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        <title>L' Industrie cotonnière en Allemagne</title>
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            <forname>Armand</forname>
            <surname>Koechlin</surname>
          </persName>
        </author>
      </titleStmt>
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            <idno>84539584X</idno>
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        Syndicat  Général

DE

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  FRANÇAISE

L’Irçdu^trie  Cotorçrçière
EN  ALLEMAGNE
PAR
M.  Armand  KOECHLIN
INGÉNIEUR

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PARIS

IMPRIMERIE  E.  PELLETIER  El  O
2,  rue  des  Deux-Gares,  2

1906
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L  Industrie  Cotonnière
EN  ALLEMAGNE
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Syndicat  Général

DE
L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  FRANÇAISE

L  Irçdu^trie  Cotorji]ièpe
EN  ALLEMAGNE

M.  Armand  KOECHLIN

INGENIEUR

PARIS
IMPRIMERIE  e.  pelletier  et  O
2,  rue  des  Deux-Gares,  2
1906
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        Le  Syndicat  Général  de  l'Industrie  Cotonnière
Française  est  heureux  de  mettre  à  la  disposition  de  ses
membres  les  nombreux  documents  recueillis  par  Monsieur
A.  Koecblin,  qu'il  avait  chargé  d’une  enquête  sur  l'Industrie ­
  cotonnière  en  A  llemagne.  Cet  ouvrage  est  la  relation  de
faits  constatés  par  l’auteur,  sans  que  les  opinions  émises
engagent  la  responsabilité  du  Syndicat  Général  de  l'Industrie ­
  Cotonnière  Française,  qui  a  tenu  à  faire  une  reproduction ­
  fidèle  d’une  documentation  sérieuse  pour  ne  pas  en
diminuer  le  puissant  intérêt.
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        L'Industrie  £ctcoo¡¿re  en  ^llerrçagoe

STATISTIQUE

Alsace  non  comprise,  l’Allemagne  possédait  en  1904,
d’après  la  statistique  de  la  Bourse  des  cotons  de  Brême,
6.692.000  broches  marchant  en  colon,  et  consommant
annuellement  la  quantité  de  1.358.000  balles.  En  outre,
on  comptait  628.000  broches  travaillant  la  vigogne  avec
une  consommation  de  163.000  balles.
La  répartition  des  broches  entre  les  divers  Etats  de
provinces  qui  composent  l’Empire  d’Allemagne,  était  la
suivante  :

Tableau  n°  1.

ETATS  ET  PROVINCES

Bavière  et  Palatinat..
Saxe
Westphalie
Prusse  rhénane
Wurtemberg
Grand  duché  de  Bade
Hannover

Provinces  diverses
(Silésie,  Saxe  provinciale
et  Oldenburg.)

1.578.000
1.321.000
1.172.000
1.051.000
707.000
4G9.000
212.000
182.000

300.000
225.000
255.000
287.OuO
115.000
80.000
48.500
47.500
        <pb n="12" />
        6

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE'

Avant  1870,  l’industrie  allemande,  en  général,  était
très  peu  développée.  Le  mouvement  en  avant  qui  se  dessina ­
  vers  1872-73  fut,  —  pour  la  plupart  des  branches  —
arrêté  net  par  l’échec  retentissant  subi  par  une  grande
partie  des  produits  allemands,  à  l’exposition  de  Philadelphie, ­
  en  1876.  Il  était  démontré  à  cette  époque  pour
tout  homme  d’affaires  clairvoyant,  que  la  devise  :  «  bon
marché  mais  mauvais  »  qui  caractérisait  alors  la  majorité ­
  des  produits  allemands,  jointe  aux  procédés  commerciaux ­
  en  usage  à  celte  époque  en  Allemagne,  conduirait ­
  l’industrie  allemande  à  tout  autre  chose,  qu’au  résultat ­
  cherché  par  elle,  d’une  situation  prépondérante
sur  le  marché  mondial.
Après  dix  années  de  recueillement,  d’études,  de  transformations, ­
  d’essais  patients  et  persévérants,  protégés,
patronnés  et  encouragés  par  le  gouvernement,  la  marche ­
  en  avant  reprit  énergiquement  et  avec  grand  succès.
On  peut  dire  que  le  formidable  outillage  industriel  que
possède  aujourd’hui  —  en  général  —  l’industrie  allemande, ­
  l’ordre,  la  méthode,  la  rondeur  qui  caractérisent
son  commerce  actuellement,  date  de  20  à  25  ans.
Ce  qui  précède,  peut  s’appliquer  en  grande  partie,  à
l’industrie  cotonnière.
La  statistique  citée  tout  à  l’heure  donne  pour  1887  —
Alsace  non  comprise  toujours  —,  un  total  de  3.220.000
broches  marchant  en  colon,  et  consommant  655.000
halles.  Onze  années  plus  tard,  en  1898,  l’accroissement
a  été  de  plus  de  70  °/ 0  ;  on  a  monté  2.300.000  broches
pendant  cette  période,  et  leur  total  s’élève  à  5.518.000  :
elles  consomment  1.184.000  halles.
Si  nous  rapprochons  les  chiffres  concernant  1887  et
1905,  nous  constatons  qu’en  dix-huit  ans,  le  nombre  des
broches  coton  a  augmenté  de  3.472.000,  c’est-à  dire  de
108  °/o  ;  et  que  la  consommation  passait  de655.000  balles
        <pb n="13" />
        STATISTIQUE

7

à  1.358  000,  s’accroissant  dans  une  proportion  identique
à  celle  des  broches,  ce  qui  dénote  une  élévation  notable
du  numéro  moyen.
Cette  augmentation  colossale  du  nombre  des  broches
coton  n’a  pas,  à  beaucoup  près,  suivi  la  même  marche
dans  les  différents  Etats  de  la  Confédération.  Il  est  des
régions  dans  lesquelles  l’accroissement  est  à  peine  sensible, ­
  tandis  qu’il  y  en  a  d’autres  dans  lesquelles  le  nombre ­
  des  broches  a  quadruplé.  Il  peut  être  intéressant  de
rapprocher  et  de  comparer  ces  divers  chiffres  de  broches
ainsi  que  ceux  exprimant  leur  consommation.  Les  tableaux ­
  ci-après  en  faciliteront  l’étude.
        <pb n="14" />
        L  INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

V

De  1887  à  1898

Tableau  n°  2.

AUGMENTATION
en  °/„

1887

18!),S

ETATS
et
PROVINCES

BROCHES  BALLES

BROCHES  BALLES

BROCHES  BALLES

Bavière  et
Palatinat

924.000
541.000
286  000
436.000
355.000

161.000
91.000
60.000
166.000
54.000

1.391.000
1.102.000
853.000
862.000
545.000

248.000
199.000
205.000
278.000
93.000

50%

Saxe

119

103%

Westphahe
Prusse  rhénane
Wurtemberg  ..

242

198

67%

53%

Grand  Duche
de  Bade..

398.000
105.000

59.000
18.000

430.000
113.000

254

74.000
30.000

Hannover

7%

Silesie
Oldenburg  .
Saxe
provinciale..
Nassau

175.000

46.000

222.000

57.000

24

27

3.220.000

655.000

5.518.000

1.184.000

71%
        <pb n="15" />
        STATISTIQUE

9

De  1898  à  1905

Tablean  n°  3.

ETATS
et
PROVINCES

Bavière  et
Palatinat

Saxe
Westphalie..
Prusse  rhénane
Wurtemberg  ..
Grand  Duché
de  Bade....

Hannover

Silésie
Oldenburg..
Saxe
provinciale..
Nassau

1898

BROCHES  BALLES

.591.000
.102.000
853.000
862.001
545.000

248.000
199.000
205.000
.000
93.000

10278

430.000
113.000
222  000

74.000
30.000
57.000

5.518.000

1.184.000

1905

BROCHES  BALLES

BROCHES  BALLES

1.578.000
1.321.000
1.172.000
1.051.000
707.000
469.000
212.000
182.000

6.692.000

300.000
225.000
255.000
287.000
115.000
80.000
48.500
47.500

1.358.000

AUGMENTATION
en  %

13  s
20
37 4
22
29?
9
87»
18

212

21
13
24 4
3  2
23«
8‘
61«
16«

14 7
        <pb n="16" />
        10

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

De  1887  à  1905

Tableau  n°  4.

ETATS
et
PROVINCES

Bavière  et
Palatinat.
Saxe
Westphalie  —
Prusse  rhénane
Wurtemberg..
Grand  Duché
de  Bade
Hannover
Silésie
Oldenburg../
Saxe
provinciale.
Nassau

1887

924.000
511.000
286.000
436.000
355.000
398.000
105.000
175.000

3.220.000

161.000
91.000
60.000
166.000
54.000
59.000
18.000
46.000

655.000

1905

1.578.000
1.321.000
1.172.000
1.051.000
707.000
469.000
212.000
182.000

6  692.000

300.000
225.000
255.000
287.000
115.000
80.000
48.500
47.500

1.358.000

AUGMENTATION
en  »/o

imocm's

71
144
310
141
99
18
102

108

86
147
325
72
113
35 5
164
3  1/4

107

Les  chiffres  de  broches  des  tableaux  qui  précèdent
ne  sont  pas  rigoureusement  exacts  :  ils  comprennent,
notamment  en  ce  qui  concerne  la  Saxe  et  les  provinces
du  Rhin,  une  certaine*quantité  de  broches  à  retordre  ;  et
le  calcul  de  la  consommation  par  broche  ne  pourrait
donc  en  être  déduit  avec  une  complète  précision.  Toutefois, ­
  l’écart  ne  serait  pas  très  considérable  sur  l’ensemble. ­
        <pb n="17" />
        STATISTIQUE

11

Celle  statistique  présente  néanmoins  avec  exactitude
la  comparaison  des  nombres  de  broches  aux  diverses
époques  considérées,  et  ce  résultat  est  suffisant  pour  lui
donner  de  l’intérêt.
Elle  nous  montre  que,  tandis  que  les  provinces  diverses ­
  prises  dans  leur  ensemble  (elles  comprennent  la
Silésie,  la  Saxe  provinciale  et  les  duchés  d’Oldenburg  et
de  Nassau),  sont  restées  stationnaires  pendant  la  période
1887-1905,  et  que  le  Grand  Duché  de  Bade  n’a  augmenté
le  nombre  de  ses  broches  que  de  18  °/ 0 ,  la  Saxe  et  la
Prusse  rhénane  présentent  un  accroissement  de  plus
de  140  o/o.  et  que  la  Weslphalie,  pendant  ces  18  années,
a  quadruplé  son  nombre  de  broches,  le  portant  de
286.000  à  1.172.000.
Est  ce  à  dire  que  les  résultats  de  l’industrie  cotonnière
en  Allemagne  aient  été  particulièrement  brillants  et  que
de  gros  dividendes  certains,  engageaient  les  capitaux  à
s’y  intéresser?  Certes,  il  existe  en  Allemagne,  en  Bavière ­
  notamment,  une  série  d’établissements  cotonniers
anciens,  constamment  dirigés  avec  habileté  et  prudence,
et  dont  les  rendements  sont  régulièrement  et  depuis  de
longues  années,  extrêmement  tentants.  Mais,  en  regard,
combien  d’insuccès,  de  liquidations  ;  et  combien  d’autres, ­
  surtout,  se  traînent  lamentablement,  effectuant
péniblement  leurs  amortissements  statutaires,  sans
pertes  notables,  mais  aussi  sans  dividendes.
L’examen  des  inventaires  des  établissements  par  actions ­
  montre,  par  exemple,  qu’en  Weslphalie,  dans  la
période  de  1897  à  1904,  un  ensemble  de  sept  grands
établissements  comprenant  318.000  broches,  a  non  seulement ­
  présenté  57  %  d’inventaires  nuis,  mais  encore  a
perdu  16  %  de  ses  capitaux  ;  le  rendement  moyen  des
sept  établissements  pendant  ces  huit  années,  a  été  de
253o/„.
        <pb n="18" />
        12

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

En  Prusse  rhénane,  pendant  la  même  période,  un  ensemble ­
  de  huit  établissements  représentant  un  total  de
295.000  broches,  offre  le  spectacle  de  65  %  d’inventaires
nuis  et  la  perte  de  34  1/2  %  du  capital  actions  ;  le  rendement ­
  moyen  pendant  ces  huit  années  de  dépasse  pas
1"=%.
Ces  résultats  ont-ils  arrêté  la  marche  en  avant?  En
aucune  façon.  De  1901  à  1905,  nous  voyons  la  Westphalie
  et  les  provinces  du  Rhin  monter  659.000  broches.
Et  plus  de  250.000  broches  étaient  en  montage  ou  en
commande,  au  commencement  de  1906.
L’idée  d’occuper  un  excédent  de  population  ouvrière
ou  rurale  n’est  pour  rien  dans  le  développement  formidable ­
  de  l’industrie  cotonnière.  Tous  les  filateurs  et  tous
les  tisseurs  se  plaignent  amèrement  du  manque  inquiétant ­
  d’ouvriers,  et  nombreux  sont  les  établissements
dont  le  rapport  annuel  constate  l’arrêt  d’une  certaine
quantité  de  machines,  faute  d’ouvriers  pour  les  conduire. ­
  Nombre  d’établissements  cotonniers  ont  20,  25  et
jusqu’à  40  %  d’ouvriers  étrangers  :  Tyroliens,  Italiens  et
Italiennes,  Polonais,  Bohémiens,  Croates,  Galiciens,
Hongrois.
Ce  qui  le  prouve  mieux  encore  peut-être,  c’est  la
hausse  de  la  main-d’œuvre  moyenne  de  l’industrie
textile  pendant  les  dix-huit  années  considérées,  notamment ­
  dans  les  provinces  dans  lesquelles  l’accroissement
a  été  le  plus  considérable,  c’est-à-dire  en  Westphalie  et.
en  Prusse  rhénane.  La  main-d’œuvre  moyenne  y  était
en  1887  de  634  marks  par  an  (792  francs)  ;  dès  1898  elle
avait  monté  de  16  %  et  avait  atteint  736  marks  (920francs).
En  1904,  on  constatait  une  nouvelle  hausse  de  68  marks
(25  francs),  soit  9  1/4  %  sui  les  prix  payés  en  1898.  —
La  hausse  totale  des  salaires  atteignait  donc  en  1904,
—  26*%  sur  les  chiffres  de  1887  en  Westphalie  et  dans
        <pb n="19" />
        STATISTIQUE

13

les  provinces  du  Rhin.  En  Saxe,  pendant  cette  même
période  de  dix-huit  années,  l’augmentation  de  144  %  dans
le  nombre  des  broches  était  accompagnée  d’une  hausse
des  salaires  de  30 5  %  dans  l’industrie  textile  ;  le  salaire
moyen  y  passait  de  520  marks  à  679  marks  (650  à  850
francs).  La  hausse  moyenne  des  salaires  de  l’industrie  textile ­
  pour  l’Allemagne  entière  était,  pour  cette  même
période,  de  27 7  %,  montant  de  553  à  706  marks  (691  à
884  francs),  salaire  annuel  moyen.  Les  chiffres  qui  précèdent ­
  sont  officiels  et  tirés  des  statistiques  de  l’Assurance ­
  contre  les  accidents  de  fabrique  :  cette  administration ­
  reçoit  communication  des  salaires  payés  par
tous  les  établissements.  —  L’accroissement  de  ¡’industrie ­
  textile  allemande  prouve  évidemment  une  confiance
très  grande  des  capitaux  dans  \avenir  de  cette  industrie,
et  les  broches  actuellement  en  montage  et  en  commande, ­
  montrent  que  la  réduction  notable  des  droits
d’entrée  —  prévue  dès  longtemps  et  entrée  en  vigueur  à
la  date  du  R 1 '  mars  1906  —  n’a  pas  ébranlé  cette  confiance. ­
  Il  est  même  probable  que  les  résultats  très  satisfaisants ­
  de  l’année  1905,  ne  feront  qu’accentuer  ce  développement. ­
  11  paraît  y  avoir  l’intention  énergique  de
créer,  même  au  prix  de  sacrifices  dans  l’origine,  un  outillage ­
  cotonnier  très  puissant,  capable  non  seulement
d’empêcher  l’importation,  mais  de  lutter  en  tous  temps
avec  avantage,  sur  les  marchés  extérieurs.
Il  est  bon  de  remarquer  que  tous  les  établissements
montés  depuis  peu  d’années,  l’ont  été  très  grandement,
largement,  et  sont  parfaitement  outillés  et  organisés.
Les  établissements  plus  anciens,  pour  la  plupart  en  possession ­
  de  réserves  importantes,  ont  consacré  des  sommes ­
  considérables  à  l’amélioration  et  au  remplacement
de  leur  matériel.  Cet  ensemble  excellent  en  moyenne,
est  dirigé  par  un  personnel  dont  l’éducation  industrielle,
        <pb n="20" />
        14

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

théorique  et  pratique  a  été  conduite  avec  énergie  et  méthode. ­
  Il  ne  faut  pas  oublier  tout  cela.

La  statistique  publiée  en  1905  par  la  Bourse  des  Cotons
de  Brème  n’est  pas  la  plus  récente.  Il  a  paru  en  février
1906  une  nouvelle  édition  de  la  «  Nomenclature  des
filatures  et  tissages  allemands  marchant  en  coton  »  publiée ­
  tous  les  cinq  ans  par  le  bureau  W.  Riéger  à  Stuttgart. ­
  Ce  document,  plutôt  un  peu  optimiste  peut-être,
mais  présentant  toute  garantie,  est  du  plus  grand  intérêt ­
  ;  il  sépare  les  broches  à  retordre  des  broches  à  filer,
et  l’indication  du  nombre  de  métiers  à  tisser  est  accompagnée ­
  de  la  désignation  sommaire,  évidemment  approximative, ­
  des  articles  que  produisent  ces  métiers.
La  statistique  W.  Rieger  indique,  Alsace  non  comprise ­
  toujours,  le  chiffre  de  7.236.000  broches  à  filer
marchant  en  coton  au  commencement  de  1906.  Il  serait
plus  juste  de  dire  :  à  la  fin  de  1906,  car  ce  nombre  comprend ­
  les  broches  en  montage  et  en  commande  à  fin
1905.
Les  broches  de  vigogne  ne  sont  pas  comprises  dans  le
chiffre  ci-dessus.
Il  existe,  en  outre,  344.000  broches  à  retordre  marchant ­
  dans  les  filatures,  et  environ  160.000  broches  travaillant ­
  le  fil  à  coudre;  ensemble,  504.000.
Le  nombre  des  métiers  à  tisser  mécaniques  atteint
190.000,  dont  environ  73.000  travaillent  des  articles  couleurs ­
  divers,  41.000,  de  gros  articles;  29.000  font  du  calicot, ­
  11.000  des  articles  fins;  enfin,  pour  36.000  métiers,
le  genre  de  fabrication  n’est  pas  connu  ou  bien  très
variable.  Le  tableau  suivant  indique  la  répartition  des
broches  et  métiers  dans  les  divers  Etats  et  provinces.
        <pb n="21" />
        STATISTIQUE

15

Tableau  n°  5.

ETATS
et
PROVINCES

Bavière
et  Palatina!.
Saxe
Westphalie..
Prusse  rhénane.
Wurtemberg
Grand  duché
de  Bade
Hannover...
Provinces
diverses
dont  :
Silésie  ...

Broches
à
filer

,680.000
.269.000
.427.000
.144.000
775.000
510.000
208.000
223.000
132.600

7.236.000

Broches
à
retordre
en
filature

27.500
90.000
43.000
115.000
9.500
16.000
17.000
26.000
1.250

Métiers
à
tisser
au  total

32.700
38.550
26.500
23.150
20.100
16.750
8.100
24.150
16.550

344.000

190.000

8.900
2.050
2.350
650
7.100
7.600
400
450
150

29.500

600
3.150
1.600
1.500
1.450
650
950
1.100
200

11.000

8.850
4.750
8.500
5.350
4.750
3.150
2.200
3.250
1.400

S  8

*■■5

8.950
16.400
7.500
10.700
5.100
2.950
3.650
17.850
13.750

40.800

73.100

5.400
12.200
6.550
4.950
1.700
2.400
900
1.500
1.050

35.600

Les  chiffres  relatifs  au  tissage  montrent  que  plus  de
38%  des  métiers  marchent  en  articles  couleurs,  21%  en
gros  articles,  15  %  en  calicot  et  notamment  en  calicot
d’impression,  et  que  moins  de  6  %  seulement  fabriquent ­
  des  tissus  fins  :  la  Saxe  produit  près  du  tiers
de  ces  articles  fins,  pour  lesquels  la  Bavière  vient  au
dernier  rang.

Si  on  néglige  de  tenir  compte  des  filatures  de  2.000
broches  et  au-dessous,  et  des  tissages  mécaniques  de
moins  de  50  métiers  (les  tissages  et  métiers  à  la  main  ne
sont  pas  compris),  on  compte  dans  les  Etats  et  provinces
        <pb n="22" />
        16

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

considérés  précédemment,  un  nombre  total  de  234  filatures ­
  et  575  tissages.
Parmi  ces  établissements,  97  ont  filature  et  tissage
réunis  et  représentent  2.755.000  broches  à  filer  et  63.900
métiers  à  tisser
D’autre  part,  et  non  compris  4  entreprises  en  liquidation, ­
  88  de  ces  établissements  sont  par  actions,  et  représentent ­
  3.480.000  broches  et  43,000  métiers  à  tisser,  soit
environ  la  moitié  du  nombre  total  des  broches  et  les
deux  neuvièmes  des  métiers  à  tisser  existants.
Pour  diverses  raisons,  nous  ne  considérerons  que  79  établissements ­
  par  actions  représentant  3.430.000  broches
et  37.000  métiers  à  tisser.
Sur  ces  79  établissements  par  actions,  33  ont  filature
et  tissage,  et  comptent  1.505  000  broches  et  27.400  métiers ­
  à  tisser.
Le  tableau  suivant  indique  la  répartition  de  tous

Tableau  n°  6

/ywi

ETATS
et
PROVINCES

Bavière  et  Palatinat.
Saxe
Westphalie
Prusse  rhénane
Wurtemberg
G'Duché  de  Bade...
Hanovre  et  provinces
diverses

8Ê
H  bC
h

8
E -1  o

62
134
81
100
63
34
101

234

575

ETABLISSEMENTS
ayant
FILATURE
ET  TISSAGE

P
15
6
16
24
13
11
12

33

64

ÉTABLISSEMENTS
n’ayant  que
FILATURE

137

34

103

ETABLISSEMENTS
n’ayant  que
TISSAGE

478

12

466
        <pb n="23" />
        STATISTIQUE

17

2

les  établissements  entre  les  divers  Etats  et  provinces.
Donc,  sur  234  filatures,  67  sont  par  actions,  tandis  que
sur  575  tissages,  45  seulement  sont  par  actions.  Et  si  l’on
ne  considère  que  les  tissages  seuls,  c’est-à-dire,  sans
filature  adjointe,  on  trouve  que  sur  478  tissages,  12  seulement ­
  sont  sociétés  par  actions.  Ces  12  tissages  représentent ­
  9.650  métiers,  soit  7 œ  %  des  métiers  possédés  par
les  478  tissages.
Le  tableau  suivant  indique,  d'après  la  statistique  de
W.  Rieger,  Stuttgart,  l’importance  du  nombre  de  broches
et  de  métiers  formant  des  établissements  mixtes  dans  les
divers  Etats  et  provinces,  et  leur  pour  cent  par  rapport
au  nombre  total  de  broches  et  de  métiers.

Tableau  n°  7.

AÎ*

ETATS
et
PROVINCES

Bavière
et  Palatiiiat.

Saxe  .............
Westphalie
Prusse  rhénane..
Wurtemberg
Or.  duché  de  Bade
Hannover
Provinces  diverses

1.680.000
1.269.000
1.427.000
1.144.000
775  000
510.000
208.000
223.000

7.236.000

r

802.000
118.000
518.000
290.000
502.000
321.000
176.000
28,000

48
9  1/4
36
25
65
63
85
12  1/2

2.755.000  38

32.700
38.550
26.500
23.150
20.100
16.750
8.100
24.150

190.000

15.900
4.950
11.050
7.100
9.600
8.450
2.450
4.400

63.900

48
13
41
31
48
50
30
18

33  1/2
        <pb n="24" />
        18

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

Deux  filatures  —  filature  seulement  —  possèdent  plus
de  deux  cent  mille  broches;  l’une,  la  plus  considérable,
est  située  dans  la  petite  ville  de  Gronau,  en  Weslphalie,.
à  la  frontière  hollandaise  (Oldenzaal);  c’est  la  maison
Gerrit  van  Delden  et  G 0 .  Les  statisticiens  cités  précédemment ­
  ne  sont  pas  rigoureusement  d’accord  sur  le  nombre
de  broches  à  attribuera  cet  établissement.  En  effet,  la
statistique  de  Brême  lui  donne  220.000  broches,  tandis
que  celle  de  Suttgart  lui  en  octroie  320.000.  La  différence
est  notable,  mais  tout  fait  supposer  qu’il  s’agit  d’une
simple  erreur  d’impression  et  que  le  chiffre  véridique
est  celui  de  220.000.
Et,  ce  premier  chiffre  fut-il  exact,  en  effet,  que  le  premier ­
  rang  lui  appartiendrait  néanmoins.  Car  l’établissement ­
  qui  tientle  deuxième  rang,  la  filature  de  Lindenau,  à
Leipzig,  possède  206.000  broches.  Toutes  deux  produisent ­
  des  numéros  fins.
Sept  filatures  possèdent  entre  100,000  et  150.000  broches; ­
  dont  quatre  en  Bavière,  deux  en  Saxe  et  une  en
Weslphalie.  La  Bavière  en  comptera  bientôt  cinq,  car
une  filature  de  96.000  broches  monte  actuellement  un
agrandissement  de  50.000  broches.
Un  établissement  de  la  Saxe  ajoute  en  ce  moment
40.000  broches  aux  100.000  qu’il  possédait  jusqu’ici.
Si  on  totalisait  les  broches  de  filature  et  celles  de  retordage, ­
  la  Saxe  posséderait  quatre  filatures  ayant  entre
100.000  et  150.000  broches,  car  il  en  existe,  en  outre  des
deux  signalées  tout  à  l’heure,  une  qui  compte  95.000  broches ­
  de  filature  et  12.000  à  retordre,  et  une  autre  dont
le  retordage  de  27.000  broches  forme  avec  la  filature  un
ensemble  de  105.000  broches.
        <pb n="25" />
        STATISTIQUE

19

L’établissement  cotonnier  le  plus  important  de  toute
l’Allemagne  est  la  «  Mechanische  Baum  wo  11  Spinnerei
et  Weberei  »,  à  Augsbourg,  lequel  compte  127  000  broches
et  3.000  métiers  à  tisser,  et  consomme  annuellement  environ ­
  30.000  balles.
Il  occupe  3.000  ouvriers.  Supérieurement  dirigé,  tant
au  point  de  vue  commercial  qu'au  point  de  vue  technique, ­
  il  est  dans  une  situation  des  plus  brillantes.
La  «  Baumwollspinnerei  am  Stadtbach  »  également  à
Augsbourg,  —147.000  broches  consommant  25.000  balles,
—  présente  cette  particularité  peu  répandue,  qu’elle  possède ­
  une  force  hydraulique  de  plus  de  5.000  chevaux.
Sa  situation  n’est  pas  moins  enviable  que  celle  de  sa
voisine.
Parmi  les  établissements  n’ayant  que  tissage  seulement, ­
  le  plus  considérable  est  situé  à  Ober-Langenbielau,
  en  Silésie  :  il  possède  2,650  métiers  marchant
presqu’exclusivement  en  articles  couleur,  pour  vêtements, ­
  coutils,  literie,  tabliers,  stores,  mouchoirs,  etc.
Le  tissage  est  complété  par  une  teinture  et  des  apprêts.
Remarquons  encore  qu’en  divisant  le  nombre  total  des
broches  de  filature  et  des  métiers  à  tisser  existant  en
Allemagne  par  les  nombres  respectifs  totaux  de  filatures
et  de  tissages,  on  obtient  une  moyenne  de  31.000  broches
par  filature,  et  de  330  métiers  par  tissage.

Le  centre  d’industrie  cotonnière  le  plus  dense  d’Allemagne ­
  est  sans  contredit  la  ville  d’Augsbourg,  en  Bavière. ­
  Augsbourg,  dans  la  province  de  Souabe,  est  une
ville  d’environ  94.000  habitants,  actuellement.  Neuf  filatures ­
  de  coton  installées,  soit  en  ville,  soit  dans  ses  faubourgs, ­
  forment  un  total  de  510.000  broches  à  filer  ;  on  y
        <pb n="26" />
        20

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

compte  78.000  broches  de  retordage  pour  fil  à  coudre,
réparties  sur  trois  établissements  ;  quatorze  tissages  possèdent ­
  ensemble  12.000  métiers  à  tisser  mécaniques.  On
y  trouve,  en  outre,  de  grandes  fabriques  d’impression
sur  tissus,  des  teintures,  des  apprêts,  des  ateliers  de
construction  de  machines;  enfin,  une  filature  de  laines
peignées,  ancienne  et  renommée.
Augsbourg  est  située  à  environ  700  kilomètres  de
Brême,  et  le  transport  du  coton  depuis  ce  port  de  mer,
y  revient  à  246  marks  (308  francs)  par  wagon.  Le  bassin
bonifier  de  la  Saar  en  est  distant  de  plus  de  400  kilomètres ­
  ;  il  y  a600  kilomètres  jusqu’à  celui  de  la  Ruhr  et
environ  900  kilomètres  pour  venir  de  celui  de  la  Haute-Silésie.
  Le  transport  d’un  wagon  de  charbon  y  revient
entre  100  et  150  marks  (125  à  187  francs).  Ce  sont  là  des
charges  considérables  pour  l’industrie.  Mais,  située  au
confinent  de  deux  rivières,  la  Lech  et  la  Wertach  qui
descendent  en  ligne  directe  et  parallèlement,  delà  chaîne
des  Alpes  —  frontière  du  Tyrol  et  de  la  Bavière  —  Augs
bourg  possède  plus  de  9.000  chevaux  de  force  hydraulique. ­
  Ce  qui  ne  l’empêche  pas  d’ailleurs,  de  posséder
aussi  plus  de  21.000  chevaux-vapeur,  dont  une  partie
toutefois,  ne  fonctionne  que  lorsque  le  niveau  des  eaux
n’est  pas  fa-  vorable.  Notons  en  passant  que,  devançant
la  loi,  et  en  avance  sur  les  autres  centres  cotonniers  d’Allemagne, ­
  les  industriels  cotonniers  d’Augsbourg  ont
abaissé  la  durée  de  la  journée  de  travail  de  onze  heures
à  dix  heures,  depuis  le  1 er  janvier  1906.
La  ville  de  H  of,  en  Bavière  —  province  de  Haute-Franconie,
  37.000  habitants  —  possède  330.000  broches
de  filature  réparties  entre  quatre  établissements  et  3.435
métiers  à  lisser  mécaniques,  dans  neuf  lissages.  Là,  la
force  hydraulique  fait  entièrement  défaut,  mais  les  mines
de  bouille  et  de  lignite  de  Franconie  et  du  bassin  saxon
        <pb n="27" />
        STATISTIQUE

21

de  Zwickau  ne  sont  distantes  que  de  80  et  de  100  kilomètres ­
  environ,  et  le  prix  de  ces  charbons  —  de  qualité
moyenne  —  ne  dépasse  guère  115  à  125  marks  (144  à  156  fr.)
par  wagon,  rendu.  Les  charbons  silésiens  y  parviennent
également  malgré,  600  kilomètres  de  distance  mais  à
cause  de  leur  qualité;  et  ils  y  reviennent  vers  200  à  220
marks  (250  à  275  francs)  par  wagon  rendu.  Les  houilles
du  bassin  de  la  Ruhr  (Essen,  Dortmund,  Duisburg)  ont
un  peu  plus  de  500  kilomètres  à  parcourir  et  ne  différent
que  peu  des  prix  des  charbons  silésiens  ;  autour  de  200
marks  (250  francs),  rendus.

—  Le  centre  cotonnier  le  plus  important  d’Allemagne
—  il  est  très  ancien  également—  est  constitué  parles  trois
villes  de  M.  Gladbach,  Rheydt  et  Mülfort,  60.000,  40.000
et  8.000  habitants,  en  Prusse  rhénane,  rive  gauche.  Il
comprend  665.000  broches  à  filer,  72.000  broches  à  retordre ­
  et  12.000  métiers  à  tisser.  Il  convient  toutefois  de
ne  le  classer  qu’au  second  rang,  les  établissements  étant
éparpillés  sur  une  surface  beaucoup  plus  grande,  et
l’importance  des  établissements  étant  beaucoup  moindre;
on  pourrait  ajouter  que  leur  situation  est  beaucoup
moins  brillante,  en  général.  Les  665.000  broches  sont
réunies  par  vingt-six  filatures,  et  les  12.000  métiers  à
tisser  par  soixante-douze  tissages,  (moyenne,  25.500  broches ­
  par  filature  et  167  métiers  par  tissage  pour  M.  Gladbach ­
  ;  contre  moyenne  de  64.000  broches  par  filature  et
860  métiers  par  tissage  à  Augsbourg).
M.  Gladbach  ne  dispose  d’aucune  force  hydraulique
directe.  Mais  sa  distance  du  centre  du  bassin  houiller
de  la  Ruhr  (Essen,  Duisburg)  est  à  peine  de  30  kilomètres, ­
  Brême  est  à  moins  de  300  kilomètres  et  la  proxi-
        <pb n="28" />
        22

LINDUSTRIE  COTONNIERE  EN  ALLEMAGNE

mité  des  ports  de  Rotterdam  et  Anvers,  font  bénéficier ­
  ce  centre  d’un  tarif  tout  spécial  pour  le  transport ­
  des  cotons,  soit  80  marks  (100  francs),  par  wagon
seulement.  D’un  autre  côté,  le  cours  du  Rhin  n’est
distant  que  de  18  kilomètres  à  peine.  Aux  avantages
actuels  de  cette  proximité  pourraient  s’en  ajouter  de
très  importants  dans  l’avenir.
Elberfeld  et  Barmen,  162.000  et  156.000  habitants,  à
peu  de  distance  de  M.  Gladbach  et  de  Dusseldorf,  forment ­
  une  agglomération  industrielle  de  la  branche  textile, ­
  des  plus  considérables.  Mais  —  bien  qu’il  s’y  consomme ­
  énormément  de  filés  de  coton  —  des  chaînes
notamment.  —  On  ne  peut  pas  dire  que  ce  soit  un  centre
cotonnier.  Ses  spécialités  sont  les  doublures  et  étoffes
laine  et  coton,  les  teintures  et  apprêts  ;  on  n’y  rencontre
aucune  filature  de  coton.
—  En  Westphalie,  la  petite  ville  de  Gronau  —  8.500
habitants  —  déjà  citée  à  propos  de  la  plus  grande  filature ­
  d’Allemagne,  possède  environ  550.000  broches  réparties ­
  entre  huit  filatures  et  en  ne  comptant  la  plus
grande  qu’à  220.000;  (en  lui  attribuant  320.000  broches,
Gronau  posséderait  650.000  broches).  En  outre,  25.000
broches  à  retordre;  mais  seulement  1.100  métiers  à
tisser.
Gronau  paie  58  marks  (72  fr.  50)  par  wagon  pour  le  transport ­
  des  cotons,  depuis  Brème  (distance  180kilomètres).
Bocholt  paie  73  marks  (91  francs)  par  wagon  (distance
260  kilomètres)  [grâce  sans  doute  à  la  proximité  des  ports
hollandais.  Leur  distance  respective  du  bassin  bonifier
de  la  Ruhr  n’est  que  de  100  et  de  50  kilomètres.
En  Westphalie  encore,  la  petite  ville  de  Bocholt,  à  peu
de  distance  également  de  la  frontière  hollandaise  —
23.900  habitants  —  compte  150.000  broches  à  filer  et
        <pb n="29" />
        STATISTIQUE

23

3.000  à  retordre  —  chiffres  peu  importants  ;  mais  par
contre  7.000  métiers  à  tisser  mécaniques.
La  Prusse  rhénane  et  la  Westphalie  réunies  ne  possédaient ­
  en  1893  que  100.000  broches  travaillant  des  cotons
d’Egypte  :  elles  en  possédaient  550.000  en  1905.

On  ne  peut  pas  dire  que  la  Saxe  possède  un  centre  important ­
  de  filature  ou  de  tissage  de  coton  ;  l’industrie
cotonnière  y  est  très  disséminée.  La  ville  de  Chemnitz  —
244.000  habitants  —  à  mi-chemin  entre  Leipzig  et  Dresde
et  centre  industriel  très  important  -  ,  n’est  pas  un  centre
cotonnier  au  point  de  vue  filature  et  tissage.  On  y  trouve
les  bureaux  et  dépôts  de  nombreux  filatures  et  tissages
de  coton  de  la  région,  mais  peu  de  fabriques  proprement
dites.  On  y  fabrique  beaucoup  de  tresses,  mèches  de
lampe,  mèches  à  bougies,  cordes  à  broches,  et  d’articles
de  bonneterie.  De  même,  beaucoup  de  ouate  et  étoffes
de  pansement.  Le  nombre  des  établissements  de  teinture
et  apprêts  y  est  assez  grand.
Chemnitz  est  le  siège,  néanmoins,  de  l’une  des  plus
grandes  et  anciennes  filatures  de  colon  d’Allemagne,  la
«  Chemnitzer  Aktienspinnerei  »  qui  compte  144.000
broches  et  consomme  annuellement  30.000  halles.  Située
iusqu’en  1897  au  centre  même  de  la  ville,  sur  un  vaste
terrain,  elle  trouva  avantage  à  vendre  ce  terrain  à  la
ville,  et  à  se  transporter  peu  à  peu  et  tout  entière  (et  saut
les  machines  anciennes  qui  furent  très  largement  écartées) ­
  dans  un  faubourg  assez  éloigné  de  remplacement
primitif,  en  profitant  de  l’occasion  pour  se  rajeunir  et  se
remettre  complètement  à  neuf.
Y  compris  ces  144.000  broches,  Chemnitz  ne  compte
en  tout  que  195.000  broches  de  filature  de  colon  et  1.600
        <pb n="30" />
        24

L'INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

métiers  à  tisser.  Les  mines  de  houille  et  de  lignite
saxonnes  se  trouvent  dans  les  environs  immédiats.  Prix
de  transport  du  coton  depuis  Brême  :  150  marks  (187
francs)  par  wagon,  distance  470  kilom.
La  ville  de  Plauen,  environ  90.000  habitants,  à  la  frontière ­
  de  la  Saxe,  contre  la  province  bavaroise  de  la  Haute-Françonie,
  ne  possède  pas  de  filature  de  coton,  mais
c’est  le  centre  le  plus  important,  non  seulement  de  Saxe,
mais  de  l’Allemagne  entière  pour  la  fabrication  des  rideaux, ­
  vitrages,  tulles,  gazes,  tarlatanes,  mousselines,
broderies  et  applications  en  tous  genres.  C’est  le  Saint-Quentin
  d’Allemagne.  Falkenstein  et  Oelsnitz  à  peu  de
distance  de  Plauen,  produisent  une  grande  partie  de  ces
mêmes  articles.  Leipzig  possède  deux  fabriques  importantes ­
  de  dentelles  et  rideaux.  Il  en  existe  une  également
à  Dresde,  au  capital  de  2.400.000  marks  (3.000.000  francs).
C’est  la  plus  importante.
L’industrie  de  la  Vigogne  est  spéciale  à  la  Saxe  et  surtout ­
  aux  districts  de  Crimmitschau  et  Werdau;  soixantedouze
  établissements,  630.000  broches.
La  Silésie  ne  possède,  au  total,  que  122.000  broches  et
16.000  métiers  à  tisser.  De  1887  à  1892,  elle  possédait  environ ­
  80.000  broches  coton.  Les  5/8  des  broches,  soit
75.000  et  les  2/5  des  métiers  à  tisser,  soit  6  500  métiers,  sont
concentrés  à  Langenbielau,  et  environs  immédiats  au
pied  du  Riesengebirge,  au  point  où  celle  chaîne  de  montagnes ­
  se  raccorde  avec  celle  du  Comté  de  Glatz,  à  quelques ­
  kilomètres  de  la  frontière  de  Bohême.  Les  6.500  métiers ­
  fabriquent  presqu’exclusivement  des  articles  gros
en  couleur.
Il  est  assez  surprenant  de  voir  l’industrie  cotonnière
aussi  peu  répandue,  en  Silésie,  car  l’ensemble  des  conditions ­
  économiques  paraît  y  être  favorable.  Le  centre
de  Langenbielau,  par  exemple,  est  à  moins  de  400  kilom.
        <pb n="31" />
        STATISTIQUE

25

du  port  de  Stettin.  Breslau,  capitale  de  la  Silésie,  n’en  est
distante  que  de  350  kilom.,  outre  qu  elle  est  reliée  à  ce
port  par  l’Oder,  navigable  même  en  amont.  D’autre
part,  la  main-d’œuvre  silésienne  est  la  moins  élevée  de
toute  l’Allemagne.  Si  on  représente  par  804  la  maind’œuvre
  de  Westphalie  et  du  Rhin,  et  par  679  celle  de  la
Saxe  et  du  Sud  de  l’Allemagne,  la  main-d’œuvre  silésienne ­
  sera  exprimée  par  le  chiffre  527.  Différence  en
moins,  22  %  d’une  part,  et  34  o/ 0  de  l’autre.
Au  point  de  vue  du  combustible,  les  conditions  sont
excellentes,  attendu  que  le  centre  du  bassin  houiller  de
la  Haute  Silésie  est  distant  de  moins  de  150  kilom.  ;  celui
de  la  Basse  Silésie  de  quelques  kilomètres  seulement.
Dans  la  région  avoisinant  la  montagne,  la  force  hydraulique, ­
  sans  être  considérable,  est  très  répandue  et  notable. ­

En  Wurtemberg,  l’industrie  cotonnière  est  également
très  éparpillée  le  long  de  la  vallée  du  Neckar  notamment
et  de  certains  affluents,  tels  l’Echatz,  l’Erms  et  la  Filz.
Cependant  la  ville  de  Reutlingen,  environ  23.000  habitants ­
  —  renommée  d’ailleurs  par  son  excellente  Ecole
technique  pour  l’industrie  textile  —  réunit  un  nombre  important ­
  de  métiers  à  tisser.  Elle  possède  surtout  un  établissement ­
  très  important  comprenant  une  filature  de
42.000  broches  continus  et  un  tissage  de  plus  de  mille
métiers,  installations  vraiment  modèles,  montées  il  y  a
peu  d’années  et  appartenant  à  la  Société  Ulrich  Gminder,
qui  possède  en  outre,  dans  d'autres  localités  50.000
broches  de  filature,  un  autre  tissage  de  même  importance
que  celui  de  Reutlingen,  au  total  92.300  broches  et
2060  métiers,  ainsi  que  vaste  teinture  et  apprêts.  Le
nombre  des  ouvriers  est  en  moyenne  de  2060.
Goeppingen,  sur  la  Filz,  est  un  centrede  tissage  (coutils
        <pb n="32" />
        2Ö  L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE
tissus  pour  corsets,  literie,  articles  couleur),  et  de  teinture ­
  de  fil  et  possède  une  filature  de  coton.
La  vallée  de  la  Wiese,  le  Wiesenthal,  qui  commence
près  de  Bàle  et  remonte  au  Nord  Est  dans  la  Forêt-Noire
réunit  sur  son  parcours  d’environ  50  kilomètres,  une
grande  partie  de  l’industrie  cotonnière  du  Grand  Duché
de  Bade.
Deux  cent  dix  mille  broches  réparties  sur  huit  filatures, ­
  et  plus  de  six  mille  métiers  formant  neuf  tissages,
sont  échelonnés  le  long  de  cette  vallée,  qui  possède  en
outre  l’un  des  établissements  d’impression  sur  coton,  les
plus  renommés  et  les  plus  grands  d’Allemagne,  fondé  il
y  a  plus  d’un  siècle  par  des  Mulliousiens.  Bien  que
séparé  de  Brème  parune  distance  de  près  de  800  kilom.,
le  Wiesenthal  ne  paie  pour  le  transport  de  ses  cotons  que
204  à  214  marks  (255  à  267  francs)  par  wagon;  Augsbourg
paie  246  marks  (308  francs)  pour  environ  700  kilom.  Ces
prix  de  faveur  ont  évidemment  pour  origine  la  possibilité ­
  de  concurrence  des  chemins  de  fer  français  et  du
port  du  Havre  dont  la  distance  ne  dépasse  guère  740
kilom.,  et  également  du  port  d’Anvers  dont  l’éloignement,
via  Luxembourg  est  moindre  encore.  Les  filatures  situées
aux  environs  de  Singen,  autre  région  cotonnière  du
Grand-Duché,  voisine  du  lac  de  Constance,  bien  que
situées  à  une  distance  de  Brème  à  peu  près  identique  à
celle  des  localités  du  Wiesen  thaï  (qui  paient  le  tarif  de
204  marks  (255  francs)  par  wagon),  paient  233  marks
(292  francs).  Elles  sont  plus  éloignées  du  Havre  et  d’Anvers ­
  de  près  de  120  kilom.
Le  reste  de  l’industrie  cotonnière  badoise  est  réparti
exclusivement  dans  les  vallées  ou  sur  les  cours  d’eau  descendant ­
  de  la  Forêt-Noire,  où  elles  utilisent  une  force  hydraulique ­
  assez  régulière  et  très  notable.
        <pb n="33" />
        STATISTIQUE

27

Les  travaux  d’amélioration  du  cours  du  Rhin  et  les
essais  répétés  et  couronnés  de  succès  dans  ces  derniers
mois,  de  remonter  ce  fleuve  jusqu’à  Bâle  avec  des  trains
de  bateaux  chargés  de  charbon,  paraissent  promettre
pour  un  avenir  rapproché,  de  plus  grandes  facilités  pour
ces  régions,  d’utiliser  les  charbons  du  bassin  de  Dortmund ­
  (Ruhr).
A  propos  des  tarifs  de  transport  des  cotons  de  Brême,
il  peut  être  intéressant  de  remarquer  encore  que  le  tarif
est  identique,  soit  202  marks  (252  fr.  50)  par  wagon,  pour
toutes  les  localités  cotonnières  de  la  ligne  de  Carlsruheà
Bâle,  bien  que  la  distance  de  Brême  entre  une  extrémité
et  l’autre  de  cette  ligne,  varie  de  200  kilomètres.
En  outre,  les  stations  des  chemins  de  fer  badois  et
wurtembergeois,  ainsi  que  les  stations  bavaroises,  limitrophes ­
  du  Wurtemberg,  paient  le  même  tarif  pour  Bremerhaven ­
  que  pour  Brème.  Or,  Bremerhaven  est  de
62  kilomètres  plus  rapproché  de  la  mer,  et  son  port  est
largement  outillé.  C’est  donc  une  concession  faite  aux
stations  en  question  ;  car  les  autres,  moins  favorisées,
sans  doute  par  suite  de  l’impossibilité  où  elles  sont
d’utiliser  les  lignes  concurrentes,  paient  de  10  à  25  francs
de  plus  par  wagon,  depuis  Bremerhaven.
        <pb n="34" />
        m

rm-.
        <pb n="35" />
        SALAIRES

Nous  avons  vu  précédemment  que  les  salaires  moyens
annuels  de  l’industrie  textile  allemande  se  sont  très  notablement ­
  accrus  de  1887  à  1905.  Les  tableaux  suivants
indiquent  cet  accroissement  pour  les  divers  Etats  et  provinces, ­
  d'une  part  de  1887  à  1898,  et  d’autre  part,  de  1898
à  1905,  parallèlement  à  l’acecroissement  du  nombre  de
broches  enfin,  de  1887  à  1905.

Industrie  Textile

Tableau  n°  8

ETATS
et
PROVINCES

De  1887  à  1898

Augment.
des
broches
en  ”/.

Salaires
moyens
annuels
1887

Ravière,
Wurtemberg
Duché  de  Rade...
Saxe
Westphalie
Prusse  rhénane..
Silésie
Saxe  provinciale  .
Hannover
Oldenbourg
Nassau

41
1035
137
46
11

Allemagne  entière!  71 5
(moyenne)

francs
686
650
792
512
691
691

Salaires
moyens
annuels
18118

Augmentdes

salaires
en  "/•

francs
775
770
920
603
806
795

Augment.
des
broches
en  •/.

13
18 e
16
18
16  5
15

de  1898  à  1905

165
20
295
0
26
212

Salaires
moyens
annuels
1901

Augment,
des
salaires
en  %

francs
818*
848
1005
659
915
882

5 fi
103
92
9'
13»
11

*  Ce  chiffre  concerne  l’année  1901;  c’est  le  seul;  il  est  plus  faible
(pie  la  réalité.
        <pb n="36" />
        30

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

Tableau  n°  9.

ETATS
et
PROVINCES

Bavière
Wurtemberg
Duché  de  Bade
Saxe
Westphalie
Prusse  rhénane
Silésie
Saxe  provinciale
Hannover
Oldenbourg,  Nassau
Allemagne  entière.,
(moyenne)

De  1887  à  1905

11
a  «
&amp;lt;  -=64


144
208
45
40
108

195*
30  5
26  8
28«
32«
27 7

OBSERVATIONS

*  Ce  chiffre  n  indique
l’accroissement  de  la
main-d’œuvre  que  jusqu’en ­
  1901  ;  il  est  donc
trop  faible.  C’est  le  seul
delà  série  qui  soit  dans
ce  cas.  Les  autres  chiffres ­
  de  la  colonne  vont
jusque  fin  1904.  —  Les
chiffres  concernant  les
salaires  comprennent
aussi  l’industrie  lainière. ­


Les  indications  de  ces  deux  tableaux  tendent  à  prouver ­
  que  les  augmentations  des  salaires  pendant  les  périodes ­
  considérées,  n’ont  pas  été  grandement  influencées
par  l’accroissement  du  nombre  des  broches.  En  effet,  la
hausse  des  salaires  (si  on  élimine  le  chiffre  concernant
les  trois  Etats  du  Sud  de  l’Allemagne,  qui  n’indique  les
salaires  que  jusqu’en  1901,  et  qui  est  par  conséquent
plus  faible  que  la  réalité),  est  assez  sensiblement  uniforme ­
  pour  les  divers  Etats  et  provinces  Nous  voyons
cette  hausse  varier  de  26 8  %  à  32 e  %,  soit  de  5«  %  seulement, ­
  tandis  que  l’augmentation  des  broches  va  de  40  %
        <pb n="37" />
        SALAIRES

31

à  208  '/o.  Il  est  à  remarquer  encore  que  le  chiffre  de
26 s  %,  qui  indique  la  plus  faible  hausse  des  salaires,
concerne  précisément  la  région  où  l’augmentation  des
broches  a  été  la  plus  forte,  c’est-à-dire  de  208  °/ 0 .  Et
qu’inversement  l’augmentation  de  broches  la  plus  laible
soit  40  %,  coïncide  avec  la  hausse  de  salaire  de  32°  %
qui  est  la  plus  considérable.  Remarquons  enfin  que  le
nombre  27',  qui  exprime  la  hausse  .des  salaires  moyens
annuels  de  toute  l’Allemagne,  de  1887  à  1905  est  plus
faible  que  la  réalité  par  le  fait  qu’il  contient  les  résultats ­
  des  trois  Etats  de  l’Allemagne  du  Sud  (Bavière,  Wurtemberg ­
  et  Grand-Duché  de  Bade),  dont  les  chiffres  ne
sont  connus  jusqu’ici  que  jusqu’en  1901,  la  statistique
de  cette  région  n’étant  publiée  que  tous  les  cinq  ans.  Or,
la  main  d’œuvre  a  notablement  haussé  de  1901  à  1905.
La  période  de  1887  à  1905  a  vu,  en  regard  d’une  hausse
des  salaires,  d’environ  30  %,  se  réduire  notablement  la
durée  des  heures  de  travail,  la  loi  de  1891  ayant  limité
le  travail  des  femmes  à  65  heures  par  semaine,  supprimé
les  travaux  des  dimanches  et  fêtes,  etc.,  etc.
Il  est  certain  que  le  développement  colossal  de  l’industrie ­
  allemande  en  général,  pendant  le  dernier  quart
de  siècle,  et  notamment,  sans  doute,  celui  de  l’industrie
des  métaux,  dont  les  salaires  sont  les  plus  élevés  (et  qui
occupe  un  nombre  d’ouvriers  notablement  plus  grand
que  l’industrietextile),  a  eu  la  plus  grande  part  d’influence ­
  sur  cette  augmentation  du  prix  de  la  main  d’œuvre.
On  a  constaté  en  1905  que  la  production  des  machines
à  vapeur  avait  doublé  en  Allemagne  depuis  1898.  D’autre
part,  l’Allemagne,  qui  ne  produisait  que  2.227.000  tonnes
de  fer  en  1879,  a  produit  en  1903,  10.018.000  tonnes
—  plus  de  quatre  fois  plus  qu’en  1879  —  et  ce  taisant,  a
dépassé  1  Angleterre,  quien  1903  n’a  produit  que  8.952.000
tonnes,  alors  qu’elle  en  produisait  déjà  6.093.000  en  1879.
        <pb n="38" />
        39

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

En  ce  qui  concerne  l’acier,  l’Allemagne  a  dépassé  l’Angleterre ­
  dès  l’année  1900.  En  1903,  l’Allemagne  produit
sait  8.802.000  tonnes  d’acier,  alors  que  l’Angleterre  ne
donnait  que  5.115.000.  Ces  chiffres  permettent  d’attribuer
une  certaine  influence  à  l’industrie  métallurgique  sur  la
hausse  des  salaires.  Mais,  évidemment,  les  causes  en  sont
multiples.  11  n’y  a  pas  lieu  d’ailleurs  deles  étudier  ici,  et
l’examen  des  salaires  payés  dans  l’industrie  cotonnière
aux  diverses  catégories  d’ouvriers  employés  dans  les  filatures ­
  et  les  tissages,  sera  plus  intéressant.
Dans  tous  les  cas,  l’indication  que  donnent  les  tableaux
ci-dessus  des  mains-d’œuvre  moyennes  dans  les  diverses
parties  de  l’Allemagne  permet  de  connaître  la  relation
qui  existe  entre  les  salaires  de  ces  différentes  régions.  Et
ce  renseignement  peut,  dans  une  certaine  mesure,  permettre ­
  d  évaluer  le  salaire  d’une  certaine  catégorie  d’ouvriers ­
  d’une  région,  connaissant  le  salaire  de  cette  même
catégorie  dans  une  autre  région.

Les  tableaux  suivants,  nos  10  et  n  indiquent  les  salaires
maximum,  minimum  et  moyens,  pour  1904,  payés  par
deux  filatures  de  la  région  centrale  et  deux  filatures  du
Sud  du  Grand-Duché  de  Bade.  Dans  ces  tableaux,  ainsi
que  dans  ceux  qui  vont  suivre,  concernant  le  Grand-Duché,
  sont  compris  également  les  salaires  des  apprentis
et  des  mineurs,  dont  une  partie  très  minime,  il  est  vrai,
ne  travaille  que  six  heures  par  jour.  Il  en  résulte  que  le
salaire  moyen  indiqué  pour  les  catégories  d’ouvriers  qui
comportent  des  mineurs  et  des  apprentis,  est  plutôt  inférieur ­
  à  ce  qu’il  est  en  réalité  ;  la  différence  est  minime,
mais  la  remarque  est  d’autant  plus  utile  à  faire  que  ces
        <pb n="39" />
        SS

chiffres  sont  publiés  par  l’inspection  des  fabriques.  Et
comme  elle  a  une  tendance  à  se  plaindre  des  salaires,
ses  chiffres  ne  sont  pas  optimistes.  Tous  ces  salaires  s’entendent ­
  pour  11  heures  de  travail  par  jour,  sauf  le  samedi, ­
  où  il  n’est  que  de  10  heures.
Pour  la  région  avoisinant  le  lac  de  Constance,  les
salaires  moyens  de  filature,  dans  les  mêmes  conditions
que  les  précédents,  sont  les  suivants  :

Moyenne  de  780  ouvriers  —  26  »
—  de  442  hommes—  30.58
—  de  338  femmes  —  20

=  32  fr.  25
=  38  fr.  »
=  24  fr.  80

MK

Ces  chiffres,  comme  précédemment,  s’entendent  par
quinzaine.
De  même,  ceux-ci,  qui  concernent  la  région  du  Wiesenthal, ­
  le  centre  principal  cotonnier  du  Grand-Duché  :
MK
Moyenne  de  446  ouvriers  26.56  =  33  fr.  »
—  de  261  hommes  29.42  =  36  fr.  50
—  de  185  femmes  22.54  =  28  fr.

Ces  moyennes  portent  sur  un  nombre  total  de  2323  ouvriers ­
  ;  elles  présentent  donc  certaines  garanties  d’exactitude. ­
        <pb n="40" />
        34

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

Région  centrale  du  Gr.  Duché  de  Bade  (1904).
tableau  n°  10

CATEGORIES
DE  TRAVAIL
FILATURE

Contremaîtres  et  surveillants ­


Journaliers,  hommes...
—  femmes
Emballeurs,  graisseurs,
gardes  de  niut,  conducteurs ­
  de  turbines

Ouvriers  de  la  réparation
Chauffeurset  machinistes
Batteurs,  hommes
—  femmes
Cardes,  hommes
Etirages
Bancs  à  broches
Continus
Fileurs
Rattacheurs
Bacleurs
Dévideuses
t  garçons...
14  à  16  ans
f  filles
Moyenne  pour  les
Moyenne  pour
Moyenne  pour

3
1

de  39  à  68
—  18  —  12
—  16  —  24
—  24—42
-30-70
—  36  -  70
—  24—36
-18-24
—  16-27
—  20  —  32
—  16  —  3»
—  15  —  35
—  36  —  48
—  26  —  38
—  16  —  20
—  16  —  24
—  11  —  18
-15-24

1  Mark=l  .24

13
43
12
20
18
4
20
4
31
31
114
158
5
13
8
16
22
64
596
212
384

Ai  g
ers  —

Fixe
Journée

Journée  et  fixe
Journée  et  acc.
Journée
Accord

ouvriers
hommes
femmes

£1J2

52.18
28.20
18.52
30.22
42.90
50.44
29  »
20.46
29.86
23.80
24.20
30.36
42.20
31.40
18.06
18.04
14.50
17.88
25.36
!  30.80
22.34

111
•§ra

64.80
35  »
23
37.50
53.20
62.50
30
25.40
37
29.60
30
37.60
52.40
39  »
22.4Ó
22.40
18  »
22.20
31.40
38.20
27.70
        <pb n="41" />
        SALAIRES

35

Région  Sud  du  Grand  Duché  de  Bade  (1905)
Tableau  n°  11.

CATÉGORIES
DE  TRAVAIL
FILATURE

Contremaîtres  ctsu  Eveillants ­


Journaliers,  hommes...
—  femmes  ...
Emballeurs,  graisseurs,
gardes  de  nuit,  conducteurs ­
  de  turbines—

Ouvriers  de  la  réparation
Chauffeurset  machinistes
Batteurs,  hommes
Garderie,  hommes....
Etirages,  femmes
Bancs  à  broches
Continus  à  filer
Fileurs,  self
Rattacbeurs.
Bacleurs
Garçons
Filles...
Moyenne  pour  les  ....
Moyenne  pour
Moyenne  pour

14  à  16  ans

I  il

de  39  à  69
—  18  —  48
—  16-30
26  -  40
32—70
—  30  —  53
19—40
—  22  —  40
—  18-28
-  18  —  39
-  16-35
-  26  —  47
-  24  —  40
-  11  -  22
—  10  —  20
-  12-22

1  Mark=,L24

15
55
18
16
38
11
14
30
25
94
102
24
11
9
24
15
501
258
243

Fixe
Journée

Journée  et  Ace.
Journée  et  fixe
Journée
Journée  et  acc.
Accord

Journée
Journée  et  acc.

ouvriers

hommes

femmes
        <pb n="42" />
        3G

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

Les  trois  tableaux  qui  vont  suivre  donnent  les  salaires
des  diverses  catégories  d’ouvriers  de  tissage.  Le  premier
concerne  un  tissage  isolé,  du  Sud;  des  deux  autres,  l’un
provient  de  deux  tissages  de  la  région  centrale  du  Grand-Duché
  de  Bade,  l’autre  de  deux  tissages  du  Wiesenthal.

Un  Tissage,  Région  du  Sud.
Tableau  /i°  12.

CATEGORIES
DE  TRAVAIL
TISSAGE

Contremaîtres  et  aides..
Bobineuses
Ourdisseuses
Encollage
Noueuses  et  Rentreuses.
Repasseurs
Tisseurs
Tisseuses
Moyenne  de
Moyenne  de
Moyenne  de

!*l!i

Æ  3

de  42  à  G5
—  12  —  30
—  16-30
—  30  —  46
—  15  —  37
—  30  —  39
—  18—39
—  14  —  38

13
38
7
3
10
5
42
190
308
63
245

Fixe  el  Accord
Accord
Journée
Accord
Journée
Accord
ouvriers
hommes
femmes

II!

c/5  Ä

50.0G
20.18
25.50
37.44
20.40
36.48
31  32
31.52
30.52
35.90
29.14

f]j
£  3
§r

62.10
25  »
31.  G0
46.40
25.25
45.20
38.75
39  ,
37.80
44.50
36.15

Le  système  des  primes  —  très  combattu  —  est  assez
répandu  ;  par  exemple,  pour  un  gain  de  18  au
tarif,  il  y  aura  une  prime  de  3  M%;  pour  22  gagnés
au  tarif,  il  sera  ajouté  une  prime  de  5  Mk,  etc.
        <pb n="43" />
        SALAIRES

37

2  Tissages,  Région  centrale  (1904).

Tableau  n°  13.

CATEGORIES
DE  TRAVAIL
TISSAGE

Contremaîtres  et  aides.,
Journaliers  hommes...
—  femmes  ...
Robineuses
Ourdisseuses
Encollage
Noueuses
Rentreuses
Repasseurs
Tisseurs
Tisseuses

14  à  16  ans
Moyenne  de.
Moyenne  de.
Moyenne  de.

garçons,
filles....

Mil

s

a

de  36  à  72
—  15  —  49
-15-28
13-29
—  17-35
25  —  47
—  14  -  34
—  18  —  28
—  26  —  40
11-46
11-40
—  10-24
—  10  —  24

43
53
22
73
16
12
43
9
18
332
35&amp;gt;
67
53
1093
525
568

ils
•g.°.«

Fixe  et  Accord
Journée
Accord
Journ.  et  aec.
Journée
Accord
Journée
Journ.  et  acc.
Accord
Journ.  et  aec.
ouvriers
hommes
femmes

I
P

S!i
!r

50.78
28.42
21.36
20.36
27.18
38.34
22.20
20.62
34.62
27.18
25.18
16.84
16.52
25.80
28.44
23.36

62.85
35.20
26.40
25.20
33.65
47.50
27.50
25.50
42.90
33.65
31.20
20.95
20.50
32  %
35.35
28.95
        <pb n="44" />
        38

l'industrie  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

2  Tissages  du  Wiesenthal

Tableau  n°  14.

CATEGORIES
DE  TRAVAIL
TISSAGE

Contremaîtres  et  aides
Journaliers  hommes...
—  femmes  ...
Graisseurs,  conducteurs
de  turbines,  emballeurs
gardes  de  nuit

Ouvriers  de  la  réparation
Chauffeurs*!  machinistes
Bobineuses
Ourdisseuses
Encollage
Noueuses
Rentreuses
Repaiseurs
Tifseurs  ...
Tisseuses
(  garçons
14  à  16  ans  \
(  filles—
Moyenne  générale  de.
Moyenne  de....
Moyenne  de

l

de  32  à  70
—  14  —  40
—:  18  —  SO
22—35
26  —  52
32  -  68
12-  37
22-40
27  —  40
11  -  40
11  —  40
22  —  46
11-53
14—47
9-22
9-26

I  -5

54
39
23
23
8
10
129
31
15
40
42
13
375
448
27
40
1316
564
752

Journ.et  Prim
Journée

Accord
Journ.  et  aec,
Accord
Journée
Accord
et
Prime
Journée
ouvriers
hommes
femmes

&amp;lt;53

49.02
28  *
21.30
28.58
38.52
45.30
21.72
33.78
33.66
24.72
25.66
35.66
30.76
26.42
15.63
15.06
28.06
33.06
25.04

Scs

60.80
34.70
26.40
35.15
47.75
56.20
26.90
41.90
41.70
30.6
31.80
44.20
38.15
32.75
19.40
18.65
34.80
39.70
31  »
        <pb n="45" />
        S  A-LAI  RES

39

Dans  les  mêmes  conditions,  les  moyennes  des  salaires
de  2  tissages  de  la  région  du  Lac  de  Constance,  occupant ­
  ensemble  762  ouvriers,  sont,  par  quinzaine  :
MK
Moyenne  de  762  ouvriers..  25.26  —  31  fr.  30
—  de  135  hommes..  29.26  =  36—30
—  de  627  femmes...  24.40  =  30  —  30

Il  est  intéressant  de  constater  que,  si  nous  laissons  de
côté  le  chiffre  de  main-d’œuvre  moyenne  du  tissage  de
308  ouvriers  de  la  région  sud  et  ne  considérions  que  les
salaires  moyens  des  7  autres  établissements  qui  concernent ­
  5.500  ouvriers,  nous  trouvons  un  salaire  moyen
général  de  26  marks  51  (33  lr.  10  par  quinzaine;  ce  qui
nous  donne  par  an,  un  gain  moyen  de  689  marks  (861
francs),  qui  rentre  assez  exactement  dans  les  moyennes
du  tableau  dressé  précédemment  et  relatif  aux  salaires
moyens  des  diverses  régions.
        <pb n="46" />
        40

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

Si  nous  examinons  maintenant  pour  le  Grand  Duché
de  Bade  quelles  étaient,  en  filature  et  en  tissage,  les
moyennes  de  salaires  payées  en  1896  comparativement
à  celles  actuelles,  nous  trouvons  que  ces  moyennes  ont
haussé  de  8*  %  au  moins,  et  de  21  %  au  plus,  soit  une
hausse  moyenne  générale  de  14*  %  pour  les  établissements ­
  considérés,  dans  les  huit  dernières  années.

'1  ableau  n°  15

ÉTABLISSEMENTS

Filature  A.

Filature  B

Filature  C.

Filature  D.

Filature  E.

Tissage  A.
Tissage  B
Tissage  C.

1896
1904
1896
1904
1896
1904
1896
1904
1896
1904
1896
1904
1896
1904
1896
1904

111
IP

24.02
28.50
23.68
25.66
23.28
26.36
20.44
23.94
24.96
27.38
26.91
30.52
22.82
25.44
21.40
25.90

624
741
617
668
580
686
532
623
649
712
702
786
593
661
557
674

775
920
766
830
719
851
660
774
805
884
872
975
735
820
691
836

18 7

8*

18&amp;lt;

18 7

9«

11 8

11 5

21
        <pb n="47" />
        SALAIRES

41

Si  l’on  compare  les  salaires  payés  aux  ouvriers  hommes
par  les  diverses  industries  principales  du  Grand  Duché
de  Bade  avec  ceux  pratiqués  dans  l’industrie  cotonnière
de  ce  pays,  on  remarque  que  l’homme  est  beaucoup
moins  bien  payé  dans  l’industrie  cotonnière  que  dans
les  autres  branches  d’industrie.  Nous  pouvons  admettre
un  salaire  moyen  de  31  marks  (38  fr.  75)  par  quinzaine
pour  l’ouvrier  cotonnier  ;  la  moyenne  des  quinzaines  de
cinq  autres  grandes  industries  donne  41  marks  (51  fr.  25' y
soit  32  %  en  plus.
Si  au  contraire,  on  compare  les  mains-d’œuvre  payées
aux  femmes  par  les  diverses  industries,  on  trouve  que
la  femme  est  beaucoup  mieux  rétribuée  par  l’industrie
cotonnière  qu’ailleurs.  En  effet,  la  filature  et  le  tissage
de  coton  payent  à  la  femme  un  salaire  moyen  de
23  marks  50  (29  fr.  30)  par  quinzaine,  tandis  que  la
moyenne  de  sept  autres  grandes  industries  ne  donne  que
18  marks  90  (23  fr.  60)  par  quinzaine  ;  différence  de  24  °/°
en  faveur  de  l’industrie  du  coton.  Ces  chiffres  montrent
encore  que  dans  le  coton,  la  différence  entre  le  salaire
de  l’homme  et  celui  de  la  femme  n’est,  en  moyenne,  que
de  32  %  ;  tandis  que  dans  les  autres  industries,  l’homme
gagne,  en  moyenne,  117  %  de  plus  que  la  femme.
L’industrie  textile  emploie  environ  28  o/ 0  de  toutes  les
femmes  employées  dans  toute  l’industrie  du  Grand-Duché.

Dans  l’industrie  cotonnière,  l’homme  a  évidemment
moins  souvent  l’occasion  de  mettre  en  valeur  sa  force
et  son  endurance  ;  il  s’agit  surtout  d’adresse,  d’agilité
des  mains  ;  la  concurrence  de  la  main-d’œuvre  femme
se  fait  donc  largement  sentir,  et  de  plus  en  plus,  au  fur
et  a  mesure  de  la  disparition  du  renvideur.  Puis,  dans
les  tissages,  à  tarif  égal,  la  femme  gagne  au  moins  autant
que  1  homme.  La  moyenne  des  salaires  hommes,  ira
        <pb n="48" />
        42

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

donc  pu  que  s’abaisser,  le  sexe  fort  n’étant  plus  représenté ­
  dans  la  plupart  des  filatures  que  par  les  soigneurs
de  cardes  et  quelquefois,  de  batteurs  ;  et  les  manœuvres ­
  de  cour  et  autres.  Tandis  que  la  main-d’œuvre
femme,  étant  demandée  davantage,  a  haussé  en
moyenne.
Il  est  de  moins  en  moins  rare  de  trouver  des  ménages
dans  lesquels  la  femme  travaille  à  la  fabrique,  le  mari
s’occupant  du  ménage  et  des  enfants.  C’est  l’inspection
des  fabriques  qui  le  constate.  La  mortalité  infantile  est
plus  grande  dans  ces  ménages.
Les  salaires  cotonniers  sont  d’ailleurs,  en  général,  peu
élevés  dans  le  Grand-Duché  de  Bade,  et  cela  tient  à  ce
que  tous  les  établissements,  sauf  un  seul,  sont  situés  à
la  campagne,  dans  des  vallées.  L’ouvrier  y  est,  en  majorité, ­
  propriétaire,  il  possède  un  champ,  des  bestiaux.
Les  soins  que  réclament  l’un  et  les  autres,  l'empêchent
aussi  d’aller  à  l’auberge  et  c’est  certainement  dans  ces
conditions  là,  que  la  diminution  des  heures  de  travail
aura  le  moins  mauvais  résultat.
La  plupart  des  fabriques  mettent  à  la  disposition  de
leurs  ouvriers,  pour  une  somme  modique,  des  logements
comportant  la  jouissance  d’un  jardin,  quelquefois  d’un
champ  :  autant  de  mauvais  clients  pour  l’auberge.
Puis  encore  l’industrie  cotonnière,  plus  que  tout  autre,
offre  à  la  famille,  l’avantage  de  pouvoir  occuper  plusieurs
de  ses  membres  ;  la  famille  n’est  pas  dispersée  ;  les  heures
des  repas,  les  distances  à  parcourir  sont  les  mêmes,  et
la  surveillance  des  enfants  est  plus  facile.
L’élément  étranger  commence  à  n  ôtre  pas  rare  parmi
les  ouvriers  textiles  du  Grand-Duché  ;  il  y  est  cependant
beaucoup  moins  répandu  qu’en  Wurtemberg,  par  exemple. ­
  Mais  les  ouvriers  et  ouvrières  italiens  se  rencontrent
assez  fréquemment  dans  les  filatures  et  lissages,  depuis
        <pb n="49" />
        SALAIRES

43

quelques  années.  Les  salaires  n’ont  d’ailleurs  été  influencés ­
  en  aucune  façon  par  cette  immigration.  Et  il
en  est  de  même  pour  les  Etats  où  la  proportion  des  ouvriers ­
  étrangers  est  plus  grande.

Sur  les  huit  provinces  que  possède  le  royaume  de  Bavière, ­
  deux  surtout  intéressent  l’industrie  du  colon.  Ce
sont  :  I o  la  province  de  Souabe,  qui  possède  plus  de
45  °/o  des  broches  bavaroises  et  plus  de  55  °/ 0  des  métiers ­
  à  lisser.  Elle  occupe  la  partie  sud-ouest  du  royaume
et  bénéficie  de  la  force  hydraulique  que  lui  envoient  les
montagnes  et  glaciers  de  la  frontière  tyrolienne.  Son
centre  principal  est  Augsbourg  ;  puis,  Kempten  et  la
vallée  de  filler.
El  2°,  la  Haute-Franconie,  située  à  l’angle  opposé,  au
nord-est,  en  contact  avec  la  Saxe,  dont  les  mines  la  fournissent ­
  de  combustible;  la  Haute-Franconie  compte  environ
43  °/ 0  des  broches  et  35  %  des  métiers  à  tisser  que  possède
la  Bavière.  Les  centres  cotonniers  y  sont  :  Hof,  Bayreuth,
Bamberg.
Les  six  autres  provinces  (il  serait  plus  exact  de  dire
quatre  autres  provinces,  car  deux  provinces  ne  possèdent
ni  filature,  ni  tissage  de  coton)  se  partagent  donc  12  %
des  broches  et  10  %  des  métiers  à  tisser.
La  proportion  d’ouvriers  étrangers  dans  l’industrie  cotonnière ­
  est  faible,  relativement,  en  Bavière  ;  elle  n’atteint ­
  pas  10%;  ces  étrangers  sont  surtout  des  Autrichiens. ­

Constatons  en  passant  que,  de  l’aveu  même  de  l’inspection ­
  des  fabriques,  les  relations  entre  patrons  et  ouvriers ­
  de  f  industrie  textile  de  ces  deux  provinces  et  même
de  la  Bavière  en  général,  sont  très  bonnes.  Et  tirons-en
        <pb n="50" />
        44

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

cette  conclusion  certaine  que  les  salaires  dont  nous  allons
nous  occuper,  joints  aux  bénéfices  que  l’ouvrier  retire
d’une  quantité  d’institutions  philanthropiques,  sont  satisfaisants, ­
  eu  égard  aux  conditions  de  la  vie.
Répétons  aussi  ce  qui  a  été  dit  ailleurs,  à  savoir  que
la  durée  du  travail  qui  était  légalement  de  11  heures,  a
été  abaissée  à  10  heures  depuis  le  1 er  janvier  1906  dans
la  plus  grande  partie  de  l’industrie  cotonnière  de  la  Bavière, ­
  mais  surtout  de  la  Souabe,  non  par  une  loi  ou  un
décret,  pas  davantage  par  suite  de  grèves,  mais  tout
simplement  par  la  bonne  volonté  des  industriels.  Les
salaires  des  journaliers  ont  été  maintenus  pour  dix  heures ­
  de  travail,  tels  qu’ils  étaient  pour  11  heures,  et  les
tarifs  aux  pièces  ont  été  augmentés  de  10  %.  —  Il  est
bon  de  remarquer  que  les  établissements  cotonniers  de
la  Souabe,  presque  tous  anciens,  pourvus  de  force  hydraulique ­
  abondante,  largement  amortis,  possesseurs
pour  la  plupart  de  puissants  fonds  de  réserve,  sont  dans
une  situation  particulièrement  avantageuse  qui  leur
rend  ce  sacrifice  plus  facile.  liest  compréhensible  que
les  filateurs  et  tisseurs  d’autres  parties  de  l’Allemagne,
d’installation  plus  jeune  et  placés  dans  des  conditions  économiques ­
  moins  favorables,  aient  réservé  pour  plus  tard
leur  adhésion,  et  que  cette  première  expérience  du  travail ­
  de  dix  heures  ail  été  mise  en  train  par  la  Souabe.
Les  tableaux  suivants  donnent  les  salaires  de  1903  en
filature  et  en  tissage  avec  comparaison  des  salaires  payés
en  1893  par  ces  mêmes  établissements.
        <pb n="51" />
        SALAIRES

45

Souabe
SALAIRES  PAYÉS  EN  1893  ET  1903  DANS  UNE  FILATURE.

CATEGORIES
DE
TRAVAIL

Ratteurs  hommes
—  femmes
Cardes  hommes
Etirages
Bancs  à  broches
Continus
Fileurs
Rattacheurs
Bàcleurs
Dévideuses
Encaisseuses
Journaliers
Graisseurs
Chauffeurs
Machiniste
Couvreur  de  cylindres.
Serruriers
Charpentiers
Maçons
Gardes  de  nuit

1803

b  a

614
465
609
526
653
579
918
594
450
600
571
620
660
720
772
750
980
840
849
769

30.70
22.15
33.30
25.10
31  »
27.60
43.65
28.30
21.45
28.60
27.20
29.50
31.45
34.25
36.80
35.70
46.65
40  »
40.40
36.60

1903

665
510
746
590
662
597
1014
689
459
676
617
675
660
731
956
756
988
861
855
819

31.65
24.30
35.55
28.10
31.55
28.45
49.75
32.80
£1.85
32.20
30.80
32.10
31.45
34.80
45.50
36  »
47.10
41.10
40.65
39

9?
6 7
12
18
3«
14
16
19
126
13*
88
0
16
23«
0*
1
2»
0«
6 5
        <pb n="52" />
        L  INDUSTRIE  COTONNIERE  EN  ALLEMAGNE
Souabe
SALAIRES  D’UNE  FILATURE  EN  1893  ET  1903

CATEGORIES
DE
TRAVAIL

1893

::

Batteurs  hommes
—  femmes
Cardes  hommes
Etirages.
Bancs  à  broches
Continus
Fileurs
Rattacheuses
Bâcleurs  4
Dévldeuses  .........
Encaisseuses
Encaisseurs
Journaliers
Graisseurs
Chauffeurs
Machiniste
Couvreur  de  cylindres...
Serruriers
Charpentiers
Gardes  de  nuit

600
420
630
000
420
510
900
540
360
510
660
660
600
720
840
750
1020
780
780

si:

28.00
20  »
30  »
28.00
20  »
24.30
42.90
25.75
17.15
24.30
31.45
81.45
28.60
34.25
40  »
35.70
48.60
37.20
37.20

1903

I= S

690
450
690
600
675
650
960
630
435
600
675
750
720
810
960
1090
825
1050
1020
840

a  g  i
ri:

32.90
21.45
32.90
28.60
32.10
31  %
45.60
30  »
20.75
28.60
32.10
35.70
34.25
38.60
45.65
52  „
39.30
50  »
48.60
40  »

=  8

15
73
9«
0
60
27&amp;amp;
65
165
21
175
22
135
20
125
14
10
20
30 5
75

I  II  IIP'
        <pb n="53" />
        SALAIRES

47

Souabe
SALAIRES  PAYÉS  EN  1893  ET  EN  1903  DANS  UN  TISSAGE

CATÉGORIES
DE
TRAVAIL

Tisseurs,  2  métiers
—  3  métiers
—  4  métiers
Tisseuses,  2  métiers
—  3  métiers
—  4  métiers
Ourdisseuses...
Bobineuses
Encolleuses  ....
Repasseurs
Rentreuseset  noueuses
Emballeurs
Journaliers
Journalières
Graisseurs
Chauffeurs
Machinistes  ....
Menuisiers
Gardes  de  nuit  .

1893

Salaires
minima
maxima
annuels
en  marks

Salaires
minima
et  maxima
par  quinzaine
en  francs

420  à  660
600—900
750  -  1110
420  —  660
580  —  880
20  -1020
600—800
380  —  700
800  -1050
900  -  1050
420  —  000
720  -  800
54  -  720
420—  540
510  —  660
840  -  1020
900-  980
800  —  850
540  —  000

20  à
28.60  —
35.70-20
  »-27.60-






  »-34.30-


  »
24.30
40  »
42.90
38.10
25.70

1903

Salaires
minima
et  maxima
annuels
en  marks

31.40
42.90
52.80
-31.40
-41.90
-48.60
-38.10
-33.35
—  50  »
-50  »
-42.90
-38.10
—  34.30
-25.70
-31.40
—  48.60
—  46.60
—  40.50
—  28.60

500  à  700
680  —  060
850  -  1180
5C0  -  700
640  —  920
800  -  1100
640  -  840
400  -  740
850  -  1050
950  -  1050
150  —  950
750  -  900
600-450
  -  580
540-  690
900  -  1060
960  -  1120
840  -  900
600  —  660

Salaires
minima
et  maxima
par  quinzaine
en  francs

23.80  à
32.40  —
40.50  —
23.80  —
30.50  —
38.10-30.50-








25.70
42  00
45.60
40  »
28.60

33.30
45.60
56.10
33.30
-43.80
-52.40
-40
-35.20
-50
-50
-45.21
-42.90
-35.70
-27.00
-32.90
-50.50
—  53.
—  42.
—  31.
        <pb n="54" />
        48

l’industrie  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

Souabe
SALAIRES  PAYÉS  EN  1893  ET  EN  1903  DANS  UN  TISSAGE

CATEGORIES
DE
TRAVAIL

Tisseurs,  2  métiers
—  3  métiers
—  4  métiers
Tisseuses,  2  métiers
—  3  métiers
Ourdisseuses
Bobineuses
Encolleuses
Repasseurs
Rentreuses
Noueuses
Emballeurs.,
Journaliers
Journalières
Graisseurs
Serruriers
Chauffeurs
Machinistes  p r  turbines
Menuisiers
Portier

1893

Salaires
minima
et  maxima
annuels
en  marks

190  à  780
730  -  1080
470  —  820
780  -  1100
640  —  880
300  —  590
750  —  900
.  —  840
580  —  820
450  -  740
...  -  630
570  —  600
420  —  480
570-600
600  -  900
.  -900
660  —  840
840  -  900
.  -  1360

Salaires
minima
et  maxima
par  quinzaine
en  francs

23.40
34.80

à  37.20
-51.50

22.40
37.20
30.50
14.30
35.70

27.65
21.50

27.20
20  »
27.20
28.60

31.45
40  »

—  39.10
-52.40
—  42  »
—  28.10
—  42.90
—  40  »
-39.10
-35.30
—  30  »
—  28.60
—  22.90
-28.60
-42.90
—  42.90
—  40  »
—  42.90
—  6t.  80

1903

Salaires
minima
et  maxima
annuels
en  marks

190  à  930
750  -  1200
1200-1300
480  -  930
780  -  1200
750  —  930
340  —  640
810  —  960
840  —  900
750  -  820
490  —  910
660  -  750
570  —  630
420  —  480
570  —  690
780  -  1050
.  -  900
660  —  840
..  —  960
..  -1500

Salaires
minima
et  maxima
par  quinzaine
en  francs

31

.40  à  44.40
.70-57.10
.10-62  *
.90  -  44.30
.20  -  57.10
.70-41.40
.20  —  30.50
.60  —  45.70
*  —  42.90
.70  —  39.10
40—43.40
.45  —  35.70.
.20-30  »
»  -  22  90
.20  -  32  90
.20—50  «
...  -  42  90
.45  —  40  «
...  -  45.70
...  —  715"
        <pb n="55" />
        SALAIRES

49

4

Souabe
SALAIRES  D'UN  TISSAGE  D'ARTICLES  COULEUR,  JACQUARD
ET  ORDINAIRES

CATEGORIES
DE
TRAVAIL

Tisseurs,  2  métiers
Tisseuses,  2  métiers
Ourdisseuses
Bobineuses
D  videuses
Canneteuses
Encoileuses
Cuiseur  de  colle..
Repasseur
Henl  reuses  et  noueuses
Faiseur  de  peignes..
Emballeurs
Journaliers
Journalières
Graisseurs
Chauffeur
Machiniste
Menuisier  .
Gardes  de  nuit..
Fortier

1893

Salaires
minima
et  maxima
annuels
en  marks

650  à  900
550  -  800
700  —  800
600-750

500  —  700
...  -1050
...  —  750
...  —  840
700—800

Salaires
minima
et  maxima
par  quinzaine
en  francs

31  «  à
26.20-33.30
  —
28.60-42.90


38.10
38.10
35.70

23.85  —  33.30
—  50  »
—35.70
—  40  »
33.30-  38.10

.  —  720
.  —  660
510  —  630
720
1050-1200

750  —  900
...  -  720
...  -  680

24.30-50



•34.30
■31.50
-30  »
34.30
•57.10

31.50-42.90


31.30
32.40

1903

Salaires
minima
et  maxima
annuels
en  marks

720  à  1050
600  -  1C00
780-  970
600  —  800
750  —  850
540  —  700
1140-1320
750  —  820
840  -  900
750  -  1000
...  -.960
...  —  780
...  —  /  50
540  -  660
...  —  750
1200-1300
...  -  1200
960  -1200
...  -720
...  -  680

Salaires
minima
et  maxima
par  quinzaine
en  francs

34.25  à
28.60  —
37.20-28.60-


  —
54.40-35.70-

  »  —
35.70  —

25.70  —

57.10-45.75

  —

50
47.60
46.20
38.10
40.50
33.30
62.90
39.10
42.90
47.60
45.75
37.20
35.70
31.50
35.70
62
57.10
57.10
34.30
32.40
        <pb n="56" />
        50

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

Souabe
SALAIRES  EN  1903,  DANS  DEUX  TISSAGES  A  LA  CAMPAGNE

CATÉGORIES
DE
TRAVAIL

TISSAGE  A

Salaires
minima
et  maxima
annuels
en  marks

Tisseurs  2  métiers
—  3  métiers
—  4  métiers
Tisseuses  2  métiers
—  3  métiers
Ourdisseuses
Bobineuses
Dévideuses
Encolleuses
Repasseurs
Rentreuses
Noueuses
Peignerons
Emballeurs
Journaliers
Journalières..

360  à  700
00  -  890

Machiniste  p 1 '  turbines
et  machine  à  vapeur.

Graisseurs.
Chauffeurs

350  —  660
700  -  850
650  -  900
350  —  600
550—  600
700  -  1000
780  -  960
380  —  600
380-600
—  900
650  -  700
600  -  720
480  —  600
840—900
600  —  720
840  -  900

Salaires
minima
et  maxima
par  quinzaine
en  francs

17.15  à
33.40-33.40


42.40

16.65-33.40-

  »-16.65-







31  »-28.60-


40  »  -
28.60-40
  »■

31.40
•40.50
■42.90
28.00
-28.60
-47.60
-45.60
-28.60
-28.00
-42.80
-33.40
-34.30
-28.60
-42.90
-34.30
-42.90

420  à  540
600  —  840
-1020
120—510
600  —  840
720  —  850
120  -  645

TISSAGE  R

Salaires
minima
et  maxima
annuels
en  marks

20.00
28.60

20  »
28.60
31.30
20  »

1193-1010
...  -  780
770  -  790
400  —  630
—1050
690-810
...  -  660
...  —  510
..  .—1035
780  —  825
..  .—1200

Salaires
minima
et  maxima
par  quinzaine
en  francs

il  25.75
-40  »
—  48.50
-25.75
—  40  »
—  40.50
-30.70

56

32

37

60

85

—  63.80
-37.10
—  37.60
—  30
—  50
-38.60
—  31.40
—  24.30

..  -  49.25
10-39.30
..  —  57.10
        <pb n="57" />
        SALAIRES

51

Souabe

SALAIRES  DANS  DEUX  EIL  ATURES,  A  LA  CAMPAGNE
EN  1903

CATEGORIES
DE
TRAVAIL

Batteurs  hommes
—  femmes..
Cardes  hommes...
—  femmes  ...
Etirages
Bancs  à  broches..
Continus
Fileurs  self
Rattacheurs...
Bâcleurs
Dévideuses....
Couvreur  de  cylindres
Journaliers
Journalières
Graisseurs
Machiniste  Turbine.
Machiniste  vapeur..
Chauffeur
Menuisiers
Gardes  de  nuit...

FILATURE  A

Salaires
minima
et  maxima
annuels
en  marks

Salaires
minima
el  maxima
par  quinzaine
en  francs

570  à  030
420  —  480
450  -  750
...  —  4o0
400—  500
480  -  750
490  —  600
675-  1055
555  —  795
110  -  570
180  -  600
750  —  900
—  600
380  -  540
750  -  900
...  -  950
...  -  1000
...  —  830
...  -  760
660  —  730

27.20  à
20  »  —
21.45  —

FILATURE  B

Salaires
minima
et  maxima
annuels
en  marks

19.10  —
22.90-23.35-



  —
22.90  —
35.75-18.10


35.75

31.50  —

30  »
22.90
35.75
21.45
23.85
35.75
28.60
50.20
37.90
27.20
28.00
42.90
28.60
25.75
42.85
45  25
47.60
39.60
36.20
34.80

630  à  690
...  —  435
600  -  720
...  -  420
420  -  570
520  -  750
600  —  700
915  -  1070
570  -  710
315  —  330
...  —  600
...  -  1140
...  —  660
...  -  525
780  —  810
...  -1020

30

28.00  —

Salaires
minima
et  maxima
par  quinzaine
en  francs

30  »  —
24.80  —
28.60  —
43.60  —
27.20  —
15  »  —

37.20-32.90


20.75
31.30
20  »
27.20
35.75
33.40
51  »
33.80
15.75
28.60
54.40
31.50
25
38.60
48.60

—  740
—  900
—  795

35.25
42.90
37.90
        <pb n="58" />
        52

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

En  général,  les  ouvriers  travaillent  à  l’accord  dans  la
plus  large  mesure  possible,  c’est-à-dire  que  les  journaliers
sont,  autant  que  possible,  l’exception.  Dans  les  filatures,
on  paie  généralement  aux  cent  kilos  ;  mais  on  paie  aussi
aux  1.000  yards.
Très  souvent,  aux  cardes,  aux  étirages,  aux  bancs  en
gros,  un  nombre  d’ouvriers  travaillant  à  l’accord  par
groupe,  se  partagent  également  la  somme  gagnée  ou  la
répartissent  suivant  un  %  convenu  entre  eux.  Aux  renvideurs,
  le  il  leur  reçoit  par  exemple  45  à  50  %  de  la
somme  totale  gagnée  par  les  métiers  ;  le  rattacheur  28  à
32  %  et  le  bàcleur,  18  à  22  °/o.  Dans  bien  des  établissements, ­
  les  arrêts  de  machines  qui  ne  proviennent  pas  de
la  faute  de  l’ouvrier  (manque  de  préparation,  arrêts  de
moteur,  etc.),  sont  indemnisés  à  un  tarif  convenu  ;  mais
ce  n’est  pas  la  généralité,  à  beaucoup  près.
Au  lissage,  en  Souabe,  sur  environ  7.600  tisserands,
31/2  %  travaillent  sur  un  seul  métier  (apprentis);  la
majorité,  soit  63  1/2  %  travaillent  sur  deux  métiers  ;
puis,29°/oconduisent  trois  métiers,  et  enfin  4°/oseulement
ont  quatre  métiers  à  conduire,  dont  plus  de  2  %  ont  un  apprenti ­
  pour  aide.  Les  tisseurs  sont  presque  toujours
payés  au  mètre,  rarement  par  pièce.  Les  encodeurs  travaillent ­
  habituellement  à  la  journée.  Le  système  des
primes  est  à  peu  près  disparu  ;  il  ne  reste  que  quelques
tissages  qui  en  fassent  emploi.
On  paie  généralement  par  quinzaine  ;  les  comptes  sont
arrêtés  huit  jours  avant  celui  de  la  paie.  Les  apprentis
au  tissage  signent  un  contrat  la  plupart  du  temps,  et
s’engagent  pour  deux  ou  trois  ans;  ils  paient  10,  20,
jusque  50  marks  d’écolage  (12  fr.  50,  25  lr.,  62  fr.  50),  et
la  somme  convenue  est  déduite  de  leurs  premiers  salaires,
à  raison  de  1  à  2  marks  (1  fr.  25  à  2  fr.  50)  par  quinzaine.
A  la  fin  de  l’apprentissage,  il  est  d'usage  de  leur  restituer
        <pb n="59" />
        SALAIRES

53

celte  somme  avec  les  intérêts.  S'ils  ne  terminent  pas
leur  temps  d’apprentissage,  la  fabrique  est  en  droit
de  verser  la  dite  somme  à  la  caissedes  malades;  toutefois, ­
  on  ne  fait  pas  toujours  usage  de  ce  droit.
Ce  qui  précède  se  rapporte  plus  particulièrement  à  la
province  de  Souabe.  Il  est  intéressant  de  le  comparer
avec  la  province  de  Haute-Franconie,  et  ce  qui  va  suivre
concerne  cette  région  également  très  importante  au  point
de  vue  cotonnier,  ainsi  qu’il  a  été  dit.
La  Haute-Franconie  aussi  se  plaint  de  la  rareté  des
ouvriers  de  filature  et  de  tissage  ;  toutefois,  jusqu’ici,  on
n’y  embauche  pas  d’ouvriers  étrangers  etla  main-d’œuvre
cotonnière  y  est  exclusivement  allemande.  Le  tissage  à
la  main  y  est  encore  très  vivace.  Alors  qu'en  Souabe,
cette  industrie  a  presque  disparu  et  occupe  à  peine
quelques  centaines  de  travailleurs,  la  Haute-Franconie
possède  plusieurs  milliers  de  métiers  à  la  main,  dispersés
dans  les  campagnes,  et  on  compte  que  10.000  personnes,
y  compris  4.000  enfants  environ,  pour  les  petits  travaux
de  détails,  travaillent  autour  de  ces  métiers,
Mais  il  n’y  a  guère  que  1.500  ouvriers  environ,  qui
soient  occupés  dans  des  tissages  à  la  main,  ayant  le  caractère ­
  de  fabriques.
Comme  comparaison,  disons  que  le  nombre  de  broches ­
  de  filature  et  métiers  mécaniques  coton  cités  précédemment ­
  pour  la  Haute-Franconie,  occupe  environ
14  600  ouvriers.  Les  ouvriers  spéciaux,  tels  que  lileurs  et
tisseurs  tiennent  beaucoup  à  leur  profession.
Les  rapports  entre  patrons  et  ouvriers  sont  très  généralement ­
  bons  et  amicaux.  C’est  l’inspection  des  fabriques
qui  le  constate,  tout  en  se  plaignant  cependant  des  mauvais
procédés  fréquents  des  contremaîtres  de  certains  grands
établissements  envers  leurs  subordonnés.  Chose  assez
spéciale  et  peu  répandue  dans  le  reste  de  1  Allemagne,  il
        <pb n="60" />
        54

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

existe  en  Haute-Franconie  trente-quatre  établissements
textiles  dans  lesquels  la  prévenance  de  quinzaine  n’existe
pas  ;  la  liberté  existe  de  part  et  d’autre.  Cependant,  la
majorité  des  fabriques  fait  usage  de  la  prévenance  en
question.
Le  travail  à  l’accord  existe  partout  où  cela  est  possible
dans  les  filatures  et  les  tissages.  Dans  les  filatures,  les
tarifs  sont  établis  par  100  kilos,  mais  aussi  quelquefois
par  éclievelte.  Dans  les  tissages,  on  paie  habituellement ­
  au  mètre,  quelquefois  par  pièce  ;  mais  ce  dernier
mode  de  tarif  est  peu  apprécié  par  l’ouvrier  et  le  tarif  au
mètre  est  préféré.  On  paye  généralement  le  vendredi  ;
quelques  établissements  paient  le  samedi.  Il  est  reconnu
là  comme  ailleurs,  du  reste,  que  les  ménagères  reçoivent
une  plus  grande  partie  de  la  paie  de  leurs  maris  lorsqu’on
paie  le  vendredi.
Le  système  des  primes  est  encore  très  en  usage,  dans
les  tissages  et  même  les  filatures,  en  Haute-Franconie.
Les  primes  sont  quelquefois  un  supplément  de  paie
accordé  en  cas  d’exécution  parfaite  du  travail,  une  manière ­
  de  stimulation  tendant  à  assurer  un  travail  irréprochable. ­
  Ce  genre  de  prime  atteint  quelquefois  jusqu’à
20  %  du  salaire  total  payé.  Mais  le  plus  souvent  ces
primes  sont  un  supplément  de  salaire  accordé  aux  ouvriers ­
  qui  ont  dépassé  un  certain  chiffre  de  production.
Dans  les  filatures,  elles  sont  en  usage  pour  les  fi  leurs
(renvideurs  et  continus)  et  leurs  aides,  pour  les  soigneuses ­
  de  bancs  à  broches,  et  aussi  pour  les  dévideuses-,
dans  les  tissages,  pour  les  métiers  à  tisser  seulement.
Dans  une  grande  filature,  par  exemple,  le  système  des
primes  est  le  suivant  :  Pour  avoir  droit  à  la  prime,  il  faut
que  1  ouvrier  gagne  au  moins  20  marks,  par  exemple,
d’après  le  tarif,  et  la  prime,  pour  ceux  qui  dépassent  au
tarif  cette  somme  de  20  marks  (25  francs),  est  de  50  %.
        <pb n="61" />
        SALAIRES

55

Ainsi  20  mk.  30  (25  fr.  37)au  tarif  donnera  droit  :  20,30
+  JO.15  —  30,45  (38  francs).  Ou  bien  :  26  marks  gagnés
au  tarif  produiront  un  salaire  total  de  26  -f-  13  =  39
marks.  (48  fr.  75).  Celui  qui  a  fait  moins  de  20  marks
au  tarif,  par  exemple  seulement  19,80  n’aura  gagné  en
tout  que  19  marks  80  (24  fr.  75).  Quand,  par  suite  d  arrêts
indépendants  de  sa  volonté  et  bien  spécifiés  par  le  règlement, ­
  1  ouvrier  n’arrive  pas  à  sa  prime,  on  l’indemnise
proportionnellement.  Un  autre  système  de  primes,  en
usage  dans  une  biture  est  le  suivant.

