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DE  1881  A  1902  37
résultant  ties  échanges  extérieurs  et  qui  irait  s'accumulant  progressivement. ­

.Je  ne  cite  que  pour  mémoire  un  troisième  mode  concevable  de
paiement  de  cette  prétendue  dette.  Les  collectivités  étrangères  qui
sont  nos  créancières  se  paieraient  par  la  prise  de  possession  de
biens  immobiliers,  maisons,  terres,  usines.  On  a  évoqué  dans
quelques  polémiques  ce  péril  suspendu  sur  nos  têtes.  Hâtons-nous
de  n'y  pas  croire.  Le  transfert  de  propriété  des  biens-fonds  n’est
pas  un  mode  normal  de  règlement  des  opérations  commerciales.  Il
y  a  quelque  difficulté  à  imaginer  les  Français  vendant  terres,  bois,
prairies,  maisons,  pour  payer  des  marchandises  étrangères.  Au
surplus,  aucun  commencement  de  preuve  n’a  jamais  été  apporté,  ni
même  tenté  sur  ce  point,  et  l’allégation  n’a  pas  pris  assez  de  consistance ­
  pour  qu'il  y  ait  lieu  de  s’attarder  à  la  discuter.
§  4.  La  conception  d’une  dette  équivalente  à  l’excédent  des
importations  est  manifestement  trop  étroite.  Elle  ne  cadre  pas  avec
les  phénomènes  qui  viennent  d’être  rappelés.  Pour  dégager  le
véritable  sens  des  excédents  d’importation,  il  faut  tenir  compte
d’un  certain  nombre  de  faits.
I o  Les  statistiques  officielles  se  bornent  à  comparer  les  exportations ­
  et  les  importations  de  marchandises;  elles  ne  donnent  ainsi
qu’une  vue  incomplète  des  choses.  Pour  avoir  le  tableau  exact  des
richesses  qui  entrent  en  France  et  des  richesses  qui  en  sortent,  il
faut  ajouter  aux  marchandises  le  numéraire.  Que  les  richesses
prennent  la  forme  marchandise  ou  la  forme  numéraire,  au  point
de  vue  de  la  balance  des  comptes  cela  importe  peu.  Or  la  comparaison ­
  des  exportations  et  des  importations,  ainsi  calculées  pour  la
période  1881-1902,  prend  une  physionomie  assez  différente  de
celle  qu’offrait  la  comparaison  des  exportations-marchandises  avec
les  importations-marchandises.  Le  tableau  suivant  rapproche,  pour
les  deux  moitiés  de  la  période,  les  excédents  d’importation  marchandises ­
  et  les  excédents  d’importation  totale  (marchandises  et  numéraire). ­
