.122 LE PROHLÈME DE LA MARINE MARCHANDE, M. Henri Estier, à qui revient le mérite de l’avoir proposé, put, un moment, se flatter de l’espoir que la compensation réunirait les suffrages des frères ennemis, armateurs et constructeurs : « Au cours de l’une des séances de la sous-commission, constalc-t-il, l’honorable président de la Compagnie des Forges et chantiers de la Méditerranée, M. Jouël-Pastré, qui avait été l’adversaire résolu de la demi-prime, déclarait . (ju’ « il consentirait à ce qu’un encouragement fût accordé « aux navires de construction étrangère, à cette condition « sine cjuâ non que les avantages faits à la construction fran- « çaise fussent tels que les armateurs aient un avantage mar- « qué à faire construire en France (*). » « A son tour, M. Daymard, ingénieur en chef de la Com pagnie générale transatlantique, qui, dans la commission, a été l’autorisé et ardent défenseur de l’industrie des construc tions navales et des industries connexes, faisait des décla rations analogues et, vers la fin des discussions, apportait au système des compensations d’armement le précieux con cours de son autorité et de sa compétence reconnues dans le monde maritime. » Par la suite, le conseil supérieur de la marine marchande, animé à son tour du même esprit de conciliation, se rallia aux propositions de la commission extraparlementaire. Qu’était-ce donc que ce système de la compensation d’ar mement sur lequel l’accord paraissait momentanément s’éta blir? Son rôle Q) a été défini et précisé par les résolutions memes de la sous-commission, qui sont les suivantes : Première résolution. — La sous-commission est d’avis d’accorder aux navires de toute origine, à raison des charges (1) Procès-verbal de la sous-commission (séance du 5 mars 1898). (2) Rapport de M. Henri Estier.