DE  1881  A  1902

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c'est  une  période  suffisamment  longue  pour  avoir  contenu  des
années  de  crise  et  des  années  de  prospérité,  des  années  de  bonne
et  de  mauvaise  récolte,  des  années  de  trouble  et  d’inquiétudes
politiques  ou  au  contraire  des  années  de  sécurité  extérieure  et  intérieure. ­
  Elle  n’a  d’ailleurs  été  marquée  par  aucune  grande  perturbation ­
  nationale,  guerre  ou  révolution.  Bref,  elle  est  assez  exactement ­
  représentative  de  l’existence  normale  du  pays.  Nous  pouvons
donc,  sans  imprudence,  rapprocher  les  résultats  qu’elle  nous  offre,
au  point  de  vue  du  commerce  extérieur,  de  ceux  de  la  période  de
onze  années  qui  a  précédé  la  réforme  douanière,  la  période  1881-1891;
  celle-ci  a  été  également  une  période  normale,  marquée  au
début  par  des  années  de  crise  économique  et  à  la  fin  par  des  années
de  prospérité,  et  qui,  traversée  elle  aussi  d’événements  politiques
assez  divers,  n’a  cependant,  pas  plus  que  la  période  1892-1902,
assisté  à  des  perturbations  graves.  Nous  aurons  ainsi  une  période
totale  de  vingt-deux  années,  partagée  en  deux  fractions  égales,  dont
la  première  a  pour  point  de  départ  le  tarif  de  1881  et  le  renouvellement ­
  des  traités  de  commerce,  la  seconde  l’inauguration  du  système
du  double  tarif  autonome.
Le  surcroît  de  protection  que  la  seconde  fraction  de  la  période
comporte  relativement  à  la  première  peut  se  mesurer  approximativement ­
  de  la  façon  suivante.  On  n’a  qu’à  considérer  le  rapport  des
perceptions  douanières  aux  valeurs  importées  pendant  un  certain
nombre  d’années  avant  et  le  même  nombre  d'années  après  l’application ­
  du  tarif  de  1892.  Il  y  a  lieu,  bien  entendu,  de  déduire  des
perceptions  celles  qui  ont  un  caractère  exclusivement  fiscal,  et  des
valeurs  celles  des  marchandises  sur  lesquelles  portent  ces  perceptions. ­
  Ou  obtient  ainsi,  en  faisant  porter  la  comparaison  sur  les
cinq  années  qui  précèdent  et  sur  les  cinq  années  qui  suivent  la
réforme,  les  résultats  exprimés  dans  le  tableau  ci-dessous  1  :
(en  millions  de  francs)
Moyenne  des  Moyenne  des  Rapport  des  perceptions
valeurs  perceptions  aux  valeurs

Années  1887-91  4.019,2  219  5,44  p.  100
Années  1892-96  3.512,6  279,74  7,96  p.  100

1  On  s’est  borné  à  déduire,  pour  les  perceptions  et  les  valeurs,  les  trois  principales
marchandises  sur  lesquelles  le  droit  perçu  a  un  caractère  fiscal  :  café,  sucre  des  colonies
françaises,  cacao.  Pour  1887-91,  I  importation  de  ces  trois  marchandises  représente  une
moyenne  annuelle  de  311,8,  et  la  perception  une  moyenne  de  146,3;  pour  1892-96,  les
chiffres  sont  respectivement  369,4  et  154,9  (en  millions  de  francs).