soins  par  sa  production  intérieure  aussi  bien  que  par  les  importations
de  ses  possessions  africaines.  Enfin,les  importations  de  laines  russes
sont  en  diminution  considérable,  ce  qui  s’explique  par  le  développement ­
  des  filatures  et  des  tissages  russes  qui  absorbent  la  production
du  pays.  Quant  à  l'importation  des  animaux  vivants,  elle  ne  pourra
se  développer  que  du  moment  où  seront  levées  les  barrières  de  police
sanitaire  qui  empêchent  le  développement  de  cette  branche  des
importations  russes  en  France.
Les  exportations  des  principaux  articles  que  la  France  fournit
à  la  Russie,  se  sont  aussi  considérablement  accrues  :  le  total
des  vins  et  spiritueux  passe  dans  la  période  de  1894  à  1901,
de  4.728.000  à  7.051.000  roubles,  les  produits  et  matières  chimiques ­
  de  296.000  à  733.000  roubles,  le  poisson  mariné  de  734.000  à
1.139.000  roubles,  les  tissus  de  soie  de  552.000  à  944.000  roubles,
les  tissus  brodés  de  soie  de  13.000  à  57.000  roubles,  le  linge  et  vête
ments  de  135.000  à  214.000  roubles,  les  parfums  de  230.000  à  377.000
roubles,  les  eaux  de  senteur  de  114.000  à  216.000  roubles,  les  matières ­
  à  tanner  de  101.000  à  162.000  roubles,  les  pruneaux  de  74.000
à  156.000  roubles,  etc.,  etc.
Cette  augmentation  dans  les  échanges  des  deux  pays  s’est  produite
bien  qu’aucune  modification  de  tarifs  douaniers  n’ait  eu  lieu  et  par
le  fait  seul  d’une  pénétration  commerciale  plus  intense.  Une  étude
plus  approfondie  des  besoins  et  des  goûts  de  la  population,  une  organisation ­
  du  commerce  plus  rationnelle,  une  initiative  plus  large,
pourraient  sans  doute  amener,  même  en  l’état  actuel  du  régime
douanier,  un  développement  plus  rapide  et  plus  considérable  du
commerce  franco-russe.
Les  relations  entre  la  Russie  et  la  France  sont  actuellement  régies
par  la  convention  commerciale  conclue  le  5  (17)  juin  1893,  et  exécutoire ­
  jusqu’à  l’expiration  d’une  année  à  partir  du  jour  de  sa  dénonciation. ­
  Cette  convention,  du  côté  de  la  Russie,  réduit  pour  les
importations  françaises  les  droits  de  douane  russe  sur  52  articles  ou
paragraphes  du  tarif  douanier  russe  ;  du  côté  de  la  France,  elle  réduit ­
  les  droits  sur  le  naphte  brut  et  les  produits  de  la  distillation  de
naphle  importés  de  la  Russie.  En  même  temps,  la  convention  de
1893  laisse  en  vigueur  la  clause  de  la  nation  la  plus  favorisée,  établie
par  le  traité  du  1 er  avril  1874  et  s’appliquant  à  «  tout  ce  qui  concerne
l’importation,  l’exportation,  le  transit,  le  dépôt,  la  réimportation,  les
textes  locales,  les  courtages,  les  tarifs  et  les  usages  de  la  douane  »
et  à  «  tout  ce  qui  à  trait  à  l’exercice  du  commerce  et  de  l’industrie  ».
La  Russie  jouit  par  conséquent,  en  France,  du  tarif  minimum,
mais  la  France  reste  maîtresse  de  son  tarif  aussi  bien  général  que
minimum  ;  elle  peut  le  changer,  sans  que  les  conventions  commerciales ­
  qu’elle  a  conclues  l’en  empêchent.C’est  ainsi  que  certains  droits