Object : La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

FRANGE,  ANGLETERRE  ET  RUSSIE.

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Les  articles  XV  à  XIX  assurent  la  liberté  de  la  navigation
du  Danube.  Les  travaux  nécessaires  et  la  police  générale
de  cette  navigation  seront  confiés  à  une  commission  internationale. ­

Par  les  articles  XX  à  XXIX,  la  Moldavie,  agrandie  d’une
partie  de  la  Bessarabie  russe,  et  la  Valachie,  sont  remises
en  possession  de  leurs  anciens  droits,  sous  la  garantie  collective ­
  des  puissances.  Leur  organisation  intérieure  sera
établie  d’après  les  vœux  de  leurs  divans  ou  assemblées
nationales  élues,  et  sous  le  contrôle  de  la  conférence  des
ambassadeurs  des  puissances  à  Paris.  Dans  ces  deux  principautés ­
  et  en  Serbie,  la  Porte  ne  pourra,  en  aucun  cas,
envoyer  des  troupes  qu’avec  le  consentement  des  puissances. ­

En  résumé,  intégrité  de  l’empire  ottoman,  autonomie
des  principautés  danubiennes,  neutralité  de  la  mer  Noire,
le  tout  sous  la  garantie  collective  des  grandes  puissances  :
telles  sont  les  stipulations  essentielles  du  traité  de  Paris  en
ce  qui  concerne  la  question  d’Orient.  C’était  la  constitution
solennelle  de  ce  «  concert  européen  »  dont  l’histoire  fut
depuis  si  complexe  et  si  curieuse.
La  Russie  y  subissait  un  nouvel  échec  :  le  tsar  n’était  plus
le  successeur  désigné  du  sultan,  de  l’homme  malade,  dont
il  s’était  donné  un  moment  pour  le  coadjuteur.  Il  était
néanmoins  peu  atteint  :  cette  neutralité  de  la  mer  Noire,
par  laquelle  on  prétendait  briser  son  ambition,  pouvait  ne
pas  être  définitive  :  une  grande  puissance  comme  la  Russie
pouvait-elle  consentir  longtemps  à  une  neutralité  comme
celle  dont  on  protège  la  faiblesse  des  petits  États,  la  Belgique ­
  ou  la  Suisse?  On  ne  pouvait  empêcher  qu’elle  fût
voisine  de  l’empire  ottoman,  qu’elle  y  eut  des  millions  de
frères  de  race  et  de  religion,  qu’elle  y  exerçât,  même  de
loin,  une  influence  religieuse  et  politique  considérable.
Sans  doute  l'Europe  prenait  acte  des  velléités  libérales  du
sultan;  elle  constatait  la  haute  valeur  des  communications
qu’il  voulait  bien  lui  faire  à  cet  égard;  mais,  sous  peine
d’être  ridicule,  il  lui  fallait  prendre  garde  que  ces  promesses
de  la  Sublime  Porte  ne  fussent  pas  lettre  morte,  ne  fussent
pas  uniquement  un  moyen  de  la  désarmer,  de  la  tromper.
Or  ce  n’était  pas  la  première  fois  que  le  sultan  promettait
sans  tenir;  ildevait  fournir  matière  à  d’autres  interventions
de  l’Europe.  Car  cette  dramatique  histoire  de  la  question
d’Orient,  par  la  répétition  de  ses  actes,  par  les  lenteurs
            
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