  autorité  immédiatement  supérieure.  Elle  est  le  tribunal ­
  disciplinaire  inférieur  pour  les  professeurs.
Attributions  des  directeurs  de  districts  (Kreis  Directoren).  —  Les  directeurs  des
districts  exécutent  les  ordres  du  ministère  des  cultes  et  de  l’instruction  publique ­
  dans  leur  district  pour  ce  qui  est  relatif  aux  écoles  réelles.  Ils  font  le
projet  annuel  de  budget  pour  les  établissements  placés  sous  l’administration
du  ministère  des  cultes  ou  qui  reçoivent  des  subventions  du  trésor  et  le  remettent ­
  au  commencement  de  décembre  de  chaque  année.  Ils  vérifient  les
comptes  et  le  plan  d’études  de  toutes  les  écoles  réelles  de  leur  district  et  les
soumettent  au  ministère  avec  leurs  observations.  Ils  font  visiter  par  un  membre
ecclésiastique  de  la  direction,  au  moins  une  lois  par  an,  en  détail,  chaque  école
réelle,  et  font  un  rapport  au  ministère.  Les  conseils  de  direction  sont  pour  les
professeurs  le  tribunal  disciplinaire  intermédiaire.
        <pb n="188" />
        185  —

§  7.
Attributions  du  ministère  des  cultes  et  de  l’instruction  publique.  —  Le  ministère
exerce  la  surveillance  supérieure  sur  toutes  les  écoles  réelles  du  pays  et  en
dirige  les  affaires  en  dernière  instance.  Tl  nomme  tout  le  personnel  des  professeurs ­
  à  toutes  les  écoles  réelles  administrées  par  le  Gouvernement.  Les  écoles
réelles  administrées  par  des  particuliers  doivent  faire  agréer  leurs  professeurs,
tant  au  moment  de  leur  nomination  première  que  lorsqu’ils  passent  à  une  autre
branche  d’enseignement,  et  faire  connaître  l’étendue  exacte  des  matières  enseignées. ­
  Les  plans  d’études,  les  budgets  et  les  comptes  doivent  être  contrôlés  et  approuvés ­
  par  lui.  Il  fait  inspecter  les  écoles  réelles  autant  de  fois  qu’il  le  juge  à
propos,  par  des  commissaires  royaux.  Il  est  pour  les  professeurs  le  tribunal
disciplinaire  supérieur.
$  8.
Fondations  de  nouvelles  écoles  réelles.  —•  Pour  que  des  villes,  des  communes
ou  des  particuliers  puissent  fonder  de  nouvelles  écoles  réelles,  ils  doivent  avoir
1  autorisation  du  ministère  des  cultes  et  de  1  instruction  publique,  qui  l’accorde
ou  la  refuse  d’après  le  degré  d’utilité  et  les  ressources  que  ces  établissements
peuvent  avoir.
§  9.
Droits  et  devoirs  des  directeurs  d’écoles  réelles  privées.  —  Parmi  leurs  droits,  ils
ont  celui  de  nommer  le  personnel  enseignant  et  d’administrer  de  leur  école.
Mais,  par  contre,  ils  doivent  tenir  un  compte  spécial  des  recettes  et  dépenses  de
l’établissement,  et  les  excédants  de  recette  ne  pourront  être  employés  que  dans
l’intérêt  de  l’établissement  ou  être  capitalisés.  •
Ils  ne  pourront  pas,  lors  de  la  fondation  d’une  école,  fixer  arbitrairement  la
rétribution  des  élèves,  ni  changer  les  rétributions  admises  dans  les  établisse
ments  existants,  sans  l’agrément  de  l’autorité  supérieure.
CHAPITRE  It.
PERSONNEL  ENSEIGNANT  DES  ¿COLES  REELLES.
§  10.
Connaissances  exigées  pour  l'admission  au  professorat.  —  Pour  occuper  une
place  de  professeur  dans  une  école  réelle,  il  faut  avoir  en  général  fait  ses  études
académiques  et  obtenu  le  grade  de  professeur  supérieur  (dont  les  épreuves
sont  déterminées  par  le  règlement  du  12  décembre  1  848,  $  2)  ou  de  candidat
en  théologie,  suivant  les  branches  d’enseignement  à  donner.
        <pb n="189" />
        Néanmoins,  les  professeurs  sortis  de  simples  écoles  normales  d’instruction,  et
qui  se  sont  distingués  dans  leur  carrière  par  leur  zèle  à  se  perfectionner,  pourront ­
  être  admis  comme  professeurs  dans  les  écoles  réelles,  conformément
au  décret  additionnel  du  i5  avril  i85o  au  règlement  précité  du  12  décembre ­
  18  A  8.
Dans  le  cas  où  l’enseignement  du  dessin,  de  la  gymnastique,  des  langues
vivantes,  ne  pourrait  être  confié  à  des  professeurs  déjà  éprouvés,  et  d’une
instruction  reconnue,  le  ministère  se  réserve  de  décider  comment  les  maîtres
seront  appelés  à  prouver  leurs  capacités.
§  11.
Conditions  dans  lesquelles  les  professeurs  sont  admis.  —  La  nomination  des  professeurs ­
  ne  se  fait  ni  temporairement  ni  sous  réserve  d’un  temps  de  dénonciation. ­
  Cependant,  si  le  ministère  juge  à  propos  de  faire  permuter  un  professeur
nommé  ou  ayant  eu  de  l’avancement,  sous  l’application  du  présent  règlement,
à  une  autre  école  réelle  ou  d’enseignement  supérieur,  celui-ci  doit  s’y  soumettre, ­
  à  condition  que  ses  nouveaux  appointements  ne  soient  pas  moindres
que  les  anciens.  Dans  une  école  privée,  les  professeurs  sont  tenus  d’obtempérer
à  des  dispositions  analogues  prises  par  les  administrateurs  et  approuvées  par  le
ministre.
Si  le  professeur  est  obligé  de  changer  de  résidence,  on  lui  payera  les  frais
de  déplacement,  dans  le  cas  où  ses  appointements  ne  seraient  pas  plus  élevés
dans  sa  nouvelle  position  que  dans  l’ancienne.  (Règlement  des  écoles  littéraires,
$%6.)
.  S  12.
Épreuves  d'admission  et  d’avancement.  —  Quoique  les  professeurs  à  nommer
ou  à  faire  avancer  ne  soient  pas  tenus  à  un  examen  spécial  (conformément  au
règlement  des  examens  des  candidats  au  professorat  supérieur  du  1  2  décembre
1  848  et  de  son  complément  du  1  5  avril  185o),  le  ministère  se  réserve  de  faire
subir  un  examen,  dans  certains  cas  particuliers  et  sur  des  branches  spéciales,
aux  individus  qui  lui  sont  présentés  pour  occuper  une  place  de  professeur.
§  13.
Un  professeur  titulaire  à  une  école  réelle,  en  entrant  en  fonctions,  doit  recevoir ­
  de  la  direction  une  lettre  de  nomination  qui  mentionne  les  principales
conditions  et  les  devoirs  de  sa  charge  ainsi  que  le  montant  des  appointements  à
toucher.  Dans  le  cas  d’avancement  d’un  même  individu,  on  ne  donne  pas  une
nomination  nouvelle,  mais  ou  met  des  annotations  à  la  première.
        <pb n="190" />
        187

§  14.
Tons  les  professeurs  et  maîtres  d’une  école  réelle  sont  tenus  de  prêter  serment. ­
  Les  professeurs  ordinaires  seulement  sont  confirmés  par  décret.
$  15.
Ces  professeurs  ordinaires  ont  droit  au  titre  de  professeur  supérieur  (  Oberlehrer). ­

S  16.
Ils  sont  compris  comme  tels  à  la  première  classe  dans  les  pensions  pour  les
veuves  et  les  orphelins  de  professeurs  aux  écoles  évangéliques.  Pour  ceux  toutefois ­
  qui  n’ont  pas  fait  leurs  études  académiques,  la  restriction  prescrite  par  le
paragraphe  4  de  la  loi  du  i er  juillet  18/40  est  seule  maintenue.
§  17.
Tous  les  professeurs  ont  droit  au  payement  régulier  de  leur  traitement.
Ces  traitements  seront  proportionnés  aux  occupations  et  aux  services  des
professeurs.
S  18.
Les  fits  des  professeurs  qui  suivent  les  cours  de  l’école  réelle  où  leur  père
est  professeur  sont  exemptés  de  la  rétribution.
§  19.
Outre  le  temps  consacré  à  préparer  consciencieusement  leurs  cours  et  à  la
correction  des  devoirs  et  compositions,  les  professeurs  doivent  donner  par  semaine ­
  jusqu’à  vingt-deux  heures  de  leçons  ou  de  séances.  Pour  l’enseignement
du  dessin,  du  chant  et  de  la  gymnastique,  le  nombre  de  leçons  s’élève  jusqu’à
vingt-huit  heures.  Le  directeur  n’en  donne  que  quatorze.
En  cas  de  maladie  ou  de  courte  absence,  les  professeurs  doivent  se  répartir
l’augmentation  de  service  qui  en  résulte,  d’après  les  ordres  du  directeur  et  sans
indemnité.
Le  directeur  peut  également,  pour  les  matières  d’un  enseignement  pénible,
diminuer  de  deux  à  trois  heures  le  nombre  d’heures  d’enseignement  par  semaine. ­

S  20.
Les  professeurs  doivent  donner  exactement  et  consciencieusement  leurs
leçons.  Les  cours  doivent  être  commencés  dix  minutes  après  que  l’heure  a
sonné  et  ne  doivent  cesser  qu’au  moment  même  où  le  signal  est  donné.
        <pb n="191" />
        Le  directeur  doit  se  vouer  entièrement  à  son  école.  Dans  les  localités  où  un
directeur  cumule  encore  plusieurs  fonctions,  on  nommera  à  la  première  vacance ­
  de  cet  emploi  un  directeur  pour  l’école  seule,  et  cette  condition  est  de
rigueur  pour  obtenir  l’approbation  du  ministère.  Dans  les  écoles  réelles  annexées ­
  à  des  gymnases,  on  nommera  un  vice-directeur,  pris  parmi  les  principaux ­
  professeurs  de  l’école  réelle.
$22.
Devoirs  spéciaux  du  directeur.  —  Le  directeur  a  pour  fonctions  la  direction
intérieure  de  l’école  et  la  représentation  à  l’extérieur,  il  est  responsable  de
toutes  les  fautes  et  infractions  qui  y  sont  commises.
Il  est  spécialement  chargé  de  la  surveillance  de  l’instruction,  de  la  discipline,
de  la  composition  des  plans  d’étude.  Les  procès-verbaux  de  conférences,  les
notes  des  classes  et  des  sorties,  les  travaux  pour  l’examen  de  maturité,  les  procès-verbaux ­
  de  ces  examens,  la  conservation  et  l’entretien  des  bâtiments,  des
appareils,  de  la  bibliothèque,  etc.  sont  également  dans  ses  attributions.
$23.
Esprit  général  du  conseil  des  professeurs.  —  Les  professeurs  doivent  toujours
avoir  en  vue,  outre  leur  occupation  spéciale,  le  bien  de  l’établissement;  ils
doivent  donc  s’aider  entre  eux,  soutenir  leur  directeur  et  se  prêter  consciencieusement ­
  appui,  en  évitant  toute  différence  égoïste  et  en  faisant  preuve
d’abnégation  en  vue  du  succès  de  l’établissement.
$  26.
L  instruction  des  écoles  réelles  ayant  par  sa  nature  une  direction  obligée  vers
les  questions  d’ordre  matériel,  les  professeurs  s'efforceront  de  faire  régner  dans
leurs  leçons  un  ordre  d’idées  qui  agisse  sur  l’éducation  morale  des  élèves,  dans
le  but  de  leur  inspirer  le  zèle,  l’obéissance,  la  fidélité  à  remplir  leurs  devoirs,
la  probité,  la  crainte  de  Dieu;  et  ils  y  parviendront  encore  plus  sûrement  par
des  relations  paternelles  avec  les  élèves,  par  une  surveillance  vigilante,  mais  non
minutieuse,  exercée  surtout  sur  les  élèves  séparés  de  leurs  parents,  ainsi  que
par  la  force  de  l’exemple.
$25.
5e  rappeler  réciproquement  leur  tâche,  s’entraider  dans  son  accomplissement, ­
  constater  les  résultats  acquis,  se  les  communiquer,  les  discuter,  travailler
        <pb n="192" />
        dans  tous  les  sens  aux  progrès  de  l’établissement  :  tel  est  le  but  de  la  conférence
des  professeurs.  Cette  conférence,  qui  se  compose  de  tous  les  professeurs  de
l’établissement,  tient  séance  une  fois  par  mois  sous  la  présidence  du  directeur,
mais  elle  peut  être,  dans  les  cas  extraordinaires,  convoquée  par  lui.  Il  est  dressé
procès-verbal  des  séances.  Les  décisions  prises  ne  pourront  être  mises  à  exécution ­
  par  le  directeur  qu  autant  qu  elles  seront  renfermées  dans  les  limites  de  sa
compétence,  sinon  il  en  référera  à  l’autorité  supérieure,  qui  avisera.  Avant  leur
publication  officielle,  ces  décisions  sont  considérées  par  les  professeurs  comme
secrètes.
CHAPITRE  III.
DES  ÉLÈVES.
$26.
Principe  général.  —  Les  parents  et  les  élèves  doivent  se  bien  pénétrer  qu’un«
école  réelle  n’est  plus  une  école  élémentaire  où  l’on  admet  et  garde  indifféremment
  tous  les  élèves.  Ici,  au  contraire,  pour  être  admis  il  faut  faire  preuve
d’une  certaine  maturité  d’esprit  et  d’instruction,  et,  pour  se  maintenir,  il  faut
développer  son  intelligence  et  sa  moralité.
Les  parents  ne  sont,  il  est  vrai,  pas  tenus  de  maintenir  leurs  enfants  pendant
toute  la  période  d’études,  une  fois  qu’ils  sont  entrés,  mais  il  est  juste  de  les  prévenir ­
  que  l’instruction  donnée  par  l’école  est  réglée  en  vue  de  la  continuation
des  études  jusqu’à  leur  terminaison,  et  qu’en  retirant  plus  loties  enfants,  on
renoncerait  à  une  grande  partie  des  avantages  qu’ils  sont  en  droit  d’espérer  de
cette  instruction.
$  27.
Les  demandes  d’admission  sont  adressées  au  directeur,  et  l’élève  doit  justifier
de  son  extrait  de  baptême,  de  ses  certificats  de  vaccine  et  de  confirmation  (pour
ceux  qui  ont  été  confirmés),  et  du  certificat  de  ses  progrès  et  de  sa  conduite
dans  les  établissements  dinstruction,  privés  ou  publics,  qu’il  a  fréquentés
jusque-là.
$28.
Les  élèves  ne  peuvent  pas  être  admis  avant  1  âge  de  dix  ans  accomplis.
$29.
L  instruction  exigée  est  l’instruction  primaire  que  peut  acquérir  un  enfant
appliqué  et  intelligent  dans  ses  quatre  premières  années  de  classes,  avoir  :
ï 0  Connaissance  de  l’histoire  sainte,  Ancien  et  Nouveau  Testament;  avoir
        <pb n="193" />
        appris  par  cœur  et  comprendre  la  première  partie  principale  du  petit  catéchisme ­
  luthérien;
•2°  Ecrire  et  lire  couramment  les  caractères  allemands  et  latins;
3°  Facilité  pour  écrire  une  dictée  avec  l’une  ou  l’autre  de  ces  écritures;
t\°  Calcul  :  les  quatre  règles  avec  les  nombres  entiers;
5°  Répéter  de  mémoire  une  histoire  facile;
6°  Les  éléments  dans  les  sciences  réelles,  notamment  la  géométrie.
§30.
Examens  d’admission.  —  L’examen  pour  l’admission  à  la  classe  inférieure
doit  se  faire  au  moins  avec  la  coopération  des  professeurs  de  cette  classe.  Pour
les  classes  supérieures,  il  en  devra  être  de  même  pour  les  professeurs  de  la
classe  correspondante;  mais  il  sera  préférable  de  réunir  tout  le  conseil  des  professeurs. ­

§  31.
L’admission  n’a  lieu  qu’une  fois  par  an  avant  l’ouverture  des  classes,  et  ce
n’est  qu’exceptionnellement,  comme  dans  le  cas  de  changement  de  domicile
des  parents,  qu’on  admet  des  élèves  dans  le  courant  de  l’année.
§32.
A  partir  du  jour  de  son  entrée  l’élève  est  soumis,  tant  à  I  extérieur  qu’à  l’intérieur, ­
  à  la  discipline  de  l’établissement.  Cette  discipline  comprend  toutes  les
mesures  qui  permettent  à  l’école  d’accomplir  sa  tâche  d  instruction  et  d’éducation. ­

§33.
Pour  constater  si  les  élèves  fréquentent  assidûment  l’école,  il  existe  dans
chaque  classe  un  registre,  dans  lequel  le  professeur  qui  donne  le  premier  cours
note  les  noms  des  absents,  et  que  les  professeurs  suivants  vérifient.
Le  professeur  doit  s’informer  des  causes  des  absences  non  justifiées,  et,  dans
tous  les  cas  graves,  en  référer  au  directeur  pour  la  punition.
§  34.
Les  dispenses  temporaires  de  fréquenter  l’école  ne  doivent  être  accordées
que  dans  des  cas  exceptionnels  et  pour  des  raisons  de  famille  ou  majeures.
Pour  la  dispense  d’une  simple  leçon,  c’est  le  professeur  qui  l’accorde  et  délivre ­
  le  certificat.  Une  dispense  plus  longue  est  du  ressort  du  directeur.
§35.
Pour  que  l’élève  profite,  il  laut  de  1  attention  et  du  %èle,  on  veillera  donc  á
ce  que  des  punitions  soient  infligées  pour  tous  les  cas  d’inattention.
        <pb n="194" />
        191

§36.
La  conduite  des  élèves  doit  reposer  sur  une  soumission  volontaire  à  la  supériorité ­
  et  à  la  capacité  reconnues  du  professeur;  cette  déférence  envers  le  professeur ­
  influera  plus  tard  sur  la  conduite  civile  du  citoyen.  11  est  donc  important ­
  de  s’assurer  d’une  obéissance  et  d’une  sincérité  parfaites  comme
premiers  devoirs  de  l’élève.
§37.
Dans  ses  rapports  avec  ses  condisciples,  l’élève  doit  apprendre  de  bonne
heure  à  respecter  les  droits  des  autres,  soit  égaux,  soit  plus  faibles  que  lui,
c’est-à-dire  à  acquérir  un  caractère  pacifique  et  aimable;  on  prohibera  surtout
très-strictement  les  coutumes  grossières  qui  proviennent  d’un  esprit  de  corporation ­
  mal  entendu,  et  qui  conduisent  les  anciens  à  exercer  de  mauvais  procédés ­
  envers  les  nouveaux  venus.
§  38.
Conduite  en  dehors  de  l'école.  —  Devoirs  religieux  des  élèves.  —  11  importe  à
l’éducation  religieuse,  fondement  de  toute  véritable  civilisation  humaine,  que
l’école  habitue  de  bonne  heure  les  enfants  à  remplir  leurs  devoirs  religieux.  Il
faudra  donc  tenir  la  main  à  ce  que  les  élèves,  sous  la  surveillance  alternative
d’un  des  professeurs,  fréquentent  régulièrement  l’église,  les  dimanches  et  jours
de  fête.  En  outre,  pour  les  élèves  confirmés,  il  y  a  chaque  année,  deux  fois  au
moins,  confession  et  communion  ,  avec  participation  du  collège  des  professeurs,
et  après  préparation  préalable  à  l’école,  comme  l’exigent  les  mœurs  pieuses  de
tout  établissement  d’instruction  supérieure.
§  39.
Les  élèves  doivent,  en  dehors  de  l’établissement,  consacrer  à  l’étude  tous  les
moments  qui  ne  sont  pas  nécessaires  à  leurs  exercices  corporels.
§  40.
Récréations  des  élèves.  —  De  leur  participation  aux  divertissements  publics.  —
Les  récréations  des  élèves  doivent  être  simples  et  naturelles  et  être  calculées
pour  le  maintien  de  la  sauté  de  lame  et  du  corps,  mais  sans  exposer  à  un  danger ­
  de  distraction,  d'affaiblissement  et  de  dissipation  des  plus  nobles  forces.
Ces  récréations  résulteront  surtout  des  relations  avec  les  familles,  d’une  sévère
moralité,  des  exercices  du  corps  et  de  la  jouissance  de  la  campagne.  Comme
le  caractère  de  1  homme  ne  se  fortifie  pas  dans  les  distractions,  mais  bien  dans
un  sérieux  recueillement,  par  des  jouissances  modérées,  par  1  exercice  de  l’abnégation, ­
  les  élèves,  même  les  plus  âgés,  ne  pourront  prendre  part  aux  diver-
        <pb n="195" />
        192  —

tissements  publics  qii’exceptionnellement,  avec  l’autorisation  expresse  du  directeur ­
  et  du  professeur  respectif,  qu’ils  devront  obtenir  dans  chaque  cas  particulier. ­

§  41.
Concours  des  parents.  —  Comme  les  parents  sont  aussi  intéressés  aux  succès
des  élèves,  l’école  leur  demande  de  coopérer  pour  leur  part  à  agir  sur  leurs
enfants  dans  l’intérêt  de  leurs  études.  A  cet  elfet,  le  directeur  et  le  professeur
de  la  classe  respective  auront  soin  de  porter  immédiatement  à  la  connaissance
des  parents  toutes  les  observations  importantes  relatives  à  leurs  enfants.  Chaque ­
  semestre,  d’ailleurs,  on  délivre  des  certificats  réguliers  de  progrès  et  de
conduite.
$  42.
Peines  disciplinaires.  —  Le  but  de  ces  peines  doit  être  non-seulement  de
rendre  justice,  mais  encore  de  ramener  l’élève  au  devoir  et  de  l’améliorer.  Ces
peines  varieront  donc  non-seulement  avec  la  faute,  mais  encore  avec  l’intention, ­
  le  caractère,  l’àge,  la  conduite  ordinaire  du  délinquant,  et  comprendront
toujours  une  remontrance  et  des  exhortations  très-vives  de  la  part  des  parents.
§  43.
Parmi  les  peines  disciplinaires  on  distingue  celles  que  peut  appliquer  le  professeur, ­
  qui  doit  en  informer  le  directeur,  et  celles  que  le  directeur  seul,  ou
assisté  du  collège  des  professeurs,  peut  infliger.
I.  Chaque  professeur  peut,  pour  des  infractions  ou  des  fautes  légères  commises ­
  pendant  son  cours  :
i°  Faire  une  remontrance;
2°  Faire  sortir  l’élève  des  bancs  dans  les  trois  classes  inférieures;
3°  Donner  à  faire  un  pensum  chez  lui;
4°  Faire  rester  à  l’école  jusqu’à  concurrence  de  deux  heures  supplémentaires, ­
  avec  un  pensum  à  faire  sous  la  surveillance  d’un  maître.
II.  Le  directeur  seul  peut  :
i°  Faire  une  remontrance  devant  la  classe;
2 Û  Faire  descendre  de  plusieurs  rangs  dans  la  classe;
3°  Donner  deux  heures  de  cachot.
HL  Pour  des  fautes  grossières,  surtout  contre  la  moralité,  ou  les  règlements ­
  généraux,  ou  contre  l’autorité  des  professeurs,  c’est  le  conseil  des  professeurs ­
  qui,  d’après  les  circonstances,  applique  :
I o  La  remontrance  devant  le  conseil,  en  en  donnant  également  connaissance ­
  à  la  classe;
        <pb n="196" />
        20

—  193  —
2°  La  dégradation  dans  la  classe,  en  retirant  à  l’élève  un  emploi  honorifique;
3°  Le  cachot  avec  ou  sans  chaîne,  jusqua  concurrence  de  six  heures  avec
un  pensum;
4°  L’expulsion  définitive  de  l’établissement.
Dans  ce  dernier  cas,  si,  dans  le  conseil  des  professeurs,  les  voix  sont  partagées, ­
  on  prend  l’avis  de  l’autorité  supérieure;  mais  si  le  directeur  juge  la  présence ­
  de  l’élève  nuisible  à  l’établissement,  il  peut  l’en  tenir  éloigné  jusqu’à  ce
que  la  décision  soit  rendue.  L’élève  renvoyé  ne  reçoit  un  certificat  que  sous  la
condition  d’y  mentionner  qu’il  a  été  renvoyé  et  pour  quels  motifs.
Les  peines  corporelles  dans  les  classes  inférieures  ne  sont  pas  absolument
interdites,  mais  ne  seront  appliquées  que  dans  le  cas  où  l’on  jugera  quelles
produiront  un  effet  utile  à  l’individu.  La  punition  est  appliquée  sous  la  responsabilité ­
  du  professeur.  Dans  chaque  classe  se  trouve  un  registre  où  l’on  inscrit
les  punitions.
CHAPITRE  IV.
ORGANISATION  DES  ¿COLES.

§  44.
Nombre  des  classes.  —  Les  écoles  réelles  doivent  se  composer  de  six  classes
successives,  celles  qui  n’ont  encore  que  cinq  classes  doivent  ajouter  une  classe
supérieure  en  plus.
Dans  les  écoles  réelles  (Realschulen)  annexées  aux  gymnases,  les  subdivisions ­
  A  et  B  de  la  première  classe  se  changent  en  I  et  11,  et  les  désignations  des
autres  classes  en  conséquence.
$  45.
Système  des  classes.  —  Quoique  dans  les  écoles  réelles  (Realschulen)  certaines
matières,  telles  que  les  mathématiques,  les  sciences  naturelles,  le  dessin,  les
langues  nouvelles  doivent  être  réparties  d’après  les  spécialités,  il  laut  neanmoins ­
  que  le  système  par  classe  soit  maintenu,  autant  que  cela  est  compatible
avec  un  enseignement  suivi,  et  soit  surtout  caractérisé  dans  chaque  classe  par.
la  présence  d’un  professeur  ordinaire  de  cette  classe,  auquel  les  élèves  seront
soumis  pour  tout  ce  qui  concerne  l’ordre  et  la  discipline,  et  qui,  en  outre,  doit
surveiller  les  élèves  en  dehors  de  l’école.
C’est  le  directeur  qui,  dans  le  cas  de  changement  de  personnel,  propose
dans  son  plan  d’études  la  personne  destinée  à  être  nominee  professeur  de
classe.
Le  système  de  division  par  classe  rend  obligatoire  pour  les  élèves  d’une
        <pb n="197" />
        —  194

même  section  tousles  cours  de  cette  classe  (sous  la  réserve  de  ce  qui  est  dit  au
paragraphe  62  ).
$46.
Nombre  des  élèves  dans  chaque  classe.  —  Ce  nombre  rre  doit,  en  général,  pas
dépasser  quarante;  s’il  le  dépasse  en  moyenne,  il  y  a  obligation  d’établir  une
classe  parallèle.
$47.
Cours  d’études.  —  L’enseignement  est  divisé  par  cours  d’une  année,  de  Pâques
â  Pâques,  seule  époque  à  laquelle  ont  lieu  les  admissions  ordinaires  (§  26).
$48.
Durée  des  études  complètes  dans  une  école  réelle.  —  Cette  durée  est  de  six  ans
au  moins,  mais  pour  ceux  seulement  qui  ne  sont  obligés  de  redoubler  aucune
classe.  Celui  qui,  après  avoir  redoublé  une  classe,  n’est  pas  reconnu  capable  de
passer  à  la  classe  supérieure,  doit  quitter  l’établissement.
$49.
Répartition  des  heures  de  cours  dans  la  semaine.  —  Les  cours  doivent  être  distribués ­
  de  façon  que  :  i°  les  lundi,  mardi,  jeudi  et  vendredi  il  y  en  ait  le  matin
et  le  soir,;  mais  le  mercredi  et  le  samedi  le  matin  seulement;  2 0  do  façon  que,
les  leçons  les  plus  difficiles  et  les  plus  importantes  soient  données  le  matin.
Les  leçons  de  religion  seront  les  premières,  et  au  plus  tard  les  secondes  de
la  journée.
$50.
Nombre  d’heures  de  cours.  —  Ce  nombre  ne  doit,  pour  aucune  classe,  dépasser ­
  sept  heures  par  jour,  et  quatre  ou  cinq  au  plus  pour  les  jours  où  l’aprèsmidi
  est  libre.
Pour  le  reste,  voirie  plan  d’études.
$  51.
Prière  au  commencement  des  leçons.  —Comme  usage  chrétien,  et  afin  que  les
professeurs  comme  les  élèves  aient  toujours  en  vue  ce  qu’il  y  a  de  plus  élevé
pour  l’homme,  la  première  leçon  sera  tous  les  jours  précédée  d’une  prière,  qui
sera  le  plus  utilement  prononcée  par  le  professeur.  En  outre  le  lundi  matin  ,  de
bonne  heure,  avant  le  commencement  des  cours,  les  élèves  seront  réunis  dans
la  salle  destinée  aux  solennités  de  l’établissement,  pour  s’y  livrer  en  commun
à  la  prière.  De  même,  avant  les  vacances,  la  clôture  des  cours  sera  chaque
fois  précédée  d’une  courte  et  solennelle  prière.  Outre  le  directeur,  tous  les  professeurs ­
  dont  les  cours  finissent  ou  commencent  assisteront  à  ces  prières.
        <pb n="198" />
        -  195  —

§52.
Répétitions  périodiques.  —  Afin  de  s’assurer  que  l’enseignement  a  été  bien  suivi
et  de  quelle  manière  chaque  élève  en  a  profité,  ainsi  que  pour  forcer  également
ceux-ci  à  bien  se  pénétrer  des  matières  enseignées,  les  professeurs  feront,  à  de
courts  intervalles,  des  répétitions.  Si  1  enseignement  des  matières  ne  présente
pas  de  moment  plus  spécialement  favorable  à  ces  répétitions,  elles  seront  tenues
dans  les  dernières  leçons  de  chaque  mois.
§53.
Examens.  —  Deux  fois  chaque  année  tous  les  élèves  seront  examinés,  savoir ­
  :  à  la  Saint-Michel  et  avant  Pâques.  Les  examens  de  la  Saint-Michel  ne  sont
pas  publics;  leur  but  est  principalement  de  stimuler  le  zèle  des  élèves  et  de  les
classer  d’après  leur  mérite  dans  chaque  classe.  Les  examens  de  Pâques  ont,  en
outre,  pour  but  de  montrer,  par  une  épreuve  publique,  quel  est  le  niveau  des
études  dans  l’établissement  :  c’est  par  ce  motif  qu’ils  sont  relégués  à  la  fin  de
l’année,  et  qu’on  y  invite  le  public.
§54.
Mode  d’examen.  —  Les  examens  de  la  Saint-Michel  et  de  Pâques  se  composent ­
  d’épreuves  écrites  et  d’épreuves  orales.  Les  épreuves  orales  ne  seront
qu’une  espèce  de  répétition  générale  à  laquelle  assisteront  le  directeur  et  les
professeurs  de  la  classe;  mais  elles  ne  dureront  pas  plus  de  huit  jours  pour  tout
rétablissement.  Dans  les  examens  de  Pâques,  les  classes  seront  examinées
successivement;  mais  il  ne  serait  pas  possible  de  pratiquer  un  examen  portant
sur  toutes  les  matières  de  ¡’enseignement.
Voici  d’ailleurs  en  quoi  consisteront  les  épreuves  écrites  tant  à  la  Saint-Michel
qu’à  Pâques  :
PREMIÈRE  CLASSE.
ï 0  Une  composition  en  allemand  )  sur  un  sujet  qui  doit  être  communiqué
2°  Une  composition  en  français  )  quatorze  jours  à  l’avance;
3°  Une  traduction  d’allemand  en  anglais  ;
4°  Une  traduction  d’allemand  en  latin;
5°  Résolution  d’un  problème  géométrique;
(i°  Résolution  d’un  problème  arithmétique;
7°  Résolution  d’un  problème  de  physique.
Pour  chacune  des  cinq  dernières  épreuves  les  élèves  ont  trois  heures,  et  elles
doivent  se  faire  sous  la  surveillance  d’un  professeur.
(Suit  la  liste  des  épreuves  pour  les  autres  classes.)
2  5  .
        <pb n="199" />
        Promotions.  —  D’après  Je  résultat  de  ces  examens  et  de  ceux  du  semestre
précédent,  et  d’après  Ja  conduite  de  J’élève,  Je  professeur  ordinaire  de  la  classe,
aidé  des  autres  professeurs  de  cette  classe,  procède  au  classement  des  élèves
et  soumet  au  directeur,  pour  être  approuvée  par  le  conseil  des  professeurs,  la
liste  des  élèves  qui  méritent  d’être  promus  à  la  classe  supérieure.
'  S  50.
Notes  semestrielles.  —  En  vue  du  résultat  des  examens  et  de  la  conduite  de
l’élève  pendant  le  semestre,  le  professeur  tient  des  notes  sur  ses  progrès,  son
zèle,  sa  conduite.  Ces  notes  sont  remises  à  l’élève;  ses  absences  y  sont  également ­
  relatées.  Les  cinq  degrés  d’appréciation  sont  :  très-bien,  bien,  satisfaisant,
à  peine  satisfaisant,  insuffisant.
Les  notes  sur  les  progrès  ne  sont  pas  données  en  résumé,  mais  bien  pour
chaque  matière  spécialement  et,  à  cet  eilet,  sur  les  états  de  ces  notes  sont  imprimées ­
  l’une  ou  l’autre  des  listes  de  matières,  l’une  de  ces  listes  servant  pour  les
trois  classes  supérieures,  l’autre  pour  les  trois  classes  inférieures.
Le  professeur  doit  s’assurer  que  ces  témoignages  ont  été  remis  aux  parents
ou  tuteurs.  L’élève  qui,  pour  sa  conduite,  a,  pour  deux  semestres  consécutifs,
reçu  la  note  insuffisante  est  renvoyé  de  l’école.
S  57.
Prix.  —  Il  est  à  désirer  qu’après  chaque  examen  on  donne  des  prix  aux
élèves  qui  ont  eu  les  meilleures  notes,  surtout  dans  les  trois  classes  supérieures.
Là  où  il  n’y  a  pas  de  dotation  spéciale  pour  cet  objet,  il  faudra  en  tenir  compte
dans  le  budget  des  dépenses.
§  58.
Fêtes  des  écoles.  —  Outre  les  fêtes  locales,  telles  qu’anniversaires  de  fondation, ­
  certaines  fêtes,  comme  celles  du  départ,  à  Pâques,  des  élèves  qui  ont  fini
leurs  études,  ou  celle  de  l’anniversaire  de  la  naissance  de  Sa  Majesté,  seront
célébrées  chaque  année,  et  après  les  discours  prononcés  par  les  élèves  à  cette
occasion,  un  des  membre  du  conseil  des  professeurs  prendra  la  parole  pour
inspirer  des  sentiments  de  respect  et  de  dévouement  au  Roi  et  à  la  famille
régnante  et  pour  retracer  les  traits  de  quelque  noble  figure  historique  ou  rappeler ­
  quelque  grand  souvenir  de  l’histoire  de  la  patrie.
§  59.
Vacances.  —  A  Noël,  du  ad  décembre  au  7  janvier;  à  Pâques,  du  dimanche
        <pb n="200" />
        des  Rameaux  au  lundi  qui  suit  la  Quasimodo;  à  la  Pentecôte,  au  temps  des
canicules,  trois  semaines,  et  après  la  Saint-Michel,  une  semaine.  A  part  cela,
il  ne  sera  accordé  aucun  congé  d’une  journée  ou  d’une  demi-journée  pour
usages  locaux.  Là  où  ces  congés  ne  pourront  être  supprimés,  on  ne  donnera
pas  de  vacances  à  la  Saint-Michel.
S  00.
Programme  de  la  séance  pabligac.  —  Il  est  tenu  une  séance  publique  pour
les  examens  de  lin  d’année.  Cette  séance  commence  par  un  travail  fait  par
l’un  des  professeurs,  généralement  à  tour  do  rôle.  On  fait  connaître  les  changements ­
  survenus  dans  le  courant  de  l’année  ou  les  incidents  remarquables;
on  lit  la  liste  des  élèves  de  chaque  classe;  enfin  le  tableau  des  matières  enseignées, ­
  des  travaux  exécutés,  des  leçons  par  semaine.  Ce  programme  doit  être
remis  aux  autorités  dont  l’école  relève.
CHAPITRE  V.
CLAN  D’ÉTUDES.

§  61.
Matières  d’enseignement.  —  Les  matières  enseignées,  outre  la  religion,  la
vraie  et  la  plus  noble  base  de  toute  éducation  ,  peuvent  se  diviser  en  trois
groupes,  les  sciences,  les  langues,  les  connaissances  générales  (Fertigkeiten).
Les  sciences  comprennent  :
i°  L’histoire;
2°  La  géographie;
3°  Les  sciences  naturelles  se  subdivisant  en  sciences  naturelles  descriptives,
description  de  la  nature,  botanique,  zoologie,  minéralogie,  et  en  études  de  la
nature,  physique,  chimie  ;
h°  Calcul  arithmétique  ;
•j°  Mathématiques,  géométrie,  algèbre.
Les  langues  :
i°  Allemande;
?.°  Latine;
3°  Française  ;
â n  Anglaise.
Connaissances  générales  ou  complémentaires  (Fertigkeiten).
i°  L’écriture;
        <pb n="201" />
        198

3°  Le  dessin  ;
!i°  Le  chant;
5°  La  gymnastique.
Le  plan  d’enseignement  suivant  a  pour  but  d  établir  à  partir  de  quel  point
de  départ  et  à  quel  point  de  vue  chacune  de  ces  matières  doit  être  enseignée,
et  comment  elles  doivent  être  réparties  dans  les  diverses  classes.
§62.
Enseignement  religieux.  Son  but.  —  L’enseignement  religieux  doit,  dans  les
écoles  réelles,  comme  dans  tout  autre  établissement  chrétien,  être  la  base  de
toute  instruction  et  de  toute  éducation.  Cet  enseignement  doit  être  humblement ­
  soumis  à  la  parole  de  Dieu  pour  produire  une  foi  vivifiante  ,  une  piété
sincère,  présidant  à  toute  notre  vie  et  l’ennoblissant,  mais  il  ne  doit  consister
ni  en  commentaires  faux  ou  superficiels  qui  conduisent  à  1  indifférence  religieuse, ­
  et  même  à  l’incrédulité,  ni  en  un  dogmatisme  faux  et  dangereux,  rétrécissant ­
  le  cœur,  faisant  oublier  pour  des  formules  la  vie  et  la  force  de  la  religion,
et  jetant  les  bases  précoces  de  l’intolérance,  des  dissidences  religieuses  et  de
l’amour-propre.  Les  élèves  qui  appartiennent  à  une  autre  confession  chrétienne
qu’à  la  confession  évangélique  doivent  être  dispensés  de  l’enseignement  religieux
et  du  culte,  mais  ils  doivent  apporter  un  témoignage  prouvant  qu’il  a  été  pourvu
ailleurs  à  leur  éducation  religieuse.
§  63.
Répartition  de  renseignement.  —  En  troisième,  la  plupart  des  élèves  font  leur
confirmation;  il  faut  donc  jusque-là  continuer  l’étude  de  l’histoire  sainte  et  du
catéchisme,  mais  ensuite  l’enseignement  doit  être  dirigé  de  façon  à  donner  une
connaissance  plus  approfondie  de  1  Evangile,  et,  pour  la  satisfaction  du  cœur,  à
amener  de  plus  en  plus  à  reconnaître  le  salut  en  Jésus-Christ,  ce  qui  les  prémunira ­
  non-seulement  contre  les  erreurs  prédominantes  de  notre  époque,  mais
encore  contre  les  dangers  de  la  jeunesse  et  de  leurs  penchants  individuels.
Ainsi,  de  la  sixième  à  la  troisième  inclusivement,  l’enseignement  consistera
en  histoire  sainte  et  étude  du  catéchisme,  avec  le  nombre  d’heures  indiqué
au  tableau  des  leçons,  qui  sera  donné  à  la  suite.
Dans  les  classes  de  seconde  et  de  première,  on  donnera  l’histoire  de  la  religion, ­
  la  lecture  des  parties  de  l’Ancien  Testament  relatives  au  Messie,  des
psaumes  choisis,  de  l’Evangile  selon  saint  Jean  et  de  l’Epître  aux  Romains.
Différences  de  confessions.  —  On  ne  se  bornera  pas  à  faire  ressortir  ce  qui
divise  les  différentes  confessions  chrétiennes,  mais  on  appuiera  aussi  sur  ce
quelles  ont  de  commun.
        <pb n="202" />
        —  199  —

S  GL
Professeurs  de  religion.  —  Pour  aucune  autre  matière  l'influence  personnelle ­
  du  professeur  n'est  aussi  grande  que  pour  l’enseignement  religieux;  en
outre,  comme  cet  enseignement  est  différent  de  la  direction  spéciale  prédominante ­
  chez  les  professeurs  dans  les  écoles  réelles,  on  ne  pourra  charger,  en
général,  ces  derniers  de  l’enseignement  religieux,  il  faudra  surtout  y  renoncer
pour  les  deux  classes  supérieures  et  apporter  tous  ses  soins  au  choix  d’un  professeur ­
  spécial.
§65.
Langue  mère.  —  L'étude  de  la  langue  allemande  est  celle  à  laquelle,  par  un
revirement  récent,  on  a  consacré  le  plus  de  temps,  après  une  période  d’injuste
abandon;  mais  l’organisation  mal  entendue  de  cette  étude  n’a  pas  donné  des
résultats  en  rapport  avec  le  temps  qu’on  y  a  consacré.  On  a  adopté  comme
base  de  cet  enseignement  une  grammaire  régulière,  comme  si  l’élève  avait  à
se  familiariser  avec  les  premiers  éléments  de  la  langue,  quand  il  en  a  sûrement ­
  déjà  un  certain  usage,  et  on  a  poursuivi  laborieusement  l’étude  détaillée ­
  de  cette  grammaire  à  travers  toutes  les  classes,  en  ne  laissant  qu’une  place
relativement  insignifiante  aux  productions  dans  celte  langue.
Tl  faudra  donc  faire  un  peu  moins  de  grammaire  et  un  peu  plus  d’exercices
littéraires.
§  66.
Répartition  de  cet  enseignement.  —  6 e  classe,  quatre  heures.  Exercices  de  lecture. ­
  Orthographe,  grammaire  et  ponctuation.  Prononciation.  Exercices  écrits,
un  par  semaine.
5 e  classe,  quatre  heures.
§  67.
En  définitive,  l’étude  de  1  allemand  doit  donner  la  possession  parfaite  de  cette
langue,  la  connaissance  des  principales  époques  de  sa  littérature,  des  écrivains
les  plus  distingués  et  de  quelques-uns  de  leurs  ouvrages.
§  68.
Langue  latine.  —  Cette  langue  peut  servir  de  base  grammaticale;  en  outre,
elle  est  utile  dans  l’étude  du  français  et  de  l’anglais.  Son  enseignement  ne  devrait ­
  être  obligatoire  que  pour  les  élèves  qui  fréquentent  l’école  dans  1  intention
de  subir  l’examen  de  maturité.
§  69.
Manière  de  l’enseigner.  —  L’étude  de  la  grammaire  doit  prédominer,  puis  on
        <pb n="203" />
        passe  aux  exercices  de  thèmes  et  de  versions.  Il  ne  faut  pas  vouloir  faire  arriver
les  élèves  à  parler  latin.  La  meilleure  méthode  sera  de  laisser,  surtout  dans  les
classes  supérieures,  cet  enseignement  sous  la  direction  d’un  ou  de  deux  professeurs ­
  seulement,  d’un  philologue,  par  exemple,  qui  traitera  la  matière  conformément ­
  aux  besoins  de  l’école.
S  70.
Pour  la  répartition  du  temps,  voir  le  tableau.
§  71.
Le  but  qu’on  doit  se  proposer,  c’est  d’amener  les  élèves  à  pouvoir  traduire
en  latin,  sans  fautes  grossières,  un  écrit  allemand  de  difficulté  moyenne,  ou  à
pouvoir  lire  un  chapitre  de  Jules  César  ou  de  Cicéron  sans  dictionnaire,  ou
bien  à  traduire  correctement,  à  l’aide  du  dictionnaire,  un  passage  difficile.
S  72.
Langue  française.  —  11  faut,  dès  l’origine,  attacher  beaucoup  dimportance
à  une  prononciation  correcte  et  distinguée.  Aussi  cet  enseignement  ne  doit-il
pas  être  confié  à  une  personne  qui  n’ait  pas  eu  l’occasion  d’acquérir  une  pareille
prononciation,  quand  même,  du  reste,  elle  connaîtrait  parfaitement  la  langue.
§  73.
Pour  le  nombre  d’heures  par  semaine,  voir  le  tableau.  En  3 e ,  par  exemple,
exercices  de  syntaxe,  lecture,  exercices  de  prononciation;  apprendre  par  cœur.
Lecture  avec  aperçu  des  principales  époques  de  la  littérature.  L’enseignement
se  fera  en  français.
§  74.
En  sortant  de  i rc ,  l’élève  doit  savoir  traduire,  sans  dictionnaire,  un  morceau
difficile,  en  prose,  ou  facile,  en  vers,  afin  qu’il  puisse  comprendre  au  cours,
répondre  couramment  en  français  aux  demandes  qu’on  lui  adresse?  écrire  en
français  une  dictée  facile  faite  en  allemand,  faire  une  composition  française
correcte  sur  un  sujet  donné  avec  des  tournures  françaises.
§  75.
Langue  anglaise.  —  Cette  langue  ,  qu’on  commence  à  étudier  dans  une
classe  plus  élevée  (3 P ),  de  même  que  le  français,  doit  être  enseignée  d’après  les
mêmes  principes.  Voir  le  tableau  des  leçons.
§  77  =
L’élève  sortant  de  i ,e  doit  avoir  une  prononciation  sure,  pouvoir  traduire
        <pb n="204" />
        —  201  —
une  page  de  prose,  qui  ne  traite  pas  d’un  sujet  particulièrement  difficile.  Faire
un  thème  anglais  sans  faute  ou  erreur  grossière.
§78.
Géographie.  —  Cet  enseignement  a  pour  but  de  permettre  à  l’élève  de
s’orienter  sur  tout  notre  globe  au  point  de  vue  ethnographique,  politique,  physique ­
  et  topographique.
Il  y  a  deux  heures  de  leçons  dans  chaque  classe.
§79.
En  6'  classe.  Usage  des  cartes.  Principes  de  géographie  générale,  forme  de  ta
terre,  parties  du  monde,  longitudes  et  latitudes,  zones,  pôle  et  équateur,  etc.
Si  le  temps  le  permet,  on  fera  connaître  les  parties  les  plus  importantes  de
la  Saxe  et  de  la  Palestine.
5 e .  Répétition.  Aperçu  général  du  globe.
k*.  Les  cinq  parties  du  monde  considérées  isolément.
3".  Les  Etats  de  l’Europe  au  point  de  vue  du  commerce  et  de  l’industrie  et
surtout  l’Allemagne.
2 e  et  i  Les  Etats  extra-européens  au  même  point  de  vue  (géographie  mathématique). ­

§  81.
Histoire.  —  Deux  heures  de  leçons  dans  chaque  classe.  Outre  le  point  de  vue
didactique,  cet  enseignement  élargit  celui  sous  lequel  on  considère  l’humanité;
il  ouvre  le  cœur  à  l’enthousiasme  pour  ce  qui  est  grand  et  noble,  et  remplit
de  respect  envers  Dieu,  qui,  seul,  se  maintient  éternel  et  immuable  au  milieu
des  mutations  diverses  de  l’humanité.
§  82.
6*.  Histoire  ancienne.
5 e .  Histoire  du  moyen  âge,  en  faisant  ressortir  surtout  les  grandes  figures  de
l’histoire  de  l’Allemagne  et  de  la  Saxe.
4®.  Histoire  moderne  et  spécialement  celle  de  la  Saxe.
Dans  les  classes  3,  2,  1,  on  reprend  les  mêmes  sujets,  mais  on  les  approfondit ­
  davantage.
Le  but  de  cet  enseignement  est,  d’un  côté,  de  développer  le  jugement  par
l’étude  historique,  et,  de  l’autre,  de  connaître  les  points  principaux  de  1  histoire. ­

§  84.
Sciences  naturelles.  —  Les  sciences  naturelles  forment  une  partie  essentielle  de
21*
        <pb n="205" />
        l’enseignement  et  du  genre  de  culture  à  donner  à  l’esprit  dans  les  écoles  réelles.
L’histoire  naturelle  est  répartie  dans  toutes  les  classes  de  l’école;  mais  l’étude
de  la  physique  et  de  la  chimie  ne  commence  qu’en  troisième  avec  les  notions
élémentaires  générales.
En  seconde,  il  y  a  trois  heures  de  physique  et  deux  heures  de  chimie.  En  première, ­
  deuxheures  de  physique  et  trois  heures  de  chimie  par  semaine.  Le  cours  de
physique,  de  seconde,  sera  principalement  expérimental.  Celui  de  première  traitera ­
  les  matières  avec  application  des  mathématiques.  Après  les  cours  de  chimie
minérale  on  donnera  un  aperçu  de  la  composition  des  principales  substances
organiques.  Les  travaux  de  manipulation  doivent  être  complètement  supprimés
dans  les  écoles  réelles  et  laissés  aux  écoles  techniques  spéciales.
S  85.
Classifications.  —  Dans  la  6 e  et  dans  la  5 e ,  on  donnera,  pendant  le  semestre
d’été,  la  description  de  quelques  plantes,  on  les  divisera  en  groupes  naturels
d’après  leurs  analogies.  Description  des  organes  des  plantes.
En  zoologie  (hiver),  description  d’animaux.
En  4°.  Botanique  (été).  Description  des  principaux  organes  des  plantes  et  de
leurs  fonctions.  Application  du  système  de  Linnée  à  la  détermination  des
espèces.
Indication  du  classement  en  familles  naturelles.
Zoologie  (hiver),  organes  des  animaux.
Du  règne  animal,  d’après  Cuvier.
3 e .  Botanique,  répétition,  fragments  du  système  naturel  de  Jussieu.
(En  hiver.)  Minéralogie.  Description  de  quelques  minéraux.
2 e  et  i ie .  Minéralogie  et  géognosie.
§  87.
Mathématiques,  calcul.  —  S’attacher  à  une  connaissance  approfondie  des
mathématiques  élémentaires.  En  outre,  en  algèbre,  on  donnera  des  méthodes
pratiques  pour  la  résolution  des  équations  d’un  degré  supérieur,  et  on  ira  jusqu’au ­
  binôme  de  Newton  inclusivement.
§90.
Dessin.  —  Dans  les  classes  supérieures,  on  fera  du  dessin  géométrique,  mis
en  rapport  le  plus  possible  avec  l’enseignement  mathématique.  Le  dessin  topographique, ­
  architectural,  celui  des  machines,  ne  sont  pas  à  leur  place  dans  les
écoles  réelles.  Dans  les  classes  inférieures  on  ne  fait  que  du  dessin  à  main  levée,
on  emploiera  de  préférence  la  méthode  de  Peter  Schmitd  ou  celle  de  Dupuis.
        <pb n="206" />
        26.

—  203  —

§93.
Calligraphie.  —  Dans  les  classes  supérieures  les  professeurs  insisteront  sur
l’utilité  d’une  belle  écriture.

§94.
Chant.  —  Tous  les  élèves  sont  tenus  d’assister  aux  leçons  de  chant.
Les  élèves  cpii  font  partie  des  chœurs  ont,  en  outre,  deux  heures  de  chants
d’ensemble.
§95.
GYMNASTIQUE.

TABLEAU  DU  NOMBRE  D’HEURES  CONSACREES  PAR  SEMAINE  AUX  DIVERS  ENSEIGNEMENTS.

Religion
Allemand
Latin
Français
Anglais
Géographie
Histoire
Histoire  naturelle.
Physique
Chimie
Calcul
Algèbre
Mathématiques  .  .
Dessin
Calligraphie.  ...
Chant

Gymnastique.

CLASSE.

2 e
CLASSE.

CLASSE.

4 e
CLASSE.

heures.

CLASSE.

6*
CLASSE.

97.

Modification  de  ce  plan  d’études.  —  il  ne  sera  admis  aucun  changement  dans  les
prescriptions  générales  indiquées  précédemment,  mais  seulement  dans  la  répar
tition  des  études  et  le  nombre  d’heures  par  semaine,  d’après  les  observations
motivées  des  professeurs,  du  directeur,  et  avec  l’approbation  du  ministère.
        <pb n="207" />
        —  204

$08.
Les  livres  employés  seront  mis  en  rapport  avec  cet  enseignement,  surtout
pour  l’histoire,  la  géographie,  les  mathématiques,  la  physique.  Ces  livres  devront
être  autorisés  par  le  ministèré,  qui  jugera  sur  un  exemplaire  ou  un  manuscrit
qui  lui  sera  remis.
CHAPITRE  VI.
EXAMENS  DE  MATURITÉ.
$09.
Après  la  fin  des  études  à  l’école  réelle,  on  procède  à  un  examen  de  maturité; ­
  mais  les  écoles  seules  qui  en  auront  reçu  l’autorisation  expresse  du  ministère ­
  de  l’instruction  publique  et  des  cultes  pourront  organiser  de  pareils  examens. ­

$  100.
La  commission  d’examen  sera  composée  du  directeur,  de  tous  les  professeurs ­
  des  branches  sur  lesquelles  roulera  l’examen,  surtout  des  professeurs  des
classes  supérieures,  et  elle  sera  présidée  par  un  commissaire  délégué  par  le
ministère  de  l’instruction  publique  et  des  cultes.
$  101  .
Pour  être  admis  à  cet  examen,  il  faut  et  il  suffit  que  l’élève  ait  suivi  les
cours  de  la  classe  supérieure  d’une  école  réelle,  et  qu’il  fasse  sa  demande  d’admission ­
  au  directeur.
Les  élèves  des  autres  établissements  doivent  produire  des  attestations  d’après
lesquelles  on  juge  si  l’on  doit  les  admettre  ou  non  à  l’examen.  Les  jeunes  gens
qui  ont  reçu  un  enseignement  privé  ne  sont  astreints  qu’à  fournir  un  témoignage
d’application.
Les  élèves  de  l’école  même  ne  payent  rien  pour  ces  examens,  les  étrangers
payent  6  thalers,  soit  qu’ils  réussissent,  soit  qu’ils  échouent.
$102.
Les  examens  se  font  à  la  fin  de  l’année;  les  jours  doivent  être  indiqués  à
l’avance  par  le  directeur  à  l’autorité.
$  103  et  104.
L’examen  se  compose  d’épreuves  écrites  et  d’épreuves  orales.
Les  épreuves  écrites,  qui  sont  les  premières,  consistent  en  :
i°  Une  composition  en  langue  allemande;
        <pb n="208" />
        2°  Une  composition  en  langue  française;
3°  Une  traduction  d’allemand  en  anglais;
4°  Une  traduction  d’allemand  en  latin  ;
5°  Un  problème  de  quadrature  et  de  cuba  turc;
6°  Un  problème  de  trigonométrie;
7°  Un  problème  d  algèbre;
8°  Un  problème  de  physique.
Les  sujets  de  composition  et  les  problèmes  sont  choisis  parle  directeur,  quand
celui-ci  est  en  même  temps  le  professeur  de  la  classe  supérieure;  sinon,  le
professeur  de  cette  classe  soumet  au  choix  du  directeur  trois  sujets  ou  problèmes ­
  sur  chaque  matière.
Le  sujet  de  composition  allemande  est  donné  huit  jours  à  l’avance.  Les  élèves
restent  libres,  mais  doivent  attester,  avec  une  poignée  de  main,  au  directeur,  que
la  composition  est  leur  ouvrage  propre.  Pour  toutes  les  autres  épreuves,  les
élèves  doivent  les  passer  dans  l’établissement,  sous  la  surveillance  non  interrompue ­
  d’un  professeur;  ils  ont  quatre  heures  par  épreuve,  et  le  professeur
note  en  combien  de  temps  l’épreuve  a  été  exécutée.  Les  épreuves  sont  ensuite
corrigées  et  cotées  par  les  professeurs  respectifs,  puis  soumises  au  directeur  et
«ï  l’ensemble  des  professeurs.
Les  candidats  étrangers  ;'i  l’école  ont,  en  outre,  encore  à  subir  une  épreuve
sur  le  dessin,  une  autre  sur  la  calligraphie  et  une  troisième  ,  qui  est  facultative,
sur  la  gymnastique.
$105.
L’examen  oral  a  lieu  simultanément  pour  tous  les  candidats;  il  dure  une
journée  au  plus,  suivant  leur  nombre  :  cet  examen  n  est  pas  public.
L’examen  terminé,  on  discute  les  notes  qui  sont  :
ï  Excellent;
2  Bien  ;
3  Suffisant;
Avec  les  deux  notes  intermédiaires  de  très-bien  entre  i  et  2  et  de  assez  bien
entre  2  et  3.
$107.
On  donne  ici,  d’ailleurs,  un  modèle  de  certificat  de  maturité.
X*“,  né  à  élève  de  l’École  réelle  sous-désignée.  depuis
jusqu’à  a,  dans  l’examen  passé  à  Pâques
conformément  au  règlement  du  2  juillet  i860,  obtenu  les  notes
suivantes  :
Connaissance  de  la  religion
        <pb n="209" />
        206  -

Langue  allemande
Langue  latine
Langue  française
Langue  anglaise
Géographie
Histoire
Botanique
Zoologie
Minéralogie
Physique
Chimie
Planimétrie  et  stéréométrie
Trigonometrie  ;
Algèbre
Arithmétique  et  calcul
En  fait  de  connaissances  complémentaires,  il  a  obtenu  la  note  suivante  :
Dessin
Calligraphie
Gymnastique,  il  a  suivi  les  cours  avec
Í  toujours  exempte  de  blâme.
Sa  conduite  fut  }  quelquefois  blâmable.
I  souvent  blâmable.
Ecole  réelle  de  le
Le  Commissaire  royal,  Le  Directeur,
Les  Professeurs,
§  108.
On  publiera  plus  tard,  après  s’être  concerté  avec  les  autres  ministères,  à
quels  privilèges  la  possession  d’un  de  ces  certificats  de  maturité  peut  permettre
de  prétendre.
§  109.
Si  le  candidat  échoue,  il  peut  encore  redoubler  une  année  dans  1  etablissement; ­
  mais,  s’il  échoue  une  seconde  fois,  il  ne  peut  plus  se  présenter.
§  no.  •
Toute  fraude  dans  les  examens  est  punie  d’exclusion  des  épreuves  subséquentes ­
  pour  la  même  session,  et  si  la  fraude  ne  se  découvre  qu’après  que  le
certificat  a  été  accordé,  il  est  retiré,  et  l’ancien  professeur  de  l’élève  est  obligé
de  lui  faire  passer  un  nouvel  examen.
On  fera  connaître  ces  dispositions  aux  candidats  avant  de  commencer  les
épreuves.
        <pb n="210" />
        ÉCOLE  RÉELLE  DE  NEUSTADT.

Cette  école  est  du  nombre  de  celles  qui  ont  obtenu  le  droit  de  faire  passer
des  examens  de  maturité  (9  mars  1862).
Le  recteur  est  le  professeur  principal  de  la  première  classe,  et  le  vice-recteur
de  la  deuxième.
11  y  a  dix-sept  professeurs.

On  compte  dans  la  i re  classe  22  élèves.
2 e  34
3 e  60
4 e  79
5 e  69
6 e  49

Total.  313  élèves.
Aux  examens  de  mars  1863,  onze  élèves  ont  reçu  le  certificat  de  maturité.
Les  épreuves  écrites  ont  eu  pour  objet  :
En  allemand,  La  bénédiction  et  (a  malédiction  de  Varient.
En  français,  Esquisse  de  la  guerre  de  Sept-Ans.
Plus,  un  thème  anglais  et  latin.
Physique.  —  De  l’effet  et  de  l’usage  des  lentilles.
Mathématiques.  —  I  ;  De  trois  points  placés  sur  une  même  droite,  l’un,  le
point  A,  se  trouve  à  des  distances  (a)  et  (b)  des  deux  autres;  trouver  la  ligne
décrite  par  ce  point  A,  se  mouvant  dans  un  plan  de  façon  que  le  rapport  de
ses  distances  aux  deux  autres  points  soit  constant.
Il  ;  Inscrire,  dans  une  sphère  de  rayon  donné,  une  pyramide  à  base  carrée
et  dont  les  arêtes  latérales  sont  de  longueur  double  de  celles  de  la  base.  Calculer ­
  i°  le  volume  de  cette  pyramide;  2 0  le  volume  du  segment  de  sphère
détaché  par  le  prolongement  du  plan  de  la  base  ;
III;  Résoudre  l’équation  :  ,r 4 —3  x 2  —  àa  x=  ào;
IV;  Le  périmètre  d’un  triangle  est  de  620  pieds,  un  des  angles  A  =  54°
9'  18",  l’autre  angle  B  =  36°  35'  4%",  calculer  chacun  des  côtés.
INSTITUT  POLYTECHNIQUE  DE  DRESDE.
Cet  établissement,  fondé  en  1828,  a  subi,  dans  son  organisation  et  dans  son
enseignement,  des  modifications  successives  en  1882  et  1  855,  époque  à  laquelle
        <pb n="211" />
        —  208  —
il  a  été  définitivement  constitué  sur  son  pied  actuel,  et  enfin  un  décret  du
3  i  juillet  i  8(33  en  a  réglé  les  études  comme  on  va  l’indiquer.
il  a  pour  but  de  former  des  ingénieurs  pour  le  service  de  l'État,  des  ingénieurs ­
  mécaniciens,  des  chefs  et  des  directeurs  de  fabriques,  et  des  professeursdestinés
  à  l’enseignement  des  sciences.
Les  élèves  sont  répartis  en  quatre  divisions  spéciales  correspondant  à  la
direction  qu’ils  se  proposent  de  suivre  et  qui  sont  :
La  division  A,  des  élèves  qui  se  destinent  à  devenir  chefs  de  fabriques,  directeurs ­
  d’usines,  ingénieurs  mécaniciens  ou  professeurs  de  mécanique;
La  division  B,  des  élèves  ingénieurs  de  routes,  de  chemins  de  fer,  des  ponts,
de  travaux  hydrauliques  et  du  cadastre  ;
La  division  C,  des  fabricants  ou  des  directeurs  de  fabriques  où  les  arts  chimiques ­
  prédominent  ;
La  division  D,  des  élèves  qui  se  destinent  à  l’enseignement  des  mathématiques, ­
  de  l’histoire  naturelle  et  des  connaissances  techniques.
L’on  voit,  par  cette  classification  des  élèves,  que  l’institut  polytechnique  de
Dresde,  outre  la  mission  de  préparer  des  ingénieurs  pour  les  besoins  de  l’État
et  de  f  industrie  du  pays,  a  aussi  celle  de  former  des  professeurs,  et  offre  ainsi
le  double  caractère  d’une  école  technique  et  d’une  école  normale  pour  ce  genre
d’enseignement.  Cette  dernière  attribution  nous  paraît  d’autant  plus  convenable.
que  ces  futurs  professeurs,  formés  par  des  maîtres  qui  traitent  eux-mêmes  de
l’application  des  sciences  aux  arts  et  à  l’industrie,  se  pénètrent  plus  facilement
des  conditions  spéciales  de  ce  genre  d’enseignement,  que  ceux  qui  reçoivent,
dans  les  universités,  une  instruction  plus  profonde  peut-être,  mais  qui,  par
cela  même,  sont  trop  souvent  portés  à  employer  des  méthodes  d’un  ordre
scientifique  trop  élevé  pour  le  plus  grand  nombre  des  élèves,  ou  qui  oblige
ceux-ci  à  consacrer  à  ces  éludes  plus  de  temps  qu’il  ne  serait  nécessaire.
D’après  la  nouvelle  organisation  de  i  863,  l’enseignement  est  divisé  en  cours
généraux  et  cours  spéciaux.  Les  premiers  comprennent  trois  semestres  d’études
commençant  à  Pâques,  les  seconds  durent  trois  ans.
Les  cours  généraux  comprennent  l’étude  des  matières  suivantes  :

PREMIER  SEMESTRE.
happe!  des  mathématiques  élémentaires.
Trigonométrie  sphérique.
Physique  et  chimie  générales.
Projections.  Dessin  de  plans.
Littérature  et  langue  allemande.

DEUXIÈME  ET  TROISIÈME  SEMESTRE.
Géométrie  analytique.  Mécanique.
Chimie  générale.  Physique.
Constructions  et  dessins  de  constructions
Projections  et  perspective.
Arpentage  et  dessin  de  plans.
Littérature  et  langue  allemandes.
        <pb n="212" />
        :

:

2 7

—  209  -
Pour  être  admis  à  ces  cours  généraux,  il  faut  avoir  obtenu  un  certificat  satisfaisant ­
  de  l’une  des  écoles  réelles  du  royaume,  ou  d’une  classe  de  troisième  de
l’école  industrielle  de  Chemnitz.
Les  candidats  qui  ne  sont  pas  munis  de  ce  certificat  devront  justifier
qu’ils  ont  atteint  l’âge  de  16  ans,  et  subir  un  examen  pour  prouver  qu’ils
ont  l’instruction  suffisante.  Cependant  on  admet  aussi,  à  titre  provisoire  et
pour  un  semestre,  des  élèves  qui  ne  satisfont  pas  complètement  à  ces  conditions. ­


COURS  DK  PREMIÈRE  ANNÉE.

Division  A.  —  Mécaniciens,  etc.
Mathématiques  supérieures.
Mécanique  générale.
Mécanique  spéciale.
Composition  et  projets  de  machines.
Mécanique  technique.  Matériaux.
Minéralogie.  Connaissance  des  pierres.
Dessin  d’architecture.
Histoire  de  la  littérature.
Division  B.  —  Ingénieurs  des  routes,  etc.
Malhématiques  supérieures.
Mécanique  générale.
Mécanique  technologique.
Minéralogie  et  connaissance  des  pierres.
Métrage  des  travaux.
Arpentage  et  dessin  topographique.
Détails  des  constructions.
Dessin  d  architecture.
Histoire  de  la  littérature.

Division  C.  —  Arts  et  industries  chimiques.
Mathématiques  supérieures.
Mécanique  générale.
Mécanique  technologique.
Minéralogie  et  connaissance  des  pierres.
Chimie  technologique.
Chimie  théorique.
Manipulations  chimiques.
Dessin  d’architecture.
Histoire  de  la  littérature.
Division  D.  —  Professeurs.
Mathématiques  supérieures.
Mécanique  générale.
Mécanique  technologique.
Minéralogie  et  connaissance  des  pierres.
Métrage.
Chimie  théorique.
Manipulations  chimiques.
Histoire  de  la  littérature.

Nota.  Le  cours  de  mathématiques  supérieures  n’est  obligatoire  que  pour  les
élèves  qui  ont  l’intention  de  suivre  plus  tard  les  cours  spéciaux  de  deuxième  et
de  troisième  année.
L’on  pourrait  même  faire  remarquer  que  les  élèves  qui  se  destinent  aux  arts
chimiques  devraient  aussi  en  .être  dispensés.
En  général,  il  semble  que  les  mathématiques  supérieures  et  la  mécanique
générale  pourraient,  être  avantageusement  remplacées  par  des  notions  plus
simples  et  tout  aussi  rigoureuses.
Après  la  première  année  d’études,  les  élèves  de  la  division  A  (des  mécaniciens)
  sont  engagés  à  aller  passer  deux  ans  dans  un  atelier  pour  y  faire  un  ap-
        <pb n="213" />
        210

prentissage  comme  ouvriers,  s’ils  ne  l’ont  pas  fait  avant  leur  entrée  à  l’institut.
Ils  doivent  ensuite  revenir  continuer  leurs  études  de  deuxième  et  de  troisième
année.
Mais,  en  réalité,  il  n’en  revient  qu’un  petit  nombre.  Les  uns  ont  oublié  en
partie,  les  autres  se  contentent  de  ce  qu’ils  ont  appris  pendant  la  première
année,  et  c’est  un  motif  de  plus  pour  regretter  que  l’enseignement  des  mathématiques ­
  et  de  la  mécanique  ne  soit  pas  plus  élémentaire  pendant  cette
année.  Il  convient  cependant  d’ajouter  que  les  élèves  qui,  après  deux  années
de  séjour  dans  les  ateliers,  ont  l’énergie  de  revenir  se  placer  sur  les  bancs  de
l’école,  font  preuve  d’une  vocation  et  d’une  volonté  fermes,  et  que  préparés  ainsi
par  des  éludes  théoriques  et  pratiques,  ils  ne  peuvent  manquer  de  devenir  des
ingénieurs  distingués.  Ce  qui  arrive  à  l’école  centrale  de  Paris  pour  les  élèves
des  écoles  des  arts  et  métiers  qui  y  entrent,  fournit  la  preuve  de  l’exactitude
de  cette  conclusion.

COURS  DE  DEUXIÈME  ANNÉE.
Pendant  le  mois  de  septembre  qui  précède  la  rentrée  des  vacances  ,  les
élèves  de  la  division  A  (mécaniciens)  doivent  visiter  des  ateliers  et  se  familiariser
avec  le  service  des  machines  à  vapeur  et  autres;  ceux  de  la  division  B  (ingénieurs) ­
  exécutent  des  levés  topographiques  et  autres.
Ce  travail  pour  l’année  i  863-6/i  a  été  exécuté  à  la  planchette  par  dix  brigades ­
  de  trois  ou  quatre  élèves  chacune,  qui  ont  fait  le  levé  et  le  nivellement,
avec  profil  développé,  d’un  tracé  projeté  de  chemin  de  fer  partant  de  Dresde  et
*  dirigé  vers  les  montagnes.
Les  matières  d’enseignement  de  cette  deuxième  année  sont  réparties  de  la
manière  suivante  :
Division  A.  —  Mécaniciens.
Mécanique  analytique.
Résistance  des  matériaux.  Hydraulique.
Etudes  des  machines.
Projet  de  machine.
Mécanique  technologique,  ülalure,  lissage.
Histoire  de  la  littérature.
Division  B.  —  Ingénieurs  des  routes.
Mécanique  analytique.
Résistance  des  matériaux.  Hydraulique.
Routes,  chemins  de  fer,  constructions  hydrauliques. ­


Projet  de  bâtiment.
Métrages.
Dessin  topographique.
Géognosie.
Histoire  de  la  littérature.
Division  C.  —  Chimistes.
Chimie  technique.
Chimie  théorique  (éléments).
Manipulations  chimiques.
Géognosie.
Mécanique  technologique.
Histoire  de  la  littérature.
        <pb n="214" />
        2 7-

—  211

Division  D.  —  Professeurs.

Mécanique  analytique.
Résistance  des  matériaux  hydrauliques.
Métrages.
(iéognosié.

Chimie  théorique.
Manipulations  chimiques.
Expériences  de  physique.
Histoire  de  la  littérature.

COURS  DK
Division  A.  —  Mécaniciens.
Mathématiques  supérieures.
Elude  des  machines.
Projets  de  machines  et  d’usines,
i  héorie  de  la  chaleur.
Mécanique  technologique.
Moulins  à  blé.  Papeterie,  etc.
Economie  politique.
Notions  de  philosophie.
Division  B.  —  Ingénieurs  des  routes.
Mathématiques  supérieures.
Théorie  de  l’électricité.
Construction  des  ponts.
Projets  de  travaux  d’art.
Métrages.
Travaux  de  roule.
Economie  politique.
Notions  de  philosophie.

TROISIÈME  ANNÉE.
Division  C.  —  Chimistes.
Chimie  technique.
Chimie  théorique  (éléments).
Manipulations  chimiques.
Mécanique  technologique.
Economie  politique.
Notions  de  philosophie.
Division  D.  —  Professeurs.
Mathématiques  supérieures.
Exercices  de  mathématiques.
Théorie  de  la  chaleur.
Théorie  de  T  électricité.
Manipulations  chimiques.
Métrages.
Chimie  théorique.
Eludes  de  chimie  pratique.
Economie  politique.
Notions  de  philosophie.

Pendant  le  mois  de  septembre  qui  précède  la  rentrée  en  troisième  année
après  les  vacances,  les  élèves  de  la  division  A  (des  mécaniciens)  doivent  visiter
des  usines,  dont  on  leur  facilite  l’entrée,  et  les  élèves  de  la  division  B  (des  ingénieurs) ­
  doivent  lever  des  plans.
Observation.—  Il  est  à  regretter  que,  pendant  les  vacances,  les  élèves  mécaniciens ­
  ne  soient  pas  obligés  de  faire  des  levés  d’usines  avec  croquis,  dessins  et
mémoires,  comme  les  élèves  de  l’école  de  Metz  et  ceux  de  l’école  des  mines.
C’est  un  exercice  excellent,  qui  prépare  très-bien  à  la  rédaction  des  projets.
Outre  les  cours  obligatoires  pour  chaque  division  spéciale,  il  y  en  a  de  facultatifs, ­
  où  I  on  traite  de  la  législation,  des  appareils  de  chauffage,  de  la  tenue  des
livres,  des  règles  de  commerce  et  de  change,  de  la  sténographie  et  des  langues
française  cl  anglaise.
Travaux  pratiques.  —  Les  projets  rédigés  par  les  eleves  pour  les  usines  ou
pour  les  constructions  du  service  des  ponts  et  chaussées  sont  étudiés  avec  soin,
        <pb n="215" />
        et  les  mémoires  â  l’appui  prouvent  que  les  dimensions  des  pièces  principales
ont  été  calculées.
Laboratoire.  —  Le  laboratoire  de  chimie,  quoique  un  peu  petit,  est  bien  disposé ­
  pour  recevoir  vingt-cinq  ou  trente  élèves.
Collections.  —  Les  collections  de  modèles  divers  sont  riches  et  nombreuses.
Des  modèles  de  machines,  de  ponts,  de  charpentes,  d’écluses,  de  métiers,  et
des  échantillons  de  matières  premières,  de  produits  divers,  de  minéralogie,  etc.
sont  à  la  disposition  des  professeurs  pour  leur  enseignement.
Des  dessins  au  trait,  simples  et  clairs,  sont  aussi  d’un  grand  secours  pour  les
élèves.
Les  principaux  journaux  ou  recueils  périodiques  qui  traitent  des  sciences
sont  mis  pendant  trois  mois  à  la  disposition  des  professeurs,  et  passent  ensuite
à  la  bibliothèque,  qui  possède  huit  à  dix  mille  volumes.
Dessin.  —  Le  dessin  linéaire,  quoique  exact  dans  le  tracé,  laisse  un  peu  à  désirer ­
  quant  à  la  finesse  et  à  la  pureté  du  trait,  mais  le  choix  des  objets  à  dessiner
nous  a  paru  fait  avec  beaucoup  de  discernement.
Certificats  et  examens.  —  A  la  fin  de  chaque  semestre  pour  les  cours  générau  x,
et  de  chaque  année  pour  les  divisions  spéciales,  il  est  délivré  aux  élèves  des  certificats ­
  qui  sont  le  résultat  des  notes  et  de  l’appréciation  de  leurs  travaux.
Ceux  qui  ont  terminé  les  trois  années  d’études  des  divisions  A  (mécaniciens)
et  B  (ingénieurs)  peuvent  subir  un  examen  de  maturité  à  la  suite  duquel  il  leur
est  délivré,  s'il  est  satisfaisant,  un  certificat  de  maturité  qui  les  autorise  à  se
présenter  aux  examens  d  admission  dans  les  services  publics  prescrits  dans  le
décret  royal  eu  date  du  ‘ilx  décembre  i85i.  (Voir  plus  loin  ce  décret.)
Pour  les  élèves  de  la  division  I)  (professeurs),  le  certificat  de  maturité  dispense ­
  des  examens  sur  les  sciences  mathématiques,  sur  l’histoire  naturelle  et
meme  sur  le  grec,  exigés  aux  universités  pour  être  admis  comme  professeurs  de
mathématiques.
\ombre  des  élèves.  —  \  Pâques  »  863,  il  y  avait  à  l’Institut  polytechnique  de

Dresde  :
Aux  cours  généraux  97  élèves.
/  de  1”année  ....  47
Aux  cours  spéciaux  A,  B,  C,  D,  j  de  2 6  année  36
(  de  3'  année  29
Y  l’école  de  modelage  annexée  15
Aux  divers  cours  facultatifs  17
        <pb n="216" />
        —  213  —
On  admet  aussi,  pour  des  cours  séparés,  des  auditeurs  libres.
Les  élèves  entrent  ordinairement  à  l’institut  polytechnique  à  l’àge  de  16  à
i  8  ans.  Les  nationaux  payent  une  rétribution  scolaire  de  /io  thalers  (i  5o  francs),
et  les  étrangers  6o  thalers  (29.5  francs).
Le  budget  total  de  l’institut  s’élève  à  ooooo  thalers  (i  12600  francs),  dont
loooo  environ  sont  fournis  par  la  rétribution  scolaire,  et  les  20000  restant
par  l  État.
Les  conditions  d’admission  aux  cours  généraux  sont  un  certificat  de  satisfaction ­
  délivré  dans  une  école  réelle  ou  à  la  sortie  de  la  troisième  classe  de  l’école
de  Chemnitz.
L’institut  compte  28  professeurs,  dont  les  traitements  varient  de  000  à
à  2  000  thalers  (1876  â  7000  francs),  selon  l’importance  de  leurs  cours  et  la
durée  des  services.

ÉCOLE  DE  DESSIN  ET  DE  MODELAGE.
Celte  école  est  une  annexe  de  l’institut  polytechnique  de  Dresde,  mais  elle
est  établie  dans  un  local  séparé.  Elle  est  placée  sous  la  direction  d’un  artiste,  qui
a  séjourné  plusieurs  années  à  Paris,  et  qui  suit  la  méthode  de  feu  M.  Dupuis,  il
commence  par  faire  dessiner  de  simples  pièces  de  bois  isolées  ou  réunies;  puis
des  solides  géométriques,  des  reliefs  moulés,  variés,  la  bosse,  et  enfin  d’après
nature;  puis  il  fait  passer  les  élèves  au  modelage  en  terre  et  en  plâtre.  Les
élèves  de  cette  école,  qui  se  sont  occupés  du  modelage  avec  succès,  trouvent
assez  facilement  de  l’emploi  dans  les  fonderies  de  fonte  ou  de  bronze,  ou  pour
fournir  des  modèles  aux  sculpteurs  en  bois  ou  en  pierre.  Il  n’en  est  pas  de
même  de  ceux  qui  ont  cultivé  le  dessin  sur  étoffes.
Cette  école  possède  une  bonne  collection  de  modèles  en  plâtre  de  tous
genres.

Décret  du  24  décembre  1851  (Ministère  de  l’intérieur  et  des  financesJ  sur  les  examens
pour  l'admission  des  ingénieurs  aux  services  publics.
$  1 er .
L  admission  des  ingénieurs  au  service  de  l’Etat  (sauf  les  exceptions  des  paragraphes ­
  1  9  et  20,  et  les  cas  particuliers  où  les  ministères  respectifs  en  disposent
autrement)  pour  les  services  référés  au  paragraphe  2  sera,  a  partir  du  1  janvier ­
  1862,  soumise  au  règlement  suivant.  (On  doit  faire  remarquer  que  de
bons  examens  ne  constituent  pas  un  droit,  mais  seulement  une  aptitude  à  être
employé  par  l’État.)
        <pb n="217" />
        Les  services  auxquels  cet  exaiuen  rend  admissible,  sont  ceux  de  la  géodésie,
des  ponts  et  chaussées,  des  chemins  de  fer,  des  travaux  hydrauliques,  du  matériel ­
  pour  les  routes  ou  les  chemins  de  fer  et  d’exploitation  de  chemins  de  felpar ­
  l’Etat,  des  télégraphes,  des  constructions  publiques.
§  3.
L’examen  est  passé  devant  une  commission  composée  d’un  délégué  du  ministère ­
  de  l’intérieur  et  des  finances,  et  de  dix  membres  spéciaux  nommés  palees ­
  ministères.  Elle  porte  le  nom  de  Commission  royale  d’examen  pour  les  ingénieurs ­
  de  l’Etat,  et  a  son  siège  à  Dresde.
La  présidence  appartient  au  fonctionnaire  le  plus  élevé  et,  à  rang  égal,  au
plus  âgé.
$  4.
Tout  individu  qui  désire  se  soumettre  aux  épreuves  d’admission  à  un  des
services  indiqués  au  paragraphe  2  devra  s’adresser  à  la  commission  et  justifier
des  conditions  suivantes  :
S  5.
Présenter  un  certificat  constatant  que  l’impétrant  possède  toutes  les  connaissances ­
  techniques  et  scientifiques  exigées  au  paragraphe  6.
Prouver  qu’il  a  pratiqué  pendant  huit  ans  au  moins,  avec  succès,  la  branche
pour  laquelle  il  a  l’intention  de  se  présenter  à  l’examen.
§  G.
Justifier  qu’il  possède  un  ensemble  de  connaissances  scientifiques  dans  Je
genre  de  celles  qui  sont  comprises  dans  le  programme  des  cours  supérieurs  de
l’école  polytechnique  de  Dresde;  savoir  suffisamment  l’anglais  et  le  français
ou  l’une  de  ces  deux  langues  au  moins,  pour  comprendre  les  ouvrages  techniques ­
  écrits  dans  l’une  ou  l’autre  de  ces  langues.
Qu’il  connaît  en  outre  :
i°  Pour  la  géodésie  :
L’analyse  supérieure,  la  mécanique  analytique,  la  physique  supérieure,  la
géodésie  théorique  et  pratique,  le  dessin  topographique,  l’astronomie.
2 0  Pour  les  ponts  et  chaussées  :
L’analyse  supérieure,  la  mécanique  analytique,  la  physique  supérieure,  la
géodésie  théorique  et  pratique,  la  géognosie  et  la  géologie,  la  construction  des
routes  et  des  chemins  de  fer,  les  constructions  hydrauliques,  l’établissement
        <pb n="218" />
        —  215  —
du  projet  d’un  pont,  d’une  construction  hydraulique,  d’un  chemin  de  1er,  d’une
route.
3°  Pour  les  machines  :
L’analyse  supérieure,  la  mécanique  analytique,  la  physique  supérieure,  la
théorie  des  moteurs.
/i°  Pour  les  constructions  :
L’analyse  supérieure,  la  mécanique  analytique,  la  physique  supérieure,  l’histoire ­
  et  l’esthétique  de  l’architecture,  présenter  des  projets  architectoniques.
g  7.
Le  temps  pendant  lequel  le  candidat  a  pratiqué  n’a  pas  besoin  de  représenter
trois  années  consécutives  de  pratique,  il  suffît  que  l’ensemble  de  ce  temps  fasse
trois  ans.
5  9.
L’examen  se  compose  d’abord  d’une  composition  graphique,  dans  l’exécution
de  laquelle  plusieurs  des  sciences  énumérées  trouveront  leur  application.  Le
mémoire  joint  au  dessin  fera  également  juger  de  la  façon  dont  le  candidat
connaît  les  ressources  de  sa  langue.
$  10.
fous  les  secours  littéraires  sont  à  la  disposition  du  candidat  pendant  ses
épreuves,  mais  il  doit  s’interdire  toute  autre  espèce  d’aide;  s’il  contrevenait  à
cette  recommandation,  il  serait  renvoyé  sans  pouvoir  jamais  se  représenter.  Le
lieu  où  il  travaille  doit  toujours  être  accessible  aux  membres  de  la  commission.
S  11.
A  la  suite  des  épreuves  graphiques  vient  un  examen  oral,  qui  consiste  en  ce
que  le  candidat  doit  soutenir  une  discussion  sur  son  travail  et  répondre  à  toutes
les  questions  soulevées  par  son  examen  approfondi.
11  a,  en  outre,  à  répondre  aux  questions  qu’on  peut  lui  adresser  sur  les
branches  de  l’administration  publique,  sur  les  décrets  et  les  lois  les  plus  importantes, ­
  ainsi  que  sur  l’organisation  de  (’administration.
$  12.
Les  autres  candidats  et  les  personnes  qui  cultivent  la  même  profession
peuvent  assister  aux  examens,  en  se  procurant  des  cartes  d’entrée.
S  13.
Si  les  épreuves  écrites  sont  trop  insuffisantes,  on  peut  interdire  au  candidat
l’admission  aux  épreuves  orales.
        <pb n="219" />
        Le  résultat  de  l’examen  est  établi  par  la  commission  et  elle  en  dresse  un
procès-verbal.
S  15.
Le  candidat  refusé  peut  se  présenter  encore  une  fois  après  une  année
écoulée.
§  16.

Le  candidat  admis  reçoit  un  certificat.  Ce  certificat  ne  contient  en  général
pas  d’appréciation  spéciale  de  mérite;  néanmoins,  la  commission  a  le  droit  d’y
ajouter  toutes  les  notes  permettant  de  juger  de  l’aptitude  spéciale  de  la  personne ­
  examinée,  qui  peut,  de  son  côté,  demander  un  extrait  du  procès-verbal
d’examen.
$  17.

En  outre,  le  candidat  admis  a  le  droit  de  prendre,  suivant  celle  des  quatre
spécialités  pour  laquelle  il  a  passé  son  examen,  le  titre  de  :
i°  Géomètre  à  diplôme  de  première  classe;
2°  Ingénieur  à  diplôme  des  ponts  et  chaussées;
3°  Ingénieur  civil  mécanicien  h  diplôme;
4°  Architecte  à  diplôme;
Et  de  se  faire  délivrer  un  diplôme  correspondant  par  le  ministère  de  l’intérieur ­
  et  des  finances.
§  18.
Le  prix  de  l’épreuve  et  du  diplôme  est,  en  tout,  de  io  thalers  (3?  fr.  5o).
S  19.

Ceux  qui  ne  veulent  entrer  que  comme  aides,  élèves  ou  volontaires  dans  les
services  référés  au  paragraphe  2  ,  n’ont  pas  besoin  de  se  soumettre  à  l’épreuve
du  paragraphe  8  ;  mais  il  suffit  qu’ils  remplissent  les  conditions  du  paragraphe  5.
$20.
Quant  à  la  nomination  aux  emplois  techniques  d’un  rang  encore  inférieur,
comme  ceux  de  chefs  cantonniers,  de  conducteurs  de  locomotives,  ces  dispositions ­
  ne  sont  en  aucune  façon  applicables.  On  se  réserve  de  prendre  des
mesures  particulières  pour  s’assurer  que  ces  personnes  ont  les  connaissances
voulues.
$  21.

Néanmoins,  les  employés  indiqués  aux  paragraphes  19  et  20  peuvent,  dans
        <pb n="220" />
        —  217  —
les  positions  inférieures  qu’ils  occupent,  se  présenter  à  l’examen  de  la  commission, ­
  et  leur  réussite  les  dispensera  d’examens  ultérieurs  quand  ils  passeront  à
des  fonctions  supérieures.
S  22.
L’examen  pour  le  diplôme  de  l’Etat  est  d’ailleurs  obligatoire  :
i°  Pour  l’admission  à  tous  les  services  de  l’Etat,  sauf  pour  les  rangs  mentionnés ­
  aux  articles  19  et  20;
2 0  Pour  toute  promotion  à  une  place  supérieure;
3°  Pour  passer  de  l’un  des  quatre  services  dans  l’autre.
Ceux  qui,  à  la  promulgation  du  présent  décret,  ont  trois  ans  de  service  pratique ­
  dans  l’un  des  emplois  paragraphe  19,  peuvent  obtenir  par  cela  même
le  certificat  mentionné  au  paragraphe  5.
S  23.
D’autres  exceptions  ne  pourront  être  autorisées  que  par  le  ministère  correspondant ­
  dans  chaque  cas  particulier.
Dresde,  24  décembre  1  851.
Ministère  de  l’intérieur  et  des  finances.
COORDINATION  DCS  ÉTABLISSEMENTS  D’ENSEIGNEMENT  EN  SAXE.
L  organisation  dont  nous  venons  de  faire  connaître  les  di  lier  cuts  éléments
constitue,  comme  on  peut  le  voir,  un  ensemble  complet  d’études,  où  chaque
catégorie  d’élèves  peut  trouver  le  degré  d’instruction  qui  lui  est  nécessaire.
Elle  se  compose,  en  elfet,  des  institutions  suivantes  pour  une  population  de
2128428  habitants.
2016  Ecoles  primaires,  ou  une  école  pour  io53  habitants.
2016  Ecoles  du  dimanche,  suite  des  écoles  primaires.
Ecoles  des  enfants  dans  les  fabriques.
6  Ecoles  de  maîtres  ouvriers.
ï  Ecoles  de  constructeurs,
i  Ecoles  de  bateliers  et  pilotes.
Ecoles  industrielles.
Ecoles  d’apprentissages  pour  les  lilies  (tissage,  broderies,  dentelles,  etc.).
Gymnases.
Ecoles  réelles.
1  Institut  polytechnique  et  son  école  spéciale  de  dessin.
Université  de  Leipzig.
L’on  comprend  facilement  qu’un  pays  où  l’instruction  est  ainsi  organisée  de
28
        <pb n="221" />
        manière  à  répondre  à  tous  les  besoins  de  l’activité  intellectuelle  ou  industrielle
et  dont  le  sol  fertile  contient  en  outre  de  grandes  richesses  minérales,  possède
tous  les  éléments  de  prospérité  désirables.
RÉPARTITION  DES  RESSOURCES  BUDGETAIRES.

