LES CHANTIERS FRANÇAIS. i43 III. Les chantiers de Nantes. LE CENTRE NANTAIS. Nantes était, il y a trente ans, une ville calme et presque oisive; les descendants des hardis colonisateurs des Antilles et de l’île Bourbon s’endormaient dans la quiétude d’une existence exempte du souci des a d'aires ; la Loire s’ensablait et le port, jadis si llorissani, ne donnait plus abri qu’à de rares navires. Peu à peu, Nantes descendait la pente ipii entraîne les cités engourdies vers une irrémédiable déca dence. L’initiative de quelques hommes d’intelligence et de vo lonté vint à point la préserver, en secouant cette torpeur, d’une chute fatale. Grâce à leurs démarches, à leurs efforts, à leurs sacrifices, les travaux indispensables au relèvement du port furent ordonnés ; en 1882, le canal maritime de la basse Loire, destiné à remplacer, pour la grande navigation, la section du fleuve qui contient les seuils les plus élevés et les plus difficiles à entretenir, était commencé ; dix ans après, le septembre 1892, il était livré à l’exploitation et, en 1898, il se trouvait complètement terminé. Le canal a son origine à la Martinière, village situé à 2 kilomètres en aval de Pellerin, et débouche à la sortie du bras du Carnet, à 7 kilomètres en amont de Paimbœuf. Sa longueur est de i5,o64 mètres ; sa largeur, au plafond, de 22™,5o et au niveau du plan d’eau normal, de 55 mètres; son mouillage de G mètres. La dépense occasionnée par les divers travaux qu’il nécessita s’élevait à la fin de l’année 1899 à 26,648,120 fr. et les crédits alloués pour son entretien montaient en 1900 à 299,100 fr.