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ÉTUDE  SUR  LE  COMMERCE  EXTÉRIEUR  DE  LA  FRANCE

échanges  commerciaux,  mais  encore  de  dégager  l’appréciation  raisonnée ­
  du  mouvement  de  ces  échanges,  avant  et  après  l’application
du  nouveau  régime  douanier,  d’un  élément  étranger  à  finfluence
directe  des  tarifs  ».  Le  Tableau  décennal  nous  présente  en  conséquence ­
  deux  séries  de  tableaux  :  dans  la  première,  le  mouvement
commercial  des  années  1887-96  est  évalué  d’après  les  taux  fixés
chaque  année  par  la  Commission  permanente,  c’est-à-dire  d’après
les  prix  réels  de  chaque  année;  dans  la  seconde,  il  est  évalué  en
appliquant  uniformément  les  taux  fixés  pour  1896,  qui  sont  plus  bas
que  la  moyenne  décennale.
11  résulte  de  la  comparaison  des  deux  séries  de  tableaux  que  le
mouvement  commercial  des  années  1892-96,  inférieur  à  celui  des
années  1887-91,  quand  on  le  calcule  d’après  les  taux  annuels,  lui
est  supérieur  quand  on  applique  à  toute  la  période  décennale  les
taux  de  1896.  Il  apparaît  alors  comme  étant  de  6.918,3  millions
dans  la  première  moitié  de  la  période,  et  de  6.938,2  millions  dans
la  seconde,  soit  une  différence  de  19,9  millions  en  faveur  de  celleci.
  Cela  revient  à  dire  que  la  diminution  d’activité  constatée
après  1892  tient,  non  pas  à  ce  que  la  quantité  totale  des  échanges
a  été  moindre,  mais  à  ce  que  la  valeur  des  marchandises  échangées ­
  a  baissé.  La  constatation  des  quantités  le  confirme  :  dans  les
années  1887-91,  les  quantités  échangées  s’élèvent,  moyenne
annuelle,  à  22.001.449  tonnes;  dans  les  années  1892-96,  à
22.553.774  tonnes.
Des  calculs  de  ce  genre  sont  intéressants  en  tant  qu’ils  mettent
en  lumière  le  phénomène  de  la  baisse  des  prix r  et  qu’ils  font  connaître ­
  les  catégories  de  marchandises  auxquelles  ce  phénomène
s’applique  avec  le  plus  d’intensité.  Mais  ils  ne  signifient  rien  au
point  de  vue  de  la  détermination  des  effets  du  régime  douanier.  La
baisse  des  prix  n’a  pas  affecté  seulement  le  commerce  extérieur  de
la  France;  si  le  commerce  extérieur  des  autres  pays,  aux  prises
avec  le  même  phénomène,  n’a  pas  subi  le  même  resserrement  que
le  nôtre,  c’est  qu’il  y  a  eu  chez  nous  une  cause  spéciale  de  resserrement, ­
  qui  est  le  régime  douanier.  D’autre  part,  c’est  mal  comprendre ­
  et  c’est  envisager  d’une  façon  trop  unilatérale  le  phénomène ­
  de  la  baisse  des  prix,  que  d’y  voir  seulement  un  élément  de
dépréciation  des  échanges.  Il  est  cela  sans  doute  en  quelque  mesure, ­
  mais  il  est  bien  plutôt  encore  —  lorsque  la  baisse  des  prix
n’est  pas  le  résultat  d’une  crise  passagère,  mais  la  manifestation