Le  royaume  de  Saxe,  par  suite  des  conditions  heureuses  dans  lesquelles  il  se
trouve  placé,  exempt  de  la  nécessité  d’entretenir  une  armée  considérable,  et
jouissant,  depuis  cinquante  ans,  d’une  paix  profonde,  que  les  événements  de
1868  n’ont  troublée  que  passagèrement,  présente  le  spectacle  assez  rare  d’un
Etat  qui,  sans  négliger  aucun  des  progrès  que  réclament  les  besoins  modernes,
se  trouve,  grâce  à  une  sage  administration,  en  mesure  de  diminuer  les  impôts
tout  en  augmentant  les  traitements  des  fonctionnaires  publics.
Le  budget  total  de  l’Etat  s’élève  à  îoôooooo  thalers  (89870000  francs);
sur  cette  somme  l’armée  dépense  2280000  thalers  (8/i3y5oo  francs)  ou
0,2  16  du  budget  total,  et  l’instruction  publique  de  tous  les  degrés  892000
thalers  (1/170000  francs)  ou  0,087  environ.
Les  établissements  d’enseignement  de  tous  genres  et  les  dépenses  à  la
charge  de  l’Etat  qu’ils  occasionnent  sont  répartis  entre  les  trois  ministères
suivants  :

Ministère  de  l’instruction  publique.

Enseignement  primaire,  fonds  de  subvention
Ecoles  normales  d’instituteurs  et  d  institutrices
Sourds-muets
Gymnases  et  écoles  réelles
Universités

82000  tb.
58ooo
80000
5oooo
90000

280000  thalers.

Ministère  de  l’intérieur.

École  polytechnique..  .  .
Ecole  des  arts  et  métiers
Ecoles  spéciales
Beaux  arts

28000
16000
28000
21000

86000

Ecole  des  mines..
École  des  forêts...

Ministère  des  )manees.

1  3000
16000

26000

892000  thalers.
        <pb n="222" />
        RAPPORT  PARTICULIER

SUR  LES  ÉTABLISSEMENTS  D’ENSEIGNEMENT

DANS

L’EMPIRE  D’AUTRICHE.

I/enseignement  est  partagé  dans  cet  empire  en  quatre  divisions  principales
qui  sont  :
i°  Les  écoles  primaires  (  Volkschulen),  ou  écoles  élémentaires  inférieures  et
supérieures,  et  les  écoles  bourgeoises  (Bürgerschulen  )  auxquelles  il  faut  joindre
les  salles  d’asile,  les  asiles  des  sourds  et  muets,  ceux  des  aveugles,  les  orphelinats ­
  et  les  écoles  congréganistes  ainsi  que  les  écoles  normales  pour  les  instituteurs ­
  et  les  institutrices.
2°  Les  écoles  moyennes  ou  secondaires  (Mittelschulen),  pour  l’enseignement
des  lettres  et  des  sciences,  ou  de  l’industrie,  telles  que  les  gymnases  et  les
écoles  réelles.
3°  Les  écoles  supérieures  et  spécialement  les  universités  et  les  instituts  techniques; ­
  aux  premières  se  relient  les  enseignements  de  théologie,  les  écoles  de
droit,  les  écoles  de  chirurgie  et  d’accouchement,  où  l’on  donne  une  instruction
technique.
4°  Les  écoles  spéciales,  i 0  pour  le  service  militaire,  2°  pour  la  marine  militaire;
3"  pour  l’industrie  et  le  commerce  ainsi  que  pour  la  navigation;  /j°  les  écoles
d’agriculture,  des  forêts  et  des  mines;  5°  les  écoles  pour  le  développement  de
Part.  Dans  cette  même  catégorie  se  place  aussi  l’académie  des  orientalistes.
ÉCOLES  PRIMAIRES.
Elles  sont  généralement  destinées  aux  enfants  de  six  à  quinze  ans.
On  les  distingue  en  écoles  publiques  et  en  écoles  privées.  Les  premieres,  fondées ­
  et  dirigées  par  l’Etat,  peuvent  donner  des  certificats  d  etudes;les  secondes,
qui  ne  peuvent  être  établies  qu’avec  la  permission  de  1  Jetât,  dans  les  grandes
villes,  ont  besoin  d’une  autorisation  spéciale  pour  délivrer  ces  certificats.
Les  écoles  élémentaires  ou  primaires  sont  partagées  en  :
Ecoles  élémentaires  inférieures  et  comprenant  trois  classes;
        <pb n="223" />
        —  220  —
Ecoles  élémentaires  supérieures  ayant  quatre  classes;
Ecoles  bourgeoises  (jBürgerschulen)  ayant  six  à  sept  classes.
Les  premières  ne  donnent  que  celte  partie  de  l’enseignement  que,  d’après
les  règlements  de  l’État,  tout  enfant  doit  acquérir,  savoir  :  l’instruction  religieuse, ­
  la  lecture,  l’écriture,  le  calcul,  le  chant,  et  pour  les  filles  les  ouvrages
de  leur  sexe.  A  l’occasion  de  la  lecture,  on  doit  apprendre  aux  élèves  ce  qu’il
y  a  de  plus  important  sur  les  sciences  naturelles  et  sur  la  forme  du  globe  terrestre. ­

Comme  accessoires,  les  enfants  peuvent  apprendre,  suivant  la  contrée,  la
taille  des  arbres,  l’éducation  des  abeilles,  l’élève  des  vers  à  soie,  la  culture  jardinière, ­
  etc.
Les  lois  de  l’État  rendent  l’instruction  obligatoire  dans  ce  degré  de  l’enseignement. ­

Règlements  pom'  l’instruction  primaire.  —  On  trouve  dans  l’ouvrage  intitulé
Organisation  politique  des  écoles  primaires  allemandes  (1)  pour  les  provinces*allerna ­
  nd  es  ,  hongroises,  lombardes,  vénitiennes  et  dalmates  les  prescriptions  suivantes ­
  :
«Art.  30.  Tous  les  enfants,  garçons  ou  filles,  aisés  ou  pauvres  doivent  fré-«
  queuter  l’école,  depuis  l’âge  de  six  ans  jusqu’à  celui  de  douze  ans  accomplis.
«  Chaque  école  paroissiale  ou  communale  doit  tenir  un  état  exact  du  nombre
«de  ces  enfants,  basé  sur  les  registres  de  baptême.  L’instituteur  et  le  délégué
«  local  font  chaque  année,  aux  vacances  d’automne,  un  relevé  par  maison  et  par
«famille,  des  enfants  existants.
«Art.  310.  Le  Gouvernement,  tenant  beaucoup  à  ce  que  les  fabricants  ne
«  manquent  pas  de  bras  et  à  ce  que  les  parents  pauvres  ne  soient  pas  privés  du
«gain  légitime  que  leurs  enfants  peuvent  faire,mais  attachant  une  égale  impor-«
  tance  à  ce  que  les  enfants  ne  soient  pas  élevés  dans  une  grossière  ignorance,
«mère  de  tous  les  vices,  il  y  aura  lieu  de  prendre  des  mesures  convenables
«  pour  que  les  enfants  reçoivent  de  leur  directeur  spirituel  et  de  l’instituteur  i’en-«seignementindispensable,
  soit  le  soir,  soit  les  dimanches  et  jours  de  fête,
«  moyennant  une  indemnité  payée  par  les  fabricants  ou  par  les  parents.
«  On  veillera  à  ce  que  les  enfants  ne  soient  pas  admis,  sans  nécessité,  à  trail ­
  y  ailler  dans  les  fabriques  avant  l’âge  de  neuf  ans.
«  Dans  les  campagnes  les  directeurs  spirituels  et  les  instituteurs  devront  orga-«
  niser  un  enseignement  gratuit  les  dimanches  et  jours  de  fête,  pour  les  enfants
«  de  treize  à  quinze  ans.  »

(l)  Politische  Verfaltung  der  deutschen  Volkschulen.  Vienne  1847-
        <pb n="224" />
        —  221  —
Des  écoles  primaires  doivent  être  établies  partout  où  l’on  en  sentira  le  besoin.
Déjà  une  très-grande  partie  de  l’empire  est  complètement  pourvue  sous  ce  rapport; ­
  et  dans  d’autres  parties,  l’est  et  le  sud  surtout,  on  se  propose  d’établir
d’autres  écoles,  de  manière  à  pouvoir  rendre  l’instruction  réellement  obligatoire.
Les  écoles  primaires  supérieures  contiennent  et  complètent  les  écoles  inférieures; ­
  elles  enseignent  une  deuxième  langue  de  l’empire  ;  en  quelques  lieux
une  troisième  et  le  dessin.  Elles  sont  les  écoles  préparatoires  pour  les  écoles
moyennes.
Il  existe,  en  général,  dans  les  villes  de  plus  de  3ooo  âmes,  des  écoles  de  ce
genre,  sans  que  leur  fréquentation  soit  cependant  obligatoire.
L’école  bourgeoise  (Bürgerschule)  complète  se  compose  de  l’école  primaire
et  de  deux  et  fréquemment  de  trois  classes  réelles  pour  les  matières  dont  la
connaissance  est  nécessaire  pour  les  petites  industries  des  villes  et  des  campagnes.
Ces  classes  réelles  sont  organisées  comme  les  classes  inférieures  des  écoles  réelles
{heals  ch  alen)  et  se  rapprochent  pour  ce  motif  beaucoup  des  écoles  moyennes,
dont  elles  se  distinguent  cependant  parce  qu’elles  donnent  un  enseignement
moins  scientifique  et  ont  principalement  en  vue  les  applications  usuelles,
attendu  que  la  majorité  des  élèves  termine  ses  études  au  sortir  de  l’école  bourgeoise ­
  [Bürgerschule]  et  passe  dans  la  vie  pratique.
C’est  par  ce  motif  que  le  gouvernement  permet  d’organiser  différemment  ces
classes  réelles  dans  les  écoles  bourgeoises  [Bürgerschulen),  d’après  les  besoins
particuliers  de  l’industrie  de  la  localité,  et  d’y  ajouter  même  plusieurs  années
d’enseignement  industriel,  dans  une  direction  spéciale.  Ces  écoles  bourgeoises
existent  en  général  dans  les  villes  de  plus  do  6  à  7000  âmes,  et  sans  que  leur
fréquentation  puisse  être  obligatoire.
ÉCOLES  SUPÉRIEURES  POUR  LES  FILLES.
Sous  ce  titre  [Hauptschulen)  il  existe  en  Autriche  quelques  écoles  où  l’on  perfectionne ­
  l’instruction  que  les  garçons  et  les  filles  ont  reçue  à  l’école  primaire.
On  y  continue  l’enseignement  religieux,  celui  de  la  langue  allemande,  de  la  lecture, ­
  de  l’écriture  et  du  calcul,  en  y  joignant  des  notions  d’histoire,  de  géographie, ­
  d’histoire  naturelle,  des  éléments  de  dessin  et  du  chant.
Ces  écoles  comprennent  trois  classes  et  peuvent  préparer  les  enfants  a  entrer
dans  les  positions  inférieures  du  commerce  ou  à  l’admission  aux  écoles  reelles.
La  seule  instruction  spéciale  qui  y  soit  donnée  aux  lilies  consiste  dans  les  travaux ­
  ordinaires  d’aiguille.
11  serait  à  désirer  que  celles  de  ces  écoles,  qui,  comme  I  école  évangélique
de  Vienne,  sont  annexées  à  des  écoles  réelles,  profitassent  davantage  pour  les
        <pb n="225" />
        iilles,  comme  on  le  fait  pour  les  garçons,  des  moyens  d’instruction  industrielle
que  possèdent  ces  établissements.
Ecoles  primaires  spéciales.  —  On  désigne  ainsi  les  écoles  établies  dans  les  fabriques, ­
  les  instituts  et  les  écoles  pour  les  sourds-muets  et  les  aveugles,  et  les  écoles
très-nombreuses  de  travail  pour  les  filles.
Enseignement  religieux.  —  Il  est  donné  pour  chaque  rite  conformément  à
ses  règles.
Langue  adoptée.  —  La  langue  maternelle  des  enfants  est  celle  dans  laquelle
l’enseignement  doit  être  donné,  ce  qui  conduit  à  le  faire  dans  dix-neuf  idiomes
différents,  comme  on  le  verra  plus  loin.
Séparation  des  sexes.  —  L’établissement  d’écoles  distinctes  pour  les  deux  sexes
est  la  règle  générale,  et  elle  est  observée  toutes  les  fois  que  les  ressources
locales  le  permettent.  Les  écoles  bourgeoises  ne  reçoivent  que  des  garçons.
ÉCOLES  PRIMAIRES  DE  PERFECTIONNEMENT.
(  Werktags  und  Jbrtbildung  Schalen).  —  Toute  école  primaire  est  en  même
temps  école  pour  les  jours  ouvrables,  et  école  du  dimanche  et  des  jours  de
fête  pour  le  perfectionnement  de  l’instruction.
Les  écoles  des  jours  ouvrables  (  Werktag  sschulen)  doivent  avoir  quatre  à  cinq
heures  de  classes,  et  celles  du  dimanche  deux  à  quatre  heures.
D’après  les  règlements  qui  rendent  fenseignement  primaire  obligatoire,  tout
enfant  qui  ne  reçoit  pas  chez  ses  parents  ou  dans  un  établissement  privé  l’instruction ­
  nécessaire,  doit  suivre  l’école  primaire  publique  aux  jours  ouvrables,
depuis  l’âge  de  six  ans  jusqu’à  celui  de  douze  ans;  et  quand,  à  la  sortie  de  cette
école  primaire,  il  n’entre  pas  dans  une  école  supérieure,  il  doit  encore  suivre,
jusqu’à  l’âge  de  quinze  ans,  l’école  du  dimanche,  dont  l’objet  est  de  perfectionner ­
  et  d’accroître  l’instruction  des  garçons  et  des  filles  dans  les  connaissances
nécessaires  à  la  vie  pratique.  If  enseignement  qu’on  y  reçoit  est  la  suite  et  Je
complément  de  celui  des  jours  de  la  semaine.
Les  écoles  primaires  et  les  écoles  bourgeoises  supérieures  ont  des  écoles  du
dimanche  divisées  en  plusieurs  classes,  suivant  le  degré  d’avancement  des  élèves.
Au  lieu  des  écoles  du  dimanche,  il  y  a  souvent  des  écoles  du  soir  dans  certaines ­
  localités.
Méthode  d’enseignement.  —  Il  est  prescrit  de  s’attacher  à  donner  à  l’enseignement ­
  le  caractère  démonstratif;  les  maîtres  peuvent  user  de  toute  la  latitude
que  leur  laisse  le  programme  arrêté  par  le  Gouvernement.  Tous  les  livres  de
lecture  et  d’enseignement  sont  choisis  par  le  Gouvernement,  et  ce  n’est  que
        <pb n="226" />
        dans  les  écoles  bourgeoises  que  l’on  peut  introduire  quelques  autres  livres
adoptés  par  le  corps  enseignant.  Ces  livres  prescrits  sont  imprimés  par  les  soins
du  Gouvernement,  qui  n’v  cherche  pas  une  source  de  bénéfices,  mais  les  cède
au  prix  coûtant.  Le  quart  environ  des  exemplaires  vendus  est  distribué  chaque
année  gratuitement  aux  enfants  indigents.
ÉCOLES  D’INSTITUTEURS  (LEHRERBILDÜNGSANSLTEN).
Des  établissements  spéciaux  pour  la  préparation  des  instituteurs  pour  les
écoles  primaires  existent  dans  tout  l’empire,  pour  les  différentes  confessions  et
les  différentes  langues.  Ces  établissements  sont  en  relations  directes  avec  des
écoles  modèles.  La  durée  des  études  y  est  de  deux  ans.  Pour  y  être  admis  il
faut  avoir  seize  ans,  et  avoir  suivi  jusqu’à  la  fin  ses  études  dans  une  école  bourgeoise ­
  ou  une  école  réelle  pour  les  garçons,  ou  une  école  primaire  supérieure
(höhere  Töchterschule)  pour  les  filles.
Il  y  a  outre  des  institutions  gouvernementales  (staats  Institut)  richement
pourvues,  où  les  filles  de  fonctionnaires  et  d’officiers,  en  nombre  déterminé,
sont  élevées  aux  frais  de  l’Etat,  pour  former  des  institutrices  des  hautes  classes  de
la  société.  On  y  admet  également  des  élèves  payants;  elles  sont  organisées  pour
avoir  des  élèves  de  l’àge  de  huit  à  vingt  ans.
Pour  former  les  instituteurs  des  écoles  bourgeoises,  les  cours  ne  sont  aussi
que  deux  ans;  mais  il  faut  que  les  élèves  aient  suivi  d’abord  l’enseignement
d’une  école  réelle  supérieure.  •
Pour  le  perfectionnement  des  professeurs  déjà  exercés,  il  existe  de  nombreuses ­
  bibliothèques  et  des  conférences  de  maîtres  établies  sur  la  proposition
et  sous  la  direction  de  l’inspecteur  du  district.
TRAITEMENT  DES  INSTITUTEURS  (STELLUNG  DER  LEHRER).
Dans  les  campagnes,  l’instituteur  joint  généralement  à  son  service  quelque
fonction  à  l’église.
Les  instituteurs  des  écoles  primaires  inférieures  ont,  en  moyenne,  s5o  florins ­
  (5y5  francs)  de  traitement,  outre  le  logement  et  quelques  rétributions  accessoires, ­
  telles  que  la  jouissance  d’un  champ,  des  contributions  en  nature,  etc.
Dans  les  écoles  primaires  supérieures  et  les  écoles  bourgeoises,  le  traitement
varie  de  3oo  à  800  florins  (620  à  1680  francs),  outre  quelques  autres  avantages ­
  de  position.
Enfin  tout  instituteur  a  le  droit  de  donner,  après  son  cours,  des  répétitions
rétribuées.
Tous  les  instituteurs  tiennent  leur  emploi,  soit  directement  du  Gouverne-
        <pb n="227" />
        ment,  soit  des  administrations  municipales,  sous  son  approbation  et  sa  surveillance. ­
  Quoiqu’ils  ne  soient  pas  réputés  fonctionnaires  du  Gouvernement,  ils
jouissent  de  quelques-uns  des  droits  attachés  à  cette  qualité,  et  occupent  dans
la  commune  une  place  en  rapport  avec  l’importance  de  leurs  fonctions.
ils  ne  peuvent  être  destitués  qu’avec  l’agrément  du  Gouvernement.
La  loi  assure  des  secours  à  la  famille  de  l’instituteur  défunt.  11  existe,  en
outre,  des  caisses  de  retraite  et  de  pensions  auxquelles  l’instituteur  est  libre  de
souscrire.
Dépenses  des  écoles.  —  Le  Gouvernement,  et  les  communes  défrayent  les
écoles.  L’Etat  se  charge  des  écoles  normales  d’instituteurs.  Il  entretient,  en
outre,  plusieurs  écoles  primaires  supérieures  et  des  écoles  bourgeoises  qui  desservent ­
  un  rayon  plus  étendu,  et  plusieurs  institutions  d’aveugles  et  de  sourdsmuets.
  Pour  la  fondation  d’écoles  primaires  nouvelles  il  donne  des  subventions,
si  les  communes  en  ont  besoin.  Les  écoles  primaires  sont,  d’après  la  loi,  des
écoles  obligatoires,  et  considérées  comme  des  établissements  de  la  commune;
sous  le  rapport  religieux,  elles  dépendent  de  la  communauté  religieuse.
Une  des  grandes  ressources  de  l’école  est  le  patronage  qui,  généralement,
est  déféré  à  l’un  des  grands  propriétaires  fonciers,  lequel  l’exerce  d’ordinaire ­
  en  vertu  de  contrats  et  de  donations.  Ces  patronages  sont  attachés t
d’ordinaire,  à  des  biens  d’Etat,  de  particuliers,  à  des  dotations  religieuses  ou
à  des  fonds  d’église.  Enfin  les  écoles  trouvent  encore  une  ressource  dans  la
rétribution  des  enfants  des  familles  aisées.  Les  pauvres  ne  payent  rien,  et  il  n’y
a  pas  d’écoles  spéciales  de  pauvres.  Le  prix  de  l’enseignement  varie,  suivant
la  classe  des  écoles  et  le  degré  d’avancement,  de  i  à  k  florins  (2  fr.  1  o  cent,
à  8  fr.  ko  cent.)  par  an,  et  même  au  delà.
Inspection  et  direction  des  écoles  primaires.  —  La  surveillance  et  la  direction  de
chaque  école  primaire  inférieure  est  confiée  au  directeur  spirituel  (  Seelsonjer  )  de
l’établissement  et  à  un  membre  de  la  commune.  Dans  les  écoles  évangéliques,
c’est  le  conseil  pres  by  té  ral.  Chaque  école  primaire  supérieure  a  un  directeur
qui  fait  partie  du  corps  enseignant  de  l’établissement.
Pour  la  surveillance  générale,  les  écoles  primaires  sont  réparties  en  districts, ­
  dans  chacun  desquels  un  ecclésiastique  (  recteur  ou  senior)  est  chargé'de
ce  qui  est  relatif  à  l’enseignement,  et.  le  chef  administratif  du  district  (Bezirkshehörde)
  de  ce  qui  concerne  les  mesures  d’ordre  et  d’administration  de  ces  établissements. ­

Le  senior  ou  recteur  relève  de  1  Ordinariat  (Saperintendenz),  et  du  chef  administratif ­
  de  l’autorité  provinciale,  qui  a,  sous  son  autorité,  la  surveillance  intérieure ­
  et  extérieure  de  toutes  les  écoles  primaires,  et  se  met  en  rapport  avec
N-
        <pb n="228" />
        l’ordinariat  pour  ce  qui  est  relatif  à  l’instruction.  La  législation  des  écoles  primaires ­
  est  du  ressort  du  Reichsrath,  en  ce  qui  touche  les  principes,  et  du  ressort ­
  des  États  provinciaux,  en  ce  qui  ne  sort  pas  des  limites  des  lois,  avec  réserve
de  la  sanction  impériale.
La  surveillance  gouvernementale  s’exerce  au  moyen  d’inspecteurs  (Schalratk)
ou  conseillers  d’écoles,  pour  la  direction  didactique.  Lu  Hongrie,  il  y  a  pour
les  districts  des  directeurs  supérieurs  des  écoles  (Schulen  Oberdirector).

Statistique  des  écoles  primaires  de  l’empire  d’Autriche  en  ¡859.  —  Le  tableau
suivant  donne  l’état  des  écoles  primaires  en  Autriche  à  la  fin  de  l’année  i85q.

CONTREES.

Haute  Autriche,  au-dessus  de  i’Ens  ...
Basse  Autriche,  au-dessous  de  l’Ens.  ..
Salzbourg
Styric
Carinthie
Cernióle,
Illyrie  (Goritz,  Gradiska  ,  Istrie)
Tyrol  et  Vorarlberg
Bohême
Moravie
Silcsio
Gallicie
Bukowine
Dahlia  tie
Lombardie  vénitienne
Hongrie
Croatie  et  Slavonie
Siebenbürgen  (Transylvanie  orientale).
Colonies  militaires
Militaires  en  service

Totaux.

POPULATION. ­


1  681  697
707  450
146  769
1  056  773
332  456
451  941
520  978
853  016
4  705  525
1  867  094
443  912
4  597  470
456  920
404  499
2  440  056
9  900  785
870  009
1  926  727
1  064  922
579  989
35  019  058

NOMBRE

3  162
484
150
707
334
240
336
1  892
3  847
1  715
18
2  382
95
180
1  747
9  666
391
3  321
910

29  972

2  289
1  327
386
958
414
254
501
2  702
5  955
2  465
598
2  621
129
248
2  410
11  510
492
3  850
l  200

39  795

ELEVES

DES  JOUI,S

le  la  semaine

Inscrits.

188  500
78  000
14  500
113  800
33  400
52  600
64  100
100  200
631  400
249  500
58  500
295  100
77  400
32  300
304  100
996  000
78  000
218  100
98  500

Présents.

3  990  000

187  500
77  500
14  600
99  600
27  500
29  100
28  600
110  600
611  100
248  000
55  800
129  000
7  500
8  100
102  500
739  900
34  500
157  500
54  500

2  723  400

99
99
10!
87
82
55
44
104
90
99
95
22
10
25
33
74
44
72
55

68

159
160
97
140
82
121
85
63
159
146
133
54
78
43
59
76
88
44
69

89

82
58
39
104
66
114
48
41
103
101
98
49
58
32
42
64
70
41
45

1  447
1  461
977
1  494
995
1  966
1  550
449
1  223
1  088
1  062
1  930
4  809
2  174
1  400
1  024
2  234
580
1  170

On  remarquera  que,  dans  ce  tableau,  il  y  a  des  provinces  où  la  proportion ­
  des  enfants  qui  suivent  les  écoles  est  tellement  faible  que,  pour  se
rendre  un  compte  exact  des  résultats  de  la  législation  et  des  efforts  du  Gouvernement, ­
  il  ne  serait  pas  exact  d’introduire,  dans  le  calcul  des  résultats  moyens,
les  chiffres  relatifs  à  ces  provinces.  Ainsi  la  Gallicie  donne  23,1a  Bukowine  i  o,
la  Dalmatie  2.5,  la  Lombardie  vénitienne  33,  pour  le  nombre  des  enfants  qui,
sur  îoo,  fréquentent  les  écoles,  tandis  que  :
        <pb n="229" />
        La  baute  Autriche  donne  99
La  basse  Autriche  99
La  province  de  Salzbourg  101
Le  Tyrol  et  le  Vorarlberg  io4
La  Bohême  *  9^
La  Moravie  99
La  Silésie.  9^

Moyenne

99  sur  100.

Il  y  a  lien  (le  penser  que  des  difficultés  locales,  la  dissémination  des  habitants, ­
  les  mœurs  plus  barbares  encore  qu’on  ne  le  saurait  croire,  dans  quelques
parties  de  l’empire,  sont  les  obstacles  qui,  pour  certaines  provinces,  rendent
les  efforts  du  Gouvernement  en  partie  infructueux.
A  ce  sujet,  il  n’est  pas  inutile  de  signaler  une  difficulté  spéciale  que  l’enseignement ­
  primaire  rencontre  et  doit  vaincre  dans  l’empire  d’Autriche,  composé
de  populations  si  diverses.  Outre  la  langue  générale  de  l’Etat,  cet  enseignement
doit  être  donné  dans  dix-huit  autres  idiomes  locaux,  qui  forment  la  véritable
langue  maternelle  des  enfants.
G  es  langues  ou  idiomes  sont  :  le  bohémien,  le  hongrois,  l’italien,  le  polonais, ­
  le  slave,  1’illy  ri  en  serbe  et  croate,  le  ruthène,  le  roman,  le  bohémien  allemand, ­
  l’italien  allemand,  le  polonais  allemand,  l’illyrien  allemand,  le  slave
allemand,  l’illyrien  italien,  le  hongrois  roman,  le  hongrois  ruthène  et  autres.
Les  instructions  prescrivent  formellement  de  donner  l’enseignement  primaire
dans  ces  idiomes.
ÉCOLES  INDUSTRIELLES  (GEWERBESCHULE)  OU  ÉCOLES  DE  PERFECTIONNEMENT
POUR  LES  APPRENTIS  ET  AUTRES  OUVRIERS.
Ces  écoles,  que  l’on  désigne  en  Prusse  et  dans  une  grande  partie  de  l’Allemagne ­
  parle  nom  de  Fortbüdiingschilen,  dont  le  sens  est  celui  du  titre  que
nous  leur  donnons  ici,  sont  appelées  en  Autriche  Gewerbeschulen,  ou  écoles  industrielles. ­
  La  confusion  que  ces  significations  différentes  de  nom  peuvent  occasionner ­
  cesse  lorsque  l’on  examine  le  but,  les  conditions  et  la  marche  de
l’enseignement  qui  est  donné  dans  ces  établissements.
Leur  création  en  Autriche,  et  à  Vienne  en  particulier,  ne  remonte  qu’à
l’année  i85y,  époque  à  laquelle  se  forma,  avec  l’approbation  du  Gouvernement ­
  et  le  concours  de  la  ville,  la  société  industrielle.
Les  membres  de  cette  société  s’imposèrent  en  principe  l’obligation  d’envoyer
leurs  apprentis,  au  moins  pendant  la  dernière  année  de  leur  temps  d’appren-
        <pb n="230" />
        tissage,  suivre  les  cours  qui,  sous  le  litre  de  Gewerbeschulen,  seraient  ouverts  dans
les  écoles  réelles  de  l’Etat  ou  dans  celles  de  la  ville,  et,  en  outre,  à  payer  une
subvention  proportionnelle  à  ]’importance  de  leurs  établissements,  meme  dans  le
cas  où  ils  n’auraient  pas  d’apprentis.  Cette  subvention  volontaire  est  de  à  kreutzers
par  florin  de  contribution  industrielle  ou  d’un  quinzième  de  cette  contribution.
D’une  autre  part,  il  fut  décidé  que  les  apprentis  devraient  suivre  ces  cours
pendant  leur  dernière  année,  faute  de  quoi  ils  ne  seraient  pas  considérés  comme
ayant  terminé  leur  apprentissage.
L’enseignement  de  ces  écoles  est  sous  la  surveillance  du  directeur  de  l’école
réelle  à  laquelle  elles  sont  attachées.  Il  est  donné  par  les  professeurs  de  l’école
réelle,  qui  reçoivent,  à  cet  eilet,  une  subvention  spéciale  proportionnée  au
nombre  d’heures  de  leçons;  si  quelqu’un  des  professeurs  ne  peut  se  charger  de
cet  enseignement  supplémentaire  ,  le  directeur  pourvoit  à  en  désigner  un  autre.
En  1861,  par  suite  de  l’initiative  prise  par  les  chambres  de  commerce  et  par
les  industriels,  il  existait  déjà  cinq  de  ces  écoles  annexées  aux  écoles  réelles  de
Gumpendorf,  de  Wieden,  de  Landstrasse,  de  Jœgerzeïlc  et  Schotenfeld,  ainsi
qu’une  école  de  tissage  (Jdf^ebeschule)  à  Gumpendorf,  et  une  école  pratique  de
construction.
Ces  écoles  profitent  sans  frais  des  locaux  ,  des  collections  et  des  appareils  des
écoles  réelles;  mais  les  modèles  plus  spéciaux  à  l’enseignement  quelles  donnent
sont  achetés  sur  leurs  propres  ressources.
Organisation  nouvelle  des  écoles  de  perfectionnement  des  apprentis  et  des  ouvriers.
—  D’après  un  règlement  nouveau,  qui  doit  être  mis  en  vigueur  cette  année,
l’enseignement  sera  partagé  entre  une  section  élémentaire,  ayant  deux  classes,
et  plusieurs  sections  relatives  aux  diverses  spécialités  industrielles.
La  section  élémentaire  aura  pour  but  de  donner  l’instruction  théorique  et
d’exercer  à  l’art  du  dessin,  en  l’appliquant  toutefois  à  la  carrière  future  de
l’élève.  Dans  les  sections  spéciales,  les  connaissances  acquises  seront  appliquées
aux  branches  d’industrie  choisies  par  l’élève.  L’organisation  des  spécialités
devra  s’adapter,  dans  chaque  circonscription,  aux  besoins  dominants  de  1  industrie ­
  locale.  Ainsi  les  spécialités  pour  l’école  de  Gumpendorf  seront  principalement ­
  celles  de  tisserands,  d  ouvriers  en  étoiles  de  soie,  en  rubans,  en
passementerie,  en  teintureries,  etc.
A  l’école  de  Wieden,  ce  seront  les  spécialités  se  rapportant  aux  machines,
aux  industries  telles  que  les  métiers  de  tourneur,  de  menuisier,  de  relieur,
d’ouvriers  en  cuivre,  en  bronze,  fondeurs,  etc.
A  l’école  Jaegerzeile  on  fera  principalement  des  cours  relatifs  a  1  industrie  du
batiment.
        <pb n="231" />
        —

228

Nombre  d  heures  a  enseignement,  par  semaine.  —  Ce  nombre  d'heures  est  de
neuf  heures  et  demie,  tant  dans  la  semaine,  à  partir  de  six  heures  et  demie  du
soir  (lundi,  mercredi,  vendredi),  que  le  dimanche  avant  midi.
Le  nombre  d’élèves  ne  peut  pas  dépasser  5o  par  classe,  et  s’il  excède  ce
chiffre,  on  dédouble  la  classe.
Matières  de  t’enseignement.  —  Dans  la  première  classe  de  la  section  élémentaire ­
  on  consacrera,  par  semaine,  les  nombres  de  leçons  suivants:

S,

Religion  o h  5o

Langue  allemande  2  00

Calcul  2  00
Calligraphie  1  00
Dessin  "  A  00

if*!  "

I  lis

Total  9  5o

SECONDE  CLASSE  DE  LA  SECTION  ELEMENTAIRE.
Religion  o u  5o
Allemand,  exercices  de  style  et  de  sujets  d’affaires  commerciales ­
  1  00
Arithmétique  industrielle  et  calcul  appliqué  à  la  géométrie.  1  00
Eléments  de  physique  2  00
Géographie  1  00
Dessin  géométrique,  projections,  dessin  à  main  levée,  dessin ­
  de  ligures  et  d’ornements,  modelage  pour  chacun  de
ces  trois  genres  4  00
Total  9  5o
Ce  qui  peut  donner  pour  un  seul  élève,  y  compris  les  trois  genres  de  dessin,
1  y  heures  1/2  au  plus  par  semaine.
Dans  les  sections  spéciales,  l’enseignement  sera  réparti  ainsi  qu’il  suit:
Dessin  industriel  4'
Dessin  architectural,  devis.  4
Dessin  de  machines,  mécanique,  études  de  machines  4
Modelage  et  dessin  d’après  la  bosse  4
Chimie  générale  .’  1
Etude  des  matières  premières  1
Tenue  de  livres  industrielle,  douanes,  etc  1
Mécanique  technologique  1
Chimie  technologique  1

Total  21
        <pb n="232" />
        —  229  —
Choix  des  cours  par  les  élèves.  —  Dans  les  deux  sections  élémentaires,  l’enseignement ­
  est  obligatoire  pour  tous  les  cours.
Dans  les  sections  spéciales,  au  contraire,  le  choix  des  cours  à  suivre  est
laissé  aux  élèves.
Durée  de  l’année  scolaire.  —  L’année  commence  le  i rr  octobre  et  finit  à  la
fin  de  juillet.
A  la  fin  de  l’année,  les  élèves  reçoivent  des  certificats  dans  lesquels  sont
appréciés  leur  conduite,  leur  application,  leurs  progrès  dans  les  différentes
branches.  Un  élève  obligé,  par  des  raisons  majeures,  d’abandonner  les  cours
avant  la  fin  de  l’année,  peut  exceptionnellement,  dans  certains  cas,  recevoir ­
  un  certificat  de  fréquentation,  et  même  être  autorisé  à  se  présenter  aux
examens  de  fin  d’année.
Les  élèves  les  plus  distingués  reçoivent,  comme  prix,  des  médailles  d’argent
ou  de  bronze,  ou  des  mentions  honorables.
Direction  de  l’enseignement.  —  Le  directeur  de  l’école  réelle,  à  laquelle  l’école
des  apprentis  est  annexée,  est  le  chef  de  1  enseignement.  Il  partage  cependant
cette  autorité  avec  un  délégué  de  la  société  industrielle.  Ils  veillent  tous  deux
à  introduire,  dans  fenseignement,  toutes  les  améliorations  que  réclament  les
besoins  des  industries  locales,  signalés  par  les  présidents  des  associations  industrielles ­
  qui  patronnent  ces  écoles.
Personnel  enseignant.  —  L’enseignement  est,  comme  on  l’a  déjà  dit,  donné
par  les  professeurs  des  cours  correspondants  de  l’école  réelle  (Realschule),  si
toutefois  les  professeurs  y  peuvent  consentir  d’après  le  temps  qui  leur  reste
libre  ou  la  rétribution  qu’on  met  à  leur  disposition.  Lorsqu’un  professeur  ne
peut  pas  se  charger  du  cours  à  l’école  des  apprentis,  le  directeur  avise  à  trouver ­
  un  autre  professeur.
Pour  l’enseignement  pratique  on  pourra,  avec  l’autorisation  de  l’autorité
municipale,  admettre  comme  professeurs  des  industriels,  des  contre-maîtres
qui,  dans  tout  ce  qui  concerne  l’enseignement,  seront  sous  les  ordres  de  la
direction.
Objets  servant  à  l’enseignement.  —  Pour  l’achat  des  appareils  et  de  tous  les
objets  de  consommation  et  d’usage,  il  est  assigné  un  budget  annuel,  dont  le
directeur  dispose,  de  concert  avec  le  professeur  de  la  spécialité  correspondante.
Il  en  est  rendu  un  compte  ultérieur.
Administration  des  écoles  industrielles  à  Vienne.  —  Pour  la  direction  generale
de  ces  écoles  industrielles,  il  est  formé  un  conseil  composé  des  présidents  et
vice-présidents  de  la  chambre  de  commerce  et  de  l’industrie,  des  représentants
        <pb n="233" />
        230

de  la  province  et  de  la  commune  de  Vienne,  du  président  du  comité  de  chaque
école,  et  enfin  de  membres  de  la  chambre  de  commerce  et  d’industrie  désignés
par  l’élection.  Ce  conseil  se  réunit  à  des  jours  déterminés  en  assemblées  extraordinaires, ­
  pour  constater  chaque  fois,  en  présence  des  directeurs,  l’état  de
l’école,  et  délibérer  sur  les  mesures  favorables  à  son  développement.
Ressources  des  écoles.  —  Chaque  membre  de  l’association  industrielle,  pour
les  écoles  industrielles,  qu’il  ait  ou  non  des  apprentis,  est  tenu  de  payer  une
cotisation  calculée  de  façon  que  le  total,  joint  à  diverses  subventions,  représente ­
  l’ensemble  des  dépenses  probables  de  l’école  pendant  le  courant  de
l’année.  Par  suite,  il  a  le  droit  d’envoyer  ses  apprentis  (s’ils  ont  déjà  Je  degré
d’instruction  nécessaire)  à  l’école,  sans  autre  dépense  que  celle  des  objets  matériels ­
  d’écriture  et  de  dessin.
Les  compagnons  qui,  comme  apprentis,  ont  fréquenté  l’école,  ne  peuvent
continuer  à  y  venir  en  leur  qualité  de  compagnons,  qu’à  la  condition  de  payer
une  rétribution.
Dans  ces  dernières  années,  les  conditions  financières  des  écoles  d  apprentis
de  Vienne  se  sont  améliorées.  Néanmoins,  le  rapport  du  nombre  total  d’apprentis ­
  fréquentant  ces  écoles,  qui  est  de  i  i  oo,  au  nombre  d’apprentis  occupés
à  Vienne,  i5ooo  environ,  est  encore  très-faible,  et  à  peine  de  —.
Pour  développer  ces  institutions,  ou  a  l’intention  :

i°  De  rendre  une  loi  qui  fixerait  la  contribution  que  chaque  industriel  devrait
payer  pour  l’entretien  de  l’école  industrielle  de  sa  circonscription  ;
•2°  De  faire  visiter  et  inspecter  fréquemment  ces  écoles.

Pour  l’année  i863,  les  comptes  des  écoles  industrielles  de  Vienne  peuvent
se  résumer  ainsi  qu’il  suit  :

RECETTES.
lin  caisse  au  3i  décembre  1862.
Contributions  des  industriels.  .  .
Recettes  extraordinaires
Vente  des  livres  d’études
Intérêts  des  fonds  placés
Chambres  de  commerce
du  prince  impérial.  .  .  .
du  conseil  municipal.  .
du  conseil  provincial.  .

4383'  33 e
7715  60
18  30
192  51
496  01
4000  00
2000  00
3000  00
3000  00

25005  75

DÉPENSES.
École  de  Gumpendorf  2376'  00 e
de  Wieden  1840  75
de  Landstrasse..  .  1684  55
de  Jœgerzeile  .  2107  89
de  Scholen  Feld  1901  80
Timbres  2I  25
Remboursements  d’avances  6000  00
En  caisse  9074  00

25005  75

1!  résulte  de  ce  compte  que  la  dépense  réelle  faite  par  ces  cinq  écoles,  qui
ont  1  j  00  eleves,  se  serait  élevé,  en  1863,  à  993  r  florins  G6,  ou  environ
        <pb n="234" />
        2o855  francs,  soit  à  18  fr.  90  cent,  par  élève,  non  compris  les  frais  du  local
et  du  mobilier  appartenant  à  l’école  réelle.
Nous  avons  visité  deux  de  ces  écoles  et  vu  les  travaux  exécutés  par  les  élèves
des  sections  spéciales.  Nous  avons  pu  y  constater  la  bonne  direction  donnée  à
l’enseignement,  et  les  résultats  remarquables  obtenus  au  point  de  vue  du  dessin
et  de  l’utile  habitude  qu’il  fait  contracter  de  se  rendre  compte,  avec  son  secours,
des  formes  et  des  proportions.  Des  collections  complètes  de  ces  dessins  nous
ont  été  données,  et  méritent  d’être  consultées  quand  on  établira  des  enseignements ­
  analogues.
Les  belles  salles  des  écoles  réelles,  vastes  et  bien  aérées,  permettent  de
mettre  à  l’aise  les  élèves  de  toutes  les  sections  spéciales.
ÉCOLE  INDUSTRIELLE  OU  DE  PERFECTIONNEMENT  DES  APPRENTIS  ET  DES  OUVRIERS  À  PRAGUE.
La  Bohême,  où  l’enseignement  primaire  est  si  développé,  et  qui,  conservant
l’usage  de  sa  langue  nationale,  est  une  des  provinces  de  l’empire  d’Autriche  où
les  études  littéraires  et  scientifiques  sont  le  plus  cultivées,  a,  depuis  longtemps,
constitué  à  Prague  un  ensemble  d  enseignements  véritablement  remarquable.
Nous  parlerons  plus  loin  de  ses  écoles  réelles  et  de  son  institut  polytechnique,
mais,  pour  le  moment,  nous  devons  faire  connaître  l’organisation  quelle  a
donnée  à  son  école  pour  les  ouvriers.
Il  y  a  déjà  plus  de  trente  ans  que  la  société  industrielle  de  Bohême  (gcu'crbs  Verein
von  Böhmen)  avait  fondé  une  école  de  dessin  et  de  modelage  en  plâtre,  pensant,
avec  raison,  que  c’est  principalement  par  le  dessin  que  l’on  pent  instruire  les
ouvriers  et  leur  donner  une  foule  de  notions  utiles  et  même  scientifiques  qu’il
serait  autrement  difficile  de  leur  rendre  familières.
Plus  tard,  cette  société  voulut  donner  plus  d’extension  à  son  enseignement,
mais  elle  fut  arrêtée  longtemps  par  le  défaut  de  ressources,  et  ce  11’est  que
depuis  deux  ans  environ  quelle  a  pu  y  parvenir.  Un  ingénieur  dévoué,  qui  a
beaucoup  étudié  l’organisation  de  l’enseignement  industriel  en  France  et
ailleurs,  a  été  chargé  de  rédiger  un  plan  d’études  pour  les  écoles  destinées  aux
ouvriers.  Ce  plan,  publié  sous  le  titre  :  Projet  de  statuts  pour  l’école  de  /'industrie
et  des  métiers  à  Prague,  a  été  soumis  à  la  Diète  de  Bohême  et  au  conseil  de  la
ville,  qui  l’ont  adopté.  La  ville  a  fourni  pour  (’établissement,  le  bâtiment,  le
mobilier  et  une  subvention  annuelle  de  i5oo  florins  (3i5o  francs),  la  Dicte
a  alloué  2000  florins  (4200  francs),  et  la  société  industrielle  s’est  engagée  à
donner  aussi  3000  florins  (4200  francs).  L’école  a  donc  un  revenu  fixe  de
55oo  florins  (1  i55o  francs).
La  haute  surveillance  de  l’école  est  confiée  à  un  conseil  de  trois  membres
        <pb n="235" />
        élus  par  la  Diète,  de  trois  membres  du  conseil  municipal  et  de  trois  membres
de  la  société  industrielle.
Cette  école  a  été  ouverte  en  i  863.  L’enseignement  y  est  donné  en  allemand
et  en  bohémien,  ce  qui  oblige  parfois  à  avoir  deux  professeurs  pour  les  mêmes
matières.  Les  professeurs,  presque  tous  attachés  au  corps  enseignant  des  deux
écoles  réelles  supérieures  de  la  ville,  sont  au  nombre  de  16.  L’analogie,  que
nous  aurons  occasion  de  signaler,  entre  la  direction  des  études  dans  ces  deux
genres  d’établissements  explique  et  justifie  celte  réunion  de  fonctions  par  les
mêmes  professeurs.
Le  plan  des  études  pour  l’année  1863-1864  est  le  suivant  :

de  8  à  9  heures.  .
de  8  à  îo  heures.

Dimanche  1  de  loà  12  heures.

de  2  à  4  heures.  .  &amp;lt;

Lundi  soir

Mardi  soir

1  heure.
2  heures.
2  heures
1  heure  .
2  heures.

2  heures

Mercredi  soir.

1  heure.
2  heures.
2  heures,
i  heure  .

Vendredi  soir.  ..  .  {  2  | îei]res

Technologie.
Travail  du  lissage.
Exercices  de  dessin  linéaire.
Exercices  de  dessin  à  main  levée.
Dessin  de  machines.
Dessin  d’ornemenis  à  main  levée.
Exercices  de  dessin  linéaire.
Exercices  de  dessin  à  main  levée.
Dessin  de  construction  de  bâtiments.
Dessin  d’ornement  à  main  levée.
Leçons  sur  les  machines.
Chimie.
Histoire  naturelle
Algèbre  et  géométrie.
Dessin  de  construction  de  bâtiments.
Modelage.
Calcul.
Art  de  la  construction
Compositions  écrites  et  style.
Chimie.
Dessin  de  machines.
Modelage.
Dessin  d’échantillons.
Algèbre  et  géométrie.
Leçons  de  machines.
Art  de  la  construction.
Leçons  sur  l’ornementation.
Dessin  d’échantillons.
Physique  et  mécanique.
Technologie.
Leçons  de  machines.
Art  de  la  construction.
Modelage.
        <pb n="236" />
        Samedi  soir

/  Géographie.
1  heure  •  .  •  j  Histoire  naturelle.
(  Leçons  de  machines.
,  Calcul.
•ï  heures  )  Tenue  des  livres.
!  Physique  et  mécanique.
2  heures  Modelage.

Ces  séances  de  dessin  ou  de  cours  sont  réparties  dans  les  diverses  salles  de
l’école  réelle.
En  hiver,  les  cours  du  soir  ont  lieu  de  6  heures  et  demie  à  8  heures  et  demie, ­
  et  en  été,  de  7  heures  à  9  heures.
L’enseignement  et  le  dessin  relatifs  à  la  construction  des  batiments  finit  à
Pâques;  pour  les  autres  industries  ils  durent  depuis  le  commencement  d’octobre
jusqu’à  la  fin  de  juillet.
On  exige,  pour  l’admission  à  l’école  préparatoire,  la  lecture,  l’écriture  et  le
calcul,  et,  pour  l’entrée  au  cours  des  divisions  spéciales,  le  certificat  de  capacité ­
  de  l'école  préparatoire  ou  d’une  école  réelle  inférieure.
La  rétribution  scolaire  est  d’un  demi-florin  (1  fr.  o5  cent.)  par  an  pour
chaque  heure  de  cours  auquel  on  s’inscrit;  elle  se  paye  d’avance  par  semestre.
Cet  enseignement  ,  tout  à  fait  technique  et  pratique,  est  réparti  en  cinq  divisions ­
  principales,  selon  les  branches  d’industrie  dans  lesquelles  les  auditeurs
sont  engagés.  Elles  sont  destinées  :
La  première,  ou  école  de  l’industrie  du  bâtiment,  aux  maçons,  aux  tailleurs
de  pierre,  aux  charpentiers,  aux  menuisiers,  etc.  On  y  enseigne  la  géométrie,
les  éléments  d’algèbre,  fart  de  la  construction  en  général,  le  dessin  du  bâtiment
et  le  modelage,  des  notions  de  physique  et  de  mécanique,  les  effets  de  la  chaleur. ­
  Ces  études  exigent  deux  semestres  d’hiver.
La  deuxième,  ou  école  de  l’industrie  des  machines,  aux  serruriers,  mécaniciens, ­
  aux  conducteurs  de  machines,  aux  chaudronniers,  modeleurs,  aux  meuniers, ­
  etc.  On  y  enseigne  la  géométrie,  les  éléments  d’algèbre,  des  notions  de
physique  et  de  mécanique,  la  description  et  l’étude  des  machines,  ainsi  que  le
dessin.  Ces  études  exigent  deux  années.
La  troisième,  ou  école  des  chimistes,  aux  teinturiers,  aux  brasseurs,  aux  tanneurs, ­
  aux  savonniers,  etc.  Ou  y  donne  des  notions  générales  de  chimie  et  de
technologie  chimique.
La  quatrième  est  l’école  rie  tissage  et  de  filature.  On  y  montre  le  travail  du
tissage,  les  calculs  qui  y  sont  relatifs,  la  composition  de  la  mise  en  carte,  la
décomposition,  etc.
        <pb n="237" />
        La  cinquième,  ou  école  de  l’art  industriel,  est  destinée  aux  ouvriers  en  porcelaine, ­
  aux  faïenciers,  aux  verriers  et  aux  orfèvres,  aux  confiseurs,  etc.
L’enseignement  consiste  en  dessins  et  en  modelages.
A  la  fin  des  cours,  il  y  a  des  examens  à  la  suite  desquels  on  délivre,  s’il  y  a
lieu,  des  certificats  de  capacité,  et  les  deux  meilleurs  élèves  de  chaque  division
reçoivent  des  prix.
Le  nombre  des  ouvriers  inscrits  à  l’école  de  Prague,  en  i  863-1  86A  ,  est  de
762,  dont  i5  à  20  p.  0/0  sont  de  nationalité  allemande,  et  le  reste,  85  à  80
p.  0/0,  de  Bohême.
Les  dépenses  de  l’école  s’élèvent,  par  an,  aux  sommes  suivantes  :

Honoraires  des  professeurs  2.38o  florins.
Enseignement  du  dessin  et  modèles  1  620
Collections  700
Direction  et  service  Ö20
Chauffage  280
Eclairage  4oo

Total  5goo

ou  12090  francs.
Ce  qui,  pour  762  élèves,  correspond  à  une  dépense  de  16  fr.  20  cent,  par
élève.  Sur  cette  dépense  totale,  la  rétribution  payée  par  les  ouvriers  n’a  produit ­
  que  1000  florins  ou  2100  francs,  soit  1/6  de  la  dépense.  Le  reste  a  été
couvert  par  les  subventions  et  les  souscriptions.
L’enseignement  du  dessin  est  donné,  comme  aux  écoles  réelles  de  la  même
ville,  d’après  des  modèles  en  relief,  et  à  très-peu  près  selon  la  méthode  Dupuis.
Écoles  des  provinces.  —  Outre  les  écoles  dont  les  villes  de  Vienne  et  de  Prague
nous  ont  montré  des  types  complets,  il  en  existe  d’analogues  dans  beaucoup
d’autres  villes  de  l’empire.
Des  cours  du  dimanche  et  du  soir  sont  fondés  dans  la  plupart  des  villes  et
des  centres  d’industrie  par  l’initiative  des  administrations  locales,  des  chambres
de  commerce  et  des  sociétés  industrielles,  ou  par  de  simples  particuliers.
De  nombreuses  écoles  d’apprentissage  proprement  dit  ont  été  établies  à
Brünn  pour  le  tissage,  à  Prague,  par  un  comité  central,  pour  venir  au  secours
des  habitants  pauvres  de  l’Erzgebirge.  Ce  sont  des  écoles  pour  la  fabrication  de
la  dentelle,  pour  la  couture,  pour  la  bonneterie,  pour  la  fabrication  des  tresses
de  paille,  etc.
En  i85q,  il  y  avait  déjà  dans  J’empire  70  de  ces  écoles,  recevant  1  1000
élèves.
        <pb n="238" />
        ÉCOLES  SUPÉRIEURES  DE  L’INDUSTRIE  ET  DU  COMMERCE.
Académie  de  commerce  etclc  marine,  à  Trieste.  —  Cet  établissement  est  partagé
en  deux  divisions,  l’une  pour  le  commerce  et  l’autre  pour  la  navigation  maritime. ­

Le  nombre  des  professeurs  est  de  23  et  celui  des  élèves  de  100.
Il  y  a,  en  outre,  cinq  écoles  maritimes,  en  rapport  avec  l’académie  de  marine
de  Trieste,  à  Venise,  à  Fiume,  à  Lussinpiccolo,  à  Spoletc  et  A  Cattaro.
Elles  comptent  y  professeurs  et  100  élèves  seulement.
ACADÉMIE  DE  COMMERCE.
Au  rang  de  ces  établissements,  il  faut  placer  l’académie  supérieure  de  commerce ­
  de  Prague,  fondée  en  1826.  Elle  a  trois  classes,  l'une  inférieure,  la  seconde ­
  moyenne  et  la  troisième  supérieure.  On  y  est  admis  avec  un  certificat
satisfaisant  d’études  faites  dans  une  école  réelle  ou  dans  un  gymnase  inférieur.
En  1  827,  a  été  fondée  l’académie  de  commerce  de  Vienne  ,  dont  nous  parlerons ­
  A  part,  et  la  société  supérieure  de  commerce  de  Pesth.  En  1  859,  celleci
  avait  29  professeurs  et  1  3  6  élèves.
Tous  ces  établissements  sont  privés  et  fondés  par  des  sociétés.
ÉCOLES  SPÉCIALES  POUR  L’AGRICULTURE.
Ces  écoles  sont  partagées  en  deux  catégories,  l’une  supérieure  et  l’autre  inférieure. ­

École  pour  ï  étude  complète  de  la  science  agricole.  —  Une  école  supérieure  ou
académie  existe  A  Altenbourg,  en  Hongrie.  Elle  a  9  professeurs  et  1  Ay  élèves.
La  rétribution  scolaire  est  de  63  florins;  les  dépenses  annuelles  de  19600  !lorins.
  C’est  un  établissement  de  l’État,  qui  possède  des  collections  de  tous  genres,
un  laboratoire  de  chimie,  une  galerie  de  technologie,  une  bibliothèque,  un
jardin  botanique.  Il  y  a  des  cours  pour  la  culture  des  arbres  et  pour  l’administration ­
  rurale  et  forestière.
Ecoles  moyennes  d’agriculture.  —  A  Grossau,  dans  la  basse  Autriche;  A  i  eschenliebwerd,
  en  Bohême;  à  Kreutz,  en  Croatie;  A  Dublauy,  en  GaUicie.  Les
cours  sont  de  deux  années.  Il  y  a  27  professeurs  et  1  66  élèves  externes.  La
rétribution  scolaire  est  de  3o  à  62  florins  (63  A  îoy  francs).  Les  dépenses  annuelles ­
  s’élèvent  A  9200  florins  (19120  francs).  Elles  sont  supportées  par  les
ressources  du  pays  et  par  les  sociétés  d’agriculture.
Écoles  inférieures  d’agriculture.  —  Il  va  7  écoles  de  ce  genre  :  A  Grossau
        <pb n="239" />
        (basse  Autriche);  à  Liebejei-Rabin;  à  Terchen-Liebwerd,  en  Bohême;  à  (irai/.,
en  Styrie;  à  Kreutz,  en  Croatie;  à  Ezernichow,  en  Gallicie,  et  à  Laybach,  en
Garinthie.  Ces  écoles  ont  *¿3  professeurs  et  %3o  élèves.  La  rétribution  scolaire
varie  de  3o  à  /io  florins,  en  partie  recouvrés  par  le  travail  des  élèves.  Il  v  a
72  boursiers.
ÉCOLES  FORESTIÈRES.
Académies  supérieures  des  forets.  —  Ces  écoles  sont  établies  à  Mariabrunn,  en
liasse  Autriche,  et  à  Schemnilz,  en  Hongrie.  On  y  fait  deux  à  trois  ans  d’études.
On  y  obtient  l’admission  avec  un  certificat  d’études  d’un  gymnase  ou  d’une  école
réelle  supérieure.  Ces  écoles  possèdent  un  musée,  des  collections,  un  jardin
botanique  et  un  laboratoire.  Leur  personne!  se  compose  de  1  /1  professeurs  et  de
1  60  élèves  pour  les  deux  écoles.  La  rétribution  scolaire  est  de  10  florins.  Il  y  a
des  bourses  gratuites.  Ces  établissements  sont  soutenus  par  l’Etat.
Ecoles  forestières  moyennes.—  Ces  écoles  sont  situées  à  Wiessevvasser,  en  Bohème; ­
  à  Aussen,  en  Moravie;  a  Kreutz,  en  Croatie.  Les  cours  durent  deux  à
trois  ans.  La  préparation  exigée  est  l’école  primaire.  Ces  écoles  comptent  1  2  professeurs ­
  et  100  élèves.  La  gratuité  est  compensée  parles  travaux  des  élèves.
Ecoles  forestières  inférieures.  —  A  Pibram,  en  Bohême;  à  Windschacht,  eu
Hongrie;  à  Nagnay,  en  Transylvanie.
Les  cours  durent  deux  à  trois  ans.  La  préparation  exigée  est  l’école  primaire
et  l’habitude  des  travaux.
Il  y  a  8  professeurs  et  87  élèves.  La  gratuité  est  générale.
Ces  établissements  sont  soutenus  par  l’Etat.
ÉCOLES  DES  MINES.
Ecoles  supérieures  ou  académies  des  mines.  —  A  Schemnilz,  en  Hongrie;  à  Léoben, ­
  en  Styrie;  à  Pibram,  en  Bohême.
Les  cours  durent  deux  à  quatre  ans.  La  préparation  exigée  est  un  certificat
d’un  gymnase  ou  d’une  école  réelle  supérieure.
il  y  a  23  professeurs  et  205  élèves.  La  rétribution  scolaire  est  de  10  florins
ou  2  2,5  kreutzers.  On  accorde  beaucoup  de  bourses.
La  dépense  totale  est  de  1/1700  florins.  Ces  établissements  sont  soutenus
par  1  Etat.
ÉCOLE  DE  SERVICE  DIPLOMATIQUE  EN  ORIENT  OU  ACADEMIE  ORIENTALISTE.
Cette  école  a  pour  objet  l’enseignement  des  langues  et  du  droit  politique  de
l’Orient,  elle  compte  21  élèves  externes  et  6  professeurs.
        <pb n="240" />
        *237  —

C’est  un  établissement  de  l’État.
ÉCOLES  DES  ARTS.
I.es  écoles  d’art,  en  Autriche,  sont  :
L’académie  des  arts  plastiques,  à  Vienne,  à  la  charge  de  l’Etat,  fondée
en  170/1;  1  1  professeurs  et  200  élèves.
L’académie  de  peinture,  à  Gratz,  à  la  charge  de  la  province;  3o  à  So  élèves.
L  académie  des  arts,  à  Prague,  soutenue  par  la  Société  patriotique  des  Amis
de  l’art;  61  élèves.
L’école  des  beaux-arts,  à  Cracovie,  à  l’institut  technique;  5  professeurs  et
2/1  élèves.
L’académie  des  beaux-arts,  à  Venise,  fondée  en  1670;  q  professeurs  et
3/10  élèves.
L’académie  de  peinture  et  d’art  plastique,  à  Vérone  ;  3o  élèves.
Les  conservatoires  de  musique,  à  Vienne  et  à  Prague,  et,  depuis  1858,
5a  autres  écoles  d’art  et  de  musique  organisées  en  partie  par  des  associations,
en  partie  par  des  particuliers,  et  qui  ont  ensemble  23  1  professeurs  et  8978
élèves  des  deux  sexes.
Conservatoire  de  music/ue  de  Vienne.  —  Fondation  privée,  jouissant  néanmoins
d’une  subvention  annuelle  notable.  Six  années  d’études.  On  paye  do  k  à  6  florins
par  mois.  Deux  fois  par  an  ,  il  y  a  séance  publique.  Cet  établissement  a  1  directeur, ­
  20  professeurs  et  209  élèves  des  deux  sexes.
Conservatoire  de  musique  de  Prague.  —  Fondé  et  entretenu  par  la  Société
pour  l’avancement  de  la  musigue,  il  se  divise  en  école  de  musique  instrumentale ­
  et  en  école  de  chant  et  de  théâtre.  La  durée  des  études  est  de  six  ans  pour
la  première  école,  de  deux  ans  pour  le  chant  et  de  deux  à  trois  ans  pour  le
théâtre  (opéra).  Pour  les  habitants  du  pays  l’enseignement  est  gratuit.  Il  y  a
i  directeur,  1  sous-directeur  et  1  9  professeurs.
ÉCOLE  DE  COMMERCE  (HANDELS-AKADEMIE.)
Il  a  été  fondé,  à  Vienne,  en  1867,  par  souscription,  sous  le  titre  d  Académie ­
  de  commerce,  un  établissement  très-remarquable  pour  l’enseignement
des  jeunes  gens  qui  se  destinent  au  commerce  proprement  dit.  Un  capital  de
\00000  florins  (8/joooo  francs)  a  été  réuni,  et  un  hôtel  situe  dans  les  nouveaux ­
  quartiers  de  la  ville  a  été  construit  à  cet  eilet.  Il  est  pourvu  de  collections
technologiques,  d’un  musée  de  matières  premières  et  de  laboratoires  de  chimie
complets  et  parfaitement  installés.
        <pb n="241" />
        __  238  —
Un  conseil  d’administration  composé  de  neuf  membres  préside  à  la  direction
générale.
L  enseignement  est  réparti  entre  deux  divisions,  l’une  préparatoire,  qui  exige
deux  années  d’études,  l’autre  technique,  qui  demande  le  même  temps.
La  répartition  du  temps  consacré  aux  différentes  matières  peut  se  classer
ainsi  qu’il  va  suivre.
Tableau  du  nombre  d’heures  consacrées  par  semaine  aux.  divers  enseignements.

DIVISION  PREPARATOIRE.

MATIERES  DE  L'ENSEIGNEMENT.

Religion
Allemand
Arithmétique
Géographie
Histoire
Histoire  naturelle
Calligraphie
Tenue  des  livres
Physique.

Totaux.

NOMBRE
d’heures.

année,  année

24

2
3
4
3
/  3
2
4
2
2

25

DIVISION  TECHNIQUE

MATIÈRES  DE  L’ENSEIGNEMENT.

NOMBRE
d’heures.

annee.  année.

Calculs  commerciaux
Tenue  des  livres
Correspondance  commerciale.
Economie  politique
Droit  de  commerce  et  de
change
Géographie,  commerce  et  sta
tistique
Histoire  commerciale
Chimie

Physique
Etude  des  marchandises  et
technologie
Industrie  et  commerce  autrichiens ­

Comptoir  modèle

Totaux

24

24

Outre  cet  enseignement  obligatoire,  il  y  a  des  cours  libres  de  français,  d’anglais ­
  et  d’italien,  parmi  lesquels  cependant  chaque  élève  doit  au  moins  eu
suivre  un.
Des  laboratoires  très-bien  installés  peuvent  recevoir  les  élèves  qui  désirent
se  préparer  aux  analyses  commerciales  des  denrées.  Cette  étude  constitue  un
enseignement  facultatif.  L’hiver  on  y  fait  les  analyses  qualitatives,  et  l’été  les
analyses  quantitatives.
La  rétribution  scolaire  est  de  ï  57  lï.  5o  gr.  (33o  fr.  70  cent.)  par  an  pour
l’ensemble  des  cours.
        <pb n="242" />
        —  239  —
Depuis  ia  fondation  de  cet  établissement,  ouvert  en  i85y,  le  nombre  des
élèves  y  a  toujours  été  en  croissant;  il  a  suivi  la  marche  indiquée  ci-après  :

1857-1858.  1858-1859.  *  1859-1860.  1860-1861.  1861-1862.  1862-1863.  1863-1864.

50

180

206

384

368

390

422

A  la  fin  des  cours  il  y  a  des  examens  facultatifs,  à  la  suite  desquels  on  délivre, ­
  s’il  y  a  lieu,  des  certificats  de  capacité.
Parmi  les  enseignements  facultatifs,  on  range  la  sténographie,  à  laquelle  on
attache  une  certaine  importance,  et  le  dessin,  que  l’on  cultive  au  point  de  vue  du
goût  artistique  et  commercial.
Outre  les  cours  réguliers  du  jour,  il  y  a  aussi  des  cours  pour  les  personnes
déjà  engagées  dans  les  affaires.  Ils  se  tiennent  le  soir,  de  sept  heures  à  neuf
heures,  depuis  le  mois  d’octobre  jusqu  a  Pâques,  et  sont  fréquentés  par  environ
25o  personnes,  qui  payent  /i  florins  (8  fr.  4o  cent.)  par  cours  particulier,  sauf
ceux  des  langues  vivantes,  pour  lesquels  on  ne  paye  que  2  florins  (4  fr.  20  cent.)
et  celui  de  sténographie,  taxé  à  1  florin  ou  2  fr.  10  cent.
Les  matières  traitées  dans  ces  cours  sont  le  calcul  commercial,  la  tenue  des
livres,  la  correspondance  commerciale,  les  règles  de  commerce  et  de  change,  etc.
les  langues  vivantes  et  la  sténographie.
La  plupart  des  auditeurs  de  ces  cours  du  soir  se  présentent  à  des  examens  pour
obtenir  les  certificats  correspondants.
Dans  cet  établissement  libre,  la  discipline  est  maintenue  par  les  professeurs
au  moyen  d’un  règlement  assez  sévère.

ÉCOLES  SECONDAIRES  (MITTELSCHULEN).  GYMNASES.
Destination.  —  Les  gymnases  ont  pour  but  général  et  spécial  l’enseignement
des  anciennes  langues  classiques  et  de  préparer  aux  études  des  universités.
Ancienne  organisation.  —  Jusqu’à  l’année  18/19,  ^  existait,  dans  les  contrées
allemandes-slaves  de  l’empire  et  dans  le  royaume  Lombard-Vénitien  (dont,  en
i85q,  une  partie  de  la  Lombardie  a  été  séparée),  y  compris  les  établissements
militaires,  92  gymnases  ayant  six  classes,  et  6  gymnases  ayant  quatre  classes.
Le  nombre  des  professeurs  était  de  6/16  et  celui  des  élèves  de  2o3i6.
à9  de  ces  établissements  comprenaient  deux  années  d’études  obligatoires  de
philosophie,  et  avaient  2/19  professeurs  et  4800  élèves.
En  dehors  de  ces  contrées  de  l’empire,  on  avait  organisé,  d’une  façon  géné-
        <pb n="243" />
        râlement  moins  complète,  l’enseignement,  des  gymnases  en  Hongrie,  en  Croatie,
en  Slavonie  et  dans  la  Transylvanie.  11  y  existait  alors  120  gymnases  ayant  en
tout  67  ï  professeurs  et  22807  élèves,  parmi  lesquels  on  comptait  61  gymnases ­
  ayant  des  cours  de  philosophie  avec  200  professeurs  et  2600  élèves.
Réforme.  —  Le  décret  d’organisation  de  18/19  a  élevé  les  gymnases  de
six  classes  à  huit  classes,  en  y  joignant  les  deux  classes  de  philosophie  élémentaire, ­
  et  a  donné  plus  d  étendue  à  l’enseignement  du  grec  et  de  la  littérature
allemande  supérieure;  on  a  réparti  celui  de  l’histoire,  des  mathématiques,  de  la
physique  et  de  l’histoire  naturelle  sur  l’ensemble  des  études.  A  celte  époque,
l’on  a  créé  l’enseignement  dans  les  différentes  langues  de  l’empire,  rejeté  dans
les  universités  les  études  de  philosophie  proprement  dite  et  apporté  de  notables
améliorations  aux  méthodes  d’enseignement.
Un  gymnase  complet  se  compose  actuellement  d’un  gymnase  supérieur  et  d’un
gymnase  inférieur  ayant  quatre  classes.
Le  gymnase  inférieur  prépare  pour  les  écoles  supérieures  comme  le  gymnase ­
  supérieur  ou  l’école  réelle  supérieure.
Le  gymnase  supérieur  donne  un  enseignement  scientifique  plus  complet  et  il
est  l’école  spéciale  préparatoire  aux  études  de  l’université.
il  y  a  des  gymnases  publics  et  des  gymnases  privés.  Les  premiers  seuls
peuvent  donner  des  certificats  de  maturité.
¡Sombre  des  gymnases,  des  professeurs  et  des  élèves.  —  En  1869,  il  y  avait,
dans  l’ensemble  de  la  monarchie,  2/10  gymnases,  dont  1  64  à  huit  classes  et
78  à  quatre  classes,  avec  2454  professeurs  titulaires,  498  professeurs  adjoints
et  5  1  1  2  1  élèves.  Les  règlements  prescrivent  que,  dans  chaque  classe,  il  n’y  ait
pas  plus  de  5o  élèves;  au  delà  de  ce  nombre  on  forme  une  subdivision  de  la
classe.
Un  gymnase  complet  compte  1  8  professeurs  titulaires,  dont  un  remplit  les
fonctions  de  directeur.  Un  gymnase  inférieur  n’a  que  6  professeurs.
Les  places  de  professeur  sont  données  après  un  examen  fait  par  une  commission ­
  universitaire.
Surveillance  et  direction.  —  Pour  chaque  subdivision,  if  y  a  un  professeur
principal  ou  titulaire,  qui  est  le  supérieur  des  autres  professeurs  de  fa  même
classe.  La  réunion  des  professeurs  titulaires  sous  la  présidence  du  directeur
forme  la  conférence  des  professeurs.  L  inspection  immédiatement  supérieure
est  confiée  à  un  membre  du  conseil  d’instruction  agissant  en  qualité  d’inspecteur ­
  de  gymnase.
Le  choix  de  la  langue  dans  laquelle  se  donne  l’enseignement  dépend,  en
        <pb n="244" />
        —  241  —
général,  des  lieux  où  l’autorisation  d’établir  un  gymnase  a  été  accordée  et  des
pays  où  l’on  doit  rechercher  les  professeurs.  On  choisit  d’ailleurs  la  langue  qui
paraît  la  plus  avantageuse  au  développement  rapide  des  élèves.
Organisation  des  études  dans  les  gymnases.—  Les  études  obligatoires  sont  :  la
religion,  le  latin,  l’allemand,  une  seconde  langue  parlée  dans  le  pays,  l’histoire,
Ja  géographie,  pendant  huit  classes;  le  grec  depuis  la  troisième  jusqu’à  la  huitième, ­
  l’histoire  naturelle  dans  la  première,  la  deuxième,  la  cinquième  et  la
sixième;  la  physique  dans  la  troisième,  la  quatrième,  la  septième  et  la  huitième;
les  éléments  de  philosophie  dans  la  septième  et  la  huitième.
Pour  les  autres  études,  telles  que  les  langues  vivantes,  la  calligraphie,  Je
dessin,  le  chant  et  la  gymnastique,  l’enseignement  est  libre.
Le  nombre  des  heures  de  classes  obligatoires  est  compris  entre  vingt-deux  et
vingt-sept  par  semaine.  Le  dimanche  et  deux  demi  journées  dans  la  semaine
devront  être  laissés  sans  cours  obligatoires.
On  ne  fait  pas  d’examens  réguliers  de  fin  d’année;  le  passage  à  une  classe
supérieure  est  accordé  ou  refusé  suivant  le  travail  de  l’année,  et  l’examen  n’a
lieu  que  dans  les  cas  douteux.  Pour  entrer  aux  universités,  il  faut  avoir  obtenu,
à  la  sortie  d’un  gymnase,  un  certificat  de  maturité,  et  l’examen  pour  l’obtenir  a
lieu  sous  la  direction  de  (  inspecteur  du  gymnase.
Les  élèves  qui  ont  fait  des  études  privées  peuvent  également  se  présenter  à
ces  épreuves,  à  la  condition  de  passer  régulièrement  des  examens  semestriels.
Livres  d'enseignement.  —  L’autorité  supérieure  pour  l’instruction  ne  rend  pas
obligatoire  l’emploi  de  livres  déterminés.  Elle  indique  seulement  ceux  que  l’on
peut  employer,  et,  pour  une  même  classe,  il  peut  y  en  avoir  plusieurs.
Rétribution  scolaire.  —  Le  montant  de  la  rétribution  annuelle  aux  gymnases
subventionnés  par  l’Etat  varie  de  8  fl.  4  kr.  à  j  2  11.  6  kr.  (i  7  fr.  60  cent,  à  2  fi  fr.
65  cent.).
La  bonne  conduite  et  les  progrès  d’un  élève  pauvre  peuvent  lui  faire  accorder
la  gratuité.  Outre  ces  rétributions,  il  y  a  à  payer  un  droit  d  admission  de  2.1  florins ­
  pour  l’acquisition  du  matériel  d’études  et  les  taxes  des  examens  de  maturité ­
  pour  rémunérer  les  examinateurs.
Dans  l’ensemble  des  gymnases  autrichiens,  la  somme  des  rétributions  scolaires ­
  s’est,  élevée,  en  i85q,  à  2761872  florins  (603  181  2  francs).
Il  y  a  un  grand  nombre  de  bourses  fondées  par  l'État,  par  des  corporations
ou  des  particuliers,  ce  qui  permet  aux  jeunes  gens  pauvres  doues  de  capacité  de
suivre  ces  études.
En  1809,  2881  jeunes  gens  jouissaient  de  bourses,  dont  l’ensemble  montait
à  la  somme  de  207098  florins  ou  686906  francs,  ce  qui  montre  que  le
31
        <pb n="245" />
        nombre  des  élèves  boursiers  est  à  celui  des  élèves  payants  à  peu  près  dans  le
rapport  de  6,35  à  6,o3.
Collections  d’objets  d’enseignement.  —  Jusqu’en  1869,  plupart  des  gymnases
manquaient  d’objets  de  ce  genre,  mais  à  dater  de  cette  époque,  grâce  à  l’active
coopération  de  l’Etat,  des  communes  et  des  particuliers,  leur  nombre  a  augmenté ­
  à  tel  point  que,  dans  certains  gymnases,  la  bibliothèque  compte  des  milliers ­
  de  volumes,  les  cabinets  de  physique  plus  de  1000  appareils,  et  certaines
collections  plus  de  20000  objets.
Dépenses.  —  La  dépense  totale  d’un  gymnase  est  de  1  2000  florins  (26200  fr.).
Les  appointements  des  professeurs  varient  de  735  à  io5o  florins  (i563  à
22o5  francs).  Celui  des  directeurs  de  ii5oà  1  365  florins  (261  5  à  2866  fr.).
Après  chaque  période  de  dix  ans  de  service,  il  y  a  pour  tous  les  professeurs
io5  florins  d’augmentation  (220  francs),  et  après  trente  ans  de  service,  si  un
professeur  ne  peut  plus  continuer  ses  fonctions,  il  n’en  reçoit  pas  moins  ses
honoraires  complets.
ÉCOLES  RÉELLES.
Jusqu’à  l’année  i85o,  les  écoles  réelles  (il  n’y  en  avait  alors  que  cinq)  étaient
en  rapport  direct  avec  les  instituts  techniques,  dont  elles  étaient  les  écoles  préparatoires. ­
  L’enseignement  consistait  surtout  à  apprendre  les  éléments  du  calcul  et
des  mathématiques,  les  études  humanitaires  n’y  étaient  que  faiblement  représentées. ­
  Les  élèves  sortant  de  la  quatrième  classe  des  écoles  primaires  supérieures ­
  y  étaient  admis.
Ces  écoles  réelles  consistaient  alors  en  deux  années  d’études.
Réforme.  —La  réorganisation  de  ces  écoles  date  d’un  décret  du  2  mars  1  85  1,
dans  lequel  les  bases  de  l’organisation  de  l’enseignement  industriel  et  de  l’établissement ­
  des  écoles  réelles  ont  été  posées.
Elles  furent  alors  toutes  organisées  en  établissements  distincts  sous  une
direction  particulière  et  distinguées  en  écoles  réelles  inférieures  avec  trois
années  de  cours  et  en  écoles  réelles  supérieures  ayant  six  années  de  cours.
Le  but  de  ces  écoles  réelles  est  aujourd’hui  de  donner  aux  élèves,  outre  une
éducation  générale,  sans  embrasser  l’étude  des  langues  anciennes,  un  degré
moyen  d’instruction  pour  les  professions  industrielles  et  qui  puisse  leur  servir
également  de  préparation  pour  les  écoles  d’enseignement  technique.
Les  écoles  réelles  inférieures,  ainsi  que  les  trois  premières  années  de  classes
des  écoles  réelles  supérieures,  donnent  une  instruction  suffisante  pour  les  professions ­
  industrielles  les  plus  ordinaires,  et  préparent  également  pour  les  trois
années  suivantes  d’études  d’une  école  réelle  supérieure.
        <pb n="246" />
        Les  études  des  élèves  des  trois  premières  classes,  qui  constituentl’école  réelle
inférieure,  forment  un  ensemble  tel  que  les  élèves  qui  en  ont  profité,  peuvent
entrer  dans  la  pratique  des  arts  industriels  avec  une  instruction  très-satisfaisante. ­
  L’on  pourra  en  juger  par  les  détails  suivants  que  nous  croyons  utile  de
faire  connaître.
Le  dessin  est  enseigné  dès  les  premières  classes,  d’après  des  modèles  en
relief,  et  l’on  n’y  fait  faire  quelques  copies  que  pour  apprendre  aux  élèves  la
manière  même  de  manier  le  crayon.
Dans  la  première  année,  les  élèves  do  la  première  classe,  âgés  de  onze  ans,
s’exercent  à  des  dessins  de  géométrie  élémentaire  à  main  levée  et  à  des  croquis
de  corps  solides  de  formes  géométriques  d’après  des  modèles  analogues  à  ceux  de
la  méthode  Dupuis.  L’emploi  de  la  règle  et  du  compas  ne  leur  est  pas  permis.
A  la  deuxième  année,  les  élèves  de  la  deuxième  classe,  âgés  de  douze  ans,
exécutent  les  constructions  élémentaires  de  la  géométrie  au  compas  et  à  la
règle.  Ils  continuent  aussi  le  dessin  à  main  levée  des  ornements  d’après  des  moulages, ­
  font  quelques  copies  de  tête,  et  finissent  par  dessiner  d’après  la  bosse.
Dans  la  troisième  classe,  qui  contient  des  élèves  de  treize  à  quatorze  ou
quinze  ans,»le  dessin  reçoit  un  développement  considérable,  surtout  au  point
de  vue  des  applications  à  la  pratique  des  industries  auxquelles  ils  se  destinent.
A  cet  elfet,  ou  fait  exécuter  plus  spécialement  à  chaque  élève  les  dessins  qui
doivent  lui  être  particulièrement  utiles.  La  liste  suivante  de  la  collection  des
travaux  exécutés  en  i  862-1863  dans  cette  classe  à  l’école  impériale  et  royale  de
Landstrasse,  h  Vienne,  indique  à  la  fois  la  direction  suivie  et  son  utilité
immédiate  (1) .
Dessins  exécutés  dans  la  8 e  classe  de  l’école  réelle  impériale  et  royale  de  l re  classe

de  Vienne.
Assemblages  de  charpente  lavés  à  l'effet  6  feuilles.
i  Fermes  en  charpente  2
I  Pilots  et  moulons  1
i  Toitures  (dispositions  générales)  9
Charpenterie.../  Grandes  charpentes..  9
1  Appentis  1
I  Charpentes  complexes,  noues,  etc  °
!  Planchers  I
Cintres  en  charpente

35

O  La  collection  entière  de  ces  dessins  exécutés  par  les  élèves  nous  a  été  envoyée  de
Vienne  à  notre  demande.
        <pb n="247" />
        —  244  —

Maçonnerie..  .  .  i

Éléments  de  constructions  en  maçonnerie,  appareils  simples ­

Gros  œuvre  de  serrurerie  de  bâtiment
Pénétrations  de  voûtes
Coupe  des  pierres;  voûtes  simples,  biaises;  pénétrations;
voûtes  en  cul-de-four,  surbaissées
Vestibules,  en  plate-bande  ou  voûtés
Cintres  courbes.  Étançonnage  des  plaies-bandes
Escaliers  droits,  tournants,  à  vis
Fenêtres,  maçonnerie  et  menuiserie
Cheminées
Foyers  divers,  fours
Lieux  d’aisances,  communs
Projets  de  bâtiments.  —  Habitations  de  campagne
Ordres.  —  Ensembles  et  détails
Compositions  de  façades
Toitures

5  feuilles.
3
4
8
3
3
7
8
3
3
4
6
16
5
2

8o

ÉLÈVES  DE  SEIZE  À  DIX-SEPT  ANS.

Charpentes  à  grandes  portées
Voûtes
_.  ,  .  A  .  ...  (  École  réelle  supérieure  communale  de  Vienne.
(  Idem  de  Iroppau
Machines.  —Courbes  géométriques.  —  Mécanique
Engrenages
Paliers;  arbres;  manchons;  pistons
Pompes;  pistons  à  vapeur;  volants
Moulins  à  farine
Roues  hydrauliques,  à  augets;  à  aubes  courbes;  à  augets
en  dessus
Régulateur  parabolique.
Lavis;  manivelles;  manchons;  bielles,  freins,  etc
Machines  diverses
Dessins  de  la  carte

Machines

2
i
6
4

3
3
i
i
3
i
5
5
5

DESSIN  k  MAIN  LEVEE.

Ornements  d’après  le  relief.  8
Ornements  et  têtes  copiés  a
Tête  d’après  nature  et  la  bosse  5

(')  Mous  joignons  à  ce  rapport  le  dessin  de  l’école  réelle  communale  de  Vienne,  pl.  11.
        <pb n="248" />
        Nota.  Pour  l’enseignement  de  la  géométrie  descriptive,  ou  se  sert  beaucoup
des  plans  rectangulaires  et  des  liebes  qui  rendent  sensibles  aux  yeux  toutes  les
règles  des  projection^.  C’est,  du  reste,  le  mode  d’enseignement  qui  avait  été
proposé  et  employé  par  M.  Olivier,  professeur  au  Conservatoire  des  arts  et
métiers.  Son  appareil  était  formé  de  deux  plans  articulés  à  charnière,  en  bois
recouvert  de  liège  dans  lequel  on  plantait  des  fiches  représentant  les  lignes  de
projection.
Observation  sur  l  enseignement  des  écoles  réelles  inférieures.  —  L’on  voit,  par  le
choix  et  le  nombre  des  sujets  traités  dans  les  trois  années  d’études,  que  les
jeunes  gens  qui  se  destinent  aux  industries  pratiques  de  la  construction  des
bâtiments  et  des  machines  peuvent  sortir  d’une  de  ces  écoles  réelles  inférieures
avec  une  instruction  déjà  suffisamment  complète  pour  devenir  plus  tard  des
entrepreneurs  de  travaux  capables  de  comprendre  les  projets  à  exécuter  et  de
reproduire  leurs  propres  idées  par  le  dessin.
Ces  écoles  réelles  inférieures  sont  donc,  en  fait,  pour  les  jeunes  gens,  des
écoles  qui  les  rendent  susceptibles  de  devenir  des  maîtres  ouvriers,  des  contremaîtres ­
  et  des  conducteurs  de  travaux,  quand  ils  auront  acquis  dans  les  ateliers
et  les  chantiers  la  pratique  du  métier.
Classes  supérieures.  —  Les  jeunes  gens  qui  veulent  continuer  leurs  études
passent  ensuite  aux  quatrième,  cinquième  et  sixième  classes,  pour  lesquelles
l’enseignement  du  dessin  est  encore  à  la  fois  théorique  et  technique.  Les  sujets
des  dessins  exécutés  à  la  même  école  en  j  863  sont  les  suivants  :

QUATRIÈME  CLASSE.
Feuilles.
Perspectives  à  main  levée  d’après  des  objets  réels  d’aborl

simples,  formés  de  lignes  droites  et  ensuite  plus  composés.  3o
Figures  géométriques  tracées  au  compas  et  à  la  règle,  cercles,
tangentes,  figures  composées,  sections  coniques,  courbes
diverses  17
Dessin  à  main  levée.  —  Ornements  et  figures  copiées  7
Ornements  et  figures  d’après  des  modèles  en  relief.  .  8
Tête  d’après  nature  1

63

CINQUIÈME  CLASSE.  ¿LÈVES  DE  SEIZE  À  D1X-SERT  ANS.
Epures  de  géométrie  descriptive  complètes,  projections  simples
et  composées  d’objets  de  toutes  formes,  d’ornements,  de
figures,  perspective.  Intersections  et  pénétrations.  Ombres.

88
        <pb n="249" />
        —  2  40

SIXIÈME  CLASSE.
Feuilles.
Lavis  el  dessins  coloriés.  Ornements  d’après  des  modèles

agrandis  y
Dessins  à  la  mine  de  plomb  2
Figures  d’après  la  bosse  2
Figures  d’après  nature  2

Enseignement.  —  Les  études  obligatoires  des  écoles  inférieures  comprennent
la  religion,  les  langues,  fhistoire,  la  géographie,  l’arithmétique,  l’histoire  naturelle, ­
  les  éléments  de  physique  et  de  chimie,  le  dessin  et  la  calligraphie.
L’étude  de  la  seconde  langue  du  pays  n’est  obligatoire  que  pour  ceux  dont
elle  est  la  langue  maternelle  (attendu  qu’à  Vienne  l’enseignement  se  donne  en
allemand).
Le  chant,  la  gymnastique  et  la  sténographie  ne  sont  pas  obligatoires.
Les  méthodes  d’enseignement  doivent  être  principalement  simples  et  populaires. ­

Dans  les  trois  classes  supérieures,  l’enseignement  doit  suivre  une  marche
plus  scientifique,  de  manière  à  donner  une  idée  générale  des  connaissances
humaines  en  même  temps  qu’une  préparation  pour  les  études  techniques.  On
ajoute  aux  études  des  écoles  réelles  inférieures  les  mathématiques  élémentaires.
Au  lieu  de  l’arithmétique,  l’étude  des  machines  y  devient  obligatoire.  La  calligraphie ­
  ne  l’est  pas,  et  les  langues  vivantes,  telles  que  l’italien,  le  français,
l’anglais,  y  sont  enseignées  mais  non  obligatoires.
Le  nombre  des  écoles  réelles  indépendantes  organisées  conformément  aux
instructions  était,  en  i85q,  de  5s;  celui  des  professeurs  de  5ao  et  celui  des
élèves  de  qq3q.
Le  nombre  des  heures  de  classes  pour  les  cours  obligatoires  varie  de  trente
à  trente-quatre.
L’organisation  de  ces  écoles  est,  pour  l’enseignement  et  pour  la  discipline,
exactement  la  même  que  pour  les  gymnases.  Le  nombre  des  professeurs  est
aussi  de  douze  pour  une  école  reelle  supérieure,  et  de  six  à  sept  pour  une
école  inférieure.  Celui  des  élèves  dune  même  classe  ne  doit  pas  dépasser
quatre-vingts,  et  pour  le  dessin,  s’il  y  a  plus  de  cinquante  élèves,  on  donne  un
adjoint  au  professeur.
Recrutement  des  professeurs.  —Tout  candidat  à  un  emploi  de  professeur  doit
d’abord  passer  un  examen  devant  une  commission  établie  à  Vienne,  pour
prouver  qu’il  a  les  connaissances  scientifiques  nécessaires,  et  qu’il  a  une  bonne
méthode  d’enseignement.
        <pb n="250" />
        —  247  —
Il  doit  subir  une  année  d’épreuve  de  professorat  dans  une  école  réelle  publique. ­

Les  professeurs  ont  le  droit  de  choisir  les  livres  d’enseignement  qu’ils  veulent
suivre  parmi  ceux  qui  sont  autorisés  par  l’autorité  supérieure  pour  l’enseignement. ­

Rétributions  et  dépenses.  ■—  La  rétribution  annuelle  dans  les  écoles  réelles
varie  suivant  les  localités  de  8  à  20  florins  (16  fr.  20  cent,  â  42  francs).  Les
cas  d’exemption  de  payement  sont  les  mêmes  que  pour  les  gymnases.  Le  droit
d’admission  est  de  2,1  florins  (4  fr.  4o  cent.)  et  n’est  payé  qu’une  fois.  Il  est
destiné  à  couvrir  les  frais  d’acquisition  des  objets  d’enseignement.  Si  son  produit
ne  suffît  pas,  il  y  est  suppléé  par  une  dotation.
Les  appointements  des  professeurs  sont  de  63o,  84o,  io5o,  1260  florins
(  i  3  2  3,  1764,  2  2  o  5  ,  2646  francs),  avec  augmentation  décennale  de
210  florins.  Les  fonctions  supplémentaires  de  directeur  sont  rétribuées  de
210  à  3  1  5  florins  (44o  à  660  francs).  La  dépense  annuelle  d’une  école  réelle
inférieure  est  de  8000  à  11100  florins  (16800  à  28100  francs),  et  celle
d’une  école  réelle  supérieure,  de  i5  à  20000  florins  (3i5oo  à  42000  francs).
Les  dépenses  sont  supportées  pour  les  écoles  impériales  et  royales  par  les
royaumes  respectifs;  pour  les  écoles  réelles  communales,  parles  fonds  communaux, ­
  et  pour  les  établissements  privés  par  les  dotations  particulières.  Beaucoup ­
  d’écoles  réelles  sont  subventionnées  en  partie  par  les  communes  et  en
partie  par  les  fonds  publics.  Le  montant  de  la  rétribution  appartient  aux
caisses  qui  subventionnent.
Surveillance  et  direction.  —  Le  directeur  et  près  de  lui  le  conseil  des  professeurs ­
  sont  appelés  à  la  direction  de  l’école.  Les  écoles  réelles  sont  sous  la
surveillance  immédiate  de  l’autorité  gouvernementale  du  pays,  représentée  par
un  conseiller  des  écoles.
ÉCOLE  RÉELLE  SUPERIEURE  DE  PRAGUE.
Cette  école,  dont  à  travers  des  transformations  successives  commandées  par
les  besoins  et  par  les  progrès  de  l’industrie,  les  habitants  de  la  Bohême  font,
avec  un  légitime  orgueil,  remonter  l’origine  à  l’année  i5y6,  et  au  règne  de
Rodolphe  II,  c’est-à-dire  à  une  époque  bien  antérieure  à  la  fondation  de  la  plupart ­
  de  celles  qui  existent  aujourd’hui  en  Allemagne,  suit,  pour  l’ensemble  des
études,  des  programmes  analogues  à  ceux  des  écoles  de  Vienne,  comme  on  peut
le  voir  par  le  tableau  ci-dessous.
Les  élèves  sont  partagés  en  six  classes  qui  exigent  six  années  d’études.  Les
        <pb n="251" />
        —  248  —
programmes  contiennent  les  matières  suivantes,  auxquelles  on  consacre,  par
semaine,  le  nombre  d’heures  indiquées.