Pour  une  production  moyenne
par  broche  et  par  tour  de  :

Fils
couleur

Fils
écrus

5  5  à  5  §  échevettes.
5  8  6  -

6
6  2
6  4
6  6
6  8
5
5  2
5  4
5  6
58

6  g
6  4
6  6
6  s
7
5  2
5  4
5  G
5  8
0

la  prime  est
de  :
1  ro k  —  1  fr.  25
1.25—1  »  56
1.50—1  »  87
1.75  -  2  »  19
2.50  —  3  »  12
3  »  —  3  »  75
5  »  —  6  »  25
1  »  —  1  »  25
1.50—1  »  87
2  »  —  2  »  50
3  »  —  3  »  75
5  »  —  6  »  25

En  dehors  de  ces  primes,  il  existe  encore  des  primes
annuelles.  Ainsi,  par  exemple,  les  contremaîtres  reçoivent ­
  quelquefois  un  tant  pour  cent  sur  la  somme  de
salaires  atteinte  par  leur  salle.  Ou  bien  encore,  un  assortiment ­
  de  machines,  une  série  de  laminoirs  ou  de  bancs
à  broches,  par  exemple,  recevra  une  première  collective
et  à  partager,  pour  une  certaine  production  de  bonne
qualité,  dans  un  certain  numéro.  Il  existe  aussi  des
primes  annuelles  pour  les  fi  leurs  qui,  sans  encourir  d’a-
        <pb n="62" />
        56

L'INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

mendes  de  malfaçon,  ont  toujours  été  primés.  Ces  primes
se  paient  par  exemple  trois  fois  par  an,  à  raison  de  10
marks  (12  fr.  50)  chaque  fois.
Pour  supprimer  les  jalousies  entre  ouvriers  et  contremaîtres, ­
  certains  établissements  ont  supprimé  le  système ­
  des  primes  ;  mais  d’une  part,  cette  suppression  a
fait  beaucoup  de  mécontents,  et,  d’autre  part,  elle  a  obligé
à  une  révision  complète  des  tarifs  et  à  une  augmentation
de  ces  tarils,  afin  de  compenser  le  supplément  de  salaire ­
  produit  par  les  anciennes  primes.  C’est  là  une  besogne ­
  assez  compliquée  et  épineuse,  ce  qui  fait  que  beaucoup ­
  d’établissements  les  conservent.
Dans  certains  tissages,  le  système  des  primes  est  celuici
  :

Pour  2  métiers,  par  quinzaine  de  11  jours  de
travail,  en  francs

Pour  un  salaire  de..  fr.

La  Prime  est  de....  fr.  0.81

10  »

11.25
1.69

12.50
2.69

13.75
3.56

15  »
4.18

17.50
5.69

20  »
7.30

22.50
9.30

Pour  2  métiers,  par  quinzaine  de  10  jours  de  travail
Pour  un  salaire  de.,  fr.  10  »  11.25  12.50  13.75  15  »  17.50  20  »  22.50
La  prime  est  de  fr.  1  25  2.12  3.12  4  »  4  63  6.12  7.75  20.15
Pour  2  métiers,  par  quinzaine  de  9  jours  de  travail

Pour  un  salaire  de..  fr.  j  10  »
La  Prime  est  de....  fr.  |  1.69

11  25
2.56

12.50
3.56

13.75
4.44

15  »
5.06

17.50
6.56

20  »
8.15

22.50
10.1

Les  quinzaines  incomplètes  prévoient  évidemment
celles  qui  comprennent  une  fête  quelconque  ;  car  deux
journées  de  travail  en  moins,  par  exemple,  réduiraient
considérablement  la  prime  sans  l’existence  de  ce  tarif
proportionnel.
        <pb n="63" />
        SALAIRES

57

Salaires  minima
et  maxima
annuels
en  marks

Salaires
moyens
annuels
en  marks

Salaires
moyens  par
quinzaine
en  francs

n

~  3

550  à  612
392—453
548  -  633
392-  422
450-  615
468  —  811
563  -  682
927  -1184
565  —  685
511-670
395  -  508
483  —  688
588  -  762
531  -  643
612-964
551  —  581
643-713
808  -  936
...  -  1734
581  —  796

581

27.65

1775
surv 1 .
900

122

20.10

573

27.55

19.40

407

1935

523

24.90

surv 1 .

1170

646

30.80

655

1650

31.20

1059

2000

50.45

surv 1

627

29.90

1380

618

29  20

125

20.25

581

27.65

1360

682

32.45

612

29.15

824

39.20

566

27  »

695

33.10

ss!

42  »

1092

52  «

33.50

701

Les  tableaux  suivants  donnent  les  salaires  payés  dans
quelques  filatures  et  tissages  de  la  Haute-Franconie.
Haute-Franconie
SALAIRES  D’UNE  FILATURE  DE  COTON  EN  1904
CATÉGORIES
DE  TRAVAIL
Ratteurs  hommes
—  femmes
Cardes  hommes
—  femmes
Etirages
Bancs  à  broches
Continus
Fileurs
Rattaclieurs
Rattacheuses
Ràcleurs
Dévideuses
Paqueteuses
Encaisseurs
Couvreur  de  cylindre:
Journaliers
Graisseurs
Chauffeurs
Machinistes
Menuisiers

en  francs
        <pb n="64" />
        58

L'INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

Haute-F  ranconie
SALAIRES  D’UNE  FILATURE,  A  HOF,  EN  1904.

CATÉGORIES  DE
TRAVAIL

Batteurs  hommes  ..
Cardes  hommes
Cardes  aiguiseurs...
Cardes  femmes
Etirages.
Bancs  à  broches...
Continus
Fileurs
Rattachears
Bâcleurs
Dévfdeuses
Encaisseuses
Emballeurs
Couvreur  de  cylindres.
Journaliers.,...  ...
Graisseurs
Chauffeurs.
Machinistes
Menuisiers

Minima  et
maxima
annuels
en  marks

520  à  780
520  -  650
910  -1040
465  —  520
465  —  650
465  —  780
520-650
910  -1170
520  —  780
465  —  650
520  —  780
650  -  1040
910-1060
780  —  910
650  -  780
650  -  910
910  -  1170
1170  -  1300
910  -1040

Minima  et  maxima
par  quinzaine
en  francs

Traitement  des
contremaîtres
et  surveillants
en  francs

48  à  50

43  50
56  62
43  50

24.80  à  37.20
24.80  —  31  »
43.40  —  49.60  K  43  50
22.c0  —24.80
22.30-  31  »
22.30-  37.20
24.80-  31  »
43.40-  55.80
24.80  -  37.20
22.30  —  81  »
24.80  —  37.20
31  »  —  49.60
43.40—  50.40
37.20  -43.40
31  »-37.20
31  »  —  43.40
43.40-  55.80
55.80-  62  »
43.40—  49.60
        <pb n="65" />
        SALAIRES

59

Haute-Franconie
SALAIRES  D'UN  TISSAGE  D'ARTICLES  COULEUR

CATEGORIES
DE  TRAVAIL

Tisseuses  sur  2  métiers.
Tisseurs  sur  2  métiers  .
—  3  métiers  .
Ourdisseuses
Bobineuses
Canneteuses
Encolleuses
Repasseurs
Retordeuses
Rentreuses
Noueuses
Emballeurs
Journaliers
Journalières
Graisseurs
Chauffeur
Machiniste
Gardes  de  nuit
Portier...

Salaires  annuels
minima
et  maxima
en  marks

Salaires
annuels
moyens
en  marks

620  à  1040
620  -  1200
1100  -  1300
520  -  820
450  —  900
600  —  800
800  -  1200
800  -  1050
550  —  780
550  -  780
600  —  800
520  —  760
460  -  600
600  -  930
jusqu'à  1200
jusqu’à  1300

800
800
1200
630
600
700
930
900
620
620
620
680
660
520
700
750
850
1014
900

Salaires
moyens
par
quinzaine
en  francs

38.10
38.10
57.10
30  »
28.55
33.30
43.25
42.80
29.50
29.50
29.50
32.40
31.40
24.75
33  30
35.70
40.50
48.20
42.80

II!!

2240
2110
1320

§  g

T3  G

s  te
        <pb n="66" />
        60

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

L'article  8  de  la  loi  du  15  juin  1883  (modifié  par  les  additions ­
  des  10  avril  1802  et  25  mai  19031,  sur  l'assurance
contre  la  maladie,  prescrit  l’établissement  de  tableaux
indiquant  le  montant  du  salaire  moyen  d’un  journalier,
c’est-à-dire  d’un  ouvrier  n’ayant  pas  appris  un  métier
spécial.  Les  salaires  sont  fixés  pour  les  hommes  et
femmes  adultes,  et  aussi  pour  les  jeunes  gens  des  deux
sexes  de  14  à  16  ans,  pour  toutes  les  communes  un  peu
importantes  d’Allemagne.  Le  but  de  ces  tableaux  est  de
pouvoir  fixer  sans  contestation  possible,  les  indemnités
auxquelles  ont  droit  les  assurés  sans  profession  spéciale.
Cet  article  8  est  ainsi  conçu  :
«  Il  sera  pris  avis  des  autorités  communales,  des  re-«
  présentants  des  patrons,  des  représentants  des  assurés
«  intéressés,  et  il  sera  dressé  par  l’autorité  supérieure
«  des  provinces  un  tableau  des  salaires  usuels  des  jour-«
  naliers,  c’est-à  dire  du  manœuvre  ordinaire  ;  les  ta-«
  bleaux  seront  publiés  dans  la  feuille  d’avis  officiels.
c(  La  fixation  de  ces  salaires  aura  lieu  séparément  pour
«  hommes  et  pour  femmes  et  aussi  pour  les  personnes
«  au-dessus  et  au-dessous  de  l’âge  de  seize  ans.  Pour  les
«  personnes  au-dessous  de  seize  ans,  la  fixation  pourra,
((  en  cas  de  nécessité  reconnue,  être  faite  pour  jeunes
«  gens  de  quatorze  à  seize  ans  et  pour  enfants  au-des-((
  sous  de  quatorze  ans.  Pour  les  apprentis,  on  appli-«
  quera  le  tarif  concernant  les  jeunes  gens.  »
—  Les  tarifs  ont  leur  application  non  seulement  pour
ce  qui  concerne  l’assurance  contre  la  maladie,  mais  également ­
  dans  quantité  de  circonstances  relatives  aux
assurances  contre  l’invalidité  et  contre  les  accidents.
II  ne  s’agit  pas,  répétons-le,  de  salaires  donnant  la
moyenne  des  salaires  payés  pour  toutes  les  professions
dans  une  commune.  Les  salaires  représentent  le  gain
journalier  du  simple  manœuvre.  La  comparaison  de
ces  salaires  est  plus  intéressante  encore  avec  indication
du  nombre  d’habitants  des  communes.
        <pb n="67" />
        SALAIRES

61

NOMS
DES
COMMUNES

Berlin
Brême
Hambourg
Lübeck
Hannover
Oldenburg
Mayence
Bremerbaven
Cuxhaven,...

Breslau
Beuthen
Gleiwitz  (campagne).
Königsbutte
Hobelschwerdt
Neurode
Reichenbach
Frankenstein

Bochoft.
Gronau.
Rheine  .
Herford.
Hagen  ..

POPULATION

2.040.000
214.800
803.000
91.500
250.000
28.500
91.000
24.000
10.800
Silésie
4“0.700
60.000

ADULTES

Mase.  Fern

66.000
8.000
16.000

fr.
3.63
4.37
3.75
3.63
3.37
3.37
3.50
4.50
3.75
3.  »
2.80
1.37
2.50
1.75
2.  »
1.50
1.43

Westphalie
23.900
9.000
12.800
28.800
77.500

Prusse  rhénane

3.12
3.12
2.50
2.87
3.25

Cologne
Düsseldorf...
Krefeld
Elberfeld
M.  Gladbach.
Rheydt

428.500
253.000
110.300
162.700
60.700
40.100

JEUINES  GENS

Mase.  Fém

3.75
3.75
3.25
3.38
3.12
3.12

fr.
2.  »
2.50
2.50
2.25
2.12
2.  »
2.  »
3.  »
2.50
1.81
1.25
0.87
1.50
1.18
1.25
1.12
1.12
2.50
2.18
2.  »
2.25
2.  »
2.25
2.25
2.  »
2.12
2.25
2.25

fr.
1.75
1.87
1.87
1.87
1.62
1.50
1.87
1.75
1.50
1.68
1.50
0.  87
1.25
1.06
1.  »
0.87
0.87
1.87
1.87
1.75
1.62
1.87
1.87
1.87
1.50
1.37
1.25
1.25

fr.
1.38
1.38
1.25
1.25
1.38
1.25
1.25
1.56
1.25
1.06
1.25
0.62
1.  »
0.87
0.75
0.75
0.75
1.50
1.56
1.50
1.25
1.50
1.25
1.25
1.25
1.25
1.25
1.25
        <pb n="68" />
        62

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

NOMS
DES
VILLES

Munich
Augsbourg
Baôèberg
Bayreuth
Hof
Forchheim
Kulmbach
Nürnberg
Kaufbeuren
Erlangen
Speyer
Kaiserslautern
Kempten
Pfersee

Dresde
Leipzig
Zwickau...
Plauen
Falkenstein.
Mittweida...
Chemnitz...

POPULATION

Bavière
538.400
93.900
45.300
31.800
38.300
9.000
10.000
294.300
9.500
23.700
21.800
52.200
20.500
8.000
Saxe
514.300
502.600
68.200
105.200
12.700
18.000
244.400

ADULTES

Mase.

Fém.

JEUNES  GENS

Mase.

3.75
2.87
3.37
2.50
2.50
2.12
2.75
3.02
2.02
2.75
2.50
3.12
2.87
2.50
3.37
4.36
2.75
3.12
2.81
2.75
3.12

2.50
2.  »
2.25
2.  »
2.  »
1.50
1.62
2.12
1.75
1.50
1.50
1.75
1.87
1.87
1.87
2.25
1.87
2.18
2.12
1.87
1.87

Fém.

1.87
1.25
1.75
1.62
1.62
1.25
1.37
1.87
1.  »
1.12
1.25
1.50
1.38
1.25
1.50
2.  »
1.37
1.62
2.12
1.25
1.62

1.50
1.25
1.50
1.37
1.37
1.12
1.25
1.25
1.  »
0.  87
1.  »
1.25
1.25
1.  »
1.37
1.50
1.12
1.50
1.50
1.25
1.37
        <pb n="69" />
        SALAIRES

63

NOMS
DES
VILLES

POPULATION

ADULTES

Mase.

Fém.

JEÛNES  ms  !

Mase.
i  !

Fém.

Stuttgart  ...
Ulm
Esslingen  ..  .
Reutlingen..
Göppingen..
Heidenheim.
Blaubeuren.

Karlsruhe...
Mannheim..
Offenburg...
Lörrach
Schopfheim.
S'-Blazien  .  .
Fribourg....

Magclebourg.
Eilenburg.
Greiz
Gera
Halle
Danzig

Wurtemberg

249.000
51.700
29.000
23.700
20.800
2.000
4.000

3.75
3.12
3.12
3.50
3.12
3.  »
2.50

Grand  Duché  de  Bade

111.200
162.600
15.400
10.800
4.500
2.000
74.000
Divers
240.700
15.700
23.100
46.900
169.900
159.700

3.25
3.37
2.25
2.75
2.75
2.25
3.12
3.12
1.87
2  75
3.  »
3.07
3.12

2.25
1.87
1.87
2.25
2.25
2.  »
2.25
1.87
2.12
1.62
2.  »
1.87
1.37
1.87
1.75
1.25
2.  »
1.87
1.37
1.56

2.25
1.50
1.50
1.87
2.  »
1.75
1.75
1.50
1.87
1.50
1.62
1.62
1.  »
1.87
1.50
1.25
1.25
1.37
1.75
1.25

1.87
1.37
1.25
1.37
1.75
1.50
1.25
1.12
1.25
1.12
1.25
1.37
0.  75
1.37
1.25
1.  »
1.12
1.12
1.12
0.94
        <pb n="70" />
        CONDITIONS  DE  LA  VIE

Il  existe  une  relation  étroite  très  évidente  entre  les  salaires ­
  pratiqués  par  l’industrie  dans  une  localité  ou  une
région  donnée,  et  le  prix  des  denrées  de  première  nécessité, ­
  des  logements,etc.,  —  en  un  mot,le  prix  de  la  vie  —
dans  cette  région  ou  cette  localité.  S’occupant  de  l'un,
on  ne  saurait  négliger  l’autre,  et  il  convient  donc  d’examiner ­
  les  conditions  de  la  vie  dans  les  contrées  dont  les
salaires  ont  été  indiqués  précédemment.
Ainsi  qu’il  a  été  dit,  l’industrie  cotonnière  badoise  se
trouve  en  presque  totalité  dans  les  vallées,  à  la  campagne.
La  maison  que  l'ouvrier  habite  lui  appartient  très  souvent; ­
  s’il  n’est  pas  propriétaire,  il  logera  presque  toujours
dans  les  maisons  que  la  fabrique  où  il  travaille  met  à  sa
disposition^
Dans  le  sud,  des  logements  de  trois  pièces  et
cuisine,  avec  jardin,  quelquefois  un  champ,  sont  loués  à
l’ouvrier  pour  la  somme  de  100  à  110  marks  par  an,  soit
124  à  137  francs  par  an  ou  4  fr.  75  à  5  fr.  25  par  quinzaine. ­
  Si  le  logement  se  compose  de  4  pièces  et  une  cuisine, ­
  il  coûte  25  fr.  de  plus  par  an,  soit  environ  1  ir.  de
plus  par  quinzaine.  Dans  la  région  moyenne,  un  logement ­
  de  3  pièces  et  une  cuisine  avec  jardin,  se  loue  de
130  à  156  marks  par  an,  c’est-à-dire  160  à  194  francs,  soit
par  quinzaine  6  fr.  15  à  7  fr.  45.  Les  prix  varient  peu
dans  cette  région,  entre  les  diverses  localités;  ils  sont
5
        <pb n="71" />
        66

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

d’environ  40  à  50  °/ 0  inférieurs  à  ceux  de  logements  équivalents ­
  qu’on  louerait  chez  un  propriétaire  de  la  localité.
En  outre  l’hygiène  y  est  mieux  observée,  et  les  maisons
et  logements  plus  soigneusement  entretenus.
Dans  le  nord  du  Grand-Duché,  un  logement  de  deux
pièces  avec  cuisine  et  jardin  s'obtient  —  toujours  dans
les  maisons  d’habitation  des  fabriques  —  pour  la  modique
somme  de  4  à  5  francs  par  quinzaine  ;  ou  de  6  à  7  fr.  50
s’il  se  compose  —  avec  jardin  —  de  trois  pièces  avec
cuisine.
Le  pain  bis  —  très  employé  —  se  paye  environ  30  cts.
le  kilo  ;  le  pain  demi-blanc  32  centimes  ;  le  pain  de  luxe
42  centimes.
Les  pommes  de  terre  se  sont  payées  à  Karlsruhe  en
1905,  environ  7  fr.  70  les  100  kilos.  Elles  ne  valaient  que
5  fr.  50  en  1900  et  1901,  mais  leur  prix  a  constamment
augmenté  depuis  lors.  Cette  hausse  a  d’ailleurs  été  générale ­
  en  Allemagne  pendant  cette  période,  sans  toutefois
atteindre  partout  cette  proportion,  qui  est  l’une  des  plus
fortes.
La  viande  de  bœuf  vaut  de  1  fr.  75  à  2  fr.  le  kilo  ;  la
viande  de  porc  se  paie  à  peu  de  chose  près  le  même
prix.
La  farine  de  froment  vaut  assez  régulièrement  à  Karlsruhe, ­
  depuis  plusieurs  années  50  centimes  le  kilo.
Le  budget  annuel  de  deux  familles  ouvrières  de  la  partie ­
  centrale  du  Grand-Duché  donnera  tout  à  l’heure  une
idée  des  conditions  d  existence  des  travailleurs  de  ce
pays.
Pour  les  ouvriers  célibataires  et  ceux  qui  demeurent
à  une  certaine  distance,  beaucoup  d’établissements  ont
installé  des  cantines  dans  lesquelles  on  peut  avoir,  5
un  prix  extrêmement  réduit,  du  lait,  du  café  au  lait  et
des  portions  de  soupe.

*  ¥

imJ
        <pb n="72" />
        CONDITIONS  DE  LA.  VIE

67

Une  portion  de  café  au  lait  de  4/10 c  de  litre  se  vend
par  exemple  de  5  à  7  pfennigs  suivant  les  endroits,  soit
6  1/4  à  8  3/4  centimes.  La  même  quantité  de  lait  pur,
chaud,  de  6  à  7  pfennigs.  Ces  portions  reviennent  à  rétablissement ­
  à  10  et  11  pfennigs,  soit  de  12  1/2  a  13  1/2  centimes. ­

Un  demi-litre  de  soupe,  avec  100  à  125  grammes  de
viande  et  des  légumes  avec  pain  est  vendu  12  à  16  pfennigs, ­
  soit  15  à  20  centimes  Elles  coûtent  à  rétablissement
de  17  à  20  pfennigs,  soit  21  à  25  centimes.
Mais,  revenons  à  nos  familles.
Famille  A.  —  Le  père,  36  ans,  marié  à  26  ans  ;  gagne
3  marks  60,  soit  4  fr.  45  par  jour  ;  y  compris  les  primes
et  gratification  de  Noël,  son  salaire  annuel  est  de
1136  marks,  environ  1410  francs  ;  la  femme  s’occupe  de
son  ménage,  du  jardin,  du  champ  et  Mes  hôtes.  Trois
enfants,  lOans,  8  ans,  4  ans.  Propriétaire  de  sa  maison
sur  laquelle  il  doit  encore  environ  3700  francs  ;  en  loue
une  partie  pour  87  francs  par  an.  Récolte  des  pommes
de  terre,  du  blé,  en  quantité  suffisante  à  sa  consommation ­
  ;  récolte  aussi  des  légumes.  Possède  deux  vaches,
deux  porcs  et  dix  poules  ;  reçoit  annuellement  comme
bourgeois  de  sa  commune,  trois  stères  de  bois  et  vingtcinq
  fagots  ;  l’entretien  du  champ,  du  jardin  et  des  bêtes
lui  coûte  par  an  223  francs.  Son  logement  se  compose  de
deux  chambres,  cuisine,  cave,  grenier,  hangar,  écurie
et  petite  grange.  Le  père  paie  par  semaine  1  fr.  10  d’abonnement ­
  au  chemin  de  fer  pour  aller  à  son  travail.  Le
matin  en  partant  il  boit  du  lait  ;  à  midi  il  dine  à  l’auberge
et  dépense  en  moyenne  56  centimes  ;  à  huit  heures  et  à
quatre  heures,  en  tout,  un  litre  de  bière,  pain  et  saucisson. ­
  Le  soir,  repas  en  famille  :  soupe  et  œufs  avec  salade
ou  bien  pommes  de  terre  avec  du  lait.  La  famille  ne
        <pb n="73" />
        68

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

mange  de  viande  que  le  dimanche.  Le  père  est  membre  du
syndicat  ouvrier  catholique;  il  est  abonné  à  un  journal;  il
est  membre  aussi  d'une  société  militaire.  Deux  de  ses
enfants  sont  assurés  jusqu’à  l'âge  de  14  ans  (époque  à
laquelle  il  pourront  travailler),  on  paie  pour  eux,  ensemble ­
  25  centimes  de  prime  par  semaine.
Famille  B.  —  Le  père  a  27  ans,  il  gagne  3  marks,  soit
3fr.  72  par  jour;  une  sœur  qui  est  en  pension  chez  lui
paie  7  marks,  8  fr.  70,  par  quinzaine.  Le  salaire  du  père
se  monte  anuellement  à  900  marks,  soit  environ  1115  fr.
Le  ménage  n’a  pas  d’autres  recettes  que  le  salaire  et  la
pension  payée  par  la  sœur.  11  se  compose  du  père,  de  la
mère,  d’un  enfant  de  18  mois,  delà  sœur  en  question  et
d’une  grand’mère  âgée  de  80  ans.  Ni  champ,  ni  hêtes.
Paie  95  marks,  118  francs  de  loyer  pour  un  logement  se
composant  de  deux  chambres,  cuisine,  grenier  et  cave,
et  un  jardin  de  16  mètres  carrés.  La  fabrique  est  distante
de  6  kilomètres,  et  la  route  est  faite  à  pied,  matin  et  soir
par  le  père  et  la  sœur.  Le  déjeuner  du  matin  consiste  en
café  au  lait  avec  pain  ;  le  dîner  a  lieu  à  l’auberge  et  consiste ­
  en  un  litre  de  bière,  du  saucisson  et  du  pain.  A  huit
heures  et  à  quatre  heures,  chaque  fois  un  demi-litre  de
bière  avec  fromage  et  pain.  Le  soir  repas  en  famille,  lequel ­
  se  compose  de  salade  avec  pommes  de  terre  ou  farinage, ­
  ou  du  café  au  lait  ou  une  soupe  consistante.  La
famille  ne  mange  de  viande  que  le  dimanche.  Le  dimanche, ­
  le  père  va  à  l’auberge  pour  lire  les  journaux,  car  il
n’a  pas  d’abonnement,  —  chose  assez  rare,  —  et  il  y  dépense ­
  régulièrement  1  fr.  25.  Il  est  membre  d’une  société
militaire  et  d’une  société  de  chant.
Les  tableaux  suivants  indiquent  les  recettes  et  dépenses ­
  de  ces  deux  ménages  et  ce  qu’ils  consomment
pour  leur  alimentation  et  entretien.
        <pb n="74" />
        CONDITIONS  DE  LA  VIE

69

Budget  de  Deux  Familles

DETAIL  DES  RECETTES
ET  DES  DÉPENSES

FAMILLE  A

Gain  du  père
^  dites  de  produits  agricoles
Recettes  par  bétail  et  animaux...
Recettes  diverses,  pensions
Total  des  recettes
soit,  par  tête  et  par  an

Nourriture
Loyer  .  !
Entretien  de  la  maison
Chemin  de  fer
Bois,  charbon,  éclairage
Habits
Chaussures..........  !
Linge,  literie
Ustensiles  de  ménage.
Savon,  lessive
Dettes  et  amortissements
Impôts.  ‘
Assurances  diverses
—  sur  la  vie  '
—  incendie  ...
Livres,  écolage,  papier  ..
Journaux,  /
Cotisation  de  société
Médecin  et  pharmacien  (fam.)
Tabac  ’

Plaisirs  des  dimanches

FRAIS  AGRICOLES

Achat  d’animaux
de  fourragent  graïnes
—  litière.

—  semences
Culture
Outils  aratoires

Rar  tête  et  par  an.

1136
70
120
70

1396
279

587
20
49
40
50
50
30
20
13
170
32
41
10
10
5
5
7
20
3
KO

1214

30
60
45
3
65
10

1427

285  Mk.

Z  S3  g

1733
348

728
»
25
61
50
62
62
37
25
16
210
40
51
12
12
6
6
9
25
4
65

1506

37
75
56
4
80
12

1769

351  Fr.

du  total

1410  SU
87  5
149  8°
87  5

100  y.

414
14
34
2«
P
1
2*
2"
O 7
O 7
O 3
03
O 5
14
02
8«

85

2  *
4*
32
O«
4«
O’

100  %

FAMILLE  B

III

900

182

1082
216

646
95

65
45
24
4

8
28

9
12
35
65

1043

ô  =  G
«S  g  ^

1115
226

1341
268

802
118

10
35

II
15
43
80

1295

20911k.  259  Fr.

%
du  total

83  =

16  8

100'

61  8
91

6»
43
23
04
07
0 8
27

0»
12
34
6S

100  •/.
        <pb n="75" />
        %

C  Ä  CL

W

DÉTAIL  DES  DENRÉES  CONSOMMÉES  PAR  LES  FAMILLES  A  ET  B  ET  MOYENNE
DE  J4  FAMILLES  OUVRIÈRES  DE  LA  MÊME  RÉGION

70

L  industrie  COTONNIÈRE  en  ALLEMAGNE

Lait
(Litres)

Eau-de-vie
(Litres)

Vin
(Litres)

Bière
(Litres)
Sucre

Œufs
(Pièces)

Fromage

Huile  comestible
(Litres)
Graisse

Beurre

Légumes  secs
Pâtes

Farine

Pommes  de  terre

Saucisson

Viande

Pain  blanc

Pain

noir

CQ
        <pb n="76" />
        CONDITIONS  DE  LA  VIE

71

1  est  a  noter  que,  sur  l’ensemble  des  quatorze  familles
(  °nt  il  est  question  ci-dessus,  il  n'y  en  a  qu’une  seule
(  an s  laquelle  le  père  ne  fasse  partie  d’aucune  Soc
 jete.  Et  il  ne  s’en  trouve  que  deux  qui  ne  soient  pas
onnés  a  des  journaux  périodiques.  Remarquons  à  ce
sujet  qu  il  s’agit  de  gens  de  la  campagne.  Cependant,
nombre  de  ceux  de  ces  ouvriers  campagnards  qui
appartiennent  à  des  syndicats  socialistes  est  très  ré-Ul
  •  Car  la  cotisation  qu’exigent  les  syndicats  est  lia-!
  tellement  assez  élevée,  et,  en  général,  l’ouvrier  paysan
lrne  bien  recevoir  des  indemnités  ;  mais  il  a  horreur  de
Payei  des  cotisations.  Il  a  suffi  d’une  grève  métallurjP^ue
  récente  dont  le  résultat  effectif  et  financier  a  été
anelierncnt  mauvais,  pour  faire  pleuvoir  les  démissions. ­


' 11  Bavière,  la  proportion  d’établissements  situés  dans
s  \  allées  ou  à  la  campagne,  est  beaucoup  moins  grande
bans  le  duché  de  Bade.  Ainsi,  sur  trente-et-une  fila
^  les  soixante  deux  lissages,  il  n’y  a  guère  que  six  filaes
  e *  dix-huit  lissages  que  l’on  ¡luisse  considérer
comme  étant  à  la  campagne;  et  les  plus  grands  parmi
ceux-ci  ne  sont  que  de  moyenne  importance.  L’ouvrier
ij*  °Pi  iétaire  et  campagnard  y  est  donc  très  peu  répandu;
j  Une  infime  minorité.  Mais  la  plupart  des  élablisse-U
  S .  ^ctonniers,  tant  soit  peu  importants,  la  grande
b ou,ra b _on  dire  sans  risque  d’erreur  notable,
leu  eUlS  ma * sons  d’habitation  pour  une  grande  partie  de
non 8011 '* 6 "*  ^  aUachc  une  très  grande  importance,
les 1  SeU ^ Cnien *  eu  Enviól  e  d’ailleurs,  non  seulement  dans
su  CGn ^ res  cotonniers,  mais  dans  toute  l’Allemagne  et
Le'  ° U ^  ( ^ ans  fous  les  centres  industriels.  Stuttgart,  Ulm,
1 )ZI 8.  etc.,  etc.,  ont  des  quartiers  entiers,  spéciale-
        <pb n="77" />
        72

L'INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

ment  bien  situés,  formés  de  logements  sains,  bien  bâtis,
confortables,  d’un  prix  très  modique  et  destinés  à  loger
les  ouvriers  et  petits  employés.  On  estime  en  Allemagne
que  l’influence  d’un  logis  convenable,  sain,  agréable  est
énorme  sur  la  santé,  la  moralité  et  la  sobriété  des  ouvriers. ­
  Il  est  de  règle  que  tout  logement  ait  la  jouissance
d’un  jardin.  Dans  l’immence  colonie  d’Ostheim,  à  Stuttgart ­
  qui  située  sur  une  hauteur,  au  grand  air  et  au
grand  soleil,  abrite  actuellement  près  de  mille  familles,
ouvriers  et  petits  employés,  chaque  logement  a  la  jouissance ­
  d’un  coin  de  jardin,  à  de  très  rares  exceptions
près.  Il  en  est  de  même  à  Ulm,  où  les  jardins  affectés
aux  logements  de  deux  et  trois  pièces  plus  une  cuisine,
ont  une  surface  de  40  à  50  mètres  carrés.
Dans  la  construction  de  beaucoup  de  maisons  de  famille ­
  construites  par  les  établissements  cotonniers,  on
s’est  préoccupé  —  même  dans  les  modèles  de  maisons
comprenant  quatre  logements  —  de  donner  à  chaque  logement ­
  son  entrée  particulière  ;  certaines  maisons  de
huit  logements  sont  même  ainsi  disposées.  Cet  arrangement ­
  est  extrêmement  apprécié  par  les  occupants,  et  il
paraît  qu’au  point  de  vue  de  la  paix  et  de  l’ordre  cette
disposition  a  d’excellents  résultats.
A  Augsbourg,  où  les  établissements  cotonniers  occupent
les  faubourgs,  un  logement  de  deux  chambres  et  cuisine
avec  grenier,  hangar  et  jardin,  se  loue  de  75  à  84  marks,
soit  de  93  à  104  francs  par  an.  Les  logements  de  deux
chambres  et  cuisine  occupent  une  surface  de  34  à  60
mèli  es  carrés  ;  ceux  de  trois  chambres  et  cuisine  comptent
de  40  à  88  mètres  carrés.  Ceux  de  trois  chambres  et  cuisine, ­
  avec  jardin,  toujours,  se  paient  de  88  à  124  marks,
soit  110  à  154  francs.
Le  recoid  du  bon  marché  paraît  exister  —  en  fait  de
logements  dans  une  vallée  du  Wurtemberg  où  trois
        <pb n="78" />
        CONDITIONS  DE  LA  VIE

73

chambres  et  une  cuisine,  avec  cave,  grenier,  hangar  et
un  petit  jardin,  dans  des  maisons  comprenant  soit  deux,
soit  quatre  logements  ayant  chacun  son  entrée  particulière, ­
  et  bâties  très  récemment,  se  louent  80  marks,  soit
100  francs  par  an.  C’est  petit,  mais  bien  et  pratiquement
construit.  La  concurrence  les  traite  de  «  boîtes  d’alluoietles
  »;  mais  les  occupants  déclarent  s’y  trouver  partaitemenl
  bien  et  en  être  enchantés  à  tous  points  de
Vu e,  et  c’est  certainement  là  une  condition  essentielle
remplie.
Evidemment,  les  établissements  mettent  beaucoup  de
bonne  volonté  dans  cette  question  d  habitation.  Il  estasses
généralement  admis  comme  base,  que  les  loyers  payés
P ar  les  locataires  représentent  l’intérêt  de  2  à  3  1/2  %&amp;gt;
( l e  la  somme  affectée  à  la  construction  ;  dans  certains
cas .  les  2  ne  sont  pas  même  atteints.  Mais  on  atteint,.
aux  points  de  vue  moralité,  sobriété,  hygiène,  satisfaction,
r epétons-le,  des  résultats  qui  pour  ne  pas  figurer  sur  les
livres,  n’en  sont  pas  moins  effectifs  et  très  importants.
Trois  établissements  cotonniers,  en  Souabe,  donnent
a  leurs  ouvriers,  le  logement  gratuit.
En  Haute-Franconie,  à  Hof,  les  logements  n’ont  très
souvent  que  deux  pièces  dont  l’une  sert  aussi  de  cui-Sln
 e  ;  ces  deux  pièces,  avec  deux  mansardes  et  cave  se
louent  entre  90  et  100  marks  par  an,  soit  de  112  à  125
bancs.  Les  mêmes  prix  sont  pratiqués  dans  les  maisons
( le  famille  des  établissements  de  Bayreuth,  Bamberg,  etc.
bien  entendu,  les  logements  équivalents,  en  ville,  sont
^Uniment  plus  chers  et  moins  agréables  et  hygiéniques.
es t  ainsi  que  dans  ces  villes,  une  seule  chambre  se  loue
^  u  H0  marks,  soit  87  à  136  francs;  une  chambre  et  un
Ca binet  de  100  à  170  marks,  soit  de  124  à  210  francs.
Les  ouvriers  non  mariés  se  mettent  en  pension  dans
(  es  familles.  Les  locataires  des  maisons  ouvrières  des
        <pb n="79" />
        ~¡±  L'INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE
fabriques  ont  généralement  le  droit  d’avoir  un  ou  plusieurs ­
  pensionnaires;  mais  seulement  et  pour  chaque
cas  particulier  avec  l’assentiment  de  la  direction.  Le
prix  de  pension  est  souvent  de  1  mark  par  jour,  soit
1  fr.  24.  Pour  ce  prix,  et  outre  le  logement,  ce  pensionnaire ­
  recevra,  comme  déjeuner  3/4  litre  de  café  avec
pain  (25  centimes);  à  midi,  soupe,  viande,  légumes
(50  centimes)  ;  pour  quatre  heures,  du  pain  (4  centimes)  ,
le  soir,  1/2  litre  de  bière  et  du  saucisson  (25  centimes)  ;
total  :  1  ir.  04;  il  reste  20  centimes  pour  le  logement  et
l’entretien  du  linge  et  son  blanchissage.  Voyons  le  budget
de  trois  familles  d’ouvriers  cotonniers,  en  Souabe,  a  la
campagne.
Famille  A.  Le  père  lileur,  41  ans,  la  mère,  40  ans,
deux  enfants,  un  fils  12  ans,  une  fille  de  16  ans  qui  lilivable ­
  au  bobinage  et  verse  son  salaire;  le  logement  si
compose  de  trois  chambres,  cuisine,  cave  et  hangar.
Famille  B.  Le  père,  repasseur  de  pièces  (vérificateur)
dans  un  tissage,  43  ans  ;  sa  lemme,  même  âge  ;  neuf  enfants, ­
  dont  cinq  fils  et  quatre  filles,  de  4,  6,  8,  9,  10,  12,
13,15  et  17  ans  ;  l’un  des  fils  est  tisseur,  1  une  des  lilies
est  rentreuse  ;  les  deux  contribuent  au  ménage  par  leui
salaire.  Le  logement  se  compose  de  trois  chambres,  avec
cuisine  et  hangar  servant  de  bûcher.
Famille  C.  Le  père,40  ans,  graisseur  de  transmissions;
lanière,  38  ans,  incapable  de  travail,  par  suite  d’accident, ­
  reçoit  une  pension  ;  six  enfants,  dont  trois  fils  et
trois  filles,  de  1,  5,7,9,  11  et  16  ans.  Un  fils  bàcleur,
remet  son  salaire  aux  parents  ;  le  logement  se  compose
de  trois  chambres,  avec  cuisine,  cave  et  bûcher.  Le  père
a  été  malade  un  mois.
La  période  considérée  embrasse  dix  mois.
        <pb n="80" />
        CONDITIONS  DE  LA  VIE

75

Souabe

DU  1«  FÉVRIER  AU  30  NOVEMBRE

Déu il  des  recettes
E 'i'  dépenses

Recettes
S»^redu  père
__  la  mère.
Autres  , eS  e t nfants -

lotal  des  recettes..

2°  Dépenses
^ 1 ?' uro :::;:
Chaufe^ U8le wiies

et  acquisitions

}gj)ùt%^  de  dette«:::.::::
&amp;amp;?f l '« ? e"Ís C ” isse ^ paV¿ne

eses.

FAMILLE  A

Marks

951
’485
70

1509

983
100
10
57
9
117
G
30
17
16
30
9
"8
"à
23
14
8
12
6
21
6
23

1475

Francs

1183
‘¿02
87

1872

1157
131
12
71
11
145
7
37
21
20
37
11
“iô
“iô
29
17
10
‘  15
7
33
7
29

1830

FAMILLE  B

Marks

1006
‘994

2000

1250
106
“&amp;amp;9
10
180
5
72
36
31
28

3
82
10
28
14
22
15
6
5
7
22

2001

Francs

1247
¡232

2479

1550
131
’  86
12
223
G
89
45
38
35

4
102
12
35
17
27
19
7
6
9
27

2490

FAMILLE  C

Marks

656
371
350

1377

830
98
61
35
11
36
10
23
19
34
27
4
15*
4
52
3
22
12
11

6
37*

1350

Naissance  ou  décès  d’un  enfant.

Francs

814
*4¿Ó
434

1708

1030
121
76
43
14
45
12
29
24
42
33
5
19
5
65
4
27
15
14

1674
        <pb n="81" />
        830  1030

933

1157

1250

1550

76

l’industrie  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE
Souabe

FAMILLE  C

FAMILLE  A

FAMILLE  B

DÉSIGNATION

I  Kilos
DES  PRODUITS  pièces
I  Litres

Prix  I  Kilos
en  I  Pièces
francs  1  Litres

Prix  I  Kilos
en  I  Pièces

Prix
en
francs

Prix

Prix  en
marks

Prix

Litres

marks

francs

Viande  de  bœuf...j  128 5  153
—  devenu—I  29  c
—  de  porc  1  12  1
Saucisson  I  »  {
Pain  blanc  I  »  l
Pain  noir  I  »
i  Farine  de  froment.  I  68
Pâtes  I  »
Lait  (litres)  I  493
Beurre  I  g
Graisse  I  n
I  Fromage  I  »
J  Qiufs  (pièces)  I  294
I  Pommes  de  terre..I  »&amp;gt;
II  Pois,  haricots,  lentilles  I  2  3
J  Riz,  orge  I  7
I  Légumes,  fruits...I  »
I  Café,  cacao  I  47
I  Sucre  I  38
Sel,  épices  I  »
Vin  (litres)  I  »
Bière  (litres)  1  892
Eau-de-vie  (litres).I  4
I  Dépenses  au  dehors!  »

29  3

190

35

93

121

150

14.50

18

25

::o

45

56

39.70

55

68

131

86  »

107

106

166

206

305

212

40.50

129

171

loi

150

50

123

2S

45

35

49

816

714

161

162

130

131

79  »

08

29

19.50

23

24

463

277

‘&amp;gt;"ï

1.60

20

5.70

105

13  »

1  30

1 3 U

215

102

2''5

870

174

410

216

4.40

1/2

85.50

1H6
        <pb n="82" />
        CONDITIONS  DE  LA  VIE

77

En  Haute-Franconie  les'  conditions  d’existence  de
1  ouvrier  sont  plutôt  plus  précaires  qu’en  Souabe.  Nous
av °ns  vu  que  les  logements  se  composent  en  majeure
partie  de  deux  pièces  avec  mansardes  et  que  l’une  des
pièces  tient,  souvent  aussi,  lieu  de  cuisine.  La  consommation ­
  de  la  viande  de  cheval  y  est  assez  notable,  parmi
íes  ouvriers,  le  prix  en  étant  environ  le  tiers  de  celui
de  la  viande  de  bœuf  ;  en  effet,  le  prix  de  la  viande
de  bœuf  est  d’environ  1  fr.  60  à  1  fr.  70  le  kilo  ;  la  viande
de  porc  de  1  fr.  70  à  1  fr.  80  le  kilo  ;  tandis  que  la  viande
de  cheval  ne  coûte  que  62  à  65  centimes.
La  farine  de  froment  vaut  de  49  à  51  centimes  le  kilo
au  détail  et  de  46  à  47  centimes  en  gros  ;  la  farine  de
se ¡gle,  environ  30  centimes,  au  détail.
L’ouvrier  qui  achète  ses  pommes  de  terre  au  détail,
íes  paie  de  9  fr.  à  9  fr.  50  les  cent  kilos  ;  mais  le  prix  de
gros  était  entre  7  fr.  50  et  8  francs,  entre  1903  et  1905.
Les  ouvriers  célibataires  prennent  leur  repas  là  où  ils
logent  habituellement,  et  ils  paient  de  5  marks  50  à
k  marks  de  pension  et  logis  par  semaine,  soit,  de
d  fr.  80  à  10  francs,  dont  de  1  fr.  40  à  2  fr.  50  pour  le
lo gis,  et  de  5  fr.  60  à  7  fr.  40  pour  la  nourriture.
Les  ouvrières  paient  couramment  1  mark,  1  fr.  24,
Par  semaine,  de  moins  que  les  jeunes  gens.  En  somme,
en  moyenne,  le  prix  d’un  jour  de  pension  avec  logement
revient  à  1  fr.  30  par  jour,  en  Haute-Franconie.
La  tendance  à  prendre  des  pensionnaires,  de  la  part
de  familles  ne  disposant  que  de  logements  déjà  à  peine
suffisants  pour  elles-mêmes,  devenant  de  plus  en  plus
i°rle,  les  municipalités  prirent  un  arrêté  fixant  à  dix
metres-cubes  le  minimum  de  volume  d’air  des  chambres
a  coucher,  par  personne  âgée  de  plus  de  14  ans,  et  cinq
mètres  cubes  par  occupant  âgé  de  moins  de  14  ans.
Lisons  encore  qu’en  Haute-Franconie,outre  lescaisses
        <pb n="83" />
        78

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

de  malades  des  fabriques,  outre  l’assurance  gouvernementale ­
  contre  l’invalidité  et  la  vieillesse,  il  existe  seize
sociétés  mutuelles  ouvrières  ayant  pour  objet  la  distribution ­
  de  secours  en  cas  de  décès,  de  maladie,  d’invalidité. ­
  La  plupart  du  temps  ces  sociétés  sont  administrées
par  les  ouvriers  eux-mêmes  ;  très  souvent,  presque  toujours, ­
  les  fabriques  leur  aident  Une  filature  d’une  certaine ­
  importance  leur  paie  une  cotisation  annuelle  de
5.000  marks  (6.250  francs).
Il  en  sera  question  ailleurs,  plus  en  détail,  mais  puisque ­
  nous  sommes  sur  ce  terrain  il  est  intéressant  de  remarquer, ­
  qu’outre  les  cotisations  que  l’ouvrier  paie  à
ces  sociétés  de  secours  privés  et  souvent  aussi  aux  syndicats ­
  ouvriers,  il  épargne  ;  les  caisses  d’épargne  des  fabriques ­
  donnent  4  à  5  %  d’intérêt,  pour  favoriser  l’épargne. ­
  Cinq  filatures  et  tissages  représentant  ensemble
393.000  broches  et  3.850  métiers  à  lisser,  et  occupant
5  450  ouvriers,  ont  en  dépôt  dans  leurs  caisses  d’épargne
la  somme  de  1.053.000  marks  ou  1.306.000  francs.
Voyons  en  quelques  lignes,  ce  qui  concerne  les  antres
provinces  bavaroises  malgré  leur  peu  d’importance  au
point  de  vue  cotonnier.
Dans  la  Haute-Bavière,  pour  une  filature  située  à  la
campagne,  dans  une  vallée,  une  ouvrière  d’étirage  gagne
en  moyenne  par  quinzaine,  28  fr.  60,  une  ouvrière  de
Garderie  21  fr.  40,  une  soigneuse  de  continus  32  à  34  fr.,
un  fi  leur  40  a  49  fr.  50,  un  rattacheur  37  francs,  une  encaisseuse
  26  francs.
Au  tissage,  un  tisseur  sur  deux  métiers,  par  quinzaine
26  a  40  lianes,  sur  trois  métiers  50  francs  ;  les  tisseuses
à  peu  près  autant,  une  ourdisseuse  33  fr.  30,  une  bobineuse ­
  23  fr.  80,  un  monteur  de  chaînes  35  fr.  70,  un  encolleur
  43  fiancs,  rentreuses  et  noueuses,  environ
23  francs.
        <pb n="84" />
        CONDITIONS  DE  LA  VIE

79

Les  logements  de  deux  pièces  et  cuisine  se  louent  par
an  90  à  100  francs  ;  ceux  de  trois  pièces  et  cuisine  130  à
150  francs  ;  dans  les  maisons  des  fabriques  bien
entendu.
Les  prix  des  denrées  sont  les  suivants  :
Viande  de  bœuf,  1  fr.  50  à  1  fr.  05  le  kilo  ;
Viande  de  porc,  1  fr.  70  à  1  fr.  85  »
Pain  blanc,  0  fr.  62  le  kilo;
Pain  noir,  0  fr.  34  à  0  fr.  40  le  kilo  ;
Farine  de  froment,  0  fr.  47  à  0  fr.  50  le  kilo  ;
Lait,  0  fr.  10  à  0  fr.  17  1/2  le  litre  ;
Œufs,  0  fr.  75  à  0  fr.  90  la  douzaine  ;
Sucre,  0  fr.  65  à  0  fr.  70  le  kilo.
Les  pommes  de  terre,  au  détail,  de  8  à  10  francs  les
cent  kilos.
La  bière  revient  de  0  fr.  29  1/2  à  0  fr.  30  1/2  le  litre,  au
détail.  Mais  quelle  bière  !  On  comprend  que  la  consommation ­
  de  l’eau-de-vie  soit  peu  développée.
Il  existe  des  coopératives  ;  l’une  fait  un  chiffre  d’affaires
annuel  de  plus  de  02.000  francs  et  distribue  en  moyenne
14  %  aux  participants.
Dans  le  Palatinat,  à  peu  de  distance  du  Luxembourg,
a  la  campagne,  une  ouvrière  de  carderie  gagne  de  20  à
21  lr.  50  par  quinzaine,  de  même  pour  les  étirages  ;  aux
Lancs  à  broches  24  à  20  fr.  50  ;  les  soigneuses  de  continus
de  22  à  24  francs  ;  de  même  les  dévideuses.
Dans  un  grand  tissage  de  couleurs,  un  tisseur  sur
deux  métiers  gagne  de  24  à  40  francs  par  quinzaine,  une
ourdisseuse,  de  24  à  43  francs,  les  bobineuses  de  10  fr.  50
a  19  francs,  de  même  les  noueuses;  les  rentreuses  de
25  à  28  fr.  50  ;  les  canneteuses,  de  21  fr.  50  à  29  fr.  50
La  viande  de  bœuf  vaut  de  1  fr.  75  à  1  fr.  90  le  kilo,
        <pb n="85" />
        80

l’industrie  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

de  même  la  viande  de  porc.  Les  pommes  de  terre  de
8  fr.  75  à  9  fr.  30  les  cent  kilos  ;  les  œufs  de  1  fr.  05  à
1  fr.  50  la  douzaine  ;  les  légumes  secs  de  43  fr.  50  à  46  fr.
les  cent  kilos.  Le  beurre  frais,  de  3  fr.  à  3  fr.  10  le  kilo.
L’ouvrier  célibataire  qui  va  en  pension,  paie  pour  logis
et  nourriture  —  déjeuner,  dîner  et  souper  —  1  fr.  25  par
jour.
Dans  un  grand  tissage  du  Wurtemberg,  en  1904,  les
salaires  des  hommes  étaient  ainsi  répartis  :
2  °/o  d’ouvriers  gagnaient  moins  de  15  francs  par
quinzaine  ;
11  %  d’ouvriers  gagnaient  de  15  à  22  francs  par  quinzaine ­
  ;
14  °lo  d’ouvriers  gagnaient  de  22  à  30  francs  par  quinzaine ­
  ;
56  o/o  d’ouvriers  gagnaient  de  30  à  37  fr.  50  par  quinzaine ­
  ;
15  °/o  d’ouvriers  gagnaient  de  37  fr.  50  à  45  francs  par
quinzaine  ;
2  °/ 0  d’ouvriers  gagnaient  de  45  à  52  francs  par  quinzaine ­
  .
Soit  73  °/ 0  gagnant  au-dessus  de  30  francs  par  quinzaine.
En  1897,  il  n’y  avait  que  32  %  d’ouvriers  dans  ce  cas.
En  ce  qui  concerne  les  salaires  des  femmes  en  1904  :
1  %  d’ouvrières  gagnaient  moins  de  15  francs  par
quinzaine  ;
21  %  d’ouvrières  gagnaient  de  15  à  22  francs  par
quinzaine  ;
26  %  d’ouvrières  gagnaient  de  22  à  30  francs  par
quinzaine  ;
49  %  d’ouvrières  gagnaient  de  30  à  37  fr.  50  par
quinzaine  ;
        <pb n="86" />
        CONDITIONS  DE  LA  VIE

81

6

3  %  d’ouvrières  gagnaient  de  37  fr.  50  à  45  francs  par
quinzaine.
Soit  52  %  d’ouvrières  gagnant  au-dessus  de  30  francs
par  quinzaine.  En  1897,  il  n’y  en  avait  que  9  %.
En  1903,  les  prix  suivants  étaient  pratiqués  pour  les
denrées  alimentaires  principales.
Ea  viande  de  bœuf  valait  1  fr.  85  le  kilo  ;  en  1905,  elle
avait  augmenté  de  12  centimes  de  plus,  soit  1  fr.  97  le
kilo.  En  1903,  la  viande  de  veau  et  celle  de  porc  valaient
le  même  prix,  soit  1  fr.  74  le  kilo  ;  en  1905  la  viande  de
porc  était  montée  à  1  fr.  95  le  kilo.  La  viande  de  mouton
valait  1  fr.  43  le  kilo  en  1903.
La  farine  de  froment  n u  0  valait  47  centimes  le  kilo,  le
n °  1,  42  centimes.  Ces  prix  n’ont  pas  varié  de  plus  de
1  centime.
Le  pain  blanc  vaut  32  centimes  le  kilo,  le  pain  noir,
-5  centimes  seulement.
Les  pois  et  haricots  secs,  45  centimes  le  kilo  ;  les  lentilles, ­
  37  centimes.
Le  litre  de  lait  vaut  18  1/2  à  19  centimes,  et  les  œufs
95  centimes  la  douzaine.
•Par  tète  de  population  on  consommait  en  Saxe  :
En  1896,  14,2  kilos  de  viande  de  bœul  et  26,4  kilos  de
viande  de  porc  ;
En  1900,  15,2  kilos  de  viande  de  bœuf  et  27,9  kilos  de
viande  de  porc  ;
En  1903,  14,5  kilos  de  viande  de  bœuf  et  25,2  kilos  de
viande  de  porc.
        <pb n="87" />
        82

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

Prix  de  quelques  denrées  en  1896,  1900  et  1905

(en  francs,  par  kilo  ou  100  kilos)

VILLES

Karlsruhe..
Stuttgart.  .
Munich
Dresde....
Breslau
Hannover..

Viande  de
Bœuf

1896  1900  1905
1  72  1  7911  89
1  82  1  841  1  97

l  84
l  77
1  64

1  74
1  84

1  84
1  98

l  60  1  96

Il  56  1  00  1  82

Viande  de
Porc

1896  1900  1905

Farine  froment
N°  1

1  64
1  57
1  93
1  75

178198

1  69
1  86
l  88

1  55  1  58
1  36  1  53

1  95
2  06
2  1
2
1

86

1896  1900  1905
»41  »  461  »  50
»  42^  »  45  »  43
»  45  »  47  »  4
»  41  »  431  »  46
»  85  »  34  »  37
»  31  »  S3  »

Pommes  de
terre

189611900  1905

6  15  5  50
8  75  8  25

7  75
9  45

36

7  95  7  50j8  »
6  25  7  20
4  801  5  95
5  70  5  90

CONSOMMATION  DE  DIVERS  PRODUITS  PAR  HABITANT

DENRÉES

Alcool  litres
Bière  —
Sucre  U«-Tabac
  brut...  —
Houille  —
Lignite  —
Fer  —
Sel,  -
Riz  _
Caté  —
Harengs  salés  —
Pétrole  —
I  Coton  brut...  —

1904

1900

1902

ISO,S

3  70

4  50

4  40
125
12  300
1  600
1.802
860
162
7  700
2  390
2  690
3  300
16  970
5  540

4  20

107

116

117

14  400

8  400

1  500

1  600

1  600

1.225

1.847

1.687

461

880

944

ss

166

140

7  600

7  500

7  860

1  760

2  610

2  230

2  380

2  950

3  570

3  680

1  60)6

11  600

17  350

16  870

4  190

6  410

5  790
        <pb n="88" />
        CONDITIONS  DE  LA  VIE

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        CA

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        <pb n="90" />
        du  26  Juillet  1900

La  loi  du  2G  i  nil  let  1900  determine  en  grand  détail,  le  périmètre ­
  légal  dan  s  1  equel  peuvent  se  mouvoir  et  fonctionnent
ceux  qui  jouent  un  rôle  à  un  litre  quelconque,  dans  les
différents  métiers  et  branches  d’industrie.  Elle  a  une  importance ­
  considérable  :  elle  règle  et  guide  les  rapports
de  plus  de  cinq  millions  d’ouvriers  et  de  ceux  qui  les
dirigent,  déterminant  les  droits  et  devoirs  de  chacun
dans  les  cahots  et  les  chocs  de  la  vie  industrielle  de  tous
les  jours.  Six  années  de  pratique  n’ont  pas  ébréché  celte
loi  ;  elle  est  à  bien  peu  de  chose  près  intacte.  Et,  étant
donnés  le  développement  considérable  et  la  situation  actuelle ­
  de  l’industrie  allemande  placée  sous  sa  coupe,  on
peut  considérer  celte  consécration  comme  ayant  de  la
Valeur.
Le  titre  VII  s’occupe  plus  spécialement  de  la  vie  des
fabriques  proprement  dites  ;  comme  son  texte  n’est  ni
très  long  ni  compliqué,  il  a  paru  intéressant,  à  titre  de
comparaison  de  le  donner  ici  :
titre  vu.
§  105.  —  La  fixation  des  conditions  des  contrats  entre
patrons  cl  ouvriers  est  libre,  en  tant  qu’elle  n’est  pas
contraire  à  la  loi.
        <pb n="91" />
        m

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

Travail  des  dimanches  et  fêtes
a.  L’ouvrier  ne  peut  pas  être  obligé  à  travailler  les  dimanches ­
  et  fêtes.  Cependant,  les  travaux  autorisés  pour
le  dimanche  par  la  présente  loi  ne  sont  pas  atteints  par
cette  disposition.  Les  jours  à  considérer  comme  jours  de
fête  sont  fixés  dans  chaque  province  par  le  gouverneur,
selon  les  usages  locaux  et  confessionnels.
b.  La  fabrication  est  interdite  les  dimanches  et  lêtes
(filatures  et  tissages).  Le  repos  à  accorder  pour  chaque
dimanche  ou  fêle  isolée,  est  au  minimum  de  24  heures  ;
si  un  dimanche  et  une  fêle  se  suivent,  de  36  heures  ;  à
Noël,  à  Pâques  et  à  la  Pentecôte,  de  48  heures.  Dans  les
fabriques  travaillant  régulièrement  nuit  et  jour  avec  deux
équipes,  le  moment  de  la  cessation  du  travail  peut  commencer ­
  au  plus  tôt  à  6  heures  du  soir  la  veille  du  dimanche ­
  ou  fête  et  au  plus  tard  à  6  heures  du  matin  du  dimanche ­
  ou  jour  de  fête  si  la  fabrique  est  arrêtée  pendant
les  24  heures  qui  suivent  le  commencement  du  repos.
c.  Les  dispositions  de  l'exception  b  ne  sont  pas  applicables ­
  :
I o  pour  des  travaux  urgents  ou  d’intérêt  public  qui  ne
souffrent  aucun  retard.
2°  Pour  les  travaux  d’un  inventaire  prescrit  par  la  loi.
3°  Pour  des  travaux  d’entretien,  de  nettoyage,  impossibles ­
  à  effectuer  en  semaine  et  dont  la  non-exécution
empêcherait  la  reprise  du  travail  ou  sa  marche  régulière. ­

4°  Pour  des  travaux  impossibles  à  effectuer  en  semaine
et  dont  la  non  exécution  aurait  pour  résultat  de  gâter
des  marchandises.
        <pb n="92" />
        87

"TS.

ir»

LOI  SUR  LE  TRAVAIL
5°  Pour  la  surveillance  des  travaux  indiqués  de  1  à  4,
dans  la  mesure  où  ces  travaux  ont  lieu.
Les  patrons  qui  occupent  des  ouvriers  pour  les  travaux
indiqués  del  à  5,  les  dimanches  et  leles  doivent  établir
pour  chaque  dimanche  et  chaque  jour  de  fête,  une  situation ­
  indiquant  le  nombre  d’ouvriers  occupés,  la  durée  de
leur  occupation  et  le  genre  de  travail  exécuté:  cette  situation ­
  est  à  produire  à  la  réquisition  de  la  police  ou  des
employés  de  l’inspection  des  fabriques.  Si  les  travaux
n os  3  et  A  durent  plus  de  3  heures  de  temps,  ou  empêchent ­
  l’ouvrier  d’aller  à  l’église,  le  patron  doit  accorder
à  l’ouvrier  un  repos  de  36  heures  tous  les  trois  dimanches,
ou  bien  l’exempter  de  travail  tous  les  deux  dimanches ­
  de  6  heures  du  matin  à  6  heures  du  soir.  Des  exceptions ­
  ne  peuvent  être  faites  à  ces  dispositions,  sur
1  autorisation  de  l’administration,  que  dans  le  cas  où
1  ouvrier  n’est  pas  empêché  d’aller  à  l’église  et  où  il  lui
est  accordé  outre  cela,  un  repos  de  24  heures  en  un  jour
quelconque  de  la  semaine.
(d.  e.,  /.)  Si  par  suite  d’imprévu,  un  travail  de  dimanche ­
  ou  fêle  était  urgent  pour  éviter  un  dommage  très
notable,  l’Administration  pourrait  l’autoriser.  Cette  autorisation ­
  doit  être  donnée  par  écrit  et  pouvoir  être  exhibée, ­
  à  la  fabrique  même,  sur  la  demande  de  l’inspecteur. ­
  Une  copie  en  sera  affichée  dans  l’usine  en  un  endroit ­
  visible  et  fréquenté  par  les  ouvriers.
L’administration  qui  a  autorisé,  doit  prendre  noie  de
l’atelier  pour  lequel  elle  a  donné  l’autorisation,  du
nombre  total  des  ouvriers  de  la  fabrique  et  du  nombre
de  ceux  occupés  à  ce  travail  de  dimanche  ou  fête,  ainsi
que  de  la  durée  et  du  motif  du  travail.
(g.  h.).  Les  dispositions  des  alinéas  105  a  à  105  g,  n’excluent ­
  pas  des  restrictions  qui  seraient  nécessitées  par
les  cas  et  coutumes  des  divers  Etats  et  provinces,  relati-
        <pb n="93" />
        88  L'INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE
vement  aux  dimanches  ou  fêtes.  L’administration  des
provinces  peut,  pour  des  fêtes  qui  ne  tombent  pas  sur
un  dimanche,  s’écarter  de  ces  prescriptions  ;  mais  en  aucun ­
  cas  pour  ce  qui  concerne  Noël,  Nouvel  An,  Pâques,
Ascension  et  Pentecôte.
Livrets  de  travail
(106)  §  107.  —  Les  mineurs  et  mineures,  ne  peuvent
être  occupés,  comme  ouvriers,  que  sur  la  présentation
d’un  livret  que  le  patron  conserve,  exhibe  sur  demande
de  l’administration  et  restitue  à  l’ouvrier  à  l’expiration
de  son  contrat  de  travail.
(108,  109),  §  110.  —Le  livret  doit  mentionner  le  nom  de
l’ouvrier,  les  lieu  et  date  de  sa  naissance,  les  nom  et  domicile ­
  de  son  représentant  légal,  et  la  signature  de  1  ouvrier.
Il  est  signé  et  estampillé  par  l’autorité.
§  111.  —  Lors  de  l’entrée  de  l’ouvrier  à  la  fabrique,  le
patron  doit  inscrire  la  date  de  l’entrée,  le  genre  d’occupation. ­
  Lorsque  l’ouvrier  quitte  l’établissement,  il  doit
inscrire  la  date  de  sortie,  les  changements  d’occupation
et  le  dernier  genre  d’occupation  s’il  y  a  lieu.  Toutes  ces
indications  sont  à  inscrire  à  l’encre  et  à  signer.  Les  observations ­
  avantageuses  ou  désavantageuses  à  l’ouvrier
sont  interdites,  de  même  qu’un  jugement  quelconque
sur  sa  conduite,  son  travail,  et  en  général  toute  autre  indication ­
  que  celles  prescrites  ci-dessus.
Certificats
(H2i,  §  113.  Lors  de  son  départ,  1  ouvrier  peut
exigei  un  ceitificat  relativement  à  la  durée  et  au  genre
de  son  travail.  Si  1  ouvrier  le  demande,  ce  certificat
mentionnera  aussi  sa  conduite  et  ses  services.  Il  est  in-
        <pb n="94" />
        LOI  SUR  LE  TRAVAIL

H9

terdit  au  patron  d’attirer  l’attention  sur  l’ouvrier  par  des
marques  ou  signes  apposés  sur  le  certificat,  et  ayant  pour
but  de  donner  de  cet  ouvrier  un  autre  opinion  que  celle
que  donne  le  texte  du  certificat.
Paiement  du  salaire.  —  Retenues
(114),  §115.  —  Le  patron  doit  établir  le  compte  de
l’ouvrier  en  prenant  pour  base  la  monnaie  en  cours  et  il
doit  le  payer  en  espèces.
Il  est  défendu  de  lui  donner  des  marchandises  à  crédit.
Toutefois,  il  est  permis  de  livrer  à  l’ouvrier  pour  un  prix
égal  au  maximum  au  prix  de  revient  :  des  vivres,  combustibles, ­
  etc.;  et,  aux  prix  usuels  dans  la  localité,  le  logement ­
  ou  des  terres  en  location,  et  d’en  déduire  le  montant ­
  sur  sa  paie.
(116),  §  1Î7.  —  Les  contrats  de  travail  contrevenant  au
S  115  sont  nuis.  De  même  les  conventions  entre  patrons
et  ouvriers  occupés  chez  eux  et  relatives  à  l’obligation  pour
ces  derniers  de  se  fournir  dans  des  magasins  désignés.
Et  en  général,  les  conventions  qui  disposent  du  salaire
pour  d’autres  buts  que  l’amélioration  effective  du  sort  de
l’ouvrier  ou  de  sa  famille.
§  Il8.  —  Les  dettes  concernant  des  marchandises
données  en  paiement  contrairement  à  l’article  115,  ne
peuvent  être  exigées  judiciairement,  ni  autrement.
§  119.  —  Sont  assimilés  au  patron  en  ce  qui  concerne
les  articles  115  à  118  :  les  membres  de  sa  famille,  les
a ides,  chargés  d’affaires,  directeurs,  surveillants,  de
même  que  les  commerçants  dans  les  affaires  desquels  les
personnes  ci-dessus  désignées  pourraient  être  intéressées.
a  Les  retenues  de  salaire  opérées  dans  le  but  d  indemniser ­
  des  dommages  causés  par  une  infraction  au  contrat
        <pb n="95" />
        L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE
du  travail,  ne  peuvent  excéder  :  le  quart  du  salaire,  en
cas  de  règlement  de  salaire  concernant  un  travail  isolé  ;
autrement,  c’est-à-dire  s'il  s’agit  d’un  ouvrier  à  demeure,
le  montant  moyen  d’une  semaine  de  salaire.
b.  La  disposition  précédente  est  applicable  également
lorsque  l’ouvrier  travaille  hors  de  la  fabrique  et  même
aussi  lorsqu’il  fournit  lui-même  les  matières  nécessaires
à  la  confection  de  son  ouvrage.
Couru  d’instruction  complémentaire
§  Í20.  —  Les  patrons  sont  obligés,  lorsque  parmi  leuis
ouvriers,  il  en  est  qui,  âgés  de  moins  de  18  ans,  douent
fréquenter  un  cours  d’instruction  complémentaiie  reconnu ­
  par  l’Etat  ou  la  commune,  d’accorder  a  ces  jeunes
gens  le  temps  nécessaire  à  cette  fréquentation.  Ce  temps
est  fixé  par  l’administration  La  dénomination  de  coins
d’instruction  complémentaire  s’applique  aussi  aux  leçons ­
  de  couture  et  de  tenue  de  ménage  pour  les  femmes.
Conditions  à  réaliser  par  les  installations
hygiène  et  sécurité
a.  Le  patron  est  tenu  d’entretenir  les  salles  de  travail,
les  moteurs,  machines  et  outils  et  d  organiser  le  travail,
de  façon  que  la  vie  et  la  santé  des  ouvriers  soient  aussi
protégées  que  la  nature  de  l’exploitation  le  permet.
Notamment,  en  ce  qui  concerne  une  lumière  et  un  cube
d’air  suffisants,  le  renouvellement  d’air,  enlèvement  des
poussières,  des  gaz  et  déchets  résultant  de  la  fabrication.
De  même,  d’installer  des  dispositifs  empêchant  le  contact ­
  des  ouvriers  avec  les  parties  dangereuses  des  machines ­
  ;  et  aussi  les  dispositifs  nécessaires  pour  protéger
les  ouvriers  contre  les  dangers  quelconques  inhérents  à  la
        <pb n="96" />
        fabrication,  y  compris  Je  danger  d’incendie.  De  môme,  d’édicter ­
  des  règlements  et  instructions  fixant  la  conduite
a  tenir  par  les  ouvriers  pour  assurer  une  marche  du  travail ­
  exempte  de  dangers.
b  Les  patrons  sont  tenus  à  l’entretien  de  ces  dispositifs. ­
  Ils  doivent  en  outre  assurer  l’ordre,  les  bonnes
mœurs  et  les  convenances  par  une  réglementation  appropriée. ­
  En  particulier,  et  autant  que  la  nature  de  l’entreprise ­
  le  permet,  séparer  les  sexes  pendant  le  travail. ­
  Lorsque  le  genre  de  travail  oblige  les  ouvriers  et
ouvrières  à  changer  d’efïets,  il  devra  y  avoir  des  vestiaires ­
  séparés  pour  hommes  et  femmes.  De  même  pour
les  lavabos.  Les  lieux  d’aisance  doivent  être  installés  de
telle  façon  qu’ils  soient  suffisants  eu  égard  au  nombre
d  ouvriers,  qu’ils  répondent  aux  exigences  de  l’hygiène
et  que  leur  utilisation  puisse  se  faire  sans  que  la  pudeur
elles  convenances  aient  à  en  souffrir.
c.  Les  patrons  qui  occupent  des  ouvriers  âgés  de  moins
de  dix-huit  ans  devront,  dans  l’organisation  du  travail  et
la  rédaction  des  règlements  intérieurs,  tenir  compte  particulièrement ­
  des  ménagements  spéciaux  concernant
l’hygiène  et  les  bonnes  mœurs,  que  comportent  l’àge  de
ces  ouvriers.
d.  Dans  certains  cas  déterminés,  l’administration  de
la  Police  est  autorisée  à  assurer  l’exécution  des  prescriptions ­
  120  a  h  120  c.,  en  tant  toutefois  que  les  installations ­
  paraissent  le  permettre.  Elle  peut  ordonner  que,
pendant  la  saison  froide,  des  salles  chauffées  soient  gratuitement ­
  mises  à  la  disposition  des  ouvriers  pour  y
prendre  leurs  repas.
11  devra  être  laissé  aux  fabricants  un  certain  délai  pour
les  modifications  des  installations  qui  ne  menacent  pas
directement  la  vie  ou  la  santé.  Pour  les  établissements
        <pb n="97" />
        92

l’industrie  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

existants  lors  de  la  promulgation  de  la  présente  loi,  on
ne  pourra  exiger  qu’ils  se  conforment  aux  prescriptions
ci-dessus  que  lors  d’un  agrandissement  ou  d’une  transformation ­
  ;  sauf  dans  les  cas  où  leur  organisation  défectueuse ­
  menacerait  la  vie  ou  la  santé,  ou  les  bonnes
mœurs.
Il  peut  être  interjeté  appel  des  décisions  de  la  police
dans  les  deux  semaines  qui  suivent  leur  notification,  auprès ­
  de  l’administration  supérieure.  Et  contre  l’arrêt  de
celle-ci,  dans  le  délai  de  4  semaines  auprès  de  l’administration ­
  centrale  qui  juge  sans  appel.
§  Í22  Le  contrat  de  travail  entre  patron  et  ouvrier
peut,  s’il  n’y  a  pas  eu  d’autre  convention  entre  eux,  être
rompu  par  un  avertissement  donné  deux  semaines  d’avance. ­
  Si  d’autres  délais  sont  convenus,  ils  doivent  être
identiques  pour  les  deux  parties  ;  des  contrats  qui  n’observeraient ­
  pas  cette  prescription  seraient  nuis.
§  Í23.  —  L’ouvrier  peut  être  renvoyé  avant  le  délai
fixé  par  son  contrat  :
I o  Si  lors  de  la  conclusion  du  contrat,  il  a  trompé  le
patron  en  lui  présentant  des  papiers  ou  certificats  faux
ou  s  il  lui  a  caché  l'existence  d’un  contrat  par  lequel  il
était  encore  lié  à  ce  moment;
2°  S  il  se  rend  coupable  de  vol,  détournement,  tromperie, ­
  ou  s’il  mène  une  vie  débauchée  :
3°  S  il  a  quitté  le  travail  sans  autorisation,  ou  refuse
d  exécuter  un  travail  prévu  par  son  contrat.
■ï 0  Si  malgré  des  avertissements,  il  commet  des  imprudences ­
  pouvant  amener  un  incendie  ;
5°  S  il  se  pei  met  des  voies  de  fait  ou  des  insultes  en-\eis
  le  pation,  ou  son  représentant  ou  des  membres  de
sa  famille.
        <pb n="98" />
        LOI  SUR  LE  TRAVAIL

93

G°  S'il  endommage  volontairement  des  objets  appartenant ­
  à  un  camarade  de  travail  ou  au  patron.
7°  S’il  fait  commettre  ou  cherche  à  faire  commettre  à
des  membres  de  la  famille  du  patron  ou  du  représentant
de  celui-ci,  ou  d’un  camarade,  ou  commet  avec  des
membres  de  la  famille  du  patron  ou  de  son  représentant
des  actes  contraires  à  la  loi  ou  aux  bonnes  mœurs.
8°  S’il  est  incapable  de  continuer  son  travail,  ou  est
atteint  d’une  maladie  contagieuse.
Dans  les  cas  numérotés  de  là  7,le  renvoi  de  l'ouvrier,
n ’est  plus  admissible  sans  prévenance,  si  les  faits  en
question  sont  connus  du  patron  depuis  plus  d’une  semaine. ­

La  loi  et  les  conditions  du  contrat  décident  si  dans  le
cas  n°  8  il  n’est  dû  à  l’ouvrier  aucune  indemnité.
§Î24.—  L’ouvrier  peut  quitter  le  travail  avant  le
ternie  fixé  par  son  contrat  :
1°  S’il  devient  incapable  de  continuer  son  travail  :
2°  Si  le  patron  ou  son  représentant  se  permettent  des
v oies  de  fait  ou  insultes  envers  l’ouvrier  ou  des  membres
de  sa  famille  ;
3°  Si  le  patron  ou  son  représentant  ou  les  membres  de
leurs  familles  font  commettre  ou  cherchent  à  faire  commettre ­
  à  des  membres  de  la  famille  de  l’ouvrier  ou  commettent ­
  avec  eux  des  actes  contraires  à  la  loi  ou  aux
bonnes  mœurs  ;
4°  Si  le  patron  ne  paie  pas  son  salaire  à  l’ouvrier  de  la
manière  convenue,  ou  s’il  n’alimente  pas  de  matières
1  ouvrier  qui  travaille  à  l’accord,  ou  s’il  commet  envers
1  ouvrier  des  actes  de  partialité  au  désavantage  de  celuiô°
  Si  la  continuation  du  travail  expose  la  santé  ou  la
Vle  de  l'ouvrier  à  des  dangers  non  prévus  dans  le  contrat.
        <pb n="99" />
        94

^INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

a.  Outre  les  cas  prévus  aux  art.  123  et  124,  chacune
des  deux  parties  peut,  dans  les  cas  graves,  demander  la
résiliation  du  contrat  avant  l’époque  fixée,  si  ce  contrat
prévoit  un  délai  de  prévenance  de  plus  de  2  semaines,  et
si  ce  contrat  est  fait  pour  une  durée  de  plus  de  quatre
semaines.
§  125.  —  Un  patron  qui  débauche  un  ouvrier  est  passible ­
  d’indemnité  ou  tout  au  moins  de  l’indemnité  fixée
art.  124,  alinéa  b,  de  moitié  avec  l’ouvrier,  envers  le  patron ­
  quitté  illégalement  par  celui  ci.  Il  en  est  de  même
pour  un  patron  qui  engage  un  ouvrier,  sachant  qu  il  est
encore  redevable  de  son  travail  à  un  autre  patron.
§  126  à  133  concernent  les  apprentis  et  employés.
Prévenance
§  134-.  —  Il  est  interdit  aux  patrons  qui  occupent  habituellement ­
  au  moins  vingt  ouvriers,  de  déduire  plus
de  la  valeur  moyenne  d’une  semaine  de  salaire,  à  un
ouvrier  qui  quitte  son  travail  sans  observer  le  délai  de
prévenance  fixé  par  son  contrat.
Sauf  autorisation  spéciale,  la  paie  des  salaires  ne  peut
avoir  lieu  le  dimanche.

Amendes.
Les  amendes  ne  peuvent  dépasser  la  valeur  d’une
demi-journée  de  travail  ;  cependant  dans  le  cas  de  voies
défait  envers  un  compagnon  de  travail,  de  contraventions ­
  aux  bonnes  mœurs,  d’actes  menaçant  l’ordre  ou  la
sécurité  du  fonctionnement  de  l’usine,  ou  l’exécution
des  prescriptions  de  la  présente  loi,  l’amende  peut  atteindre ­
  la  valeur  d’une  journée  de  salaire  moyen.  Toutes
les  amendes  doivent  être  versées  à  une  œuvre  au  profit
        <pb n="100" />
        LOI  SUR  LE  TRAVAIL

95

des  ouvriers.  L’amende  n’exclut  pas  le  droit  du  patron  à
réclamer  une  indemnité,  le  cas  échéant.  Il  ne  peut  être  infligé ­
  d’autres  amendes  que  celles  prévues  par  le  règlement. ­
  L’importance  des  amendes  doit  être  de  suite  indiquée ­
  à  l’ouvrier.  '
Toutes  les  amendes  infligées  doivent  être  inscrites
dans  un  registre,  avec  le  nom  de  l’ouvrier,  la  date,  le
motif  et  l’importance  de  l’amende.  Ce  registre  est  tenu  à
la  disposition  des  employés  de  l’inspection.
Règlements.
Avant  l’affichage  d’un  règlement,  il  doit  être  donné
occasion  aux  ouvriers  les  plus  âgés  de  la  fabrique  de
donner  leur  avis  sur  sa  teneur.  Dans  les  fabriques  qui
ont  un  comité  ouvrier,  il  est  entendu  l’avis  de  ce  comité.
L  avis  exprimé  par  cette  réunion  d’ouvriers  est  annexé
a  l’exemplaire  du  règlement  qui  doit  être  communiqué
a  l’administration.
Travail  des  enfants.
§  135.  —  Il  est  interdit  d’occuper  dans  les  fabriques,
des  enfants  de  moins  de  treize  ans.  Les  enfants  au-dessus ­
  de  treize  ans  ne  peuvent  être  employés  que  dans  le
cas  où  ils  ne  sont  plus  soumis  à  1  obligation  d’aller  à
1  école.  Les  enfants  de  moins  de  quatorze  ans  ne  peuvent
travailler  au-delà  de  six  heures  par  jour.  Les  jeunes  gens
entre  14  et  16  ans  ne  peuvent  travailler  plus  de  dix  heures
Par  jour.
§  136.  —  Ils  ne  peuvent  travailler  avant  5  heures  1/2
du  matin,  ni  après  8  heures  1/2  du  soir.  Chaque  jour,
pendant  les  heures  de  travail,  il  doit  leur  être  accordé
des  repos  réguliers.  Pour  les  enfants  qui  ne  travaillent
        <pb n="101" />
        L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

9H

que  six  heures  la  pause  sera  d’une  demi-heure  au  moins.
Les  jeunes  gens  de  14  à  16  ans  devront  avoir  au  moins
une  heure  à  midi,  une  demi-heure  dans  la  matinée  et
une  demi-heure  dans  l’après-midi.  S’ils  ne  travaillent  que
8  heures  par  jour  ils  peuvent  n’avoir  qu’un  seul  repos
coupant  leur  journée  en  deux  périodes  de  quatre  heures
chaque.  Pendant  ces  pauses,  il  leur  est  interdit  de  s’occuper ­
  ;  ils  doivent  aller  autant  que  possible  à  l’air.
Travail  des  femmes.
§  137.  —  Les  ouvrières  ne  peuvent  être  occupées  dans
les  fabriques  la  nuit,  entre  8  h.  1/2  du  soir  et  5  h  1/2  du
matin,  ni  les  veilles  de  dimanches  ou  fêtes,  après  5  h.  1/2
du  soir.
Les  ouvrières  âgées  de  plus  de  seize  ans  ne  peuvent
être  occupées  plus  de  onze  heures  par  jour,  les  veilles
de  dimanches  ou  fêtes  plus  de  dix  heures.  Pendant  la
journée,  le  travail  doit  être  coupé  par  un  repos  d’une
heure  au  moins.  Les  ouvrières  âgées  de  plus  de  seize  ans
qui  ont  un  ménage  à  soigner  peuvent  demander  et  obtenir ­
  de  sortir  une  demi-heure  avant  l’arrêt  de  midi,  si
cet  arrêt  de  midi  n’est  pas  d’une  heure  et  demie  au
moins.
Les  femmes  en  couches  ne  peuvent  travailler  absolument, ­
  pendant  les  quatre  semaines  qui  suivent  leur  accouchement, ­
  et  la  cinquième  et  sixième  semaine,  seulement ­
  avec  autorisation  du  médecin.
§  138.  —  Lorsque  dans  une  fabrique,  le  patron  veut
occuper  des  ouvrières,  ou  des  ouvriers  de  14  à  16  ans,  il
doit  en  faire  la  déclaration  écrite  à  la  police.  Cette  déclaration ­
  doit  mentionner  les  jours  de  travail,  les  heures
auxquelles  il  commence  et  auxquelles  il  finit,  les  heures
auxquelles  ont  lieu  les  pauses  et  le  genre  d’occupation.
        <pb n="102" />
        LOI  SUR  LE  TRAVAIL

97

Toute  modification  à  cette  déclaration  première  doit  être
notifiée  avant  sa  mise  en  vigueur.  Le  patron  doit  afficher
dans  un  endroit  apparent,  un  état  nominatif  des  jeunes
gens,  l’indication  des  heures  auxquelles  commence  et  se
termine  leur  travail  et  les  heures  des  pauses.  Un  extrait
de  la  loi  sur  le  travail  des  mineurs  et  des  ouvrières  doit
etre  affiché  dans  les  locaux  où  des  mineurs  et  des  ouvrières ­
  sont  occupés.
Heures  supplémentaires.
A.  —  En  cas  de  travail  pressé,  et  sur  la  demande  du
patron,  l’administration  peut  autoriser  les  ouvriers  audessus
  de  seize  ans  à  travailler  en  semaine  et  excepté  les
samedis,  au  plus  tard  jusque  dix  heures  du  soir  et  au
plus  treize  heures  par  jour,  pendant  la  durée  de  deux
semaines.  Pendant  l’espace  d’une  année  et  pour  une
même  fabrique  ou  une  même  subdivision  de  cette  fabrique, ­
  cette  autorisation  ne  peut  être  accordée  pour
plus  de  quarante  jours.
L’autorisation  de  travailler  ainsi  plus  de  deux  semaines ­
  de  suite  ne  peut  être  donnée  que  par  l’adminisb'ation
  supérieure,  et  l’autorisation  pour  plus  de  quarante
J°urs  par  an  est  accordée  seulement  sous  la  condition
fiue  le  quotient  de  la  division  du  nombre  d’heures  total
1  année  comptée  du  1 er  janvier  au  31  décembre  (heures
le gulières  et  supplémentaires  ensemble),  par  le  nombre
jours  de  travail  de  l’année,  ne  sera  pas  supérieure  au
Nombre  d’heures  réglementaire  fixé  par  la  loi,  par  jour
( l e  travail,  c’est-à-dire  11  heures  pour  les  adultes.
La  demande  doit  être  faite  par  écrit  ;  la  réponse  doit
(  Le  donnée  dans  les  trois  jours.  En  cas  de  refus  d’autolls
 ation  il  peut  être  interjeté  appel.
L  administration  peut  aussi,  sur  demande  écrite  auto-7
        <pb n="103" />
        98

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  en  ALLEMAGNE

riser  le  travail  des  femmes  âgées  de  plus  de  16  ans  poui
les  samedis  et  veilles  de  fête,  après  5  heures  1/2,  mais
pas  plus  tard  que  8  heures  1/2,  et  seulement  au  cas  où
elles  n’ont  pas  de  ménage  à  soigner  ni  d’école  complémentaire ­
  à  fréquenter.
Si  le  fonctionnement  d'une  fabrique  a  été  interrompu
par  inondation,  incendie  ou  accident,  il  peut  être  fait
exception  aux  §  135,136  et  137  pour  une  durée  de  quatre
semaines  par  autorisation  de  l’administration  supe  -
rieure  ;  pour  une  durée  plus  longue,  seulement  pai  autorisation ­
  du  chancelier.
Considérations  et  remarques.

Le  tableau  suivant  montre  l’usage  qui  est  lait  pai  1  in
dustrie  allemande  de  la  faculté  de  iaire,  loisque  cela  est
nécessaire,  des  heures  supplémentaires.  Puisqu  il  est

Pour  une  durée  excedant
le  travail  légal  de  11  heures

Nombre
des
heures
supplémentai
res
travaillées

&amp;gt;  «  .3

°  2

s  ?

t  '£

ANNEES

=¡.=  a

de
2  heures
par  jour

de
1  h.1/2
par  jour

de
1  heure
par  jour.

