de  1881  a  1902

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durable  des  progrès  réalisés  dans  la  production  ou  le  transport  —
un  ferment  d’activité  économique.  C’est  la  baisse  des  prix  qui
permet  au  produit  d’atteindre  sans  cesse  de  nouvelles  couches  de
consommateurs;  si  le  débouché  s’élargit,  qu’importe  que  chaque
unité  de  marchandise  échangée  vaille  moins  ?  La  valeur  totale  doit
s’accroître  avec  le  nombre  des  unités  échangées;  elle  s’est  accrue
en  fait  chez  d’autres  peuples.
B.  La  seconde  remarque,  c’est  que  le  resserrement  constaté  dans
les  échanges  extérieurs  pendant  les  premières  années  d’application
du  tarif  nouveau  n’a  pas  duré.  Il  semble  qu'il  y  ait  eu  comme  une
période  d’adaptation  du  commerce  à  des  conditions  nouvelles  :
phase  de  doute,  d’incertitude,  de  trouble  dans  les  situations  établies. ­
  Puis  l’essor  a  repris  ;  il  n’y  a  pour  le  constater  qu’à  se
reporter  aux  chiffres  donnés  plus  haut.  Depuis  1899,  le  mouvement ­
  total  du  commerce  extérieur  dépasse  largement  8  milliards  ;
il  a  été  en  1899  et  en  1900  plus  proche  de  9  milliards  que  de  8  ;
la  moyenne  des  années  1899-1902  (8.626,4  millions)  est  la  plus
élevée  qui  ait  jamais  été  atteinte.  C’est  bien  le  cas  de  se  souvenir
des  quelques  lignes  dans  lesquelles  Adam  Smith,  avec  son  habituelle ­
  souplesse  d’esprit,  apprécie  le  système  absolu  de  Quesnay  et
des  physiocrates.  «  Quelques  médecins  spéculatifs  se  sont  imaginé,
à  ce  qu’il  semble,  que  la  santé  du  corps  humain  ne  pouvait  se
maintenir  que  par  un  certain  régime  précis  de  diète  et  d’exercice
dont  on  ne  pouvait  s’écarter  le  moins  du  monde,  sans  occasionner
nécessairement  un  degré  quelconque  de  maladie  ou  de  désagrément ­
  proportionné  au  degré  de  celte  erreur  de  régime.  Cependant
l’expérience  semble  bien  démontrer  que  le  corps  humain  conserve,
au  moins  dans  toutes  les  apparences,  la  plus  parfaite  sauté  sous
une  immense  multitude  de  régimes  divers,  même  avec  des  régimes
que  l’on  croit  généralement  fort  loin  d’être  parfaitement  salutaires...
M.  Quesnay,  qui  était  lui-même  médecin,  et  médecin  fort  spéculatif, ­
  paraît  s’être  formé  la  même  idée  du  corps  politique  et  s’être
figuré  qu’il  ne  pouvait  fleurir  et  prospérer  que  sous  un  certain
régime  précis,  le  régime  exact  de  la  parfaite  liberté  et  de  la  parfaite ­
  justice  »  L  L’organisme  économique  est  infiniment  plastique,  et,
comme  le  corps  humain,  s’accommode  de  régimes  fort  divers.  Celle

1  Recherches  sur  la  nature  et  les  causes  cle  la  richesse  des  nations,  trail.  Garnier,
II,  p.  311.
/Truchy

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