Enseignement  religieux  2 h  2 h
Langue  allemande  4  4
Géographie  et  histoire  3  3
Arithmétique  4  4
Histoire  naturelle  2  2
Connaissances  utiles  2  3
Langue  bohémienne  3  3
Calligraphie  2  2
Dessin  à  main  levée  //  6
Chimie
Construction  de  bâtiments
Mathématiques
Dessin  linéaire
Physique
Description  de  machines
Dessin  de  machines
Modelage
Géométrie  et  dessin  graphique.  ...  10
Italien  J
Français  &amp;gt;  En  dehors  des  classes
Sténographie  )

1"
CLASSE.

2«
CLASSE.

3'
CLASSE.

4=CLASSE.


2“
3  5
3  5

5'
CLASSE.

6'
CLASSE.

6
2
//
2
2
4
2
2
4
//
2
2
.  2

TOTAUX.

12
23  5
20  5
11
10
5
18
8
31
12
2
15
8
h

14

On  voit,  par  cette  répartition,  le  soin  que  l’on  apporte  à  l’enseignement  religieux, ­
  à  celui  des  langues  nationales  allemande  et  bohémienne  et  à  celui  du
dessin  à  main  levée.
Six  heures,  au  moins,  sont,  pendant  cinq  ans,  consacrées  par  semaine  à  ce
genre  de  dessin,  et  deux  è  quatre  heures  seulement  pendant  trois  ans  au  dessin ­
  linéaire.  Aussi  les  succès  des  élèves  sont-ils  remarquables  et  supérieurs  à
ce  que  nous  avons  vu  partout  ailleurs.  Le  modelage  pratiqué  dans  la  sixième
année  paraît  aussi  réussir  très-bien;  on  suit  complètement  la  méthode  Dupuis,
dont  on  a  tous  les  modèles.
En  i8ôy,  les  élèves  étaient  répartis  ainsi  qu’il  suit  :
        <pb n="252" />
        32

249  —

Age  :  io  ans.

1  2.
j3.
i4.
i  5.
16.
1 7*
18.
19-20.


CLASSE.

60

CLASSEMENT
6
13
18
25
9
2

2'
CLASSE.

45
PAH  ÂGE
1
3
16
9
14
10
4
2
1

3 e
CLASSE.

77

4«
CLASSE.

117

À  L’ENTRÉE.

4
21
26
28
9
6

2
19
38
49
20
6

CLASSE.

82

6
10
34
27
16
3
2

fi c
CLASSE.

51

2
2
9
20
10
3
3

TOTAL.

432

Sur  51  3  élèves,  étaient  Bohémiens;  /i35,  catholiques;  7,  protestants;
71,  israélites.
La  bibliothèque  contient  près  de  1  5oo  volumes.  La  rétribution  scolaire  annuelle ­
  est  calculée  à  raison  de  1/2  florin  ou  1  fr.  28  cent,  par  heure  de  cours
hebdomadaire.  Ainsi  une  année  de  cours,  qui  a  trente  leçons  par  semaine,
coûte  i5  florins,  ou  3i  fr.  5o  cent,  par  an.
De  toutes  les  écoles  réelles  que  nous  avons  visitées,  celle  de  Prague  est  certainement ­
  celle  où  le  dessin  linéaire  est  le  plus  parfait,  et  nous  croyons  pouvoir  l’attribuer ­
  en  grande  partie  au  développement  donné,  à  l’origine,  à  celui  du  dessin
à  main  levée,  qui  habitue  de  bonne  heure  les  élèves  à  la  légèreté  du  trait.
L’enseignement  est  donné  en  allemand  et  en  bohémien;  mais  les  professeurs ­
  sont  libres  du  choix  de  la  langue  dans  laquelle  ils  veulent  parler.  Il  y  a
quelquefois  des  professeurs  des  deux  langues  pour  un  meme  cours.
Les  salles  d’étude,  les  amphithéâtres,  les  laboratoires  sont  vastes  et  bien
disposés.  Des  collections  sont  très-convenablement  pourvues  de  modèles.  Un
atelier  de  modelage  peut  recevoir  jusqu’à  2.5  élèves  à  la  fois,  et  il  est  très-fréquenté.

ÉCOLE  RÉELLE  X  TRÜBAU.
Cette  école  réelle,  que  nous  n  avons  pas  visitée,  a  été  l’occasion  d’un  essai
que  l’on  a  voulu  faire  de  la  réunion  des  élèves  d’un  gymnase  à  ceux  d'une  école
réelle  pour  certaines  classes,  sous  la  direction  des  mêmes  professeurs.
Le  point  de  départ,  et  surtout  le  but  des  élèves  n’étant  pas  le  même,  et  les
        <pb n="253" />
        —  250  —

professeurs  du  gymnase  peu  familiarisés  avec  les  détails  technologiques,  l’enseignement ­
  donné  n’était  pas  assez  scientifique.  Il  était  un  peu  trop  faible  pour
les  élèves  des  gymnases,  et  trop  élevé  pour  ceux  des  écoles  réelles.  On  a  dû
renoncer  à  ce  système  qui,  en  France,  produirait  probablement  des  résultats
encore  moins  favorables.
ÉCOLES  RÉELLES  SUPÉRIEURES  DE  VIENNE.
Nous  avons  visité  dans  cette  ville  deux  écoles  réelles  supérieures,  l’une  impériale ­
  et  royale,  appartenant  à  l’Etat;  l’autre  communale,  fondée  par  la  ville.
Toutes  deux  ont  six  classes  d’études  exigeant  au  moins  six  années.
La  première,  dont  nous  avons  déjà  parlé,  est  située  Landstrasse,  dans  un
bâtiment  pris  en  location  (ancien  hôtel  du  prince  Lichtenstein  ).  Elle  a  des  collections ­
  nombreuses,  principalement  en  minéralogie  et  en  histoire  naturelle.  Le
nombre  des  professeurs  est  de  douze,  dont  six  ont  1200  florins  (2620  francs)
de  traitement;  les  six  derniers  nommés  n’ont  que  1000  florins  (2100  francs)
et  obtiennent  1210  florins,  dès  que  l’un  des  six  premiers,  après  dix  ans  d’exercice, ­
  obtient  l’augmentation  de  120  florins  (44i  francs)  à  laquelle  ils  ont  tous
droit.  Outre  cet  avantage,  les  professeurs  ont  celui  de  devenir  inamovibles,
après  dix  années  de  service.  Ils  ne  peuvent  être  destitués,  mais  simplement  mis  à
la  retraite.  Enfin  les  professeurs  reçoivent  une  indemnité  de  logement  de
120  florins  (252  francs).
Des  laboratoires  bien  installés  permettent  de  faire  faire,  aux  élèves  qui  le
désirent,  des  manipulations  élémentaires.
Un  atelier  de  modelage  est  destiné  à  la  pratique  de  cet  art,  et  les  élèves  sont
exercés  à  modeler  d’après  un  dessin  et,  réciproquement,  à  représenter  l’objet
modelé  par  le  dessin.
Les  salles  de  dessin  sont  très-belles  et  bien  éclairées;  les  élèves  y  ont  toute
la  place  nécessaire.  Pour  le  dessin  d’après  la  bosse  ou  le  modèle  en  relief,
même  élémentaire,  on  a  disposé  des  cabinets  ou  cellules  garnies  de  toiles  vertes,
et  où  les  modèles  sont  éclairés  par  un  bec  de  gaz  unique,  afin  que  les  ombres
soient  mieux  accusées.
Le  temps  consacré  aux  leçons  et  aux  travaux  graphiques,  sous  la  direction
des  professeurs,  est  réparti  comme  il  est  indiqué  dans  le  tableau  suivant  :
        <pb n="254" />
        32.

—  251

Tableau  du  nombre  d’heures  consacrées  par  semaine  aux  divers  enseignements.

Religion
Arithmétique
Mathématiques
Allemand
Géographie  et  histoire
Histoire  naturelle
Physique  .  .  •
Chimie
Ecriture  ou  calligraphie.  .  .  .
Dessin  à  main  levée
Géométrie  descriptive,  dessin,
Dessin  linéaire  de  bâtiments  .
Dessin  de  machines
Leçons  sur  les  machines.  .  .  .
Modelage

ire
CLASSE.

CLASSE.

3'
CLASSE.

CLASSE.

ENSEIGNEMENT  OBLIGATOIRE.

ENSEIGNEMENT  FACULTATIF.

CLASSE.

Langue  anglaise.
Langue  italienne.
Langue  française
Sténographie  .  .  .
Chant
Gymnastique..  .  .

CLASSE.

TOTAUX.

12
11
16
26
21
8
14
12
8
39
4

2
12

5  heures  par  semaine.
3  Idem.
3  Idem.
2  Idem.
2  Idem.
2  Idem.

On  voit,  par  ce  tableau,  quelle  importance  prépondérante  on  donne  à  l’enseignement ­
  du  dessin  à  main  levée,  presque  exclusivement  montré  d’après  des
modèles  en  relief,  et  auquel  on  consacre,  pour  les  six  classes,  trente-neuf  h  eures
par  semaine,  tandis  que,  pour  le  dessin  linéaire  au  compas  et  à  la  règle  on
n’accorde  que  dix-sept  heures.
Malgré  cette  grande  attention  apportée  au  dessin  à  main  levée,  dans  lequel
les  élèves  réussissent  bien,  le  dessin  linéaire  manque  un  peu  de  finesse  et  de
légèreté.
Examens.  —  A  la  fin  de  chaque  année  il  y  a  un  examen  et  des  notes  données ­
  pour  le  passage  aux  classes  supérieures.  D’après  les  renseignements  et  les
notes  de  chaque  professeur,  l’on  fait  le  classement  des  élèves,  et  toute  note
constatant  l'insuffisance  en  une  seule  matière  de  l’enseignement  empêche  un
élève  de  passer  dans  la  classe  supérieure,  et,  pour  sa  sortie,  le  prive  du  certi-
        <pb n="255" />
        íicat  de  satisfaction  nécessaire  pour  l’admission  aux  instituts  techniques.  On
voit,  par  ces  règles,  que  l’externat  peut  se  concilier  avec  des  mesures  de  discipline ­
  sévère.
Lorsqu’un  élève  quitte  la  sixième  classe  d’une  école  réelle  supérieure  avec
le  certificat  d’éminence,  il  est  admis  de  droit  dans  la  première  classe  de  l’institut ­
  polytechnique,  sinon,  pour  y  entrer,  il  doit  faire  une  année  d’études  préparatoires. ­

Les  examens  des  écoles  sont  très-sérieux,  et  l’année  dernière,  i  863,  le
nombre  des  élèves  auxquels  on  a  refusé  le  passage  d’une  classe  à  l’autre  a  été  :
l"  CLASSE,  2'  CLASSE,  3'  CLASSE,
de  60  p  .0/0.  .  de  45  p.  o/o.  de  35  p.  o/o.
et  sur  les  six  classes  en  moyenne  de  33  p.  o/o.
La  rétribution  scolaire  à  Vienne  est  de  18  à  20  florins  (3y  fr.  80  cent,  à
4  2  francs)  par  an.  Les  élèves  qui  veulent  travailler  au  laboratoire  de  chimie
payent  en  outre  2  florins  (4  fr.  20  cent.)  d’entrée  et  1  florin  (2  fr.  10  cent.)
par  mois.  Les  réactifs  leur  sont  fournis  par  l’Etat.
ÉCOLE  RÉELLE  SUPERIEURE  COMMUNALE  DE  VIENNE  (VORSTADT  WIEDEN^.
Cette  école,  fondée  par  la  ville  et  administrée  par  elle,  est  du  même  ordre
que  celle  de  l’Etat.  Le  bâtiment  est  très-beau  et  fort  convenablement  disposé,
comme  on  peut  en  juger  par  les  plans  et  la  vue  que  nous  joignons  à  ce  rapport.
PI.  II.
Les  salles  d’études,  de  dessin,  les  laboratoires  sont  vastes  et  bien  éclairés.
Des  collections  fort  convenables  sont  organisées.
Le  dessin  y  est  enseigné  d’après  les  objets  et  les  modèles  en  relief.  Le  dessin
à  main  levée  a,  dans  la  répartition  du  temps,  une  part  beaucoup  plus  grande  que
le  dessin  linéaire  :  quand  le  premier  a  trente-huit  heures  réparties  sur  les  diverses ­
  classes,  le  deuxième  n’en  a  que  huit,  et  cependant  le  dessin  linéaire  est
satisfaisant.
Les  matières  de  l’enseignement  sont  réparties  ainsi  qu’il  va  suivre.
        <pb n="256" />
        i

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        <pb n="257" />
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iS:  %

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G

Appareil
//&amp;lt;■  (/¿stillation

Depot
d  'i/i.vtru/nents

c

c/q

TT

Loqo  tlu  portier.

■-o.

c

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O

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        <pb n="258" />
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ftl
        <pb n="259" />
        Tableau  des  nombres  d’heures  consacrées  par  semaine  aux  divers  enseignements.

Religion
Arithmétique
Mathématiques
Allemand
Géographie  et  histoire
Histoire  naturelle
Physique
Chimie
Écriture  et  calligraphie
Géométrie  descriptive
Dessin  à  main  levée
Dessin  linéaire  de  bâtiments  et  de
machines
Leçons  sur  les  machines
Construction  de  bâtiments

Total  des  heures  de  leçons
par  classe  et  par  semaine.

COURS.

2
4
5
3
2
2
«
2
il
10

30

2°
COURS.

31

3 e
COURS.

31

4 e
COURS.

32

5 e
COURS.

32

6'
COURS.

32

TOTAL.

12
12
18
26
21
10
13
12
8
a
38
8
2
2

L’on  voit,  par  ce  tableau,  qu*e  la  répartition  du  temps  et  des  leçonspst  pour
ainsi  dire  identique  avec  celle  qui  est  en  usage  à  l’école  impériale  et  royale  de
Landstrasse.  Il  en  est  de  môme  de  la  répartition  des  sujets  de  dessin  qui,  après
avoir  été  relatifs  aux  questions  d’enseignement  général,  sont  répartis  en  spécialités ­
  distinctes  d’industrie.
Les  élèves  qui  veulent  travailler  au  laboratoire  payent  un  florin  par  mois  pour
deux  séances  de  trois  heures  chacune  par  semaine,  pendant  la  saison  des  vacances. ­

La  collection  minéralogique  et  technologique  est  remarquable,  très-bien
tenue  et  bien  fournie  de  minéraux  utiles.
A  la  fin  de  chaque  année  de  cours,  les  élèves  reçoivent  des  notes  de  chacun
des  professeurs,  et  ceux  qui  ont  pour  note  :  Instruction  insuffisante,  pour  une
seule  partie  de  l’enseignement,  ne  sont  pas  admis  à  passer  dans  la  classe  supérieure. ­
  Ces  notes  sont  données  avec  beaucoup  de  sévérité,  comme  nous  avons
pu  nous  en  assurer  par  l’examen  des  registres.  Aussi  cette  école  passe-t-elle
pour  être  très-sévère.
        <pb n="260" />
        25/i  —

Nombre  des  élèves  auxquels  il  a  été  donné  et  refusé  des  certificats.

1"  ANNEE.

Donné.

59

Rel'usé.

12

2 e  ANNEE.

Donné.

48

Refusé.

22

3»  ANNEE.

Donné.

49

Refusé.

10

4 e  ANNEE.

Donné.

47

Refusé.

9

5'  ANNEE.

Donné.

36

Refusé.

6«  ANNEE.

Donné.

34

Refusé.

Total.  .  .  .  273  certificats  donnés,  59  refusés,  soit  0.22  p.  0/0.

La  sévérité  des  examens  et  des  notes  de  fin  d’année  est,  comme  on  le  voit,
assez  grande  pour  assurer  la  force  des  études.
Le  nombre  des  élèves  dans  les  différentes  classes  se  répartit  ainsi  qu’il
suit  :

1"  ANNEE.

78

2 e  ANNEE.

81

3 e  ANNEE.

69

4'  ANNEE.  !  5»  ANNEE.

69

68

6 e  ANNEE.

48

TOTAL.

413

Une  grande  partie  des  élèves  de  la  sixième  classe  ou  année  se  présente  à  l’institut ­
  polytechnique  ou  aux  écoles  militaires  de  1  artillerie  et  du  genie.
ÉCOLE  RÉELLE  COMMUNALE  DE  SECOND  ORDRE  DU  FAUBOURG  GUMPENDORF,
À  VIENNE.

Cette  école  de  deuxième  ordre  a  eu,  en  1862,  environ  180  eleves  dans  ses
trois  classes.  L’enseignement  y  est  réglé  comme  dans  les  classes  inferieures
correspondantes  des  écoles  réelles  supérieures.
La  sévérité  des  examens  de  passage  et  de  sortie  y  est  au  moins  aussi  grande,
car  en  1862,  sur  178  élèves,  1  i  7  seulement  ont  ete  admis,  soit  au  passage
des  classes  supérieures,  soit  à  1  obtention  du  certificat,  et  56.  soi!  82  p.  0/0,
ont  été  refusés.
ÉCOLE  RÉELLE  INFÉRIEURE  ÉVANGÉLIQUE  DE  VIENNE.
Outre  les  écoles  royales  et  impériales  et  les  écoles  communales  réelles,  il  en
existe  encore  d’autres,  à  titre  d’écoles  libres  autorisées  par  le  gouvernement
De  ce  nombre  est  une  école  évangélique  réelle,  de  degré  inférieur,  ayant
seulement  trois  classes,  à  laquelle  sont  annexées  deux  écoles  primaires,  l’une
pour  les  garçons  et  l’autre  pour  les  filles.
        <pb n="261" />
        —  255  —
Cette  école,  construite  par  souscription  sur  un  terrain  donné  par  la  ville,  a
coûté  2/10000  florins  (5oàooo  francs)  d’établissement;  son  budget  annuel
est  de  3oooo  florins  (63ooo  francs).  Elle  a  une  bibliothèque  de  i  5ooo  volumes ­
  à  l’usage  des  professeurs.
Les  élèves  de  l’école  primaire  y  entrent  après  quatre  années  d’études,  c’està-dire
  à  dix  ou  onze  ans.
Les  études  sont  réglées  comme  il  est  indiqué  au  tableau  suivant.
J'ableau  des  nombres  d’heures  consacrées  aux  divers  enseignements.

Religion
Arithmétique
Allemand
Géographie  et  histoire.  .
Histoire  naturelle
Physique
Écriture  ou  calligraphie
Dessin  à  main  levée...  .
Dessin  linéaire
Géométrie
Chant
Chimie

Totaux.

l re
CLASSE.

26

2'
CLASSE.

26

CLASSE.

26

TOTAUX.

6
9
13
8
4
5
6
10
4
4
3
6

L’on  voit  par  ce  tableau  que  l’enseignement  donné  dans  cette  école  ne  diffère
guère  de  celui  des  précédentes,  et  que  l’étude  de  la  langue  allemande  et  du
dessin  à  main  levée  y  ont  la  plus  large  part.
Les  élèves  de  cette  école  réelle  payent  5  florins  (io  fr.  70  cent.)  d’entrée  et
12  florins  (26  fr.  20  cent.)  par  an.  Cette  rétribution,  qui  n’est  pas  payee  par
tous  les  élèves,  produit  seulement  6000  florins  (12600  francs)  par  an.  La
ville  alloue  une  subvention  de  7000  florins  (1/1700  francs);  le  surplus  des
dépenses  est  couvert  par  des  souscriptions.
La  direction  de  cet  établissement  est  presque  entièrement  indépendante  du
contrôle  de  l’Etat.  Il  est  administré  sous  la  surveillance  d’un  conseil  élu  par  les
membres  de  la  communion  évangélique,  par  un  directeur  également  élu,  mais
dont  la  nomination  doit  être  approuvée  par  le  gouvernement.
        <pb n="262" />
        256

ÉCOLES  SPÉCIALES.
I o  ÉCOLES  MILITAIRES.
Ces  écoles  se  divisent  en  écoles  d’éducation  et  en  écoles  d’enseignement  militaire. ­

Les  écoles  militaires  d’éducation  se  partagent  en  écoles  pour  les  sous-officiers
et  écoles  pour  les  officiers.
Les  écoles  pour  les  sous-officiers  sont  :
Les  écoles  inférieures  d’éducation;
Les  écoles  supérieures  d’éducation  ;
Les  écoles  de  compagnie.
Les  écoles  pour  les  officiers  sont  :
L’école  des  cadets  (cadetten  Institut);
Les  académies  militaires.
Les  écoles  militaires  proprement  dites  sont  :
L’institut  des  professeurs  militaires  (militar  Leherinstitut)  ;
L’école  supérieure  d’artillerie;
L’école  supérieure  du  génie;
L’école  centrale  de  cavalerie  ;
L’école  de  la  guerre  (  Kriegs-Schale);
L’école  d’administration  militaire  ;
L’académie  médico-chirurgicale  Joseph;
L’institut  vétérinaire;
Enfin  I  institut  d’éducation  des  filles  d’officiers  A  Hernals.
Etablissements  d’éducation  militaire.
Les  établissements  d  éducation  militaire  ont  pour  but  de  préparer  à  occuper
des  emplois  de  sous-officiers  et  d  officiers,  les  fils  de  parents  peu  fortunés  qui
ont  bien  servi  sous  les  drapeaux  de  l’Etat.
Dans  ces  établissements,  il  y  a  des  places  delevesinilitaires  {Militärzöglinge,
enfants  de  troupe)  et  des  places  payantes  ou  des  bourses  fondées  par  la  province ­
  ou  par  des  particuliers.
L’on  admet  aux  places  d’enfants  de  troupe  [Militäiizög  linge)  les  fils  de  militaires
ou  d’employés  civils  qui  ont  fait  le  service  de  deux  engagements,  et  dans  les
écoles  de  compagnies  [Schule  Compagnien)  les  fils  d’employés  civils  et  de  gardesfrontières.
  x
Les  conditions  d’admission  aux  places  défrayées  par  des  dotations  des  pro-
        <pb n="263" />
        —  257  —
vinces  ou  des  particuliers  sont  déterminées  par  le  cahier  des  conditions  de  ces
mêmes  dotations.  Tout  Autrichien  a  droit  de  prétendre  aux  places  payantes,  à
la  condition  de  verser  à  la  caisse  militaire  le  montant  de  la  rétribution  d’une
année  et  de  remplir  les  autres  conditions  d’admission.
Des  élèves  payants  peuvent  être  admis  dans  tous  les  établissements  militaires,
excepté  dans  les  écoles  inférieures.
Des  étrangers  peuvent  également  être  admis  aux  places  payantes,  à  condition
de  justifier  d’une  autorisation  formelle  de  leur  gouvernement  pour  entrer  au
service  de  l’Autriche.
Pour  l’admission,  il  faut  avoir  l’âge  requis  pour  chaque  école,  l’aptitude  corporelle ­
  et  l’instruction  correspondante  préalable.
L’enseignement  est  réglé  dans  chaque  école  par  un  plan  d’études  déterminé, ­
  qui  peut  être  modifié  selon  les  progrès  des  sciences  et  des  moyens
d’enseignement.
Les  matières  enseignées  dans  les  écoles  pour  les  sous  officiers  sont  :  la  religion, ­
  les  langues  allemande,  bohème,  hongroise,  italienne,  roumane,  les  mathématiques, ­
  la  mécanique  populaire,  les  principes  de  physique,  les  éléments
des  constructions  civiles,  la  géographie,  l’histoire,  l’histoire  naturelle,  les  compositions ­
  littéraires  militaires,  la  connaissance  des  armes  de  l’infanterie,  de
l’artillerie,  le  service  des  pionniers,  celui  des  fortifications,  l’instruction  des
sapeurs  du  génie,  l’art  des  mines,  les  règlements  pour  dresser  et  exercer  les
recrues,  l’escrime,  le  service  en  campagne,le  dessin,  la  gymnastique,  la  natation.
Pour  les  écoles  d’officiers,  la  religion,  la  philosophie  élémentaire,  les  langues ­
  allemande,  française,  bohème,  italienne,  hongroise,  les  mathématiques,
la  mécanique,  l’arpentage  pratique,  la  physique,  la  chimie,  la  géométrie  descriptive, ­
  la  géographie,  l’histoire,  l’histoire  naturelle,  le  droit  public  européen,
le  droit  privé  autrichien,  le  code  pénal  militaire  et  les  formes  de  procédure,
la  rhétorique,  le  style  militaire,  la  connaissance  des  armes  de  l’artillerie,  la
fortification,  l’instruction  de  sapeurs  du  génie,  le  service  et  le  règlement  pour
l’instruction  des  recrues  et  les  manœuvres,  le  service  de  campagne,  le  dessin,
la  gymnastique  et  l’escrime.
Dans  le  courant  du  mois  de  septembre,  les  élèves  de  la  dernière  année  des
écoles  de  compagnies  entrent  comme  sous-officiers  dans  l’armée  ;  ceux  de
l’académie  y  entrent  comme  officiers.
De  plus,  les  élèves  de  la  dernière  année  des  écoles  d’éducation  inférieure
passent  à  l’école  supérieure,  et,  de  là,  dans  les  écoles  de  compagnies  [Schale
Compagnien)  et  à  l’institut  des  cadets.
Les  autres  élèves  passent  dans  les  classes  immédiatement  supérieures.
        <pb n="264" />
        Les  élèves  qui  ne  profitent  pas  suffisamment  sont  rendus  à  leurs  parents,  à
l’exception  des  enfants  de  militaires,  pour  lesquels,  dans  certains  cas,  on  use
encore  de  ménagements  ultérieurs.
Les  élèves  retirés  avant  la  fin  des  études  ne  peuvent,  s’ils  s’engagent  immédiatement ­
  ou  plus  tard,  être  promus  à  aucun  grade,  et  surtout  à  celui  d’officier, ­
  avant  la  sortie  de  leurs  camarades  de  la  même  promotion.
La  durée  des  études  dans  ces  écoles  est  pour  les

5  écoles  inférieures,  ayant  chacune....  100  élèves...
5  supérieures  200
2  écoles  de  compagnies  pour  infanterie.  120
4  —  artillerie  j
1  pionniers  ,  ¡  20
1  génie  ]
4  écoles  de  cadets  fcade  tien  Institut)  200

4  années  d’études.
4
2

4

Pour  les  académies  militaires,  savoir  :

L’académie  de  Neustadt  4oo  4
L’académie  d’artillerie  et  du  génie  160  4

Commandement.  —  Le  commandement  est  donné  dans  une  école  inférieure
à  un  officier  subalterne,  dans  une  école  supérieure  ou  dans  une  Schale  Compagnien, ­
  à  un  capitaine;  dans  une  école  des  cadets,  à  un  officier  d’état-major;  dans
une  académie,  à  un  général.
A  chaque  école  est  attaché  le  personnel  correspondant  pour  l’enseignement, ­
  la  surveillance,  les  manœuvres  ainsi  que  pour  la  santé  et  le  service.
L’enseignement  religieux  est  donné,  en  partie,  par  des  ecclésiastiques  attachés ­
  à  l'établissement,  en  partie  par  des  aumôniers  civils  ou  militaires.
Les  autres  matières  sont  enseignées,  dans  les  écoles  inférieures,  par  des
sous-officiers  instructeurs;  dans  les  écoles  supérieures  et  écoles  de  compagnies
(Schule  Compagnies),  par  des  officiers  et  des  sergents  instructeurs;  dans  les  écoles
de  cadets,  par  des  officiers,  en  descendant,  à  partir  du  grade  de  capitaine  ;
dans  les  académies,  par  des  officiers  d’état-major.  Dans  les  académies,  les  élèves
reçoivent  également  des  leçons  d  equitation.  Chaque  école  de  sous-officiers  a  un
médecin  major;  chaque  école  de  cadets,  un  médecin  de  régiment,  et  chaque
académie,  un  médecin  d’état-major  et  un  médecin  supérieur.
INSTITUT  DE  PROFESSEURS  MILITAIRES.
Cet  institut  a  son  siège  à  Neustadt  (faubourg  de  Vienne)  et  a  pour  but  de
former  des  professeurs  pour  les  écoles  de  sous-officiers  et  des  sergents  instruc-
        <pb n="265" />
        33.

—  259  —

leurs  pour  les  écoles  d’officiers,  des  maîtres  d’armes  et  de  gymnastique  pour
ces  deux  espèces  d’écoles  et  pour  les  troupes.
Les  élèves,  au  nombre  de  cinquante,  sont  des  sous-officiers  de  troupes.
La  durée  de  l’instruction  est  d’une  année.
L’établissement  est  dirigé  par  un  officier  d’état-major  auquel  sont  adjoints
des  officiers  et  des  sergents  instructeurs  pour  donner  l’enseignement.
ÉCOLES  D’ARTILLERIE,  DU  GENIE  SUPERIEUR  ET  ECOLE  DE  GUERRE.
Ces  établissements  sont  destinés  à  donner  à  des  officiers  capables  de  le
recevoir  un  degré  plus  élevé  d’instruction  et  à  les  rendre  aptes  aux  services
supérieurs  de  l’armée.
La  classe  supérieure  d’artillerie  est  réunie  à  l’académie  d’artillerie  de  Weisskirchen,
  et  celle  du  génie  à  l’académie  du  génie  de  Znaïm.
L’école  de  la  guerre  à  Vienne  forme  un  établissement  à  part,  dont  le  chef
est  un  général,  elles  professeurs,  le  plus  souvent,  des  officiers  d’état  major,  et
ordinairement  même  attachés  à  l’état-major  du  quartier  maître  général.
Les  élèves  sont  des  lieutenants  ou  sous-lieutenants,  dont  1  admission  est  prononcée ­
  par  une  commission  d’examen.
Les  cours  sont  de  deux  années  dans  chacun  de  ces  établissements,  au  sortir
desquels  les  officiers  d’artillerie  et  du  génie  entrent  dans  leurs  corps,  et  les
officiers  de  la  Kriegs  Schule  sont  répartis  dans  l’état-major  du  quartier  maître
général,  suivant  les  besoins.
ÉCOLE  CENTRALE  DE  CAVALERIE  À  VIENNE.
Cette  école  a  pour  but  d’apprendre  aux  officiers  les  plus  capables  de  la  cavalerie ­
  à  monter  et  à  dresser  des  chevaux,  à  les  manier  et  à  les  utiliser,  à  conduire ­
  et  employer  à  propos  la  cavalerie.
La  durée  de  l’enseignement  est  d’une  année,  et  on  admet  à  l’école  un  officier ­
  par  régiment  de  cavalerie.  Le  chef  de  l’établissement  est  un  officier  d’étatmajor
  ou  un  général;  l’enseignement  est  donné  par  un  officier  de  cavalerie  et
par  un  vétérinaire.
ÉCOLE  D’ADMINISTRATION  MILITAIRE  À  VIENNE.
Dans  cette  école,  il  y  a  deux  subdivisions,  l’une  pour  i’auditoriat,  l’autre
pour  l’administration  militaire  des  frontières.
Aux  cours  d’auditoriat,  on  admet  les  employés  d’auditoriat;  l’enseignement,
dure  une  année,  et,  à  leur  sortie,  les  élèves  passent  à  l’application.
        <pb n="266" />
        —  260  —
A  l’école  d’administration  militaire  des  frontières,  on  admet  des  officiers
subalternes,  des  sous-officiers  et  des  aspirants  civils,  après  un  examen.
L’enseignement  dure  deux  ans,  après  lesquels  les  officiers  passent  à  l’administration ­
  des  frontières  avec  leur  grade;  les  sous-officiers  et  les  élèves  sont
promus  dans  la  même  administration  au  grade  de  sous-lieutenant  de  deuxième
classe.
Le  commandant  de  l’école  de  guerre  a  la  direction  de  l’établissement.  L’enseignement ­
  est  donné  par  des  sujets  de  l’auditoriat,  du  commissariat  de  la
guerre,  du  service  d’administration  militaire  des  frontières  et  des  professeurs
civils.
ACADÉMIE  MÉDICO-CHIRURGICALE  JOSEPH,  À  VIENNE.
Lile  a  pour  but  de  former  des  médecins  pour  l’armée  et  de  contribuer  à
l’avancement  de  la  médecine.
Elle  se  subdivise  :  i°  en  un  cours  supérieur  pour  formes  des  docteurs  en
médecine  et  en  chirurgie,  et  2°  en  cours  inférieurs  pour  former  des  chirurgiens
pour  les  services  inférieurs  de  campagne.
Cette  académie  est  mise  sur  le  rang  de  la  faculté  de  médecine  de  l’université ­
  de  Vienne.
L’enseignement  supérieur  dure  cinq  ans;  l’enseignement  inférieur  trois  ans.
Les  élèves  sortant  de  l’enseignement  supérieur  ont  le  rang  de  médecins  supérieurs ­
  (Oberärzte)  avec  le  grade  de  docteur  et  sont  astreints  à  un  service  militaire ­
  de  dix  ans.
Ceux  qui  sortent  de  l’école  inférieure  ont  le  rang  de  médecins  inférieurs
(  Unterärzte)  et  sont  tenus  à  un  service  militaire  de  huit  ans.
Le  commandement  administratif,  militaire  et  disciplinaire  de  l’école  est  confié
à  un  officier  d’état-major;  un  directeur  des  études  dirige  la  partie  scientifique.
I/enseignement  est  donné  par  des  médecins  militaires  et  des  professeurs  civils.

INSTITUT  VETERINAIRE  MILITAIRE,.  A  VIENNE.
11  a  pour  but  de  former  des  vétérinaires  et  des  maréchaux  ferrants  pour
l’armée  et  le  civil,  de  travailler  à  l’avancement  de  la  science  vétérinaire,  de
soigner  dans  ses  hôpitaux  les  mammifères  malades  de  toute  espèce  fournis  par
le  militaire  ou  le  civil,  enfin,  d’agir  en  qualité  d’autorité  scientifique  supérieure
en  matière  judiciaire  et  de  police  relative  aux  animaux,  pour  donner  des  avis
et  des  opinions  sur  les  questions  soulevées  par  les  autorités.
L’institut  comprend  :  i°  l’école  vétérinaire,  pour  former  les  vétérinaires  et  les
maréchaux;  2°  l’école  de  maréchaux  ferrants,  pour  le  perfectionnement  des  maréchaux ­
  ferrants  civils.
        <pb n="267" />
        —  261  —
Les  conditions  de  commandement  et  de  direction  sont  les  mêmes  qua  l’académie ­
  Joseph.
Le  personnel  enseignant  se  divise  en  professeurs  titulaires  et  en  professeurs
adjoints.  Il  y  a  cinq  professeurs  et  chacun  a  son  adjoint.  Pour  les  matières  pour
lesquelles  des  professeurs  ordinaires  ne  sont  pas  nommés,  le  ministère  de  la
guerre  désigne  des  professeurs  auxiliaires.
L’instruction  pour  le  ferrage  des  chevaux  est  donnée  par  deux  professeurs,
auxquels  sont  adjoints  deux  maréchaux  ferrants  militaires.
L  enseignement  à  l’école  vétérinaire  est  de  trois  ans  pour  les  élèves,  de  deux
ans  pour  les  vétérinaires  et  pour  les  maréchaux  ferrants.
Les  élèves,  en  sortant  de  l’école  vétérinaire,  reçoivent  le  diplôme  de  vétéri-%
  naire  de  deuxième  classe,  et  sont  tenus  à  un  service  militaire  de  six  ans.
Les  élèves  militaires  de  deux  ans  rentrent  dans  leur  corps  de  troupes,  et
sont  nommés  maréchaux  ferrants  suivant  les  besoins.
Le  nombre  des  auditeurs  civils  était,  en  1859-1860,  de  5/j,  ceux  de  l’école
des  maréchaux  ferrants  de  8  1.
Des  cours  sur  les  épidémies  et  la  police  vétérinaire  ont  été,  en  outre,  suivis
par  io3  étudiants  en  médecine  de  l’université  et  72  élèves  de  l’académie
Joseph.  Le  diplôme  de  vétérinaire  a  été  accordé  à  1  1  élèves"  sortants  ,  et  88  maréchaux ­
  ferrants  ont  obtenu  le  certificat  de  maréchal  ferrant.
INSTITUT  D’ÉDUCATION  DES  FILLES  D’OFFICIERS,  À  HERNALS.
Le  but  de  cette  institution  est  de  faciliter  aux  officiers  chargés  de  famille  et
peu  aisés,  ainsi  qu’à  leurs  veuves,  l’éducation  de  leurs  filles,  et  de  leur  procurer
une  instruction  suffisante  pour  les  mettre  en  état  de  subvenir  à  leurs  besoins
comme  institutrices  de  jeunes  filles  dans  les  classes  supérieures  et  aisées.
Observation.  —  Cette  direction  donnée  à  des  jeunes  filles  sans  fortune  nous
paraît  déroger  à  la  prudence  ordinaire  du  Gouvernement  autrichien.  Elle  expose, ­
  comme  on  ne  le  sait  que  trop,  ces  jeunes  personnes  à  des  dangers  auxquels ­
  elles  succombent  fréquemment.  Il  serait,  selon  nous,  bien  préférable  de
leur  donner  une  instruction  industrielle  plus  modeste  qui  les  séparerait  moins
de  leur  famille  et  ne  les  placerait  pas  au  milieu  d’un  monde  élégant  dont  elles
contractent  en  partie  les  habitudes  sans  en  avoir  les  ressources.
Les  élèves,  au  nombre  de  78,  sont  défrayées  par  l’Etat  ou  par  des  dotations
de  particuliers.
L’âge  d’admission  est  de  6  à  8  ans,  et  les  élèves  restent  dans  l’établissement
jusqu’à  celui  de  20  ans  accomplis.  Les  études  sont  réparties  sur  quatre  années,
et  chaque  année  est  partagée  en  deux  divisions.
        <pb n="268" />
        La  directrice  de  l’établissement  a  sous  ses  ordres  quatre  sous-directrices,  une
maîtresse  de  couture,  une  maîtresse  de  ménage.  Cette  instruction  sur  les  soins
du  ménage  et  sur  son  administration  manque  dans  l’éducation  française.
ÉTABLISSEMENT  D’ENSEIGNEMENT  POUR  LA  MARINE.
il  y  a  en  Autriche  :
Une  école  de  mousses  (Schiffsjunge)  ;
Une  école  d’infanterie  de  marine;
Une  école  de  maistrance  (quartiers-maîtres);
Une  école  pour  les  élèves  de  marine  de  première  classe;
Une  école  pour  les  élèves  de  marine  de  deuxième  classe  ;
Un  enseignement  théorique  pour  les  cadets  de  marine  (Seecadettcn);
Un  cours  supérieur  pour  des  officiers  de  marine.
L’école  des  mousses  a  pour  but  de  former  des  sous-officiers  de  marine  avec
des  jeunes  gens  des  provinces  slaves  et  allemandes  admis  entre  l’àge  de  i  ».  à
i  4  ans  comme  mousses  dans  la  marine  militaire.
L'enseignement  dure  jusqu’à  ce  que  l’élève  ait  atteint  l’âge  de  la  conscription, ­
  il  est  alors  engagé  comme  matelot  et  devient  sous-officier,  quand  il  a
acquis  la  pratique  suffisante.  La  charge  la  plus  élevée  qu’il  puisse  atteindre  est
celle  de  maître-pilote  (Hochbotsmann).
Dans  les  écoles  d’infanterie  de  marine  et  de  marine  (Zeugscorps),  sont  reçus
des  hommes  déjà  engagés  au  service  militaire,  qui  sont  tirés  de  leurs  corps
de  troupes  respectifs.  Ils  sont  formés  comme  sous-officiers  et  une  partie  en  reçoit ­
  funiforme.  Ceux  qui  sont  aptes  à  devenir  officiers  sont  nommés  à  ce  grade
au  moment  où  ils  quittent  leur  corps  pour  entrer  à  l’école.
L’école  pour  élèves  de  première  classe  se  trouve  à  bord  d’un  navire  de  guerre
destiné  à  ce  service.  Elle  a  pour  but  de  former  au  service  maritime  et  comme
officiers  de  marine  les  jeunes  gens  de  i  6  à  18  ans  qui,  au  moment  d’entrer  dans
cette  école  de  marine,  ont  déjà  acquis  une  instruction  civile  technique  complète. ­
  Aussi,  l’enseignement  à  cette  école  consiste-t-il  principalement  dans  le
service  pratique,  l’exercice,  les  manœuvres,  mais  en  partie  également  dans
l’application  des  connaissances  scientifiques  précédemment  acquises  à  l’art  et
à  l’astronomie  nautiques.
Le  cours  dure  une  année;  à  la  sortie,  l’élève  est  reçu  cadet  de  marine.  Après
deux  à  trois  ans  de  navigation,  ces  cadets  entrent  dans  le  cours  théorique  des
cadets  de  marine.
L’école  pour  élèves  de  deuxième  classe  a  pour  unique  but  de  former  des  officiers ­
  de  marine  avec  les  élèves  qui  y  sont  admis.
        <pb n="269" />
        Dans  cette  école,  il  y  a  des  élèves  militaires,  des  élèves  défrayés  par  dotation
et  des  élèves  payants.
Les  fils  d’officiers  et  de  fonctionnaires  de  l’Etat  peuvent  prétendre  aux  places
d’élèves  militaires,  tandis  que  tout  sujet  autrichien  peut,  en  payant  la  rétribution ­
  annuelle  et  en  remplissant  les  autres  conditions  exigées,  être  admis  à  occuper ­
  une  place  payante.  Des  étrangers  peuvent  également  être  reçus  aux
places  payantes,  s’ils  justifient  de  l’autorisation  de  leur  gouvernement  pour  entrer ­
  au  service  de  la  marine  militaire  de  l’Autriche.
Pour  être  admis,  il  faut  avoir  de  12  à  ih  ans,  l’aptitude  corporelle  nécessaire
et  une  instruction  suffisante.
'L’enseignement  est  réglé  d’après  un  plan,  et  donné  à  bord  d’un  navire  école
expressément  disposé  à  cet  effet  et  sur  lequel  sont  embarqués  tous  les  élèves.
A  la  fin  des  trois  années  d’études,  les  élèves  sortent  comme  cadets  de
marine,  et  sont  embarqués  pour  le  service  effectif.  Après  deux  à  trois  ans  de
navigation,  les  cadets  de  marine  sont  admis  à  des  cours  théoriques  de  marine. ­

Cette  école  reçoit  ho  à  5o  élèves.
Le  commandant  du  navire  a  la  direction  générale  de  l’établissement.
L’aumônier  du  bord  a  le  soin  des  âmes  et  de  l’enseignement  religieux;  les
autres  enseignements  sont  donnés  par  des  professeurs  sortis  des  écoles  hydrographiques. ­
  Ce  sont  les  officiers  de  marine  du  navire-école  qui  sont  chargés
d’enseigner  les  exercices  pratiques  et  la  manœuvre.
Le  médecin  du  bord  fait  le  service  sanitaire.
Le  cours  théorique  pour  les  cadets  de  marine  a  lieu  à  terre  et  consiste  en  une
année  d’enseignement,  après  lequel  chaque  élève  subit  l’examen  prescrit  pour
le  grade  d’officier.
A  la  sortie  de  cette  dernière  école,  les  élèves  sont  encore  cadets  de  marine,
mais  au  premier  départ  ils  sont  promus  au  grade  d’officiers.
Le  cours  supérieur  pour  les  officiers  de  marine  a  pour  but  de  perfectionner
dans  les  sciences,  par  des  études  mathématiques  et  hydrographiques,  les  jeunes
gens  qui  se  distinguent  par  leur  talent  et  leur  goût  pour  ces  sciences.
ENSEIGNEMENT  SUPÉRIEUR.  —  UNIVERSITES.
RENSEIGNEMENTS  GENERAUX.
L’empire  d’Autriche  a  huit  universités,  savoir  :  celles  de  Vienne,  de  Prague,
de  Pesth,  de  Cracovie,  de  Padoue,  de  Lemberg,  de  Gratz  et  d’Inspruck.
Les  quatre  premières  ont  quatre  facultés  :  de  théologie,  de  droit  et  d’administration, ­
  de'médecine  et  de  philosophie.  L  université  de  Padoue  a,  en  outre,
        <pb n="270" />
        —  264  —
une  cinquième  faculté  pour  les  mathématiques.  Les  trois  dernières  n’ont  pas
de  faculté  de  médecine.
ORGANISATION  ANTERIEURE  \  l8/|8.
Jusqu’en  18/18,  les  règlements  étaient  très-sévères,  et  par  des  examens  semestriels ­
  et  de  fin  d’année  on  s’assurait  des  résultats  de  l’enseignement.
A  la  tête  de  chaque  faculté  se  trouvait  un  directeur  nommé  par  le  Gouvernement ­
  pour  diriger  et  surveiller  les  études,  et  pour  chaque  faculté  il  y  avait  un
plan  d’études  strictement  déterminé.  Les  professeurs  étaient,  en  général,  tenus
de  régler  leurs  cours  sur  des  livres  d’enseignement  prescrits.  La  faculté  de  philosophie ­
  entre  autres  avait  un  cours  obligatoire  (Propœdeutique)  comprenant  :
la  religion,  la  philosophie,  la  philologie  classique,  les  mathématiques  élémentaires ­
  et  la  physique,  dans  lequel  entraient  les  élèves  sortant  des  gymnases,  alors
à  six  classes,  et  au  sortir  duquel  seulement  ils  pouvaient  passer  à  l’une  des
autres  facultés.  Les  mathématiques  supérieures,  l’astronomie,  l’esthétique  et
d’autres  matières  analogues  étaient  traitées  comme  enseignements  libres.

ORGANISATION  ACTUELLE.
En  i  848,  et  dans  les  années  suivantes,  les  universités  autrichiennes  ont  été
soumises  à  un  remaniement  complet,  basé  sur  l’adoption  de  la  liberté  d’enseignement. ­

Les  deux  années  de  cours  de  philosophie  élémentaire  (Propædeatiqae)  furent
supprimées  et  l’enseignement  des  matières  que  ce  cours  traitait  fut  renvoyé  aux
gymnases,  qui  eurent  désormais  huit  classes.
Les  directions  des  études  furent  supprimées,  ainsi  que  les  livres  obligatoires,
et  les  examens  semestriels  et  de  fin  d’année.
On  introduisit  la  concurrence  de  plusieurs  cours  traitant  des  mêmes  matières ­
  et  faits  par  des  professeurs  titulaires  et  par  des  professeurs  agrégés  (privat
(locenten).
Quelques  parties  de  l’organisation  antérieure  furent  maintenues  dans  les
facultés  de  théologie,  et  celle  de  l’université  de  Padoue  fut  conservée  en  entier.
Dans  l’année  1  856  on  entreprit  également  à  Padoue  la  réforme  sur  des  bases
nouvelles,  mais  les  événements  politiques  de  i85q  arrêtèrent  la  mise  à  exécution ­
  complète,  de  sorte  que  cette  université  se  trouve  encore  dans  une  période
transitoire.
ORGANISATION  DES  AUTORITES  ACADEMIQUES.
Les  universités  se  divisent  en  facultés,  et  celles-ci  comprennent  le  conseil  des
professeurs  et  des  élèves.
        <pb n="271" />
        V

34

—  265  —
Le  collège  des  professeurs  (  lehrer  Collegium)  se  compose  :  i°  des  professeurs
ordinaires  et  extraordinaires,  des  professeurs  agrégés  (Privat-Doccnten)  et  des
professeurs  spéciaux,  tels  que  les  professeurs  de  langues,  de  gymnastique,  c’està-dire
  qui  n’enseignent  pas  une  science,  mais  un  art  ou  un  exercice.
C’est  dans  le  college  des  professeurs  (lehrer  Collegium)  qu’est  choisi  le  [Professor ­
  Collegium),  qui  est  l’autorité  directrice  immédiate  do  chaque  faculté.
Le  Professor  Collegium  est  composé  de  tous  les  professeurs  ordinaires,  des
professeurs  extraordinaires  les  plus  anciens,  et  de  deux  professeurs  agrégés
[Privat  Docenten).  Le  président  (Decan)  est  élu  chaque  année  dans  le  corps  des
professeurs  ordinaires.
C’est  du  collège  des  professeurs  que  sort  chaque  année  le  sénat  académique,
comme  autorité  académique  supérieure.  11  se  compose  du  recteur,  du  pro-reoteur,
  des  doyens  (Decanen)  et  vice-doyens  du  Professor  Collegium.
Le  recteur  est  élu  chaque  année  par  tour  dans  chaque  faculté.
A  Vienne  et  à  Prague,  chaque  faculté  se  divise  en  deux  collèges,  celui  des
professeurs,  et  celui  des  docteurs  à  diplôme.  A  la  tête  des  docteurs  se  trouve  un
doyen  élu,  qui  a  siège  et  voix  dans  le  collège  respectif  des  professeurs  et  dans
le  sénat  académique,  (qui,  à  Vienne,  porte  le  nom  de  Consistoire  de  l’Université),
mais  ce  droit  ne  lui  est  accordé  qu’à  la  condition  que  le  doctoren  Collegium  accorde
réciproquement  le  même  droit  au  doyen  du  professoren  Collegium.  Le  choix  des
dignitaires  de  l’université  est  soumis  à  l'approbation  ministérielle.
Positions  des  professeurs,  des  professeurs  agrégés  (Privat  Docenten)  et  des  maîtres
d’école  de  langue  ou  d’exercice  (Lehrer).  —  Les  professeurs  ont  les  droits  de  fonctionnaires ­
  du  gouvernement,  ils  sont  nommés  par  l’empereur.  Leur  traitement
se  compose  :  i°  d’appointements  fixes  ou  à  augmentation  décennale,  des  rétributions ­
  de  leurs  auditeurs  et  des  droits  d’examen.
Le  traitement  fixe  à  attribuer  à  un  professeur  n’est  limité  par  aucune  loi.
Les  traitements  minimum,  qui  servent  de  base  dans  le  cas  où  une  chaire  vacante
est  mise  au  concours,  varient  avec  les  différentes  universités  et  sont  io5o,
1260,  1365  et  1  680  florins  (2205  ,  26/16,  2866,  3026  francs).  Les  augmentations ­
  décennales  sont  de  210  et.  31  5  florins  (Mo  à  657  francs).
Les  professeurs  extraordinaires  ont  de  600  à  1260  florins  (1260  à  2646  if.)
d'appointements  fixes.
Celui  qui  veut  professer  des  cours  comme  professeur  agrégé  (Privat  Docent  )  à
une  université  doit  se  soumettre  à  un  examen  préalable  du  collège  des  professeurs. ­
  Si  cet  examen  lui  est  favorable,  le  certificat  d’aptitude  est  soumis,  à  la
confirmation  du  ministère.  Les  professeurs  agrégés  (Privat  Docenten)  n’ont  pas
de  traitement,  mais  ils  perçoivent  simplement  les  rétributions  de  leurs  audi-
        <pb n="272" />
        —  266  —
teui's.  Ceux  qui  font  preuve  de  capacité  sont  ensuite  nommés  professeurs  extraordinaires; ­
  ils  deviennent  ensuite  généralement  professeurs  ordinaires,  de  sorte
que  les  professeurs  agrégés  (Privat  Docenten)  sont  la  pépinière  des  professeurs
universitaires.
Les  maîtres  proprement  dits  (Lehrer)  ont  les  uns  des  traitements,  d’autres
n’en  ont  pas,  mais  ils  peuvent  aussi  exiger  une  rétribution  de  leurs  auditeurs.
Etudiants.  —  Les  auditeurs  des  cours  de  la  faculté  sont  élèves  ordinaires
(Ordentliche:)  ou  élèves  libres  (Ausserordentliche).  Il  n’y  a  que  les  premiers  qui
participent  aux  droits  dont  jouissent  les  citoyens  académiques  et  qui  puissent
être  admis  aux  examens,  soit  pour  le  doctorat,  soit  pour  tous  les  emplois  de
l’Etat  pour  lesquels  on  exige  des  grades  universitaires.
En  général,  pour  prendre  des  inscriptions,  il  faut,  à  la  conclusion  des  études
des  gymnases,  avoir  obtenu  le  certificat  de  maturité.
L’inscription  coûte  2,1  florins  (â  fr.  /¡o  cent.).
Les  auditeurs  libres  doivent  avoir  au  moins  16  ans  et  posséder  (’instruction ­
  suffisante  pour  comprendre  les  matières  exposées  dans  le  cours.
Les  études  se  divisent  en  deux  semestres.  Le  semestre  d’hiver  commence  le
2  octobre,  et  dure  jusqu’au  jeudi  qui  précède  la  semaine  sainte.  Le  semestre
d’été  commence  après  Pâques.
Les  inscriptions  à  chaque  cours  sont  valables  pour  un  semestre.
Les  étudiants  sont  libres  de  suivre  les  cours  qu’ils  veulent,  en  tant  qu’ils  remplissent ­
  les  conditions  pour  les  épreuves  de  doctoral  ou  pour  les  emplois  du
gouvernement,  quand  ils  s’y  présentent.
Le  temps  qu’ils  ont  passé  h  d’autres  universités  étrangères,  où  les  études  sont
également  libres,  peut  leur  être  compté,  sous  certaines  conditions,  de  même
que  des  étrangers  peuvent  prendre  des  inscriptions  aux  universités  autrichiennes. ­

La  durée  des  études  est,  en  général,  de  quatre  ans  pour  les  facultés  de  théologie, ­
  de  droit,  de  science  administrative,  de  cinq  ans  pour  la  médecine,  de
trois  ans  pour  la  philosophie.
Les  étudiants  sont  tenus  de  fréquenter  régulièrement  les  cours,  sinon  leurs
inscriptions  peuvent  être  annulées.
Rétributions.  —  Les  étudiants  ne  payent  rien  pour  la  fréquentation  de  l’université ­
  en  général,  mais  ils  sont  tenus  de  verser  à  la  caisse  de  l’université,  poulies ­
  cours  auxquels  ils  assistent,  des  rétributions  qui,  après  réduction  de  5  p.  0/0
pour  frais  de  perception,  reviennent  aux  professeurs  respectifs.
Le  minimum  de  la  rétribution  d’un  cours  est  fixé  à  autant  de  fois  un  gulden,
        <pb n="273" />
        i

—  267  —
monnaie  de  convention  (i,o5  florin  Ostwuch,  ou  2  fr.  10  cent.)  par  semestre
qu’il  y  a  de  leçons  de  ce  cours  par  semaine.
Pour  les  cours  facultatifs,  Je  professeur  agrégé  (  Privat  Docent)  peut  à  volonté
augmenter  la  taxe.
Le  collège  des  professeurs  peut  faire  remise  de  la  moitié  au  de  la  totalité  des
rétributions  aux  étudiants  pauvres  et  laborieux.
Discipline  académique.  —  En  ce  qui  concerne  les  conditions  de  la  vie  civile
et  les  délits,  les  étudiants  sont  placés  sous  faction  des  autorités  et  des  lois  ordinaires ­
  de  pays.
En  outre,  pour  ce  qui  se  rapporte  à  leur  conduite  à  l’académie  et  à  ses
règlements  spéciaux,  ils  sont  soumis  à  l’autorité  de  l’établissement.  Les  dispositions ­
  pénales  dont  on  use  à  leur  égard  sont  :
]°  L’avertissement  du  doyen;
2 0  La  dénonciation  au  sénat  académique;
3"  La  relégation  de  l’Université  pendant  un  à  quatre  semestres  ;
Zi 0  L’expulsion  de  toutes  les  Universités  de  l’Autriche.
C’est  le  sénat  académiqu  e  qui  prononce  ces  punitions.
Nombre  des  professeurs  et  des  étudiants.  —  Pendant  l’année  scolaire  1  858-1  859
le  nombre  des  professeurs  et  des  professeurs  agrégés  (Privat  Docenten)  était  pour
l’ensemble  des  universités  de  l’empire  de  555.  Celui  des  étudiants  a  été,  pendant ­
  le  semestre  d’hiver,  de  y539  ,  et  pendant  le  semestre  d’été,  de  691  3.
Dépenses.  —  Les  dépenses  d’entretien  des  universités  sont  les  suivantes:

Pour  Vienne.  .  355ooo  florins.  725000  francs.
Pour  Prague  201000  622100
Pour  Padoue  160000  296000
Pour  Pcslli  i5oooo  3i5ooo
Pour  Cracovie  102000  216200
Pour  Lemberg  ii5ooo  261600
Pour  Gratz  G6000  i386oo
Pour  Inspruck  63ooo  i323oo

Dans  ces  sommes  sont  comprises  les  dépenses  pour  les  bibliothèques,  les
dotations  annuelles  pour  appareils,  mais  non  les  bourses,  les  constructions,  etc.
Nous  nous  bornerons  dans  ce  rapport  aux  indications  générales  qui  précèdent ­
  en  ce  qui  concerne  les  facultés,  nous  ne  parlerons  pas  de  l’organisation
et  des  règles  particulières  de  chacune  d’elles.  Nous  ferons  cependant  une  exception ­
  pour  celle  de  philosophie,  qui  est  destinée  è  former  des  professeurs  pour
les  gymnases  et  les  écoles  réelles,  et  nous  dirons  un  mot  de  l’école  des  sagesfemmes.


3  '1.
        <pb n="274" />
        -  208

Nous  passerons  ensuite  aux  instituts  techniques  dont  nous  devons  plus  spécialement ­
  nous  occuper.
FACULTÉ  DE  PHILOSOPHIE.
Le  but  de  la  faculté  de  philosophie  est  :  i°  de  former  des  professeurs  pour
les  universités  et  les  écoles  générales  (gymnases,  écoles  réelles);  Q°  de  donner
le  fonds  nécessaire  de  connaissances  générales  aux  étudiants  en  médecine,  en
pharmacie,  aux  juristes.
Matières  des  études.  —  Toutes  les  branches  des  sciences  littéraires  et  positives, ­
  et  spécialement  la  philosophie  (logique  théorique  et  pratique),  psychologie, ­
  métaphysique,  esthétique,  pédagogie,  histoire  de  la  philosophie,  histoire  et
géographie  sous  leur  plus  grande  extension:  temps  anciens,  moyen  âge,  temps
modernes;  méthodes  d’études  de  l’histoire,  chronologie,  paléographie,  diplomatie, ­
  mathématiques  et  sciences  naturelles,  mathématiques  supérieures,  physique, ­
  astronomie,  chimie,  météorologie,  zoologie,  anatomie  comparée,
botanique,  météorologie,  physiologie  des  plantes,  minéralogie,  géognosic,  paléontologie. ­

Philologie  et  linguistique  (langues  et  littératures  classiques  orientales,  littératures ­
  germaniques,  slave,  roumaine,  hongroise).
Archéologie  et  histoire  artistique,  architecture  antique  et  religieuse,  numismatique, ­
  plastique,  histoire  et  esthétique  de  la  musique.
Langues  modernes.
Accessoires  :  gymnastique,  sténographie,  calligraphie.
Des  cours  pratiques  ont  pour  but  de  donner  aux  jeunes  gens  l’habitude  de  la
méthode  scientifique,  par  des  discussions,  par  des  appréciations  écrites.  Ils
servent,  en  outre,  à  exciter  l’esprit  d’observation  et  l’activité  propre  des  étudiants; ­
  et,  à  cet  effet,  il  y  a  des  établissements  spéciaux,  des  musées,  des  laboratoires, ­
  etc.  Ainsi  :
ï 0  L’Etat  entretient  à  Vienne,  à  Prague,  à  Cracovie  et  à  Padoue  des  observatoires. ­
  Chacun  de  ces  observatoires  a  pour  directeur  le  professeur  d’astronomie ­
  de  1  université  ;  le  directeur  a  un  adjoint  et  le  nombre  d’aides  nécessaires.
Dix-sept  personnes  sont  employées  à  ces  observations,  sans  compter  les  gens  de
service.  Les  dépenses  s’élèvent  annuellement  à  i  7000  florins  (  35  100  francs).
2°  Il  y  a  le  collège  de  philologie  historique,  le  collège  de  recherches  historiques ­
  concernant  l’Autriche,  l’institut  physique  à  l’université  de  Vienne,  et  les
institutions  analogues  aux  autres  écoles  supérieures.  Dans  ces  collèges,  il
existe  des  subventions  données  à  certains  élèves  par  le  Gouvernement  pour
leur  entretien.
        <pb n="275" />
        3°  L’établissement  central  de  météorologie  et  de  magnétisme  terrestre  à
Vienne,  qui  forme  le  centre  de  toutes  les  stations  établies  dans  les  différentes
parties  de  la  monarchie  pour  les  observations  météorologiques  et  magnétiques.
Cette  station  fait  elle-même  des  observations;  mais,  en  outre,  elle  surveille,  dirige ­
  et  coordonne  les  observations  des  autres  stations,  elles  publie  dans  des
rapports  mensuels  et  des  comptes  rendus  annuels.
La  direction  de  l’établissement  est  confiée  à  un  directeur  aidé  d’un  adjoint ­
  et  de  deux  aides.  Les  dépenses  annuelles  s’élèvent  à  10000  florins
(2  1  000  francs).
b°  Les  cabinets  de  physique,  les  laboratoires  de  chimie,  les  musées  d’histoire ­
  naturelle  et  les  jardins  botaniques.
Examens  et  doctorat.  —  Les  élèves  qui  se  destinent  à  l’instruction  comme
professeurs  dans  un  gymnase  ou  dans  une  école  réelle  ont  à  subir  un  examen
sur  les  branches  de  science  qu’ils  se  proposent  d’enseigner  et  sur  quelques
branches  qui  s’y  rattachent;  sur  la  langue  dans  laquelle  ils  doivent  professer  et
sur  leurs  connaissances  philosophiques;  mais  ceux  qui  veulent  devenir  professeurs ­
  d’université  doivent  subir  un  examen  général  pour  le  doctorat,  et  ensuite
une  épreuve  spéciale  d’aptitude,  qui  consiste  à  prouver,  par  des  travaux  et  des
discussions,  xju’ils  possèdent  les  connaissances  spéciales  supérieures  et  les  connaissances ­
  scientifiques  qui  s’y  rattachent.  La  faculté  de  philosophie  est  chargée
d’apprécier-la  valeur  de  cette  épreuve.
Les  membres  de  la  faculté  de  philosophie  participent  d’ailleurs  également,
chacun  dans  la  branche  qui  lui  correspond,  aux  examens  des  étudiants  en
droit,  en  médecine  et  en  pharmacie.
Nombre  de  professeurs.  —  Dans  chaque  faculté  de  philosophie,  ¡’enseignement ­
  traite  des  parties  les  plus  importantes  de  la  philosophie  et  des  autres
branches  de  sciences,  de  l’histoire  des  langues  et  de  la  littérature  par  l’organe
de  professeurs  en  titre  et  rétribués.
Beaucoup  de  ces  branches  d’enseignement  sont  traitées  par  plusieurs  professeurs ­
  à  la  fois  dans  des  directions  spéciales;  aux  universités  importantes,
comme  celles  de  Vienne  et  de  Prague,  il  y  a  des  chaires  pour  un  grand  nombre
de  sciences  spéciales  et  accessoires.  Il  en  résulte  que  le  nombre  des  professeurs
est  très-different  aux  diverses  universités.  A  la  faculté  de  philosophie  de  l’université ­
  de  Vienne,  le  nombre  total  des  professeurs,  y  compris  les  professeurs
agrégés,  les  maîtres  de  langues,  les  adjoints  et  les  aides  est  de  60,  et  à  toutes
les  facultés  de  philosophie  delà  monarchie  il  y  avait,  en  i85q,  200  professeurs. ­
  *
¡Sombre  d’étudiants.—Ce  nombre  était  de  878  à  toutes  les  facultés  de  phi-
        <pb n="276" />
        losophie,  en  i85q.  Celle  de  Vienne  est  Ja  plus  fréquentée:  elle  avait  alors
/ioo  élèves  environ,  dont  la  majorité  se  vouait  au  droit,  à  la  médecine  et  à  la
pharmacie.  A  Prague  le  nombre  des  étudiants  de  philosophie  était  de  200.  Il
était  beaucoup  moindre  dans  les  autres  universités.
ÉCOLES  DE  SAGES-FEMMES.
Il  y  a  huit  écoles  de  ce  genre  :  à  Zinz,  à  Klagenfurt,  à  Laybach,  à  Trieste,
Alle-Laste  près  Trente,  à  Zara,  à  Venise,  à  Czernovicz;  on  instruit  en  outre,
gratuitement,  des  sages-femmes  aux  facultés  de  médecine  et  aux  établissements
chirurgicaux.  Bon  nombre  d’apprenties  sages-femmes,  reçoivent,  en  vue  de  leurs
études,  des  secours  assez  notables  des  deniers  de  l’Etat,  des  provinces  ou  des
communes.
Conditions  d’admission.  —  Avoir  vingt-quatre  ans  accomplis  et  moins  de  cinquante ­
  ans,  savoir  lire  et  écrire,  une  bonne  moralité  et  une  bonne  santé.
Enseignement  et  exercices  prafgues.  —  L’enseignement  dure,  suivant  les  circonstances, ­
  quatre,  cinq  et  six  mois.  Il  est  à  la  fois  théorique  et  pratique,  et  est
donné  par  le  professeur  d’accouchement  assisté  d’une  sage-femme  et  d’un  aide.
Dans  la  plupart  des  écoles  ou  fait  deux  promotions  en  une  année.  A  la  sortie,
les  élèves  doivent  se  soumettre  aune  épreuve  sévère,  pour  laquelle,  celles  qui
le  peuvent,  payent  une  rétribution  de  3o,4  florins  (64  francs).
Professeurs.  Elèves.  Dépenses—  Le  nombre  des  professeurs,  pour  l’instruction
des  sages-femmes,  est  de  10.  Il  y  a  un  nombre  égal  d’aides  et  de  maîtresses  sagesfemmes.
  Le  traitement  du  professeur  est  de  4so  à  63o  florins  (882  h  1  323  fr.).
Ces  écoles  fournissent  chaque  année  plus  de  1  200  sages-femmes  convenablement
instruites.  La  dépense,  pour  ce  qui  incombe  aux  fonds  d’études  est  de  98  1  5  florins ­
  (20612  francs).

INSTITUTS  TECHNIQUES.
But  de  l'institution.  —  Ces  établissements  ont  pour  but  de  former  les  jeunes
gens  :  i°  pour  1  industrie  et  le  commerce  supérieurs;  2 0  pour  de  grandes  exploitations ­
  rurales;  3°  pour  les  branches  des  services  publics  et  privés  qui  exigent
des  connaissances  techniques  supérieures.
Outre  la  faculté  de  mathématiques  de  Padoue,  il  y  a  actuellement  en  Autriche ­
  sept  écoles  techniques  supérieures,  qui  sont:  l’institut  polytechnique  à
Vienne,  celui  de  Prague,  l’école  technique  de  Brünn,  1  académie  technique  de
Lemberg,  l’institut  technique  de  Cracovie,  le  polytechnicum  Joseph  à  Ofen  et  le
Joanneum  à  Gratz.
        <pb n="277" />
        —  271

Les  instituts  techniques  sont  les  uns  complets,  c’est-à-dire  embrassant  l’enseignement ­
  technique  et  commercial;  les  autres,  tels  que  ceux  de  Prague  et
d’Ofen,  incomplets,  ou  ne  donnant  que  l’enseignement  technique.  L’institut  de
Vienne  a  une  école  préparatoire  et  une  école  de  dessin  industriel;  celui  de  Cracovie
  a  une  école  des  beaux-arts  et  une  école  de  musique,  celui  d’Ofen  une
école  préparatoire.
Direction  et  corps  enseignant.  —  Chaque  institut  a  un  directeur  (celui  de  Vienne
a  en  outre  un  sous-directeur),  qui  s’aide  et  s’éclaire,  pour  tout  ce  qui  a  rapport  à
l’enseignement  et  à  la  discipline,  du  concours  du  conseil  des  professeurs.  Le
personnel  enseignant  se  compose  de  professeurs  ordinaires  et  extraordinaires,
qui  ont  le  rang  de  professeurs  d’université,  de  professeurs  agrégés  de  même
rang  qu’aux  universités,  de  maîtres  (Lehrer)  ordinaires  et  extraordinaires,  et
pour  les  expériences  pratiques  des  adjoints  et  des  aides.
Le  directeur  a  de  1600  à  2000  florins  (336o  à  &amp;amp;200  francs)  de  traitement;
celui  de  Vienne  en  a  0000  (63oo  francs).  Les  professeurs  ont  de  800  à
3000  florins  (  1  680  à  àsoo  francs)  et  des  frais  de  logement  proportionnés.
Elèves.  —  On  les  distingue  en  auditeurs  ordinaires  et  extraordinaires  et  en
élèves  libres.  On  admet  comme  élèves  ordinaires  ou  inscrits  les  jeunes  gens
qui  ont  suivi  avec  succès  les  cours  d’un  gymnase  ordinaire,  d’une  école  réelle
supérieure,  ou  ceux  qui,  âgés  de  seize  ans,  ont  subi  un  examen  d’admission  satisfaisant. ­

Des  personnes  d’âge  mur  et  des  étudiants  d’établissements  supérieurs  peuvent ­
  être  admis,  comme  auditeurs  extraordinaires,  s’ils  ne  satisfont  pas  aux
conditions  exigées  pour  les  élèves  ordinaires.  Enfin  on  donne  le  nom  d’élèves
libres  à  ceux  qui  ne  veulent  suivre  que  quelques  cours  isolés,  ne  formant  pas
une  branche  complète  d’études.
Objets  de  l’enseignement.  —  Les  élèves  ordinaires  sont  également  libres  de
choisir  les  cours  qu’ils  veulent  suivre  et  pour  lesquels  ils  se  sont  montrés  suffisamment ­
  préparés.
Dans  les  instituts  techniques  on  enseigne  :
i°  Les  mathématiques  élémentaires  et  supérieures;
2°  La  géométrie  descriptive  et  le  dessin  ;
3°  La  physique  technique  ;
/i°  La  mécanique  théorique;
5°  La  construction  des  machines  et  le  dessin;
6°  La  géodésie  ordinaire  et  supérieure  et  le  dessin  qui  s’y  rapporte,
7 0  Les  applications  aux  ponts  et  chaussées,  avec  le  dessin  ;
8°  L’histoire  naturelle;
        <pb n="278" />
        9°  La  chimie  technique  générale;
i  o°  La  mécanique  et  la  chimie  technologique  ;
i  i°  L’économie  politique  et  l’administration  de  biens;
12°  L’encyclopédie  forestière;
i  3°  L’économie  nationale  ;
11\°  La  statistique  ;
i  5°  La  science  d’organisation  et  d’administration;
i  6°  La  législation  commerciale  et  industrielle  ;
i  7°  La  géographie  et  l’histoire;
i8°  La  comptabilité;
1  9°  L’arithmétique  politique;
2  0°  Les  calculs  de  commerce  et  de  tenue  de  livres;
2  i°  L’art  d’écrire  ;
2  2°  La  connaissance  des  matières  premières  et  des  marchandises;
2.3°  Les  langues  et  les  littératures  italienne,  française  et  anglaise;
2ZC  La  calligraphie;
2.5°  La  sténographie;
26 o  Le  dessin  élémentaire  et  ornemental;
2  7 0  Le  modelage.
A  l’institut  de  Vienne  on  enseigne  encore,  en  outre,  la  langue  turque,  la
langue  persane,  l’arabe  vulgaire  et  quelques  autres  matières  facultatives.
Les  branches  d’enseignement  qui  exigent  des  démonstrations  expérimentales ­
  ont  des  collections  d’instruments  et  des  cabinets  placés  sous  la  direction
des  professeurs,  ainsi  qu’une  dotation  annuelle  pour  leur  entretien  et  leur
augmentation.
Certificats  de  fréquentation  et  examens.  —  Les  auditeurs  ordinaires  et  extraordinaires ­
  reçoivent  des  certificats  de  fréquentation,  qui  sont  délivrés  par  les  professeurs ­
  respectifs  et  contre-signés  par  le  directeur.
A  la  lin  de  chaque  année,  les  élèves  ordinaires  peuvent  passer  des  examens
sur  les  cours  qu’ils  ont  suivis,  et  l’on  en  constate  le  résultat  par  des  certificats
qui  ont  une  valeur  officielle.  Les  étudiants  extraordinaires  peuvent  obtenir  de
même  des  certificats  particuliers.
Nombre  des  professeurs  et  des  étudiants.  —  En  i85q,  tous  les  instituts  techniques ­
  comptaient  1  67  professeurs  et  353  1  auditeurs,  dont  782  à  titre  d’élèves
libres.
Ces  nombres  d’auditeurs  étaient  répartis  ainsi  qu’il  suit  entre  les  différents
instituts  :
        <pb n="279" />
        35

Institut  polytechnique  de  Vienne..  .
Id.  de  Prague  .  .
Etablissement  technique  à  Brünn  ..
Id.  académie  à  Lemberg.
Id.  institut  à  Cracovie..  .
Josephs  polytechnicum  à  Ofen
Joanneum  id.  à  Gratz....

273  —
Professeurs.
..  54
25
13
il
14
..  24
..  16

Étudiants.
i  9 63
617
196
229
171
201
i54
3  531

Élèves  libres.
723
//
//
//
6
//
23

FACULTÉ  MATHÉMATIQUE  DE  PADOUE.
Cette  faculté  peut  être  rangée  au  nombre  des  instituts  techniques.  Elle  a  pour
but  de  former  des  ingénieurs  et  autres  techniciens;  c’est  pour  ce  motif  qu’on  y
donne  à  l’enseignement  une  direction  pratique,  ce  qui  ne  permettait  pas  de  la
comprendre  au  nombre  des  facultés  de  philosophie.
L’on  admet  à  la  faculté  mathématique  de  Padoue  tous  les  candidats  qui  prou-,
vent,  par  des  certificats  spéciaux,  qu’ils  ont  fait  leurs  études  complètes  d’une
façon  satisfaisante  à  un  gymnase  ou  à  une  école  réelle.
L’enseignement  se  donne  dans  une  période  de  trois  ans,  mais  les  élèves
peuvent  étudier  plus  longtemps,  selon  qu’ils  suivent  à  la  fois  tous  les  cours
d’une  année,  ou  bien  qu’ils  en  reportent  une  partie  à  l’année  suivante.
J rf  année  d’études.  —  Introduction  aux  mathématiques  supérieures.
Géodésie.
Hydrométrie.
Dessin  géométrique.
Agriculture.—  Histoire  naturelle.
2 e  année  d’études.  —  Mathématiques  supérieures.  —  Calcul  différentiel  et  intégral.
Constructions  civiles  et  hydrauliques.
Géométrie  descriptive.
Dessin  architectural.
3 e  année  d’études.  —  Mathématiques  appliquées.
Constructions  civiles  et  hydrauliques
Dessin  de  machines  et  architectural.
Législation  pour  les  ingénieurs  (trattati  legali).
11  existe  en  outre,  non  pour  tous  les  étudiants,  mais  simplement  pour  ceux
qui  désirent  une  instruction  plus  spéciale,  des  cours  de  construction  de  machines, ­
  de  technologie,  etc.  Toutes  les  autres  branches  nécessaires  à  l’instruction ­
  technique,  telles  que  la  physique,  la  chimie,  etc.  sont  aussi  largement  enseignées ­
  h  la  faculté  de  Padoue.
Les  ingénieurs  ont  à  subir  l’examen  du  doctorat  devant  la  faculté  de  mathé-
        <pb n="280" />
        —  274  —
inatiques  de  l’Université,  et,  en  outre,  pour  être  reconnus  aptes  au  service  de
l’Etat,  ils  ont  encore  à  passer  un  examen  spécial  pour  les  détails  du  service.
A  cette  faculté  de  mathématiques,  il  existe  encore  une  classe  d’une  année
pour  l’instruction  des  géomètres  arpenteurs  et  conducteurs  de  travaux.  Les
cours  sont  les  suivants  :
Constructions  civiles  et  des  chaussées.
Dessin  géométrique  et  architectural.
Géodésie  élémentaire.
Agriculture,  histoire  naturelle.
Législation  pour  les  ingénieurs.
Le  nombre  des  étudiants  de  la  faculté  de  mathématiques  varie  de  200  à  3oo.
ORGANISATION  PARTICULIÈRE  DES  INSTITUTS  DE  PRAGUE  ET  DE  VIENNE.
A  ces  renseignements  généraux  sur  l’ensemble  des  instituts  polytechniques
qui  existent  en  Autriche,  nous  croyons  devoir  ajouter  des  détails  plus  circonstanciés ­
  sur  ceux  de  Prague  et  de  Vienne,  qui  jouissent  à  juste  titre  d’une  grande
réputation,  tant  par  leur  helle  organisation  que  par  le  talent  des  professeurs  qui
y  donnent  l’enseignement.  Ils  viennent  d’ailleurs  de  recevoir,  dans  l’organisation ­
  des  études,  des  modifications  que  l’on  peut  regarder  comme  le  résultat  des
observations  et  des  améliorations  que  l’expérience  a  pu  suggérer.
STATUT  ORGANIQUE  POUR  L’INSTITUT  POLYTECHNIQUE  DU  ROYAUME  DE  BOHEME,
À  PRAGUE,  DU  a3  NOVEMBRE  l863.
Bal  de  l’institut.
§  1 er .  L’institut  polytechnique  a,  comme  école  supérieure,  pour  hut  de  donner
aux  élèves  qui  en  suivent  les  études  une  instruction  scientifique  fondamentale
appropriée  à  la  direction  qu’ils  désirent  adopter,  et  de  les  mettre  tellement  au
courant  des  progrès  techniques  et  industriels,  qu’ils  puissent  sans  préparation
intermédiaire  entrer  dans  la  vie  pratique.
§  2.  Pour  atteindre  ce  but,  l’enseignement  sera  réparti  sur  les  quatre  divisions ­
  spéciales,  comme  on  va  l’indiquer.
$.  3.  Organisation  des  études.  —  Les  élèves  qui  se  destinent  à  suivre  les
études  de  1  institut  polytechnique  sont  partagés  en  deux  catégories  :
i°  Ceux  qui  doivent  recevoir  l’instruction  nécessaire  pour  l’une  des  quatre
divisions  spéciales;
2 0  Ceux  qui,  pour  le  simple  perfectionnement  de  leur  instruction,  veulent
suivre  cet  enseignement.
L’organisation  de  l’enseignement  polytechnique  de  Prague  a  été  modifié  ré-
        <pb n="281" />
        —  275  —
ceimiient,  et  d’après  le  programme  qui  a  été  arrêté  pour  l’exercice  prochain
i  864-1865  (1) ,  les  élèves  ordinaires  seront  répartis  en  quatre  divisions  spéciales
ainsi  qu’il  suit  :
A.  Division  des  ponts  et  chaussées  et  génie  civil  (  Yasser  und  Strassenbau).
B.  Division  de  1  architecture  et  constructions  civiles  [Hochbau).
C.  Division  de  la  construction  des  machines  (Maschinenbau).
D.  Division  de  la  chimie  appliquée  (  technische  Chemie).
Mais,  comme  ces  divisions  spéciales  ont  besoin  de  certaines  parties  d’enseignement ­
  commun,  l’on  a  donné  d’abord  dans  le  programme  général  le  détail
des  matières  traitées  dans  chacun  des  cours  qui  doivent  être  professés,  ainsi
que  le  nombre  d  heures  qui  y  est  consacré,  et  dans  les  programmes  particuliers ­
  à  chaque  division  spéciale,  l’on  s’est  contenté  d’indiquer  les  parties  de  ces
cours  qui  étaient  obligatoires  pour  les  élèves  de  ces  divisions.
Cet  ordre  est  d’autant  plus  convenable  qu’outre  les  cours  obligatoires  les
élèves  ordinaires  peuvent  en  suivre  d’autres,  et  que  les  élèves  extraordinaires  et
les  auditeurs  libres  sont  ainsi  en  mesure  de  connaître  l’objet  et  l’étendue  des
connaissances  exposées  dans  ces  cours.
Nous  reproduirons  ici  les  programmes,  parce  qu’ils  font  bien  connaître  l’esprit ­
  général  et  la  tendance  de  l’enseignement  de  cet  institut  justement  célèbre
en  Allemagne.

ENSEIGNEMENT  DES  DIVISIONS  SPECIALES  OU  TECHNIQUES.

I.  Mathématiques,  trois  cours  d’une  année.
i"  cours.  —  Algèbre,  analyse,  éléments  de  calcul  différentiel,  géométrie  analytique ­
  des  plans  et  des  solides
2 e  cours-  —  Equations  du  degré  supérieur,  calcul  différentiel  et  intégral,  avec
applications  à  des  problèmes  de  géométrie
(Préparation  exigée  :  le  i"  cours  de  mathématiques  (,) .)
3*  cours.  —  Equations  différentielles,  calcul  des  variations,  méthodes  des
moindres  carrés
Observation.  —  Il  nous  semble  que.  pour  répondre  aux  besoins  de  l’ensei-(')
  Cette  condition  veut  dire  que  l’on  n'est  admis  à  suivre  le  cours  qu’autant  qu’on  possède ­
  les  connaissances  données  dans  celui  qui  est  indiqué.  Elle  se  trouve  reproduite  pour
beaucoup  d’autres  cours.
(1)  Organische  Statuten  für  das  polytechnische  Institut  des  Königreichs  Böhmen.  In  Crag.
novembre  i863.

HEURES
DE  LEÇONS
par  semaine.
7
6
5
        <pb n="282" />
        276  —

HEURES
DE  LEÇONS
par  semaine

gnement  des  quatre  divisions  spéciales,  cet  enseignement  mathématique  est
d’un  ordre  plus  élevé  qu’il  n’est  nécessaire,  et  qu’il  suffirait  de  connaissances
plus  élémentaires  pour  les  études  techniques  ultérieures.  Cette  observation
s'applique  plus  spécialement  au  3 e  cours.
II.  Géométrie  descriptive.
ï 0  Projections  orthogonales;  obliques  et  polaires  en  général,  et  au  point  de  vue
des  applications  techniques.
Dessin  de  construction
2°  Stéréotomie
Applications  de  la  géométrie  descriptive  à  la  coupe  des  pierres  et  des  voussoirs
de  voûtes
Exécution  matérielle  de  modèles  de  coupe  de  pierres  (en  été),
(Préparation  exigée  :  les  principes  de  la  géométrie  descriptive.
III.  Géodésie.
1 er  cours.  —  Levé  des  plans,  nivellement,  théorie  et  description  des  instruments, ­
  indications  générales  des  appareils  techniques.
Dessins  de  terrains  d’après  des  modèles  et  des  reliefs.  (Ces  modèles  sont  ceux
de  M.  Bardin.
Exercices  d’arpentage  et  de  nivellement  sur  le  terrain,  par  an  pendant  quatorze ­
  jours  au  moins.
(Préparation  exigée  :  i* r  cours  de  mathématiques,  géométrie  descriptive  et
physique.)
2 e  cours.  —Représentation  du  terrain,  cadastre,  nivellement  géodésique.  .  .  .
Cadastrage  sur  le  terrain,  par  an  au  moins  huit  jours.
(Préparation  exigée  :  ï"  cours  de  géodésie,  3 e  cours  de  mathématiques  et
géognosie.
Observation.  —  Ici  encore  le  3 e  cours  de  mathématique  nous  semble  à  peu
près  superflu.
IV.  Mécanique  et  construction  de  machines.

ï 0  Mécanique  élémentaire.  —  Statique  et  dynamique  terrestres,  hydrostatique, ­
  hydrodynamique,  aérostatique  et  aérodynamique
(Préparation  exigée  :  i cr  cours  de  mathématiques  et  physique  générale.
2°  Mécanique  analytique.  —  Semestre  d’été
(Préparation  exigée  :  3 e  cours  de  mathématiques  et  de  mécanique  élémentaire.) ­

3°  Mécanique  des  constructions.
(Préparation  exigée  :  mécanique  analytique.)

o
10
        <pb n="283" />
        Dessin  des  machines
(Préparation  exigée  :  2*  cours  de  mathématiques,  éléments  de  mécanique,
géodésie  1"  cours.)
4°  Etude  des  machines.  —  Application  de  la  mécanique  à  la  théorie  et  au
dessin  des  machines,  et  dessin  des  machines
(Préparation  exigée  :  2 e  cours  de  mathématiques,  mécanique  élémentaire,
géodésie,  i cr  cours.)
5°  Construction  des  machines.  —  Connaissance  des  matériaux,  instruction  sur
quelques  genres  de  machines
Dessin  des  machines
Visite  de  grands  ateliers  de  construction  de  machines
(Préparation  exigée  :  cours  de  machines,  minéralogie  et  chimie  générale.)
6°  Encyclopédie  des  machines.—  Pour  les  élèves  qui  ne  se  destinent  à  aucune
spécialité  de  machines
Dessin  des  machines...
7°  Travail  dans  des  ateliers  de  construction  de  machines,  au  moins
8°  Emploi  pratique  dans  un  établissement  de  construction  de  machines  où  les
élèves  soient  de  temps  à  autre  occupés  à  tous  les  travaux

V.  Mécanique  technologique.
Travail  des  métaux,  des  bois,  des  matières  filamenteuses,  des  lilalures,  des
étoffes  de  laine  et  fabrication  du  papier

VI.  Architecture  et  génie  civil.
1°  i ci  cours.  —  Travaux  de  construction  et  de  détail  du  métier  de  maçon  et
de  charpentier,  constructions  en  1er,  matériaux  de  fondation  et  stabilité  des
constructions
Dessins  de  construction
(Préparation  exigée  :  2 e  cours  de  mathématiques  élémentaires,  géodésie,
1 er  cours;  minéralogie,  physique,  technologie,  chimie  générale;  et  pour
les  élèves  qui  se  destinent  à  l’architecture,  étude  des  styles  avec  dessins
du  1 er  cours.)
2°  2 e  cours.  —  Etude  technique  des  monuments,  des  travaux  préparatoires,
de  l’assiette  des  bâtiments
Dessin  de  bâtiments
(Préparation  exigée  ;  i er  cours  d’architecture,  mécanique  analytique,  élude
des  machines,  géognosie;  et  pour  les  élèves  qui  se  destinent  aux  grandes
constructions,  élude  des  styles  avec  dessins  du  i er  cours.)
3°  3 e  cours.  —  Projet  d’un  grand  bâtiment  d’après  un  programme  donné..  .  .
Visite,  des  constructions  les  plus  intéressantes

HEURES
DE  LEÇONS
par  semaine.

5
10

12
//
        <pb n="284" />
        1

278

(Préparation  exigée  :  deux  cours  d’architecture,  1"  cours  des  routes  et  ponts
mécanique  des  constructions,  stéréotomie.
4°  Elude  des  styles  avec  dessins.

i  cours.
2 e  cours.
3 e  cours.
4'  cours.