*  a

a  a

%  3

.9  S

prise)

I o  Pour  toute  l’industrie  allemande  (Alsace  non  com

2.901.455

47.301
48.094

196.319
200.784

2.590
2.442

1903
1904

2.081
2.550

917

2.518

841

tOG

2.849.087

5.713

2.471

787

2°  Pour  toute  l’industrie  textile  allemande  (Alsace  non  compris^)
1904  J  1.041  I  2.439  |  1.304  |  349  |  786  |  103.455  |  19.770  |  1.110.713J  '  l
N.  B.  —  Ces  chiffres  comprennent  toutes  les  industries  qui  se  rattachent  *
l’industrie  textile  (groupe  1X1.  Le  groupe  IX  compte  12.959  établisserne
et  occupe  741.909  ouvriers,  dont  69.749  âgés  de  moins  de  16  ans,  et  o
adultes  (Alsace  non  comprise!.
        <pb n="104" />
        LOI  sua  LE  TRAVAIL

99

question  ici  (le  toute  l’industrie  allemande,  disons  qu’elle
comprenait  en  1904,  —  Alsace  non  comprise  —  207.851
établissements  relevant  de  l’inspection  des  fabriques  et
occupant  5.145.834  ouvriers,  dont  354.200  âgés  de  moins
de  16  ans  et  4.791.634  adultes.
La  loi  fixe  donc  à  11  heures  les  jours  ordinaires  et
10  heures  les  samedis  et  veilles  de  tête,  le  maximum  de
durée  du  travail  journalier  de  la  femme  adulte.
L’industrie  cotonnière  allemande  travaille  donc  officiellement, ­
  et  en  général,  onze  heures  par  jour,  sauf
les  régions  dont  il  a  été  question  et  qui  ont  adopté  d’emblée ­
  le  travail  de  10  heures  depuis  le  1 er  janvier  1906.
Mais  ce  serait  une  erreur  de  croire  que  la  durée  effective ­
  du  travail  journalier  est  de  11  heures  pour  tous  les
ouvriers  adultes.  D’abord,  les  femmes  qui  ont  un  ménage
u  soigner  font  très  souvent  usage  du  droit  que  leur  donne
I a  loi,  de  quitter  la  fabrique  une  demi-heure  avant  la
pause  de  midi,  dans  les  fabriques  où  cette  pause  (et  c’est
I e  cas  de  la  presque  totalité  des  établissements)  n’a  que
la  durée  de  une  heure.
Puis,  dans  presque  tous  les  établissements  cotonniers,
*1  est  d’usage  que  les  ouvriers  travaillant  à  la  journée,
Ment  au  moins  un  quart  d’heure  de  pause  à  8  heures  du
matin  et  vers  4  heures  après  midi  ;  ce  quart  d’heure,
dans  beaucoup  de  fabriques,  s’étend  à  20  minutes
Par  autorisation  ;  et  le  nombre  est  très  notable  des  établissements ­
  qui  accordent  une  demi-lieure  le  matin  et
une  demi-heure  l’après-midi.
Pans  les  filatures,  les  ouvriers  qui  travaillent  à  l’acc°rd
  se  remplacent  à  tour  de  rôle  pour  déjeuner  et
goûter.  Dans  les  tissages,  il  est  assez  généralement  admis ­
  que  les  tisseurs  et  tisseuses  laissent  marcher  leurs
metiers  jusqu’à  ce  que  l’arrêt  se  produise  pour  une  rais
 °n  ou  l’autre  et  ils  ne  les  remettent  en  marche  que  lors-
        <pb n="105" />
        100

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

qu’ils  oui  fini  de  manger.  La  transmission,  il  est  vrai  ne
cesse  pas  de  marcher.
Exprimons  cet  état  de  choses  en  disant  qu’on  ferme
un  œil,  au  moment  du  déjeuner  et  du  goûter,  en  tant  que
la  qualité  du  travail  n’a  pas  à  en  souffrir.
Pour  ce  qui  est  des  journaliers,  c’est-à-dire  tous  les
ouvriers  qui  ne  travaillent  pas  à  l’accord,  ils  travaillent
ainsi  que  nous  venons  de  le  voir,  au  maximum  10  h.  1/2,
très  souvent  10  h.  1/4.  et  souvent  10  heures  seulement,
dans  les  fabriques  travaillant  officiellement  onze  heures
par  jour.
Il  faut  reconnaître  que  le  texte  de  la  loi  sur  le  travail
n’est  pas  rigide  ;  il  laisse  la  porte  ouverte  à  bien  des
adoucissements  qui,  en  somme,  font  le  bonheur  de  tous
les  intéressés.
C’est  nuire  à  une  industrie  que  de  la  réglementer
étroitement.  La  loi  la  mieux  étudiée  ne  parviendra  jamais ­
  à  prévoir  ni  surtout  à  régler  toutes  les  situations  qui
peuvent  se  présenter  ;  à  notre  époque  surtout.  Elle  risque
de  multiplier  les  conflits  au  lieu  de  les  éviter  ;  le  résultat
qu’elle  atteint  sûrement,  est  de  rendre  désavantageuse  à
certains  moments,  la  situation  des  industries  qu’elle
concerne,  par  rapport  à  celle  des  pays  voisins  ou  des
pays  qui  lui  font  concurrence  sur  les  marchés  extérieurs. ­

Dans  une  réunion  tenue  à  la  fin  de  1905,  le  syndicat
central  des  industriels  allemands,  à  l’unanimité  moins
deux  voix,  vota  la  résolution  suivante  :
((  Le  syndicat  central  se  prononce  énergiquement
conti  e  toute  nouvelle  réduction  des  heures  de  travail  des
femmes  (actuellement  fixées  à  11  heures)  par  le  moyen
d  une  loi.  il  demande,  —  en  vue  de  pouvoir,  à  notre
époque  si  changeante,  concourir  plus  facilement,  —  d’a-
        <pb n="106" />
        LOI  SUR  LE  TRAVAIL

101

voir  la  faculté  de  continuer  à  se  mouvoir  dans  les  limites ­
  fixées  pour  la  durée  du  travail,  par  les  lois  actuellement ­
  en  vigueur.
«  C’est  en  s’inspirant  de  ces  principes  qu’il  a  été  possible ­
  de  réduire  peu  à  peu  l’ancienne  et  longue  durée  du
travail  quotidien  aux  limites,  appropriées  à  la  situation
actuelle,  qu’elle  a  atteint  maintenant.
«  Certain  que  ce  progrès  s’affirmera  dans  l’avenir,  le
syndicat  central  renouvelle,  qu’il  est  opposé  à  toute
nouvelle  diminution  par  une  loi,  du  travail  des  femmes.
Cette  attitude  du  syndicat  n'est  pas  affaiblie  par  le  fait
fine  le  nombre  augmente,  des  industriels  qui  tendent  à
adopter  le  travail  de  10  heures,  attendu  que  dans  les
réunions  où  cette  question  a  été  agitée,  le  syndicat  central ­
  ne  s’est  pas  davantage  prononcé  pour  le  maintien
de  11  heures  de  travail  qu’il  ne  s’est  opposé  à  l’introduc-Con
  de  10  heures,  mais  toujours,  en  tant  que  cette  durée
de  dix  heures  ne  sera  pas  fixée  par  une  loi.  »
        <pb n="107" />
        102

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

RÈGLEMENT  DE  FABRIQUE

U  peut  être  intéressant  de  connaître  la  teneur  d’un
règlement  intérieur  pour  établissements  cotonniers.  Le
règlement  ci  après  est  en  usage  dans  plusieurs  grandes
fabriques.
%  1.  —  Tout  ouvrier  reçoit  lors  de  son  entrée  dans  la
fabrique,  un  exemplaire  du  règlement  du  travail;  il  est
tenu  de  signer  une  déclaration  constatant  qu’il  a  reçu
cet  exemplaire  et  en  accepte  les  conditions  comme
contrat  de  travail  aux  termes  de  l’article  105  de  la  loi
sur  le  travail.
§  2.  —  Quiconque  désire  obtenir  du  travail  doit  présenter ­
  sa  quittance  de  l’assurance  sur  l’invalidité,  et  le
congé  du  dernier  établissement  où  il  a  travaillé;  les  mineurs ­
  ont  en  outre  à  remettre  leur  livret  de  travail.
L’admission  est  d’abord  provisoire  pour  une  durée  de
deux  semaines  pendant  lesquelles  la  prévenance  réciproque ­
  n’existe  pas.  L’admission  n’est  définitive  que  sur
1  acceptation  de  la  Direction,  à  l’expiration  des  deux
semaines  et  sur  la  présentation  d’un  certificat  du  médecin ­
  de  la  caisse  des  malades,  constatant  l’état  de  santé
du  candidat.  Celui-ci  a  l’obligation  d’adhérer  à  la  caisse
des  malades  de  l’établissement.  Pour  les  apprentis,  le
père  ou  le  tuteur  doit  signer  le  contrat  d’apprentissage.
        <pb n="108" />
        RÈGLEMENT  DE  FABRIQUE

103

§3.  —  Le  travail  réglementaire  dure  de  6  heures  du
matin  à  midi  et  del  heure  à  6  heures  du  soir;  les  samedis
e t  veilles  de  fêtes,jusqu’à  5  heures  du  soir.  Les  ouvrières
âgées  de  plus  de  16  ans  et  qui  ont  un  ménage  à  soigner,
peuvent,  sur  leur  demande,  quitter  à  11  heures  %,  le
matin.
Les  heures  de  travail  et  de  pause  des  mineurs,  selon
les  articles  135  et  136  de  la  loi  sur  le  travail,  sont  indiquées ­
  par  affiches  apposées  dans  les  salles  de  travail.  Les
ouvriers  adultes  n’ont  pas  droit  à  des  pauses.  Le  commencement ­
  et  la  fin  du  travail  sont  annoncés  par  un
signal.
§  4.  —  Les  dimanches  et  jours  fériés  légaux,  le  travail
est  arrêté.  Les  ouvriers  adultes  sont  tenus  à  effectuer,
après  cessation  du  travail  et  aussi  les  dimanches  et  jours
fériés,  les  travaux  autorisés  par  la  loi  sur  le  travail.
§5.-11  est  défendu  d’entrer  ou  de  sortir  delà  fabrique ­
  par  d’autres  voies  que  celles  prescrites.
Les  portes  sont  ouvertes  15  minutes  avant  le  commencement ­
  du  travail.  11  est  défendu  aux  mineurs  et  aux
femmes  d’entreprendre  quelque  travail  que  ce  soit  avant
i  heure  fixée.  Les  retards  sont  punis  d’amende;  de
même  les  sorties  avant  l’arrêt  des  moteurs.  La  sortie
Pendant  les  heures  de  travail  ne  peut  avoir  lieu  que  sur
autorisation  du  chef  direct,  laquelle  autorisation  est
remise  au  portier.
§5.  —  Obéissance  est  due  aux  supérieurs  et  les  tra-^aux
  prescrits  par  ceux-ci  doivent  être  exécutés  avec
'° 11  ne  volonté.  Il  est  défendu  de  faire  du  bruit  dans  les
s alles:  de  même,  de  se  permettre  des  voies  de  fait  contre
tout  camarade  ou  inférieur.  Quiconque  se  présente  ivre
au  travail  ou  est  rencontré  dans  cet  état,  est  privé  de  tra-^ail
  et  de  salaire  pour  ce  jour  là;  en  cas  de  récidive,
        <pb n="109" />
        104

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

l’exclusion  sans  prévenance  est  prononcée.  Aucun  ouvrier ­
  n’a  le  droit  d’entrer  dans  un  atelier  où  il  n’est  pas
occupé.  Pendant  la  pause  de  midi  et  après  le  travail,personne ­
  n’a  le  droit,  sous  aucun  prétexte  et  sauf  autorisation ­
  spéciale,  de  rester  dans  les  salles.
Les  machines  et  l’emplacement  qu’elles  occupent
doivent  constamment  être  tenus  en  état  de  propreté.
Des  modifications  ou  des  réparations  ne  peuvent  être
laites  aux  machines  que  par  les  contremaîtres  ou  sur
leur  ordre.  Il  est  interdit  d  introduire  des  personnes
étrangères  dans  la  fabrique.
§  7.  —  Les  prescriptions  affichées  dans  les  salles  et
relatives  aux  précautions  à  prendre  pour  éviter  les  accidents, ­
  sont  à  suivre  strictement  dans  l’intérêt  même  des
ouvriers.  Notamment,  le  nettoyage  des  transmissions  et
des  pièces  de  machines  en  mouvement  est  sévèrement
détendu.  Chaque  ouvrier  est  tenu  de  certifier  par  sa
signature  qu’il  a  pris  connaissance  des  prescriptions
pour  éviter  les  accidents.
§  —  Les  ouvriers  doivent  avoir  soin  des  matières  qui
leur  sont  confiées;  rassembler  les  déchets  ainsi  qu’il  est
prescrit  et  les  délivrer  aux  endroits  désignés.  Il  est  défendu ­
  d’emporter  au  dehors  quelque  objet  que  ce  soit,
même  de  la  plus  infime  valeur,  tels  que  déchets,  etc.,  et
les  ouvriers  sont  tenus  de  se  soumettre  à  un  examen,  le
cas  échéant.  Les  délits  seront  déférés  aux  tribunaux.  Le
lait  de  jeter  des  déchets  ou  du  coton,  etc.  dans  les  cabinets ­
  ou  sur  la  rue  sera  considéré  comme  dommage
causé,  dans  le  sens  attribué  par  la  loi  sur  le  travail.
§  Les  lieux  d’aisances  et  leurs  abords  sont  à  tenir
constamment  propres.  Les  habits  et  les  paniers  apportés
ne  doivent  se  trouver  que  dans  les  endroits  désignés.  II
est  interdit  de  fumer  dans  la  fabrique  et  les  cours;  il  est
        <pb n="110" />
        RÈGLEMENT  DE  FABRIQUE

105

défendu  d’apporler  des  allumettes  avec  soi  à  la  fabrique.
Les  pipes,  les  lanternes  et  allumettes  doivent  être  realises ­
  au  portier,  à  l’entrée,  pour  les  conserver.  Chacun
doit  se  faire  une  loi  d’éviter  tout  danger  d’incendie  et
surtout  d’observer  rigoureusement  les  prescriptions  concernant ­
  l’éclairage.  Les  contraventions  aux  prescriptions
concernant  les  précautions  contre  l’incendie  entraînent
1  exclusion  immédiate  et  sans  prévenance.
Ü  10.  —  Les  aliments  et  boissons  ne  peuvent  être  inh'oduits
  dans  les  salles  qu’aux  heures  prescrites,  soit
eolre  8  heures  et  8  heures  1/2  ou  3  heures  1/2  et  4  heures.
L  est  absolument  interdit  d’apporter  de  l’eau-de-vie  à
fabrique.  Tout  commerce,  toute  collecte,  pour  quelque
Lot  que  ce  soit,  sont  absolument  interdits  dans  les
balles,  et  en  cas  de  récidive,  entraînent  l’exclusion  immédiate. ­

$  11.  —Les  salaires  à  l’accord  sont  déterminés  par
des  tarifs  affichés  dans  les  salles.  Les  salaires  des  journaliers ­
  sont  réglés  d’un  commun  accord.  Le  salaire  des
tisseurs  n’est  payé  que  pour  des  pièces  entières.  Les
amendes  infligées  pour  détérioration  de  marchandises
ou  objets,  par  la  négligence  et  par  la  faute  de  l’ouvrier
s °nt  déduites  à  la  paie  suivante  et  sont  versées  à  la
caisse  des  malades.
^  12.  —  Les  comptes  sont  arrêtés  tous  les  quinze
Jours,  le  samedi  soir;  le  dernier  jour  de  travail  de  la  seniaine
  suivante,  on  paye  les  salaires,  en  effectuant  les
deductions  autorisées  par  la  loi  (article  115).  La  verifica  -
L°n  de  l’argent  reçu  doit  avoir  lieu  immédiatement  ;plus
Laid,  les  réclamations  ne  sont  plus  admises;  pas  davan-L^e
  1  immixion  de  personnes  étrangères  dans  ce  qui
concerne  le  salaire  des  ouvriers.
§  13.  —  Dans  le  cas  où  l’établissement  ne  pourrait
        <pb n="111" />
        106  l’iNDUSTBIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE
être  mis  en  marche  et  où  on  devrait  refuser  le  travail
pour  une  cause  indépendante  de  la  volonté  de  la  Direction, ­
  l’ouvrier  ne  sera  pas  en  droit  de  réclamer  une  indemnité, ­
  et  la  fabrique  n’est  pas  tenue  à  dédommagement
en  cas  par  exemple  d’accident  aux  moteurs.  Autant
qu’il  est  possible  et  que  la  loi  le  permet,  le  temps  sera
rattrapé  par  travail  supplémentaire.
§  1  i.  —  L’ouvrier  n’est  pas  fondé  non  plus  a  réclamer
le  paiement  d’heures  pendant  lesquelles  il  n’a  pas  travaillé, ­
  que  ce  soit  ou  non  par  sa  faute.
§  15.  -  Le  délai  de  prévenance  est  réciproquement  de
deux  semaines,  sauf  conventions  spéciales;  mais  il  ni
pourra  être  dénoncé  que  le  samedi  où  les  comptes  sont
arrêtés,  entre4et  5heures,  au  bureau;  la  dénonciation
sera  toutefois  valable  si  elle  est  faite  sous  forme  de  billet ­
  signé  par  un  supérieur  et  remis  à  l’ouvrier  à  1  heure
indiquée.  Le  billet  de  prévenance  peut  être  envoyé  a
l’ouvrier  qui  manque  ce  jour-là  au  travail.  Le  lait  de
cesser  le  travail  sans  dénonciation  ou  sans  excuse  xa
labié,  est  considéré  comme  une  rupture  du  contrat  de
travail,  et  dans  ce  cas,  en  vertu  de  l’article  144  de  la  lor
du  travail,  il  peut  être  retenu  le  montant  d’une  semaine
de  travail,  lequel  est  versé  à  la  caisse  des  malades,  st
tant  est  qu’il  n’y  ait  pas  lieu  à  action  civile.  Outre  le
cas  prévu  par  les  articles  123  et  124  de  la  loi  sur  le  travail, ­
  les  contraventions  aux  prescriptions  pour  éviter  les
accidents  entraînent  une  exclusion  immédiate.

I  16.  —  Les  contraventions  au  présent  règlement  et
aux  règlements  édictés  selon  la  loi  du  travail,  peuvent
être  punies  d’amendes.  Les  amendes  isolées  ne  peuvent
excéder  la  valeur  de  la  moitié  d’une  journée  de  travail»
toutefois  des  voies  de  fait  contre  des  supérieurs  on
des  camarades,  ou  la  grossièreté  envers  un  inférieur»
        <pb n="112" />
        REGLEMENT  DK  FABRIQUE

107

inconvenance  grave,  laute  grave  contre  le  maiïïtien  ¡
de  l’ordre,  ou  menaçant  la  sécurité  de  l’exploitation

ou

exploitation
a  possibilité  d’application  de  la  loi  sur  le  travail*
peuvent  être  punies  d’amendes  de  la  valeur  d’une  journée ­
  de  travail.

%

"j  r*AA

Habituellement,  pour  des  cas  peu  graves,  on  commence ­
  par  un  avertissement;  en  cas  de  récidive,  il  est
appliqué,  ainsi  que  pour  les  fautes  plus  graves,  des
amendes  pouvant  aller  de  un  dixième  de  la  journée  de
travail  jusqu’aux  sommes  indiquées  ci-dessus.  L'obligation ­
  de  payer  une  amende  n’est  pas  annulée  par  le  fait
de  la  dénonciation.  Les  amendes  sont  déduites  du  montant ­
  des  salaires  et  versées  à  la  caisse  des  malades.

5  77.  —  Toutes  les  amendes  et  déductions  sont  fixées
Par  le  supérieur  qu  elles  concernent  et  leur  montant  est
de  suite  notifié  à  l’ouvrier.  Celui-ci  a  le  droit  d’en  appeler
a  la  Direction  qui  décide  définitivement.
%  18.  —  Tout  ouvrier  peut  être  admis  comme  membre
de  la  Caisse  de  pensions  fondée  au  profit  des  ouvriers,
après  cinq  années  de  service  et  si  rien  ne  s'oppose  à
cette  admission.  Les  cotisations  du  fonds  de  pension
s °nt  payées  par  la  fabrique,  à  ses  frais  et  sans  déduction ­
  de  salaire.  Des  versements  peuvent  être  faits  à  la
baisse  d’épargne  qui  bonifie  un  intérêt  de  4  1/2  %,  L’im-Portance
  des  versements  peut  varier  de  un  mark  à
tiente  marks  par  quinzaine  (1  fr.  25  à  37  fr.  50).  Lorsque
tes  dépôts  dépassent  la  somme  de  mille  marks  (1.250  fr.),
te  taux  de  l’intérêt  est  diminué  ou  bien  le  dépôt  est  remboursé. ­

6  79.  —  Le  présent  règlement,  rédigé  conformément
aux  lois  en  vigueur  et  après  avoir  pris  l’avis  du  Comité
Permanent  ouvrier  de  la  Caisse  des  malades,  a  été  pré
        <pb n="113" />
        108

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

senté  aux  autorités  supérieures  et  accepté,  et  entrera  en
vigueur  le
Le  petit  livret  qui  contient  le  présent  règlement,
contient  aussi  à  sa  suite:
I o  Les  prescriptions  concernant  le  service  de  l’éclairage, ­
  tant  au  gaz  que  par  l’électricité  et  les  précautions
à  prendre  ;
2°  Les  prescriptions  sur  la  conduite  à  tenir  au  cas  où
un  incendie  éclaterait  ;
3°  Enfin,  les  prescriptions  de  l’Association  pour  prévenir ­
  les  accidents  et  concernant  toutes  les  machines  en
usage.
        <pb n="114" />
        ASSURANCES
COUVE  RNEMEN  TA  LES

Assurance  contre  la  maladie  et  caisses  des  malades  dans
les  fabriques.
L  assurance  contre  la  maladie  constitue  en  Allemagne
lllle  charge  pour  le  budget  de  l’industriel  ;  charge  peu
Suportante,  il  est  vrai,  mais  néanmoins  sensible.  En
°ftet,  ] a  ] 0 [  q Ll  jer  décembre  1884  oblige  le  fabricant  à
coopérer  pour  un  tiers  au  paiement  de  la  cotisation  despée ­
  à  alimenter  la  caisse  des  malades  de  son  établissement. ­
  Celle  cotisation  est  basée  sur  les  salaires  payés.
Sa  totalité  varie  de  2  %  à  4  %  du  montant  des  salaires  ;
elle  n’est  que  de  2  %  dans  certains  établissements  où  la
caisse  a  hérité,  lors  delà  promulgation  de  la  loi  de  1884,
(  es  capitaux  amassés  par  une  Caisse  de  malades,  bien
administrée  ou  dotée,  existant  dès  longtemps,  capitaux
dont  les  intérêts  annuels  font  face  à  une  partie  des  dépenses ­
  de  la  Caisse.  Les  dépenses  en  question  exigent
4  %  du  montant  des  salaires  (quelquefois  au  delà)
dans  des  établissements  dans  lesquels  —  chose  non  exi-See
  par  la  loi,  mais  fréquente  —  on  accorde  en  cas  de
Maladie,  aux  membres  non  travaillants  des  familles,  les
secours  médicaux  et  les  médicaments.  L’industriel  ayant
        <pb n="115" />
        no

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

à  supporter  1/3  (le  la  cotisation,  on  peut  dire  qu’il  a  donc
à  payer  par  an,  une  somme  qui  varie  de  2/3  %  à  1  1/3  %
de  la  somme  qu’il  débourse  annuellement  pour  les
salaires  et  une  partie  des  traitements  d’employés  îles
traitements  inférieurs  à  2.500  fr.  par  an).
La  charge  est  faible  et  ses  bienfaits  sont  considérables,
directement  et  indirectement.  Certains  établissements
prennent  à  leur  charge  les  2/3  de  la  cotisation,  n’en  laissant ­
  qu’un  tiers  à  la  charge  de  l’ouvrier,  et  renversant
ainsi  les  conditions  imposées  par  la  loi.  11  en  est  —  de
peu  nombreux  probablement  —  qui  se  chargent  de  la
cotisation  totale.
Il  ne  peut  être  question  de  donner  ici  le  texte  de  la  loi
d’assurances  contre  la  maladie  :  il  est  considérable,  et
d’autant  plus  compliqué  que  l’obligation  de  s’assurer
s’étend  h  toute  personne  qui,  à  un  titre  quelconque  reçoit
un  salaire  régulier.  Les  cas  et  les  situations  à  prévoir
sont  donc  innombrables,  tant  au  point  de  vue  de  rencaissement ­
  des  cotisations,  (pie  surtout  à  celui  des  soins
à  distribuer.
Mais  il  paraît  utile  d’en  décrire  rapidement  les  dispositions ­
  et  leur  application  en  ce  qui  concerne  l'industrie, ­
  car  cette  loi  est  en  relations  avec  celle  qui  règle
1  assurance  contre  la  vieillesse  et  l’invalidité  d’une  part,
et  celle  qui  fixe  les  conditions  de  l’assurance  contre  les
accidents,  d’autre  part.  Deux  lois  qui  touchent  de  près
toute  industrie.
La  loi  sur  l’assurance  contre  la  maladie  date  du  1 er  décembre ­
  1884,  elle  a  été  complétée  et  modifiée  le  10  avril
1892,  le  30  juin  1900,  et  enfin,  le  25  mai  1903  ;  ce  qui
donne  a  penser  que  sa  mise  en  pratique  s’est  butée  à
beaucoup  d’imprévu,  chose  compréhensible  d’ailleurs
pour  une  innovation  de  cette  envergure.
        <pb n="116" />
        ASSURANCES  GOUVERNEMENTALES

111

Tout  sujet  allemand,  homme  ou  femme,  qui  travaille
en  échange  d’un  salaire  ou  d'un  traitement  moindre
de  2.500  francs  par  an,  est  obligé  de  s’assurer  contre
la  maladie  si  la  durée  de  son  travail  doit  dépasser  une
semaine.  Dans  les  fabriques,  tout  ouvrier  débutant  est
inscrit  d’office  comme  membre  de  la  Caisse  de  la  fabrique; ­
  il  en  est  de  même  des  contre  maîtres  et  employés
dont  le  traitement  ne  dépasse  pas  2.500  francs  par  an,
soit  par  jour,  8  fr,  30.  Sont  exemptés  cependant  de  cette
obligation,  ceux  qui  justifient  qu’ils  appartiennent  à  une
Société  privée  répondant  aux  exigences  de  la  loi.  L’ouvrier, ­
  nouvel  arrivant  dans  une  fabrique,  n’est  la  plupart ­
  du  temps  accepté  définitivement,  qu’a  près  avoir  été
examiné  par  le  médecin  de  la  Caisse.  Celle-ci  ne  tient
pas  naturellement  à  s’embarrasser  d’un  membre  onéreux, ­
  et  la  fabrique  elle-même  y  est  intéressée.  Il  faut
toutefois  que  l’état  de  santé  de  l’ouvrier  non  accepté  soit
vraiment  précaire  ;  et  dans  ce  cas,  il  peut  faire  constater ­
  son  incapacité  de  travail  et  il  ressortit  alors  ou
bien  de  la  caisse  de  la  fabrique  qu'il  vient  de  quitter,  ou
de  la  caisse  de  sa  commune.  Ou  bien,  il  est  recueilli  par
I  assurance  contre  l’invalidité,  selon  les  cas.
Dans  certaines  fabriques,  on  calcule  directement  le
chiffre  des  cotisations  et  des  indemnités  d’après  le  salaire
effectif  de  chaque  ouvrier,  mais  dans  la  plupart  des  fabriques, ­
  les  membres  de  la  Caisse  sont  subdivisés  en
classes,  selon  leur  salaire  :

P.

P«  Classe,  salaire  jusqu’à  1  M.  25,

II o  —  —
IIP  —  —
IV«  —  —
V e  —  —
VI»  —  —
VII e  —  —
VHP  -  —

de  1  26
1  76
2  26
2  76
3  26
3  76

1  75
2  25
2  75
3  25
3  75
4  25

plus  de  4  26

moyenne  1  M.
—  1  M.  50
—  2  M.  »
—  2  M.  50
—  3  M.  »
—  3  M.  50
—  4  M.  »
—  5  M.  »
        <pb n="117" />
        112

l’industrie  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

En  cas  de  maladie,  la  Caisse  fournit  gratuitement  :
I o  Dès  le  premier  jour  de  maladie,  les  soins  du  médecin ­
  de  la  Caisse  et  les  médicaments  ;  le  cas  échéant,
lunettes,  bandages  ou  autres  appareils  permettant  au
malade  de  continuer  son  travail  ou  de  hâter  sa  guéiison;
  exceptionnellement,  elle  délivre  gratuitement  des
bons  pour  des  réconfortants,  du  vin,  etc.,  mais  ceci  n  est
pas  obligatoire.
2°  A  partir  du  3 e  jour  après  début  de  la  maladie,  et
pour  chaque  jour  de  maladie,  dimanches  exceptés,  elle
paie  au  malade  une  indemnité  iixée,  par  exemple,  pai  le
tableau  ci-après  et  correspondant  aux  huit  classes  de  salaire ­
  admises.
Si  la  maladie  est  le  résultat  d’un  accident  de  labrique
ayant  produit  une  incapacité  de  quatre  jours  au  moins,
l’indemnité  est  due  depuis  le  premier  jour,  dimanches
exceptés.
L’indemnité  normale  sera  égale  aux  50  %  du  salade
moyen  de  la  classe  à  laquelle  appartient  le  malade  ;  û
recevra,  par  exemple,  en  prenant  pour  base  le  tableau
de  division  des  salaires  ci-dessous  :

I ro  —  Ile  _  IIIo  _  IV»  —  v u  —  VI I  *  *  *  *  *  *  8  —  VII“  —  VIII e
par  jour  :

0.50  —  0.75  —  1  »  —  1  25  —  1:50  —  1.75  —  2  »  —  2- 5(&amp;gt;

d’indemnité.  Une  décision  récente  permet  d’élever  1  indemnité ­
  jusqu’à  75  %  du  salaire  moyen.  Cette  indemnité

est  payable  chaque  semaine,  le  samedi  ;  si  le  samedi  est

férié,  le  jour  ouvrable  précédent.  Elle  est  accordée  pour

toute  la  durée  de  la  maladie  ;  toutefois,  elle  cesse  au  plus

tard  avec  l’achèvement  de  la26 e  semaine  (six  mois),  à  compter ­

  du  jour  du  paiement  de  la  première  indemnité  ;  en
        <pb n="118" />
        ASSURANCES  GOUVERNEMENTALES

113

même  temps  cessent  aussi  les  soins  médicaux  et  les
médicaments.  Mais  le  malade  n’est  pas  abandonné  pour
Ce *a,  il  ne  fait  que  changer  de  mains.  La  caisse  des
malades  n’ayant  pas  les  moyens  de  le  soigner  et  l’indemmser
  indéfiniment,  il  passe  entre  les  mains  de  l’assurance ­
  contre  l'invalidité,  dont  nous  examinerons  en  son
temps  le  fonctionnement.  Revenons  à  la  caisse  des
malades.
Lorsque  le  cas  de  maladie  l’exige  (impossibilité  de
donner  les  soins  nécessaires  au  domicile  du  malade,
maladie  contagieuse,  etc.),  le  Comité  de  la  Caisse,  d’accord ­
  avec  le  médecin,  peut  décider  que  le  malade  sera
transporté  et  traité  à  l'hospice.  Celte  décision  peut  être
prise  aussi  dans  le  cas  où  le  malade  ne  suit  pas  les  ordonnances ­
  du  médecin  et  retarde  par  là  sa  guérison.
Si  le  malade  traité  à  l’hospice  est  célibataire,  il  reçoit
comme  indemnité  journalière  le  1/4  de  l’indemnité  qu’il
cot  reçue  s’il  eût  été  traité  à  son  domicile.  Récemment
toutefois  les  Caisses  de  malades  ont  été  autorisées  à  aller
Jusqu’à  la  moitié  de  l’indemnité  pour  ce  cas.
Si  le  malade  est  marié  ou  soutien  de  membres  de  sa
famille,  cette  famille,  ou  sa  femme,  reçoit  normalement
ta  moitié  de  l’indemnité  à  laquelle  le  malade  aurait  eu
droit  s’il  avait  été  traité  chez  lui.  Une  décision  récente
autorise  à  allouer  jusqu’à  concurrence  de  la  moitié  du
salaire,  c’est-à  dire  la  même  indemnité  que  si  le  malade
ctait  traité  chez  lui  ;  ceci,  dans  le  but  de  ne  pas  entraver
ta  laeulté  de  traitement  à  l’hospice.
tLuis  les  deux  cas,  bien  entendu,  son  traitement  à
t  hospice  est  entièrement  gratuit  et  aux  frais  de  la  caisse
des  malades  dont  il  ressortit.  Dans  le  cas  où  un  malade
l eluse  d’entrer  à  l’hospice  malgré  la  décision  du  Comité
he  la  Caisse  appuyée  sur  l’avis  du  médecin,  il  a  l’obligab°n
  fie  payer  lui-même  le  médecin  et  les  médicaments
8
        <pb n="119" />
        114

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

et  il  ne  reçoit,  comme  indemnité,  que  l’indemnité  qu’il
eût  reçue  étant  en  traitement  à  l’hospice.
Dans  une  partie  de  l’Allemagne,  le  malade  a  le  droit
de  choisir  son  médecin  ;  en  Prusse  rhénane,  il  en  est
ainsi.  Là,  les  médecins  se  sont  syndiqués;  le  comité  du
syndicat  a  établi  un  tarif  des  visites,  opérations,  etc.  Les
caisses  de  malades  versent  au  comité  du  syndicat  des
médecins  tant  par  visite  ou  opération,  etc.,  et  le  Comité
répartit  entre  les  médecins  qui  ont  traité.  A  première
vue,  ce  système  parait  plus  équitable,  plus  pratique,  et
devoir  mieux  satisfaire  l’ouvrier  qui  a  toujours  une  tendance ­
  à  se  métier  et  à  se  plaindre  du  médecin  attitré
d’une  caisse  de  malades.  Mais,  il  n’est  hélas  rien  de  parfait; ­
  il  parait  que  cette  manière  de  procéder  a  ses  inconvénients, ­
  même  depuis  la  fondation  du  syndicat.
Dans  la  plus  grande  partie  de  l’Allemagne  les  caisses
de  malades  ont  un  ou  plusieurs  médecins  attitrés.  Néanmoins, ­
  pour  des  cas  particuliers,  elles  s’adressent  à  des
spécialistes.  Dans  le  cas  de  médecins  attitrés  et  lorsqu’un
malade,  atteint  d’une  maladie  qui  ne  réclame  pas  les
soins  ou  l’intervention  d’un  spécialiste,  persiste  à  vouloir ­
  choisir  son  médecin,  il  le  peut.  Mais  les  frais  occasionnés ­
  par  ce  médecin  restent  à  la  charge  du  malade;
celui-ci  reçoit,  bien  entendu,  l’indemnité  correspondante ­
  a  sa  catégorie  de  salaire  ainsi  que  les  médicaments
prescrits  par  le  médecin  de  son  choix;  mais  les  médicaments ­
  ne  lui  sont  donnés  gratuitement  qu’à  condition
qu  il  les  prenne  dans  les  pharmacies  avec  lesquelles  la
caisse  des  malades  a  un  abonnement.
L’ouvrier  qui  tombe  malade  informe  son  contremaître  ;
celui-ci  avise  le  bureau  qui  remet  une  carte  à  l’ouvrier
et  fait  prévenir  le  médecin.  Ce  dernier  inscrit  sur  la  carte
la  date  du  début  de  la  maladie,  ainsi  que  ses  observations; ­
  après  guérison,  constatée  sur  la  carte,  celle-ci
        <pb n="120" />
        ASSURANCES  GOUVERNEMENTALES

115

est  remise  au  bureau  où  elle  sert  aux  divers  décomptes.
Un  ouvrier  peut  être  assuré,  à  la  fois,  à  la  caisse  de  la
fabrique  et  à  une  caisse  particulière;  mais  il  est  tenu,
sous  peine  d’amende,  de  déclarer  celte  seconde  assurance ­
  ;  en  principe,  le  total  des  indemnités  que  l’ouvrier
a  a  recevoir  des  diverses  caisses  où  il  peut  être  assuré
simultanément,  ne  doit  pas  dépasser  le  montant  d’une
journée  moyenne  de  salaire,  sinon  la  caisse  de  la  fabrique ­
  est  en  droit  de  diminuer  l’indemnité  qu’elle
bii  paie.
En  cas  de  tromperie  grave  d’un  membre  au  préjudice ­
  de  la  caisse  des  malades,  ce  membre  est,  pendant
une  année  entière,  privé  des  secours  de  la  caisse,  bien
due  tenu  au  paiement  de  la  cotisation.  Au  cas  où  un
membre  se  rendrait  volontairement  malade  ou  s’il  l’est
devenu  par  suite  d’ivresse  ou  de  participation  à  des  babilles, ­
  il  ne  touche  pas  d’indemnité  pendant  la  durée  de
celte  maladie;  il  ne  reçoit  que  les  soins  médicaux  et  la
Pharmacie.
Un  membre  qui,  pendant  l’espace  de  12  mois,  a  reçu
Pendant  26  semaines  l’indemnité  et  les  soins  fournis
Pur  la  caisse,  ne  reçoit,  au  cas  d’une  nouvelle  maladie
u  ayant  pas  de  liaison  avec  la  première,  et  pendant
les  12  mois  suivants,  que  la  moitié  de  l’indemnité  de  sa
classe  et  seulement  pendant  un  maximum  de  13  semaines; ­
  mais  il  reçoit  les  soins  médicaux  et  la  pharmacie. ­

Ues  femmes  en  couches  reçoivent  une  indemnité  égale
a  six  semaines  de  demi-solde:  tout  travail  leur  est  interdit ­
  pendant  4  semaines  après  leurs  couches;  elles  ne
Peuvent  travailler  pendant  les  5°  et  6 Ü  semaines  que  sur
j  autorisation  du  médecin  ;  le  fait  qu  elles  sont  autorisées
a  travailler  pendant  ces  deux  semaines  ne  modifie  pas  le
montant  de  l’indemnité  qu  elles  touchent.
        <pb n="121" />
        116

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

En  cas  de  décès  d'un  membre  de  la  caisse,  sa  famille
reçoit  une  indemnité  égale  à  20  lois  le  montant  d  une
journée  de  salaire  moyen  de  la  classe  à  laquelle  le
défunt  appartenait  par  son  salaire;  cette  indemnité  varie
donc  de  20  marks  à  100  marks  (25  et  125  francs)  entre
la  première  et  la  huitième  classe.
Certaines  caisses  donnent  également  des  secouis  en
cas  de  décès  de  membres  de  la  famille  de  leurs  adhéi  enls.
Les  cotisations  sont  déduites  du  salaire  a  la  paie,  tous
les  15  jours.  Il  n’est  pas  dû  de  cotisation  pour  le  temps
de  maladie.  Le  montant  de  la  cotisation  est  fixé  selon
les  besoins  de  la  caisse  à  2,3,4  %  des  salaires;  la  loi
met  1/3  de  cette  cotisation  à  la  charge  du  patron  cl  2/3  a
la  charge  de  l’ouvrier.La  cotisation  totale  peut,si  cela  est
nécessaire  et  pour  couvrir  les  dépenses  de  la  caisse  ètie
portée  à  6  %  des  salaires  (patron  2  %,ouvrier  4  %).  G  esl
là  le  maximum  normal  autorisé  par  la  loi,  qui  n  autorise
à  dépasser  le  taux  total  de  4  %,  que  lorsque  la  Caisse
donne  aussi  ses  soins  aux  membres  des  families  de  ses
adhérents,  ou  bien  accorde  le  maximum  des  indemnités
et  allocations.  Dans  le  cas  où  6  %  ne  suffirait  pas
encore  à  couvrir  les  dépenses,  le  patron  aurait  a
parfaire  la  différence  à  ses  frais,  quitte  à  être  remboursé ­
  de  ce  déboursé  lorsque  l’état  de  la  caisse  le
permettrait.  La  caisse  doit  se  constituer,  de  par  la  loi,
un  fonds  de  réserve  suffisant,  dont  le  montant  minimum
doit  être  égal  à  la  moyenne  des  dépenses  annuelles  de  la
caisse  calculée  sur  les  trois  années  précédentes.  Tant  que
cette  réserve  n’est  pas  atteinte,  il  esl  prélevé  pour  sa
constitution  1  /10 e  des  recettes.
La  caisse  est  administrée  par  un  comité  dont  les  2/3
sont  élus  par  les  ouvriers  et  1/3  nommé  par  la  Direction;
parmi  ces  derniers  le  Président  elle  Caissier.
Une  assemblée  générale  a  lieu  tous  les  ans  au  moins
        <pb n="122" />
        ASSURANCES  GOUVERNEMENTALES

117

une  lois.  Elle  se  compose  de  délégués,  habituellement
au  nombre  de  5  à  10  %  du  nombre  des  ouvriers  ;  ces  délégués ­
  sont  élus  par  les  ouvriers;  chaque  atelier  doit  être
représenté.
Ees  caisses  de  malades  des  fabriques  sont  placées  sous
la  surveillance  des  autorités  locales.
Quelques  chiffres  donneront  une  idée  de  l’importance
( les  opérations  de  l’assurance  contre  la  maladie.
En  1904,  l’assurance  contre  la  maladie  comptait
10.710.720  membres,  dont  2.093.927  appartenaient  aux
caisses  de  malades  des  fabriques.  Elle  s'est  occupée  de
4.229.177  cas  de  maladie  ayant  donné  lieu  à  une  incapacité ­
  de  travail,  dont  1.256.162  pour  ce  qui  concerne
les  caisses  de  fabriques.  Le  chiffre  des  cotisations  encaissées ­
  a  été  en  1904,  de  230.685.129  marks  (289
niillons  de  francs),  et  les  caisses  des  fabriques  ont
contribué  à  cette  somme  pour  08.748.487  marks  (30  millions ­
  de  francs).  Toutefois,  les  recettes  totales  de  l’assurance ­
  ont  été  en  1904  de  240.005.055  marks,  (soit  envir
 °u  307.000.000  de  francs),  car,  aux  cotisations  sont  à
ajouter  les  intérêts  des  sommes,  les  sommes  remboursées ­
  par  l’assurance  contre  les  accidents  pour  soins
donnés  à  des  blessés  la  concernant,  etc.
Les  dépenses  totales  de  l’assurance  contre  la  maladie
°nt  été,  en  1904,  de  234.084.806  marks  (293  millions  de
bancs).  Nous  n’en  retiendrons  et  examinerons  que  ce  qui
concerne  les  caisses  de  malades  des  fabriques  ;  le  chiffre
de  dépenses  les  concernant  a  été  de  70.579.854  marks
(88  millions  de  francs).  Sur  cette  somme,  les  médecins
°nt  reçu  16.191.532  marks  (21  millions  de  francs)  ;  les
pharmaciens,  orthopédistes,  etc,  10.861.533  marks
(13.500.000  francs).  Il  a  été  payé  aux  malades  pour  indemnités ­
  de  jours  de  maladie,  la  somme  de  31.297.831  marks
(39  millions  de  francs).  Les  femmes  en  couches  des  la-
        <pb n="123" />
        118

L’INDUSTRIE  COTONNIERE  EN  ALLEMAGNE

briques  ont  touché  1.518.549  marks  (19  militions  de
francs).  On  a  payé  aux  hôpitaux,  cliniques,  etc.,  pour
traitement  des  malades  gravement  atteints  6.497.120
marks  (8.100.000  francs);  les  familles  des  membres
décédés  ont  touché  2.430.958  marks  (3  millions  de  francs)
d’indemnité  d’enterrement,  etc.,  etc.
Disons  encore,  pour  terminer  ce  qui  concerne  l’assurance ­
  contre  la  maladie,  que  les  chiffres  ci-dessus  montrent ­
  que  dans  les  caisses  des  fabriques,  il  y  a  eu  en
1904,  pour  un  membre  participant,  0,47  cas  de  maladie.
C’est  une  moyenne  honorable  entre  le  ch  ihre  le  plus
élevé  (pii  se  rapporte  aux  caisses  des  malades  de  l’industrie ­
  du  bâtiment  et  donne  0.76  cas  de  maladie  par
membre,  et  le  chiffre  le  moins  élevé  qui  est  détenu  par
les  caisses  des  communes  et  qui  est  de  0.26.
Le  nombre  de  jours  de  maladie  pour  un  membre  des
caisses  de  fabriques  a  été,  en  1904,  de  8.47  (Bâtiment.
12.811,  et  les  frais  de  maladie,  traitement,indemnités,etc.
ramenés  à  un  membre  des  caisses  de  fabrique,  ont  été
de  25  marks  55,  soit  environ,  31  francs  50.

Assurance  contre  Vinvalidité  et  la  vieillesse.
Toute  personne  âgée  de  plus  de  seize  ans  et  qui  Iravaille
  contre  un  salaire  en  espèces,  même  si  ce  salaire
se  monte  à  plus  de  2.000  marks,  soit  2.500  fr.  par  an,
est  obligatoirement  soumise  à  l’assurance  contre  invalidité ­
  et  vieillesse.
Les  employés  (les  personnes  dont  le  travail  est  plus
intellectuel  que  manuel),  ne  sont  soumis  à  cette  obligation ­
  d’assurance,  que  si  leur  traitement,  y  compris  les
prestations  en  nature  (logement,  chauffage,  etc.),  ne  dépasse ­
  pas  2.000  marks,  soit  2.500  francs  par  an.
        <pb n="124" />
        ASSURANCES  GOUVERNEMENTALES

119

Ce  sont  là  les  dispositions  de  principe  de  la  loi  du
13  juillet  1899  qui  a  remplacé  la  loi  du  22  juin  1889.  Cette
loi  touche  donc  l’industrie  cotonnière;  on  peut  même
dire  qu’elle  la  louche  plus  spécialement  encore  que  toutes
les  autres  industries.  Car,  parmi  les  industries  à  la  main,
*1  n’y  en  a  que  deux,  dont  les  ouvriers  soient  soumis  à
1  obligation  de  l’assurance  contre  l’invalidité,  et  parmi
ces  deux  industries  se  trouve  l’industrie  textile.  Il  est
question  ici  des  ouvriers  qui  travaillent  chez  eux,  sur
des  métiers  à  la  main.  Bref,  l’assurance  contre  l’invalidité ­
  et  la  vieillesse  rentre  dans  notre  cadre  pour  la  raison
que  les  ouvriers  cotonniers  de  toutes  catégories  y
sont  soumis,  et  que,  de  par  la  loi,  le  patron  paie  la  moitié ­
  de  la  cotisation  exigée  par  cette  assurance.  La  dépense ­
  qui  résulte  de  cette  obligation  n’est  pas  élevée  non
plus,  ou  du  moins,  on  la  considère  comme  telle  dans  les
bonnes  années.  Elle  équivaut  à  un  peu  moins  de  1  %  des
salaires  (généralement  de  0,8  à  0,9  %  des  salaires).
Là  aussi  les  salaires  sont  divisés  en  classes,  mais  cette
■classification  est  uniforme  et  déterminée  par  l’Administration ­
  de  P  Assurance.

Elle  est  la  suivante  :
Classe  Salaires  annuels
I.  Salaires  jusqu’à  350  marks
II.  »  de  350  à  550  marks
III.  A  de  550  à  850  »
IV.  »  de  850  à  1.150  marks
V.  &amp;gt;,  au-dessus  de  1.150  marks

Cotisation  hebd™
0  mk.  14
0  mk.  20
0  mk.  24
0  mk.  30
0  mk.  36

I.
II.

Soit  en  francs  :
Salaires  jusqu’à  435  francs
»  de  435  à  684  »

Ofr.  17  1/2
0  ir.  25
        <pb n="125" />
        120

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

III.  Salaires  de  684  à  1.055  francs  0  fr.  30
IV.  »  de  1.055  à  1.428  francs  0  fr.  37
V.  »  au-dessus  de  1.428  fr.  O  fr.  45
La  cotisation  hebdomadaire  n’est  pas  due  :  pendant
les  six  semaines  qui  suivent  les  couches,  pendant  les
semaines  de  maladie  entraînant  l’incapacité  de  travail,
et  pendant  le  temps  du  service  militaire.
Tout  assuré  reçoit  un  livret  personnel  contenant,  dans
une  pochette,  une  carte  valable  pour  une  année.  La
carte  et  le  livret  portent  un  résumé  de  l’état  civil  de
l’assuré  et  sa  profession.  La  carte  porte  une  case  distribuée ­
  pour  l’inscription  des  jours  de  maladie  et  de  service ­
  militaire  ;  elle  est  divisée  en  outre  en  52  petits  carrés
destinés  à  recevoir  52  contremarques  gommées  (genre
timbres-postej.  Chaque  semaine,  on  colle  une  contremarque
  de  la  valeur  delà  cotisation  totale  hebdomadaire
dans  un  des  carrés,  en  manière  de  quittance,  et  on  l'oblitère ­
  par  l’inscription  de  la  date.  Les  contremarques
s’achètent  comme  des  timbres-poste  à  l’Administration
ou  à  la  poste,  ou  dans  certains  bureaux  spéciaux.  Quand
la  carte  est  remplie  de  52  contremarques,  ou  dans  un
délai  maximum  de  deux  ans  à  dater  du  jour  de  la  délivrance ­
  de  la  carte,  sous  peine  de  nullité,  on  la  remet
comme  quittance  d  autant  de  semaines  de  cotisation  à
1  Administration  de  l’Assurance,  après  avoir  inscrit  le
nombre  de  jours  de  maladie  ou  de  service  militaire  correspondant ­
  à  la  durée  de  la  carte  dans  la  case  ad  hoc
et  avoir  copié  ces  indications  dans  l’une  des  47  cases
identiques  que  contient  le  livret  de  l’assuré.  En  échange
de  la  carte  remplie,  l’assuré  en  reçoit  une  nouvelle.
La  valeur  des  cotisations  payées  peut  être  remboursée
pour  moitié  dans  trois  cas:  4 U  En  cas  de  mort  d’un
homme  marié,  qui  aurait  payé  sa  cotisation  pendant  au
        <pb n="126" />
        ASSURANCES  GOUVERNEMENTALES

121

rooms  deux  cents  semaines,  à  la  veuve  et  aux  enfants
a gés  de  moins  de  15  ans.  2°  En  cas  d’invalidité  par  accident, ­
  si  la  rente  payée  par  l’assurance  contre  les  accidents ­
  est  plus  élevée  que  celle  à  laquelle  l’assurance
d  invalidité  donnerait  droit  et  si  l'assuré  avait  payé  au
rooins  deux  cents  cotisations  hebdomadaires.
3®  Enfin,  en  cas  de  mariage  d’une  femme  qui  a  payé
au  moins  deux  cents  cotisations  hebdomadaires.
Voyons  à  quoi  donne  droit  l’assurance  contre  l’invalidité ­
  et  la  vieillesse.
D’abord,  elle  est  un  complément  de  l’assurance  contre
ta  maladie.  En  effet,  les  caisses  de  malades  n’ont  pas
toujours  les  moyens  de  faire  de  grandes  dépenses  pour
Un  malade.  Elles  se  bornent  la  plupart  du  temps  à  payer
au  malade  l’indemnité  de  salaire  prescrite  et  à  lui  faire
donner  des  soins  aussi  complets  que  possible  par  leur
médecin.  C’est  déjà  très  beau.  Mais,  il  y  a  des  cas  dans
tasqueis  une  opération  faite  en  temps  par  un  spécialiste,
mie  cure  de  massage,  une  saison  de  bains,  etc.,  peuvent
guérir  radicalement  un  malade  au  lieu  de  ne  le  guérir
ffue  pour  un  certain  temps.  C’est  surtout  le  cas  des  matades
  menacés  de  tuberculose.  Or  les  caisses  de  malades
u’ont  pas,  répétons-le,  les  moyens  nécessaires  pour  ces
dépenses,  et  puis  la  loi  ne  les  y  oblige  pas.  Mais  l’assura
 nce  contre  l’invalidité  à  laquelle  I o  incombent  les  marides ­
  après  26  semaines  d’incapacité  de  travail,  2°  qui,
en  oas  d’incapacité  définitive  est  obligée  de  leur  servir
mie  pension,  cette  assurance,  dis-je,  surveille  les  malades
€n  traitement.  Elle  veille  à  ce  que,  faute  de  soins  énergiques ­
  mais,  hélas,  coûteux,  ces  malades  ne  tombent  pas
a  sa  charge.  Elle  possède  des  hospices  dans  des  stations
balnéaires  ;  des  sanatoria  spéciaux  pour  tuberculeux  et
autres  ;  des  maisons  de  convalescence  ;  des  établissements ­
  de  massage,  des  cliniques.  Ou  bien  elle  a  des  ar-
        <pb n="127" />
        122  L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE
rangements  avec  des  établissements  de  ce  genre.  Elle
assure  aussi  une  alimentation  reconstituante  aux  con
valescents,  même  à  leur  domicile.  Elle  est,  en  un  mot,
la  bonne  grand'mère  des  gens  sérieusement  malades.
Elle  leur  paie  même  l’apprentissage  d’un  autre  metier
s’ils  sont  incapables  de  reprendre  leurs  anciennes  occupations ­
  après  guérison,  notamment  par  exemple  aux
malades  devenus  aveugles.  Ce  faisant,  elle  a  aussi  ses
intérêts  en  vue  ;  car,  quiconque  peut  travailler  et  sub's  e
nir  à  ses  besoins  ne  reçoit  pas  de  pension.  Elle  est  néan
moins  une  institution  admirable,  car  immense  est  U
nombre  de  ceux  qui,chaque  année,  au  lieu  d  être  réduits
à  mendier  ou  a  languir  dans  un  état  de  santé  miséinble
ou  à  être  à  la  charge  de  parents  ou  de  sociétés  de  bienfaisance, ­
  ou  des  communes,  recouvrent  une  santé  suffisante. ­
  peuvent  reprendre  un  rang  dans  l’armée  du  tra\ail
et  gagner  leur  vie.  Puis,  l’assurance  contre  1  invalidité
prend  et  exerce  en  Allemagne  une  grande  influence  sur
la  santé  publique  par  l’initiative  à  laquelle  elle  a  donné
lieu,  de  quantités  d’institutions  hygiéniques,  sanitaires.
Ce  n’est  pas  là  son  moindre  résultat.  Voila  pour  les  gens
curables.
Pour  ce  qui  concerne  ceux  qui  sont  privés  définitivement ­
  de  la  faculté  de  gagner  plus  d’un  tiers  de  ce  que
peut  gagner  une  personne  saine,  placée  dans  les  mêmes
conditions  d’éducation,  que  le  malade  en  question,  elle
leur  sert  une  rente,  à  condition  qu’ils  soient  assurés  depuis ­
  au  moins  deux  cents  semaines,  sur  lesquelles  cent
cotisations  au  moins  auront  été  payées.  Une  autre  condition ­
  est  que  le  malade  ait  été  pendant  au  moins  26  semaines ­
  à  la  charge  d’une  Caisse  de  malades,  et,  bien
entendu,  que  l’invalidité  n’ait  pas  été  provoquée  à  dessein
parle  malade  et  ne  soit  pas  le  résultat  de  blessures  reçues
dans  des  querelles.
        <pb n="128" />
        123

ASSURANCES  GOUVERNEMENTALES

Que  reçoit  l’invalide?
La  somme  qui  constitue  sa  rente  annuelle  se  compose
de  trois  parties  :  I o  Une  somme  fondamentale  correspondant ­
  à  la  classe  dans  laquelle  il  était  assuré,  de  par  son
salaire;  2°  Une  somme  provenant  du  produit  du  nombre
de  semaines  de  cotisations  par  le  coefficient  hebdomadaire ­
  correspondant  à  la  classe  de  salaire  ;  3°  Une  indemnité ­
  fixe,  quelle  que  soil  la  classe  ou  le  cas,  fournie
par  le  Gouvernement,  et  qui  est  de  50marks  ou  62  francs.
Les  coefficients  hebdomadaires  et  les  sommes  fondamentales ­
  sont  les  suivantes,  en  francs;  elles  varient  selon
ïes  régions  :

Classe

Somme  fondamentale

Coefficient  hebdomadaire

I o
II e
III«
IV e
Ve

74.50
87  »
99.50
111.50
124  »

3 7  cent.
75  _
9«  —
12 4  —
14 2  —

Supposons  un  invalide  quia  payé  800  cotisations  dans
Lt  classe  IV,  il  recevra  comme  rente  annuelle  :

Somme  fondamentale,  cl.  IV  111.50
800  cotisations,  cl  IV  à  12 4 ..  99.20
Indemnité  fixe  du  Gouvernement  62  »

Total

272.70

L’est  là  un  exemple  de  calcul  très  simple:  ce  calcul  se
complique  si  l’invalide  a  appartenu  à  diverses  classes
de  salaires,  a  passé  par  des  semaines  de  maladie,  de  service ­
  militaire,  a  dépassé  ou  n’a  pas  atteint  le  minimum
de  5Q0  semaines  de  cotisations,  etc.
        <pb n="129" />
        L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

124

Dans  l’exemple  ci-dessus,  l’assuré  est  devenu  invalide
après  16  années  d’assurance  pendant  lesquelles  il  a  paye
comme  cotisation,  en  tout,  800  X  15  cent.  =  120  francs
(car  son  patron  a  payé  la  deuxième  moitié,  soit  aussi
120  francs  —  de  la  cotisation  totale  de  la  IV o  classe,  qui
est  de  30  centimes  par  semaine).  Pour  ces  120  francs  payés
en  16  ans,  il  reçoit  pour  le  reste  de  ses  jours  une  îcnU
annuelle  de  272  fr.  70,  sans  compter  les  soins  dont  il  a  pu
être  l’objet  avant  son  invalidité.  Grâce  a  la  demi-cotisa
tion  payée  par  le  patron  et  à  la  somme  fixe  de  62  lianes
fournie  par  le  Gouvernement,  celle  assurance  ollic  a
l’ouvrier  des  conditions  d’un  avantage  tel,  qu  à  beaucoup
près,  il  ne  les  trouvera  nulle  part  ailleurs.
Nous  venons  de  voir  ce  qui  concerne  un  ouvrier  devenu ­
  invalide,  d’au  moins  66  %,  à  un  âge  quelconque;
car  dans  l’exemple  choisi,  il  se  pourrait  que  cet  invalide
n’eut  que  33  ans,  s’il  était  assuré  depuis  l’âge  minimum
de  16  ans.
Voyons  ce  que  cette  assurance  devient  pour  la  vieillesse.
Les  conditions  requises  pour  toucher  une  rente  de
vieillesse  sont  :
I o  Avoir  atteint  l’àge  de  70  ans;
2°  Avoir  payé  sa  cotisation  pendant  au  moins  1200
semaines  =  23  ans.
Cette  dernière  condition  n’est  encore  remplie  par  personne, ­
  attendu  que  la  loi  elle-même  n’a  pas  cet  âge,  puisqu’elle ­
  ne  date,  comme  application,  que  du  1 er  janvier
1890.
On  y  remédie  provisoirement  en  diminuant  le  minimum ­
  de  1200  semaines  d’autant  de  fois  40  semaines
que  l’assuré  comptait  d’années  au-delà  de  l’àge  de  40
ans,  au  moment  de  l’entrée  en  vigueur  de  la  loi.
        <pb n="130" />
        ASSURANCES  GOUVERNEMENTALES

125

Par  exemple,  un  ouvrier  né  en  1830  atteint  sa  soixantesixième
  année  en  1900.  Il  avait  60  ans  en  1890,  soit  20  ans
Se  plus  que  40  ans.  On  déduira  donc  dans  ce  cas,  20  fois
40  semaines  =  800  semaines  du  minimum  de  1200,  et  ou
n  exigera  de  lui  que  400  semaines  de  cotisations.
Le  même  calcul,  appliqué  aux  personnes  qui  avaient
atteint  l’àge  de  70  ans  en  1890,  époque  de  la  mise  en  vigueur
  de  la  loi  donnerait  pour  résultat  0  semaine  de  cotisation ­
  exigé  pour  le  paiement  d’une  rente.  Ce  qui  a  été
S  ailleurs  mis  en  pratique.
La  rente  de  vieillesse,  c’est-à-dire  la  somme  annuelle
Payée,  se  calcule  sur  le  nombre  de  semaines  de  cotisations
payées,  multiplié  par  un  coefficient  fixé  par  (’Administration ­
  régionale  et  correspondant  à  chaque  classe  de
salaire.  Ainsi,  par  exemple,  pour  la  :

En  marks  En  francs

I e
II e
III e
IV«
V e

classe,  le  coefficient

60
90
120
150
180

Les  nombres  varient  selon  les  régions.

74.50
111.50
149  »
186  »
223  »

A  la  somme  obtenue  par  ce  calcul,  on  ajoute  une
somme  fixe  de  62  francs  fournie  par  le  Gouvernement.
Supposons  un  ouvrier  né  en  1835.  Il  avait  55  ans  en
1890.  En  1905,  époque  à  laquelle  ayant  atteint  ses  70  ans,
^  demandera  à  être  pensionné,  on  n’exigera  de  lui  que
6 00  cotisations  hebdomadaires.  Admettons  qu’il  en  ait
payé  700,  dont  100  en  III e  classe  ;  200  en  IV®  classe  et
400  en  V«  classe.  Les  100  cotisations  payées  en  trop  seront
déduites  —  de  par  la  loi—sur  la  classe  la  plus  faible,
Soit  sur  la  III e  classe.
        <pb n="131" />
        L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

m

Resteront  donc  :
200  cotisations,  IV o  classe  à  186  =  37.200
400  —  V e  —  à  223  —  89.200
Total....  126.400
à  diviser  par  600,  pour  obtenir  la  moyenne,  soit
210  fr.  60  auxquels  il  faudra  ajouter  les  62  francs  du  Gouvernement, ­
  soit  une  rente  annuelle  de  272  fr.  60.
Pour  obtenir  cette  rente  annuelle  de  272  fr.  60,  il  aura
payé  comme  cotisations  :
100  semaines,  III e  classe  à  15  cent.  =  15  »
200  —  IV e  —  à  18 r&amp;gt;  —  =  37  »
400  —  V e  —  à  22 :;  —  =  90  "*
Il  aura  payé  au  total...  142  »
L’exemple  choisi  est  le  plus  simple  qui  puisse  se  présenter ­
  ;  le  calcul  est  habituellement  compliqué  par  quantités ­
  de  situations  spéciales  qui  se  sont  présentées  dans
la  vie  de  l’assuré.
Evidemment  une  rente  de  272  fr.  60  n’est  pas  élevée,
mais  elle  donne  l’indispensable.  Le  législateur  n’a  pas
cru  devoir  élever  davantage  le  chiffre  des  pensions,  pour
ne  pas  risquer  de  supprimer  toute  émulation  et  tout
besoin  d’épargne  et  d’économie,  La  loi  d’Assurance
d’invalidité  et  vieillesse  est  devenu  très  populaire;  elle
rend  d  immenses  services.
Quelques  chiffres  à  l’appui.
En  1904,  l’assurance  invalidité  et  vieillesse  a  encaissé
pour  vente  de  contremarques  dans  les  40  caisses  régionales, ­
  la  somme  de  154  088.000  marks  (193  millions  de
francs);  ses  recettes  totales  se  sont  montées  (intérêts,  locations, ­
  etc,  compris)  à  193.225.000  marks,  soit  environ
        <pb n="132" />
        ASSURANCES  GOUVERNEMENTALES

127

240  millions  de  francs.  Elle  a  dépensé  en  1904,148.355.000
marks  (185  millions  de  francs),  dont  105.000  000(131  millions ­
  de  francs)  pour  rentes  d’invalidité,  2.634.000  marks
(3.300.000  francs)  pour  indemnités  ou  rentes  provisoires
aux  malades  ayant  dépassé  les  26  semaines  de  maladie  et
considérés  comme  passagèrement  invalides.  Elle  a  payé
^0.868.000  marks  (26  millions  de  francs)  de  rentes  de
vieillesse  ;  elle  a  remboursé  7.858.000  marks  (9.800  000  fr.)
( lc  cotisations  versées,  à  des  ouvrières  qui  se  sont  mariées,
aux  veuves  ou  orphelins  de  membres  décédés,  etc.
Elle  a  utilisé  10.908.000  marks  (13.650.000  francs)  pour
traitements  spéciaux  de  malades  ainsi  qu’il  a  été  expliqué.
Les  malades  tuberculeux  ont  absorbé  environ  les  deux
Hers  de  celte  somme.  Enfin,  à  fin  1904,  la  fortune  de  ¡’administration ­
  de  l’assurance,  c’est-à-dire  son  fonds  de  réserve ­
  légal,  se  montait  à  1.160.405.000  marks  (1.440.000.000
( le  francs),  dont  environ  675  millions  en  espèces  et  va-|eurs,
  le  reste,  en  prêts  aux  communes,  hypothèques  et
immeubles.  La  loi  exige  cette  colossale  réserve  pour  que
1  assurance  puisse  faire  face  aux  nécessités  en  cas  de
guerre.

Depuis  1891  jusqu’à  fin  1905,  elle  a  fait  droit  à
1-292  833  demandes  de  rentes  d’invalidité  définitives  ;  à
"&amp;gt;1.578  demandes  d’invalidité  provisoire  (après  26  semaines ­
  de  maladie),  et  à  437.894  demandes  de  rente  de
Vl eillesse,  ensemble  1.785.305  cas,  dans  lesquels  elle  a
accordé  une  rente.

Lu  fait  qui  prouve  à  quel  point  dix  années  de  pratique
°m  rendu  populaire  la  loi  d'assurance  d’invalidité,  est,
( |Ue  la  loi  du  22  juin  1889  concernant  cette  assurance  et
fiui  était  dénommée  alors  «  Loi  sur  l’assurance  contre
invalidité  et  la  vieillesse  »  n’avait  été  votée  qu’à  20  voix
e  majorité.  Elle  avait  rencontré  à  ses  débuts,  passablement
  de  mauvaise  volonté;  les  socialistes,  notamment,
        <pb n="133" />
        128

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

lui  étaient  franchement  hostiles.  Peu  à  peu,  on  la  comprit,
on  en  sentit  les  avantages  incontestables  et  elle  entra
dans  les  habitudes  de  tous  les  intéressés.  Ses  lacunes
furent  notées  ;  dans  les  critiques  qui  ne  lui  furent  pas
épargnées,  il  en  était  qui  avaient  du  fond.  Peu  à  peu,  les
observations  faites  au  cours  de  la  pratique  journalière
aidant,  on  prépara  un  nouveau  texte,  plus  avantageux
sur  bien  des  points  pour  les  assurés.  Et  le  résultat  fut
que  la  loi  du  13  juillet  1899  dénommée  «  Loi  contre  l’invalidité ­
  ))  tout  court,  et  bien  qu  elle  règle  aussi  les  rentes
de  vieillesse,  fut  votée  à  la  presque  unanimité.  Pour  la
première  fois,  le  parti  socialiste  adhérait  à  une  loi  de
politique  sociale.
Celte  loi,  répétons-le,  a  une  portée  considérable.  On
lui  attribue  une  diminution  notable  de  la  mortalité  générale. ­
  Il  est  de  fait  que,  si  l'on  considère  le  pour  cent  des
décès  depuis  1850  jusqu’en  1884,  on  voit  que  la  mortalité
de  261/2  0/00  en  1851.  était  de  27.2  0/00  en  1885  ;  pendant
ces  34  années,  elle  était  montée  trois  fois  au-dessus  de
30  0/00  et  six  fois  au-dessus  de  29  0/00,  mais  son  minimum ­
  avait  été  de  25,2  0/00,  et  elle  n’était  descendue  que
trois  fois  au-dessous  de  27  0/00.  Or,  dès  1887,  la  mortalité ­
  descend  à  26,6  0/00.  La  loi  d'invalidité  n’existait  pas
encore,  car  elle  date  de  1889,  mais  l’assurance  contre  la
maladie,  premier  pas  dans  cette  voie,  fonctionnait  depuis ­
  1885.  De  1887  à  1893,  le  pour  cent  de  mortalité  oscille ­
  entre  25  et  25,6  0/00.  Il  tombe  à  23,5  pour  mille
dès  1894;  et,  sans  plus  jamais  atteindre  ce  chiffre,  descend ­
  à  21,8  en  1901;  21,1  en  1903  et  enfin,  se  réduit  à
20,7  pour  mille  en  1904.  Voyons  ce  qui  concerne  spécialement ­
  la  phtisie  pulmonaire.
La  statistique  officielle  porte  sur  les  villes  d’Allemagne
ayant  plus  de  15.000  habitants  ;  elle  part  de  1879.  A  cette
époque  les  villes  de  plus  de  15.000  habitants  avaient
        <pb n="134" />
        ASSURANCES  GOUVERNEMENTALES

129

ensemble7.636.167  habitants;  la  phtisie  pulmonaire  causait ­
  27.287  décès,  soit  3,6  pour  mille;  les  maladies  ai-Suës
  des  organes  respiratoires  produisaient  en  même
tern ps  23.574  décès,  soit  3,1  pour  mille,  ensemble  6,7  pour
mille.
Eix  ans  après,  en  1889,  la  population  des  villes  de
plus  de  15.000  habitants  atteignait  un  total  de  10.918.431
habitants.  Les  décès  par  phtisie  pulmonaire  étaient  de
33.178,  soit  3  pour  mille.  Ceux  causés  par  les  maladies
ai guës  des  organes  respiratoires  étaient  de  31.204,  soit
^&amp;gt;9  pour  mille  ;  ensemble  5,9  0/00.
Enfin,  en  1904,  sur  19.953.148  habitants  que  comptaient
,es  villes  de  plus  de  15.000  habitants,  la  phtisie  causait
33.148  décès  et  les  maladies  aiguës  45.862,  soit  d’une
part  p 0ur  mille  e t  d'autre  part  2,3  pour  mille.  Récapitulons. ­


Année

1879
1839
1904

Phtisie  pulmonaire

3 e
30
10

Différence
16«  0/0
36«  °/o

Maladies  aiguës
des  organes  respiratoires

31
2 9
2«

Différence
6&amp;lt;  %
20«  °/o

Ensemble

61
5«
42

Différence
11«  °/o
28«  •/„

E°nc,  pendant  la  période  de  dix  années  qui  a  précédé
a  loi  d’invalidité,  la  phtisie  avait  rétrogradé  de  16,6  0/0,
es  maladies  aiguës  de  6,4  %  en  moyenne,  ensemble
ll -B  %  de  diminution.
Et  pendant  la  période  de  15  années  qui  suit  la  mise  en
^gueur  de  cette  loi,  nous  voyons  la  phtisie  diminuer  de
’h  %  ;  les  maladies  aiguës  des  organes  respiratoires
e  39,6  %,  ensemble  en  moyenne,  de  28,6  pour  cent.
        <pb n="135" />
        130

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

Une  autre  statistique  constate,  d’après  chiffres  officiels
que,  pendant  la  période  de  quatre  années  de  1897  a  1900,
la  phtisie  a  fait  30.265  victimes  de  moins  que  pendant  la
période  de  1892  à  1895  embrassant  quatre  années  également. ­
  Or,  en  1895  la  population  de  l’Allemagne  n’était
que  de  52.280.000  habitants,  tandis  quelle  en  comptait
56.367.000  en  1900.

Autrefois,  l’invalide  était  à  la  charge  de  sa  famille  on
de  la  commune;  du  moins,  celui  qui  devenait  incapable
de  travailler  par  suite  de  l  äge,  par  suite  de  maladie,  on
d’accident  n’ayant  rien  à  voir  avec  son  industiie.
était  mal  vu,  même  des  siens,  souvent.  Aujouul  hui,
grâce  à  sa  petite  pension,  on  a  changé  de  sentiments  poui
lui  ;  on  l’apprécie.  Il  peut  finir  ses  jours  sans  ameitume.
L’ouvrier  participe  à  l’administration  de  cette  assu
rance.  Il  est  représenté  dans  l’administration  des  caisses
d’arrondissement,  des  caisses  régionales;  d’autre  paît,
dans  les  tribunaux  d’expertise,  et  même  au  tribunal  d  ex
pertise  central.
Il  a  sa  part  de  responsabilité  dans  le  fonctionnement
de  cette  machine  très  compliquée  et  dans  les  résultats
qu  elle  donne.  Il  se  rend  compte  de  la  quantité  de  tia
vail  et  de  bonne  volonté  dépensée  dans  l'intérêt  popu
laire  et  il  peut  contrôler  dans  tous  ses  détails  1  emploi
qui  est  fait  des  deniers  versés  par  les  travailleurs.  Celte
coopération  a,  paraît-il,  les  plus  heureux  résultats  an
point  de  vue  du  succès  et  de  la  popularité  de  cette  assurance. ­


Les  simulations,  dans  le  but  d’obtenir  une  pension
sont  moins  nombreuses  et  ont  moins  d’importance  qu  on
pouvait  le  craindre  dans  l’origine.  Elles  se  produisent
plutôt  dans  le  but  de  faire  augmenter  le  chiffre  d  une
pension  et  ceci  concerne  davantage  l’assurance  contre
les  accidents.
        <pb n="136" />
        ASSURANCES  GOUVERNEMENTALES

131

Mais,  d’une  part,  les  rentes  d’invalidité  sont  relativement ­
  peu  importantes  ;  de  sorte  qu’un  homme  valide
encore  les  recherche  d’autant  moins,  que  celui  qui  obhent
  une  pension  ne  paie  plus  de  cotisation  ;  donc  sa
carte-quittance  lui  est  retirée.  Et  il  a  bien  peu  de  chances
d  obtenir  du  travail  sans  la  présentation  de  sa  carte,
par  conséquent,  d’avoir  l’occasion  de  gagner  un  salaire
convenable  en  outre  de  sa  pension.  Tant  qu’il  est  valide,
1  ouvrier  tend  en  général  beaucoup  plutôt  à  éviter  d’être
pensionné.
Les  industriels  reconnaissent  certainement  les  bons
effets  de  la  loi  d’assurance,  puisque,  loin  de  chercher  à
1  entraver,  et  malgré  le  supplément  de  dépenses  qu’elle
représente  pour  eux,  un  grand  nombre  d’entre  eux,  soit
Sociétés  par  actions,  soit  affaires  privées,  fondent  des
caisses  de  pension  destinées  à  compléter  celles  servies
Par  l'Etat  et  proportionnellement  au  nombre  d’années
passées  par  l’ouvrier  dans  l’établissement.  Une  statistique
evalué  à  27  millions  de  marks  (33.800.000fr.)  les  sommes
données  par  l’industrie  allemande  dans  ce  but  ou  pour
des  œuvres  analogues,  en  1898.  En  1899,  ces  donations
atteignaient  39  millions  de  marks  (48.750.000  fr.)  ;  et  près
de  50  millions  de  marks  (62.500.000  fr.)  pour  les  10
Premiers  mois  de  1903.
Lisons  encore  que  cette  loi  a  cherché,  dans  la  mesure
dupossible,  à  enrayer  l’importation  d’ouvriers  étrangers,
0tl  ce  qu’une  décision  du  21  février  1901  oblige  le  patron
a  payer  entièrement  les  cotisations  concernant  les  ou-'
 llers  étrangers  qu’il  occupe  et  que  la  loi  l’oblige  à  assulei
 '  sur  le  même  pied  que  les  nationaux.
Lniin,  les  capitaux  immenses  dont  dispose  l’administration
  de  l’Assurance,  permettent  ou  facilitent  la  construction ­
  et  l’installation  de  logements  populaires  à  bon
Marché,  de  maisons  de  convalescence,  bains  populaires,
        <pb n="137" />
        L'INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

132

asiles  divers.  Au  1 er  janvier  1903,  l’Assurance  avait  prêté
103  millions  1/2  de  marks,  soit  plus  de  128  millions  de
francs,  rien  que  pour  la  construction  de  maisons  ouvrières. ­

Les  deux  tableaux  suivants  donneront  quelques  cliitires
  sur  les  maladies  qui  ont  donné  lieu  à  des  pensions ­
  dans  environ  150.000  cas.  La  statistique  olficielle
à  laquelle  ces  chiffres  sont  empruntés  fait  remarquer
que  la  classification  des  maladies  y  est  faite,  pour  la  première ­
  fois,  selon  le  principe  posé  par  M.  Bertillon,  c’està-dire
  «  classer  les  maladies  d’après  leur  siège  anato-«
  mique  et  non  d’après  leur  nature,  r,
Puis  aussi,  l’indication  des  frais  auxquels  donne  lieu
le  traitement  des  malades  et  l’origine  de  ces  dépenses  :
I o  Pour  les  tuberculeux,  2°  Pour  d’autres  maladies.
        <pb n="138" />
        mmmmmast

ASSURANCES  GOUVERNEMENTALES

CLASSIFICATION  DES  PENSIONNÉS  PAR  GENRE  DE  MALADIE  ET  PAR  SEXE

CAUSES
D’INVALIDITÉ

Nombre  îles  cas
île  maladie

hommes

articulaire,

1:1:

Proportion
sur  1.000  cas

Llassincalioi
par  rang  de
fréquence

hom.  fem.

femmes

hommes  femmes

12.284

5.489

10"

50

7.361
2.628
14.002
1.050
1.799
683

3.142
770
2.786
374
760
231

122

22

25

20

1.373
3.360
881

20

2::

513
974
2.291
187

2.900
2.294
5.288
423

20

26

4.977
539

26

27

4,524
3.029

23.507
5.959

205

124

587
1.150

22

905
3.628

1.233

404

218
3.020
1.281

485

297

24

820

1.448

2.093

1.092

0.733

2.463

T  RAUMATISME
Blessures  par  accident  mécanique ­


2.764

685

Ensemble  114.581  26.502  1.000  1.000

affections  générales
Epuisement,  anémie,  vieil
lesse
Rhumatisme
goutte
Rhumatismes  musculaires
Tuberculose  pulmonaire.
—  d’autres  organes
Cancer  et  analogue
Diverses
AFFECTIONS  LOCALES
Maladies  mentales
Apoplexie,  etc
Epilepsie  et  analogues
Maladies  de  la  moelle  épinière ­

Maladies  nerveuses
—  des  yeux
—  des  oreilles
—  des  voies  respira
toires
Maladies  de  la  plèvre
—  des  poumons  (ex
tuberculose)
—  du  cœur  et  grands
vaisseaux
Maladies  de  la  circulation
et  glandes
Maladies  de  l'estomac
—  intestin  foie  et
rate
Maladies  autres,  de  la  digestion ­

Maladies  hernies
—  des  reins
—  de  la  vessie  et
organes  génitaux
Maladies  de  la  peau  et
tissus  sous  cutanés
Maladies  des  organes  de
locomotion
        <pb n="139" />
        134

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

Depense  Totale
Oceasionnnée
en  Marks

Total

Femme

Hommes

0/0

Nombre
de  malades

a  -S

0/0

è.  ä  S

■£  a-a

Nombre
de  malades

S  «

^  w  53  m

0/0

in  o

Nombre
de  malades

A  f

o/o

CO  s

&amp;amp;

AV

Nombre
de  malades

¿¡.3

0/0

!!•  m : r

Nombre^
de  malades

9  3

3  U

&amp;gt;  f

0/0

Nombre
de  malades

CO  r—4

4

ANNEES
        <pb n="140" />
        ASSURANCES  GOUVERNEMENTALES

135

Assurance  contre  les  Accidents
L  obligation  de  l’assurance  contre  les  accidents  a  été
posée  en  principe  par  la  loi  du  6  juillet  1884.  Cette  loi  a
e te  remaniée  et  élargie  après  seize  ans  de  pratique  et  a
ia it  place  à  la  loi  du  30  juin  1000.
L’organisation  de  l’assurance  contre  les  accidents  est
toute  spéciale  ;  au  fond,  c’est  une  assurance  mutuelle.
Alsace  non  comprise,  l’Allemagne  est  divisée  en  110
groupes  d’assurance  contre  les  accidents,  dont  65  groupes
industriels  et  45  groupes  agricoles.  Les  industries  se  rattachant ­
  au  travail  du  coton  et  de  la  laine  sont  groupées
ensemble  (le  lin  et  la  soie  sont  groupés  chacun  pour  soi,
séparément)  et  se  divisent  en  cinq  sections  embrassant
chacune  une  certaine  région  ;  elles  portent  le  nom  d’association ­
  corporatives  textiles.  Il  y  a  l’association  corpor
 ative  textile  du  Sud  de  l’Allemagne  qui  comprend  le
Grand-Duché  de  Bade,  le  Wurtemberg  et  la  Bavière;  celle
dn  Nord  de  l’Allemagne,  l’association  Saxonne,  l'association ­
  Silésienne,  et  enfin  l’association  corporative  lextile
  de  Prusse  rhénane  et  Westphalie.
Les  cinq  associations  textiles  embrassaient  en  1904,  le
nombre  de  11.091  fabriques  ou  installations  assimilées,
Occupant  635.474  personnes,  recevant  448.263.000  marks
( j e  salaires  annuels,  soit  555  millions  de  francs  environ.
Les  chiffres  comprennent  non  seulement  les  filatures  et
lissages  de  laine  et  coton,  mais  toutes  les  industries  travaillant ­
  du  coton  ou  de  la  laine  principalement,  telles
c l lle  bonneteries,  tulle,  broderie,  passementerie,  etc.,
e to.,  comme  aussi  les  métiers  accessoires  représentés
dans  ces  fabriques.
D °it  être  assuré  contre  les  accidents  du  travail,  tout
        <pb n="141" />
        136

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

ouvrier,  ou  employé  s’occupant  de  l’exploitation,  et  dont
le  traitement  ou  salaire  annuel  ne  dépasse  pas  3.000
marks,  soit  3.720  francs,  lorsqu’il  travai  11  le  dans  une  fabrique ­
  qui  occupe  habituellement  au  moins  dix  ouvriers
et  qui  est  mue  par  la  vapeur,  l’eau,  l’électricité,  le  gaz,
le  vent,  l’air  chaud  ou  la  traction  animale.  Le  salaire
annuel  moyen  se  calcule  en  prenant  300  fois  le  salaire
journalier  moyen.
Les  associations  corporatives  fonctionnent  comme
sociétés  d’assurances  ;  elles  possèdent  la  personnalité
civile  et  sont  complètement  indépendantes  au  point  de
vue  administratif;  elles  fixent  elles-mêmes  la  teneur  de
leurs  statuts,  mais  doivent  les  présenter  à  l’acceptation
de  l’administration  centrale  des  assurances  gouvernementales. ­

Les  Associations  corporatives  sont  administrées  par
un  Comité  nommé  par  l’Assemblée  générale  de  l’association. ­
  Ce  Comité  est  habituellement  nommé  pour  six
années  ;  il  est  renouvelable  par  tiers  tous  les  deux  ans.
Entre  autres,  il  nomme  parmi  les  industriels,  une  Commission ­
  chargée  de  fixer  le  montant  des  indemnités  dans
les  divers  cas  d’accidents  ;  il  veille  à  l’application  des
appareils  de  sûreté  prescrits  et  à  l’observation  des  mesures ­
  de  prudence  spécifiées  par  les  règlements  et  concernant ­
  le  maniement  des  diverses  machines  en  usage,
et  peut  prononcer  des  amendes  pouvant  aller  jusqu’à
1.240  francs,  contre  les  industriels  qui  n’observent  pas
ces  iecommandations.  11  décide  des  mesures  à  prendre
pour  surveiller  les  blessés  en  traitement  ou  convalescence, ­
  des  recours  à  exercer  contre  ceux  dont  la  négligence ­
  a  causé  un  accident,  etc.
Les  ouvriers  ne  sont  pas  membres  des  associations  ;
ils  ne  paient  pas  de  cotisation  et  ne  supportent  aucune
des  charges  ;  les  cotisations  sont  payées  par  les  patrons
        <pb n="142" />
        ASSURANCES  GOUVERNEMENTALES

137

seulement  et  leur  taux  —  variable  selon  les  industries  —
est  fixé  par  le  Comité.  Les  ouvriers  supportent  cependant ­
  une  partie  des  dépenses  causées  par  les  accidents
e^r  les  blessés  sont  soignés  pendant  les  treize  premières
semaines  aux  frais  de  la  Caisse  des  malades  à  laquelle
ds  appartiennent  et  ils  reçoivent  de  celle-ci  l'indemnité
Journalière  fixée.
Un  blessé,  ou  le  cas  échéant,  les  membres  survivants
de  sa  famille  n’ont  droit  à  aucun  des  avantages  que  procure ­
  l’assurance  contre  les  accidents,  si  cet  accident  a
etc  causé  volontairement  parle  blessé.  Toutefois  même
Sl  l’accident  s’est  produit  par  la  faute  évidente  du  blessé
et  même  par  suite  de  sa  très  grande  imprudence,  l’assulan
 ce  paye,  s’il  n’y  a  aucune  préméditation  prouvée.
U  assurance  peut  aussi  refuser  totalement  toute  indemmié
  ou  n’en  accorder  qu’une  partie  lorsque  l’incapacité
de  travail  ou  l’invalidité  ont  été  produites  au  cours
d  actes  punis  par  la  loi  (querelles,  batailles,  vol,  etc.),
I e  refus  peut  également  être  décidé,  si,  par  la  faute  du
Idessé  (son  absence  ou  autre  cause  à  lui  imputable),  une
enquête  sur  les  causes  de  l’accident  est  rendue  impossible.
Ua  cotisation  à  payer  parles  membres  de  l'association,
dépend  des  frais  occasionnés  au  cours  de  l’année  précédente ­
  par  les  rentes,  les  indemnités  à  payer,le  traitement
des  blessés,  par  l’administration  de  l’assurance,  etc.,  etc.,
eu  un  mot,  celte  cotisation  dépend  du  total  des  dépenses
de  l’année  écoulée.  Ce  total  est  d’abord  divisé  parle
Nombre  des  membres  associés.  Si  toutes  les  branches  d  industrie ­
  représentées  dans  l’Association  avaient  les  mêmes
lls ques  d’accidents,  les  parts  seraient  égales,  à  salaire
a Unuel  égal,  et  chaque  membre  aurait  la  même  cotisad°n
  a  payer  pour  un  même  salaire.  Mais  il  n'en  est  pas
a msi,  à  beaucoup  près.  En  effet,  l’expérience  a  enseigné
( lue  par  exemple,  l’industrie  de  la  bonneterie  mécanique
        <pb n="143" />
        138

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

est  moins  sujette  à  accidents  quand  elle  est  isolée,  que
lorsqu’elle  est  compliquée  de  teinture,  tou  läge  et  grattage, ­
  que  même  dans  ce  dernier  cas,  elle  donne  encore
lieu  à  moins  d’accidents  qu’un  tissage  mécanique,  lequel
est  moins  dangereux  qu’un  retordage,  même  lorsque  celui-ci ­
  n’est  pas  accompagné  de  blanchiment,  teinture  et
apprêt,  que  ce  retordage  même  avec  blanchiment,  teinture ­
  et  apprêts  produit  annuellement  moins  d’accidents
qu'une  filature  de  coton,  et  qu’une  installation  électrique
dépasse  encore  cette  dernière  industrie,  en  dangers  pour
les  ouvriers  D’où,  des  coefficients  de  dangers,  dont  il
est  tenu  compte  dans  le  calcul  des  primes,  c’est-à-dire
des  cotisations  annuelles  à  payer.  Par  exemple,  le  coefficient ­
  de  la  bonneterie  est  de  10  si  elle  est  isolée,  de  25  si
elle  est  accompagnée  de  teinture,  foulage,  grattage.  Un
tissage  mécanique  est  coté  à  30,  le  retordage  seul  a  le
chiffre  40,  mais  il  monte  à  70  s’il  possède  blanchiment,
teinture  et  apprêts.  La  filature  de  coton,  avec  retordage
(ou  sans  retordage)  est  cotée  à  100,  et  l’installation  électrique ­
  à  125.
Il  est  à  remarquer  que  ces  coefficients,  vérifiés  chaque
année,  ne  varient  pour  ainsi  dire  pas,  pour  une  même
industrie  ;  la  même  proportion  d’accidents  se  reproduit
toujours  à  peu  de  chose  près.  Si  par  hasard  elle  venait  à
varier,  le  coefficient  serait  changé  après  quelques  années,
constatant  la  stabilité  de  cette  variation.  Dans  une  même
branche  d’industrie,  il  peut  être  attribué  à  l’un  ou  l'autre
fabricant,  un  coefficient  plus  fort,  si  la  statistique  prouve
que  son  usine  est  notablement  et  constamment  plus
dangereuse  que  la  moyenne.
Le  chiffre  des  salaires  payés  entre  naturellement  en
ligne  de  compte  pour  la  fixation  des  cotisations,  et  tout
naturellement  aussi,  la  cotisation  est  proportionnelle  à  ce
chiffre.
        <pb n="144" />
        ASSURANCES  GOUVERNEMENTALES

139

Pour  fixer  les  idées,  disons  que  celle  cotisation  atteint
environ  1  %  des  salaires  dans  une  filature  et  autour  de
1/2  %,  dans  un  tissage.
Lorsqu’un  accident  arrive,  le  patron  du  blessé  avise
aussitôt  l’association  et  la  police,  par  écrit.  Il  a  trois
jours  pour  faire  celte  déclaration  quand  l’accident  est
bénin  ;  car  celte  déclaration  n’est  exigée  que  pour  des
accidents  ayant  pour  résultat  une  incapacité  de  travail ­
  de  plus  de  trois  jours.  La  déclaration  à  l’association
se  tait  sur  feuille  spéciale.  Le  blessé  est  soigné  aux  frais
( lc  la  Caisse  des  malades  de  l’établissement  où  il  travaillait, ­
  pendant  treize  semaines  ;  il  reçoit  de  celte  même
caisse,  s’il  est  traité  à  son  domicile,  la  moitié  de  son  salaire ­
  pendant  les  quatre  premières  semaines  :  puis,  à
Partir  de  la  cinquième  semaine  jusqu’à  la  fin  de  la  trei-Zle
 me  semaine,  il  reçoit  les  deux  tiers  de  son  salaire.  La
différence  entre  les  2/3  du  salaire  et  l’indemnité  statutaire ­
  accordée  par  la  Caisse  des  malades  à  laquelle  appartient ­
  le  blessé  (habituellement  la  moitié  du  salaire)
est  a  payer  par  le  patron  du  blessé.  Si  le  blessé  est  traité
a  1  hospice  et  est  marié,  il  reçoit  le  quart  de  son  salaire
d  abord,  c’est-à-dire  pendant  4  semaines,  puis  le  tiers
Jusqu’à  la  fin  de  la  treizième  semaine.
Après  la  treizième  semaine,  l’Association  prend  la
place  de  la  Caisse  des  malades.  Entre-temps,  elle  a  fait
s ° u  enquête  et  elle  s’est  renseignée  sur  les  suites  probables ­
  de  l’accident.  Si  le  blessé  est  encore  en  traitement,
*  association  demande  habituellement  à  la  Caisse  des
Malades  qui  l’a  traité  jusqu’alors,  de  continuer  le  traitement ­
  aux  frais  de  l’association.  Cependant,  si  l’associad°n
  corporative  estime  que  le  blessé  sera  mieux  soigné
Par  ses  médecins  à  elle  ou  pour  toute  autre  cause,  elle
Peut,  à  partir  de  celte  treizième  semaine,  se  substituer
entièrement  à  la  Caisse  des  malades.  Lorsque  le  blessé
        <pb n="145" />
        140

L'INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

est  rétabli  —  que  ce  soit  avant  ou  après  la  treizième  semaine ­
  —,  il  est  examiné  par  les  médecins  de  l’association
et  par  la  Commission  spéciale  dont  il  a  été  question  précédemment. ­
  Si  cela  est  jugé  nécessaire  pour  parfaire  sa
guérison,  il  est  envoyé  soit  aux  bains,  soit  dans  un  établissement ­
  mécano-thérapeutique,  maison  de  convalescence, ­
  etc.  Puis  il  est  examiné  à  nouveau,  et  le  degré  de
son  invalidité  —  s’il  y  a  lieu  —  est  taxé  en  pour  cents  de
l’invalidité  totale,  et  ce,  selon  des  tarifs  que  1  expérience
a  aidé  à  établir.  L’invalidité  une  fois  taxée,  on  en  déduit
la  rente  annuelle  à  payer  au  blessé,  en  partant  de  cette
base,  que  l’invalidité  totale,  c’est  à-dire  decent  pour  cent
donne  droit  aux  deux  tiers  du  montant  du  salaire  annuel
moyen  du  blessé  avant  l’accident.  Cependant  si  ce  salaire ­
  dépassait  1.500marks,  1.860  francs,  la  partie  de  salaire ­
  qui  dépasse  cette  somme  n’est  comptée  que  pour
un  tiers.  Ainsi,  2.100  marks  par  exemple  ne  comptent
que  1.500  -j-  -^-=1.700  m.  Puis  onnotiiie  la  décision.  Le
blessé  a  deux  semaines  pour  réclamer  contre  la  décision
de  la  Commission.  S’il  réclame,  on  examine  son  cas  a
nouveau  et  on  lui  fait  connaître  ce  qui  a  été  décidé.  S’il
n  est  pas  encore  satisfait,  il  a  un  mois  pour  en  appeler
au  tribunal  des  experts.  Celui-ci  se  compose  d’un  jugeexpert
  du  gouvernement,  de  deux  délégués  patrons  cl
de  deux  délégués  ouvriers.  Si  le  jugement  de  ceux-ci  ne
convient  pas  encore  au  blessé,  il  peut  encore  s’adresser
dans  le  délai  d’un  mois  et  en  appeler  au  Tribunal  cential
  des  Assurances  gouvernementales,  mais  seulement
s  il  s  agit  d  invalidité  définitive.  Il  décide  sans  appel  En
cas  de  désir  du  blessé  de  recevoir  le  capital  de  la  rente  qui
lui  a  été  attribuée  l’assurance  peut  faire  droit  à  sa  demande
dans  le  cas  où  le  degré  d'invalidité  auquel  il  a  été  taxé
lui  donne  droit  au  plus,  à  15  %  de  la  rente  à  laquelle  il
        <pb n="146" />
        ASSURANCES  GOUVERNEMENTALES

111

a ui  ait  pu  prétendre  si  les  suites  de  l’accident  avaient  déterminé ­
  l’invalidité  complète.  En  d’autres  termes,  on
n  acceptera  de  lui  verser  le  capital  que  si  la  rente  est  au
maximum  égale  à  15  %  des  deux  tiers  de  son  salaire  an
n uel  moyen  avant  l’accident.  Avant  de  déférer  au  désir
blessé,  on  lui  notifie  encore  spécialement,  qu’après  le
paiement  du  capital,  il  n’a  plus  droit  à  rien,  en  aucun
cas.  De  plus,  il  est  fait  une  enquête  sur  sa  situation  et
les  raisons  qui  peuvent  motiver  cette  demande.
La  rente  n’est  pas  payée,  lorsque  son  titulaire  est  en
prison  pour  plus  d’un  mois,  et  pendant  tout  le  temps  de
s °n  incarcération.
Pendant  cinq  années  à  partir  de  la  décision  qui  a  fixé
définitivement  le  chiffre  d’une  rente  à  servir,  l'administration ­
  de  l’assurance  a  le  droit  de  modifier  le  montant
de  la  rente  en  cas  d’amélioration  de  la  situation  du
blessé.  Réciproquement,  le  blessé  a  le  droit  de  demander ­
  une  augmentation  de  sa  rente  en  cas  de  diminution
de  sa  validité.  A  ce  sujet,  il  peut  être,  dès  l’origine,  fixé
des  conditions  entre  l’assurance  et  le  blessé.
Après  cinq  années,  rien  ne  peut  être  modifié  de  part
e t  d’autre  sans  décision  spéciale  du  tribunal  d’exper-Üse.

Le  montant  des  rentes  est  payable  dans  les  bureaux
de  poste.
Lu  cas  de  mort  du  blessé,  sa  famille  reçoit:  1°  Une
indemnité  d’enterrement  égale  au  1/15=  du  salaire  annuel
moyen  du  défunt  et  cette  somme  ne  peut  être  inférieure  à
°0  marks  ou  62  francs  ;  2°  la  veuve  reçoit  pour  la  durée  de
son  veuvage,  ou  à  vie,  une  rente  égale  à  20  %  du  salaire
ar muel  moyen  ;  chaque  enfant  au-dessous  de  15  ans  en
le Çoit  autant,  sans  que  le  total  de  ces  rentes  puisse  dépasser ­
  60  %  de  ce  salaire.  Dans  ces  limites,  les  parents
° u  grands  parents  du  défunt  reçoivent  également  20  %,
        <pb n="147" />
        142

L’INDUSTRIE  COTON  N  IK  UE  EN  ALLEMAGNE

s’ils  étaient  à  sa  charge,  et  sont  incapables  de  travailler. ­

Tout  ce  qui  précède,  en  cas  de  mort  du  blessé,subsiste
dans  le  cas  où  il  s’agit  de  la  mort  par  accident  d’une  mère
de  famille  qui  faisait  vivre  les  siens  ;  même  le  veuf  invalide ­
  reçoit  dans  ce  cas  les  20  %.
Tout  ce  qui  a  été  dit  au  sujet  des  recours  contre  les
décisions  de  la  Commission  de  l’assurance,  et  du  tribunal ­
  des  experts  pour  un  blessé,  s’applique  au  cas  de
mort.
La  veuve  qui  se  remarie  reçoit  une  fois  pour  toutes,
60  %.
Observons  encore  que,  s’il  y  a  nécessité  qu’un  blessé
soit  soigné  dans  une  clinique  ou  hospice  spécial,  sa  famille ­
  reçoit  pendant  le  temps  que  dure  ce  traitement  les
mêmes  indemnités  ou  rentes  quelle  aurait  reçues  en  cas
de  mort  du  blessé.
Dans  le  cas  où  un  ouvrier  blessé  n’avait  pas  été
assuré  par  son  patron  selon  les  prescriptions  de  la  loi,
le  patron  aurait  à  prendre  à  sa  charge  tous  les  frais  de
traitement  et  d  indemnité  pendant  les  treize  premières
semaines.
Le  tableau  suivant  donnera  une  idée  des  opérations  des
associations  corporatives  textiles  en  1903  et  1904.
        <pb n="148" />
        I

ASSURANCES  GOUVERNEMENTALES

143

Associations  corporatives  textiles
CHIFFRES  principaux  pour  les  ANNÉES  1903  ET  1904

DÉSIGNATION
des
ASSOCIATIONS
textiles

¿•?£s
SR::
¿tas

.038  121.396  109.000.(XX)
2.085  123.089  112.000.000

«

S8::

III.

