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ÉTUDE  SUR  LE  COMMERCE  EXTÉRIEUR  DE  LA  FRANCE

ces  en  consommation  qu’il  convient  de  consentir  pour  sauvegarder
ces  forces  productives  menacées.
2°  D’autre  part,  le  tarif  de  1892  a  tendu  à  diminuer  les  importations ­
  d’une  valeur  à  peu  près  équivalente  au  supplément  de  protection ­
  qu’il  implique.  J’ai  fait  remarquer  que  l’existence  d'un  droit
de  douane  contribuait  à  rompre  l'équilibre  entre  les  entrées  et  les
sorties.  La  marchandise  importée  qui  vaut  95  et  qui  paie  un  droit
de  douane  de  5,  n’est  comptée  que  pour  95  dans  les  statistiques
officielles,  mais  en  réalité  elle  vaut  100  pour  le  consommateur,
puisque  le  prix  qu’il  paie  comprend  :  a)  95,  valeur  de  la  marchandise ­
  à  l’entrée  en  France;  b)  5,  montant  du  droit  de  douane.  ¡Si,  à
un  moment  donné,  le  droit  de  douane  est  augmenté,  de  sorte  que
la  marchandise  cotée  90  paie  une  taxe  de  10,  les  statistiques  officielles ­
  n’enregistreront  plus  qu’une  valeur  de  90  à  l’importation,
mais  pour  le  consommateur  le  prix  sera  toujours  100,  puisqu’il
comprendra  :  a)  90,  valeur  de  la  marchandise  à  l’entrée  en  France  ;
b)  10,  montant  du  droit  de  douane.  C’est  l’effet  qu’a  produit  le
tarif  de  1892.  Il  y  a  ici  une  diminution  effective  de  l’importation
par  rapport  à  l’exportation.  Cette  diminution  se  rattache  au  fait
que,  par  suite  de  l’élévation  des  prix  qui  est  la  conséquence  du  tarif
surhaussé,  l’acheteur,  pour  le  même  débours  qu’auparavant,  reçoit
une  somme  moindre  d’utilités.  Elle  est  en  résumé  l’expression  d’une
difficulté  plus  grande  de  se  procurer  le  produit  importé  et  d’une
satisfaction  moins  ample  des  besoins  du  consommateur.  C’est  à  tort
qu’on  verrait  dans  la  diminution  de  l’importation  une  diminution
de  la  dette  dont  est  grevée  par  ses  achats  à  l’étranger  la  collectivité ­
  française  :  le  débours  du  consommateur  reste  le  même,  c’est
la  valeur  reçue  en  échange  qui  s’est  abaissée.
C’est  par  l’un  ou  l’autre  de  ces  deux  procédés  que  le  rapport
entre  les  exportations  et  les  importations  peut  se  trouver  altéré  par
suite  du  rehaussement  du  tarif  douanier.  Cela  revient  à  dire  :  ou
que,  le  chiffre  des  exportations  étant  donné,  celui  des  i  m  por  latió  usmarchandise
  tend,  par  l’effet  du  tarif,  à  s’abaisser  relativement;
ou  que,  le  chiffre  des  importations-marchandise  étant  donné,  celui
des  exportations  tend  à  s’élever  relativement.  11  se  peut  d’ailleurs
que  l’application  d’un  tarif  surhaussé  produise  un  effet  plus  général ­
  et  diminue  l’activité  du  commerce  extérieur  considéré  dans  son
ensemble  :  c’est  ce  qui  s’est  passé  de  1892  à  1896;  mais  alors
exportation  et  importation  diminuent  de  concert,  et  d’ailleurs  ceci