- 15 =s «ma L’ARBITRAGE INTERNATIONAL CHEZ LES HELLÈNES ils auraient volontiers aussi abandonné la solution au tribunal athé nien appelé l’Aréopage, parce que depuis longtemps ce tribunal avait l’habitude de juger dans les affaires de meurtre. Les Spartiates n’auraient cependant pas voulu accéder au projet d’arbitrage des Messéniens 1 , et ce fut le commencement de la première guerre messénienne. S’il était possible d’admettre que ce récit de Pausanias est authen tique, on se trouverait ainsi en présence du premier cas d’application de l’arbitrage international dans l’histoire grecque. Ces événements doivent en effet remonter à l’an 740 av. J. C. Toute cette histoire paraît cependant avoir été forgée de toutes pièces 2 , probablement plusieurs siècles plus tard à Messène, pour présenter les Spartiates sous le plus mauvais jour possible. Au VIII e siècle, en effet, Athènes n’avait pas une situation telle qu il parût naturel à un Etat du Sud du Pélo ponèse, de penser à choisir un tribunal athénien comme Cour d ar bitrage. Plus tard, au contraire, ce choix aurait paru plus naturel, au point de vue des Messéniens. Quand Pausanias dit que les Mes séniens proposèrent d’abord comme arbitres les Argiens, qui étaient liés aux deux parties dans 1 Amphictyonie, ceci est très certainement une réminiscence de savant ; il a du en effet y avoir jadis une Am phictyonie qui comprenait les états doriens du Péloponèse avec Argos comme point central. 3 * * * * Il semble donc qu’il faille rejeter le récit de Pausanias comme une 1 IV, 5, 7. — 2 M. H. E. Meier 1. c. p. 37 suppose sans discussion que le récit est authentique ; c’est ce que fait aussi J. Gennadius 1. c. p. 45. V. Bérard 1. c. p. 5 demeure dans le doute ; E. Sonne 1. c. p. 9 2 . rejette le récit comme non-historique. — 8 Hérodote VI, 92 incline dans ce sens quand il montre les Argiens infligeant, une amende aux Sicyoniens et aux Epidauriens. Il y a aussi un autre récit qui montre qu’à une époque ultérieure on était disposé à faire intervenir l’Amphic tyonie argienne comme cour d’arbitrage possible. On raconte (Pseudo. Plut. Parai. 3) que l’Amphictyonie dont il s’agit, lorsque Sparte et Argos, vers l’an 550 av. J. C. étaient en guerre dans la région de Thyréatis, auraient rendu la décision suivante : Les parties en lutte devaient faire trancher le différend par un combat entre 300 hommes choisis de chaque côté. Cette Amphictyonie ne doit pas être confondue avec une autre de la même région qui avait pour centre