Modelage  en  terre.
(Préparation  exigée  :  dessin  à  main  levée.)
Vil.  Constructions  hydrauliques  et  constructions  des  chemins.
i"  cours.  —  Fondations,  digues,  écluses  et  canaux;  construction  des  routes
De  la  charge  des  ponts  et  des  chemins  de  1er
Dessins  des  constructions
(Préparation  exigée  :  mécanique  analytique,  élude  des  machines,  i"  cours
de  constructions  rurales.)
2 e  cours.  —  Des  ponts  et  des  chemins  de  fer
Dessin  de  construction
Projet  de  constructions  hydrauliques  et  de  routes,  d’après  un  programme
donné

Visite  des  constructions  les  plus  intéressantes
(Préparation  exigée  :  roules  et  travaux  hydrauliques  i"  cours,  architecture
2'  cours,  mécanique  des  constructions,  stéréotomie.)
VIII.  Notions  générales  sur  les  travaux  hydrauliques
ET  SUR  LES  TRAVAUX  DE  ROUTES.
Pour  les  élèves  qui  ne  se  destinent  pas  à  une  spécialité  de  travaux  de  construction ­

Dessins  de  bâtiments
IX.  Physique  générale.
i°  Statique,  dynamique,  magnétisme  et  électricité,  chaleur,  optique,  acoustique.
Observation.  —  La  statique  et  la  dynamique  devraient  être  renvoyées  au
cours  de  mécanique  simplifié.
2°  Physique  technique.  —  Application  de  la  physique  a  des  questions  techniques ­
  et  à  l’industrie,  pyrotechnie,  télégraphie,  galvanoplastie
Ce  nombre  d’heures  paraît  insuffisant,
(Préparation  exigée  :  physique  générale.)

heures
DE  LEÇONS
par  semaine.
        <pb n="285" />
        —  279  —

X.  Chimie  générale.
j 6  Matières  premières  et  leur  emploi,  travail  des  métaux,  alliage  des  métaux,
étude  des  sels,  chimie  organique
(Préparation  exigée:  Physique  générale,  minéralogie,  botanique  et  zoologie,
mathématiques  1"  cours.)
a 0  Chimie  analytique.  —  Epreuves  au  chalumeau,  analyses  qualitatives  et
quantitatives;  en  hiver
Travaux  d’analyse  au  laboratoire  :
j"  cours

a  cours
(Préparation  exigée  :  chimie  générale.)
3°  Chimie  technologique.  —  i er  cours.  —  Fermentation  chimique,  semestre
d’hiver;  chimie  agricole,  blanchiment  et  teinture,  semestre  d’été
Visites  d’établissements  industriels
2*  cours.  —  Fabrication  du  sucre.  Semestre  d’hiver
Fabrication  du  verre  et  des  poteries
Chimie  des  sels
Visite  d’établissements  industriels
(Préparation  exigée  :  chimie  générale.)
4°  Encyclopédie  chimique.  —  Pour  les  élèves  qui  ne  se  destinent  pas  à  une
spécialité  chimique

Semestre  d’été.

XI.  Minéralogie.
Considérations  sur  la  partie  technique  et  sur  l’industrie,  semestre  d’été.
XII.  Géognosie  et  paléontologie.

Considérations  sur  la  partie  technique  et  industrielle.
Excursions  géologiques
(Préparation  exigée  :  minéralogie.)

XIII.  Botanique.
Considérations  sur  la  partie  technique  et  industrielle,  semestre  d’été.  .
XIV.  Zoologie.
Considérations  sur  la  partie  technique  et  industrielle,  semestre  d’hiver.
XV.  Dessin  k  main  levée.
Selon  le  but  spécial  des  études  techniques

HEURES
DE  LEÇONS
par  semaine.

15
15
        <pb n="286" />
        Enseignement  des  élèves  de  la  deuxième  catégorie.  —  Les  études  de  ces  élèves,
qui  ne  se  proposent  que  de  perfectionner  leurs  connaissances,  sont  réglées
ainsi  qu’il  suit  :
i°  Economie  nationale;
a 0  Commerce  et  règles  du  change  ;
3°  Science  agricole;
k°  Exploitation  des  mines.
Jusqu’à  ce  qu’une  école  supérieure  d’agriculture  puisse  ctre  organisée  en
Bohême,  l’enseignement  relatif  à  la  science  agricole  et  à  l’administration  des
propriétés  comprendra  deux  années  de  cours  ayant  chacune  cinq  heures  de
leçons.
5°  Cours  spécial  de  technologie  mécanique;
6°  Statistique  et  commerce  industriels;
7°  Comptabilité;
8°  Langue  française;
9°  Langue  anglaise;
i  o°  Langue  italienne;
i  i°  Langues  slave,  serbe,  russe.
Observations.  —  Cet  enseignement  de  la  deuxième  catégorie  d’élèves  paraît
devoir  être  bien  superficiel.
Ordre  et  répartition  de  l’enseignement  pour  les  divisions  spéciales.—  La  durée  de
l'enseignement  est  de  cinq  années  pour  les  trois  premières  divisions  de  la  première ­
  catégorie  d'élèves  (ponts  et  chaussées,  architepture,  constructions  de  machines), ­
  et  de  quatre  années  seulement  pour  la  quatrième  division  (chimie
appliquée).
Les  matières  de  l’enseignement  sont  réparties  par  année  ainsi  qu’il  va

suivre.
        <pb n="287" />
        29

17

36

—  281  —
Division  A.  —  ponts  et  chaussées.

Mathématiques,  i"  cours
éométrie  descriptive  .  .  .
Dessin  des  épures
Physique  générale
Minéralogie
Dessin  à  main  levée

HEURES  D’ETUDES
PAR  SEMAINE.

10

20  14  1

35

HEURES  D’ETUDES
PAR  SEMAINE.

4  ANNEE.

Construction  de  routes  et  travaux ­
  hydrauliques,  i"cours.
Dessin  de  routes  et  travaux  hydrauliques ­


Architecture  et  constructions
civiles  ,  2'  cours

Mathématiques  ,  2 e  cours
Géodésie,  i er  cours
Dessin  des  plans
Levé  des  plans  sur  le  terrain  .
Mécanique  élémentaire
Chimie  encyclopédique
Physique  technique

21

14  j

14  j&amp;lt;

27

0 e  ANNÉE.
3 e  cours  de  mathématiques,  en
hiver  .*
Mécanique  analytique,  en  été..
Description  des  machines
Dessin  de  machines
Architecture  et  constructions
civiles,  1 er  cours
Dessin  de  bâtiments
Géognosie
Excursions  géologiques

17

12

Dessin  de  bâtiments
Mécanique  du  bâtiment
Coupe  de  pierres  (en  été,  2  h.
Modelage  et  coupe  de  pierres,
été

Construction  de  routes  et  constructions ­
  hydrauliques

Dessin  de  routes  et  de  constructions ­
  hydrauliques

Visite  de  travaux  pour  projets.
Mécanique  technique
Géodésie,  2 e  cours

Travaux  extraordinaires  d’art,
au  moins  dans  1  annee..  .

14

14

8j
        <pb n="288" />
        Division  B.  —  architecture  et  constructions  civiles.

Enseignements  et  travaux  communs ­
  avec  la  division  A  des
ponts  et  chaussées.

Enseignements  et  travaux  communs ­
  avec  la  division  A  des
ponts  et  chaussées,  plus,  pour
étude  du  style,  1"  cours.  .  .

3 e  ANNÉE.
Enseignements  et  travaux  communs ­
  avec  la  division  A  des
ponts  et  chaussées,  plus,  pour
le  2*  cours  de  style

HEURES  D’ETUDES
PAR  SEMAINE.

4'  ANNÉE.
Enseignements  et  travaux  communs ­
  avec  la  division  A  des
ponts  et  chaussées,  plus,pour
étude  des  styles,  3'  cours..  .
5'  ANNÉE.
Architecture  et  constructions
civiles,  3 e  cours;  projets  de

constructions.

Économie  nationale,  en  hiver,,
5  heures
Comptabilité,  en  été,  3  heures.!
Mécanique  technique
Etude  et  dessin  des  styles,  4

Modelage
Visite  des  constructions  intéressantes ­


HEURES  D’ETUDES
PAR  SEMAINE.

y

12

1S+.T

Division  C.  —  construction  des  machines.

1  ET  2  ANNEE.
Enseignement  des  travaux  communs ­
  avec  la  division  A  des
ponts  et  chaussées.
3‘  ANNÉE.
Mathématiques,  3 e  cours,  hiver.
Mécanique  analytique,  été.  .  .  .
Etude  des  machines

A  reporter.

HEURES  D’ETUDES
PAR  SEMAINE.

10

3"  ANNÉE.  (Suite.)

Report
Dessin  des  machines
Encyclopédie  de  la  construction ­

Dessin  de  constructions
Géognosie

HEURES  D’ETUDES
PAR  SEMAINE.

10

18

12
        <pb n="289" />
        36.

—  283

4 e  ANNEE.
Construction  lie  machines.  .  .  .
Dessin  fie  machines
Projets  de  machines,  été
Mécanique  technologique
Chimie  technologie  et  métallurgie ­
  ,  hiver
Kconomie  nationale,  hiver,  5  h.
Comptabilité,  été,  3  heures.  .  .
A  reporter

HEURES  D’ETUDES
PAR  SEMAINE.

2,5
4

10
II
II

16

10

Report.  ..••••••••
Travail  dans  un  atelier  de  construction ­
  ,  au  moins
Visites  de  grands  ateliers  de
construction

HEURES  D’ETUDES
PAR  SEMAINE.

16

16

10

10

5"ANNÉE.
Travail  pratique  dans  un  atelier
de  construction.

Division  D.—chimie  technologique.

HEURES  D’ETUDES
PAR  SEMAINE.

! r "  ANNEE.
Mathématiques,  i cr  cours.
Physique  générale
Minéralogie
Zoologie,  hiver,  5  heures.
Botanique,  été,  3  heures.

HEURES  D’ETUDES
PAR  SEMAINE.

3”  ANNÉE.
Analyse  chimique,  hiver,  5  h.
Analyses  au  laboratoire
Chimie  technique,  hiver,  5  h.
Chimie  agricole,  été,  5  heures.
Encyclopédie  de  la  construction ­

Dessin  de  bâtiment

2,5

31

12.5

6
6
35,5

15

15

2 e  ANNEE.
Chimie  générale
Physique  technique.
Mécanique  encyclopédique
Dessin  de  machines.
Géognosie.
Excursions  géologiques.

4 e  ANNÉE.
Travaux  d’analyse  au  laboratoire, ­
  au  moins
Fabrication  du  sucre.  —  Usines
à  fer
Fabrication  de  verre.  —  Pote-)
ries  ^
Chimie  des  sels
Mécanique  technique  I
Économie  nationale  /
Comptabilité

5
4
14

15

15
        <pb n="290" />
        Observation.  —  On  remarquera  que,  dans  ce  programme,  renseignement
donné  aux  élèves  mécaniciens  est  poursuivi  sans  interruption  pendant  quatre
années,  et  que  le  travail  dans  les  ateliers  n’est  exigé  qu’à  la  cinquième  année,
ce  qui  paraît  préférable  à  l’interruption  en  usage  à  Dresde,  qui  oblige  ces  élèves
à  passer  un  an  aux  ateliers  après  la  première  année  d’études.  Mais  ij  est  assez
probable  que  les  élèves  se  contentent  d'eux-mêmes  de  la  troisième  année  d’études ­
  de  leur  division,  ce  que  leur  programme  semble  rendre  difficile  d’ailleurs ­
  à  la  fin  de  la  première  et  de  la  deuxième  année.
Statistique.  —L’Institut  a  20  professeurs  ordinaires
6  professeurs  extraordinaires  de  première  catégorie. ­

5  professeurs  extraordinaires  de  deuxième  catégorie. ­

20  répétiteurs.
6  maîtres.
Le  nombre  des  élèves  a  été,  en  1862-1868,  de  -7/17,  dont  :
Habitants  de  Prague  120  de  16  à  19  ans  à  l’entrée  128  j
de  la  Bohème  676  de  19  à  26  626  '
de  la  Moravie  i4  de  28  à  a5  63  I
Autriche  et  autres  provinces  38
(jolleclions.  •—  L’institut  technique  de  Prague  possède  des  collections  nombreuses, ­
  largement  pourvues  des  moyens  d’enseignement  nécessaires.  Elles  consistent ­
  en  :
i°  Une  bibliothèque  de  10000  à  12000  volumes;
2 0  Modèles  de  géométrie  descriptive  complets,  modèles  de  surfaces  engendrées ­
  par  des  lignes  droites  en  fil,  etc.
3°  instruments  de  topographie,  de  géodésie  et  de  nivellement  pour  les
travaux  des  élèves.  Modèles  de  topographie  en  relief  (système  Bardin).
L\°  Modèles  de  machines  très-nombreux  et  très-variés;  éléments  de  machines.
Appareils  pour  les  lois  de  la  chute  des  corps.  Dynamomètres.  Moteurs  divers ­
  ,  etc.
5°  Instruments  de  physique;  ou  y  trouve  la  plupart  des  nouveaux  appareils.
6°  Technologie.  Outils  divers.  Matières  premières.
7 0  Architecture.  Modèles  en  plâtre;  beaux  modèles  de  ponts  suspendus  et
autres,  en  bois,  en  fer,  etc.  Charpentes  ordinaires  ou  à  grandes  portées.
8°  Agriculture.  Modèles  nombreux  à  petite  échelle,  très-bien  exécutés,  des
divers  instruments.
        <pb n="291" />
        —  285  —
9°  Histoire  naturelle.  Minéralogie.  Collection  de  minéraux  et  de  roches  mise
à  la  disposition  des  élèves.  Oiseaux,  reptiles,  etc.
Laboratoire  de  chimie.  —  L’institut  a,  pour  les  étude»  de  chimie  appliquée,
un  laboratoire  fort  bien  installé,  dans  lequel  ho  élèves  peuvent  à  la  fois  exécuter ­
  les  principales  manipulations.
Dessin.  —  L’institut  de  Prague  est  celui  où  nous  avons  trouvé  la  meilleure
exécution  du  dessin  linéaire.  Le  trait  y  est  fin  et  léger;  toutes  les  épures  de  la
géométrie  y  sont  exécutées,  et  les  projets  de  travaux  publics,  de  bâtiments  ou
de  machines  y  sont  rédigés  avec  soin.
INSTITUT  POLYTECHNIQUE  DE  VIENNE.
Cet  institut,  établi  dans  les  nouveaux  quartiers  de  Vienne,  est  un  établissement ­
  considérable,  riche  en  collections  très-variées  et  très-complètes,  parfaitement ­
  bien  tenues  et  dans  le  meilleur  ordre.  Ces  collections  sont  ouvertes  au
public  le  dimanche.
Il  y  a  actuellement  i  y  professeurs  ordinaires  et  20  professeurs  extraordinaires, ­
  900  élèves  qui  font  cinq  années  d’études  et  payent  2/1  llorins  par
an;  mais  un  tiers  environ  a  des  bourses.
Les  collections  se  composent  de  modèles  de  ponts,  d’écluses,  etc.  d  appareils ­
  de  transport,  bateaux,  vaisseaux,  voitures,  etc.  d’appareils  à  élever  et  à
peser  les  fardeaux;  de  machines  à  diviser  et  de  fabrications  diverses,  de  machines ­
  et  d’appareils  hydrauliques,  roues,  turbines,  machines  à  colonne  d’eau,
cagnardelle,  etc.  de  machines  à  vapeur  fixes,  de  marteaux  à  vapeur,  d’appareils ­
  et  de  machines  à  élever  les  eaux;  de  balances  de  précision,  de  manomètres, ­
  d  horloges,  de  locomotives,  de  chaudières  avec  leurs  détails;  d’un
beau  modèle  de  la  coulisse  de  Stéphenson;  de  bateaux  à  vapeur,  de  bateauxdragues
  à  vapeur;  d’instruments  de  physique,  de  dessins  et  de  baromètres,
d  appareils  d’optique,  d’un  appareil  pour  mettre  le  feu  aux  mines,  portatif
et  simple,  de  machines  électriques,  etc.
Il  existe  aussi  une  collection  technologique  très  et  peut-être  trop  considerable ­
  ,  de  matières  premières,  d’outils,  de  produits  de  toutes  les  industries,  y
compris  celle  de  l’habillement,  très-bien  tenue  et  renfermant  des  objets  curieux,
dont  une  partie  devrait  être  renouvelée  de  temps  à  autre.
Des  collections  très-nombreuses  de  dessins  collés  sur  toile,  simplement  faits
mais  bien  exécutés,  sont  a  la  disposition  des  professeurs  pour  l’enseignement.
Les  salles,  vastes,  bien  éclairées  et  bien  aérées,  permettent  de  donner  aux
élèves  tout  l’espace  nécessaire  pour  l’exécution  de  leurs  dessins.
Un  atelier,  composé  de  12  ouvriers,  fabrique  et  entretient  les  instruments
        <pb n="292" />
        de  géodésie,  de  topographie  et  d’arpentage  nécessaires  au  service  de  i’institut,
et  comme  son  chef  est  autorisé  à  vendre  des  produits  au  dehors,  il  est  astreint,
î'i  ces  conditions,  à  se  suffire  sans  subvention  et  sans  autre  avantage  que  le  local
et  le  matériel.
Un  laboratoire  très-complet,  muni  d’étuves  ventilées  pour  les  évaporations,
peut  recevoir  au  moins  60  à  5o  élèves  répartis  autour  de  tables  offrant  dix
places  chacune.  Pour  éviter  le  gaspillage  des  réactifs,  l’usage  est  de  faire  payer
aux  élèves  ceux  qu’ils  consomment.
De  T  enseignement.  —  D’après  les  nouveaux  statuts  qui  vont  être  mis  en  vigueur ­
  pour  l’institut  polytechnique  de  Vienne,  cet  établissement  a  pour  but
de  donner  un  enseignement  théorique,  aussi  approfondi  et  pratique  que  possible, ­
  dans  les  sciences  nécessaires  aux  diverses  catégories  d’élèves.
Il  est,  à  cet  effet,  partagé  en  une  division  préparatoire  commune,  comprenant
deux  années  d’études,  et  en  quatre  divisions  d’enseignement  spécial,  savoir  :
I o  Les  ponts  et  chaussées-,
2°  L’architecture;
3°  La  construction  des  machines;
4°  La  chimie.
L’enseignement  dure  du  octobre  à  la  lin  de  juillet;  il  est  partagé  en  cours
d’un  an  et  en  cours  d’un  semestre  de  durée.
Les  matières  enseignées  sont  réparties  en  cinq  branches  distinctes  qui  sont  :
Mathématiques.
Géométrie  descriptive.
Géométrie  pratique.
Géodésie  supérieure.
Astronomie  sphérique.
Mécanique  technique.
Mécanique  analytique.
!  Physique  générale.
A  /  Physique  technique.
Chimie  inorganique.
Chimie  organique.
Chimie  analytique.
Minéralogie.
Géologie.
Zoologie.
i  Zoologie  au  point  de  vue  de  l’étude  de  la  paléontologie.
Botanique.
        <pb n="293" />
        287  —

I  Etude  des  machines.

Notions  générales  sur  les  machines.
Construction  de  machines.
Mécanique  technologique.
Mécanique  relative  à  la  construction.
Notions  générales  de  construction  de  bâtiments.

Histoire  générale.
Histoire  de  l’Autriche..
Histoire  de  l’art  des  constructions.
Histoire  des  sciences  d’induction.
Littérature  allemande.
C  i  Esthétique.
Ï  Economie  politique.
■  Statistique.
i  Droit  de  commerce,  de  change  et  de  mer.
1  Organisation  et  administration  autrichiennes.
\  Tenue  de  livres,
i  Dessin  technique  et  à  main  levée.
!  Ornementation  et  dessin  d’ornements.
)  Dessin  de  paysages.
■■■  Modelage,
i  Langue  française.
J  Langue  italienne,
j  Langue  anglaise.
(  Sténographie.
Ces  matières  sont  réparties  dans  les  divisions  préparatoires  et  spéciales,
comme  l’indiquent  les  tableaux  suivants,  dans  lesquels  les  séances  de  cours
sont  invariablement  d’une  heure  et  demie.

Architecture  et  art  des  constructions.
Ponts  et  chaussées,  chemins  de  fer,  description  de  terrains.
Ordonnance  des  constructions  et  administration.
Chimie  technologique.
        <pb n="294" />
        —  288  —
DIVISIONS  PREPARATOIRES  (1 ).

SEMESTRES

D’HIVER

MATIERES  ENSEIGNEES.

Nombre

Nombre

de  seances
de  cours
semaine.

d  heures
de  dessin

de  séances
de  cours

d  heures
de  dessin

semaine.

l rc  ANN&amp;amp;E.
Mathématiques,  i"  cours
Géométrie  descriptive
Chimie  inorganique
Minéralogie
Géologie  (des  roches  et  des  formations),
Dessin  technique  et  à  main  levée

Somme.

13

14

13

16

(2)

Mathématiques,  2  e  cours
Physique  générale
Mécanique  technique
Géométrie  pratique
Dessin  technique  et  à  main  levée.

Somme.

11

14

12

6
10

16

DIVISION  DES  PONTS  ET  CHAUSSEES.

Coupe  des  pierres  et  perspective.  .  .
Géodésie  supérieure
Mécanique  analytique
Notions  générales  sur  les  machines.
Art  des  constructions,  i er  cours.  .  ..

13

14

12

20

O  Outre  les  cours  indiqués  dans  les  tableaux,  les  élèves  peuvent  en  suivre  d’autres;  ils
pourront  également  passerdans  les  salles  de  dessin  et  dans  les  laboratoires  un  nombre  d’heures
plus  grand  que  celui  qui  est  indiqué.
{,)  Les  élèves  qui  se  destinent  à  la  division  de  chimie  technique  ne  suivent  que  la  première
année  de  la  division  préparatoire;  pour  eux,  le  cours  de  géométrie  descriptive  n’est  pas  obligatoire ­
  et  est  remplacé  par  des  manipulations  au  laboratoire.
        <pb n="295" />
        3 7

289

MATIÈRES  ENSEIGNÉES.  *

Physique  technique
Mécanique  technologique
Mécanique  relative  à  la  construction..  .
Description  de  terrains
Ponts  et  chaussées
Projets  et  exécutions  de  constructions.

Somme.

SEMESTRES

Nombre

de  séances
de  cours
semaine.

10

d’heures
de  dessin
semaine.

15

15

Nombre

de  séances
de  cours
semaine.

d’heures
de  dessin
semaine.

3"  ANNÉE.

Histoire  de  l’art  de  construire
Ordonnance  des  constructions  et  administration.
Construction  de  ponts
Construction  de  chemins  de  fer....
Projets  et  exécutions  de  constructions

Somme.

15

15

IJ.  DIVISION  DES  ARCHITECTES  ET  DES  CONSTRUCTEURS  DE  BÂTIMENTS.

Coupe  des  pierres  et  perspective
Notions  générales  sur  les  machines.  .  .
Mécanique  relative  à  la  construction.
Histoire  de  l'art  des  constructions.  .  .
Architecture  et  art  des  constructions,

Somme.

12

14

12

Physique  technique  »
Mécanique  technologique
Notions  générales  sur  la  construction,  2  e  semestre.
(Ponts  et  chaussées.)
Architecture  et  art  des  constructions,  2 e  cours
Dessin  d  architecture  et  projets

Somme.

10

14

14

4
il
15

19

20

20

20

6
//
14

20
        <pb n="296" />
        290

MATIÈRES  ENSEIGNEES.

3 e  ANNÉE.
Ordonnance  des  constructions  et  administration..  .
Architecture  et  art  des  constructions,  3 e  cours
Projets

Somme.

SEMESTRES

D’HIVER.

Nombre

de  séances
de  cours
semaine.

d’heures
de  dessin
semaine.

15

15

Nombre

de  séances
de  cours
semaine.

III.  DIVISION  DES  CONSTRUCTEURS  DE  MACHINES.
l"  ANNÉE.
Physique  technique
Notions  générales  sur  les  constructions
Mécanique  analytique
Etude  des  machines
Construction  de  machines,  j er  cours
Exécution  de  travaux  de  construction  de  machines

Somme.

11

6

10

16

Mécanique  relative  à  la  construction.
Mécanique  technologique
Appareils  de  chauffage  et  d’éclairage  .
Métallurgie
Constructions  de  machines,  2 e  cours.
Projets  et  exécution  de  machines.  .  .  .

Somme.

il

15

15

IV.
I re  ANNÉE.

DIVISION  DF.  CHIMIE  TECHNIQUE.

Physique  générale
Mécanique  technique.  .
Botanique
Zoologie
Chimie  organique,.  .  .  .
Chimie  analytique
Travaux  au  laboratoire.

Somme.

2
«3
3
2
1
h

11

10

10

12

11

d’heures
de  dessin
semaine.

15

15

10

16

15

15

10

10
        <pb n="297" />
        3?-

29]

SEMESTRES

MATIERES  ENSEIGNEES

Nombre

Nombre

de  séances
de  cours

d  heures•
de  dessin

d  heures
de  dessin

Physique  technique
Notions  générales  sur  les  constructions,  i er  semestre.
Technologie  mécanique
Connaissance  des  marchandises
Chimie  technologique
(a)  Métallurgie  et  salines
(b)  Matériaux  de  chauffage  et  d’éclairage
(c.)  Fabrication  des  sels,  du  ciment,  du  verre  et  des
produits  céramiques  t
Travaux  au  laboratoire

Somme.

3 e  ANNÉE.
Notions  générales  sur  les  machines
Chimie  technologique
(n)  Teinture,  blanchiment,  impression,  tannage.  .  .
(e)  Produits  fermentés,  fécule,  fabrication  du  sucre,
du  savon,  des  bougies  stéariques
Travaux  au  laboratoire

Somme.  ...

11

10

10

15

11

10

10

15

15

Les  leçons  de  botanique,  de  zoologie,  de  géologie,  de  technologie  mécanique
ou  chimique,  de  construction  de  machines,  d’art  des  constructions  et  de  sciences
agricoles,  seront  suivies  d’excursions  et  de  visites  d’établissements.
Le  cours  pratique  de  géométrie  sera  terminé  l’éié  par  des  opérations  importantes ­
  sur  le  terrain.
Observations  générales.  —  L’on  voit,  par  les  détails  dans  lesquels  nous  avons
cru  devoir  entrer  sur  les  deux  grands  instituts  polytechniques  de  Vienne  et  de
Prague,  qu’ils  sont  constitués  de  manière  à  donner,  aux  élèves  qui  en  suivent
les  cours,  un  enseignement  scientifique  très-complet,  et  toutes  les  notions
techniques  que  l’on  peut  acquérir  dans  une  école  d’application.
La  durée  des  cours,  qui  est  de  cinq  années  pour  les  architectes,  les  ingénieurs
        <pb n="298" />
        et  les  mécaniciens,  comprend  le  même  espace  de  temps  que  le  séjour  de  nos
élèves  à  l’école  polytechnique  et  dans  nos  écoles  d’application  ,  surtout  si  l’on
tient  compte  de  la  préparation  un  peu  plus  forte  de  nos  élèves.
La  destination  tout  à  fait  spéciale  que  se  proposent  de  suivre  les  jeunes  gens
qui,  en  qualité  d’élèves  ordinaires,  assistent  aux  cours  de  ces  écoles,  nous
semble  justifier  l’observation  que  nous  avons  faite  au  sujet  des  cours  de  mathématiques ­
  supérieures,  que  nous  trouvons  d’un  ordre  plus  élevé  et  d’une
étendue  plus  développée  qu’il  ne  serait  nécessaire  pour  les  besoins  des  études
techniques.  Toutes  les  questions  d’application  à  la  mécanique,  à  l’art  de  l’ingénieur ­
  et  à  celui  des  constructions,  peuvent  être  traitées,  complètement,  rigoureusement, ­
  à  l’aide  de  notions  mathématiques  bien  plus  élémentaires,  et  il  est
à  craindre  que  les  difficultés  sérieuses  d’un  enseignement  d’un  ordre  trop  élevé
ne  rebutent  une  partie  de  cette  jeunesse,  qui  se  destine  spécialement  à  la  vie
pratique.
A  part  ces  observations  que,  du  reste,  noQs  pourrions  aussi  appliquer  à
d’autres  établissements,  nous  pensons  que  l’organisation  de  ces  deux  grands
instituts  peut  offrir  des  modèles  à  imiter.
Statistique.  —  Les  élèves  se  répartissent  d’une  manière  très-inégale  entre  les
divers  instituts  techniques  de  l’empire,  c’est  ce  qui  explique  la  différence  des
budgets  qui  leur  sont  attribués,  et  qui  étaient,  en  1862  ,  d’après  M.  Korislka  (1 ,
à  Vienne  de  110960  florins  (282/1/19  francs),  à  Prague  de  l\  1000  florins
(86100  francs),  et  dans  tous  les  autres  de  20000  à  3oooo  florins.
Ces  chiffres  comparés  aux  nombres  d’élèves  montrent  qu’à  Vienne  la  dépense
annuelle  est,  par  élève,  de  118  francs  environ,  et  à  Prague  de  109  francs.
La  rétribution  scolaire  n’est  que  de  1  fl.  26  par  heure  de  cours  hebdomadaire ­
  ou  de  37,0  florins  (78  fr.  78  cent.)  pour  3o  heures  de  cours  par
semaine,  ce  qui  constitue  à  peu  près  un  enseignement  spécial  complet.
L’on  doit  ajouter  qu’un  grand  nombre  d’élèves  sont  boursiers,  et  quelquelques-uns
  mêmes  reçoivent  en  outre  des  secours  pour  leur  entretien  en
ville.
Le  même  auteur  donne  pour  la  répartition  de  ces  deux  budgets  la  répartition ­
  suivante  :  (*)
(*)  Der  höhere  Polylechniche  Unterricht  in  Deutschland,  in  der  Schweifz,  in  Frankreich,  Belgien ­
  und  Angland,  par  Carl  Roristka,  Gotha,  1863.
        <pb n="299" />
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.Uiu’tr^J  primaires.
        <pb n="300" />
        293  —

Traitements  du  directeur  et  du  sous-directeur.
Personnel  enseignant  des  divisions  techniques
Bureaux  et  administration
École  industrielle  de  dessin
Droits  et  frais  d’administration
Collections  et  laboratoires
Bibliothèque
Éclairage,  chauffage,  service  de  propreté
Entretien  de  bâtiments

VIENNE.

5400
53000
7500
9300
30000
8400
2100
9600
5000

110,960

630
25400

4400
4000
1000
3600
2000

41,030

Le  produit  de  ia  rétribution  scolaire  et  des  taxes  d’administration  est  à
Vienne  de  i885o  florins,  et  à  Prague  de  7200  florins,  ou  environ  un
sixième  de  la  dépense  totale,  ce  qui  donne  la  mesure  des  sacrifices  que  s’imposent ­
  l’Etat,  les  provinces  et  les  villes.

Proportion  du  budget  de  la  guerre  et  de  celui  de  l’instruction  publique  au  budget  général
de  l’État.
Le  budget  général  de  l’empire  d’Autriche  s’élève  à  la  somme  de  1  milliard
997883/12  francs (l) ,  sur  laquelle  il  est  alï’ecté.

A  la  guerre  •  266  707  865'
A  la  marine  3o  000  000
Total  296  707  865

ou  0,270  du  budget  total,  el  à  l’instruction  publique,  21280000  francs,  ou
0,0  i  9  du  budget  total.

COORDINATION  DES  ETABLISSEMENTS  D’ENSEIGNEMENT  EN  ACHUCHE.
La  coordination  de  tous  les  établissements  d’enseignement  d  Autriche  est
représentée,  sous  forme  d’arbre  généalogique,  par  la  figure  (pi.  III  bis)  que
' l]  Le  florin  d’Autriche  étant  évalué  à  2  fr.  55  cent.
        <pb n="301" />
        nous  empruntons  à  un  rapport  fort  bien  fait  sur  l’exposition  des  écoles  et  des
établissements  de  Vienne,  présenté  en  1862  à  M.  le  chevalier  de  Schmerling,
par  M.  le  baron  Helfert (l) .
L’on  y  voit  très-clairement  le  système,  si  mal  compris  encore  en  France,  de
la  séparation  des  élèves  qui,  après  avoir  commeneé  leurs  éludes  élémentaires
en  commun,  jusqu’à  un  certain  degré,  se  dirigent,  les  uns  vers  les  gymnases,
pour  continuer  celles  de  littérature,  les  autres  vers  les  écoles  réelles  spécialement ­
  destinées  aux  études  scientifiques  appliquées.
Dans  les  gymnases,  un  partage  analogue  se  produit.  Leurs  classes  inférieures
préparent  les  élèves  aux  écoles  d’ofliciers  de  santé,  de  pharmacie,  d’art  vétérinaire ­
  et  d’administration,  ainsi  qu’aux  écoles  inférieures  pour  les  agriculteurs,
les  forestiers,  les  mineurs,  les  commerçants  et  les  industriels,  tandis  que  les
classes  supérieures  conduisent  d’abord  aux  études  universitaires  d’ordre  élevé,
aux  facultés  de  théologie  catholique,  de  droit,  de  médecine  et  de  philosophie,
ou,  dans  d’autres  cas  ,  directement  aux  écoles  de  théologie  protestante,  grecque
ou  autres,  et  à  ce  que  l’on  nomme  les  académies  de  droit,  de  langues  orientales ­
  et  des  rabbins.  Enfin,  ces  gymnases  supérieurs  envoient  aussi  des  élèves
aux  instituts  polytechniques  et  aux  académies  des  forêts,  des  mines  et  d’agriculture. ­

De  même,  les  écoles  réelles  sont  divisées  en  deux  catégories  :  celles  d’ordre
inférieur  mènent  aussi  aux  écoles  spéciales  d’agriculture,  d’agents  forestiers,  de
mineurs,  de  commerçants  et  d’industriels;  celles  du  degré  supérieur  dirigent
leurs  élèves  vers  les  instituts  polytechniques  et,  de  là  ,  vers  les  divisions  spéciales
des  constructions  civiles,  des  ponts  et  chaussées,  de  la  mécanique  et  de  la  chimie ­
  appliquées.  En  concurrence  avec  les  gymnases  supérieurs,  elles  conduisent
aussi  aux  académies  d’agriculture,  des  forêts  .  des  mines  et  spécialement  à  celles
de  la  marine  et  du  commerce.
D’une  autre  part,  et  dès  les  écoles  primaires,  l’on  voit  une  partie  des  enfants
dont  elles  ont  commencé  l’instruction,  entrer  de  suite  dans  les  écoles  spéciales
pratiques  d’ordre  inférieur,  destinées,  les  unes  aux  temmes,  comme  les  écoles
de  sages-femmes,  les  écoles  supérieures  et  les  pensionnats  de  jeunes  filles,  et
les  écoles  normales  d’institutrices;  les  autres,  sous  le  nom  d’écoles  du  dimanche,
d’écoles  d  agriculteurs,  de  vignerons,  de  jardiniers,  de  pilotes  et  de  mineurs
destinées  aux  garçons.
Sur  le  même  rang  que  les  écoles  primaires,  mais  à  part,  on  trouve  les  asiles
qui  recueillent  les  aveugles  et  les  sourds-muets.

O  Bericht  über  die  Austeilung  von  Schul  und  Unterrichts-g  egenständen  in  Wien.  Vienne,  1862.
        <pb n="302" />
        —  295  —
Enfin  et  en  dehors  sont  indiqués  les  établissements  consacrés  aux  arts,  tels
que  le  conservatoire  de  musique,  avec  ses  écoles  de  déclamation,  de  chant  et
de  musique  instrumentale,  l’académie  des  beaux-arts  et  les  écoles  de  peinture,
d’architecture  et  de  sculpture.
Cet  ensemble  met  en  évidence  une  organisation  complète  de  l’enseignement,
répondant  à  tous  les  besoins  des  diverses  classes  d’individus  dont  une  société
se  compose,  et  permettant  à  chacun  d’acquérir,  le  plus  souvent  à  très-peu  de
frais,  l’instruction  que  comporte  son  intelligence  ou  sa  position  ,  et  celle  qui  lui
est  nécessaire  pour  y  prendre  sa  place.
        <pb n="303" />
        38

RAPPORT  PARTICULIER
sun  LES  ÉTABLISSEMENTS  D’ENSEIGNEMENT
DANS
LE  ROYAUME  DE  BAVIÈRE.

ENSEIGNE  MENT  PRIMAIRE.

A  l’exemple  de  ce  qui  se  pratiquait  depuis  longtemps  déjà  en  Prusse  et  en
Autriche,  l’enseignement  primaire  a  été  rendu  obligatoire  en  Bavière  par  un
décret  en  date  du  9  juillet  1856  pour  les  enfants  de  6  à  i3  ans.  Dans  l’application ­
  de  ce  décret,  l’on  tient  compte  des  difficultés  locales  et  particulières
qui  peuvent  s’opposer  à  l’observation  de  cette  prescription;  mais  dans  les  villes,
où  ces  circonstances  exceptionnelles  se  présentent  plus  rarement,  l’exécution
de  la  règle  est  beaucoup  plus  sévère.
L’instituteur  doit  faire  connaître  le  nombre  des  élèves  absents  au  magistrat
chargé  de  la  surveillance  des  écoles.  Un  agent  de  la  ville  s’enquiert  des  motifs
plus  ou  moins  valables  allégués  pour  excuse,  et  une  décision  inflige  un  blâme,
une  punition  ou  une  amende.
Nous  reproduisons  ici  l’extrait  d’un  de  ces  rapports  régulièrement  fournis
par  une  des  écoles  du  dimanche  à  Munich,  pour  montrer  dans  quelle  forme  ou
procède.
        <pb n="304" />
        Liste  des  élèves  de  la  3 e  classe  de  l’école  paroissiale  du  Saint-Esprit  qui,  les  1U  et  16  juin
1863,  ont  manqué  à  l’école  sans  excuse  valable.  (Munich,  le  16  juin  1863.)

NUMEROS
d’ordre.

NOMS
DES  ÉLÈVES.

Grahn  (Xavier)..

ETAT
OU
PROFESSION.

Menuisier.  .

PARENTS,
PATRONS
ou  maîtres.

Travaille  chez
son  père.

DOMICILE.

Thal.

JV°.  ÉTAGE.

23.

OBSERVATIONS.

Le  i4  et  le  i6
du  mois,  trois
absences.

Excuse  :
Prétend  qu’il  est  allé  à  l’école  le  i4  ,  et  que  le  16  son  père  a  eu  besoin
de  lui.
Décision  :
Quatre  heures  d’arrêts.
ai  juin  i863.

Waltizpul
(Pierre).

Travail  le  au  Rosenthal. ­


Maçon..
Réprimandé  sévèrement  et  menacé  d’arrêts

Beiknau.  .

32.

1“.

Le  14  et  le  16
du  mois,  quatre
absences.

La  gratuité  complète  de  l’enseignement  primaire  n’est  accordée  qu’aux  habitants ­
  dont  la  pauvreté  est  bien  constatée,  et  la  quotité  de  la  rétribution,  qui
varie  entre  o  fr.  72  cent.,  o  fr.  5o  cent,  et  o  fr.  25  cent,  par  semaine,  est  fixée
pour  chaque  élève  par  une  commission  spéciale.
D’après  un  article  d’un  décret  en  date  du  1  7  mai  i860,  les  parents  de  communions ­
  chrétiennes  qui  font  donner  à  leurs  enfants  l’instruction  primaire  dans
des  établissements  privés  ou  chez  eux,  doivent  payer  une  contribution  de  0  fl.  12
(6  fr.  70  cent.)  par  an.
Les  écoles  primaires  de  Bavière  ont  en  général  quatre  classes,  auxquelles,
dans  plusieurs  villes,  comme  à  Munich,  on  a  ajouté  deux  classes  supérieures,
dites  de  perfectionnement,  où  les  enfants  terminent  leur  enseignement  primaire
à  12  ou  13  ans.
Il  y  a,  en  1864,  8260  écoles  primaires  pour  une  population  totale  de
45ooooo  habitants,  ce  qui  correspond  à  1,85  école  pour  1000  habitants.
Elles  sont  fréquentées  par  286788  garçons  et  par  290626  filles  :  en  tout
576216  enfants;  ce  qui  correspond  à  1,44  écoles  pour  100  enfants  de  6  à
12  ans,  ou  à  69  élèves  en  moyenne  par  école.  On  compte  généralement,  dans
le  royaume,  qu’il  y  a  une  école  primaire  par  670  habitants
        <pb n="305" />
        33.

—  290  —
La  ville  de  Munich  seule,  dont  la  population  est  de  100000  habitants  environ, ­
  possède  2  i  écoles  primaires  de  six  classes,  dont  :

io  pour  les  garçons,  recevant  4q44  élèves.
i  i  pour  les  lilies,  recevant  6209
Total  i02o3

Ce  qui  correspond  à  peu  près  à  5  écoles  pour  1000  habitants,  et  à  un
nombre  moyen  de  686  enfants  par  école  et  de  81  enfants  par  classe.  Le  personnel ­
  enseignant  est  composé  de  170  instituteurs,  ce  qui  donne  un  peu  plus
de  8  instituteurs  par  école  et  un  nombre  moyen  de  60  enfants  par  instituteur,
y  compris  les  maîtres  spéciaux  pour  les  deux  dernières  classes,  tels  que  des
professeurs  de  français,  de  dessin,  de  travaux  à  l’aiguille  pour  les  filles,  etc.
La  loi  qui  rend  l’enseignement  primaire  obligatoire,  sans  aucune  exception,
est  tellement  observée,  que  l’on  ne  reconnaît  pas  de  différence  entre  le  nombre
des  enfants  inscrits  et  astreints  à  cette  fréquentation  et  le  nombre  de  ceux  qui
le  suivent  réellement.
Ce  qui  prouve  l’efficacité  et  l’observation  de  la  loi,  c’est  qu’en  186/4,  parmi
les  jeunes  soldats  appelés  sous  les  drapeaux  par  le  recrutement,  le  nombre  de
ceux  qui  ne  savaient  qu'imparfaite  nient  lire  et  écrire,  ou  qui  ne  savaient  i/uc  lire,  ne
s’est  élevé  qu’à  8  sur  100.
Cette  proportion  varie  de  la  manière  suivante  dans  les  différentes  parties  du

royaume  :
Bavière  supérieure  7,8  sur  100.
Bavière  inférieure..  .  i5,o
Palatinal  9,4
Palatinal  supérieur  12,7
Franconie  supérieure  5,1
Franconie  moyenne  4,i
Franconie  inférieure  5,2
80  u  abe  4,4

Ce  relevé  montre  bien  qu’en  effet  la  loi  est  assez  généralement  exécutée  pour
que  des  difficultés  locales  suffisent  à  rendre  compte  des  différences  observées.
BUDGET.
Les  dépenses  du  royaume  de  Bavière  s’élèvent  en  totalité  à  66720097  dorios ­
  (100669283  francs).
Sur  cotte  somme,  l’Etat  consacre  à  1  instruction  publique,  aux  sciences  et
aux  arts  la  répartition  suivante  :
        <pb n="306" />
        300

MINISTÈRE  DE  L’INSTRUCTION  PUBLIQUE.

Écoles  de  lalin,  gymnases,  lycées  68169  H.
Subventions  aux  écoles  primaires  4i4ii3
Supplément  aux  traitements  des  instituteurs  16000
Sourds-muets,  aveugles,  enfants  rachitiques  icooo
Enseignement  de  la  musique,  subventions  à  des  établissements ­
  d’éducation  15381
Enseignement  scientifique  supérieur  377020
Beaux-arts  16824

Ensemble

902507

902607  fl.

MINISTÈRE  DU  COMMERCE  ET  DE  L’INDUSTRIE.
Gymnases  réels  et  école  polytechnique  110000
Ecoles  vétérinaires  16621
Ecoles  d’agriculture  supérieures  12007
Ensemble  138678  188678
Total  des  dépenses  pour  l’instruction  io4io85
Soit  0,022  du  budget  total  de  l’État.
Mais  il  convient  d’ajouter  que  les  écoles  primaires,  les  écoles  industrielles,
les  écoles  agricoles  inférieures,  et  en  général  tout  ce  qui  concerne  l’instruction
technique  inférieure  est  considéré  comme  devant  faire  Tobjet  des  dépenses  provinciales ­
  et  communales.
Le  budget  de  la  guerre  pour  l’armée  active  et  la  gendarmerie  s’élève  à
10462800  florins  ou  à  0,22  des  dépenses  totales  du  royaume.

ORGANISATION  NOUVELLE  DE  L’ENSEIGNEMENT.

Lorganisation  qui,  depuis  i834,  avait  été  donnée  à  l’enseignement  industriel, ­
  vient  de  subir  récemment  des  modifications  importantes,  fruits  de  1  expérience, ­
  et  dont  le  principe  même  mérite  attention.
Dans  l’ordre  de  choses  que  l’on  modifie  d’après  une  loi  nouvelle,  quia  donné
lieu  à  de  longues  discussions,  les  écoles  industrielles  devaient  prendre  une
partie  de  leurs  élèves  à  la  sortie  de  l’école  primaire,  et  l’autre  A  la  sortie  d’écoles, ­
  dites  latines,  ayant  quatre  classes,  ces  derniers  élèves  pouvant  d’ailleurs
y  entrer  dans  la  classe  de  deuxième  année.
D’une  autre  part,  l’instruction  donnée  dans  les  écoles  industrielles,  que  l’on
        <pb n="307" />
        —  301  —
avait  nommées  un  peu  ambitieusement  gymnases  scientifiques,  s’élevait  à  un
degré  qui  devait  permettre  aux  élèves,  qui  la  recevaient  en  entier,  d’être  reçus
aux  instituts  polytechniques.
Mais  la  différence  d’origine  et  de  préparation  des  élèves  de,  ces  écoles  apportait ­
  un  obstacle  sérieux  à  la  marche  de  l’enseignement,  et  l’on  reconnaissait
aussi  que,  si  les  élèves  venus  aux  instituts  polytechniques  par  les  gymnases  littéraires ­
  y  semblaient  d’abord  inférieurs  aux  autres  pour  l’étude  des  sciences,  iis
y  reprenaient  généralement  la  supériorité  sur  ceux  des  gymnases  scientifiques.
On  reprochait  en  outre  aux  élèves  provenant  de  ces  derniers  établissements
de  ne  posséder  qu’une  instruction  littéraire  trop  incomplète,  de  ne  pas  savoir
exprimer  convenablement  leur  pensée  dans  un  style  suffisamment  clair  et  élevé,
d’être  à  la  fois  communs  par  la  pensée  et  par  (  expression.
Déjà,  depuis  cinq  ans,  le  conseil  des  ponts  et  chaussées  de  Bavière  avait  décidé ­
  qu’il  n’admettrait  plus  dans  le  corps  que  des  élèves  qui,  avant  d’entrer  à
l’institut  polytechnique,  auraient  fait  des  études  complètes  aux  gymnases  littéraires. ­

L’administration  des  mines,  de  son  côté,'  avait  toujours  eu  la  même  exigence. ­

L’un  des  hommes  distingués  qui,  depuis  de  longues  années  et  dès  (  organisation ­
  de  l’enseignementin  dus  trie!  en  Bavière,  se  sont  occupés  de  cette  importante
question,  nous  exposait,  à  notre  passage  à  Munich,  la  marche  de  s  es  idées.  Ami
fervent  des  sciences,  qu’il  cultive  avec  succès,  il  était  persuadé  que  leur  élude,
l’habitude  d’en  suivre  la  méthode,  d’en  exposer,  d’en  appliquer  les  résultats,
devait,  tout  aussi  bien  que  la  culture  des  lettres,  développer  l’intelligence  et
conduire  à  l’habitude  de  rendre  clairement  sa  pensée  par  la  parole  ou  par  le
style,  en  même  temps  qu’elle  pouvait  élever  l’ordre  des  idées.
Professeur  de  chimie,  de  physique  et  d’histoire  naturelle  dans  l’une  des  premières ­
  écoles  industrielles  du  pays,  il  y  avait  soutenu  cette  opinion,  qui  ne  contribua ­
  pas  peu  à  le  faire  nommer  professeur  à  l’institut  polytechnique  de
Munich,  en  même  temps  qu’il  l’était  à  l’école  industrielle.  Dans  le  premier  de
ces  établissements,  il  eut  alors  sous  les  yeux  les  élèves  sortis  de  l’école  industrielle ­
  ou  gymnase  scientifique,  et  ceux  qui  provenaient  du  gymnase  littéraire,
il  ne  tarda  pas,  nous  assurait-il,  à  reconnaître  qu’en  effet  si,  à  leur  début,  les
élèves  formés  par  les  éludes  scientifiques  paraissaient  plus  aptes  à  en  suivre  les
applications,  ceux  qui  venaient  des  gymnases  littéraires,  après  des  études  complètes, ­
  ne  tardaient  pas  à  se  montrer  supérieurs.
Cette  expérience  personnelle,  fruit  de  longues  et  consciencieuses  observations, ­
  a  rallié  cet  homme  distingué  à  l’opinion  que  la  culture  des  lettres  donne
        <pb n="308" />
        —  302  —
à  l’esprit  une  lucidité  de  conception  et  d’expression  de  la  pensée  très-favorable  à
l’étude  des  sciences.
Nous  avons  toujours  professé  la  même  opinion,  et  l’expérience  de  l’école  de
Metz  et  de  l’école  militaire  de  Saint  Cyr  atteste,  depuis  longtemps,  que  les
élèves  qui  ont  été  assez  heureux  pour  pouvoir  joindre  une  instruction  littéraire
avancée  à  1  étude  des  sciences,  sont  presque  toujours  ceux  qui  fournissent  les
carrières  les  plus  brillantes.
Le  résultat  des  critiques  et  des  discussions  auxquelles  l’ancienne  organisation
a  donné  lieu  a  été  une  organisation  nouvelle,  dans  laquelle  les  écoles  industrielles ­
  [g  e  wer  be  Schulen)  ne  sont  plus  destinées  qu’à  former  la  suite  de  l’enseignement ­
  des  écoles  primaires,  pour  donner  1  instruction  préparatoire  aux  écoles
d  agriculture,  du  commerce,  et  à  l’industrie  ordinaire.
il  a  été  créé,  parallèlement  aux  gymnases  littéraires,  où  se  font  les  études
d  humanités,  des  gymnases  réels,  qui  donnent  un  enseignement  littéraire  et
scientifique  suffisant  pour  la  préparation  aux  instituts  polytechniques.  Ce  système ­
  est  presque  identiquement  celui  qui  a  été  adçpté  en  France  en  i85'i.
principalement  en  vue  de  l’instruction  littéraire  des  élèves  qui  se  destinaient  aux
services  publics,  avec  cette  différence  fondamentale  et  avantageuse  qu’en
Bavière  les  deux  ordres  d’établissements  sont  séparés  au  lieu  d’être  réunis.
Organisation  des  établissements  d’enseignement  technique.
Une  ordonnance  royale,  en  date  du  i4  mai  i  86/j,  contient  les  dispositions
suivantes  :
LOUIS  II,  parla  grâce  de  Dieu,  roi  de  Bavière,  comte  palatin
Sur  la  proposition  de  notre  ministre  du  commerce  et  des  travaux  publics,
nous  avons  décidé  la  réorganisation  de  l’enseignement  technique;  nous  avons
approuvé  à  cet  effet  le  règlement  suivant  pour  les  établissements  d’enseignement ­
  technique,  et  nous  ordonnons  ce  qui  suit  :
Art.  1 er .  Les  écoles  professionnelles  (gewerbeSchulen)  d’organisation  nouvelle
seront  substituées  pour  leur  siège,  leurs  dotations  et  leur  service,  aux  écoles
professionnelles  et  agricoles  existant  jusqu’à  ce  jour.
Les  écoles  professionnelles  des  districts  de  Munich,  de  Passau,  de  Kaiserslautern, ­
  de  Regensbourg,  de  Bayreuth,  de  Nuremberg,  de  Wurtzbourg  et  d’Augsbourg,
  auront  le  droit  de  conserver  le  même  titre  [kreis  gewerbe  Schalen).
Le  droit  de  présentation  aux  emplois  du  personnel  enseignant  n’est  pas  modifié ­
  pour  les  écoles  qui  en  jouissaient.
        <pb n="309" />
        —  303  —
2.  Les  gymnases  réels  et  les  écoles  polytechniques  sont  des  établissements
de  l’Etat.
3.  Les  villes  de  Munich,  de  Spire,  de  Regensbourg,  de  Nuremberg,  de
Wurtzbourg  et  d’Augsbourg,  auront  chacune,  dès  à  présent,  un  gymnase
réel.
4.  La  nouvelle  école  polytechnique  aura  son  siège  à  Munich.
5  et  6.  Ces  articles  fixent  les  époques  de  transition  de  l’organisation  précédente ­
  à  la  nouvelle.
7.  L’école  polytechnique  actuellement  existante  à  Augsbourg  sera  supprimée
à  la  fin  de  l’année  scolaire  i863-i864,  sauf  les  ateliers  de  mécanique,  qui  resteront ­
  encore  ouverts.
8.  A  la  fin  de  l’année  scolaire  186y-1  868,  l’ordonnance  du  i  6  février  i833,
relative  aux  écoles  polytechniques  et  aux  écoles  professionnelles,  sera  annulée.
9.  En  chargeant  notre  ministre  du  commerce  et  des  travaux  publics  de
l’exécution  de  cette  réorganisation,  nous  l’autorisons  à  prendre  les  décisions
nécessaires  pour  sa  mise  en  pratique,  et  nous  lui  recommandons  de  prendre,
de  préférence,  en  considération,  pour  les  nominations  aux  emplois  de  professeurs, ­
  qu’il  aura  á  soumettre  à  notre  approbation,  les  titres  des  professeurs  des
écoles  professionnelles  et  agricoles  actuelles,  qu’il  jugera  suffisamment  capables. ­

Munich,  le  14  mai  i86Zi.
LOLIS.
Ln  règlement  ayant  pour  objet  l’exécution  de  cette  ordonnance,  divise  les
établissements  d’enseignement  technique  en  :
i°  Écoles  industrielles  [gewerbe  Schulen)  auxquelles,  suivant  les  besoins
locaux,  pourront  être  annexées  des  divisions  spéciales  pour  le  commerce,  pour
l’agriculture,  etc.
2°  Gymnases  réels  ;
3°  Ecole  polytechnique  comprenant  quatre  divisions  spéciales  :

i°  Pour  les  constructions;
2°  Pour  la  mécanique  technique;
        <pb n="310" />
        *

304  —

3°  Pour  la  chimie  technique  ;
h°  Pour  le  commerce.
Nous  croyons  utile  de  reproduire  en  détail  les  programmes  de  diverses  parties ­
  de  l’enseignement  industriel,  tel  qu’il  doit  être  organisé,  et  un  extrait  des
principales  dispositions  réglementaires  qui  les  concernent.
ÉCOLES  INDUSTRIELLES.
Ces  écoles  ((jewerbe  Schulen)  reçoivent  les  élèves  à  l’âge  de  i  o  ou  12  ans,
à  leur  sortie  des  écoles  primaires  (deutsche  volk  Schulen),  et  ne  sont  destinées
qu’à  donner  l’instruction  suffisante  pour  préparer  aux  emplois  inférieurs  de  l’industrie. ­
  Elles  comportent  trois  années  d’études,  auxquelles  on  pourra,  selon  le
désir  des  administrations  municipales,  en  ajouter  une  quatrième,  qui  correspondra ­
  aux  écoles  de  commerce  et  d’agriculture,  auxquelles  l’on  consacre  aussi
une  année.

Programmes  des  écoles  industrielles.

DESIGNATION
des
DIVERSES  PARTIES  DE  L’ENSEIGNEMENT.

Religion
Langue  allemande
Géographie
Histoire
Arithmétique
Notions  d’histoire  naturelle
Dessin
Modelages  et  bosse
Dessin
Langue  française
Algèbre
Géométrie  plane
Géométrie  des  solides  et  trigonométrie
des  nombres.
Géométrie  descriptive
Physique
Chimie
Notions  de  mécanique

HEURES  DE  SEANCES  PAR  SEMAINE.

l"  COURS.  I e  COURS.  3 e  COURS.

30

30

30

6
12
4
G
5
4
22
6
5

85
        <pb n="311" />
        39

—  305

ÉCOLE  DE  COMMERCE.
Cette  école,  qui  n’est  qu’une  annexe  ou  une  division  spéciale  de  l’école  industrielle, ­
  exige  de  ses  élèves  les  deux  premières  années  d’études  de  celle-ci,  et
une  année  spécialement  consacrée  à  trois  cours  :  le  premier  pour  la  langue
française  et  la  calligraphie;  le  second  pour  le  commerce,  l’arithmétique,  la
science  commerciale  avec  continuation  de  l’étude  du  français;  le  troisième  faisant ­
  suite  au  précédent  pour  la  science  commerciale  et  le  français,  et  comprenant, ­
  en  outre,  l’étude  de  la  langue  anglaise,  de  la  géographie  commerciale  et
de  l’histoire  du  commerce.

ÉCOLE  D’AGRICULTURE.
Cette  école,  de  même  que  la  précédente,  est  une  division  spéciale  de  l’école
industrielle.  Après  avoir  fait  dans  cette  dernière  les  études  de  deux  premières
années,  les  élèves  qui  se  destinent  à  l’agriculture  doivent  passer  une  année  dans
cette  division,  où  ils  suivent  trois  cours  :
Le  premier,  pour  l’étude  de  la  science  agricole  et  du  dessin;
Le  second,  formant  la  continuation  du  premier,  avec  addition  de  l’arithmétique ­
  appliquée  à  l’agriculture;
Le  troisième,  formant  aussi  la  continuation  des  deux  autres,  auxquels  on
joint  la  géométrie  appliquée.
On  voit,  par  ces  programmes  d’études,  que  ces  divers  enseignements  sont
d’un  ordre  très-modeste.
NOMBRE  D’ÉCOLES  INDUSTRIELLES.
11  y  a  en  Bavière  trente  écoles  industrielles  et  agricoles,  dont  vingt-neuf  ont
trois  années  d’études,  et  qui,  à  l’avenir,  seront  toutes  soumises  au  nouveau
règlement  dont  on  vient  de  faire  connaître  les  bases.
ENSEIGNEMENT  DE  L’AGRICULTURE.
L’enseignement  supérieur  de  l’agriculture  est  d’ailleurs  donné  dans  un  établissement ­
  spécial,  l’école  de  Weihenstephan,  dont  il  sera  question  plus  loin.
ÉTUDES  LITTÉRAIRES.
Quant  aux  études  littéraires,  elles  sont  données,  pour  les  classes  de  latinité
élémentaire,  dans  soixante-six  écoles,  dites  écoles  latines  (Lateinschule),  et  dans
vinqt-huit  gymnases  complets,  comprenant  aussi  celles  des  précédentes.
        <pb n="312" />
        306  —

GYMNASES  REELS  [REAL  GYMNASIEN).
Il  sera  établi  à  l’avenir  cinq  gymnases  de  cet  ordre,  dont  quatre  dans  les
provinces  de  la  rive  droite  du  Rhin,  et  un  dans  celles  de  la  rive  gauche.  Ils
auront  pour  but  de  donner  en  quatre  années  d’études,  à  partir  des  écoles  de
latinité  élémentaire,  un  enseignement  littéraire  et  scientifique  pour  les  élèves
qui  se  destinent  aux  divers  spécialités  des  travaux  et  des  constructions  publiques
de  l’industrie.  Les  connaissances  exigées  pour  l’admission  dans  les  gymnases
réels  sont  celles  que  l’on  a  dû  acquérir  dans  les  écoles  de  latinité  élémentaire,
savoir  :  la  religion,  la  langue  allemande,  l’histoire,  la  géographie,  les  mathématiques ­
  élémentaires  jusqu’à  l’algèbre,  et  une  connaissance  élémentaire  du
latin  et  du  grec.
On  y  continue,  pendant  les  quatre  années,  les  études  des  langues  anciennes,
comme  l’indique  le  programme  général  suivant  :

Tableaux  des  nombres  d’heures  consacrées  aux  diverses  parties  de  l’enseignement
dans  les  gymnases  réels.

MATIERES  ENSEIGNEES.

Religion
Langue  ou  littérature  allemande.
Latin
Géométrie
Géométrie  descriptive
Géométrie  analytique
Algèbre
Eléments  d’analyse
Mathématiques  supérieures
Trigonométrie
Minéralogie  et  chimie
Histoire  naturelle
Physique
Histoire
Français
Anglais
Géographie
Dessin  *

Totaux.

I 1 '*  ANNÉE.

30

2 e  ANNÉE.

30

3*  ANNÉE.

31

4 e  ANNÉE.

31

TOTAUX
par
SEMAINE.

K.
8
9
14
12
11
2
2
2
5
4
5
4
14
4
5
24

123

JL
        <pb n="313" />
        307

On  voit,  par  ce  tableau  de  l’emploi  du  temps  et  par  le  nombre  total  d’heures
consacrées  aux  divers  enseignements,  que  les  études  littéraires  y  participent  :
La  langue  allemande  pour  g  heures  par  semaine.
La  langue  latine  pour  ,  4
La  langue  française  pour  t 3
La  langue  anglaise  pour  4
L'histoire  pour  4

La  géographie  pour  5

Le  dessin

pour.

5o
24

jes  sciences  mathématiques  :
Géométrie  pour  7
Algèbre  pour  y
Trigonométrie  pour  2
Géométrie  descriptive  pour  5
Mathématiques  supérieures  pour.  4

heures  par  semaine.

00
2/4

Les  sciences  naturelles  :
Minéralogie,  histoire  naturelle  et  physique.  1  4
Religion  8

là
8

t  23

De  sorte  que  l’enseignement  religieux  et  littéraire  y  occupent  environ  la
moitié  du  temps,  et  celui  des  diverses  branches  des  sciences  l’autre  moitié.
Les  élèves  qui,  a  leur  sortie  des  gymnases  réels,  ont  reçu  le  certificat  de
maturité  peuvent  être  admis  aux  instituts  polytechniques.
INSTITUT  POLYTECHNIQUE  (  POLYIECHNICUm).
Par  suite  de  la  nouvelle  organisation  adoptée  pour  l’enseignement  industriel
en  général,  l’institut  polytechnique  de  Munich  donnera  à  l’avenir  l’instruction
,  nécessaire  aux  quatre  spécialités  suivantes  :
i°  Les  constructions;
?.°  La  mécanique  technique;
3°  La  chimie  technique;
\°  Le  commerce.
Les  cours  seront  distigués  en  cours  communs  et  en  cours  spéciaux.
39.
        <pb n="314" />
        Pour  les  deux  premières  divisions,  les  cours  communs  dureront  deux  ans,
et  les  cours  spéciaux  deux  ans.
La  troisième  division,  celle  des  chimistes,  devra  suivre  le  cours  commun
pendant  la  première  année,  et  elle  aura  deux  années  de  cours  spéciaux.
La  quatrième  division,  celle  des  commerçants,  ne  sera  de  même  assujettie
qu’à  la  première  année  du  cours  commun,  et  n’aura  qu’une  année  de  cours
spécial.
Les  matières  de  ces  diverses  branches  d’enseignement  et  les  nombres
d’heures  qui  y  sont  consacrées  par  semaine  sont  indiqués  dans  les  programmes
généraux  suivants  :

Matières  de  l’enseignement  et  nombre  d’heures  de  séances  par  semaine.

ENSEIGNEMENT  COMMUN.

l"  COURS.
Géométrie  analytique
Calcul  différentiel  et  intégral
Mécanique  analytique
Physique  mathématique
Physique  appliquée  et  expériences
Eléments  de  construction  de  bâtiments
Eléments  de  construction  des  machines
Dessin  à  main  levée
Mécanique  élémentaire
Zoologie
Botanique
Economie  politique
¡ française
anglaise
italienne
Histoire  de  la  littérature  allemande
2 e  COURS.
Mécanique  appliquée
Application  de  géométrie  descriptive,  de  perspective,
et  de  coupe  des  pierres
Chimie  générale
Chimie  spéciale
Oryclognosie  '

SEMESTRE.

Nombre  d’l&amp;gt;cures
par  semaine.

d’ombres

SEMESTRE.

Nombre  d’b  eures
par  semaine.
        <pb n="315" />
        —  309

Géognosie
Dessins  de  constructions  (détails  et  formes).  .  .  .
Dessins  de  machines,  éléments  de  constructions.
Connaissance  générale  des  machines
Droit  constitutionnel  et  droit  du  bâtiment
¡ française
anglaise
italienne

Totaux.

SEMESTRE.

Nombre  d’heures
par  semaine.

108

SEMESTRE.

Nombre  d’heures
par  semaine.

IOO

DIVISION  TECHNIQUE.  CONSTRUCTION  DE  BATIMENTS.
On  exige  pour  l’admission  dans  cette  division,  parmi  les  connaissances  indiquées ­
  dans  les  deux  cours  généraux  précédents,  celles  qui  suivent  :  la  géométrie
analytique,  le  calcul  différentiel  et  intégral,  la  mécanique  analytique  et  appliquée,
la  physique  mathématique  et  appliquée,  la  chimie  générale  et  spéciale,  les
applications  de  la  géométrie  descriptive,  l’oryctognosie,  la  géognosie,  le  dessin
de  construction  de  bâtiments  et  de  machines,  le  dessin  à  main  levée  et  l’économie ­
  politique.
Matières  de  l'enseignement  et  nombre  d’heures  de  séances  par  semaine.

COURS.

Pour  les  architectes  et  les  ingénieurs  constructeurs  eu  commun.
Notions  générales  sur  les  constructions  civiles
Matériaux  de  construction  et  hygiène  des  bâtiments
Prix  de  revient,  devis  et  contrats  d’entreprise
Dessins  de  plans  topographiques

Pour  les  architectes,  enseignements  particuliers.
Styles  d’histoire  de  l’architecture
Projets  de  grandes  constructions
Dessin  de  la  figure  et  du  paysage

SEMESTRE.

Nombre  d’heures
par  semaine.

4
i4
4

SEMESTRE.

Nombre  d’heures
par  semaine.

4
i4
4
        <pb n="316" />
        3  i  O

Pour  les  ingénieurs  constructeurs.
Construction  des  ponts
Projets  de  ponts
ijéodésie  et  hydraulique
Connaissance  des  machines

2  COURS.
Enseignement  commun  pour  les  architectes  et  les  ingénieurs
constructeurs.

Projets  de  grandes  constructions
Projets  de  constructions  du  génie  civil.
Coupe  des  pierres  et  modelage
Constitution  et  droit  des  constructions.

Enseignement  particulier  pour  les  architectes.
Histoire  de  l’architecture  .  .  .
Eléments  de  l’art  de  construire  les  routes,  les  ponts  et  les  travaux
hydrauliques
Métrage
Projets  de  grands  bâtiments

Pour  ingénieurs  constructeurs.
Art  de  la  construction  des  roules  et  des  travaux  hydrauliques.  .
Histoire  de  l’art  de  l’ingénieur  civil
Projets  de  travaux  du  génie  civil

i"
SEMESTRE.

Nombre  d’heures
par  semaine.

1  2

2 e
SEMESTRE.

Nombre  d’heures
par  semaine.

MÉCANIQUE  TECHNIQUE.
On  exige  pour  l’admission  dans  cette  division,  parmi  les  connaissances  indiquées ­
  dans  les  deux  cours  généraux  précédents,  celles  qui  suivent  :
Le  calcul  différentiel  et  intégral,  la  géométrie  analytique,  les  applications
de  la  géométrie  descriptive,  la  physique  mathématique  et  appliquée,  le  dessin
de  bâtiment  et  des  machines,  la  connaissance  générale  des  machines,  la  mécanique ­
  analytique  et  appliquée,  la  chimie  générale  et  spéciale,  la  géognosie.
        <pb n="317" />
        V

—  311

Matières  de  ienseignement  et  nombre  d’heures  de  séances  par  semaine.

r r  cours.
Travailai  pratiques  de  la  division  des  mécaniciens.
Connaissance  des  machines
Systèmes  de  transmissions  de  mouvement
Construction  des  machines
Projets  de  constructions
Connaissance  des  matériaux
Physique  technique,  pyrotechnie
Métrage  .........
Dessins  de  plans
Economie  politique
Excursions

2 e  COURS.
Travaux  pratiques  de  la  division  des  mécaniciens.
Connaissance  des  machines
Construction  des  machines
Projets  de  constructions
Constructions  hydrauliques  et  constructions  de  chemins  de  fer.  .
INivellemenl,  jaugeage,  mesure  de  la  force  des  cours  d’eau
Constructions  d’usines
Métallurgie
Technologie.  (Fabrications,  constructions,  machines,  outils.)..  .
Excursions

Totaux

1"  2'
SEMESTRE.  SEMESTRE.
Nombre  d’heures  Nombre  d’heures

par  semaine.

5
3
4
8
4
4
//
//
4
«

4
4
8
3
»
H
5
5

6i

par  semaine.

5
3
4
8
II
H
4
2
H
4

4
4
8
«
4
3
a
5
58

CHIMIE  TECHNIQUE.
On  exige  pour  l’admission  dans  cette  division,  parmi  les  connaissances  indiquées ­
  dans  les  deux  cours  généraux,  celles  qui  suivent  :
La  zoologie,  la  botanique,  l’oryctognosie,  la  géognosic,  les  mathématiques
et  la  physique  appliquée;  la  chimie  générale  et  spéciale,  le  dessin  de  bâtiment.
        <pb n="318" />
        Totaux

77

5 9

312  —

Matières  de.  renseignement  et  nombre  d’heures  de  séances  par  semaine.

1 er  COURS.

Mécanique  élémentaire
Physique  technique,  théorie  de  la  chaleur.  .  .
Chimie  technique
Éléments  du  dessin  des  machines
Connaissance  des  matériaux,  de  constructions
Economie  politique
Travaux  au  laboratoire.

2 e  COURS.
Élude  générale  des  machines
Étude  générale  des  constructions  civiles
Métallurgie,  cours  des  mines
Chimie  physique
Technologie.
Travaux  an  laboratoire

COURS  UNIQUE.
Commerce.
Étude  du  commerce  et  comptabilité
Géographie  et  statistique  commerciales
Histoire  du  commerce
Législation  commerciale  et  du  change
Arithmétique  commerciale
Arithmétique  politique
Connaissance  des  marchandises
Mécanique  (au  point  de  vue  des  transports)
Économie  politique
Constitution  et  droit  administratif.
¡ française
anglaise
italienne.  .
Correspondance  commerciale  en  français  et  en  anglais

SEMESTRE.

Nombre  d’heures
par  semaine.

SEMESTRE.
Nombre  d’heures
par  semaine.
        <pb n="319" />
        313  —

COLLECTIONS.
L’institut  polytechnique  de  Munich  est  installé  dans  un  vaste  local  ;  les  amphithéâtres, ­
  les  salles  d’études  sont  vastes  et  bien  éclairés;  des  laboratoires
bien  disposés  peuvent  recevoir  les  élèves  de  la  division  de  chimie  qui  veulent
faire  des  manipulations.  Les  salles  de  dessin  sont  pourvues  d’une  belle  collection ­
  de  modèles  en  relie!  pour  l’enseignement.  Les  collections  de  modèles ­
  de  machines  et  de  constructions  sont  très-nombreuses,  et  celle  des
grands  ponts  et  des  travaux  d’art  contient  des  spécimens  des  dispositions  les
plus  nouvelles.
En  i  864,  l’institut  polytechnique  de  Munich  avait  172  élèves  réguliers  et
102  auditeurs  libres.  En  1862-1863,  il  y  avait  eu  164  élèves  réguliers  et
97  auditeurs  libres.
Le  nombre  des  professeurs  est  de  11,  et  celui  des  maîtres  ou  professeurs
adjoints  est  de  4.
NUREMBERG.
Ecole  polytechnique.  —  Sous  ce  titre  il  existe,  à  Nuremberg,  un  établissement ­
  d’enseignement  technique  qui  compte  10  professeurs  titulaires  et  2  répétiteurs ­
  ou  adjoints,  59  élèves  réguliers  et  33  élèves  libres.
La  division  des  mécaniciens  a  20  ou  2/1  élèves.  Les  cours  comprennent  trois
années  d’études;  mais,  en  général,  la  plupart  des  élèves  quittent  l’école  pour
entrer  dans  les  positions  secondaires  de  l’industrie  des  machines,  de  la  construction ­
  ou  des  arts  chimiques;  ceux  qui  aspirent  à  des  positions  plus  élevées
vont  compléter  leurs  études  à  l’Ecole  de  Munich.
Des  ateliers  dépendant  de  l’école  reçoivent  quelques  élèves,  qui  y  travaillent
de  vingt  à  trente  heures  par  semaine.
L’enseignement  mathématique  donné  dans  cet  établissement  est  d’un  ordre
élevé,  qui  nous  paraît  un  peu  disproportionné  avec  le  but  à  atteindre;  et,
avec  les  besoins  de  l’industrie  locale,  un  seul  institut  polytechnique  supérieur,
comme  celui  de  Munich,  nous  paraît  suffisant;  il  y  aurait  même  avantage  à
transformer  celui  de  Nuremberg  soit  en  un  gymnase  réel,  soit  en  une  école
industrielle.
École  supérieure  de  dessin.  —  Dans  cette  ville,  si  renommée  parla  variété  de
son  industrie,  il  existe  plusieurs  écoles  de  dessin  de  différents  degrés,  selon  le
but  que  les  élèves  se  proposent  d’atteindre.
La  première  et  la  plus  importante  est  l’école  supérieure  de  dessin  industriel,
dirigée  par  M.  Kröling.  Elle  est,  à  jaste  titre,  regardée  en  Allemagne  comme
celle  qui  a  rendu  le  plus  de  services  à  l’industrie.  On  n’y  admet  que  des  élèves

4o
        <pb n="320" />
        —  314  —

qui  sachent  déjà  passablement  dessiner,  afin  de  pouvoir,  en  peu  d’années
d’études,  leur  faire  acquérir  quelque  talent.
Le  principe  adopté  par  le  directeur  de  cette  école  est  que,  pour  former  de
véritables  dessinateurs  industriels,  il  faut  faire  passer  les  élèves  par  tous  les
degrés  du  dessin  artistique,  de  telle  sorte  qu’ils  puissent,  dans  les  combinaisons ­
  si  variées  et  si  diverses  qu’exige  l’industrie,  associer  convenablement  et
avec  harmonie  tous  les  genres  entre  eux,  sans  qu’il  soit  nécessaire,  comme  il
arrive  trop  souvent,  de  recourir  à  un  artiste  pour  la  partie  architecturale,  à  un
second  pour  la  figure,  à  un  troisième  pour  l’ornement,  etc.
Quant  au  mode  d’enseignement,  il  est  exclusivement  basé  sur  le  dessin  d’après
des  modèles  en  relief  variés,  gradués  selon  la  force  des  élèves,  et  s’élevant
depuis  les  plus  simples  modelagesjusqu’aux  modèles  les  plus  beaux  de  l'antique
et  jusqu’à  la  nature.  L’habile  directeur  exprime  son  antipathie  pour  la  copie
des  lithographies,  en  disant  que  ce  n’est  pas  du  dessin,  mais  delà  calligraphie.
D’après  ces  principes,  il  a  formé  pour  ses  élèves  de  très-belles  et  tr^s-com.
plètes  collections  de  modèles.
L’enseignement  est  réparti  en  trois  divisions  :  i°  le  dessin  d’ornement;  %"  le
dessin  d’après  l’antique;  3°  le  dessin  d’après  nature.
Après  s’être  formés  au  dessin,  les  élèves  passent  au  modelage  et  à  la  sculpture ­
  sur  bois  et  sur  pierre;  puis,  lorsqu’ils  ont  acquis  une  certaine  habileté,  ou
les  habitue  à  composer  des  dessins,  à  les  modeler  et  à  les  sculpter.
L’opinion  générale  des  hommes  qui  se  sont  occupés  des  questions  d’enseignement, ­
  non-seulement  en  Bavière,  mais  encore  dans  les  autres  parties  de
l’Allemagne,  est  que  l’école  de  dessin  de  Nuremberg  est  celle  qui  a  le  plus  largement ­
  contribué  aux  progrès  de  3  industrie  de  son  pays.  Ces  progrès,  au  surplus, ­
  sont  bien  manifestés  par  l’amélioration  très  notable  des  produits  de  l’industrie ­
  si  féconde  des  jouets  d’enfants,  qui  forme  une  des  principales  productions ­
  du  pays.  Depuis  un  certain  nombre  d’années  la  perfection  des  formes,
celle  des  objets  moulés  en  terre  ou  sculptés  en  bois  ,  dont  la  fabrique  de  Nuremberg ­
  a  le  privilège  de  fournir  les  magasins  de  Paris,  nous  avaient  convaincu
que  de  grands  progrès  avaient  dù  êj-e  faits  dans  l’enseignenY  n  du  dessin,  et
nous  avons  trouvé  la  justification  de  cette  opinion  dans  la  visne  que  nous  avons
faite  à  l’école  supérieure  de  dessin  de  cette  ville.  L’industrie  parisienne,  si  perfectionnée ­
  pour  d’autres  parties  qui  se  rattachent  aux  arts  du  dessin,  est,  quant
aux  jouets  d’enfants,  bien  inférieure  à  celle  de  Nuremberg.
Comme  préparation  à  l’école  supérieure  de  dessin,  il  y  a  à  Nuremberg  une
école  élémentaire,  qui  comprend  deux  années  de  cours.  Le  premier,  qui  a  huit
heures  de  leçons  par  semaine,  ne  s’occupe  que  du  dessin  à  main  levée,  en  com-
        <pb n="321" />
        —  315  —
mençant  par  des  exercices  sur  des  lignes  droites  ou  courbes,  sur  des  surfaces
planes,  sur  des  corps  symétriques  ou  réguliers,  et  sur  des  ornements  simples
et  composés,  en  finissant  par  des  compositions.  Le  second  cours,  de  six  heures
de  leçons  par  semaine,  est  consacré  au  dessin  de  l’ornement,  de  la  bosse,  d’après
l’antique  et  à  celui  des  meubles.
ÉCOLES  nu  DIMANCHE  (  SONNTAGS  HAN  D  WE  R  KE  RSCH  ULE  ).
Létablissement  fondé  sous  ce  titre  à  Nuremberg,  réunit  1  enseignement  du
dessin,  du  modelage,  de  la  sculpture  et  de  la  gravure  à  celui  des  notions  de
géométrie,  d  arithmétique,  de  physique  et  de  chimie.
La  première  et  la  plus  importante  partie  de  cet  enseignement  est  celle  qui
se  rattache  aux  arts  du  dessin.
Le  premier  et  le  deuxième  cours,  gradués  selon  la  force  des  élèves,  s’occupent ­
  du  dessin  à  main  levée,  du  dessin  d’ornement,  de  celui  de  l’architecture
avec  ou  sans  ombres,  du  dessin  de  la  figure,  du  dessin  géométrique  et  du  lavis.
Le  troisième  cours  est  partagé  en  quatre  divisions,  suivant  la  destination  spéciale ­
  des  élèves  :  la  première  division  s’occupe  de  tout  ce  qui  concerne  la  construction ­
  des  bâtiments,  depuis  les  premiers  détails  des  travaux  de  maçonnerie
et  de  charpente  jusqu’aux  types  et  aux  styles  de  l’architecture;  la  deuxième  division ­
  est  consacrée  aux  travaux  de  menuiserie;  la  troisième,  aux  tourneurs  en
Lois  et  en  métaux;  la  quatrième,  aux  industries  diverses.
La  seconde  partie  de  l’enseignement  s’occupe  du  modelage  en  cire,  en  terre
et  en  plâtre,  de  la  gravure  et  de  la  sculpture.
La  troisième  a  pour  but  de  compléter  l’enseignement  de  l’arithmétique  et
de  donner  des  notions  usuelles  de  géométrie  sur  les  surfaces,  les  cuba  tures,  les
tracés,  etc.
La  quatrième  donne  des  notions  élémentaires  de  physique  et  de  mécanique
appliquée  aux  industries  locales.
La  cinquième,  enfin,  traite  dans  le  même  but  de  la  chimie  industrielle.
Ces  cours  réunissent,  en  ï  86Zi,  228  élèves  pour  les  séances  de  dessin  ,  et
i  354  auditeurs  pour  les  divers  cours.
ÉCOLE  D’AGRICULTURE  ET  D’INDUSTRIE  (KREIS  LANDW1RTHSCHAFT
UND  GEWERBESCHULE).
Sous  ce  titre  ou  comprend,  à  Nuremberg,  deux  établissements  d’enseignement ­
  destinés  l’un  à  l’agriculture,  l’autre  à  l’industrie.
L  organisation  qui  leur  a  été  donnée,  et  qui  remonte  au  moins  à  1802,
devra  nécessairement  être  modifiée  d’après  les  nouvelles  bases  admises  pour
les  enseignements  de  cet  ordre.
4o.
        <pb n="322" />
        —  316  —
l/école  d’agriculture  (Kreis  Landwirthschaftschule)  comprend  :
i°  Une  école  préparatoire;
2°  Une  école  de  cultivateurs;
3°  Une  école  de  science  agricole.
La  première  école  était  destinée  à  recevoir  des  jeunes  gens  qui  n’étaient
pas  suffisamment  préparés,  et  qui,  en  un  an,  devaient  suivre  l’enseignement  indiqué ­
  ci-après  :
Tableau  du  nombre  d'heures  de  leçons  de  l’école  préparatoire  d'agriculture  a  Nuremberg,
NOMBRE
D’HEURES
par  semaine.

2
2
4
4
4
4
2
2
8
33

L’école  des  cultivateurs  est  destinée  à  former  des  chefs  de  culture,  des  fermiers ­
  ou  des  régisseurs  de  petites  propriétés.  L’enseignement  dure  une  année,
et  est  réparti  comme  il  suit  :

MATIÈRES  ENSEIGNÉES.
Religion
Agriculture  théorique;  principes
Agriculture  pratique
Arithmétique
Lecture
Calligraphie
Langue  allemande
Géographie
Histoire  naturelle
Dessin
Total

Tableau  du  nombre  d'heures  de  leçons  de  l’école  des  cultivateurs  à  Nuremberg.

MATIÈRES  ENSEIGNÉES.

Religion
Langue  allemande.  .  .
Chimie
Arithmétique.  ......
Géographie
Dessin
Calligraphie
Agriculture  théorique
Agriculture  pratique.

Total

nombre
D’heures
par  semaine.

2
4
2
4
2
3
4
6
4

3i
        <pb n="323" />
        —  317  -

L’école  de  science  agricole  doit  former  des  jeunes  gens  capables  :  i°  d’exploiter, ­
  d’affermer  ou  d’administrer  des  propriétés  de  petite  ou  moyenne  étendue ­
  ;  2°  d’etre  admis  à  une  école  centrale  d’agriculture  ou  A  l’école  vétérinaire
de  Munich.
L’enseignement  y  est  réparti  en  trois  années  ou  trois  divisions,  et  il  y  avait,
en  i  862  et  1  863  :

Dans  Ja  première  3g  élèves.
Dans  la  deuxième  18
Dans  la  troisième  15
Total.  .......  72  élèves.

Cette  répartition  prouve  que  la  moitié  au  plus  des  élèves  achève  les  études
commencées.
L’école  des  cultivateurs  n’avait  que  deux  élèves,  l’école  préparatoire  huit,  ce
qui  forme  un  total  de  82  élèves,  pour  lesquels  on  entretient  10  professeurs  et
3  maîtres.

Les  programmes  de  l’enseignement  de  science  agricole  sont  les  suivants  :

I ro  ANNÉE.  MATIÈRES  ENSEIGNÉES.

Heligion
Agriculture  théorique
Zoologie
Botanique  générale  et  spéciale
Arithmétique
Langue  allemande
Géographie
Dessin
Calligraphie
Agriculture  pratique  (suivant  Je  temps  et  Ja  saison)
Total

NOMBRE
D'HEURES
par  semaine.

2
5
2
2
4
4
2
6
4
i  2  à  3o

01

MATIÈRES  DU  COURS  D’AGRICULTURE  DE  PREMIERE  ANNEE.
Agronomie.—Origine  de  la  terre  arable;  classification  des  terres  arables;
comment  elles  se  comportent  par  rapport  à  l’air,  à  la  chaleur,  à  J  humidité  ;
        <pb n="324" />
        —  318

leur  pesanteur  spécifique;  l’engrais;  puissance  productive  et  valeur;  moyens
d’amendement;  terre  meuble  et  sous-sol,  leur  relation  intime;  influence  de
l’exposition  sur  la  puissance  productive;  caractères  et  désignation  des  espèces
de  terres,  suivant  quelles  sont  propres  à  la  culture  des  céréales,  des  trèfles,
suivant  les  espèces  de  plantes  sauvages  quelles  produisent.
Agriculture.—  Défrichement;  but  du  labourage;  importance  d’un  labour
approprié  ;  différents  modes  de  labour.
Ustensiles.—-  Description  et  application  des  sortes  les  plus  importantes  d’instruments ­
  de  culture  :  bêches;  appareils  de  drainage;  berne;  charrue  commune;
charrue  à  croc,  à  butter;  charrue  à  pelle;  extirpateur;  défonceur;  houe  coupante; ­
  presse  roulante,  traînante;  visite  des  instruments  de  la  collection  de
l'établissement.
Emploi  du  temps  de  2 e  et  de  3 e  année.

MATIÈRES  ENSEIGNÉES.

Religion
Agriculture  théorique
Agriculture  pratique  :
Minéralogie  pure.
Minéralogie  appliquée
Physique
Chimie
Arithmétique
Géométrie
Langue  allemande
Dessin  à  main  levée  et  linéaire
Anatomie  et  guérison  des  animaux  domestiques

En  deuxième  année,  le  cours  d’agriculture  théorique  comprend  :
Engrais.  —  Appauvrissement  et  enrichissement  du  sol  ;  descriptions  succinctes
des  matières  organiques  et  minérales  nécessaires  à  la  croissance  des  plantes,
décomposition  à  l’air  et  jachère;  humus;  connaissance,  traitement  et  emploi
des  matières  d’engrais  les  plus  importantes  des  règnes  végétal,  animal  et  minéral; ­
  préparation  du  fumier.
Culture  des  plantes  en  général.  —  Répartition  des  plantes  nutritives  les  plus
importantes  i\  la  surface  de  la  terre;  influence  du  climat;  destruction  des  mau-HF.URES

  PAR  SEMAINE.

2 e  année.

2
7
12  à  30

3'  année.

