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ÉTUDE  SUR  LE  COMMERCE  EXTÉRIEUR  DE  LA  FRANCE

ciation  de  nos  relations  économiques  avec  l’étranger  c’est  un  point
capital,  le  pays  qui  possède  un  gros  stock  de  valeurs  mobilières
étrangères  est  d’une  façon  permanente  créancier,  par  l’échéance
régulière  des  intérêts  ou  des  dividendes.
C’est  la  situation  actuelle  de  la  collectivité  française.  M.  Neymark,
  qui  s’est  fait  de  ces  questions  une  spécialité,  évalue  à
1.200  millions  le  revenu  annuel  des  valeurs  étrangères  que  nous
possédons  '.  Encore  faudrait-il  y  ajouter,  dit-il,  les  revenus  qui
échappent  au  fisc  :  revenus  de  fonds  allemands,  américains,
hollandais,  non  cotés  en  France,  dont  il  a  été  fait  dans  ces  dernières ­
  années  de  gros  adhats;  près  de  2  milliards  auraient  été  placés ­
  en  fonds  de  ce  genre,  et  rapporteraient  de  70  à  80  millions
par  an.
Voilà  donc  une  créance  annuelle  de  1.200  à  1.300  millions,
fruit  de  nos  épargnes  passées,  qui  nous  donne  un  droit  sur  les
produits  du  travail  des  collectivités  étrangères.  Sans  doute  celte
créance  n’est  pas  toute  disponible  ;  une  part  se  compense  avec  la
créance  analogue,  mais  à  coup  sûr  beaucoup  moins  élevée,  que  les
collectivités  étrangères  ont  sur  nous  ;  une  autre  est  employée  à  de
nouveaux  placements,  et  la  faveur  grandissante  dont  les  valeurs
étrangères  ont  joui  depuis  quelques  années  a  dû  grossir  ce  prélèvement. ­
  Nous  demeurons  cependant,  tout  compte  fait,  créanciers
d’une  somme  d’année  en  année  plus  considérable.  Or  ce  solde
créditeur  agit  sur  nos  échanges  extérieurs,  je  dis  sur  nos  échanges
en  marchandises  :  il  tend  d’une  façon  permanente  à  déterminer  un
excédent  d’importation,  et  cela  n’a  pas  toujours  été  bien  aperçu.
Ce  n’est  pas  que  l’on  méconnaisse  entièrement  le  rôle  de  ce  solde
créditeur.  On  nous  le  montre  comme  une  réserve  grâce  à  laquelle
nous  pouvons  parer  aux  conséquences  d’une  balance  défavorable
du  commerce.  Nous  importons  plus  de  marchandises  que  nous  n’en
exportons,  nous  sommes  plus  débiteurs  que  créanciers,  nous  en
serions  réduits  à  cette  dure  extrémité  d’envoyer  aux  pays  étrangers ­
  un  peu  de  l’or  qui  sommeille  dans  les  caves  des  banques.
Mais  par  bonheur  la  créance  en  valeurs  mobilières  se  trouve  à  point
pour  rétablir  l’équilibre  ;  elle  empêche  notre  ruine,  et  nous  devons
bénir  la  sagesse  de  nos  pères  qui  a  formé  ce  trésor  et  la  nôtre  propre
qui  l'a  conservé  et  accru.  Ces  deux  faits,  le  solde  créditeur  per  ma-1
  Journal  de  la  Société  de  Slutislique  de  Paris,  n B  de  janvier  1904,  p.  4  s.  «  Les
valeurs  mobilières  en  Frunce  ».