30 ÉVOLUTION INDUSTRIELLE DE LA BELGIQUE
La fabrication des clous était spécialement répandue
dans les environs de Charleroi, Fontaine-l’Evêque et
dans la province de Liège. D’après des données offi
cielle datant de l’année 1800, 15000 ouvriers étaient
occupés, dans le département de l’Ourthe (formé de
l’ancien pays de Liège), à la fabrication des clous. Les
maçons, les couvreurs et bon nombre d’autres ouvriers,
que l’industrie disperse en. été et ramène en hiver à
leurs foyers, y trouvaient un moyen d’éviter le chô
mage. « La mère de famille, à la tête de son ména
ge, donnait un bras au levier, quand l’autre soutenait
l’enfant à la mamelle; la famille entière se chauffait,
s’éclairait et subsistait au moyen du feu de la for
ge » (1).
Dans le pays de Liège, des marchands de clous,
constitués en association, achetaient le fer en barres
dans le pays de Namur, le livraient aux fonderies, où
il était converti en verges à clous; celles-ci passaient
ensuite entre les mains des maîtres de forges ou mar-
chotais (2).
Dans le pays de Charleroi, aux environs de Fontai
ne l’Evêque, chaque ouvrier fabriquait des clous dans
sa demeure, pour son compte particulier, avec du fer
(1) Aug. Meulemans : La Belgique, ses ressources agricoles et
commerciales. Bruxelles, i864. p. 276. Le chiffre de I5.00U com
prend les ouvriers qui ne s’occupaient qu’en hiver de la’[clouterie et
peut-être aussi les membres de la famille. Car d’après Thomassin,
Mémoire, s. c. p. 439, il y avait dans l’ancienne principauté de
Liège, 3379 cloutiers « occupés pendant toute l’année ».
(2) J. Franquoy : Des progrès de la fabrication du fer dans le
pays de Liège. Mémoire de la Société libre d’émulation de Liège.
Liège, 1861. p. 373.