LE PÉROU ÉCONOMIQUE
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célibataire. — En aucun cas, à moins de sortir d’un ins
titut agricole, on ne doit, en dehors des temps d’appren
tissage, espérer gagner sa vie comme journalier, car les
cultivateurs européens ne sauraient rivaliser avec les
ouvriers indigènes dont les besoins sont beaucoup
moindres. Après qu’il aura acquis quelques connaissances
générales sur l’agriculture des pays, le colon devra de
venir le maître de son propre terrain.
Certains Etats sud-américains, désireux d’attirer un
grand nombre d’agriculteurs, accordent ou ont accordé
des concessions gratuites de terres, des bestiaux, des outils,
ainsi que des secours pécuniaires ; les résultats ne furent
pas le plus souvent ce que l’on aurait cru, et peu à peu on
abandonna ces modes de concessions qui ne sont plus
accordées que dans des conditions déterminées.
L’expérience a démontré que plus certaines catégories
de colons sont aidés personnellement, plus difficilement il
leur vient à l’idée qu’il leur faudra finalement ne compter
que sur leurtravail ; leurs prétentions ne font qu’augmenter,
et ils tardent plus longtemps à se procurer une situation
satisfaisante.
Sauf quelques exceptions observées au Brésil, ces vérités
subsistent pour la généralité des colonies ; elles ne sau
raient être trop souvent répétées aux émigrants, et seuls,
devraient émigrer, comme colons, les gens qui sont doués
de la force de caractère nécessaire pour lutter, afin d’ac
quérir bien-être et indépendance, qui disposent des moyens
pécuniaires indispensables, et surtout qui possèdent une
certaine énergie morale, des aptitudes au travail et, il va
sans dire, un bon tempérament et la force physique
nécessaire.
VIII. — Tous les artisans des divers corps de métiers
intelligents et appliqués, gagneront, en général, facilement