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ÉTUDE  SUR  LE  COMMERCE  EXTÉRIEUR  DE  LA  FRANCE

Les  taux  d'accroissement  des  exportations  que  ce  tableau 1  fait
ressortir  sont  les  suivants  :

L'accroissement  des  exportations  a  donc  été  en  France  un  peu
supérieur  à  ce  qu’il  a  été  eu  Angleterre  et  très  inférieur  à  ce  qu’il
a  été  dans  les  trois  autres  pays.  Il  est  vrai  que  l’Angleterre  est
dans  une  situation  toute  spéciale  qui  explique  l’accroissement  faible
de  son  exportation.  Elle  était  parvenue  la  première  avec  une  avance
énorme  au  développement  industriel,  et,  depuis  longtemps  nantie  de
la  prépondérance  économique,  elle  avait  comme  ralenti  son  elïort.
Pesamment  enfoncée  dans  la  confiance  en  soi  et  la  sécurité  des
situations  acquises,  il  lui  semblait  qu’aucune  concurrence  ne  put
désormais  la  menacer.  Ce  peuple  d’hommes  d’affaires,  que,  par
une  habitude  séculaire,  on  se  représentait  comme  le  plus  actif
et  le  plus  ingénieux,  des  investigations  récentes  ont  montré  qu’il
n’avait  pas  su  renouvéler  ses  méthodes,  ni  même  toujours  son
outillage;  qu’il  était  routinier,  infatué,  empirique,  dédaigneux  des
procédés  scientifiques.  Il  lui  est  arrivé  ce  qui  arrive  souvent  aux
victorieux,  de  s’immobiliser  dans  sa  victoire.  Pendant  ce  temps,
des  rivaux  jeunes,  entreprenants,  ambitieux,  cheminaient,  et
l’Angleterre  effarée  constate  aujourd’hui  leurs  progrès  et  sa  propre ­
  stagnation.  Ajoutez  qu’il  y  a  vraisemblablement  pour  chaque
peuple,  dans  un  état  donné  de  la  technique,  une  certaine  limite  de
développement  et  que  le  peuple  qui  s’est  le  plus  rapproché  de  cette
limite  ne  peut  pas  faire  des  progrès  aussi  rapides  que  ceux,  également ­
  bien  doués,  qui  en  sont  encore  loin.  La  situation  de  la  France
n’est  pas  comparable  sur  tous  ces  points  à  celle  de  l’Angleterre,  et
nous  n’avons  pas,  pour  ainsi  dire,  les  mêmes  excuses  à  faire  valoir.
L’essor  de  nos  exportations,  comparé  à  celui  des  exportations  allemandes, ­
  belges  ou  américaines,  sera  donc  considéré  comme  assez
faible.  Il  faudrait  toutefois  tenir  compte  de  l’état  presque  stationnaire ­
  de  la  population  française;  mais,  en  sens  inverse,  il  y  aurait
à  rappeler  l’observation  déjà  faite  au  sujet  du  commerce  de  la
1  Sources  :  Annules  du  commerce  extérieur,  1892,  11 e  fascicule,  et  1903,  11«  et
12«  fascicules.

France......
Allemagne.  .  .  .
Angleterre.  .  .  .
Belgique
États-Unis.  .  .  .

16,86  p.  100.

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