Silé-Sfr



a»
%:

"Saxe
i«::

lr|

Salaires
payés
annuellement
en  francs

Nombre
d’accidents

1.014
1.046

508
501

2.511
2.618

4.680
4.841

104.101
104.637

56.238
50.691

133.613
135.043

213.460
216.014

88.000.000
90.400.000

36.000.000  581
37.100.000  648

2272
2427

1373
1502

132.000.000
134.600.000

174.000.000
181.500.000

2129
2378

2208
2285

Recettes
annuelles
totales
en  francs

Dépenses
annuelles
totales
en  francs

Capital
de
réserve
en  francs

980.000  931.000
1.007.000  1.011.500

637.000
661.500

2  332.500
1  344.500

636  000
662.000

2.000.000
2.160  000

1.390.000
1.497.000

331.000
343.000

1.030.000  1.032.500
1.047.000  1.065.000

il.137.000
¡1.168.000

579.000
631.000

1.925.000
2.100.000

1.120.000  1.891.000
1  165  000  2.061.000

Les  frais  d’Administration  ont  clé  dans  l'ordre  des  A’ us  :
1904  eil T  francs  :
190g  Ï'  100.200.  —  II.  58.400.  -  III.  32.700.  —  IV.  78.000.  —  V.  80.500  fr
’  r  97.100.  -  II.  69.000.  -  III.  39.300.  -  IV.  79.500.  —  V.  80.200  fr
        <pb n="149" />
        144

l’industrie  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

Tous  les  moyens  sont  mis  en  œuvre  pour  parfaire  la
guérison  des  blessés,  pour  tâcher  de  leur  rendre  1  usage
complet  de  leurs  membres,  et  de  leur  permettre  de  gagnci
leur  vie  comme  par  le  passé.  L  assurance  contre  les  accidents, ­
  lorsqu’elle  ne  possède  pas  les  institutions  nécessaires, ­
  telles  que  celles  de  mécano-thérapeutique,  massage, ­
  bains,  etc.,  etc.,  s’adresse  ou  bien  à  l’assurance
contre  l’invalidité  qui  en  a  installé  un  certain  nombie r
ou  bien  à  des  entreprises  particulières  dont  beaucoup
sont  organisées  dans  la  perfection  et  ont  acquis  une  platique ­
  très  sûre.
Il  est  évident  que,  dans  la  quantité  énorme  de  malades ­
  et  blessés  que,  tant  l’assurance  contre  l’invadilité,
qu’aussi  l’assurance  contre  les  accidents,  traitent  constamment, ­
  il  y  en  a  toujours  un  certain  nombre  qui
cherchent  à  exploiter  leur  situation.  L’appât  d  une  pension, ­
  si  petite  soit-elle,  ou,  bien  plus  encore,  la  perspective ­
  d’arriver  à  faire  monter  plus  haut  le  chiffre  de  la.
pension  qui  est  due,  amène  une  certaine  quantité  de  ces
gens  à  exagérer  leur  infirmité  et  à  simuler  des  troubles
beaucoup  plus  profonds,  une  invalidité  beaucoup  plus
complète  que  la  réalité.
Les  assurances  ont  donc  dû  s’armer  contre  ces  tentatives ­
  d’abus  et  le  plus  souvent,  leur  patience  et  leur  persévérance ­
  ont  raison  de  la  ruse  et  de  la  dissimulation  la
plus  prolongée.  Ces  simulants  sont  d’ailleurs  consideres
comme  des  malades.  Il  est  assez  généralement  admis  que
le  traumatisme  crée  un  état  maladif  tout  spécial  du  système ­
  nerveux  et  que  cette  situation  demande,  exige  un
traitement  particulier.  La  plupart  du  temps,  jusqu’ici,
les  simulants  sont  placés  en  observation  dans  un  hospice
ou  une  clinique,  possédant  une  division  spéciale  pour  les
maladies  nerveuses.  L’inconvénient  de  ce  système  est  que
ces  malades  spéciaux  sont  placés  au  milieu  d’autres  ma-
        <pb n="150" />
        ASSURANCES  GOUVERNEMENTALES

145

10

lades,  certains  plus  ou  moins  atteints  d’affections  mentales. ­
  Puis  encore,  il  est  difficile  de  leur  faire  suivre  parmi
les  autres  un  traitement  individuel,  outre  que  le  grand
nombre  de  malades  empêche  souvent  de  faire  sur  ces
simulants,  des  observations  assez  nombreuses  et  exactes.
Enfin,  il  est  presque  toujours  impossible,  dans  ces  hospices ­
  et  cliniques  de  leur  donner  une  occupation  manuelle ­
  et  c’est  là  une  lacune  importante.
Il  y  a  une  tendance  depuis  quelques  années  à  placer
ces  gens  dans  des  maisons  de  convalescence  spécialement ­
  organisées,  avec  un  personnel  médical  et  surveillant ­
  spécial.  Et  tout  d’abord,  on  n’y  admet  qu’un
nombre  limité  de  patients,  pas  plus  de  30  à  35  grand
maximum,  tous  étant  de  la  même  catégorie,  c’est-à  dire
des  blessés  guéris,  mais  soupçonnés  de  simuler  une  invalidité.
  Ces  maisons  sont  confortables  mais  très  simples
de  mobilier  et  d  installation,  et  elles  possèdent  un  atelier
pourvu  des  outils  de  divers  métiers.  Elles  sont  montées
  très  complètement  au  point  de  vue  des  instruments
d  auscultation  et  d’examen.  Il  est  essentiel,  dit  on,  que
le  médecin  chef  n’ait  aucun  intérêt  financier  quelconque
dans  l’établissement.
Il  existe  une  de  ces  maisons  d’observation  à  Leipzig,
depuis  1900;  un  modèle  du  genre  et  la  plus  ancienne.  Elle
11  accepte  pas  au-delà  de  30  patients,  (bien  qu’installée
Pour  en  loger  40),  l’expérience  ayant  prouvé  qu’un  noml^'e
  plus  élevé  ne  permet  pas  de  donner  à  chacun  toute
1  attention  nécessaire.  Elle  possède  une  grande  salle  à
manger  ;  une  salle  de  réunion  gaie,  pourvue  de  jeux
Vtll 'iés,  de  livres,  etc.  ;  des  chambres  à  coucher  bien
aer ées,  avec  lits  simples,  hygiéniques,  mais  confortables;
^ortaines  chambres  pour  deux,  d’autres  pour  quatre  maa
 des.  Chambres  de  bains  à  chaque  étage  et  aussi  une
c Eambre  d’isolation.  Les  repas  y  sont  copieux  et  au  nom-
        <pb n="151" />
        146

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

bre  de  cinq  par  jour,  les  portions  étant  exactement  mesurées. ­
  Aucune  boisson  alcoolique  n’y  est  autorisée  et  il
est  interdit  de  turner.  Un  jardin  joliment  arrangé  est  cultivé ­
  et  entretenu  par  les  pensionnaires  ;  divers  jeux  de
jardin,  entre  autres  un  jeu  de  quilles,  de  tonneau,  etc.,
leur  permettent  de  se  distraire.  Un  atelier  pourvu  des  outils ­
  de  divers  métiers,  notamment  de  menuiserie  et  serrurerie, ­
  les  occupe  deux  heures  au  moins  par  jour.  Le  service ­
  d’ordre  et  de  propreté  des  chambres  à  coucher  est
soigné  par  les  pensionnaires.  La  porte  de  sortie  de  l’établissement ­
  est  toujours  fermée  et  personne  ne  peut  entrer
ou  sortir  sans  autorisation  du  médecin.  A  part  cela,  toute
la  maison  est  organisée  pour  que  les  patients  s'y  trouvent
aussi  bien  que  possible,  et  on  s’efforce  de  leur  en  rendre  le
séjour  agréable.  Les  alcooliques  et  les  fumeurs  passionnés
ne  sont  pas  brusquement,  mais  peu  à  peu  en  8  ou  10  jours,
mis  au  régime  de  la  maison.
A  son  entrée,  chaque  malade  est  ausculté  et  examiné
très  à  tond,  et  on  tient  un  registre  exact  de  tout  ce  qui
le  concerne,  notant  jour  par  jour  toutes  les  observations ­
  faites  à  son  sujet.
Chaque  jour,  chacun  des  pensionnaires  est  appelé  chez
le  médecin-chef;  celui-ci  cause  quelques  instants  avec
lui,  1  examine  superficiellement.  Puis  deux  fois  au  moins
par  semaine,  a  lieu  une  auscultation  et  un  examen
détaillé  et  qui  durent  une  heure  ou  une  heure  et  demie.
Au  bout  de  quelques  semaines  de  séjour,  de  traitement
et  d  observation,  la  vérité  se  montre  presque  toujours.  Il
est  évidemment  des  cas  dans  lesquels  le  médecin  se  bute
dès  les  piemiers  jours  à  une  résistance  violente,  irréductible, ­
  et  alors  1  exclusion  est  souvent  la  seule  chose  possible. ­
  Dans  ce  cas,  le  chiffre  de  la  pension  servie  s’en
ressent,  bien  entendu.
Mais  ces  cas  sont  rares  et,  généralement,grâce  à  beau-
        <pb n="152" />
        ASSURANCES  GOUVERNEMENTALES

147

coup  de  bonté  et  de  patience  de  la  part  du  médecin  et
ties  surveillants,  le  malade  est  ramené  à  l’état  normal.
Relativement  encore  aux  associations  corporatives,  il
peut  être  intéressant  de  noter,  pour  donner  une  idée  de
I a  difficulté  qu’il  y  a  à  découvrir  et  à  prouver  la  préméditation ­
  d’un  accident,  c’est-à-dire  le  cas  où  un  ouvrier
s est  volontairement  mutilé  pour  obtenir  une  pension,  il
es t  intéressant  de  noter,  que  dans  toute  l’association
corporative  saxonne,  par  exemple,  (elle  assure  en
moyenne  plus  de  deux  cent  mille  personnes)  il  n’y  a
eu &amp;gt;  en  vingt-cinq  ans,  qu’un  seul  cas  où  l'on  ait  pu
laire  la  preuve  de  la  préméditation.
Enfin,  ajoutons  encore  pour  terminer  que,  en  cas  de
grande  imprudence  de  la  part  d’un  patron,  de  non  observation ­
  des  règlements  sur  les  précautions  à  prendre  et
surtout  de  récidive  à  ce  sujet,  ce  patron  peut  être  obligé
en  cas  d’accident,  à  payer  la  totalité  des  frais  et  de
la  rente  à  faire  au  blessé,  sans  préjudice  de  l’action
criminelle  que  la  police  peut  lui  intenter.
        <pb n="153" />
        —
        <pb n="154" />
        IMPOTS

Le  produit  des  douanes,  le  produit  des  impôts  sur
1  alcool,  le  sucre,  le  sel,  le  tabac,  les  vins  mousseux,  les
cartes  à  jouer;  le  timbre  des  valeurs  de  Bourse,  l’impôt
sur  les  opérations  de  bourse,  et  le  timbre  des  effets  de
commerce,  constituent  le  revenu  fiscal  de  la  Confédération ­
  ;  en  d’autres  termes,  du  gouvernement  central  de
1  Allemagne,  si  l’on  peut  s’exprimer  ainsi.  Le  produit
des  douanes  et  de  tous  les  impôts  ci-dessus  désignés,  perçus ­
  sur  toute  l’étendue  de  l’Empire  d  Allemagne,  sont
Propriété  de  ce  gouvernement  central.  Il  ne  prélève  pas
( 1  impôts  directs.
Chacun  des  Etats  de  la  Confédération  :  Bavière,  Saxe,
Crusse,  Wurtemberg,  Duché  de  Bade,  etc.,  possède  sa
législation  fiscale  particulière,  et  perçoit  des  impôts  di-Ie
 cls  et  certains  impôts  indirects  autres  que  ceux  ci-dess
 us  désignés.
Il  n’est  peut-être  pas  sans  intérêt  —  puisqu’il  en  a  été
question  —  de  citer,  en  passant,  quelques  chiffres  rela-Hveinent
  à  ces  revenus  du  gouvernement  central,  et
n °us  citerons  ceux  de  1904,  les  plus  récents  qui  soient
définitifs  ;  car  ceux  de  1905  ne  représentent,  jusqu’ici,
fiue  des  estimations,  et  ces  évaluations  s’écartent,  sou-'
 Gn C  beaucoup  de  la  réalité.
Donc,  en  1901  :
        <pb n="155" />
        150  L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE
Les  douanes  ont  produit  612.000.000  fr.
L’impôt  sur  les  sucres,  qui  est  de
17  fr.  50  par  100  kilos  160.000.000  »
L’impôt  sur  l’alcool  149.000.000  »
—  le  sel  64.600.000  »
—  le  tabac  13.600.000  »
—  les  vins  mousseux  5.400.000  »
—  valeurs  et  opérations  de
Bourse  98.000.000  *
—  timbres  des  effets  de
commerce  15.500.000  »
—  cartes  à  jouer  2.000.000  »
Impôt  de  statistique  1.500.000  »
Ensemble  1.121.600.000  fi  •

Disons  encore,  pour  terminer  ce  qui  concerne  les  redevances ­
  ci-dessus,  que  les  valeurs  —  actions,  obligations,
etc.,  paient,  comme  timbre  :
Jusqu’à  750  francs  0  62  1/2
—  1.500  —  1  25
—  2.250  —  1  87
—  3.000  —  2  50
—  3.750  —  3  12
—  4.500  —  3  75
—  5.250  —  4  37
—  6.000  —  5  »
Les  effets  de  commerce  :
Jusqu'à  250  francs  0  12  1/2
—  500  —  0  25
—  750  —  0  37  1/2
—  1.000  —  0  50
—  1.250  —  0  621/2
—  2.500  —  1  25
        <pb n="156" />
        IMPÔTS

151

Au  delà,  pour  chaque  1.250  francs,  0.62  centimes  1/2
«n  plus.
il  serait  fort  long  d’examiner  la  législation  fiscale  de
chacun  des  Etats  principaux  d’Allemagne;  il  suffira
&amp;lt;1  ailleurs,  pour  se  faire  une  idée  suffisamment  exacte
( les  charges  que  les  industriels  allemands  supportent  du
lait  des  impôts  directs,  de  passer  rapidement  en  revue
les  dispositions  essentielles  en  vigueur  dans  trois  de  ces
^lals  :  la  Bavière,  le  Wurtemberg  et  la  Prusse.
BAVIÈRE
11  y  a  en  Bavière  cinq  impôts  directs  principaux;  ce
* 0n t,  dans  l’ordre  de  leur  importance  :
1°  L’impôt  sur  les  terrains  dont  le  revenu  est  de  29  %.
celui  de  tous  les  impôts  directs  réunis.
2°  L’impôt  sur  les  bâtiments,  20  %.
'1°  L’impôt  industriel  ou  professionnel,  28  %  %.
4°  L’impôt  sur  les  rentes,  14  %,  %.
h°  L’impôt  sur  le  revenu  du  travail,  8  %.
Les  cinq  impôts  réunis  rapportent  environ  50  millions
tUl  gouvernement  bavarois.
1°  Impôt  sur  les  terrains.  —  La  loi  qui  le  concerne  est
actuellement  en  révision;  elle  date  de  1828  et  avait  été
Codifiée  en  1881.  Cet  impôt  est  basé  sur  le  rendement  net
des  terrains,  évalué  par  des  Commissaires  assermentés,
^  après  la  nature  du  sol  et  son  exposition  et  en  le  comparai ­
  au  rendement  de  terrains-types.  Cette  évaluation  est
rmenée  exclusivement  à  trois  cultures  :  le  seigle,  le
barrage  et  les  bois,  et  au  rendement  pour  une  unité  de
        <pb n="157" />
        152

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

surface  de  3.407  mètres  carrés.  Par  exemple,  un  terrain
est  réputé  de  l re  classe  s’il  est  estimé  ne  produire  que
27  litres  79  de  seigle  (semence  déduite)  sur  3.407  mq.  Il
sera  de  200 e  classe  s’il  produit200  fois  plus,  soit  5.558  litres;
de  300 e  classe  s’il  produit  300  fois  plus  que  27  litres  &amp;lt;9,
etc.  Pour  les  fourrages,  l’unité  de  93  kg.  33  de  foin  par
3.407  mq.  constitue  la  l' e classe.  On  admet  que  222  litres
de  seigle  équivalent  à  148  litres  de  froment,  à  297  litres
d’orge  ou  à  445  litres  d’avoine;  et  que  93  kg.  33  de  loin
ont  la  même  valeur  agricole  que  27  litres  79  de  seigle.
Tous  les  terrains  quels  qu’ils  soient,  jardins,  parcs,
potagers,  terrains  de  fabrique  non  bâtis,  etc.  sont  ainsi
taxés.  Exception  est  faite  pour  les  routes,  chemins,  rochers ­
  et  surfaces  rendues  improductives  par  du  pavage,
du  gravier,  des  décombres,  ainsi  que  pour  les  marais  qui
ne  produisent  ni  joncs,  ni  roseaux,  ni  herbes  utilisables.
Chaque  année,  le  ministère  des  finances  fixe  la  cote  par
unité  de  rendement;  si  celte  cote  est  par  exemple  de
5  centimes,  un  terrain  de  250 e  classe  paiera  5  X  250  soit
12  fr.  50  d’impôt  annuel.
2°  Impôt  sur  les  bâtiments.  —  La  loi  qui  le  concerne  est
de  même  date  que  la  précédente  et  est  également  en  révision. ­
  Les  bâtiments  entièrement  occupés  par  le  propriétaire, ­
  ou  non  loués,  sont  taxés  par  des  Commissaires
assermentés  selon  des  bâtiments  types  dont  le  loyer  est
connu;  ou  s’ils  sont  loués,  selon  le  loyer  déclaré  par  le
propriétaire  et  contrôlé  par  la  Commission.  Pour  les  bâtiments ­
  d’exploitation  on  admet  un  minimum  de  loyer
de  6  fr.  25  par  are  et  par  an  et  une  surface  minima  de
3  ares,  soit  18  fr.  75  de  loyer  minimum  par  an;  aucun  bâtiment, ­
  autre  que  les  bâtiments  publics,  n’échappe  à
cette  taxation.  L’impôt  est  de  2  à  3  %  du  revenu  taxé.
        <pb n="158" />
        IMPÔTS

153

3°  Impôt  industriel  ou  professionnel.  —  (Loi  du  9  juin
1399).  Il  concerne  toutes  les  industries,  commerces,  exploitation, ­
  métiers;  l’agriculture  seule  en  est  exempte.
Chaque  contribuable  dont  la  profession  est  soumise  à
c et  impôt  doit,  sous  peine  de  perdre  tons  droits  à  une
reclamation  ultérieure,  remettre  en  temps  voulu  une  déclaration ­
  certifiée  sincère  et  complète  concernant  son
exploitation  :  nombre  d'ouvriers,  d’employés,  de  machines, ­
  chiffre  d’affaires,  quantités  de  matières  premières

consommées,  de  marchandises  achevées  produites,  etc.,
et  tous  renseignements  de  nature  à  faciliter  la  taxation.
L’indication  du  bénéfice  net  réalisé  n’est  pas  exigée.  Le
Receveur  des  finances  a  le  droit  de  se  faire  communiquer
l°us  documents  officiels  concernant  un  contribuable,  de
questionner  les  notaires  et  employés  du  gouvernement,
ctc -  pour  s’éclairer.  11  a  le  droit  de  visiter  les  établissements ­
  pendant  les  heures  de  travail;  mais  il  n’a  pas  le
droit  de  demander  communication  des  livres  de  comptabilité, ­
  ni  d’aucun  secret  de  fabrication  on  d’affaires.
L’impôt  industriel  comprend  deux  taxes.  1°  La  taxe
Normale;  2°  la  taxe  d’exploitation.
Lu  taxe  normale  est  basée  sur  l'importance  d’une  affaire,
son  capital,  chiffre  d’affaires;  elle  est  toujours  exigible,
meme  si  le  revenu  est  nul.  Pour  les  filatures  et  lissages,
elle  peut  varier  de  22  fr.  50  à  225  francs  selon  importance.
Lu  taxe  d’exploitation  est  basée  sur  le  nombre  d’ourier
 s  et  d’employés,  nombre  de  broches;  quantité  de
matières  premières  consommées;  importance  de  la  production; ­
  cela  dépend  des  industries.  Les  filatures,  par
Exemple,  paient  3  fr.  75  par  chaque  50  broches,  sauf  pour
Cs  100  premières  broches  qui  sont  exemptes;  soit,  par
exe mple,  3.742  fr.  50  pour  50.000broches.
Les  tissages  paient  4  fr.  50  pour  chaque  ouvrier  et  emp!°yé
 j  non  compris  les  apprentis  ayant  moins  d’un  an
        <pb n="159" />
        154

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

de  pratique.  Mais  la  taxe  d’exploitation  peut  aussi  être
fixée  selon  le  bénéfice  réalisé;  c’est  le  cas  des  établissements ­
  par  actions,  qui  sont  tenus  à  déclarer  leurs  résultats; ­
  et  elle  se  calcule  alors  selon  un  tarif  légal.  Un  bénéfice ­
  de  10.000  fr.,  par  exemple,  est  taxé  168  fr.  50,  soit
1.68  %  ;  pour  25.000  fr.  la  taxe  est  de  717  francs,  soit
2.87  %  ;  au  delà  de  50.000  fr.  jusqu’à  54.000,  elle  est  de
1.835  fr.  soit  3.40  %;  puis  elle  est  uniformément  de  3  %
au  delà  de  54.000  francs  de  bénéfice  net.
4°  Impôt  sur  les  rentes.  —  (Loi  du  9  juin  1899).  Il  frappe
le  revenu  des  emprunts  gouvernementaux,  communaux,
hypothécaires,  les  dépôts  de  caisses  d’épargne,  les  dividendes ­
  d’actions,  intérêts  d  obligations.  Les  intérêts  du
capital  engagé  dans  une  affaire  n’y  sont  pas  soumis,  c’està-dire
  que  le  propriétaire  de  l’affaire  n’est  pas  taxé  de  ce
fait.
Les  taux  sont  les  suivants  :

5°  Impôt  sur  le  revenu.  —  (Loi  du  9  juin  1899).  Tout
revenu  qui  n’est  pas  imposé  en  vertu  de  l’une  des  quatre
lois  fiscales  qui  précèdent,  est  passible  de  l’impôt  sur  le
revenu  .  les  salaires,  traitements,  le  produit  d’une  profession ­
  libre,  soit  notaires,  avocats,  médecins,  peintresaitistes,
  etc.,  pour  toute  personne  au-dessus  de  18  ans.
Est  soumis  à  cette  taxe  également,  le  revenu  de  la  location

100  fr.  de  rente  paient

500  —  —
1.000  —  —
Jusqu’à  37.500  fr....
Puis  jusqu’à  125.000
Au  delà  ..
        <pb n="160" />
        IMPÔTS

155

d’une  usine  ou  propriété,  à  un  tiers.  Jusqu’à  625  fr.  la  taxe
est  de  0  fr.  62  %

de  626  fr.  à  935  fr

1.25
2.50
3.75
5  »
10  »
18.75
50  ))
125  »
325  »

936  1.125
1.126  1.320
1.321  1.500
2.000  2.250
2.750  3.000
5.250  5.750
10.000  10.625
20.000  21.250
50.000  51.250

1.250  »

Au-dessus  de  62.500  fr.  de  revenu,  3  %
On  voit  que  cette  taxe  ménage  les  petits  revenus  du
travail.
Les  impôts  communaux  varient  selon  les  communes,
de  65  à  165  %  des  impôts  de  l’Etat.
Les  impôts  d'arrondissement  sont  de  30  à  40  %  des
impôts  de  l’Etat.
Les  impôts  de  district  varient  de  25  à  40  %  de  ces  mêmes
contributions.
Supposons,  en  Bavière,  un  établissement  par  actions
de  50.000  broches,  au  capital  de  1.400.000  francs,  et  dont
in  moyenne  de  bénéfice  calculée  sur  deux  ans  aura  été  de
38.000  francs.  Supposons  que  son  terrain  dont  la  superitóle ­
  cultivable  est  de  6.814  mq.,  est  coté  de  140 e  classe
dans  une  année  où  la  cote  est  de  6  centimes  par  classe  et
for  unité  de  3.407  mq.  Supposons  55  ares  de  bâtiments
c °tés  au  minimum  de  6  fr.  25  par  are.  L’établissement
eta nt  situé  par  exemple  sur  le  territoire  d’une  commune
impose  ses  contribuables  à  160  %  des  impôts  gouvernementaux, ­
  il  paiera  :
        <pb n="161" />
        15G

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

i°  A  l'Etat  :
Impôts  sur  les  terrains  :
140  cl.  X  2  unités  X0.06  centimes  1~
Impôts  sur  les  bâtiments  :
55  ares  à  6  25  342  —
Impôt  industriel  :
taxe  normale  3 e  catégorie  ..  125  —

taxe  d’exploitation  sur  38.000  fr.  à  3%  %..  1-235  -
Total  des  impôts  de  l’Etat  1.719  fr-2°

  A  ta  commune  :
160  %  des  impôts  de  l’Etat  2.750  fr*
3°  A  l'arrondissement  :
40  %  des  impôts  de  l’Etat  687  —
i°  Au  district  :
35  %  des  impôts  de  l’Etat  601  —
Il  paiera  en  tout  5.757  fr.

Supposons  maintenant  qu’un  établissement  de  même
importance  et  dans  les  mêmes  conditions  soit  entreprise
privée  et  refuse  de  faire  connaître  le  chiffre  de  son  bénéfice ­
  net  imposable.

Il  paiera  :
Impôts  sur  les  terrains  et  sur  les  bâtiments  :
17  +  342
Impôt  industriel  :
49.900  broches  à  3  fr.  75  par  50  broches,
pour  la  taxe  d’exploitation,  soit
Pour  la  taxe  normale  3 e  catégorie
Soit,  impôts  de  l’Etat

159  fr-3.738

  —
325  —
4.222  -
        <pb n="162" />
        IMPÔTS

157

auxquels  il  faudra  ajouter  235  %  pour  les  impôts  de  la
commune,  de  l’arrondissement  et  du  district,  soit
9.920  fr.  Au  total,  14.142  fr.  d’impôts  au  lieu  de5.757fr.
Si  donc  une  filature  de  50.000  broches  ne  gagne  pas
au  moins  105.000  fr.,  il  vaut  mieux  qu’elle  fasse  une
déclaration  de  bénéfices.

WURTEMBERG
En  Wurtemberg,  les  lois  fiscales  ont  été  révisées  en
1903,  époque  à  laquelle  a  été  introduit  l’impôt  sur  le
revenu.  Actuellement,  les  principaux  impôts  directs  sont  :
I o  L’impôt  sur  le  revenu.
2°  -  industriel  ou  professionnel.
3°  —  sur  les  bâtiments.
4°  —  sur  les  terrains.
5°  —  sur  les  capitaux.
Impôt  sur  le  revenu.  —  C’est  le  plus  important.  Il
est  applicable  à  partir  d’un  revenu  de  625  francs.  Il  est
dû  sur  tous  les  revenus  :  sur  les  revenus  des  capitaux,
des  terrains,  des  bâtiments  ;  le  produit  d’une  industrie,
d  un  commerce  ;  sur  les  salaires,  les  traitements  ;  le
devenu  de  toute  profession  ou  occupation  ;  et  si  le  revenu
es ^  en  nature,  sur  sa  valeur  en  argent.
Les  sociétés  par  actions,  sociétés  en  commandite,  etc.,
s °ut  tenues  au  dépôt  de  l’extrait  de  leur  inventaire  et
d  un  exemplaire  des  décisions  de  l’assemblée  générale
SUr  la  répartition  des  bénéfices.
L’est  le  bénéfice  net  qui  est  imposable  mais,  sans  déduction ­
  des  dotations  des  fonds  de  réserve  ni  d’aucune
        <pb n="163" />
        158

L’INDUSTRIE  COTONNIERE  EN  ALLEMAGNE

somme  ulilisée  pour  acquisitions  ou  augmentation  de
matériel  ou  de  capital,  ou  reportée  à  nouveau.  Les  intérêts ­
  d’obligations  émises  et  de  dettes  ne  sont  pas  imposables. ­
  En  outre,  les  sociétés  par  actions  sont  autorisées
à  déduire  de  la  portion  de  bénéfice  destinée  au  paiement
de  dividende,  une  somme  égale  à  3  %  du  Capital  actions
versé,  afin  d’en  éviter  la  double  imposition.  En  cas  de
baisse  des  matières  premières,  on  est  autorisé  a  déduite
aussi  les  rabais  effectués  à  rinventaire  sur  les  stocks  et
matières  en  fabrication.
Le  taux  de  l’impôt  est  de  0.35  %  jusqu  à  812  ft.,  de
1  %  entre  2.500  et  2.700  francs;  de  2  %  entre  5.000  et
5.200  fr.;  de  3  %  entre  8.750  et  9.100  fr.  ;  de  4  %  entre
36.200  et  37.500  fr.  ;  de  4  1/2  %  entre  125.000  et  137.500
francs;  enfin,  de  5  %  pour  250.000  fr.  et  au-dessus.
Les  livres  de  commerce  et  documents  privés  ne  peu

vent  être  vérifiés  par  le  fisc  que  sur  la  demande  du  con
tribuable.  D’autre  part,  si  celui-ci  est  convoqué  pat  la
Commission  de  taxation  pour  être  interrogé,  il  n  esl  pas
tenu  de  se  présenter  ;  seulement,  son  refus  de  compa
raître  le  prive  du  droit  de  réclamer.  Tout  membre  d  une
Commission  de  taxation  convaincu  de  divulgation,  peut
être  puni  d’une  amende  pouvant  s’élever  jusqu  à  1.875
francs.

2°  Impôt  industriel.  —  C’est  un  impôt  complémentaue
de  l’impôt  sur  le  revenu  II  frappe  toute  industrie,  tout
commerce,  profession  qui  exploite  un  capital.  La  Commis
sion  de  taxation  ne  demande  pas  au  contribuable  de  lui
indiquer  le  bénéfice  net  atteint  ;  elle  le  prie  d’indiquer
l’importance  du  capital  engagé  ;  le  nombre  d’employés  et
ouvriers  qu’il  occupe;  les  primes  d’assurances  qu’il  paie»
sa  production,  le  nombre  de  machines  qu’il  utilise,  etc.,
etc.  Et  elle  le  taxe  d’après  ces  données  extérieures.  Si  I e
        <pb n="164" />
        IMPÔTS

159

contribuable  refuse  ces  renseignements,  il  est  taxé  d'office. ­
  Le  système  de  taxation  a  ceci  de  particulier,  que  le
revenu  évalué  par  la  Commission  est  divisé  par  elle  en
deux  parts  :  1°  la  part  attribuable  au  travail  personnel
du  chef  de  l’entreprise  (en  quelque  sorte  ce  qu’il  a  gagné
personnellement  par  son  travail)  ;  et  2°  la  part  à  attribuer
au  capital,  à  l’importance  de  l’affaire.  Le  législateur  a
v oulu  protéger  la  petite  entreprise,  admettant  que  dans
Un e  affaire  d’importance  restreinte  le  travail  personnel
du  patron  a  une  influence  plus  considérable  sur  le  bénéfice ­
  réalisé.
Il  accorde  donc  aux  petits  une  détaxe  considérable  ;
celle  détaxe  est  nulle  si  le  travail  du  patron  est  estimé
dépasser  4.250  francs  ;  mais  elle  croît  progressivement
jusqu’à  90  o/o  si  l’affaire  est  à  ce  point  peu  importante
fiue,  sur  son  revenu,  on  ne  puisse  attribuer  au  patron
qu’un  gain  de  1.160  francs.  Dans  ce  cas  donc,  on  taxe  à
2  %  non  pas  la  somme  de  1.160  fr.,  mais  1.160  fr.  moins
fifi  %  =  116  fr.,  soit  un  impôt  de  2  fr.  32.  D’autre  part,
lu  portion  de  revenu  attribuée  au  capital  est  imposée  à
l’d  %  net  si  ce  revenu  dépasse  37.500  fr.,  tandis  que,
s don  une  échelle  rapidement  décroissante,  l’imposition
u’est  plus  que  de  0.80  %  pour  un  revenu  de  1.250  francs.
Supposons  une  affaire  dont  le  revenu  est  taxé  à  42.000
fi'uncs,  dont  4.400  fr.  pour  le  travail  du  patron.  Elle
paiera  :
42.000  —  4.400  —  37.600  à  1.60  %..  602  »
4.400  à  2%  88  »
Ensemble  690  »
Une  affaire  ayant  rapporté  7.000  fr.  seulement,  soit
()  fois  moins,  dont3.000  fr.  à  attribuer  au  patron  paiera  :
        <pb n="165" />
        160

l’industrie  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

7.000  —  3.000  =  4.000  à  1  %  40  »
et  3.000  moins  60  %,  soit  1.200  fr.  à  2  %.  24  »
Ensemble  64  »  •
Elle  rapporte  6  fois  moins  ;  elle  paie  11  fois  moins
d’impôt.
3°  Impôt  sur  les  terrains.  —  La  révision  de  la  loi  q ul
le  concerne,  en  1903,  a  ordonné  (en  raison  de  l’introduc
tion  de  l’impôt  sur  le  revenu)  :  I o  la  réduction  a  2  %  de
l’ancien  taux  de  3.90  %  ;  et  2°  une  réduction  de  20  a40  /o
selon  les  cultures,  sur  les  estimations  de  rendement  des
terrains  faites  en  1874.
Un  terrain  taxé  pour  un  revenu  de  3.000  fr.  P al
exemple  à  l’ancien  cadastre,  paiera  aujourd’hui  sur  la
somme  de  3.000  —  20  %,  soit  sur  2.400  fr.,  un  impôt  de
2  %,  soit  48  fr.
4°  Impôt  sur  les  bâtiments.  —  Révisé  en  1903,  également. ­
  On  admet,  dans  la  pratique,  la  somme  assenée
contre  l’incendie  comme  représentant  la  valeur  des  ba
timents  et  on  suppose  un  revenu  de  3  %  net,  de  cette
somme.  Le  revenu  est  imposé  à  2"/„-  Un  bâtiment  estime
50.000  fr.  par  exemple,  paiera  2  %  de  1.500  fr.,  soit
30  fr.  d’impôt.
5°  Impôt  sur  les  capitaux.  —  Révisé  en  1903.  Il  frapp e
les  intérêts,  revenus,  rentes,  dividendes,  parts  de  bénéfices ­
  ;  les  revenus  en  nature  sont  taxés  sur  leur  valeur  en
argent;  les  valeurs  à  lots  sans  intérêt  ne  lui  échappent
pas;  son  taux  est  de  2  %.  Les  revenus  inférieurs  à  625  frne
  sont  pas  imposés.  Cet  impôt  intéresse  peu  l’industrie,
car  les  capitaux  engagés  dans  une  affaire  ne  sont  imposes
        <pb n="166" />
        IMPÔTS

161

fi u  en  la  personne  des  actionnaires  et  bénéficiaires  de
parts.
Les  cinq  contributions  que  nous  venons  d’examiner
sont  perçues  par  l’Etat  de  Wurtemberg.  Il  nous  reste  à
) 0lr  rapidement  ce  que  sont  les  impôts  communaux,  car
^s  sont  presque  toujours  beaucoup  plus  onéreux  pour
1  industrie  que  les  précédents.

Impôts  Communaux.  —  Ils  sont  indirects  et  directs.
Les  impôts  indirects  nous  n’en  retiendrons  que  deux,
e n  passant  :  l’impôt  sur  les  mutations  de  propriétés  qui
es t  de  1  %  du  prix  de  vente  et  l’impôt  sur  le  gaz  et  le
c °ürant  électrique  utilisés  pour  l’éclairage,  lorsqu’ils  ne
s °nt  pas  produits  par  le  consommateur  lui-même  ;  le
Saz  paie  5  centimes  par  mètre  cube  et  le  courant  électrique
^  centimes  3/4  par  kilowatt  heure.

Impôts  communaux  directs.  —  Nous  supposerons  le
c as  l e  plug  général,  c’est-à-dire  celui  où  la  commune,
a yant  des  dépenses  beaucoup  plus  considérables  que  le
Montant  total  du  revenu  des  impôts  indirects,  de  ses
terres  et  de  ses  forêts,  est  obligée  pour  y  faire  face,  de
Prélever  tous  les  impôts  que  la  loi  l’autorise  à  percevoir.
Le  sont :

~~  L'impôt  sur  le  revenu,  communal.  —  Son  taux  ne
Peut  dépasser  50  %  du  taux  de  l’impôt  gouverne-^
 ei ùal  sur  le  revenu,  et  sa  base  est  identique  à  celle  de
e  dernier.  Seulement,  chose  pénible  pour  les  sociétés  par
'  c dons,  l’impôt  communal  sur  le  revenu  n’admet  pas  la
jonction  de  3  %  du  capital  versé,  que  l’Etat  autorise  à
le  sur  la  portion  de  bénéfice  destinée  au  dividende  :
te  une  grosse  différence.
Les  impôts  communaux  sur  les  terrains,  les  bâti-11


c’

est
IL
        <pb n="167" />
        152  L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE
merits  et  Vindustrie,  marchent  de  pair  ;  et  saut  circons
tances  spéciales,  la  somme  totale  à  réaliser  par  la  coin
muneest  répartie  également  entre  ces  trois  contributions.
La  loi  ne  limite  pas  le  taux  de  ces  impôts  ;  certaines
communes  prélèvent  jusqu’à  10  et  même  15  %  des  i  e\  unis
imposables,  alors  que  l’Etat  se  contente  de  2  %.  De  soi  te
que  la  taxe  résultant  de  ces  trois  impôts  communaux  es
beaucoup  plus  élevée,  deux,  trois,  et  même  qualie  lois
plus,  que  les  impôts  gouvernementaux  dans  certains  cas.
C.  —  L'impôt  communal  sur  les  capitaux  est  établi  sui
les  mêmes  principes  que  l’impôt  gouvernemental  ;  niais
il  ne  peut  excéder  la  moitié  de  celui-ci.

D.  —  Enfin,  les  communes  perçoivent  une  taxe  pef
sonnette  qui  est  de  2  fr,  50  pour  les  hommes  et  de  1  tr.  25
pour  les  femmes.
Pour  fixer  les  idées,  disons  qu’une  filature  par  actions,
de  50.000  broches,  par  exemple,  au  capital  de  1.250.000
francs,  établie  en  Wurtemberg  dans  une  commune  tax
anl  les  impôts  sur  les  terrains,  les  bâtiments  et  1  indus
trie  au  triple  seulement  de  la  taxe  gouvernementale  pon 1
ces  mêmes  contributions,  paierait  environ,  au  cas  où  ell e
aurait  distribué  5%  de  dividende  et  mis  5.000  francs  an
fonds  de  réserve  :  à  l’Etat  5.500  fr.  et  à  la  commun 0
11.700,  au  total  17.200  francs.
Il  est  probable  qu’en  1910  les  impôts  sur  les  terrains
et  bâtiments  et  sur  l’industrie  disparaîtront,  etquel’imp 0
sur  le  revenu  les  remplacera  complètement.

PRUSSE

Si  l'on  en  juge  par  les  paroles  suivantes  adressées
récemment,  par  un  conférencier  distingué,  aux  membr eS
        <pb n="168" />
        IMPÔTS

163

réunis  d’une  grande  société  d’économie  politique  de  la
Prusse  occidentale,  les  lois  fiscales  prussiennes  ne
paraissent  pas  avoir,  dans  leur  pays,  la  réputation  d’être
d  une  limpidité  parfaite  :  «  Il  est  fâcheux,  s’écriait  cet
(&amp;lt;  orateur,  de  devoir  constater  que  nos  lois  concernant
((  les  impôts  même,  après  élude  approfondie  et  pénible
&amp;lt;(  non  seulement  de  leur  texte,  mais  d’énormes  volumes
((  de  commentaires,  d’éclaircissements  et  indications  sur
((  leur  mise  en  pratique,  n’arrivent  pas  à  pouvoir  être
&amp;lt;(  appliquées  vraiment  dans  le  sens  et  l'esprit  visés  parle
((  législateur.  &amp;gt;■
Ces  paroles  sont  consolantes  et  elles  le  sont  surtout
pour  le  profane  qui,  désirant  faire  connaître  à  d’autres
Ce slois  fiscales,  s’est  aventuré  dans  leur  labyrinthe.
Mais  il  est  permis  de  penser,  que  cette  demi  clarté  n’est
P a s  préjudiciable  au  rendement  des  impôts,  dans  un
P a ys  où  les  fonctionnaires  font,  en  général,  largement
eur  devoir.
Cn  Prusse,  les  impôts  gouvernementaux  directs  sont
( ^ e  trois  espèces  :
1°  L’impôt  sur  le  revenu.
^  L'impôt  industriel  ou  professionnel.
L’impôt  sur  le  capital,  aussi  appelé  impôt  complémentaire. ­

^ es  impôts  communaux  sont  presque  toujours  plus
j^éreux  pour  l’industriel  que  les  impôts  de  l’Etat  ;  nous
examinerons  également.  Voyons  d’abord  les  contrimio
 »s  perçues  par  l’Etat.
^  L’impôt  sur  le  revenu  a  été  établi  par  la  loi  du  24
        <pb n="169" />
        1G4

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

juin  1891.  Il  existe  donc  depuis  plus  de  15  ans;  on  vient
de  le  reviser,  en  juin  1906,  mais  les  modifications  appoi
tées  sont  peu  importantes  et  portent  plutôt  sur  des  points
de  détail.  On  est  d’ailleurs  d  accord  pour  constater  que
la  loi  de  1891  a  donné  des  résultats  très  satisfaisants.
Parmi  les  modifications  faites  en  1906,  il  n’en  est  guèie
que  trois  qui  nous  intéressent.  La  première  décide  que
les  Sociétés  à  responsabilité  limitée  seront  aussi  soumises
à  l’impôt  sur  le  revenu.  La  loi  qui  concerne  ce  genie
d’association  n’avait  été  votée  qu’une  année  après  lu
promulgation  de  la  loi  instituant  l’impôt  sur  le  revenu,
et  elles  avaient  échappé  jusqu’ici  à  cette  contribution.
La  deuxième  modification  en  question  porte  que,  cou
trairement  aux  anciennes  dispositions,  le  contribuable
qui  n’a  pas  remis  en  temps  voulu  la  déclaration  de  re\enU
exigée  par  la  loi,  n’est  plus  privé  aussitôt  du  droit  de
réclamer  contre  le  chiffre  d’impôt  qui  lui  a  été  attribué,
on  se  contente  d’abord  d’augmenter  de  5  %  la  note  cl
payer,  et  on  lui  envoie  un  avis  réclamant  la  déclaration
en  question,  et  il  a  alors  15  jours  pour  s’exécuter  ;  faute
de  quoi  il  est  définitivement  privé  du  droit  de  recours.
Enfin,  il  a  été  décidé  que  le  revenu  imposable  des
industriels  et  Sociétés  par  actions,  etc.,  qui  tiennent  une
comptabilité  complète  et  régulière  serait  calculé  sur  une
moyenne  des  résultats  des  trois  années  précédant  1  exd
cice  fiscal  en  cours  et  indiqués  par  les  inventaires.  En  ec
qui  concerne  les  Sociétés  par  actions,  en  commandite»
etc.,  etc.,  ce  revenu  imposable  n’est  d’ailleurs  jamais  éva
lue  ;  il  est  fixé  exclusivement  d’après  l’inventaire  présente
L’impôt  sur  le  revenu  est  de  beaucoup  la  plus  inrp° l
tante  des  contributions  gouvernementales  en  Prusse.

Il  est  applicable  :
        <pb n="170" />
        IM  I  ÔTS

ir.5

a •  —  Au  revenu  de  tous  capitaux  ;  la  loi  ne  considère
&amp;lt;¡ue  le  capital  possédé,  qu’il  produise  ou  non  des  intérêts
011  dividendes;  elle  impose  même  les  valeurs  à  lots  sans
intérêts.
—  Au  revenu  des  terrains  et  bâtiments,  même  si  la
r ecolle  a  fait  défaut  ou  si  les  loyers  ne  sont  pas  payés.
c -  —  Aux  revenus  des  industries,  des  métiers  et  du
commerce,  sans  que  la  diminution  de  la  production  ou
dn  chiffre  d’affaires  aient  une  influence  sur  la  taxe  ;  la
ta xe  ne  cesse  qu’avec  la  disparition  totale  et  définitive
de  la  source  de  revenu.
d.—  Au  revenu  de  toute  profession,  occupation  ou  trav
 nil  et  à  partir  de  1.125  francs  de  revenu  annuel,  sans
( l lle  le  manque  passager  de  travail  ou  une  diminution  de
clientèle  soit  pris  en  considération.
En  ce  qui  concerne  les  Sociétés  par  actions  ou  en
commandite,  etc.,  etc.,  le  revenu  imposable  est  constitué
par  Vexcèdent  nel,  de  quelque  façon  qu’il  soit  utilisé;  que
Ce  soit  comme  intérêts  d’actions,  dividende,  part  de
bénéfices,  dotation  de  fonds  de  réserve,  amortissement
supplémentaire  ou  report  à  nouveau,  cet  excédent  net
est  imposable.  Toutefois,  pour  ces  Sociétés,  il  est  permis
d  en  retrancher  une  somme  égale  à  3  %  %  du  capital
)ersé,  afin  d’éviter  dans  la  mesure  du  possible,  la  double
^position  de  ce  revenu.  Voici,  de  distance  en  distance
es  taux  d’imposition  générale;  exception  est  faite  spécia
e ment  pour  les  Sociétés  à  responsabilité  limitée  qui  sont
° ll mises  à  un  tarif  spécial.  Le  tarif  suivant  est  applicable
u  Pmt  cela  à  tous  les  revenus  indiqués  précédemment  de
o-àd.
        <pb n="171" />
        16d

l’industrie  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

TARIF  GÉNÉRAL

à  1.312  fr..  7.50  d’impôt
1.500  11.25.  —
2.250  32.50  —
4.500  87.50  —
10.650  290  «  —
21.900  637.50  —
50.000  1.600  »  —
75.000  2.600  »  —
100.000  3  625  n  —
125.000  4.875  w  —
168.700  6.500  w  —
206.000  8.000  ))  —
Et  ainsi  de  suite  à  raison  de  250  francs  d’impôt  en  pl llS
pour  chaque  échelon  de  6.250  francs  de  revenu  en  plus.
Pour  les  Sociétés  à  responsabilité  limitée,  le  tarif  est
un  peu  plus  élevé  :

Pour  revenu  de  1.125  fr
1.313
2.060
—  4.120
-  10.000
20.600
47.500
72.500
97.500
122.500
—  162.500
200.000

Pour  revenu  de  1.125  fi
1.313
2.060
-  4.120
—  10.000
20.600
47.500
72.500
97.500
122.500
145.000

8.75  d’impô 1
12.50  —

i  1.312  fr..
1.500
2.250
4.500
10.650
21.900
50.000
75.000
100.000
125.000
150.000
Et  ainsi  de  suite  pour  chaque  échelon  de  5.000  fr«
revenu  en  plus,  225  fr.  d’augmentation  d’impôt.

37.50
95  »
325
775
1.875
3.050
4.300
5.550
6.650
        <pb n="172" />
        IMPÔTS

167

La  déclaration  de  revenu  est  exigible  à  partir  de
3-750  fr.  de  revenu  annuel.
La  répartition  des  impôts  est  laite  par  une  Commission
dominée  pour  six  ans  mais  renouvelable  par  moitié  tous
les  trois  ans  ;  un  tiers  des  membres  est  nommé  par  le
Gouvernement  et  les  deux  tiers  sont  élus  parles  Conseils
municipaux  ou  d’arrondissement.
Pour  l'impôt  sur  le  revenu,  de  même  que  pour  l’impôt
Complémentaire  sur  le  capital  et  dans  une  certaine  mesure
auss i,  l’impôt  industriel,  il  est  accordé  dans  nombre  de
Cas &amp;gt;  une  diminution  d’impôts,  outre  la  libération  complète ­
  pour  les  revenus  annuels  inférieurs  à  1.125  francs.
Ainsi,  lorsqu’un  père  de  famille  n’a  qu’un  revenu  total
3.75o  francs,  il  lui  est  accordé  une  certaine  diminution
Pour  chaque  enfant  au-dessous  de  15  ans  ou  parents
m  firmes  ou  âgés  à  sa  charge.
Impôt  industriel  ou  professionnel.  —  (Loi  du  24  juin
1^91).  Il  impose  le  produit  net,  c’est-à-dire  la  somme
ll0 Ue  dont  une  entreprise  s’est  enrichie  entre  deux  invendues ­
  annuels.
Les  contribuables  sont  divisés  en  4  classes.  La  I rQ  classe
Comprend  les  entreprises  dont  le  produit  annuel  net
ÇPasse  62.500  fr.  ou  dont  le  capital  dépasse  1.250.000  fr.
impôt  est  de  l°/ 0  de  ce  produit  net.  Lorsqu’un  établissaient ­
  est  de  l rft  classe  par  le  chiffre  de  son  capital,  mais
jS  produit  pas  62.500  francs  de  bénéfice  net,  on  impose
ouéfice  réalisé  à  1  ®/ 0 ,  mais  sans  descendre  au-dessous
e  375  francs  d’impôt.
A  l a  2e  classe  appartiennent  les  exploitations  ayant  un
^ a pilal  de  187.500  francs  à  1.250.000  francs,  ou  rapporailt
  25.000  à  62.500  francs  par  an.
La  Je  classe  comprend  les  établissements  dont  le  capital
        <pb n="173" />
        1G8  l’industrie  cotonnière  en  Allemagne
est  compris  entre  37.500  et  187.500  francs  ou  qui  sont
estimés  rapporter  de  5.000  à  25.000  francs.
Enfin  la  ¥  classe  est  composée  des  entreprises  possédant
un  capital  de  3.750  à  37.500  francs  ou  rapportant  entre
1.875  et  5  000  francs.
Pour  les  2 e ,  3 e  et  4 e  classes,  la  fixation  de  1  impôt  a  pa)  cl
par  chacun  se  fait  d’une  manière  toute  différente  de  celle
pratiquée  pour  la  l rc  classe.  Dans  chacune  de  ces  liois
classes  séparément  et  dans  chaque  district  ou  arrondis
sement,  les  contribuables  qui  font  partie  d’une  même
classe  forment  une  sorte  d’association  qui  nomme  son
Comité  de  répartition.  Ce  Comité  est  présidé  pai  un
employé  des  contributions.
La  loi  fixe  pour  chaque  classe  un  chiffre  moyen  d  imp 0
sition  par  contribuable  et  aussi,  pour  chaque  classe,  deu
chiffres  extrêmes  qui  représentent  le  minimum  et  I e
maximum  d’impôt  exigible  par  contribuable.  Ainsi  :  ° 11
2 e  classe,  moyenne  375  fr.,  extrêmes  195  à  600  fr.
3e  —  —  100  ))  —  40  à  240  »
4°  —  —  20  »  —  5  à  45  »
Entre  ces  extrêmes,  la  loi  fixe  des  échelons  Voy°°
ceux  pour  la  2 e  classe;  ils  sont  :  195,  210,  225,  240,  28  »
330,  375,  420,  465,  510,  555  et  600.  Chaque  année,  P° ur
chaque  classe,  on  multiplie  le  nombre  de  contribuable
de  cette  classe  par  le  chiffre  moyen  correspondant  ° 1
dessus  et  on  y  ajoute  le  déchet  probable;  on  a  ainsi
somme  d’impôt  à  faire  rentrer  pour  cette  classe.
Commission  de  répartition  taxe  alors  chaque  contribua
proportionnellement  à  l’estimation  faite  de  son  reven* 1 »
en  restant  entre  les  chiffres  extrêmes  fixés  par  la  loi  et  ei*
utilisant  les  échelons  prévus  par  elle.  La  somme  la  P^ ltS
élevée  que  l’on  puisse  exiger  d’un  contribuable  est  sel  °
        <pb n="174" />
        IMPÔTS

16Ü

ï  esprit  de  la  loi,  l’échelon  qui,  multiplié  par  100,  se
approche  le  plus,  sans  la  dépasser,  de  la  somme  que
1  entreprise  de  ce  contribuable  est  estimée  rapporter.  Car
1  imposition  ne  peut  en  aucun  cas  dépasser  1  ®/ 0  du  produit
n et  évalué.  S’il  arrivait  que,  pour  couvrir  la  somme
d  impôts  dévolue  à  une  classe  donnée,  on  soit  obligé
d  atteindre  une  taxe  dépassant  1  %  du  produit  net  évalué
meme  pour  un  seul  contribuable,  la  somme  d’impôts
serait  abaissée  par  le  ministère  des  finances.  L’impôt  est
Payable  par  trimestre,  par  quarts.
3°  Impôt  sur  le  capital,  aussi  appelé  impôt  complémen
taire.  —  (Loi  du  14  juillet  1893).  Il  s’adresse  à  la  fortune
effective  du  contribuable,  à  l’exclusion  de  tous  capitaux
empruntés  par  lui,  et  il  n’est  normalement  applicable  que
P°ur  un  avoir  dépassant  7.500  francs.  Les  Sociétés  par
étions  ou  en  commandite,  etc.,  n’y  sont  pas  soumises,
Car  cet  impôt  ne  concerne  que—selon  l'expression  de  la
oi  ~~  les  personnes  physiques,  les  Sociétés  par  actions
étant  personnes  juridiques.  Le  taux  de  l’impôt  est  d’envi-*°uun
  demi  pour  mille  de  la  fortune  nette,  en  moyenne.
a  déclaration  du  chiffre  de  la  fortune  par  le  contribuable
est  facultative.  Ce  chiffre  de  fortune  est  évalué  par  une
Commission  spéciale.
Ces  trois  impôts  qui  précèdent  sont  perçus  par  l’Etat
Prussien  et  à  son  profit.
Ces  impôts  communaux  directs  sont  :
a ‘  L’impôt  sur  les  terrains.
b'  C  impôt  sur  les  bâtiments.
C ‘  C  impôt  industriel  ou  professionnel.
d-  L’impôt  communal  sur  le  revenu.
        <pb n="175" />
        170

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

Avant  T  introduction  de  l’impôt  sur  le  revenu,  1  ,
percevait  pour  son  compte  l’impôt  sur  les  teuains
celui  sur  les  bâtiments;  il  les  a  cédés  aux  communes.
L’ensemble  des  trois  premiers  des  impôts  ci-dessu
forme  —  de  même  qu’en  Wurtemberg  —  un  en  sein  1
inséparable  :  ce  sont  les  impôts  réels.
a.—  b.  L’impôt  sur  les  terrains  et  l’impôt  sui  les  bâtiments ­
  marchent  de  pair;  ils  concernent  tous  les  terrai  ^
et  bâtiments  qui  ne  sont  pas  d’usage  public.  Leui  ic’sen
est  évalué  par  une  Commission  et  en  ce  qui  concei  ne
bâtiments,  cette  évaluation  est  renouvelée  tous  les  15  ans^
La  contribution  est  toujours  payée  par  le  piopiiéta
effectif,  à  l’exclusion  du  locataire.
c.  —  L’impôt  industriel  embrasse  sans  exception  tout
les  industries,  exploitations  et  professions  exercées  sU ^
le  territoire  de  la  commune.  Il  est  soumis  aux  mém  ^
règles  que  l’impôt  industriel  gouvernemental,  mais  1 1
portance  de  la  contribution  est  exprimée  en  poui  ccn
de  l’impôt  gouvernemental.

d.  —  L’impôt  communal  sur  le  revenu,  en  ce  qui  c0
l’industrie,  a  les  mêmes  bases  que  1  impôt  go UN

cerne

nemental  sur  le  revenu,  mais  n’admet  pas  la  deduction^

3  1/2  %  autorisée  sur  le  revenu  imposable  des  Socié
par  actions,  dans  l’impôt  du  Gouvernement

La

fixe  les  limites  dans  lesquelles  les  communes  sont  au
risées  à  prélever  les  trois  impôts  réels  et  l’impôt  su
revenu  ;  elle  détermine  également  la  proportion  ^
observer  entre  l’ensemble  des  impôts  réels  d’une  p aI *’
l’impôt  communal  sur  le  revenu  d’autre  part,  dans  ^
perception.  Lorsque,  par  exemple,  une  Commune  ^
obligée  pour  faire  face  à  ses  dépenses,  de  percevou
somme  d’impôts  réels  communaux  égale  à  105  %
        <pb n="176" />
        IMPÔTS

171

montant  des  anciens  impôts  réels  gouvernementaux,
e lle  ne  peut  percevoir  pour  son  impôt  communal  sur  le
devenu  qu’entre70  et  105  %  du  montant  total  perçu  dans
s on  rayon  pour  le  compte  de  l’impôt  sur  le  revenu  gouvernemental. ­

Il  a  été  dressé  des  tableaux  qui  déterminent  ces  proportions ­
  pour  tous  les  cas  possibles.
Les  communes  ne  peuvent  prélever  pour  leurs  impôts
lee ls,  plus  de  200  %  du  montant  des  anciens  impôts  réels
gouvernementaux  ;  et  dans  ce  cas  extrême,  le  montant
maximum  autorisé  pour  l’impôt  communal  sur  le  revenu
de  250  %  de  la  somme  prélevée  dans  le  rayon  de  la
Lunuinme  pour  le  compte  de  l’impôt  gouvernemental
sur  le  revenu.
Lest  d’ailleurs  recommandé  aux  communes  d’imposer
largement  les  industriels  qui  profitent  pour  leur  exploita-Lon,
  des  avantages  que  la  Commune  présente  au  point  de
Vlle  du  sol  ou  de  la  situation  topographique.
La  somme  qu’un  industriel  doit  payer  du  fait  des  im-P°ls
  communaux  dépend  donc  essentiellement  du  budget
la  Commune  sur  le  territoire  de  laquelle  est  situé  son
établissement.
Lomme  point  de  repère,  un  établissement  situé  dans
Une  Ville  de  60.000  habitants  et  possédant  50.000  broches
e  filature,  250  métiers  à  tisser,  7.000  broches  à  retordre,
° Ccl ipant  environ  800  ouvriers  et  consommant  environ
*000  balles,  avec  un  capital  actions  de  3.120.000  francs
^ ails  obligations),  payait,  dans  une  année  où  son  son
éiiefice  net  avait  atteint  à  peu  de  chose  près  la  somme
e  100.000  francs,  un  total  d’impôts  de  18.500  francs.
^Vec  un  bénéfice  d’environ  400.000  francs,  l’année
Vivante,  le  chiffre  total  des  impôts  fut  de  20.260  francs.
Leux  ans  avant,  et  malgré  que  le  dividende  ait  été  nul
que  le  résultat  de  l’inventaire  ait  démontré  la  perte
        <pb n="177" />
        172

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

d’une  somme  notable,  le  chiffre  des  contributions  s’était
élevé  à  plus  de  17.000  francs.
Ces  impôts  sont  certainement  élevés,  c’est  en  tous  cas
l’avis  de  ceux  qui  les  paient.  D’un  autre  côté,  leur  répartition ­
  donne  lieu  forcément  à  une  ingérence  prolonde
de  l’Etat  dans  les  affaires  des  particuliers.  Elle  paraît
exagérée,  de  l’avis  même  des  meilleurs  citoyens.  Le  fragment ­
  de  discours  qui  suit,  emprunté  à  celui  déjà  cité  tout
à  l’heure,  confirme  cette  manière  de  voir

«  Depuis  notre  berceau  jusqu’à  notre  tombe,  de  notre
première  inspiration  d’air  jusqu’à  notre  dernier  soupir,
l’Etat  nous  entoure,  nous  étreint  dans  ses  serres  d’acier  :
Dans  tout  ce  que  nous  faisons,  dans  tous  nos  actes,  ü
est  derrière  nous,  nous  gouverne,  nous  dirige.  Nous  ne
sommes,  pour  ainsi  dire,  plus  nous-mêmes;  nous
sommes  un  produit  de  1  Etat  qui  nous  régit  et  nous  réglemente ­
  par  mille  prescriptions,  décisions,  décrets  et  lois-Notre
  propre  volonté  est  limitée  même  en  ce  qui  nous
concerne;  nous  ne  pouvons  faire  que  ce  que  l’Etat
nous  autorise  à  faire,  et  seulement  dans  les  limites  qu  d
juge  convenables.  Nous  ne  pouvons  pas  nous  développe 1
librement  :  nous  sommes  et  voulons  être,  d  ailleurs,  des
citoyens  obéissants.
«  Le  contrôle  de  l’Etat  commence  à  notre  premier  cri  •
Le  jeune  citoyen  est  obligé  de  se  faire  inscrire  à  l’étatcivil
  et  il  n’a  pas  encore  conscience  de  son  existence
que  déjà  on  l’oblige  à  se  faire  vacciner;  à  six  ans  ° 11
1  obligea  aller  à  l’école  et  aussi  à  se  faire  revacciner  à
douze  ans.  L’obligation  du  service  militaire  pèse  sur  lui
pendant  trente  années  :  à  18  ans,  il  est  forcé  de  se  fah e
inscrire,  de  se  laisser  passer  en  revue  par  un  médecin
qui  évalue  ses  aptitudes  physiques,  puis  il  est  obligé  de
quitter  ses  occupations  pour  être  soldat.  A  peine  a-t-d
        <pb n="178" />
        173

IMPÔTS
échappé  à  ce  collier  qu’on  l’oblige  à  se  présenter  à  tout
instant,  à  assister  à  des  appels  de  contrôle  ;  des  exercices
de  réserve  et  de  territoriale  l’obligent  à  interrompre  à
chaque  instant  l’exercice  de  sa  profession,  ce  qui  certes,
n’est  pas  à  l’avantage  de  celle-ci.
((  Si  le  citoyen  que  nous  considérons  compte  parmi  les
heureux  qui  sont  propriétaires,  il  est  livré  à  une  réglementation ­
  et  à  une  régence  sans  tin.  Il  ne  pourra  rien
faire  sans  autorisation,  ni  bâtir  comme  il  voudra,  ni
s’entourer  d'un  mur  sans  l’autorisation  de  la  Police  ;  il
devra  faire  nettoyer  constamment  une  rue  qu’il  n’a  pas
salie;  présenter  sa  police  d’assurance  à  l’acceptation,
donner  avis  de  l’entrée  et  de  la  sortie  de  ses  domestiques, ­
  coller  des  contremarques  d’assurances  dans  leurs
livrets,  déclarer  le  chiffre  de  sa  fortune,  dévoiler  exactement ­
  tous  les  détails  de  sa  vie  privée.  Rien  ne  doit  rester
caché  à  l’œil  vigilant  et  paternel  du  Gouvernement.  Nous
sommes  sous  la  surveillance  de  l’Etat.
«  Si  nous  avons  le  bonheur  ou  le  malheur  d’être  dans
1  Industrie,  un  agent  de  police  est  à  peine  sorti  du  bureau
qu’il  y  est  remplacé  par  un  autre  :  ils  viennent  voir  si  les
mille  et  une  prescriptions  et  ordonnances  sont  exécutées
ù  la  lettre.
«  Le  premier  vérifie  ce  qui  concerne  la  Caisse  des  mafudes,
  le  second  est  l’envoyé  de  l’Assurance  contre  les
Occidents  ;  le  suivant,  c’est  1  inspecteur  des  fabriques,
ouquel  succède  le  vérificateur  des  appareils  à  vapeur  ;
Puis  ensuite  le  contrôleur  des  précautions  contre  l'incendie; ­
  il  est  impossible  d’énumérer  tous  les  titres  et
fonctions  de  tous  ceux  qui  viennent  tourmenter  souvent
Pour  des  futilités,  le  pauvre  industriel  suffisamment
fourmenté  déjà.
((  Celui  qui  réussit  à  échapper  à  toutes  ces  chaussef-mpes
  que  de  trop  zélés  législateurs  et  les  autorités  prus-
        <pb n="179" />
        174

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

siennes  ont  imaginées,  n’est  pas  à  plaindre  à  l’heure  de
sa  mort,  en  vérité  ;  mais  le  XX 3  siècle  ne  possède  plus
d’hommes  d’une  trempe  aussi  surhumaine,  et  personne
ne  sort,  sans  avoir  trébuché,  de  l’inextricable  fourré  des
«  prescriptions  à  observer  ponctuellement  ».
((  El  pour  toute  cette  incessante  surveillance,  il  s’agit
de  payer  des  impôts,  une  quantité  incroyable  d’impôts,
car,  tant  gouverner  et  tant  contrôler  coûte  horriblement
cher.
«  Et  avec  tout  cela  on  entend  des  gens  stupéfaits  qui
vous  demandent  :  «  D’où  vient  donc  qu’il  y  a  des  mécontents ­
  ?  »
«  On  devrait  s’apercevoir  vraiment  que  ce  mécontentement ­
  n’a  rien  détonnant  ;  qu'il  y  a  excès  dans  la  fabrication ­
  des  lois,  excès  d’ordres,  excès  de  surveillance,  ce
qui  finit  par  vexer  le  plus  fidèle  citoyen.
«  Respect  à  la  fidélité  et  l'exactitude  prussiennes  dans
l’accomplissement  du  devoir  ;  mais  il  y  a  une  limite  à  la
minutie.  On  dira  que  les  lois  sont  faites  pour  être
observées  et  qu’un  contrôle  est  indispensable.  C’est  très
exact,  mais  on  pourrait  commencer  par  faire  moins  de
lois  ;  puis,  se  contenter  de  les  appliquer  selon  leur  esprit
et  leur  sens  et  non,  à  ce  point,  à  la  lettre  ;  on  pourrait  ne
pas  tourmenter  ainsi  les  administrés  qui,  au  moins  autant
que  1  administration,  ne  désirent  autre  chose  que  le  bien
de  l’Etat  et  celui  de  tous.  »
        <pb n="180" />
        COMBUSTIBLE

L’Allemagne  a  le  privilège  de  produire  plus  de  houille
qu’elle  n’en  consomme  :  dans  les  dernières  années,  elle
exportait  environ  10  %  de  sa  production.
En  1902,  les  différents  bassins  hou  il  lers  allemands
ont  produit  au  total  107.473.933  tonnes,  tandis  que  la
consommation  n’a  été  que  de  97.800.000  tonnes.
En  1904,  la  production  avait  atteint  120.694.000  tonnes
pour  une  consommation  de  110.118.000  tonnes.
Celte  surproduction  n’empêche  pas  l’Allemagne  d’importer ­
  environ  7.300.000  tonnes  de  houille,  dont  80  %
lui  viennent  d’Angleterre,  9  %  de  Belgique,  et  8  a  9  %
d’Autriche.
Mais  elle  exporte  environ  18  millions  de  tonnes  ;
l’Autriche  en  reçoit  32  %,  la  Hollande  28  %,  la  Belgique
15%,  la  Fiance  et  la  Suisse  chacune  environ  6  %  %.
Le  lignite  est  un  combustible  également  très  employé,
sous  forme  de  briquettes,  notamment.  L’Allemagne  en
produisait  48.500.000  tonnes  en  1904,  tandis  que  sa  consommation ­
  atteignait  56.282.000  tonnes;  le  déficit,  soit
environ  7.800.000  tonnes,  était  fourni  par  l’Autriche:
les  lignites  de  Bohême  sont  de  toute  première  qualité.
Les  principaux  bassins  houillers  allemands,  par  ordre
d’importance,  sont  :
        <pb n="181" />
        176

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

Bassins  1904
Rühr  (Prusse  rhénane)
Silésie,  haute  et  basse
Bonn  (Wurmrevier)  Pr.  rhén
Zwickau  Oelsnitz  (Saxe)
Clausthal  (Magdebourg)
Zweibrucken  (Palatinat  Saar)
Munich
Dresde
Bayreuth

Production  annuelle  %&amp;gt;
67.470.000  tonnes  56
30.596.000  -  25
13.800.000  —  H &amp;amp;
4.232.000  —  3 5
900.000  -  O 75
681.000  —  0 57
641.000  —  0 53
562.000  —  0  43
18.000  —  0  *

La  Prusse  produit  donc  94  %,  la  Saxe,  4  %  environ  et
la  Bavière,  un  peu  plus  de  1  %  de  la  production  totale
allemande.

Les  principaux  bassins  de  production  du  lignite  sont  :

Bassins.  1904
Halle  »/s.  Provinces  saxonnes.
Bonn.  Prusse  rhénane
Saxe  Altenburg,  Anhalt
Leipzig  Dresde
Braunschweig
Silésie
Clausthal  (Magdebourg)
Hesse

Production  annuelle  %
32.547.000  tonnes  67
6.803.000  —  14
*3.679.000  —
1.915.000  —  4
1.341.000  —  2  73
1.084.000  —  2  25
692.000  —  1  4(&amp;gt;
377.000  —  Û 8(&amp;gt;

Prix  des  Houilles

Le  prix  des  houilles  a  peu  varié  depuis  1903  :
.  .  .  Prix  en  francs
a  la  mine,  sur  wagon  :  1903  1904  1905
(  tout  venant  12.10  11.75  11.75
Essen  Rühr.  j  gras  n.75  n.75  11.75
(  maigre  10.65  10.35  10.35
        <pb n="182" />
        COMBUSTIBLE

177

12

Prix  en  francs
1903  1904  1905

à  la  mine,  sur  wagon  :
Haute  Silésie  i  P ailleUeS  14 ' 4 °  14  *
f  fines  10.20
Basse  Silésie,  paillettes  et  fines  ...

18.75
13.90
Saar,  tout  venant  à
14.90

10.20  10.20
18.75  19.40
13.70  14.20
à  à
14.90  15.25

Prix  rendu  franco  gare  :
Berlin  \  Palettes  Haute  Silésie
fines  —

Mannheim

tout  venant
braisettes
Banco  bord  |  paillettes  Rühr  .
Hambourg  /  braisettes

La  tonne  en  francs
1903  1904  1905

27.80
23.50
»  »
))  ))
21.90
24.40

27.80
23  20
18.50
20.75
20.65
24.40

Lignites  de  Saxe,  prix  moyen  par  hectolitre  :
de  0.20  à  0.22  centimes.

27  80
23.20

»

Transport  des  Charbons  par  chemins  de  fer

kilomètres
Königshutte  (Ule  Silésie)  —  Breslau.  203
—  Berlin  .  545
—  Königsberg  720
Stettin.  515
Bssen  (Prusse  rhénane)  —  Berlin  ....  540
—  Magdebourg  ...  400
—  Hambourg  380
—  Cologne...  80

Prix  en  fr.
par
tonne
5.67
13.15
13.55
9.40
12.90
10.75
7  »
3  »

Prix  en  cent,
par
tonne  kilométr.
2.80
2.40
1.90
1.87
2.38
2.69
1.84
3.75
        <pb n="183" />
        178

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

Prix  de  transport  de  Combustibles
Pour  20  kilomètres,  la  tonne  1  fr.  375
—  50  —  —  2  —  25
—  100  —  --  3  —  625

Valeur  comparative  de  quelques  combustibles

Poids  par
Charbons  hectolitre
Haute  Silésie  ...  82  kgr.
Saxe  77  —
Westphalie  98  —
Lignite  de  Saxe.  70  —
—  de  Bohème.  »  —

Calories
5.500  à  7.500
5.200  à  6.700
6.600  à  7.900
1.800  à  2.700
4.000  à  5.500

Cendres
4.25  à  5  %
5  «  à  12  %
5  »  à  U  %
5  ))  à  10  %
3  »  à  7  %

Transports
Prix  moyen  de  la  tonne  kilométrique  sur  les  divers
réseaux  allemands  par  wagon  complet

Prusse  et  Hesse
Bavière
Saxe
Wurtemberg..
Bade

4C-48  la  t.  km*
4.78  —
5.57
5.55  '

5.09  —
        <pb n="184" />
        DROITS  D’ENTREE

Par  decision  du  27  février  1905,  les  nouveaux  tarifs
douaniers,  fixés  par  la  loi  de  décembre  1902,  ont  été  mis
en  vigueur  à  partir  du  1 er  mars  1906.  Jusqu’à  cette  époque,
les  droits  d’entrée  concernant  les  filés  et  tissus  de  coton,
a  1  importation  en  Allemagne,  étaient  principalement  les
suivants  :

ANCIEN  TARIF
1"  Filés  de  coton  simples,  écrits,  n°  fronçais
fr.
Jusqu’au  n°  14  1/2...  15  »  les  100  kilos.
Au-dessus  de  14  1/2  jusqu’au  n°  38.  22.50  —
38  -  51.  30  »
Au-dessus  de  n°  51  30  »  —
2°  Fetors,  deux  bouts,  retordus  une  fois,  ècrus.
Jusqu’au  n"  14  1/2  18.75  les  100  kilos.
Au-dessus  du  n°  141/2  jusqu’au  n°  38  26.25  —
38  —  51  33.75  —
—  51  -  67  41.25  -
Au-dessus  du  n°  67  48.75  —
Pour  les  filés  teints  et  blanchis,  il  n'est  pas  fait  de
uiérence  entre  les  fils  simples  et  les  retors.
        <pb n="185" />
        180

l’industrie  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

3°  Fils  simples  et  retors  des  deux  bouts,  retordus  une
fois,  blanchis,  teints  on  imprimés.
fr.
Jusque  no  14  1/2  30  »  les  100  kilos.
Au-dessus  de  14  1/2  jusqu’au  n°38..  37.50  —
—  38  —  51..  45  »  —
—  51  —  07..  52.50
Au-dessus  du  n®  67  00  »  —
4°  Trois  bouts  et  jdus,  une  fois  et  plusieurs  fois  retordus,
Sans  spécification  de  numéro  00  »  les  100  kilos.
5«  Deux  bouts,  retordus  plusieurs  fois.
Sans  spécification  de  numéro  87.50  les  100  kilos,
0°  Mèches,  non  tissées.
Sans  spécification  de  numéro  30  »  les  100  kilos
        <pb n="186" />
        DROITS  D’ENTRÉE

181

TISSUS
Tissus  de  coton  avec  ou  sans  insertion  de  fils  métalliques,
mais  sans  aucun  mélange  de  soie,  de  laine  ou  autres
filaments  animaux.

1°  Tissus  serrés,  écrus,  à  l'exclusion  des  velours  rasés.
100  fr.  les  100  kilos.

2°  Tulles  écrus,  unis  sans  dessins.  100  fr.  les  10)  kilos.
3°  Tissus  serrés,  blanchis,  apprêtés,  à  l'exclusion  des
velours  rasés  125  fr.  les  100  kilos.
4°  Velours  rasés  150  fr.  les  100  kilos.
5°  Tissus  serrés,  teints,  imprimés ­
  150  —
6°  Tissus  tricotés  150

7°  Etoile  à  rideaux,  écrue  250
8°  —  non  écrue.  287.50  —
0°  Etoffes  lâches,  écrues  à  l’exclusion ­
  des  tulles  et  des
étoffes  à  rideaux  250  —

10°  Etoffes  lâches,  blanchies,
teintes,  imprimées,  à  l'exclusion ­
  des  étoffes  à  rideaux  250

11°  Couvertures  de  lit,  à  dimension, ­

  écrues  75
12°Couverturesde  lit  blanchies,
apprêtées  100
13°  Couvertures  délit,  teintes  et
imprimées

112.50
        <pb n="187" />
        182

L'INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

Depuis  le  1 er  mars  1906,  les  droits  d’entrée  en  Allemagne ­
  sont  les  suivants  :

NOUVEAU  TARIF
§  438.  Le  coton,  teint,  cardé,  peigné,  blanchi:  de  même
les  déchets  de  filature  de  coton  blanchis  sont  exempts  de
droits.
§  439.1°  Mèches  de  préparation  tordues  ou  non,
simples  ou  doubles,  écrues  blanchies,  teintes,
imprimées,  aussi  en  mélange  avec  d’autres
libres  végétales  ou  animales,  à  l’exclusion  de  la
soie
§  439.  2°  Les  mêmes,  en  trois  bouts  ou  davantage, ­
  ainsi  que  mèches  non  lissées  ni  tressées..
§  440.  3°  Filés  de  coton  écrus,  mélangés
d’autres  fibres  végétales  ou  animales,  mais  à
l’exclusion  de  la  soie.  1°  Fils  simples  :
Jusqu’au  n°  9  1/3
Au-dessus  du  n°  9  1/3  jusqu’au  n°  14  1/2
—  —  14  1/2  —
—  —  18  2/3  —
—  —  27  —
—  —  40  —
—  —  53  1/2  —
—  —  70  -
—  —  86  1/2
§  441.  Fils  simples  comme  ci-dessus,  mais
blanchis,  teints  ou  imprimés  comme  ci-dessus-f
§  442.  Retors  deux  bouts  ou  davantage  retordus
une  lois,  écrus,  comme  les  fils  simples  écrus.  ,-f-18

  2/3

27

40

53  1/2

70

86  1/2

fl

Les  100  kil.  en  francs

%,  p

FARlr

FARIr

conTentioinel

autonome

6.25

O  3

12.50

U  &amp;gt;

ta  c

7.50

«  s

LO

13  75

50

17

22.50
27.50
31.25
35  »

22.50

27.50

35

42.50

50

25

11

3.75

75
        <pb n="188" />
        DROITS  D’ENTRÉE

183

Les  100  kil.  en  francs

§  442.  Fils  retors  comme  ci-dessus,  mais  blancs, ­
  teints,  imprimés  comme  les  fils  simples
¿crus  4-§
  443  Fils  retors  deux  bouts  ou  davantage,
Retordus  plusieurs  fois,  écrns
Fils  retors  comme  ci-dessus,  mais  blanchis,
* e ints,  imprimés
§  444.  Retors  de  coton  de  toutes  sortes,  en
arrangement  pour  la  vente  au  détail

TARIF
autonome

13.75
50  »
60  »
87.50

TARIF
GonuDlionncl

Tissus  de  fils  de  coton  aussi  mélangés  d’autres
libres  végétales  ou  autres  filés  ou  mélangés  de
£ l ' m s,  mais  sans  mélange  de  laine,  soie  ou  autres
ihres  animales.
§  453.  Tissus  écrus  du  poids  de  80  gr.  ou  allein ­
  par  mètre  carré,  ayant  en  chaîne  et  trame
ensemble,  sur  5“/ m  de  côté,  au  plus  35  fils  ou
m °ins
~~  Avec  plus  de  35  fils  jusqu’à  44  fils
Avec  plus  de  44  fils
§  454.  Tissus  écrus  pesant  plus  de  40  grammes,
niais  moins  de  80  gr.  par  mètre  carré,  ayant  en
eliaîne  et  en  trame  ensemble  dans  un  carré  de
m / m  de  côté  :
35  fils  ou  moins
Plus  de  35  fils  jusqu’à  44  fils
Avec  plus  de  44  fils
§  455.  Tissus  écrus  de  moins  de  40  gr.  au
niètre  carré,  ayant  en  chaîne  et  en  trame  en-Sei
 nble  dans  un  carré  de  5  m / m  de  côté  :

62.50
87.50
112.50

87.50

112.50
150  »
187.50

100  »
125  »
150  »

Pays
que  concerne
la  convention.
        <pb n="189" />
        184

l’industrie  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

i

A

m

Les  100  kil.  en  francs

TARIF
autonome

TARIF
«onuntioDuel

150  »
187.50
212.50

25  »

—  35  fils  ou  moins
—  Plus  de  35  fils  jusqu’à  44  fils
—  Avec  plus  de  44  fils
§  456.  Tissus  comme  ci-dessus,  mais  blanchis,
apprêtés,  comme  pour  les  tissus  écrus  +
§  457.  Tissus  teints,  imprimés  ou  tissés  en
couleur,  comme  pour  les  tissus  écrus  -H  62.50
§  455.  Couvertures  de  lit  en  coton,  à  dimension,
pesant  80  gr.  ou  plus  par  mètre  carré  et  ayant  en
chaîne  et  trame  ensemble,  dans  un  carré  de  5  m / m
de  côté  :  35  fils  ou  moins,  aussi  grattées,  bordées
et  avec  franges,  ¿crues
§  456.  —  Couvertures  de  lit  en  coton,  comme
ci-dessus,  mais  blanchies  et  apprêtées
§  457.  —  Couvertures  de  lit  en  coton,  comme
ci-dessus,  mais  teintes,  imprimées,  ou  tissées
en  couleur
§  450.  —  Etoffes  de  coton  légères  pour  rideaux,
aussi  avec  festons  cousues  :
En  pièces  pour  la  vente  au  mètre  :
—  Ecrus  ou  apprêtés  225  )&amp;gt;
—  Blanchis,  teints,  imprimés  ou  tissés  en
couleur  275
—  Avec  rubans  insérés  325
§  452.  —  Tulles  :
—  Ecrus  ou  apprêtés,  sans  dessins
—  Ecrus  ou  apprêtés,  avec  dessins
—  Blanchis,  teints,  imprimés

125  »
156.25
187.50

25

S
*1a.  h
s.
62  50L  „

62.50

75  »

100  »

B

B

Pays
que  concerne
\a  convention^
        <pb n="190" />
        DROITS  D'ENTRÉE

185

§  446.  Velours  et  peluches  et  tissus  analogues  :
Non  rasés  :
Ecrus
Blanchis,  teints,  imprimés,  tissés  en  couleur  .
§  447.  Rasés  (sur  la  trame,  Velvet)  :
Ecrus..  .

Blanchis,  teints,  imprimés  ou  tissés  en  couleur
§  445.  Rasés  (sur  la  chaîne,  Saint)  :
Ecrus
Blanchis,  teints,  imprimés  ou  lissés  en  couleur

Les  100  kil.  en  francs

TARIF
autonome

75  ))
100  »
112.50
150  »
150  ))
187.50

TARIF
COQTCOtilDUel

162.50

A.  H

S.  Suisse.
B.  Belgique.
A.  H.  Autriche-Hongrie.

Pays
que  concerne
la  convention.
        <pb n="191" />
        h  II  il

■  '  I
        <pb n="192" />
        COURS  DES  COTONS
FILÉS  ET  TISSUS

Cours  des  Cotons  à  la  Bourse  de  Brême
en  centimes  par  500  grammes
Tablean  n°  #.

DATES

1905
7  Janvier
21  -  ....
4  Février....
18  -  ...
4  Mars
18  -
l° r  Avril
15  _
29  _
13  Mai
27  —
10  Juin
24  —
15  Juillet
29  _
12  Août
2  Septembre,
16  _
30  _
14  Octobre...

Upland
middling

46
453
48»
51
49 1
51 3
50 6
49  7
49 1
51 3
5U
55«
6O2
70  3
71«
70  3
694
66«
69=04
  4

Oomra
good.

40«
40
40«
40«
422
44 4
44  4
44  4
432
432
43«
44  4
475
55
55
55
55«
54  4
54  4
51

DATES

28  Octobre
11  Novembre..
25  —
9  Décembre..
23
1900
6  Janvier
20  -
3  Février.
17  —
10  Mars
24  —
7  Avril
21  —
4  Mai  .
18  -  .
1 er  Juin
15  —
29  —

Upland
middling

69 4
732
728
76  3
763

741
75«
71«
71
70  3
728
73  5
73 8
732
74 7
71«
722
71«

Oomra
good

53«
56  4
56
56
56*

56
56
54 8
548
54
54
SI 3
54
54
54 8
54  a
54
53«
        <pb n="193" />
        188  L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE
Cours  des  Filés  à  la  Bourse  de  Stuttgart'
En  centimes
Tableau  n°  45.

1905-1906
DATES

1905

16  Janvier.
6  Février.
20  -
6  Mars...
20  -  ...
3  Avril...
17  —
1"  Mai...
15  —  ...
5  Juin  ...
19  —  ....
3  Juillet..
17  —  ..
7  Août
21  —
4  Septembre.
18  —
2  Octobre  ...
16  —
6  Novembre.
20  —
4  Décembre.
18  -

1906

15  Janvier.
5  Février.
19  —
19  Mars...
9  Avril...
7  Mai....
21  -
11  Juin  ...
2  Juillet..

CHAINE
N°  17  Français
—  20  Anglais
dualité  ordinaire

TRAME
N°  17  Français
—  20  Anglais
Qualité  ordinaire

CHAINE
N°  25  Franck
=  30  Angl ais
Amériq ue

165

1625

1675

165

197  5

,02=1675


165

105

170
1675

1675

200

200

1625

165

1975

197=160



157  5

165

162

1925

»
1625
1675
1775
190

2"

165

170
175
185
1975

1675

1975

glO

170

1725

205

220

180

1825

215

32=1925



195

227%

932

1925

200

1975

2275

230

190

195

195

225

1975

222

185

1925

190

2175

937

1975

205

2025

2325

235

2025

195

200

230

•Mo

2125

205

210

240

250

2175

210

215

245

•Mo

2125
205
2025
»
210

210
2025
200

240

205
1975
195
))
2025

mO

235

237'

232°

,45

205

240

2075

245

2075

205

210

2025

240

195
1925
1925
1875
200
1975
2075
1125

2075
200
1975
        <pb n="194" />
        189

COURS  DES  FILS  ET  TISSUS
Par»^^l° nS  '  Net  ®  m ois,  pris  en  Filature.

"^Anglais
Colérique

CHAINE
N°  30  Français
—  36  Anglais

TRAME
N"  37  Français
—  44  Anglais

CHAINE
N°  17  Français
—  20  Anglais
Continus
Qualité  moyenne

1925
195
1925

.  ï
1875

I

!

195
»
1975
195
»
»
1925
»
»
1975
205
215
2275

»
2275
225
»
2175
2325
230
240
245

205  —  2075
»  »
2075  _  210
205  —  2075
»  »
»  »
200  —  205
»  »
»  »
205  —  210
2125  —  2175
2225  _  2275
235  -  240
»  »
»  »
235  —  240
2325  -  2375
»  »
225  —  230
240  —  245
2375  —  2425
2475  —  2525
2525  _  2575

210  —  2125
»  »
2125  —  215
210  —  2125
»  »
»  »
205  —  210
»  »
»  »
210  —  215
2175  _  2225
2275  —  2325
240  —  245
»  »
»  »
240  —  245
2375  _  2425
»  »
230  —  235
245  —  250
2425  —  2475
2525  _  2575
2575  —  2625

(85  —  1875
»  »
1875  —  190
185  —  1875
»  »
»  »
180  —  185
»  »
»  D
185  —  190
194  —  199
204  —  210
219  —  224
»  »
»  D
2175  —  2225
215  —  220
»  »
210  —  215
224  —  229
2215  _  2265
2325  —  2375
2375  —  2425

240
235
2325

2475  2525
2425  _  2475
240  —  245

2525  —  2575
2475  _  2525
245  —  250
»  »
2525  —  2575
»  »
»  »
»  »
252  -  2575

2315  _  2375
2265  —  2315
2265  —  2315

%

240

2475  —  2525

235  —  240
»  »

*35

240

2475  _  2525

235  —  240
        <pb n="195" />
        I,’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

190

Cours  des  filés  à  M.  Gladbach  (Prusse  rhénane)
en  centimes  par  kilo

Tableau  n°  46.

DATES

FI  LS  CONTINUS

Chaîne
U"  17  français

1905
19  Janvier...
9  Février...
9  Mars
30  —
27  Avril  ....
18  Mai
13  Juillet...
28  —  ...
11  Août
1 er  Septembre.
14  -
5  Octobre  ...
20  -  ...
28  -  ...
10  Novembre  .
23  —
28  Décembre
1906
19  Janvier...
14  Avril
28  —
19  Mai
16  Juin

3*  i re
quai.  quai.
176»à  1875
182  193
182  193
179  190
1765  iss
1795  1875
215  226
215  »
2125  223=Chaîne


n*  13  1/2
français

Chaînes
n»  3  1/2
à  8  1/2

Chaîne
renvideur
n*  17
français

204  215
2015  2125
196  207
207  218
2235  232
229  237
232  243
2235235
221  232
228«  235
229  240
2235235

3'  1"
quai.  quai.
168  à  1795
174  185
»  »
171  182
1685  1765
171  179
207  218
204  215
»  »
196  207
193  204
1875  1985
1985  210
2125  2235
218  229
2235  2345
215  226
2125  2235
215  226
2%  2%
215  226

3"  1"
quai.  quai.
160  à  171
1655  1765
163  174
160  168
163  171
1985  210
»  »
196  207
»  »
1875  1985
185  196
1795  190'
190  2015

204
210
215

215
221
226

207  218
204  215
207  218
2125  223
207  218

2•  1"
quäl.  quai.
182  à  1875
1875  193
»
185  190
182  185
185  1875
2%  2#
»  »
218  2#*
»
210  215
207  212«
2015  207
2125  218
226  232
232  237
237  243
229  234:
226  232
229  2345
235  240
229  234 5
        <pb n="196" />
        COURS  DES  FILS  ET  TISSUS

191

Cours  des  Tissus  à  la  Bourse  de  Stuttgart
CONDITIONS  ;  30  jours  2  %,  au  tissage
en  centimes  par  mètre
Tableau  n°  M.

DATES

1905
16  Janvier  ...
6  Février....
20  -  ...
6  Mars
20  —
3  Avril
17  —
1 er  Mai
15  -
5  Juin
19  —
3  Juillet
7  Août
21  _
4  Septembre
18  _
2  Octobre...

„•¡3  §
m
if 2 !

25  à  25 :t
»  »
256  25°
250  263

26«  272
27 5  278
28»  #4
303  3i

30’  31
31®  3iG

£3  §

29 1  à  294
»  »
297  30
30  30 3

307  31
313  316
32 5  334
344  35

35  356

DATES

16  Octobre...
6  Novembre.
20  —  ..
4  Décembre.
18  —
1906
15  Janvier  ...
5  Février
19  —  ....
19  Mars
9  Avril
2  Mai
21  —
11  Juin
2  Juillet

¡3  §
I 2 :

31  à  313
32*  #5
31°  322
322  325
334  334

325  331
31 0  325
31°  322
»  »
328  334
»  »
34  347
34  347

344  à  35
356  36:
355  35 f
368  36«
37»  385

372
36«
35°

37»
373
363

378  38%

385  394

385  394
        <pb n="197" />
        :

¿’Vv
        <pb n="198" />
        ET  AB  TASSEMENTS

Etablissement  n°  1
SITUÉ  DANS  UNK  VALLÉE

Fondé  en  1869.  Actuellement  35.500  broches  et  900
métiers  à  tisser.  Consommation  environ  6.500  balles.
Production  en  filés,  environ  1.280.000  kilos,  n°  moyen,
n°  22  anglais.  Production  en  tissus,  environ  135.000
pièces  =8.600.000  mètres.  Capital  actions,  1.400.000
marks  (1.750.000  fr.).  Pas  d’obligations.  Dividende
moyen  depuis  huit  années,  12  1/4  °/ 0 ,  maximum  15  %,
minimum  10  %•  Vend  une  partie  de  son  fil.  Force  hydraulique, ­
  en  moyenne,  350  chevaux.  Force  totale  des
machines  à  vapeur  (non  entièrement  utilisée)  =  1.600
chevaux.  La  plus  récente  marche  à  12  aim.  triple  expansion, ­
  avec  surchauffe  à  275°  C.  au  cylindre.  Prix  du
charbon,  rendu,  de  205  à  228  marks  (256  à  285  fr)  par
'vagón,  qualité  15  lavé  et  trié.  Prix  de  transport  du  coton,
( le  Brême,  202  marks  (252  fr.)  par  wagon.
Bâtiment  de  filature  à  étages,  avec  toit  à  couche  d'eau,
bâtiments  de  tissage  en  rez-de-chaussée.
Mélange  automatiquedes  cotons  bruts  situé  au  2 me  étage,
        <pb n="199" />
        l'iNDUSTIUK  COTON  N  IK,  H  F,  EN  ALLEMAGNE

194

par  loile  sans  fin  el  bale-braker  et  ouvreuse  pneumatique. ­
  Cardes  à  chapelets.  Laminoirs  à  casse-mèches  électriques, ­
  24  têtes  par  ouvrière.  Filature  exclusivement
en  continus,  pour  chaîne  et  pour  trame.  Ceux  pour  trame
à  broches  inclinées,  qui  permettent  de  filer  non  pas  seulement ­
  les  trames,  mais  des  (loches.  Une  ouvrière  soigne
habituellement  540  broches.  Quarante-six  de  ces  continus ­
  sont  commandés  par  moteur  électrique  individuel.
Salaire  d’un  journalier  (cours,  batteurs,  cardes),  2  mk.  20
à  2  mk.  40  (2  fr.  75  à  3  IV.).  Tissage  de  calicot  d’impression ­
  (la  moitié  des  métiers  environ)  et  articles  analogues,
croisés,  brillantes,  environ  2/5  des  métiers  en  cretonnes
largeurs  courantes  et  jusque  1.600  d’cm  peignage.  Vitesse
moyenne  170  à  175  coups.  La  plupart  des  tisserands  ont
à  soigner  4  métiers  pour  les  largeurs  ordinaires;  on  leur
distribue,  le  cas  échéant,  leur  travail  en  conséquence,
On  paie  par  pièce  ;  les  tarifs  sont  organisés  pour  un  salaire ­
  moyen  de  9  marks  (11  fr.  25)  par  métier  et  par  quinzaine* ­
  soit  3  marks  (3  fr.  75)  par  jour  pour  soigner  quatre
métiers  ;  en  moyenne  27  marks  =  2  mk.  25  (2  fr.  81)  par
jour  pour  soigner  trois  métiers  ;  les  apprentis  soignent
deux  métiers  après  quelque  temps.  Un  contremaître
s  occupe  de  90  à  95  métiers,  monte  les  chaînes  avec
un  aide  et  remet  en  route.  A  l’encollage,  appareil  à
cuire  la  colle  séparément  et  pour  plusieurs  encolleuses.
Une  ouvrière  par  ourdissoir.  Les  bobineuses  sont  pourvues ­
  du  petit  appareil  américain  à  nouer  automatiquement. ­

On  travaille  de  6  heurs  du  matin  à  11  h.  1/2  et  de  1  h.
à  6  h.  1/2,  soit  il  heures  ;  le  déjeuner  et  le  goûter  se
prennent  pendant  le  travail  ;  des  réchauffeurs  à  vapeur
placés  dans  chaque  salle,  permettent  de  réchauffer  les
aliments.  A  quatre  heures,  un  eantinier  passe  dans  les
salles  avec  un  chariot,  et  vend  de  la  bière  aux  amateurs,
        <pb n="200" />
        ÉTABLISSEMENTS

195

ù  raison  de  une  demi-bouteille  par  personne,  au  maximum. ­
  L'arrêt  de  1  b.  1/2  à  midi,  permet  aux  femmes  de
préparer  le  diner  ;  dans  les  fabriques  qui  n’arrêtent  que
pendant  une  heure  à  midi,  la  loi  autorise  les  femmes  qui
ont  un  ménage  à  soigner,  à  sortir  dès  11  h.  1/2.
Les  conditions  de  vente  des  tissus  sont  30  jours  et  2  %
elles  résultent  d’une  convention  entre  fabricants  ;  mais
cette  convention  ne  s’étend  pas  jusqu’à  réglementer  les
prix,  elle  ne  touche  que  les  conditions.
La  cotisation  pour  la  caisse  des  malades  est  de  2  %  des
salaires  ;  l’ouvrier  paie  1  1/3  %,  et  la  fabrique  2/3  «*/&amp;lt;&amp;gt;  des
salaires;  cette  cotisation  est  très  faible,  mais  elle  suffit  aux
besoins,  la  caisse  possédant  un  fonds  de  réserve  dont  les
intérêts  viennent  s’ajouter.  On  n’accepte  de  nouveaux
ouvriers  qu’après  attestation  du  médecin  de  fabrique
constatant  une  santé  suffisante.
La  fabrique  possède  une  crèche  pour  enfants  de  six
«lois  à  trois  ans.  Les  mères  apportent  leurs  bébés  le  matin ­
  et  les  remportent  le  soir.  On  les  soigne,  on  les  baigne,
ies  nourrit  au  lait  stérilisé  (Soxhlet),  on  les  change  de
’vêtements  à  leur  arrivée  et  on  ventile  ceux  qu’ils  avaient
apportés  et  qu’on  leur  remet  le  soir  avant  le  départ.  On
ics  tait  dormir  et  on  les  amuse  ;  ils  sont  appétissants.
Les  sœurs  sont  chargées  de  ces  soins,  pour  lesquels  on
Aclame  aux  parents  la  moitié  du  prix  coûtant.
Une  salle  d’asile  gratuite,  réunit  les  enfants  de  3  à  6
a ns  ;  enfin,  une  école  gratuite  donne  l’instruction  aux
enfants  des  ouvriers  entre  6  et  14  ans.
La  plupart  des  ouvriers  possèdent  un  champ  et  le  cultivent. ­

La  fabrique  met  à  la  disposition  des  familles,  des  logements ­
  comprenant  3  pièces  et  une  cuisine,  avec  jardin,
P°ur  5  à  6  marks  par  quinzaine,  soit  130  à  156  marks  par
an  (162  à  195  ir.).
        <pb n="201" />
        196

l’industrie  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

Une  société  coopérative  administrée  par  les  ouvriers,
donne  de  12  à  14  %  de  dividende  aux  participants.
L’ivrognerie  n’existe  pas  parmi  les  ouvriers;  uncertain
nombre  boivent  de  l’eau-de-vie  sous  forme  de  petit  verre,
le  matin,  avant  le  travail,  cependant.  La  boisson  est  la
bière  et  le  cidre.
La  caisse  d’épargne  contenait  132.000  marks  (165.000  fr.)
au  1 er  janvier  1905.
Le  fonds  de  pension,  destiné  à  donner  à  d’anciens  ouvriers ­
  invalides  ou  âgés,  une  rente  qui  vient  s’ajoutei
à  celle  qu’ils  reçoivent  de  l’assurance  gouvernementale,
possède  125.000  marks  (156.000  fr.j.  Il  a  été  payé  en  1905
la  somme  de  8.940  marks  (11.150  fr.)  pour  primes  d  ancienneté ­
  aux  ouvriers  travaillant  sans  interruption
depuis  un  certain  nombre  d’années  et  proportionnellement ­
  à  ce  temps.
Outre  divers  fonds  de  réserve,  cet  établissement
ainsi  que  c’est  le  cas  assez  fréquemment  en  Allemagne  —
possède  un  fonds  de  réserve  spécial  destiné  aux  risques
de  faillites  ;  son  importance  statutaire  est  de  30.000
marks  (37.500  fr.).
        <pb n="202" />
        Etablissement  n°  2

SITUÉ  DANS  LES  FAUBOURGS  DUNE  VILLE
DE  15.000  HABITANTS

Fondé  en  1859.  Renouvelé  en  grande  partie  en  1886,  à
ta  suite  d’un  incendie  qui  détruisit  la  filature,  mais
épargna  le  tissage  et  une  partie  de  la  cardarle.  Actuellement, ­
  39.000  broches  et  650  métiers,  dont  30.000  broches
ei1  continus  de  440  et  500  broches.  Consommation  environ ­
  9.000  balles.  Prix  de  transport  du  coton  depuis
Brême,  de  200  marks  par  wagon.  N»  moyen,  n°  20  anglais. ­

Capital,  1.440.000  marks  (1.800.000  fr.).  L’emprunt
obligataire  4  °/ 0  de  500.000  marks  est  actuellement  amorti
300.000  marks  (375.000fr.).  Moyenne  de  dividendes  des
tauit  dernières  années  =  O 8  ;  maximum  4,  minimum  0  ;
dividende  nul  depuis  cinq  années.  Production  en  1904  :
1-751.000  kilos  de  fil,  et  5.044.000  mètres  de  tissus,  calicots, ­
  cretonnes  et  gros  articles  pour  toilette,  etc.
Jusqu’à  la  mort  du  premier  directeur,  vers  1880,  l’établissement ­
  était  en  excellent  rendement  ;  il  déclina  rapidement ­
  ensuite,  jusqu’à  ces  dernières  années  ;  il  est  en
^organisation  et  se  remet  en  bonne  voie.  Il  vend  une
Partie  de  son  fil.  Occupe  environ  700  ouvriers.
Force  hydraulique  environ  200  chevaux  en  moyenne  ;
Machine  à  vapeur  de  900  chevaux  sans  surchauffe.
Préparation  ancienne  en  grande  partie.  Travail  de  6  h»
Oiidi  et  de  1  h.  à  6  li.,  sans  arrêts  :  les  femmes  qui  ont
        <pb n="203" />
        198

l’industrie  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

un  ménage  peuvent  sortir  à  11  h.  1/2,  si  elles  le  désirent. ­

Un  journalier  gagne  de  2  mk.  20  à  2  mk.  50  (2  fr.  75  à
3  fr.  10),  s’il  travaille  aux  machines.  Les  soigneuses  de
continus  gagnent  de  2  mk.  35  à  3  mk.  30  (2  ir.  93  à
4  fr.  10).  selon  qu’elles  travaillent  sur  440  ou  720  bioches.
  Les  fileurs  soignent  deux  métiers  de  900  broches
et  gagnent  de  3  mk.  20  à  4  marks  (4à  5  fr.)  par  jour.
Au  tissage,  la  vitesse  est  de  160  à  170  coups  au  rez-dechaussée,
  mais  ne  dépasse  guère  150  coups  dans  les
étages.  La  plupart  des  métiers  ne  dépassent  pas  1  mètre
d’empeignage  :  mais  il  y  en  a  un  certain  nombre  qui  ont
jusque  1  m  600.  Les  tisseurs  conduisent  habituellement
trois  métiers,  souvent  deux,  rarement  quatre.  Us  gagnent
de  28  à  50marks  (35  à  62  fr.)  par  quinzaine  (2  mk.  35  a
4  mk.  15),  selon  qu’ils  travaillent  sur  deux  ou  quatre
métiers,  et  qu’ils  obtiennent  ou  n’obtiennent  pas  la
prime  de  production  laquelle  peut  s’élever  à  8  marks
(10  fr.).  Il  n’est  pas  admis  des  tisseurs,  un  déchet  dépassant ­
  2  °/o  :  au-delà,  il  y  a  amende.  La  plupart  des
cannettes  se  filent  sur  tubes  traversants.
Les  conditions  de  vente  sont  30  jours  et  2  °/o  ;  intéiêts
de  retard,  5  °/„  l’an  ;  la  clientèle  a  une  tendance  a  payer  à
60  et  même  90  jours,  après  avoir  déduit  les  2  %,  et  pa) e
les  intérêts  de  retard.
L’établissement  possède  des  maisons  de  famille,  avec
logements  de  3  pièces  et  cuisine,  à  raison  de  12  marks
(15  fr.)  par  mois;  en  ville,  un  logement  équivalent  se
paierait  18  marks  (22  fr.  50).  Il  existe  également  une
crèche  pour  les  enfants  jusqu’à  trois  ans,  et  une  salle
d’asile  pour  ceux  de  trois  à  six  ans.  Une  salle  à  mangei,
avec  réchauffeurs  est  installée  pour  les  ouvriers  &amp;lt;I ul
viennent  des  villages  environnants.  Mais  il  n’est  détaille
ni  aliments  ni  boissons.
        <pb n="204" />
        ETABLISSEMENTS

199

On  peut  dire  que  l’ivrognerie  n’existe  pas  parmi  les
ouvriers  ;  ils  boivent  du  cidre  et  de  la  bière  ;  bien
rares  sont  ceux  qui  boivent  même  un  peu  d’eau-devie.
  Le  pays  produit  du  vin,  mais  ils  en  consomment  peu,
sans  doute  à  cause  de  son  prix  relativement  élevé.
L’établissement  a  fait  à  plusieurs  reprises,  usage  de
1  autorisation  que  donne  la  loi,  —  sur  demande  spéciale
—  de  travailler  40  heures  supplémentaires  par  an  dans
le  cas  de  commandes  pressées,  ou  de  temps  perdu  à  rattraper. ­
        <pb n="205" />
        Etablissement  n°  3
SITUÉ  DANS  UNE  VALLÉE

Fondé  en  1886.  —  Actuellement,  la  filature  a  32.000
broches  ;  le  tissage  1.100  métiers.  —  Capital-actions  de
1.600.000  marks  |2  millions  de  francs)  ;  obligations  4  /°,
1.400  000  marks  (1.750.000  fr.).  Moyenne  des  dividendes
des  huit  dernières  années  :  5  °/o,  maximum  6  %,  minimum ­
  5  %.  Consommation  annuelle  environ  4.200  bal  les.
Prix  de  transport  du  colon  depuis  Brême,  208  marks
(260  fr.)  par  wagon,  distance  800  kilomètres  environ.
Numéro  moyen  n°  38  anglais.  Force  hydraulique
environ  450  chevaux.  Salaires  annuels  675.000  marks.
(842.000  fr.).
Un  journalier  (cour,  batteurs,  cardes)  gagne  de
2  marks  20  à  2  marks  50  par  jour  (2  fr  75  à  3  fr.  10).
Une  soigneuse  de  bancs  à  broches,  de  2  marks  40  a
2  marks  70  (3  fr.  à  3  fr.  35)  ;  une  paire  de  métiers  est
conduite  par  un  fileur  gagnant  3  marks  60  (4  ir.  50)  P al
jour,  un  rat  lâcheur  à  2  marks  40  (3  fr.),  en  moyenne  soit
environ  65  %  du  salaire  du  fileur  ;  et  un  bobineur,  p a 5 e
par  la  fabrique.  En  général,  le  fileur  reçoit  les  3/5 e  et  h
rattacheur  les  2/5 c  du  produit  des  métiers.  Les  continus
à  filer  sont  de  440  et  de  500  broches.  Lorsqu’une  soigneuse ­
  conduit  500  broches,  elle  gagne  environ  2  mk.  o0
(3  fr.  10)  en  moyenne;  lorsqu’elle  conduit  720  broches,
elle  arrive  en  moyenne  à  2  marks  80  (3  fr.  50).
Au  lissage,  les  tisseurs  sur  métiers  ordinaires  à  calicot,
        <pb n="206" />
        ÉTABLISSEMENTS

201

largeur  de  tissus  80  centimètres  à  1  mètre,  soignent  trois
métiers,  mais  surtout  quatre  métiers  (lesapprentis  deux)
et  gagnent  de  3  marks  à  3  marks  75  (3  fr.  75  à  4  fr.  70)
par  jour.  Ceux  qui  soignent  six  à  huit  métiers  du  type
Harrimann,  gagnent  de  3  marks  50  à  4  marks  15  (4  fr.  35
à  5  fr.  15).  Et  lorsqu’ils  conduisent  de  huit  à  douze
métiers  Northrop,  leur  salaire  va  de  4  mk  à  4  marks  80
(5  à  6  1  r.  )  par  jour.
Sur  deux  métiers,  un  jeune  ouvrier  gagne  presque
exactement  la  moitié  de  ce  que  gagne  un  tisseur  sur
quatre  métiers;  il  se  fait  de  1  mark  65  à  1  mark  85.
(2  fr.  06  à  2  fr.  31).  Il  existe  des  ménages  où  le  mari  et  la
femme  sont  tisseurs  et  qui  gagnent  par  quinzaine,
ensemble  90  à  94  marks  (112  à  117  fr.)  soit  par  jour
?  marks  50  à  7  marks  80  (9  fr.  35  à  9  fr  75).
Les  contremaîtres  sont  presque  tous  d’anciens  ouvriers
de  la  fabrique.
Les  contremaîtres  en  chef,  après  un  service  plus  ou
moins  long  comme  contremaître,  ont  passé  par  l'école
de  filature  et  de  tissage  de  Reutlingen,  où  il  existe  des
eours  spéciaux  de  six  mois  et  de  un  an,  pour  cette
catégorie  d’élèves.
Les  conditions  de  vente  sont,  comme  ailleurs,  en  vertu
d’entente,  30  jours  et  2  %.  Les  tisseurs  de  la  région  se
Plaignent  vivement  de  ce  qu’à  certains  moments  les
tisseurs  des  Vosges  viennent  vendre  à  tout  prix,  chez  les
commissionnaires  de  Mulhouse  et  de  Bâle,  le  trop  plein
souvent  considérable  de  leur  production.  Ces  prix  sont
évidemment  désastreux  pour  ces  vendeurs  vosgiens,  et
pèsent  lourdement  sur  les  marchés  alsacien  et  badois.
Let  établissement,  du  fait  des  assurances  gouvernementales, ­
  paie  par  an  :  cotisation  à  la  caisse  des  malades
de  7.250  marks  (9.050  fr.)  ;  prime  d’assurance  contre  les
Accidents,  4.150  marks  (5.180  fr.);  enfin,  cotisation  pour
        <pb n="207" />
        202

l’industrie  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

l’assurance  contre  la  vieillesse  et  l’invalidité,  5.800
marks  (7.250  fr.);  ensemble  17.200  marks  (21.500  fr.),
soit  2.55%  des  salaires.
La  durée  du  travail  est  de  11  heures  ;  elle  n  est  que  de
10  heures  pour  les  enfants  de  14  à  16  ans,  et  pour  les
femmes  qui  ont  un  ménage  à  soigner  et  qui  ont  1  au  loi  isation
  de  sortir  à  11  heures,  au  lieu  de  midi.  Il  n  y  a  pas
d’arrêt  pour  déjeuner  et  goûter,  ces  petits  repas  se  font
en  travaillant;  il  y  a  d’ailleurs  dans  les  salles  des  n
chauffeurs  à  vapeur  pour  les  aliments.  A  quatre  heuies
on  consomme  surtout  de  la  bière.

