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LE PÉROU ÉCONOMIQUE
une contrée toute différente aux approches du Guayas ou
Guayaquil ; là, la terre disparaît sous une verdure éter
nelle, et les montagnes apparaissent couvertes de forêts de
la base au sommet.
Si la navigation sur la côte qui borde le golfe de
Guayaquil présente une perspective charmante et variée,
la côte nord du Pérou, généralement plate et d’un aspect
monotone et triste, produit sur le voyageur une impres
sion d’autant plus désagréable qu’elle forme un contraste
frappant avec la vigoureuse et exubérante végétation de
l’Équateur.
Peu après Tumbes, port situé à la frontière nord du
Pérou, on n’aperçoit sur cette côte que des plages étendues,
des dunes aux collines de sable de hauteur régulière, des
pics et falaises escarpés, des vallées formées par les rami
fications transversales de la Cordillère de la côte.
Nulle part, le passager ne découvre de grands bois, mais
une sorte de brousse, le monte, constitué par diverses
espèces d’arbustes, d’arbres et même de graminées. A
8 ou 10 kilomètres du bord de la mer s’étendent, par
endroits, de petites chaînes de collines qui, l’hiver, se cou
vrent de verdure ; ce sont les lomas, très favorables à
l’agriculture.
La mer participe à cet aspect aride et ingrat du sol, car
à peine de temps à autre une légère brise vient-elle rider
la surface du Pacifique qui, dans ces parages, du moins,
mérite bien son nom. La sécurité est si grande que l’on
voit des embarcations péruviennes portant d’immenses
voiles dont il est impossible de diminuer la surface en
cas de mauvais temps.
A quelque distance de la côte, on aperçoit les îles de
San Galiano, de Lohos, d’autres encore, qui toutes sont
totalement dépourvues de végétation. Une forte odeur