2
4
12  à  30
        <pb n="325" />
        vaises  herbes  et  préparation  de  la  terre  pour  la  culture;  semences,  soins,  récolte, ­
  égrenage  et  conservation  des  grains,  soit  à  l’air,  soit  à  couvert.
Culture  des  plantes  spéciales.  —  Classification  des  plantes  utiles  en  agriculture;
culture  des  céréales,  des  légumineuses,  des  racines  et  des  tubercules,  des
plantes  commerciales  et  industrielles;  culture  des  prés,  fauchage,  fenaison;
culture  des  principales  espèces  de  trèfles  (luzerne,  trèfle  rouge,  esparcette,
trèfle  blanc,  bâtard,  incarnat);  prairies  artificielles;  autres  plantes  fourragères
qui  peuvent  servir  en  cas  de  rareté;  arbres  fruitiers,  viticulture  ;  excursions.
En  troisième  année,  le  cours  d’agriculture  théorique  comprend  :
Elève  du  bétail  en  général.  —  Fourrage  :  vert,  sec,  de  racines,  de  grains;
emploi  des  déchets  des  industries  agricoles;  préparation  des  aliments;  emploi
du  sel;  aperçu  comparatif  des  différentes  substances  alimentaires  au  point  de
vue  de  leur  valeur  nutritive;  aliments  azotés,  non  azotés;  quantité  de  nourriture ­
  consommée  par  un  animal.
Elève  du  bétail.  —  haces  bovine,  chevaline,  ovine;  connaissance  de  la  laine;
race  porcine;  chèvres;  volailles;  abeilles;  étude  de  cette  dernière  race  ;  examen
spécial  de  la  méthode  de  Dzierzon  ;  des  meilleures  races,  sous  races  et  métis.
Exploitation  agricole.  —  Exploitation  proprement  dite;  de  la  propriété;  du
capital  engagé  dans  l’exploitation  ;  du  travail  agricole;  des  systèmes  de  culture;
des  calculs  d’exploitation  agricole;  comptabilité  agricole.
Travaux  pratigues.  —  Les  élèves  des  trois  années,  sans  concours  appréciable
de  journaliers,  ont  cultivé,  en  1862  et  1  863,  170  journaux  de  terre  (tagwerk
akec),  97  hect.  35  cent,  (jardins,  prés,  étangs  desséchés),  avec  trente  tètes  de
gros  bétail  et  quelques  chevaux.
Il  est  probable  que,  par  suite  des  changements  apportés  à  l’organisation  générale ­
  de  l’enseignement,  celui  de  cette  école  d’agriculture  recevra  des  modifications. ­

ÉCOLE  INDUSTRIELLE  X  NUREMBERG.
11  en  sera  de  même  de  l’école  industrielle  de  cette  ville,  dont  le  programme
comprenait  aussi  trois  années  d’études.
ÉCOLE  CENTRALE  D’AGRICULTURE  DE  AV  EÏHENSTEPIIAN.
Cet  établissement,  qui  constitue  l’école  supérieure  d’agriculture  de  la  Bavière, ­
  a  pour  but  de  donner  l’enseignement  théorique  et  pratique  a  des  jeunes
gens  qui  se  destinent  à  la  direction  de  grandes  exploitations  agricoles  et  des
industries  qui  en  dépendent.
        <pb n="326" />
        a  'mm  i  m«i  1 ——•

e

—  320  —
Les  études  comprennent  deux  années,  et  l’enseignement  y  est  donné  par
9  professeurs  et  2  professeurs  adjoints.
Les  élèves  sont  partagés  en  élèves  ordinaires  et  en  auditeurs  libres.  Le  nombre ­
  des  premiers  paraît  être  de  20  environ,  et  celui  des  seconds  de  ko.
Pour  être  admis  à  cette  école,  il  faut  être  âgé  de  1  6  ans,  avoir  suivi  les  études
d’une  école  d’agriculture  (landwirthshaft  Schule)  ou  d’une  école  industrielle;
savoir  assez  de  latin  pour  comprendre  la  valeur  des  termes  empruntés  à  cette
langue,  ou  subir  un  examen  sur  les  matières  de  l’enseignement  de  ces  écoles.
Par  suite  des  conditions  locales  et  par  exception  aux  usages  généraux  de
l’Allemagne,  les  élèves  sont  reçus  en  internat,  savoir  :  les  nationaux  pour
i  25  florins  (262  fr.  5o  cent.)  par  semestre,  et  les  étrangers  pour  i5o  florins
(3  1  5  francs).  Moyennant  ce  prix,  ils  ont  droit  à  l’enseignement,  au  logement,  à
la  nourriture  avec  le  linge  de  service  :  les  livres  et  les  fournitures  de  bureau
restent  à  leur  charge.  Ils  payent,  en  outre,  2  florins  (3  fr.  20  cent.)  par  semestre ­
  pour  le  salon  de  lecture.  Les  élèves  libres  payent  35  florins  (72  fr.  55c.)
par  semestre  par  cours  qu’ils  suivent,  et  peuvent  obtenir  un  certificat  relatif  à
ce  cours.
Les  cours  durent  depuis  le  i er  octobre  jusqu’à  la  fin  d’aoùt,  avec  quinze  jours
de  vacances  à  Pâques.
A  la  fin  de  chaque  année,  il  est  passé  des  examens  à  la*  suite  desquels  on
délivre,  s’il  y  a  lieu,  des  certificats  d’aptitude.
L'école  est  établie  sur  le  domaine  royal  de  Weyhenstephan,  dont  l’étendue
est  de  660  journaux  de  terre  ou  38o  hectares  en  terres  labourables  et  en  prés.
On  y  entretient  toutes  les  espèces  d’animaux  domesticpies.
Il  y  a  en  outre  :
i°  Des  champs  d’essai  pour  des  cultures  diverses;
2 0  Une  brasserie  et  une  distillerie;
3°  Une  pépinière;
k°  Une  houblonnière;
5°  Une  fromagerie  ;
6°  Des  collections  technologiques:
7 0  Un  laboratoire  de  chimie;
8°  Une  collection  de  semences  diverses;
9 0  Une  collection  des  produits  du  sol  de  la  Bavière;
1  o°  Un  cabinet  de  physique  ;
1  i°  Une  collection  d’instruments  et  de  modèles  agricoles;
i2°  Une  bibliothèque;
i3°  Une  plantation  de  mûriers  pour  l’étude  des  vers  à  soie;
        <pb n="327" />
        41

—  32]

i  4°  Une  collection  anatomique  pour  l’art  vétérinaire.
Les  forêts  voisines  offrent  les  moyens  d’étudier  les  arbres  résineux.
L’enseignement  y  es!  réparti  ainsi  qu’il  suit.
PREMIÈRE  ANNÉE.
(SEMESTRE  D’HIVER.)
Cours  sur  les  outils  et  machines  agricoles.  —  Description  des  différents  instruments ­
  de  labour,  des  machines  les  plus  usitées  pour  battre  le  blé,  pour  faucher, ­
  semer,  etc.  des  services  que  rendent  les  ustensiles  et  les  machines,
leurs  prix;  description  de  dispositions  pour  l’irrigation,  pour  les  moulins  à
roues,  à  aubes,  pour  les  turbines,  etc.  au  point  de  vue  pratique,  on  exerce
les  élèves  à  battre  le  blé,  h  semer,  à  connaître  les  semailles  et  la  manière  de
les  traiter;  on  fait  des  excursions  sur  les  exploitations  agricoles  du  voisinage
Chimie  générale  expérimentale.  —  Trois  heures  par  semaine.  Chimie  organique ­
  et  technologie  chimique  générale.
Arithmétique.  —  Répétition  des  parties  les  plus  importantes  de  l’arithmétique ­
  et  des  mathématiques  appliquées  en  vue  de  la  mesure  des  longueurs  et
des  surfaces,  des  poids  et  de  leur  transformation  d’après  les  mesures  des  différents ­
  pays;  systèmes  de  mesures  françaises,  de  monnaies;  notions  sur  les
papiers  de  l’Etat,  sur  les  lettres  de  change:
Notions  de  construction.  —  Introduction  :  des  murs,  des  fondations,  des
hautes  et  basses  constructions,  spécialement  des  voûtes,  des  travaux  d’intérieur
et  d’extérieur  des  bâtiments.
Dessin  de  levé  de'plans  et  d’ustensiles  agricoles.  —  Durant  les  deux  semestres
de  la  première  année,  on  enseigne  la  physiologie  des  plantes  :  conformation  et
structure  des  cellules,  réunion  des  cellules  entre  elles;  contenu  des  cellules,
formation  des  cellules;  de  la  nutrition  et  de  la  reproduction;  des  maladies  des
plantes.
Agronomie.  —  Des  différentes  substances  qui  composent  le  sol,  des  principales ­
  espèces  de  sol,  avec  leurs  propriétés  physiques;  des  circonstances  qui,
en  dehors  de  la  composition  de  la  terre  arable,  peuvent  influer  sur  la  constitution ­
  du  sol.
Agriculture.  —  De  l’amendement  d’un  sol;  de  la  préparation  d’un  sol;
du  défrichement.
Science  forestière.  —  Introduction  :  aperçu  sur  les  sciences  accessoires  ;
climatologie  forestière;  connaissance  du  sol  des  forêts,  aperçu  général;  physiologie ­
  des  plantes  forestières;  botanique  forestière,  générale  et  spéciale,  limitée
aux  essences  les  plus  importantes.
        <pb n="328" />
        Anatomie  :  du  cheval;  des  races  bovines,  ovine  et  porcine;  physiologie  et
diététique  des  animaux  domestiques.
PREMIÈRE  ANNÉE.
(SEMESTRE  D’ÉTÉ.)
Cours  sur  l'exploitation  agricole  avec  application  spéciale  à  l’exploitation  de  l’école.
—  Description  de  la  composition  d’une  propriété;  séries  anciennes  des  récoltes
et  nouvelles  séries  à  introduire;  comparaison  des  fumures  naturelles  et  artificielles; ­
  étude  des  avantages  des  cultures  de  certaines  espèces  de  plantes  ;  direction ­
  rationnelle  de  la  maison,  des  travaux,  des  ouvriers;  direction  de  l’exploitation. ­
  Deux  après-dinées  sont  consacrées  par  semaine  à  des  exercices  pratiques
ou  à  des  excursions  plus  ou  moins  éloignées.
De  la  construction  en  général  (suite).  —  De  la  construction,  de  l’achat  et  de
l’emploi  des  matériaux  de  construction;  connaissance  .du  maniement  des  instruments ­
  les  plus  ordinaires  de  mesure  et  de  nivellement;  arpentage  pratique,
levé  à  la  planchette  ;  manière  pratique  de  procéder  pour  le  calcul  et  le  partage ­
  des  terrains;  le  nivellement  dans  tous  ses  détails.
De  l’exploitation  forestière.  —  Production  du  bois;  disposition  des  coupes
pour  (’exploitation  des  forêts  de  pins  et  de  sapins  dans  les  hautes  et  basses
futaies,  exploitation  des  pins  et  écorçage  des  chênes,  pratiqués  dans  la  forêt
même.
Les  autres  matières  enseignées  dans  le  cours  sont  :  la  plantation  d’une
forêt,  la  combustion  des  gazons,  1ecobuage  ;  les  semailles  à  la  Biermann
et  autres;  l’établissement  des  tas  de  fumiers  pour  la  fumure;  les  essais  de  la
semence,  sa  récolte,  sa  conservation,  sa  semaille  suivant  les  différentes  méthodes ­
  de  préparer  le  sol,  semailles  pleines,  plates,  en  chéneaux,  en  rigoles, ­
  en  trous.  Ou  enseigne  à  pratiquer  les  ensemencements  relatifs  à  la  culture ­
  des  forêts;  on  fait  des  plantations  de  grandes  et  de  petites  plantes,  isolées
ou  en  bouquets,  avec  ou  sans  buttage,  en  creux  et  en  saillie,  avec  des  piquets.
On  y  consacre,  pendant  la  saison,  toutes  les  heures  d’études  qui  sont  rendues
libres  à  cet  effet.
Exploitation  forestière.  —  Assortiment  des  bois;  utilisation  des  pâturages,  de
l’herbe,  de  la  paille,  etc.  récolte  de  la  résine;  inconvénients  de  la  pratique  ordinaire ­
  et  explication  des  moyens  à  employer  sans  nuire  aux  arbres.
Police  forestière.  —  Ordonnances  relatives  aux  ouragans,  aux  incendies  des
forêts,  aux  ravages  des  insectes;  examen  des  insectes  les  plus  nuisibles;  indication ­
  pratique  de  leurs  ravages;  exposition  de  leur  genre  de  vie,  de  leur  destruction, ­
  etc.
        <pb n="329" />
        —  323  —
Production  du  bétail.  —Méthodes  et  principes  pour  f  élève  du  bétail;  valeur
nutritive  des  différents  fourrages;  connaissance  des  races  de  grand  bétail  et
principalement  du  bétail  bavarois  ;  généralités  sur  les  maladies  du  grand
bétail.
DEUXIÈME  ANNÉE.
(SEMESTRE  ÎVIIIVER.)
Organisation  d'économie  et  d’exploitation  rurale.  —  Notions  d’économie  rurale,
division  des  sciences  agricoles;  de  l’exploitation  :  considération  de  l’agriculture
supérieure,  du  sol,  du  terrain,  du  travail,  du  capital,  de  l’intelligence;  rapports ­
  généraux  du  pays  et  de  la  contrée  ;  composition  d'une  propriété;  des  rapports ­
  sur  lesquels  repose  l’équilibre  d’une  exploitation;  les  systèmes  ruraux  et
les  séries  de  cultures;  travail  des  hommes  et  des  animaux,  du  bétail  et  de  l’exploitation ­
  dans  son  ensemble;  du  capital;  du  propriétaire;  de  l’intelligence.
Semestres  d'hiver  et  d’été.  —  Trois  heures  par  semaine.  Chimie  agricole.  Les
exemples  pour  les  exercices  sont  choisis  dans  le  domaine  de  l’exploitation
rurale  et  des  industries  agricoles;  notions  sur  la  fermentation  chimique,  pourriture, ­
  décomposition,  formation  de  l’humus,  chimie  des  fumiers  et  autres
engrais;  guano,  os,  plâtre,  cendres,  etc.  Influence  de  la  paille  au  point  de
vue  chimique,  préparation  du  fumier;  principes  chimiques  de  la  jachère  et
des  alternances  de  cultures;  épuisement  du  sol  et  rapport;  recherches  qualitatives ­
  et  quantitatives  sur  la  nature  d’un  sol;  analyses  de  produits  agricoles;
du  lait,  de  la  pomme  de  terre.  Analyses  chimiques  :  au  laboratoire  d’essai,  on
analyse  le  lait,  les  pommes  de  terre,  les  excréments  de  bœufs  et  de  chevaux,
le  guano,  les  cendres  et  différentes  espèces  de  sol.
Construction  des  routes.  —  Cours  spéciaux  pour  l’établissement  et  l’examen  des
devis  :  rédaction  de  six  devis  différents;  dessin  de  levé  de  plans  et  d’ustensiles
agricoles.
Cultures  spéciales.  —  Blés  et  légumineuses;  plantes  oléagineuses,  tinctoriales,
commerciales  et  grimpantes;  plantes  fourragères,  navets,  tubercules;  culture
d’arbres  fruitiers.
Semestres  d  hiver  et  d’été.  —  Reproduction  des  bestiaux  ;  élève  des  bœufs,  des
moutons,  des  chevaux,  des  porcs;  des  maladies  ordinaires  du  grand  bétail  et
des  moyens  de  guérison;  médicaments  et  leur  préparation.
Ferrage  des  chevaux  et  des  bêtes  à  cornes;  traitement  des  maladies  du  sabot.
Connaissance  des  formes  extérieures  du  cheval  et  du  bétail;  pratique  de
quelques  opérations  chirurgicales  peu  difficiles,  Notions  sur  la  police  vétérinaire ­
  et  sur  la  loi  des  garanties  dans  le  commerce  des  bestiaux.  Les  élèves  font
        <pb n="330" />
        —  324  —
des  visiles  dans  les  écuries  de  la  caserne  des  cuirassiers  et  à  leurs  chevaux  malades; ­
  on  fait  des  excursions  à  la  foire  du  bétail  et  au  marché  aux  chevaux  de
Moosburg  et  au  marché  aux  laines  d’Augs  bourg.
On  étudie  la  géographie  physique,  météorologique  et  la  climatologie.
DEUXIÈME  ANNÉE.
(SEMESTRE  D’ÉTÉ.)
Comptabilité.  —  Tenue  des  livres;  introduction  et  division  de  la  taxation;
comptabilité  sur  le  prix  et  la  valeur  des  propriétés,  et  de  l’argent  en  général;
oscillations  du  prix  des  produits  agricoles;  inlîuence  de  la  valeur  des  métaux
précieux  sur  celle  des  céréales;  nécessité  d’estimer  en  argent  la  valeur  des
biens;  différence  des  prix  d’après  la  position  de  la  propriété;  estimation  du  prix
des  blés  d’après  la  base  de  la  mise  à  prix;  hausse  et  baisse  du  prix  des  blés
d’après  les  frais  de  production.
Classification  des  champs,  des  prairies,  des  pâturages,  d’après  Thaer,  Schembler,
  S.choenlentner;  d’après  les  principes  de  la  taxation  de  la  Prusse,  de  la
Saxe  et  de  la  Bavière  ;  leur  valeur  réelle;  établissement  de  devis  de  propriétés
et  de  fermage.
Des  rapports  des  fermiers  avec  les  propriétaires;  contrat  de  fermage;  produit
des  propriétés  d’après  les  différents  modes  d’exploitation.
La  tenue  de  livres  :  son  but;  tenue  des  livres  fixe;  tenue  des  livres  courante;
tenue  des  livres  en  partie  simple  ;  tenue  des  livres  en  partie  double  ou  commerciale ­
  ;  bilan;  inventaire.
On  consacre,  en  outre,  deux  après-dinées  à  des  exercices  pratiques,  à  des
excursions  plus  ou  moins  éloignées  ;  un  voyage  aux  fermes  d’élevage,  aux  haras
royaux  de  Granelfuy,  Fürstenfeldsbruck,  Schwaiganger,  Benedetbearen  et  Wall.
Constructions  agricoles  appliquées  aux  édifices  les  plus  importants  de  l’agriculture. ­

Culture  des  prairies;  assèchement  des  terrains,  en  insistant  sur  les  travaux
de  drainage.  ,
Technologie  agricole.  —  (En  hiver  et  en  été,  quatre  heures  par  semaine.)  La
brasserie;  la  distillation  de  l’eau  de-vie  ;  la  fabrication  du  vinaigre,  du  beurre,
du  fromage,  de  la  fécule,  de  l’amidon,  du  sagou  de  pommes  de  terre,  du
glucose.
Partie  mécanique  de  la  fabrication  du  sucre  de  betteraves;  dépenses  et  prix
de  revient.
Manipulations  iechnologigues.  —  On  fabrique,  dans  les  ateliers,  de  la  bière
double,  du  bock-bier,  de  l’eau-de-vie,  de  la  fécule,  du  vinaigre,  etc.  On  exé-
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        ¡d  B  I
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        TvcqlarTiTïdït  des  matières  de  I  enseignement
])aelement  de  I  Instruction  publique  et  celui  du  commerce  et  des  travaux  publie

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        cute  les  recherches  halymétriques,  aréométriques,  optiques  et  chimiques  sur
la  bière,  les  essais  du  vinaigre  et  de  l’eau  de-vie,  au  point  de  vue  de  la  pureté
et  de  la  force.  On  fait  des  visites  assidues  aux  industries  agricoles  de  l’école,
et  des  environs  de  Munich;  on  fait  des  essais  avec  le  malt  de  blé.
Les  programmes  qui  précèdent  peuvent  se  résumer  ainsi  qu’il  suit  :
première;  année.

SEMESTRE  D’HIVER.
Ustensiles  agricoles  ;
Chimie  expérimentale  ;
Arithmétique  ;
Notions  de  construction  ;
Dessin  de  levé  de  plans  et  d’ustensiles  agricoles ­
  ;
Physiologie  des  plantes,  agronomie,  agriculture ­
  ;
Science  forestière  ;
Anatomie,  physiologie  et  diététique  des  animaux ­
  domestiques.

SEMESTRE  D’HIVER.
Organisation  d’économie  et  d  exploitation  rurales ­
  ;
(  Ihimie  agricole  ;
Roules  ;
Dessin  de  levé  de  plans  et  d’ustensiles  agricoles ­
  ;
Reproduction  et  élève  du  bétail  ;
Police  vétérinaire,  garandes  après  marché
lait  ;
Géographie  physique  ;
Uraosphérologie  ;
Climatologie.

SEMESTRE  D’ÉTÉ.
Exploitation  agricole  ;
Chimie  expérimentale;
Constructions  ;
Levé  des  plans  ;
Production  du  bétail,  races,  maladies;
Physiologie  des  plantes  ;
Agronomie  ;
Agriculture  ;
Exploitation  forestière.

ANNEE.
SEMESTRE  D’ÉTÉ.
Taxation  de  biens  et  tenue  des  livres;
Chimie  agricole  ;
Constructions  agricoles,  prairies,  drainage  et
assèchements;
Technologie  agricole  ;
Reproduction  et  élève  du  bétail;
Police  vétérinaire,  garanties  après  marché
fait  ;
Géographie  physique  ;
Atmospliérologie;
Climatologie.

COORDINATEUR  DE  L’ENSEIGNEMENT  EN  RAVlÈRE.
Le  tableau  figuratif  planche  111  représente,  sous  forme  d’arbre  généalogique,
la  liaison  et  la  filiation  des  diverses  branches  de  l’enseignement,  tel  qu’il  est
aujourd’hui  organisé  en  Bavière,  à  partir  de  l’école  primaire  jusqu’aux  termes
les  plus  élevés  des  diverses  branches  de  ¡’instruction.  Il  indique  en  môme
temps,  par  une  teinte  noire,  les  parties  de  l’enseignement  qui  sont  régies  par  le
        <pb n="334" />
        département  de  l’instruction  publique,  et,  par  une  teinte  grise,  celles  qui
dépendent  du  département  du  commerce  et  des  travaux  publics.
La  durée  des  études  étant  indiquée  pour  chaque  subdivision,  l’on  voit  :
i°  Qu’à  quatorze  ans  un  enfant  peut  entrer  en  apprentissage  avec  une  préparation ­
  convenable  de  sept  à  huit  années  d’études  élémentaires;
2°  Qu’à  quinze  ans  il  peut  avoir  acquis  les  connaissances  nécessaires  à  des
employés  de  commerce,  à  des  fils  d’agriculteurs  et  à  des  employés  d’industries
diverses;
3°  Qu’après  quatre  années  d’études  élémentaires  de  latin  et  quatre  années
d’études  littéraires  et  scientifiques  au  gymnase  réel,  c’est-à-dire  huit  ans  après
sa  sortie  de  l’école  primaire,  ou-à  l’âge  de  dix-huit  ans,  un  jeune  homme  peut
être  admis  aux  instituts  polytechniques,  d’où  il  sort  quatre  ans  après,  c’est-àdire
  à  vingt-deux  ans,  avec  une  instruction  technique  suffisante  pour  son  admission ­
  dans  les  services  des  ponts  et  chaussées,  des  mines,  des  forêts,  ou
pour  devenir  ingénieur-mécanicien.
Toutes  les  branches  précédentes  de  l’enseignement,  à  partir  de  la  sortie  de
l’école  primaire  et  de  l’école  de  latinité  élémentaire,  ressortissent  au  département
du  commerce  et  des  travaux  publics.
D’une  autre  part,  sous  la  direction  du  département  de  l’instruction  publique,
les  écoles  primaires,  les  écoles  de  latinité  élémentaires,  de  quatre  années
d’études,  les  gymnases  d’humanités,  de  même  durée,  suivie  d’une  année  de
philosophie,  conduisent  un  jeune  homme,  à  l’âge  de  dix-neuf  ans,  aux  facultés  de
médecine,  de  droit  et  de  théologie,  qui  exigent  trois  ans  d’études,  et  à  celle
d’administration,  qui  en  demande  deux;  de  sorte  que,  dans  ces  directions,  les
études  complètes  peuvent  être  terminées  à  vingt-deux  ou  vingt  et  un  ans.
Cet  ensemble  du  plan  d’études  actuellement  adopté  en  Bavière  nous  paraît
répondre  à  la  fois  aux  besoins  des  lettres  et  des  sciences,  comme  à  ceux  de
l’industrie,  du  commerce  et  de  l’agriculture.  Jt  se  prête,  d’ailleurs,  à  toutes  les
additions  que  peuvent  exiger  certaines  industries  ou  certains  services  locaux,
tels  que  les  cours  du  dimanche  et  du  soir  pour  les  ouvriers,  les  écoles  spéciales
supérieures  pour  les  filles,  les  écoles  d’apprentissage,  les  écoles  normales  pour
les  instituteurs  et  les  institutrices,  etc.  que  nous  n’avons  pas  mentionnées  ici.
        <pb n="335" />
        RAPPORT  PARTICULIER
SLR  LES  ÉTABLISSEMENTS  D’ENSEIGNEMENT

EN  SUISSE.

ZURICH.
Chaque  canton  ayant  ses  lois  et  son  administration  propres,  l’organisation  de
renseignement  peut  varier  de  l’un  à  l’autre.  Nous  ne  nous  occuperons  dans
ce  rapport  que  de  celle  du  canton  de  Zurich,  que  nous  avons  visité,  et  du
principal  établissement  commun  à  toute  la  Confédération,  l’institut  polytechnique ­
  de  Zurich.

ENSEIGNEMENT  PRIMAIRE.
Dans  la  Suisse  républicaine,  de  même  que  dans  les  divers  Etats  de  l’Allemagne, ­
  l’enseignement  primaire  est  obligatoire,  il  se  compose  ordinairement
de  six  années  d’études  partagées  entre  deux  divisions  désignées,  l’une  sous  le
nom  d'école  élémentaire,  comprenant  trois  années,  et  l’autre  sous  celui  d'école
réelle,  exigeant  aussi  trois  années.
Ces  six  années  d’études,  qui  ont  lieu  pendant  les  jours  ouvrables,  peuvent
être  suivies,  de  12  ou  i3  à  16  ans,  de  trois  années  d’études  dans  des  écoles
dites  secondaires,  lorsqu’il  en  existe  dans  la  commune.
Ces  écoles  secondaires  préparent  à  certaines  écoles  spéciales  d’ordre  inférieur. ­

A  la  sortie  des  écoles  primaires  réelles,  c’est-à-dire  de  1  2  à  1  3  ans,  les  enfants
peuvent  être  immédiatement  admis  dans  les  écoles  cantonales,  qui  présentent
deux  divisions  principales,  souvent  réunies,  comme  à  Zurich,  dans  un  même
local,  mais  très-dietinctes,  et  qui  constituent  déjà  une  véritable  bifurcation
des  études.
Ces  divisions,  appelées  l’une  gymnase  et  l’autre  école  industrielle,  préparent
les  élèves  :  la  première,  aux  études  de  l’université  et  des  facultés;  la  seconde,
à  l’industrie  privée  et  à  l’école  polytechnique  fédérale  établie  à  Zurich.
Après  avoir  indiqué  en  peu  de  mots  l’ensemble  général  de  l’organisation  de
l'enseignement  dans  ce  canton,  nous  croyons  utile  de  faire  connaître,  par  un
        <pb n="336" />
        —  328  —
extrait  étendu  des  lois  et  des  règlements,  les  détails  relatifs  à  chacune  de  ses
branches.
Extrait  de  la  loi  générale  sur  l’instruction  dans  le  canton  de  Zurich.
PREMIÈRE  PARTIE.
DES  AUTORITÉS  OUI  DIRIGENT  L’ENSEIGNEMENT  DANS  LE  CANTON  DE  ZURICH.

DIRECTEUR  ET  CONSEIL  D’EDUCATION.
Ce  conseil  constitue,  après  le  conseil  cantonal,  l’autorité  supérieure.
Le  directeur  d’éducation  est  l’un  des  membres  du  conseil  cantonal.
Il  lui  est  adjoint  un  conseil  d’éducation  composé  de  six  membres,  dont  quatre
sont  directement  élus  par  le  grand  conseil,  et  les  deux  autres  par  les  synodes
des  écoles,  sous  la  condition  qu’ils  seront  agréés  par  le  grand  conseil.  Ces  six
membres  et  le  directeur  qui  les  préside  sont  nommés  pour  quatre  ans-,  le  conseil ­
  se  renouvelle  par  moitié  tous  les  deux  ans.
Fonctions.  —  Le  conseil  a  la  surveillance  de  tous  les  établissements  d  enseignement ­
  du  canton,  le  soin  du  perfectionnement  des  études  et  de  l'amélioration
morale  de  la  population,  la  direction  supérieure  des  établissements  publics,  la
préparation  et  la  mise  à  exécution  des  lois  sur  l’enseignement.
Il  entre  à  cet  eilet  en  rapport  avec  les  autorités  inférieures  ;  il  convoque
chaque  année,  en  assemblée  consultative,  les  délégués  des  écoles  de  district
et  le  directeur  de  l’école  normale  des  instituteurs,  pour  discuter  les  mesures
qui  intéressent  l’enseignement.  Les  délégués  sont  tenus  de  rendre  compte  à
leurs  mandataires  de  ces  réunions.  Le  conseil  organise,  s’il  en  est  besoin,  des
inspections  spéciales,  auxquelles  est  affecté  un  crédit  de  3ooo  francs  par  an  ;  il
a  le  droit  de  suspendre  provisoirement,  jusqu’à  décision  définitive  prise  par  le
conseil  du  canton,  le  professeur  qu’il  juge  avoir  encouru  cette  peine.
Enfin,  pour  la  surveillance  immédiate  du  gymnase,  de  l’école  d’industrie,
des  exercices  militaires  et  gymnastiques  de  l’école  cantonale,  de  l’école  vétérinaire, ­
  de  l’école  normale  d  instituteurs,  il  nomme  une  ou  plusieurs  commissions ­
  spéciales  de  surveillance,  dont  les  membres  sont  élus  au  scrutin  secret,  sur
la  proposition  du  directeur  de  l’éducation.  Si  ce  directeur  veut  faire  partie  de
ces  commissions,  il  en  est  de  droit  le  president.
CURATEURS  DE  DISTRICT  POUR  LES  ECOLES.
Chaque  district  a  une  réunion  de  curateurs  composée  de  neuf  à  dix  membres  :
        <pb n="337" />
        42

—  329  —
trois  de  ces  membres  sont  des  professeurs,  les  autres  sont  choisis  par  l’assemblée
du  district  dans  d’autres  professions.  —  Les  membres  sont  élus  pour  six  ans,
et  renouvelés  en  partie  de  trois  en  trois  ans.  —  Ils  choisissent  leur  président
dans  leur  sein.  —  Leurs  fonctions  sont  gratuites.  —  Ils  reçoivent  3  francs
d’indemnité  par  jour  d’inspection,  et  6  francs  quand  ils  sont  délégués  comme
arbitres  clans  des  questions  en  litige,  aux  frais  de  la  partie  condamnée.
Leurs  fonctions  consistent  dans  la  surveillance  de  l’enseignement  du  district.
Les  différents  établissements  sont  répartis  entre  les  membres  pour  la  surveillance ­
  biennale.  Chaque  membre  est  tenu  de  faire  au  moins  une  visite  en  été,  et
une  en  hiver  aux  écoles  de  son  ressort.  Toutes  les  écoles  secondaires  d’un  district ­
  sont  ordinairement  du  ressort  d’un  seul  membre.
Ces  curateurs  doivent  porter  principalement  leur  attention  :  sur  la  fréquentation ­
  assidue  des  enfants;  —  sur  l'exactitude  des  professeurs  et  des  surveillants
subalternes  à  remplir  leurs  devoirs;—sur  l’ordre  de  l’école;  —  sur  les  conditions ­
  économiques  et  le  local.
Les  visites  sont  consignées  sur  un  registre.  Les  curateurs  sont  tenus  d’assister
aux  examens  de  fin  d’année,  après  lesquels  ils  se  consultent  avec  les  délégués
communaux,  relativement  aux  conditions  des  écoles  secondaires,  et  font  leur
rapport.  Ils  entrent  ensuite  en  conférence  entre  eux  et  prennent  leurs  résolutions. ­
  Un  extrait  du  procès-verbal  de  ces  résolutions  les  fait  connaître  aux  curateurs ­
  des  communes  et  aux  professeurs  quelles  concernent.  ,
Les  plans  pour  la  construction  des  écoles  communales  doivent  leur  être
soumis,  et  il  n’y  a  d’appel  contre  leur  décision  qu’au  conseil  d’éducation.
Ils  remettent  au  conseil  d’éducation,  chaque  année  ,  sur  la  situation  des
écoles  de  district,  un  rapport  conforme  à  un  formulaire  donné,  et,  tous  les
trois  ans,  un  rapport  étendu  avec  les  améliorations  jugées  nécessaires.
Ils  veillent  à  l’exécution  de  la  loi  sur  l’enseignement  et  des  ordres  du  conseil
d’éducation,  et  ils  utilisent  à  cet  effet  le  personnel  inférieur  ;  mais  ils  peuvent
cependant  placer  quelques  établissements  sous  une  surveillance  spéciale.
CURATEURS  D'ECOLES  SECONDAIRES  ET  COMMUNALES.
Chaque  cercle  secondaire  a  un  conseil  de  curateurs  composé  de  sept  a
onze  membres.  —  Les  curateurs  de  district  en  fixent  le  nombre  suivant  les
besoins  :  deux  des  membres  sont  désignés  par  eux,  les  autres  sont  élus  au  scrutin ­
  secret  par  les  curateurs  des  écoles  communales.  —  Ils  sont  nommes  pour
quatre  ans  ;  ils  choisissent  un  président  dans  leur  sein  et  nomment  un  administrateur ­
  des  écoles  pour  la  période  de  quatre  ans.
Fonctions.  —  Ces  curateurs  d’écoles  doivent  surveiller  et  remettre  aux  cu-
        <pb n="338" />
        rateurs  de  district  les  rapports  rédigés  selon  un  formulaire,  avec  leurs  observations. ­
  L’administrateur  dresse  les  comptes  et  les  fait  reviser  et  remettre  par  les
curateurs  secondaires,  en  copie,  aux  curateurs  des  communes  ;  quinze  jours
après,  les  comptes,  avec  les  observations  auxquelles  ils  ont  donné  lieu,  sont
transmis  au  conseil  de  district  pour  être  ratifiés.
Curateurs  communaux.  —  La  commission  des  curateurs  a  pour  président
le  pasteur  ou  le  curé,  et  quatre  membres  au  moins  sont  nommés  par  la  commune. ­
  Ils  sont  nommés  pour  quatre  ans,  choisissent  un  vice-président  et  un
secrétaire,  ce  dernier  pouvant  être  pris  au  dehors.  Les  instituteurs  assistent
aux  séances  avec  voix  consultative,  sauf  le  cas  où  il  s’agit  d’eux-mêmes.  Le
président  convoque  la  commission  quand  il  est  nécessaire.  Pour  ¡’administration ­
  des  biens  de  l’école,  la  commission  choisit  un  administrateur  nommé  pour
quatre  ans,  lequel  est  appelé  dans  les  délibérations  où  il  s’agit  d’intérêts  économiques, ­
  s’il  n’est  pas  d’ailleurs  déjà  curateur.
Les  curateurs  communaux  doivent  veiller  à  ce  que  l’ordre  et  la  propreté
soient  maintenus  dans  les  écoles.  Ils  doivent  faire,  dans  un  certain  ordre  qu’ils
fixent  entre  eux,  des  visites  à  l’école,  et  chaque  fois  ils  consignent  leur  nom
sur  un  registre  spécial.  —  Ils  font  chaque  année  un  rapport  consistant  à  remplir
un  formulaire,  en  y  ajoutant  leurs  propositions  et  leurs  vœux;  tous  les  trois
ans  ils  font  un  rapport  plus  étendu.  —  Ils  doivent  aussi  veiller  à  ce  que  les
instituteurs  reçoivent  régulièrement  leurs  appointements.
L’administrateur  est,  sous  la  surveillance  des  curateurs,  chargé  des  intérêts
économiques  de  l’école.
Conditions  générales.  —  Pour  faire  partie  de  ces  divers  conseils,  il  faut  avoir
2  5  ans  accomplis.  Les  parents  au  premier  degré  :  pères,  frères,  beaux-frères
et  gendres  ne  peuvent  être  simultanément  membres  d’un  même  conseil.  Tous
les  membres  sortants  sont  rééligibles.  *
SECONDE  PARTIE.
DES  ÉTABLISSEMENTS  CANTONAUX.
I.  ÉCOLES  PRIMAIRES.
Les  écoles  primaires  sont  destinées  à  élever  les  enfants  de  toutes  les  classes
du  peuple,  d’après  des  principes  uniformes,  de  manière  à  former  des  hommes
d’un  esprit  énergique  ayant  des  sentiments  religieux  et  utiles  comme  citoyens.
Ces  écoles  sont  distinguées  en  deux  classes  :  écoles  communales  et  écoles
de  district  ou  secondaires.  Dans  le  canton  de  Zurich,  il  y  a  onze  de  ces  dernières ­
  écoles.
        <pb n="339" />
        Instruction  obligatoire.  —  Tous  les  enfants  du  canton  de  Zurich,  qui  ont  eu
6  ans  au  i* r  mai,  sont  tenus  de  suivre  les  écoles  primaires  à  la  rentrée  suivante ­
  ou  immédiate  des  classes,  qui  commencent  en  mai,  sauf  les  cas  exceptionnels. ­
  Au-dessous  de  cet  âge,  les  enfants  ne  seront  pas  admis  aux  écoles.
L’enseignement  primaire  est  obligatoire  jusqu’à  l’époque  de  la  confirmation
(  i  6  ans).
Les  habitants  qui  donnent  à  leurs  enfants  un  enseignement  privé  doivent
prouver  aux  curateurs  que  ces  enfants  reçoivent  une  instruction  au  moins  aussi
étendue  que  celle  des  écoles  primaires,  et  n’en  payent  pas  moins  la  rétribution,
tant  que  leurs  enfants  n’ont  pas  atteint  l’âge  réglementaire.
L’école  primaire  se  divise  en  deux  parties  :  l’école  journalière  avec  six
années  d’étude,  l’école  de  perfectionnement  avec  trois  années.  En  outre,
jusqu’à  leur  première  communion,  tous  les  enfants  sont  tenus  de  fréquenter  le
cours  de  chant,  qui  se  tient  une  fois  par  semaine.  Les  trois  classes  inférieures
de  l’école  journalière  s’appellent  école  élémentaire  ;  les  trois  classes  supérieures,
école  réelle.
Durée  des  classes.  —  Cette  durée  est  :
Dans  la  classe  inférieure,  de  dix-huit  à  vingt  heures  par  semaine.
Dans  la  deuxième  et  la  troisième  classe,  de  vingt  et  une  à  vingt-quatre
heures  par  semaine.
Dans  les  trois  classes  supérieures,  de  vingt-quatre  à  vingt-sept  heures  par
semaine.
Et  pour  l’école  de  perfectionnement,  de  huit  heures,  en  deux  matinées.
On  ne  peut  charger  un  professeur  de  plus  de  trente-cinq  heures  de  leçons
par  semaine,  sans  compter  les  heures  de  gymnastique.
Les  vacances  sont  fixés  à  huit  semaines  par  an.
Matières  de  l’enseignement.  —  Dans  l’école  des  jours  ouvrables  on  fera  acquérir
aux  élèves,  d’une  façon  solide  et  approfondie,  les  connaissances  élémentaires
générales,  savoir  :  la  religion  chrétienne,  la  langue  allemande,  le  calcul  et  les
éléments  de  géométrie  ;  l’histoire  naturelle,  l’histoire  et  la  géographie,  particulièrement ­
  celles  de  la  Suisse;  le  chant,  l’écriture,  le  dessin,  les  connaissances
usuelles;  les  travaux  de  femmes  (pour  les  filles).
Dans  les  écoles  de  perfectionnement,  on  cherche  autant  que  possible  à  rattacher ­
  les  applications  à  la  vie  pratique.  Il  doit  y  avoir,  dans  chaque  cercle,  au
moins  une  école  d’ouvrages  de  femmes,  et  il  est  à  desirer  qu  il  se  forme  des
sociétés  de  dames  pour  soutenir  et  aider  la  maîtresse.  On  accordera  a  ces  sociétés ­
  voix  consultative  dans  tout  ce  qui  aura  rapport  à  ces  écoles.  Afin  d’assu-
        <pb n="340" />
        332  —  '

i  er  aux  écoles  la  fourniture  à  bon  marché  des  matériaux  et  modèles  d’enseignement, ­
  l’Etat  se  charge  d’en  faire  les  achats  en  gros.
A  la  fin  de  chaque  année,  des  examens  ont  lieu  pour  le  passage  de  l’école  élémentaire ­
  à  l’école  réelle,  et  de  l’école  réelle  à  l’école  de  perfectionnement.  Les
promotions  dans  l’intérieur  d’une  division  sont  du  ressort  du  professeur  seul.
On  doit  apporter  la  plus  grande  attention  à  la  fréquentation  régulière  de
l’école  par  les  enfants,  et  agir  suivant  la  loi  envers  les  parents  négligents.
Chaque  école  doit  avoir  son  local  particulier  et  un  logement  pour  l’instituteur. ­

La  rétribution  est  de  trois  francs  par  année  et  par  élève  pour  les  écoles  tenues ­
  tous  les  jours,  mais  cette  rétribution  peut  être  augmentée  jusqu’au  double
parla  commune,  ou  bien  diminuée  ou  supprimée.
La  commission  des  écoles  doit  veiller  sur  le  service  du  local,  du  cbaullage,
des  ustensiles  et  du  mobilier,  et  sur  l’exécution  du  contrat  passé  avec  1  instituteur. ­
  Chaque  commission  d’école  doit  posséder  pour  l’école  un  fonds  spécial,
composé  :  i°  des  legs  et  donations;  2°  des  contributions  fournies  par  chaque
concession  de  droit  d’habitant  et  par  chaque  mariée  qui  arrive  dans  la  commune ­
  par  mariage;  3°  du  cadeau  de  noces  de  5  francs  au  moins  que  chaque
couple  doit  payer  au  fonds  des  écoles.  Les  curateurs  sont  autorisés  à  ouvrir
chaque  année  une  souscription  volontaire.
Subvention  de  l’Etat  et  résultats  statistiques.—  Le  canton  supporte,  pour  l’instruction, ­
  le  traitement  et  la  pension  de  retraite  des  instituteurs,  ainsi  que  les
charges  fixées  par  la  loi.  Il  peut,  pour  des  constructions  nouvelles  ou  des  réparations ­
  importantes  de  maisons  d’écoles,  accorder  une  subvention.  Le  conseil
cantonal  dispose,  pour  des  secours  extraordinaires,  d’un  crédit  de  35o8o  fr.
Il  résulte  d’une  statistique  publiée  par  la  Gazette  d’Appenzell  que,  dans  les
onze  cantons  désignés  ci-après,  les  nombres  des  écoles  et  leurs  rapports  avec
la  population  ont  les  valeurs  suivantes  :
Zurich  a,  pour  une  population  de  268000  âmes,  01  i  écoles,  ou  une  école
pour  02/j  habitants;
Lucerne  a,  pour  une  population  de  102000  âmes,  446  écoles,  ou  une  école
pour  296  habitants;
Schwytz  a  45ooo  habitants  et  100  écoles  ;  une  école  par  4  5o  âmes;
Claris  a  3335o  habitants  et  5?  écoles;  une  école  pour  585  âmes;
Zuq  a  19600  habitants  et  44  écoles;  une  école  pour  465  âmes;
Lriboarg  a  io5ooo  habitants  et  3o8  écoles;  une  école  pour  34  1  âmes;
Soleare  compte  70000  habitants  et  176  écoles;  une  école  pour  397  âmes;
Saint-Gall  compte  18  1000  habitants  et  390  écoles;  une  école  pour  464  âmes;
        <pb n="341" />
        (irisons  compte  90000  habitants  et  651  écoles;  une  école  pour  202  âmes  ;
Argovie  compte  196000  âmes  et  586  écoles;  une  école  pour  385  habitants;
Appenzell  (Rhodes-ext.)  a,  pour  une  population  de  68600  âmes,  86  écoles
(compris  les  écoles  des  orphelins  et  les  écoles  secondaires);  ainsi  une  école
pour  58o  habitants.
ÉCOLES  SECONDAIRES.
Ces  écoles  sont  instituées  pour  les  jeunes  garçons  et  les  jeunes  lilies  qui,  au
sortir  des  écoles  primaires,  doivent  encore  suivre  les  écoles.  Elles  ont  pour  but
de  fixer  les  connaissances  acquises  dans  les  écoles  élémentaires  et,  en  développant ­
  cette  instruction  dans  les  limites  du  programme  des  écoles  primaires,  de
permettre  à  certains  élèves  de  passer  aux  écoles  supérieures.
Ces  écoles  ne  peuvent  être  établies  que  lorsqu’il  y  a  un  local  spécial,  des
ressources  suffisantes  assurées,  et  quinze  élèves  au  moins.  Si,  pendant  plusieurs
années  consécutives,  le  nombre  d’élèves  d’une  école  secondaire  tombe  à  huit
ou  au-dessous,  elle  peut  être  supprimée  par  le  conseil  du  canton.
Les  matières  enseignées  sont:  la  religion  et  la  morale;—les  langues  allemande
et  française;  —  l’arithmétique;  —  la  géométrie  ,  avec  des  exercices  pratiques;  —
l’histoire,  la  géographie,  et  l’organisation  gouvernementale  de  la  Suisse;  —
les  éléments  de  la  physique,  avec  indication  de  ses  applications  à  l’agriculture
et  à  l’industrie;  —  le  chant;  —  le  dessin;  —  la  calligraphie;  —  la  gymnastique, ­
  et  les  exercices  desarmes.
Un  professeur  ne  peut  être  tenu  de  faire  plus  de  trente-trois  heures  de  leçons ­
  par  semaine,  la  gymnastique  non  comprise.
La  durée  des  études  secondaires  est  de  trois  ans;  mais,  dans  chaque
année,  l’enseignement  forme  un  ensemble  complet.  L’enseignement  religieux
est  donné  par  un  ecclésiastique.  Les  jeunes  filles  peuvent  suivre  en  même  temps
les  écoles  de  travaux  de  leur  sexe.  Lorsque,  dans  une  classe,  le  nombre  des
élèves  dépasse  trente-cinq,  on  doit  donner  un  adjoint  au  professeur,  et,  si  ce
nombre  dépasse  cinquante,  on  nomme  un  second  professeur.
Chaque  école  secondaire  à  son  fonds  spécial.  Les  dépenses  sont  couvertes  :  —
I o  par  la  subvention  du  canton,  qui  est  de  io5o  francs,  ou  plus  si  fécule  a  plus
de  5o  élèves  par  classe;  —  2 0  par  les  rétributions  et  les  amendes  d’absence  :
la  rétribution  ne  doit  pas  dépasser  26  francs  par  an,  dont  8  pour  le  professeur; ­
  sur  8  places  on  en  compte  une  gratuite  pour  les  enfants  indigents;  —
3°  par  les  intérêts  du  fonds  de  dotation  de  l’école;  —  6°  par  les  versements
volontaires  des  communes  ou  des  particuliers;  —  5°  par  les  contributions
communales,  qui  comblent  les  déficits  quand  il  y  en  a;  les  excédants  sont  versés ­
  au  fonds  de  réserve  des  écoles.
        <pb n="342" />
        -—334

ENSEIGNEMENT  SUPÉRIEUR.
UNIVERSITÉ.
Le  but  de  l'université  est:  —  i°  de  donner  un  enseignement  scientifique
supérieur;  —  2°  de  contribuer  à  l’avancement  de  la  science.
L’université  se  divise  en  quatre  facultés,  savoir  :  la  faculté  de  théologie;  —
la  faculté  de  sciences  d’état;  —  la  faculté  de  médecine  ;  —  la  faculté  de  philosophie, ­
  dont  l’enseignement  est  partagé  entre  les  sciences  philosophiques,  philologiques ­
  et  historiques,  et  les  sciences  mathématiques,  physiques  et  chimiques. ­

On  y  prendra  en  considération  les  exigences  du  présent  et  les  besoins  du  pays.
En  général,  la  faculté  de  théologie  a  cinq  chaires;  celle  de  sciences  d’état  n’a
pas  de  chaire  proprement  dite;  celle  de  médecine  en  a  six;  et  la  faculté  de
philosophie,  y  compris  les  cours  qui  appartiennent  à  l’école  polytechnique,  en
compte  quatorze.
Il  y  a  des  professeurs  titulaires  et  des  professeurs  agrégés.
Les  cours  des  professeurs  ordinaires  ont  en  général  dix  à  douze  heures  de  leçons ­
  par  semaine,  et  les  cours  des  professeurs  extraordinaires  quatre  à  six  heures.
Les  fonctions  de  professeur  sont  incompatibles  avec  celles  de  pasteur,  de
conseiller  de  gouvernement,  déjugé  ou  de  chancelier,  d’employé  du  gouvernement, ­
  de  gouverneur  de  ville  et  d’avocat.
Les  professeurs  ordinaires  ont  un  traitement  de  2600  francs  à  4ooo  francs
par  an;  les  professeurs  extraordinaires,  de  1000  à  2000  francs.  Ils  ont,  en
outre,  une  part  dans  les  rétributions  des  élèves  et  des  droits  d’examen.
Les  professeurs  agrégés  ont  5  francs  par  heure  de  cours,  s’ils  ont  moins  de
quatre  heures  par  semaine,  et  4  francs  s’ils  ont  plus  d’heures  de  leçons.
Le  conseil  d’éducation  dispose  d’un  crédit  de  8000  francs  pour  accorder
des  subventions  à  des  professeurs  agrégés  ou  à  d’autres  sujets  distingués.
Après  les  examens,  le  diplôme  de  docteur  est  délivré,  s’il  y  a  lieu,  par  chaque
faculté.
Les  jeunes  gens  du  canton  doivent,  pour  être  admis  aux  cours,  avoir  obtenu ­
  le  certificat  de  maturité  du  gymnase.
A  l’entrée,  chaque  étudiant  paye  12  francs  d’inscription  et  verse  6  francs
aux  collections.  —  Quant  aux  cours,  il  est  obligé  de  payer  la  taxe  fixée  pour
chaque  cours  qu’il  suit,  et  cette  taxe  est,  après  déduction  du  2  p.  0/0,  remise  au
professeur  titulaire  ou  agrégé  du  cours.
Chaque  faculté  nomme  au  scrutin  secret,  pour  deux  ans,  un  doyen  non
rééligible  immédiatement.
        <pb n="343" />
        Les  doyens  et  les  professeurs  forment  le  sénat  académique  qui  élit  de  même
son  recteur  pour  deux  ans.  —  Le  recteur,  fex-recteur  et  les  doyens  forment  le
comité  pour  1  expédition  des  affaires  courantes,  et  sont  nécessairement  consultés ­
  par  le  conseil  d’éducation  pour  tout  ce  qui  a  rapport  à  l’université.  —  Un
crédit  est  ouvert  à  ce  conseil  pour  les  besoins  de  l’université.
ÉCOLES  CANTONALES.
Ces  écoles  donnent  l’enseignement  immédiatement  inférieur  à  celui  de  l’université. ­
  Il  y  en  a  une  dans  les  principaux  cantons,  et  elles  se  divisent  en  deux
parties,  d’après  la  nature  de  leur  enseignement,  savoir  le  gymnase  et  l’école  industrielle. ­

Gymnase.  —il  a  pour  but  principal  l’enseignement  des  études  classiques  des
anciens,  et  prépare  aux  études  de  l’université.  Le  gymnase  se  partage  en  deux
sections  :  le  gymnase  inférieur,  avec  quatre  années  d’étude-,  le  gymnase  supérieur, ­
  avec  deux  années  et  demie.
Les  matières  enseignées  dans  le  gymnase  inférieur  sont  :  la  religion  ;  les  langues ­
  allemande,  latine,  grecque,  française;  l’histoire  genérale  et  celle  de  la  patrie; ­
  la  géographie;  la  physique;  les  mathématiques,  le  calcul  compris;  le  dessin ­
  à  mainlevée;  la  calligraphie;  le  chant;  la  gymnastique  et  les  exercices  militaires. ­
  La  rétribution  annuelle  est  de  3o  francs.
Les  matières  enseignées  dans  le  gymnase  supérieur  sont  :  la  religion;  les
langues  allemande,  latine,  grecque,  hébraïque,  française;  l’histoire  générale
et  celle  de  la  patrie;  les  mathématiques;  l’histoire  naturelle;  la  philosophie  ;  le
chant;  les  exercices  gymnastiques  et  militaires.  La  rétribution  est  de  2/1  francs
par  semestre.
Les  élèves  qui  ont  passé  par  toutes  les  classes  du  gymnase  peuvent  se  présenter ­
  à  l’examen  de  maturité,  qui  les  rend  admissibles  à  l’université.
Dans  le  gymnase,  tout  l’enseignement  est,  de  règle,  obligatoire.
Ecole  industrielle.  —  Cette  école  est  destinée  aux  jeunes  gens  qui  se  vouent
à  l’industrie  ou  au  commerce.  Elle  les  forme,  soit  pour  la  pratique  immédiate,
soit  pour  les  écoles  techniques  ou  commerciales  supérieures!  Elle  se  divise  en
école  inférieure  et  école  supérieure.
Les  matières  enseignées  à  l’école  industrielle  inférieure  sont  :  la  religion;  les
langues  allemande  et  française;  l’histoire  générale  et  celle  de  la  patrie;  la  géographie; ­
  l’histoire  naturelle;  la  physique;  les  mathématiques;  le  calcul  pratique;
le  dessin  géométrique;  le  dessin  à  main  levée;  la  calligraphie;  le  chant;  les
exercices  gymnastiques  et  militaires.  Cette  section  inférieure  a  trois  classes  d’une
année  chacune.  La  rétribution  est  de  3o  francs  par  an.
        <pb n="344" />
        A  l’école  industrielle  supérieure,  on  enseigne  les  matières  suivantes,  en  trois
spécialités  (mécanique,  chimie,  commerce),  savoir  :  la  religion;  les  langues  allemande, ­
  française,  anglaise,  italienne;  1  histoire  générale  et  celle  de  la  patrie;
la  géographie;  les  mathémathiques  théoriques;  les  mathématiques  appliquées
et  la  technologie  mécanique  (tissage,  filature,  papeterie,  machines,  etc.);  l'algèbre ­
  complète;  la  trigonométrie  et  la  géométrie  analytique;  la  mécanique,  la
géométrie  descriptive,  les  ombres  et  la  perspective;  le  dessin  géométrique  et
technique;  l’arithmétique  commerciale;  le  commerce,  le  fonctionnement  des
banques,  l’économie  politique,  le  service  des  lettres  de  change;  la  législation
dans  différents  pays;  la  tenue  des  livres;  le  travail  de  bureau;  la  connaissance
des  marchandises;  la  géographie  et  la  statistique  commerciales;  l’histoire  naturelle ­
  (botanique,  zoologie,  minéralogie);  la  physique  et  la  chimie  (manipulations); ­
  la  chimie  et  la  technologie  chimique;  les  relations  commerciales;  le
dessin  à  main  levée;  la  calligraphie;  le  chant;  les  exercices  gymnastiques  et  militaires. ­
  Cette  section  supérieure  comporte  deux  ans  et  demi  d’études.  Les
cours  ne  sont  pas  obligatoires,  ceux  d’exercices  gymnastiques  et  militaires  exceptés. ­
  La  rétribution  est  de  3o  francs  par  semestre,  et  de  3o  francs  en  plus
pour  ceux  qui  prennent  part  aux  manipulations  chimiques.  Les  auditeurs  libres
payent  5  francs  pour  une  heure  de  cours  par  semaine,  pendant  un  semestre.
Examens  et  vacances.  —-Dans  l’école  cantonale  les  classes  ouvrent  à  la  miavril
  et  finissent  à  une  époque  qui  permette  le  passage  à  I  université  ou  à
l’école  fédérale  polytechnique.  Les  vacances  sont  de  dix  semaines.  Des  examens
ont  lieu  à  la  fin  de  chaque  année  pour  toutes  les  classes.  Aucun  cours  ne  peut
admettre  plus  de  quarante  élèves,  et  certains  cours  sont  limités  à  un  nombre
bien  inférieur,  et  au  besoin  divisés  en  classes  parallèles.  Pour  entrer  dans  la
classe  inférieure,  les  enfants  doivent  avoir  12  ans  au  moins;  ils  sortent  alors
de  l’école  primaire.  Ils  payent  6  francs  en  entrant.
Le  traitement  des  professeurs  est  calculé  à  raison  de  100  à  1  5o  francs  et  de
1  yo  francs  au  plus  pour  une  heure  de  cours  hebdomadaire  et  par  an.
La  rétribution  des  élèves  est  versée  par  moitié  dans  la  caisse  de  l’école,
l’autre  partie  est  répartie  entre  les  professeurs,  et  celle  des  auditeurs  libres  revient ­
  aux  professeurs.
Les  professeurs  en  litre  ont  droit  à  la  dénomination  d'Oberlehrer;  comme  distinction ­
  exceptionnelle  on  peut  accorder  le  titre  de  Professor.
Les  professeurs  se  réunissent  en  conseil  pour  discuter  les  besoins  de  leur
enseignement,  sous  la  direction  d  un  recteur  que  nomme  parmi  eux  le  conseil
cantonal.
Pour  chacune  des  deux  divisions  de  l’école  cantonale,  il  y  a,  en  outre,  une
        <pb n="345" />
        commission  de  surveillance,  composée  de  neuf  membres,  dont  sept  sont  nommés ­
  par  le  conseil  d’éducation,  avec  l’assentiment  du  conseil  gouvernemental;
les  deux  autres  sont  les  recteurs  et  prorecteurs.
Enfin,  pour  la  direction  des  exercices  gymnastiques  et  militaires,  il  y  a  aussi
une  commission  spéciale,  qui  se  compose  de  sept  membres.
ECOLE  VÉTÉRINAIRE.
Dans  cette  école,  la  durée  de  l’enseignement  complet  est  de  trois  années.
On  y  enseigne  :  i°  la  physique,  la  chimie,  la  botanique,  la  zoologie;
2°  l’anatomie  comparée,  microscopique,  chirurgicale  et  pathologique;  la  physiologie; ­
  la  connaissance  de  l’extérieur,  la  diététique;  l’élevage  des  animaux,
le  dressage;  l’art  de  monter  à  cheval;  la  pharmacie  et  la  connaissance  des  recettes; ­
  la  pathologie  et  la  thérapeutique,  le  traitement  des  maladies  chirurgicales; ­
  les  opérations;  le  part;  le  ferrage  et  le  service  vétérinaire  judiciaire  et
de  police,  la  clinique  à  l’hôpital  des  animaux  et  la  clinique  ambulante.
A  cet  établissement  sont  annexés  un  hôpital  pour  les  animaux,  un  cabinet
de  dissection,  une  forge  pour  ferrer  et  les  collections  nécessaires.
Pour  être  admis  aux  cours,  il  faut  se  faire  inscrire,  soit  comme  auditeur,
soit  comme  élève.  Les  élèves  sont  tenus  de  suivre  l’enseignement  dans  l’ordre
établi.  Il  faut  avoir  16  ans  accomplis,  et  passer  un  examen  constatant  que  l’on
possède  1  instruction  donnée  dans  les  écoles  secondaires.  On  paye  12  francs  d’entrée; ­
  et  20  francs  par  trimestre  :  la  moitié  de  cette  rétribution  est  versée  à  la
caisse  de  l’école,  et  l’autre  moitié  répartie  entre  les  professeurs.  Il  y  a  deux
professeurs  principaux  :  l’un,  qui  a  la  direction  de  l’hôpital  et  enseigne  la  pathologie ­
  et  la  thérapeutique,  reçoit  2000  francs,  avec  logement  et  jardin;
l’autre,  qui  enseigne  l’anatomie  et  la  physiologie,  reçoit  2/100  francs  d’appointements. ­

Le  directeur  de  l’école  vétérinaire  est  choisi  par  le  conseil  d’éducation  :  c’est
généralement  un  des  professeurs  principaux.
Un  crédit  de  35oo  francs  est  destiné  à  rétribuer  les  aides,  et  I  on  alloue  pour
J’aide  de  clinique  un  crédit  spécial  de  1  000  francs,  avec  un  logement  dans
l’établissement;  de  plus,  un  crédit  de  2600  francs  est  atfecté  aux  autres  dépenses ­
  et  à  l’augmentation  des  collections.  Pour  subvenir  à  ces  crédits,  l’on
prélève  (iooo  francs  sur  les  produits  des  droits  de  timbre  sur  le  bétail;  le
reste  est  fourni  par  la  caisse  cantonale.
Une  commission  composée  de  cinq  membres  est  chargée  de  la  surveillance
de  l’établissement.
        <pb n="346" />
        338  —

ÉCOLE  NORMALE  D’INSTITUTEURS.
Cotte  école,  ou  séminaire,  est  destinée  à  former  des  instituteurs  capables  pour
les  écoles  primaires.
Pour  être  admis  à  Pécole  normale,  il  faut  avoir  i5  ans  accomplis,  jouir
d’une  bonne  santé,  ne  pas  avoir  de  vices  de  conformation  qui  rendent  impropre
au  service,  justifier  d’une  conduite  morale,  et  posséder  les  connaissances  que
fait  supposer  la  sortie,  après  la  troisième  année,  d’une  école  secondaire:  en
histoire  biblique,  en  langue  allemande  et  française,  en  arithmétique  et  en  géométrie, ­
  en  histoire  et  en  géographie,  en  physique,  en  chant,  en  dessin  et  en
calligraphie.
L’admission  n’est  d’abord  que  provisoire,  elle  ne  devient  définitive  qu  après
trois  mois  d’essai.
Le  nombre  d’élèves  à  admettre  chaque  année  est  fixé  par  le  conseil  d’éducation, ­
  mais  il  ne  doit  jamais  dépasser  cent.  L’enseignement  est  gratuit.  La  durée
des  études  est  de  quatre  ans;  mais,  au  milieu  de  la  troisième  année,  les  cours
doivent  être  terminés.  Les  six  derniers  mois  sont  consacrés  à  des  répétitions  et
des  exercices.  Les  vacances  ne  peuvent  en  tout  dépasser  huit  semaines.
Les  matières  d’enseignement  sont  :  la  religion  et  la  morale,  la  pédagogie,  les
langues  allemande  et  française,  les  mathématiques,  l’histoire,  la  géographie,  la
physique,  le  chant,  le  violon  et  le  piano,  la  calligraphie,  le  dessin,  les  exercices
gymnastiques  et  militaires,  les  éléments  des  travaux  agricoles.
A  l’école  normale  est  attaché  un  internat  facultatif,  où  les  jeunes  gens  du
canton  payent  2/10  francs  au  plus  par  an,  et  les  étrangers  hoo  francs  :  pour  ce
prix,  ils  ont  la  nourriture,  le  logement,  le  blanchissage,  la  lumière,  le  chauffage  et
les  soins  d’un  médecin.  Un  crédit  de  9000  francs  est  ouvert  pour  les  bons  élèves
pauvres;  la  somme  à  affecter  à  un  seul  élève  ne  peut  excéder  3oo  francs  par  an.
Le  personnel  enseignant  se  compose  d’un  directeur,  qui  fait,  outre  ses  fonctions, ­
  douze  ou  treize  heures  de  classe  par  semaine,  de  son  adjoint  et  du  nombre ­
  nécessaire  de  professeurs.  Le  directeur  a  de  1800  à  2600  francs  de  traitement, ­
  le  logement,  la  nourriture,  le  chauffage,  l’éclairage  pour  lui  et  sa  famille.
Pour  les  professeurs,  il  est  ouvert  un  crédit  annuel  de  16000  francs,  à  répartir ­
  à  peu  près  dans  la  proportion  des  heures  de  leçons  par  semaine.  Le  directeur ­
  est  nommé  parle  conseil  cantonal,  sur  la  proposition  du  conseil  d’éduca
lion,  et  le  professeur  par  le  conseil  d’éducation.  L’aumônier  doit  être  membre
du  consistoire  de  Zurich.
Pour  la  bibliothèque,  les  collections,  les  exercices  gymnastiques  et  militaires
il  est  ouvert  un  crédit  de  1000  francs.
        <pb n="347" />
        43.

339  —

Une  commission  de  surveillance,  de  sept  membres,  fait  des  visites  régulières
A  l’école;  le  directeur  prend  part  A  toutes  les  délibérations,  sauf  à  celles  qui
le  concernent  personnellement.

ÉCOLE  AGRICOLE.
Dans  la  vue  de  former  des  agriculteurs  capables  en  théorie  et  en  pratique,
le  canton  de  Zurich  a  créé  une  école  d’agriculture  réunie  A  l’exploitation  d’une
propriété.  Cet  établissement  est  placé  sous  la  surveillance  immédiate  de  la
commission  agricole,  et  relève  ensuite  de  la  direction  de  l’intérieur.  On  y
reste  deux  ans;  ou  paye  3oo  francs  au  plus  de  pension.  Le  directeur  jouit  de
2000  à  2600  francs  de  traitement,  et  les  professeurs  ont  de  1000  A  1/400  fr.
Les  études  et  les  travaux  sont  répartis  ainsi  qu’il  suit  :
En  été,  de  quatre  heures  et  demie  à  six  heures  et  demie,  prière,  leçon,
ordre  du  jour;  de  six  heures  et  demie  A  onze  heures,  travail  aux  champs;  de
onze  heures  A  midi,  leçon;  de  midi  A  une  heure  dîner,  récréation;  de  une  heure
A  cinq  heures,  travail  ;  de  cinq  heures  A  sept  heures,  leçon  ou  travail  libre  dans
la  chambre;  de  sept  heures  A  neuf  heures,  souper,  journal;  de  neuf  heures  A
neuf  heures  et  demie,  prière.
En  hiver,  on  ne  se  lève  qu’à  six  heures.
On  a  donc,  en  été,  huit  heures  de  travail  manuel  et  cinq  heures  de
leçons.
En  hiver,  on  n’a  que  six  heures  de  travail  manuel  et  cinq  heures  de
leçons.
Bibliothèque  et  collections.  —  Les  élèves  et  les  professeurs  des  établissements ­
  d’enseignement  supérieur  peuvent  profiter  de  la  bibliothèque  cantonale,
pour  laquelle  le  canton  paye  une  subvention  annuelle  de  5ooo  francs.
Pour  l’entretien  et  l’augmentation  des  collections,  des  cabinets  d’appareils  et
du  jardin  botanique,  il  est  ouvert  un  crédit  de  1  /1000  francs.
Subventions.—Chaque  année,  il  est  ouvert  un  crédit  de  12000  francs  en
faveur  des  jeunes  gens  pauvres,  mais  qui  se  distinguent  par  le  talent  et  la
bonne  conduite.
ÉTABLISSEMENTS  D’ENSEIGNEMENT  QUI  NE  RENTRENT  PAS  DANS  LE  PLAN
D’ORGANISATION  GÉNÉRALE.
Ces  établissements,  s’ils  sont  fondés  par  des  corporations  ou  par  des  communes, ­
  ou  bien  si,  fondés  par  des  particuliers,  ils  prétendent  à  des  subventions
de  l’Etat  ou  des  communes,  sont  également  soumis  à  l’approbation  du  conseil
        <pb n="348" />
        —  340

d’éducation,  tant  pour  ie  plan  d’organisation  que  pour  le  choix  du  personnel
enseignant,  et  restent  placés  sous  sa  surveillance.
DE  L’ENSEIGNEMENT  PRIVE.
L’enseignement  privé  n’est  soumis  à  d’autre  réglementation  que  la  suivante  :
Une  autorisation  spéciale  du  conseil  d’éducation  est  nécessaire,  après  examen
et  approbation  des  plans  et  des  dispositions,  pour  tout  établissement  d’enseignement ­
  ou  d’éducation  privée,  y  compris  les  établissements  de  secours  pour
les  enfants  abandonnés,  les  écoles  du  dimanche,  les  salles  d’asile,  etc.
Les  établissements  privés  destinés  à  remplacer  les  écoles  primaires,  doivent
donner  un  enseignement  équivalent.
Ils  sont  soumis  à  l’inspection  du  conseil  d’éducation  ou  des  délégués.
Dans  le  cas  où  il  se  produirait  des  abus  spéciaux  dans  un  établissement,  le
conseil  d’éducation  a  le  droit  d’y  interdire  l’enseignement.
Le  conseil  cantonal  peut  accorder  des  subventions  à  des  établissements  privés, ­
  s’ils  répondent  à  un  besoin  réel,  et  surtout  s’ils  ont  en  vue  le  perfectionnement ­
  des  élèves  sortant  des  écoles  primaires  :  il  ouvre  alors  un  crédit  spécial.
ÉCOLE  POLYTECHNIQUE.
Par  une  loi,  en  date  du  y  février  i854,  le  conseil  fédéral,  après  avoir  entendu ­
  le  rapport  d’une  commission  nommée  dans  son  sein  pour  préparer  un
projet  d’organisation  d’une  école  polytechnique  pour  toute  la  Confédération,  a
décrété  cette  création  dans  les  termes  suivants  :
CHAPITRE  PREMIER.
DISPOSITIONS  GÉNÉRALES.
Article  premier.  Il  est  créé  une  école  polytechnique  à  Zurich.
Art.  2.  Elle  a  pour  but  de  former  par  les  études  théoriques,  et  autant  que
possible  par  les  travaux  pratiques,  des  hommes  qui  puissent  se  vouer:  i°  à
l’architecture  et  à  l’art  de  bâtir,  2°  à  la  construction  des  ponts  et  des  chaussées, ­
  des  chemins  de  fer  et  des  travaux  hydrauliques;  3°  à  la  mécanique  industi
  ¡elle;  4°  â  la  chimie  industrielle;  5°  à  la  sylviculture,  en  prenant  toujours
«‘il  considération  les  besoins  particuliers  de  la  Suisse.
Des  branches  d’enseignement  dans  la  philosophie  et  dans  les  sciences  politiques ­
  sont  jointes  h  l’école  polytechnique.  Ce  sont  en  particulier  les  langues
modernes,  les  mathématiques,  les  sciences  naturelles,  l’histoire  politique  et
artistique,  le  droit  public  suisse  et  l’économie  politique.
        <pb n="349" />
        L’école  polytechnique  peut  aussi  servir  à  former  des  professeurs  pour  les
institutions  d’enseignement  technique.
Art.  3.  L’enseignement  de  l’école  polytechnique  commence  au  point  où  se
sont  arrêtés  les  élèves  de  la  plupart  des  écoles  cantonales  et  industrielles.
Art.  h.  La  liberté  d’enseignement  est  reconnue  dans  l’établissement.  Les
cours  sont  donnés  par  les  professeurs  à  leur  choix,  soit  en  allemand,  soit  en
français,  soit  en  italien.
Art.  5.  La  dépense  totale  et  annuelle  que  l’établissement  occasionnera  à  la
Confédération  ne  doit  pas  dépasser  i  5oooo  francs.  (Ce  chiffre  a  été  plus  tard
élevé  à  gSoooo  francs.)
Art.  6.  Il  est  créé  un  fonds  pour  cet  établissement.  Dans  le  cas  où  le  budget
des  recettes  et  des  dépenses  renfermerait  un  article  pour  cet  établissement,  la
caisse  fédérale  versera  chaque  année,  depuis  l’ouverture  de  l’établissement,
une  somme  correspondante  à  celle  qui  est  portée  au  budget  dans  le  fonds  susmentionné. ­
  L’assemblée  fédérale,  prenant  en  considération  l’état  du  compte
annuel,  peut  décréter  des  subsides  pour  ce  fonds.
Les  donations  et  les  legs  qui  sont  faits  à  l’établissement  sont  portes  au  fonds
de  l’école.  Les  donations  et  legs  qui  ne  sont  pas  faits  d’une  manière  générale,
mais  avec  une  destination  spéciale,  seront  gérés  séparément.
CHAPITRE  11.
DES  ÉLÈVES.
Art.  7.  Le  règlement  fixera  les  conditions  qu’il  faudra  remplir  pour  être
admis  à  l’école  polytechnique,  de  même  que  les  branches  d’enseignement  obligatoires. ­
  La  fréquentation  des  cours  donnés  sur  d’autres  branches  est  accordée
à  tous  ceux  qui  sont  porteurs  d’un  certificat  de  moralité,  moyennant  une  rétribution ­
  qui  sera  déterminée  par  le  règlement.
Art.  8.  Tous  ceux  qui  suivent  les  cours  sont  soumis  à  la  police  de  l’établissement. ­

Art.  9.  Les  élèves  les  plus  avancés  de  l’école  polytechnique  devront,  autant
que  possible,  être  mis  à  même  de  connaître  et  d’étudier,  pour  leur  instruction
pratique,  les  constructions,  ateliers  et  établissements  industriels  importants  »
au  point  de  vue  de  la  profession  à  laquelle  ils  veulent  se  préparer  dans  l’école
polytechnique.
Art.  10.  Dans  le  but  d’exciter  et  de  développer  l’activité  scientifique  et
d’encourager  les  élèves  au  travail,  il  sera  alloué  périodiquement  des  prix  pour
ia  solution  de  questions  proposées.
        <pb n="350" />
        Art.  11.  Les  élèves  de  l’établissement  auront  la  l'acuité  d’être  admis  aux
examens  nécessaires  dans  les  dille  rentes  branches  d’enseignement.
Art.  12.  Des  élèves  montrant  de  l’aptitude,  mais  dépourvus  de  fortune,
peuvent  être  dispensés  des  émoluments  pour  les  cours  des  professeurs  salariés,
ainsi  que  du  payement  des  rétributions.
CHAPITRE  III.
DU  CORPS  ENSEIGNANT.
Art.  13.  Les  professeurs  reçoivent  en  principe  un  traitement  fixe.  Néanmoins, ­
  le  titre  de  professeur  peut  être  accordé  sans  qu’un  traitement  soit  en
même  temps  fixé.
Art.  14.  La  permission  de  donner  des  cours  sur  des  branches  spéciales
peut  aussi  être  accordée  à  ceux  qui,  par  des  publications  ou  par  un  enseignement ­
  sur  la  matière,  ou  à  leur  défaut  par  un  examen  spécial,  auront  donné
des  preuves  suffisantes  de  leur  capacité.
Ces  membres  du  corps  enseignant  portent  le  titre  de  professeurs  agrégés.
Les  agrégés  ne  reçoivent  pas  de  traitement  fixe.
Il  peut  être  accordé  des  gratifications  à  ceux  qui,  par  leur  cours,  remplissent
une  lacune  dans  l’enseignement,  ou  qui,  par  leurs  talents  distingués,  se  créent
dans  l’établissement  une  notoriété  scientifique.
Art.  15.  Les  professeurs  sont,  en  principe,  nommés  pour  dix  ans;  cette
nomination  peut,  exceptionnellement,  être  à  vie.
Art.  16.  Le  libre  usage  des  collections,  des  bibliothèques  et  des  laboratoires ­
  est  assuré,  autant  que  possible,  à  tous  les  membres  du  corps  enseignant,
sous  les  conditions  fixées  par  le  règlement.
Art.  17.  Le  règlement  fixera  ultérieurement  les  dispositions  nécessaires
concernant  l’organisation  du  corps  enseignant,  pour  ce  qui  a  rapport  aux
cours  qui  seront  donnés,  aux  examens  qui  seront  établis,  au  maintien  de  la
discipline  parmi  les  élèves,  etc.
CHAPITRE  IV.
DU  CONSEIL  FÉDÉRAL  COMME  AUTORITE  SUPERIEURE  DE  L’ÉTABLISSEMENT,  ET  DU  CONSEIL
DE  L’ÉCOLE.
Art.  18.  Le  Conseil  fédéral  est  l’autorité  directoriale  et  exécutrice  supérieure ­
  de  rétablissement.
Art.  19.  Au-dessous  du  Conseil  fédéral  est  un  conseil  de  l’école,  chargé  de
la  direction  et  de  la  surveillance  immédiate  de  l’établissement.
        <pb n="351" />
        343  —

Art.  20.  Le  conseil  de  l’école  se  compose  d’un  président  et  de  quatre
membres.  11  sera  nommé,  en  outre,  trois  suppléants  pour  ces  derniers.
Le  conseil  de  l’école  et  ses  suppléants  sont  élus  par  le  Conseil  fédéral  parmi
tous  les  citoyens  suisses  électeurs  au  Conseil  national.
Il  ne  peut  y  avoir  parmi  les  membres  du  conseil  de  l'école  deux  ou  plusieurs
citoyens  d’un  même  canton.
Art.  21.  La  durée  des  fonctions  d’un  membre  du  conseil  de  l’école  et  d’un
suppléant  est  de  cinq  ans.
Art.  22.  Les  parents  et  alliés  en  ligne  ascendante  et  descendante,  et  les
parents  et  alliés  en  ligne  collatérale  jusqu’au  degré  de  cousin  germain  inclusivement, ­
  de  même  que  les  beaux-frères,  ne  peuvent  pas  être  en  même  temps
membres  du  conseil  de  l’école.
Art.  23.  Le  conseil  de  l’école  ne  peut  délibérer  que  lorsqu’il  y  a  au  moins
trois  membres  présents.
Art.  24.  Le  conseil  de  l’école  tient  ses  séances  à  Zurich;  c’est  aussi  dans
cette  ville  que  le  président  doit  avoir  son  domicile.
Art.  25.  Le  président  du  conseil  de  l’école  reçoit  un  traitement  de
45oo  francs.
Les  membres  du  conseil  reçoivent  une  indemnité  fixe  par  jour  et  le  remboursement ­
  de  leurs  (rais  de  voyage.
Art.  26.  Le  secrétaire  du  conseil  de  l’école  est  nommé  pour  cinq  ans  palle ­
  conseil,  immédiatement  après  son  renouvellement  intégral.  Il  remplit  aussi
les  fonctions  de  secrétaire  du  président  du  conseil.  Il  doit  avoir  son  domicile
à  Zurich.
Il  reçoit  un  traitement  fixe  qui,  selon  les  circonstances,  peut  être  porté  jusqu’à ­
  3ooo  francs,  et  qui  est  fixé  chaque  fois  par  le  conseil  de  l’école.
Art.  27.  Le  Conseil  fédéral  prendra  les  dispositions  nécessaires  pour  la
gestion.de  la  caisse  de  l’établissement,  ainsi  que  pour  l’administration  de  ses
fonds.
Art.  28.  Le  Conseil  fédéral  devra,  pour  toutes  les  décisions  importantes
qu’il  prendra  relativement  à  l’établissement,  demander  un  préavis  au  conseil  de
l’école;  le  conseil  de  l’école  demandera  aussi  un  préavis  au  corps  enseignant  »
ou,  le  cas  échéant,  à  une  section  de  ce  corps,  pour  les  dispositions  importantes
et  permanentes  à  arrêter  sur  la  marche  de  1  enseignement  et  sur  la  discipline
dans  l’établissement.
Art.  29.  Le  Conseil  fédéral  fait,  sur  la  proposition  du  conseil  de  l’école
        <pb n="352" />
        les  règlements  importants  que  réclame  l’exécution  des  lois  et  des  décrets  de
l’Assemblée  fédérale  sur  l’établissement.
Art.  30.  Le  Conseil  fédéral,  sur  le  rapport  et  les  propositions  du  conseil  de
l'école,  nomme  les  professeurs  et  les  adjoints,  fixe  leurs  traitements,  et  statue
sur  les  gratifications  à  accorder  à  des  membres  du  corps  enseignant.
Le  Conseil  fédéral  ne  peut  nommer  aucun  professeur  ou  adjoint  avant  d’avoir
reçu  le  préavis  du  conseil  de  l’école.
Art.  31.  Le  Conseil  fédéral,  sur  la  proposition  du  conseil  de  l’école,  statue
sur  les  demandes  en  démission  des  professeurs.
Art.  32.  Le  Conseil  fédéral,  sur  la  proposition  du  conseil  de  l’école,  peut,
à  leur  demande  ou  même  sans  demande  de  leur  part,  mettre  à  la  retraite  des
professeurs  nommés  à  vie,  qui,  par  une  cause  indépendante  de  leur  volonté,
telle  que  l’âge,  la  maladie,  etc.  se  trouveraient  d’une  manière  permanente  hors
d’état  de  remplir  convenablement  leurs  fonctions.
Dans  ce  cas,  un  professeur  salarié  conservera  une  partie  de  son  traitement
comme  pension  de  retraite.
Art.  33.  Le  Conseil  fédéral  peut,  sur  la  proposition  motivée  du  conseil  de
l’école,  révoquer  les  professeurs  qui  auraient  manqué  si  gravement  aux  devoirs ­
  de  leurs  fonctions,  ou  dont  la  conduite  en  général  serait  telle,  que  leur
maintien  dans  le  professorat  paraîtrait  incompatible  avec  le  bien  de  l’établissement. ­

Le  conseil  de  l’école  ne  peut  prendre  de  décisions  de  cette  nature  qu’à  la
majorité  absolue  de  tous  ses  membres;  quant  au  Conseil  fédéral,  il  appliquera
l’article  38  de  la  loi  du  9  décembre  i85o  sur  la  responsabilité  des  autorités  et
des  fonctionnaires  de  la  Confédération.
Art.  34.  Le  règlement  déterminera  le  montant  des  sommes  dont  le  Conseil
fédéral,  d’une  part,  et  le  conseil  de  l’école,  de  l’autre,  pourront  disposer  sur
les  crédits  alloués  pour  l’établissement.
Art.  35.  Le  Conseil  fédéral  présentera  à  l’Assemblée  fédérale,  sur  le  préavis ­
  du  conseil  de  l’école,  le  projet  de  budget  pour  l’établissement,  comme  une
section  du  projet  de  budget  général  des  recettes  et  des  dépenses  pour  la  Confédération. ­

Art.  36.  Sur  la  proposition  du  conseil  de  l’école,  le  Conseil  fédéral  statue
dans  sa  compétence  sur  tous  les  comptes  annuels  relatifs  à  l’établissement.
Art.  37.  Sur  la  proposition  du  conseil  de  l’école,  le  Conseil  fédéral  statue
sur  l’acceptation  des  donations  ou  des  legs  faits  à  l’établissement  avec  une  des
tination  spéciale.
        <pb n="353" />
        44

un

—  345  —
Art.  38.  Le  conseil  de  l’école  présente  chaque  année  au  Conseil  fédéral
rapport  sur  la  marche  de  ¡’établissement.
Art.  39.  Lorsque  le  conseil  de  l’école  n’est  pas  rassemblé,  son  président
pourvoit  aux  affaires  courantes.
Le  règlement  déterminera  sa  compétence  à  cet  égard.
CHAPITRE  V.
Dll  SIEGE  DE  L’ETABLISSEMENT.
Art.  40.  Le  canton  et  la  ville  de  Zurich  doivent  remplir  les  obligations
suivantes  :
i°  Mettre  les  collections  scientifiques  qui  leur  appartiennent  gratuitement
à  la  disposition  de  l’établissement  fédéral  et  pour  son  libre  usage;
*2°  Contribuer  de  tout  leur  pouvoir  à  conférer  à  l’établissement  le  droit
d’user  librement  des  collections  scientifiques  qui  seraient  possédées  par  des
corporations  ou  sociétés;
3°  Mettre  des  forêts  à  la  disposition  de  l’école  des  forêts;
4°  Mettre  gratuitement  à  la  disposition  de  l’établissement  un  jardin  botanique ­
  que  le  Conseil  fédéral  aura  reconnu  comme  suffisant;
5°  Mettre  à  la  disposition  de  ¡’établissement  les  bâtiments  nécessaires,  les
disposer  convenablement  et  les  entretenir;  le  tout  gratuitement  et  d’accord  avec
le  Conseil  fédéral  :
ï 0  Pour  le  conseil  de  l’école;
2°  Pour  les  réunions  du  corps  enseignant  et  de  ses  sections;
3°  Pour  la  célébration  des  solennités  de  ¡’établissement;
4°  Pour  la  tenue  des  cours;
5°  Pour  les  divers  travaux  des  élèves  de  l’école  polytechnique;
6°  Pour  les  laboratoires  de  physique  et  de  chimie;
7°  Pour  la  bibliothèque;
8°  Pour  toutes  les  collections  et  tous  les  instruments;
9°  Pour  des  ateliers  destinés  à  servir  aux  exercices  pratiques  des  élèves  de
l’école  polytechnique,  lorsque  cela  serait  jugé  nécessaire;
io°  Pour  le  service  de  l’établissement.
6°  Veiller  à  ce  que  les  emplacements  nécessaires  pour  les  exercices  corporels
puissent  être  utilisés  gratuitement  par  l’établissement;
7°  Fournir  à  la  Confédération  une  contribution  annuelle  de  16000  francs
pour  les  dépenses  de  ¡’établissement.
Art.  41.  Les  fonctionnaires,  les  membres  du  corps  enseignant  et  les  em-
        <pb n="354" />
        pioyés  sont,  à  l’égard  des  lois  et  des  autorités  du  canton  où  est  le  siège  de  l’établissement, ­
  dans  la  même  position  que  les  autres  fonctionnaires  fédéraux.
Art.  Ù2.  Les  élèves  n’ont  aucun  privilège  en  matière  de  juridiction.
Les  prescriptions  en  matière  de  discipline  à  établir  pour  les  élèves  émanent
des  autorités  de  l’établissement,  et  toute  violation  de  ces  prescriptions  sera
punie  exclusivement  par  elle.
RAPPORT  DE  LA  COMMISSION  DU  CONSEIL  FÉDÉRAL.
Le  rapport  de  la  commission  contient  des  vues  trop  élevées  et  trop  directement ­
  applicables  aux  questions  qui  préoccupent  en  ce  moment  le  Gouvernement ­
  de  la  France  pour  que  nous  ne  croyons  pas  utile  d’en  reproduire  ici  au
moins  quelques  fragments.
Il  commence  par  déclarer  que  cet  enseignement  a  été  organisé  «  en  prenant
«tout  particulièrement  en  considération  l’état  de  l’industrie  en  Suisse,  les
«besoins  de  cette  industrie,  et  l’importance  toujours  croissante  que  les  sciences
«naturelles  et  mathématiques  acquièrent  de  jour  en  jour  dans  les  étabîisse-«
  ments  analogues.  »
La  commission  admettant  pour  point  de  départ  de  l’enseignement  de  l’école
polytechnique  celui  que  les  élèves  peuvent  recevoir  dans  les  écoles  industrielles ­
  d’Aarau,  de  Zurich,  de  Saint-Gall,  de  Winterthur  et  de  Neufchâtel,
avait  cru  pouvoir  repousser  d’abord  l’idée  d’organiser  à  l’école  polytechnique
même  des  cours  préparatoires  destinés  à  amener  à  un  degré  uniforme  d’instruction ­
  les  élèves  qui  se  proposaient  de  suivre  les  cours  des  grandes  divisions
de  l’établissement.
Cependant,  les  cours  préparatoires,  établis  dès  l’origine  comme  moyen
transitoire,  ont  duré  jusqu’è  ce  jour,  et  ils  ont  été  réglementés  par  le  conseil
de  l’école,  à  la  date  du  16  mars  1859,  ainsi  qu’il  suit  :
RÈGLEMENT  CONCERNANT  LE  COURS  PRÉPARATOIRE  DE  MATHÉMATIQUES.
Bat  du  cours  préparatoire.  —  Art.  1 er .  Il  sera  organisé  à  l’école  polytechnique
fédérale  un  cours  préparatoire  d’une  année  pour  les  élèves  que  le  défaut  de
connaissances  élémentaires  ou  des  difficultés  de  langage  empêcheraient  d’être
immédiatement  admis  dans  la  division  qu’ils  se  proposent  de  suivre.
Objets  d’enseignement.  —  Art.  2.  Le  cours  préparatoire  comprendra  les
branches  d’enseignement  ci-après,  savoir  :  les  mathématiques,  en  langue  allemande ­
  et  française;  —  la  mécanique;  —la  géométrie  descriptive;  —  la  physique ­
  expérimentale;  —  la  géométrie  appliquée;  ——  le  dessin;  —-  les  langues
allemande  et  française.
        <pb n="355" />
        44  •

—  347

Étendue  de  Venseignement.  —  Art.  3.  L’enseignement  dans  les  branches  indiquées ­
  doit  atteindre  le  degré  du  programme  d’admission  pour  les  ingénieurs
et  les  mécaniciens  (2 e  et  3 e  division).
Durée  de  l’enseignement.  —  Art.  4.  L’enseignement  des  mathématiques,  de
la  physique  expérimentale,  des  langues  allemande  et  française  et  du  dessin
sera  donné  pendant  toute  la  durée  du  cours.  Pour  les  branches  mentionnées  à
l’article  3,  l’enseignement  peut  être  restreint  à  six  mois.
Ouverture  et  clôture  du  cours  préparatoire.  —  Art.  5.  Le  cours  préparatoire
commence  et  finit  avec  l’année  scolaire  de  l’école  polytechnique.  Les  vacances
sont  les  mêmes  que  celles  des  diverses  divisions  de  l’école.
Epoque  et  mode  de  l’admission  des  élèves.  —  Art.  6.  L’admission  régulière  des
élèves  a  lieu  en  octobre  chaque  année.  Des  élèves  peuvent  aussi  être  admis
exceptionnellement  au  commencement  du  deuxième  semestre.
Conditions  de  présentation  et  d’admission.  —  Le  programme  annuel  de  l’école
polytechnique  fera  connaître  chaque  fois  l’époque  de  la  présentation  pour  l’admission ­
  au  cours  préparatoire.  Les  aspirants  devront  adresser,  pour  cette
époque,  au  secrétariat  de  l’école  polytechnique,  pour  être  remises  au  directeur,
les  pièces  suivantes  :
i°  Une  lettre  de  présentation  avec  une  déclaration  indiquant  la  branche
d’études  dans  laquelle  l’aspirant  désire  être  admis  après  avoir  suivi  le  cours
préparatoire.  Outre  la  signature  de  l’aspirant,  cette  lettre  devra  porter  aussi  la
signature  du  père  ou  du  tuteur  ;
2 0  Un  certificat  régulier  de  sortie,  si  l’élève  vient  d’une  école  préparatoire
cantonale;
3°  L’attestation  authentique  de  l’âge  de  dix-sept  ans  révolus  ;
4°  Un  certificat  de  bonnes  mœurs,  ainsi  que  des  attestations  sur  les  études
antérieures  ou  les  travaux  pratiques  du  candidat.
Connaissances  préliminaires  exigées  et  examen  d’admission.  —  Art.  8.  Les  aspirants ­
  qui  satisfont  aux  conditions  énumérées  à  l’article  précédent  seront  admis
au  cours  préparatoire  sans  autre  examen,  s’ils  produisent  des  certificats  régu
tiers  de  sortie  de  la  dernière  classe  d’écoles  industrielles  ou  gymnases  suisses
dont  l’organisation  offre  des  garanties  suffisantes.
En  ce  qui  concerne  les  aspirants  qui  ont  subi  un  examen  d’admission  pour
une  branche  spéciale,  mais  qui  n’ont  pas  été  trouvés  suffisamment  préparés,  le
rapport  que  les  examinateurs  pour  les  branches  spéciales  feront  sur  la  question
de  l’admission  au  cours  préparatoire  sera  considéré  connue  décisif.
Tous  les  autres  aspirants  qui  n’appartiennent  pas  à  l’une  de  ces  deux  catégo-
        <pb n="356" />
        368

ries,  notamment  les  étrangers  ou  les  Suisses  sortant  de  la  pratique  à  un  âge
plus  avancé,  devront  justifier,  dans  un  examen,  des  connaissances  suivantes,
déterminées  comme  degré  minimum  d’instruction.
Langues.  —  S’exprimer  avec  facilité  et  sûreté,  soit  oralement,  soit  par  écrit,
dans  l’une  des  trois  langues  nationales  de  la  Suisse.
Quelques  connaissances  élémentaires  dans  celle  des  deux  langues,  allemande
ou  française,  qui  n’est  pas  la  langue  maternelle  de  l’aspirant.  Les  aspirants  dont
la  langue  maternelle  est  l’italien,  doivent  avoir  une  connaissance  plus  étendue
de  l’allemand  ou  du  français,  de  manière  à  pouvoir,  dès  le  commencement,
suivre  avec  fruit  l’enseignement  en  français  ou  en  allemand.
Arithmétique  et  algèbre.  —  Les  six  opérations  arithmétiques  ,  avec  de^
nombres  entiers  et  des  fractions,  et  des  expressions  algébriques.
Les  rapports  et  les  proportions  algébriques  et  géométriques.
Facilité  et  sûreté  dans  le  calcul  et  la  solution  numérique  de  problèmes
d’arithmétique.
Quelque  connaissance  des  logarithmes.
Les  équations  du  premier  degré  à  une  inconnue.
Géométrie.  —  Les  éléments  de  la  planimétrie  et  de  la  stéréométrie.
Ecolages.  —  Les  élèves  du  cours  préparatoire  ont  à  acquitter,  lors  de  leur
admission,  une  rétribution  scolaire  (écoiage)  de  100  francs.  Les  élèves  distingués, ­
  s’ils  sont  sans  fortune,  pourront  être  exemptés  de  cette  rétribution.
Direction  du  cours  préparatoire.  —  Art.  10.  Le  conseil  de  l’école  nomme,
parmi  les  professeurs  du  cours  préparatoire,  un  principal  auquel  est  spécialement ­
  confiée  la  direction  de  la  classe.  La  classe  comprenant  deux  divisions
(divisions  allemande  et  française),  il  peut  être  adjoint  au  principal  un  second
professeur  du  cours  préparatoire  pour  la  surveillance  immédiate  des  études
des  élèves.
Conférence  des  professeurs.  —  Art.  11.  La  conférence  de  tous  les  professeurs
du  cours  préparatoire,  sous  la  direction  du  principal,  a  pour  mission  de  discuter ­
  le  plan  d’études  pour  chaque  semestre,  de  proposer  des  modifications  de
tout  genre  dans  l’organisation  du  cours  préparatoire,  ainsi  que  de  diriger  et  de
surveiller  la  classe  en  général.  Elle  communique  ses  propositions  au  directeur
de  l’école,  qui  les  transmet  au  président  du  conseil  de  l’école.
Art.  12.  La  conférence  se  réunit  deux  fois  au  moins  par  semestre;  elle  se
renseigne  sur  l’application  cl  les  progrès  de  chaque  élève;  elle  fait  de  son  chef
les  admonitions  qui  pourraient  être  nécessaires,  ou  renvoie  le  cas  au  principal,
au  directeur  de  l’établissement  ou  au  président  du  conseil  de  l’école.
        <pb n="357" />
        Art.  13.  Le  directeur  de  l'école  polytechnique  occupe  une  position  intermédiaire ­
  entre  la  conférence  et  le  principal  de  la  classe  préparatoire  d’une
part,  et  le  conseil  de  l’école  ou  son  président  d’autre  part;  il  a  voix  consultative ­
  et  donne  des  préavis.
Art.  14.  Surveillance  et  discipline.  —  Le  conseil  de  l’école  suisse,  ou  en  son
absence  le  président,  exerce  une  surveillance  et  une  inspection  actives  sur  la
marche  de  l’enseignement  dans  le  cours  préparatoire  en  général;  il  fixe  les
plans  d’études  et  y  apporte  les  modifications  nécessaires  pour  tel  ou  tel  élève;
il  décide  toutes  les  questions  d’organisation  et  de  discipline  en  conformité  du
règlement  général  de  l’école  polytechnique.
Art.  15.  Le  plan  général  des  leçons  est  obligatoire  pour  tous  les  élèves.
Néanmoins,  dans  le  cas  où  des  circonstances  particulières  et  un  but  spécial
justifieraient  des  dérogations  à  cette  règle,  le  principal  de  la  classe  accordera
des  modifications  sur  la  demande  des  élèves  ou  de  leurs  parents  ou  tuteurs.
Ces  modifications  seront  soumises  à  l’approbation  du  directeur  et  du  président
du  conseil  de  l’école  avant  le  commencement  de  chaque  semestre.
Art.  16.  La  fréquentation  des  cours  est  obligatoire  pour  les  élèves.  L’assiduité ­
  et  le  progrès  des  élèves  seront  rigoureusement  contrôlés  par  des  répétitions ­
  et  des  examens  fréquents,  et  par  des  travaux  de  concours  qui  auront  lieu
au  moins  une  fois  par  mois.
Art.  17.  Les  absences  non  justifiées,  la  négligence  dans  la  fréquentation  de
l’école  et  le  défaut  d’application  eu  général,  ainsi  que  les  infractions  à  la  discipline ­
  (dans  l’école  et  au  dehors)  entraîneront  des  admonitions  à  l’élève,  qui
pourra  même,  dans  les  cas  graves  ou  en  cas  de  récidive,  être  renvoyé  de
1  école.
Promotions  aux  diverses  divisions  de  l’école.  —  Art.  18.  Seront  promus  du
cours  préparatoire  aux  diverses  divisions  de  l’école  tous  ceux  qui  auront  entièrement ­
  satisfait,  dans  un  examen,  aux  conditions  d’admission  exigées  par  le
programme.
Art.  19.  Le  cours  préparatoire  n’ayant  point  pour  but  de  donner  une  éducation ­
  complète,  mais  étant  destiné  exclusivement  aux  élèves  quise  préparent
pour  entrer  à  l’école  polytechnique,  et  qui  devront  en  faire  la  déclaration
expresse  lors  de  leur  admission  au  cours,  il  ne  leur  sera  délivré  à  la  sortie
aucun  certificat  d’études.
Zurich,  le  16  mars  i85g.
PROGRAMME  D’ADMISSION.
Pour  l’admission  dans  les  cinq  divisions  techniques  de  l’école,  des  conditions
        <pb n="358" />
        —  350  —

d’instruction  préalable  étant  indispensables,  elles  ont  été  fixées  par  le  programme ­
  suivant,  arrêté  aussi  par  le  conseil  de  l’école  le  16  mars  1859.
LIEU  DE  L’EXAMEN  D’ADMISSION.  EXAMINATEURS.
Article  premier.  Il  sera  ouvert  annuellement  à  Zurich  des  examens  d’admission ­
  au  cours  de  première  année  de  chacune  des  divisions  de  l’école  polytechnique ­
  fédérale.  Les  examinateurs  sont  pris  parmi  les  professeurs  de  l’école
et  présidés  par  le  directeur  de  l’établissement.  Le  président  du  conseil  de  l’école
peut  autoriser,  par  exception,  la  tenue  d’examens  d’admission  au  cours  de
première  année  dans  d’autres  villes  que  Zurich;  en  ce  cas,  il  nomme  une  commission ­
  d’examen,  qui  a  la  faculté  de  s’adjoindre  au  besoin  sur  les  lieux  des
experts  impartiaux.
PIÈCES  X  PRODUIRE.
Art.  2.  Tout  candidat  à  l’admission,  comme  élève  régulier,  à  l’école  polytechnique ­
  fédérale,  doit  envoyer  au  secrétariat  du  conseil  de  l’école  suisse,,
dans  le  délai  prescrit,  les  pièces  suivantes  :
i°  Une  demande  par  écrit  qui  doit  contenir  le  nom  et  le  lieu  de  naissance
du  candidat,  la  désignation  de  la  profession  à  laquelle  il  se  destine,  celle  de  la
division  où  il  veut  entrer,  et  la  signature  de  son  père  ou  de  son  tuteur;
2°  Un  certificat  authentique  de  son  âge;  läge  de  dix-sept  ans  étant  régulièrement ­
  requis  comme  condition  d’admission  à  l’examen;
3°  Un  certificat  de  bonnes  vie  et  mœurs,  et  une  attestation  relative  à  ses
études  antérieures.
Sur  le  dépôt  de  ces  pièces,  le  candidat  est  autorisé  à  subir  son  examen.
délibération  sur  les  admissions.
Art.  3.  Immédiatement  après  la  clôture  des  épreuves  d  admission,  les  examinateurs ­
  et  les  principaux  de  chaque  division  se  réunissent  en  conférence
generale,  afin  d’arrêter  et  de  soumettre  au  conseil  de  l’école  ou  au  président
de  ce  conseil  les  propositions  d’admission  ou  de  rejet  de  chacun  des  jeunes  gens
examinés.  A  cet  effet,  la  conférence  doit  prendre  en  considération  les  résultats
des  épreuves  ,  la  valeur  des  certificats  d’études  produits  par  les  candidats,  et  le
mérite  des  travaux  (dessins,  etc.)  qu’ils  ont  exécutés.
Le  président  du  conseil  de  l’école  assiste  à  cette  délibération.
DÉCISIONS  SUR  les  ADMISSIONS.
Art.  4.  Le  conseil  de  l’école,  en  son  absence  le  président,  après  avoir  exa-
        <pb n="359" />
        miné  et  pesé  les  propositions  de  la  conférence,  ainsi  que  toutes  les  pièces
d’épreuve  qui  y  ont  trait,  prononce  définitivement  sur  l’admission  ou  le  rejet  de
chacun  des  candidats.
PROMULGATION  DES  DECISIONS.
Art.  5.  Cette  décision  prise,  le  directeur  proclame,  devant  une  assemblée
publique  des  professeurs  et  des  étudiants,  les  noms  des  élèves  réguliers  nouvellement ­
  admis  dans  les  différentes  divisions  de  l’école  polytechnique,  et  il
annonce  en  même  temps,  au  nom  du  conseil  de  l’école,  l’ouverture  de  la  nouvelle ­
  année  scolaire.
CONDITIONS  GÉNÉRALES  D’ADMISSION.
Art.  6.  Les  épreuves  suivantes  sont  exigées  dans  l’examen  mentionné  article ­
  I cr  :
i°  Le  candidat  doit  rédiger  dans  sa  langue  maternelle  une  composition  sur
un  sujet  proposé  ;
2°  Il  est  tenu  de  justifier  qu’il  possède,  dans  les  langues  où  il  devra  recevoir ­
  un  enseignement  obligatoire,  les  connaissances  nécessaires  pour  suivre
les  leçons;
3°  Il  doit,  en  outre,  subir,  selon  la  division  où  il  se  propose  d’entrer,  un
examen  sur  les  matières  contenues  dans  le  programme  suivant.
CONDITIONS  SPÉCIALES  D’ADMISSION.