La  fabrique  a  fait  souvent  usage  du  droit  concédé  pai
la  loi,  de  faire  des  heures  de  production  supplémentai)  es
(40  heures  par  an  au  maximum)  sur  demande  spéciale
à  l’administration.
Il  existe  à  la  fabrique  un  établissement  de  bains,  utilisé ­
  pendant  les  heures  de  travail  ;  il  est  perçu  10  pfennigs
(12  %  cent)  par  bain  pour  le  linge.
L’établissement  possède  des  maisons  et  fournit  des  lo
gements  de  trois  pièces  et  une  cuisine  pour  100  mai  Ls
(125  fr.)  par  an  ;  des  logements  de  quatre  pièces  et  cui
sine  pour  120  marks  (150  fr.),  soit  10  marks  (12  fr.  50),
par  mois  ;  chaque  logement  a  la  jouissance  d  un
jardin  attenant,  et  la  fabrique  loue,  en  outre,  gratui
tement,  des  champs  à  cultiver  aux  ouvriers  qui  el1
font  la  demande.  Ceux  qui  en  profitent  sont  assez  nom
breux.
La  bibliothèque  est  très  suivie  ;  la  fabrique  achète  an
nucllement  pour  environ  150  marks  (187  fr.)  de  livres.
Elle  prend  aussi  par  25  et  par  50,  des  abonnements  a
des  journaux  hebdomadaires  qui  reviennent  ainsi  en
gros,  à  5  pfennigs  (6  %  cent.)  le  numéro  ;  ces  exem
plaires  circulent  gratuitement.
Il  existe  une  crèche  pour  les  entants  des  ouvrières  ,  a
        <pb n="208" />
        ETABLISSEMENTS

203

partir  de  l’àge  de  six  mois,  les  mères  peuvent  les  apporter ­
  le  matin  en  allant  au  travail  et  les  remporter  le  soir
en  rentrant  ;  ils  sont  nourris  au  lait  stérilisé  Soxhlet,  et
parfaitement  soignés.  Salle  d’asile  pour  les  enfants
jusqu’à  6  ans,  époque  à  laquelle  ils  commencent  à  aller
en  classe.
Prix  des  denrées  dans  la  région  :
Viande  de  bœuf,  70  à  80  pfennig  (0  fr.  87  à  1  fr.)  la
livre  deSOOgr.  Pain  bis  à  12  pf.  {0.15  cent),  demi-blanc
à  13  pf.  (16  %  cent.)  et  pain  de  luxe  à  17  pfennigs  (21  %
eent.)  la  livre.
L’ivrognerie  n’existe  pas  parmi  les  ouvriers  de  fabrique,
l’ouvrier  ne  consomme  pas  d’eau  de  vie,  ou  du  moins,
c’est  fort  rare.  Le  cultivateur  en  boit.
La  fabrique  a  un  contrat  avec  un  métayer  possédant
quatorze  vaches  et  qui  vient  livrer  le  lait  à  très  bon
marché,  et  sans  aucune  addition  d’eau,  dans  les  maisons
ouvrières.
Il  existe  une  société  coopérative  gérée  par  les  ouvriers,
et  qui  fonctionne  avantageusement  pour  eux.
        <pb n="209" />
        Etablissement  n°  4

SITUÉ  A  LA  CAMPAGNE

Fondé  en  1837.  Soixante-quatre  mille  broches  et  1.160
métiers  à  lisser.  Spécialité:  calicot.  Consommation  0.600
balles.  Environ  1.200  ouvriers.  Prix  de  transport  du  coton
de  Brême  et  de  Bremerhaven  au  même  prix,  soit  291  hpar
  wagon.  Le  port  de  Bremerhaven  est  distant  d  enviion
860  km.  Brême  n’est  qu’à  800  km.  environ.
Capital  (actions  et  fonds  de  réserve  réunis),  3.086.000
marks  (3.850.000  fr  ).  Moteurs  hydrauliques  environ
1.500  chevaux.  Générateurs  à  vapeur  avec  grilles  à
barreaux  inclinés,  brevet  de  l’établissement,  donnant
avec  un  mélange  d’agglomérés  et  de  charbon  du  bassin
de  la  Ruhr,  une  vaporisation  de  8  1/2  à  9-  L  usage  de
ces  grilles  est  d’ailleurs  très  répandu  en  Allemagne.
Camion  automobile  à  larges  roues  à  nervures  pour  le
transport  des  balles  de  la  gare  aux  établissements.
Chargement,  26  à  28  balles.  Salle  de  carderie  sans  poussière. ­
  Les  poussières  et  duvets  sont  absorbés  par  un  sys
tème  de  ventilation  spécial  agissant  sur  chaque  carde,
avec  collecteur  pour  la  salle  entière.
Continus  à  filer  à  vitesse  variable  :  le  renvoi  et  l’arbre
moteur  portent  chacun  un  cône  qui  permet  de  faire  varier ­
  la  vitesse  de  7.500  à  10.500  tours.
Tissage.  En  général,  trois  métiers  par  ouvrier.  Le  sys
tème  de  quatre  métiers  a  donné  de  mauvais  résultats.
Travail  de  6  h.  du  malin  à  midi  et  de  1  h.  à  6  heures,
        <pb n="210" />
        ETABLISSEMENTS

205

sans  arrêts  des  moteurs,  soit  11  heures.  Les  samedis,  10
heures.
Le  déjeuner  et  le  goûter  des  adultes  ont  lieu  pendant
le  travail;  les  mineurs  (14  à  16  ans)  ont  une  demi-heure
le  matin  et  une  demi-heure  après  midi.  Cet  établissement
possède  de  nombreuses  et  excellentes  fondations  de
bienfaisance  pour  ses  ouvriers,  anciennes  déjà  et  dues,
pour  la  plupart,  au  fondateur  de  l’établissement  auquel
on  doit  plusieurs  écrits  très  remarquables  sur  la  question
ouvrière.  La  direction  actuelle  a  donné  de  l’extension  à
ces  institutions,  les  perfectionnant  et  en  créant  de  nouvelles. ­

Un  hôpital  admirablement  organisé,  c’est-à-dire  outillé ­
  et  installé  conformément  aux  règles  et  prescriptions
les  plus  modernes,  contient  20  lits.  Les  ouvriers  y  sont
traités  gratuitement.  Les  irais  de  cet  hôpital  sont  couverts ­
  :  I o  par  une  somme  de  10.000  marks  (12.500  ir.),
intérêts  d’un  capital  constitué  par  la  fabrique  ;  2°  par
les  journées  de  malades  payées  par  des  malades  étrangers
à  la  fabrique  Un  médecin  et  des  sœurs  sont  spécialement
attachés  à  cet  hôpital.
Une  policlinique  donne  chaque  jour  des  consultations
gratuites  :  I o  aux  familles  des  ouvriers;  2°  aux  ouvriers
qui  ont  cessé  d’avoir  droit  aux  secours  de  la  Caisse  des
malades  de  la  fabrique  ;  3'  aux  malades  pauvres  des  communes ­
  environnantes.
En  cas  de  maladie,  les  membres  des  familles  des  ouvriers ­
  paient—  selon  tarif,  la  moitié  des  frais  de  médecin ­
  et  pharmacie.  —  Les  ouvriers  qui  ont  cessé  de  recevoir ­
  les  secours  de  la  caisse  des  malades,  sont  traités
entièrement  gratuitement.
Un  sanatorium  pour  tuberculeux  isolé  de  1  hôpital,
%yant  son  médecin  et  son  personnel  spécial,  et  pourvu
( lu  matériel  le  plus  perfectionné,  installé  dans  un  bâti-
        <pb n="211" />
        206

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

ment  spécialement  construit,  soigne  les  tuberculeux  de
la  colonie  ouvrière  et  des  villages  environnants.  Par  ses
soins,  le  linge  de  tous  les  contaminés  est  collectionné  et
lavé  ;  des  crachoirs  portatifs,  des  antiseptiques  sont  distribués ­
  gratuitement  ;  les  recommandations  relativement
à  la  contagion  et  aux  précautions  à  prendre  pour  l’éviter,
etc.,  sont  affichées  dans  les  logements.
Des  bains  et  des  douches  sont  à  la  disposition  des  ouvriers. ­

Deux  cuisines  permettent  aux  ouvriers  de  se  nourrir  a
bon  marché.  L’une  délivre,  le  matin,  des  portions  de
café  au  lait,  à  raison  de  5  pfennigs  (6  %  cent.)  ou  de  lait
pur  à  raison  de  6  pfennigs  (7  %,  cent.),  la  portion  est  de
4/10  de  litre.  Elle  revient  en  moyenne  à  11  pfennigs
(13  %  cent)  à  l’établissement.
L’autre  délivre,  à  midi,  des  repas  chauds.  Un  demilitre
  de  soupe  avec  pain,  125  grammes  de  viande,  et
addition  de  légumes,  tels  que  riz,  pois,  haricots,  se  vend
13  pfennigs  (15  %  cent.),  ,  elle  revient  à  17,4  pfennigs
(21  %  cent.)  à  l’établissement.
Il  s’en  distribue  annuellement  environ  36.000.  On  distribue ­
  aussi  de  25  à  26.000  portions  de  légumes  vendues
5  pfennigs  (6  %  cent.)  et  revenant  au  prix  de  6,5  pfennigs
(8  cent,).
Des  sœurs  visitent  les  ménages  ouvriers  et  donnent
aux  ménagères  des  conseils,  relativement  à  la  préparation ­
  des  aliments,  l’économie  du  ménage,  la  couture,  réparation ­
  du  linge  et  des  vêtements,  etc.
Deux  sociétés  coopératives  font  un  chiffre  d’affaires  d  environ ­
  100.000  marks  (125.000  fr.  &amp;gt;,  et  distribuent  un
dividende  de  10  à  12  pour  cent  aux  participants.
Deux  bibliothèques  possèdent  15  à  1.600  volumes,  dont
environ  la  moitié  est  constamment  en  circulation.
Trois  salles  permettent  aux  jeunes  filles  de  se  réunir
        <pb n="212" />
        -  —:

r  rWc^.

ETABLISSEMENTS

après  le  travail  et  de  pratiquer  la  couture,  le  lHp¿tage, f  ^
etc.,  sous  la  direction  d’une  maîtresse  ;  elles  peuvtn^galement
  y  lire,  chanter,  etc.
Deux  salles  o  (Trent  aux  jeunes  gens  l’occasion  d’apprendre ­
  à  chanter  ;  ils  peuvent  y  lire.
La  Caisse  d'épargne  contient  environ  250.000  marks
(312.500  fr.)  ;  les  ouvriers  déposants  reçoivent  5  %  d’intérêts ­
  ;  le  nombre  des  déposants  est  d’environ  300.
Une  pension  pour  trente  jeunes  ouvrières  seules  est  établie ­
  dans  un  bâtiment  spécial  ;  des  sœurs  la  dirigent.
Moyennant  50  pfennigs  (62  %  cent  J  par  jour,  ces  ouvrières ­
  sont  logées  confortablement  et  reçoivent  trois  repas
par  jour.  Elles  doivent  être  rentrées  à  9  b.  1/2,  le  soir.
L’entretien  revient  à  la  fabrique  à  plus  du  double  des  50
pfennigs  payés.  Malgré  le  bon  marché  inouï  qu’offre
cette  installation,  il  n’y  a  pas  surabondance  de  pensionnaires ­
  ;  la  règle  de  la  maison  étant  stricte,  les  ouvrières
aiment  mieux  leur  liberté,  fort  souvent.
Habitations.  Il  a  été  bâti  un  certain  nombre  de  maisons
d’habitation  ;  les  unes  avec  cuisine  et  quatre  chambres,
les  autres  avec  cuisine  et  trois  chambres.  Les  premières
reviennent  à  environ  2.800  marks  (3.500  ir.),  les  secondes
à  environ  2.200  marks  (2.750  fr.).  Elles  sont  louées  à  110
marks  et  84  marks  (137  et  105  fr.)  par  an.  Les  ouvriers
peuvent  en  devenir  propriétaires,  sous  la  condition  de
ne  jamais  les  revendre,  sauf  à  la  fabrique.  Ils  doivent
effectuer  un  premier  versement  de  200  marks  (250  fr  )
et  payer  par  mois  de  10  à  12  marks  (12  fr.  50  à  15  fr.  )  ;
1  intérêt  leur  est  compté  à  3  1/2  %,  et  le  prix  total  fixé  à
environ  15  %  au-dessous  du  prix  de  revient.  Dans  ces
conditions  l’ouvrier  peut  devenir  propriétaire  de  sa
maison  en  16  à  18  ans.  Habituellement,  il  la  paie  déjà
en  dix  ans.

r  *
        <pb n="213" />
        208

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

Les  ouvriers  chargés  de  famille  reçoivent  des  allocations ­
  spéciales.  Il  est  tenu  un  contrôle  des  familles  :  nombre ­
  et  âge  des  enfants,  charges  spéciales,  telles  que  vieux
parents  infirmes,  etc.  Il  est  alloué  au  père,  suivant  les
cas,  50  pfennigs  (62  %,  cent.)  de  supplément  par  semaine
par  enfant  au-dessous  de  10  ans  et  60  pfennigs  (75  cent.)
par  semaine  par  enfant  de  10  à  14  ans.  Il  est  des  pères
de  famille  qui  reçoivent  ainsi  jusque  8  1/2  marks
(10  fr.  62)  par  quinzaine,  de  supplément.  Getto  fondation ­
  coûte  à  l'établissement  de  9  àlO.OOO  marks  (11.250  à
11.500  fr.)  par  an,  la  moitié  de  cette  somme  toutefois,
est  constituée  par  les  intérêts  d’un  fonds  spécial,  institué ­
  dans  ce  but  par  la  fabrique.  Elle  permet  aux  ménages ­
  de  passer  le  moment  très  critique,  souvent,  des
premières  années  de  mariage.  En  outre,  il  est  distribue
des  portions  de  soupe  gratuites  aux  enfants  qui  travaillent ­
  déjà  en  fabrique  et  font  partie  de  familles  chargées:
ils  sont  ainsi  mieux  nourris.
A  la  pension  de  retraite  gouvernementale,  la  fabrique
ajoute,  pour  les  ouvriers  ayant  passé  un  certain  nombre
d’années  à  la  fabrique,  une  somme  proportionnelle  aux
années  de  service.  Tout  ouvrier  ayant  cinq  ans  de  travail ­
  à  rétablissement,  reçoit  un  livret  de  Caisse  d’épargne
de  20  marks  \25  fr.);  au  bout  d’une  année  nouvelle,  on
y  inscrit  en  plus,  23  marks  (28  fr.  75)  ;  après  une  année
encore,  on  y  ajoute26  marks(32  fr.  50),  et  ainsi  de  suite;
pour  chaque  année  de  service  nouvelle,  une  somme  pins
forte  de  3  marks  que  celle  inscrite  l’année  précédente.
Au  bout  de  20  années  de  service,  la  somme  ajoutée  au
livret  est  donc  de  65  marks  (81  fr.  25)  pour  cette  20 e  année ­
  et  avec  les  intérêts  composés  à  4  %  le  capital  est
d’environ  900  marks  (1125  fr.).  Après  45  ans  de  service,
la  somme  annuelle  inscrite  serait  de  140  marks  (175  fr.)
et  le  capital  d’environ  5.000  marks  (6.250  fr).
        <pb n="214" />
        ETABLISSEMENTS

209

14

Si  l’ouvrier  quitte  la  fabrique,  le  montant  de  son  livret
lui  est  payé,  de  même  que  sur  sa  demande,  en  cas  d’accident. ­
  En  cas  de  décès,  le  montant  est  payé  à  ses  héritiers. ­
  Mais  tant  qu’il  travaille  à  la  fabrique,  il  ne  peut
disposer  de  la  somme  inscrite  à  son  livret  d’épargne,  qu’avec ­
  l’assentiment  de  l’administration  de  la  fabrique.
Lorsqu’une  ouvrière  se  marie,  la  somme  lui  est  remise
si  elle  le  désire.
Tant  qu’un  ouvrier  peut  venir  au  travail  et  quelque
soit  son  âge,  il  reçoit  le  salaire  maximum  acquis.  Lorsqu’il ­
  cesse  de  pouvoir  travailler,  il  reçoit  une  pension  au
moins  égale  à  celle  que  lui  sert  l’assurance  gouvernementale, ­
  et  notablement  plus  élevée  s'il  a  travaillé  longtemps ­
  à  l’établissement.  Par  exemple,  un  ouvrier  incapable ­
  de  travail,  après  25  ans  de  présence,  recevait  du
gouvernement  108  marks  (135  fr.)  ;  la  fabrique  lui
allouait  une  pension  de  116  marks  (145  fr.).  Un  autre
avait  travaillé  55  ans  ;  le  gouvernement  lui  faisait  une
pension  de  164  marks  (205  fr.),  la  fabrique  y  ajoutait  la
somme  notable  de  684  marks  (855  fr.),  par  an.
Un  fonds  dénommé  :  «  Fonds  en  faveur  des  ouvriers  »
d  origine  assez  ancienne  déjà,  constitué  par  des  dons
successifs  des  propriétaires  de  la  fabrique,  puis  des  actionnaires, ­
  alimente,  au  moyen  des  intérêts  qu’il  produit, ­
  une  grande  partie  des  diverses  œuvres  de  bienfaisance ­
  existant  à  l’établissement  ;  la  caisse  de  la  fabrique
complète,  le  cas  échéant.  Ce  fonds  en  faveur  des  ouvriers
atteignait  538.200  marks  (671.000  fr.)  à  fin  1904.
L’alcoolisme  est  parfaitement  inconnu  parmi  la  population ­
  ouvrière  ;  on  boit  du  cidre,  de  la  bière,  un  peu  de
v m,  mais  pas  d’alcool.
        <pb n="215" />
        Etablissement  n°  5
SITUÉ  PRÈS  D’UNE  PETITE  VILLE

Fondé  en  1859.  —  40.000  broches.  Spécialité  Jumel
peigné  ;  consommation  4.000  balles  environ.  —  250  ouvriers. ­
  Réorganisé  et  remis  à  neuf  en  1900.  —  Le  capital
actions  était  à  l’origine  de  720.000  marks  (900.000  fr.)«
divisé  en  240  actions  ordinaires  et  120  actions  de  priorité
de  2.000  marks  (2.500  fr.)  chaque.  A  la  suite  de  pertes
successives  ayant  atteint  la  somme  de  456.000  marks
(570.000  fr.),  il  fut  décidé  de  réduire  le  capital  actions  à
48.000  marks  (60.000  fr.),  par  la  destruction  de  228  actions ­
  ordinaires  et  108  actions  de  priorité  à  2.000  marks.
Il  resta  12  actions  ordinaires  et  12  actions  de  priorité.  Et
le  capital  de  720.000  marks  fut  reconstitué  par  l’émission ­
  de  672  actions  de  1.000  marks  (1.250  fr.)  chacune.
Par  ce  moyen,  la  perte  fut  comblée  et  l’établissement  eut
les  moyens  de  se  réorganiser.  Après  n’avoir  donné
aucun  dividende  pendant  dix  années  consécutives,  les
quatre  derniers  inventaires  ont  donné  après  cette  réorganisation ­
  4  %,  5  %,  5  %,  et  5%.—  Force  hydraulique
250  à  300  chevaux.  —  Machine  à  vapeur  de  850  chevaux, ­
  a  surchauffe  :  température  au  cylindre  à  haute
pression  250°  G.  Prix  du  charbon  rendu  à  l’usine,  de
230  à  245  marks  (287  à306fr.)  par  wagon.  L’installation
de  la  force  hydraulique  a  coûté  148.000  marks.
Prix  de  transport  des  cotons  depuis  Brême,  2  marks  60
(3  fr.  25)  les  100  kilos  par  10.000  kilos  minimum,  avec
        <pb n="216" />
        ÉTABLISSEMENTS

211

une  lettre  de  voiture  par  wagon.  Distance  environ  800
km.  de  Brême,  et  860  km.  de  Bremerhaven  qui  bénéficie
du  même  prix.
Travaille  net  10  heures  3/4,  soit,  de  6  heures  à  midi  et
de  1  heure  à  6  heures,  avec  arrêt  de  7  à  8  minutes  avant
les  deux  sorties.  Les  journaliers  ont  un  quart  d’heure
pour  déjeuner  et  un  quart  d’heure  pour  goûter.
File  des  N os  de  8  à  80  (anglais),  en  cardé  et  peigné.
Feignage  système  Nübner.  Une  ouvrière  soigne  en
moyen  ne  cinq  peigneuses  et  gagne  28  à  30  marks  (35  fr.  à
37  fr.  50)  par  quinzaine.
Une  ouvrière  de  banc  en  gros  gagne  de  26  à  30  marks
(32  fr.  50  à  37  fr  50);  au  banc  en  fin,  22  à  25  marks  (27  fr.  50
à  31  tr.  25);  aux  bancs  surfins  (deux  bancs  de  220  broches
avec  une  aide  qui  reçoit  16  marks)  (20  francs)  de  21  à  23
marks  (26  fr.  25  à  28  fr.  75)  par  quinzaine.  Un  filcur  conduisant ­
  1.800  broches  avec  deux  raltachcurs  et  un  bobi-Oeur,
  vitesse  10.000  tours,  gagne  de  44  à  48  marks  (55  à  60
francs)  par  quinzaine.  Une  femme  soigne  500  broches  de
continus  en  gros,  ou  600  broches  en  N°s  fins  et  gagne  de
21  à  24  marks  (26  fr.  25  à30  fr.)  par  quinzaine.  Les  trames
et  les  filés  floches  se  filent  sur  des  continus  à  broches  inclinées ­
  qui  permettent  une  torsion  extrêmement  faible.
—  Il  a  été  consacré  une  somme  de  216.000  marks  (270.000
Irancs)  à  la  construction  de  maisons  ouvrières.  Un  logement ­
  de  trois  pièces  et  cuisine  est  loué  5  marks  1/2  par
fiuinzaine,  soit  143  marks  (178  fr.)  par  an.  Deux  pièces
et  une  cuisine  3  marks  par  quinzaine,  soit  78  marks
(97  fr.  50)  par  an.
Le  total  des  salaires  annuels  se  monte  à  environ
f60.000  marks  (200.000  francs).
Four  engager  les  jeunes  gens  à  l’épargne,  la  Direction
a  organisé  ce  qui  suit  :
        <pb n="217" />
        212

I.INDUSTRIE  COTONNIERE  EX  Al.l.EMMINE

1°  Pour  les  jeunes  gens,  à  partir  de  Page  de  14  ans,
elle  crée  des  livrets  de  Caisse  d’épargne  portant  6  %  d’intérêts. ­
  A  l’àge  de  20  ans,  après  que  pendant  six  années
ils  ont  régulièrement,  chaque  quinzaine,  versé  la  somme
de  deux  marks  (2  fr.  50),  ils  possèdent,  intérêts  compris,  la
somme  de  330  marks  (412  fr.  50).  Si  le  jeune  homme  devient
soldat,  son  petit  capital  reste  à  la  Caisse  d’épargne,  intact,
et  la  fabrique  s’engage  à  lui  envoyer,  pendant  deux  années
de  service  une  somme  de  cinq  marks  (6  fr.  25)  par  mois.
Au  retour  du  service,  le  jeune  homme  rentre  à  la  fabrique
et  continue  ses  versements.  S’il  se  marie,  il  reçoit  une
prime  decent  marks  (125  francs),  et  il  possède  alors  au
minimum  430  marks  (537  fr.  50)  pour  monter  son  ménage,
au  cas,  bien  entendu,  où  il  a  travaillé  sans  autre  interruption ­
  que  son  service,  dans  la  maison,  depuis  l’àge  de  14
ans.  11  peut  d’ailleurs  à  chaque  moment  retirer  son  capital; ­
  mais  alors  il  n’a  plus  droit  aux  primes.
Ceux  qui  ne  font  pas  de  service  militaire,  après  huit
années  de  travail  à  la  fabrique  cl  épargne  régulière  de
2  marks  (2  fr.  50)  au  moins  par  quinzaine,  reçoivent  une
prime  de  150  marks  (187  fr.  50).
2-  Pour  les  jeunes  filles,  même  système  d’épargne  de
2  marks  par  quinzaine,  à  partir  de  l’àge  de  14  ans.  A
20  ans,  elles  possèdent  330  marks  (412  fr.  50).  Si  elles  se
marient,  la  fabrique  leur  paie  une  prime  de  180  marks
(225  francs);  elles  ont  donc  une  somme  d’au  moins  510
marks  (637  fr.  50)  pour  se  mettre  en  ménage.  Si  elles  ne
se  marient  pas,  à  l’àge  de  22  ans,  c’est-à-dire  après  huit
années  de  travail  à  la  fabrique  et  paiement  régulier  de
2  marks  par  quinzaine,  elles  reçoivent  une  prime  de  180
marks  (225  francs)  qui  vient  s’ajouter  à  leur  avoir.
La  fabrique  possède  également  une  Caisse  de  pensions
pour  ouvriers  âgés  ou  invalides  ayant  travaillé  à  la  fü"
        <pb n="218" />
        ÉTABLISSEMENTS

213

brique  d’une  manière  ininterrompue;  elle  est  établie  sur
les  bases  suivantes.  Après  cinq  années  de  service,  tout
ouvrier  a  droit  à  une  pension  de  40  marks  (50  francs)
par  an,  et  toute  ouvrière  à  une  pension  de  30marks  (37  fr.  50)
par  an.  A  partir  de  la  cinquième  année,  cette  pension  s’augmente ­
  de  5  marks  (6  fr.  25)  par  an  pour  les  hommes  et  de
4  marks  (5  francs)  pour  les  femmes,  de  sorte  que,  au  bout  :
Hommes  Femmes
De  25  ans,  elle  est  :  140  marks  110  marks
(175  et  137  fr.  50)
De  30  —  —  165  —  130  —
(206  et  162  fr.  50)
De  35  —  —  190  —  150  —
(237  et  187  fr.  50)
C’est-à-dire  que  ces  pensions  sont  plus  élevées  que
celles  payées  par  l’assurance  gouvernementale  et  auxquelles ­
  elles  viennent  s’ajouter.
'  Le  temps  de  service  militaire  n’est  pas  déduit,  non
plus  que  les  jours  de  maladie.
        <pb n="219" />
        Etablissement  n°  6
SITUÉ  DANS  UNE  VALLÉE

Fondéen  1883.  Divisé  en  deux  établissements  ensemble ­
  60.000  broches,  dont  22.000  broches  d’installation
récente.  —  Capital-actions  actuel,  1.700.000  marks
(2.125.000  francs).  Précédemment  1.900.000  marks
(2.370.000  francs),  réduit  à  1.140.000  mk.  par  annulation
de  deux  actions  sur  cinq,  et  ramené  à  la  somme  actuelle
par  émission  de  560.000  marks  (700.000  francs)  d’actions
nouvelles.  —  Emprunt  obligatoire,  820.000  marks
(1,050.000  francs)  à  janvier  1905.  —  Celte  affaire  n’a
donné  aucun  dividende  depuis  1889.  —  Numéro  moyen,
20  anglais,  (8  à  40)  en  Amérique  et  J  umel.  Consommation,
environ  10.000  balles.  Prix  de  transport  du  coton  depuis
Brême,  2  marks  55  les  100  kilos  (318  francs  par  wagon);
les  Juméis  viennent  aussi  par  voie  de  Brème.
Environ  500  chevaux  de  force  hydraulique  en  moyenne,
et  environ  800  chevaux  de  torce  à  vapeur  plus  ou  moins
utilisée  selon  les  saisons.  Le  moteur  le  plus  récent  marche ­
  à  12  atm.,  triple  expansion,  et  surchauffe  donnant
250°  C.  au  cylindre.
Prix  moyen  du  charbon  (Ruhr  et  Saar),  228  marks
(285  francs)  par  wagon  rendu.
Prix  de  transport  des  cotons  depuis  Brême  (les  Juméis
arrivent  également  par  Brême)  255  marks  (318  francs)
par  wagon  de  10  tonnes.  Distance  environ  690  kilomètres.
Mélange  des  colons  par  bale-brakcr  ;  battage  à  char-
        <pb n="220" />
        ETABLISSEMENTS

315

geuse  automatique  et  ouvreuse  pneumatique.  Cardes  à
chapelet  produisant  en  11  heures,  en  carda  ge  parfait,.
100  kilos  d'Amérique  et  75  kilos  de  Jumel.  —  Salaire
d’un  manœuvre  2  marks  20à  2  marks  30  (2  fr.  75  à  2fr.  87);
soigneuse  de  banc  à  broches  2  marks  35  à  2  marks  85
{2  fr.  93  à  3  fr.  55);  soigneuse  de  continus  (400  à  600
broches)  2  marks  à  2  marks  35  (2  fr.  50  à  2  fr.  93);  fileur
3  marks  75  à  4  marks  (4  fr.  68  à  5  fr.);  les  rattacheurs  de
40  à  60  %  de  la  paie  du  fileur.  Les  soigneuses  de  bancs  à
broches  et  étirages  portent  toutes,  fixée  à  une  ceinture,
une  petite  boîte  en  fer-blanc  contenant  de  la  craie  en
poudre,  avec  laquelle  elles  se  nettoient  les  mains  avant
de  rattacher  ou  surtout  de  faire  la  levée.
Cet  établissement  a  construit  toute  une  série  de  maisons ­
  d’habitation  pour  ses  ouvriers,  petites,  mais  suffisantes, ­
  accolées  deux  par  deux,  abritant  chacune  un  seul
ménage  et  se  composant  de  trois  chambres,  cuisine,  cave
grenier,  hangar  et  un  petit  jardin.  La  paire  de  maisons
a  coûté  4.800  marks  (6.000  francs),  et  se  loue  par  an  160
marks  (200  francs),  soit  80  marks  (100  francs)  par  logement. ­
  Un  logement  équivalent  se  louerait  au  village,  130
à  140  marks  (162  à  175  francs).
Bains  gratuits  pour  les  ouvriers.
Chambre  à  lessive  bien  installée  ;  chaque  ménage  peut
y  laver  une  fois  par  semaine  ;  le  charbon  nécessaire  est
gratuit.  —  Salle  d’asile  pour  enfants  jusque  6  ans  ;  elle
contient  trente-cinq  enfants,  frais,  propres,  gais,  bien
élevés,  sous  la  garde  d'une  sœur.
Il  a  été  installé  un  asile-pension  pour  les  ouvrières
seules  ;  elles  reçoivent  trois  repas  par  jour,  et  logent  dans
des  dortoirs  organisés  pour  dix  lits  ;  elles  payent  50  pf.
(62  centimes)  par  jour,  pour  le  tout;  elles  doivent  être
rentrées  le  soir  à  9  heures  3/4  dernier  délai.  Bien  que,  au
village,  ces  ouvrières  paient  de  1  mark  à  1  mark  30(1  fr.  25
        <pb n="221" />
        216

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

à  1  fr.  62)  pour  pension  et  logement  moins  bons,  cet  asilepension
  est  relativement  peu  fréquenté  ;  les  ouvrières
aiment  mieux  leur  liberté.  Cependant,  le  nombre  des
pensionnaires  tend  plutôt  à  s’accroître.
L’alcoolisme  n’existe  pas  parmi  les  ouvriers,  c’est-àdire
  qu’ils  ne  boivent  pas  d’alcool.  Ils  boivent  du  cidre
aux  repas;  à  part  cela,  de  la  bière.  Les  cabarets  sont
d’ailleurs  fort  peu  nombreux  dans  la  région,  les  autorisations ­
  étant  fort  difficiles  à  obtenir.
La  cotisation  pour  la  caisse  des  malades  est  de
2  1/4  %  du  salaire  au  total  ;  l’ouvrier  paie  1  1/2  %  et  la
fabrique  3/4  %  du  salaire.
Les  étages  du  bâtiment  sont  pourvus  d’escaliers  de  secours ­
  extérieurs  ;  les  lieux  d’aisances  sont  situés  dans
une  sorte  de  tour  distante  de  3  à  4  mètres  du  bâtiment
auquel  elle  est  reliée  par  des  passerelles  couvertes.
Sièges  à  chasse  d’eau.
        <pb n="222" />
        Etablissement  n°  7

SITUÉ  EN  VILLE  ET  A  LA  CAMPAGNE,  DIVISÉ  EN
QUATRE  ÉTABLISSEMENTS

Cet  établissement  occupe  2.600  ouvriers.  Trois  filatures ­
  et  deux  tissages  forment  ensemble  92.000  broches
et  2.100  métiers.  En  outre,  teinture,  blanchiment  et  apprêts. ­
  Numéros  moyens  de  filature,  n os  34  et  23  anglais.
Au  lissage,  environ  1.350  métiers  en  calicot  et  articles
analogues,  doublures,  et  750  métiers  en  cretonnes,  articles ­
  renforcés,  literie,  etc.,  de  80  à  210  centimètres  de
large.  Consommation,  environ  15.000  balles.  Force  hydraulique ­
  950  chevaux;  force  à  vapeur,  4.300  chevaux.
Filature  continus  de  41.200  broches,  en  ville,  occupant
350  ouvriers  au  total.  Machine  à  vapeur  de  1.200  chevaux
à  12  atm  ,  triple  expansion  et  4  cylindres,  marchant  à
75  tours,  développement  du  volant,  25  mètres.  Surchauffe
à  275°  C.  au  cylindre.  Economiser,  malgré  la  surchauffe,
portant  l’eau  d’alimentation  de  30  à  110°  C.
Le  bâtiment  de  cette  filature  a  80  mètres  de  longueur
intérieure  sur  30  mètres  de  largeur  ;  la  salle  du  rez-dechaussée,
  qui  contient  les  cardes  et  la  préparation,  aune
hauteur  de  6  mètres  sous  les  voûtes.  Les  duvets  et  poussières ­
  des  cardes  sont  aspirés  par  un  ventilateur  central, ­
  au  moyen  d’un  réseau  de  tuyaux  de  12  centimètres
de  diam.,courant  contre  le  plafond  du  sous-sol.  Aucune
poussière  dans  la  salle.
La  salle  du  1 er  étage,  contenant  41.200  broches  de  con-
        <pb n="223" />
        218

L  INDUSTRIE  COTONNIERE  EN  ALLEMAGNE

tinus,  a  une  hauteur  de  5  mètres  sous  les  voûtes.  La
transmission  commandant  les  continus  à  filer  fait
320  tours.
Les  lieux  d’aisance  sont  situés  dans  une  tour  distante
du  bâtiment  de  3  â  4  mètres;  les  salles  y  sont  reliées  par
des  passerelles  couvertes  ;  les  sièges  sont  à  circulation
d’eau  et  obliques  ;  la  plus  grande  propreté  partout.
A  l’entrée  principale  de  la  filature  se  trouvent  les  vestiaires, ­
  pour  les  hommes  et  les  femmes  séparément  ;  ils
changent  donc  de  vêtements  avant  d’entrer  dans  les
salles  Au  sous-sol,  réfectoires  spacieux,  très  proprement
installés,  pour  hommes,  femmes  et  filles  séparément,
pourvus  d’appareils  de  chauffage  à  vapeur,  pour  réchauffer ­
  et  même  cuire  les  aliments.  —  Chaque  salle
est  d’ailleurs  pourvue  d’appareils  réchauffeurs  pour
les  aliments.  —  Travail,  onze  heures  par  jour,  soit
de  6  heures  à  midi  et  de  1  heure  à  6  heures,  sans
arrêt.  Toutefois,  les  ouvriers  à  la  journée  ont  un  quart
d’heure  à  8  heures  et  à  4  heures  et  ne  travaillent  donc  que
10  h.  1/2  net.  Les  ouvriers  aux  pièces  mangent  en  travaillant, ­
  leur  déjeuner  et  goûter.  L’ouvrier  à  la  journée
gagne  environ  2  marks  30  à  2  marks  40  (2  fr.  87  à  3  fr.)*
Une  soigneuse  de  continus  sur  500  broches,  gagne  de
2  marks  35  à  2  marks  55  (2  fr.  93  à  3  fr.  19).
tandis  que  la  loi  oblige  l’ouvrier  à  prendre  à  sa
charge  les  2/3  de  la  cotisation  de  la  caisse  des  malades,
et  impose  le  troisième  tiers  à  l’industriel,  dans  cet  établissement, ­
  la  fabrique  prend  volontairement  2/3  de  cette
cotisation  a  sa  charge,  n’en  laissant  qu’un  tiers  aux  frais
de  1  ouvrier.  Les  lemmes  en  couches  reçoivent  de  la  fabrique, ­
  outre  1  allocation  légale  fournie  par  la  caisse  des
malades,  une  gratification  de  10  marks  (12  fr.  50).
Bains  et  douches  gratuits,  à  l’usine  ;  il  est  pris  environ
10.000  bains  par  an  par  les  1.500  ouvriers  —  tout  coin-
        <pb n="224" />
        ETABLISSEMENTS

219

pris  —  de  l’une  des  fabriques;  la  douche  est  peu  usitée.
Bien  que  l'usine  considérée  soit  située  en  ’ville  (àla  limite)
elle  a  construit  des  maisons  d’habitation  pour  les  ouvriers
et  contremaîtres  ;  ces  logements  offrent  beaucoup  plus
de  confort  et  sont  beaucoup  meilleur  marché  qu’en  ville.
L’un  des  types  de  maisons  comprend  quatre  logements
—  ayant  chacun  son  entrée  particulière  et  séparée  et  se
composant  de  1  cuisine  (environ  2  m.  X  3  m.  50),  2  chambres ­
  (l’une  de  env.  4  m.  X  3  m.,  l’autre  3  m.  X  3  m.  50),
1  petite  chambre  sous  toit,  cave  spacieuse,  grenier,  W.C.
particulier  avec  appareil,  et  petit  jardin,  —  a  coûté
19.500  marks  (24.300  francs)  fini,  tout  compris.  Les  ouvriers ­
  locataires  paient  par  quinzaine  6  marks  50,  soit  par
an,  170  marks  (212  francs),  soit  680  marks  pour  4  logements, ­
  c’est-à-dire  3  1/2  %  du  capital.
Un  autre  type  de  maisons,  comprenant  6’  logements
semblables  aux  précédents,  revient  à  25.000  marks
(31.250  francs).  Chaque  logement  a  également  son  entrée
séparée,  du  dehors,  comme  pour  le  type  de  4  logements.
La  colonie  possède  un  grand  lavoir  installé  au  rez-dechaussée
  d’un  bâtiment  spécial,  dont  le  1 er  étage  est  disposé ­
  pour  le  repassage  du  linge,  et  le  grenier  pour  le
sécher  rapidement.  Il  est  d’ailleurs  interdit  de  laver  dans
les  logements  autre  chose  que  du  linge  de  poupons.
Les  ouvriers  et  petits  employés  et  contremaîtres  ont
fondé  une  société  coopérative  gérée  par  eux-mêmes,  et
qui  fonctionne  avantageusement.
Prix  de  transport  du  coton,  de  Brême,  250  marks  par
Wagon  (312  francs).  Distance  environ  680  kilomètres.
Charbon,  environ  230  marks  par  wagon  rendu  (287  fr.)
        <pb n="225" />
        Etablissement  n°  8

SITUÉ  AUX  ENVIRONS  IMMÉDIATS  D’UNE  VILLE

Société  par  actions  ;  fondé  en  1856.  Capital  actions  .
2.300.000  marks  (2.875.000  fr.)  ;  51.000  broches  filature
et  630  métiers  à  tisser,  calicots,  cretonnes;  N°  moyen  28
anglais;  consommation,  environ  7.500  balles;  prix  de
transport  du  coton,  de  Brême,  237  marks  (296  fr.)  p al
wagon.  Distance  environ  630  kil.  Dividendes  de  1898  a
1905  inclusivement:  8,  8,  9,  4,  6  %,  10,  10.  10,  —  600
ouvriers.  —  Travail  de  6  h.  à  midi,  et  de  1  h.  à  6  heures,
sans  arrêts:  les  aliments  peuvent  être  réchauffés  sur
appareils  spéciaux  dans  les  salles.
Belle  installation  de  bains  et  douches  gratuits  pour
les  ouvriers  ;  les  douches  sont  beaucoup  plus  utilisées
que  les  baignoires,  les  ouvriers  les  trouvant  plus  pra  -
tiques.
La  fabrique  ne  paie  que  le  tiers  légal  de  la  cotisation
totale  de  3  %,  mais  elle  couvre  le  déficit  qui  se  produit
presque  chaque  année.
Caisse  d’épargne  contenant  46.000  marks  (57.500  h'.)-Fonds
  de  secours  pour  les  ouvriers  nécessiteux  et  les
pensions  aux  ouvriers  âgés  ou  incapables  de  travaillai
après  de  longs  services;  ce  fonds  alimenté  par  des  dons
de  la  fabrique  et  par  ses  intérêts,  comportait  en  1905,
174.500  marks  (218.000  fr.).
Salle  d’asile  pour  les  enfants  en  bas-âge  ;  on  les  y
        <pb n="226" />
        ETABLISSEMENTS

221

garde  et  on  les  y  soigne  pendant  que  les  mères  sont  au
travail.
Maison  d’habitation  grand  modèle,  à  1  étage  et  à  2  étages. ­
  Les  logements  de  2  chambres,  cuisine,  grenier,  hangar ­
  et  jardin  se  louent  8  marks  par  mois,  soit  96  marks
(120  fr.)  par  an.  Elles  contiennent  environ  100  familles,
et  une  population  de  400  personnes.
Les  différends  avec  les  ouvriers  sont  habituellement
réglés  par  la  direction  ;  il  est  fort  rare  qu’une  affaire  soit
portée  devant  l’inspecteur.
La  boisson  de  la  population  est  le  cidre,  surtout  ;  la
bière  comme  extra  ;  elle  ne  consomme  pas  d’alcools.
Les  ouvriers  fabriquent  eux-mêmes  leur  cidre,  habituellement. ­

Mais,  il  est  intéressant  de  constater  que  celte  population ­
  sobre,  n’entend  pas  se  priver  totalement  de  boissons
alcooliques.  Elle  rejette  les  eaux-de-vie  et  n’en  fait  point
usage  parce  que,  d’une  part,  le  gouvernement,  par  des
mesures  énergiquement  restrictives  (telles  que  refus
6  accorder  des  patentes  d’aubergiste  et  surtout  des  licences ­
  pour  la  vente  de  l’eau-de-vie,  la  défense  de
débiter  de  l’eau-de-vie  avant  huit  heures  du  matin  en
semaine  et  pendant  la  matinée  du  dimanche,  etc.,  etc.)
réduit  au  minimum  les  occasions  de  boire  ;  et  que,
d’autre  part,  par  des  brochures,  des  coniérences,  on  lui
u  démontré  dès  l’enfance  les  dangers  de  l’alcoolisme.  Mais
elle  n’entend  pas  être  abstinente  Elle  tient  à  boire  son
verre  de  bière  et  même  à  en  consommer  notablement  le
dimanche,  et  dans  les  grandes  occasions,  ne  dépassant
que  très  exceptionnellement  la  mesure.  Aussi  les  restau
rants  purement  abstinents  n’  ont-ils  qu’un  très  mince
succès.  Dans  quelques  fabriques,  on  avait  essayé  d’organiser ­
  des  cantines  distribuant  des  repas  copieux  et  très
bon  marché,  par  exemple,  donnant  une  grande  portion
        <pb n="227" />
        222

l’industrie  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

de  soupe  avec  viande  et  légumes  et  un  morceau  de  pain
pour  20  pfennigs  (25  c.)  ;  c’est-à-dire  un  repas  à  peu  près
complet  donné  à  perte,  dans  l’intention  de  favoriser
l’abstinence  complète.  Car  ces  cantines  ne  débitaient  ni
cidre,ni  bière,  ni  vin.  Malgré  les  grands  avantages  qu’elles
offraient  aux  ouvriers,  elles  furent  obligées  de  fermer,
faute  de  clientèle.  Ces  populations  sont  d’avis  que  l'excès, ­
  eu  tout,  est  un  défaut,  et  qu’un  verre  d’excellente
bière,  après  une  journée  de  travail,  est  une  jouissance
grande,  honnête,  et  bien  suffisamment  inoffensive  pour
qu’un  brave  homme  ne  se  la  refuse  pas.
        <pb n="228" />
        Etablissement  n°  9

SITUÉ  A  LA  CAMPAGNE

56.700  broches  et  1.400  métiers;  divisé  en  4  établissements, ­
  dont  l’un  a  35.000  broches  et  1.200  métiers,  et
consomme  5.700  balles.  Consommation  totale,  8.800
halles.  N°  moyen,  30  anglais.  Plus  des  2/3  des  métiers
Marchent  en  calicot,  croisés,  etc  ,  et  un  tiers  en  gros  articles, ­
  tels  que  cretonnes,  serviettes,  etc.  Capital  actions
2.000.000  de  marks  (2.500.000fr.)  et430.000  mk  (537.500fr.)
obligations.  Dividendes  de  1898  à  1904  inclus  :  6‘  1/2,  6,
2,  2  1/2,  5,  7  1/2,  7  1/2.
L’ouvrier  textile  manque,  dans  cette  région,  en  général, ­
  certaines  industries  métallurgiques  s’étant  établies
et  développées,  qui  ont  absorbé  le  disponible.  Il  y  a  donc
beaucoup  d’ouvriers  étrangers,  italiens,  tyroliens,  hongrois, ­
  croates.
Ventilation  excellente  des  salles.  Vestiaires  séparés
dans  chaque  salle.
Les  ouvrières  des  continus  à  filer  gagnent  2  mk.  10  à
2  mk.  40  par  jour  (2  fr.  62  à  3  fr.).  Les  tisserands  gagnent
de  3  mk.  35  à  3  mk.  65  (4  fr.  18  à  4  fr.  56)  sur  quatre  métiers; ­
  beaucoup  travaillent  sur  quatre  métiers,  en  calicot.
Les  apprentis  tisserands  reçoivent  1  mk.  25  (1  fr.  56)  par
jour.
Les  continus  à  filer  sont  à  commande  électrique.
Le  nombre  total  des  ouvriers  est  de  1.050.  La  Caisse
d  épargne  contient  221.000  marks  (276.000  fr.).
        <pb n="229" />
        224

l’industrie  COTONNIERE  EN  ALLEMAGNE

Il  existe  un  fonds  de  pension  doté  par  la  fabrique  et
qui  possédait  en  1905,  143.000  marks  (178.500  fr.).  Son
but  est  de  compléter  la  pension  payée  par  le  gouvernement ­
  aux  ouvriers  âgés  ou  infirmes.  Toutefois,  la  pension
ainsi  payée  volontairement  par  la  fabrique,  ne  dépasse
jamais  240  marks  (300  fr.)  par  an.  La  fabrique  consacre
annuellement  une  somme  d’environ  17.000  marks  (21.200
fr.)  aux  pensions  et  secours.
Maisons  d’habitation  confortables  dans  chacun  des
établissements,  établies  sur  le  principe  d’un  revenu  brut
de  3  %  du  prix  de  revient.
Un  directeur  d’établissement  qui  a  passé  une  dizaine
d’années  dans  les  divers  centres  cotonniers  français,
comme  contremaître,  employé  quelquefois  comme  ouvrier, ­
  disait  textuellement  ceci  :
En  Allemagne,  nous  estimons  que  :
I o  L’une  des  plus  grandes  fautes  que  puisse  commettre
un  industriel,  c’est  d’accepter  que  ses  entants  fassent  leui
apprentissage  pratique  et  débutent  chez  lui,  dans  son
propre  établissement.  L  ignorance,  la  routine  et  leuis
conséquences  en  sont  les  résultats.
2°  Pour  commander  un  personnel  efficacement,  en  êtie
indépendant  et  avoir  son  estime,  il  est  indispensable
d’avoir  une  expérience  pratique  bien  assise,  d’avoir  vu
ce  qui  se  fait  ailleurs,  et  d’avoir  eu  la  responsabilité  d  un
emploi  chez  des  étrangers.  Celui  qui  n’a  pas  appris  a
obéir  ne  sait  pas  commander.  Il  en  est  de  même,  a  p eU
de  chose  près,  en  fabrication  surtout,  de  celui  qui  n’a  pas
travaillé  de  ses  mains.  Il  y  a  un  précipice  entre  apprendre ­
  à  faire  soi  même,  et  regarder  faire  les  autres.
3°  Un  industriel  doit  être  à  même  de  lire  à  peu  près  tout
ce  qui  s’écrit  concernant  son  industrie:  il  est  indispensa-
        <pb n="230" />
        lile  par  conséquent,  qu’il  connaisse  un  peu  les  langues
étrangères  les  plus  importantes  au  point  de  vue  de  son
industrie  et  de  son  commerce.  Celte  connaissance  lui  facilitera ­
  en  outre,  des  relations  avec  ces  pays.
Il  est  toujours  pénible  de  se  séparer  de  ses  enfants  et
de  les  envoyer  par  le  monde.  Leurs  mères  s’y  résignent.
Ce  sacrifice  est  peut-être  moins  dur,  moins  ressenti,
parce  que,  les  familles  étant  nombreuses,  il  reste  d’autres
enfants  dont  il  faut  s’occuper  aussi.
La  première  instruction  terminée,  y  compris  l’étude
sommaire  du  français  et  de  l’anglais,  l’un  des  fils  est  envoyé ­
  à  l’Ecole  de  filature  et  tissage,  à  Reutlingen,  par
exemple.  Après  un  stage  d’un  ou  deux  ans  dans  une  maison ­
  de  construction  sérieuse,  il  ira  en  Belgique,  en
France,  en  Angleterre,  aux  Etats  Unis,  offrir  ses  services, ­
  se  perfectionner  dans  les  langues,  dans  la  pratique ­
  de  sa  partie.  Un  autre  fils  ira  d’abord  à  l’Ecole
supérieure  commerciale,  puis  à  Anvers,  à  Londres,  à
New-York.  Ainsi  de  suite  pour  les  autres.  S'il  est  nécessaire ­
  qu’ils  viennent  coopérer  à  la  direction  de  l’établissement ­
  paternel,  ils  seront  à  même  d’y  rendre  des  services. ­
  Ils  ne  dépendront  pas  de  leur  personnel,  ils  le  conduiront. ­
        <pb n="231" />
        Etablissement  n°  10
SITUÉ  PRÈS  D’UNE  VILLE  DE  21.000  HABITANTS

Fondé  en  1889.  —  Compte  actuellement  46.000  broches. ­
  dont  23.000  broches  continus.  17.000  broches  continus ­
  sont  de  construction  tout  récente,  et  avec  commande ­
  électrique,  chaque  machine  ayant  son  moteur
individuel  à  courant  alternatif  et  sans  balais  collecteurs.
N»  moyen,  33  anglais.
Capital  actions,  963.000  marks  (1.204.000  fr  ),  obligations, ­
  550.000  marks  (687.500  fr.)à  4  1/2  —.  A  la  suite  de
perles  éprouvées  dans  les  années  de  1900  et  1901  (260.000
marks)  (325.000  fr.),  il  fut  décidé  d’annuler  des  actions
pour  la  somme  de  380.000  marks  (475.000  fr.),  ce  qui
tnt  fait.  La  somme  ainsi  annulée  fut  reconstituée  parune
emission  d’actions  de  priorité  de  somme  égale.  Cette
opération  permit  de  couvrir  également  la  perte  de  l’année
1902  (89.000  marks)  (111.500  fr.)  et  de  faire  un  amortissement ­
  extraordinaire  de  30.000  marks  (37.500  fr.)  sur  machines ­
  et  accessoires.
Durée  du  travail,  11  heures,  soit,  de  6  heures  à  midi
e t  de  1  heure  à  6  heures,  sans  arrêt  pour  les  ouvriers  aux
pièces,  lesquels  déjeunent  et  goûtent  en  travaillant  ;  des
réchauffeurs  à  vapeur  placés  dans  les  salles  permettent
0e  réchauffer  les  aliments.  Les  ouvriers  à  la  journée  ont
u n  arrêt  de  20  minutes  à  8  heures  et  à  4  heures.
Générateurs  à  foyer  intérieur  et  batterie  tubulaire;  vaporisation ­
  de  8  1/2  à9;  pression  11  atmosphères;  sur-
        <pb n="232" />
        22X

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

chauffe  à  250°  G.,  au  cylindre.  Economiser,  malgré  la
surchauffe  Machine  à  vapeur  Compound  de  800  chevaux ­
  pour  les  machines  commandées  par  courroies.  Machine ­
  à  vapeur  spéciale  de  200  chevaux  pour  l'éclairage
électrique.  Et  turbine  à  vapeur  à  électrogène  Brown-Bovery
  de  600  chevaux  pour  le  report  de  force  électrique.
Bâtiment  à  étages  voûtés.  Système  d’humidification
très  complet  installé  dans  les  caves  ;  l’air  humidifié  est
envoyé  dans  les  salles  par  des  canaux  réservés  dans  les
murs  d’un  côté,  et  redescend  par  des  canaux  ménagés
dans  les  parois  opposées.
Chaque  salle  a  son  vestiaire  pour  hommes  et  son  ves
tiaire  pour  femmes,  avec  lavabo.
Salaire  des  soigneuses  de  bancs  à  broches,  2  marks  50
à  3  marks  20  (3  fr.  12  à  4  fr.)  et  même  3  marks  40  (4  fr.  25).
Aux  continus,  les  soigneuses  travaillent  sur  440  broches
et  gagnent  de  2  marks  à  2  marks  30  (2  fr.  50  à  2  fr.  87).
La  cotisation  nécessaire  à  l’alimentation  de  la  Caisse
des  malades  est  de  3  3/4  %.  La  fabrique  fournit  le  tiers
exigé  par  la  loi,  soit  1  1/4  %  et  l’ouvrier  2  1/2  %  du  salaire. ­

Les  logements  de  trois  chambres  et  cuisine,  cave,  grenier ­
  et  jardin,  se  louent  de  10  à  14  marks  par  mois,  soit
120  à  160  marks  par  an  (150  à  200  fr.).
Belle  installation  de  bains  et  douches,  à  l’usage  des
ouvriers.
Bibliothèque  notablement  utilisée.
Petit  restaurant  qui  fournit  contre  paiement  au  comptant, ­
  un  demi-litre  de  soupe  pour  10  pfennigs  (12  %  c.),
une  portion  de  viande  à  15  pfennigs  (18  %  c.),  et  de  légumes ­
  à  10  pfennigs.  La  boisson  —  en  général  —  est  la
bière.  L’ouvrier  ne  boit  pas  d’alcool,  où  du  moins,  c’est
extrêmement  rare.
L’établissement  possède  une  Société  coopérative  qui
        <pb n="233" />
        229

ETABLISSEMENTS

rapporte  assez  régulièrement  aux  participants,  de  10  à
12  %  par  an.  Les  statuts  spécifient  qu’une  moitié  du
dividende  est  versée  en  espèces  au  sociétaire  et  que
•  autre  moitié  est  portée  au  crédit  de  son  compte  dans
un  livret  de  Caisse  d’épargne.  Ce  système  a  certainement
ses  bons  côtés.  Mais  il  en  a  de  mauvais.  Car,  il  arrive
souvent  que  lorsqu’un  ménage  possède  ainsi  quelques
centaines  de  marks,  il  quitte  la  fabrique  pour  qu’on  soit
obligé  de  lui  remettre  la  somme  épargnée.  Dans  cet  établissement, ­
  la  prévenance  réciproque  est  de  4  semaines.
La  première  quinzaine  de  travail  est  une  quinzaine
d’essai,  sans  prévenance  réciproque.
L’ouvrier  n’est  admis  définitivement  qu’a  près  constalation
  par  le  médecin  de  la  fabrique  qu’il  est  sain,  vacciné ­
  et  apte  au  travail  qu’il  sollicite,  au  point  de  vue
médical.
Lorsqu’un  ouvrier  quitte  sans  dénonciation  ou  sans
avoir  achevé  les  4  semaines  convenues,  on  est  en  droit
de  lui  retenir  l’équivalent  d’une  semaine  de  travail.
        <pb n="234" />
        —

—■
        <pb n="235" />
        Etablissement  n°  11

SITUÉ  DANS  UNE  VALLÉE

Fondé  en  1836.  Société  par  actions  depuis  1850  ;  47.000
broches  et  1.650  métiers  à  tisser,  dont  150  Northrop.
Spécialité  :  calicot  et  articles  analogues.  Teinture  et  blanchiment. ­
  Consommation,  environ  8.800  halles.  Production ­
  pendant  l’année  1904,  1.773.000  kilogr.  de  fil  et
188.500  pièces.  Capital  actions  de  3.150.000  marks
(3.937.000  fr.)  Obligations,  2.500.000  marks  (3.125.000  fr.)
à  4  %.  Dividende  moyen  depuis  1886  =  5-  %  ;  extrêmes,
1*«  %  et  8'«  %.
Durée  du  travail  11  heures,  soit  de  6  h.  à  midi  et  de
1  h.  à  6  heures,  sans  arrêts  des  moteurs.  Les  ouvriers
aux  pièces  déjeunent  et  goùlent  en  travaillant  ;  toutefois
il  est  d’usage  au  tissage,  que  pendant  les  20  minutes  du
déjeuner  et  du  goûter,  les  tisseurs  laissent  marcher
leurs  métiers  jusqu’à  ce  qu’ils  s’arrêtent  et  ne  les  remettent ­
  pas  en  route.  Ainsi  que  c’est  d’ailleurs  le  cas
dans  tous  les  établissements,  et  conformément  à  la  loi
s Ur  le  travail,  les  enfants  de  14  à  16  ans  ont  une  demilieu
  re  de  repos  à  huit  heures  et  à  quatre  heures,  laquelle
demi-heure  doit  autant  que  possible  être  passée  à  l’air.
Filature.  Environ  400  chevaux  de  force  hydraulique
Nur  la  filature.  L’eau  est  amenée  aux  turbines  par  un
c&amp;amp;nal  en  bois,  sur  piliers  et  poutrage  métallique.  Grâce
Un  goudronnage  annuel  bien  exécuté,  ce  canal  existe
        <pb n="236" />
        232

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

depuis  25  ans,  sans  qu’il  ait  eu  lieu  de  rien  remplacer,
et  il  paraît  devoir  durer  encore  longtemps.  Sa  section  est
de  2  m  500  X  1  m.  800.  Les  planches  ont  une  épaisseur
de  75  m / m .  Machine  à  vapeur  à  triple  expansion  de  800
chevaux  sans  surchauffe,  11  almos.,  économiser  Green.
La  filature  est  en  partie  ancienne  et  en  renouvellement
Salle  de  carderie  contenant  96  cardes  à  chapeaux,  à  débourrage
  automatique,  et  dans  laquelle  il  n’y  a  aucune
poussière,  ni  aucun  duvet,  grâce  à  un  système  d’aspiration ­
  qui  enlève  également  les  poussières  d’aiguisage.
Les  ouvrières  de  continus  soignent  400  broches  et
gagnent  de  2  mk.  à  2  mk,  20  par  jour  (2  fr.  50  à  2  fr.  75).
Le  tissage  est  actionné  par  environ  250  à  300  chevaux
de  force  hydraulique  et  une  machine  à  vapeur  Compound
de  600  chevaux.
Le  bâtiment  est  en  rez-de-chaussée  à  poutrage  métallique ­
  et  travées  de  10  m.  300  X  7  m.  et  formé  deux  salles
pouvant  contenir  ensemble  2.100  métiers  ;  l’une  en  contient ­
  1.050  et  l’autre  600.  Toute  la  transmission  est  située
dans  le  sous-sol.  La  hauteur  du  sous-sol,  qui  sert  de  magasin, ­
  etc.,  est  de  2  m.  500  ;  celle  du  rez-de-chaussée  de
4  m.  500  sous  les  poutres.  Le  sous-sol  est  voûté  ;  le  rezde-chaussée
  a  des  toits  parfaitement  isolés  et  des  doubles ­
  fenêtres.  Ce  bâtiment,  de  128  m.  de  long  sur  72  ni.
de  large  est  revenu  à  67  marks  (83  fr.  75)  par  mètre  carré,
terminé  et  tout  compris.  Le  chauffage  de  chacune  de  ces
deux  salles  de  64  m.  X  72  m.  =  4.600  mq  ,  se  fait  au
moyen  d’une  batterie  de  tuyaux  à  ailettes  logée  dans  le
sous-sol,  le  long  du  mur  extérieur  des  pignons,  et  parallèlement ­
  à  toute  la  longueur  de  celui-ci.  L’air  chaud  sélève
  par  des  ouvertures,  dans  la  salle  du  rez-de-chaussée,
se  répand  en  la  longeant,  dans  la  partie  supérieure  des
toits,  et  à  mesure  de  son  refroidissement,  descend  et
retourne  dans  le  sous-sol  par  les  ouvertures  qui  donnent
        <pb n="237" />
        ETABLISSEMENTS

233

passage  aux  courroies  et  par  d’autres,  disposées  le  long
de  la  cloison  qui  sépare  les  deux  salles.  La  différence
de  température  entre  les  points  les  plus  divers  de  ces
salles  de  4.600  mq.  de  surface,  ne  dépasse  pas  3/4  de  degré(0,75&amp;lt;&amp;gt;).
  Ce  système  de  chauffage  usité  maintenant  dans
plusieurs  établissements  industriels,  a  fonctionné  pour
la  première  fois  en  Bavière,  pour  le  chauffage  d’une  église
h'ès  vaste.  Ses  bons  résultats  ont  amené  son  application
aux  bâtiments  industriels.
Dans  l’installation  qui  nous  occupe,  on  a  placé  parallèlement ­
  aux  faisceaux  de  tuyaux  de  chauffage,  un  ensemble ­
  d’humidification.  Le  fonctionnement  est  excellent.
Jusqu’à  140  cm.  de  largeur  de  peigne,  la  vitesse  des
métiers  est  de  180  coups  ;  de  deux  à  quatre  métiers  par
ouvriers,  le  plus  généralement  trois.  Pour  les  métiers
Northrop,  d’installation  assez  récente  encore,  on  donne
provisoirement8  à  10  métiers  à  un  ouvrier;  ils  marchent
a  160  coups.  Dans  ces  conditions,  leur  rendement,  avec
des  ouvriers  encore  peu  expérimentés  est  de  2  %  supérieur ­
  à  celui  de  métiers  en  même  article  marchant  à  280
coups  à  raison  de  2  métiers  par  ouvrier;  en  d’autres
termes,  dix  métiers  Northrop  conduits  par  un  tisserand
encore  novice  dans  leur  maniement,  produisent  par
métier  —  à  article  égal  et  à  la  vitesse  de  160  coups,  deux
pour  cent  de  plus  qu’un  métier  ordinaire,  marchant  à
1%  coups  et  conduit  par  un  tisseur  expérimenté  et  qui
11  a  que  deux  métiers  à  conduire.  L’avantage  des  métiers
Northrop  est  encore  plus  sensible  dans  des  régions  où,
c °mine  celle  qui  nous  occupe,  le  tisserand  expérimenté
est  rare.
La  caisse  des  malades  légale  a  besoin  d’un  prélèvement ­
  de  3,20  %  sur  les  salaires  pour  couvrir  ses  frais  ;
lu  fabrique  paie  1.07  %,  l’ouvrier  2.14  %.  Le  traitement
des  malades  a  lieu  exclusivement  par  les  médecins  atti-
        <pb n="238" />
        234

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

très  de  rétablissement;  toutefois,  il  est  fait  appel  à  des
spécialistes  lorsque  cela  est  nécessaire.
Outre  la  caisse  des  malades  légale,  il  existe  une  caisse
de  secours  mutuels:  l’adhésion  est  facultative  et  elle
n’est  accessible  qu’aux  adultes  hommes,  ouvriers.  Elle
admet  quatre  classes  de  salaires  auxquelles  correspondent ­
  quatre  classes  de  cotisations  et  quatre  classes
d’indemnités.  Les  indemnités  en  cas  de  maladie,  cessent
après  26  semaines  de  maladie.  La  famille  d’un  membre  décédé ­
  reçoit  une  indemnité  fixe  de  40  mk.  (50  fr.)  Il  est  constitué ­
  un  fonds  de  réserve  qui  doit  atteindre  au  minimum
le  montant  moyen  des  dépenses  annuelles  de  la  Caisse.
La  Caisse  est  placée  sous  contrôle  des  autorités  locales  :
elle  est  gérée  par  un  comité  élu  par  les  membres  et  se
composant  d'un  président,  d’un  caissier,  d’un  secrétaire
et  de  trois  membres.  Le  Comité  de  la  caisse  de  secours,
de  concert  avec  la  direction  de  la  fabrique,  forme  un
conseil  mixte,  qui  est  chargé  d’examiner  les  requêtes,
les  plaintes,  réclamations  des  ouvriers  et  de  les  régler.  Il
n’est  encore  arrivé  qu’une  seule  fois,  qu’un  ouvrier  ait
fait  appel  de  la  décision  de  ce  Comité  mixte  et  se  soit
adressé  aux  autorités.
La  fabrique  loge  environ  600  personnes  dans  ses  maisons ­
  d’habitation  ;  ces  maisons  sont  de  deux  types  :
l’une  de  24  logements,  l’autre  de  48  logements.  Ces  loge"
gements  comprennent  2  à  3  chambres  et  une  cuisine
avec  hangar  et  jouissance  d’un  jardin  et  se  louent  de  6  a
12  marks  par  mois  (7  fr.  50  à  15  fr.).
Belle  installation  de  bains  et  de  douches  gratuits,  très
suivis.  Un  restaurant  délivre  des  portions  pour  le  repas
de  midi  :  un  demi-litre  de  soupe  avec  100  gr.  de  viande,
légumes  et  un  morceau  de  pain  coûte  12  pfennigs  (15  c.)-Il
  revient  à  15  pfennigs  (18  %  c.)  à  l'établissement.  On
distribue  par  jour,  100  à  110  portions.
        <pb n="239" />
        ÉTABLISSEMENTS  235
Caisse  d’épargne  avec  intérêts  de  5  %  ;  elle  contient
environ  30.000  marks  (37.500  fr.)  La  plupart  du  temps,
dès  qu’un  déposant  possède  quelques  centaines  de  marks,
d  les  retire  pour  acheter  une  vache  ou  un  bout  de  champ.
La  fabrique  consacre  annuellement  environ  12.000
marks  (15.000  fr.)  à  des  suppléments  de  pension  à  des
ouvriers  âgés  ou  invalides.
Lors  de  la  confirmation  des  jeunes  gens,  chaque  année, ­
  il  est  alloué  à  chaque  enfant  (en  moyenne  40  par
a n),  un  costume  complet  de  la  valeur  d’environ  25  mk.
(31  fr.  251..
A  Noël,  tous  les  enfants  reçoivent  des  cadeaux  pour
lesquels  on  consacre  environ  4  à  5  marks  par  enfant
(5  à  6  fr.  25).
        <pb n="240" />
        Etablissement  n°  12
SITUÉ  DANS  UN  FAUBOURG  D  UNE  GRANDE  VILLE

Fondé  en  1852.  Actuellement  147.000  broches  de  filature ­
  en  N"  moyen  28  anglais,  et  2.000  broches  de  retordage. ­
  Consommation,  environ  25.000  balles.  Facturé  en
1904  :  4.762.000  kilos  de  fil.  Capital  actions,  3.429.000
marks  (4.275.000  francs).
Force  hydraulique,  5.100  chevaux,  divisée  en  deux
installations  distantes  de  2  km,  1/2  sur  le  même  cours
d’eau.  En  outre,  et  surtout  comme  réserve,  3.600  chevaux-vapeur, ­
  répartis  sur  trois  machines  à  vapeur,  mar
chant  à  9  et  11  atmosphères  1/2,  sans  surchauffe.
Charbon  noisette,  de  la  haute  Silésie:  le  wagon  rendu,
autour  de  225  marks  (281  francs).  Charbon  de  la  Ruhr,
noix,  wagon  rendu,  vers  250  marks  (312  fr.  50).
Prix  de  transport  du  colon  de  Brême,  246  marks
(307  fr.  50)  par  wagon  ;  distance  environ  700  kilomètres.
Cet  établissement  a  dépensé  dans  les  dernière  années,
pour  renouvellement  de  matériel,  installations  nouvelles,
entre  autres  pour  la  station  de  force  hydraulique  située
en  aval,  la  somme  de  3.200  000  marks  (4  millions)  Celte
somme  a  été  puisée  dans  les  réserves,  et  n’a  nécessité  aucun ­
  emprunt.  Moyenne  des  dividendes  des  dix  dernières
années  15  %  —  maximum,  17,5  %,  minimum  14  %.
L’établissement  comporte  trois  bâtiments  distincts,
mais  voisins  les  uns  des  autres,  soit  deux  bâtiments  a
        <pb n="241" />
        ÉTABLISSEMENTS

237

étages,  dont  l’un  date  de  1852,  et  un  rez  de  chaussée  de
construction  très  récente.
Depuis  le  l 0 »-janvier  1906,  la  durée  du  travail  journalier
n’est  plus  que  de  10  heures.  Les  salaires  à  la  journée  ont
clé  maintenus,  tandis  que  les  tarifs  à  l’accord  ont  été
relevés  de  10  %.  —  Salaire  moyen  d’un  fileur  3  marks  50
(4  fr.  37)  par  jour.
Pour  couvrir  les  dépenses  de  la  Caisse  des  malades,  il
est  nécessaire  de  prélever  4  %,  %  des  salaires.  D’après  la
loi,  l’ouvrier  devrait  supporter  les  2/3  de  celle  cotisation,
soit  3  %  ;  et  la  fabrique  1  /3  %,  soit  1,5  %.  Mais  la  fabrique
paie  volontairement  3  %,  ne  laissant  à  l’ouvrier  que
1  1  /2  à  payer.  Le  règlement  de  la  Caisse  prévoit  8  classes
de  salaires,  depuis  le  salaire  des  apprentis,  c’est-à-dire
1  mark  (1  fr.  25)  par  jour,  jusqu’à  5  marks  (6  fr.  25)  par
jour;  il  en  résulte  huit  classes  d’indemnités  en  cas  de
maladie,  allant  de  0  mark  50(0  fr.  62  %)  à  2  marks  50
(3  fr.  12)  par  jour,  et  huit  classes  de  secours  en  cas  de  décès,
allant  de  20  marks  à  100  marks  (25  à  125  francs).  En  cas
de  décès  de  la  femme  ou  d’un  enfant  d’un  membre  de  la
caisse,  il  reçoit  un  secours  fixe  équivalent  à  la  moitié
du  secours  de  3°  classe,  c’est  à-dire,  un  secours  de
20  marks  (25  francs).  Les  membres  de  la  famille  des
membres  de  la  Caisse  reçoivent  gratuitement  en  cas  de
maladie,  les  soins  médicaux,  mais  la  Caisse  ne  prend  à
Sa  charge  que  la  moitié  des  dépenses  de  pharmacie.
Dour  le  reste,  la  Caisse  fonctionne  selon  les  dispositions ­
  de  la  loi  sur  l’assurance  contre  la  maladie.
Dutre  la  Caisse  des  malades  légale,  il  existe  entre  les
ouvriers,  à  titre  privé,  une  caisse  mutuelle  en  cas  de  décos.
  Elle  est  entièrement  gérée  par  les  ouvriers,  et,  en
eus  de  décès  du  père  de  famille,  distribue  un  secours  de
200  marks  (250  francs),  à  la  veuve  ou  aux  orphelins;  cette
cuisse  possède  actuellement  104.000  marks  (130.000  francs).
        <pb n="242" />
        238

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

\

Un  fonds  spécial  qui  a  été  constitué  par  des  dons  du
Conseil  d’administration,  des  actionnaires,  etc.,  a  pour
but  de  venir  en  aide  sous  forme  de  pensions,  aux  invalides^ ­
  ou  ceux  auxquels  leur  santé  ne  permet  plus  de
travailler,  lorsqu’ils  ont  travaillé  d’une  manière  ininterrompue ­
  à  la  fabrique  pendant  dix  années  au  moins.  Ce
fonds  possède  actuellement  450.000  mark  s  (5(52.500  francs),
et  la  fabrique  lui  bonifie  un  intérêt  de  4  %.  Ces  pensions
viennent  s’ajouter  à  celles  payées  par  l’assurance  sur  l’invalidité ­
  ou  la  vieillesse.
Indépendamment  de  ce  premier  fonds  —  qui  concerne ­
  spécialement  les  ouvriers  nécessiteux  et  atteints
d’incapacité  de  travail  —  il  en  existe  un  second,  qui  a  la
même  origine  et  a  pour  but  de  pensionner  les  ouvriers
âgés  au  prorata  du  nombre  de  leurs  années  d’activité
dans  l’établissement.  Ce  fonds  possède  actuellement  un
capital  de  516.000  marks  (645.000  francs);  il  lui  est  servi
4  %  d’intérêts.  Ces  pensions  viennent  s’ajouter  à  celles
servies  à  un  moment  donné  par  l’assurance  gouverne
mentale.
En  1904,  la  fabrique  a  allouée  la  somme  de  36  500  marks
(45.625  francs)  aux  œuvres  philanthropiques  de  l’établissement. ­

La  Caisse  d’épargne  possède  258.000  marks  (322  500  ir.f
et  la  fabrique  lui  bonifie  un  intérêt  de  5  %.
Cet  établissement  possède  une  installation  remarquable ­
  de  douches  et  bains  pour  ses  ouvriers  ;  16  cabines
de  douches  et  8  cabines  avec  baignoires  sont  à  leur  disposition ­
  gratuitement  y  compris  linge  et  savon,  et  chaque
ouvrier  peut  se  baigner  une  fois  par  semaine,  pendant
les  heures  de  travail.
Une  série  de  32  maisons  d’habitation,  avec  164  logements ­
  loués  de  75  à  84  marks  (93  fr.  75  à  105  fr.)  par  an
pour  cuisine,  deux  chambres,  grenier,  hangar  et  jardin
        <pb n="243" />
        ÉTABLISSEMENTS

239

abrite  une  population  de  710  personnes.  Celte  colonie
est  pourvue  d’un  lavoir  comprenant  15  chaudières  à
lessives,  essoreuse,  séchoir  et  chambre  à  repasser.  L’usage
en  est  gratuit.  —  Les  familles  peuvent  prendre  des  bains
gratuits  dans  un  petit  local  possédant  quatre  baignoires.
Une  cantine  distribue  des  repas  à  bon  marché,  et  la
salle  de  restaurant  de  cette  cantine  est  organisée  pour
permettre  aux  ouvriers  de  réchauffer  les  aliments  qu’ils
auraient  apportés  avec  eux.
Une  société  coopérative  dont  les  bénéfices  sont  partagés ­
  entre  les  participants  proportionnellement  aux  quantités ­
  achetées  pendant  l’année,  tient  à  peu  près,  -  et
sauf  les  articles  d’habillement  —  tout  ce  qui  est  nécessaire ­
  à  tin  ménage.  Une  boulangerie  y  est  adjointe.
La  colonie  comprend  en  outre,  une  salle  d’asile  pour
enfants  de  3  à  6  ans,  gratuite,  et  une  biblothèque  avec
salle  de  lecture.  —  Les  ouvriers  qui  le  désirent  reçoivent
gratuitement  des  leçons  de  musique  et  de  chant,  le  soir,
dans  une  salle  spéciale  du  bâtiment  de  cantine.  La  bibliothèque ­
  est  très  suivie.
Le  Comité  mixte  (délégués  ouvriers  et  délégués  de
i  administration  de  la  fabrique)  qui  administre  la  caisse
des  malades,  est  chargé  aussi  de  régler  les  difficultés  qui
peuvent  se  présenter  entre  la  fabrique  et  les  ouvriers,
réclamations,  plaintes,  etc.
        <pb n="244" />
        Etablissement  n°  13

WILHELMSHEIM.

