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ÉTUDE  SUR  LE  COMMERCE  EXTÉRIEUR  DE  LA  FRANCE

tir  la  prépondérance  du  débouché  intérieur.  Ce  point  de  vue  a
sans  aucun  doute  sa  valeur,  mais  il  est  manifestement  trop  étroit.
Nous  ne  recherchons  pas  ici  s’il  vaudrait  mieux  sacrifier  le  débouché ­
  extérieur  ou  compromettre  le  débouché  intérieur,  mais  s’il  est
possible  de  déterminer  l’importance  que  le  commerce  international,
pris  dans  son  ensemble,  présente  par  rapport  à  l’activité  économique ­
  de  la  nation.  Or  une  fraction  de  l’activité  nationale  est  employée
à  produire  pour  l’étranger,  mais,  par  contre,  une  fraction  de  l’activité ­
  étrangère  est  employée  à  produire  pour  nous.  Nous  travaillons, ­
  de  nation  à  nation,  les  uns  pour  les  autres,  et  l’avantage
réciproque  en  est  un  meilleur  aménagement  de  l'ensemble  des
forces  productives,  qui  se  traduit  par  un  accroisement  des  utilités
produites.  La  part  que  notre  pays  prend  à  celte  plus-value  mesurerait ­
  seule  avec  exactitude  l’importance  que  présente  pour  lui  le
commerce  international;  mais  il  n'est  pas  possible  de  la  déterminer. ­
  Pour  le  faire  il  faudrait,  d’une  part,  connaître  d’une  façon
précise  l’état  de  la  production  nationale  correspondant  à  un  état
donné  du  commerce  extérieur;  d’autre  part,  discerner  ce  que
serait  celle  production  si  par  hypothèse  tout  commerce  extérieur ­
  cessait,  toutes  autres  choses  égales  d’ailleurs.  Or,  sur  le  premier ­
  point,  nous  n’avons,  dans  l’état  actuel  des  sources  statistiques, ­
  qu’une  connaissance  grossière  et  empirique;  sur  le  second,
nous  ne  pourrons  jamais  faire  que  des  conjectures.  Il  faut  donc
renoncer  à  mesurer  la  grandeur  des  avantages  que  nous  procure
le  commerce  extérieur.
Tenons-nous  en  à  l’idée  simple  que  l’activité  des  échanges  extérieurs ­
  est,  pour  un  peuple,  un  signe  de  santé;  d’abord,  parce
qu’elle  est  un  aspect  de  son  activité  économique  totale,  et  aussi
parce  que  c’est  une  chose  saine  et  féconde  que  celte  participation  à
la  vie  économique  du  dehors.  Craindre  d’affronter  les  luttes  internationales ­
  est  une  attitude  de  malade  ou  de  vaincu.  Il  n’est  pas
bon  que  les  peuples  vivent  seuls  et  resserrent  leur  existence  au
dedans  de  leurs  frontières.  C’est  par  un  instinct  sur  qu’ils  attachent
de  l’importance  aux  statistiques  du  commerce  extérieur  et,  sans
vouloir  chercher  d’impossibles  précisions,  qu’ils  y  voient  un  des
signes  de  leur  décadence  ou  de  leur  prospérité.
§  2.  De  1892  à  la  fin  de  1902  1  onze  années  se  sont  écoulées;
•  L'année  1902,  au  moment  où  celte  étude  est  écrite,  est  la  dernière  pour  laquelle
les  résultats  définitifs  du  commerce  extérieur  aient  été  publiés.