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        <title>La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours</title>
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            <forname>Édouard</forname>
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      <div>L’EMPIRE OTTOMAN. 
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à ces menaces ; il entra en relations avec le sultan de Cons 
tantinople, lui offrit l’hommage de son royaume, reçut 
quelques renforts de janissaires, fut nommé heglierbeg 
pour l’Algérie et même capitan-pacha, c’est-à-dire amiral- 
général des flottes ottomanes. 
C’est à ce titre qu’il fut à deux reprises l’adversaire direct 
de Charles-Quint. En 1535, il ne put empêcher la prise de 
Tunis par l’empereur, qui coupait ainsi ses communications 
avec la Méditerranée orientale. En 1541, il fut plus heureux; 
il infligea devant Alger un désastre retentissant aux troupes 
impériales. Alors toute la Méditerranée fut comme un lac 
ottoman. 
Soliman allait-il être le vengeur de l’Islam hattu en Espa 
gne par les Rois Catholiques? Du moins il se trouvait, de 
Belgrade à Alger, l’ennemi naturel des Habsbourg, et, n’eùt- 
il pas eu l’alliance française, que néanmoins il eût sans 
doute poursuivi dans cette direction les destinées de son 
empire. 
François I" à son avènement ne prévoyait pas qu’il con 
sommerait l’alliance sacrilège de la Croix et du Croissant. 
Lorsqu'on 1519 il disputait à Charles-Quint la couronne 
impériale, il affichait l’intention, s’il était élu, de conduire 
toute l’Europe à une gigantesque croisade contre les Musul 
mans. Le malheur changea ses sentiments. On prétend 
qu’après Pavie, sa mère Louise de Savoie adressa au sultan 
un pressant appel ; quoi qu’il en soit, c’est l’année suivante 
que Soliman commença la grande lutte en Hongrie. Depuis 
la prise de Belgrade, ce pays se sentait sous la menace du 
cimeterre ; il s’abattit sur lui en 1526. Les Ottomans fran 
chirent le Danube. Le roi Louis II de Hongrie et Bohême 
tenta de les arrêter et leur livra bataille à Mohacs, le 28 août. 
Ce fut un terrible désastre pour les chrétiens ; le roi Louis, 
l’archevêque Tomori y succombèrent, et les poètes magyars 
pleurèrent longtemps sur « la mort de la nation ». Soliman 
entra bientôt après dans Bude, la capitale de la Hongrie. En 
1529, il mit même le siège devant Vienne ; mais Charles- 
Quint, qui négociait alors avec François I" la paix de Cam 
brai, put envoyer des secours à son frère, l’archiduc Ferdi 
nand, et les Musulmans furent repoussés. 
Le roi de France, soucieux de son titre de roi Très Chré 
tien, répugnait en effet à l’alliance turque. Mais l’ambition 
de Charles-Quint était si redoutable qu’il lui fallut se déci 
der ; après plusieurs démarches préliminaires, un de ses</div>
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