PREMIÈRE  DIVISION.
ÉCOLE  D’ARCHITECTURE.

I e  Arithmétique  et  algèbre.
Les  six  opérations  arithmétiques  :  l’addition,  la  soustraction,  la  multiplication, ­
  la  division,  la  formation  des  puissances  et  l’extraction  des  racines,  avec
des  nombres  entiers  et  des  expressions  algébriques.
Caractères  de  la  divisibilité;  recherche  du  plus  grand  commun  diviseur  et
du  plus  petit  commun  multiple  de  plusieurs  nombres  ou  expressions  algébriques. ­

Fractions  ordinaires  et  décimales  et  les  six  opérations  decimales  sur  ces  fractions. ­

Équations  du  premier  degré  à  une  ou  plusieurs  inconnues;  équations  indéterminées ­
  du  premier  degré;  équations  du  second  degré  à  une  inconnue.
        <pb n="360" />
        Rapports  et  proportions  arithmétiques  et  géométriques.  *
Fractions  continues.
Logarithmes  et  leur  application  au  calcul  d’expressions  numériques  composées. ­

2°  Géométrie.
A.  GÉOMÉTRIE  PLANE.
Triangles  plans;  droites  parallèles  et  perpendiculaires;  principes  fondamentaux ­
  des  transversales;  quadrilatères  et  polygones;  cercles.
B.  GÉOMÉTRIE  DE  L’ESPACE.
Droites  parallèles  ou  se  coupant  dans  l’espace  ;  droites  perpendiculaires,
parallèles  ou  obliques  à  un  plan.
Plans  parallèles  et  plans  qui  se  coupent;  angle  formé  par  l’intersection  de
ces  plans  et  sa  mesure.
Définition  des  projections  et  des  coordonnées  dans  l’espace.
Prismes,  pyramides,  cylindres,  cônes  et  sphères,  et  leur  calcul.
C.  TRIGONOMÉTRIE.
Eléments  de  la  trigonométrie  plane.  —  Il  sera  attaché  une  grande  importance
à  la  solution  prompte  et  exacte  de  problèmes  numériques  sur  toutes  les  parties
de  l’arithmétique,  de  l’algèbre  et  de  la  géométrie,  ainsi  qu’à  la  résolution  tri
gonométrique  des  triangles  à  l’aide  des  tables  de  logarithmes.
3°  Géométrie  descriptive.
A.  LIGNE  DROITE,  PLAN  ET  FIGURES  PLANES.
Détermination  des  projections  orthogonales  d’un  point,  d’une  droite  et  d’un
cercle,  ainsi  que  des  traces  d’un  plan,  étant  donné  un  nombre  suffisant  de
conditions  pour  les  cas  les  plus  simples.
Détermination  de  la  position  d’un  point  et  d’un  plan,  ainsi  que  de  la  position ­
  et  de  la  grandeur  d’une  droite  et  d’un  cercle,  d’après  leurs  projections  et
leurs  traces.
Passer  des  projections  et  des  traces  sur  un  système  de  plans  donné  aux
projections  et  traces  d’un  autre  système  de  plans;  rabattement  d’une  figure
plane  sur  les  plans  de  projections.
Déterminer  les  distances  relatives  de  points,  droites  et  plans,  ainsi  que  le
point  d’intersection  et  l’angle  formé  par  les  deux  dernières  grandeurs,  au
moyen  de  leur  projection  et  de  leurs  traces.
Propriétés  des  projections  de  l’angle  droit.
        <pb n="361" />
        45

353  —

B.  CORPS.
Application  des  théories  précédentes  à  la  représentation  des  prismes  et  des
pyramides,  et  à  leur  intersection,  soit  entre  eux,  soit  avec  des  plans.
Représentation  de  cylindres  droits  et  de  cônes;  détermination  des  projections ­
  de  leurs  intersections,  soit  entre  eux,  soit  avec  des  plans.
Détermination  des  traces  de  plans  tangents  à  des  cylindres  droits  ou  à  des
cônes,  ayant  un  point  de  tangence  connu  ou  étant  parallèles  une  ligne  droite
donnée.
C.  THÉORIE  DES  OMBRES.
Détermination  de  l’ombre  portée  par  des  corps  simples  sur  les  plans  de
projection,  les  rayons  de  lumière  étant  parallèles.
4°  Géométrie  pratique.
Tracer  des  points  sur  le  terrain.
Tracer  des  lignes  droites  sur  un  champ  découvert  et  sur  un  terrain  accidenté. ­

Prolonger  des  lignes  droites  sur  le  terrain.
Déterminer  sur  le  terrain  l’intersection  des  deux  lignes  de  visée.
Mesurer  des  lignes  sur  un  terrain  uni  avec  la  chaîne  et  avec  la  règle.
Description  et  vérification  de  l’équerre  d’arpenteur.  Tracer  sur  le  terrain  des
lignes  perpendiculaires  au  moyen  de  cet  instrument.
Lever  des  figures  simples  au  moyen  de  la  chaîne,  de  la  règle  et  de
l’équerre.
Quelques  notions  sur  l’usage  de  la  planchette.
5°  Mécanique.
A.  MOUVEMENT  D’UN  POINT  MATHEMATIQUE.
Mouvement  uniforme.  Relation  entre  l’espace,  le  temps  et  la  vitesse  dans  le
mouvement  uniforme.
Mouvement  circulaire  uniforme.  Définition  de  la  vitesse  à  la  circonférence  et
de  la  vitesse  angulaire.
Mouvement  varié  en  général,  et  spécialement  mouvement  uniformément
varié.  Relation  entre  l’espace,  le  temps,  la  vitesse  et  l’accélération.
Chute  des  corps  et  son  accélération.
Mouvement  simple  et  composé;  composition  et  décomposition  des  mouvements. ­

Mouvement  relatif.
        <pb n="362" />
        mit

_  ZÆfi  ¿S_

—  35/4  —
Il  MÉCANIQUE  DU  POINT  MATERIEL.
Point  d’application,  direction  et  grandeur  d’une  force.  Forces  constantes  et
forces  variables.  Condition  de  l’égalité  de  deux  forces.  Effet  de  la  force  sur  un
corps  en  repos  et  sur  un  corps  en  mouvement.  Définition  de  la  masse  et  de
l’inertie.  Introduction  de  la  force  et  de  la  masse  ou  du  poids  dans  les  équations ­
  du  mouvement  uniformément  varié.
Composition,  décomposition  et  conditions  de  l’équilibre  des  forces  agissant
sur  un  point  matériel.  Résultante,  composante,  parallélogrammes  des  forces.
Moment  d’une  force.
C.  MÉCANIQUE  DES  CORPS  SOLIDES.
Transport  du  point  d’application  d’une  force  agissant  sur  un  corps  solide
dans  la  direction  de  celte  force.  Action  et  réaction.  Composition  et  décomposition ­
  des  forces  dans  un  plan.  Composition  des  forces  parallèles  dans  l’espace,
et  centre  des  forces  parallèles.
Définition  du  centre  de  gravité;  détermination  du  centre  de  gravité  d’un
système  quelconque  de  points  matériels.  Centre  de  gravité  de  la  ligne  droite,
et  des  figures  planes  rectilignes,  des  prismes,  cylindres,  pyramides  et  cônes.
Le  levier,  la  poulie,  le  treuil  et  le  plan  incliné.
D.  MÉCANIQUE  DES  CORPS  FLUIDES.
Pour  cette  matière,  les  connaissanses  exigées  pour  l’examen  de  physique
sont  suffisantes.
6°  Physique.
A.  PROPRIÉTÉS  GÉNÉRALES  DES  COUPS.
Connaissances  fondamentales  sur  les  divers  états  d’agrégation,  sur  la  cohésion ­
  et  l’adhérence,  sur  l’élasticité,  la  pesanteur  et  le  poids  spécifique.
B.  ÉQUILIBRE  ET  MOUVEMENT  DES  CORPS.
Composition  et  décomposition  des  forces.  Lois  du  levier  et  principales
applications  de  ces  lois.
Centre  de  gravité.
Théorie  du  mouvement  rectiligne,  jusqu’au  mouvement  vertical  d’un  corps
pesant.  Théorie  de  la  rotation  uniforme,  et  principes  fondamentaux  du  mouvement ­
  du  pendule.
Principes  fondamentaux  de  l’hydrostatique,  et  éléments  de  l’hydraulique.
Capillarité.
Pression  atmosphérique  et  baromètre.
        <pb n="363" />
        355  —

Loi  de  Mariotte  et  construction  des  pompes  les  plus  usuelles  et  de  la  machine ­
  pneumatique.
C.  ACOUSTIQUE.
Mode  de  propagation  du  son.  Tons  hauts  et  bas  et  intervalles  musicaux.
Moyens  principaux  de  produire  les  tons.
D.  OPTIQUE.
Mode  de  propagation  de  la  lumière.  Reflexion  et  réfraction  de  la  lumière
sur  les  miroirs  et  verres  à  surfaces  planes  et  sphériques.
Parties  principales  de  l’œil  de  l’homme  et  instruments  qui  aident  à  l’action
de  cet  organe.
Nature  des  couleurs  et  modes  les  plus  simples  de  leur  génération.
E.  CHALEUR.
Dilatation  des  corps  par  la  chaleur  et  construction  des  thermomètres  les
plus  usuels.
Phénomènes  principaux  dans  la  variation  des  états  d’agrégation.
Définition  et  détermination  de  la  chaleur  spécifique.
Principes  fondamentaux  sur  la  conductibilité  et  le  rayonnement  de  la
chaleur.
F.  MAGNÉTISME  ET  ÉLECTRICITÉ.
Effets  des  aimants.  Connaissances  essentielles  sur  l’état  magnétique  de  la
terre
Phénomènes  principaux  de  l’électricité.  Dispositions  des  machines  électriques, ­
  du  condensateur,  de  la  bouteille  de  Lêyde  et  de  l’électrophore  ;  explications
de  leurs  «effets.
Génération  du  courant  galvanique  et  loi  d’Ohm.  Effets  magnétiques  du
courant  et  ses  effets  chimiques  les  plus  usuels.  Mesure  du  courant.
Génération  du  courant  thermo-électrique  et  des  courants  d’induction.
7°  Dessin.
A.  DESSIN  LINÉAIRE.
Facilité  dans  1  exécution  des  constructions  géométriques.  Quelque  habitude
du  lavis.
B.  DESSIN  À  MAIN  LEVÉE.
Quelque  exercice  dans  le  dessin  d’ornement.
45.
I
        <pb n="364" />
        356

DEUXIEME  DIVISION.
ÉCOLES  DES  INGÉNIEURS.

1°  Arithmétique  et  Algèbre.
Les  six  opérations  arithmétiques  :  l’addition,  la  soustraction,  la  multiplication, ­
  la  division,  la  formation  des  puissances  et  l’extraction  de  racines,  avec  des
nombres  entiers  et  expressions  algébriques.
Caractères  de  la  divisibilité;  recherche  du  plus  grand  commun  diviseur  et
du  plus  petit  commun  multiple  de  plusieurs  nombres,  ou  expressions  algébriq
  ues.
Fractions  ordinaires  et  décimales,  et  les  six  opérations  arithmétiques  sur
ces  fractions.
Equations  du  premier  degré  à  une  ou  plusieurs  inconnues;  équations  indéterminées ­
  du  premier  degré;  équations  du  second  et  du  troisième  degré  à  une
inconnue.
Rapports,  proportions  et  progressions  arithmétiques  et  géométriques.
Fractions  continues.
Logarithmes  et  leur  application  au  calcul  d’expressions  numériques  composées, ­
  et  aux  équations  exponentielles  simples.
Éléments  de  la  théorie  des  combinaisons.  Binôme  de  Newton  et  son  application ­
  à  l’extraction  des  racines  des  degrés  supérieurs.  Résolution  numérique
approximative  d’équations  des  degrés  supérieurs,  au  moyen  de  la  règle  de  fausse
position.
Séries  exponentielles  et  logarithmiques,  ainsi  que  les  plus  simples  séries
trigonométriques.  Théorème  de  Moivrc.
2°  Géométrie.
A.  GÉOMÉTRIE  PLANE.
Triangle  plan;  droites  parallèles  et  perpendiculaires,  principes  fondamentaux ­
  des  transversales.  Quadrilatères  et  polygones.  Cercle.
B.  GÉOMÉTRIE  DE  i/eSPACE.
Droites  parallèles  ou  se  coupant  dans  l’espace.  Droites  perpendiculaires,
parallèles  ou  obliques  à  un  plan.
Plans  parallèles  et  plans  qui  se  coupent.  Angle  formé  par  l’intersection  de
ces  plans  et  sa  mesure.
Définition  des  projections  et  des  coordonnées  dans  l’espace.
Prismes,  pyramides,  cylindres,  cônes  et  sphères,  et  leur  calcul.
        <pb n="365" />
        357

C.  TRIGONOMÉTRIE.
Trigonométrie  plane  et  formules  goniométriques.
Propriétés  les  plus  simples  des  angles  trièdres  el  éléments  de  la  trigonométrie ­
  sphérique.
D.  GÉOMÉTRIE  ANALYTIQUE.
Coordonnées  rectangulaires  et  polaires.  Transformation  des  coordonnées.
La  droite  comme  ligne  du  premier  degré.  L’ellipse,  la  parabole  et  l’hyperbole, ­
  comme  lignes  du  deuxième  degré.  Leurs  propriétés  les  plus  importantes. ­
  Interprétation  géométrique  de  l’équation  générale  du  second  degré
à  deux  inconnues.
Il  est  exigé,  pour  l’examen,  une  certaine  habitude  des  constructions  géométriques, ­
  et  notamment  de  la  construction  d’expressions  algébriques.  —  En
outre,  il  sera  attaché  une  grande  importance  à  la  solution  prompte  et  exacte
de  problèmes  numériques  sur  toutes  les  parties  de  l’arithmétique  ,  de  l’algèbre
et  de  la  géométrie,  ainsi  qu’à  la  résolution  trigon  orné  trique  des  triangles  à
l’aide  des  tables  de  logarithmes.
3°  Géométrie  descriptive;
l\°  Géométrie  pratique;  I  ......  .  ,
,,  '  '  i  Comme  dans  la  premiere  division,  ou  école
5°  Mécanique;  &amp;gt;  ..  ,  .
„  ™  .  d.  architecture.
6°  Physique  ;  \
y 0  Dessin.  )
TROISIÈME  DIVISION.
ÉCOLE  DE  MÉCANIQUE  TECHNIQUE.
e
i°  Arithmétique  et  algèbre;  )  Connue  dans  la  deuxième  division,  ou  école
2°  Géométrie;  .  )  des  ingénieurs.
3°  Géométrie  descriptive;
/j°  Mécanique;
5°  Physique;
6°  Dessin.
QUATRIEME  DIVISION.
ÉCOLE  DE  CHIMIE  TECHNIQUE.
I o  Arithmétique  et  algèbre;
2°  Géométrie;
3°  Physique.

Comme  dans  la  première  division,  ou  école
d’architecture.

Comme  dans  la  première  division,  ou  école
d’architecture.
        <pb n="366" />
        —  358  —

Chimie  inorganique.

Principes  généraux  de  la  chimie  inorganique  :  corps  simples  et  composés,
affinité  chimique,  proportions  chimiques,  équivalents,  atomes,  stœchiométrie,
langage  des  signes  et  nomenclature.
Propriétés  physiques  et  chimiques,  méthodes  d’extraction  des  principaux
éléments  métalliques  et  non  métalliques,  leurs  combinaisons  théoriques  et
pratiques  les  plus  importantes,  en  tant  que  la  connaissance  en  est  nécessaire
à  l’intelligence  de  la  chimie  organique  ou  technique  et  A  l’exécution  d’analyses ­
  qualitatives  dans  le  laboratoire.

Notions  fondamentales  sur  la  structure  et  les  fonctions  des  organes  ;  de  la
racine,  de  la  tige,  de  la  feuille  et  des  parties  de  la  fleur,  ainsi  que  les  connaissances ­
  les  plus  générales  concernant  les  principaux  groupes  du  règne  végétal;

Intelligence  d’un  des  plus  faciles  prosateurs  latins;  traduire  couramment  un
passage  donné  d’une  pharmacopée  rédigée  en  latin.

5°  Histoire  naturelle.
A.  BOTANIQUE.

cryptogames  (champignons,  lichens,  algues,  mousses,  fougères),  et  phanérogames ­
  (gymnospermes,  monocotylédons  et  dicotyledons).

ß.  MINÉRALOGIE.
Rapports  les  plus  fréquents  de  formes  entre  les  corps  cristallisés  ou  non

cristallisés,  ainsi  que  les  principales  propriétés  physiques  et  chimiques  des  minéraux ­
  en  général.

6°  Langue  latine.
(Pour  les  pharmaciens.)

7°  Dessin.

Habitude  du  dessin  linéaire  et  quelques  exercices  du  dessin  à  main  levée.
CINQUIÈME  DIVISION.
ÉCOLE  FORESTIÈRE.

ï 0  Arithmétique  et  algèbre;
2°  Géométrie;

Comme  pour  la  première  division,  ou  école
d’architecture.

3°  Géométrie  pratiqu
Zi°  Physique;
5°  Chimie  ;
6°  Histoire  naturell
y 0  Dessin.
        <pb n="367" />
        SIXIÈME  DIVISION.
SCIENCES  MATHÉMATIQUES  ET  NATURELLES,  LITTERATURE,  ECONOMIE  POLITIQUE
ET  DROIT  PUBLIC.  *

Les  connaissances  suivantes  sont  exigées  de  tous  les  candidats  à  l’admission
en  qualité  d’élèves  réguliers  de  la  sixième  division  :
i°  Arithmétique  et  algèbre;

2°  Géométrie  ;
3°  Physique;
h°  Dessin.

Comme  pour  la  première  division,  ou  école
d’architecture.

Comme  pour  la  quatrième  division,  ou  école
de  chimie.
En  outre,  ceux  des  candidats  à  l’admission  en  qualité  d’élèves  réguliers  de
la  sixième  division,  qui  veulent  suivre  quelques  cours  obligatoires  pour  une
des  cinq  premières  divisions,  doivent  subir,  sur  les  connaissances  préalables
nécessaires  à  l’intelligence  de  ces  cours,  l’examen  requis  pour  entrer  dans  ladite
division.

DEPENSE  PARTIELLE  OU  TOTALE  DES  EXAMENS.

Art.  7.  En  règle  générale,  tout  candidat  doit  remplir  les  conditions  ci-dessus ­
  déterminées  pour  l’admission  à  la  première  année  de  toutes  les  divisions.
La  dispense  partielle  des  épreuves,  ou  l’exemption  entière  de  l’examen  d’admission, ­
  ne  peut  avoir  lieu  qu’en  vertu  d’une  résolution  spéciale  du  conseil  de
l’école  ou  du  président.  Cette  résolution  doit  être  précédée  d’une  proposition
du  directeur  de  l’établissement,  qui  est  tenu  de  prendre  l’avis  du  principal  de
la  division  dans  laquelle  le  candidat  se  propose  d’entrer.
L’entière  dispense  d’examen  d’admission  est  principalement  autorisée  en
faveur  des  candidats  à  l’enseignement,  d’un  age  mûr,  qui,  ayant  déjà  occupé  longtemps ­
  un  emploi  dans  l’instruction  et  l’ayant  rempli  avec  succès,  présentent,
par  là,  une  garantie  suffisante  qu’ils  peuvent  suivre  et  comprendre  parfaitement ­
  les  cours  qu’ils  se  proposent  de  fréquenter.
La  dispense  partielle  des  examens  est  autorisée  notamment  dans  les  cas  ciaprès
  :
a.  A  l'égard  des  candidats,  d’un  âge  mûr,  qui  suppléent  par  de  solides
études  pratiques  à  quelques  lacunes  dans  les  connaissances  théoriques;
b.  A  l’égard  des  candidats  qui  suppléent  à  des  lacunes  dans  la  connaissance
de  quelques  branches  des  sciences  exactes  par  la  preuve  d’études  solides  en
humanités.
Dans  tous  les  cas,  on  doit  toujours  prendre  en  considération  décisive,  dans
        <pb n="368" />
        ~—

360

la  résolution  à  arrêter,  Je  point  de  savoir  si  le  candidat  peut  suivre  et  comprendre ­
  complètement  les  cours  obligatoires,  spéciaux  et  professionnels,  qu’il
voudra  fréquenter.
DISPENSE  D’EXAMEN  POUR  LES  ETRANGERS.
Les  étrangers  peuvent,  sur  le  fondement  d’attestations  qui  leur  ouvriraient,
dans  leurs  pays,  l’entrée  d’une  division  correspondante  à  celle  où  ils  veulent
être  admis,  obtenir  du  président  du  conseil  de  l’école,  sur  la  proposition  du
directeur,  dispense  entière  de  l’examen  d’admission.
ADMISSION  D’ÉLÈVES  RÉGULIERS  AUX  COURS  DE  DEUXIEME  ET  TROISIEME  ANNÉE
DES  DIVERSES  DIVISIONS.
Pour  entrer  dans  les  cours  de  deuxième  ou  troisième  année  d’une  division,
l’aspirant  doit  subir  un  examen  sur  les  branches  obligatoires  des  cours  de  l’année
précédente.
Les  formes  prescrites  aux  articles  7  et  8  seront  observées  pour  décider  si  des
certificats  de  fréquentation  d’un  autre  établissement  polytechnique  de  même
force  peuvent  dispenser  de  cet  examen.
Mais,  pour  la  sixième  division,  qui  constitue  un  enseignement  complètement ­
  libre  pour  la  philosophie,  les  sciences  politiques,  les  langues  modernes,  les
mathématiques,  les  sciences  naturelles,  l’histoire  publique  et  artistique,  le  droit
public  suisse  et  l’économie  politique,  aucune  condition  d’instruction  préalable
n’a  été  fixée  pour  ces  cours  semestriels.
Au  sujet  de  ces  études,  le  rapport  s’exprime  en  ces  termes  :
«La  position  future,  comme  citoyen,  des  élèves  de  notre  école  exige  deux
«plus  que  des  connaissances  exclusivement  professionnelles  :  de  saines  doc-«
  trines  d’économie  politique,  d’histoire  et  de  droit  public  sont  certainement  le
«meilleur  des  antidotes  contre  ces  aberrations  socialistes  et  communistes  qui,
«trop  souvent,  ont  été  mises  en  avant  et  soutenues  précisément  par  d’anciens
«  élèves  de  l’Ecole  polytechnique  de  Paris.
Plus  loin,  le  rapport  ajoute  :
«Les  conclusions  du  rapport  d’une  commission  d’hommes  très-distingués,
chargés,  en  i85o,  de  procéder  h  une  enquête  sur  les  résultats  de  l’enseigne-«
  ment  dans  l’Ecole  polytechnique  de  Paris,  prouventjusqu’è  l’évidence  la  néces-«
  sité  d’étendre  au  delà  des  notions  purement  techniques  les  connaissances  des
«  jeunes  industriels.  Cette  commission  propose  trois  changements  principaux
«  à  introduire  dans  l’école.  Or,  le  premier  consiste  à  donner  un  plus  grand  déve-X

  T*

V
        <pb n="369" />
        —  361  —
«loppemeiit  à  l’enseignement  littéraire.»  (Rapport  sur  l'enseignement  de  l’Ecole
polytechnique,  page  i  1.)
Il  est  remarquable  que  les  idées  qui  ont  dirigé  la  commission  française,  et
qui  ont  été  si  mal  comprises  en  France,  aient  trouvé  une  pareille  approbation
dans  le  conseil  fédéral  de  la  Suisse  républicaine  :  tant  il  est  vrai  que,  quelle  que
soit  la  forme  des  gouvernements,  les  principes  protecteurs  des  sociétés  restent
partout  les  mêmes.
RÈGLEMENT  DE  L’ÉCOLE  POLYTECHNIQUE  FÉDÉRALE.
Le  règlement  intérieur  de  cette  école,  dont  les  élèves  sont  externes  et  en
partie  étrangers,  non-seulement  au  canton  de  Zurich,  mais  à  la  Suisse  même,
n’est  pas  moins  remarquable,  en  ce  qu’il  concilie  la  liberté  de  l’enseignement,  et
celle  même  des  élèves,  avec  une  discipline  plus  sévère  qu’on  ne  le  croirait.
Nous  en  reproduirons  les  articles  les  plus  importants.
TITRE  PREMIER.
DISPOSITIONS  GÉNÉRALES.
Article  premier.  L’école  polytechnique  fédérale  comprend  les  six  divisions
suivantes  :
j lv  division,  école  des  constructeurs  ;
2 e  division,  école  du  génie  civil;
3 e  division,  école  de  mécanique;
/i c  division,  école  de  chimie;
5 P  division,  école  des  forestiers  ;
6 e  division,  école  scientifique  supérieure  des  sciences  naturelles  et  mathématiques, ­
  des  sciences  littéraires,  et  des  sciences  morales  et  politiques.
Art.  2.  Les  cours  des  cinq  premières  divisions  sont  annuels;  ceux  de  la
seconde  division  sont  semestriels.
La  durée  de  l’enseignement  complet  est  de  trois  ans  pour  les  trois  premieres
divisions,  et  de  deux  ans  pour  les  quatrième  et  cinquième  divisions.
Art.  3.  L’école  des  constructeurs  forme  théoriquement,  au  point  de  vue,
soit  technique,  soit  esthétique,  des  constructeurs  capables  d’élever  des  édifices
ayant  un  caractère  civil  ou  monumental.  Elle  initie  les  eleves  h  tous  les  details
pratiques  de  l’art  de  bâtir.
Les  cours  de  première  et  de  seconde  année  de  cette  division  suffisent  pour
former  des  constructeurs  aptes  à  entreprendre  des  bâtiments  de  moindre  importance ­
  ayant  un  caractère  civil.  Pour  être  habiles  à  se  charger  d’édifices
46
        <pb n="370" />
        —  362  —

i

considérables,  surtout  s'ils  ont  un  caractère  monumental,  les  élèves  devront
avoir  suivi  les  cours  des  (rois  années.
Art.  4.  L’école  du  génie  forme,  au  point  de  vue  théorique,  des  ingénieurs
civils  pour  les  ponts  et  chaussées,  les  chemins  de  fer,  les  constructions  hydrauliques ­
  et  les  travaux  topographiques.  Elle  prépare  les  élèves  à  la  pratique  de
leur  profession.
Les  cours  de  première  et  de  seconde  année  de  cette  division  roulent  sur  les
matières  que  tout  ingénieur  doit  connaître  ;  ceux  de  troisième  année  sont  spécialement ­
  consacrés,  soit  à  un  enseignement  technique  supérieur,  soit  à  une
exposition  développée  de  la  géodésie.
Art.  5.  L’école  de  mécanique  forme;  au  point  de  vue  théorique,  des  mécaniciens ­
  aptes  à  diriger  la  construction  et  l’établissement  des  machines.  Elle
offre  aux  élèves  les  moyens  de  s’exercer  à  la  pratique  de  leur  profession.  De
plus,  les  élèves  acquièrent  dans  cette  division  les  connaissances  nécessaires  à
l’exploitation  rationnelle,  à  l’aide  de  machines,  des  différentes  branches  de
la  fabrication.
Les  cours  de  première  et  de  seconde  année  roulent  sur  les  connaissances
indispensables  à  tout  mécanicien  industriel.  Dans  la  troisième  année,  le  constructeur ­
  de  machines  complète  d’une  part  ses  études  de  mécanique,  et  de
l’autre  il  acquiert  les  connaissances  technologiques  spéciales  nécessaires  aux
directeurs  d’exploitations  conduites  à  l’aide  de  machines.
Art.  6.  L’école  de  chimie  industrielle  est  destinée  à  former  théoriquement,
soit  des  chimistes  aptes  à  exploiter  les  différentes  branches  de  la  chimie  industrielle ­
  et  de  la  fabrication  des  ’produits  chimiques,  soit  des  pharmaciens.  Les
élèves  de  cette  division  sont  exercés  à  la  pratique  des  manipulations  chimiques.
L  enseignement  de  première  année  roule  sur  les  connaissances  indispensables
à  toute  profession  dont  la  chimie  est  la  base.
Les  cours  de  deuxième  année  se  subdivisent  en  deux  catégories  spéciales  :
A.  La  chimie  exclusivement  appliquée  à  1  industrie  ;
B.  La  pharmacie.
Art.  7.  L’école  des  forestiers  est  destinée  à  former  théoriquement  des
forestiers.  Les  élèves  de  cette  division  seront  aussi  exercés  a  la  pratique  de
leur  profession.
Art.  8.  Dans  l’école  scientifique  supérieure  il  est  donné,  soit  au  point  de
vue  purement  scientifique  le  plus  élevé,  soit  au  point  de  vue  de  l’application  à
l’industrie,  un  enseignement  supérieur  sur  les  sciences  naturelles  et  mathématiques, ­
  sur  la  littérature  des  principales  langues  modernes,  sur  l'histoire  poli-
        <pb n="371" />
        tique  et  artistique,  sur  leconomie  politique,  sur  le  droit  publie,  et  sur  les
parties  du  droit  eivil  et  de  la  législation  administrative  dont  la  connaissance  est
nécessaire  aux  élèves  des  cinq  premières  divisions.
Art.  9.  11  sera  pris  des  mesures  pour  que  les  jeunes  gens  qui  se  destinent
à  la  carrière  de  l’enseignement  dans  les  établissements  supérieurs  d'éducation»
et  tout  particulièrement  dans  les  écoles  industrielles,  puissent  se  former  à  l'école
polytechnique.
Art.  1  0.  L’enseignement  est  donné  dans  les  langues  allemande,  française  et
italienne,  au  choix  des  professeurs.
Art.  11.  Les  professeurs  des  six  divisions  de  l’école  ne  devront  jamais,
dans  leur  enseignement,  perdre  de  vue  les  besoins  particuliers  de  la  Suisse.
TITRE  11.
DES  ETUDIANTS.
I o .  Admission.  Devoirs  et  droits  des  Elèves.
Art.  18.  Les  jeunes  gens  qui  étudient  à  l’école  polytechnique  sont  divisés
en  élèves  réguliers  et  en  élèves  auditeurs.
Ceux  qui  désirent  faire  des  études  complètes  dans  l’une  des  cinq  premières
divisions  doivent  se  présenter  en  qualité  d’élèves  réguliers.  Ceux  au  contraire
qui,  sans  avoir  de  but  déterminé,  désirent  suivre  des  cours  dans  l’une  des
divisions  de  l’école,  peuvent  se  faire  inscrire  en  qualité  d’auditeurs.
Art.  19.  Les  élèves  réguliers  ne  peuvent  être  admis  qu’au  commencement
des  cours  annuels;  les  simples  auditeurs,  au  commencement  de  chaque  cours
semestriel.  Lorsque  le  cours  que  les  auditeurs  se  proposent  de  suivre  est  annuel, ­
  ils  ne  peuvent  être  admis  qu’au  début  de  ce  cours.
Des  exceptions  à  la  règle  ci-dessus  ne  pourront  avoir  lieu  que  pour  des
motifs  graves.
Art.  àO.  Chaque  candidat  à  1  admission  en  qualité  d’elève  régulier  doit,  à
l’époque  prescrite,  se  présenter  en  personne  au  directeur  de  l’école  polytechnique, ­
  lui  donner  son  nom,  son  lieu  d’origine,  l’adresse  de  ses  parents,  ou  de
son  tuteur  s’il  est  mineur,  et  lui  indiquer  sa  demeure  à  Zurich.
De  plus,  il  doit  :  —  i°  dans  la  règle,  être  âgé  de  i  ~  ans  accomplis;  —
2°  être  porteur  d’une  attestation  de  bonnes  vie  et  mœurs,  ainsi  que  d’un  certificat ­
  concernant  les  études  qu’il  a  déjà  faites;—  3°  se  soumettre  à  un  examen
d’admission.
        <pb n="372" />
        364  —

Art.  21.  Cet  examen  roulera  sur  les  sujets  suivants  :
A.  Tout  candidat  à  l’admission  devra  savoir  s’exprimer  d’une  manière  correcte, ­
  soit  oralement,  soit  par  écrit,  dans  l’une  des  trois  langues  nationales  de
la  Suisse.  Si  une  partie  de  l’enseignement  obligatoire  de  la  division  dont  il  désire ­
  devenir  élève  se  donne  dans  deux  langues  autres  que  sa  langue  maternelle,  il
devra  pouvoir  suivre  les  professeurs.
B.  Ceux  qui  se  présentent  pour  entrer  comme  élèves  réguliers  dans  les  divisions ­
  i ie ,  2 e  et  3°  (constructeurs,  ingénieurs  et  mécaniciens)  devront  justifier
des  connaissances  suivantes  :
Mathématiques.  —  Arithmétique  en  entier;  algèbre,  jusqu’aux  équations  du
troisième  degré  inclusivement;  solution  numérique  des  équations  des  degrés
supérieurs;  combinaisons,  arrangements,  permutations;  séries.
Géométrie  élémentaire.  —  Trigonométrie  plane  et  sphérique;  solution  numérique ­
  des  problèmes  trigonométriques;  géométrie  analytique  élémentaire/
Géométrie  descriptive.  —  Théorie  des  projections  appliquée  aux  projections
orthogonales  des  lignes,  des  surfaces  et  des  solides;  problèmes  élémentaires
sur  les  plans  tangents  et  sur  les  intersections  des  surfaces;  quelques  notions
sur  les  projections  obliques  et  les  éléments  de  la  théorie  des  ombres.
Géométrie  appliquée.  —  Mesure  et  levé  des  lignes  et  des  figures  au  moyen
de  la  chaîne,  delà  règle,  de  l’équerre  d’arpenteur  et  de  la  planchette,  y  compris
la  vérification  et  la  correction  de  ces  instruments;  quelques  exercices  pratiques
de  ces  opérations.
Mécanique.  —  Cours  élémentaire  et  théorique  de  statique  et  de  dynamique.
Dessin.  —  Les  jeunes  gens  qui  se  présentent  doivent  avoir  quelque  habitude
de  dessiner  au  trait  les  figures  géométriques,  l’ornement  simple,  les  constructions, ­
  ainsi  que  les  machines  les  moins  compliquées;  ils  doivent  être  exercés
aux  lavis.
Physique.  —  Cours  élémentaire  de  physique;  emploi  et  théorie  des  équations
et  des  formules  trigonométriques.
Chimie.  —  Cours  élémentaire  et  théorique  de  chimie  inorganique.
Histoire  naturelle.  —  Cours  élémentaire  de  l’histoire  naturelle  des  trois
règnes.
G.  Tous  ceux  qui  se  présentent  pour  entrer  comme  élèves  réguliers  dans  la
quatrième  division  (  chimie  industrielle)  doivent  justifier  des  connaissances
suivantes  :
Mathématiques.  —  Arithmétique  en  entier;  algèbre,  jusqu’aux  équations  du
        <pb n="373" />
        365  —

troisième  degré  inclusivement;  usage  des  logarithmes;  séries  les  plus  importantes; ­
  trigonométrie  plane.
Dessin.  —  Quelque  habitude  de  manier  la  règle  et  le  compas.
Phyhiqne.  —  Cours  élémentaire  de  physique  ;  emploi  des  éléments  des  mathématiques ­
  dont  ce  programme  exige  la  connaissance.
Chimie.  —  Cours  théorique  élémentaire  de  chimie  organique  et  inorganique.
Histoire  naturelle.  —  Cours  élémentaire  de  l’histoire  naturelle  des  trois
règnes.
Ceux  qui  se  destinent  à  l’étude  de  la  pharmacie  doivent  avoir  une  connaissance ­
  suffisante  de  la  langue  latine.
Ceux  qui  veulent  entrer  comme  élèves  réguliers  dans  la  quatrième  division
pour  s’y  former  à  d’autres  professions  que  celle  de  pharmacien  sont  exemptés
de  l’obligation  de  savoir  la  langue  latine;  mais  ils  doivent,  outre  les  connaissances ­
  énumérées  ci-dessus,  justifier  encore  de  celles  qui  suivent  :
Géométrie  descriptive.  —  Théorie  des  projections  appliquée  aux  projections
orthogonales  des  lignes,  des  surfaces  et  des  solides;  quelques  notions  sur  les
projections  obliques.
Mécanique.  —  Cours  élémentaire  et  théorique  de  statique  et  de  dynamique  ;
corps  solides  et  liquides.
O.  Ceux  qui  se  présentent  pour  entrer  comme  élèves  réguliers  dans  la  division ­
  des  forestiers  doivent  justifier  des  connaissances  suivantes  :
Mathématiques.  —  Arithmétique  en  entier;  algèbre,  jusqu’aux  équations  du
troisième  degré  inclusivement;  usage  des  logarithmes;  séries  les  plus  importantes. ­

Géométrie.  —  Éléments  de  géométrie.
Trigonométrie.  —  Trigonométrie  plane  et  sphérique;  solution  numérique  des
problèmes  trigonométriqués.
Géométrie  descriptive.  —  Théorie  des  projections  appliquée  aux  projections
orthogonales  des  lignes,  des  surfaces  et  des  solides;  quelques  notions  sur  les
projections  obliques v
Géométrie  appliquée.  —-  Mesure  et  lever  des  lignes  et  des  figures  au  moyen
de  la  chaîne,  de  la  règle,  de  l’équerre  d’arpenteur  et  de  la  planchette,  y  compris ­
  la  vérification  et  la  correction  de  ces  instruments;  quelques  exercices  pratiques ­
  de  ces  opérations.
Mécanique.  —  Cours  théorique  élémentaire  de  statique  et  de  dynamique;
corps  solides  et  liquides.
        <pb n="374" />
        —  366  —
Dessin.  —Pratique  du  dessin  linéaire;  dessin;  dessin  de  figures  géométriques ­
  et  architechtoniques  élémentaires;  principes  du  dessin  à  main  levée.
Physique.  —  Cours  élémentaire  de  physique,  avec  l’emploi  des  éléments  des
mathématiques  dont  ce  programme  exige  la  connaissance.
Chimie.  —  Cours  théorique  élémentaire  de  chimie  inorganique.
Histoire  naturelle.—  Cours  élémentaire  de  l’histoire  naturelle  des  trois  règnes.
Art.  22.  Ceux  qui  veulent  entrer  dans  la  seconde  ou  la  troisième  année
de  l’une  des  cinq  premières  divisions  de  l’école  doivent,  sauf  dispense  spéciale  ,
avoir  dans  l’un  ou  l’autre  cas  i  8  et  19  ans  révolus.  Il  doivent  en  outre  justifier, ­
  par  un  examen,  d’une  connaissance  suffisante  des  sciences  qui  sont
enseignées  dans  la  première  année  ou  dans  les  deux  premières  années  de  la
division  pour  laquelle  ils  se  présentent.
Art.  23.  Chaque  élève  régulier  est  astreint  à  payer,  pour  tout  l’enseignement ­
  qu’il  reçoit  des  professeurs  en  titre,  un  écolage  annuel  de  5o  francs
(élevé  en  186A  à  100  francs).
Les  cours  libres,  donnés  par  des  professeurs  ordinaires  et  agrégés,  seront
payés  à  part  par  les  élèves  qui  les  suivent.
Chaque  élève  doit  une  indemnité  pour  l’usage  des  laboratoires  et  des
ateliers.
Art.  24.  Chaque  élève  régulier  est  obligé  de  suivre  tous  les  cours  théoriques ­
  et  pratiques  énumérés  dans  le  programme  de  la  division  et  de  l’année  à
laquelle  il  appartient  (article  12).  Cependant  un  élève  peut  être  dispensé  de
suivre  certains  cours  lorsque  la  profession  à  laquelle  il  se  destine,  l’enseignement ­
  préalable  qu’il  a  reçu  ou  telle  autre  circonstance  particulière  justifient
cette  exception.
Chaque  élève  régulier  est  astreint  à  suivre  exactement  toutes  les  leçons  et
les  répétitions  de  la  division  et  de  la  classe  à  laquelle  il  appartient.  Iï  doit
prendre  part  aux  excursions  hebdomadaires  de  sa  division,  et  préparer  soigneusement ­
  tous  les  travaux  que  lui  imposent  ses  professeurs.
Art.  25.  Les  élèves  réguliers  sont  libres  de  suivre  tous  les  coürs  qu’ils
désirent,  en  dehors  du  programme  de  la  division  dont  ils  font  partie,  pourvu
que  les  heures  de  ces  études  volontaires  ne  coïncident  pas  avec  celles  de  l’enseignement ­
  obligatoire  de  leur  classe.  Lorsqu’ils  désirent  suivre  un  cours  donné
dans  l’une  des  cinq  premières  divisions,  ils  doivent  préalablement  justifier  de
connaissances  suffisantes.  Quant  aux  cours  libres  donnés  par  des  agrégés,  les
élèves  doivent  se  soumettre  aux  prescriptions  de  l’article  28.
        <pb n="375" />
        —  367

Les  élèves  réguliers  qui  veulent  suivre  des  cours  en  dehors  du  programme
obligatoire  pour  leur  division  doivent,  après  avoir  satisfait  aux  conditions
indiquées  dans  cet  article,  s’inscrire  auprès  des  professeurs  de  l’enseignement
desquels  ils  veulent  profiter.
Art.  26.  Ceux  qui  désirent  suivre  des  cours  en  qualité  de  simples  auditeurs
doivent  indiquer,  au  directeur  de  l’école,  leur  nom,  leur  lieu  d’origine  et  leur
demeure  à  Zurich.
De  plus,  ils  doivent  avoir  :  i°  sauf  dispense,  i  y  ans  accomplis;  2°  présenter
un  certificat  de  moralité  satisfaisant;  3°  justifier  de  connaissances  suffisantes,
dès  qu’ils  veulent  suivre  des  cours  spéciaux  donnés  dans  l’une  des  cinq  premières ­
  divisions.
Art.  27.  Ceux  qui  suivent  des  cours  en  qualité  d’auditeurs  sont  tenus  de
payer  pour  chaque  cours  des  honoraires,  dont  le  montant  est  fixé,  soit  par  les
professeurs  en  titre,  soit  par  les  agrégés.  Ces  honoraires,  lorsqu’il  s’agit  de
cours  donnés  par  des  professeurs  en  titre,  ne  peuvent  être  de  plus  de  h  francs
par  semestre  pour  une  heure  de  leçon  par  semaine.
Les  auditeurs  ont  à  payer  une  indemnité  pour  l’usage  des  laboratoires  et  des
ateliers.
Ceux  qui,  se  destinant  à  la  carrière  de  l’enseignement,  suivent  quinze  heures
de  leçons  au  moins  par  semaine  seront  mis,  pour  les  écolages,  sur  le  même
pied  que  les  élèves  réguliers.
Après  avoir  satisfait  aux  conditions  déterminées  par  les  articles  26  et  2y,  les
auditeurs  doivent  s’inscrire  auprès  des  professeurs  dont  ils  désirent  suivre  les
cours.
Art.  28.  Les  étudiants  distingués,  s’ils  sont  dans  l’indigence,  pourront  être
exemptés  de  payer  les  indemnités  ainsi  que  les  écolages  pour  les  cours  des
professeurs  rétribués  par  la  Confédération.
Art.  21).  Tous  les  payements  doivent  être  faits  à  l’avance  entre  les  mains
du  caissier  de  l’école.
Art.  30.  Autant  que  faire  se  pourra,  les  étudiants,  tant  élèves  réguliers
qu’auditeurs,  seront  autorisés  à  travailler,  en  dehors  des  heures  de  classe,  dans
les  salles  de  dessin,  dans  les  laboratoires  et  dans  les  ateliers  de  l’école.
Art.  31.  Nul  ne  peut  suivre,  pendant  plus  de  huit  jours,  un  cours  en  qualité ­
  d’assistant  provisoire.  Lorsqu’il  s’agit  d’un  cours  donné  dans  I  une  des  cinq
premières  divisions,  cette  fréquentation  temporaire  des  leçons  ne  peut  avoir
lieu  sans  l’autorisation  préalable  du  professeur.
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—  368  —
Art.  32.  Si  létat  de  sa  santé  ou  toute  autre  circonstance  de  force  majeure
oblige  un  élève  régulier  à  manquer  à  l’école  plus  d’un  jour,  il  devra  immédiatement ­
  en  prévenir  le  directeur.
Art.  33.  Lorsqu’ils  changent  de  demeure,  les  étudiants,  tant  élèves  réguliers ­
  qu’auditeurs,  doivent,  dans  un  délai  de  trois  jours,  indiquer  leur  nouvelle ­
  adresse  au  directeur.
2°  Discipline.
Art.  34.  Les  étudiants  de  l’école  polytechnique  sont,  comme  tous  les  habitants ­
  du  canton,  soumis  aux  lois,  aux  arrêtés  et  aux  autorités  de  l’Etat  et  de  la
ville  de  Zurich.
Art.  35.  Le  droit  de  connaître  des  crimes,  délits  et  contraventions  de  police
que  pourraient  commettre  des  étudiants  appartient  exclusivement  aux  tribunaux
ordinaires  et  aux  autorités  du  canton  rie  Zurich.  —  En  outre,  les  autorités  et
les  fonctionnaires  de  l’école  polytechnique  ont  le  droit  de  punir  les  infractions
à  la  discipline  intérieure.  —  Dans  tous  les  cas  où  les  autorités  civiles  et  scolaires ­
  seraient  appelées  en  même  temps  à  sévir,  les  peines  prononcées  par  le
magistrat  ou  les  tribunaux  seront  subies  les  premières.
Art.  36.  Les  principales  infractions  à  la  discipline  sont  les  suivantes:  négligence ­
  apportée  aux  études,  oubli  du  respect  et  de  l’obéissance  dus  aux  autorités
et  aux  professeurs  de  l’école,  dérèglement  notable  des  mœurs.
Art.  37.  Les  manifestations  solennelles  et  les  promenades  aux  flambeaux
ne  sont  permises  aux  étudiants  qu’à  la  condition  pour  eux  de  se  soumettre  aux
prescriptions  de  police  locale  et  de  se  munir  d’une  autorisation  préalable  du
directeur  de  l’école.
Art.  38.  Outre  l’influence  des  professeurs  et  des  conférences  de  chaque
division,  les  peines  suivantes  serviront  au  maintien  de  la  discipline  :
i°  Admonestation  devant  le  directeur  ou  la  conférence  générale  des  pro-.
  fesseurs  ;
2°  Admonestation  devant  le  président  du  conseil  de  l’école  ou  devant  ce
conseil  lui-même  ;
3°  Menace  de  renvoi  ;
4°  Renvoi  de  l’école.
Art.  39.  Le  renvoi  d’un  élève  sera  publié  dans  l’école  même  par  une  affiche;
il  en  sera  donné  connaissance  à  la  direction  de  police  du  canton  de  Zurich,
ainsi  qu’aux  autorités  du  lieu  d’origine  de  l’individu  chassé.
Art.  40.  Les  parents  ou  les  tuteurs  seront,  à  l’exception  de  la  simple  ou

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        <pb n="377" />
        —  369  —

première  admonestation  prévue  dans  l’article  38,  prévenus  de  toutes  les  punitions ­
  infligées  aux  étudiants  soumis  à  leur  autorité.
4°  Des  diplômes.
Art.'46.  Des  études  complètes  et  satisfaisantes,  faites  dans  les  cinq  premières ­
  divisions,  donnent  droit  aux  diplômes  suivants  :
i re  division.  Ecole  des  constructeurs  (architecture,  art  de  bâtir)  :  diplôme
d’ingénieur  constructeur.
‘2 e  division.  Ecole  du  génie  civil  (ponts,  chaussées,  chemins  de  fer,  travaux
hydrauliques,  géodésie)  :  diplôme  d’ingénieur  des  ponts  et  chaussées;  diplôme
d’ingénieur  topographe.
3 e  division.  École  de  mécanique  (mécanique  industrielle,  fabrication);
diplôme  d’ingénieur  mécanicien.
4 e  division.  Ecole  de  chimie  (chimie  industrielle,  pharmacie)  :  diplôme  de
chimiste  industriel  ;  diplôme  de  pharmacien.
5 e  division.  École  des  forestiers  (sylviculture,  topographie,  construction  des
ponts,  chemins,  travaux  hydrauliques,  etc.  à  l’usage  des  forestiers)  :  diplôme
d’ingénieur  forestier.
Art.  47.  Ces  diplômes  certilient  que  le  titulaire  a  suivi  d'une  manière  complète ­
  et  satisfaisante  tout  l’enseignement  théorique  de  la  division  dont  il  faisait
partie  ;  que  les  détails  d’application  et  d’exécution  enseignés  â  l’école  lui  sont
familiers,  et  qu’il  est  en  conséquence  capable  d’entreprendre  et  de  diriger  tous
les  travaux  relatifs  à  sa  profession.
Art.  48.  Pour  pouvoir,  au  sortir  de  la  dernière  année  de  la  division,
demander  un  diplôme,  il  faut  qu’un  élève  régulier  ait  satisfait  aux  conditions
énumérées  à  l’article  38.
Art.  49.  Il  faut  en  outre  :  i°  qu’il  ait,  par  son  travail,  par  ses  progrès  dans
les  différentes  branches  d’études,  tant  théoriques  que  pratiques,  satisfait  aux
légitimes  exigences  de  l’école;  5°  qu’il  ait  subi  un  examen  oral,  non  public,
sur  toutes  les  branches  d’études  enseignées  dans  la  division  dont  il  fait  partie;
qu’il  ait  encore,  d’après  un  programme  arrêté  d’avance,  à  laide  des  ressources  .
dont  l’usage  lui  a  été  permis  et  dans  un  délai  fixé,  préparé  un  projet  satisfaisant ­
  sur  un  sujet  relatif  aux  branches  spéciales  pour  lesquelles  il  demande  le
diplôme.  Si  le  jury  d’examen  l’exige,  il  devra  donner  de  vive  voix  des  détails
sur  le  projet  qu’il  a  élaboré  et  en  défendre  les  dispositions.
Art.  50.  Les  diplômes  seront  délivrés  à  la  fin  des  cours  annuels,  à  l’époque
        <pb n="378" />
        des  épreuves  publiques.  Les  noms  des  élèves  qui  auront  obtenu  des  diplômes
seront  publiés  dans  la  feuille  fédérale.
5°  Des  examens  publics,  des  promotions  et  de  la  sortie  des  étudiants.
Art.  51.  A  la  fin  de  l’année  scolaire,  un  examen  public  a  lieu  dans  chacune
des  cinq  premières  divisions.
A  cet  examen  est  jointe  une  exposition  des  dessins,  des  plans  et  des  modèles ­
  exécutés  par  les  élèves  dans  le  courant  de  l’année.
Art.  52.  Après  cet  examen,  il  sera  statué  sur  le  passage  des  élèves  réguliers ­
  d’une  année  dans  l’autre.
Pour  déterminer  ce  passage,  il  sera  tenu  compte  aussi  bien  des  travaux  et
des  progrès  des  élèves  pendant  le  courant  de  l’année  que  des  résultats  de
l’examen.
Le  passage  des  auditeurs  d’une  année  dans  l’autre,  pour  les  cours  qu’ils
suivent  dans  l’une  des  cinq  premières  dvisions,  sera  réglé  par  les  progrès
qu’ils  auront  faits.
Art.  53.  Un  élève  régulier  peut  rester  au  plus  deux  ans  dans  la  même
classe.  Si,  au  commencement  de  la  troisième  année,  il  n’est  pas  de  force  à
passer  dans  la  classe  suivante,  il  devra  quitter  la  division  dont  il  faisait  partie.
Il  en  est  de  même  pour  les  auditeurs  qui  suivent  quelques  cours  dans  l’une
des  cinq  premières  divisions.
Art.  54.  Tout  élève  qui  n’a  pas  été  congédié  pendant  la  durée  des  cours  est
tenu  de  prendre  part  aux  examens  publics  et  d’exposer  les  dessins,  les  plans  et
les  modèles  qu’il  a  exécutés  pendant  l’année  scolaire.
Art.  55.  Lors  de  la  concession  des  diplômes  à  des  élèves  réguliers,  il  sera
tenu  compte  de  ces  examens  annuels.  Ces  résultats  seront,  à  cet  effet,  consignés
dans  les  procès-verbaux  des  conférences  de  chaque  division.
Art.  56.  Les  élèves  réguliers  obligés  de  quitter  l’école  avant  la  fin  de  l’année
scolaire  doivent  en  avertir  le  directeur,  et,  s’ils  sont  mineurs,  lui  présenter  une
autorisation  écrite  de  leurs  parents  ou  de  leurs  tuteurs.  Ils  ne  seront  considérés
comme  libérés  régulièrement  qu’à  la  suite  d’une  notification  faite  dans  la  forme
.  indiquée  ci-dessus.  Les  auditeurs  doivent.  dans  le  même  cas,  prévenir  aussi  le
directeur  de  l’école,  et,  s’il  l’exige,  expliquer  le  motif  de  leur  départ,
Art.  57.  Les  élèves  réguliers  qui,  après  avoir  subi  des  examens  publies  à
la  fin  de  l’année,  ou  après  avoir  rempli  les  formalités  indiquées  à  l’article  56,
quittent  l’école  avant  les  examens,  peuvent,  sur  leur  demande,  obtenir  un
certificat  d’étude  pour  les  cours  qu’ils  ont  suivis  dans  l’une  des  divisions.
        <pb n="379" />
        —  37  J  —
Art.  58.  Les  élèves  réguliers  qui  se  sont  soustraits  aux  obligations  mentionnées ­
  aux  articles  56  et  56,  sans  pouvoir  expliquer  leur  conduite  d’une
manière  satisfaisante,  ne  peuvent  obtenir  ni  diplôme  ni  certificat  d’études.
Art.  59.  Les  auditeurs  peuvent  demander  des  attestations  certifiant  qu’ils
ont  fréquenté  certains  cours;  ils  peuvent  encore  demander  à  subir  un  examen
sur  les  enseignements  qu’ils  ont  suivis,  et,  en  vertu  d’épreuves  satisfaisantes,
obtenir  des  certificats  d’études.
Les  auditeurs  qui  quittent  l’école  avant  la  fin  des  cours  sans  remplir  les  formalités ­
  indiquées  à  l’article  56,  ne  peuvent,  à  moins  de  justifier  pleinement
leur  conduite,  obtenir  aucune  espèce  de  certificat.
TITRE  TROISIEME.
DU  PERSONNEL  ENSEIGNANT.
Art.  60.  Le  personnel  enseignant  de  l’école  polytechnique  se  compose  de
professeurs  en  titre  et  de  professeurs  agrégés.  Les  premiers  se  divisent  en  professeurs ­
  ordinaires  et  professeurs  adjoints.
Art.  63.  Les  professeurs  ordinaires  et  adjoints  en  titre  reçoivent,  dans  la
règle,  un  traitement  fixe.  Cependant  Je  titre  de  professeur  pourra,  dans  certaines ­
  circonstances,  être  conféré  sans  entraîner  nécessairement  pour  le  titulaire
la  jouissance  d’un  traitement.
Le  chiffre  du  traitement  fixe  alloué  à  un  professeur  ordinaire  ou  adjoint,
rétribué,  sera  établi  chaque  fois  par  une  convention  préalable.
Art.  64.  Les  deux  tiers  des  écolages  payés  par  chaque  élève  régulier  et  par
chacun  de  ceux  qui,  se  destinant  à  la  carrière  de  l’enseignement,  sont  traités
au  point  de  vue  financier,  comme  les  élèves  réguliers  (article  27),  seront  partagés ­
  entre  lés  professeurs  ordinaires  en  titre  dont  ces  élèves  suivent  les  cours,
et  cela  proportionnellement  au  nombre  des  leçons  que  donne  (¿baque  professeur.
Le  dernier  tiers  sera  versé  dans  la  caisse  de  l’école.
Dans  chaque  cas  particulier,  il  sera  décidé  si  les  professeurs  adjoints  auront
une  part  dans  les  écolages.
Art.  65.  Les  honoraires  que  payent  les  auditeurs  pour  suivre  les  cours  des
professeurs  ordinaires  et  adjoints  en  titre,  appartiennent  en  entier  à  ceux-ci,
lorsqu’ils  n’ont  pas  de  traitement  fixe.  Quand  ils  perçoivent  un  traitement  fixe,
ils  ont  droit  aux  deux  tiers  de  ces  honoraires;  le  troisième  tiers  appartient  à  la
caisse  de  l’école.
Art.  78.  Afin  de  compléter  leur  éducation  pratique,  les  elèves  réguliers
        <pb n="380" />
        des  quatre  premières  divisions  devront  visiter  les  bâtiments  en  voie  de  construction, ­
  les  ateliers,  les  mines  et  les  fabriques  qui  avoisinent  l’école.  Lorsque
la  chose  sera  possible  et  utile,  iis  seront  appelés  à  prendre  part  aux  travaux
de  certaines  exploitations.
Les  élèves  de  la  cinquième  division  feront  de  fréquentes  excursions  dans  les
bois  voisins  de  Zurich,  pour  s’y  former  d’une  manière  pratique  à  l’administration ­
  et  à  l’exploitation  des  forêts.
Art.  75.  line  grande  excursion,  destinée  à  faire  visiter  aux  élèves  réguliers
des  cinq  premières  divisions  les  établissements  et  les  lieux  où  ils  peuvent
compléter  d’une  manière  pratique  l’enseignement  qu’ils  reçoivent  à  l’école  sera,
sauf  décision  contraire,  organisée  annuellement  dans  chaque  division  sous  la
conduite  d’un  maître  au  moins.  Tout  étudiant  pourra,  dans  sa  division,  prendre
part  à  cette  excursion.
6°  De  la  conférence  générale.
Art.  101.  Tous  les  professeurs  ordinaires  en  titre  sont  de  droit  membres
de  la  conférence  générale.
Art.  102.  Le  directeur  de  l’école  polytechnique  convoque  la  conférence
générale  et  en  préside  les  séances.
Art.  103.  Un  secrétaire,  choisi  dans  son  sein  par  la  conference,  rédige  le
procès-verbal  de  chaque  séance.
Art.  104.  La  conférence  générale  est  chargée,  tout  en  se  conformant  aux
règlements  et  aux  arrêtés  du  conseil  d’école,  de  diriger  les  études  et  de  maintenir ­
  la  discipline.  Elle  veille  à  ce  que  les  directions  données  par  le  conseil
d’école  soient  suivies;  elle  pourvoit  à  l’exécution  des  arrêtés  de  ce  corps;  elle
lui  propose  les  mesures  générales  que  lui  paraissent  réclamer  la  discipline  de
l’école  et  le  bien  des  études.
Art.  105.  La  conférence  générale  doit,  en  particulier,  donner  des  préavis
au  conseil  de  l’école.
Des  conférences  du  corps  enseignant.  —  La  réunion  de  tous  les  professeurs
d’une  division  forme  une  conférence  spéciale  à  cette  division.
Ces  conférences  sont  chargées  de  diriger  l’enseignement  de  leur  division
conformément  aux  arrêtés  du  conseil  d  école.
Administration  et  usage  des  collections.  —  Chacune  des  collections  est  placée
sous  la  surveillance  d’un  directeur  pris  parmi  les  professeurs  pour  lesquels  cette
charge  est  obligatoire.  Ce  directeur  a,  sous  sa  responsabilité,  la  disposition
        <pb n="381" />
        des  sommes  allouées  pour  Jes  collections  et  pour  les  établissements  auxiliaires
qui  lui  sont  confiés.
Les  professeurs  peuvent  faire  usage  des  collections  en  prévenant  le  directeur
qui  en  est  chargé  :  ils  sont  responsables  des  dégâts  ou  accidents.
Les  élèves  pourront  aussi  faire  usage  des  collections,  mais  sous  la  surveillance ­
  particulière  d’un  professeur:  ils  sont  également  responsables  des  dégâts.
Bibliothèque.—  La  bibliothèque  est  ouverte  à  tous  les  professeurs  et  aux  étudiants, ­
  mais  les  professeurs  agrégés  et  les  étudiants  doivent  préalablement  déposer ­
  une  caution.
TITRE  QUATRIÈME.
1)U  CONSEIL  FÉDÉRAL  COMME  AUTORITÉ  SUPÉRIEURE  DE  L  ECOLE  POLYTECHNIQUE  ,  ET  DU  CONSEIL
d’école  SUISSE.
Art.  1  18.  Le  conseil  fédéral  est  l’autorité  supérieure  dirigeante  et  exécutive
de  l’école.
Art.  119.  Le  conseil  fédéral  nomme  le  conseil  d’école  suisse,  ses  suppléants ­
  et  son  président.
Ce  sont  ces  deux  conseils  qui  ont  toute  l’autorité  du  pouvoir  exécutif  et  administratif ­
  le  plus  étendu  sur  le  personnel  et  sur  l’enseignement  de  l’école.
Nous  croyons  inutile  d’en  reproduire  ici  les  attributions  principales.
Le  directeur  de  l’école  et  son  remplaçant  sont  élus  pour  deux  ans  et  choisis
parmi  tous  les  professeurs  ;  ils  sont  toujours  rééligibles.
Tout  professeur  est  tenu  d  accepter  les  fonctions  de  directeur  de  l’école  ou
de  son  remplaçant,  celles  de  principal  d’une  des  divisions  ou  de  directeur
d’une  des  collections.

PROGRAMMES.
L’enseignement  commence  dans  la  première  quinzaine  d’octobre,  et  le  premier ­
  semestre  finit  avant  le  dimanche  des  Rameaux  -,  le  second  semestre  commence ­
  quinze  jours  après  Pâques,  et  finit  au  milieu  du  mois  d’aoùt.
Pendant  l’année  scolaire  i863-i86â  les  matières  d  enseignement  ont  été
réparties  ainsi  qu’il  va  suivre.
        <pb n="382" />
        CLASSE  PRÉPARATOIRE  DE  MATHEMATIQUES.

SEMESTRE  D’HIVER.

MATIÈRES  DE  L’ENSEIGNEMENT.

Mathématiques  élémentaires,  algèbre,
géométrie  des  solides,  trigonométrie..

Physique  expérimentale
Allemand  (pour  les  élèves  qui  l’ignorent).
Français
Eléments  de  géométrie  descriptive..  .

HEURES
de  leçons
semaine.

12
4
8

SEMESTRE  D’ETE.

MATIERES  DE  L’ENSEIGNEMENT.

Mathématiques  élémentaires  (suite),
géométrie  analytique,  mécanique  élémentaire ­

Physique  expérimentale
Eléments  de  géométrie  descriptive.  .
Allemand  (s’il  est  nécessaire)
Français
Géométrie  pratique
Dessin  technique

de  leçons
semaine.

12
4
2
8
3
3  à  4
6

DIVISION.

CONSTRUCTEURS.

l re  ANNÉE.

Calcul  différentiel  et  intégral
Géométrie  descriptive
Histoire  de  l’art  antique  et  archéologie..
Art  de  la  construction
Projets  de  détails  de  construction
Dessin  d’architecture
Dessin  de  paysage  (non  obligatoire)..  .  .
Modelage  (non  obligatoire).  .  .
Chimie  expérimentale  pour  les  élèves
qui  l’ignorent  *

Calcul  différentiel  et  intégral
Coupe  des  pierres
Chimie  technologique,  matériaux
Art  de  la  construction
Dessin  de  construction
Histoire  de  l’architecture  au  moyen  âge,
Dessin  d’architecture
Dessin  d’ornement
Dessin  de  paysage  (non  obligatoire)..  .  .
Modelage  (non  obligatoire)

5
4
1

3
8
4
4
4
4
9

2 e  ANNÉE.

Histoire  de  l’architecture
Théorie  des  ombres,  perspective  aérienne
Mécanique
Pétrographie
Routes  et  constructions  hydrauliques..  .
Exercices  de  composition  d’architecture.
Exercices  de  constructions
Dessin  d’ornements
Dessin  de  figure.  .  .
Formes  de  la  construction  des  routes
depuis  les  Romains  jusqu’à  la  Renaissance ­


4
3

3
3
3
4
6
4
9

Mécanique
Perspective
Histoire  de  l’art  de  construire
Routes  et  constructions  hydrauliques.,  .
Exercices  de  compositions  d’architecture ­

Dessin  de  constructions
Dessin  de  figure
(Modelage  et  dessin  de  paysage,  comme
dans  le  i* r  cours  .

2

3

3
4
2
4
4
9
        <pb n="383" />
        375

SEMESTRE  D’HIVER.

MATIERES  DE  L’ENSEIGNEMENT.

HEURES
de  leçons
semaine.

SEMESTRE  D’ETE.

MATIERES  DE  L’ENSEIGNEMENT.

HEURES
de  leçons
semaine.

Histoire  de  l’architecture
Géologie  technique,  exercices  de  compositions ­
  architecturales
Exercices  de  constructions
•Droit  civil  et  administratif
Dessin  d’ornement
Progrès  dans  la  construction  des  routes
depuis  les  Romains  jusqu’à  la  Renaissance ­


Histoire  de  1  architecture
Exercices  de  compositions
Dessin  de  constructions
Droit  civil  et  administratif
(Modelage  et  dessin  de  paysage,  comme
au  i CI  cours.  )
Des  voûtes  et  des  toitures  incombustibles.
Plans  de  constructions  agricoles

Nota.  —  La  conférence  de  spécialité  veillera  à  ce  que  les  élèves  passent  chaque  jour,  sous  une
surveillance  convenable,  un  nombre  d’heures  consécutives  dans  les  salles  de  dessin.
Dans  le  semestre  d’été,  ou  fera  pour  cette  spécialité  un  cours  de  chimie  technologique  des
matériaux  de  construction.
Le  dessin  de  figure  est  obligatoire  en  seconde  année,  et  facultatif  en  première  et  troisième
an  née.
Le  dessin  de  paysage  et  le  modelage  ne  sont  pas  des  éludes  obligatoires,  mais  les  plans  d’études
des  trois  années  permettent  aux  élèves  de  suivre  ce  cours  totalement  ou  partiellement.

2 e  DIVISION.

GENIE  CIVIL.

ANNÉE.

Calcul  différentiel  ctintégral  (  ï"  partie
Répétitions  :  les  élèves  y  assisteront  par
groupes
Calcul  différentiel  et  intégral,  par  un
autre  professeur
Répétitions
Géométrie  descriptive
Répétitions  (par  groupes  d’élèves  ..  .  .
Topographie
Constructions  (Cours  de)
Exercices  de  constructions
Dessin  de  machines
Dessin  de  lever  de  plans
Pétrographie
Chimie  expérimentale  (  pour  les  coin
mencants)  et  répétitions

Calcul  différentiel  et  intégral,  géométrie
analytique  à  trois  dimensions
Répétitions  ;  les  élèves  y  assisteront  par
groupes
Calcul  différentiel  intégral  et  géométrie
analytique,  par  un  autre  professeur.  .
Répétitions
Coupe  des  pierres
Répétitions  (par  groupes  d’élèves)
Chimie  technologique  des  matériaux  de
construction
Cours  de  constructions
Dessin  de  constructions
Dessin  de  machines
Dessin  de  lever  de  plans
Arpentage
Topographie
        <pb n="384" />
        SEMESTRE  D'HIVER.

MATIERES  DE  L'ENSEIGNEMENT.

HEURES
de  leçons
semaine.

SEMESTRE  D’ETE.

MATIERES  DE  L’ENSEIGNEMENT.

RECRES
de  leçons
semaine

Calcul  diflereiitiel  et  intégral  (  2*partie).
Même  étude,  en  français
Physique  expérimentale  en  vue  des  applications ­
  techniques  (  1"  partie).  .  .  .
Répétitions
Mécanique  technique.
Répétitions  (par  groupes  d’élèves)
Ombres  et  perspective  aérienne
Astronomie  (  1”  partie)
Géologie  technique
Terrassements,  fondations,  ponts  en
pierre  et  tunnels
Répétitions  (par  groupes  d’élèves)
Statique  graphique

Exercices  de  constructions.
Dessin  de  cartes

3
2
3
3  à  4
2
6
3

Calcul  différentiel  et  intégral  (suite).
Même  étude,  en  français
Perspective
Théorie  des  machines
Astronomie,  i re  partie  (suite)
Exercices  à  fobservatoire  (par  groupes
d’élèves)
Physique  expérimentale  en  vue  des  applications ­
  techniques  (  2 e  partie).  ..  .
Répétitions
Ponts  en  bois  et  routes
Répétitions  (par  groupes  d’élèves)  ....
Exercices  de  constructions
Dessin  de  cartes.

2
2
3
6
3
12
4
1
3
1  à  2
6
3

3 e  ANNÉE.

Théorie  des  machines  (suite),  machines
à  vapeur  (sans  répétitions)  .......
Astronomie  (2'  partie)
Géodésie
Pouls  en  fer,  routes,  chemins  de  1er.  .
Répétitions  (par  groupes  d’élèves).  .  .
Exercices  de  constructions
Droit  administratif.
Dessin  de  cartes

3
4
3  à  4
6
]
3

Constructions  hydrauliques
Répétitions
Astronomie,  2 e  partie  suite)
Géodésie
Exercices  de  constructions
Droit  administratif.
Dessin  de  cartes
Exercices  à  l’observatoire  (par  groupes

d’élèves

4
1  à  2
3
3
6
2
3
12

Nota.  —  La  chimie  technologique  des  matériaux  de  construction  ,  les  exercices  d’arpentage  et
les  exercices  à  l’observatoire  sont  suivis,  dans  cette  spécialité,  pendant  le  semestre  d’été.
Dans  la  troisième  année,  on  fera  en  sorte  que  les  élèves  aient  souvent  l’occasion  de  se  livrer  à
des  exercices  de  constructions.
3 e  DIVISION.  MÉCANICIENS.

Calcul  différentiel  et  intégral  (1"  partie).
Répétitions  (par  groupes  d’élèves)
Calcul  différentiel  et  intégral  (en  français) ­


Calcul  différentiel  et  intégral,  géométrie
analytique  à  trois  dimensions
Répétitions  pour  les  deux  études  (par
groupes  d’élèves)
        <pb n="385" />
        48

377  —

SEMESTRE  D’HIVER.

MATIÈRES  DE  L’ENSEIGNEMENT.

HEURES
de  leçons
semaine.

SEMESTRE  D’ÉTÉ.

MATIÈRES  DE  L’ENSEIGNEMENT.

HEURES
de  leçonsi
semaine.

l rc  ANNÉE.  (Suite.)

Répétitions
Géométrie  descriptive
Répétitions  (par  groupes  d’élèves)
Géométrie  analytique  avec  exercices..  ..
Dessin  de  machines
Technologie  mécanique,  i re  partie  (filature, ­
  tissage,  papeterie)
Chimie  expérimentale  (pour  les  commençants) ­


1
4
2
3
8
3
6

Calcul  dilîérentiel  et  intégral,  et  géométrie ­
  analytique  (en  français)
Répétitions
Coupe  de  pierres
Répétitions
Mécanique  technologique  (  ï"  partie)..  .
Répétitions  (par  groupes  d’élèves)
Chimie  technologique  des  matériaux  de
construction
Métallurgie
Dessin  de  machines
Constructions  civiles  et  exercices  de
dessin

4
1
4
2
6
3
1
2
5  à  6
4  à  5

Calcul  différentiel  et  intégral  (  2 e  partie).
La  même  étude  (en  français)
Physique  expérimentale  en  vue  d’applications ­
  techniques
Répétitions
Mécanique  technique  (suite)
Répétition  (par  groupes  d’élèves)
Cours  de  construction  de  machines
(  i re  partie)
Technologie  mécanique,  2 e  partie  (travail ­
  du  bois  et  du  fer)
Construction  de  machines

2 e  ANNÉE.

2
2
4
1
6
3
6
3
8

Calcul  différentiel  et  intégral,  2 e  partie
(suite)
La  même  étude  (en  français)
Connaissance  théorique  des  machines
(  i”  partie)
Physique  expérimentale  (2 e  partie),  en
vue  d’applications  pratiques
Répétitions
Cours  de  construction  de  machines
i rc  partie  (suite)
Construction  de  machines.

2
2
6
4
1
4
12

Connaissance  théorique  des  machines..
Cours  de  construction  de  machines
(2 e  partie)
Exercices  de  construction  de  machines..
Ponts  en  fer,  routes,  chemins  de  fer.  .  .

3 e  ANNÉE.
G  Connaissance  théorique  des  machines
(2”  partie),  locomotives,  bateaux  à
Q  vapeur
g  Cours  de  construction  de  machines
(  2 e  partie)
Exercices  de  construction  de  machines..

3

G
12

NOTA.  —  Pendant  le  semestre  d’été,  les  élèves  suivent  en  outre  les  cours  de  métallurgie  et  de
technologie  chimique  des  matériaux  de  construction.
Pendant  le  semestre  d’hiver  et  pendant  le  semestre  d’été,  on  veille  a  ce  que  les  élevés  de  troisième
année  aient  occasion,  autant  que  possible,  de  travailler  à  des  exercices  de  construction.
        <pb n="386" />
        ti  EM  EST  K  K  D’HIVER.

MATIÈRES  DE  L’ENSEIGNEMENT.

HUCHES
de  leçons
semaine.

SEMESTRE  D’ETE.

MATIERES  DE  ¡.’ENSEIGNEMENT.

HEURES
de  leçons
semaine

4°  DIVISION.  CHIMISTES.

ANNEE.

Chapitres  choisis  tie  la  chimie  minérale.
Physique  expérimentale  en  vue  des  applications ­
  à  la  chimie
Répétitions
Technologie  chimique  :  produits  chimiques ­
  31
Technologie  chimique  :  *  Verre  et  cé-&amp;gt;
ramique  1
Répétitions  et  entretiens
Cours  descriptif  de  machines
Minéralogie  et  répétitions
Principes  de  botanique  générale
Zoologie  +
‘Dessin  technique,  pratique,  analytique.
“  Chimie  expérimentale  avec  un  aperçu
des  composés  organiques  (avec  répé
titions)

Chimie  organique
Chimie  analytique
Métallurgie
+Techriologie  chimique  des  matériaux  de
construction
Exercices  dans  le  laboratoire  technique.
Zoologie  générale  et  anthropologie
‘  Minéralogie  élémentaire
+  Répétitions  de  minéralogie
Dessin  technique
*  Botanique  spéciale  au  point  de  vue  des
plantes  officinales  les  plus  importantes
pour  la  vie  et  l’industrie

6
3
2
1
12
3
4
2
4

‘Technologie  chimique  (blanchiment,
teinture,  impression)
*  Répétitions  et  entretiens
*  Technologie  mécanique,  i rc  partie  (filature ­
  et  tissage)
*  Cristallographie  appliquée
'Géologie  technique
Pratique  technique
‘  Dessin  technique
+  Chimie  pharmaceutique
+  Botanique  pharmaceutique

3
1
3
3
2
12
4
3
3

Éclairage  et  chauffage  i  2
Exercices  au  laboratoire  technique  12
Technologie  chimique  des  industries  alimentaires ­
  j
Exercices  dans  le  laboratoire  analytique.:
Exercices  de  détermination  des  minerais.
*  Pharmacognosie

Nota.  Les  cours  marqués  d’un  astérisque  ne  sont  obligatoires  que  pour  les  élèves  de  la  division ­
  technique;  les  cours  marqués  d’une  croix  ne  le  sont  que  pour  ceux  de  la  direction  pharmaceutique; ­
  les  cours  marqués  de  deux  astérisques  ne  sont  pas  obligatoires  pour  les  élèves  de  première
année,  mais  ils  ont  le  droit  de  les  suivre.
Pendant  le  semestre  d’été,  on  voit  la  chimie  organique,  la  chimie  analytique;  'la  métallurgie;
la  technologie  chimique  des  matériaux  de  construction;  +  un  aperçu  de  zoologie;  +la  botanique
spéciale;  le  chauffage,  l’éclairage;  les  industries  alimentaires,  la  détermination  des  minéraux;  +la
pharmacognosie;  +  l’étude  des  plantes  officinales.  Les  cours  désignés  par  une  croix  ne  sont  obligatoires ­
  que  pour  les  techniciens;  ceux  désignés  par  un  astérisque  ne  le  sont  que  pour  les  pharmaciens. ­
  Outre  le  temps  obligatoire,  les  laboratoires  sont  encore  ouverts,  pour  les  élèves,  à  d’autres
jours  et  à  d’autres  heures.
        <pb n="387" />
        •SEMESTRE  D’HIVKH.

MATIKRKS  l)B  1,’ENSEIUNEMENT.

HEURES
Je  leçons
semaine.

SE.M  EST  REJD’ETE.

MATIÈRES  DK  I,’ENSEIGNEMENT.

HEURES
Je  leçons

O  DIVISION.

Mathématiques  eu  vue  des  applications
à  la  pratique  forestière
Principes  de  holán  ¡que  générale
Pétrographie
Topographie
Dessin  de  plans
Encyclopédie  des  sciences  forestières..  .
Droit  forestier  (  i re  partie)
Excursions  et  exercices  de  taxations..  .  .
*  Chimie  expérimentale,  avec  aperçu  des
combinaisons  organiques,  et  répétitions ­


3
3
3
3
3
4
1
jour.

ECOLE  FORESTIERE.
ANNÉE.
Entomologie  forestière  i
Soin  des  forêts,  y  compris  la  théorie  des!
assèchements
Botanique  économique
Topographie
Dessins  de  plans
Arpentage
Excursions  dans  les  forêts  et  travaux  pratiques ­

Droit  forestier
*  Introduction  à  l’exploitation  des  forêts.
(La  fréquentation  de  ce  dernier  cours
est  facultative.)

Exploitation  des  forêts
Utilisation  des  forêts
Administration  forestière  .  .  .  .
Connaissance  de  l’exposition  (agronomie
et  climatologie)
Géologie  technique
Boutes  et  constructions  hydrauliques  .  .
Droit  forestier  (  2'  partie)
Excursions  et  exercices  de  taxation.  .  ..

Statique  et  statistique  forestières
Culture  des  forêts
Economie  forestière  de  l’Etat
Boutes  et  constructions  hydrauliques..  .
Droit  forestier
Chimie  agricole
Excursion  dans  les  forêts  et  exercices
pratiques

¡Nota.  —  Ceux  qui  connaissent  sullisamment  la  chimie  minérale  sont  dispensés  de  ce  cours,  et
tenus  d  assister  aux  chapitres  choisis  de  chimie  minérale  avec  la  spécialité  des  chimistes.
Pendant  le  semestre  d’été,  on  suivra  le  cours  de  culture  forestière.  :  soins  des  forêts,  connaissance
des  terrains,  statistique  forestière,  botanique  spéciale,  botanique  forestière,  insectes  forestiers,
chimie  agricole,  exercices  de  levé  de  plans.

6 e  DIVISION.
Physique  expérimentale
Répétitions  (en  allemand)
Répétitions  (en  français)
Magnétisme,  électricité,  galvanisme..  .  .
Physique  expérimentale  dans  une  direction ­
  chimique
Répétitions
Géologie  générale

—  I.
4
1
2
3
4
4
4

SCIENCES  NATURELLES.
Physique  expérimentale
Répétitions  (en  allemand)
Répétitions  (en  français)
Physique  de  la  terre  .
Physique  expérimentale  dans  une  direction ­
  technique,  2 e  partie  (optique,  magnétisme, ­
  électricité)
Répétitions
        <pb n="388" />
        111!

380

SEMESTRE  D’HIVER.

MATIÈRES  DE  L’ENSEIGNEMENT.

HEURES
de  leçons
semaine.

SEMESTRE  D’ÉTÉ.

MATIERES  DE  L’ENSEIGNEMENT.

HEURES
dô  leçons
semaine.

