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ÉTUDE  SUR  LE  COMMERCE  EXTÉRIEUR  DE  LA  FRANCE

de  douane  dont  la  marchandise  est  frappée  à  son  entrée  en  France  '.
Ceci  encore  contribue  à  rompre  l’équivalence  entre  les  éléments  de
l’échange  international.  La  collectivité  française  expédie  à  l’étranger
des  marchandises  pour  une  valeur  do  100;  nécessairement,  pour
que  les  comptes  se  balancent,  elle  doit  recevoir,  en  produits  ou  en
numéraire,  une  valeur  égale  de  100.  Mais  si  les  produits  reçus  se
trouvent  à  un  moment  donné  frappés  à  l’entrée  en  France  d’un
droit  de  douane  tel  qu’une  marchandise  valant  95  paie  une  taxe
de  5,  la  valeur  constatée  par  la  Commission  permanente  ne  sera
que  de  95.  La  différence  de  5,  entre  ce  que  doit  recevoir  la  collectivité ­
  française  et  ce  que  constate  la  Commission  permanente,
représente  le  montant  du  droit  de  douane.  En  réalité,  il  y  a  bien
équivalence  entre  les  deux  termes  de  l’échange  international  :  nous
avons  expédié  100,  nous  recevons  100;  seulement  nous  ne  comptons ­
  à  l’arrivée  que  95,  parce  que  nous  faisons  abstraction  du
droit  de  douane,  et  ce  mode  de  computation  masque  l’équivalence
qui  réellement  existe.  Ainsi  la  valeur  constatée  des  importations
tend  à  s’élever  quand  les  droits  de  douane  s’abaissent  et  à  s’abaisser
quand  ils  se  relèvent,  de  sorte  que  l’excédent  des  importations  sur
les  exportations  est  nécessairement  moins  grand  sous  un  régime
restrictif  que  sous  un  régime  libéral.
4°  Les  statistiques  officielles  ne  donnent  pas  toutes  les  marchandises ­
  qui  entrent  ou  qui  sortent.  A  l’entrée,  des  quantités  appréciables ­
  de  marchandises  sont  introduites  en  fraude;  pour  certains
produits,  comme  les  allumettes  et  le  tabac,  la  contrebande  est
extrêmement  active.  Il  conviendrait  donc  d’ajouter  aux  chiffres
officiels  d’importation  un  supplément  qu’il  n’est  d’ailleurs  pas  possible ­
  de  déterminer.  Inversement  il  y  a  des  marchandises  qui  sortent ­
  sans  que  la  douane  les  inscrive.  D’une  façon  générale  le  contrôle ­
  est  moins  rigoureux  à  la  sortie  qu’à  l’entrée,  puisque  l’intérêt
fiscal  n’est  pas  en  jeu;  tout  particulièrement  les  étrangers  qui
voyagent  en  France  emportent  dans  leurs  malles  quantité  dechoses,
bijoux,  vêtements,  lingerie,  articles  de  Paris,  dont  nul  douanier  ne
constate  le  passage.  On  a  quelquefois  tenté  de  chiffrer  ces  exportations ­
  occultes,  mais  les  chiffres  proposés  sont  invérifiables.  Il
paraît  toutefois  certain  que  le  total  des  exportations  occultes  est
plus  élevé  que  celui  des  importations  en  fraude.  D’une  part,  nos

1  Pallain,  loc.  cit.