LES ARRÊTÉS ALLEMANDS CONTRE LES CHOMEURS >
déclarations) et plaçait les autres dans la compétence des tribunaux
et commandants militaires allemands.
Nous n’avons pas besoin d’attirer l’attention sur la gravité de cet
arrêté. C’est en réalité le plus important, parce qu’il contient le
principe fondamental de l’astreinte au travail. On aura beau dire
qu’il ne permet que de « conduire de force les ouvriers sur les lieux
où ils sont appelés à travailler ».
L'auteur de l’arrêté savait très bien qu’il suffit, en effet, de la con-
duite, baïonnette au canon, au lieu de travail : une fois arrivé au
chantier ou à l’usine, l’ouvrier est aux mains des contremaîtres,
des surveillants, des sergents qui sauront employer tous les moyens
pour le faire travailler. Nous avons personnellement entendu raconter
par des ouvriers ainsi emmenés, les sévices, les coups, les privations
inouïes et les souffrances de toute sorte dont ils étaient l’objet et qui
finissaient par avoir raison des plus fermes volontés.
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