J.  SCIENCES  NATURELLES.  (Suite.)

Géologie  du  Jura
Géologie  paléontologique  des  terrains
de  sédiment

Botanique  pharmaceutique.
Plantes  antédiluviennes.  .  .  .
Insectes  fossiles.  .
Botanique  générale
Exercices  microscopiques  .  .
Zoologie

Chimie  expérimentale  avec  un  aperçu
des  combinaisons  organiques
Répétitions
Pratique  analytique
Chimie  pharmaceutique
Histoire  de  la  chimie
Chimie  générale

Théorie  mathématique  de  la  chaleur..
Des  volcans
Géologie  (  les  volcans  exceptés)
Géologie  du  Jura
Botanique  spéciale

Cryptogames
Exercices  microscopiques
Chimie  organique
Chimie  analytique
Pratique  chimique
Principes  de  la  chimie  minérale
Répétitions
Exposition  comparée  des  nouvelles  théories ­
  chimiques

(R  Les  élèves  les  plus  exercés  obtiennent  l’autorisation ­
  de  visiter  le  laboratoire  tous  les  jours,
excepté  le  samedi.

T
3
3
1
6
2
6
6
2
12
4
I

11.  SCIENCES  MATHÉMATIQUES.

Des  intégrales  définies
Des  équations  différentielles  totales,  avec
applications
Algèbre  supérieure  (théorie  des  équations) ­

Théorie  des  fonctions  d’une  variable
complexe
Eléments  de  la  théorie  des  nombres..  .  .
Introduction  au  calcul  différentiel  et  intégral ­

Géométrie  analytique,  surtout  des  lignes
courbes  planes
Practicum  méthodique  comme  introduction ­
  à  l’enseignement  des  mathématiques ­
  et  à  la  connaissance  complète!
du  système  mathématique
Approximation  numérique
Exercices  dans  l’exécution  de  grands  calculs ­
  astronomiques
Elément  d  astronomie  et  de  géographie
mathématiques  j

2
2
2
2
3
4
2

2
2
4
2

Chapitres  choisis  du  calcul  intégrai  suri
l’application  des  valeurs  imaginaires.  5
Sur  l’application  à  la  géométrie
Calcul  des  variations  2
Géométrie  analytique  des  droites  et  des
courbes  planes  2
Eléments  d’astronomie  et  de  géographie
mathématiques  (suite),  astrognosie.  .  2
Géométrie  de  la  position  3
Avec  exercices  de  construction  j  9
Introduction  au  calcul  infinitésimal  et  au
calcul  des  probabilités  j  &amp;lt;±
Exercices  mathématiques  2
Chapitres  choisis  de  la  géographie  nouvelle ­
  2
Application  du  calcul  différentiel  et  intégral ­
  à  la  mécanique  •.....;  g
        <pb n="389" />
        —  381

SEMESTRE  D’HIVER.

MATIÈRES  DE  L’ENSEIGNEMENT.

HEURES
de  leçons
semaine.

SEMESTRE  D’ETE.

MATIERES  DE  L’ENSEIGNEMENT.

HEURES
de  leçons
semaine.

III.  LANGUES  ET  LITTERATURE.

Histoire  de  la  poésie  moderne  allemande
(suite)
Aperçu  sur  l’histoire  de  la  littérature  en
Europe  au  xix e  siècle
Histoire  générale  de  la  langue  et  de  la
littérature  françaises  depuis  son  origine
jusqu’au  xvn e  siècle
Exercices  de  langue  française
Histoire  delà  littérature  anglaisejusqu’au
règne  d’Élisabeth
Sonnets  de  Shakespeare,  traduits  et
éclaircis
Exercices  anglais  ayant  la  grammaire
pour  base
Il  genio  e  gii  scritti  di  Galileo  Galilei..
Exercizii  di  lingua  ,  lettura  ,  tradizioni  e
composizioni

2à  3
2

Histoire  de  la  poésie  allemande  moderne
depuis  J.  P.  Fr.  Richter  jusqu’à  nos
jours
Drames  de  Shakespeare
Histoire  générale  de  la  littérature  française ­
  ,  le  Siècle  de  Louis  xiv
Exercices,  lectures  et  explications  de
l’Art  poétique  de  Boileau  et  du  Bourgeois ­
  gentilhomme  de  Molière
Histoire  de  la  littérature  anglaise  depuis
le  règne  d’Élisabeth
Hamlet  de  Shakespeare,  traduit  et  commenté ­

Littérature  de  l’école  de  Galilée
Excrcizi  di  lingua  e  lettura
Mythologie  germanique
Le  chant  de  Nubelingen
La  Edda

IV.  SCIENCES  HISTORIQUES  ,  POLITIQUES  ET  MILITAIRES.

Aperçu  de  l’histoire  de  l’antiquité
Histoire  du  temps  de  Frédéric  le  Grand
et  de  la  Révolution  française  (17/io-1
 799)
Histoire  antique,  artistique  et  archéologique ­

Durer  et  Holbein,  leurs  contemporains
et  leurs  prédécesseurs
Développement  politique  et  intellectuel
de  la  Suisse  depuis  les  temps  les  plus
reculés  jusqu’à  la  réformation.  .  .  .
Les  avant  coureurs  de  la  révolution  suisse.
Explication  des  sculptures  du  musée  archéologique ­

Mythologie  et  anthologie
Droit  administratif  en  Suisse
Droit  fédéral  des  États-Unis  de  l’Amérique ­
  du  Nord
Économie  politique
Cours  élémentaire  de  statistique....
Droit  commercial
Droit  civil  et  administratif
Droit  forestier

2

Organisation  de  l’artillerie  suisse  (canons ­
  ,  caissons,  équipages,  munitions),
gratis
Histoire  de  la  civilisation  et  des  mœurs
avant  1ère  chrétienne,  surtout  chez  les
Grecs  et  les  Romains
Histoire  du  xix°  siècle,  i rc  partie  (1800-i83o)

Développement  politique  et  de  la  civilisation ­
  en  Suisse,  depuis  la  conclusion
du  traité  perpétuel  des  cantons  pri
mi  tifs  jusqu’à  la  formation  de  la  confédération ­
  des  treize  cantons  (  1315
1513  )  *
Les  réformateurs  suisses  du  xvm e  siècle
Les  arts  au  moyen  âge
Les  arts  au  xix c  siècle
Histoire  artistique

Applications  de  la  science  économique
1  lois  distributives  et  lois  fiscales.

Droits  administratifs  des  cantons  suisses
Droit  civil  et  administratif
Droit  forestier
Droit  commercial

2  à  3
        <pb n="390" />
        SEMESTRE  D’HIVER.

MATIERES  DE  L'ENSEIGNEMENT.

j  HEURES
•  de  leçons
par
!  semaine.

Perspective
Paysage  à  l’aquarelle,  à  la  sépia,  au
crayon
Dessin  de  figure  d’après  des  feuilles  et
des  modèles,  au  crayon,  à  la  craie  ou
à  l’encre  de  Chine
Exercices  de  modelage
Sténographie  d’après  le  système  d’Arendt.
(Un  cours  de  six  semaines  environ.)..

SEMESTRE  D’ETE.

M  ATIÈRES  DE  {.’ENSEIGNEMENT.

HEURES
de  leçons
semaine.  |

V.  ARTS.

Paysage  à  l’aquarelle,  à  la  sépia,  au
crayon,  au  charbon
Dessin  de  figure  d’après  des  feuilles  et
des  modèles,  au  crayon,  à  la  craie,  ou
à  l’encre  de  Chine
Dessin  d’ornements  à  l’encre  de  Chine,
à  la  craie  et  aux  couleurs

Modelage  en  plâtre  et  argile;  préparation ­
  du  stuc,  mosaïques

Nombre  d’élèves.  —  Dans  l’année  courante  1863-1864,  le  nombre  total
fies  élèves  réguliers  et  des  auditeurs  libres  a  été  de  5io,  répartis  ainsi  qu’il
suit  :

NUMERO

DE  I,  *  DIVJStON.

1"  division
2 e  division
3*  division
4 e  division
5'  division
6'  division

SPECIALITE
de
l’imiC  N  JE  «EST.

DUREE

DES  ETUDES.

Cours  préparatoire..
i  ï”  année..
Constructeurs  ’  année.  .
(3 e  année..
j  i re  année.  .
Ingénieurs.  .  /  \2 C  année.  .
f  3 e  aimée.  .
[  i r *année.  .
Mécaniciens  b'  année..
(3 r  année..
i"année.  .
2'  année..
i re  année.  .
2 e  année..

Chimistes.
Forestiers

NOMBRE
d’élèves
année.

NOMBRE
réguliers.

23  ]
7  (
5  J
51  )
45
44  )
71  j
41  (
35  )
29  )
22  {
10  ,
12  i

40
25
57
62
29
18
34

Totaux  265

NOMBRE
auditeurs

30
10
83
85
22
4
11

245

NOMBRE
par  spécialité
d’enseiguement.

70
35
140
147
51
22
45

510

Ce  résumé  montre  qu’il  se

lait  une  répartition  assez  inégale  des  élèves
        <pb n="391" />
        383

réguliers  et  des  auditeurs  libres  entre  les  différents  cours;  mais  il  fait  voir  en
même  temps  que,  dans  la  division  des  constructeurs,  les  cours  de  troisième
année  sont  beaucoup  moins  suivis  que  ceux  des  deux  premières  années  :  cette
différence  provient  sans  doute  de  ce  que  ce  dernier  cours  est  plus  spécialement
suivi  par  les  élèves  qui  aspirent  à  devenir  architectes  pour  les  bâtiments  publics, ­
  tandis  que  les  autres  suffisent  pour  les  travaux  privés.
On  peut  aussi  remarquer  une  différence  analogue  et  considérable  pour  la  division ­
  des  mécaniciens,  qui,  de  71  élèves  en  première  année,  se  trouve  réduite
à  a5  en  troisième.  Peut-être  en  rendant  l’enseignement  plus  simple,  comme
nous  l’indiquerons  plus  loin,  parviendrait-on  à  conserver  jusqu’à  la  fin  des
études  un  plus  grand  nombre  d’élèves.
Observations  générales.  —  On  voit  par  ce  qui  précède  que  l’institut  polytechnique ­
  de  Zurich  est  à  la  fois  une  école  de  sciences  pures  et  une  école  d’application. ­
  Dans  les  cinq  premières  divisions,  qui  sont  tout  à  fait  techniques,  les
études  théoriques  sont  conduites  de  front  avec  les  études  pratiques  ou  d’application ­
  ,  et  doivent,  au  point  de  vue  théorique,  être  limitées  à  ce  qui  est  nécessaire. ­
  Dans  la  sixième  division  au  contraire  ,  où  l’enseignement  libre  embrasse
de  nombreuses  et.  diverses  branches  d’études  purement  scientifiques,  ces  études
peuvent  recevoir  beaucoup  plus  de  développement  :  ce  qui  est  d’autant  plus
convenable  que  cette  division  est  naturellement  destinée  aux  jeunes  gens  qui
se  proposent  de  cultiver  les  sciences,  soit  pour  elles-mêmes,  soit  pour  se  livrer
plus  tard  à  l’enseignement.
C’est  précisément  parce  que  cette  dernière  division  offre  à  ceux  des  élèves
qui  le  désirent  tous  les  moyens  d’étendre  leurs  études  théoriques,  sans  être
astreints  à  aucune  limite  de  temps,  qu’il  nous  paraîtrait  possible  d’alléger  un
peu  la  partie  de  l’enseignement  mathématique  des  divisions  spéciales  des  cous
trucleurs,  des  ingénieurs  et  des  mécaniciens,  auxquels  on  peut,  sans  recourir
à  l’analyse  mathématique  supérieure,  donner  sur  la  résistance  des  matériaux,
sur  la  stabilité  des  constructions  et  sur  la  mécanique,  des  notions  aussi  développées ­
  qu’il  est  nécessaire,  à  l’aide  des  éléments  de  la  géométrie,  de  l’algèbre  et
de  l’analyse  infinitésimale.  Mettre  ainsi,  par  des  méthodes  simples,  la  science
à  la  portée  de  tous  les  élèves,  sans  rien  ôter  de  leur  rigueur  aux  démonstrations, ­
  c’est  en  faciliter  la  diffusion,  c’est  la  faire  goûter  à  un  plus  grand  nombre
d’esprits,  sans  en  abaisser  le  niveau.
Telles  sont  les  seules  observations  que  nous  nous  permettrons  de  faire  sur
l’ensemble  de  l’enseignement  donné  par  les  savants  professeurs  de  1  école  polytechnique ­
  de  Zurich.
Installation.  —  L’école  polytechnique,  dont  nous  venons  de  faire  connaître
        <pb n="392" />
        la  constitution,  le  réglement  et  les  programmes  a  été  fondée  de  la  manière  la
plus  libérale  par  le  conseil  fédéral  et  par  la  ville  de  Zurich,  qui  en  est  justement ­
  fière.  Un  bâtiment  considérable,  pb  VI.  élevé  aux  frais  du  canton,  sur
une  hauteur  qui  domine  la  ville,  contient  tous  les  services,  auxquels  de  vastes
emplacements  ont  été  assignés.  Des  collections  nombreuses  en  tous  genres,  des
dessins  destinés  à  l'enseignement,  des  modèles  de  machines  très-bien  exécutés
et  à  l’échelle,  une  riche  bibliothèque  y  sont  déjà  réunis;  et,  à  mesure  que  les
locaux,  non  encore  terminés,  pourront  les  recevoir,  les  riches  collections  de
zoologie,  de  botanique,  de  minéralogie  et  de  paléontologie  que  possède  la  ville,
y  seront  successivement  classées.
Budget.  —  Le  budget  de  l’école  a  été  augmenté,  et,  pour  l’année  1866,  il
s’élève  à  la  somme  de  trois  cent  (¡mirante  mille  francs,  dont  la  Confédération

supporte  2  0oooo {
Le  canton  de  Zurich  i  6000
Les  intérêts  de  la  fondation  spéciale  10000
La  rétribution  scolaire,  élevée  à  100  francs  par  élève,  environ.  66000

Somme  égale  34oooo*

Mota.  —  La  rétribution  scolaire,  dont  un  tiers  seulement  entre  dans  la
caisse  de  l’école,  et  qui  n’était  à  l’origine  que  de  5o  francs,  a  été  élevée  à  100
francs  pour  les  Suisses  et  les  étrangers;  on  compte  qu’elle  produira,  au  moins,
les  66000  francs  indiqués  ci-dessus.
Le  nombre  maximum  d’élèves  que  l’école  puisse  recevoir  est  de  600,  et
en  1863-1866  il  atteignait  le  chilire  de  5  10,  comme  l’indique  le  tableau  précédent. ­

Laboratoires  de  chimie.  —  Ces  laboratoires  méritent,  par  leur  excellente  distribution, ­
  une  mention  spéciale,  parce  qu’ils  peuvent  servir  de  modèles  pour
des  établissements  analogues.  Ils  sont  partagés  en  deux  parties  :  l’une  consacrée
aux  travaux  d’analyse,  l’autre  aux  opérations  techniques;  chacune  d’elles  peut
recevoir  60  élèves,  simultanément  occupés  à  des  manipulations.  Nous  en  joignons ­
  le  plan  à  ce  rapport,  pi.  VI.
La  rétribution  exigée  pour  ces  travaux  est  de  4  francs  par  mois,  et  les  appareils ­
  ainsi  que  les  réactifs  sont  fournis  gratuitement.
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        RAPPORT  PARTICULIER

SUR  UES  ÉTABLISSEMENTS  D’ENSEIGNEMENT
DANS
LE  ROYAUME  DE  WURTEMBERG.

DES  ÉCOLES  PRIMAIRES.
Les  lois  qui  rendent  l’enseignement  obligatoire,  dans  le  royaume  de  Wurtemberg, ­
  ne  sont  pas  très-anciennes.  La  première  date  du  29  septembre  1  836,  et
la  deuxième  du  6  novembre  i85s.  Leur  application  n’a  souffert  aucune  difficulté, ­
  même  dans  les  parties  du  pays  où  la  nature  semblait  pouvoir  en
présenter.
Toute  localité  composée  de  trente  l’eux  doit  avoir  une  école,  et  un  instituteur ­
  ne  doit  jamais  être  chargé  de  l'instruction  de  plus  de  90  enfants.
La  surveillance  de  ces  écoles,  pour  les  études  et  pour  la  direction  morale,
la  nomination  des  instituteurs,  la  construction  et  l’entretien  des  bâtiments,  le
contrôle  sur  les  écoles  normales  d’instituteurs  et  sur  les  écoles  libres,  sont  dans
les  attributions  du  consistoire  de  l’église  réformée  pour  les  communes  de  cette
confession,  et  dans  celles  du  clergé  catholique  pour  les  communes  de  ce  culte.
Dans  les  deux  cas,  les  écoles  Israélites  sont  sous  la  même  autorité  que  les  écoles
chrétiennes  de  la  localité.
Les  enfants  qui  entrent  en  apprentissage  sont  obligés  de  suivre  les  écoles  du
dimanche  jusqu’à  18  ans.
ÉCOLES  DES  FABRIQUES.
Dans  ce  royaume,  la  règle  est  tellement  passée  dans  les  mœurs,  qu’une  loi
sur  le  travail  des  enfants  dans  les  fabriques  y  est  devenue,  au  moins  sous  ce
rapport,  très-peu  nécessaire.  Les  établissements  industriels  qui  emploient  des
enfants  et  qui  sont  un  peu  isolés  ont  presque  tous  des  écoles,  que  l’on  trouve
aussi  bien  tenues  que  celles  des  communes.
ÉCOLES  DE  DESSIN.
Le  que  les  écoles  primaires  de  Wurtemberg  offrent  de  particulièrement  re-
        <pb n="396" />
        marquable,  c’est  le  développement  très-grand  qui  v  a  été  donné  à  l’enseignement ­
  du  dessin.
La  direction  du  commerce  et  de  l’industrie  a  obtenu  du  ministère  de  l’instruction ­
  publique  et  des  cultes  qu’il  fût  joint  à  toutes  ces  écoles  des  classes
de  dessin  industriel,  et  ce  ministère  a  eu  la  sagesse  de  laisser  à  cette  direction
le  soin  d’organiser  et  de  surveiller  la  marche  des  écoles  ainsi  créées  après  1  exposition ­
  universelle  de  i85i,  pour  mettre  l’industrie  du  pays  en  état  de  soutenir, ­
  sous  le  rapport  de  l’art  industriel,  la  concurrence  avec  la  France.
Ces  écoles  étaient  d’abord  gratuites,  mais  ou  a  reconnu  que  l’on  en  assurerait
mieux  la  fréquentation  en  exigeant  une  légère  rétribution  scolaire,  variée,
suivant  les  moyens  des  élèves,  depuis  1/2  florin  jusqu’à  12  florins  (1  fr.
5  cent,  à  25  fr.  20  cent.)  par  an.
Les  professeurs  sont,  autant  que  possible,  choisis  parmi  des  ouvriers  ou  des
maîtres  ouvriers  des  industries  principales  de  la  localité-,  qui,  formés  par  les
mêmes  écoles,  y  ont  acquis  quelque  talent.  Mais  ces  ouvriers,  devenus  professeurs, ­
  ne  quittent  pas  leur  métier  et  reçoivent  seulement  une  indemnité
d’environ  2  fr.  2  5  cent,  par  heure  de  leçon.  Ils  en  donnent  ordinairement  trois
de  deux  heures  chacune,  par  semaine,  de  7  heures  à  9  heures  du  soir,  ce  qui
élève  l’indemnité  qu’ils  reçoivent  à  5o  ou  5à  francs  par  mois.
C’est  ainsi  qu’à  Geisslingen  il  y  a  une  école  où  180  élèves  sont  dirigés  par  un
maître  maçon;  dans  plus  d’une  commune  les  chefs  d’atelier  ont  si  bien  compris
l’utilité  de  cet  enseignement,  qu’ils  y  conduisent  eux-mêmes  leurs  jeunes  ouvriers ­
  et  les  apprentis.
Il  a  même  été  remarqué  que  des  artistes  du  quelque  talent  n’ont  pas  aussi
bien  réussi  que  de  simples  ouvriers,  ce  qui  prouve  qu’il  ne  serait  pas  aussi
difficile  qu’on  pourrait  le  croire  de  former  promptement  des  professeurs  pour
ce  genre  d’enseignement  élémentaire.
La  direction  du  commerce  a  adopté,  pour  les  répandre  dans  toutes  les
écoles,  des  modèles,  dont  la  première  série,  destinée  aux  commençants,  consiste ­
  en  lithographies  simples  et  peu  nombreuses,  qui  n’ont  pour  objet  que
de  délier  et  d’exercer  la  main,  en  même  temps  que  d’habituer  l’élève  à  la  guider ­
  d’accord  avec  l’œil.  Immédiatement  après,  les  élèves  dessinent  d’après  des
modèles  en  plâtre,  gradués  depuis  les  plus  simples  moulures  jusqu’aux  plus
beaux  modèles  de  l’antiquité,  que  l’on  réserve  aux  écoles  principales.
Ces  modèles  sont  faits,  à  Stuttgard,  par  un  modeleur  qui  a  un  tarif  adopté
par  la  direction.  Ils  sont  livrés  par  lui  aux  écoles  communales  qui  les  payent,
mais,  à  la  fin  de  chaque  année,  la  direction  restitue  aux  écoles  la  moitié  du
prix  quelles  ont  payé.
        <pb n="397" />
        —  387  —
Outre  ces  modèles  en  relief,  la  direction  du  commerce  a  formé  une  collection ­
  des  meilleures  ouvrages  publiés  sur  l’art  industriel,  depuis  les  plus  précieux
jusqu’aux  plus  modestes  albums  de  meubles,  d’ébénisterie,  de  bronzes,  etc.
Elle  répand  ces  ouvrages  dans  tout  le  pays,  en  les  prêtant  aux  professeurs  des
écoles  pour  un  temps  déterminé,  ordinairement  fixé  à  un  mois.  Ils  doivent  être
rendus  en  bon  état,  et  les  dégradations  éprouvées  sont  payées.
Tous  les  deux  ans,  les  écoles  de  dessin  envoient  à  Stuttgard  une  collection
de  leurs  dessins  de  tous  genres  pour  une  exposition,  à  la  suite  de  laquelle  on
donne  des  prix  à  celles  qui  ont  envoyé  les  plus  beaux  produits.  Les  maîtres  euxmêmes
  sont  appelés  à  visiter  celte  exposition  et  à  contrôler  les  jugements  qui
ont  été  portés.
Parmi  les  maîtres  les  plus  habiles,  on  en  choisit  quelques-uns  qui,  pendant
les  vacances  ou  à  d’autres  époques,  vont,  en  qualité  d’inspecteurs  temporaires,
visiter  les  autres  écoles  et  y  donner  des  conseils,  parfois  même  des  leçons  particulières ­
  aux  maîtres.
Le  dessin  fait  en  outre  partie  de  l’enseignement  donné  dans  les  écoles  normales ­
  d’instituteurs  primaires,  afin  qu’ils  puissent,  plus  tard,  en  enseigner  les
premiers  éléments  aux  enfants.
Enfin,  parmi  les  élèves  les  plus  habiles  et  qui  ont  fait  preuve  de  plus  de
goût,  on  en  choisit  quelques-uns,  que  l’on  envoie  à  l’école  de  dessin  de  Nuremberg, ­
  dont  nous  avons  signalé  la  bonne  direction.
Par  cet  ensemble  de  mesures  bien  combinées  et  développées  avec  persévérance, ­
  l'on  a  établi,  dans  le  royaume  de  Wurtemberg,  plus  de  /ioo  écoles  de
dessin,  et  cette  organisation,  qui  ne  remonte  guère  à  plus  de  dix  ans,  a  déjà  produit ­
  pour  l’industrie  du  pays  des  progrès  très-notables.
L’exposition  du  dessin  de  toutes  les  écoles  avait  été  prolongée  et  conservée,
pour  le  moment  de  notre  passage,  par  les  soins  bienveillants  de  M.  le  directeur
du  commerce,  et  nous  avons  pu  juger  des  heureux  résultats  obtenus  dans
la  plupart  de  ces  écoles  ,  non-seulement  pour  le  dessin  des  différents  genres,  qui
est  en  général  exécuté  avec  beaucoup  de  vigueur  et  de  franchise,  mais  encore
pour  le  modelage,  pour  la  sculpture  sur  bois  et  sur  pierre,  pour  les  papiers
peints,  pour  les  tissus,  etc.
A  l’inverse  de  ce  que  nous  avions  appris  avec  regret  en  Prusse,  les  élèves
dessinateurs  de  ces  écoles  qui  ont  acquis  le  plus  de  talent  trouvent  facilement
à  se  placer  dans  le  pays.  Les  plus  remarquables  sont  d’ailleurs  quelquefois
envoyés  en  France  pour  se  perfectionner,  comme  nous  l’indiquerons  plus  loin.
Une  grande  émulation  s’est  introduite  parmi  les  instituteurs  et  les  professeurs
de  dessin,  et,  outre  les  expositions  bisannuelles  faites  par  ordre  du  Gouverne-/lQ
  .
        <pb n="398" />
        —  388  —

ment,  il  s’est  formé  une  association  libre  des  instituteurs  qui,  à  l’aide  de  dons
volontaires,  s’est  créé  un  fonds  avec  lequel  elle  organise  des  expositions  régulières ­
  de  tous  les  travaux  des  élèves  et  distribue  des  récompenses.
ÉCOLE  DE  TISSAGE.
La  direction  du  commerce  et  de  l’industrie,  installée  dans  un  local  qpi
n’est  heureusement,  dit-on,  que  provisoire,  et  qui  fait  partie  d’une  caserne  d’infanterie, ­
  est  parvenue  cependant  à  y  organiser  des  collections  très-nombreuses
de  modèles  de  machines  bien  choisis  et  de  modèles  agricoles,  ainsi  qu’une  belle
collection  technologique  de  produits  et  de  matières  très-variées.
Mais  I  institution  la  plus  remarquable  qu  elle  y  ait  établie,  c’est  une  école  de
tissage  destinée,  non  à  former  des  apprentis  ou  des  ouvriers,  mais  à  compléter,  à
développer,  par  1  enseignement  théorique  du  tissage,  l’expérience  déjà  acquise
par  des  ouvriers  intelligents.  A  cet  effet,  elle  choisit,  parmi  les  tisserands,  ceux
qui,  outre  leur  habileté  professionnelle,  ont  montré  le  plus  d’aptitude  et  de  zèle
aux  écoles  de  dessin.  Elle  les  réunit,  au  nombre  de  8  à  10  seulement,  dans  une
école  où  elle  a  installé  a5  métiers  variés,  avec  les  appareils  accessoires  pour
la  préparation  des  cartes,  etc.
On  les  instruit  de  tous  les  principes  de  l’art  du  tissage,  tant  pour  la  décomposition ­
  que  pour  la  composition  de  tissus  nouveaux.  Ils  montent  leurs  métiers
et  y  exécutent  les  tissus  qu’ils  ont  projetés.
Celte  instruction  leur  est  donnée  sans  les  éloigner  de  la  pratique  du  métier,
et  ils  sont  astreints,  par  un  travail  de  cinq  à  six  heures  par  jour,  à  subvenir  à
leurs  dépenses.  Les  produits  de  leur  fabrication  sont  achetés  par  des  fabricants
qui  fournissent  la  matière  première.
Ln  même  temps  qu’ils  s’instruisent  dans  la  théorie  du  tissage,  ces  jeunes
gens  doivent  apprendre  le  français  et  1  anglais  et  se  perfectionner  dans  Je
dessin.  Après  deux  ans  de  séjour,  ceux  qui  se  sont  le  plus  distingués  sont
envoyés  en  France  et  en  Angleterre,  avec  une  indemnité,  pour  travailler
comme  ouvriers  dans  les  fabriques,  y  étudier  les  procédés  nouveaux  et  s’y  perfectionner ­
  le  goût.  Ils  reviennent  ensuite  dans  leur  patrie  y  rapporter  ce  qu’ils
ont  acquis.
ÉCOLES  MOYENNES  (MITTELSCHULEN).
Ce  titre  s’applique  à  tous  les  établissements  qui  donnent  1  instruction  comprise ­
  entre  les  enseignements  primaires  et  universitaires,  tels  que  les  séminaires
théologiques  protestants,  les  gymnases,  les  lycées,  les  écoles  latines,  les  écoles
réelles  inférieures  et  supérieures,  les  écoles  des  métiers  se  rapportant  à  la  construction ­
  des  batiments  et  ne  fonctionnant  qu’en  hiver,  l’école  des  professeurs
        <pb n="399" />
        de  gymnastique,  l'école  modèle  de  gymnastique  de  Stuttgard.  Ces  écoles
moyennes  relèvent,  sous  tous  les  rapports,  du  conseil  des  études  (.Stadienrath)
(pour  la  surveillance,  la  direction  des  études,  les  nominations  des  professeurs,
les  examens  d’entrée  et  de  sortie,  etc.)  directement  pour  celles  de  l’ordre  le
plus  élevé  et  par  ¡’intermédiaire  des  autorités  locales  pour  les  plus  inférieures.
Ce  conseil  des  études  est,  en  outre,  chargé  de  la  surveillance  des  institutions
privées,  qui  donnent  le  degré  d’instruction  correspondant.
SÉMINAIRES.
il  y  a  quatre  séminaires  inférieurs  pour  des  jeunes  gens  de  quatorze  ;i  dixhuit
  ans,  et  un  séminaire  supérieur  à  Tubingue.  La  durée  des  études  est
de  quatre  ans.
L’Etat  paye  vingt-cinq  bourses.  A  chaque  séminaire  inférieur  il  y  a  un  doyen
principal,  deux  professeurs,  deux  répétiteurs  et  un  maître  de  musique.  Au  séminaire ­
  supérieur  il  y  a  un  doyen  principal  et  neuf  répétiteurs,  sans  compter
les  cours  suivis  à  l’université.

GYMNASES.
Il  y  a  en  Wurtemberg  sept  gymnases,  savoir:  ceux  de  Stuttgard,  d  dm,
d’Heilbronn,  d’Ellwangen,  d’Esslingen,  de  Rottweil,  de  Tubingen.  Ils  donnent
un  enseignement  scientifique  supérieur,  et  préparent  aux  universités.  Celui
d’Heilbronn  a  un  internat  pour  /io  élèves.
lies  lycées  de  Ludwigsbourg,  Oehringen,  Ravensbourg  sont  des  établissements ­
  intermédiaires  entre  les  gymnases  et  les  écoles  latines  inférieures  pour  les
jeunes  gens  de  quatorze  à  seize  ans.
Dans  les  écoles  latines  (Lateinschulen),  on  enseigne  aux  enfants,  jusqu’à  l’âge
de  quatorze  ans  accomplis,  les  langues  mortes  à  la  suite  de  l’enseignement  primaire. ­

Les  écoles  réelles  inférieures  sont,  sous  le  rapport  de  ¡’âge  des  élèves  et  la
position  des  professeurs,  des  établissements  parallèles  aux  écoles  latines  (Lateinschulen), ­
  et  qui  enseignent  les  connaissances  dites  réelles  et  le  français,  à  l’exclusion ­
  des  langues  anciennes.  Pour  les  jeunes  gens  âgés  de  plus  de  11\  ans,  il  y  a,
à  Stuttgard,  à  dm,  à  Heilbronn,  à  Ludwigsbourg,  à  Esslingen,  à  Reutlingen,  à
Tubingen  ,  à  Rottweil  et  à  Hall  des  écoles  réelles  supérieures  ,  destinées  à  préparer ­
  à  l’école  polytechnique,  ou  à  donner  une  instruction  plus  complète  à  ceux
qui  se  vouent  aux  carrières  industrielles.
Les  écoles  élémentaires,  qui  existent  dans  quelques  grandes  villes,  préparent
des  enfants  de  six  à  huit  ans  pour  les  études  philologiques  ou  les  études  réelles.
        <pb n="400" />
        —  390  —
Lnfin  Jes  jeunes  gens,  surtout  les  apprentis  el  les  compagnons  des  métiers  qui
se  rapportent  aux  constructions  des  bâtiments,  peuvent  recevoir,  pendant  la
saison  d’hiver,  une  instruction  spécialement  organisée  pour  eux  dans  les  écoles
d’hiver  en  vue  des  travaux  de  bâtiment,  nommées  écoles  d’hiver  du  bâtiment
(  ffinterbaugeiverkschulen),  et  fondées  en  i  8â5.
Pour  l’enseignement  de  la  gymnastique,  qui  fait  depuis  i8â5  partie  de
l’enseignement  dans  les  écoles  primaires  et  moyennes,  on  a  établi  une  école
de  professeurs  de  gymnastique,  â  laquelle  est  annexée  l’établissement  modèle  de
gymnastique  de  Stuttgard,  fréquenté  par  les  élèves  du  gymnase.
ÉCOLES  INDUSTRIELLES  (GEWERBESCHULEN).
Sous  ce  titre,  il  existe  dans  le  royaume  de  Wurtemberg  cent  et  une  écoles  du
dimanche  ou  du  soir,  dans  lesquelles  on  enseigne  principalement  le  dessin,  et
dans  quelques-unes  des  notions  de  sciences.
Le  nombre  des  élèves  dans  ces  écoles  a  été,  en  i863,  de  7979.
ÉCOLES  DE  PERFECTIONNEMENT  (FORTBILDVNGSCHULEN).
Depuis  1  853,  il  a  été  nommé  par  le  ministère  une  commission  pour  organiser
et  diriger  les  écoles  de  ce  genre,  aujourd’hui  au  nombre  de  quatre-vingt  quatorze ­
  ,  en  y  comprenant  les  écoles  du  dimanche,  et  pour  leur  procurer  le  matériel
nécessaire,  ainsi  que  des  professeurs  de  dessin  convenables.  L’enseignement
qu’on  y  reçoit  est  le  même  que  dans  les  précédentes,  et  il  est  donné  en  partie
par  les  professeurs  d’autres  établissements,  en  partie  par  des  professeurs  spéciaux. ­

UNIVERSITÉ  DE  TUBINGEN.
Cette  université  se  compose  de  sept  facultés,  savoir  :
i°  La  faculté  de  théologie  protestante;
‘2°  La  faculté  de  théologie  catholique;
3°  La  faculté  de  droit;
l\°  La  faculté  de  médecine;
5°  La  faculté  de  philosophie;
b°  La  faculté  d’économie  politique;
7 0  La  faculté  des  sciences.
Il  y  a,  en  outre,  comme  accessoires  :  i°  une  bibliothèque;  2 0  le  séminaire
des  pasteurs  protestants;  3°  l’institut  anatomique;  l’institut  physiologique;
5°  le  jardin  botanique;  6°  le  laboratoire  de  chimie,  avec  divisions  spéciales
pour  la  chimie  physiologique  et  pathologique,  pour  l’agriculture  el  la  chimie
technique;  7 0  le  cabinet  dinstruments  de  chirurgie;  8°  des  cliniques  médicales,
        <pb n="401" />
        —  391  —
chirurgicales  et  d’accouchement  et  hôpitaux;  9 0  la  collection  de  zoologie  et  d’anatomie ­
  comparée;  io°  la  collection  minéralogique  et  géognostique;  1  i°  le  cabinet ­
  de  monnaies  et  d’antiquités;  1  2 0  le  cabinet  de  physique;  1  3°  l’observatoire
et  le  cabinet  astronomique;  1  4°.  la  collection  agricole  et  forestière;  1  5°  la  collection ­
  technologique;  1  6°  le  séminaire  philologique  de  professeurs;  1  7 0  I  école
de  dessin  (institut);  18 0  la  collection  de  tableaux;  19°  l’école  de  cavalerie  et
le  haras;  20 0  la  salle  d’armes;  21 0  l’école  de  gymnastique;  22 0  l’école  de  natation. ­

Cette  université  compte  75■  professeurs,  dont  à  1  ordinaires,  9  extraordinaires, ­
  et  19  agrégés.  Pendant  l’hiver  1862-1803,  il  y  avait  620  élèves,
dont  167  étrangers.
Outre  les  1  36ooo  florins  que  cette  école  reçoit  du  Gouvernement,  elle  a
un  revenu  propre  de  3oooo  florins  environ.
ÉCOLES  AGRICOLES.
Académie  agricole  ei  forestière  de  Hohenheim,  fondée  en  1818.
La  durée  de  fenseignement  de  cette  académie  est  de  deux  ans.  Il  est  assez
renommé.  A  l’école  est  jointe  une  exploitation  agricole  de  1000  acres  (Morgen)
ou  280  hectares.  H  y  a,  en  outre,  une  école  inférieure  d’agriculture  comprenant
trois  ans  d’études  pour  28  élèves,  une  école  d’horticulture  pour  6  élèves.
L’établissement  a  un  directeur  professeur,  8  professeurs,  et,  en  outre  9  adjoints.
En  1862-1863,  il  y  avait  à  l’école  agricole  121  élèves,  dont  82  étrangers,  et
à  l’école  forestière  33  élèves,  dont  2  étrangers,  en  tout  i84  élèves.
Il  y  a  en  outre,  sur  les  domaines  royaux  de  Ellwangen,  d’Ochsenbausen  et  de
Kirchberg,  trois  écoles  agricoles  inférieures.
ÉCOLE  VÉTÉRINAIRE  DE  STUTTGART).
La  durée  des  études  est  de  deux  ans.  Pour  les  élèves  du  Wurtemberg,  l’enseignement ­
  et  le  logement  sont  gratuits.  Les  étrangers  payent  8  florins  par  semestre. ­
  On  reçoit  de  3o  à  fi  o  élèves.
ÉCOLE  POLYTECHNIQUE.
L’école  polytechnique  de  Stuttgard  a,  dans  son  organisation,  une  certaine
analogie  avec  les  universités  d’Allemagne,  en  ce  que,  tout  en  formant  des  élèves
pour  diverses  spécialités  techniques  de  services  publics  et  d’industries,  elle
ne  détermine  pas  d’une  manière  absolue  les  cours  que  ces  élèves  doivent  suivre
pour  acquérir  l’instruction  nécessaire,  et  leur  en  laisse  à  peu  près  le  choix.
G’est  ce  qifi  résulte  des  dispositions  contenues  dans  le  règlement  organique
du  16  avril  1862.
        <pb n="402" />
        —  392  —
L’enseignement  s’adresse  à  Ja  fois  aux  jeunes  gens  qui  se  destinent  aux  diverses ­
  spécialités  principales  des  travaux  publics  et  de  1  industrie,  pour  lesquelles
l’étude  des  sciences  est  nécessaire  au  point  de  vue  théorique  et  pratique,  et  à
ceux  qui  veulent  suivre  la  carrière  de  l’instruction  publique  scientifique.
Il  comprend  cinq  années  d’études,  dont  deux  préparatoires  pour  les  sciences
mathématiques,  physiques  et  naturelles,  et  les  trois  autres  pour  les  directions
spéciales,  qui  sont  :
L’architecture;
Le  génie  civil;
La  construction  des  machines;
I 1  aux  fabrications  chimiques  ;
à  la  métallurgie  ;
à  la  pharmacie.
11  va,  en  outre,  une  division  commerciale  exigeant  une  année  d’études
correspondant  à  la  seconde  année  préparatoire.
Les  élèves  sont  partagés  en  élèves  réguliers  et  en  auditeurs  libres.
Pour  être  admis  comme  élève  ordinaire,  il  faut  satisfaire  aux  conditions
suivantes  :
i°  Avoir  seize  ans  pour  la  division  de  mathématiques,  quinze  ans  pour  celle
du  commerce,  et  dix-huit  ans  pour  les  divisions  techniques;
2 e  Présenter  un  certificat  de  bonne  conduite;
3°  Avoir  justifié,  par  un  examen,  qu’on  possède  les  connaissances  nécessaires
pour  suivre  les  cours  ;
\°  Produire  une  autorisation  de  ses  parents  ou  tuteurs.
Les  connaissances  exigées  sont  :
Pour  la  division  de  mathématiques  :
L’algèbre  jusqu’aux  équations  du  deuxième  degré,  l’usage  des  tables  de  logarithmes ­
  ;
La  géométrie  et  la  stéréotomie;
Les  éléments  de  la  trigonométrie  plane  ;
Les  éléments  de  la  langue  française  ;
L’habitude  de  la  rédaction  en  allemand;
La  connaissance  de  l’histoire;
Des  notions  de  géographie  mathématique,  physique  et  politique  ;
Le  dessin  linéaire  et  à  main  levée.
Pour  la  division  du  commerce  :
L’habitude  du  calcul  décimal  et  des  opérations  relatives  au  commerce;
Le  dessin;
        <pb n="403" />
        Les  éléments  de  la  langue  française;
La  géographie.
Pour  être  admis  dans  les  divisions  techniques,  il  faut  prouver  qu’on  possède
les  connaissances  nécessaires  pour  en  suivre  l’enseignement.
Malgré  la  liberté  laissée  aux  élèves  ordinaires  de  suivre  les  cours  qui  leur
conviennent,  ils  sont  cependant  astreints  à  ceux  qui  sont  indispensables  à  la
spécialité  qu’ils  ont  choisie.
La  rétribution  scolaire  à  payer  est  de  i  llorín  (2  fr.  10  cent.)  par  heure  de
cours  et  par  semaine.  Elle  se  règle  par  semestre  et  ne  peut  excéder  1  5  florins
(3i  fr.  5o  cent.).  On  paye,  en  outre,  5  florins  (10  fr.  5o  cent.)  d’entrée  et
!\  2  kreutzers  (  1  fr.  70  cent.)  par  semestre  pour  le  service.
Pour  les  cours  particuliers  la  rétribution  est  de  2  florins  (  k  fr.  20  cent.)  par
heure  de  leçon  par  semaine,  et  se  paye  par  semestre.
Enfin,  pour  les  manipulations  au  laboratoire  de  chimie  on  paye  5  florins
(  1  o  fr.  00  cent.)  par  semestre.
11  est  fait  remise  totale  ou  partielle  de  ces  rétributions  aux  élèves  pauvres,
mais  studieux.
La  discipline  est  maintenue  par  les  professeurs  et  par  le  directeur.
Les  peines  sont  :
La  réprimande  simple;
La  réprimande  devant  les  professeurs;
La  prison  ;
Le  retrait  de  la  bourse;
La  menace  d'expulsion;
L’expulsion  limitée  ou  définitive.
A  la  fin  de  chaque  année,  il  y  a  une  exposition  publique  des  travaux  des
élèves.  Lorsque  les  études  de  la  division  préparatoire  de  mathématiques  sont
terminées,  on  passe  des  examens,  à  la  suite  desquels  on  délivre,  s’il  y  a  lieu,  des
certificats  de  maturité,  qui  permettent  l’admission  aux  cours  spéciaux  ou  techniques ­
  de  l’université.
Des  prix  sont  donnés  aux  élèves  qui  passent  des  examens  brillants,  et  ou
leur  accorde  la  réduction  du  service  militaire  à  un  an.
Ces  examens,  qui  ne  sont  en  usage  que  depuis  1862,  sont  passés  avec  sévérité, ­
  comme  ou  peut  le  voir  par  les  résultats  suivants  :
En  1862,  35  élèves  s’y  sont  présentés,  18  seulement  ont  obtenu  des  certificats ­
  de  maturité.
En  1  863,  il  s’en  est  présenté  36,  sur  lesquels  25  seulement  ont  réussi.
Chaque  division  spéciale  a  un  chef  ou  principal  choisi  parmi  les  professeurs
        <pb n="404" />
        #

—  394

de  celle  division,  lequel  est  chargé  de  la  surveillance  générale  des  élèves  et  de
la  discipline.
L’établissement  a  pour  chef  un  directeur  nommé  tous  les  ans  par  le  Roi  parmi
les  professeurs  et  sur  leur  présentation.
L’école  est  sous  f  autorité  directe  du  ministre  de  l’instruction  publique  et  des
cultes,  qui  réunit  en  Wurtemberg  toutes  les  branches  de  l’enseignement  et  fait
faire  de  temps  à  autre  des  inspections.
Les  matières  de  l’enseignement,  ainsi  que  le  nombre  d’heures  de  leçons
pour  la  division  préparatoire  mathématique  et  pour  la  division  du  commerce,
sont  indiquées  dans  le  tableau  suivant  :

DIVISION  DE  MATHÉMATIQUES.  —  1"  CLASSE.
MATIÈRES  ENSEIGNÉES.
Trigonométrie  plane  et  sphérique
Analyse  élémentaire
Géométrie  descriptive
Plan  et  dessin  de  terrains
Dessin  à  main  levée
Langue  allemande
Langue  anglaise
Langue  française.  .
Géographie
Histoire  générale
Religion  (catholique  ou  protestante)
DIVISION  DE  MATHÉMATIQUES.  —  2'  CLASSE.
Analyse  supérieure
( analytique
descriptive
appliquée
Mécanique,  ï"  partie
Zoologie
Dessin  d’architecture
Dessin  à  main  levée
Littérature  allemande
Langue  française  »  •  •  •
Langue  anglaise
Histoire
Sommes

NOMBRE
d'heures
DE  LEÇONS  PAR  SEMAINE.
5  Répétition  2

4  2
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        <pb n="405" />
        395  —

CLASSE  DE  COMMERCE.
Tenue  des  livres
Arithmétique  commerciale
Géographie  commerciale
,  allemande
T  i  française
Langues  ç
j  anglaise  *
'  italienne
.  (  française
Correspondance....!  .  .
(  anglaise  et  italienne
Introduction  à  la  législation  des  lettres  de  change..  .
Dessin  à  marin  levée
Enseignement  religieux  (catholique  ou  protestant)..
Somme

NOMBRE
d’heures
DK  LEÇONS
par  semaine.

6
4
3
2
4
4
5
2
2
1
2
1

36

Pour  renseignement  technique,  les  élèves  sont  libres  de  fixer,  avec  l’approbation ­
  des  professeurs  principaux  des  divisions  spéciales,  le  plan  d’études  qu’ils
se  proposent  de  suivre.  Nous  indiquerons  plus  loin  quelle  est  la  répartition
qu’on  leur  fait  habituellement  adopter,  mais  auparavant  nous  ferons  connaître
l’ensemble  des  cours  professés,  parce  qu’il  montre  toute  l’étendue  de  l’enseignement ­
  de  cet  institut.

COURS  PROFESSÉS  A  L’INSTITUT  POLYTECHNIQUE  DE  STUTTGARD
POUR  LES  DIVISIONS  TECHNIQUES.
MATIÈRES  ENSEIGNÉES.
Analyse  supérieure,  2 e  partie
Méthode  des  moindres  carrés
Géométrie
Mécanique,  2 e  partie
Astronomie  populaire
Minéralogie
Exercices  minéralogiques
Physique  expérimentale,
Physique  mathématique
Exercices  de  physique
Chimie  générale  et  technique
Chimie  pour  constructeurs
Chimie  analytique

HEURES
DE  LEÇONS  PAU  SEMAINE.

2  Répétition  n

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        <pb n="406" />
        —  396  —

Histoire  de  l'architecture  dans  l’antiquité
Histoire  del’achi  lecture  du  moyen  âge,  renaissance  et  moderne.
Eludes  graphiques  sur  l’histoire  de  l’architecture
Dessin  à  main  levée
Dessin  d’ornement  et  modelage  en  cire,  en  argile
Histoire  des  temps  les  plus  modernes  -,
Vie  et  œuvres  de  Gœlhe  et  de  Lessing
( française
anglaise
italienne
Economie  politique
Exploitation  industrielle
Droit  et  administration
Gymnastique
Exercices  de  sculpture  sur  bois  et  aux  ateliers  de  mécanique.  .
Stœchiométrie
Exercices,  manipulations  chimiques
Technologie  mécanique
Technologie  chimique
Construction  de  machines,  1”  partie
Constructions  (exercices)
Constructions  de  machines,  2"  partie
Constructions  (exercices)
Constructions  de  machines,  3 e  partie
Constructions  (exercices)
Cours  préparatoire
Science  de  l’ingénieur,  i re  partie
Idem,  2 e  partie
Eléments  de  construction  de  bâtiments.  (Cours.)
Idem.  (Dessin.)
Construction  de  grands  édifices.  (Cours.)
Projets  de  constructions

HEURES
DE  LEÇONS  PAR  SEMAINE.

2  Répétition  //
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Le  personnel  enseignant  se  compose  de  29  personnes.
La  répartition  la  plus  habituelle  de  ces  matières  se  fait  ainsi  qu  il  suit  :

SPÉCIALITÉ.  CONSTRUCTEURS  ET  ARCHITECTES.

Première  aimée.  —  Éléments  de  construction;  dessin  à  main  levée  et  d’ornements; ­
  minéralogie  et  géologie;  physique  mathématique;  chimie  relative  aux
constructions.
        <pb n="407" />
        397

Deuxième  année.  —  Construction;  histoire  de  l’architecture;  projets;  cou-  *
naissance  des  matériaux  de  construction;  dessin  à  main  levée  et  d’ornements.
Troisième  année.  —  Grandes  constructions;  histoire  de  l’architecture  moderne; ­
  projets  de  construction;  devis;  dessin  d’ornements  et  à  main  levée.
Les  salles  de  dessin  sont  ouvertes  toute  la  journée.
GÉNIE  CIVIL.
Première  année.  —  Mécanique,  deuxième  cours;  construction  de  machines,
premier  cours,  et  exercices;  éléments  de  construction  de  bâtiments;  géométrie
appliquée;  dessin  à  main  levée;  minéralogie  et  géognosie;  physique  mathématique; ­
  chimie  pour  les  constructeurs.
Deuxième  année.  —  Science  de  l’ingénieur,  premier  cours;  constructions  de
bâtiments,  de  machines,  deuxième  cours;  dessin  à  main  levée.
Troisième  année.  —  Science  de  l’ingénieur,  deuxième  cours;  constructions
importantes  de  bâtiments,  de  machines,  troisième  cours;  dessin  à  main  levée.
Les  salles  de  dessin  sont  ouvertes  toute  la  journée.
MÉCANICIENS.
Première  année.  —Construction  de  machines;  éléments  de  construction  de
bâtiments;  mécanique,  deuxième  cours;  physique  mathématique;  chimie  relative ­
  aux  constructions;  dessin  à  main  levée;  ateliers.
Deuxième  année.  —  Construction  de  machines,  deuxième  cours;  mécanique
technologique;  technologie  chimique;  chauliage;  ponts.
Troisième  année.  —  Construction  de  machines,  troisième  cours;  constructions ­
  hydrauliques;  constructions  de  bâtiments;  comptabilité  des  travaux;  économie ­
  politique.
Les  salles  de  dessin  sont  ouvertes  toute  la  journée.
CHIMIE  TECHNIQUE.
Première  année.  —  Chimie  générale  et  technique;  chimie  analytique;  stœchiométrie;
  physique  mathématique;  minéralogie  et  géognosie;  éléments  de  construction ­
  de  bâtiments.
Deuxième  année.  —  Chimie  analytique;  exercices  chimiques;  technologie
chimique;  exercices  physiques,  minéralogiques;  chaullâge.
'Troisième  année.  —  Manipulations  chimiques;  technologie  chimique;  droit.
MÉTALLURGISTES.
Première  année.  —  Chimie  générale  et  technique;  physique  mathématique;
        <pb n="408" />
        minéralogie  et  géognosie;  construction  de  machines  et  exercices;  éléments  de
construction  de  bâtiments.
Deuxième  année.  —  Chimie  analytique;  technologie  mécanique;  exercices
physiques,  chimiques  et  minéralogiques  ;  construction  de  machines  et  exercices;
chauffage.
Troisième  année.  —  Exercices  chimiques;  technologie  chimique;  construction ­
  de  machines,  troisième  cours,  et  exercices;  économie  politique;  droit  et
administration.
PHARMACIENS.
On  suppose  que  les  élèves  possèdent  déjà  les  connaissances  pratiques  nécessaires. ­

Première  année.  —  Chimie  générale  et  technique;  chimie  analytique;  pharmacognosie; ­
  zoologie;  botanique;  minéralogie  et  géognosie;  physique  expérimentale; ­
  stœchiométrie  et  manipulations  chimiques.
Deuxième  année.  —  Exercices  chimiques  et  minéralogiques;  chimie  analytique. ­

COLLECTIONS.

De  nombreuses  collections  sont  en  outre  utilisées  par  les  professeurs  et  par
les  elèves  pour  les  études;  en  voici  la  nomenclature  :
Bibliothèque.
Produits  chimiques  et  cabinet  d’appareils.
Collection  de  technologie  chimique.
Cabinet  de  physique.
Collections  minéralogiques  et  géognostiques.
t  géologique,
botanique,
pharm  acognostique.
Modèles  de  géométrie  descriptive.
Appareils  pour  la  géodésie.
Modèles  de  machines.
Collection  de  technologie  mécanique,
pour  1  architecture,
pour  les  travaux  d’art.
Reproductions  pour  l’ornementation  et  l’histoire  de  l’architecture.
Collection  plastique  pour  dessin  à  main  levée.
Collection  de  modèles  pour  les  différentes  branches  de  dessin,  pour  la  construction ­
  et  pour  I  histoire  de  I  architecture.
Collection  d’ouvrages  sur  les  constructions  et  sur  les  travaux  d’art.

Modèles
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PL  V

Entrée  dé  Eamphithéâtre

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LABORAME  DE  CHIMIE

À  sDTGAKT.

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façade
sur  la  rue.

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&amp;lt;Ÿ  y  io  nuUres

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Partie  antérieure  du  bâtiment

Corps  de  bâtiment  postérieur.

C  orps  de  bâtiment

interine

Tiiltlt’  (h- Vl&amp;gt; ’'''  con  datte  d’eau.
-  ish^a/ion^

o  Amphithéâtre.
1  Table  à  experiences
2  Cuve  à  eau-3
  Fontaine-  et  ange.

k  Laboratoire,  de#  professeurs.
1  Tables  de  travail.
2  Fontaine.  .
a
4  Etuve  aver  bains  de  sable,
bains-marie,  etc.

4  te  lier  de  rinçage
r  Fontaine.

Ateliers.
1  Four'  à  potassium.
2  Chaudrons  en  fer  et  en  cuivi
3  Fours  de  fusion.
4  Alambic.
5  Fontaine.
6

a'  Chambre  pbolometrique.
1  Gazomètre.
2  Fontaines
3  Finne.

n  Laboratoire  analg  tique..
1  Grandfoyer  d'évaporation.
2  Poêle.
3  2d  places  pour  les  élèves.
'4  2  tables  pour  les  préparateurs.
5  Souffleries.
6  Bain  de  sable.
•j  Alambic  a  distiller  avec  bain-marie
et  appareils  tic  séchage  chauffés  à
lu  vapeur,
d  Fontaine.

V  «

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pom
J

if  Pluie,

Chambre^  aux-  aboques
1  Tables  et  armoires.
2  Bascule.

Cuve  O-IL



C/  udièf  '^' 1 "'  wee  bain  de  sable

4  Cuve  a  mercare.

5  Tableaumobile.
6  Fiche  et  cheminée.
7  Foyer  clos  au  yax  et  à  calcination
d  Bancs  des  auditeurs.

&amp;lt;i 7  C/a/nbre  exulto  rnéir  it  pi
i  Poêle.

Bain  de  ■&amp;lt;

g  J^ u G°n  d'évaporation.

(rordep-vo  b  e.
Entrée  du  laboratoire  .
Escalier  menant  aux  collections  tecbnoloy
  iques  et  aux.  chambres  îles
préparateurs.
Escalier  de  la  cane  .
Galerie  couverte  pour  les  évaporation.

l  Corridor.
m.  L  a  b  oratoire  des  préparateurs
'  i  Fours  à  calciner.
2  Fontaine.
3  Fluve  avec  bains  desable,
bains-marie,  etc.
4  Table  delravaiL

;  /byfrdr'  '  —  ""Y
g  Fours  d l ’J
ni  f  \paee l 'h S  h°urneau  de  calcination
n  Sand-léd\
22

l)  Chambre  c/es  balances,
e  F  o,/eme  ni  du  garçon,
d  Appareils  de  physique,
e  Bibliothèque.,
f  Chambres-  des  professeurs,
q  Approvisionnements-  et  réactifs
h  Vestibule,
i  Cage  (/’escalier.

q  Corruloi

Chambres  pour  Es  produits-  prepar
et  Es  appareils.

xx.  Latrines

o  Laboratoire  technique.
i  3  y  ramies  tables  de  travail.

ëJ

Canaux  souterrains  pour  coru
        <pb n="411" />
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^  '  A'  \  4;/  '  /  V

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        —  399

Collection  pour  la  connaissance  des  marchandises.
Le  local  actuellement  occupé  par  l’école  est  insuffisant,  mais  on  en  prépare
un  autre  qui  sera  convenablement  disposé.
Laboratoire  de  chimie.  —  Le  laboratoire  de  chimie,  très-bien  organisé  et  parfaitement ­
  tenu,  est  divisé  en  deux  parties  principales,  l’une  pour  la  chimie  analytique, ­
  l’autre  pour  la  pharmacie.  Il  est  muni  de  tous  les  accessoires  nécessaires, ­
  pompes  à  eau,  appareils  pour  la  distillation  de  l’eau,  gazomètre,  bains
de  sable,  fours  divers  de  fusion  et  de  réduction,  étuves,  etc.
Le  tout  est  ventilé  par  aspiration,  par  en  bas,  de  manière  à  éviter  que  les
odeurs  se  répandent  dans  les  salles.
Nous  joignons  à  ce  rapport  un  plan  de  cette  belle  et  complète  installation,
qui  peut  servir  de  modèle,  pi.  IV.
Des  ateliers  sont  ouverts  aux  élèves  mécaniciens,  et  il  y  en  a  quelques-uns
qui  en  profitent.
Nombre  de  professeurs  et  d’élèves.  —  La  division  des  constructeurs  ou  architectes ­
  comptait  en  1866  environ  /10  élèves,  et  leurs  études  sont  réglées  de
manière  qu’a  près  leur  première  année  d’études  spéciales,  ils  doivent  aller  passer
une  année  sur  des  chantiers  de  construction.  Après  ce  noviciat,  ils  peuvent
prendre  le  titre  d’entrepreneurs  ou  Werkmeister.
Lorsqu’ils  ont  passé  leur  quatrième  année  à  l’école,  et  qu’ils  ont  travaillé  un
an  ou  deux  sous  la  direction  d’un  architecte,  ils  peuvent  prendre  le  titre  d’architecte ­
  et  être  chargés  de  travaux  pour  les  villes.
La  division  des  ingénieurs  avait  cette  année  60  à  70  élèves,  et  l’examen  des
projets  qu’ils  rédigent,  leurs  études  très-détaillées  et  très-complètes  de  ponts  de
tous  genres,  indiquent  un  enseignement  très-bien  dirigé  et  suivi  avec  soin.
En  1860-1861,  le  personnel  attaché  à  l’enseignement  était  composé  de  :
i3  professeurs  principaux.
i3  professeurs  spéciaux  et  adjoints.
3  chefs  d’ateliers.
7  répétiteurs  et  préparateurs.
Le  nombre  total  des  élèves  était  alors  de  ‘270,  répartis  comme  il  suit  :
Architectes,  mécaniciens,  ingénieurs  i4i
Chimistes  5,
Commerçants  .  2  ,
Eleves  se  destinant  à  1  enseignement  1  p

Auditeurs  divers  3g
Total  270
        <pb n="413" />
        —  400  —
Kn  186/4,  ce  nombre  s’était  élevé  à  877,  répartis  ainsi  qu’il  suit
Première  classe  de  mathématiques  62
Deuxième  classe  id.  3?
Division  du  commerce  23
Division  d’architecture  89
Division  des  ingénieurs  69
Division  des  mécaniciens  53
Division  des  chimistes  44

Total  377

Relevé  des  dépenses  relatives  à  Vinstraction  publique.

Univesrilé  de  Tubingen
Subventions  pour  voyages  scientifiques
Salaires,  pensions  payés  parle  Gouvernement
Bibliothèques,  numismatique,  antiquité,  cabinet  d’histoire  naturelle.  .  .  .
Ecoles  artistiques,  subventions  à  de  jeunes  artistes,  collections,  entretien
des  monuments  d’art  et  d’antiquités  du  Wurtemberg
Subventions  du  Gouvernement  à  des  sociétés  scientifiques  et  artistiques
privées
Gymnases,  lycées  et  autres  écoles  latines
Autres  dépenses
Ecole  polytechnique

Ecole  de  constructeurs  de  bâtiments  à  Stuttgard.

Ecoles  réelles
Gymnastique
Ecoles  de  perfectionnement  d’apprentis
Augmentations  pour  durée  de  services  et  autres  aux  professeurs  d’écoles
littéraires  et  réelles
Académie  agricole  et  forestière  de  Hohenhein
Écoles  agricoles  de  Kirchberg,  d’EHwangen,  d’Ochsenhausen
Ecole  vétérinaire
!  Séminaires  d’instituteurs
Subsides  aux  élèves  se  destinant  à  l’enseignement ­
  privé
Enseignement  primaire..  /  Ecoles  primaires  protestantes
Ecoles  primaires  catholiques
Augmentations  pour  durée  de  service  et  autres,
subventions  aux  communes
Orphelinats
Aveugles  et  sourds-muets

Total.

i36ooo“oo
2  5oo  00
55oo  00
24200  00
17955  00
22ÖO  00
91635  26
10800  00
43ooo  00
9721  00
89635  5o
7800  00
27600  00
24908  22
12332  18
.  5845  4o
7600  00
34524  00
11000  00
38671  16
28566  09
i255oo  00
47860  00
12900  00

768105  01
        <pb n="414" />
        —  401  —
BUDGET  ET  DÉPENSES  POUR  L’INSTRUCTION  PUBLIQUE,
Le  budget  total  du  Wurtemberg  s’élevait,  en  1863-1864  à  la  somme  de
,6*30688  Borins.  Sur  cette  somme,  le  ministère  de  la  guerre  recevait
3540007  florins  ou  o,a&amp;gt;8  du  budget  total,  et  l'instruction  publique  des  d,-vers
  degrés,  non  compris  les  cultes,  768100  florins,  ou  0,047  u  mtget
total.

(U  Statistique  du  royaume  de  Wurtemberg,  page  782.  Stutlgard,  i83.

51

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        <pb n="415" />
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        KAPPORT  PARTICULIER
SUR  LES  ÉTABLISSEMENTS  D’ENSEIGNEMENT
DANS
LE  GRAND-DUCHÉ  DE  BADE.

ORGANISATION  DE  L’ENSEIGNEMENT.
Pour  faire  connaître  l’ensemble  des  institutions  destinées  à  répandre  l’instruction ­
  nécessaire  aux  différentes  catégories  des  citoyens,  suivant  leur  âge,  leur  position, ­
  leur  carrière  et  leurs  ressources,  nous  ne  croyons  pouvoir  mieux  faire  que
de  donner,  d’abord,  l’extrait  suivant  d’un  travail  fort  remarquable,  publié,
en  1863,  sur  la  statistique  et  l’industrie  du  grand-duché,  par  M.  R.  Dietz,  directeur ­
  du  commerce  et  de  l’industrie.
Nous  y  ajouterons  ensuite  quelques  détails  sur  diverses  institutions.
«  Salles  d’asile.  —  Conformément  à  l’ordonnance  rendue  par  le  ministre  de
«l’intérieur  du  grand-duché,  le  3  octobre  i838,  il  peut  être  demandé  à  l’admi-«
  nistration  scolaire  supérieure  (aujourd’hui  conseil  supérieur  d’instruction  du
«grand-duché)  l’autorisation  d’établir  une  salle  d’asile  pour  les  petits  enfants.
«Le  conseil  examine  les  demandes  qui  lui  sont  soumises,  sous  le  rapport  de
«  leur  utilité,  et  recherche  si,  par  suite  des  conditions  locales,  et  surtout  par  suite
«  du  genre  d’occupations  des  habitants,  l’institution  est  devenue  nécessaire  et
«  peut  procurer  des  résultats  utiles.
«  Les  enfants  dont  les  parents  ou  tuteurs  sont,  parleurs  occupations,  éloignés
«  de  leur  domicile  pendant  la  plus  grande  partie  de  la  journée,  peuvent  seuls  être
«admis  dans  ces  asiles.
«Les  règlements  de  l’asile  ne  peuvent  interdire  aux  parents  de  venir  chérit ­
  cher  leurs  enfants  pour  dîner.  On  aura  soin  de  ne  point  gâter  les  enfants
«adoptés,  de  ne  point  leur  faire  contracter  des  habitudes  qui  ne  puissent  s’a-«dapter
  à  leur  condition  future,  et  de  ne  point  créer  en  eux  des  besoins  qu’ils
«ne  pourraient  satisfaire  plus  tard.
«  L’instruction,  qui  ne  sera  donnée  que  pendant  un  petit  nombre  d’heures  de
«la  journée,  ne  devra  pas  se  prolonger  trop  tard,  et,  en  général,  elle  ne  devra
«  pas  être  exagérée.
        <pb n="417" />
        «  Dans  chaque  établissement  on  aura  soin  de  faire  prendre  aux  enfants  l’exer-«
  cice  nécessaire  en  plein  air.
«  Les  salles  d’asile  des  petits  enfants  ont  été,  en  général,  fondées  par  des  cocí ­
  tisalions  volontaires  d’assemblées  dont  les  membres  appartiennent,  pour  la
«plupart,  à  la  religion  protestante.  Il  existe  des  institutions  semblables  dans
«  beaucoup  de  communautés  protestantes  du  pays.
«D’après  le  compte  rendu  annuel  pour  1862  de  la  maison  maternelle  de
;&amp;lt;  petits  enfants  à  Nonnenweier,  près  Lahr,  on  a  établi,  depuis  i8áá,  des  écoles
«  pour  les  petits  enfants  dans  i3o  communes  protestantes  du  grand-duché.
ÉCOLES  POPULAIRES  OU  PRIMAIRES  (  VOLKSCHULE).
«  L’ordonnance  grand-ducale  du  1  5  mai  183/i,  basée  sur  l’édit  du  1  3  mai  i8o3,
«  prescrit  ce  qui  suit  :
«  Obligation  de  l’enseignement  primaire.  —Les  enfants  qui,  dans  l’intervalle  du
«23  avril  d’une  année  au  28  avril  de  l’année  suivante,  ont  accompli  leur
«sixième  année,  seront  tenus  d’aller  à  l’école  à  partir  de  Pâques.
«  Cependant,  dans  le  cas  de  faiblesse  corporelle  des  enfants  ou  pour  des  ino-«
  tifs  analogues,  le  conseil  de  l’école  pourra  leur  accorder,  sur  la  demande  de
«leurs  parents  ou  tuteurs,  un  délai  d’une  année,  après  lequel  ils  seront  tenus
«  de  fréquenter  l’école.
«Les  enfants  ne  pourront  quitter  l’école  qu’à  Pâques  :  pour  les  garçons,
«quand  ils  auront  accompli  à  cette  époque  ou  accompliront  avant  le  28  avril
«de  la  même  année  leur  quatorzième  année,  et,  pour  les  filles,  quand  elles
«auront  accompli  leur  treizième  année  ou  l’accompliront  avant  le  28  avril.
«Les  enfants  qui,  arrivés  à  cet  âge,  n’auront  pas  acquis  les  connaissances
«  nécessaires  à  la  vie  civile,  en  ce  qui  concerne  la  religion,  la  langue  allemande,
«  l’écriture  et  le  calcul,  seront  retenus  une  année,  ou,  suivant  les  circonstances,
«  deux  années  encore  à  l’école  primaire  élémentaire.
«  Sont  exemptés  de  l’école  primaire  :
«  i°  Les  enfants  qui,  en  vue  d’une  éducation  supérieure,  fréquentent  une
«  institution  publique  ou  privée  de  degré  plus  élevé;
«  2 0  Les  enfants  qui  ont  reçu  l’instruction  donnée  dans  les  écoles  primaires
«  d’un  maître  particulier,  autorisé  par  l’inspecteur  des  écoles  de  la  circonscription  ;
«  3°  Les  enfants  qui  fréquentent  des  écoles  privées  autorisées.
«  L’enseignement  primaire  comprend  :
«  La  religion  ;
«  La  langue  allemande;
«  L’écriture  ;
        <pb n="418" />
        1

405  —
«Le  calcul;
«Le  chant;
«Et  d’autres  connaissances  d’une  utilité  pratique  sur  l’histoire  naturelle,  les
«sciences  naturelles,  la  géographie,  l’histoire,  l’hygiène,  l’économie  rurale,  l’a  -
«griculture,  la  géométrie,  etc.
«On  y  ajoutera  le  dessin,  si  les  ressources  le  comportent.  Cependant  on
«  n’enseignera  ces  matières  supplémentaires  qu’autant  que  l’étude  des  premières
«connaissances,  plus  nécessaires  à  ¡’instruction  élémentaire,  n’en  souffrirait
«  pas.  »
Statistique  des  écoles  primaires.  —  En  i85%,  il  y  avait,  dans  les  i  583  communes ­
  du  grand-duché,  1770  écoles  catholiques  et  protestantes,  où  l’instruction ­
  était  donnée  par  ïl\78  instituteurs,  dont  1  863  principaux  et  610  instituteurs ­
  adjoints.
Les  traitements  des  instituteurs  principaux  s’élevaient  à  727962  florins,  soit
en  moyenne,  pour  chacun,  890  fl.  44  kr.  (819  francs).  Ceux  des  instituteurs
adjoints,  à  io55o5  florins.
Le  nombre  des  enfants  tenus  alors  d’aller  à  l’école  était  de  222  1  65,  et  la
surveillance  exercée  était  telle  que  tous  suivaient  effectivement  les  leçons  des
écoles.
La  loi  du  3  mai  1  858  a  encore  amélioré  la  situation  matérielle  des  instituteurs ­
  primaires.
En  1  852  il  existait,  en  outre,  dans  le  grand-duché,  69  écoles  primaires  ¡Israelites ­
  ,  avec  5o  instituteurs  principaux  et  5  instituteurs  adjoints.
Le  nombre  des  enfants  de  ce  culte  comprenait  :
i°  Ceux  qui  recevaient  leur  instruction  totale  à  l’école;
Garçons  1215
Filles  112  5

234o  enfants.

2 0  Ceux  qui  fréquentaient  d’autres  institutions  et  ne  participaient  à  l’école
israélite  que  pour  l’instruction  religieuse  :

Garçons  i38  /
Filles  45  Í
Total

i83  enfants.

2  5s3

De  plus,  il  y  avait  98  écoles  religieuses  israélites  avec  99  instituteurs,  spécialement ­
  dans  des  endroits  où  des  écoles  israélites  publiques  n’avaient  point
pu  subsister.
        <pb n="419" />
        183o  enfants.

—  406
Ces  écoles  étaient  fréquentées  par  :
Garçons

Q03
878

Filles

ÉCOLES  DES  FABRIQUES.

L’ordonnance  du  4  mars  i84o  arrête  :

uLes  enfants  tenus  d’aller  à  l’école  ne  peuvent  être  exemptés  de  la  fréquen-«
  tation  des  écoles  ordinaires  pour  aller  travailler  dans  des  fabriques,  à  moins
«  qu'ils  n’y  fréquentent  des  écoles  spéciales.

«  L’établissement  de  ces  écoles  des  fabriques  doit  être  autorisé  par  le  conseil

«  supérieur  d  instruction.
«  Les  frais  de  ces  écoles  sont  à  la  charge  des  fabricants.
«  Des  enfants  qui  ont  plus  de  i  i  ans,  et  n’ont  pas  encore  dépassé  les  deux
((  degrés  inférieurs  de  l’instruction  primaire  élémentaire,  ne  peuvent  suivre
«  ces  écoles  des  fabriques.
«Chaque  division  doit  recevoir  au  moins,  en  moyenne,  deux  heures  d’ins-«
  t  ruction  par  jour.  Les  heures  d’instruction  seront  réglées,  autant  que  possible,
«  matin  et  soir,  de  manière  à  précéder  les  heures  de  travail  ;  si  cela  ne  se  peut
«  pas,  l’instruction  ne  doit  se  faire  qu’après  une  heure  de  repos  au  moins.
«  La  somme  des  heures  d’étude  et  de  travail  ne  doit  pas,  pour  des  enfants  qui
«  n’ont  pas  dépassé  l’âge  où  ils  peuvent  quitter  les  écoles  (i  4  ans  pour  les  garçons
«et  i3  ans  pour  les  biles),  dépasser  douze  heures.  On  accordera  aux  enfants,
«pendant  les  heures  de  travail  du  matin  et  de  faprès-midi,  un  repos  d’un  quart
«d’heure,  à  midi  une  heure  entière  de  récréation,  en  leur  facilitant,  à  chacun
«  de  ces  repos,  l’exercice  en  plein  air.  »
Il  existe  des  écoles  de  fabrique  à  Haagen  ,  Steinen,  Lokrach,  Laufenmühle,
Ettingen,  Schiltach,  contenant  ensemble  de  4oo  à  45o  enfants.
ÉCOLES  DE  TRAVAIL  POUR  LES  FILLES.
En  exécution  du  paragraphe  3  de  l’ordonnance  du  i  5  mai  i  834  ,  pour  ce  qui
concerne  les  relations  des  écoles  industrielles  et  des  écoles  primaires,  un  arrêté
du  ministre  de  l’intérieur  du  grand-duché,  daté  du  i er  août  ï  836,  ordonne  ce
qui  suit  :
«  Chaque  commune  qui  possède  une  école  primaire  est,  d’après  le  paraci
  graphe  8  de  l’article  i  3  de  l’organisation  de  18o3,  tenue  d’avoir,  pendant  l’hiver
«  au  moins,  une  école  de  travail,  où  les  filles  apprendront  à  exécuter  les  travaux
«  de  femme  nécessaires  à  leur  condition  future  -,  on  leur  enseignera  notamment
«4  coudre  et  à  tricoter.
        <pb n="420" />
        «  Le  conseil  municipal  et  le  conseil  de  l’école  fixeront  l  äge  à  partir  duquel
«les  filles  seront  reçues  à  ces  écoles.
«En  tout  cas,  à  partir  de  i  i  ans  et  jusqu’au  moment  où  elles  quittent  les
«  écoles  primaires,  les  filles  sont,  pendant  le  semestre  d’hiver,  tenues  de  fréquen-«ter
  ces  écoles  de  travail.
«Le  conseil  d’instruction  pourra,  à  la  demande  des  parents  ou  tuteurs,  disci ­
  penser  de  ces  leçons  les  enfants  qui,  par  leur  situation,  recevront  cette  instruc-«
  tion,  soit  dans  leurs  familles,  soit  d’une  autre  façon.  Deux  jours  de  la  semaine
«et  deux  heures  par  jour  au  moins  devront  être  consacrés  à  cet  enseigne-«
  ment.
ÉCOLES  DE  PERFECTIONNEMENT  TENUES  DANS  LA  SEMAINE.
«  Dans  toutes  les  communes,  conformément  à  l’édit  du  i  3  mai  i  8o3  ,  il  sera
«ouvert,  pendant  le  semestre  d’hiver,  des  écoles  de  perfectionnement,  que  les
«garçons,  qui  ne  fréquentent  ni  une  école  bourgeoise  supérieure  ni  une  école
«industrielle  ou  un  autre  établissement  privé,  déclaré  suffisant  par  le  conseil
«  d’instruction,  seront  tenus  de  fréquenter  pendant  les  deux  premières  années
«qui  suivront  leur  sortie  de  l’école  primaire.  Cependant,  s’il  y  a  des  motifs
«acceptés  par  le  conseil  d’instruction,  ils  pourront  en  être  dispensés  pence ­
  dant  toute  la  durée  ou  pendant  une  partie  de  ce  temps.
«Ces  écoles  seront  tenues  chaque  semaine,  une  ou  deux  fois  pendant  deux
«heures  au  moins.  Ce  n’est  que  par  exception  et  pour  des  raisons  particulières
«locales,  que  ces  cours  pourront  avoir  lieu  le  soir,  et,  dans  ce  cas,  la  police  de
«  l’endroit  devra  prendre  les  mesures  convenables  pour  éviter  tout  désordre  de
«  la  part  des  garçons  fréquentant  ces  écoles.
«Dans  ces  écoles,  les  garçons  s’exerceront  et  se  perfectionneront  dans  les
«matières  qu’ils  ont  apprises  aux  écoles  élémentaires,  et  notamment  en  ce  qui
«concerne  l’écriture,  la  rédaction  et  le  calcul.
«On  consacrera  aussi  relativement  plus  de  temps  que  dans  les  écoles  élé-«mentaires
  à  donner  aux  élèves  des  notions  pratiques  d’histoire  naturelle,  de
«sciences  naturelles,  de  géographie,  d’histoire,  et  surtout  d’agriculture  et  des
«  principes  élémentaires  de  mécanique.
ÉCOLES  DES  DIMANCHES.
«  L’école  du  dimanche,  qui  dure  chaque  dimanche  une  heure  (les  jours  de
«fête  et  de  vacances  exceptés),  devra  être  fréquentée  parles  garçons  et  par  les
«  filles  pendant  trois  ans  (dans  les  villes  deux  ans),  à  partir  de  leur  sortie  des
«écoles  primaires,  et  sans  exception,  l’été  comme  l’hiver.
«Sont  dispensés  les  enfants  qui  fréquentent  une  école  bourgeoise  supérieure,
        <pb n="421" />
        —  408  —
«  une  école  industrielle  ou  une  autre  institution  plus  élevée,  et  ceux  qui  reçoivent ­
  une  instruction  privée,  déclarée  suffisante  par  le  conseil  d’instruction,
«ainsi  que  les  filles  qui,  poursuivant  dans  une  école  publique  des  études  plus
«  avancées,  ont  acquis  des  connaissances  suffisantes  dans  les  matières  enseignées
«à  l’école  du  dimanche.
«  Dans  ces  écoles  du  dimanche,  on  devra  continuer  l’instruction  religieuse,  en
«  se  servant  des  livres  classiques  prescrits  à  cet  effet  et  en  faisant  faire  la  lecture
«  de  passages  choisis  de  l’Écriture  sainte.
«  Le  reste  de  l’enseignement  des  garçons  aura  pour  sujet  ce  qui  constitue  l’ob-«
  jet  de  leurs  études  dans  l’école  de  perfectionnement  journalière.  »
ÉTABLISSEMENTS  POUR  LA  FORMATION  DES  INSTITUTEURS  PRIMAIRES.
Il  existe  trois  séminaires  d’instituteurs  :
Le  séminaire  protestant  de  Carlsruhe,  où  l’on  forme  aussi  les  instituteurs
Israélites,  et  les  séminaires  catholiques  d’Ettlingen  et  de  Meersbourg.
Le  nombre  des  élèves  qui  fréquentaient  ces  institutions  était  :

En  1859-1860,
En  1860-1861  .
En  1861-1862.

A  CARLSRUHE

PROTESTANTS.

ISRAELITES.

CATHOLIQUES

A  ETTLINGEN.  A  MEERSBOURG.

INSTITUT  DES  SOURDS-MUETS  DE  PFORSHEIM.
A  l’institut  des  sourds-muets  de  Pforsheim,  crée  en  1  783  par  feu  le  margrave ­
  Charles-Frédéric,  il  y  avait  :

En  1889-1860.
En  1860-1861  .

GARÇONS.

TOTAL.

INSTITUT  DES  AVEUGLES  DE  FRIBOURG.
L’institut  des  aveugles  de  Fribourg,  ouvert  le  22  novembre  1828,  centième
anniversaire  de  la  naissance  de  feu  le  grand-duc  Charles-Frédéric,  comptait  :
        <pb n="422" />
        22
21

15
15

37
36

En  1859-1860.
En  1860-1861  .

ÉCOLE  D’AGRICULTURE.
Pour  l’enseignement  de  l’agriculture,  le  duché  de  Bade  possède  :
T  L’école  d’agriculture  de  Hochbourg,  près  Emmendingen,  fondée  en  exécution ­
  de  la  loi  du  22  avril  18/16;
2 0  L’école  d’horticulture  de  Carlsruhe;
3°  L’école  d’arboriculture,  ouverte  seulement  pendant  huit  à  dix  semaines
par  an,  à  Carlsruhe;
lx°  L’école  de  culture  des  prairies,  ouverte  seulement  pendant  l’hiver,  à
Carlsruhe.
Le  nombre  des  élèves  était  :

En  1839-1860.
En  1860-1861.
En  1861-1862.

d'agriculture  de  Hochbourg.

Élèves.

15
15
18

Élèves  libres.

A  L’ECOLE

d’horticulture
de
Carlsruhe.

12
9
13

d’arboriculture
de
Carlsruhe.

10
6

de  culture
des  prairies
de
Carlsruhe.

10
16
16

Pour  propager  plus  complètement  l’étude  de  la  culture  dans  les  écoles  primaires, ­
  les  instituteurs  sont  astreints  à  donner,  en  dehors  de  l’instruction  élémentaire ­
  proprement  dite,  et  surtout  aux  séances  du  dimanche,  des  notions  de
culture.
La  commission  centrale  pour  la  culture  fait  constater  cette  instruction  par
des  personnes  compétentes,  et  distribue  des  primes  en  argent  aux  instituteurs
(jui  se  sont  distingués  dans  cet  enseignement.
Pour  les  besoins  de  la  culture,  il  existe,  sous  la  direction  de  la  commission
centrale  du  grand-duché,  une  société  d’agriculture  qui  étend  son  action  sur  tout
        <pb n="423" />
        le  pays.  Cette  société  comptait,  à  la  fin  de  1862,  1193/1  membres  inscrits
sur  les  listes  faites  jusqu’alors,  et  elle  publie  un  journal  de  culture  hebdomadaire, ­
  tiré  à  9000  exemplaires.
Le  budget  alloue  à  la  commission  centrale  d’économie  rurale  les  sommes

suivantes  :
1862.  i863.
A.  Pour  la  culture  07600“  87600“
B.  Pour  l’école  vétérinaire  89769  84866
C.  Pour  l’école  des  maréchaux  ferranls  800  800

Total  128169  128266

ÉCOLE  VÉTÉRINAIRE.
L’ancienne  école  vétérinaire  de  Carl  s  ruhe  a  été  supprimée  il  y  a  quelques
années,  parce  que  le  terrain  où  elle  se  trouvait  était  nécessaire  à  l’agrandissement ­
  de  l’école  polytechnique.  Depuis,  les  jeunes  gens  qui  se  vouent  à  cette
carrière  reçoivent  des  subventions  tirées  de  la  caisse  de  l’Etat  pour  suivre  à
l’étranger  les  cours  d’écoles  vétérinaires.
ÉCOLES  PROFESSIONNELLES.
D’après  une  ordonnance  du  Grand-Duc,  en  date  du  1  5  mai  183A,  il  doit  être
établi,  dans  chaque  ville  riche  en  industrie,  des  écoles  professionnelles,  qui  ont
pour  but  de  donner,  aux  jeunes  gens  qui  embrassent  un  métier  ou  une  industrie
n’exigeant  pas  une  éducation  scientifique  supérieure  et  dont  la  pratique  leur  est
déjà  un  peu  familière,  les  connaissances  et  les  aptitudes  graphiques  qui  les  rendent ­
  propres  à  exercer  cette  industrie.
L’instruction  des  écoles  professionnelles  comprend  nécessairement  le  dessin
à  main  levée  des  corps  et  des  figures  géométriques,  et  le  dessin  d’ornement.
L’arithmétique  et  les  principes  d’algèbre  ;
La  géométrie  avec  le  dessin  géométrique  (épures);
L’économie  industrielle  avec  l’instruction  de  la  tenue  des  livres  en  partie
simple.
A  cette  instruction  doivent  s’ajouter  des  exercices  de  lecture  et  de  compositions ­
  écrites.
Selon  les  besoins  et  les  ressources  allouées,  l’instruction  comprendra  en  outre  :
En  physique  :  l’énumération  simple  des  principaux  phénomènes  naturels,  et
les  connaissances  naturelles  et  chimiques  utiles  pour  certains  métiers  spéciaux
et  pour  certaines  industries  agricoles.
En  mécanique  :  les  applications  aux  industries  avec  la  description,  la  cons-
        <pb n="424" />
        —  411  —
truction  et  le  calcul  des  machines  spéciales  d’après  la  variété  des  industries
de  la  ville  et  de  ses  environs.
Il  pourra  être  établi  un  enseignement  spécial  pour  des  industries  ou  des
branches  d’industries  particulières.
Sont  admis  aux  écoles  professionnelles  tous  les  jeunes  gens  ayant  accompli
leur  quatorzième  année,  qui  sont  entrés  ou  ont  l’intention  d’entrer  prochainement ­
  en  apprentissage  auprès  d’un  maître  et  qui  possèdent  les  connaissances
prélables  nécessaires.
Il  n’est  exigé,  pour  l’admission  à  ces  écoles,  que  les  connaissances  que  l’on
acquiert  à  l’école  primaire.
L’école  professionnelle  est  destinée  à  tous  les  jeunes  gens  ayant  atteint  l’âge
de  i  lx  ans,  travaillant  auprès  d’un  maître  en  cours  d’apprentissage.
Elle  est  aussi  ouverte  aux  compagnons  qui  ont  les  connaissances  suffisantes
et  qui  peuvent  produire  un  certificat  de  moralité.
L’accès  en  est  de  même  facilité  ;î  tous  ceux  qui,  pour  l’exercice  d’un  métier
ne  rentrant  dans  aucune  corporation,  veulent  acquérir  des  connaissances  utiles
par  la  fréquentation  de  cours  spéciaux  à  cet  elfet,  comme,  par  exemple,  pour
des  industries  agricoles  pour  lesquelles  il  y  a  des  cours  de  physique.
Dans  les  villes  où  il  n’est  pas  annexé  d’enseignement  de  dessin  à  l’école  primaire, ­
  on  devra  admettre  à  l’école  professionnelle  les  élèves  aux  cours  de  dessin
un  an  avant  leur  confirmation,  c’est-à-dire  dès  l’âge  de  i  2  ans.
L’instruction  sera  faite  en  partie  les  dimanches  et  les  jours  de  fête  (les  grands
jours  de  fête  exceptés)  et  en  partie  les  jours  ordinaires,  et  durera,  suivant  les  localités, ­
  plus  ou  moins  d’heures.
L’ordonnance  du  7  novembre  18/40  permet  de  dispenser  de  la  fréquentation ­
  des  écoles  professionnelles,  ou  seulement  de  l’enseignement  de  certaines
matières,  les  apprentis  d’industries  spéciales,  pour  lesquelles  l’instruction  acquise
dans  les  écoles  professionnelles  est  moins  nécessaire  ou  utile.
Des  apprentis  peuvent  être  dispensés  de  fréquenter  les  écoles  professionnelles ­
  s’ils  ont  suivi  avec  succès  les  quatre  premières  années  de  cours  d’une  école
littéraire  ou  d’une  école  bourgeoise  supérieure,  ou  s’ils  prouvent,  par  des  examens, ­
  qu’ils  possèdent  les  connaissances  que  l’on  acquiert  dans  les  cours  de  la
quatrième  année  de  l’école  bourgeoise  supérieure.
Le  bourgmestre,  et  au  besoin  le  pasteur  du  district,  devront  prononcer  des
punitions  contre  les  patrons  qui  ne  s’acquitteraient  pas  suffisamment  du  devoir
d’astreindre  leurs  apprentis  à  fréquenter  les  écoles.
Les  écoles  professionnelles  sont  des  institutions  communales  subventionnées
par  l’État.
        <pb n="425" />
        412

Il  existait,  en  1863,  en  tout,  60  écoles  proíessionnelies  fréquentées  par
/i8o3  élèves.
Elles  étaient  dirigées  par  36  professeurs  et  36  aides.
Leurs  traitements,  y  compris  les  subventions  accordées  par  l’Etat,  s’élevaient, ­
  ensemble,  pendant  les  années  i860  à  1862,  à  3o523  florins
(66078  francs).
Les  états  de  dépenses,  pour  les  trois  dernières  années,  des  écoles  professionnelles, ­

  s’élevaient  à  :
Recettes  60100"  4o u
Dépenses  38279  5i
Différence  1820  69

Ce  reliquat  est  employé  à  augmenter  le  fonds  de  ces  institutions.
Parmi  les  recettes  de  ces  écoles  se  trouvent  compris  8700  florins,  produit
d’une  subvention  de  1  Etat  inscrite  dans  la  partie  du  budget  affectée  à  l’instruction; ­
  cette  dernière  s’élève,  pour  1  862  et  1  863,  à  1  65oo  florins,  dont  1  5oo  florins ­
  reviennent  à  l’école  polytechnique,  pour  le  perfectionnement  des  études
d’élèves  des  écoles  professionnelles.
On  trouve,  dans  la  seconde  partie  de  l’ouvrage  de  M.  Dietz,  ce  qui  concerne
l’école  d’horlogerie  de  Furtwangen,  à  laquelle  est  attachée  une  école  professionnelle ­
  entretenue  exclusivement  aux  frais  de  l’Etat.
Dans  l’année  scolaire  1851-1852,  il  n’y  avait  encore  que  3o  écoles  professionnelles ­

  où  l’on  comptait  :
Elèves  ordinaires  185f&amp;gt;
Elèves  libres  787
Total  2662

Depuis,  ces  écoles  ont  été  beaucoup  plus  fréquentées,  comme  on  peut  le
voir  par  le  tableau  suivant  :

En  1859-1860.
Eu  1860-1861  .
En  1861-1862.

NOMBRE  TOTAL
D’ÉLÈVES.

4  245
4461
4  803

REPARTITION

329
424
461

APPRENTIS.

3  343
3  472
3  635

SANS  MÉTIERS.