Sanatorium  pour  tuberculeux.
Jusqu’à  ces  dernières  années,  cet  établissement  appartenait ­
  à  la  Société  des  hospices  populaires,  et  était  aménagé ­
  pour  le  traitement  des  tuberculeux.  Il  est  actuellement ­
  la  propriété  de  l’Administration  des  Assurances
du  Royaume  de  Wurtemberg.  Installé  pour  118  lits  on
l’a  agrandi  cette  année  de  52  lits,  de  telle  sorte  qu  il
pourra  contenir  170  malades.  —  La  dépense  atteindra
425.000  marks  (531  500  francs).
Orienté  en  plein  midi,  à  mi-hauteur  d’une  colline  très
élevée,  adossé  à  une  forêt  immense  descendant  du  sommet, ­
  abondamment  pourvu  d’eau,  ce  sanatorium  est
situé  d’une  manière  tout  particulièrement  favorable.  On
n’y  traite  que  les  tuberculeux  au  premier  degré.  Il  y
passe  par  an  —  avec  118  lits  —  de  600  à  650  malades,
chacun  y  séjournant  de  deux  à  trois  mois.  N’y  sont
admis,  que  des  malades  notoirement  incapables  de  travail. ­
  Chaque  année,  environ  330  à  350  malades  s’en
retournent  guéris,  et  peuvent  être  considérés  comme  tels
si,  rentrés  chez  eux,  ils  observent  les  prescriptions  qui
leur  ont  été  faites.  —  Les  autres  ont  vu  leur  état  s’améliorer ­
  suffisamment  pour  leur  permettre  de  reprendre
leur  travail  pendant  une,  deux  ou  trois  années,  sans
nouveau  traitement.  Pourvus  d’instructions  précises  sur
la  manière  de  se  comporter  vis-à-vis  de  leur  entourage
        <pb n="245" />
        ETABLISSEMENTS

241

de  façon  à  éviter  la  contagion,  les  dangers  de  leur  existence ­
  dans  les  ateliers,  dans  leurs  familles  sont  considérablement ­
  diminués.  —  Ce  sont  là,  évidemment,  d’immenses ­
  résultats,  au  point  de  vue  de  la  fortune  et  de  la
santé  publique.  —  Le  traitement  consiste  essentiellement ­
  en  une  alimentation  saine  et  très  abondante,  jointe
à  la  vie  au  grand  air  pur,  des  bains  et  une  hygiène  rigoureuse. ­
  Une  ferme  des  environs  fournit  le  lait  ;  et  bien
(lue  les  vaches  dont  il  provient  soient  connues  et  souvent
examinées,  ce  lait  est  soigneusement  cuit;  chaque  malade ­
  en  absorbe  au  minimum  un  litre  par  jour.  La  viande
arrive  fraîche  chaque  jour,  sévèrement  contrôlée.  La
viande  de  porc  est  d’un  emploi  très  notable.  Avec  les
résidus  de  cuisine,  on  nourrit  environ  25  porcs,  dans
une  étable  parfaitement  aménagée;  leur  viande  est  un
appoint  précieux  pour  l’alimentation.
Un  générateur  à  vapeur  fournit  la  vapeur  pour  la  cui-Sl,
 ie  (on  cuit  à  la  vapeur),  pour  le  chauffage  des  salles  et
corridors,  le  lessivage  et  les  bains.
Chaque  malade  est  numéroté  et  tous  les  objets  ou
meubles  dont  il  fait  usage,  portent  ce  même  numéro  :
l'h  literie,  objets  de  toilette,  armoire  à  habits,  chaiselongue,
  couvertures,  linge,  etc.,  etc.,  ne  sont  jamais
^changés  avec  ceux  d’autres  malades.
Ues  chambres  contiennent  de  1  à  5  malades  au  maximum ­
  et  ont  au  minimum  3L  mètres  cubes  d’air  paroccul
 )a ut.  Le  cube  d’air  de  chaque  dortoir  est  inscrit  sur  la
Porte.  Qu  groupe  dans  une  même  chambre,  des  malades
catégories  analogues.  Partout,  mobilier  aussi  simple
uussi  lisse  que  possible,  aussi  facilement  nettoyable  que
Possible.  Pas  de  tiroirs,  pas  de  recoins.  Le  raccordement
( ^ es  plafonds  avec  les  murs  est  arrondi.
Le  sol  est  en  xylotithe,  matière  dure,  imperméable,
Lès  durable,  et  qui  n’a  pas,  comme  la  mosaïque  ou  autres
1Ô
        <pb n="246" />
        m  i

a*»

242

l’iNDÜSTRIE  COTONNIERE  KN  ALLEMAGNE

cimentages,  l’inconvénient  d’être  froid  et  surtout  de  se
fendiller.  Le  raccordement  du  sol  avec  les  murs  est  également ­
  arrondi.  Les  dortoirs  sont  à  ventilation,  nuit  et
jour.  Les  corridors  sont  chauffés  et  ventilés.  D’immenses
hangars  orientés  en  plein  soleil,  contiennent  autant  de
chaises-longues  que  de  malades.  C'est  là  que,  tous  les
jours,  par  tous  les  temps  et  toutes  les  températures,  les
malades  passent  la  plus  grande  partie  de  leur  journée,
étendus  sous  plus  ou  moins  de  couvertures.
Toutes  les  eaux,  cuisine,  lessive,  cabinets,  lavage  des
crachoirs,  sont  envoyées  par  une  canalisation  dans  un
appareil  de  filtrage  et  désinfection  à  scories,  disposé  en
étages.  Les  eaux  sortant  de  cette  installation  sont  fréquemment ­
  examinées.
Le  traitement  et  l'entretien  des  malades  est  absolument ­
  gratuit  pour  eux  en  vertu  de  la  loi  sur  l’assurance
d’invalidité.  L’Administration  des  assurances  gouvernementales, ­
  se  réserve  de  réclamer,  soit  aux  communes
soit  aux  caisses  de  malades  d’établissements  industriels,
les  sommes  qu’elle  a  déboursées  pour  les  soins  donnés
aux  malades  dans  les  cas  prévus  par  la  loi  d’assurance.
L’Allemagne  entière  est  divisée,  au  point  de  vue  des
assurances  gouvernementales,  en  40  districts.  Ces  quarante ­
  districts  disposent  pour  les  soins  à  donner  aux  tuberculeux, ­
  de  130  établissements;  25  de  ces  établissements, ­
  disposant  d’environ  4.000  lits,  appartiennent  en
propre  à  l’Administration  des  Assurances.  Ces  sont  les
plus  considérables.  Les  autres  appartiennent  à  des  associations ­
  ou  à  des  établissements  industriels  privés,  ou  à
des  communes.  On  peut  diviser  ces  130  établissements
en  4  hôpitaux,  92  sanatoria  proprement  dits,  20  établissements ­
  de  convalescence,  et  24  hospices  situés  dans  des
stations  thermales.
Le  traitement  d’un  malade  tuberculeux  est  revenu  en
        <pb n="247" />
        KTAHUSSKMfcNTS

24»

1903,  en  moyenne  à  368  marks  (460  francs),  pour  la  durée
moyenne  du  traitement  qui  a  élé  de  76  jours;  les  frais
journaliers  se  sont  donc  élevés  à  4  marks  81  (6  francs)  en
moyenne  En  1899,  la  durée  moyenne  du  traitement  était
6e  74  jours,  la  dépense  moyenne  totale  de  312  marks
(390  francs),  soit  par  jour  4  marks  20  seulement  (5  fr.  25).
Pour  les  autre  maladies  que  la  tuberculose,  on  compatit ­
  en  1903,  une  durée  moyenne  de  traitement  de
49  jours  et  une  dépense  de  4  marks  10(5  fr.  12)  par  jour,
soit  une  dépense  totale  moyenne  de  201  marks  (251  francs)
seulement  par  malade.
Sur  43.593  malades  —  toutes  maladies  comprises,  —
traités  en  1903  dans  les  établissements  sanitaires  de
1  Administration  de  l’assurance  gouvernementale  contre
1  invalidité  de  toute  l’Allemagne,  on  comptait  20.148  tuberculeux ­
  (14.937  hommes  et  5.211  femmes);  soit
46,3  %  de  tuberculeux  et  53,7  %  d’autres  malades.
La  statistique  des  assurances  gouvernementales  estime
Çue,  de  1899  à  1903  inclus,  sur  100  malades  tuberculeux  entrés ­
  dans  les  hospices  à  l’état  d’incapacité  totale  de  travail,
?4  %  au  minimum  et  83  %  au  maximum,  ont  après  traitement, ­
  été  rendus  à  la  circulation,  aptes  à  travailler
Pendant  un  certain  nombre  d’années.
A  la  fin  de  1903,  32  %  des  malades  traités  en  1899
avaient  conservé  leur  capacité  de  travail.
Une  statistique  de  cinq  années  consécutives  constate
( ine  sur  40.860  tuberculeux  traités,  2.821  seulement,  soit
lîl oinsde7  %,  ont  dû  être  traités  à  nouveau  dans  le  courant
^e  l’année  qui  a  suivi  celle  dans  laquelle  le  premier  traitaient ­
  avait  eu  lieu.
Le  même  sur  28.886  tuberculeux  traités,  856,  soit  3  %,
0 »t  dû  être  traités  à  nouveau  dans  la  deuxième  année  qui
a  suivi  le  premier  traitement.
Sur  17.676  tuberculeux  traités,  315,  environ  2  %,
        <pb n="248" />
        244

L'INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

ont  dù  recommencer  un  traitement  dans  la  troisième
année  après  le  premier  traitement.
Enfin,  sur  7.531  tuberculeux  traités,  89,  soit  1,2  %,  ont
dû  être  traités  à  nouveau  dans  la  quatrième  année  qui
a  suivi  celle  pendant  laquelle  le  premier  traitement  avait
eu  lieu.
En  1903,  16.047  malades  tuberculeux  ont  été  rendus  à
la  circulation  après  traitement  et  ont  pu  reprendre  leurs
travaux  et  gagner  leur  vie.  Le  travail  de  ces  16.047  personnes ­
  représente  évidemment  une  somme  colossale.  Si
elles  n’avaient  été  l'objet  d’aucun  soin,  non  seulement
cette  somme  énorme  eût  été  perdue,  mais  il  eût  fallu  leur
venir  en  aide.  Il  est  bon  de  considérer,  outre  cela,  que  ces
16.047  malades  traités,  présentent  un  danger  infiniment
moindre  pour  leur  entourage,  au  point  de  vue  de  la
contagion.  Ils  sont  en  meilleur  état,  et  on  les  a
instruits.
        <pb n="249" />
        Etablissement  n°  14
MAISON  DE  CONVALESCENCE  POUR  FEMMES

Située  à  Lorch  (Wurtemberg),  et  propriété  de  h  Administration ­
  de  l’Assurance  du  royaume  de  Wurtemberg, ­
  contre  l’invalidité,  qui  l’a  fait  construire  en  1902.
Cet  établissement  a  pour  but  :
1°  D  achever  la  guérison  de  femmes  qui,  ayant  fait
l me  maladie,  sont  suffisamment  rétablies  pour  quitter
1  hôpital,  mais  sont  encore  trop  faibles  pour  reprendre
leur  travail  sans  danger  de  rechute  ;
2°  De  traiter  des  jeunes  filles  anémiques,  candidates
certaines,  sans  cela,  à  la  tuberculose.
L’établissement  est  installé  pour  5.7  lits  répartis  dans
24  chambres  (non  compris  le  logement  du  personnel).
Le  bâtiment,  qui  a  sous-sol,  rez-de-chaussée,  deux
étages  et  grenier  et  mesure  40  mètres  sur  15  mètres,  a
coûté  152.000  marks  (190.000  fr.  ).  Le  terrain  de  1  hectare
1/2,  a  été  acheté  11.400  marks  (14.250  fr.)  Enfin,  l’aménagement ­
  intérieur  est  revenu  à  31.400  marks  (39.250  fr.),
s °it,  par  lit  de  malade,  un  prix  de  revient  de  3.460  marks
environ  (4.325  fr.  ),  terrain  non  compris.
Le  sous-sol  contient  la  cuisine  et  dépendances  ;  générateur ­
  à  vapeur  pour  chauffage  et  production  d’eau
chaude  ;  cave  à  vin  et  cave  à  provisions,  chambre  à
lessive  et  local  spécial  pour  nettoyage  des  chaussures.
Le  rez  de-chaussée  comprend:  le  logement  delà  di-
        <pb n="250" />
        246  l’industrie  cotonnière  en  Allemagne
rectrice,  la  salle  du  conseil,  la  salle  des  consultations,,
la  salle  à  manger  et  l’office,  une  salle  de  réunion  pour
lecture  et  musique,  trois  chambres  de  bain,  trois  chambres ­
  dortoirs  comprenant  8  lits  et  deux  verandahs  vitrées
servant  de  salles  de  réunion.  Dans  les  étages,  les  dortoirs, ­
  chambres  des  infirmières,  lingeries,  etc.  Le  grenier ­
  est  installé  pour  séchage  du  linge,  et  pour  recevoir,
dans  des  compartiments  spéciaux,  les  bagages  des  personnes ­
  en  traitement.  Toutes  les  chambres  du  rez-dechaussée
  et  des  étages  ont  leur  plancher  recouvert  de
linoléum  posé  sur  lignolithe.  Le  sol  des  cuisines,  salles
de  bain,  etc.,  est  en  carreaux  céramiques,  les  murs  sont
revêtus  de  carreaux  de  faïence  blancs.  Les  dortoirs  ont
un  cube  minimum  de  30  mètres  cubes  par  lit  ;sur  chaque
porte  est  inscrit  le  nombre  de  lits  en  regard  du  nombre
de  mètres  cubes.  Les  meubles  sont  de  construction  simple
et  facilitant  un  nettoyage  complet  et  rapide  ;  ils  sont
recouverts  d’un  vernis  glacé.  Dans  les  salles  à  manger,
salles  de  réunion  et  vérandahs,  les  murs  sont  garnis,  à
hauteur  d’épaule,  de  ¡incrusta,  et  tapissés  au-dessus.
Une  propreté  exemplaire  et  un  ordre  parfait  régnent
dans  toute  cette  maison.
Le  rez-de-chaussée  est  chauffé  à  la  vapeur  ;  les  étages
par  fourneaux  au  bois.  L’éclairage  électrique,  installé
partout,  est  alimenté  par  une  fabrique  des  environs.
Une  écurie  abrite  des  chèvres  et  des  porcs.  Le  lait  des
chèvres  est  utilisé  spécialement  pour  l’alimentation  dans
certains  cas.  Le  lait,  en  général,  forme  une  des  parties
principales  de  l’alimentation  ;  il  s’en  consomme  par  mois
autour  de  trois  mille  litres.
Une  soixantaine  de  poules  fournissent  leurs  œufs  —
autre  aliment  de  grande  consommation  —  et  complètent
la  population  de  la  ferme.
Un  total  de  8.027  journées  de  malades  a  occasionné
        <pb n="251" />
        ÉTABLISSEMENTS

247

«ne  dépense  de  24.846  marks  (31.000  fr.),  soit  par  jour
3  marks  10  (3  fr.  87).  Ce  chiffre  comprend  tous  les  frais
•quelconques,  et  aussi  le  loyer  de  l’établissement.  La
nourriture  seule  revient  en  moyenne,  par  personne  et
par  jour,  à  1  mark  29  (1  fr  61).
L’Administration  des  Assurances  du  royaume  de
Wurtemberg  contre  l’invalidité,  possède  à  Rötenbach
nn  établissement  identique  pour  hommes.  En  1903,  la
maison  de  convalescence  de  Rötenbach  a  reçu  245  malades, ­
  et  le  nombre  de  journées  de  malades  a  été  de
10.234,  occasionnant  par  jour  3  marks  07  (3fr.  83)  de  frais,
dont  1  mark  40  (1  fr.  75)  par  jour  pour  la  nourriture  seulement. ­
  Construit  en  1896,  Rötenbach  est  en  voie  d’agrandissement ­
  considérable  ;  un  crédit  de  150.000  marks
{187.500  fr.)  a  été  voté  dans  ce  but.
A  la  station  thermale  de  Wildbad,  située  au  nord  de
la  Forèt-Noire,  l’Administration  de  l’Assurance  contre
1  invalidité  du  Wurtemberg,  a  construit  un  sanatorium
pour  hommes  et  femmes,  spécialement  pour  rhumatisants, ­
  et  pouvant  recevoir  66  malades.  Il  a  coûté
262.000  marks  (327.500  fr.),  soit  3.972  marks  (4.960  fr  )  par
lit.  La  dépense  journalière  par  malade  y  est  de  4  marks  53
(5  fr.  66);  dont  1  mark  60  (2  fr.)  pour  la  nourriture  seulement. ­

Pour  le  royaume  entier,  l’assurance  contre  l’invalidité
a  traité  en  1903,  toutes  maladies  comprises,  un  total  de
2.738  assurés  incapables  de  travail,  le  nombre  de  jours
de  maladie  a  été  de  167,907,  soit  en  moyenne  61
jours  par  malade.  La  dépense  totale  a  été  de  646.812
marks  (808.000  fr.),  soit  236  marks  (295  fr.)  par  malade  et
3  marks  85  (4  fr.  81)  par  jour.
Sur  ces  2.738  malades,  traités  dans  divers  établissements ­
  spéciaux,  privés  et  publics,  ainsi  que  dans  les
établissements  précités,  mais  toujours  aux  frais  de  l’As-
        <pb n="252" />
        24K

L'INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

surance,  539,  soit  21  1/2  %  ont  été  guéris  L’état  de  1.334,
soit  de  48 7  %  a  été  considérablement  amélioré  et  ils  ont  pu
reprendre  leurs  occupations  d’une  manière  durable.  Par
contre  429,  soit  15°  %  n’ont  éprouvé  qu’une  amélioration
peu  importante  de  leur  état,  et  pour  38(5,  soit  14  %  le
traitement  n’a  eu  aucun  résultat.
Au  point  de  vue  financier,  l’Administration  de  l’Assurance ­
  estime  que  les  frais  de  traitement  ont  dépassé  la
somme  qui  eut  été  dépensée,  si,  au  lieu  de  traiter  les  malades, ­
  on  les  avait  pensionnés.  Mais  il  est  évident  qu’au
point  de  Mie  de  1  intérêt  national  en  général,  ce  résultat
financier  passe  au  second  rang  et  cède  le  pasà  ce  résultat
plus  grand,  que  1.923  personnes  ont  recouvré  leur  faculté ­
  de  travail.  Il  est  bon  de  remarquer  à  ce  propos  que
le  chiffre  des  frais  de  traitement  des  malades,  comparé
aux  recettes,  est  beaucoup  plus  élevé  en  Wurtemberg
que  celui  de  la  moyenne  correspondante  pour  l’Allemagne ­
  entière.  Le  Wurtemberg  arrive  à  9  1/3  %  de  frais,
tandis  que  la  moyenne  pour  l’Allemagne  entière  n’est
que  de  fio  %.
L’Allemagne  entière  est  divisée,  ainsi  qu’il  a  été  dit
précédemment,  en  quarante  districts  d’assurance,  et  le
Wurtemberg  ne  forme  que  l’un  de  ces  districts.  En  1903,
pour  l’Allemagne  entière,  l’Assurance  contre  l’invalidité
a  traité  43.593  personnes  et  dépensé  11.501.205  marks
(14.400.000  ir.)  pour  leur  traitement,  entretien,  etc.,  soit
environ  264  marks  (330  fr.)  par  malade.  En  1900,  27.427
personnes  avaient  été  traitées,  avec  une  dépense  de
6.210.720  marks  (7.760.000  fr.),  soit  seulement  226  marks
(282  fr.  50)envirón  par  malade.  Soit  une  augmentation  en
3  ans,  de  38  marks  (47  fr.  50)  par  malade  traité.
On  pourrait  en  conclure  que  l’Administration  des
Assurances  contre  l’invalidité  est  de  l’avis  qu'il  est  avantageux ­
  de  traiter  ses  assurés  le  mieux  possible.
        <pb n="253" />
        Etablissement  n°  15
SITUÉ  DANS  UN  FAUBOURG  D  UNE  GRANDE  VILLE

Fondé  en  1837.  Possède  127.000  broches  et  près  de
3.000  métiers  à  lisser.  Divisé  en  trois  établissements
distincts,  situés  à  peu  de  distance  les  uns  desautres.  Les
deux  tiers  environ  du  matériel  sont  d’installation  très
récente  et  pourvus  des  derniers  perfectionnements,  tant
comme  bâtiments  que  pour  le  reste.  Des  réserves  considérables ­
  ont  permis  d’affecter  annuellement,  depuis  bien
des  années,  une  somme  de  400.000  marks  (500.000  fr.)  à
la  réorganisation  successive  de  tout  ce  qui  n’était  plus  parfaitement ­
  à  hauteur.
Capital  actions,  3.600.000  marks  (4.500.000  fr.);  obligations ­
  500.000  marks  (625.000  fr.)  4%.  Nombre  d’ouvriers, ­
  autour  de  3  000.  En  1904  cet  établissement  a  consommé ­
  29.600  balles,  payé  1.821.000  marks  (2.275.000  fr.)
de  salaires  et  produit  5.370.000  kilos  de  fil  et  422.300  pièces
de  tissus,  soit  27.307.000  mètres.  Un  quart  environ  des
métiers  marchent  en  calicot  et  articles  analogues  ;  le  reste
en  gros  articles,  N°  moyen  de  filature,  N°  20  anglais.  La
moyenne  des  dividendes  des  quinze  dernières  années  a
clé  de  17  1/2  %  avec  un  minimum  de  11  2/3  et  un  maximum ­
  de  23  1/2  %.  Force  hydraulique,  environ  1.200
chevaux.
Vestiaires  pour  hommes,  vestiaires  pour  femmes  à
1  entrée  de  chaque  salle.  Nombreux  lavabos.  Humidification ­
  et  ventilation  très  complètes,  partant  du  sous-sol,
        <pb n="254" />
        250

l’industrie  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

montant  aux  étages  par  des  canaux  réservés  dans  les
murs,  d’un  côté,  et  redescendant  par  des  canaux  réservés
du  côté  opposé.
En  1905,  la  durée  du  travail  journalier  était  encore  de
11  heures;  -elle  n’est  plus  que  de  10  heures  depuis  le
1 er  janvier  1906  et  cette  réduction  a  été  consentie  volontairement, ­
  concurremment  avec  un  rehaussement  des
salaires  proportionnel.
Salaire  d’un  journalier  à  la  côur  aux  batteurs,  cardes,
2  marks  20  à  2  marks  50  par  jour  (2  fr.  75  à  3  fr.  12).  Deux
selfaclings  conduits  par  un  üleur  gagnant  annuellement
de  950  à  1.100  marks  (1.187  à  1.375  fr.);  un  rattacheur
gagne  de  800  à  875  marks  (1.000  à  1.092  fr.)  par  an  et  deux
bobineurs  arrivent  à  400  ou  450  marks.  Au  tissage,  on
donne  3  à  4  métiers  en  largeurs  et  articles  courants,  à  un
ouvrier  gagnant  de  3  marks  à  3  marks  50  (3  fr.  75  à  4  fr.  37)
par  jour.  Le  tissage  Northrop  compte  provisoirement
170  métiers  en  largeurs  de  90  à  160  cm  sur  tissus.  Un
ouvrier  en  soigne  de  huit  à  douze  et  gagne  de  4  marks  à
4  marks  25  (5  fr.  à  5  fr.  31)  par  jour.  L’installation  de  ce
tissage  avait  été  vu  de  fort  mauvais  œil  par  les  ouvriers
tisseurs  de  la  région,  sinon  par  ceux  de  l’établissement
et  des  lettres  de  menaces  avaient  été  adressées  à  la  Direction ­
  disant  que  l'on  ne  permettrait  pas  sa  mise  en
train.  Néanmoins,  ce  tissage  fonctionne  et  chacun  parait
satislait.
Prix  de  transport  du  coton  par  wagon  depuis  Brême,
246  marks  (307  fr.)  (environ  700  km.).  Prix  du  charbon
rendu,  de  220  à  250  marks  (275  à  312  francs)  par  wagon.
Au  tissage  ordinaire,  les  apprentis  sont  tenus,  sur
contrat,  à  deux  ans  d’apprentissage.  Après  six  semaines
passées  avec  un  tisserand,  on  leur  donne  un  métier  et
ils  gagnent  ce  que  ce  métier  gagne  au  tarif  général  sous
la  surveillance  du  tisserand  qui  reçoit  un  certain  pour
        <pb n="255" />
        ÉTABLISSEMENTS

251

cent  de  la  production.  Puis,  on  leur  donne  deux  métiers
dans  les  mêmes  conditions.  L  apprenti  verse  1  mark
(1  fr.  25)  par  semaine  à  une  caisse  spéciale  et  cette  somme
versée  tient  lieu  de  garantie  pour  le  temps  d'apprentissage.
Au  bout  des  deux  années,la  somme  produite  lui  est  versée
ou  mise  à  la  caisse  d’épargne,  s’il  est  resté  en  place;  s’il
quitte  dans  l’intervalle,  on  est  en  droit  de  la  retenir  au
profit  de  la  caisse  des  malades.
Les  heures  supplémentaires  se  paient  à  raison  de  huit
heures  comme  onze  heures,  en  semaine.
La  caisse  des  malades  reçoit  toutes  les  amendes  sans
■exception.  Elle  a  reçu  en  1904  la  somme  de  6.160  marks
(7.700  Ir.)  dont  1.040  marks  (1.275  fr.)  d’amendes  de  police
«t  5.120  marks  (6.400  fr.)  d’amendes  de  malfaçon.  L  alimentation ­
  de  la  caisse  de  malades  est  assurée  actuellement
par  un  prélèvement  de4  %  du  chiffre  des  salaires.  Jusqu’à
lout  récemment,  il  n’était  que  de  3  %  ;  mais  chaque  année
laissait  un  déficit  qui  atteignait  jusqu’à  10.000  marks
{12.500  fr.),  de  sorte  que,  et  ainsi  que  la  loi  l’autorise,  la
cotisation  fut  élevée  à  4  %.  D’après  la  loi,  1  ouvrier  doit
supporter  les  2/3  et  la  fabrique  1/3  de  cette  cotisation.
Mais  ici.  volontairement,  la  fabrique  prend  les  2|3  à  sa
charge,  n’en  laissant  que  1/3  à  la  charge  de  l’ouvrier.  Le
budget  de  celte  caisse  de  malades  se  chiffre  annuellement ­
  par  70  à  75.000  marks  (87.500  à  93.700  fr.)  Les
dépenses  principales  consistent  en  10.000  marks(12.500fr.  )
pour  honoraires  de  médecins,  10.800  marks  (13.500  fr  )
pour  médicaments,  28.600  marks  (35.700  fr.)  pour  indemnités ­
  de  journées  de  maladie,  7.600  marks  (9.500fr  )  pour
indemnité  aux  femmes  en  couches,  et  12.000  marks
(15.000  fr.)  pour  frais  d’hôpital,  convalescence,  etc  Le
chiffre  des  dépenses  de  la  caisse  est  notablement  augmenté ­
  par  le  fait  que  les  membres  des  familles  des  ouvriers ­
  (femme,enfants  et  le  cas  échéant  les  père  ou  mère),
        <pb n="256" />
        252

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

reçoivent  en  cas  de  maladie,  les  soins  gratuits  du  médecin
de  la  fabrique,  et  que  la  moitié  des  frais  de  pharmacie
leur  est  remboursée.  La  caisse  est  gérée  par  un  comité
composé  pour  les  2/3,  de  membres  (dont  le  président),
nommés  par  l’administration  de  la  fabrique,  et  lq3  de
membres  nommés  parles  ouvriers.  Ce  comité  a  également
pour  mission  de  régler  les  différends  entre  ouvriers  et  patrons ­
  ;  il  est  fort  rare  que  sa  décision  ne  soit  pas  acceptée
par  le  plaignant  et  que  l’affaire  aille  en  justice.
Le  règlement  de  la  tabrique  est  contenu  dans  un  petit ­
  livret  remis  à  l’ouvrier  dès  que  son  engagement  est
définitif,  c’est-à-dire  lorsque  au  cours  de  la  quinzaine
d’essai,  le  médecin  l’a  reconnu  apte  au  travail  et  a  constaté ­
  les  vices  de  conformation  ou  infirmités  dont  il  peut
être  atteint.  Le  petit  livret  contient,  outre  le  règlement,
des  instructions:  I o  Sur  les  précautions  à  observer,  notamment ­
  lors  de  l'allumage,  dans  les  locaux  éclairés  au
gaz  ;  2°  Dans  les  locaux  où  se  trouve  l’éclairage  électrique, ­
  des  conducteurs  pour  report  de  force  ou  des  moteurs ­
  ;  3°  Sur  la  conduite  à  tenir  au  cas  où  un  incendie
viendrait  à  éclater.  Enfin,  un  extrait  des  prescriptions
de  l’assurance  corporative  contre  les  accidents,  indiquant ­
  les  précautions  à  observer  dans  le  maniement
des  diverses  machines  en  usage  dans  l’établissement.
Chacune  des  trois  divisions  de  la  fabrique  possède  sa
cantine  avec  belle  salle  à  manger  bien  et  proprement
installée.  On  y  sert  des  portions  de  soupe  pour  10  pfennigs
(121/2  cent.);  des  portions  de  soupe  avec  viande  et  légumes
a  30  pfennigs  (37  1/2  cent.);  deux  fois  par  semaine,  cette
viande  est  du  rôti;  le  matin,  les  ouvriers  peuvent  avoir
du  calé  au  lait,a  raison  de?  pfennigs  (8  3/4  cent.)  le  demi*
litre  sans  pain.  On  y  vend  de  la  bière  pour  boire  avec  les
repas,  et  a  quatre  heures  ceux  qui  le  désirent  peuvent
avoir  de  la  bière  fournie  par  la  cantine.  Les  eaux  de-vie
        <pb n="257" />
        ÉTABLISSEMENTS

253

ou  alcools,  liqueurs,  sous  quelque  forme  que  ce  soit,
sont  absolument  interdits,  non  seulement  et  bien  entendu,
dans  la  fabrique,  mais  dans  les  cantines.  Le  prix  de  la
bière  est  fixé  à  20  pfennigs  (25  cent.)  le  litre  et  laisse  un
bénéfice  de  4  pfennigs  (5  cent.);  2  pfennigs  (2  1/2  cent.)
constituent  le  bénéfice  du  can  tinier  et  les  deux  autres
pfennigs  sont  versés  aux  fonds  de  pensions  des  ouvriers.
Les  deux  pfennigs  par  litre  ont  produit  en  1904  la  somme
rondelette  de  10.884  marks  (13.600  fr.)  au  profit  de  ce
fonds  de  pension.
Le  fonds  de  pension  n’a  rien  à  voir  avec  la  pension  de
1  assurance  gouvernementale.  Il  est  spécial  à  la  fabrique
par  laquelle  il  a  été  institué,  et  les  pensions  ainsi  servies
aux  ouvriers  âgés  ou  infirmes  viennent  s’ajouter  à  celle
payée  par  l’assurance  gouvernementale.  Bien  entendu,
la  fabrique  coopère  néanmoins  à  l’assurance  gouvernementale ­
  et  paye  à  la  caisse  de  celle-ci  la  cotisation  prévue ­
  par  la  loi.
Le  fonds  de  pension  qui  nous  occupe  a  été  constitué
par  des  dons  des  actionnaires.  Il  est  alimenté:  I o  par  un
intérêt  de4  1)2  %  servi  par  la  fabrique  à  son  capital;
2°  par  une  cotisation  annuelle  égale  à  1  %  des  salaires
consentie  à  perpétuité  par  les  actionnaires  sauf  deux  cas
spéciaux.  Enfin,  3°  par  un  prélèvement  de  10  %  sur  la
vente  de  la  bière  dans  les  cantines  de  fabrique,  ainsi
qu’il  a  été  dit.  Ce  tonds  possédait  au  l 0 r  janvier  1904  la
somme  de  646.000  marks  (807.000  fr.)  Ses  recettes  en  1905
°ut  été  de  18.410  marks  (23  000  fr.)  (1  %  des  salaires;
27.031  marks  (33.700  fr.)  pour  intérêts,  et  10.884  marks
provenant  de  la  vente  de  la  bière,  ensemble  56.326  marks
(70.380  fr.)  de  recettes.  Les  dépenses  ont  été  de  35  816
marks  (44.700  fr.)  distribués  en  pensions  à  101  personnes.
Son  avoir  au  31  décembre  1904  était  de  666.000  marks
(%2.000fr.).
        <pb n="258" />
        254

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

Tout  ouvrier  âgé  de  moins  de  40  ans  lors  de  son  entrée
à  la  fabrique  et  toute  ouvrière  de  réputation  honnête  et
âgée  de  moins  de  30  ans  à  son  entrée  à  la  fabrique
peuvent  demander  à  être  admis  aux  droits  à  la  pension,
dès  qu’ils  ont  travaillé  au  moins  cinq  années  sans  interruption ­
  et  si  leur  état  de  santé  est  suffisant.  Des  statuts
déposés  règlent  le  fonctionnement  de  cette  institution,  la
composition  du  comité  de  gérance,  etc.  Sauf  cas  spéciaux, ­
  il  n’est  pas  accordé  de  pension  avant  l  àge  de  cinquante ­
  ans.  Après  20  ans  de  service,  la  pension  est  égale
à  30  %  du  salaire  moyen.  Au-delà  de  20  années  jusqu’à
40  années  de  service,  la  pension  augmente  de  2  %  par
année,  de  sorte  qu’à  40  ans  de  service,  elle  est  de  70  %
du  salaire  moyen.  Entre  40  et  50  ans  de  service,  elle
augmente  de  3  %  par  an,  de  telle  sorte  qu’après  50
années  de  service,  le  sociétaire  touche  une  pension
égale  à  son  salaire  moyen.
Il  y  a  pas  mal  de  pensionnés  qui  touchent  outre  la
pension  du  gouvernement,  une  pension  de  600  à  650
marks  (750  à  812  fr.Jdela  fabrique;  certains  anciens  contremaîtres ­
  reçoivent  du  fonds  de  pension  de  la  fabrique
jusqu’à  1.200  marks  (1  500  fr.)  de  pension  annuelle.
Un  fonds  de  pension  analogue  existe  pour  les  employés; ­
  il  possédait  au  31  décembre  1904  une  somme  de
438.000  marks  (547.000  francs).
La  fabrique  possède  encore  un  fonds  de  secours  aux
ouvriers  nécessiteux  dont  le  capital  s’élevait  au  31  décembre ­
  1904  à  416.000  marks  (520.000  fr.)  Il  provient  de
dons  et  legs  des  administrateurs,  directeurs,  actionnaires.
Les  intérêts,  4  1/2  %  que  la  fabrique  sert  à  ce  capital,
permettent  de  soulager  bien  des  infortunes  et,  notamment, ­
  de  venir  en  aide  aux  ménages  chargés  d’enfants.
La  Caisse  d’épargne  est  très  suivie.  En  1903,  855  déposants ­
  ont  versé  59.122  marks  (73.800  fr.);  l’intérêt  servi
        <pb n="259" />
        ETABLISSEMENTS

255

aux  déposants  est  de  4  1/2  %,  dans  le  but  de  favoriser
l’épargne.
Des  logements  se  composant  de  trois  chambres  et  une
cuisine  sont  mis  à  la  disposition  des  ouvriers  pour  un
loyer  variant  de  81  à  124  marks  (101  à  155  fr.)  par  an.  Ils
sont  repeints  et  retapissés  tous  les  trois  ans;  ils  sont
tenus  dans  un  état  remarquable  d’ordre  et  de  propreté
Par  les  occupants.  Le  règlement  qui  régit  les  maisons
d’habitation  est  sévère  et  l'hygiène  s’en  applaudit  largement. ­

Les  ouvriers  qui  ont  travaillé  sans  interruption  un
certain  nombre  d’années  à  l’établissement,  reçoivent  à
Partir  de  la  5 e  année,  une  prime  annuelle  dont  l'importance ­
  croît  avec  le  nombre  d’années  de  présence.  Pour
1  année  1904,  il  a  été  payé  en  primes  d’ancienneté  à  1.354
ouvriers,  une  somme  de  41.115  marks  (51.300  fr.)
L’anecdote  suivante,  absolument  authentique,  montrera ­
  qu’en  Allemagne  comme  en  d’autres  pays,  la  pratique ­
  habituelle  de  la  bienfaisance  et  de  la  philanthropie,
exige  une  forte  dose  de  philosophie  et  d’amour  du  prochain. ­

L’un  des  directeurs  de  l’établissement  qui  nous  occupe,
technicien  très  distingué,  homme  très  aimable  et  excellent, ­
  mort  récemment,  et  qui  pendant  sa  longue  carrière
ay ait  largement  coopéré  à  la  fondation  et  à  l’entretien
des  institutions  décrites,  s’était  préoccupé  de  l’isolement
Pénible  de  vieux  ouvriers  restés  sans  famille  par  suite
du  mariage  ou  du  départ,  ou  du  décès  des  leurs.  Et  il
ay ait  fait  un  don  de  125.000  francs  pour  provoquer  la
fondation  d’un  asile  pension  (organisé  depuis  lors)  dans
foquel  ces  vétérans  seraient  soignés  et  entourés.
Leite  pensée  et  ce  don  généreux  ne  tardèrent  pas  à  être
récompensés  :
        <pb n="260" />
        I

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L  INDUSTRIE  COTONNIERE  EN  ALLEMAGNE
Le  journal  socialiste  de  la  région,  apprenant  celle  dotation ­
  et  ne  pouvant  la  passer  sous  silence,  l’annonça  à
ses  lecteurs  en.ajoutant  :  «  Il  n’est  pas  difficile  de  don-«
  ner  100.000  marks  pour  de  vieux  ouvriers,  quand  on
&amp;lt;(  les  a  volés  pendant  quarante  ans!  »
        <pb n="261" />
        Etablissement  n°  16
SITUÉ  TOUT  PRÈS  D’UNE  VILLE  DE  23.000  HABITANTS

Fondé  en  1880.  Réorganisé  dans  les  années  1896-1898.
Actuellement  53.000  broches  travaillant  presque  exclusivement ­
  des  cotons  d'Egypte.  Retordage  de  2.000  broches. ­
  Numéros  de  20  à  70  en  cardé  et  peigné;  moyenne
30  anglais.  Consommation  annuelle,  autour  de  6.000
halles.  Prix  de  transport  du  coton  depuis  Brême,  de
236  marks  par  wagon  (295  francs).
Capital  actions,  actuellement  800.000  marks  (1  million),
^tait  de  1  200.000  marks  (1.500.000  fr.  );  mais,  en  1899,
Pour  récupérer  les  pertes  subies  pendant  les  années  précédentes ­
  et  en  même  temps  amortir  le  matériel  d'une
Certaine  quantité,  il  fut  décidé  de  supprimer  une  action
sur  trois  ;  sur  les  400.000  marks  libérés,  305.000  marks
(381.000  fr.)  comblèrent  le  déficit  et  95.000  (118.700  fr.)
furent  inscrits  à  l’amortissement.
h  existe  un  emprunt  hypothécaire  de  320.000  marks
(400.000  fr.)  De  1890  à  1898  inclusivement  les  dividendes
eut  été  nuis.  De  1899  à  1905,  inclusivement,  soit  pendant
es  7  dernières  années,  ils  ont  été  en  moyenne  de  7  %,
Minimum,  de  5  %,  maximum,  de  10  %.
Fas  de  force  hydraulique.  Machine  à  vapeur  de  1.800
le vaux  marchant  à  12  atmosphères  et  triple  expansion.
^Urchauffe  à  240°  C,  au  cylindre.  Quatre  cylindres,  dont
eu x  à  basse  pression.  Consommation,  un  peu  moins  de
°  Filos  de  vapeur  par  heure  et  par  cheval.
        <pb n="262" />
        25S

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

Durée  du  travail  11  heures,  soit,  de  6  heures  à  midi  et
de  1  heure  à  6  heures,  sans  arrêt  des  moteurs  ;  les  journaliers ­
  ont  un  quart  d’heure  d’arrêt  à  8  heures  et  un
quart  d’heure  d’arrêt  à  4  heures.  Environ  400  ouvriers.
Un  journalier,  homme  de  cour,  etc.,  gagne  2  marks  à
2  marks  15  (2  fr.  50  à  2  fr.  68)  par  jour.  Une  soigneuse  de
bancs  à  broches,  de  2  marks  20  à  2  marks  30  (2  fr.  75  à
2  fr.  87).  Pour  soigner  500  broches  de  continus,  une  ouvrière ­
  reçoit  de  2  marks  à  2  marks  30  (2  fr.  50  à  2  fr.  87).
Un  fileur,  un  rattacheur  et  un  bob  incur  soignent  2.000
broches  en  bD  60  anglais  Jumel  peigné.  Le  fileur  gagne
4  marks  à  4  marks  50  (5  fr.  à  5  fr.  62)  par  jour  et  son  rattacheur ­
  de  55  à  60  %  du  salaire  du  fileur.
En  peigné  Jumel  N u  20  à  36  anglais,  1.500  à  1.600  broches ­
  sont  soignées  par  un  fileur,  un  grand  rattacheur,
un  petit  rattacheur  et  un  bohineur  ;  même  salaire  environ
pour  le  fileur
Les  heures  supplémentaires,  en  semaine  (ateliers  de
réparations,  graisseurs,  selliers,  etc.),  se  paient  150  %
des  heures  ordinaires.  Les  heures  de  dimanche,  200  %•
Cet  établissement  possède  une  Caisse  des  malades
disposant  d’un  capital  de  réserve  de  25.000  marks
(31.250  fr.),  dont  les  intérêts  aident  puissamment  ( ce
capital  étant  indépendant  de  la  réserve  prescrite  par  I a
loi)  à  améliorer  le  fonctionnement  de  la  Caisse  et  pei'
mettent  de  donner  aux  malades  et  aux  convalescents  des
secours  supplémentaires  sous  tonne  de  bons  de  lait,  bons
pour  des  repas,  bons  de  vin,  etc.,  sur  avis  du  docteur.
Les  membres  non  travaillants  des  familles  des  Soci e '
taires  reçoivent  gratuitement  les  soins  du  médecin,  nu llS
pas  la  pharmacie.  La  fabrique  paie  1/3  de  la  cotisation
légale;  les  ouvriers  2/3,  conformément  à  la  loi.  Néanmoins, ­
  le  Comité  de  gérance  de  la  Caisse  des  malades  s e
compose  ici  exclusivement  de  membres  ouvriers  ;  la  d l "
        <pb n="263" />
        ETABLISSEMENTS

259

lection  de  la  fabrique  se  contente  de  donner  des  conseils, ­
  le  cas  échéant,  lorsqu’on  lui  en  demande.
Les  douches  et  les  bains  installés  à  l’établissement
pour  les  ouvriers  et  mis  gratuitement  à  leur  disposition,
sont  très  utilisés,  les  douches  surtout.
Le  Comité  de  la  Caisse  des  malades  ne  s’occupe  pas  du
règlement  des  difficultés  avec  les  ouvriers.  Elles  sont
réglées  par  le  Conseil  des  Prudhommes.  Dans  l’espèce,
c e  Conseil  se  compose  du  maire  et  de  deux  conseillers;
1  un  bourgeois,  l’autre  ouvrier  ;  il  liquide  régulièrement
en  faveur  de  l’ouvrier.
Des  logements  —  type  de  maison  à  4  logements  (ayant
chacun  son  entrée  séparée,  détail  toujours  excessivement
apprécié  des  locataires),  —  sont  mis  à  la  disposition  des
ouvriers  au  prix  de  130  h  162  francs  par  an.  Ils  se  composent ­
  de  trois  chambres,  cuisine,  cave,  grenier  et  jardin.
Les  logements  sont  tenus  avec  ordre  et  propreté,  et  les
jardins  très  bien  entretenus,  donnent  à  cette  colonie  un
ail'  très  coquet.
L’établissement  n’a  pas  de  bibliothèque  ;  mais  il  est
abonné  à  des  publications  populaires  telles  qu’il  en  existe
au  grand  nombre  en  Allemagne,  et  qui  prises  par  abonnements ­
  nombreux,  reviennent  à  5  pfennigs  (6  1/4  cent.)
ie  numéro;  c’est  à  ce  prix  qu’on  les  vend  aux  ouvriers  qui
Bulent  s’abonner,  l’établissement  prenant  à  sa  charge
correspondances  et  frais  divers.  On  ne  les  donne  pas
gratuitement,  non  pas  à  cause  de  la  dépense  qui  en  résulterait, ­
  mais  parce  que  l’expérience  a  prouvé  que  lorsqu’on
ies  fournit  gratuitement,  ceux  qui  les  reçoivent  ne  se
donnent  pas  la  peine  de  les  lire  et  s’en  servent  comme
de  vieux  papier.  Cela  ne  coûte  rien,  c’est  donc  sans
Valeur  !
Il  n’existe  pas,  dans  celte  fabrique,  de  fonds  de  pen-Sl
 °ns  de  retraite.  Mais,  ainsi  que  c’est  le  cas  en  Aile-
        <pb n="264" />
        2G0

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

magne  dans  beaucoup  d’établissements  qui,  pour  une
raison  quelconque,  n’ont  pu  constituer  ce  fonds,  on
donne  aux  ouvriers  âgés  ou  invalides,  ayant  travaillé  à
l’établissement  un  certain  nombre  d’années  sans  interruption, ­
  une  pension  dont  le  montant  est  égal  à  celui
de  la  pension  servie  par  l’Assurance  gouvernementale.
Si  le  nombre  fixé  d’années  de  service  à  la  fabrique  n’est
pas  atteint  au  moment  où  commence  l’incapacité  de
travail  définitive,  le  chiffre  de  la  pension  est  diminué
proportionnellement.  Il  arrive  aussi  que  l’ouvrier  peut
et  veut  encore  travailler,  alors  même  qu’il  a  atteint  l’âge
d’être  pensionné.  Sa  pension  lui  est  alors  servie  néanmoins ­
  par  la  fabrique  et  elle  vient  s’ajouter  à  son  salaire.
Les  fabriques  qui  procèdent  ainsi  passent  le  chiffre  de
pensions  payé  annuellement  au  compte  de  frais  généraux. ­

Ici,  les  ouvriers  s’approvisionnent  au  magasin  d’une
Société  coopérative  ouvrière  existant  en  ville.  Ils  versent
comme  garantie  une  entrée  de  30  marks  (37  fr.  50);  cependant ­
  toutes  les  fournitures  prises  sont  payées  comptant.
A  la  lin  de  l’année,  les  bénéfices  sont  répartis  entre  les  sociétaires ­
  au  prorata  de  leur  consommation;  le  dividende
annuel  reçu  par  un  ménage  ouvrier  moyen,  se  monte
environ  à  70  ou  80  marks  (87  à  100  francs).
Les  ouvriers  ne  boivent  pas  d’eau-de-vie,  ni  de
liqueurs.  Leur  boisson  est  la  bière,  et  1  ivrognerie
n’existe  pas.
        <pb n="265" />
        Etablissement  n°  17

SITUÉ  DANS  LUS  FAUBOURGS  D  UNE  GRANDE  VILLE.
93.000  HABITANTS

Fondé  en  1865.  Société  par  actions  depuis  1880.  Compiend
  19.000  broches  de  filature  et  ]  .000  métiers  à  tisser,
ainsi  que  teinture  et  apprêts.  1.300  ouvriers.  Consomma-Lon,
  environ  6.000  balles.  Production  annuelle  environ
180.000  pièces.  Capital-actions  2.200.000  marks
(2  750.000  fr.)  —  Les  hypothèques,  qui  atteignaient
1-200.000  marks  (1.500.000  fr.),  sont  réduites  en  1905  à
840.000  marks  (1.050.000  fr.)
Depuis  huit  années,  cette  société  n’a  donné  qu’une
s eule  fois  un  dividende,  en  ]900,  4  %.  Toutefois,  les
amortissements  ayant  été  régulièrement  effectués,  le
montant  des  pertes  qui  restait  à  couvrir  à  l’inventaire
de  1905,  n’était  plus  que  de  48.000  marks  (60.000  fr.)  Cette
affaire  se  soutient  donc,  mais  sans  donner  de  résultats
Positifs;  ce  qui  est  dû  essentiellement  à  un  matériel  un
Peu  ancien  et  dont  le  renouvellement  se  fait  trop  lentement. ­
  —  Cet  établissement  ne  produit  que  des  articles
c °uleur,  tels  que  flanelles,  literie,  coutils  pour  vêtements, ­
  etc.  Force  hydraulique  environ  650  chevaux.  Prix
transport  du  coton  depuis  Brême,  246  marks  par  vva-(307
  francs).
Les  tisseurs  ne  travaillent  que  sur  deux  métiers  ;  les
^ s ais  sur  trois  métiers  ont  démontré  que  ce  système
e tait  désavantageux,  à  cause  des  fautes  trop  nombreuses
        <pb n="266" />
        262

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

dans  le  tissu.  Le  salaire  des  tisseurs  varie  de  30  à  40  mk.
(37  ir.  50  à  50  fr.)  par  quinzaine,  en  moyenne  36  marks
(45  francs),  soit  3  marks  (3  fr.  75)  par  jour.  La  durée  du
travail  est  de  11  heures,  mais  elle  ne  tardera  pas,  sans
doute,  à  être  réduite  à  dix  heures.
Les  cotisations  pour  la  caisse  des  malades  sont  payées
selon  la  loi,  c’est-à-dire  1/3  par  la  fabrique  et  2/3  par
l'ouvrier.  Mais  la  fabrique  prend  à  sa  charge  les  soins
médicaux  pour  les  membres  non-travaillants  des  familles
(femmes,  enfants  et  ascendants  incapables  de  travail)
sauf  toutefois  les  frais  de  pharmacie  qui  restent  entièrement ­
  à  la  charge  des  familles.
La  caisse  d’épargne,  à  laquelle  la  fabrique  bonifie  un
intérêt  de  5  %,  est  très  suivie;  les  dépôts  atteignaient
fin  1905,  la  somme  de  238.000  marks  (297.000  francs).
Le  fonds  de  pension  pour  les  ouvriers  possède
62.000  marks  (75.000  fr.)  et  permet  de  donner  aux  ouvriers
qui  ont  au  moins  25  ans  de  présence  à  l’établissement,
une  pension  égale  à  celle  qui  leur  est  servie,  le  cas  échéant,
par  l’assurance  gouvernementale.
Ici  non  plus,  l'ivrognerie  n’existe  pas,  et  les  ouvriers
ne  boivent  pas  d’eau-de-vie.
        <pb n="267" />
        Etablissement  n°  18

WURTEMBERG

Ecole  technique  pour  l’industrie  textile,  à  Reutlingen.
La  plus  complète  et  la  mieux  organisée,  parmi  les  24
principales  écoles  textiles  existant  actuellement  en  Allemagne ­
  (Alsace  non  comprise',  à  beaucoup  près.  Fondée
en  1855,  sous  forme  d’Ecole  supérieure  de  tissage,  cette
école  s’est  constamment  développée,  aidée  par  l’Etat,  par
la  ville  de  Reutlingen  et  par  les  industriels  de  la  région
(Union  des  Industriels  cotonniers  du  Sud  de  l’Allemagne).
Lomplètement  remaniée,  complétée,  on  peut  dire,  rebâtie ­
  en  1891,  époque  à  laquelle  l’école  de  filature  fut
ajoutée  à  l’ancienne  école  de  tissage,  elle  fut  agrandie
et  complétée  à  nouveau  en  1896,  puis  encore  en  1898,  et
e nfin  en  1903.  Les  ateliers  en  rez-de-chaussée  commencés
av ec  8  pignons  en  1891,  en  comptent  20  aujourd’hui,  et
Occupent  une  surface  de  4.000  mq.  Elle  représente  actuellement ­
  une  dépense  de  900.000  marks  (1.125.000fr.)  envir
 °n.  Les  industriels  de  la  région  ont  donné  35.000  marks
(43.750  fr.);  la  plupart  des  machines  et  appareils  ont  été
donnés  par  les  constructeurs,  ou  bien  facturés  à  un  prix
très  bas.  L’Etat  a  fait  le  reste.
Reutlingen  est  une  ville  fort  tranquille  de  23.000  habitats, ­
  dans  une  région  très  saine,  au  pied  de  la  Forêt  -
^oire.  L’industrie  textile  y  est  très  développée,  ainsi  que
dans  les  vallées  environnantes.
L’école  compte  couramment  de  140  à  150  élèves.  Elle
        <pb n="268" />
        264

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

comprend  quatre  divisions  principales  :  filature,  tissage,
tricotage,  dessin  d’échantillon  et  lisage.  Un  cours  de
chimie  industrielle  textile,  théorique  et  pratique  —  qui  a
sa  grande  valeur,  —  est  annexé  aux  divisions  ci  dessus,
et  s’occupe  de  l’analyse  pratique  de  toutes  les  matières
en  usage  dans  l’industrie  de  la  filature  et  du  tissage.
Dix-sept  salles  d’un  grand  bâtiment  à  étages  contiennent ­
  :  les  salles  de  cours,  salles  d’étude,  bibliothèques,
collections  très  complètes,  salles  de  microscopie  pour
l’étude  des  filaments,  salle  des  appareils  de  mesure,  depuis ­
  les  romaines  pour  les  filés  les  plus  fins,  jusqu’aux
dynamomètres  pour  mesurer  la  résistance  des  courroies,
salles  de  dessin,  etc.  Toutes  ces  salles  très  claires  et  spécialement ­
  bien  ventilées.
Deux  mille  broches  de  filature  de  coton  sont  en
marche  constante  pour  cardé  et  peigné.  Un  atelier  d’ajustage ­
  y  est  annexé.  Au  tissage,  une  préparation  très
complète  :  35  métiers  à  bras  et  50  métiers  mécaniques  de
toutes  espèces.  Les  élèves  tissent  eux  mêmes  des  nappes,
serviettes,  couvertures,  tapis,  etc.,  dont  ils  paient  la  matière ­
  s’ils  veulent  les  acquérir.
Les  générateurs  et  la  machine  à  vapeur  de  100  chevaux
sont  organisés  pour  faire  des  essais  de  vaporisation,  relever ­
  des  diagrammes,  etc.
Une  dynamo  pour  éclairage  et  report  de  force,  une
installation  d  accumulateurs  forment  un  ensemble  très
complet  avec  un  tableau  de  distribution  largement  meublé. ­

Au  total,  58  machines  de  filature,  et  105  machines
pour  tissage,  non  compris  48  machines  concernant  I e
tricotage,  non  compris  aussi  les  machines  —  nombreuses
—  pour  teinture  et  apprêts.
Les  cours  spéciaux,  très  suivis,  sont  faits  pour  les  ouvriers ­
  qui,  ayant  une  pratique  minimum  de  trois  ans
        <pb n="269" />
        ÉTABLISSEMENTS

265

dans  un  établissement  industriel,  désirent  compléter
leur  instruction  technique  et  devenir  contremaîtres.  Ils
ont  lieu  dans  les  divisions  de  filature,  lissage  et  tricotage
à  prix  très  réduits.  On  n’admet  à  ces  cours  de  contremaîtres, ­
  que  des  ouvriers  de  nationalité  allemande.
Il  existe  également  des  cours  fréquentés  pardes  jeunes
gens  qui  se  sont  voués  au  commerce  et  qui  viennent
étudier  les  diverses  matières  textiles,  matières  premières,
filés,  tissus  en  laine,  coton,  soie,  lin,  etc.  leurs  qualités,
leurs  mélanges,  etc.
Le  personnel  enseignant  se  compose  de  neuf  professeurs, ­
  trois  contremaîtres  et  deux  aides  contremaîtres,
Il  est  bon  d’insister  sur  ce  point,  que  la  filature  et  le
lissage  marchent  constamment  et  industriellement,  les
élèves  travaillant  aux  machines,  en  dehors  des  heures
des  cours.
Il  est  à  remarquer  aussi  que  le  prix  des  cours  est,  pour
les  élèves  étrangers,  le  double  du  prix  payé  par  ceux  de
nationalité  allemande.
La  durée  des  cours  est  de  une  année  pour  la  filature,
une  année  pour  le  lissage,  une  année  pour  le  tricotage
ut  deux  années  pour  le  dessin  d’échantillons  et  lisage.
Tous  les  élèves  sont  externes.

A  propos  (ïEcoles  spéciales
On  ne  laisse  pas  toujours  volontiers  pénétrer  les  étran-§
 ei 's  dans  les  écoles  spéciales  allemandes;  le  double  lar
 d  que  paient  les  élèves  des  autres  pays  (mesure  très
pratique  et  compréhensible  et  qui  mériterait  certes  d’être
imitée)  tend  déjà  à  le  prouver.  Récemment,  d’autre  part,
*  ambassade  d’un  Etat  allemand  voisin,  ayant  demandé
P°ur  un  professeur  de  son  pays  qui  se  proposait  de  vi-
        <pb n="270" />
        266

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

siler  les  écoles  techniques  de  l’Allemagne,  l’autorisation
de  se  présenter  aussi  dans  2écoles  textiles  spéciales,  le  ministre, ­
  allemand  prit  l’avis  des  Chambres  de  commerce
avoisinant  ces2  écoles.  Leur  avis  fut  nettement  contraire
et  motivé  par  la  concurrence  ellective  faite  par  ce  pays,  en
Orient  notamment,  aux  articles  indigènes,  concurrence
qui  ne  serait  certainement  pas  diminuée  par  le  fait  de
risquer  de  dévoiler  au  visiteur  en  question,  certains
procédés  en  usage  dans  les  fabriques  allemandes  et  enseignés ­
  dans  ces  écoles.
Il  y  a  quelque  temps,  le  Conseil  municipal  de  la  ville  de
Chemnitz  votait  la  somme  de  230.000  marks  (287.500  fr.)
pour  aider  à  la  construction  d’une  nouvelle  école  supérieure ­
  de  lissage  dans  cette  ville  et  destinée  à  remplacer
l’ancienne  école  qui  fonctionne  depuis  près  de  50  ans.
Un  article  paru  il  y  a  quelque  temps  dans  un  journal
allemand  textile  très  répandu,  disait  :  «  Bien  que  l’indus-«
  trie  textile  française  soit  développée  à  un  haut  degré,
«  et  que  la  France  soit  précisément  le  pays  qui  fonda
«  les  premières  écoles  techniques  pour  l’industrie  textile,
«  il  est  certain  que  ses  écoles  supérieures  textiles  sont
«  actuellement  restées  en  arrière  sur  celles  d’autres  pays,
((  tels  que  l’Allemagne,  l’Angleterre,  la  Belgique  et  l’An-«
  triche.  Jusqu’ici,  la  France  ne  possède  pas,  à  notre
«  connaissance,  d’Ecoles  aussi  largement  installées,  ni
«  aussi  complètes  que  celles  des  Etats  en  question  ;
«  dans  nos  visites  dans  les  écoles  textiles  françaises,
«  nous  n’avions  jamais  rencontré  la  pratique  de  la  fil a '
«  ture  et  des  apprêts.  On  vient  d’ouvrir  à  Epi  nal,  non
«  loin  de  la  frontière  alsacienne,  une  école  de  tissage
«  avec  école  de  filature  projetée  depuis  1871.  »
Voilà  comment  on  écrit  l’histoire.
        <pb n="271" />
        Etablissement  n°  19

SAXE
GRAND  PEIGNAGE  DE  LAINES

Cet  établissement  travaille  nuit  et  jour,  sans  interruption, ­
  et  l’expérience  l’a  amené  à  n’utiliser  pour  le  travail
de  nuit,  exclusivement,  que  des  jeunes  gens  de  16  ans
révolus  à  19  ans  révolus.  Mais,  le  travail  de  nuit  exigeant
400  ouvriers,  il  était  fort  diliicile  de  trouver  dans  la
région  un  nombre  pareil  de  jeunes  gens  de  cet  âge  acceptant ­
  de  faire  continuellement  le  service  de  nuit  pendant
trois  années.
Celte  période  de  16  ans  à  19  ans  est  comprise  entre
i  âge  où  un  jeune  homme  peut  travailler,  légalement,  la
nuit  (c’est-à  dire  de  8  heures  1/2  du  soir  à  5  heures  1/2
du  matin),  et  celui  où  le  service  mililairepeut  le  réclamer.
L  administration  de  la  fabrique  fit  l'essai  de  faire  venir
des  jeunes  gens  de  contrées  plutôt  agricoles  et  peu  fortunées. ­
  Elle  en  lit  venir  de  Galicie,  de  la  Ilaute-Silésie,
de  la  Pologne  autrichienne  et  même  de  la  Pologne  russe.
t4ans  l’origine,  ces  jeunes  gens  étaient  logés  dans  les
Quartiers  environnant  l’usine.  11  arriva  ce  qui  arrive  la
Plupart  du  temps  avec  les  jeunes  gens  occupés  à  un  trav
 ail  de  nuit  et  non  surveillés.  Le  jour,  ils  ne  dormaient
Que  peu  ou  pas  du  tout,  dépensaient  leur  salaire  à  tort
e t  à  travers,  travaillaient  mal  au  bout  d’un  certain
temps  et  causaient  des  ennuis.  Toutefois,  il  était  visible
        <pb n="272" />
        268

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

qu’en  principe,  le  système  était  bon,  et  qu’il  suffirait  de
s’occuper  d’eux  en  dehors  des  heures  de  travail  pour
que  tout  le  monde  soit  satisfait.
La  fabrique  risqua  la  chose;  elle  construisit  un  bâtiment ­
  pouvant  loger  confortablement  cent  jeunes  gens.
L’essai  réussit.  Ceux  qui  n’étaient  pas  logés  ainsi,
voyant  que  leurs  camarades  se  portaient  bien,  économisaient, ­
  étaient  bien  nourris,  bien  logés  et  bien  traités,
demandèrent  à  être  traités  de  même
L’installation  fut  agrandie,  et  aujourd’hui,  elle  loge
quatre  cents  pensionnaires,  en  majeure  partie  provenant ­
  des  pays  polonais,  c’est-à-dire  d’une  distance
moyenne  de  650  kilomètres.
Ils  gagnent  2  marks  50(3  fr.  12)  par  jour,  ou  plutôt  par
nuit.
On  leur  fait  signer  un  contrat  de  une  année,  renouvelable. ­
  A  leur  arrivée,  ils  sont  très  habituellement  dans
l’état  de  propreté  peu  avancé  qui  caractérise  les  populations ­
  des  pays  dont  ils  proviennent.  Aussi,  avant  toute
chose,  on  les  baigne  et  les  nettoie  consciencieusement,  et
on  les  équipe  gratuitement  d’effets  nouveaux.  Les  habits
apportés  sont  désinfectés,  lavés,  si  c’est  possible;  sinon,
on  les  met  au  feu.
On  les  loge  par  quatre  dans  des  chambres  ayant  environ ­
  5  mètres  de  long,  4  mètres  de  large  et  3  mètres  50  de
haut,  soit  environ  17  mètres  cubes  par  habitant.  Les
fenêtres  sont  organisées  pour  une  ventilation  permanente. ­
  Les  lits  en  fer  de  construction  simple,  pratique  et
solide,  sont  à  un  étage.  Chaque  occupant  a  son  armoire,
tenue  propre  et  en  ordre  ;  chaque  chambre  a  un  lavabo
avec  deux  cuvettes  en  métal  émaillé,  avec  robinet  d’eau
sur  chaque  cuvette.
Une  grande  chapelle  occupe  le  centre  du  bâtiment  et
on  y  accède  par  le  premier  étage  ;  elle  est  très  fréquentée
        <pb n="273" />
        ÉTABLISSEMENTS

260

par  ces  jeunes  gens.  Mais  le  clergé  delà  ville  met  peu
d'empressement  à  y  venir;  sauf  occasions  spéciales,  on
ne  l’y  voit  guère  que  trois  ou  quatre  fois  par  au,  aux
fêtes  principales.
Au  rez-de-chaussée  se  trouvent  la  cuisine,  le  réfectoire,
les  salles  d’étude,  les  chambres  de  bains,  de  lessive,
séchoirs  à  vapeur,  étuve  de  désinfection,  et  enfin,  un
générateur  à  vapeur  servant  aux  chauffage,  lavage,  etc.
Les  dortoirs  sont  aux  étages  et  débouchent  dans  un
large  corridor  central  ;  le  bâtiment  entier  est  exclusivement ­
  fer  et  brique.  Le  terrain  attenant  est  assez  vaste  et
permet  aux  jeunes  gens  de  ce  promener,  de  s’ébattre;  un
portique  pourvu  d’engins  de  gymnastique  est  à  la  dis
position  des  amateurs.  Toute  la  maison  est  régie  par  un
surveillant,  homme  sévère,  mais  juste;  bien  qu’il  passe
pour  avoir  la  main  leste,  à  foccasion,  il  a  du  discernement; ­
  ses  pensionnaires  l’adorent  et  il  est  obéi  militairement. ­
  Deux  aides  surveillants  et  quatre  femmes  qui
lavent,  repassent  et  réparent  le  linge  et  les  vêtements,
complètent  le  personnel  de  ce  vaste  pensionnat.
Dans  chaque  chambre,  à  tour  de  rôle,  1  un  des  quatre
occupants  est  de  semaine  et  est  responsable  de  l’ordre
et  de  la  propreté  de  la  chambre.  Son  nom  est  affiché  sur
La  porte.
Sauf  exception,  ces  jeunes  gens  ne  sortent  que  le
dimanche;  ils  doivent  être  rentrés  à  9  heures,  et  comme
leur  maison  est  sur  le  territoire  de  la  fabrique,  et  n’a
d’autre  entrée  que  la  porte  de  l’usine,  la  rentrée  se  fait
sous  le  contrôle  du  garde  de  nuit  chef.
Le  travail  commence  pour  eux  le  lundi  soir,  après  le
repas  quotidien  de  5  heures  1/2,  consistant  en  café  au  lait
avec  pain.  A  minuit  repos  d’une  heure  ;  ils  s'en  vont  au
réfectoire  de  l’usine  (grandement  installé,  avec  cuisines)
et  on  leur  sert  une  soupe  consistante,  lentilles,  pommes
        <pb n="274" />
        270

L'INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

de  terre,  légumes,  avec  saucisses  ou  viande,  et  du  pain.
Chaque  table  de  9  convives  reçoit  une  soupière  en  métal
émaillé  contenant  10  litres  de  soupe.  Ceux  qui  désirent
quelque  chose  en  plus  doivent  le  payer,  selon  un  tarif
extrêmement  réduit.  Tout  alcool  est  sévèrement  interdit.
Le  matin,  en  rentrant,  il  leur  est  servi  du  café  au  lait
avec  pain.  Puis,  ils  sont  libres  jusqu’à8  heures  1/2.  Entre
7  heures  et  8  heures,  les  salles  d’école  sont  ouvertes  à
ceux  qui  veulent  profiter  de  celte  heure  pour  s’instruire;
on  leur  apprend  à  lire,  à  écrire  et  à  calculer.  Mais  à
8  heures  1/2  il  faut  que  tout  ce  monde  soit  au  lit  et  ne
bouge  pas  des  chambres  avant  4  heures  de  l’après  midi  ;
soit  un  repos  de  7  heures  1/2,  minimum.
Ainsi  qu’il  a  été  dit,  ils  gagnent  par  jour  2  marks  50
(3  fr.  12),  Pour  leur  nourriture  et  logement,  blanchissage, ­
  on  leur  retient  2  marks  50  par  semaine.  Toutefois,
le  repas  du  dimanche  à  midi  n’est  pas  compris  dans  ce
prix  et  reste  à  leur  charge;  il  en  est  peu,  d’ailleurs,  qui
restent  à  la  maison  le  dimanche  et  cette  disposition  est
pratique.
Lorsqu’ils  ont  passé  une  première  année,  se  conduisant ­
  bien,  la  deuxième  année,  on  leur  fait  remise  de
1/2  mark  par  semaine,  et  ils  ne  paient  plus  que  2  marks
(2  fr.  50)  pour  leur  entretien.  Leur  salaire  est  de  15  marks
(18  fr.  75)  par  semaine;  l’entretien  total  leur  coûte  2
marks  50  auxquels  il  faut  ajouter  les  dépenses  du  dimanche ­
  et  les  extras  qu’ils  s’accordent  en  semaine  Ils
font  donc  de  notables  économies,  et  tout  en  vivant  avec
un  confortable  dont  ils  n’avaient  aucune  idée  dans  leur
village,  ils  envoient  de  l’argent  à  leurs  familles,  et  retirent ­
  de  la  Caisse  d’épargne,  au  moment  de  quitter  l’usine, ­
  pour  faire  leur  service  militaire,  une  somme  généralement ­
  assez  rondelette.  Aussi,  les  partants  sont-ils
remplacés  avec  facilité.
        <pb n="275" />
        ÉTABLISSEMENTS

271

Cet  établissement  possède  pour  les  ouvriers  de  jour  et
de  nuit  une  installation  de  bains  assez  considérable  ;  ces
bains  sont  pris  pendant  les  heures  de  travail  et  sont  gratuits... ­
  et  obligatoires  ;  saut'avis  du  médecin,  tous  les  ouvriers ­
  et  ouvrières  sont  obligés  de  se  baigner  une  fois  par
semaine.
Les  contremaîtres  tiennent  un  contrôle.  Chaque  matin,
le  surveillant  des  bains  —  lequel  possède  un  contrôle
général  —  envoie  à  tour  de  rôle  aux  contremaîtres,  une
série  de  jetons  en  zinc  pour  leur  atelier.  La  durée
maximum  du  bain,  par  ouvrier,  est  fixée  à  20minutes;
il  faut  10  minutes  pour  vider  l’eau,  nettoyer  et  préparer
un  nouveau  bain;  soit  une  baignoire  prête  exactement
toutes  les  30  minutes,  aux  heures  et  aux  demi  heures.
Chaque  jeton,  outre  une  lettre  distinctive  de  l’atelier,
porte  le  numéro  de  la  baignoire,  et  l’heure  à  laquelle
le  possesseur  du  jeton  devra  se  présenter.  Donc,  pas  de
perte  de  temps  ni  de  confusions.
Le  personnel  des  bains  se  compose  en  tout  de  un  surveillant, ­
  un  homme  et  «ne  femme.
Une  anecdote  authentique  à  propos  des  bains  obligatoires ­
  de  cet  établissement:
A  l’époque  ou  cette  obligation  existait  depuis  une
année  environ,  le  directeur  de  ce  grand  peignage  —  personnalité ­
  très  en  vue  et  occupant  une  haute  situation  —
est  rencontré  à  sa  sortie  de  l’usine  par  le  propriétaire
d’un  établissement  de  bains  peu  éloigné  de  l’usine.  Cet
nomme  aborde  le  directeur  et  lui  exprime  ses  remerciements ­
  de  ce  qu'il  ail  institué  dans  la  fabrique  l’obligation
des  bains.  Le  directeur  qui  craignait  plutôt  avoir  nui  à
1  industrie  du  baigneur  en  lui  enlevant  la  clientèle  des
ouvriers  du  peignage,  crut  à  une  plaisanterie  ironique  et
allait  lui  tourner  le  dos.  L’autre  l’arrêta  et  lui  expliqua  :
        <pb n="276" />
        272

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

Depuis  que  tous  vos  ouvriers  se  baignent,  les  ménagères,
outre  que  leur  mari  est  plus  appétissant,  trouvent  que
lui  et  les  enfants  qui  travaillent  salissent  beaucoup
moins  de  linge  et  de  literie.
Les  femmes  des  ouvriers  d’autres  usines  du  quartier
ont  appris  cela  et  en  sont  jalouses.  Et  elles  obligent  leurs
hommes  à  se  baigner  aussi  chaque  semaine  ;  et  comme
ces  fabriques  n’ont  pas  d’installations  de  bains,  ils  viennent ­
  chez  moi  ;  mes  affaires  vont  bien  et  je  vais  doubler
mon  établissement.  Alors,  j’ai  saisi  cette  occasion  de
vous  remercier.
        <pb n="277" />
        Etablissement  n°  20
SITUÉ  A  LA  LIMITE  D’UNE  VILLE  DE  37.000  HABITANTS

Fondé  en  1869  avec  filature  seulement;  réuni  en  1896
avec  un  tissage  fondé  en  1853.  La  filature  compte  environ ­
  100.000  broches,  renvideurs  et  continus,  marchant
en  N»  moyen  23  anglais.  Consommation,  autour  de
22.000  balles.  Prix  de  transport  de  Brême,  par  wagon,
169  marks  (211  fr  ).
Le  tissage  comprend  1.050  métiers,  dont  environ  300
marchent  en  calicot,  ou  analogues;  le  reste  en  articles
gros.  —  Au  total  environ  1.450  ouvriers.
Capital  actions  2.495.000  marks  (3.110.000  fr.).  Pas  d’obligations. ­
  Dividende  moyen  des  huit  dernières  années,
soit  de  1898  à  1905  inclus  14  1/4  %,  minimum  6  %  (1901);
maximum  22  %  (1905).
Force  motrice  à  vapeur  seulement.  Les  charbons  proviennent ­
  en  majeure  partie  des  mines  de  la  Saxe  qui
sont  situées  à  100  kilomètres  environ,  et  reviennent  à
environ  120  à  140  marks  (150  à  175  fr.),  par  wagon  rendu. ­
  Les  charbons  de  Silésie  sont  meilleurs,  mais  ils
sont  distants  de  plus  de  600  kilomètres,  coûtent  à  la
mine  de  120  à  140  marks  par  wagon,  auxquels  il  confient ­
  d’ajouter  de  100  à  110  marks  (125  à  137  fr.)  de
transport.  Les  mines  de  la  Haute  Franconie  (Bayreuth)
lle  sont  qu’à  environ  80  kilomètres  de  l’établissement,
mais  leur  production  en  houille  n’est  que  de  18.200
tonnes,  valant  environ  120  marks  (150  francs)  par  wa-18
        <pb n="278" />
        274

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

go  il  rendu.  La  région  susdite  produit  encore  environ
annuellement,  50.000  tonnes  de  lignite,  valant  à  la  mine
environ  3  marks  20  (4  fr.)  la  tonne;  beaucoup  de  fabriques ­
  mélangent  ce  lignite  à  la  houille  dans  la  proportion ­
  de  20  à  30%.  Les  mines  saxonnes  produisent  également ­
  le  lignite  en  grande  quantité.
Salaire  d’un  fileur,  de  4  marks  à  4  marks  50  par  jour
(5  fr.  à  5  fr.  62).  Salaire  d'un  journalier,  de  2  marks  20  à
2  marks  40  (2  fr.  75  à  3  lr.)  par  jour.
Heures  supplémentaires  payées  150  %.
Durée  du  travail  11  heures  pour  les  ouvriers  à  la  tâche
et  10  h.  1/2  pour  les  journaliers,  ceux  ci  ayant  une  pause
de  1/4  d’heure  le  matin  à  8  heures  et  l’après-midi  à
4  heures.
Dans  cet  établissement  la  prévenance  n’existe  pas  ;
tout  ouvrier  peut  quitter  d’un  jour  à  l’autre,  de  même
qu’on  a  le  droit  de  le  renvoyer  d’un  jour  à  l’autre.  Ce
système  donne  parait-il  de  bons  résultats,  surtout  en  ce
qu’il  supprime  beaucoup  de  contestations.  Il  taut  dire
aussi  que  d’une  part,  cet  établissement  possède  beaucoup ­
  d’institutions  philanthropiques  pour  ses  ouvriers,
et  que  d’autre  part,  les  ouvriers  ne  manquent  pas  dans
celte  région.
La  caisse  des  malades  possède  un  capital  de  27.000
marks(33.700  fr.)  dont  les  intérêts  viennent  s’ajouter  aux
cotisations  légales.  Celles-ci  ne  sont  que  de  3  %  des  salaires ­
  (tabrique  1  %  et  ouvriers  2  %),  et  cependant  elles
su  1  lisent  largement  pour  tous  les  frais,  et  bien  que  les
membres  non  travaillants  des  familles  des  ouvriers
(femme,  enfants  et  ascendants  invalides  ou  âgés),  reçoivent ­
  gratuitement,  en  cas  de  maladie,  les  soins  du  médecin ­
  et  les  médicaments.
Le  Comité  de  la  caisse  des  malades  n’a  pas  à  s’occupe 1 ’
de  régler  les  différends  entre  la  fabrique  et  les  ouvriers.
        <pb n="279" />
        ÉTABLISSEMENTS

275

En  cas  de  contestation,  c’est  le  Conseil  des  prud’hommes
qui  juge,  mais  le  cas  se  présente  1res  rarement.
Maisons  d’habitation  pour  les  ouvriers  avec  logements
de  deux  pièces  et  cuisine,  cave  et  jardin  pour  92  marks
(115  fr.)  par  an.  Il  y  a  25  maisons.
Bains  et  douches  gratuits  pour  les  ouvriers,  très  fréquentés; ­
  les  bains  sont  plus  utilisés  que  les  douches.
Les  tonds  de  pensions  pour  employés  et  ouvriers,
fonds  de  secours,  etc.,  possèdent  un  capital  de  520.000
marks  (650.000  fr.).
Un  certain  nombre  d’ouvriers  boivent  habituellement
leur  petit  verre  d’eau  de-vie  le  matin,  mais  ils  sont  peu
nombreux  et  on  peut  dire  qu’ils  n’en  abusent  pas.  La
boisson  est  la  bière.  Dans  la  ville,  d’ailleurs,  sur  environ
250  débits  de  boissons,  quatre  seulement  ont  encore  l’autorisation ­
  de  vendre  de  l’eau-de-vie  au  verre,  et  ce,
après  8  heures  du  matin  seulement.  Toutefois,  il  n’existe
dans  cette  ville  de  37.000  habitants  qu’un  seul  débit  pour
abstinents.
La  caisse  d’épargne  de  fabrique  possède  170.000  marks
(212.500  fr.)  de  dépôts;  elle  est  très  suivie.
Les  ouvriers  s  approvisionnent  dans  deux  sociétés
coopératives  fondées  par  les  soins  du  parti  socialiste,  et
qui  donnent  de  beaux  dividendes  à  leurs  clients.
        <pb n="280" />
        Etablissement  n°  21

Filature  de  100.000  broches,  située  dans  une  ville  de
17.000  habitants.  Numéro  moyen  20  anglais.  Consommation ­
  annuelle  20.000  balles.  Un  agrandissement  de
40.000  broches  est  en  montage  et  marchera  avant  la  lin
de  1906.  Force  hydraulique,  environ  400  chevaux.  Capital ­
  actions  3.125.000  fr.  Obligations  390.000  fr.
Moyenne  des  dividendes  des  dix  dernières  années,
2  2 7  %  ;  minimum  15  %  ;  maximum  30  %.
Prix  de  transport  du  colon  depuis  Brême  (460  kilomètres) ­
  187  fr.  par  wagon  ;  depuis  Stettin  (330  kilomètres) ­
  150  fr.  par  wagon.  Le  charbon  du  bassin  de
Zwickau  (65  kilomètres)  revient  à  175  fr.  par  wagon
rendu.
La  distance  du  bassin  de  la  Basse-Silésie  est  de
290  kilomètres,  et  le  prix  de  transport  est  de  100  fr.  por
wagon.  Pour  la  Haute-Silésie  qui  est  distante  de  530  kilomètres, ­
  le  prix  du  transport  d’un  wagon  est  de  140  fr*
Durée  du  travail,  de  6  heures  à  midi  et  del  heure  à
6  heures  du  soir;  les  samedis  jusqu’à  5  heures  seulement, ­
  ainsi  que  les  veilles  des  fêtes  ;  il  faut  qu’à  5  heures
tout  le  monde  soit  sorti.  Les  ouvriers  peuvent  réchauffer
dans  les  salles  les  aliments  apportés  pour  le  déjeuner  et
le  goûter  ;  ces  deux  repas  se  font  sans  arrêter  le  travail
pour  les  ouvriers  aux  pièces.
La  fabrique  tient  du  café  à  la  disposition  de  ceux  qui  en
désirent  pour  le  repas  du  matin.  Elle  possède  une  excel-
        <pb n="281" />
        ÉTABLISSEMENTS

27T

lente  et  nouvelle  installation  de  douches  pour  les  ouvriers. ­

La  fabrique  prend  à  ses  frais  les  soins  médicaux  et
la  pharmacie,  pour  les  membres  non  travaillants  des
familles,  mais  ne  s’y  engage  pas  et  se  réserve  toute  liberté ­
  sous  ce  rapport.
Il  existe  un  fonds  de  pension  de  126.000  fr.  destiné  à
■servir  un  complément  de  pension  aux  ouvriers  âgés  ou
invalides  pensionnés  par  l’assurance  gouvernementale
ayant  travaillé  pendant  un  certain  nombre  d'années  à
la  fabrique.
On  constate  que  les  ouvriers  sont  très  satisfaits  maintenant ­
  des  assurances  gouvernementales,  après  les  avoir
critiquées  à  l’origine.  On  constate  aussi  que  la  consommation ­
  de  l’eau  de-vie  est  en  diminution  très  notable;
dans  le  temps  il  fallait  une  surveillance  sévère  et  constante ­
  pour  empêcher  l’introduction  d’eau-de-vie  à  la  fabrique ­
  et  il  n’était  par  rare  que  des  bouteilles  soient
saisies.  Aujourd’hui,  il  n’en  est  plus  question,  et  même,
depuis  longtemps,  l’ouvrier  ne  boit  pas  ou  boit  très  peu
d  eau-de-vie  ;  mais  le  paysan  en  boit.
Sur  la  demande  des  ouvriers  —  sur  leur  demande  seulement ­
  —  on  fait  venir,  par  wagon,  des  denrées  telles  que
fruits,  pommes  de  terre,  du  café  en  grande  quantité,  du
charbon  pour  ménage.  Les  ouvriers  font  eux-mêmes  le
partage  et  la  fabrique  ne  s’occupe  plus  de  ces  arrivages,
une  fois  le  wagon  sur  place.  Les  ouvriers  règlent  la  facture ­
  et  tout  est  dit.  Celte  manière  de  procéder  est  à  tous
Points  de  vue  très  pratique  et  elle  évite  toute  insinuation
malveillante,  tout  en  rendant  service.  Chaque  année  à
Noël  la  fabrique  donne  des  gratifications  aux  ouvriers
e t  de  petits  cadeaux  aux  plus  jeunes  ;  elle  y  consacre
annuellement  environ  25.000  fr.
Le  salaire  d’un  manœuvre  varie  de  16  fr.  50  à  17  fr.  50
        <pb n="282" />
        278

Xj’iNDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

par  semaine  ;  un  fileur  gagne  de  27  fr.  50  à  30  fr.  50  par
semaine.  Les  contestations  avec  les  ouvriers  sont  toujours
réglées  sans  intermédiaire  par  la  direction.  Beaucoup
d’ouvriers  sont  syndiqués,  mais  ils  vivent  en  bonne
intelligence  avec  ceux  qui  ne  le  sont  pas.
L’établissement  montera  comme  force  motrice  des
40.000  broches  en  construction,  une  turbine  à  vapeur
avec  dynamo  primaire  de  1.000  kilowatts.  Après  cet
agrandissement,  la  consommation  annuelle  de  coton  sera
augmentée  de  5.000  balles  environ,  soit  au  total  25.000
balles,  et  le  nombre  des  ouvriers  et  employés  sera  d’environ ­
  800.
        <pb n="283" />
        Etablissement  n°  22

Filature  de  205.000  broches  ayant  pour  spécialité  les
Juméis  cardés  et  peignés  en  N os  de  10  à  120  anglais.
Consommation  annuelle,  environ  28.000  balles.  Prix  de
transport  du  coton  de  Brême  162  fr.  par  wagon,  distance ­
  380  kilomètres  ;  de  Stettin,  137  fr.  par  wagon,
distance  310  kilomètres.  Prix  du  charbon  du  bassin  de
Zwickau,  distance  80  kilomètres  environ,  185  fr.  par
wagon  rendu.  Distance  du  bassin  de  la  Basse-Silésie,
330  kilomètres  ;  prix  du  transport,  106  fr.  par  wagon.  Le
transport  depuis  les  mines  de  la  Haute-Silésie,  revient  à
137  fr.  par  wagon,  distance  530  kilomètres.
Moyenne  de  dividende  des  dix  dernières  années,  13  %  :
minimum  12  1/2  %,  maximum  16  %.
Possède  un  fonds  de  pension  et  secours  destiné  entre
autres,  à  compléter  la  pension  accordée  par  l’assurance
gouvernementale,  et  qui  s’élève  à  425.000  fr.  La  Caisse
d’épargne  des  ouvriers  contient  187.000  fr.;  l’intérêt  servi
par  la  fabrique  dans  le  but  de  favoriser  l’épargne  est
des  %.
H  est  misa  la  disposition  des  ouvriers,  dès  leur  entrée
du  matin  à  la  fabrique,  du  café,  du  lait,  du  cacao  à  prix
très  réduit;  ceci,  dans  le  but  d’éviter  le  petit  verre  d’eaude-vie
  qu’ils  ont  une  tendance  à  prendre  avant  d’aller  au
travail.  Cette  institution  donne  de  bons  résultats.
Cet  établissement  possède  une  installation  de  bains
très  complète,  et  les  bains  sont  obligatoires,  —  sauf  avis
        <pb n="284" />
        280

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

du  médecin  —  une  fois  par  quinzaine  pour  tous  les  ouvriers. ­
  Tous  les  quinze  jours,  lors  de  la  paie,  chaque  ouvrier ­
  trouve  dans  le  sachet  en  papier  contenant  son  salaire, ­
  une  petite  carte  lui  indiquant  le  jour  et  l’heure  où  il
aura  à  se  présenter  à  telle  cabine  de  bain.  Il  y  a  également ­
  une  installation  de  douches  pour  ceux  qui  préfèrent ­
  ce  moyen  ;  mais,  en  général,  les  bains  sont  préférés,
notamment  par  les  ouvrières,  leurs  cheveux  mouillés
par  la  douche  séchant  souvent  difficilement.
Le  montant  de  la  cotisation  pour  la  Caisse  des  malades
est  de  3  1/2  %  des  salaires;  l’ouvrier  paie  2  1/3  %  et  la
fabrique  1  1/6  %.  La  Caisse  des  malades  accorde  aux
membres  des  familles  des  ouvriers  (époux  ou  épouse,
enfants,  grands  parents,  dans  le  cas  où  ces  membres  ne
sont  pas  soumis  à  la  loi  d’assurance  contre  la  maladie),
les  soins  médicaux  et  la  pharmacie.  De  plus,  au  cas  où
l’admission  dans  un  hospice  de  l’un  de  ces  membres
serait  nécessaire,  la  famille  reçoit,  en  remplacement  des
soins  médicaux  et  de  la  pharmacie,  une  indemnité  journalière ­
  de  1  fr.  25  s’il  s’agit  d’un  enfant,  et  de  1  fr.  87
s’il  s’agit  d’un  adulte.  Toutefois,  ces  indemnités  ne  sont
pas  prolongées  au  delà  de  13  semaines,  et  elles  sont
payées,  non  pas  à  la  famille,  mais  à  l’administration  de
l’hospice  où  se  trouve  le  malade,  et  viennent  donc  effectivement ­
  en  déduction  des  frais  de  traitement.  En  outre,
les  allocations  indiquées  ci-dessus  ne  sont  applicables
aux  enfants  que  jusqu’à  l’àge  de  16  ans.
Le  renouvellement  des  allocations  ci-dessus  pour  les
membres  des  familles,  perçues  pendant  treize  semaines
déjà,  et  supprimées  de  ce  fait,  peut  être  demandé  après
un  délai  écoulé  de  6  semaines,  et  pour  la  même  personne; ­
  mais  seulement  s’il  s’agit  d’un  autre  cas  de  maladie. ­

En  cas  de  décès  d’un  membre  de  la  famille  d’un  ou-
        <pb n="285" />
        ÉTABLISSEMENTS

281

vrier,  la  Caisse  des  malades  verse  une  indemnité  d’inhumation ­
  de  18  fr.  75  pour  un  enfant  au-dessous  de  6  ans  ;
de  31  fr.  25  pour  un  enfant  au-dessus  de  6  ans,  et  de
50  fr.  pour  un  adulte.
Les  soins  médicaux  ne  sont  donnés  que  par  les  médecins ­
  de  la  Caisse,  et  les  médicaments  sont  à  prendre
exclusivement  dans  les  pharmacies  avec  lesquelles  la
Caisse  a  un  abonnement.
Il  arrive,  généralement,  que  la  cotisation  totale  de
3  1/2  %  des  salaires  ne  suffit  pas  à  tous  les  frais  de  la
Caisse.  Le  déficit  est  alors  couvert  par  la  fabrique,  et
bien  que  la  loi  ne  l’y  oblige  pas;  attendu  que  la  loi  ne
prévoit  l’avance  d’un  déficit  de  la  Caisse  des  malades
d'une  fabrique,de  la  part  de  l’administration  de  celle-ci,
que  lorsque  la  cotisation  a  atteint  au  moins  le  taux  fixé
par  la  loi,  de  4  %  des  salaires.
Le  Comité  mixte  de  la  Caisse  des  malades  n’est  pas
chargé  de  régler  les  différends  entre  les  ouvriers  et  la  fabrique. ­
  Lorsqu’un  litige  se  produit,  s’il  ne  peut  être
aplani  par  la  direction,  l’ouvrier  s’adresse  au  Conseil
des  Prud’hommes.
Environ  30  %  des  ouvriers  sont  syndiqués  ;  syndiqués
cl  non-syndiqués  vivent  en  bonne  intelligence  les  uns
avec  les  autres.
La  fabrique  emploie  un  certain  nombre  d’ouvriers
etrangers,  faute  d’ouvriers  du  pays;  ce  sont  surtout  des
polonais  et  des  bohémiens.
A  son  entrée,  lors  de  son  admission,  chaque  ouvrier
reçoit  un  exemplaire  du  règlement  de  la  fabrique  et  il
doit,  par  sa  signature  dans  un  registre  spécial,  se  déclarer ­
  d'accord  avec  ce  règlement.
        <pb n="286" />
        Etablissement  n°  23

Filature  de  45.000  broches,  située  dans  une  pelile  ville
de  6.000  habitants  voisine  d'un  grand  centre.  Spécialité:
Juméis  cardés  et  peignés.  Retordage  de  7.500  broches.
Consommation  annuelle,  environ  3.000  balles.  Numéro
moyen,  36  anglais.  Prix  de  transport  du  coton  depuis
Brême,  100  fr.  par  wagon  ;  distance,  environ  300  kilomètres. ­
  La  distance  moyenne  des  mines  de  charbon  du
bassin  de  la  Ruhr  est  d’environ  30  kilomètres  et  le  prix
de  transport  par  wagon  est  d’environ  20  fr.
Durée  du  travail  de  6  heures  du  matin  à  midi  et  de
1  heure  à  6  heures  du  soir,  mais  effectivement  le  travail
n’est  que  de  10  heures  et  20  minutes.  Car,  bien  qu’à
8  heures  et  à  4  heures  les  moteurs  n’arrêtent  pas,  même
les  ouvriers  travaillant  aux  pièces  ont  un  repos  de  chaque
fois  20  minutes.  Toutefois  cette  pause  n’a  pas  lieu  en
même  temps  pour  tout  l’établissement.  La  préparation,
par  exemple,  arrête  à  7  heures  3/4,  à  8  heures  05  elle  reprend ­
  le  travail,  et  à  ce  moment  là,  la  filature  arrête
jusqu’à  8  heures  25.  Salaire  d’un  manœuvre  3  fr.  25  à
3  fr.  50.
Toutes  les  amendes,  sans  exception,  sont  versées  à  la
Caisse  des  malades,  conformément,  d’ailleurs,  aux
prescriptions  de  la  loi  sur  le  travail.  La  Caisse  des  malades ­
  arrive  à  équilibrer  son  budget  avec  21/4  %  des  salaires; ­
  la  fabrique  paie  1/3  de  cette  somme,  soit  0,75  %
des  salaires,  et  l’ouvrier  2/3,  soit  1,5  %  du  salaire.  C’est
la  proportion  légale.  Mais  avec  la  somme  produite  par
        <pb n="287" />
        ÉTABLISSEMENTS

283

ces  2  1/4  %  la  Caisse  n’est  pas  en  mesure  de  fournir  les
soins  médicaux  ni  la  pharmacie  aux  membres  non  travaillant ­
  des  familles  des  ouvriers.  Lorsqu’il  est  nécessaire ­
  de  secourir  ceux-ci  en  cas  de  maladie,  la  fabrique
décide  des  cas  où  il  est  utile  qu’elle  intervienne.
Depuis  quelques  années,  en  Prusse  rhénane,  les  médecins ­
  sont  syndiqués.  Ils  ont  décidé  d’abolir  l’usage,  pratiqué ­
  jusque-là,  des  médecins  attitrés  des  fabriques,
prétendant  que  le  monopole  créé  de  ce  fait  à  l’avantage
de  quelques-uns  était  désastreux  pour  le  corps  médical,
et  conduisait  à  des  abus.  Le  syndicat  a  été  fondé  pour
éviter  la  première  conséquence  de  la  suppression  des
médecins  de  fabrique  et  qui  eût  été,  évidemment,  1  avilissement ­
  des  honoraires.  Depuis  lors,  il  a  été  décidé  que
chaque  malade  appartenant  aux  Caisses  des  malades  des
fabriques,  aurait  le  droit  de  choisir  son  médecin.  Le
syndicat  des  médecins  a  arrêté  un  tarif  pour  les  divers
cas.  Le  nombre  des  visites,  à  la  fabrique,  à  domicile,  de
jour,  de  nuit,  est  compté;  et  chaque  semestre,  il  est  versé
au  trésorier  du  syndicat  la  somme  correspondante.  Le
syndicat  répartit  entre  les  médecins  qui  ont  été  en  fonctions. ­

Bien  des  fabriques  aiment  mieux  ce  système  de  laisser
à  l’ouvrier  le  choix  de  son  médecin.  D’abord,  il  n’a  rien
à  réclamer,  et  puis  la  fabrique  n’a  pas  l’ennui,  souvent
assez  grand,  d’avoir  à  passer  quelquefois  par  les  manies
et  exigences  d’un  médecin  unique,  un  peu  tyrannique
souvent.
Pour  les  femmes  en  couches,  il  existe  des  maternités,
sociétés  privées  organisées  par  des  dames  avec  le  concours ­
  de  la  municipalité.  Les  soins  y  sont  excellents  et
sinon  gratuits,  du  moins  à  prix  très  réduits.  Les  sœurs
et  infirmières  vont  également  —  et  c’est  le  cas  le  plus
fréquent  —  soignera  domicile,  les  ouvrières  en  couches.
        <pb n="288" />
        L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

2&amp;amp;1

La  plupart  des  ouvriers  sont  syndiqués  ;  ils  vivent  en
bonne  intelligence  avec  ceux  qui  ne  le  sont  pas,  mais
les  chicanent  quelque  peu.  Le  Comité  mixte  de  la  Caisse
des  malades  s’occupe  quelquefois  du  règlement  des  différends ­
  avec  les  ouvriers  ;  mais  la  plupart  du  temps,  ces
difficultés  sont  tranchées  par  la  direction.  Il  est  rare
qu’une  plainte  aille  au  Conseil  des  Prud’hommes.
Les  ouvriers  sont  rares,  qui  boivent  de  l’eau-de-vie,
dans  l'industrie  textile;  le  consommateur  d  eau-de-vie  se
rencontre  plutôt  parmi  les  ouvriers  de  la  campagne  qui
viennent  travailler  comme  manœuvres  ;  encore  en  boivent-ils ­
  peu.  La  boisson  courante  est  la  bière.
En  ville,  au  village  également,  la  vente  de  l’eau-de-vie
et  des  liqueurs  est  interdite  entre  11  heures  du  soir  et
8  heures  du  matin.
        <pb n="289" />
        Etablissement  n°  24

SANATORIUM  POUR  ALCOOLIQUES,  A  LIN  TORE,
PRÈS  DUSSELDORF.

