LA BELGIQUE INDUSTRIELLE
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produit de l’extraction ; cette redevance, nommée droit
d’exhaure, s’élevait parfois an onzième denier de tout
le charbon extrait. Elle était rarement inférieure au
quatorzième denier. Il y avait dans cette opération
financière une source de gros bénéfices. Elle fut avi
dement exploitée par quelques personnes fortunées, (1)
qui parvinrent à racheter les différentes parts des as
sociés et à s’emparer complètement des mines.
En 1811, il y avait déjà dans le bassin de Liège un
charbonnage occupant 730 ouvriers : c’était celui d’Aus.
Mais les autres n’occupaient pas plus de 20, 10, 8, 7 ou
vriers. 10 exploitations étaient mues pas des machines à
vapeur et des machines à molettes. 7 par des machines à
molettes seulement; toutes les autres (42) étaient de peti
tes exploitations dans lesquelles on extrayait la houille
au moyen d’un treuil horizontal à bras d’hommes (2).
Ce treuil enroulait et déroulait un cordage à l’extré
mité duquel était accroché un panier ou parfois un
tonneau pour l’enlèvement des eaux du fond.
L’organisation du travail dans les mines de fer était la
même que dans les houillères. « Les mines s’exploitent,
dit Jars, par des compagnies de mineurs qui ne font
d’autres ouvertures que des puits circulaires de trois ou
quatre pieds de diamètre, dont ils soutiennent les terres
avec des cerceaux de bois ». (3)
Telle était, vers la fin du XVIII e siècle, la situation des
principales branches de l’industrie belge, dispersées dans
(1) Gonzai.ès Decamps : 1. c. p. 22.
(2) Thomassin : 1. c. p. 416.
(3) Jars : 1. c. p. 310.