112 LK PROHLKME DE LA MARINE MARCHANDE. considérablement leurs prix, les chantiers français sont res tés stationnaires et, ne tenant aucun compte des progrès de l’industrie, font les mêmes prix que par le passé. Nous pourrions citer le nom d’un armateur auquel les Forges et (diantiers ont compté 2,600,000 fr. pour le coût d’un bateau que les chantiers anglais offraient de construire pour i,65o,ooo fr. « Les chantiers français n’ont ni le personnel, ni l’outillage nécessaire pour produire les cargo-boats géants dont le coût par tonne diminue en raison directe de la portée. «Il faut que la France possède des cargo-boats écono- miijues qui, après avoir débarqué dans ses ports, comme leurs concurrents étrangers, puissent relever sur lest pour tout point qui leur offrira un emploi rémunérateur. « Or, lorsqu’on demande à un constructeur français un devis pour la construction d’un bateau de cette nature, la première chose dont il se préoccupe est de connaître le mon tant de la prime à la navigation que touchera celui-ci. Il établit son prix en conséquence et la prime destinée à l’ar mateur est d’avance réclamée par le constructeur. Ce n’est donc qu’à l’étranger que la marine marchande pourra se procurer le matériel indispensable et, pour qu’elle puisse vivre, il faut que le Gouvernement lui accorde une prime ainsi que l’avait si sagement admis la loi de 1881. « L’allocation de cette prime, égale à la moitié de celle allouée aux navires construits en France, loin de nuire aux chantiers français, contribuera à leur prospérité. « En effet, l’entretien des navires sera tout d’abord une source de grands profits pour eux. « Il est en outre incontestable que l’existence d’une grande marine nationale provoquera la création de chantiers de constructions, qui seront par cela même assurés d’avoir une clientèle.