Depuis  fort  longtemps  déjà,  on  se  préoccupe  en  Aile
niagne  de  la  question  de  l’alcoolisme  et  des  moyens  de  le
combattre  efficacement.  Les  Gouvernements,  les  municipalités ­
  sont  venus  à  l’aide  des  nombreuses  Sociétés
privées  fondées  dans  ce  but.  Presque  partout,  dans  les
villes  et  les  villages,  dans  les  centres  industriels  surtout,
défense  est  faite  aux  débitants  de  vendre  de  l’eau-de-vie
°u  liqueurs  entre  \  1  heures  du  soir  et  8  heures  du  matin.
Les  municipalités  accordent  le  moins  possible  d'autorisations ­
  d’ouvrir  des  débits,  et  il  arrive  fort  souvent  —  au
village  notamment  —  que,  la  municipalité  ayant  accordé
1  autorisation  demandée,  le  chef  d’arrondissement  par
qui  elle  doit  être  confirmée,  la  retire,  après  enquête  complémentaire. ­

En  Bavière,  depuis  douze  ans,  les  autorités  maintiennent ­
  le  nombre  des  débits  de  boissons  à  1  débit  par
160  habitants,  hôtels  et  restaurants  compris,  c’est-à-dire
* 0I *s  les  débits.  Le  nombre  des  petits  débits  ayant  une
patente  pour  la  vente  de  l’eau-de-vie  est  de  7  par  10.000
habitants,  depuis  ces  douze  ans.  En  Saxe,  il  y  avait  en
1893  quatorze  débits  de  boissons  de  toutes  espèces  par
10.000  habitants;  il  n’y  en  avait  plus  que  12,  1  par  10.000
        <pb n="290" />
        286

l’iNDuVrIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

habitants  en  1903;  le  nombre  des  débits  d'eau  de  vie  y  a
diminué  de  16  %  depuis  1893.
Il  est  bien  évident  que  si,  sur  ce  terrain  notamment,
l’initiative  privée  ne  trouve  aucun  appui  auprès  des  autorités, ­
  ses  efforts  sont  à  peu  près  illusoires.
Il  existe  à  Charlottenburg,  à  peu  de  distance  de  Berlin,
une  exposition  permanente  concernant  le  travail  :  dispositifs ­
  imaginés  pour  éviter  les  accidents  ;  modèles,
dessins,  brochures  relatifs  à  l’hygiène,  au  logement,  à
l’économie  domestique  de  l’ouvrier,  aux  institutions  de
bienfaisance  créées  par  l’industrie,  l’initiative  privée,  les
municipalités,  en  laveur  des  ouvriers  et  de  la  classe
pauvre.  Celte  exposition  a  été  installée  par  les  soins  du
Ministère  de  Vlntèrieur.  Il  y  a  été  réservé  une  salle  spéciale ­
  pour  tout  ce  qui  concerne  la  lutte  contre  la  tuberculose ­
  ;  et,  tout  auprès,  une  autre  salle  est  consacrée
spécialement  au  combat  contre  cet  autre  fléau,  son  frère,
qui  s’appelle  l’alcoolisme.
Les  écrivains  anti-alcoolistes  allemands  sont  d’ailleurs
d  accord  pour  constater  que  a  Y  Etat,  les  communes,  les
«  Eglises,  et  le  personnel  enseignant  leur  viennent  puis-«
  sam  ment  en  aide  et  leur  rendent  de  très  grands  ser-«
  vices.  »
Dès  1832  d’ailleurs,  il  y  avait  eu  en  Allemagne,  notamment ­
  en  Saxe  et  en  Prusse,  un  mouvement  très  important ­
  provoqué  par  les  Gouvernements  de  ces  deux  Etats.
Une  grande  quantité  de  Sociétés  s’étaient  formées  dans
le  but  de  combattre  l’abus  envahissant  des  boissons
fortes.  La  ville  libre  de  Hambourg,  en  particulier,  s’intéressait ­
  à  la  question  et  plusieurs  assemblées  générales
se  réunirent  dans  cette  ville  entre  1843  et  1846;  l’une
d’elles  est  restée  célèbre  par  le  tumulte  que  provoquèrent
les  débitants.  En  1845,  l’Allemagne  du  Nord  comptait
1.072  Sociétés  contre  l’abus  de  l’alcool,  avec  plus  de
        <pb n="291" />
        ETABLISSEMENTS

287

425.000  membres  ;  celles  de  Silésie  en  possédaient  environ ­
  500.000  ;  la  principauté  d’Osnabrück  comptait
41  Sociétés  d’adultes  avec  18.700  adhérents,  et  18  Sociétés
scolaires  avec  3.750  enfants  et  jeunes  gens.  On  estimait  à
cette  époque  que  l’Allemagne  comptait  1.650.000  personnes ­
  faisant  partie  de  Sociétés  abstinentes.  Les  événements ­
  politiques  de  1848  anéantirent  presque  complètement ­
  l’œuvre  commencée  et  ce  n’est  que  vers  1883  qu’un
nouveau  mouvement  antialcoolique  se  dessina.  Depuis
quelques  années  les  travailleurs  s’y  intéressent.  Au  Congrès ­
  antialcoolique  de  Brème  en  1903,  11  Sociétés  ouvrières ­
  abstinentes  avaient  envoyé  leur  députation.
Le  mouvement  actuel  est  très  puissant  ;  il  se  fait  populaire, ­
  peu  à  peu,  et  se  développe;  les  statistiques  prouvent ­
  son  eflicacité.  Peut-être  suffira-t-il  pour  être  édifié
sur  ce  point  de  constater  qu’à  Munich,  la  capitale  de  la
bière  —  de  l’excellente  bière  —  la  ville  des  buveurs  célèbres ­
  où  récemment  encore,  le  gagnant  du  premier  prix
d’un  concours  de  buveurs  a  dû  sa  victoire  à  42  litres  de
bière,  absorbés  en  trois  heures  de  temps,  à  Munich
même,  dis-je,  la  consommation  de  la  bière  est  en  forte
diminution.  En  1890,  on  y  buvait  encore  par  habitant  et
par  an,  la  quantité  respectable  de  487  litres  ;  dès  1896
cette  moyenne  tombait  à  401  litres,  et  elle  n’était  plus,
en  1902,  que  de  298  litres,  soit  une  différence  de  près  de
40  %.  Ce  chiffre  ne  manque  pas  d’éloquence  certainement. ­

Quoiqu’il  en  soit,  le  nombre  des  personnes  qui  font
abus  des  boissons  alcooliques  est  grand,  et  l’on  s’efforce,
non  seulement  d’en  diminuer  le  nombre  en  empêchant
la  jeunesse  de  tomber  dans  ce  travers  terrible,  mais  encore ­
  en  guérissant,  en  ramenant  à  la  sobriété  les  ivrognes
de  toutes  catégories;  avec  leur  consentement,  bien
entendu.
        <pb n="292" />
        288

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

Il  existe  actuellement  en  Allemagne  environ  40  établissements ­
  —  parmi  lesquels  deux  pour  dames,  —
s’occupant  de  la  guérison  des  alcooliques  de  tout  âge  et
de  toutes  conditions  ;  presque  tous  sont  dirigés  par  des
ecclésiastiques.  Ils  peuvent  accueillir  au  total,  environ
800  pensionnaires.  Il  n’y  avait  en  1890  que  9  établissements; ­
  leur  nombre  s’élevait  à  27  en  1900,  et  s’était  accru
de  13  en  1905.  Le  nombre  total  des  alcooliques  traités
jusqu’ici  dépasse  5.000,  et  l’on  admet  que  50  à  60  %  d’entre ­
  eux  ont  été  guéris  totalement;  20à  30  %  ont  été  améliorés, ­
  c’est-à-dire  guéris  pour  un  certain  temps;  enfin,
15  à  20  %  n’ont  pu  être  conservés  ou  étaient  incurables.
Ce  sont  de  beaux  résultats.  Malheureusement,  le  traitement ­
  est  forcément  coûteux;  car  l’expérience  a  démontré ­
  qu’il  fallait  au  minimum  une  année  de  séjour  pour
obtenir  un  résultat  vraiment  complet  et  durable.  La  plupart ­
  des  établissements  sont  dûs  à  l’initiative  privée;  cependant, ­
  il  en  est  qui  sont  plus  ou  moins  directement
dépendants  de  la  bienfaisante  administration  des  assurances ­
  gouvernementales  contre  l’invalidité.  Certaines
de  ces  installations  sont  luxueuses,  mais  il  en  est  aussi
de  toute  simplicité.  Le  prix  de  pension  et  traitement
annuel  varie  environ  de  250  francs  pour  ceux  dans  lesquels ­
  les  pensionnaires  sont  astreints  à  un  certain  travail
manuel,  jusqu’à  3.000  francs,  en  passant  par  tous  les
degrés.
Il  en  est  de  catholiques  et  de  protestants.  Le  principal
établissement  catholique  est  celui  de  Saint-Camille,  a
Werden-Heidhausen  près  d’Essen,  en  Prusse-Rhénane,
à  peu  de  distance  de  Dusseldorf.  Il  peut  recevoir  70  pensionnaires ­
  et  date  de  1901.
L’établissement  le  plus  ancien,  à  beaucoup  près,  celui
qui  a  servi  de  modèle,  dont  se  sont  inspirés  la  plus
grande  partie  des  autres,  est  celui  de  Lintorf,  à  14  kilo-
        <pb n="293" />
        ÉTABLISSEMENTS

289

mètres  de  Dusseldorf.  Il  date  de  1851.  Son  origine  fut
très  modeste.  Il  possède  aujourd’hui,  outre  l’asile  primitif, ­
  deux  installations  remarquables  situées  à  quelque
distance  l’une  de  l’autre,  dans  la  campagne  et  à  peu  de
distance  d’une  forêt.  L’une  des  maisons  accepte  des
malades  à  partir  du  prix  de  80  francs  par  mois  ;  l’autre
demande  de  150  à  200  francs.  Elles  n'ont  pas  été  bâties
ay ec  les  bénéfices  réalisés,  ceux-ci  étant  en  général  plus
fine  modestes.  La  bienfaisance  y  a  participé  et  les  hypothèques ­
  ont  fait  le  reste.
Les  trois  asiles  peuvent  recevoir  en  tout  80  pensionnaires. ­
  Ils  en  avaient  traité  le  nombre  respectable  de
L558  au  1 er  janvier  1903.  Le  nombre  des  alcooliques  définitivement ­
  guéris  pendant  l’exercice  1902  a  été  exceptionnellement ­
  de  72  %  des  malades  traités
Chaque  patient  étant  l’objet  de  soins  personnels  et
spéciaux,  tant  de  la  part  du  médecin  que  de  celle  du
directeur  de  l’établissement,  le  nombre  des  admissions
est  limité  :  il  n’est  pas  accepté  au  delà  de  30  pensionnailes
  par  asile,  et  autant  que  possible  25  seulement.  Il  s'agit
°n  effet  d’étudier  chacun  d  eux  très  à  fond,  de  le  traiter,  de
e  conduire  selon  son  caractère,  ses  aptitudes,  son  degré
d  éducation,  ses  antécédents,  ses  penchants,  de  le  voir
souvent,  de  lui  inspirer  confiance  et  de  l’amener  par
Persuasion,  par  amitié,  patience  et  douceur,  à  l’obéis-Sa
 nce,  c’est-à-dire  à  l’abstinence,  non  seulement  sans
le volte  de  sa  part,  mais  de  son  plein  consentement  et
clv ec  toute  bonne  volonté.  La  tâche  n’est  pas  aisée  et  rédu
  tact,  de  la  patience,  de  la  persévérance  et  de

energie  à  haute  dose.

s auf  des  cas  tout  spéciaux  et  rares,  dans  lesquels  on
Valorise  un  peu  de  boisson  alcoolique  dans  les  tout  premiers ­
  jours,  pour  arriver  en  une  quinzaine,  au  maximum,
4  1  abstinence  totale,  celle  ci  est  de  règle  dès  le  premier
        <pb n="294" />
        290

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

mur.  Presque  sans  exception,  il  a  été  constaté  que  la
soif  cesse  en  même  temps  que  l’usage  de  l’alcool.  Aussitôt ­
  qu’ils  n’ont  plus  que  de  l’eau  à  leur  disposition,  des
brasseurs  qui  buvaient  régulièrement  10  à  12  litres  de
bière  par  jour,  cessent  d’avoir  soif.
Bien  entendu,  pendant  les  premiers  temps  de  leur  traitement, ­
  les  pensionnaires  ne  sortent  qu’accompagnés;
ils  n’ont  jamais  d’argent  sur  eux.  Peu  à  peu,  on  les
réhabitue  à  faire  un  usage  convenable  de  leur  liberté;
on  leur  témoigne  une  certaine  confiance,  on  leur  rend
confiance  en  eux-mêmes  en  exerçant  leur  volonté.  Ils  ne
sont  d’ailleurs  en  aucune  façon  privés  de  leur  liberté  ;  à
part  l’abstinence  totale,  il  n’y  a  aucune  contrainte
quelconque.
L’installation  est  confortable,  possède  des  jeux  variés, ­
  des  instruments  de  musique,  billard,  bibliothèque  ;
les  jardins  sont  spacieux,  et  l’on  cherche  à  intéresser  les
patients  à  leur  culture,  à  leur  entretien.  Règle  générale, ­
  on  n’admet  pas  une  oisiveté  complète  et  l’on  tend
toujours  à  une  occupation  quelconque,  régulière,  si  possible. ­
  Il  esta  remarquer  que,  dès  les  premiers  jours  l’appétit ­
  des  patients  augmente  considérablement  et  leur  état
de  santé  s  améliore  rapidement.  Ils  sont  autorisés  à
fumer.
Ces  établissements  n’acceptent  ni  morphinomanes,  m
épileptiques;  bien  moins  encore  des  personnes  atteintes
de  maladies  mentales.
Il  est  essentiel  qu’après  leur  sortie  de  l'Etablissement,
même  les  mieux  guéris  observent  une  abstinence  totale-II
  est  extrêmement  dangereux  pour  eux  de  recommence^
à  consommer  même  de  faibles  quantités  de  boissons
alcooliques;  la  pente  est  glissante  et  la  modération  observée ­
  tout  d’abord,  dégénère  rapidement  en  abus.
Chaque  année,  l’administration  des  asiles  de  Lintort
        <pb n="295" />
        ÉTABLISSEMENTS  291
réunit  le  plus  grand  nombre  possible  de  ses  anciens
.pensionnaires  restés  abstinents,  et  organise  à  leur  intention ­
  une  petite  fête  de  famille.  Les  Directeurs  estiment
qu’aucun  moyen  n’est  plus  efficace  pour  encourager  les
malades  en  traitement,  et  raffermir  la  volonté  des  émancipés, ­
  qui  viennent  ainsi  se  retremper.
        <pb n="296" />
        Etablissement  n°  25

Tissage  de  500  métiers  dans  une  ville  dé  Prusse  rhénane ­
  de  60.000  habitants.  Il  n’en  sera  question  ici  qu’au
point  de  vue  des  rapports  entre  patrons  et  ouvriers,  et
surtout,  de  ses  institutions  philanthropiques.
La  durée  du  travail  est  depuis  plusieurs  années,  de
56  heures  1/2  par  semaine,  ainsi  réparties  :
1°  Du  15  mars  au  15  octobre,  on  travaille  de  7  heures
du  matin  à  midi,  et  de  1  heure  1  /2  à  6  heures  1/2  du  soir,
avec  pause  de  1/4  d’heure  à  4  heures,  sauf  les  samedis
où,  le  travail  cessant  à  4  heures,  on  nettoie  jusqu  a
4  heures  1/2,  heure  de  sortie.
2°  Du  15  octobre  au  15  mars,  le  travail  commence  a
7  heures  1/2  du  matin  et  dure  jusqu’à  midi,  puis  de
1  heure  1/2  à  7  heures  du  soir,  avec  pause  de  1/4  heure
à  4  heures  et  comme  ci-dessus  les  samedis.
Un  retard  d’entrée  unique  et  de  moins  de  une  dem 1 '
heure  pendant  une  semaine,  n’est  pas  puni.  Au  delà,
chaque  demi-heure  de  retard  est  punie  de  12  centimes
1/2  à  37  centimes  1/2  et  quiconque  encourt  dans  un
mois,  un  total  de  punition  de  2  fr.  50  ou  au  delà  po 111
des  retards,  est  congédié;  de  même,  quiconque  s’absente
sans  avis  et  sans  raison  plausible  pendant  plus  de  deux
jours.
Les  femmes  mariées  ne  sont  pas  acceptées  comme  ouvrières. ­
  Lorsqu’une  ouvrière  vient  à  se  marier,  elle  n
pas  autorisée  à  continuer  à  travailler.  Si  à  ce  moment-hb
        <pb n="297" />
        ÉTABLISSEMENTS

293

elle  travaillait  à  la  fabrique  depuis  trois  ans  ou  davantage, ­
  la  fabrique  lui  fait  un  cadeau  de  noces;  lorsqu’un
ouvrier  travaille  à  la  fabrique  depuis  plus  de  trois  ans  au
moment  où  il  se  marie,  il  lui  est  fait  un  cadeau  également. ­

La  paie  des  salaires  a  lieu  tous  les  quinze  jours,  le
mercredi.
Les  amendes  ne  peuvent  être  infligées  qu’exclusivement
  par  le  patron,  le  contremaître  en  chef  ou  le  magasinier
  chef.  Les  contremaîtres,  s’ils  considèrent  une
amende  comme  nécessaire,  ont  à  s’adresser  à  l’une  de
c es  trois  personnes.  Au  cas  où  un  ouvrier  puni  par  le
contremaître  en  chef  ou  le  chef  magasinier  estimerait
( iue  celte  punition  est  injuste,  il  peut  s’adresser  au  patr
 °n  pour  réclamer.  En  général,  le  patron  (ou  son  fondé
( le  pouvoir  en  son  absence),  est  à  la  disposition  des  outers ­
  aux  heures  indiquées,  pour  recevoir  leurs  demandes ­
  ou  examiner  leurs  réclamations;  il  n’y  a  pas  de
ccprésailles  à  craindre  du  lait  d’une  réclamation  semm&amp;amp;ble.
  Le  patron  estime  d’ailleurs  que,  sauf  pour  des
1  dards,  il  ne  devrait  pas  y  avoir  d’amendes.
I o  La  Caisse  des  malades  existe  depuis  1874.  Ses  starts ­
  sont,  bien  entendu,  conformes  à  la  loi  de  1883;  ils
s  co  écartent  en  ce  que  :  1°  Les  deux  premiers  jours  de
maladie  donnent  lieu  au  paiement  d’une  indemnité
cgale  au  1/4  du  salaire;  (la  loi  n’accorde  rien  pour  ces
^eux  premières  journées.)  2°  L’indemnité  journalière
cgale  la  moitié  du  salaire  et  la  caisse  continue  les  soins
médicaux  et  la  pharmacie  après  la  26 e  semaine  (à  partir
(le  laquelle  ils  cessent  d’après  la  loi).
La  cotisation  totale  nécessaire  à  la  Caisse  des  malades
c  cette  fabrique,  pour  équilibrer  ses  dépenses,  est  de
%  des  salaires;  l’ouvrier  paie  2  2/3  %  et  la  fabrique
        <pb n="298" />
        294

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

1  1/3  %  ;  c’est  le  maximum  autorisé,  lorsque  qu’une
Caisse  limite  ses  allocations  au  minimum  fixé  par  la  loi-Le
  Comité  de  la  Caisse  des  malades  se  compose,
conformément  à  la  loi  d’ailleurs,  de  4  membres  nommés ­
  par  le  patron  et  de  6  ouvriers  et  2  ouvrières  nommés ­
  au  scrutin  secret  parles  ouvriers;  donc,  au  total,
12  membres.  Ce  Comité  est  en  outre  chargé  d’examiner,
le  cas  échéant,  les  demandes  des  ouvriers  ou  leurs  réclamations ­
  et  fait  partie  de  divers  autres  Comités.  Les
membres  du  Comité  nomment  des  délégués,  choisis
parmi  les  ouvriers  les  plus  sérieux,  âgés  d’au  moins  30  ans
et  travaillant  à  la  fabrique  depuis  au  moins  cinq  années.
Ces  délégués  répartis  dans  les  diverses  salles,  servent
d’intermédiaires  entre  les  ouvriers  et  le  Comité,  et  sont
les  aides  de  celui  ci.
La  Caisse  des  malades  a  un  arrangement  avec  le  syndicat ­
  des  médecins  ;  elle  paie  au  syndicat  5  fr.  par  an  et
par  ouvrier,  moyennant  quoi,  ce  syndical  entreprend
tous  les  soins  à  donner  en  toutes  circonstances  aux  ouvriers. ­

2°  Outre  la  Caisse  des  malades  obligatoire  pour  l eS
ouvriers,  il  existe  une  Caisse  des  malades  pour  les  f a '
milles;  tout  ouvrier  marié  doit  y  faire  inscrire  sa  famiH c ’
et  tout  ouvrier  célibataire  peut  y  faire  inscrire  ses  p a
rents.  La  cotisation  payée  par  l’ouvrier  est  de  1  %  de  son
salaire  et  le  patron  y  ajoute  volontairement  un  dem 1
pour  cent.  Elle  reçoit  donc  annuellement  1  1/2  %  des  salaires. ­
  Les  familles  reçoivent,  en  cas  de  maladie  de  1  ul *
de  leurs  membres  :  1»  Les  soins  du  médecin  à  moih e
prix,  c’est-à-dire  que  la  Caisse  paie  la  moitié  des  frais  « e
médecin,  et  le  membre  ouvrier  l’autre  moitié;  les  niédi
cameats  prescrits  sont  entièrement  à  la  charge  d e  | a
Caisse.  La  Caisse  paie,  le  cas  échéant,  les  2/3  des  h' alS
        <pb n="299" />
        ÉTABLISSEMENTS

295

traitement  à  l’hospice  d’un  membre  d’une  famille,
1  autre  tiers  restant  à  la  charge  de  la  famille.  La  Caisse
su pporte  les  frais  ci-dessus  indiqués  pendant  un
Maximum  de  26  semaines.  D’autre  part,  en  cas  de  naissance ­
  d’un  enfant  chez  un  membre  adhérent,  il  reçoit
u ne  somme  de  12  Fr.  50.
3°  La  Caisse  de  secours  est  alimentée  :  I o  Parles  intérêts ­
  d’une  somme  de  62.500  fr.  versée  à  titre  de  don  par
b  chef  de  la  fabrique.  2°  Par  le  produit  de  l’installah°n
  de  bains.  Et  3°  enfin,  par  le  produit  des  amendes
infligées.  Les  ouvriers  ne  paient  aucune  cotisation.  Le
bat  de  la  Caisse  de  secours  est  d’abord  de  donner  des
lances  en  cas  de  nécessité  reconnue;  elle  sont  remboursables ­
  dans  un  délai  convenu  lors  du  prêt,  avec  le  bénéficiaire. ­
  L’avance  est,  sans  exception,  accordée  en  cas  de
Maladie  prolongée  de  l’ouvrier  ou  desmembres  de  sa  fa-Mille.
  Elle  est  accordée  aussi  en  automne,  par  exemple,
P°Ur  l’achat  de  provisions  d’hiver  :  pommes  de  terre,
charbon,  etc.,  elle  permet  à  l’ouvrier  de  profiter  des  prix
fia  gros.  Les  avances  sont  toujours  faites  sans  intérêt,
^ais  les  avances  consenties  pour  achat  de  mobilier,  de
bétail,  de  maison,  etc.,  sont  passibles  d’un  intérêt  de  4  %
Sl  elles  ne  sont  pas  remboursées  au  bout  de  six  semaines,
ba  Caisse  de  secours  vient  également  en  aide  aux  nécessiteux, ­
  aux  familles  chargées  d’enfants,  dans  les  cas
fie  maladie,  etc.;  elle  accorde  alors  des  secours.  Elle
fi°nne,  par  exemple,  0,12  cent.  1/2  par  jour  et  par  enfant
ei1  cas  de  maladie.
bile  donne  par  jour  :  62  centimes  au  père  de  famille
barti  au  service  militaire  :  1  fr.  35  à  sa  femme  et  31
Ce Mimes  par  enfant  pendant  la  durée  de  ce  service.  En
cas  de  décès  de  membres  de  la  famille,  elle  accordeaussi
fies  secours  pour  inhumation.  Le  Comité  mixte  de  la
        <pb n="300" />
        296

L'INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

Caisse  des  maineles  est  également  chargé  de  l’administration ­
  de  la  Caisse  de  secours.
4°  Les  versements  à  la  Caisse  d'épargne  sont  favorises
par  le  paiement  d’intérêts  élevés  de  la  part  de  la  labrique.
  Jusqu’à  125  fr.,  les  dépôts  portent  6  %  d’intérêts.
Jusqu’à  375fr.,  l’intérêt  est  de  5  %,  et  de  375  à  625  fr.,  ü
est  de  4  1/2  %.  Exceptionnellement  seulement  on  accepte ­
  des  dépôts  supérieurs  à  625  fr.
5°  Une  Salle  d'asile  dirigée  par  des  sœurs,  prend  soin
des  enfants  entre  3  et  6  ans,  pour  50  centimes  par  mois,
elle  compte  en  moyenne  100  enfants.
6°  Une  Ecole  de  couture  à  laquelle  toute  ouvrière  audessous
  de  18  ans  est  obligée  de  consacrer  une  heure  et
demie  par  semaine,  se  lient  plusieurs  fois  par  semaine-Elle
  s’ouvre  1  heure  1/2  avant  la  fin  du  travail  du  soh
(elle  a  donc  lieu  pendant  les  heures  de  travail)  et  se  tel"
mine  en  même  temps  que  la  fabrique  arrête.  Au-dessus
de  l’àge  de  18  ans,  cette  école  est  facultative.  Les  ouvrières
y  apprennent  à  coudre,  réparer,  tricoter,  crocheter,  broder, ­
  etc.  Elle  est  dirigée  par  la  femme  du  chef  de  la  la
brique.
7°  h'Installation  des  bains  est  très  fréquentée;  le  ban 1
coûte  6  centimes  1/4,  et  la  somme  produite  est  versée
la  Caisse  de  secours.  La  durée  d’un  bain  ne  peut  excédei
25  minutes,  toilette  comprise.
Chaque  salle  de  fabrique  est  précédée  de  vestiaires  se
parés  pour  hommes  et  femmes,  chaque  vestiaire  a  scs
lavabos.
8’  Un  grand  bâtiment,  situé  dan  s  un  très  grand  jardi 0 ’
        <pb n="301" />
        ÉTABLISSEMENTS

207

contient  un  réfectoire  avec  vaste  cuisine,  au  rez  déchaussée. ­
  Et  au  premier,  plusieurs  salles  :  de  réunion,
de  lecture,  de  musique.  Le  réfectoire  est  surtout  fréquenté ­
  à  midi;  pour  31  centimes  1/4,  on  y  peut  avoir  un
topas  consistant  ;  il  s’en  distribue  en  moyenne  60  par
jour.  Dans  le  jardin,  divers  jeux  permettent  aux  ouvriers ­
  qui  en  ont  envie  de  se  distraire  entre  leur  repas  et
reprise  du  travail.  Cette  installation  se  nomme  «  La
maison  Saint-Joseph  ».
Chaque  année,  le  jour  de  la  Saint-François,  le  patron
dont  c'est  la  fête  —  invite  ses  350  ouvriers  et  leurs,
familles  à  une  petite  fête.  Une  collation  est  servie;  l’orchestre ­
  des  ouvriers  de  la  fabrique  donne  un  concert  (il
en  donne  d’ailleurs  fréquemment  aux  ouvriers  et  leurs  familles, ­
  réunis  dans  la  maison  Saint-Joseph,  le  dimanche).
Les  jouets  sont  distribués  aux  enfants.
La  fabrique  a  bâti  44  maisons  d’habitation,  chacune  à
Usage  d’une  seule  famille,  et  trois  maisons  pour  trois  familles ­
  chacune,  soit53  logements.  Non  compris  les  caves
e t  greniers,  les  53  logements  comptent  265  chambres
a yant  un  cube  d’air  total  de  11.760  mètres;  ils  sont  habités
  —  enfants  compris  —  par  326personnes.  Chaque  logement ­
  comprend  donc  en  moyenne  cinq  pièces  ayant  chacune ­
  42  mètres  cubes  d’air,  soit  36  mètres  cubes  par  habitant, ­
  Trente-sept  logements  ont  aussi  un  jardin  ;  en
°utre,  40  parcelles  de  champs  sont  louées  pour  une
s °mnie  très  modique  aux  familles.  Les  loyers  pour  les
^geinenls  varient  de  125  à  206  Ir.  par  an.
Lour  lutter  contre  la  consommation  de  l’eau-de-vie,  le
chef  de  l’établissement  a  institué  une  prime  mensuelle
1  fr.  25  pour  chaque  ouvrier  qui  peut  déclarer  n’avoir
ni  eau-de-vie  ni  liqueur  pendant  le  mois  précédent.
L  ouvrier  remplit  et  signe  un  bulletin  tout  préparé  et  le
«Idle  dans  une  boite  placée  dans  ce  but  dans  une  des
        <pb n="302" />
        293

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

salles  de  la  maison  Saint-Joseph.  Le  bulletin  est  ainsi
conçuJe  soussigné,  déclare  en  conscience  et  sur  Fhon-«
  neur,  n’avoir  bu  ni  eau-de-vie,  ni  apéritif,  ni  aucune
«  liqueur  distillée,  pendant  tout  le  mois  de  qui  vient
«  de  finir.  »  Chaque  mois,  la  boîte  contient  de  50  à  70
bulletins,  ils  varient  beaucoup  comme  signataires.  J&amp;amp;"
maison  n’a  constaté  de  tromperie,  depuis  tant  d’années
que  dure  cette  institution  qui,  malgré  sa  simplicité,  9
sauvé  de  nombreux  ouvriers  de  la  tyrannie  du  petit

verre.
        <pb n="303" />
        Etablissement  n°  26

Filature,  retordage  et  teinture,  en  Prusse  rhénane.  Il
11  en  sera  question  qu’au  point  de  vue  des  nombreuses
installations  laites  en  faveur  des  ouvriers.
Fa  fabrique  a  construit  65  maisons  d'habitation  contenant ­
  au  total  198  logements,  dont  95  ont  de  2  à  3  chambres ­
  et  94  de  4  à5  chambres;  en  outre,  9  grands  logements ­
  pour  employés  et  contremaîtres.
Tous  les  logements  sont  desservis  par  une  conduite
eau  et  possèdent  cave,  grenier  et  jardin.  Les  logements
5  chambres  se  louent  5  lr.  par  semaine  ;  ceux  de
4  chambres  3  fr.  50  à  4  ir.35  ;  ceux  de  3  chambres  coûtent ­
  2  fr.  80  à  3  lr.  20;  enfin,  pour  2  chambres,  le  prix
est  de  2  fr.  par  semaine.  La  consommation  d’eau  est
comprise  dans  ces  prix.  En  outre,  pour  12  lr.  50  par  an,
°n  loue  à  ceux  qui  le  désirent  une  parcelle  de  champ  à
cultiver;  la  fabrique  fournit  gratuitement  le  fumier  nécessaire. ­
  Le  locataire  d’un  logement  doit  faire  blanchir
ce  logement  à  ses  frais  une  fois  paran.  Une  fois  par  mois
les  maisons  sont  entièrement  inspectées  par  un  employé ­
  spécial.
L  est  défendu  aux  locataires  de  sous-Iouer  des  charnues. ­
  Lorsque  l’ouvrier  dénonce  son  logement,  il  est  le
même  jour,  s’il  le  désire,  libéré  de  son  contrat;  toutefois, ­
  s’il  en  fait  la  demande,  on  l'autorise  à  l’habiter
encore  quelque  temps,  pour  qu’il  puisse  déménager  et  se
Réinstaller  ailleurs,  ou  avoir  le  temps  de  chercher  autre
        <pb n="304" />
        300

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

chose.  Si  c’est  la  fabrique  qui  dénonce,  elle  laisse  un
délai  de  6  semaines  au  locataire;  à  la  paie  suivante,  elle
déduit  les  6  semaines  de  loyer  en  une  seule  lois,  et  rembourse ­
  la  différence  au  cas  où  le  locataire  déménage
avant  l’écoulement  des  6  semaines.
Un  lavoir  alimenté  gratuitement  d’eau  chaude  et  d  eau
froide  est  à  la  disposition  des  familles.  Chaque  famille
peut  en  disposer  gratuitement  pendant  2  heures  par  semaine; ­
  en  outre,  deux  soirs  par  semaine,  après  le  li a "
vail,  le  lavoir  est  à  la  disposition  des  filles  des  locataiies
qui  travaillent  à  la  fabrique.  Si  en  dehors  de  cela,  lesta
milles  ont  besoin  d’utiliser  le  lavoir,  elles  le  peuvent
contre  une  rétribution  de  31  centimes  par  heure.  Le  la
voir  contient  un  séchoir  à  vapeur  et  une  installation  de
repassage;  tout  cela  est  gratuit,  dans  les  limites  indiquées ­
  précédemment.  Bien  entendu,  il  est  absolument
défendu  de  laver  dans  les  logements  autre  chose  que  du
linge  de  poupon.  Le  bâtiment  du  lavoir  contient  en
outre  une  installation  de  deux  baignoires  destinées  a
l’usage  des  membres  des  familles  des  ouvriers  qui  ne
travaillent  pas  à  la  fabrique;  l’usage  en  est  gratuit.
Pour  les  ouvriers  et  ouvrières,  un  établissement  dcbaïus
spécial,  contigu  à  la  fabrique  contient  des  baignoires  et
des  douches  ;  on  les  utilise  pendant  les  heures  de  ti  a
vail,  et  chacun  se  baigne  une  fois  par  semaine.  Quand,
par  erreur,  le  tour  de  l’un  ou  l’autre  fait  défaut,  d  n °
tarde  pas  à  venir  le  réclamer.  Ces  bains  sont  gratuits  ,
on  fournit  du  savon  et  un  essuie-main  à  ceux  qui  le  de
sirenl  pour  le  prix  de  6  centimes.
Une  pension  pour  les  ouvrières  isolées  peut  loger  168  ouvrières; ­
  bien  entendu,  les  ouvrières  sont  libres  d’en  im lC
usage  ou  non.  Elles  paient  75  centimes  par  jour,  si  elles
sont  âgées  de  plus  de  16  ans,  et  seulement  62  centimes
au-dessous  de  16  ans,  pour  pension  et  logement.  EH eS
        <pb n="305" />
        ÉTABLISSEMENTS

301

font  4  repas  par  jour  :  le  déjeuner  se  compose  de  calé
avec  pain  beurré,  le  matin;  à  midi,  viande,  légumes  et
pommes  de  terre;  à  4  heures,  café  et  pain  beurré  et  le
soir,  soupe,  pommes  de  terre  et  un  autre  plat  variable.
Une  vaste  cuisine  fournit  tout  cela;  pendant  les  heures
libres,  les  ouvrières,  à  tour  de  rôle,  donnent  un  coup  de
main  pour  l’épluchage  des  légumes,  etc.,  lorsque  cela  est
nécessaire.
Les  dortoirs  sont  installés  pour4et  pour8  lits;  chaque
ouvrière  a  son  armoire,  son  lavabo  et  une  armoire  à
chaussures.  Les  lavabos  sont  placés  en  rangs  de  8  dans
le  large  corridor  central  ;  les  chambres  à  coucher  sont
aérées  toute  la  journée  chaque  fois  que  le  temps  le
permet;  il  est  défendu  d’y  entrer  avant  l’heure  du  coucher. ­

Chaque  ouvrière  fait  son  lit  et  chacune  à  son  tour  netfoie
  la  chambre;  le  linge  des  lits  est  changé  toutes  les
deux  semaines;  les  serviettes  de  toilette,  chaque  semaine. ­
  A  9  heures  1/2  en  hiver  et  à  10  heures  en  été,
fout  le  monde  doit  être  rentré.
Le  lavoir  est  à  la  disposition  des  ouvrières  pensionnaires, ­
  deux  soirs  et  en  cas  de  nécessité,  trois  soirs  par
semaine,  pour  laver  et  repasser  leur  linge.  Deux  fois
par  semaine,  le  soir,  il  y  a  réunion  de  couture  obligatoire ­
  pour  réparer  le  linge  et  les  vêtements,  coudre  et
tricoter.
L’entrée  de  cet  établissement  est  interdite  à  qui  que  ce
soit  n’y  logeant  pas.
Les  pensionnaires  s'engagent  en  entrant,  à  verser  par
semaine  02  centimes  à  la  Caisse  d’épargne  si  elles  sont
âgées  de  moins  de  16  ans  et  1  fr.  25  si  elles  ont  plus  de
10  ans  ;  les  sommes  déposées  portent  6  %  d’intérêt
jusqu’à  1.875  fr.,  au  delà  de  celle  somme,  l’intérêt  n’est
plus  que  de  5  %.
        <pb n="306" />
        302

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

Le  même  bâtiment  contient  un  réfectoire  séparé,  avec
entrée  spéciale,  pour  les  ouvrières  qui,  demeurant  trop
loin  ne  peuvent  rentrer  pour  le  dîner.  Ces  ouvrières  peu
vent  recevoir  pour  un  prix  très  modique,  des  portions  de
viande,  légumes  et  soupe.  D’autre  part,  une  salle  particulière ­
  sert  à  rassembler  en  cas  de  mauvais  temps  les
ouvrières  de  14  à  16  ans  pendant  les  deux  demi  heures
de  repos,  (hors  des  salles  de  travail),  que  la  loi  prescrit
pour  elles  chaque  jour.  L’établissement  entier  est  chauffé
à  la  vapeur.  Le  bain  hebdomadaire  est  obligatoire  pour
les  pensionnaires  sauf  avis  du  médecin.
Une  pension  pour  hommes  peut  contenir  45  personnes.
Les  dortoirs  sont  installés  pour  3  et  5  lits.  Les  repas  sont
les  mêmes  que  dans  la  pension  pour  femmes,  mais  plus
copieux.  Le  prix  de  pension  est  de  1  fr.  par  adulte  et
75  centimes  par  jeune  homme  au-dessous  de  16ans;la
déduction  de  ces  sommes  est  faite  directement  à  chaque
paie.  En  dehors  de  celte  somme,  chaque  pensionnaire
donne  12  centimes  par  semaine  pour  le  personnel  chargé
de  faire  les  lits  et  de  nettoyer  les  chambres.
Tout  pensionnaire  s’engage  à  verser  par  semaine
2  tr..  50  à  la  Caisse  d’épargne,  s’il  est  âgé  de  plus  de
16  ans  et  1  fr.  25  s’il  est  âgé  de  moins  de  16  ans.
Toute  eau  de-vie  est  sévèrement  interdite.  La  bière  est
autorisée  modérément,  elle  est  aux  frais  du  consommateur ­
  et  payable  de  suite.  Il  est  permis  de  turner,  mais
cela  est  interdit  dans  les  dortoirs.  Il  est  interdit  de  fumer
aux  jeunes  gens  âgés  de  moins  de  16  ans.
Trois  fois  par  semaine,  ainsi  que  le  dimanche,  les
salles  de  réunion  pour  les  ouvriers,  dont  il  sera  question ­
  plus  loin,  sont  à  la  disposition  des  pensionnaires.
L’entrée  du  pensionnat  est  interdite  à  toute  personne
étrangère  au  pensionnat.
Le  blanchissage  du  linge  est  à  soigner  par  les  pension-
        <pb n="307" />
        ETABLISSEMENTS

303

«aires  et  à  leurs  irais.  Le  linge  des  lits  est  changé  tous
les  15  jours,  et  chaque  semaine  les  serviettes  de  toilette. ­

Les  bains  sont  obligatoires  chaque  semaine.  Le  soir,
l’heure  de  rentrée  de  rigueur  est  9  heures  1/2  en  hiver
■et  10  heures  en  été.
Une  partie  du  réfectoire  sert  aussi  aux  ouvriers  qui  ne
peuvent  rentrer  chez  eux  à  midi.
Le  pensionnat  des  hommes  est  situé  dans  une  partie
de  la  propriété,  autre  que  celui  des  femmes.  Ces  deux
établissements  sont  tenus  avec  le  plus  grand  ordre  et  la
plus  minutieuse  propreté.
Outre  la  Caisse  des  malades  réglementaire  et  légale  de
la  fabrique,  il  a  été  institué  une  Caisse  des  malades  des
familles,  h  laquelle  peuvent  participer  tous  les  ouvriers
mariés  de  l’établissement.  L’adhésion  de  leur  part  est
facultative;  en  faisant  leur  demande,  ils  doivent  fournir
chacun  un  certificat  d’un  des  médecins  de  la  Caisse  constatant, ­
  qu’aucun  des  membres  non  soumis  à  la  loi  d’assurance ­
  de  la  famille  du  candidat,  n’est  atteint  de  maladie. ­

La  cotisation  est  fixée  uniformément  à  25  centimes
par  semaine  et  par  famille;  toutefois,  et  lorsque  cela
est  nécessaire  temporairement  pour  faire  face  aux  dépenses, ­
  le  Comité  peut  augmenter  cette  cotisation  jusqu’au ­
  double,  soit  jusqu’à  50  centimes.  En  tous  cas,  la
fabrique  ajoute  volontairement  de  ses  moyens  aux  cotisations ­
  des  familles,  une  somme  égale  à  la  moitié  des
cotisations  payées  par  celles-ci.  Donc,  de  même  que
pour  une  Caisse  des  malades  gouvernementale,  les  ouvriers ­
  paient  2/3  et  la  fabrique  1/3  des  cotisations.
Celles-ci  sont  déduites  lors  de  la  paie.
En  cas  de  maladie  d’un  membre  de  la  famille  non  assuré ­
  ailleurs,  ce  membre  reçoit  aux  Irais  de  la  Caisse  et
        <pb n="308" />
        304

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

pendant  13  semaines,  les  soins  du  médecin  et  la  moitié
des  dépenses  nécessitées  par  les  médicaments;  si  des
appareils  tels  que  bandages,  lunettes,  etc.,  sont  nécessaires, ­
  la  Caisse  en  paie  les  2/3.  Dans  le  cas  où  le  transport ­
  à  l’hospice  du  malade  est  nécessaire,  la  Caisse  paie
les  2/3  des  irais  de  traitement.
Caisse  de  secours.  Elle  possède  93.500  fr.,  produit  de
dons  divers  faits  par  des  membres  de  la  famille  à  laquelle
appartient  l’établissement.  Les  intérêts  de  cette  somme
servent  à  secourir  les  familles  nécessiteuses,  celles  chargées ­
  d’enfants  ou  dont  la  maladie  ou  un  accident  a  diminué ­
  les  ressources.
La  Caisse  d'épargne  est  très  suivie.  Les  dépôts  commencent ­
  avec  une  somme  minimum  de  31  centimes  1/4
par  semaine,  le  maximum  hebdomadaire  est  de  3  fr.  75
et  les  sommes  versées  ne  peuvent  être  que  des  multiples
de  31  centimes  1/4  (25  pfennigs).  Ainsi  que  nous  l’avons
vu,  jusqu’à  1.875  fr.  de  dépôt,  la  fabrique  paie  6  %  d’intérêts; ­
  au  delà,  5  %  l’an  et  à  partir  du  M  du  mois  qui
suit  le  versement,  les  intérêts  sont  ajoutés  au  31  décembre. ­

Pour  favoriser  l’épargne,  la  fabrique  ajoute  une
prime  aux  versements  réguliers.  Ainsi,  à  quiconque  s’engage ­
  à  verser  31  centimes  1/4  par  semaine,  la  fabrique
inscrit  un  supplément  —  unique  naturellement  —  de
12  fr.  50,  lorsque  la  somme  de  31  fr.  25  a  été  atteinte  ;
ce  supplément  est  de  18  fr.  75  pour  ceux  qui  versent
62centimes  1/2  par  semaine,  après  dépôt  de  62  ir.  50,  etc.;
enfin,  ces  primes  supplémentaires  sont  de  50  fr.,  après
cent  versements  hebdomadaires  de  3  fr.  75.  Tout  ouvrier
qui  quitte  ou  est  renvoyé  dans  l’intervalle  des  100  premiers ­
  versements,  perd  son  droit  à  cette  prime,  et  celleci
  est  alors  versée  à  la  Caisse  de  secours.
On  comprend  que  dans  ces  conditions,  l’épargne  ne
        <pb n="309" />
        ÉTABLISSEMENTS

305

soit  pas  rare.  Les  frais  d’administration  de  la  Caisse
sont  supportés  par  la  fabrique.
Une  Société  coopérative  gérée  par  3  membres  nommés
par  l’administration  de  la  fabrique  et  3  membres
nommés  par  la  réunion  des  cliels  des  familles  logées
dans  les  maisons  de  familles,  tient  tous  les  articles  nécessaires ­
  aux  ménages;  la  liste  des  prix  est  affichée.
Les  jours  où  l’on  prévoit  avoir  beaucoup  de  clients  à
servir,  les  familles  peuvent  envoyer  leurs  paniers  un
jour  d’avance  avec  une  liste  des  objets  désirés;  on  exécute ­
  les  commandes  et  les  paniers  sont  repris,  et  le
comptoir  est  déchargé  d’autant.
Le  montant  des  achats  n’est  pas  déduit  des  salaires  ;
tout  est  payé  comptant  ;  d’ailleurs,  la  paie  a  lieu  chaque
semaine,  ce  qui  facilite  ce  système.
Au  bout  de  l’année,  le  bénéfice  net  est  réparti  entre
les  membres  proportionnellement  aux  achats.
Au  1 er  étage  du  bâtiment  occupé  par  la  coopérative  se
trouve  une  grande  salle  de  réunion  pour  employés,  contremaîtres ­
  et  ouvriers,  avec  billard,  journaux,  etc.  Elle
est  utilisée  parles  uns  et  les  autres  selon  un  roulement
déterminé  par  un  tableau.  Une  petite  salle  spéciale  sert
aux  réunions  de  Comités,  etc.
La  bibliothèque  contient  environ  700  volumes  qui  sont
prêtés  aux  ouvriers  ;  l’échange  des  livres  a  lieu  le  lundi
soir  de  chaque  semaine  ;  les  livres  peuvent  être  conservés ­
  au  maximum  pendant  3  semaines.
Une  salle  d'asile  dirigée  par  trois  institutrices,  reçoit
115  à  120  enfants  jusqu’à  l’àge  de  6  ans  et  depuis  l'âge
de  4  ans.  C’est  vraiment  un  spectacle  charmant  et  touchant ­
  que  celui  offert  par  tous  ces  marmots,  propres,
Sais,  bien  élevés  et  gentils,  ayant  tous  un  air  de  santé
1res  remarquable.
Une  école  de  tenue  de  ménage  existe  depuis  seize  ans.
20
        <pb n="310" />
        306

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

Elle  a  été  instituée  par  la  fabrique  pour  permettre  aux
jeunes  ouvrières  qui,  occupées  depuis  l’àge  de  14  ans
dans  les  ateliers,  n’ont  jamais  eu  le  temps  d’apprendre  à
tenir  un  ménage,  de  devenir  de  bonnes  ménagères  capables ­
  de  tenir  économiquement,  pratiquement  et  hygiéniquement ­
  le  leur.
Y  sont  admises,  les  ouvrières  au-dessus  de  18  ans,  et
l’on  donne  la  préférence  à  celles  qui  sont  fiancées.  Les
cours  durent  3  mois  pendant  lesquels  elles  cessent  tout
travail  de  fabrique  et  vont  habiter  complètement
dans  le  local  de  l’école.  Le  nombre  des  élèves  est  limité
à  six  par  fournée.  Pendant  ces  trois  mois  la  fabrique
paie  leurs  cotisations  d  assurance  en  entier;  elles  ne  reçoivent ­
  aucun  salaire,  mais  leur  entretien  et  leur  instruction ­
  pendant  ce  trimestre  sont  gratuits.
Elles  y  apprennent  à  cuire,  à  coudre,  (ainsi  que  les
travaux  tels  que  crochet,  tricot,  broderie,  raccommodage) ­
  ;  à  laver,  repasser;  à  tenir  des  comptes  de  ménage  ;
on  leur  fait  faire  tous  les  achats  sous  la  direction  d’une
maîtresse.  On  leur  donne  en  outre  des  leçons  d  hygiène
et  on  les  instruit  sur  les  soins  essentiels  à  donner  aux
malades.  On  leur  apprend  avant  tout  l’ordre  et  la  propreté. ­
  Elles  se  lèvent  à  5  heures  1/2  et  doivent  se  trouver
prêtes  au  travail  à  6  heures.
On  ajoute  25  fr.  au  livret  de  Caisse  d’épargne  de  celles
qui  ont  particulièrement  fait  preuve  de  zèle  et  d’habileté, ­
  c’est-à-dire  de  celles  qui  sortent  avec  un  certificat
parfait.
En  hiver,  deux  fois  par  semaine  le  soir,  ont  lieu  dans
les  locaux  de  la  salle  d’asile  des  leçons  de  couture,  tricotage ­
  et  réparation  de  linge  et  vêtements,  pour  les  enfants ­
  de  6  à  14  ans.  Ces  leçons  sont  gratuites  et  sont  données ­
  par  les  institutrices  de  la  salle  d’asile.
Vers  Noël,  chaque  année,  ont  lieu  les  examens  des
        <pb n="311" />
        ETABLISSEMENTS

enfants  de  la  salle  d’asile,  et  à  celte  occasion,  on
offre  une  petite  fête  dans  laquelle  chacun  reçoit  un
dea  u.
Chaque  mois,  les  femmes  des  employés  et  contremaîtres ­
  se  réunissent  pour  confectionner  du  linge  et  des  vêtements ­
  d’enfants,  avec  des  étoffes  provenant  de  dons.
Les  objets  produits  sont  distribués  aux  familles  nécessiteuses. ­
  Aux  approches  de  Noël,  ces  réunions  ont  lieu
deux  fois  par  mois.'

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        <pb n="312" />
        Etablissement  n°  27

Filature  de  laine  peignée  de  71.000  broches  occupant
environ  1.100  ouvriers  dans  les  faubourgs  d’une  ville  de
94  000  habitants,  en  Bavière.  Nous  n’en  parlerons  qu’au
point  de  vue  des  installations  qu  elle  a  faites  en  faveur
de  ses  ouvriers.
Les  maisons  d'habitation  sont  au  nombre  de  vingtquatre
  et  logent  180  familles.  Elles  sont  de  différents
types.  L’un  de  ceux-ci,  étudié  pour  loger  quatre  familles,
possède  une  entrée  séparée  pour  chaque  logement  et
chacun  de  ceux-ci  est  absolument  indépendant  des  trois
autres  dans  toutes  ses  parties,  y  compris  le  jardin.  Chaque ­
  logement  se  compose  de  3  chambres,  cuisine  avec
garde-manger;  une  mansarde,  grenier  et  cave,  et  un  jardin. ­
  Les  pièces  ont  en  moyenne  4 ,n .  X  4 m .  ;  les  dimensions ­
  extérieures  de  ce  type  de  maison  sont  10 m  sur  20 m
il  est  à  1  étage  et  la  hauteur  des  étages  de  plancher  a
plafond  est  de  2'»  00.  Les  jardins  entourent  entièrement
chaque  maison.  Construite  en  briques  et  couverte  en
tuiles,  chaque  maison  du  type  ci-dessus  a  coûté,  terrain
non  compris,  29.400  francs,  soit  par  logement,  7.350  h’-Chaque
  logement  étant  loué  220  francs,  le  rapport  est
donc  de  3  %,  valeur  du  terrain  non  comprise.
Un  autre  type  de  maison  à  un  étage,  à  très  peu  de
chose  près  de  mêmes  dimensions,  mais  avec  entrée
commune  pour  les  quatre  logements,  comprend  :  deux
logements  de  3  pièces,  cuisine  avec  garde  manger,  man-
        <pb n="313" />
        ÉTABLISSEMENTS

so:)

sarde,  cave,  grenier  et  jardin  ;  deux  logements  de  4  pièces, ­
  cuisine  et  mêmes  accessoires.  Il  a  coûté,  terrain  non
compris,  25.600  francs.  Les  logements  de  3  pièces  sont
loués  200  francs,  ceux  de  4  pièces,  220  francs,  soit  au
total  840  francs,  ou  3  1/4  %,  terrain  non  compris.
Il  a  été  construit  aussi  des  maisons  de  6  logements  et
de  12  logements  avec  entrée  commune,  celles  de  6  logements ­
  coûtent  26.250  francs  et  se  louent  910  francs;  celles
de  12  logements  coûtent  le  double  et  se  louent  le  double;
elles  rapportent  donc  3  1/2  %,  sans  terrain.  L’expérience
a  démontré  ici  —  comme  ailleurs  —  que  les  maisons  à
logements  entièrement  indépendants  sont  les  plus  recherchées ­
  par  les  locataires,  et  ce  sont  celles  qui  donnent  le
moins  d’ennuis  et  oû  la  paix  règne  toujours;  seulement
elles  reviennent  plus  cher,  et  leur  rendement  est  moindre
malgré  le  loyer  plus  élevé  payé  par  les  locataires  (220  fr.
pour  trois  chambres  et  cuisine  au  lieu  de  200  francs,  et
rendement  de  3  %  seulement  du  capital  au  lieu  de
3  1/2%);  on  ne  peut  tout  avoir.
En  ville,  des  logements  équivalents  vaudraient  50  à
60  %  de  plus.
Hains  et  lavoir.  —  Un  bâtiment  de  25  mètres  de  long
sur  9  mètres  de  large,  à  un  étage  et  vaste  grenier-séchoir,
est  à  la  disposition  des  ménagères  de  la  colonie  pour
leurs  lessives,  car  il  est  défendu  expressément  de  laver
dans  les  logements.  L’utilisation  de  celte  installation  est
gratuite  entièrement,  sauf  bien  entendu  le  savon,  que
chacune  apporte.  Outre  ce  qui  concerne  le  blanchissage,
ce  bâtiment  comprend  encore  4  cabines  de  bain,  mises
gratuitement,  sauf  savon  et  linge,  à  la  disposition  des
membres  des  familles  qui  ne  travaillent  pas  à  la  fabrique,
des  malades,  enfants,  etc.
Un  réservoir  de  40  mètres  cubes  placé  dans  la  cave,
        <pb n="314" />
        310

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

reçoit  les  eaux  de  condensation  réunies,  de  toutes  les
conduites  de  chauffage  de  la  fabrique  (notamment  des
tambours  sécheurs,  des  lisseuses).  Cette  eau  pure  et
chaude  est  naturellement  parfaite  pour  l’emploi  en  question. ­
  Le  rez-de-chaussée  est  divisé  en  douze  cabines  d’environ ­
  3  mètres  1/2  sur  3  mètres,  contenant  chacune  :
une  cuve  pour  bouillir  le  linge  à  la  vapeur,  deux  cuves
de  rinçage,  un  petit  baquet  et  trois  tréteaux;  puis,  conduite ­
  d’eau  de  condensation  et  conduite  d'eau  froide
ordinaire.  Au  bout  du  corridor  central  qui  règne  le  long
des  2  séries  de  6  cabines,  se  trouve  une  essoreuse,  actionnée ­
  à  la  main  par  deux  manivelles.  Cette  essoreuse  a
ceci  de  particulier  que,  chaque  manivelle  actionne  la
commande  du  tambour  par  un  embrayage  à  dents,  dont
une  moitié,  celle  qui  porte  la  manivelle,  est  folle  sur
l’arbre  de  commande  et  se  trouve  pressée  par  un  ressort
contre  l’autre  moitié  calée  sur  l’arbre.  De  même  que  pour
la  roue  libre  d’une  bicyclette,  lorsque  le  tambour  de
l’essoreuse  est  lancé,  on  peut  cesser  de  faire  marcher  la
manivelle;  le  tambour  continue  à  tourner  et  les  manivelles ­
  ne  risquent  pas  de  causer  un  accident  en  atteignant ­
  quelqu’un.
Au  l 01 '  étage,  outre  le  logement  de  la  surveillante  et  les
quatre  cabines  de  bain  dont  il  a  été  question,  se  trouvent
deux  cabines  de  lavage  organisées  comme  les  douze  du
rez-de-chaussée,  et  deux  chambres  à  repasser  avec  repasseuses ­
  mécaniques  pour  linge  ordinaire.  Le  grenier  est
organisé  en  séchoir  et  contient  en  outre  les  réservoirs.
Chaque  cabine  de  bain  contient  une  baignoire  en  fonte
émaillée  et  tous  accessoires  nécessaires.  En  outre,  deux
baignoires  mobiles  pour  enfants  peuvent  être  portées
dans  les  cabines,  le  cas  échéant.
On  fait  annuellement  dans  cette  installation,  de  7.500  à
8.000  lessives,  et  le  nombre  des  bains  pris  par  les  mem-
        <pb n="315" />
        ÉTABLISSEMENTS

311

bres  des  familles  étrangers  à  la  fabrique  est  d’environ
2.500.
Pour  les  ouvriers  de  l’établissement,  il  existe  une  installation ­
  de  bains  spéciale  et  proportionnée  au  nombre
d  ouvriers.
L’organisation  que  nous  venons  de  décrire  fonctionne
depuis  1880,  et  donne  satisfaction.
Une  chambre  spéciale  est  destinée  aux  enfants  en  bas
âge  que  leur  mère  ne  peut  laisser  seuls  à  la  maison  quand
elle  vient  laver,  et  ne  peut  avoir  auprès  d'elle  pendant  ce
travail.  On  les  y  surveille  et  on  les  amuse.
Une  vaste  salle  à  manger,  pouvant  contenir  400  personnes, ­
  et  entourée  d’un  préau  planté  d’arbres,  comprend ­
  un  local  pour  cuire  et  un  local  pour  réchauffer  les
aliments.  La  condensation  de  la  vapeur  qui  a  servi  à
cuire  passe  dans  les  appareils  à  réchauffer.  Un  petit  local
spécial  sert  à  loger,  dans  le  plus  grand  ordre,  les  paniers
apportés  par  les  ouvriers.  La  salle  à  manger,  bien  chauffée ­
  en  hiver,  est  claire  et  bien  ventilée  ;  elle  est  d’une
propreté  absolue.  •
Une  cantine  délivre  à  ceux  qui  le  désirent  des  portions
de  soupe,  légumes,  viande,  à  prix  très  réduits;  elle  est
installée  dans  un  bâtiment  appartenant  à  la  fabrique,
mais  elle  est  gérée  —  sous  surveillance  de  la  fabrique
néanmoins  —  par  un  concessionnaire  opérant  pour  son
compte.  Tout  alcool  y  est  interdit.
La  fabrique  loue  une  ferme  dans  laquelle  ou  tient
16  vaches,  belles  bêtes  des  Alpes  bavaroises  ;  elles  alimentent ­
  de  lait  toute  la  colonie:  les  enfants  ont  ainsi  un
lait  excellent,  d’une  pureté  certaine.  Et  les  ouvriers  en
profitent  d’autant  plus  volontiers,  que  son  prix  est  moins
elevé  que  celui  du  lait  vendu  couramment  en  ville.
La  Caisse  des  malades  tait  face  à  ses  dépenses  moyen-
        <pb n="316" />
        312

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

nant  une  cotisation  de  4  1/2  %  des  salaires,  dont  l’ouvrier ­
  paie  les  2/3,  soit  3  %  de  son  salaire  ;  la  fabrique
paie  1  1/2  %.  Cette  cotisation  totale  de  4  1/2  %  prouve,
par  son  chiffre  même,  que  la  Caisse  dépasse  le  minimum
d’allocations  fixé  par  la  loi  ;  car  elle  accorde  également,
des  secours  médicaux  aux  membres  non  travaillants
des  familles.  En  effet,  nous  avons  vu  ailleurs  qu’une  caisse
qui  se  borne  à  allouer  les  secours  prévus  par  la  loi  pour
ses  membres  seulement,  ne  peut  en  aucun  cas  dépasser
une  cotisation  totale  de  4  %  des  salaires;  tandis  que
lorsqu’elle  étend  ces  secours  aux  familles  des  membres,
par  exemple,  elle  peut  aller  jusqu’à  6  %  des  salaires,
limite  extrême  (ouvrier  4  %  et  patron  2  %).
Dans  l’établissement  en  question  donc,  les  membres
des  familles,  en  cas  de  maladie,  reçoivent  gratuitement
tous  médicaments  et  allocations  nécessaires  à  leur  guérison, ­
  bains,  etc.,  pendant  une  durée  de  13  semaines.
Une  infirmière  diplômée  loge  dans  l’une  des  maisons  de
la  colonie,  avec  une  aide.  Elle  soigne  les  malades,  s’occupe ­
  des  enfants  et  ménages  dont  la  mère  est  alitée,
veille  à  l’exécution  des  prescriptions  du  docteur,  et  rend
compte  chaque  jour  de  l’état  sanitaire  de  la  colonie,  à
l’administration.
Une  bibliothèque  pour  enfants  est  installée  dans  une
salle  spacieuse  et  confortable.  Une  collection  spéciale  de
livres  d’images,  livres  d’anecdotes  illustrées  pour  enfants
de  moins  de  6  ans  et  enfants  de  6  à  10  ans,  et  ayant  une
valeur  de  250  à  300  francs,  est  à  la  disposition,  des  enfants
de  la  colonie,  les  dimanches  et  fêles,  après  midi,  de  2  à
4  heures  sous  la  surveillance  de  dames  et  de  jeunes
filles  de  bonne  volonté;  cette  institution  est  précieuse
pour  parents  et  enfants,  en  cas  de  mauvais  temps  sur-
        <pb n="317" />
        ÉTABLISSEMENTS

313

tout.  C’esl  dans  cette  salle  que  la  fabrique  offre  une  fêle
aux  enfants  et  leur  distribue  des  cadeaux  à  Noël.
Une  bibliothèque  pour  adultes  se  trouve  dans  un  autre
bâtiment.  La  salle  de  lecture  mesure  10  mètres  sur  7;
elle  est  très  confortablement  installée.  La  collection  de
volumes  donnés  en  lecture  dans  la  salle  ou  prêtés  à  domicile ­
  a  une  valeur  d’environ  deux  mille  francs.  Les
livres  sont  divisés  en  trois  catégories,  selon  âge  et  intelligence ­
  des  lecteurs,  à  apprécier  par  le  bibliothécaire.
Celui-ci  est  un  employé  de  bonne  volonté.
Il  est  fourni  gratuitement  le  nécessaire  à  ceux  qui  veulent ­
  faire  de  la  correspondance.
Disons  encore  que  la  bibliothèque  enfantine  est  à  la
disposition  des  enfants  les  plus  âgés  qui,  ayant  des  devoirs
déjà  sérieux  à  faire,  ont  quelquefois  de  la  difficulté  à
bien  travailler  à  la  maison,  à  cause  du  bruit  des  plus
jeunes.
Disons  finalement  que  c’est  dans  l’établissement  qui
nous  occupe  que  le  système  spécial  de  chauffage  décrit
ailleurs  pour  un  tissage  de  1.650  métiers,  a  été  étudié
au  point  de  vue  industriel  et  appliqué  pour  la  première
fois.
Ce  système  consiste  a  disposer  dans  le  sous-sol,  tout
le  long  de  l’un  des  murs,  une  triple  ou  quadruple  rangée
de  tuyaux  à  ailettes  très  rapprochés.  L’air  chaud  monte
librement  par  de  multiples  ouvertures  pratiquées  dans
le  sol  de  la  salle,  est  guidé  par  une  cloison  jusqu’à  hauteur ­
  des  fenêtres,  se  répand  dans  la  salle,  redescend  librement ­
  dans  le  sous  sol  par  une  série  d’ouvertures,  et  le
même  cycle  recommence.
Dans  une  salle  de  retordage  de  67  mètres  de  long  et
d’une  capacitéde  16.000  mètres  cubes,  hauteur  de  4  mètres
sous  les  poutres,  pourvue  de  ce  système  de  chauffage,  la
        <pb n="318" />
        314  L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE
différence  de  température  aux  divers  points  de  la  salle  ne
dépasse  jamais  1/2  degré  centigrade.
La  Caisse  d’épargne  possède  pour  une  somme  de
127.000  francs  de  dépôts.  Une  Caisse  de  secours  et  pensions ­
  pour  les  ouvriers  possède  un  capital  de  382.000
francs  dont  les  intérêts  complètent  la  pension  gouvernementale ­
  des  invalides  et  vieillards,  et  soulagent  bien
des  infortunes.
        <pb n="319" />
        Etablissement  n°  28

Fabrique  de  matières  colorantes  Fr.  Bayer  et  C io ,  à
Elberfeld  et  Leverkusen  (Prusse  rhénane).
Cet  établissement  est  certainement,  de  tous  les  établissements ­
  d’Allemagne,  l’un  de  ceux  qui  se  sont  le  plus
occupés  du  bien-être  de  leurs  ouvriers  II  occupe  au
total  environ  5.500  ouvriers.  Le  nombre  des  heures  de
travail  était  de  9  heures  1/2  par  jour  il  y  a  deux  ans
encore  ;  actuellement,  et  depuis  une  année  environ,  on
ne  travaille  plus  que  9  heures  par  jour.  Il  n’y  a  aucun
délai  de  prévenance  et  1  ouvrier  a  le  droit  de  quitter  ou
peut  être  congédié  d’un  jour  à  l’autre.  La  paie  a  lieu
•chaque  semaine,  le  vendredi.
Tout  ce  qui  va  suivre  concerne  l’usine  de  Leverkusen,
située  au  bord  du  Rhin,  entre  Cologne  et  Dusseldorf,
rive  droite.
Chaque  atelier  est  précédé  d’un  grand  vestiaire  pour
hommes  et  d’un  autre  pour  femmes.  Chacun  de  ces  locaux ­
  est  divisé  en  [deux  parties.  La  l re  salle,  en  entrant, ­
  contient  des  tables  avec  autant  de  tabourets  qu’il
y  a-  d’ouvriers  occupés  dans  l’atelier  attenant;  dans  un
coin,  un  appareil  à  ébullition  d’eau  permettant  d’avoir
rapidement  de  l’eau  bouillante  pour  préparer  du  thé  ou
du  café,  et  visa  vis,  un  réchautïeur  pour  les  aliments.
Les  ouvriers  peuvent  séjourner  dans  ce  local  et  y
prendre  des  repas  aux  heures  fixées.
Le  2 e  partie  du  vestiaire  contient  autant  d’armoires
        <pb n="320" />
        316

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

que  d’ouvriers  et  autant  de  cuvettes  avec  chacune  un
robinet  d’eau  fraîche.  Contre  la  paroi  du  fond,  six  a
huit  cabines  pour  douches  et  deux  ou  trois  cabines  de
bain  avec  baignoires  en  fonte  émaillée.  Il  est  défendu
aux  ouvriers  de  manger  sans  s’être  lavé  les  mains  et  la
figure  et  avoir  changé  d’habits,  un  certain  nombre  de
produits  fabriqués  étant  vénéneux.  Ils  se  baignent  ou
prennent  des  douches  à  volonté  après  le  travail  ;  pendant ­
  le  travail,  les  vestiaires  sont  fermés  ;  on  les  ouvre
5  minutes  avant  l’arrêt.  A  midi,  la  pause  est  de  1  heure  1/2
pour  le  dîner.
Un  restaurant  existe  pour  les  ouvriers  célibataires  ou
les  gens  mariés  qui  ne  peuvent  rentrer  chez  eux  pour  le
dîner.  Ils  prennent  des  abonnements  pour  une  semaine
entière,  au  prix  de  2  fr.  50  pour  les  6  jours;  exceptionnellement, ­
  les  cartes  délivrées  pour  une  seule  journée
coûtent  50  centimes.
Pour  celte  somme,  l’ouvrier  a  droit  chaque  jour  :  à  un
demi-litre  de  café  pour  son  déjeuner  ;  à  un  dîner  se  composant ­
  de  soupe,  légumes  et  viande,  et  un  demi-litre  de
café  à  4  heures.  Mais  il  n’est  pas  délivré  de  pain,  l’ouvrier ­
  doit  l’apporter  avec  lui.  Il  doit  apporter  aussi  son
couvert,  assiette,  pot  pour  la  soupe  et  bidon  pour  le  café.
Le  service  est  ainsi  considérablement  simplifié  et  rendu
plus  économique.
Une  pension  pour  jeunes  gens  célibataires  peut  recevoir ­
  124  personnes.  (Il  est  question  ici  de  celle  de  l'usine
de  Leverkusen  seulement,  car  il  y  en  a  d’autres.)
Lile  se  compose  d’un  bâtiment  central  à  un  étage
dans  lequel  est  installé  le  restaurant;  les  deux  ailes  sont
divisées  en  dortoirs  comprenant  chacun  6  lits,  chaque
aile  possédant  une  salle  commune  pour  la  toilette  avec
robinet  d’eau  sur  chaque  cuvette;  chaque  pensionnaire
dispose  d’un  bon  lit,  d’une  armoire  disposée  en  coin-
        <pb n="321" />
        ETABLISSEMENTS

317

niode  à  sa  partie  inférieure  et  d’une  chaise.  Chaque  semaine ­
  on  change  les  essuie-mains,  tous  les  15  jours  les
draps  de  lit  et  laies  d’oreiller  et  toutes  les  4  semaines,  les
taies  d’édredon.  Les  locataires  paient  par  jour  87  centimes ­
  1/2;  mais,  si  par  exception,  ils  y  passent  moins  de
quatre  nuits,  le  prix  est  de  50  centimes  par  nuit.
Si  le  locataire  veut  aussi  prendre  sa  pension  au  restaurant ­
  qui  occupe  le  bâtiment  central  (et  qui  est  absolument ­
  indépendant  du  restaurant  dont  il  a  été  question
précédemment),  il  paie  1  fr.  19  centimes  par  jour,  en
outre  du  logement.  Pour  ce  prix,  il  a  droit  au  diner,  au
souper;  chaque  jour,  le  dîner  se  compose  de  soupe,  rôti
avec  sauce,  légumes  et  pommes  de  terre;  le  souper,
de  pommes  de  terre  en  sauce  ou  de  soupe  aux  légumes
avec  une  viande  ou  saucisson.  Pour  sa  semaine,  on
lui  donne,  en  outre,  une  demi-livre  de  beurre  et  125
grammes  de  café  moulu,  ce  dernier  lui  permettant  de  se
préparer  lui-même  son  café  dans  la  salle  attenante  au
vestiaire  de  son  atelier  ;  (les  ouvriers  peuvent  aussi
loger  seulement  à  la  pension  et  prendre  des  cachets  à
2  fr.  50  par  semaine  à  la  cantine  décrite  précédemment).
A  10  heures,  toute  l’année,  tout  le  monde  doit  être
couché.  Les  locataires  sont  tenus  à  se  baigner  au  moins
deux  fois  par  semaine  et  changer  deux  fois  de  linge.
La  salle  du  restaurant  reste  ouverte  presque  vers  dix
heures  et  tient  lieu  de  salle  de  réunion  ;  elle  possède  plusieurs ­
  journaux.
Il  existe  un  établissement  du  même  genre  pour  les
ouvrières;  c’est  un  bâtiment  à  deux  étages.  Le  rez-dechaussée
  est  occupé  par  une  école  de  tenue  de  ménage
dans  laquelle  les  jeunes  ouvrières  apprennent  à  cuire,
coudre,  repasser,  etc.,  à  tenir  des  comptes,  acheter  des
denrées  alimentaires  et  les  utiliser  économiquement  et
pratiquement,  etc.,  etc.
        <pb n="322" />
        318

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

Une  Maternité,  installée  aussi  parfaitement  qu’il  est
possible,  au  l or  étage  d’un  magnifique  bâtiment,  situé
au  grand  soleil  et  au  grand  air,  peut  recevoir  douze  pensionnaires ­
  ;  une  petite  salle  spéciale  sert  à  tout  ce  qui
concerne  la  stérilisation  du  lait  selon  le  procédé  Soxiilet,
au  dosage  des  flacons,  etc.  Le  rez-de-cliaussée  est  occupé ­
  par  l’administration,  les  cuisines,  etc.  Les  soins
sont  entièrement  gratuits.  En  outre,  il  est  fait  le  nécessaire ­
  par  la  fabrique  —  le  cas  échéant  —  pour  que  le
ménage  de  la  mère  absente,  et  ses  enfants,  ne  soient
pas  négligés.
Les  Maisons  ouvrières  logent  environ  350  familles,
jusqu’ici.  lia  été  construit  3  types  différents  de  maisons,
chacun  installé  pour  quatre  familles.  Là  aussi,  on  a  fini,
après  expérience,  par  adopter  le  système  qui  consiste  à
ménager  à  chaque  famille  son  entrée  séparée  et  à  lui
permettre  de  s’isoler  complètement  des  trois  autres.
Depuis  plusieurs  années,  toutes  les  maisons  construites ­
  l’ont  été  sur  ce  type  :  au  point  de  vue  de  l’hygiène
et  plus  encore,  à  celui  de  la  paix  et  de  la  tranquillité,  lu
différence  est  considérable.  Et  c’est  une  considération
de  grande  valeur  dans  une  colonie  de  celte  envergure.
Toutes  les  maisons  sont  pourvues  de  caves,  elles  sont
construites  en  briques,  couvertes  en  tuiles,  et  sont  à  un
étage  et  mansardes  habitables.  Chaque  maison  est  entourée ­
  de  jardins  d’une  superficie  suffisante  pour  que
chaque  locataire  dispose  de  100  à  120  mq.  de  jardin-Chaque
  année,  il  est  distribué  6  prix  à  ceux  des  locataires ­
  dont  les  jardins  sont  les  mieux  entretenus  ;  cette
disposition  concerne  autant  les  jardins  du  devant,  du
côté  des  rues,  et  qui  sont  plantés  en  fleurs,  que  les  jardins ­
  situés  derrière  les  maisons;  ceux-ci  sont  plutôt  cultivés ­
  en  légumes.
        <pb n="323" />
        ETABLISSEMENTS

319

L’entretien  intérieur  des  logements,  c'est-à-dire  les  tapisseries, ­
  la  peinture,  le  blanchiment,  est  aux  frais  du  locataire. ­

Il  a  été  adopté  8  ou  9  types  d’architecture  différents
pour  la  construction  des  maisons,  de  sorte  que  la  colonie
est  loin  d’avoir  l’aspect  monotone  qui  caractérise  souvent ­
  les  cités  ouvrières.
Détail  assez  particulier  :  il  est  absolument  interdit  aux
locataires,  quels  qu’ils  soient,  d’avoir  des  chiens.
Diverses  donations,  formant  ensemble  la  somme  de
94.000  fr,,  ont  été  faites  par  des  membres  de  l’administration ­
  de  la  fabrique;  les  intérêts  5  %  de  ce  capital  sont
utilisés  pour  payer  les  frais  d'envoi  d’enfants  cbétifs  ou  de
femmes  malades,  dans  des  maisons  de  convalescence  ou
stations  thermales.
La  Caisse  de  secours  possédait  en  1902,  plus  d’un  million ­
  de  francs,  provenant  de  dons  faits  successivement
à  cette  œuvre  par  décision  des  assemblées  générales  des
actionnaires.  Cette  Caisse  reçoit  en  moyenne  une  dotation ­
  annuelle  de  125.000  fr.  La  fabrique  sert  à  ce  capital
un  intérêt  de  5  %,  soit  une  somme  annuelle  de  50.000
francs  utilisée  pour  venir  en  aide  à  toutes  les  familles
éprouvées  d’une  manière  quelconque  et  ayant  besoin  de
secours.  Ces  secours  sont  pour  tous,  mais  plus  particulièrement ­
  encore  à  la  disposition  de  ceux  des  ouvriers
qui  sont  occupés  depuis  longtemps  dans  les  usines  de
la  Société.  Pour  la  distribution  des  secours,  il  est  pris
l’avis  de  Comités  de  10  membres  ouvriers  choisis  dans
les  divers  ateliers  par  l’administration  (un  Comité  pour
chacune  des  deux  usines  principales).
Celte  somme  sert  également  à  compléter  les  pensions
d’invalidité  ou  de  vieillesse  servies  par  l’assurance  gou-
        <pb n="324" />
        320

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

vernementale  et  à  mettre  ainsi  des  ouvriers  âgés  ou
infirmes  à  l’abri.
Puis  encore,  à  distribuer  des  secours  aux  femmes  des
réservistes  ou  territoriaux  appelés  à  faire  une  période
d'exercices.
Il  est  distribué  des  primes  d’ancienneté.  Cette  institution ­
  n’a  rien  à  voir  avec  la  précédente,  car  ces  primes
ne  sont  pas  considérées  comme  un  secours.
Après  une  première  année  de  service  complète,  tout
ouvrier  touche  une  prime  de  37  fr.  50;  deux  ans  plus
tard,  c’est-à-dire  après  trois  années  de  service,  il  touche
68  fr.  75;  trois  ans  après,  soit  lorsqu’il  a  6  années  de
présence,  il  touche  112  fr.  50  ;  après  10  années  162  fr.  50,
après  15  ans,  228  fr.  ;  après  20  ans,  231  fr.  ;  après  25  ans,
250  fr.  ;  en  outre,  à  25  ans  de  service  on  lui  remet  encore ­
  un  cadeau  jubilaire  de  125  fr.,  ce  qui  fait  qu’il  a
touché  au  total  et  successivement,  après  25  ans  de  service, ­
  une  somme  de  1.200  fr.  à  titre  de  primes  d’ancienneté. ­
  Après  25  ans  de  service,  les  primes  continuent  a
croître  de  5  ans  en  5  ans;  à  50  ans  de  service,  la  prime
est  de  500  fr.,  et  l’ouvrier  a  touché  en  tout,  comme
primes,  la  somme  de  3.125  fr.
La  Caisse  d’épargne  donne  un  intérêt  de  5  %  aux  déposants. ­
  Le  fait  qu’un  ouvrier  possède  un  dépôt  a  la
Caisse  d’épargne  n’a  —  le  cas  échéant  —  aucune  influence ­
  sur  la  décision  du  Comité  de  répartition  des  secours; ­
  donc,  un  ouvrier  reconnu  nécessiteux  ou  digne
d’un  secours,  recevra,  le  cas  échéant,  tout  aussi  bien  ce
secours,  qu’il  possède  ou  ne  possède  pas  un  compte  a  la
Caisse  d’épargne  ;  les  dépôts  sont  limités  à  la  somme  de
1.250  francs.
La  Caisse  des  malades  comptait  en  1901,  un  total  de
        <pb n="325" />
        ÉTABLISSEMENTS

321

4  756  membres.  Pendant  cette  année  là,  les  cotisations

payées  par  les  ouvriers  se  montaient  à.  ...  84.500  fr.
La  cotisation  légale  de  la  fabrique  à  42.300  »
La  cotisation  supplémentaire  et  volontaire ­
  de  la  fabrique  à  56.200  »
Ensemble  183.000  Ir.
Les  dépenses  se  montaient  à  :
Indemnités  pour  jours  de  maladie  65.600  fr.
funéraires  4  800  »
Honoraires  de  médecins  46.400  »
Médicaments  et  appareils  21.200  »
Frais  de  traitement  dans  les  hospices,
bains,  maisons  de  convalescence  50.000  »
Ensemble  188.300  fr.

La  différence  est  couverte  par  les  intérêts  de  la  fortune ­
  de  la  Caisse,  laquelle  se  montait  à  116.000  fr.
Les  médecins  de  la  Caisse  (au  nombre  de  quatorze),
donnent  gratuitement  leur  consultation  aux  membres
des  familles  des  ouvriers.  Trois  médecins  sont  d’ailleurs
attachés  spécialement  aux  usines  et  font  partie  du  personnel. ­

Une  Clinique,  installée  aussi  parfaitement  que  possible ­
  et  pourvue  de  tous  appareils  et  instruments  nécessaires, ­
  reçoit  les  malades  ou  blessés.
Une  Bibliothèque  gérée  par  un  Comité  d’employés  et
d  ouvriers,  possède  environ  6.000  volumes,  et  est  à  la
disposition  des  employés,  ouvriers  et  ouvrières  ayant
au  moins  une  année  de  service  dans  les  usines.  Les  livres
s ont  prêtés  pour  une  durée  maxima  de  4  semaines.  Il
11  est  pas  prêté  de  livres  à  un  ménage  dans  lequel  se
21
        <pb n="326" />
        322

l’industrie  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

trouve  un  malade  atteint  de  maladie  contagieuse.  Les
livres  qui  pourraient  se  trouver  en  sa  possession  sont
retirés  et  désinfectés.
Une  Ecole  de  métiers  a  pour  but  de  faire  faire  un  apprentissage ­
  sérieux  et  complet  aux  fils  d’employés  ou
ouvriers;  ils  sont  admis  après  un  examen  préliminaire-Leur
  instruction  théorique  est  complétée  en  même  temps-La
  durée  des  cours  et  de  l’apprentissage  est  de  trois  années ­
  et  demie;  chaque  apprenti  admis  doit  signer  un
contrat.
Le  contrat  peut  être  rompu  de  part  et  d’autre  pendant
les  deux  premiers  mois  sans  autres  difficultés  ;  plus  tard,
il  ne  peut  l’être  que  dans  certaines  conditions.  Cet  apprentissage ­
  est  gratuit,  et  les  élèves  reçoivent  un  certain
salaire  pour  leurs  travaux.
Une  Société  coopérative  dirigée  par  un  Comité  compose
d’employés  et  ouvriers,  a  pour  but  d’approvisionner  les
ménages  le  plus  économiquement  possible.  Il  est  constitué ­
  un  fonds  de  réserve  au  moyen  de  prélèvement  sur
les  bénéfices  annuels  ;  le  bénéfice  net  restant  est  réparti
entre  les  membres  au  prorata  des  achats  faits  pendant
l’année.
Il  existe  encore  une  Société  chorale,  une  Société  instmmentale
  et  diverses  fondations  concernant  les  employes,
entre  autres,  une  Caisse  de  pensions  pour  les  employes
âgés,  les  veuves  et  les  orphelins  d’employés,  et  qui  p° s '
sédait  en  1902environ  1.600.000  fr.  de  capital,  ellecomp'
tait  à  cette  époque  738  membres.  Nous  ne  nous  y  arrêterons ­
  pas  autrement.
        <pb n="327" />
        RÉSULTATS
DES
ÉTABLISSEMENTS
        <pb n="328" />
        324

l’industrie  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

RÉSULTATS  DES  ÉTABLISSEMENTS

325

Tableau  iv  33.

BAVIÈRE  TS  BAVIERE
RÉSULTATS  DES  ÉTABLISSëME^^  ACTIONS,  DE  1897  A  1904

PORTION
de
CAPIT*?

RENDEMENT
MOYEN  DES  ACTIONS  POUR  LA  SÉRIE
d’années  :

Ligations

nombre
do
MÉTIERS

NOMBRE
de
broches

CAPITAL
actions

DÉSIGNATION

OBSERVATIONS

des
ÉTABLISSEMENTS

depuis

T J M  1904
.francs

1897
1898
1899

1900
1901
1902

1903
190-1

Kr.mc

Francs

1  Wo
1  *ture  et  tissage
763.000  7
,  62d.0OO  195
•SoO.OOO  175
250.000  0
ï  608.000  91
-494.000  6 S

Etablissements  ^
I  930.000

1°

900

39.000
127.000
124.000
30.000
59.000
47.000
102.000
34.000
59.000
43.000
47.000

\u

Hau.  S.  W  ...
Me.  S.  W
Me.  S.  W....
S.  W.  U
Me.  S.  W—
AU.  S.  W  ...
N.  S.  W
Me.  S.  W....
Aie.  S.  W....
S.  et  B  W  ..
S.  W.  Ko  ...

4.500.000
4.500.000
2.500.000
2.075.000
3.750.000
3.120.000
1.930.000
2.250.000
1.875.000
3.222.000

17

3.000

2D  ¡

Au.

8«

2.000

125

+  1.500  br.  a  ret.
-F  1.600  br.  à  ret,

Bain

340

....  Ay

700

Bay.

3«

1.290

Blai.

16

040

11P

Ho.

9*

700

Kau

100

IO«

¿.242

Kern

15.ÒÒÒ

980

Pfe

8°

1.090

ooo

Kot

3.216

¿405.000

31.652.000

6 4

95

13.500

pi

717.000

moyenne  82.

11  Etablissements

aÿ

seulement
ao  ¿5

Etablissements
1.562.000

%2

02

43.000
45.000
147.000
25.000
65.000
53.000
57.000
100.000
70.000
47.000
46.000

B.  F.  S  Au.]
B.  S.  Sen  Au.
B.  S.  a  S  ta  Au.
S.  Wer  Au.
N.  B.  S  Bay.
B.  S.  Er  Erl.
S.  N.  Ho  Ho.
Vo.  B.  S  Ho.
B.  S.  Kol  Mu
K.  S  Ku.
B.  S.  Sp  Spe.

1.250.000
4.275.000
750.000
2.000.000
1.000.000
1.500.000
1.500  000
1.875.000
1  560.000
1.205.000

11«

175

-P  2.000  br.  à  ret
•+■  2.000  br.  à  ret

2  S 2 -°°0
600.000
401.5( ,()
I

4«

1»

6«

27

63

33

15

11

I43

25?

+  3.000  br.  a  ret
moyenne  5 7 .

420

00°

27

.0#

¿¿»7.500

18.477.000

0P

t .  O
1  seulement
¿0.000  so

698.000

11  Etablissements

*  •  gys
Etablissements

678.000
963.000
1.000.000
321.000

82

5 U

970
210
720
530

128

B.  W.  Zü  Au
Me.  W.  Fi  Au
Me.  W.  à  Mu  ...  Pfe
Me.  W.  Fis  Fis

157%

10«

Jacquard,
moyenne  11 4

14 4

17 5

¿¿¿00  78  n
teinture,  apprêts
; 0j 6.ooo  0/  is

2.962.000

11

3.430

IV

tP

4  Etablissements

fils

yant

Etablissements

1- °98.()oo

2.750.000
3.750.000

1.000
850

couleurs
couleurs

19.000
46.000

A.  B.  W.  y.  R...  Au
B.  S.  W.  La..  Lamp

27

¿¿.000

6.500.000

1.850

moyenne  0 7

65.000

2  Etablissements

Récapitulation

Récapitulation

2l0

11
45 3.500

31.652.000
18.477.000
2.962.000
6  500.000

ï:o#

13.560

717.000
698.000

Filature  et  tissage.
Filature  seulement
Tissage  seulement.
F.  T.  T.  A

En  huit  années,  sur  223
inventaires,  58,  c.-à.-d.  26
0/oont  été  nulset  n’ont  donné
aucun  dividende.

3.430
1.850

IBS

65.000
17480.000

•

59.591.000

18.840

28  Etablissements

efl*

6ri n

Moyenne  des  28

0/0

ees.
        <pb n="329" />
        326

l’industrie  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

RÉSULTATS  DES  ÉTABLISSEMENTS

327

Tableau  n°  34

SAXE
RÉSULTATS  DES  ÉTABLISSëME“^

SAXE

t‘Au  actions,  dk  1897  a  1904

PORTION
de
CAPITAL

RENDEMENT
MOYEN  DES  ACTIONS  POUR  LA  SÉRIE
d’années  :

^LIGATIONS
à
ïTN  1904
«Francs

NOMBRE
de
MÉTIERS

NOMBRE
de
BROCHES

CAPITAL
ACTIONS

DÉSIGNATION
des
ÉTABLISSEMENTS

OBSERVATIONS

1807
1898
1899

1ÜU0
1901
19  'g

1998
1901

Francs

Francs

o/O

0.0

0  0

lo  Etablissements  ay 3 * 1
'  1.250.000  I  625- 00

Bture  et  tissage

366.000

400

22.000

Moyenne  2 5 .

W.  A  S  Weiss

2°  Etablissements  ay aXl

a ture  seulement

3  •  330.000

1.875.000
1.000.000
250.000
3.750.000
1.562.000
3.125.000
2.625.000
1.250.000

142.000
23.000
15.000
205.000
50.000
100.000
53.000
21.000

lu

Ch.  A.  S  Che.
S.  B.  S.  v.F.L.  Che.
B.  S.  Him  b..  Wies.
L.  B.  S.......  Lei.
B.  S.  Z  Zwi.
B.  S.  Mi  Mit,
G.  S.  AG  Ven
B.  S.  V.  W.  F.  Für

+  2.600  br.  à  ret

2%8.000
-625.000

12 s

12'

14

4  391  000
‘•JiO.COO
^147.000
Íl 8 31.0í’0

23’

28

+  1.200  br.  à  ret.
+  4.700  br.  à  ret.
+  1.000  br.  à  ret

10

15,437,000  1
3°  Etablissements

609.000

Moyenne  r 8 .

8  Etablissements.

Sa ge  seulement
90.000  55

125.0°°

250.000
750.000

520
780

Wol
Mit

L.  B.  W
B  W.  M

125.0°?

"0.000

1.000.000

1.600

Moyenne  3?

2  Etablissements....

.  filatR^ e
4"  Etablissement  ayant  n
I  .  I  1.250.000  1  •  •  '  ’

0f dage,  teinture,  blanchiment
3 02.0(0  171711

+  5.000  br.  à  ret

25  000

A.  M.  M.  AG.  Erd.

Récapitulation

Récapitulation
22.000  400
609.000

625.000
¡25.000

JâS

1.250.000
15.437  000
1.000.000
1.250.000

Fil.  et  tiss
Fil.  seul 1
Tiss.  seul 1 ....
Fil.  Ret.  Teint

10*

-f  9.500  br.  à  ret.
+  5.000  br.  à  ret.

1.600

25.000

00°

750

%

18.937.000

.000

2.000

656.000

12  Etablissements

3!'  0/0

12  Etablisse 11 ^

0/0

Moyenne  des

années  5 53  0/n

üuls,  soit  17 7  O/o  d'inventaires  sans  dividende.

Pendant  ces  8  années,  sur  96  inventaires
        <pb n="330" />
        328

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

RESULTATS  DES  ETABLISSEMENTS

Tub  lean  ii°  35.

WESTPHALIE
RÉSULTATS  DES  ÉTABLISSE*

WESTPHALIE
j E NTS  ACTIONS,  DE  1897  A  1904.

DÉSIGNATION
des
ÉTABLISSEMENTS

NOMBRE
de
BROCHES

NOMBRE
de
MÉTIERS

CAPITAL
ACTIONS
Francs

PORTION
de
CAPITAL

DmI  RENDEMENT
Obligations  moyen  des  actions  pour  la  série

à
pin  1904
Francs

d’années  :

OBSERVATIONS

1897
1898
1899

B.  S  R.  E  Bo
G.  B.  S  Gre.
B.  S.  Ei  Gro.
B.  S.  Gr  Gro.
W.  B.  S  Gro.
S.  Deut  Gro.

6  Etablissements..

35.000
33.000
56.000
76.000
30.000
32.000

262.000

lo  Etablissements  ay a
1.250.000  1  625.000
1.250.000
1.250.000
1.875.000
970.000
1.375.000

jit  Nature  seulement.

i  ü/o

1900
1901
1002

1903
1904

7.970.000

580.

000

1.205

ooo

625.000

*%1.000
700.000

686.000

0
0
82
66
3
o

33

13
08
0
0
0
0

03

0/0
8
105
0
45
0
10

55

+  1.000  br.  à  ret.
)&amp;gt;  »
+  4.500  —
+  9.400  -
+  5.500
+  3.000  —

Moyenne  3  0/0.

B.  S.  Ger

2o  Etablissements  ayant

Ep

56.000

1.394.000

filat ure ’  ^collage,  teinture,  blanchiment.
275.0°°  I  \A055.000  II  0  I  0  I  65

+  2.000  br.  à  ret.

Filature  seulement.
Fil.  Enc.  Teint.  Blan.

7  Etablissements  ...

Récapitulation
262.000

56.000

318.000

7.970.000  l- 205 '

1.394.000

9.364.000

ooo

ooo

275.

000

1.480

0°

3 -686.000
*055.000

,7 41.000

n’ont  do 11 ' 11  41  aucun  dividende;  il  y  a  donc  eu  57  %  d’inventaires  nuis.

de  7  Etablis '
°  sur  il  années

15

Récapitulation
03  55
0  65

015
2H  0/0

+  23.400  br.  â  ret.
+  2.000  —

•f  25.400  br.  à  ret.

Sur  49

inventaires  pendant  cette  période  de  8  années,  28
        <pb n="331" />
        330

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

PRUSSE
RÉSULTATS  DES  ÉTaBLI  SS

Fablean  n°  36.

portion
de
capital
PERDES

DÉSIGNATION
des
ÉTABLISSEMENTS

NOMBRE
de
MÉTIERS

NOMBRE
de
BROCHES

CAPITAL
ACTIONS

1S99

depuis  '
Francs

l'rancs

aßt

lo  Etablissements  ay

3.125.000
1.250.000
2.435.000

51.000
12.000
63.000

750
300
500

G.  S.  et  W

.  ..Gla’

230.000
9  820.000

L.  M.  a.  g  Gla
K.  S.  et  W  Ko

3.050  030

126.000

6.810.000

3  Etablissements....

1.550

2o  Etablissements  ay al1

i.oio.ooo
120.000
468-00°

65.000
35.000
16.000

Kr.  B.  S  Ivre.
B.  S.  Ue  Uer.
D.  B.  S.  AG  Diil

1.440.000
1  250.000
1.400.000

.598.00°

3  Etablissements.

116.000

1.030.000

3°  Etablissements  ayant  fila tur
»  3.000.000  594.000
»  1.436.000  »  _

S.  a.  g.  V.  Fr.  Iv.  Gla.
A.  G.T.w  Düss.

33.000
20.000

594.000

2  Etablissements

53.000

4.436.000

Récapitulation

3.050.00°
1.598.00°
594.0°°

Filature  et  tissage
Filature  seulement...
Fil.  Tein.  Blan.  Enc.

126.000
116.000
53.000

1.550

6.810.000
4.090.000
4.439.003

o  00°

8  Etablissements

295.000

1.550

15.336.000

O  •  ^

o/o

34«

oit

Pendant  ces  8  années,  sur  60  inventaires  annuels,  39  inventai^'"'
        <pb n="332" />
        RÉSULTATS  DES  ÉTABLISSEMENTS

331

RHÉNANE.
‘‘ar  actions,  de  1897  a  1904.

DANNEES  :

onim  ,  I  RENDEMENT
"LIGATIONS  MOYEN  DES  ACTIONS  POUR  LA  SÉRIE

à
FIN  1904
Francs

1897
1898
1899
0/n

1900
1901
1902

Nature  et  tissage.

475.000
*360.000

835.000

6
4
17

3»

o/n
3«
1
O

1903
1904

15

0/n

o
1»
0

OBSERVATIONS

9  2

4-  9.100  br.  à  ret.
»  »
4-  7.000

Moyenne  ¿5.

til

^türe  seulement.

*•6$

5.000
»
»

1.62

«o.000

0
13
0

O'*

43

+  2.000  br.  à  ret.
»  »
+  3.000  —

Moyenne  1  °.

future,  blanchiment,  encollage.

*140.000
!•  140.000

3 2
1«

94

05

4-  5.000  br,  à  ret.

Moyenne  1.

*•835.000
'  *625.000
**40.000

Récapitulation

,*•600.000
8  Etabli,
V  année.

%

39
0
04

1»
0*
0
Oc
16^0/0

92
43
05

4  16.100  br.  à  ret.
4-  5.000  -
4-  5.000  —

26.100

6/0  n’ont  donné  aucun  dividende.
        <pb n="333" />
        332

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

RESULTATS  DES  ETABLISSEMENTS

333

Tableau  n°  37.

WURTEMBERG
RÉSULTATS  DES  ÉTABLISSEV^*^

WURTEMBERG
''AU  ACTIONS,  DE  1897  A  1901.

DÉSIGNATION
des
ÉTABLISSEMENTS

NOMBRE
de
BROCHES

NOMBRE
de
MÉTIERS

CAPITAL
ACTIONS
Francs

POlVilON
de
capital
perdu»
depuis  B)#
Francs  ,

nn,  ■  RENDEMENT
OBLIGATIONS  moyen  des  actions  pour  la  série
,  d’années  :
a
pin  1904
Francs

1897
1898
1899

±o  Etablissements  ay aJl

I  0/n
filature  et  tissage.

1900
1901
1902

W.  S.  et  W  Ess.
S.  D.  B.  1  Ivuc.

2  Etablissements

51.000
56.000

107.000

620
1.350

1.970

2.880.000
2.500.000

5.380.000

537.000

537.000

7*
6*

68

o:o
6%
3i

1903
1904

47

o/n
10
7«

OBSERVATIONS

88

Moyenne  68  0/0.

B.  S.  U  Unt
B.  S.  W  Wan

2  Etablissements  ...

58.000
40.000

98.000

2°  Etablissements  33 ra
2.125.000
900.000

ut  Nature  seulement.

3.025.000

840.0°°

840.00°
078  0/0

1 -040.000
437.000

f  477.000

0
15

07

25

Moyenne  1  0/0.

Filature  et  tissage...
Filature  seulement..

4  Etablissements  ...

Récapitulation
107.000  1.970
98.000  »

Récapitulation

205.000

1.970

5.380.000
3.025.000

8  405.000

840

.000

840.00°
10  o/o

537.000
1-477.000

Pendant  cette  période  de  8  années,  sur  32  inventaires  annuel 3 ’
concernent  exclusivement  les  établissements  n’ayant  que  filature.

•014.000
—  de  4  Etablisses ­
  sur  8  années

6 8
0

34

47
07

27
393  0/0

88
25

57

1,lv entaires,  soit  40  5  0/0  n’ont  donné  aucun  dividende.  Ces  13  inventaire*
        <pb n="334" />
        335

334

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE.

RÉSULTATS  DES  ÉTABLISSEMENTS

l'ableau  n°  38.

GRAND  DUCHE
RÉSULTATS  DES  ÉTABLISSE!^ 1  _

DÉSIGNATION
des
ÉTABLISSEMENTS

NOMBRE
de
BROCHES

NOMBRE
de
MÉTIERS

CAPITAL

Francs

POBTlOtf
de
capita
PERDUE

depuis

Francs

lo  Etablissements  ay

aßt

B.  S.  &amp;amp;  W.  Ar..  Arl.
K.  S.&amp;amp;  W  Kol.
S.  et  W.  O  Oil.
S  et  W.  St  Stei.
S.  et  W.  Sch  Ze.

5  Etablissements.

63.000
35.000
39.000
32.000
18.000

187.000

1.160
900
600
1.200
360

4.220

3.858.000
1.750.000
1.800.000
2.000.000
625.000

10.033.000

R.  Mü.  AG  Gut.
B.  B.  S.  &amp;amp;  W.  AG.  Neur
M.  W.  Ze  Ze.

3  Etablissements

160
950
1.060

2°  Etablissements  ay aîl
»
1.125.00°

2.170

750.000
691.000
875.000

2.316.000

.125.00°

G.  S.  &amp;amp;  W.

Ett.

3o  Etablissement  ayant  filataU^
45.000  I  1.660  I  3.935.000

D E  BADE.
actions  de  1897  a  1904.

Récapitulation

Filature  et  tissage...
Tissage  seulement...
Fil  tiss.  teint,  blanc.

9  Etablissements  ...

187.000
»
45.000

232.000

4.220
2.170
1.660

8.050

10.033.000
2.316.000
3.935.000
16.284.000

OBLIGATIONS
'  à
Fix  1904
^Prancs
fil

RENDEMENT
MOYEN  DES  ACTIONS  POUR  LA  SÉRIE
d’années  :

1897
1898
1899

0/0

1900
1901
1902

®ture  et  tissage.

386.000
1-750.000
387.000

2.5

023.000

6»
12«
32
57
»

o/o
58
116
02
47
3

1903
1901

0/0
6«
112
0
5
6«

OBSERVATIONS

58

Moyenne  5  9«  0/0.

'lia

sage  seulement.
6
0
76

*•  690.000
911.000

2.601

.000

Us

4«

7
0
67

46

32
2
4

Moyenne  4  0/0.

5s age,  teinture,  blanchiment.
3 -l25.000  :  6 :t  I  4&amp;lt;  I  4

Récapitulation
5  I  5 8

•523.000

•601.000
3-125.000

ooo

1.125.

4»

46

63

44

125.000

-49.000

59

Ali

4 3

; en ”Nc  9  Elablis-®
 nis  sur  8  années.

7  0/0

486  0/0

Moyenne  4*  0/0.

Pendant  cette  période  de  8  années,  sur  69  inventaires  annuels,  13  iu ve  lr&amp;lt;ii b  soit  18 8  0/0  n’ont  donné  aucun  dividende
        <pb n="335" />
        337

22

336

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

RÉSULTATS  DES  ÉTABLISSEMENTS

Tableau  n°  39.

RESULTATS  DE

Hannover  ET  provinces  diverses
5S  établissements^  actions  de  1897  A  1904

DÉSIGNATION
des
ÉTABLISSEMENTS

F.  H.  IL  a.  g..  Osn.
Han.  B.  S.  et  W.  Lin
P.  et  S.  AG—  Mag.

NOMBRE
de
BROCHES

NOMBRE 1 ,  CAPITAL

do

MÉTIERS

PORTION
de
capital
perdue

,  1300

Francs

depuis

Franc

Dannées  :

ORi  iPArr  n»ifi  '  RENDEMENT
“LIGA  1  IONS  moyen  des  actions  pour  la  série
à
FIN  1004
»Francs

1897
1898
1899

o/o

1900
1901
1002

0/0

1903
1901

o/n

OBSERVATIONS

1°  Etablissements  ayant  filature  ti Ssagej  teinture,  blanchiment  et  apprêts

3  Etablissements.

47.000
59.000
15.000

121.000

900
130
200

1.230

3.750.000
812.000
2.625.000

7.187  000

.335.00°

2.335.000

2.470.000
2.045.000

4.515.000

27
48

38

65
0
13

SS

+  9.000  br.  à  ret.
+  8.000  br.  à  ret.
+  5.000  br.  à  ret.

3?  Moyenne  335  0/q.

2°  Etablissement  ayant  filature

W.  S.  et  S....  Old.l

18.000  I

930.000

tinture,  blanchiment,  encollage
225.000  !  8 e  I  l 3  I  4 3  II  Moyenne  4 8  0/q.

3"  Etablissements  ay

a» 1.

tis

Me.  W.  z.  L...  Han.
F.  V.  d.W.  A.  G.  Dink.

2  Etablissements.

1.870
150

.020

5.062.000
129.600

5.191.600

sage,  teinture,  apprêts
3.750.000

3.750.000

63
6

6i

53
9

72

5s

Spéc.  velours,  moleskine.

Moyenne  6 2  0/q.

Récapitulation

Fil.  tiss.  teint,  bl
Fil  teint,  encol
Tiss.  teint,  app

6  Etablissements.

121.000
18.000

139.000

1.230

2.020

3.250

7.187.000
930.000
5.191.600

2.335.

35.000

13.308.600  I  2.335

OOO

Récapitulation

4.515.000
225.000
3.750.000

8.490.000

38
80
6‘

25
13
72

37
45
55

6'

37

40

f  22.000  br.  à  ret.

Moyenne  de  6  Etablisse#^
En  8  années,  sur  44  inventaires  annuels,  il  y  en

8  années.  48  O/o
318  O/o,  qui  n’ont  donné  lieu  à  aucun  dividende.
        <pb n="336" />
        339

338

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

Tableau  n°  40.

ALLEMAGNE
RÉSULTATS  DR  74  ÉTABLISSEMENTS

11
O  m
%  H

11
1
3
2
5

11
8
6
3
2

30

NOMBRE
de
BROCHES

de
MÉTIERS
à
TISSER

de
BROCHES
de
RETORDAGE

CAPITAL
ACTIONS
Francs

PORTION
de
CAPITAL
perdue
depuis  1899
Francs

717.000
22.000
126.000
107.000
187.000

1.159.000

13.560
400
1.550
1.970
4.220

21.700

3.100
16.100'

lo  Etablissements  ay aïlt
3.210.000
625.000
3  050.000

19.200

31.652.000
1.250.000
6.810.000
5.380.000
10.033.000

45.125.000

6.885.000

2°  Etablissements  a

yant

698.000
609.000
262.000
116.000
98.000

1.783.000

7.000
9.500
23.400
5.000

44.900

18.477.000
15.437.000
7.970.000
4.090.000
3.025.000

48.999.000

1.062.000
î  *205.000
1.598.000
840.000

4.705.000

3°  Etablissements  ay

a#t

3.430
1.600
2.170

7.200

2.962.000
1.000.000
2.316.000

6.278.000

"  125.000
1.425.000

1.250.000

4°  Etablissements  ayant  filature

65.000
45.000
121.000

231.000

1.850
1  .660
1.230

4.740

22.000

ï.  000

6.500.000
3.935.000
7.187.000

17.622.000

¿'.335TX#.
2.335.000

5°  Etablissements  ayant  filature-25.000


56.000
53.000
18.000

152.000

5.000
2.000
5.000

12.000

1.250.000
1.391.000
4.436.000
930  000

8.010.000

'¿7¿:Ó00
594.000
869.000

2.020

6°  Etablissements  ayant  tissaO e ’
I  I  5.191.600  I  _

RESULTATS  DES  ETABLISSEMENTS

Récapitulation
cotonniers  par  actions  de  1897  a  1904

OBLIGATIONS
à
fin  1904
Francs

RENDEMENT
MOYEN  DES  ACTIONS
POUR  LES  SÉRIES  D’ANNÉES

1897
1898
1899

filature  et
7.405.000
366.000
1.835.000
537.000
2.523.000

o/o
tissage
9 3
3 3
3°
6*
7

1900
1901
1902

12.666.000

6'

o/o
6 4
O 3
l 5
4 7
5

1903
1904

3 e

o/o
8 U
4
2' 2
8»
5*

OBSERVATIONS

ÎbcS
':3g

5«

o/o
20-'
25
50
0
13=PAYS


ou
PROVINCES

2l 8

Bavière.
Saxe.
Prusse  rhénane.
Wurtemberg.
Duché  de  Bade.

filature  seulement

8.857.500
7.831.000
3.686  000
1.625.000
1.477.000

6
10*
3 3
0
0

23.476.500

3°

4-î
6 5f
0 3
O 4
0 7

2 4

6°
9”
5 5
4»
2=21°


172
56
77
81

50

Bavière.
Saxe.
Westphalie.
Prusse  rhénane.
Wurtemberg.

tissage  seulement
1.093.000  7«
90.000  4 7
2.801.000  4 5

3.784.000

5 7

11
3 4
4«

6 3

15'
3
3

7'

25«
31 3
33 3

30 1

Bavière.
Saxe.
Duché  de  Bade.

tissage,  teinture,  apprêts
1.098.000
3.125.000

4  515.000

8.738.000

l 4
6 3
3 8

3 K

0 7
4‘
95

0
4
3 7

81
0
45

42

Bavière.
Duché  de  Bade.
Hannover  et  Prov.