573
565
707
        <pb n="426" />
        Ces  nombres  augmenteraient  encore,  si  J  on  complétait  la  statistique  de  quel
ques-uns  de  ces  établissements.
Dans  les  années  scolaires,  depuis  i  85q  jusqu  en  i  86  2  ,  ces  écoles,  au  nombre
de  37,  étaient  fréquentées  de  la  façon  suivante  :

DÉSIGNATION  DES  ECOLES.

Constance
Neustadt
Tiberlingen
Biltingen
Emmindingen
Fribourg
Furtwangen
Saint-Georges
Schmau
Tribey
Waldkirch
Waldshut
Bade
Brett  en
Bruchsal
Biëbl
Carlsruhe
Dudach
Eppingen
Ettlingen
Gernsbach
Lahr
Oberkiret
OlTenbourg
Pforzheim
Rastadt
Wolfacb
Buchen
Heidelberg
Mannheim
Nosbach
Neckarguemines
Schwetzingen
Sentgheim
Tanberbischoffsheim.
Weinheim
Werl  heim

Total  .

NOMBRE  TOTAL

233
65
52
85
55
361
132
62
47
54
78
38
252
58
130
67
304
84
122
91
81
149
40
110
483
140
33
99
424
282
65
27
115
52
39
76
151

REPARTITION

les
COMPAGNONS.

4  736

30
3
2
6
12
58
9
10
6
6
8
46
1
8
a
1
5
12
13
5
5
11
28
15
3
44
45
3

6
8
11

les
APPRENTIS.

426

179
54
48
74
38
302
48
46
20
50
40
29
186
54
102
53
302
79
102
57
46
142
35
82
451
114
30
50
251
237
49
26
55
48
26
67
93

LES  ÉLÈVES
professions.

3  668

24
8
2
5
5
1
75
6
21
4
32
1
20
3
20
14

8
21
30
2
5
17
4
11
46
129
13
1
54
4
7
1
47

642

Dans  ces  dernières  années,  de  nouvelles  écoles  ont  été  établies  a  Meers-
        <pb n="427" />
        bourg,  à  Bohrenbach  (canton  de  Willengen)  et  à  Schnau  (circonscription  de
Heidelberg).
De  ï  85g  à  1862,  les  élèves  appartenaient  aux  professions  suivantes  :

Menuisiers  480
Serruriers  382
Maçons  36o
Orfèvres  &amp;gt;  2 5i
Charpentiers  2 oo
Cordonniers  igg
Tailleurs  i85
Horlogers  169
Relieurs  80
Selliers  -78

Tailleurs  de  pierre  70
Tourneurs  5q
A  l’école  professionnelle  de  Mannheim  il  y  a,  depuis  quelques  années,  une
école  préparatoire,  qui  comptait  38  élèves  en  1861-1862.
On  y  reçoit  les  garçons  de  1  2  à  1  k  ans  qui,  ayant  accompli  leur  quatorzième
année,  entrent  en  apprentissage  auprès  d’un  maître  et  passent  de  là  à  l’école  professionnelle, ­
  dont  l’enseignement  est  réglé  ainsi  qu’il  suit  :

ENSEIGNEMENT  DE  L'ECOLE  PROFESSIONNELLE  DE  MANNHEIM.

MATIÈRES  ENSEIGNÉES.

NOMBRE
D’HEURES
par  semaine.

Religion
Langue  allemande
Géographie  et  histoire
Arithmétique  et  algèbre
Géométrie
Dessin  à  main  levée
Dessin  géométrique
Langue  française  (étude  libre).
Chant

2
6
2
4
4
4
4
4
1

Total

31

ÉCOLES  BOURGEOISES  SUPERIEURES  (HÖHERE  BÜRGER  SCHULE).

L’instruction  des  écoles  bourgeoises  supérieures  comprend,  aux  termes  de
l’ordonnance  du  1  5  mai  183  A  :
        <pb n="428" />
        m

415

La  religion,
I  allemande,
française,
latine,
L’histoire  universelle,
L’arithmétique,
La  géométrie  avec  les  exercices  pratiques, ­


La  géographie,
L’histoire  naturelle,
Les  sciences  naturelles,
La  technologie.
Le  dessin,
La  calligraphie,
Le  chant.

En  principe,  les  élèves  entrant  dans  les  classes  inférieures  doivent  avoir
i  o  ans  accomplis.
Une  école.supérieure  complète  a  des  cours  qui  durent  de  cinq  à  six  ans.
On  comptait,  dans  les  écoles  supérieures,  au  nombre  de  24,  désignées  cidessous,
  les  nombres  d’élèves  suivant  :

DESIGNATION  DES  ECOLES.

Bade
Bischoffsheim-sur-Rhin.
Brelien
Buchen
Constance
Eberbach
Emmendingen
Eppingen
Ettlingen
Ettenheim
Fribourg
Heidelberg
Gernsbach
Hornberg
Korck
Mannheim
Moosbach
Müllheim
SinUheim
ScholFheim
Uberlingen
WIllingen
Waldshut
Weinheim
Total.

NOMBRE  D’ELEVES

1858-1859.

2  126

1859-1860

2  106

i860-  186

2  040

1861  -1862

2  154

I  n—ta  »i  —■  11  ti  i  in  fin
        <pb n="429" />
        —  416  —

ÉCOLES  LITTÉRAIRES  (GELHERTESCHULE).
Conformément  à  l’ordonnance  du  3i  décembre  i836,  on  comprend  sous
ce  titre  :
i°  Les  lycées;  2°  les  gymnases;  3°  les  maisons  d’éducation  (pédagogies).
Les  matières  enseignées  dans  les  lycées  sont  :
La  religion,  la  langue  allemande,  le  latin,  le  grec,  l’hébreu,  pour  ceux  qui
se  vouent  à  la  théologie,  le  français  (et,  si  les  ressources  le  comportent,  l’italien
et  l’anglais);  les  mathématiques,  les  sciences  naturelles,  l’histoire-naturelle,  la
géographie,  l’histoire,  l’archéologie,  la  rhétorique,  la  philosophie,  la  calligraphie, ­
  le  dessin,  le  chant,  la  gymnastique.
Les  lycées  ont  neuf  années  de  cours  et  6  classes.
En  principe,  les  élèves  des  classes  inférieures  doivent  avoir  accompli  leur
dixième  année  au  moment  de  leur  admission.
d  outes  les  écoles  qui  n’ont  pas  les  moyens  d’instruction  suffisant  pour  remplir ­
  complètement  le  programme  doivent  diviser  les  études  conformément  à
l’esprit  général  de  ce  programme,  et  se  borner  à  donner  l’instruction  dans  des
limites  proportionnées  à  leurs  ressources.
Celles  de  ces  écoles  qui  continuent  les  études  jusqu’à  la  septième  année  des
cours,  inclusivement  au  moins,  reçoivent  le  nom  de  gymnase,  les  autres  celui
de  maisons  d’éducation  publique  (pédagogies).

1858-1859.

83
98
1S5
366

163
93
146
130
222

754

1859-1860.

95
87
195

377

166
82
117
126
191

682

1860-1861.

91
90
207
388

170
82
132
143
178
705

1861-1802,

87
77
218

382

154
80
134
126
158

652

Le  nombre  des  élèves  était  :
A.  Aux  maisons  d’éducation  (pédagogies)  de:
Durlacb
Lorrach
Pforzheim

B.  Aux  gymnases  de  :
Bruchsal
Denanchingen
Lahr
OfTenbourg
Tauberbischoflsheim.

Totai.

Total.
        <pb n="430" />
        53

417  —

C.  Aux  lycées  ele  :
Carlsruhe..  .
Constance.  •
Fribourg...
Heidelberg..
Mannheim..
Rastadt.  .  .  .
Wertheim.  .

Total

1858-1859.

569
251
416
196
267
157
150

2  006

1859-1860.

588
244
415
186
252
136
172

1  994

1860-1861.

624
217
404
203
252
136
172

2  008

1861-1862,

739
209
352
223
263
161
161

2  108

ECO  LC  DE  GYMNASTIQUE.
D’après  l’importance  considérable  attachée  à  l’enseignement  de  la  gymnastique, ­
  le  gouvernement  grand-ducal  a  pourvu  dans  les  budgets  de  i  862  et  1  863
au  crédit  nécessaire  de  8280  florins  pour  fonder  à  Carlsruhe  une  institution  centrale, ­
  où  seront  reçus  des  candidats  spécialement  destinés  à  l’enseignement  de
la  gymnastique.  Ces  candidats,  qui  sont  déjà  employés  dans  ces  enseignements
à  divers  degrés,  se  perfectionneront  à  ces  écoles,  où  l’on  recevra  aussi  ceux  qui
provisoirement  sont  employés  comme  aides  des  professeurs  actuels  de  gymnastique. ­
  En  cas  de  besoin,  des  subventions  pourront  être  accordées  à  ces  candidats.
On  a  l’intention  de  mettre  cette  institution  en  relation  avec  les  établissements
d’instruction  publique  de  Carlsruhe,  et  de  préférence  avec  le  lycée.  Les  élèves
de  ce  lycée  y  recevront  leur  instruction  gymnastique,  et  une  partie  au  moins  des
élèves  des  autres  institutions  publiques  pourra  y  être  admise.
¿COLES  MILITAIRES.
Pour  former  de  jeunes  officiers,  S.  A.  R.  le  grand-duc  Louis  fonda  en  ï  820
l'école  des  cadets,  dont  l’organisation  actuelle  date  de  185  1.
Dans  cette  école  on  reçoit  des  jeunes  gens  de  i5  à  18  ans;  après  avoir
reconnu  leur  aptitude  au  service  militaire,  et  constaté  leurs  connaissances,  qui
doivent  comprendre  tout  ce  qui  est  enseigné  jusqu’à  la  quatrième  classe  inclusivement ­
  des  gymnases  du  grand-duché.
L’instruction  y  dure  trois  ans  et  embrasse  :
Cours  théoriques  :  Allemand  et  français,  mathématiques,  code  militaire,  tactique, ­
  art  militaire,  fortifications,  histoire,  géographie,  arpentage.
Cours  pratiques  :  Exercices  d’infanterie  et  d’artillerie,  manœuvres  et  maniement ­
  d’armes,  fortifications,  arpentage  et  reconnaissances  de  terrain.
        <pb n="431" />
        Gymnastique  :  Les  armes,  Ja  gymnastique  ,  l’équitation,  la  natation.
D’après  les  budgets  de  1862  et  i863,  le  nombre  des  cadets  s’élève  à  Go.
Il  existe  de  plus  h  Carlsruhe  une  école  de  perfectionnement  pour  les  officiers
supérieurs.

ÉCOLE  POLYTECHNIQUE  DE  CARLSRUHE.
L’école  potytecbnique  de  Carlsruhe,  dont  l’organisation  actuelle  remonte
1882,  comprend  trois  classes  communes  d’études  pour  les  mathématiques
générales  et  sept  divisions  spéciales  techniques  qui  sont  :
L’école  des  ingénieurs,  celle  des  architectes,  l’école  des  sciences  mécaniques
celle  des  sciences  chimiques,  l’école  forestière,  l’école  du  commerce  et  l’école
des  postes.
Dans  les  trois  classes  de  mathématiques,  on  enseigne,  outre  les  langues  vivantes ­
  l’histoire,  la  littérature  allemande,  les  mathématiques  pures  et  appliquées, ­
  ainsi  que  les  sciences  naturelles,  la  minéralogie,  la  géologie,  la  botanique, ­
  la  zoologie,  ta  physique  et  la  chimie.
Ces  trois  classes  ont  pour  but  de  donner  dans  ces  sciences  une  instruction
qui  serve  de  base  aux  études  techniques  ultérieures.
Dans  les  divisions  spéciales,  les  connaissances  et  (instruction  particulières
peuvent  être  acquises  d’une  façon  tellement  complète,  quelles  permettent  aux
jeunes  gens  qui  ont  quitté  l’école  pour  entrer  dans  les  affaires,  d’y  montrer
ou  d’y  acquérir  promptement  une  aptitude  pratique  remarquable.
Les  ateliers  suivants  sont  annexés  à  l’école  :
I o  Un  atelier  de  mécanique;
2 0  Un  atelier  d’ébénisterie;
3°  Un  atelier  de  moulage  en  plâtre;
!x°  Un  atelier  de  moulage  en  argile.
Le  nombre  des  élèves  de  l’école  polytechnique  et  de  l’école  préparatoire,  qui
s’y  rattache,  est  indiqué  dans  le  tableau  suivant:
        <pb n="432" />
        53.

—  419

j"  classe  générale  mathématique.  .
2°  classe
3 e  classe
École  des  ingénieurs
École  d’architecture
École  forestière  •  ■  .
École  des  sciences  chimiques
École  de  constructions  mécaniques.
École  des  postes  et  du  commerce.  .
Elèves  libres

Total

École  préparatoire.

E\  roui.

49
38
19
61
40
21
10
23
23
10

1861-1802.

294
35

329

22
70
7
95
49
10
28
100
4
12
361
4

465

71
117
26
146
89
31
33
183
27
22

755
39

794

%34
43
11
57
50
28
10
19
27
9

288
34

322

1862-1863.

NON  BADOIS.

13
61
2
98
47
10
19
123
5
13

384
4

488

47
104
14
150
97
38
29
142
30
22

672
38

710

UNIVERSITE.

Le  grand-duché  de  Bade  possède  deux  universités:  lune  à  Heidelberg,  fondée
on  i  386  par  Robert  i er ,  et  l’autre  fondée  en  i454  par  Albert  VI,  archiduc
d’Autriche.

Le  nombre  des  élèves  était  a  1  université
d’ileidelberg  :
Théologiens  et  séminaristes
Juristes
Médecins,  chimistes  et  pharmaciens
Commerçants
Philosophes  et  philologues

Total
Personnes  d’âge  plus  mûr
Chirurgiens  et  pharmaciens  établis.

En  tout.

DANS  LE  SEMESTRE  D’HIVER
1861-1869.

NON  BADOIS.

57
22
35
20
32

166
19
7

192

29
467
61
7
74

437
18
19

474

86
288
96
27
106
604
37
26

666

DANS  LE  SEMESTRE  D’ETE
i86i-i86a.

NON  BADOIS.

54
26
30
19
27

156
17
9

182

53
360
63
7
32

565
20
18

603

107
386
63
26
109

721
37
27

785
        <pb n="433" />
        —  420

Le  nombre  des  élèves  était  à  l’université
de  Fribourg  :

Théologiens  (catholiques).  .  .
Juristes  et  aspirants  notaires.
Médecins  et  pharmaciens  .  .  .
Commerçants
Philosophes  et  philologues  .  .

Totaux
Étudiants  libres
Chirurgiens  de  grade  inférieur  .

En  Tou?.

DANS  LE  SEMESTRE  D'HIVER
1861-1862.

NON  BADOIS.

150
25
37
34
10

262

262

27
2
7

40

40

183
17
44
34
14

302
7
11

320

DANS  LE  SEMESTRE  D’ETE
1861-1862.

NON  BAD  O  IS.

147
-3
35
30
12

247

248

32
4
12

54

179
27
47
30
18

301
5
9

315

fl  existe  à  Fribourg  un  séminaire  destiné  à  former  Jes  prêtres  catlioliques.
Fes  candidats  théologiens  catholiques  doivent  passer  Ja  dernière  année  de
leurs  études  en  exercices  pratiques  au  séminaire  de  Saint-Pierre.

SCIENCES  ET  ARTS.
Le  budget  de  l’Étal  pour  1  862  accorde  pour  ce  service  Jes  secours  suivants  :

i°  Traitements  et  gages  1  5oo  florins.
(Y  compris  le  traitement  du  conservateur  des  monuments  d’art.)
2 0  Pour  subvention  aux  jeunes  artistes  et  savants  6677
3°  Pour  le  cabinet  de  physique  de  Carlsrulie  900
4°  Pour  le  cabinet  d’histoire  naturelle  de  Carlsrulie  500
5°  Pour  la  galerie  des  modèles  de  Carlsrulie  1  29
6°  Pour  l’Observatoire  de  Carlsruhe  1  760
7 0  Pour  le  théâtre  de  la  cour  de  Carlsruhe  11  879
8°  Pour  l’exposition  artistique  1000
9 0  Pour  la  conservation  d’anciens  monuments  d’architecture  1000

24335

Fn  résumant  les  détails  que  nous  venons  de  rapporter,  on  peut  former  le
tableau  statistique  suivant  :
Le  grand-duché  de  Bade  a  une  population  de  1059291  habitants,  répartis
dans  1  583  communes.
Son  budget  total  pour  186/1  s’élève  à  la  somme  de  1  633  1  288  florins  ou
        <pb n="434" />
        421

34296706  francs.  Sur  cette  somme  ii  consacre  3012699  florins  ou  les
0,180  au  département  de  la  guerre  et  541/167  Morins  ou  o,o33  à  celui  de
l’instruction  publique.
Les  établissements  d’enseignement  qu’il  possède  peuvent  se  classer  comme
il  suit  :
Salles  d’asile  ",  i3o
Í  1770  catholiques  et  protestants.
F.  coles  primaires...  &amp;lt;  4g  israéliles.
(  5  privées  de  fabrique.

1S24
ou  une  école  pour  760  habitants.
Nombre  d’enfants  inscrits  devant  aller  aux  écoles  322160
Ecoles  des  dimanches  tenues  aux  écoles  primaires,  obligatoires ­
  pour  les  garçons  jusqu’à  15  ans.
Nombre  d’enfants  allant  réellement  aux  écoles  primaires:  tous
par  suite  de  la  surveillance  sévère  exercée  sur  cette  fréquentation. ­

Ecoles  de  perfectionnement  pour  les  biles,  au  moins  une  par

commune,  soit  i583
Ecoles  professionnelles  des  jours  ouvrables  pour  les  apprentis.  4o
Nombre  d’élèves  48o3
Ecoles  bourgeoises  2/1
Nombre  des  élèves  •  2134

Les  établissements  d’enseignement  littéraire  sont  :

Les  écoles  dites  pédagogies  au  nombre  de
Les  gymnases
Les  lycées
Nombres  d’élèves
Ecoles  d’agriculture  diverses
Nombre  d’élèves
Institut  polytechnique

Nombre  d’élèves  en  1862-63

du  grand-duché
étrangers

Nombre  .félèves  !  »  ltòieltcr S
I  à  Fribourg..
Ecole  centrale  gymnastique
Universités
Ecole  normale  d’instituteurs
Ecole  des  sourds-muets
Ecole  des  aveugles

...  322
...  288
.  ..  78b
1  ■  r.

3.

/•  /
3,4  a
4
54

710
1100

2
3

i

i
        <pb n="435" />
        ÉTAT  ACTUEL  DE  LA  POPULATION.
Le  grand-duché  de  Bade,  dont  le  territoire  s’étend  en  grande  partie  dans
les  montagnes  de  la  forêt  Noire  couvertes  de  forêts,  a,  pendant  de  longues
années,  et  surtout  en  i  852  par  suite  de  la  maladie  des  pommes  de  terre,  et  de
la  stagnation  simultanée  de  l’industrie,  oiï'ert  le  triste  spectacle  d’une  population ­
  en  proie  à  la  misère  et  ne  cherchant  sa  vie  que  par  la  mendicité.
Deux  moyens  ont  été  employés  avec  persévérance  par  le  Gouvernement  pour
faire  disparaître  cette  lèpre,  devenue  en  apparence  incurable,  le  premier  a  été
de  favoriser  l’émigration  de  la  partie  la  plus  pauvre,  à  l’aide  des  subventions
payées  par  J’Etat:de  1862  à  i860,  65ooo  habitants  (ou  8000  environ  par  an)
ont  ainsi  quitté  le  pays  et  sont  partis  pour  diverses  destinations,  principalement
pour  l’Amérique.  Ce  trop  plein  de  la  population,  égal  à  ¿  de  son  ch  ihre  total
étant  évacué,  le  nombre  des  émigrants  par  suite  des  mêmes  conditions  est  aujourd’hui ­
  réduit  au  chiffre  insignifiant  de  900  par  an,  la  plupart  appelés  par
des  parents  qui  ont  réussi  à  l’étranger.
Le  second  moyen  a  été  d’introduire  ou  de  revivifier  dans  les  contrées  où  les
produits  de  l’agriculture  ne  pouvaient  suffire  à  la  nourriture  des  habitants,  des
industries  domestiques,  dont  une  grande  partie  pouvait  être  exercée  par  les
enfants,  parles  filles  et  par  les  femmes.
Chaque  village  avait  vu  joindre  à  son  école  primaire  une  école  de  dessin  et
une  petite  école  d’industrie  spéciale.
La  broderie  et  la  dentelle  enseignées  aux  lilies  y  auraient  bien  réussi  sans  la
concurrence  de  la  Silésie,  qui  produisait  à  très-bas  prix.
La  culture  du  seigle  dans  ces  terrains  pauvres  a  été  utilisée  pour  perfectionner ­
  et  même  pour  créer  à  nouveau  la  fabrication  des  tresses  pour  les  chapeaux
de  paille,  qui  s’y  est  tellement  répandue  que  l’on  compte  dans  les  montagnes
plus  de  6000  personnes  vivant  de  ce  travail.
L’on  a  essayé  et  l’on  continue  l’introduction  de  la  peinture  sur  émail  et  sur
porcelaine;  mais  l’industrie  principale  qui  s’est  lixée  et  développée  de  nouveau
avec  le  plus  de  succès  dans  le  pays,  c’est  celle  d’horlogerie.
Elle  y  existait,  comme  on  le  verra  plus  loin,  depuis  de  longues  années,  mais
elle  était  tombée  dans  une  grande  décadence,  on  l’a  relevée  à  l’aide  dune  ecole
spéciale  fondée  par  un  décret  du  26  février  18/19,  dont  nous  parlerons  en
détail.
C’est  ainsi  que  Eurtvvangen  est  redevenu  le  centre  d’iine  fabrication  d’horlogerie ­
  très-importante  qui  rivalise  avec  la  France  et  la  Savoie.
Les  branches  principales  de  cette  industrie  y  sont  cultivées  :  la  fabrication
        <pb n="436" />
        —  423  —
des  montres,  celle  des  pendules  on  horloges,  l’émaillage  des  cadrans,  leur  peinture, ­
  etc.  s’y  exécutent.
Cette  fabrication  occupe  près  de  /1000  àoooo  ouvriers  de  tous  genres,  non
compris  les  femmes  et  les  enfants,  et  sans  tenir  compte  du  travail  quelle  procure ­
  à  d’autres  industries.
Par  cet  ensemble  de  mesures,  exécutées  avec  l’énergie  que  supporte  le  caractère ­
  de  la  population,  l’on  est  parvenu  à  faire  disparaître  la  mendicité  et  à  améliorer ­
  la  condition  du  peuple  dans  une  proportion  qui  est  nettement  indiquée
par  les  résultats  statistiques  suivants.
Résultats  statisticj  ne  s.  —  Le  nombre  des  délinquants  poursuivis,  qui  était
annuellement  de  1852  à  i  855  d’environ  i  4oo,  est  descendu,  en  i  861,  à  69  1,
dont  les  0,90  seulement  étaient  du  pays.
En  même  temps  que  le  nombre  des  délinquants  diminuait,  celui  des  prisons
devait  suivre  la  même  marche.  Aussi  plusieurs  ont-elles  été  supprimées;  d’une
autre  part,  les  frais  de  police  et  de  poursuites  qui  étaient,  en  i85a,  de
008175  florins,  sont  tombés,  en  1861,  à  1/11866  florins.
L’efficacité  des  lois  sur  l’enseignement  primaire  est  tellement  réelle  que,
parmi  cette  catégorie  d’individus  qui  forment  la  partie  la  plus  inférieure  de  la
population,  l’on  a  constaté  les  résultats  suivants  :
Sur  100  prisonniers  détenus  pour  diverses  causes,

ETAT  DE  LEUR  INSTRUCTION.

Sachant  lire  et  écrire
Sachant  lire  et  non  écrire.  .
Ne  sachant  ni  tire  ni  écrire.

1850.

1860.

HOMMES.  FEMMES.

97,79
0,14
2,47

94,21
1,73
4,04

1861.

97,38
0,13
2,47

88,97
6,20
4,72

Si  l’on  rapproche  ce  résultat  de  celui  que  nous  avons  indiqué  plus  haut,  et
qui  constate  la  fréquentation  réelle  des  écoles,  on  voit  combien  la  loi  sur  l’instruction ­
  primaire  a  d’efficacité.
La  prospérité  commerciale  et  celle  des  individus  se  sont  accrues  dans  une
proportion  très-considérable.
Le  nombre  des  contraintes  par  corps  qui  était,  en  i85a,  de  ¡90000,  est
descendu,  en  1861,  à  67000.
Celui  des  faillites,  qui  était  de  1867,  es ^  descendu  à  21\o.
Enfin  les  secours  donnés  aux  pauvres  par  les  communes  qui  s’élevaient,  en
i85a,  à  1  10875,  florins,  ont  été  réduits,  en  i860,  à  862868  florins.

I

ï

r  iV.  &amp;gt;*•  '  .  „'"zi.

1Æ'.
        <pb n="437" />
        Totaux  ,

284

10

26

46

Cet  ensemble  de  résultats,  dus  en  partie  à  une  administration  à  la  fois  paternelle ­
  et  sévère,  et  en  partie  aux  développements  donnés  avec  intelligence  à
l’instruction  populaire  et  industrielle,  montre  ce  qu’une  volonté  et  une  conduite ­
  ferme  et  persévérante  peuvent  avoir  d’influence  sur  le  bien-être  des  populations. ­

Dans  ce  grand-duché,  où,  à  la  faveur  de  l’ignorance  et  de  la  misère  exploitées ­
  par  les  passions  subversives,  la  tranquillité  a  été  souvent  troublée,  le  calme
et  le  bien-être  ont  succédé  à  l’agitation.
ÉCOLE  SUPÉRIEURE  POUR  LES  FILLES.
Sous  ce  titre  il  existe,  à  Carlsruhe,  une  école  municipale,  qui  reçoit  des
jeunes  filles  de  la  bourgeoisie,  depuis  l’âge  de  6  à  8  ans,  jusqu’à  celui  de  16
à  i  7  ans.
Outre  les  études  primaires,  on  y  donne  une  instruction  littéraire  plus  étendue, ­
  et  l’on  y  forme  un  assez  grand  nombre  de  jeunes  personnes  propres  à
remplir  des  emplois  d’institutrices  à  l’étranger,  et  particulièrement  en  France.
D’autres  écoles  analogues  libres  existent  dans  le  pays;  il  y  en  a  une,  entre
autres,  à  Oflènbourg.  Elle  est  dirigée  par  les  religieuses  d’une  congrégation
qui  y  a  son  siège.
Dans  l’école  de  Carlsruhe,  l’enseignement  est  réparti  entre  cinq  classes  de
la  manière  suivante,  aux  %8à  élèves  quelle  contient  :
Tableau  général  des  études  el  des  heures  qui  leur  sont  consacrées  par  semaine.

(.LASSES.

111

i  Supérieure
f  Inférieure
j  Supérieure
(  Inférieure
I  Supérieure  /
I  Inférieure  )
IV.  2  années  d’études
V.  2-3  ans  d’études

AGE.

6-8  ans.
6-10  ans.
10-12  ans
12-14  ans
i4-i6  ans

NOMBRE  D’HEURES  PAR  SEMAINE.

4
^2-3°
en  hiver.

2-3

12

11
6  à  7
5  à  6
        <pb n="438" />
        425

La  rétribution  annuelle  est  de  i  6  florins  (3/i  fr.  60  cent.)  par  an  dans  la
première  classe,  de  3o  florins  (62  francs)  dans  la  deuxième  et  la  troisième
classe;  de  36  florins  (y5  fr.  60  cent.)  dans  la  quatrième  et  la  cinquième  classe,
plus  1  florin  d’entrée.
On  voit,  par  ce  tableau,  que  le  français  est  enseigné  avec  beaucoup  de  soin
dans  cette  école,  et  nous  avons  pu  y  constater  les  bons  résultats  obtenus.  L’on  a
soin,  pour  les  langues  vivantes,  d  appeler  des  maîtres  étrangers  ayant  une  bonne
prononciation.
Le  chant  et  la  musique  sont  aussi  bien  enseignés.
Quant  au  dessin,  les  résultats  laissent  à  désirer.
Nous  avons  aussi  pu  nous  convaincre  que,  par  suite  de  la  méthode  qui  oblige
les  enfants  à  lire  et  à  écrire  d’après  des  modèles  de  mots  ou  de  phrases  mis  en
évidence  sur  le  tableau,  et  qu’ils  sont  tous  obligés  de  regarder  ensemble,  leur
attention  est  excitée  et  soutenue  de  telle  sorte,  que  des  enfants  de  six  à  huit  ans,
après  une  année  d’école,  savaient  déjà  passablement  lire,  écrire  et  chiffrer,
même  sous  la  dictée.
Aux  études  on  joint,  sous  la  direction  de  plusieurs  maîtresses,  l’enseignement ­
  des  travaux  à  I  aiguille  et  autres.  11  est  donné  dans  une  langue  vivante
étrangère  au  pays  et  que  les  enfants  doivent  parler.
Le  Gouvernement  s’occupe  de  multiplier  ces  écoles,  et  de  donner  à  quelques-unes ­
  un  caractère  d’école  commerciale  et  un  peu  industrielle.
ÉCOLE  SUPÉRIEURE  BOURGEOISE  [¡WHERE  RURGER  SCHULE).
Sous  ce  titre  il  existe,  à  Carlsruhe,  une  école  tout  à  fait  analogue  aux  établissements ­
  que  (ou  appelle  écoles  réelles  dans  l’Allemagne  du  nord.
Les  études  y  sont  réparties  entre  sept  classes,  dont  les  deux  inférieures  sont
doubles,  h  cause  du  nombre  des  élèves.  On  y  donne  un  enseignement  littéraire
et  scientifique,  qui  permet  aux  élèves  des  classes  supérieures  d’entrer  à  l’école
polytechnique.
Nous  indiquons  dans  le  tableau  suivant  la  nature  de  (’enseignement  de  cette
école.
        <pb n="439" />
        Tableau  indiquant  les  matières  de  renseignement  et  le  nombre  d’heures
des  leçons  par  semaine.

MATIERES  ENSEIGNEES.

Religion
Allemand
Latin
Français
Anglais
Histoire
Géographie
Histoire  naturelle
Calcul
Géométrie  et  mathématiques.
Physique  ...*«••«**.**..•
Chimie»  »  »  »
Dessin  à  main  levée
Dessin  linéaire
Chant
Gymnastique
Calligraphie

l re .

28

2 e .

32

3”.

35

34

33

35

16
23
24
32
12
10
9
1  1
13
20
4
4
14
7
14
14
7

234

On  voit  par  ce  tableau  que,  si  celte  école  est  destinée  à  donner  aux  élèves
une  instruction  scientifique  préparatoire  à  lecole  polytechnique,  l’élément  littéraire ­
  de  toute  bonne  éducation  n’y  est  pas  négligé;  puisque  l’allemand  y  occupe ­
  vingt-trois  heures,  le  français  trente-deux  heures,  le  latin  vingt-quatre
heures,  l’anglais  douze  heures  par  semaine,  tandis  que  l’arithmétique  et  les
mathématiques  n’en  prennent  ensemble  que  trente-trois.
Le  dessin  à  main  levée  n’y  est  pas  très-bien  enseigné,  et  l’on  y  copie  trop
d’après  des  lithographies.
Comme  applications  du  dessin  géométrique,  on  habitue  les  élèves  aux  projections ­
  et  aux  développements  des  surfaces  les  plus  simples,  qu’on  leur  fait
exécuter  en  carton  léger.
L’institution,  encore  de  date  récente,  compte,  en  i  864,  280  élèves;  mais
elle  a  des  analogues  dans  plusieurs  villes  du  grand-duché.

ÉCOLES  INDUSTRIELLES  (GEWERBESCHULE).
Il  y  a,  à  Carlsruhe,  une  école  destinée  aux  apprentis  âgés  de  moins  de  17  ans.
        <pb n="440" />
        54.

—  427  —
Les  leçons  y  sont  données  le  matin  de  6  à  i  o  heures  en  hiver,  et  de  5  à  9  heures
du  matin  en  été.
Cet  enseignement  est  obligatoire  pour  tous  les  apprentis,  depuis  1  4  ans  jusqu’à ­
  17,  et  les  patrons  chez  lesquels  ils  travaillent  sont  responsables  de  leur
présence,  qui  est  constatée  jour  par  jour  par  une  estampille  marquée  sur  leur
livret.  Les  moyens  de  répression  sont  :  l’avertissement,  la  remontrance,  l’amende ­
  et  la  prison.  Elles  peuvent  être  infligées  au  patron,  si  les  absences  sont
de  son  fait.
Outre  les  leçons  des  jours  ouvrables.il  y  aussi  des  cours  du  dimanche  ou  du
soir  pour  les  ouvriers  qui  veulent  les  suivre.
Les  élèves  sont  partagés  en  trois  divisions  principales,  ce  qui  constitue  trois
années  d’études.  Une  quatrième  division  préparatoire  reçoit  les  élèves  trop
faibles  pour  profiter  de  l’enseignement.
Les  études  ont  principalement  pour  objet  l’arithmétique  avec  ses  applications ­
  au  commerce  et  à  l’industrie;  la  géométrie  pratique,  les  projections,  les
développements  des  surfaces,  le  dessin  à  main  levée  et  linéaire  appliqué  spécialement ­
  aux  divers  métiers,  des  notions  de  mécanique,  des  éléments  de  géométrie ­
  descriptive,  le  moulage,  la  sculpture  sur  bois.
Un  atelier  pour  ces  deux  dernières  études  est  ouvert  aux  élèves  le  soir,  de
7  heures  1/2  à  9  heures.
On  s'attache,  dans  toutes  les  applications,  à  faire  à  chaque  élève  celles  qui
concernent  sa  profession.
Cette  école  de  Carlsruhe  compte  plus  de  3oo  élèves  instruits  par  un  professeur, ­
  un  maître  de  dessin  et  un  maître  modeleur;  la  dépense  totale  n’est  que
de  1900  florins  (près  de  4ooo  francs  ou  de  i3  fr.  33  cent,  par  élève  et  par
an)  non  compris  le  loyer  du  local,  le  matériel,  le  chauffage  et  l’éclairage  fournis
par  la  ville.
il  y  a,  dans  le  grand-duché  quarante  et  une  écoles  industrielles  de  ce  genre.
FABRICATION  DE  L’HORLOGERIE  DANS  LE  GRAND-DUCHE  DE  BADE (1  .
Les  premiers  essais  en  horlogerie  dans  Je  pays  de  Bade  datent  du  milieu  du
xvn c  siècle.  Ces  horloges,  entièrement  en  bois,  se  remontaient  toutes  les  douze
heures.
Vers  1760,  on  commença  à  abandonner  ces  horloges  primitives,  et  l’on
employa  le  métal  pour  les  rouages.  On  lit  marcher  ces  horloges  vingt-quatre
heures,  et  de  1770  à  1780,  on  construisit  des  horloges  marchant  huit  jours.

( '  Extrait  de  l’ouvrage  de  M.  Dietz.
        <pb n="441" />
        On  estime  que,  en  1808,  dans  le  canton  de  Triberg,  on  faisait  par  an
107300  horloges.
En  18/17,  quatre  mille  personnes  étaient  occupées  à  l’industrie  des  montres.
il  est  digne  de  remarque  que  cette  industrie  se  créa  spontanément  dans  le
pays  par  l’initiative  de  cultivateurs,  et  que,  jusque  dans  ces  derniers  temps,
tous  les  horlogers  étaient  en  même  temps  cultivateurs.
La  période  la  plus  brillante  de  cette  industrie  correspond  au  commencement
de  notre  siècle.  Mais  les  progrès  faits  à  l’extérieur,  et  surtout  en  Amérique,  ralentirent ­
  considérablement  l’exportation,  et  lorsque  survint  la  maladie  des  pommes
de  terre,  les  habitants  de  la  forêt  Noire,  atteints  dans  leurs  deux  sources  de  production, ­
  se  trouvèrent  dans  une  grande  détresse,  ils  s’adressèrent  au  grand-duc,
qui  fit  faire  une  enquête  minutieuse  sur  les  motifs  delà  décadence  de  1  industrie
de  l’horlogerie  dans  la  forêt  Noire,  et  sur  les  mesures  à  prendre  pour  la  relever.
C’est  à  la  suite  de  cette  enquête  que  parut  la  résolution  du  20  février  18/19,  relative ­
  à  la  création  d’une  école  d’horlogerie.
Pour  son  siège,  on  choisit  Furtwangen,  canton  de  Triberg,  ancien  centre  de
l’industrie  de  l’horlogerie  dans  la  forêt  Noire.
Ecole  d’horlogerie  de  Furtwangen  (extrait  du  rapport  de  1862  ).  —  Cette  école
comprend  aujourd’hui  i°  une  [Gewerbeschule)  école  industrielle  générale,
traitant  cependant  plus  spécialement  de  ce  qui  se  rapporte  à  l’horlogerie;
2 0  une  école  purement  pratique,  des  ateliers  pour  perfectionner  les  ouvriers
dans  les  différentes  branches  de  1  horlogerie,  et  toutes  les  dispositions  utiles  pour
aider  aux  progrès  de  l’industrie  chronométrique  du  pays  de  Bade  en  général.
Ecole  industrielle.  —  L’enseignement  de  cette  école  consiste  en  trois  cours
d’une  année  chacun.  Il  est  toujours  donné  dans  la  matinée,  commence  a  5  heures
du  matin  en  été  et  à  6  heures  en  hiver,  et  varie  de  sept  heures  à  quinze  heures
et  demie  de  leçons  par  semaine  pour  chaque  classe  d’élèves.  De  plus,  vu  l’importance ­
  générale  du  dessin  à  main  levée,  on  consacre  trois  heures  à  cet  enseignement ­
  tous  les  dimanches  pour  les  apprentis  et  les  compagnons.  L’école
d  horlogerie  fournit  même  les  instruments  de  dessin  aux  élèves  pauvres.
Pour  les  enfants  des  deux  sexes  de  8  à  1  a  ans  il  y  a  trois  cours  de  dessin.
L’enseignement  du  modelage  est  donné  aux  menuisiers,  sculpteurs,  peintres,
sur  leur  demande.  On  y  montre  le  modelage,  le  moulage,  l’art  de  fondre,  de
prendre  des  empreintes  sur  différents  matériaux,  de  dorer  sur  bois,  sur  pierre,
de  brosser,  de  mastiquer,  de  vernir,  de  polir,  le  tirage  des  gravures  en
cuivre,  etc.
Cette  école  avait,  en  1861,  h  9  élèves  et  7  auditeurs.
        <pb n="442" />
        /i29

II  ya:  i°  un  professeur  principal  de  dessin  spécial,  de  mécanique,  de  connaissance ­
  de  machines,  de  physique  appliquée  et  de  chimie;
2°  Un  professeur  de  dessin  à  main  levée,  d’ornement,  de  modelage,  de
sculpture  el  de  décoration;
3°  Un  maître  adjoint  pour  l’allemand,  l’arithmétique,  la  géométrie,  les  constructions ­
  géométriques  et  la  comptabilité  commerciale.
L’enseignement  est  réparti  ainsi  qu’il  suit  dans  les  trois  classes  :

COURS  DE  DESSIN.
l  r  cours.—  Pour  les  garçons  de  8  à  10  ans,  deux  heures  par  semaine.  Exercices ­
  sur  ardoises  d  après  des  modèles  sur  papier  ou  sur  le  tableau  noir.

PREMIÈRE  CLASSE.

Arithmétique  et  géométrie  plane
Langue  allemande
Constructions  géométriques,  dessin  d’objets  d’horloge-3

  heures.

2

ne
Dessin  à  main  levée

a  à  3
i  à  3

fl'  CLASSE.

Arithmétique  et  géométrie,  surfaces,  volumes,  courbes

etc

Allemand,  contrats,  correspondance  de  commerce.  .  .  .

2

Tenue  de  livres

Mécanique  et  physique  appliquées,  forces  et  travail,  centre
de  gravité,  pendule,  machines  simples,  levier  coin,
vis,  poulie

Notions  d’horlogerie,  généralités  sur  la  mesure  du
temps,  parties  constitutives,  leurs  relations

Dessin  de  constructions  géométriques,  pénétrations,

courbes  d  engrenage,  outillage

2  à  3  1  2

Dessin  à  main  levée  au  crayon;  on  commence  à  ombrer ­



i  à  3

III*  CLASSE.

Arithmétique  et  mécanique,  problèmes  d’horlogerie.

transformation  de  mouvements,

i  a  2

Notions  d  horlogerie,  calcul  des  rouages,  des  différentes
espèces  d’horloges,  à  coucou,  à  soldat,  à  trompette,
des  meilleurs  échappements,  outillage  et  machines..

Physique  appliquée,  surtout  à  l’horlogerie..  .
Dessin  spécial  de  constructions  d  horlogerie
Dessin  à  main  levée,  ombres
        <pb n="443" />
        430  —

2 e  cours.  —  Pour  les  garçons  de  10  à  1/1  ans,  quatre  heures  en  été,  trois
heures  en  hiver.  Suite  des  exercices;  on  commence  à  ombrer.
3"  cours.  —  Pour  les  filles  de  8  à  i  !\  ans,  deux  heures  par  semaine.  Exercices, ­
  formes  de  tête,  ustensiles,  fleurs,  fruits,  paysages,  modèles  d’ouvrages.
U e  cours.  —  Pour  les  apprentis  et  les  compagnons.  Cet  enseignement  varie
avec  la  carrière  de  l’élève.  Le  dessin  est  étudié  à  fond  sous  tous  les  rapports  et
avec  tous  les  moyens  d’exécution  qui  s’y  rapportent.
Ateliers  de  perfectionnement.  —  Cette  partie  importante  de  l’école  d’horlogerie
a  pour  but  de  former  des  ouvriers  habiles  dans  les  branches  de  l’horlogerie
dans  lesquelles  l’industrie  de  la  forêt  Noire  est  arriérée,  afin  que  plus  tard  ils
appliquent,  soit  pour  leur  compte,  soit  au  service  d’autres  établissements  ,  ce
qu’ils  ont  appris,  et  que,  de  cette  façon,  ils  ouvrent  de  nouvelles  sources  de
production  ou  de  perfectionnement  aux  industries  existantes.
Il  y  existe  actuellement  trois  de  ces  ateliers  :  deux  pour  les  montres  et  un
pour  les  pendules.
Le  premier  atelier  pour  montres  admet  les  jeunes  gens  qui  veulent  se  destiner ­
  à  cette  industrie  afin  de  les  instruire  solidement  et  d’en  faire  des  ouvriers
capables.
Le  second  atelier  fait  suite  au  premier,  c’est-à-dire  que,  dès  qu’un  élève  du
premier  atelier  a  l’instruction  suffisante  pour  pouvoir  être  employé  utilement
dans  la  fabrication  des  montres,  il  est  libre  ou  d’entrer  dans  une  fabrique  privée ­
  de  la  forêt  Noire,  ou  de  passer  dans  le  second  atelier,  où  il  continue  à  travailler, ­
  moyennant  salaire,  sous  la  direction  du  professeur.
On  admet  également,  dans  ce  second  atelier,  d’autres  ouvriers  capables  dans
la  fabrication  des  montres  ou  travaillant  aux  pièces.
Ces  deux  ateliers  se  trouvent  dans  les  bâtiments  de  l’école.  L’atelier  pour  les
pendules  fines,  au  contraire,  à  cause  du  manque  d’espace,  a  été  établi  dans  la
maison  du  professeur,  et  comme  ce  dernier  a,  en  outre,  un  atelier  d’ouvriers
en  pendules,  l’organisation  devient  analogue  à  celle  que  nous  venons  de  décrire
pour  les  montres.
Chaque  élève  a  sa  place  comme  un  ouvrier;  l’outillage  est  celui  d’une  fabrique
complète  de  montres  et  de  pendules,  organisé  d’après  les  procédés  les  meilleurs ­
  et  les  plus  récents,  et  d’après  le  système  de  la  division  du  travail.
Les  ateliers  ne  chôment  point;  ou  n’arrête  que  le  samedi  de  Pâques  et  aux
fêtes  de  fin  d’année,  au  carnaval,  absolument  comme  dans  les  ateliers  ordinaires
de  la  forêt  Noire.
La  durée  du  travail  est,  comme  dans  les  autres  ateliers  d’horlogerie,  de
        <pb n="444" />
        y  heures  du  matin  à  i  i  heures  1/2  et  de  1  heure  à  y,  c’est-à-dire  10  heures
1/2.  Les  apprentis  qui,  exceptionnellement,  sont  dispensés  de  suivre  les  cours
de  l’école  industrielle  l'ont  donc  soixante-trois  heures  par  semaine  de  travail  à
l’atelier.
Mais,  en  général,  les  élèves  des  ateliers  sont,  tenus  de  suivre  les  cours  de  l’école, ­
  de  sorte  qu’ils  ont  dans  la  première  classe,  par  semaine,  sept  heures  d’enseignement ­
  et  cinquante-huit  heures  de  travail  è  l’atelier;  en  tout  soixante-cinq
heures  en  hiver;  ceux  de  deuxième  classe,  douze  heures  et  cinquante-quatre
heures,  soit  soixante-six  heures;  ceux  de  la  troisième  classe,  sept  heures  etcmquante-huit
  heures,  soit  soixante-cinq  heures.
En  été  on  commence  les  cours  théoriques  plus  tôt,  ce  qui  prolonge  à
soixante-six  et  soixante-huit  heures  le  temps  employé  par  semaine.
Dans  l’atelier  pour  les  pendules  on  est,  d’après  l’usage  établi  dans  la  forêt
Noire,  occupé  treize  heures  environ  par  jour.  Dans  le  second  atelier,  ceux  qui
travaillent  à  leurs  pièces  peuvent  suspendre  leur  ouvrage  à  la  nuit  tombante.
il  n’y  a  pas  de  temps  fixé  pour  le  séjour  des  élèves  à  l’un  ou  l’autre  atelier,
ce  temps  dépend  des  dispositions,  des  progrès  et  de  l’application  de  chaque
individu.  En  général,  l’apprentissage  ne  dure  pas  plus  de  trois  ans.  Dans  le
contrat  d’admission  l’élève  s’engage  à  payer  une  certaine  somme,  dans  le  cas  où
il  quitte  l’école  par  le  fait  de  sa  volonté,  ou  bien  si,  sortant  de  l’atelier  des
montres,  il  quitte  la  forêt  Noire.  Dans  tous  les  autres  cas  l’enseignement  est
gratuit.
Chacun  des  deux  ateliers  est  organisé  pour  dix  places,  aussi  l’école  ne  doit-elle
pas  avoir  plus  de  20  élèves  pratiques.
Ateliers  pour  montres.  —  On  admet  dans  ces  ateliers  le  principe  de  la  division
du  travail;  ainsi,  dès  que  les  élèves  possèdent  les  notions  générales,  on  guide
chacun  vers  la  partie  spéciale  pour  laquelle  il  a  le  plus  de  dispositions,  et  qui
répond  le  mieux  aux  besoins  présents  des  affaires.
L’enseignement  consiste  donc  :
ï 0  En  une  partie  générale  commune  à  tous  les  élèves;
2 0  En  une  partie  spéciale  à  chaque  élève,  et  qui  doit  le  rendre  parfaitement
apte  à  un  ou  â  plusieurs  des  travaux  dont  l’industrie  complète  se  compose  ;
3°  En  une  partie  destinée  à  former  des  horlogers  complets.
1°  PARTIE  GÉNÉRALE  COMMUNE.
C  est  la  base  des  autres  enseignements,  aussi  est-elle,  par  cela  même,  trèsimportante.
  Le  professeur  peut  y  juger  des  dispositions  des  élèves  et  y  con
foi  mei  plus  tard  la  direction  ultérieure  à  leur  donner.
        <pb n="445" />
        Cet  enseignement  consiste  à  acquérir  :
i°  L’adresse  requise  pour  limer,  tourner,  percer,  aiguiser,  polir,  etc.
ï 0  La  connaissance  et  le  traitement  des  matériaux,  la  trempe  et  le  recuit  de
l’acier,  le  martelage  du  laiton,  etc.
3°  A  confectionner  des  petits  outils,  poinçons,  forets,  fraises,  équerres,
règles,  molettes  à  tarauder,  etc.
4°  A  apprendre  l’usage  des  machines  les  plus  simples;
5°  A  confectionner  des  objets  bruts,  à  connaître  les  parties  constitutives
de  la  montre,  à  s’exercer  à  la  représentation  graphique  de  la  montre  et  de  ses
parties.
I^es  détails  de  l’enseignement  pratique  divisé  varient  trop  pour  qu’on  puisse
les  donner  ici.  On  veille  surtout  à  la  perfection  de  l’ouvrage,  aux  rapports
exacts  de  grandeur.  Les  parties  qu’on  examine  particulièrement  pour  la  fabrication ­
  des  pièces  brutes,  sont  les  mouvements,  les  échappements  à  ancre,  les
balanciers,  la  taille  des  pierres,  l’enchâssement,  la  position  des  roues,  le  réglage.
L’instruction  d’un  horloger  complet  embrasse  la  connaissance  de  toutes  les
parties  du  travail  divisé;  elle  doit,  en  outre,  familiariser  l’élève  avçc  les  fonctions, ­
  avec  les  relations  géométriques  de  grandeur  des  parties  d’une  montre,
le  rendre  capable  de  juger  les  mouvements  d’une  montre,  d’entreprendre  des
améliorations,  des  perfectionnements  et  de  projeter  des  montres  nouvelles.
Cet  enseignement  est  donné  par  un  professeur  et  un  adjoint,  horlogers
praticiens  tous  les  deux.
Dans  l’année  i860,  13  élèves  furent  présents,  dont  4  sont  sortis  cette
année.
En  1860-1861,  le  nombre  d’élèves  n’était  quede  1  1,  vu  qu’on  n’admet  que
ceux  qui  font  preuve  d’un  certain  talent.
Les  boites  elles  cadrans  sont  tirés  de  l’étranger.
Les  montres  confectionnées  à  l’établissement  sont  excellentes;  à  I  exposition
de  Besançon  elles  ont  obtenu  une  médaille.
A  teliers  pour  pendules.  —  Ces  ateliers  ont  pour  but  de  perfectionner  cette  industrie ­
  déjà  établie  dans  la  foret  Noire.  D’après  l’organisation  spéciale  de  l’industrie ­
  de  l’horlogerie,  il  est  très-difficile  d’établir  dans  cette  branche  le  principe
de  la  division  du  travail,  c’est  pourquoi  l’enseignement  doit  être  donné  à
chaque  élève  de  façon  à  lui  permettre  d’entrer  dans  les  établissements  déjà
existants  ou  d’en  créer  de  nouveaux.
Il  faut  donc  que,  tout  en  cultivant  plus  spécialement  la  branche  pour  laquelle
l’élève  se  sent  de  l’aptitude,  il  n’en  apprenne  pas  moins  à  construire  des  mouvements ­
  complets  et  à  confectionner  les  pièces  brutes.
        <pb n="446" />
        55

433  —

L’enseignement  se  divise  :
ï°  En  un  enseignement  élémentaire  général  commun  à  tous  Jes  élèves;
2°  En  un  perfectionnement  général  de  l’élève  dans  toutes  les  branches,  mais
avec  une  étude  plus  approfondie  de  celle  pour  laquelle  il  a  de  l’aptitude.
L’enseignement  général  comprend  :
L’adresse  ;'i  limer,  percer,  tourner;  la  connaissance  des  matières  et  la  manière
de  les  traiter;le  taraudage;  la  confection  de  différents  outils  par  les  élèves;  l’instruction ­
  pour  se  servir  des  différentes  machin-es  nécessaires  à  la  fabrication  des
pendules;  la  connaissance  des  parties  constitutives  de  l’horloge,  leur  destination,
leur  exécution.  Le  perfectionnement  général  consiste  dans  la  confection  des
boîtes,  des  barillets,  des  ponts  et  exécution  des  roues;  les  moteurs;  les  conditions ­
  indispensables  pour  un  bon  engrènement;  l’exécution  de  divers  mouvements ­
  simples,  à  sonnerie,  à  répétition;  le  finissage,  des  pendules  avec  les
pièces  brutes.
Comme  il  y  a  toujours  dans  les  ateliers  des  élèves  de  divers  degrés  d’instruction, ­
  cet  enseignement  ne  peut  pas  être  partagé  en  sections.
Comme  nous  l’avons  dit,  les  élèves  doivent  pouvoir,  en  sortant,  faire  des
pendules  sans  le  secours  des  pièces  brutes,  car  sans  cela  ils  ne  pourraient  pas
être  utiles  aux  établissements  actuels  de  la  forêt  Noire.
Il  faut  néanmoins  qu’ils  connaissent  la  division  du  travail  et  l’usage  de  machines ­
  plus  dispendieuses  mais  plus  perfectionnées,  afin  de  pouvoir  en  faire
usage  dès  que  les  circonstances  le  leur  permettront.
L’enseignement  est  donné  par  un  professeur.
Les  dix  places  sont  occupées.
Les  modèles  sont  mis  à  la  disposition  des  chefs  d’établissements  d’horlogerie
de  la  forêt  Noire.
L’école  de  Eurtwangen  cherche  aussi  à  développer  le  goût  artistique  pour  les
décorations  des  montres,  pour  les  cadrans  peints.  Elle  a  des  planches  pour  le
tirage  des  dessins  des  cadrans  les  plus  usités,  des  dessins  et  des  projets  quelle
prête  aux  fabricants  pour  les  cadrans  sans  peinture,  pour  les  boites,  pour  des
espèces  spéciales  de  montres  et  pendules  (deux  modèles,  dont  l’un  imite  le  coq
l’autre  la  chèvre,  ont  été  ajoutés  cette  année  à  la  collection).
On  a  disposé  une  étampe  pour  découper  les  touches  de  boîtes  à  musique.
Il  y  a  en  tout,  à  l’école  de  Eurtwangen,  six  professeurs,  dont  l’un  est  directeur, ­
  deux  ouvriers  et  un  domestique.
II  a  passé  durant  l’année  par  l’école  industrielle  :
        <pb n="447" />
        De  première  année  29  élèves.
De  deuxième  année  11
De  troisième  année  9
(  pour  montres  i4
Dans  les  ateliers^  ,  ,
I  pour  pendules  17
Total  80

54  garçons  de  8  à  \U  ans  et  18  filles  de  8  à  10  ans  ont  fréquenté  .l’école  de
dessin  spécial  à  main  levée.
La  dotation  de  l’école  par  l’Etat  est  actuellement  de  10000  florins
(21000  francsj.
AUTRES  ÉTABLISSEMENTS  POUR  LE  MAINTIEN  DE  L’ACTIVITE  INDUSTRIELLE.
Tressage  de  la  paille.  —  Cette  industrie  existe  de  temps  immémorial  dans  la
forêt  Noire  pour  les  tressages  communs.  Mais  pour  les  travaux  fins  on  ne  savait
pas  préparer  les  matériaux  de  choix,  et  par  conséquent,  la  main  d’œuvre  délicate ­
  de  cette  industrie  était  inconnue.
En  1  851,  i852,  1  853  ,  on  promit  des  récompenses  à  ceux  qui  exposeraient
de  belles  pailles  indigènes  bien  blanchies.  Par  suite  de  ces  mesures,  cette
matière  est  aujourd’hui  préparée  en  quantité  suffisante.
A  Furtwangen  on  a  établi,  sous  la  direction  d’une  habile  maîtresse,  en
1  851,  une  école  de  tressage,  d’où  sont  sorties  des  ouvrières  exercées  qui,  ellesmêmes,
  sont  devenus  maîtresses.
Outre  les  nombreuses  écoles  de  tressage  établies  dans  la  forêt  Noire,  il  s’en
est  constitué  jusqu  es  dans  (’Odenwald.
Dans  la  forêt  Noire,  cette  industrie  occupe  actuellement  des  milliers  de
personnes  auxquelles  elle  procure  des  salaires  rémunérateurs.
Ouvrages  en  bois,  brosses,  sculpture.  —  Ces  industries  seront  surtout  relevées
en  fournissant  et  mettant  à  la  disposition  des  industriels  des  modèles  élégants
faits  avec  goût,  en  les  aidant  à  étendre  leurs  débouchés,  en  établissant  dans  les
principaux  centres  des  écoles  de  dessin.
SOCIÉTÉ  D’OUVRIERS  (ACBE1TEBB1LDUNGVEREIN).
Cette  réunion  a  pour  but  de  permettre  aux  compagnons  d’acquérir  les  connaissances ­
  utiles  à  leur  métier  ou  des  connaissances  générales,  de  cultiver  le
chant,  de  donner  occasion  à  des  conférences  instructives  et  convenables,  de
prendre  les  mesures  avantageuses  pour  l’institution  de  caisses  d’épargne  et  de
        <pb n="448" />
        55.

—  435  —
secours  mutuels.  Dans  l’intérêt  de  son  œuvre,  cette  réunion  est  en  relations
avec  la  société  industrielle.
Tout  ouvrier  ou  ami  de  l’institution  et  de  bonne  réputation  peut  être  admis
dans  la  société.  Celui  qui  désire  en  faire  partie  doit  se  présenter  au  secrétariat;
son  nom,  sa  profession,  sa  demeure  sont  affichés  pendant  huit  jours  dans  le
local  de  la  société,  et  il  est  admis  à  la  séance  la  plus  prochaine  s’il  n’y  a  pas
d’opposition.
Le  prix  d’inscription  est  de  12  kreulzers  (45  centimes),  et  le  versement
mensuel  de  1  5  kreutzers  (55  centimes).  Il  doit  être  payé  le  premier  jeudi  de
chaque  mois;  les  malades  en  sont  dispensés  pendant  la  durée  de  leur  maladie.
Cette  réunion  est  administrée  par  un  comité  composé  de  douze  membres
éligibles  tous  les  semestres  par  moitié;  le  vote  est  secret;  le  comité  doit  siéger
une  fois  par  semaine.  Les  dépenses  qui  dépassent  5  florins  (10  fr.  ko  cent.)
doivent  être  votées  en  assemblée,  sauf  les  cas  d’urgence.
La  société  a  une  assemblée  tous  les  quinze  jours  pour  traiter  les  questions
ordinaires.
Cette  société  est  en  relations  avec  les  réunions  analogues  du  pays  et  de
l’étranger,  afin  de  ménager  à  ses  membres  la  même  réception  fraternelle  qu  elle
leur  accorde.
Le  jour  où  le  nombre  des  membres  s’abaissera  à  six,  la  société  sera  dissoute
de  fait.  Son  avoir  social  doit  être  placé  à  intérêts  pour  devenir  la  propriété
d’une  nouvelle  société  qui  pourrait  se  former,  et  qui  y  aura  droit  après  deux
mois  d’existence.
Les  matières  enseignées  sont  les  suivantes  :
Dimanche  matin,  à  9  heures,  dessin;  le  soir,  à  8  heures,  exercices  sur  la  manière  d’exposer
un  sujet.
Lundi,  assemblée  générale;  sujets  intéressants  des  sciences  naturelles,
chant,  déclamation  1
Mardi,  tenue  des  livres  et  correspondance  f
Mercredi,  histoire  de  l’Allemagne  }  8  heures  du  soir.
Jeudi,  langue  allemande  et  chant  i
Vendredi,  histoire  de  la  littérature  ]
Samedi,  calcul  et  chant
Tous  les  soirs  une  salle  de  lecture  est  ouverte,  elle  possède  une  bibliothèque
de  200  volumes  environ.
En  ï  863,  la  société  comptait  1  97  membres,  dont  100  ouvriers  et  67  amis
de  1  industrie;  parmi  les  ouvriers  il  y  avait  kk  menuisiers,  21  tailleurs,  1  1  cordonniers, ­
  à  charrons,  etc.  Les  membres  amis  de  l’industrie  se  composaient  d’in-
        <pb n="449" />
        dustriels,  rie  marchands,  de  fabricants,  de  professeurs  et  de  fonctionnaires
supérieurs.
Nous  avons  assisté  à  une  réunion  de  cette  société  un  jeudi,  jour  d’assemblée ­
  générale  et  de  conférences  variées.  Plusieurs  questions  utiles,  entre  autres
celle  de  la  conservation  des  bois  par  les  injections  de  sels  métalliques,  ont  été
traitées.  Des  morceaux  de  prose  et  de  poésie  ont  été  récités  par  des  ouvriers  ;
le  cigare  et  la  bière  se  consommaient  librement,  mais  modérément,  et  la  réunion ­
  n’avait  rien  que  de  très-convenable.  L’habitude  de  se  voir,  de  se  témoigner ­
  des  égards  réciproques,  de  conserver  la  modération  et  la  décence,  donne
à  ces  réunions  d’hommes,  occupés  toute  la  journée,  une  certaine  dignité  morale
qu’on  ne  peut  méconnaître.  Et  lorsque  la  société  sera  en  possession  d’un  local
plus  convenable  que  la  salle  de  brasserie  où  elle  se  réunit,  les  instructions  sérieuses ­
  pourront  y  prendre  plus  de  développement.  Mais  il  importe  toujours
que  la  sage  influence  des  amis  de  I  industrie,  des  professeurs  et  des  fonctionnaires ­
  qui  aiment  les  ouvriers,  y  domine  et  les  maintienne  dans  une  voie
étrangère  à  toute  préoccupation  politique.
ÉCOLE  POL  YTECHJN  IQlE.
L’école  polytechnique  de  Carisruhe,  fondée  eu  1820,  est,  ajuste  titre,  l’un
des  établissements  de  ce  genre  les  plus  célèbres  parmi  ceux  que  possède  l’Allemagne. ­

L’édifice  remarquable  qu  elle  occupe  a  coûté  un  million  de  francs.
De  vastes  salles  pour  tous  les  travaux  des  élèves,  de  beaux  amphithéâtres
pouvant  contenir  200  auditeurs,  un  grand  laboratoire  très-bien  ordonné  dont
nous  donnons  le  plan  dans  la  planche  V,  et  auquel  il  ne  manque  que  des
moyens  de  ventilation;  des  ateliers  bien  organisés,  où  l’on  exécute,  à  un  prix
peut-être  un  peu  élevé,  mais  avec  une  grande  perfection,  les  modèles  qui  complètent ­
  la  belle  collection  déjà  existante,  due  en  grande  partie  au  savant  professeur, ­
  M.  Red  ten  hacher,  que  l’école  a  perdu;  l’ensemble,  enfin,  de  toutes
ces  collections,  constitue  un  établissement  de  premier  ordre,  digne  de  sa  grande
réputation
Le  nombre  des  élèves  qui  viennent  y  acquérir  1  instruction  est,  en  1  8fié-1  8fiâ,
de  58g,  répartis  ainsi  qu’il  suit  :
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—  437

NATIONALITES

BAIïOIS.  ETRANGERS.

00
44
36
33
12
18
32
18

250

70
02
50
14
14
103
4
21

330

142
106
72
47
26
121
36
39

589

DIVISIONS.

Mathématiques.  .  .  .
Ingénieurs
Architectes
Forestiers
Chimistes
Mécaniciens
Postes  et  commerce.
Auditeurs  libres..  .  .

L'on  voit,  par  ce  tableau,  que  les  divisions  des  mathématiques,  des  ingénieurs ­
  et  des  mécaniciens  sont  de  beaucoup  les  plus  nombreuses.
Dans  le  nombre  total  des  élèves  étrangers,  il  est  remarquable  que  la  France
n’en  fournit  que  a,  la  Prusse  en  compte  61i,  la  Russie  /|/|  ,  la  Bavière  sô,  la
Suisse  20,  l’Autriche  17.
Enseignement  de  l’école  polytechnique  de  Carlsruhe.  —  Cet  établissement  est
une  sorte  d  université  technique  qui,  outre  des  études  scientifiques  d’ordre
supérieur,  comprend  dans  son  organisation  plusieurs  divisions  spéciales.
La  première  division  est  consacrée,  non-seulement  aux  sciences  mathématiques, ­
  comme  semble  l’indiquer  son  nom,  mais  aux  notions  scientifiques  générales, ­
  nécessaires  aux  autres  divisions  techniques,  et  que  les  élèves  peuvent
acquérir  en  suivant  les  cours  particuliers  relatifs  à  ces  sciences.
Les  divisions  techniques  sont  celles  :

Des  ingénieurs.  .
Des  architectes...

Entrepreneurs
Architectes..  .

Des  forestiers
Des  chimistes
Des  constructeurs  rie  machines
Du  commerce
Des  postes

exigeant  2  ans  à  2  ans  et  demi  de  cours.
—  2
—  4
—  2
—  a
—  2

En  justifiant  que  l’on  possède  les  connaissances  nécessaires  poursuivre  l’enseignement ­
  de  l’une  quelconque  des  divisions,  l’on  peut  y  être  admis.
Il  n’y  a  pas  de  série  absolument  obligatoire  d’études;  les  examens  seuls
        <pb n="454" />
        —  4  &amp;lt;3  8  —
créent  pour  les  élèves  la  nécessité  d’acquérir  les  connaissances  exigées,  ce  qui
conduit  à  leur  indiquer  au  moins  les  cours  qu’il  leur  est  indispensable  de
suivre.
DIVISION  MATHÉMATIQUE.
Les  études  de  cette  division  comprennent  deux  années  :  pour  y  être  admis
en  première  année,  il  faut  être  âgé  de  plus  de  17  ans,  et  prouver  que  l’on
possède  les  mathématiques  élémentaires,  et  que  l’on  peut  traiter  en  langue
allemande  un  sujet  donné.  On  peut  également  entrer  directement  en  seconde
année  en  justifiant  qu’on  connaît  les  matières  enseignées  en  première  année,
et  qu’on  a  1  8  ans  accomplis.
DIVISION  MATHÉMATIQUE.

PROGRAMME  DES  ÉTUDES  ET  NOMBRE  D’HEURES  DE  LEÇONS  PAR  SEMAINE.

PREMIÈRE  ANNÉE.
Calcul  différentiel  et  intégral
Trigonométrie  plane  et  sphérique
Géométrie  analytique  à  deux  dimensions
Id.  descriptive
Eléments  de  mécanique
Physique  expérimentale
Langue  allemande
Id.  française.  ..............................
Dessin  à  main  levée
Modelage

5  heures.
2
2
6
5
4  heures  et  1  heure  de  répétition.
2
3
2
4

DEUXIÈME  ANNÉE.

Calcul  différentiel  et  intégral  4
Géométrie  analytique  à  trois  dimensions  2
Mécanique  analytique  5
Géométrie  descriptive  4
Dessin  technique  .  .  4  en  été.
Géométrie  pratique  4
Physique  supérieure  3  en  hiver.
Manipulations  de  physique  6  en  été.
Chimie  générale  (cours  de  la  division  de  chimie)  4
Minéralogie  et  géognosie  3  et  4
Littérature  allemande  2
Langue  française  3
Langue  anglaise  3
Dessin  à  main  levée  4
Modelage  a
        <pb n="455" />
        DIVISION  DES  INGÉNIEURS.

La  division  dos  ingénieurs  prépare  à  toutes  les  branches  de  la  profession,
celle  du  génie  militaire  excepté.
La  durée  des  études  est  de  deux  années  et  demie.
Pour  y  être  admis  il  faut  posséder  les  connaissances  qu’on  acquiert  dans  un
gymnase  ou  dans  un  lycée  jusqu’en  seconde,  et  celles  de  deux  années  de  mathématiques ­
  de  l’école  précédente;  à  défaut  des  certificats  constatant  ces  connaissances, ­
  on  passe  un  examen.
PROGRAMME  DES  MATIÈRES  ENSEIGNÉES,  NOMBRE  D’HEURES  DE  LEÇONS  PAR  SEMAINE.
PREMIÈRE  ANNÉE.

Calcul  des  variations  2  heures  en  hiver.
Méthode  des  moindres  carrés  1
Géodésie  supérieure  2
Mécanique  appliquée  3
Chimie  technologique  3
Routes,  constructions  hydrauliques  (avec  trois  après-dînées  de  manipulations) ­
  5
Construction  de  machines  12
Littérature  allemande  1
Histoire  ancienne  et  du  moyen  âge  5
Constructions  pratiques  en  bois,  en  pierres  4  à  6
Dessin  à  main  levée  et  dessin  de  paysage  4
Langue  anglaise  3

DEUXIÈME  ANNÉE.

Ponts  et  chaussées
Construction  des  chemins  de  fer
Exercices  de  constructions  réelles,  chaque  après-dînée  en  hiver,  et  le
matin  et  l’après-dînée  en  été.
Construction  de  machines
Questions  de  physique  mathématique
Droit  populaire
Littérature  allemande
Histoire  ancienne  et  du  moyen  âge
Dessin  à  main  levée  et  paysage

6  heures.
2

6
2  heures  en  été.
//
5
5
4

TROISIÈME  ANNÉE.

Un  seul  semestre.
        <pb n="456" />
        440  —

Ce  cours  est  spécialement  destiné  aux  ingénieurs  qui  ont  l’intention  de  pratiquer ­
  dans  le  grand-duché.  Us  doivent  se  familiariser  avec  les  règlements  et
les  usages  pour  la  concession  de  travaux  publics,  avec  les  prix-courants  (deux
heures  par  semaine).
Elaboration  de  projets,  mémoires,  devis  ;  .  .  .  .  8  heures.
Architecture  supérieure  3
On  fait  faire  aux  élèves  des  excursions  pour  examiner  des  chantiers,  des
travaux,  et  dans  ce  cas  les  leçons  sont  interrompues.
Nous  ne  voyons  pas  bien  l’utilité  que  peuvent  avoir  pour  les  ingénieurs
l’étude  du  calcul  des  variations  et  celle  de  la  méthode  des  moindres  carrés.
Nous  doutons  même  que  jamais  aucun  ingénieur  ait  eu  l’occasion  de  se  servir
de  ces  branches  de  la  science  mathématique  pour  les  besoins  de  son  art.

•  DIVISION  DES  CONSTRUCTEURS.
Cette  division  se  partage  en  deux  :  la  division  inférieure  est  destinée  à  former
des  (Werckmcister)  entrepreneurs  ou  chefs  de  travaux  capables  de  projeter  et
d’exécuter  des  constructions  ordinaires  d’habitation  ou  d’exploitation.  La  division ­
  supérieure  a  pour  but  de  former  de  futurs  architectes,  capables,  à  leur
sortie  de  l’école,  d’entreprendre  avec  fruit  des  voyages  pour  se  perfectionner. ­

Getto  division  comprend  quatre  années  d’études  :
Pour  l’admission,  les  conditions  sont  les  mêmes  que  pour  la  division  des
ingénieurs,  sauf  à  se  contenter  du  cours  de  la  première  année  de  la  division
de  mathématiques.
PREMIÈRE  ANNÉE.

Chimie  générale  ei  inorganique  (cours  de  chimie  i' e  division).
Minéralogie  et  géognosie
Matériaux  de  construction
Géométrie  descriptive
Statique  des  constructions
Dessin  d’architecture  d’après  des  feuilles
Dessins  de  plans
Paysage
Dessin  d’ornement
Modelage  en  plâtre  )
En  été  construction  de  voûtes  dans  la  cour  )
Modelage  sur  bois  -
Histoire  ancienne  et  du  moyen  âge  »
Littérature  allemande,  même  cours  qu’à  l’école  des  ingénieurs.

4  heures.
3  à  4
2
4
2
4  h  "en  hiver  6  h”*  en  été.
4  6
4
4  6
4  ”
4
5
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        n*

—  4/il

DEUXIEME  ANNEE.
Connaissance  des  machines.*
Ponts  et  chaussées
Architecture  technique
Notions  d’études  de  projets
Dessin  d’architecture  d’après  des  modèles  et  des  feuilles,
projets  4
Projets  de  maison  d’habitation  4
Dessin  de  paysage
Dessin  d’ornement  d’après  des  feuilles  4
Modelage  plâtre  en  hiver  )
En  été  construction  de  voûtes  dans  la  cour  j
Modelage  en  bois
Histoire  ancienne  et  du  moyen  âge
Littérature
TROISIÈME  ANNÉE.
Cours  technique  d’architecture,  deuxième  partie
Art  supérieur  des  constructions
Histoire  de  l’architecture  ancienne
Plan  de  maisons  d’habitation  6
Etudes  graphiques  sur  les  ordres  et  les  édifices  les  plus  remarquables ­
  2
Perspective  aérienne  2
Dessin  d’ornements  d’après  des  modèles  et  d’après  nature.  .  .  .
Dessin  de  ligures
Dessin  à  main  levée
Modelage  d’après  des  modèles  5
Histoire  ancienne  et  du  moyen  âge
Littérature  allemande
QUATRIÈME  ANNEE.
Droit  populaire  :
Art  supérieur  des  constructions
Histoire  de  1  architecture  du  moyen  âge  et  des  temps  modernes.
Projets  de  grands  édifices  publics  b
Etudes  graphiques  du  moyen  âge  et  copie  des  principaux  monuments ­
  2
Vues  perspectives  à  l’aquarelle  2
Dessin  d’ornements  2
Dessin  de  figure  d’après  le  plâtre  et  le  modèle  vivant
Dessin  à  main  levée
Modelage  d’après  nature  ou  de  fantaisie  5
Histoire  ancienne  et  du  moyen  âge
Littérature  allemande

6  heures.
5

5G
        <pb n="458" />
        Les  matinées  restées  libres  sont  employées  aux  travaux  graphiques,  et,  à  la
fin  de  l’année  d’études,  un  concours  est  ouvert  pour  la  quatrième  classe.  Une
médaille  d’or  est  décernée  au  meilleur  projet.
Dans  ces  programmes  de  la  division  des  constructeurs,  on  remarquera  que
l’on  ne  trouve  pas  l’indication  d’un  enseignement  mathématique  sur  la  stabilité
des  constructions,  sur  la  résistance  des  matériaux  et  sur  les  grandes  charpentes, ­
  etc.  Dès  lors,  l’on  ne  voit  guère  la  nécessité  des  mathématiques  transcendantes ­
  et  de  la  mécanique  analytique  exigées  pour  l’admission  dans  cette
division,  dont  les  deux  premières  années  d’études  sont  destinées  à  former  des
entrepreneurs  ou  des  conducteurs  de  travaux.
Il  nous  paraîtrait  préférable  d’exiger  moins  de  mathématiques  supérieures  et
plus  d’applications  des  principes  de  la  science  à  l’art  des  constructions.
L’usage  de  faire  exécuter  des  constructions  réelles  de  voûtes  diverses  par  les
élèves  de  cette  division  nous  paraît  fort  bon.  Mais  comme  cette  exécution  ne
peut  se  faire  qu’en  briques,  elle  ne  doit  pas  dispenser  de  celle  des  voûtes  et
des  autres  constructions  en  plâtre  à  échelle  réduite,  qui  obligent  les  élèves  h
tracer  tous  les  panneaux  et  à  en  réaliser  complètement  les  diverses  parties.
Après  les  deux  premières  années  d’études,  les  élèves  qui  se  contentent  de
devenir  entrepreneurs  ou  conducteurs  de  travaux  ont  une  instruction  théorique ­
  et  technique  suffisante.
DIVISION  DES  FORESTIERS.
L’enseignement  de  cette  division  consiste  :
i°  En  un  cours  préparatoire;
2°  En  deux  années  d’études.
Pour  entrer  au  cours  préparatoire,  il  faut  posséder  les  connaissances  qu’on
acquiert  dans  un  lycée  jusqu’en  seconde,  ou  bien  dans  toutes  les  classes  d’un

gymnase.
COURS  PRÉPARATOIRE.
Arithmétique  générale  et  algèbre  3  heures.
Géométrie  des  plans  et  des  solides  3
Physique  expérimentale  4
Botanique  générale  et  spéciale  4
Zoologie  3
Excursions  de  botanique  et  observations,  une  fois  par  semaine
en  été.
Histoire  de  la  littérature  allemande..  a
Droit  populaire  2
Aperçu  des  sciences  forestières

2
        <pb n="459" />
        ■

56.

MMR

DEUXIEME  ANNEE.
Résolutions  de  problèmes.
Chimie  agricole  2*
Sciences  d’Etat,  économie  politique  et  financière  2
Boules  et  constructions  hydrauliques  (notions  élémentaires)..  2
Garde  et  protection  des  forêts  2
État  de  la  science  forestière  2
Exploitation  et  estimations  d’après  des  méthodes  rationnelles..  4
Estimation  du  sol  et  de  l’usufruit  des  forêts  comme  base  des
calculs  d’intérêt  d  évaluation  2
Notions  sur  la  chasse  "  2
Administration  forestière  2
Police  forestière  „  3
Droit  forestier  et  de  chasse  2
Excursions,  voyages  avec  applications.
DIVISION  DES  CHIMISTES.
Cette  division  est  spécialement  consacrée  aux  jeunes  gens  qui  se  destinent  à
des  carrières  dans  lesquelles  les  connaissances  en  chimie,  en  physique  et  en

—  443  —
Enseignement  pratique  clans  toutes  les  questions  forestières  et
les  écritures  d’une  administration  forestière.
ÉTUDES  SPÉCIALES.
PROGRAMME  DES  MATIÈRES  ENSEIGNÉES  ET  NOMBRE  D’HEURES  DE  LEÇONS  PAR  SEMAINE.
PREMIÈRE  ANNÉE.
Arithmétique  générale  et  algèbre  2  heures.
Polygonométrie  plane,  trigonométrie  sphérique  2
Exercices  malhémalico-forestiers  4
Chimie  générale  4
Minéralogie  (en  hiver)  3
Géognosie  (en  été)  4
Minéralogie  pratique  2
Botanique  générale,  anatomie,  chimie,  physiologie,  géographie
(en  hiver)  4
Climat  (notions  de  météorologie),  connaissance  du  sol  3
Histoire  naturelle  des  différentes  essences  de  bois  2
Exploitation  forestière  (en  hiver)  3
Redevances  des  forêts  2
Géométrie  pratique  4
Excursions,  explications  sur  les  lieux.
.  Excursions  botaniques.
        <pb n="460" />
        —  fl  fl  fl  —
histoire  naturelle  trouvent  leur  application,  soit  qu’ils  se  livrent  spécialement  à
la  chimie  ou  qu’ils  se  destinent  à  l’exploitation  des  mines  ou  à  la  métallurgie.
L’on  n’exige  pour  1  admission  que  les  connaissances  nécessaires  pour  suivre
les  cours  et  l’âge  de  i  y  ans  révolus.
Les  matières  de  l’enseignement  son  t  sommairement  indiquées  dans  le  programme ­
  suivant  :
DIVISION  DES  CHIMISTES.
PROGRAMME  DES  MATIERES  ENSEIGNEES  ET  NOMBRE  D’HEURES  DE  LEÇONS  PAR  SEMAINE.
Chimie  générale,  premier  cours,  partie  inorganique  (semestre
d’hiver)  4  heures.
Chimie  organique  (semestre  d'été)  4
Chimie  générale,  deuxième  cours,  histoire  et  philosophie  de  la
chimie  (un  an)  i
Répétitions  de  chimie  (hiver)  2
Conférences  sur  les  analyses  chimiques  (été)  a
Art  des  essais  métallurgiques.
Manipulations  au  laboratoire.
Analyses  qualitatives  et  quantitatives.
Chimie  agricole  (hiver)  2
Technologie  chimique,  inorganique  et  organique,  fabrications
diverses  (un  an)  3
Métallurgie  (un  an)  2
Physique  expérimentale  4
Répétitions  de  physique  i
Physique  supérieure.
Botanique  et  géologie  7
Minéralogie  (hiver)  3
Géognosie  (été)  4
Géognosie  des  minéraux  utiles  (hiver)  2
Minéralogie  pratique,  excursions,  etc.  (été)  2
Cristallographie  (hiver)  2
Cet  enseignement  très-élendu  constitue  un  ensemble  de  cours  qui  peuvent
être  suivis,  non-seulement  par  les  élèves  qui  se  destinent  plus  spécialement
aux  arts  chimiques,  mais  encore  par  ceux  des  autres  divisions.
Pour  prendre  part  aux  manipulations  chimiques,  les  élèves  payent  46  florins
(92  fr.  60  cent.)  par  an,  et  on  leur  fournit  les  réactifs  nécessaires.
DIVISION  DES  CONSTRUCTEURS  DE  MACHINES.
Pour  l’admission,  il  faut  posséder  les  connaissances  d’un  élève  sortant  de  la
première  année  de  la  division  mathématique.  Les  cours  comprennent  deux
années  d’études.
        <pb n="461" />
        m

-,  n

«Mül

■»

—  445  —
PREMIÈRE  ANNÉE.
Des  machines..  h  heures.
Construction  des  machines  4
Dispositions  des  machines  h
Physique  expérimentale  4
Mécanique  appliquée  •»
Géométrie  pratique.
Technologie  mécanique..  .  2
ld.  chimique.
Métallurgie.
Géognosie  des  minéraux  utiles  2
Routes  et  constructions  hydrauliques  5
Dessin  à  main  levée  4
Histoire  ancienne  et  du  moyen  âge  5
Travaux  aux  ateliers  de  4  à  6  heures  du  soir.
Littérature  allemande  et  française  4
DEUXIÈME  ANNÉE,
Des  machines  ^
Construction  des  machines  4
Établissement  des  machines  ”
Technologie  mécanique  2
Sujets  choisis  de  physique  mathématique  2
Physique  supérieure  ^
Chimie  générale  4
ld.  répétitions  (hiver)  2
Routes  et  constructions  hydrauliques  h
Chemins  de  1er  (été)  2
Technologie  chimique.
Métallurgie.
Histoire  ancienne  et  du  moyen  âge.
,  Littérature  allemande.
Dessin  à  main  levée  4
Langue  anglaise  A
Travaux  aux  ateliers  le  soir,  de  4  à  6  heures.
DIVISION  DU  COMMERCE.
Pour  être  admis  dans  celte  division,  il  suiïit  de  posséder  les  connaissances
qu’on  acquiert  dans  une  école  supérieure  bourgeoise  (höhere  burger  Schule).
PROGRAMME  DES  MATIÈRES  ENSEIGNÉES  ET  NOMBRE  D'HEURES  DE  LEÇONS  PAR  SEMAINE.
Du  commerce  5  heures.
Tenue  des  livres  2
        <pb n="462" />
        Correspondance  commerciale  .  3  heures.
Arithmétique  commerciale  3
Connaissance  des  marchandises  3
Géographie  commerciale  3
Histoire  commerciale  i
¡ allemande  4
française  4
anglaise  3
Calligraphie  2
Dessin  2
DIVISION  DES  POSTES.
(Décrets  des  2  juin  i843  et  10  août  1847  )
Les  connaissances  nécessaires  pour  l’admission  sont  celles  qu’on  possède  à  la
sortie  de  la  classe  supérieure  d’un  gymnase  ou  de  la  section  supérieure  de  la
cinquième  d’un  lycée.
PREMIÈRE  ANNÉE.
Arithmétique  3  heures
Mécanique  3
Physique  expérimentale  4
Langue  française  4
Langue  allemande  2
Calligraphie  2
DEUXIÈME  ANNÉE.
Arithmétique  politique  3  heures.
Géographie  2
Notions  générales  d’économie  politique  (été)  2
Droit  populaire  2
Droit  commercial  3
Application  de  la  mécanique  aux  transports  2
Histoire  ancienne  et  du  moyen  âge  5
Littérature  allemande  »  2
Langue  française  3
Littérature  française  2
Langue  anglaise  3
.  Calligraphie  2

COMPOSITION  DU  PERSONNEL.
ADMINISTRATION.
1  directeur,  2  conseillers,  1  bibliothécaire,  1  secrétaire  et  1  comptable.
        <pb n="463" />
        CORPS  ENSEIGNANT.

Mathématiques
Sciences  naturelles
Architecture  et  construction

4  et  2  assistants.
6  2
4  i

Professeurs.  I  Ponts  et  chaussées

o  //

Connaissance  des  machines
Sciences  forestières

3  //
3  n

Commerce

//

Maîtres..

Cours  généraux  (langues  et  littérature)  ....  9
Sculpture  1
Calligraphie  1

i  //

n

n

Ateliers

3  //

6  domestiques.

3g  5

ENSEMBLE  DES  ÉTABLISSEMENTS  D’ENSEIGNEMENT.

Des  salles  d’asile,
Des  écoles  primaires
Des  écoles  de  fabriques,
Des  écoles  de  travail  pour  les  filles,
Des  écoles  de  perfectionnement  des  jours  ouvrables,
Des  écoles  du  dimanche,
Des  écoles  normales  d’instituteurs  primaires,
Des  instituts  des  sourds  et  muets,
Des  instituts  des  aveugles,
Des  écoles  d’agriculture,
Des  écoles  vétérinaires,
Des  écoles  professionnelles,
Des  écoles  bourgeoises  supérieures,
Des  écoles  littéraires,
Des  écoles  de  gymnastique,
Des  écoles  militaires;

En  résumé,  pour  répondre  aux  besoins  d’instruction  des  citoyens  de  toutes
les  classes  et  de  tous  les  âges,  le  grand-duché  de  Bade  possède  :

seienlilique  supérieure  ,
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        —  448  —
I de  chimistes,
de  constructeurs  de  machines,
de  commerce,
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du  service  des  postes,
V  de  télégraphie  ;
Deux  universités.
11  résulte  de  ce  qui  précède  que,  dans  le  grand-duché  de  Bade,  l’enseignement ­
  est  organisé  de  manière  à  pourvoir  à  tous  les  besoins  d’une  instruction
littéraire  et  scientifique  supérieure,  de  même  qu’à  ceux  des  services  ou  des  travaux ­
  publics  et  de  l’industrie  de  tous  les  degrés.
Cette  satisfaction  donnée  à  tous  les  besoins  intellectuels  de  la  population,
selon  ses  aptitudes,  sa  position  sociale  ou  ses  ressources,  en  assurant  la  prospérité ­
  matérielle  du  pays  et  de  ses  habitants,  ne  contribue  pas  moins  à  son  amélioration ­
  morale,  que  l’enseignement  ne  perd  jamais  de  vue,  et  à  sa  tranquillité
politique,  si  troublée  il  y  a  quelques  années.
Général  MORIN,
Rapporteur.
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        —  366  —
Dessin.  —Pratique  du  dessin  linéaire;  dessin;  dessin  de  ligures  géométriques ­
  et  architechtoniques  élémentaires;  principes  du  dessin  à  main  levée.
Physique.  —  Cours  élémentaire  de  physique,  avec  l’emploi  des  éléments  des
mathématiques  dont  ce  programme  exige  la  connaissance.
Chimie.  —  Cours  théorique  élémentaire  de  chimie  inorganique.
Histoire  naturelle.—  Cours  élémentaire  de  l’histoire  naturelle  des  trois  règnes.
Akt.  22.  Ceux  qui  veulent  entrer  dans  la  seconde  ou  la  troisième  année
de  l’une  des  cinq  premières  divisions  de  l’école  doivent,  sauf  dispense  spéciale  ,
avoir  dans  l’un  ou  l’autre  cas  i  8  et  19  ans  révolus.  Il  doivent  en  outre  justifier, ­
  par  un  examen,  d’une  connaissance  suffisante  des  sciences  qui  sont
enseignées  dans  la  première  année  ou  dans  les  deux  premières  années  de  la
division  pour  laquelle  ils  se  présentent.
Art.  23.  Chaque  élève  régulier  est  astreint  à  payer,  pour  tout  ¡’enseignement ­
  qu’il  reçoit  des  professeurs  en  titre,  un  écolage  annuel  de  5o  francs
(élevé  en  1  86A  à  100  francs).
Les  cours  libres,  donnés  par  des  professeurs  ordinaires  et  agrégés,  seront
payés  à  part  par  les  élèves  qui  les  suivent.
Chaque  élève  doit  une  indemnité  pour  l’usage  des  laboratoires  et  des
ateliers.
Art.  24.  Chaque  élève  régulier  est  obligé  de  suivre  tous  les  cours  théoriques ­
  et  pratiques  énumérés  dans  le  programme  de  la  division  et  de  l’année  à
laquelle  il  appartient  (article  12).  Cependant  un  élève  peut  être  dispensé  de
suivre  certains  cours  lorsque  la  profession  à  laquelle  il  se  destine,  l’enseignement ­
  préalable  qu’il  a  reçu  ou  telle  autre  circonstance  particulière  justifient
cette  exception.
Chaque  élève  régulier  est  astreint  à  suivre  exactement  toutes  les  leçons  et
les  répétitions  de  la  division  et  de  la  classe  à  laquelle  il  appartient.  Il  doit
prendre  part  aux  excursions  hebdomadaires  de  sa  division,  et  préparer  soigneusement ­
  tous  les  travaux  que  lui  imposent  ses  professeurs.
Art.  25.  Les  élèves  réguliers  sont  libres  de  suivre  tous  les  coürs  qu’ils
désirent,  en  dehors  du  programme  de  la  division  dont  ils  font  partie,  pourvu
que  les  heures  de  ces  études  volontaires  ne  coïncident  pas  avec  celles  de  l’enseignement ­
  obligatoire  de  leur  classe.  Lorsqu’ils  désirent  suivre  un  cours  donné
dans  l’une  des  cinq  premières  divisions,  ils  doivent  préalablement  justifier  de
connaissances  suffisantes.  Quant  aux  cours  libres  donnés  par  des  agrégés,  les
élèves  doivent  se  soumettre  aux  prescriptions  de  l’article  28.
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