172 L’INDUSTRIE COTONNIÈRE EN ALLEMAGNE d’une somme notable, le chiffre des contributions s’était élevé à plus de 17.000 francs. Ces impôts sont certainement élevés, c’est en tous cas l’avis de ceux qui les paient. D’un autre côté, leur répar tition donne lieu forcément à une ingérence prolonde de l’Etat dans les affaires des particuliers. Elle paraît exagérée, de l’avis même des meilleurs citoyens. Le frag ment de discours qui suit, emprunté à celui déjà cité tout à l’heure, confirme cette manière de voir « Depuis notre berceau jusqu’à notre tombe, de notre première inspiration d’air jusqu’à notre dernier soupir, l’Etat nous entoure, nous étreint dans ses serres d’acier : Dans tout ce que nous faisons, dans tous nos actes, ü est derrière nous, nous gouverne, nous dirige. Nous ne sommes, pour ainsi dire, plus nous-mêmes; nous sommes un produit de 1 Etat qui nous régit et nous régle mente par mille prescriptions, décisions, décrets et lois- Notre propre volonté est limitée même en ce qui nous concerne; nous ne pouvons faire que ce que l’Etat nous autorise à faire, et seulement dans les limites qu d juge convenables. Nous ne pouvons pas nous développe 1 librement : nous sommes et voulons être, d ailleurs, des citoyens obéissants. « Le contrôle de l’Etat commence à notre premier cri • Le jeune citoyen est obligé de se faire inscrire à l’état- civil et il n’a pas encore conscience de son existence que déjà on l’oblige à se faire vacciner; à six ans ° 11 1 obligea aller à l’école et aussi à se faire revacciner à douze ans. L’obligation du service militaire pèse sur lui pendant trente années : à 18 ans, il est forcé de se fah e inscrire, de se laisser passer en revue par un médecin qui évalue ses aptitudes physiques, puis il est obligé de quitter ses occupations pour être soldat. A peine a-t-d