LE PÉROU ÉCONOMIQUE
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du Brésil, et de la Bolivie. Cette région peut se diviser
en deux parties aussi distinctes que la Costa et la Sierra.
II. — La première est la Montana proprement dite, dé
signée aussi sous le nom de Ceja de Montana (1) ; elle
comprend les premiers versants montagneux jusqu’à une
altitude de 1.800 à 2.000 mètres. Cette région correspond à
la Sierra, mais tant par sa climatologie que par ses pro
ductions, elle constitue une contrée entièrement distincte.
L’autre partie forme la région désignée sur les cartes sous
le nom de « région de los bosques y mosquitos », région
des forêts et des moustiques ; elle s’étend depuis 1.800 mè
tres au-dessus du niveau de la mer, jusqu’aux immenses
teri'itoires baignés par l’Amazone et ses affluents.
La Montana proprement dite, ou Ceja de Montana, ren
ferme un grand nombre de plateaux et de vallées extrême
ment riches et fertiles ; c’est, de l’avis de tousles voyageurs,
la région la plus saine duPérouetqui seprêterait le mieux
aune exploitation intensive, et même à la colonisation.
Les colonies qui se sont formées dans la vallée du Chan-
chamayo sont très prospères, et il paraît évident que des
résultats semblables, sinon supérieurs, pourraient être
obtenus dans l’immense « Pampa del Sacramento »,
s ituée entre le Huallagaet l’Ucayali.
III. —Le sol de cette partie du Pérou est littéralement
couvert d’une végétation admirable, d’une exubérance
feîle qu’elle échappe à toute description ; elle rend très diffi
cile le travail de défrichement. Dans ces forêts séculaires
arrosées par des pluies fréquentes, des représentants de
toutes les familles végétales connues se trouvent ré
pandus sur les plateaux, vallées, plaines, s’étreignant et
s entrelaçant dans une véritable lutte pour la vie. Après
(B Sourcil de la Montana.