DE  1881  A  1902

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Il  résulte  de  là  que  chez  nous  le  développement  du  commerce  et
celui  de  la  population  ont  marché  sensiblement  du  même  pas  ;  qu'en
Angleterre,  en  Belgique  et  plus  encore  en  Allemagne  le  commerce
s’est  accru  plus  vite  que  la  population  ;  qu'aux  Etats-Unis  il  s’est
accru  moins  vite.  Si  l’on  tient  compte  de  ce  qu'aux  Etats-Unis
l'accroissement  exceptionnellement  rapide  de  la  population,  dû  à
l'immigration,  fournit  un  marché  intérieur  si  élastique  que  la  croissance ­
  des  forces  productives  ne  peut  guère  qu'eu  suivre  l’extension,
fini  pression  demeure  que,  en  France,  le  commerce  extérieur  est  à
peu  près  stationnaire,  tandis  que  dans  l'ensemble  des  nations  à
développement  économique  comparable  au  nôtre  il  augmente.  Notre
place  dans  le  monde  se  fait  ainsi  plus  modeste;  elle  diminue  de  ce
que  gagnent  nos  rivaux.
L’impression  ne  pourrait  que  s'accentuer  si  l’on  tenait  compte  de
la  part  que  les  colonies  tiennent  dans  l’ensemble  de  notre  commerce
extérieur.  Cette  part  a  notablement  augmenté  dans  les  dernières
années.  Elle  était  de  :
7.48  p.  100  dans  la  période  1887-1891
9.48  »  »  1892-1896
11,07  »  ..  1897-1902
l/accroissement  est  encore  un  peu  plus  considérable  à  n'envisager ­
  que  les  exportations.  Les  marchandises  que  nous  envoyons  aux
colonies  représentaient  :
7,46  p  100  de  l’exportation  totale  dans  la  période  1887-1891
9,52  »  »  1892-1896
11,53  »  ».  »,  1897-1902
Or,  sans  vouloir  apprécier  la  question  complexe  des  rapports  de
la  métropole  et  des  colonies,  le  fait  à  retenir  ici  est  que  le  commerce
métropolitain  a  dans  les  colonies  une  situation  privilégiée,  par
suite  de  la  généralisation  en  1892  de  l'union  ou  de  la  quasi-union
douanière.  Les  produits  français  entrent  en  franchise  dans  les
colonies,  tandis  que  les  produits  étrangers  y  sont  en  principe  soumis ­
  à  l’application  du  tarif  métropolitain.  Pour  la  part  quelle  commerce ­
  avec  les  colonies  occupe  dans  l’ensemble  de  notre  commerce
extérieur,  le  développement  de  celui-ci  n’est  donc  pas  quelque  chose
de  spontané;  il  n’a  pas,  au  point  de  vue  de  la  croissance  de  nos
forces  productives,  la  même  signification  que  le  développement  des