de  1881  a  1902

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me  ree  extérieur  sont  en  baisse  notable;  la  chute  commence  dès
1892 1  par  une  diminution  de  689,1  millions;  elle  s'accentue  en
1893  et  en  1894,  et  cette  dernière  année  marque  le  point  extrême
de  la  dépression.  Une  légère  reprise  est  esquissée  en  1895  et  1896,
puis  brusquement  en  1897  se  dessine.  Dès  1898,  le  commerce  global ­
  revient  au-dessus  du  niveau  de  1892;  en  1899,  il  dépasse  le
chiffre  le  plus  élevé  qui  eût  été  atteint  jusque-là  ;  en  1900,  il
monte  encore;  en  1901  et  1902  il  demeure,  bien  que  légèrement
en  baisse,  au-dessus  de  8  milliards,  au-dessus  même  de  8  1/2  milliards ­
  pour  celte  dernière  année.  Un  résumé,  de  1892  à  1896
dépression,  avec  point  le  plus  bas  en  1894;  de  1897  à  1902,  relèvement, ­
  avec  point  culminant  en  1900.
Deux  remarques  se  dégagent  de  là.
A.  La  première  est  que  le  tarif  de  1892  a  eu  pour  conséquence,
pendant  quelques  années,  un  resserrement  notable  des  échanges
extérieurs.  Il  semble  démontré  qu’il  y  a  eu,  non  pas  simple  coïncidence, ­
  mais  rapport  de  causalité,  si  l’on  observe  que,  d’une  part,  le
même  resserrement  n’apparaît  pas  dans  le  commerce  extérieur  des
autres  pays,  que,  d’autre  part,  les  années  antérieures  à  1892  avaient
été  marquées  par  un  assez  vif  essor  que  celle-ci  a  brusquement
interrompu.
En  effet  notre  commerce  extérieur,  qui  avait  baissé  à  partir  de
1884  et  qui  restait,  de  1881  à  1888,  très  au-dessous  de  8  milliards,
reprenait  en  1889  sa  marche  en  avant  et  dépassait,  pour  les
trois  années  1889-1891  ce  chiffre  de  8  milliards.  C’est  ce  progrès
que  l’année  1892  interrompit.  L’effet  du  tarif  nouveau  apparaît
clairement  si  on  rapproche  les  moyennes  quinquennales  1887-1891
  et  1892-1896.
(En  millions  de  francs).
Moyenne  quinquennale  Moyenne  quinquennale
1887-1891  1892-1896
7.834,9  7.192,1
La  seconde  est  inférieure  à  la  première  de  642,8  millions,  soit

1  II  faul  tenir  compte,  il  est  vrai,  de  ce  que  le  chiffre  des  importations  de  1891  s’est
trouvé  grossi  par  les  approvisionnements  anticipés  faits  en  vue  d’échapper  au  nouveau
tarif,  et  le  chiffre  de  1892  diminué  d’autant.  Mais  cela  ne  sullit  pas  à  expliquer  l’écart
de  689  millions;  et  d’ailleurs  les  exportations  sont  aussi,  pour  1892,  en  baisse  de
11U  millions.