Retordage,  encollage,  teinture,  blanchiment

302.000
2.055.000
1.140.000
225.000

3.722.000

7
0
2 4
8"

7
0
0
l 3

2‘

7
6 5
O 5
4 5

4«

0
66«
68«
25

40

Saxe.
Westphalie.
Prusse  rhénane.
Hannover  et  Prov.

teinture,  blanchiment,  apprêts
750.000  I  6 1  I  7*  |  5-'

18 8

Hannover  et  Prov.
        <pb n="337" />
        —  O

w&amp;amp;r

■Pt

*

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

310

INVENTAIRES
sans
DIVIDENDES

O  —I

S  ©

O  CO  (N  O  (Z!  (N

w

J

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w

&amp;lt;a  2

«  2

Z

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W  «

O

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y.  co

G  (N

a

Z

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H

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H

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H  —

O

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W

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a  w

K

h  —

K  g

W

Z

a  oí

O

H  —

&amp;lt;

r-  »CÖ  &amp;amp;

W

J

J

3  S

p  w

K  r C

NOMBRE
d’établissements
        <pb n="338" />
        341

RÉSULTATS  DES  ETABLISSEMENTS

I  £

55.2

8  &amp;gt;

waxooo

CO  CD  O  O  O

en

(Ninxio

  o

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O

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tue«

O  0-
        <pb n="339" />
        H
        <pb n="340" />
        *

—-•Mi

  V
        <pb n="341" />
        Tablean  n°  43.

Résultats  de  40  Établissements  par  Actions  en  1905.

DÉSIGNATION

DES

ÉTABLISSEMENTS

NO  MBUE
DE
BROCHES

IIau.  S.  et  W..  .Au.
Me.  S.  et  W...  .Au.
Me.  S.  et  W...Bam
Me.  S.  et  W...Bay.
All.  S.  et  W  Bla.
N.  S.  et  W  Ilo.
Me.  S.  et  W...  Kau.
Me.  S.  et  W..  Kem.
S.  et  B.  W....  Pfe.
S.  et  W.  U  Ay.
G.  S.  et  W  Gla.
L.  et  M.  AG  Gla.
K.  S.  et  W  Ko.
W.  S.  et  W....Ess.
K.  S.  et  W  Kol.
S.  et  W.  O  Of.
S.  et  W.  S  Sie.

B.  F  S  Au.
B.  S.  Seu  Au.
B.  S  a  S  ta  Au
S.  Wer  Au.
N.  B.  S  Bay.
B.  S.  Er  Erl.
S.  N.  ho  lío.
Vo.  B.  S  Ho.
B.  S.  Kol  Mu.
K.  S  Kul.
B.  S.  Sp  Spe.
Ch  A.  S  Che.
I..  II.  ^........  Lei.
B.  S.  Zw  Zwi.
B.  S.  R  E  Bo.
Gr.  B.  S  Gre.
S.  Deut  Gro.
K  r.  B.  S  .«•.«»«  K  re.
B.  S.  Ue  Uer.

B.  W.  ZÖ  Au.
Me.  W.  Fi  Au.
Me.  W.  a.  Mü.  Pfe.
Me.  W.  Fis  Fis.

39.000
127.000
124.000
59.000
47.000
102.000
34.000
59.000
43.000
36.000
51.000
12.000
63.000
51.000
35.000
39.000
32.000

43.000
45.000
147.000
25.000
65.000
53.000
57.000
100.000
70.000
47.000
46.000
142.000
205.000
50.000
35.000
33.000
32.000
65  000
35.000

NOMBRE

METIERS

NOMBRE
DE
BROCHES
A
RETORDRE

NUMERO
MOYEN
FILÉ
FRANÇAIS

CAPITAL

ACTIONS

Francs

1.930.000
4.500.000
4.500.000
2.075.000
3.750.000
3.120.000
1.930.000
2.250.000
1.875.000
2.500.000
3.125.000
1.250.000
2.435.000
2.880.000
1.750  000
1.800.000
2.000.000

1.562.000
1.250.000
4.275.000
750.000
2.000.000
1.000.000
1.500.000
1.500.000
1.875.000
1.560.000
1.205.000
1.875.000
3.750.000
1.562.000
1.250.000
1.250.000
1.375.000
1.440.000
1.250.000

678.000
963.000
1.000.000
321.000

CAPITAL

OBLIGATIONS

Francs

AMORTISSEMENT
STATUTAIRE
EFFECTUÉ
en  1905

763.000
625.000
1.550.000
608.000
1.494.000

1.115.000
1.250.000
))
475.000
1.360.000

386.000
1.750.000

468.000
812.000

532.000
2.000.000
401.500
410  000
1.252.000
1.805.000
490.000
687.000
3.330.000
2.625.000
»
625.000

1.625.000

AFFECTATIONS
STATUTAIRES
au  fonds  de  réserve

C/3
Francs

AFFECTATION
EN  1905
Francs

MONTANT
DU
BÉNÉFICE  NET
EN  1905
Francs

DIVIDENDES
DISTRIBUÉS

EN  1904

EN  1905

RÉPARTITION  DE  L’EXCÉDENT  DES  BÉNÉFICES  DE  L  EXERCICE  1905
Affectation  :

aux
FONDS  DE  RÉSERVE
SPÉCIAUX
Francs

au
Fonds  fl’Amortissement
Supplémentaire
Francs

Aux  Caisses  de  Pension
et  Secours  des
Employés  et  Ouvriers
Francs

1°  Établissements
88.800  5  rempli
220.000
251.000
118.600
188.000  5  37.400
243.000  5  rempli
96.000  5  14.100
116.000  5  rempli
194.500
136.500
81.200
68.100
170.000
108.500
»
69.500
235.000  5  14.100

ayant  Filature  et  Tissage.

293.000
.660.000
.616.000
476.000
720.000
.555.000
242.000
570.000
363.000
166.500
430.000
98.500
215.000
476.000
456.000
»
388.000

»
250.000
250.000

114.300

52.500
125.000
242.000
62.500
137.500
102.000
111.000
148.000
151.200
125.000
83.700
319.000
134  000
157.000
94.200
99.700
91.000
191.500
76.500

rempli

2°  Établissements  ayant  Filature  seulement.
486.000
207.000
1.165.000

206.500
457.000
184.500
321.000
821.000
355.000
340.000
125.000
207.500
•096.000
510.000
157.200
156.200
265.000
212  000
126.000

15.000
25.000
278.000
62.500
12.500

12

3°  Établissements  ayant  Tissage  seulement.

170.000
766.000
157.000

32.300
57.400
29.500
14.400

155.000
»
388.000
89.600

17=50.000



REPORT
A  NOUVEAU
Francs

SITUATION  AU  I er  JANVIER  1905,  DES  :

FONDS  DE  RÉSERVE
STATUTAIRE
Francs

200.000
2.710.000
900.000
250  000
60.600
312.000
250  000
750.000
187.500
4.500
537.000
2.200
6.200
288.  W
561.000
»
178.800

213.000
62.500
100.000
188.200

FONDS  DE  RÉSERVE
SPÉCIAUX
Francs

144.000

FONDS
D'AMORTISSEMENT
SPECIAUX
Francs

131.500
4.300
150.000
225.000

CAISSES  DE  PENSION
ET  SECOURS
DES  EMPLOYÉS  ET

OUVRIERS
Francs

1.516.000
»

»
1.890.000
464.000
332.000
132.000
775.000
176.500
606.000
»
18.700
30.700

218  000
164.200
118.000

194.000
34.9t)0
1.336.000
13.200

CAISSES
D'ÉPARGNE
Francs

'1

46.800
165.000
20.000

52.800
109.800
11.800
        <pb n="342" />
        i

I  K  kArc.
        <pb n="343" />
        ORGANISATIONS
PATRONALES

Le  développement  rapide  et  colossal  des  organisations
ouvrières,  1  allure  prise  par  les  grèves,  leur  fréquence,
les  causes  fort  souvent  injustes  ou  futiles  qui  leur  servaient ­
  de  prétexte,  l’élévation  progressive  de  la  maind’œuvre
  et  des  charges  de  l’industrie,  amenèrent  les  patrons ­
  à  s’unir  pour  défendre  efficacement  leurs  intérêts.
Il  existait,  depuis  longtemps  déjà,  des  unions,  des  associations ­
  de  fabricants  ;  mais  elles  avaient  pour  but  l’étude
de  questions  douanières,  commerciales.  L’Union  centrale ­
  des  industriels  allemands,  dont  le  siège  est  à  Berlin
et  qui  fut  fondée  le  15  lévrier  1876,  n’avait,  à  l’origine,
et  jusque  dans  ces  derniers  temps,  d’autre  but  que  la
régénération  et  le  développement,  le  perfectionnement
de  l’industrie  et  du  commerce  allemands.  Cette  association ­
  comptait,  en  1903,  environ  35.000  membres,  soit  454
membres  adhérant  isolément  et  123  Sociétés  industrielles
ou  économiques  représentant  les  industries  les  plus  diverses ­
  de  toute  l’Allemagne.  La  glace  était  donc  rompue
depuis  longtemps  entre  patrons  de  même  industrie,  en
ce  qui  concerne  les  questions  économiques.  D’un  autre
côté,  la  loi  de  1884  sur  les  assurances  contre  les  accidents
avait  prévu  des  associations  d  assurance  mutuelle  entre
fabricants  d  industries  analogues,  et  ces  associations,  gérées ­
  par  les  industriels  eux-mêmes,  avaient  à  s’occuper
        <pb n="344" />
        344

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

du  règlement  des  accidents  de  fabrique,  de  la  constatation ­
  des  invalidités,  de  leur  évaluation.  De  là  à  s’entretenir ­
  des  exigences  croissantes  du  personnel  ouvrier,  il
n’y  avait  qu’un  pas.  De  sorte  que  si,  même  en  1903,
aucune  organisation  patronale  n’existait  encore,  ayant
pour  but  de  faire  face  aux  agressions  des  Unions  ouvrières ­
  socialistes,  du  moins  les  éléments  nécessaires
existaient-ils.  Et,  la  discipline  indispensable  étant  chose
acquise  par  une  pratique  déjà  ancienne,  il  suffisait  de
réunir  ces  éléments,  et  de  leur  donner  une  direction.
Aussi,  lorsqu'on  janvier  1904,  la  grève  qui  avait  éclaté
en  Saxe,  à  Crimmitschau,  au  mois  d’août  précédent,  et
immobilisait  depuis  bientôt  cinq  mois  l’industrie  de  la
vigogne  (26  filatures,  52  lissages  et  4  teintures,  ensemble
7.500  ouvriers),  menaça  de  s’étendre  aux  établissements
cotonniers,  la  défense  s’organisa-t  elle  rapidement  et  sans
efforts.
Le  13  janvier,  le  Comité  de  l’Union  centrale  des  industriels ­
  décida  la  création  d’une  Association  centrale  des
Unions  patronales  d’Allemagne  ayant  pour  but  de  résister
aux  prétentions  injustifiées  des  ouvriers.  Le  17  janvier,
sur  l’initiative  des  représentants  de  l’industrie  textile
saxonne,  la  plus  directement  menacée  par  la  grève  commençante, ­
  une  seconde  réunion  fut  tenue,  qui  procéda
à  l’élection  d’un  comité  de  11  membres  chargés  de  prendre ­
  toutes  mesures  nécessaires  et  de  s’occuper  de  la
constitution  définitive  de  l’association  projetée.
Le  premier  acte  du  Comité  fut  de  demander  télégraphiquement ­
  aux  industriels  adhérents  de  l’industrie  textile
le  versement  immédiat  d’une  somme  égale  à  un  pour  mille
des  salaires  annuels  payés  par  eux.  Et  ce,  pour  constituer
un  fonds  de  résistance  à  la  grève  qui  débutait  et  pouvoir,
le  cas  échéant,  indemniser  un  certain  nombre  de  petits
fabricants  que  la  perspective  d’un  chômage  prolongé
        <pb n="345" />
        ORGANISATIONS  PATRONALES

345

eût  sans  doute  amenés  à  faire  des  concessions  En  48
heures,  une  somme  de  350.000  francs  était  réunie.  Et
devant  celte  attitude,  le  travail  était  repris  purement  et
simplement,  sur  toute  la  ligne,  le  19  janvier.
La  fondation  définitive  de  «  l’Association  centrale  des
Unions  patronales  allemandes  »  eut  lieu  le  12  avril  1904  ;
son  siège  est  à  Berlin.  Elle  embrasse,  dans  un  but  spécial
de  défense,  toutes  les  Unions  industrielles  de  toute  l’Allemagne. ­

L’organisation  des  unions  régionales  défensives  ne
chômait  pas  non  plus.  Dès  le  mois  de  février  1904,  l’Union ­
  silésienne  de  l’industrie  textile,  qui,  jusqu’alors,  ne
s’occupait  que  de  questions  économiques,  décidait  de
s’organiser  et  de  modifier  ses  statuts  en  conséquence.
En  mai,  l’Association  des  industriels  cotonniers  du  sud
de  l’Allemagne  décidait  la  constitution  d’une  Union  des
patrons  de  l’industrie  textile  du  sud  de  l’Allemagne  embrassant ­
  la  Bavière,  le  Wurtemberg  et  le  duché  de  Bade.
En  juin,  se  fondait  à  Berlin,  et  concernant  spécialement
l’industrie  textile,  l'Union  centrale  des  patrons  de  l’industrie ­
  textile  allemande.
Toutes  ces  associations  reliées,  bien  entendu,  à  l’Association ­
  centrale  des  Unions  patronales  allemandes,  mais
chacune  conservant  son  indépendance  absolue  pour  le
règlement  des  questions  intéressant  son  rayon.
Enfin,  il  fut  décidé  que  l’on  provoquerait  dans  chaque
centre  industriel,  l’union  des  Associations  patronales
locales  de  toutes  les  industries,  afin  de  rendre  encore
plus  effectives  les  mesures  prises  à  un  moment  donné.
Il  est  de  principe  dans  toutes  ces  unions  ou  associations, ­
  de  tâcher  toujours  d’arriver  à  une  entente  avec  les
ouvriers  et  d’éviter  les  grèves  ou  lock-out  dans  la  mesure
du  possible;  mais  de  refuser  absolument  et  quoi  qu’il
arrive,  d’entrer  en  pourparlers  avec  les  représentants
        <pb n="346" />
        346

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

des  organisations  ouvrières  quelles  qu’elles  soient,  et  de
n’accepter  de  discussions  et  de  conférences  qu’avec  ses
propres  ouvriers.
Voici  d’ailleurs  quelques  articles  caractéristiques  des
statuts  de  l’Association  centrale  des  Unions  patronales  :
L’Association  centrale  laisse  intacte  l’indépendance
des  unités  qui  la  composent.  Outre  qu’elle  s'efforcera
d’amener  une  action  pacifique  commune  des  patrons  et
ouvriers,  elle  a  pour  but  :
a.  —  Par  l’union  des  associations  patronales  déjà
constituées  ou  qui  se  constitueront,  de  protéger  les  intérêts ­
  des  patrons  contre  les  exigences  non  justifiées  que
pourraient  formuler  les  ouvriers.
b.  —  De  protéger  ceux  qui  désirent  travailler.
c  —  D  étendre  et  de  développer  les  bureaux  de  placement ­
  patronaux.
ci.  —  De  faire  exécuter  les  décisions  relatives  aux  grèves.
e.  —  De  se  charger  de  la  protection  légale  des  adhérents
dans  toutes  les  circonstances  dans  lesquelles  les  principes
fondamentaux  sont  en  jeu.
Pour  arriver  à  ce  but,  l’Association  centrale  a  le
devoir  :
I o  De  favoriser  et  provoquer  l’adhésion  de  nouvelles
unités  à  l’Association.
2°  De  même,  la  formation  de  nouvelles  unions  patronales. ­

3°  De  même,  l’installation  de  nouveaux  bureaux  de
placement,  ainsi  que  la  création  d’un  bureau  central
reliant  tous  les  bureaux  divisionnaires.
        <pb n="347" />
        ORGANISATIONS  PATRONALES

347

4°  De  rassembler  tous  les  renseignements  de  quelque
importance  concernant  les  conditions  du  travail  et  les
mouvements  ouvriers,  et  d’installer  un  service  d’informations. ­

5°  De  mettre  en  relations,  le  cas  échéant,  les  diverses
associations  pour  une  action  commune  contre  les  grèves
ou  boycottages  des  ouvriers.
6°  De  secourir  les  patrons  contre  des  grèves  ou  boycottages ­
  injustifiés,,  en  provoquant  une  action  commune
défensive  des  associations.
7°  De  mettre  en  relations  les  associations  qui  possèdent ­
  un  fonds  pour  la  résistance  aux  grèves  afin  d’établir
un  fonds  de  garantie  central  sur  le  m  incipe  de  la  réassurance. ­

Les  fonctions  de  membre  du  Comité  sont  un  poste
d’honneur;  elles  sont  donc  gratuites.
Peuvent  être  admis  comme  membres  de  l’Association
centrale  :
Les  Unions  patronales  et  Associations  économiques
qui  ont  leur  siège  en  Allemagne.
Les  établissements  industriels  isolés,  qui  en  raison  de
leur  éloignement  des  centres  ou  pour  d’autres  causes
plausibles,  sont  empêchés  de  faire  partie  d’une  association. ­

Un  membre  peut  être  exclu  :  S’il  se  refuse  absolument
à  se  conformer  aux  statuts  ou  à  des  décisions  prises  par
le  Comité  central,  ou  si,  par  ses  actes,  il  porte  atteinte
grave  aux  intérêts  de  l’Association  centrale.
Les  membres  sont  obligés  :
De  fournir  à  l’Association  centrale  dans  les  délais  fixés,
        <pb n="348" />
        348

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

les  documents,  relevés,  indications,  renseignements,  réclamés ­
  par  le  Comité  ou  les  réunions  de  l’Association.
De  payer  la  cotisation  fixée.
De  se  conformer  aux  décisions  prises  parles  assemblées
et  aux  indications  des  statuts  pour  combattre  les  grèves.
Les  membres  ont  le  droit  :
De  mettre  à  contribution  le  représentant  de  l’Association ­
  centrale,  au  sujet  de  tous  conseils  relatifs  à  des
faits  relevant  de  sa  compétence.
De  recevoir  les  statistiques,  renseignements,  etc.,  que
le  Comité  a  décidé  de  communiquer.
De  demander  le  secours  de  l’Association  centrale  pour
combattre  des  prétentions  injustifiées  des  ouvriers.  Le
Comité  statuera  à  ce  sujet  spécialement  sur  chaque  cas
isolé.

Les  Associations  régionales  ont  des  statuts  un  peu
différents  pour  le  détail;  mais  l’esprit  général  reste  à  peu
près  identique.
Voici  les  principales  dispositions  des  statuts  d’une  association ­
  patronale  textile  régionale  :
L’Association  a  pour  but  d’unir  les  patrons  de  l’industrie ­
  textile  afin  d’arriver  à  une  réglementation  commune
de  leurs  rapports  avec  l’ouvrier  et  d’assurer  une  action
commune  des  patrons,  dans  le  règlement  des  questions
concernant  le  travail.
Les  questions  d’économie  intérieure  d’usine,  de  politique ­
  douanière  ou  Commerciale  sont  absolument  exclues.
L’Association  est  gérée  par  un  Comité  issu  de  l’Assem-
        <pb n="349" />
        ORGANISATIONS  PATRONALES

349

blée  générale.  Toutes  les  fonctions  sont  absolument
gratuites.
Tout  membre  s’engage  par  écrit  à  remplir  exactement
ses  devoirs  de  membre,  à  se  conformer  strictement  aux
décisions  de  l’Association  et  à  verser  ponctuellement  les
sommes  exigées.  La  cotisation  est  basée  sur  les  salaires
annuels  payés,  et  fixée  à  un  pour  mille  par  an  de  cette
somme.  En  cas  d’urgence,  cette  cotisation  peut  être
triplée  ;  l’Assemblée  générale  peut  même  exiger  au  delà.
Il  y  a  une  convocation  de  l’Assemblée  générale  ordinaire ­
  par  an.  Chaque  membre  dispose  d’une  voix  par
62  francs  de  cotisation  payée,  mais  ne  peut  réunir  au
delà  de  20  voix.
Une  Assemblée  générale  extraordinaire  peut  être  convoquée ­
  sur  la  demande  de  1/3  des  membres.
L’action  commune  des  membres  consiste  surtout  :
I o  A  refuser  d’accueillir  isolément  les  demandes  de
réduction  de  la  journée  de  travail  actuelle.
2°  A  refuser  de  payer  des  salaires  exagérés.
3°  A  ne  pas  engager  des  ouvriers  ayant  quitté  ailleurs
leur  travail  d’une  manière  illégale  ou  injustifiée.
4°  A  refuser  systématiquement  toute  ingérence  des  ouvriers ­
  dans  l’administration  de  la  fabrique  et  notam
ment  en  ce  qui  concerne  l’embauchage  ou  le  renvoi  des
ouvriers.
5")  A  se  conformer,  le  cas  échéant,  aux  lock-out  prononcés. ­

En  cas  de  grève  se  produisant  chez  un  industriel  affilié, ­
  le  Comité  directeur  de  l’Union  décide  —  en  s'adjoignant ­
  3  membres  supplémentaires  dans  les  cas  particulièrement ­
  graves  —  si  les  plaintes  ou  exigences  formulées ­
  par  les  ouvriers  sont  fondées  ou  justifiées,  ou  si
        <pb n="350" />
        350

L'INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

elles  ne  le  sont  pas;  et  le  Comité  a  tous  pouvoirs  pour
entendre  et  interroger  les  parties,  et  chercher,  si  possible,
à  concilier  les  choses.  Si  le  Comité  déclare  que  les
ouvriers  sont  dans  leur  droit  et  que  la  grève  est  justifiée,
le  patron  condamné  peut  appeler  de  celte  décision  à  un
jury  spécialement  nommé  à  cet  eilet  ;  le  jugement  de
ce  jury  est  définitif.
Si  la  grève  est  déclarée  injustifiée  par  le  Comité,  celuici
  avise  aussitôt  tous  les  membres  de  l’Union,  afin  qu’ils
se  conforment  aux  règlements  et  prennent  les  mesures
nécessaires.  L’Assemblée  générale,  seule,  a  qualité  pour
prononcer  le  lock  out.
Lorsque  les  intérêts  d’un  membre  sont  lésés  par  une
grève  déclarée  injustifiée,  il  peut  lui  être  alloué  une  indemnité ­
  hebdomadaire  égale  à  10  %  du  1  /52 e  de  la  somme
annuelle  de  salaires  déclarée  par  lui,  et  d’après  laquelle
sa  cotisation  est  déterminée.  Cette  allocation  peut  être
continuée  pendant  toute  la  durée  de  la  grève,  il  peut  en
être  de  même  dans  le  cas  d’une  fabrique  arrêtée  par  ordre
du  Comité.
Ce  qui  précède  résume  brièvement  l'organisation  défensive ­
  des  patrons,  tant  de  l’industrie  textile  que  des
autres  industries,  contre  les  actes  provoqués  par  les
associations  ouvrières  et  l’exagération  de  leurs  prétentions. ­

L’expérience,  dit  un  rapport  spécial  sur  ce  sujet,  a
prouvé  en  maintes  circonstances  que,  lorsqu’on  entre
en  relations  avec  les  délégués  des  organisations  ouvrières
pour  le  règlement  d’un  conflit  quelconque,  on  a  affaire
non  à  des  ouvriers,  mais  à  des  agitateurs  socialistes  de
profession,  c’est-à-dire  salariés  par  les  ouvriers.  Ces
délégués  sont  donc  préoccupés,  avant  tout,  de  prouver
qu’ils  sont  indispensables.  Par  leur  intermédiaire,  le
        <pb n="351" />
        ORGANISATIONS  PATRONALES

351

conflit  s’arrange  rapidement  et  même  presque  toujours,
à  moins  de  frais.  Mais  alors  et  sans  exception,  il  arrive
deux  choses.  D’abord,  les  délégués  tirent  largement  vanité ­
  de  la  mission  accomplie  et  du  soi-disant  service
rendu  aux  ouvriers,  en  faisant  ressortir  les  difficultés
qu’ils  sont  censés  avoir  rencontrées  pour  vaincre  la  résistance ­
  du  patron.  Car,  ce  n’est  pas  le  patron  qui  a  accordé;
ce  sont  les  délégués  qui  ont  exigé  et  ont  fini  par  obtenir.
Et  le  résultat  atteint  est  celui-ci,  c’est  que  l’on  a  tout
simplement  coopéré  à  affermir  la  situation  et  l’influence
desdits  délégués,  au  détriment  de  la  considération  des
ouvriers  pour  leur  patron.
Puis  encore,  et  comme  il  est  indispensable  que  les
délégués  fassent  preuve  d  activité  et  que  leur  traitement
ait  sa  raison  d’être,  de  nouvelles  exigences  ne  tardent
pas  à  éclore,  non  surdes  questions  de  salaires,généralement, ­
  mais  relativement  à  des  points  de  règlement  et
d’administration  intérieure.  Naturellement,  les  délégués
interviennent  encore.  Si  bien  qu’en  prolongeant  ce  système, ­
  les  usines  seraient  en  peu  de  temps  conduites,  non
par  le  patron  et  son  personnel,  mais  par  les  délégués  des
organisations  ouvrières,  qui  n’ont  en  vue  autre  chose
que  la  substitution  de  l’organisation  socialiste  au  régime
actuel.

Il  existe  des  Associations  de  fabricants  de  même  industrie ­
  dans  le  but  de  réglementer  la  production,  les  prix  de
vente,  les  conditions  de  vente,  en  un  mot  d’influencer  le
marché  d’un  produit  dans  une  mesure  plus  ou  moins
grande,  et  allant  même  jusqu’à  pour  ainsi  dire  l’accaparer. ­
  Ces  associations  existent  dans  les  industries  qui
concernent  les  charbons,  le  fer  brut,  le  papier,  le  ciment

L.
        <pb n="352" />
        352

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

Mais  elles  ne  sont  aucunement  en  usage  dans  l’industrie
cotonnière.
Cependant,  il  est  des  associations  textiles  qui  ont  une
tendance  dans  ce  sens,  en  ce  qui  touche  l’achat  des  matières ­
  premières  nécessaires  à  leur  industrie.  Telles,  les
Unions  de  consommateurs  de  filés.
Il  y  a,  par  exemple,  «  l’Union  des  consommateurs  de
filés  de  la  Prusse  rhénane  et  de  la  Westphalie  »,  «  l’Union
des  consommateurs  de  filés  du  sud  de  l’Allemagne  »  (Bavière, ­
  Wurtemberg  et  duché  de  Bade).  Ces  deux  Unions
sont  reliées  à  «  l’Union  des  consommateurs  de  filés  allemands ­
  »,  qui  a  son  siège  à  Dresde,  en  Saxe.
Il  existe  également  des  Associations  ayant  pour  objet
de  réglementer,  pour  une  même  industrie,  les  conditions ­
  de  paiement  et  la  livraison  des  marchés  conclus.
Le  tissage  des  articles  couleur,  en  colon,  à  la  suite  d’une
crise  aiguë  et  prolongée,  pendant  laquelle  des  abus  déplorables ­
  s’étaient  introduits,  forma  un  Syndicat,  mais,
jusqu’ici,  dans  le  seul  but  de  réglementer  les  deux  points
ci-dessus  et  ce  qui  s’y  rattache.  On  paraît,  d’ailleurs  être
d’avis,  en  Allemagne,  que  dans  l’industrie  textile,  en  général, ­
  il  est  impossible  actuellement,  étant  donnée  l’énorme ­
  variété  des  articles  et  des  qualités,  de  prendre  des
engagements  réciproques  plus  profonds  que  ceux-là.
Voici,  rapidement,  les  conditions  principales  de  l’accord ­
  intervenu  entre  les  tisseurs  d’articles  couleur.
Les  marchandises  livrées  pendant  le  mois,  et  même
dans  les  derniers  jours  du  mois,  sont  à  facturer  au  plus
tard  à  la  fin  et  valeur  fin  de  ce  même  mois.  Seules,
les  marchandises  livrées  en  avance  par  convenance  du
vendeur,  font  exception  à  cette  règle  absolue.  —  Même
pour  les  marchés  pour  lesquels  il  n’est  pas  donné  de  dispositions ­
  déterminées,  il  doit  être  prévu  une  époque  à
        <pb n="353" />
        ORGANISATIONS  PATRONALES

353

23

laquelle  la  prise  de  livraison  doit  être  achevée.  Il  est  interdit ­
  d’accorder  une  prolongation  de  ce  délai  de  prise
de  livraison  dépassant  trois  mois.  Au  cas  où  les  dispositions ­
  ne  sont  pas  remises,  le  vendeur  doit  les  réclamer
en  temps  voulu  ;  cependant,  l’omission  de  cette  réclamation ­
  n’annule  en  aucun  cas  le  marché.  Après  expiration
du  délai  de  rigueur  fixé  pour  l’achèvement  de  la  prise  de
livraison,  la  quantité  restant  à  prendre,  le  cas  échéant,
sera  livrée  dans  les  sortes  et  qualités  prises  précédemment. ­
  .
En  ce  qui  concerne  les  prix,  il  n’est  pas  accordé  de
délai  d’option  et  il  est  interdit  de  fixer  des  prix  pour  des
réassortiments  ultérieurs.  Conditions  de  paiement  :
30  jours,  2  %,  intérêts  de  retard  à  5%  l’an.  La  clause  de
baisse  —  c’est-à-dire  l’acceptation  de  la  condition  qui
consiste  à  s’engager  à  baisser  le  prix  convenu  dans  un
marché,  au  cas  où  pendant  la  période  de  prise  de  livraison ­
  les  prix  viendraient  à  fléchir  —  est  absolument  interdite, ­
  et  il  ne  peut,  en  aucun  cas,  être  accordé  de
rabais  sur  des  marchés  en  cours  de  livraison.
La  quantité  à  livrer  —  la  quantité  commandée  —  est
à  fixer  exactement.
Les  marchandises  retournées  sans  consentement  du
vendeur  sont  à  refuser  rigoureusement.
Les  arrêts  de  production  provenant  de  grèves,  lockout,
  manque  de  combustible,  délient  le  vendeur  de
l’obligation  d’observer  strictement  le  délai  de  livraison.
Enfin,  le  vendeur  se  réserve  une  tolérance  de  délai  de
livraison  de  15  jours.
Il  existe  en  Allemagne,  actuellement,  environ  GO  associations ­
  diverses  de  fabricants  de  l’industrie  textile,
parmi  lesquelles  une  douzaine  concernant  spécialement
la  filature  et  le  lissage  de  coton.
        <pb n="354" />
        v4  ÄßCLl
        <pb n="355" />
        ORGANISATIONS
OUVRIÈRES

Il  existait  en  Allemagne  des  unions  ouvrières,  dès  le
14 e  siècle  ;  les  compagnons  s’entr’aidaient,  hébergaient
les  camarades  de  passage,  les  secouraient  en  cas  de
maladie.  A  cette  époque,  chaque  compagnon  pouvait
espérer  devenir  maître  ouvrier.  Par  la  suite,  en  raison
des  besoins  croissants,  la  proportion  des  ouvriers  augmenta ­
  considérablement  ;  la  concurrence  se  lit  sentir,
dans  certaines  périodes  de  crise  prolongée  notamment,
rendant  plus  précaire  aussi,  la  situation  des  ouvriers.
Les  liens  qui  unissaient  dès  longtemps  ces  derniers  facilitèrent ­
  leur  union  pour  la  défense  de  leurs  intérêts,  et
de  nombreuses  sociétés  ouvrières  se  formèrent.  Elles
étaient  devenues  si  remuantes  au  commencement  du  18 e
siècle  que  le  16  août  1731  une  loi  très  sévère  fut  promulguée ­
  qui  les  fit  disparaître  totalement,  en  surface  tout  au
moins.  Sauf  pendant  un  court  espace  de  temps  en  1848,
cette  loi  d’interdiction  resta  en  vigueur  jusqu’en  1868,
époque  à  laquelle  les  efforts  de  l’économiste  Schulze-Delitzsch,
  député  à  la  Chambre  prussienne  et  au  Reichstag, ­
  aboutirent  à  son  abolition.  D’ailleurs  cette  loi  était
appliquée  avec  moins  de  rigueur  dans  les  dernières  années, ­
  car  dès  1865  s’était  fondée  “l’Union  allemande  des
ouvriers  du  Tabac”  la  plus  ancienne  des  associations
modernes.  En  1866  s’était  constituée  “  l’Union  allemande
        <pb n="356" />
        356

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

des  typographes  ",  la  plus  avancée  et  la  mieux  organisée
aujourd’hui;  en  peu  de  temps,  les  associations  ouvrièresse
  multiplièrent.
Deux  courants  bien  nettement  séparés  existaient  dans
ce  mouvement  général  ;  l’un  avait  une  tendance  internationale ­
  et  socialiste;  l’autre  un  caractère  absolument
national  et  économique.  Les  deux  s’inspiraient  des  organisations ­
  anglaises  que  leurs  chefs  avaient  étudiées
sur  place.  En  1875,  les  deux  partis  s’unirent  pour  suivre ­
  une  direction  franchement  socialiste.  Une  propagande ­
  très  active  fut  organisée;  de  tous  côtés  s’organisèrent ­
  des  associations  ouvrières,  des  réunions,  des
conférences.  Finalement,  le  Gouvernement,  jugeant  ce
mouvement  et  ses  résultats  par  trop  encombrants,  s’en
préoccupa.  La  loi  du  21  octobre  1878  contre  le  socialisme ­
  fut  votée,  et  en  peu  de  temps,  la  plupart  des  associations ­
  ouvrières  s’évanouirent  encore  une  fois  ;  on  en
comptait  alors  une  trentaine  avec  un  peu  moins  de
50.000  membres.
Mais  cette  loi  n’atteignit  pas  son  but,  car,  lors  de  son
abrogation  en  1890,  il  fut  constaté  que  douze  années  d’études ­
  et  de  travail  souterrain  avaient  plus  que  sextuplé
le  nombre  des  adhérents  aux  unions  ouvrières  ;  elles,
comptaient  plus  de  300.000  membres  fin  1890.  En  1902-1908,
  les  assurances  gouvernementales,  sur  un  chiffre
total  d’assurés  de  18.292.000,  estimaient  que  sur  ce
nombre,  il  y  avait  14.500.000  ouvriers  de  toutes  catégories, ­
  en  Allemagne;  et  l’inspection  des  fabriques  s’étendait ­
  sur  5.054.000  ouvriers.  A  cette  même  époque,
le  total  des  ouvriers  affiliés  aux  organisations  était  estimé ­
  à  1.190.000  environ.  Il  était  donc  de  8  %  à  peu  près
de  tous  les  ouvriers  allemands  et  de  23  1/2  %  des  ouvriers ­
  dépendant  de  1  inspection.  ,
Aujourd’hui,  le  nombre  des  ouvriers  syndiqués  est
        <pb n="357" />
        ORGANISATIONS  OUVRIÈRES

357

d’environ  1.500.000,  dont  60.000  femmes;  ceux  qui  appartiennent ­
  à  l’industrie  textile  en  général  sont  au  nombre
d’à  peu  près  85.000,  dont  20.000  femmes.
Ou  peut  classer  les  organisations  ouvrières  allemandes
en  cinq  groupes  :
1"  Les  organisations  ouvrières  libres  ;
2°  Les  unions  ouvrières  Hirsch-Duncker  ;
3°  Les  unions  ouvrières  chrétiennes;
4°  Les  unions  ouvrières  catholiques;
5°  Les  unions  ouvrières  évangéliques.
Les  trois  premières  sont  socialistes,  la  première  surtout ­
  ;  les  deux  dernières  ont  surtout  une  tendance  moralisatrice; ­
  du  moins,  elle  figure  largement  à  leur  programme. ­

1»  Les  Associations  libres  constituent  l’organisation
ouvrière  la  plus  considérable  et  la  plus  ancienne  d’Allemagne. ­
  Presque  tous  les  corps  de  métiers  y  sont  représentés. ­
  La  réunion  en  Sociétés  distinctes  des  ouvriers  de
chaque  métier,  dans  chacune  des  villes  possédant  quelque ­
  industrie,  constitue  la  ramification  extrême  de  cette
organisation.  Toutes  ces  Sociétés  locales  sont  groupées
par  métiers  dépendant  d’une  même  industrie  principale;
par  exemple,  les  Sociétés  des  fi  leurs,  des  ouvriers  de
Garderie,  des  tisseurs,  des  bonnetiers,  des  passementiers,
etc.,  etc  ,  forment  le  groupe  de  l’industrie  textile;  et,  ces
groupes  sont  réunis,  c’est-à-dire  correspondent  à  une
administration  régionale  ayant  son  siège  dans  un  centre
industriel  quelconque,  Augsbourg,  Nuremberg,  Leipzig,
Dresde,  etc.,  etc.  ;  ces  administrations  régionales,  au
nombre  d’environ  60,  s’occupent  des  intérêts  des  divers
groupes  de  leur  ressort  et  correspondent  avec  la  direction
centrale,  qui  a  son  siège  à  Berlin.
        <pb n="358" />
        358

L'INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

Les  associations  libres  débutèrent  vers  1867-1868  ;  elles
se  composaient  :  en  1903,  de  9.264  organisations  et  887.700
membres  ;  en  1904,  de  9469  organisations  divisionnaires,
lesquelles  comptaient  1.052.000  membres,  parmi  lesquels ­
  48.600  femmes.
L’industrie  la  plus  largement  représentée  est  celle  des
métaux,  qui  ligure  pour  176.200  membres  ;  puis  viennent
les  maçons  (128.800),  puis  les  ouvriers  sur  bois  (97.100),
les  ouvriers  des  mines  (75.400)  ;  au  5 e  rang  viennent  ceux
de  l’industrie  textile,  au  nombre  de  53.600  (dont  13.100
femmes),  répartis  sur  300  sociétés  divisionnaires.  On
prétend  que  l’usage  du  lock-out  a  notablement  renforcé
le  nombre  des  membres  et  ramené  beaucoup  d  hésitants
par  crainte  du  chômage.
Les  organisations  libres  poursuivent  deux  buts  principaux ­
  :
Le  premier  est  en  quelque  sorte  pédagogique  :  éducation ­
  de  l’ouvrier,  complément  de  son  instruction  par  des
bibliothèques,  des  salles  de  lecture,  des  conférences,
cours  de  technologie  pratique  ayant  pour  objet  de  parfaire ­
  les  connaissances  pratiques  des  jeunes  ouvriers
dont  l’apprentissage  a  été  négligé,  etc.
Le  second  est  d’ordre  plutôt  économique  :  amélioration
des  salaires  et  leur  unification  pour  un  même  métier;
secours  en  cas  de  chômage  involontaire,  en  cas  de  grève,
de  lock-out,  de  déménagement,  de  maladie;  placement
des  ouvriers  sans  travail;  consultations  gratuites  sur  des
questions  de  droit,  d’assurances,  de  service  militaire,
etc.  ;  organisation  de  Sociétés  coopératives,  construction
de  logements  à  bon  marché,  etc.,  etc.
Tels  sont  les  buts  avoués  et  figurant  au  programme
des  associations  libres.  Toutefois  l’examen  de  leur  budget ­
  montre  que,  le  soutien  des  grèves,  l’agitation  socia-
        <pb n="359" />
        ORGANISATIONS  OUVMÈRES

350

lisle  el  la  propagande  absorbent  la  majeure  partie  de
leurs  recettes,  ainsi  que  nous  le  verrons.
La  cotisation  annuelle  varie  de  10  à  20  francs  par
membre,  soit  de  20à  40  centimes  par  semaine  en  moyenne.
Pendant  l’exercice  1904,  leurs  recettes  se  sont  élevées  à
25.800.000  francs,  les  dépenses  à  22.200.000  francs.  Les
frais  d’administration  absorbent  2,620.000  francs  au
total,  soit  un  peu  moins  de  12  %  „  dont  4  1/2  %  pour  l’administration ­
  centrale  (frais  de  bureau  compris).
Les  journaux  et  publications  des  «  associations  »  coûtent ­
  1.370.000  fr.  (6  1/4  %).  Il  a  été  dépensé  7.340.000  fr.
(33  %)  pour  soutenir  des  grèves,  1.200.000  fr.  pour  agitation ­
  et  propagande,  soit  5  1/3  %  ;  les  secours  aux  malades ­
  et  invalides  figurent  pour  2.040.000  fr  ,  soit  9  1/4  %  ;
les  secours  à  des  ouvriers  sans  travail,  pour  2.000.000,
soit  9  %  ;  une  somme  de  775.000  fr  a  été  affectée  à  des  secours ­
  en  cas  de  déménagement  et  pour  frais  funéraires,
soit  3  t/2  %  :  805.000  francs  pour  secours  et  indemnités
de  voyages,  3  2/3  %  ;  208.000  fr.  pour  conférences  et
frais  d’assemblées  générales  ;  176,000  fr.  aux  secrétariats
ouvriers;  34.000  fr.  pour  bibliothèques;  31.000  fr.  pour
procès  pris  en  main  et  conduits  ;  16.000  fr.  pour  placement ­
  d’ouvriers  sans  travail,  etc  ,  etc.
Leur  fortune  totale  s’élevait  à  environ  20  millions  de
francs,  à  la  fin  de  1904,  dont  environ  16  millions  en
caisse  et  4  millions  en  placements
2°  Les  Unions  ouvrières  Hïrsch-Duncker  furent  fondées
vers  1868  par  le  D r  Hirsch  sur  le  modèle  des  associations ­
  ouvrières  anglaises  qu’il  avait  largement  étudiées.
Leur  but  primitif  était  l’éducation  et  1  instruction  des
ouvriers,  et  le  principe  général  était  d'amener  progressivement ­
  l’entente  du  capital  et  du  travail,  c’est-à-dire
d’éviter  les  grèves  par  des  concessions  réciproques,  l’exa-
        <pb n="360" />
        360

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

men  et  la  discussion  des  litiges.  Jusque  dans  ces  derniers
temps,  tout  nouveau  membre  devait  déclarer  par  écrit
qu'il  n’appartenait  pas  au  parti  démocrate-socialiste.
Celte  obligation  n’existe  plus  maintenant  Toutefois  ces
Unions  sont  sensiblement  neutres  et  pacifiques  au  point
de  vue  politique.  Leur  programme  porte  surtout  sur  l’amélioration ­
  des  conditions  de  travail  de  l’ouvrier  ;  secours ­
  en  cas  de  maladie  et  de  chômage  ;  fondation  de
coopératives  ;  éducation  et  instruction  de  l’ouvrier  ;
conseils  gratuits  en  cas  de  procès  ou  de  difficultés  concernant ­
  le  travail  ;  placement  des  ouvriers.
Leur  organisation  est  très  semblable  à  celle  que  nous
venons  de  décrire  :  les  groupes  locaux  d’industries  analogues ­
  se  réunissent  pour  former  des  associations  corporatives, ­
  à  la  tête  desquelles  se  trouvent  des  Conseils
généraux;  dans  une  même  ville,  les  groupes  de  diverses
industries  sont  également  en  relation  et  forment  des
Unions  locales.  Les  Conseils  généraux  sont  rattachés
à  F  «  Union  des  Corporations  »,  dont  la  direction  est
confiée  à  un  Conseil  central.
Les  Unions  Hirsch-Duncker  comprennent  20  corporaralions
  principales,  divisées  en  2.158  sociétés  locales;
en  1905,  elles  comptaient  ensemble  117.000  membres;  en
1903,  elles  possédaient  2.085  sociétés  locales,  avec  110.200
membres  ;  en  1904,  2.175  sociétés  locales  comptaient
environ  112.000  membres;  leur  développement  est  donc
relativement  faible.  Là  encore,  les  ouvriers  en  métaux
forment  le  contingent  principal,  42  %  ;  les  ouvriers
textiles  occupent  le  5 e  rang  avec  84  sociétés  locales  et
5.365  membres.
La  cotisation  annuelle  est  en  moyenne  de  12  fr.  par
membre.  Les  recettes  de  l’année  1905  se  sont  élevées  à
la  somme  de  1.660.000  fr.  et  les  dépenses  à  1  458.000  fr.
Les  chapitres  principaux  sont  :  les  secours  en  cas  de  cliô-
        <pb n="361" />
        ORGANISATIONS  OUVRIÈRES

3G1

mage,  grèves,  lock-out,  qui  ont  atteint  600.000  fr.,  soit
41  %  ;  les  frais  d’administration,  290.000  fr.  soit  20  %  ;  le
journal  de  l’association  qui  a  coûté  166.000fr.,soit  11  %  %;
les  frais  de  voyage  et  de  propagande,  128.000  fr.,  soit
8  %  %  ;  les  secours  en  cas  de  déménagement,  de  voyage,
aux  pauvres,  qui  ont  absorbé  84.000  fr.,  soit  5  %  %  ;
éducation,  instruction,  21.000fr..  soit  1  %  %  ;  assistance
indiciaire  et  conseils,  18.000  lr.,  etc  ,  etc.
La  fortune  totale  s’élève  à  un  peu  plus  de  4  milions  de
francs,  dont  1.700.000  fr.  pour  la  Caisse  générale  de
l’Union,  1.600.000  fr.  pour  les  Caisses  de  malades,  et
l.000.000  pour  les  Caisses  mortuaires.
3°  Les  Unions  ouvrières  chrétiennes  datent  de  15  à  18  ans  ;
leur  siège  central  est  à  Cologne.  Sauf  les  croyances  religieuses, ­
  leur  organisation  et  leur  programme  sont  très
semblables  à  ceux  des  sociétés  déjà  décrites.  Elles  prétendent ­
  s’abstenir  absolument  de  politique.  Dans  ces
dernières  années,  elles  se  sont  rapidement  développées,
et  la  crainte  du  chômage  par  suite  de  lock-out,  paraît  y
avoir  grandement  contribué.  En  1903,  le  nombre  moyen
des  membres  était  de  91.440  dont  16.600  ouvriers  textiles:
en  1904,  cette  moyenne  atteignait  107.556  ;  en  1905  elle
s’élevait  à  188.106  dont  24.735  ouvriers  textiles,  et  enfin,
au  1 er  avril  1906,  le  contrôle  accusait  près  de  216.000  membres, ­
  avec  2.333  groupes  locaux  et  19  associations  corporatives; ­
  les  ouvriers  de  l’industrie  textile  figurent  pour
216  organisations  locales  et  31.837  membres.
La  cotisation  est  très  variable  selon  les  métiers  ;  les
ouvriers  en  métaux  par  exemple,  paient  31  fr.  25  par  an,
tandis  que  les  tailleurs  paient  15  fr.  60,  les  infirmiers  9  fr  ,
et  les  ouvrières  travaillant  à  la  maison  4  lr.  50  seulement.
Cependant  la  moyenne  est  actuellement  de  19  fr.  50  à
32  fr.  56,  avec  une  entrée  de  60  centimes.
        <pb n="362" />
        302

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

En  1905,  les  recettes  totales  ont  été  de  3.060.000francs,
dont  2.200.000  pour  les  cotisations;  et  les  dépenses  de
2.618.000  fr.
Les  frais  d’administration  absorbaient  16  %,  soit
422.000  fr.,  le  journal  de  l’association  257.000  francs,  soit
9  3/4  %,  la  propagande  202.000  francs,  soit  7  3/4  %  ;  les
secours  divers  atteignaient  235.000  francs,  soit  9  %;  la  bibliothèque ­
  et  les  irais  d’éducation  57.000  fr.  soit  21/4  %.
Mais  comme  ailleurs,  la  forte  somme  était  réservée  aux
indemnités  en  cas  de  grève  qui  s’élevaient  à  1.250.000  fr.
soit  48  %,  à  cause,  sans  doute,  des  grèves  de  janvier  1905
dans  le  bassin  minier  de  la  Ruhr,  car  les  comptes  de
l’année  1904  n  accusent  que  106.000  francs  pour  indemnités ­
  de  grève,  c’est-à-dire  24  %  seulement  des  dépenses
totales.
La  fortune  des  Unions  ouvrières  chrétiennes  se  montait ­
  fin  1905  à  1.560.000  francs.
Depuis  quelque  temps,  les  Unions  chrétiennes  se  rapprochent ­
  des  associations  libres.  A  diverses  occasions
et  notamment  pendant  les  grèves  minières  du  bassin  de
la  Ruhr,  en  janvier  1905,  elles  ont  fait  preuve  de  grande
solidarité  avec  elles.  Mais  jusqu’ici,  elles  sont  peu  payées
de  retour,  et  il  paraît  exister  à  leur  égard  une  certaine
méfiance.
Les  Unions  ouvrières  chrétiennes  comptent,  en  outre,
8  associations  corporatives  se  divisant  en  812  groupes
locaux,  avec  environ  80.000  membres,  lesquels  sont  indépendants ­
  de  l’administration  centrale  à  Cologne.  Ils
comprennent  surtout  des  employés  de  chemins  de  fer  et
de  la  poste.
Si  on  totalise  les  chiffres  relatifs  aux  trois  organisations ­
  principales  que  nous  venons  de  considérer,  pour
1904  on  trouve  :
13.960  groupes  locaux,  comptant  1,385.003  membres,
        <pb n="363" />
        ORGANISATIONS  OUVRIERES

303

avec  un  revenu  annuel  de  30.520.000  francs,  et  une  fortune ­
  de  25.560.000  francs.  Les  dépenses  pour  propagande
se  montent  à  1.530.000  francs  annuellement,  et  les  dépenses ­
  pour  indemnités  de  chômage  et  autres  frais  relatifs ­
  aux  grèves  se  chiffrent  par  11.190.000  francs.  Ces
chiffres  sont  certainement  éloquents.
Il  nous  reste  à  examiner  rapidement  ce  qui  concerne
les  Unions  ouvrières  catholiques  et  évangéliques.
4°  Les  Unions  ouvrières  catholiques  datentde  20  à  25  ans;
elles  sont  au  nombre  de  trois  :  celle  du  Sud,  celle  de  l’Est
et  celle  de  l’Ouest,  rattachées  chacune  à  un  diocèse.
Leur  organisation  ne  diffère  pas  de  celle  des  précédentes.
Elles  ont  pour  hut  le  relèvement  moral  et  intellectuel  de
leurs  membres  par  des  conférences  religieuses,  économiques, ­
  etc.,  ainsi  que  la  formation  de  représentants  ouvriers ­
  instruits  et.  capables  de  défendre  les  intérêts  et  les
opinions  de  la  Société,  et  de  faire  une  propagande  active
et  appropriée.  Elles  possèdent  un  journal  hebdomadaire
et  font  distribuer  des  brochures.  Elles  ont  des  Caisses
d’épargne,  Caisses  de  malades,  de  secours  divers,  Leurs
relations  avec  les  Unions  ouvrières  chrétiennes  sont
constantes;  ces  deux  organisations  se  complètent.  L’expérience ­
  a  prouvé  aux  Unions  catholiques  que,  faute  de
s’occuper  de  questions  économiques  et  sociales,  leurs
rangs  s’éclaircissent  au  profit  des  Associations  socialistes. ­
  Aussi  l’éducation  politique  y  a-t-elle  pris  dans  ces
derniers  temps  une  importance  notable.  Récemment,
elles  ont  décidé  de  créer  également  des  groupes  de
femmes.  Celle  importante  détermination  a  déjà  reçu  un
commencement  d’exécution.
Elle  est  importante  parce  que,  lorsque  la  femme  est
tenue  à  l’écart  des  institutions  de  ce  genre,  elle  n’en  retient ­
  qu’une  seule  chose:  c’est  que  son  mari  s’absente  à
        <pb n="364" />
        304

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

ce  sujet  et  dépense  de  l’argent  en  cotisations  d’une  utilité ­
  problématique  et  qu’elle  ne  s’explique  pas.  Elle  tend
donc  à  s’y  opposer.  D’autre  part,  la  femme  prend  une
place  de  plus  en  plus  grande  dans  l’industrie.
5°  Les  Unions  ouvrières  évangéliques  ont  été  fondées  il  y
a  environ  25  ans,  et  se  divisent  en  cinq  Sociétés  principales ­
  :  Westphalie  —  Rhénane  —  Saxonne  —  Silésienne
et  Badoise.  Elles  comptent  au  total  environ  120.000
membres.  Comme  les  Unions  catholiques,  elles  poursuivent ­
  le  relèvement  moral  et  intellectuel  de  leurs  membres. ­
  Antisocialistes  au  début,  elles  sont  socialistes  aujourd’hui ­
  ;  elles  ont  en  vue  l’amélioration  des  conditions
d’existence  de  l’ouvrier,  mais  elles  veulent  y  arriver  exclusivement ­
  par  les  moyens  légaux  ;  aussi,  en  temps
d’élections  sont-elles  très  actives.  Elles  vivent  en  bonne
intelligence  avec  les  Associations  libres,  sur  lesquelles
elles  espèrent,  par  leur  exemple,  exercer  une  influence
salutaire.  Elles  possèdent  un  journal;  de  nombreuses
conférences,  réunions,  sont  organisées,  dans  lesquelles
sont  traitées  et  discutées  les  questions  économiques  et
sociales.  Elles  ont  organisé  un  grand  nombre  de  Biblio
thèques,  Caisses  de  secours,  Caisses  d’épargne,  Bureaux
de  consultation  et  déplacement.
En  dehors  des  cinq  organisations  principales  que  nous
venons  de  voir,  il  existe  32  Associations  indépendantes,
organisées  par  autant  de  professions  différentes  et  comptant ­
  ensemble  environ  150.000  membres.  La  profession
des  employés  secondaires  du  commerce  (garçons  de  bureau, ­
  de  magasin,  commissionnaires,  etc.)  forme,  avec
75.700  membres,  la  moitié  du  total;  les  employés  secondaires ­
  des  restaurants  comptent  18.000  membres,  puis
viennent  les  musiciens  civils,  au  nombre  de  12.000,  etc.
        <pb n="365" />
        ORGANISATIONS  OUVRIERES

3(&amp;gt;5

H  J

Secrétariats  ouvriers.  Il  est  indispensable  d’examiner
«encore  rapidement  ce  que  sont  les  Secrétariats  ouvriers,
•car  ils  constituent  l’une  des  branches  très  importantes  de
l’activité  des  organisations  ouvrières.
Ces  secrétariats,  installés  dans  quantité  de  villes  et
centres  industriels  par  les  diverses  organisations,  ont
pour  but  de  renseigner  gratuitement  les  ouvriers,  membres ­
  de  ces  organisations,  sur  quantité  de  questions  qui
se  posent  pour  eux  dans  la  vie  journalière,  leur  indiquant
leurs  droits,  leurs  devoirs,  les  formalités  à  remplir,  l’administration ­
  à  laquelle  ils  doivent  s’adresser,  etc..  Au  sujet
d’impôts,  de  location,  de  mariage,  de  service  militaire,
affaires  de  famille,  procès,  assurance,  etc.,  etc.,  toutes
choses  sur  lesquelles  l’ouvrier  est  habituellement  peu
renseigné,  qui  lui  occasionnent  des  pertes  de  temps  considérables ­
  et  très  onéreuses,  outre  qu'il  est  exposé  à  commettre ­
  des  erreurs  très  préjudiciables  à  ses  intérêts.
D’abord,  la  gratuité  de  ces  renseignements  lui  est  précieuse ­
  en  elle-même;  mais  de  plus,  il  ne  risque  pas  de
tomber  entre  les  mains  d’agents  d’affaires  véreux  et
d’avocats  de  corridor.  Les  Secrétariats  s’occupent  également ­
  de  procurer  du  travail  à  l’ouvrier.  Ils  rendent  donc
les  plus  grands  services  aux  adhérents.
En  1903,  le  Secrétariat  de  Nuremberg  s’est  occupé  de
17.000  cas  touchant  94  sujets  différents,  notamment  :
Affaires  d’accidents  3.1(58
—  de  loyer  1.369
—  de  droit  civil  1.556
—  d’assurances  1.250
Saisie  et  contrainte  1.455
—  de  salaire  146

fcjPTTf  r

I*.

;  n  *&amp;lt;  wjt
        <pb n="366" />
        36ü

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

Affaires  relatives  au  travail  756
—  d’impôts  267
—  d’héritage  403
—  de  salaire...  146
—  d’insultes  351
—  de  mariages  194

Ce  même  Secrétariat  a  donné  18.325  consultations  en
1904,  dont  1.771  affaires  de  location  et  loyer,  1.459  affaires ­
  de  saisie,  1.512  relatives  au  travail  et  aux  salaires,
508  concernant  le  mariage,  etc.,  etc.
Le  Secrétariat  de  Brême  s’est  occupé  en  1904  de
12  600  cas  ;  celui  de  Munich,  de  7.760  cas.  Celui  de  Stuttgart, ­
  en  1903,  a  reçu  plus  de  trente  visiteurs  parjour,  en
moyenne;  au  total,  9.227  personnes,  dont  1.283  femmes.
Ces  quelques  chiffres  suffisent  à  caractériser  les  Secrétariats ­
  et  à  donner  une  idée  de  leur  importance  au  point
de  vue  ouvrier.  Il  en  existait  54  en  Allemagne  en  1904.
        <pb n="367" />
        GREVES

Les  grèves  sont  relativement  rares  en  Allemagne,dans
l’industrie  textile.  En  effet,  en  1904,  les  grèves  concernant ­
  la  filature  n’ont  atteint  que  0.39%,  et  celles  concernant ­
  le  tissage  (¡ne  0.96  %  de  toutes  les  grèves  de  toutes
les  industries  :  il  y  a  eu  sept  grèves  en  filature  et  dix-huit
en  tissage.  Et  le  nombre  des  ouvriers  grévistes  (qui  a  été
de  1.341  en  filature  et  de  1.686  en  lissage)  formait  1.18  %&amp;gt;
en  filature  et  1.49  %  en  tissage  de  tous  les  grévistes  d’Allemagne ­
  pendant  cette  année-là.  Remarquons  qu’une
partie  seulement  des  ouvriers  des  établissements  en
grève  avait  cessé  le  travail  —  certaines  divisions  seulement, ­
  —  car  les  vingt-neuf  établissements  atteints  par
les  grèves  occupaient  2.655  ouvriers  de  filature  et  3.061
ouvriers  de  tissage  ;  les  ouvriers  grévistes  ne  formaient
donc  que  50 r&amp;gt;  %  en  filature  et  55  %  en  tissage  du  nombre
total  des  ouvriers  employés.  Il  faut  ajouter  que  14%  d’ouvriers ­
  de  filature  et  5  %  d’ouvriers  de  tissage  chômaient
par  suite  de  la  grève  de  leurs  camarades.
Cinq  des  grèves  de  filature  et  seize  des  grèves  de  tissage ­
  avaient  pour  origine  des  questions  de  salaires,  et
deux  étaient  relatives  à  la  durée  du  travail.
Enfin,  deux  grèves  de  filature  et  deux  grèves  de  tissage
se  sont  terminées  par  un  succès  complet  pour  les  ouvriers; ­
  deux  grèves  de  filature  et  neuf  de  lissage  par  un
succès  partiel,  tandis  que  trois  grèves  de  filature  et  sept
de  tissage  n’ont  amené  aucun  résultat.
        <pb n="368" />
        368

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

Pour  toutes  les  industries  de  toute  VAllemagne,  ou
avait  compté  dix  huit  cent  soixante-dix  grèves  en  1904,
dans  10.321  établissements  occupant  273.364  ouvriers,,
dont  113.480  grévistes  et  6.788  ouvriers  chômant  forcément. ­

Dans  1779  cas,  la  question  des  salaires  était  enjeu;
dans  614  cas,  celle  de  la  durée  du  travail;  un  certain
nombre  de  grèves  réunissaient  donc  les  deux  réclamations. ­
  Enfin,  449  grèves  se  sont  terminées  par  une  satisfaction ­
  entière  donnée  aux  ouvriers;  dans  688  cas,  ce
succès  n’a  été  que  partiel  ;  et  dans  733  cas,  aucune  satisfaction ­
  n’a  été  donnée.
En  1905,  les  grèves  du  bassin  houiller  de  la  Ruhr  (plus
de  230.000  grévistes  dans  l’industrie  minière,  au  lieu  de
5.000  environ  en  1904)  ont  contribué  à  une  augmentation
considérable  des  chiffres,  comparativement  aux  années
précédentes,  en  ce  qui  concerne  l'Allemagne  entière.  On
peut  supposer  aussi,  d’autre  part,  que  les  organisations
ouvrières  ont  voulu  mettre  à  l’épreuve,  en  1905,  les
associations  patronales  récemment  constituées.  Puis  encore, ­
  il  est  certain  que  la  situation  beaucoup  meilleure
de  l’industrie,  en  général,  a  été  l’une  des  raisons  qui  ont
amené  les  chiffres  beaucoup  plus  élevés  que  nous  constatons ­
  pour  cette  année  là.  Il  y  a  eu,  en  effet,  2403  grèves
■dans  14.481  établissements,  avec  408.145  grévistes  sur
776.984  ouvriers  occupés  dans  les  établissements  en
question  :  (les  établissements  miniers  ne  sont  qu’au
nombre  de  44).  Dans  toutes  les  grèves,  la  question  de
salaire  était  en  jeu;  en  outre,  dans  849  cas,  les  grévistes
réclamaient  aussi  une  diminution  des  heures  de  travail.
Sur  les  2403  grèves  terminées  en  1905,  les  grévistes  ont
-eu  succès  complet  dans  528  cas,  succès  partiel  dans  971
cas  ;  et  dans  904,  il  ne  leur  a  rien  été  accordé.
Les  chiffres  concernant  l’industrie  textile  sont  égale-
        <pb n="369" />
        GRÈVES

3Ü9

21

ment  plus  élevés,  en  raison  de  la  grève  des  tissages  de
Greiz  Géra,  en  octobre  et  novembre.  Il  y  a  eu  seize
grèves  dans  seize  filatures,  occupant  5.100  ouvriers,
mais  dont  541  seulement  ont  fait  grève.  Dans  douze  cas,
les  salaires  étaient  enjeu  ;  dans  un  seul,  la  question  des
heures  de  travail.  Quatre  grèves  se  sont  terminées  par
satisfaction  complète  donnée  aux  grévistes;  deux  par
concessions  partielles  ;  et  dans  dix  cas,  le  travail  a  été
repris  aux  anciennes  conditions.  Au  lissage,  on  a  compté
cinquante-et-une  grèves,  dans  cent  sept  établissements,
occupant  18.825  ouvriers,  dont  9.141  grévistes.  Les
salaires  faisaient  l’objet  principal  de  46  grèves  et  6  fois,
la  durée  du  travail.  Dans  9  cas,  les  grévistes  ont  eu  gain
de  cause  complet;  dans  23  cas,  ils  ont  obtenu  une  partie
de  leurs  revendications  et  dans  19  cas,  la  grève  n’a  eu
aucun  résultat.
Les  67  grèves,  en  filature  et  lissage  en  1905,  n’ont  formé
que  2,77  %  de  toutes  les  grèves,  et  le  nombre  des  grévistes
2.37  %  du  nombre  de  grévistes  total.
Disons,  de  plus,  que  les  chiffres  qui  concernent  la
filature  et  le  tissage  ne  s'appliquent  pas  exclusivement  à
l’industrie  cotonnière,  mais  qu’ils  comprennent  les  industries ­
  de  la  soie,  de  la  laine  peignée  et  cardée,  et  du
lin.
Pendant  l’année  1905,  on  a  fait  usage  du  lock-out  dans
254  cas,  comprenant  3859  établissements,  occupant
188  526  ouvriers,  dont  118.665  furent  privés  de  travail,
outre  3.739  ouvriers  chômant  par  suite  indirecte  de  la
fermeture  des  fabriques.  Dans  30  cas,  le  litige  était
relatif  aux  salaires,  et  dans  17  cas  le  nombre  des  heures
de  travail  était  enjeu.  Dans  65  cas,  les  patrons  ont  eu
gain  de  cause,  dans  147  cas  ils  ont  fait  des  concessions
partielles,  et  dans  42  cas,  il  a  été  accordé  aux  ouvriers
ce  qu’ils  demandaient.
        <pb n="370" />
        370

L’INDOSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

Remarquons  que  la  moyenne  du  nombre  des  ouvriers
occupés  par  les  établissements  ayant  lait  usage  du  lockout
  n’est  que  de  48  1/2  par  établissement.  Ces  chiffres
concernent  toute  l’Allemagne  et  toutes  les  industries.
En  1904  nous  trouvons  120  lock-out,  fermant  1.115
fabriques  et  privant  de  travail  23.760  ouvriers  sur  36.312
occupés  dans  ces  établissements,  soit  32  1/2  ouvriers  par
établissement.
En  Allemagne,  les  grèves,  même  les  plus  importantes,
se  passent  presque  toujours  avec  beaucoup  de  calme.
La  police  se  montre  à  peine  et  n’a  que  rarement  à  intervenir. ­
  Il  est  rare  que  les  ouvriers  désireux  de  continuer
le  travail  soient  l’objet  de  violences  ou  d  insultes,  du
moins  publiquement.  On  peut  voir  dans  le  calme  constaté, ­
  une  affaire  de  tempérament,  de  crainte  de  répression. ­
  C’est  possible.  Mais  il  paraît  visible  qu’il  y  a  là  une
question  d’éducation  et  de  discipline;  et  peut  être,  aussi,
la  préoccupation  de  ne  pas  s’aliéner  l’opinion  en  troublant ­
  l’ordre  public;  et  cela  ressemble  fort  à  un  mot
d’ordre  bien  observé.  On  pourrait  ajouter,  probablement
sans  crainte  de  faire  erreur,  que  l’absinthe  est  inconnue
à  l’ouvrier  allemand  et  que  la  consommation  régulière
de  l'eau  de  vie  est  plutôt  une  exception  chez  lui.
Habituellement,  les  abords  des  établissements  en  grève
se  font  surtout  remarquer  par  leur  tranquillité.  Mais  on
peut  observer  aussi  que  ces  établissements  sont  parfaitement ­
  gardés  par  les  ouvriers,  et  que  personne  n’y
entre  ou  n’en  sort  sans  être  vu  par  leurs  patrouilles.
Aucun  stationnement  ;  mais  toutes  les  quelques  minutes
défile  lentement  un  groupe  de  deux  hommes,  à  la  façon
des  agents  de  police  parisiens  en  ronde  de  nuit.
        <pb n="371" />
        BUDGET  &amp;amp;  STATISTIQUE
D’UNE  VILLE  INDUSTRIELLE

Population  :
En  1810.
1840.
1870.
1890.
1905.

13.000  habitants.
30.500  —
73.500  -
116.000
156.000  -

Naissances  (en  1903)  4.637
Dont  :  Légitimes  4.483
Illégitimes  154
Mariages  1.417
Décès  (y  compris  mort  nés)  2.265

Statistique  des  Mariages

Hommes  Femmes
Au-dessous  de  20  ans  9  118
De  20  à  30  ans  1.106  1.128
De  30  à  40  ans  233  121
De  40  à  50  ans  47  36
De  50  à  60  ans  16  12
Au-dessus  de  60  6  2

Environ  50.000  ouvriers  dont  23.000  appartenant  aux
diverses  branches  de  l’industrie  textile,  c’est  à-dire  y
compris  retordage,  tissages  de  tresses  et  rubans,  teinturiers, ­
  apprêteurs,  imprimeurs  sur  étoffes,  tapis,  etc.
        <pb n="372" />
        372

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

Situation  Financière

CHAPITRES

Administration  générale.

ECOLES

Gymnase
Gymnase  industriel
Ecole  industrielle  supérieure
Ecole  industrielle
Ecole  de  filles  supérieure
Ecole  de  filles  11
Ecole  de  filles  III..  ,
Caisse  de  pensions  des  écoles  supérieures
Caisse  des  veuves  et  orphelins
Ecole  complémentaire  I
Ecole  complémentaire  II
Ecole  des  arts  industriels
Ecole  supérieure  textile
Ecoles  primaires
Comptes  divers  pour  les  Ecoles
Caisse  des  pauvres
Hôpital
Hospice  supplémentaire
Infirmerie
Institut  bactériologique
Fondations
Administration  des  bâtiments
—  des  forêts
—  de  la  police
—  des  pompiers
Dépenses  pour  la  confédération  pour  l’Etat ­
  et  les  provinces
Eclairage  public
Bibliothèque  populaire
Bains
Service  de  la  dette
Coopération  et  cotisations  aux  Sociétés
scientifiques  et  établissements  d’intérêt ­
  public.
Service  d’exploitation  et  excédents
Impôts  communaux
A  reporter

RECETTES
francs

49.600

74.000
71.000
69.800
39.000
40.200
47.100
20.800
1.700

1.400
3.100
59.400
61.000
491.000
12.500
169.500
224.000
1.300

400
68.300
417.000
6.300
5.100
12.300
3.400
7ÓÓ
Ü2ÜIÓÓÓ

1.100
625.000
5.720.000

9.517.000

DEPENSES
francs

471.000

197
158
135
88
64
61
62
35
19
3
4
90
102
1.938
34
572
361
8
13
3
68
1.290
18
524
68

500
800
300
.300
900
900
,900
300
900
000
600
800
000
000
400
000
.000
,900
.700
.800
.300
000
.700
000
,600

306.000
163.000
16.700

2.700.000

65.800
810.000
6.600

10.472.000  6.701.000

DIFFERENCE
à
COUVRIR

421.400

123.500
87.800
65.500
48.700
24.700
14.800
33.100
33.600
19.900
1.600
1.500
40.400
41.000
1.447.000
21.900
402.500
137.000
7.600
13.700
3.400
873.000
12.400
518.900
56.300
302.600
163.000
16.000
30.100
1.489.000

64.700
185.000

La  somme  totale  des  revenus  soumis  à  l’impôt  sur  le
revenu  est  de  39  millions,  en  chiffres  ronds.
        <pb n="373" />
        BUDGET  ET  STATISTIQUE

373

Situation  Financière  (Balance)

CHAPITRES

Reports...
Usines  à  gaz
Service  des  eaux
Service  électrique  ....
Abattoirs
Tramways
Contrôle  des  poids  et  mesures.
Impôts  communaux..

RECETTES

9.517.000

9.517.000

DEPENSES

DIFFERENCE
à
COUVRIR

10.472.000

6.701.000

10.-172.000

6.701.000

EXCEDENT

817.000
33.500
110.000
300
25.500
1.300
5.713.400

6.701.000

L’excédeni  net  de  l’exercice  se  monte  à  185.000  francs.

Dons  et  Fondations

1°  Pour  la  caisse  des  pauvres  1.146.000  »
2°  —  les  hospices  communaux  268.000  »
3°  —  logements  ouvriers  22.500  »
4°  —  écoles  451.000  »
5°  —  invalides  militaires  et  civils....  154.000  »
6°  —  fondations  diverses  201.000  »

Ensemble  2.242.500  »

WTT
        <pb n="374" />
        374

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

Perception  des  Impôts  communaux

1°  Supplément  à  l’impôt  sur  le  revenu
perçu  par  l’Etat,  200  °/ 0  3.575.000  »
2°  Supplément  à  l’impôt  industriel  200%  675.000  »
3°  Impôt  d’exploitation  (débitants)  100°/o  14.500  »
4°  —  sur  les  terrains  3  p.  mille  ...  1.360.000  »
(de  453.300.000).
Ensemble  5.624.500  »
Suppléments  ...  345.000  »
Somme  à  percevoir  5.969.500  »
Réductions..  570.000  »
Non  perçus.  21.000  »  591.000  »
Somme  perçue  5.378  500  »
Rentrées  douteuses  13.000  »

5.365.500
Perception  de  rentrées  douteuses  des
années  passées  2.500
Perçu  net  5.368.000

Taxes  locales  diverses

Mutations  (1  %)  172.500  »
Bière  94.500  »
Chiens  33.500  »
Spectacles  14.300  »
Débits  15.400  »
Colportage  200  »
Bazars  2.300  »
Halles  et  marchés  19.300  »

352.000

»

»•
»

»

Recettes  totales

5.720.000  »
        <pb n="375" />
        BUDGET  ET  STATISTIQUE

375

Situation  de  la  Dette  communale
Emprunts  à  diverses  époques  58.900.000  »
Amorti  7.720.000  »
Dette  actuelle  51.180.000  »

Ecoles

ECOLES

Gymnase
Gymnase  industriel
Ecole  industrielle  supérieure
Ecole  industrielle
Ecole  de  filles  supérieure
—  —  II
—  —  III

Ecoles  complémentaires,  arts  in
dustriels

Ecole  supérieure  textile..
Ecoles  primaires

DEPENSES  ALLOCATIONS
de  la  de
COMMUNE  !  L’ETAT

123.500
87.800
65.500
48.700
24.700
14.800
33.100
43.500
41.000
1.447.000

48.600
41.000
486.000

ECOLACES
PERÇUS

71.600
71.000
69.500
23.800
39.700
47.100
29.600
14.700
19.100
(Gratuit)

L’impôt  de  l’Etat  sur  le  revenu  a  produit
L’impôt  de  l’Etat  sur  les  capitaux  (impôt
complémentaire)
L’impôt  industriel  de  l’Etat  a  produit...

1.715.000  »
276.000  »
338.000  »
        <pb n="376" />
        '*_*****'

¿Wb  L  INDUSTRIE  COTONNIERE  EN  ALLEMAGNE
Dépenses  diverses
Traitements  de  l’Administration  centrale.
Pensions  de  retraite,  veuves  et  orphelins.
Traitements  de  la  Caisse  communale
Dépenses  diverses  de  l’Administration
centrale
Frais  de  bureau  de  l’Administration  centrale ­

Dépenses  pour  matériels  divers
Traitements  du  bureau  des  Ecoles
Fournitures  d’école  pour  les  Ecoles  primaires ­

Matériel  d’instruction  pour  les  Ecoles
supérieures
Nettoyage,  chauffage,  éclairage  des  Ecoles
primaires
Nettoyage,  chauffage,  éclairage  des  Ecoles
supérieures
Frais  pour  l’Ecole  de  tenue  de  ménage...
Allocation  de  la  Ville  pour  pensions  et
caisse  de  pensions  des  veuves  et  orphelins ­
  des  Ecoles
Pour  construction  d’Ecoles  primaires....
Traitements  des  agents  de  la  police  active
Traitements  des  bureaux  de  la  police
Pensions  de  retraite  et  secours  de  la  police
Frais  de  bureau  de  la  police
Traitements,  salaires  et  pensions  des
pompiers  32.600
Frais  de  l’Institut  du  vaccin  3.500
Allocation  aux  Etablissements  de  bains  ..  30.500
Intérêts  des  emprunts  communaux  1.660.000
Amortissement  des  emprunts  communaux  1.010.000

213.000  »
30.500  »
97.600  »
50.300  »
49.900  »
23.400  »
14.800  »
33.900  »
35  000  »
79.000  »
47.700  »
13.400  »

53.400
135.500
418.000
31.700
24.200
6.700
        <pb n="377" />
        BUDGET  ET  STATISTIQUE

377

Impôts  divers

Impôts  (TEglise
a.  Eglise  évangélique  35  %  \  JS  g  "

b.  —  réformée  34  %
c.  —  luthérienne  1  32  %
d.  —  —  II  ...  38  %
e.  —  catholique  1  39  %
/.  —  —  II  39  %
g.  Synagogue  63  %  ¡g

qi
tîi
«  ^
S  S'a  g
«-■s«  s;

182.000
87.800
146.000
33.100
39.400
14.300
17  300

Frais  de  la  Chambre  de  Commerce
11  %  de  l’impôt  industriel  payé  par  les
intéressés  25.700  »

Frais  du  Conseil  des  Prud'hommes
3  %  %  de  l’impôt  industriel  payé  par  les
intéressés  8.500  »
Impôt  industriel  et  professionnel

Dans  la  l re  classe  (revenu  supérieur  à  62.500  fr.
ou  capital  supérieur  à  1.250.000  fr.)  125
Dans  la  2 e  classe  (revenu  de  25.000  à  62.500  fr.
ou  capital  de  187.500  à  1.250.000  fr.)  80
Dans  la  3 e  classe  (revenu  de  5.000  à  25.000  fr.
ou  capital  de  37.500  à  187.500  fr  )  840
Dans  la  4 e  classe  (revenu  de  1.875  à  5.000  fr.
ou  capital  de  3.750  à  37.500  fr.)  3.996
Nombre  de  contribuables  soumis  à
l’impôt  industriel  et  professionnel...  5.041
        <pb n="378" />
        L'INDUSTRIE  COTON»  1ÈRE  EN  ALLEMAGNE

378
Débits  pour  156.000  habitants
38  hôtels  et  restaurants.
435  débits  non  limités.
5  débits  sans  patente  pour  l’eau-de-vie.
43  confiseries  autorisées  à  débiter  des  liqueurs.
155  petits  débits  autorisés  à  débiter  de  l’eau  de-vie.
Il  est  interdit  de  vendre  de  l’eau-de  vie  entre  11  heures
du  soir  et  8  heures  du  malin.
Dans  l’année  :  Concessions
demandées
Pour  restaurants-  11
Pour  débits  non  limités  233
Pour  débits  limités  8
Pour  confiseries  débitant  des
liqueurs  22
Pour  petits  débits  d’eau-de-vie..  33
La  police  active  se  compose  de  :
1  Inspecteur  de  police.
8  Commissaires.
18  Brigadiers-chefs.
75  Sergents.
79  Sergents  de  la  police  de  nuit.
Soit  181  personnes.
Il  a  été  pris  dans  l’année  aux  bains  principaux  de  la
ville,  242.092  bains  dont  179.986  par  des  hommes  et  62.106
par  des  femmes.  En  outre,  166.414  bains  et  14.322  douches
dans  un  autre  établissement  de  bains  qui  a  plutôt  le  caractère ­
  d’établissement  hydrothérapique.  Il  a  été  distribué ­
  20.000  cartes  de  bain  gratuites  à  des  enfants  pauvres.
Des  installations  de  douches  gratuites  ont  été  jusqu’ici

Concessions
accordées
3
71
2
9
20
        <pb n="379" />
        BUDGET  ET  STATISTIQUE

379

installées  dans  6  écoles  primaires  et  sont  en  usage  chaque
jour  de  semaine,  de  mai  à  novembre,  période  pendant
laquelle,  en  moyenne,  chaque  semaine,  1.631  enfants  dont
878  garçons  et  753  filles  en  ont  profité.
Sociétés  diverses.  —  Il  existe  dans  la  ville  36  sociétés  de
gymnastique  dont  3  de  dames;  en  outre,  24  sociétés
d’athlètes  et  sports;  le  nombre  moyen  des  membres  de
ces  60  sociétés  est  de  47.
Société  pour  favoriser  les  jeux  d'enfants.  —  Elle  comprend ­
  400  adhérents  :  80instiluleurss’occupent,en  dehors
des  heures  des  leçons,  de  surveiller  et  d’organiser  des
jeux,  sur  8  emplacements  spéciaux  et  4  cours  d’écoles.
Société  pour  déjeuners  gratuits.  —  Pendant  les  jours
froids  de  l’hiver,  (en  moyenne  pendant  66  jours  par  an),
dans  38  écoles,  il  a  été  distribué  en  moyenne  journalière
à  817  enfants  pauvres,  une  tasse  de  lait  chaud  et  un  petit
pain  avant  la  classe  du  matin  ;  la  dépense  a  été  de  6.520
francs.
Colonies  d'été  pour  enfants  pauvres  débiles.  —  Il  a  été
envoyé  382  enfants  dans  des  établissements  thermaux  et
216  à  la  campagne.  —  Dépense  :  37.200  francs.
Société  d'éducation  d’enfants  négligés,  s’occupant
d’environ  100  enfants.
Société  des  cuisines  populaires.  —  Elle  a  distribué  dans
l’année,  56.368  portions  de  soupe  avec  viande  et  54.338
portions  de  soupe  avec  légumes,  au  prix  moyen  de  12
centimes;  le  nombre  des  portions  distribuées  varie  peu
d'un  mois  à  l'autre,  il  est  de  4.000  à  5.000  par  mois.
Il  existe  dans  la  ville  30  salles  d’asile  et  1  crèche,  toutes
institutions  privées  ;  elles  s’occupent  de  3.375  enfants.
        <pb n="380" />
        380

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

Cinq  orphelinats  et  asiles  de  pauvres,  contiennent  414
personnes.
Société  maternelle.  —  Elle  a  traité  198  femmes  pauvres
en  couches,  pendant  1.974  journées.
Hospice  St-Pierre  (privé).  —  1037  malades  pendant
29.369  journées.
Hospice  communal.  —  3.270  malades  pendant  96  036
journées.
Une  société  fondée  il  y  a  plus  de  70  ans  s’occupe  des
détenus  dans  les  prisons  et  après  leur  libération.
Depuis  environ  15  ans,  une  Société  s’occupe  des  ménages ­
  pauvres  privés  momentanément  de  logement  pour
une  cause  quelconque.  Deux  baraques  d’une  surface
totale  de  753  mq.  comprennent  24  locaux,  ayant  chacun
leur  entrée  séparée.  En  outre,  à  chaque  extrémité  des
baraques,  une  aile  contient  5  locaux;  donc,  en  tout  34
locaux.  Les  familles  y  sont  recueillies  avec  leur  mobilier,
jusqu’à  ce  qu’elles  aient  pu  trouver  un  logement  approprié. ­
  Les  murs  extérieurs  des  baraques  sont  en  briques.
En  théorie,  le  prix  de  location  est  de  1  fr.  85  par  semaine  ;
mais  dans  la  pratique,  on  ne  l’exige  jamais.  Ces  baraques
sont  sous  la  surveillance  de  deux  agents  de  police.  En
moyenne  20  familles  font  usage  de  ces  refuges.
La  ville  a  installé  une  école  spéciale  pour  enfants  dont
l’intelligence  est  peu  développée,  et  qui  donne  d’excellents
résultats;  on  les  occupe  en  particulier  à  la  confection
d’objets  en  carton  et  en  bois.
De  môme,  une  Ecole  curative  pour  bégaiement.  Dans
l’année,  sur  26  enfants,  15  ont  été  jugés  guéris  lors  de
l’examen,  10,  améliorés  ;  un  seul  était  considéré  comme
incurable.
        <pb n="381" />
        BUDGET  ET  STATISTIQUE

381

Bureau  de  bienfaisance  communal.  —  La  ville  est
divisée  en  27  arrondissements  et  chacun  d’eux  en  12
districts.  Le  chef  de  chaque  arrondissement  forme  avec
les  douze  préposés  aux  districts,  une  assemblée  qui  se
réunit  régulièrement  toutes  les  deux  semaines.  Les
secours  ne  sont  pas  délivrés  pour  plus  de  15  jours.  Quatorze ­
  médecins  sont  chargés  des  secours  aux  malades.  Il
a  été  distribué  aux  pauvres,  dans  l’année,  572.000  francs.
Un  refuge  pour  enfants  abandonnés  réunissait  99
enfants,  dont  24  enfants  abandonnés  volontairement  par
les  parents;  65  recueillis  par  suite  de  l’entrée  des  parents
à  l’hôpital  ;  et  10  pour  causes  diverses.
La  Bibliothèque  a  prêté  123.108  volumes  à  129.043
lecteurs  et  la  salle  de  lecture  a  été  visitée  par  50.862  personnes. ­
  Il  a  été  dépensé  9.750  francs  pour  achat  de  nouveaux ­
  livres.

Instruction
Gymnase.  —  1  Directeur  et  26  professeurs  et  maîtres.
Conseil  d’administration,  10  membres.  444  élèves;  9  degrés; ­
  18  classes.
Gymnase  industriel.  —  1  Directeur;  22  professeurs  et
maîtres.  Conseil  composé  de  9  membres.  474  élèves;
9  degrés;  16  classes.
Ecole  industrielle  supérieure.  —  1  Directeur  et  19  professeurs ­
  et  maîtres.  Conseil  de  9  membres.  479  élèves;
9  degrés;  15  classes.
Ecole  industrielle.  —  1  Directeur  et  11  professeurs  et
maîtres;  Conseil  de  9  membres.  313  élèves;  6  degrés;
9  classes.
Ecole  de  filles  supérieure  I.  —  1  Directeur  et  14  pro-
        <pb n="382" />
        382

l’industrie  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

fesseurs  et  maîtresses.  Conseil  de  9  membres.  347  élèves;
10  degrés;  15  classes.
Ecole  de  filles  supérieure  II.  —  1  Directeur  et  14  professeurs ­
  et  maîtresses.  Conseil  de  9  membres.  285  élèves;
10  degrés;  10  classes.
Ecole  de  filles  supérieure  III.  —  1  Directeur  et  12  professeurs ­
  et  maîtresses;  Conseil  de  12  membres.  224  élèves;
10  degrés;  10  classes.
Ecoles  primaires  (gratuites)
47  écoles  ayant  chacune  8  degrés.  22.209  élèves;
11.007  garçons;  11.202  filles.  333  instituteurs  et  77  institutrices. ­
  Moyenne  par  classe  •  53 2  élèves.
Ecole  de  tenue  de  ménage  et  de  cuisine  que  fréquentent
250  élèves  des  écoles  primaires.
Pour  cause  de  manquement  à  l’école  des  enfants,
1.968  parents  ont  été  appelés  au  bureau  de  police  pour
explications;  1.694  ont  reçu  de  la  police  un  avertissement;
1.618  ont  été  frappés  d’amende;  et  46  élèves  ont  dû  être
conduits  de  force  à  l’école.
Ecoles  d’application
Ecole  de  pratique  et  d'art  industriel

4  degrés  pour  les  classes  de  jour  57  élèves
2  —  —  du  soir  430  —
Ensemble,  semestre  d’été  487  élèves
4  degrés  pour  les  classes  de  jour  121  élèves
2  —  —  du  soir  630  —
Ensemble,  semestre  d’hiver  751  élèves
        <pb n="383" />
        38:1

BUDGET  ET  STATISTIQUE

wT  *  '

Ecole  supérieure  textile
Semestre  d’été  :  classes  de  jour  81  élèves
—  —  du  soir  185  —
Semestre  d’hiver  :  classes  de  jour  62  —
—  —  du  soir  152  —
Enseignement:  dessin  d’échantillons;  passementerie;
broderie  artistique  ;  cours  commercial  ;  dessin  et  patrons.
Les  cours  de  la  journée  sont  pour  étudiants.  Les  cours
du  soir  pour  contremaîtres.

Ecole  (Varchitecture  et  d'entreprise
(de  compte  à  demi  avec  une  ville  voisine)
4  degrés  divisés  en  9  classes,  et  une  classe  préparatoire.
Pendant  l’année,  353  élèves,  dont  85  en  été  et  268  au  semestre ­
  d’hiver.

Ecole  de  construction  de  machines
(de  compte  à  demi  avec  une  ville  voisine)

Pendant  l’année,  543  élèves,  dont  275pendant  le  semestre
d’hiver  et  268  pendant  le  semestre  d’été.
Les  cours  du  soir  pour  contremaîtres  ont  réuni
189  élèves,  dont  95  en  hiver  et  94  en  été.

Caisse  d’épargne

Sommes  déposées  27.800.000  fr.
Nombre  de  livrets  37.581
Intérêt  3%  %
Bénéfice  de  l’exercice  204.500  tr.
        <pb n="384" />
        384

L’INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

Eclairage  électrique

Prix  du  kilowatt  heure,  éclairage  public  0  fr.  18  %
—  éclairage  particulier  0  fr.  80
—  force  industrielle  Ofr.  I4à0fr.  31

Usine  à  gaz.  —  Prix  de  la  houille  rendue  à  l'usine

170  fr.  le  wagon.
Production  annelle  de  gaz  de  houille...  11.248.000  me-—
  —  à  l’eau  2.849.000  me.
ensemble  14.097.000  me.
avec  39.450  tonnes  de  houille.

Pour  carburer  2.849.000  me.  de  gaz  à  l’eau  il  a  fallu
208.900  kg.  de  benzol  à  29  cent,  le  kg.
Prix  du  mètre  cube  à  la  vente  :

Eclairage  privé  18  cent.  %
—  public  12  —
Pour  chauffage  et  cuisine  10  —
Pour  moteurs  12  —
Pour  gazage  de  fd  18  —

Production  par  100  kg.  de  houille  :
28  me.  510  de  gaz.
70  kg.  100  de  coke  valant  143  fr.  le  wagon
4  kg.  040  de  goudron  —  3  fr.  25  les  100  kg.
0  kg.  230  d’ammoniaque  .  —  1  fr.  075  le  kg.
Service  des  eaux.—  Pour  10.000  nie.  paran  et  au  dessus,
le  me.  à  13  centimes  %  ;  au-dessous  de  10.000  me.  15  cent.
Pour  usages  domestiques  20  cent,  le  inc.
        <pb n="385" />
        :W5

hud&amp;lt;;i;t  kt  statistioik

¿5

Scarlatine
Diphtérie
Coqueluche
Typhus
Dyssenterie
(Cet
Fièvre  puerpérale.
Erésipèle
Infections  diverses.
Tuberculose  pulmonaire.
Pneumonie  simple.
Autres  maladies  des  organes  respiratoires. ­

Apoplexie.
Rhumatismes
Maladies  des  organes  digestifs.
Maladies  cérébrales.
—  du  cœur.
Cancer
Débilité  sénile.
Débilité  infantile
Maladies  diverses.
Accidents
Suicides
Meurtres.
Mort-nés

Cause  des  décès  (2.265)

Petite  vérole

Rougeole

34

173  cas
209  cas

20

43

59  cas
193  cas

LU

11

(Cette  maladie  était  inconnue  avant  1898)

LO

24  cas

14

24

260

228

152

283

78

143

114

72

139

320

46

25

130
        <pb n="386" />
        386

I.  INDUSTIUK  COTONNIKKE  EN  ALI.IOMACNK

Crimes  et  Délits
Nombre  des  cas  ayant  entraîné  nne  condamnation
Abus  de  confiance  137
Accidents  mortels  47
Détournements  99
Attaque  et  résistance  aux  agents  17
Avortement  8
Abandon  d’enfant  1
Fausse  accusation  2
Menaces  et  contrainte  43
Insultes  44
Vol  simple  552
Incendie  5
Police  des  chemins  defer  103
Faux  en  effets  et  écritures  18
Recel  et  fabrication  de  fausse  monnaie.  15
Séquestration  1
Libération  de  détenus  G
Contravention  aux  lois  du  travail  52
Tapage  nocturne  82
Recel  24
Assassinats,  tentatives  et  infanticide  7
Coups  et  blessures  323
Police  des  mœurs  13
Contravention  à  la  loi  sur  les  loteries  77
Lèse-majesté  1
Contravention  à  la  loi  sur  la  margarine  6
Parjure  6
Contrefaçons  d’échantillons  et  brevets  6
Falsification  de  matières  alimentaires  44
        <pb n="387" />
        BUDGET  ET  STATISTIQUE  387
Vol  avec  effraction  5
Sacrilège  1
Dégradation  à  la  propriété  d’autrui  91
Débit  de  boissons  sans  autorisation  18
Délits  de  mœurs  68
Contravention  au  repos  du  dimanche  14
En  tout  2.090
Arrestations  1.032
Durée  des  arrêts  1.825  jours
Parmi  les  procès-verbaux  de  police,  sont  à  remarquer  :
débit  d’eau-de-vie  entre  11  heures  du  soir  et  8  heures  du
matin;  vente  d’eau-de-vie  à  des  gens  déjà  ivres;  nonvaccination
  d’enfants;  absence  de  l’école,  poids  et
mesures  inexacts;  contravention  à  la  loi  sur  la  margarine, ­
  etc.
        <pb n="388" />
        -  -

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'  i
        <pb n="389" />
        ER  RATA

l'agc  Ligne

LIRE

22  12  ...  énormément  de  filés  de  colon,  des  chaînes ­
  notamment  —  on  ne  ...
25  31  2600

117  17  86  millions
198  15  ...  2  marks  35  à  4  marks  15  (2  fr.  93  à  5  fr.  18).
par  jour
206  19  (16  %  cent)
208  11  (11.250  à  12.500  fr.)
211  9  ...  système  Hubner.
212  15  ...  que  son  service  militaire,
215  3  ...  ou  75  kilos  en  Jumel.
220  7  8,  8,  9,  4,  6  %,  10,  10.  10,  °/o.
221  3  Maisons  ...
250  13  Un  fileur  conduisant  deux  selfactings  gagne

85  9  Seize  années  ...

annuellement  .  ..

Tableau  n°  Í3.

DÉSIGNATION
DES
ÉTABLISSEMENTS

AMORTISSEMENT
STATUTAIRE
EFFECTUÉ  EN  1905

K.  S.  et  W  Kol.

69.500
        <pb n="390" />
        m

*'
        <pb n="391" />
        TABLE  DES  MATIERES

Statistique  5
Salaires  29
Conditions  de  la  vie  65
Loi  sur  le  travail  85
Assurances  gouvernementales  109
Impôts  147
Combustible  175
Droits  d’entrée  179
Cours  des  cotons  filés  et  tissus  187
Établissements  193
Résultats  des  Etablissements  323
Organisations  patronales  343
Organisations  ouvrières  355
Grèves  367
Budget  et  statistique  d’une  ville  industrielle  371
        <pb n="392" />
        ■í  :  -,

m
        <pb n="393" />
        lmp.  E.  PELLETIER  et  C",  2,  rue  des  Deux-Gares,  2
        <pb n="394" />
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gSb*

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322

L  INDUSTRIE  COTONNIÈRE  EN  ALLEMAGNE

trouve  un  malade  atteint  de  maladie  contagieuse.  Les
livres  qui  pourraient  se  trouver  en  sa  possession  sont
retirés  et  désinfectés.
Une  Ecole  de  métiers  a  pour  but  de  taire  faire  un  apprentissage ­
  sérieux  et  complet  aux  fils  d  employés  ou
ouvriers;  ils  sont  admis  après  un  examen  préliminaire.
Leur  instruction  théorique  est  complétée  en  même  temps.
La  durée  des  cours  et  de  l’apprentissage  est  de  trois  années ­
  et  demie;  chaque  apprenti  admis  doit  signer  un
contrat.
Le  contrat  peut  être  rompu  de  part  et  d’autre  pendant
les  deux  premiers  mois  sans  autres  difficultés  ;  plus  tard,
il  ne  peut  l’être  que  dans  certaines  conditions.  Cet  apprentissage ­
  est  gratuit,  et  les  élèves  reçoivent  un  certain
salaire  pour  leurs  travaux.
Une  Société  coopérative  dirigée  par  un  Comité  composé
d’employés  et  ouvriers,  a  pour  but  d’approvisionner  les
ménages  le  plus  économiquement  possible.  Il  est  constitué ­
  un  fonds  de  réserve  au  moyen  de  prélèvement  sur
les  bénéfices  annuels  ;  le  bénéfice  net  restant  est  réparti
entre  les  membres  au  prorata  des  achats  faits  pendant
l’année.
Il  existe  encore  une  Société  chorale,  une  Société  instrumentale ­
  et  diverses  fondations  concernant  les  employés;
entre  autres,  une  Caisse  de  pensions  pour  les  employés
âgés,  les  veuves  et  les  orphelins  d’employés,  et  qui  possédait ­
  en  1902  environ  1.600.000  fr.  de  capital,  elle  comptait ­
  à  cette  époque  738  membres.  Nous  ne  nous  y  arrêterons ­
  pas  autrement.
        <pb n="399" />
        (fc yO'tto
        <pb n="400" />
        <pb n="401" />
        <pb n="402" />
        <pb n="403" />
      </div>
    </body>
  </text>
</TEI>
