DE L’ADRIATIQUE AU DANUBE.
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|>oii\ oir • il vécut avec lu simplicité et le désintéressement d un philosophe,
logeant dans une petite chambre garnie, au second ou au troisième étage
1 hôtel de la Reine d Angleterre. Oue de fois ou a vu l’empereur François-
Joseph monter jusque chez Deak, s’asseoir sur une chaise de paille à ses
c °tes, et passer de longues heures à causer avec le « sage de la nation % !
Lorsque Deak mourut et que son corps embaumé fut déposé dans une
chapelle ardente, la reine Élisabeth vint rendre un dernier et éclatant boni*
1Ua ti e a 1 homme que toute la Hongrie pleurait. Accompagnée d’une de ses
dames d honneur, la comtesse Festetics, et du grand maître de la cour, le
haion Nopcza, la souveraine, vêtue de noir et portant un court man
teau de fourrure, s’approcha du cercueil, s’agenouilla, et y déposa une
( ouionne de laurier ornée de camélias blancs et d’un large ruban, avec
( es mots brodés en lettres d or : « A la mémoire de Franz Deak. —
Élisabeth 1 . »
Le tut Deak qui décida 1 empereur d’Autriche à venir, le 8 juin 1861,
s c taire couronner roi de Hongrie à Budapest.
Dli ! quel grandiose et merveilleux spectacle que ce défilé du cortège
,0 yal, par un soleil splendide, sous le ciel bleu et les arcs de triomphe, au
■uilieu des banderoles, des trophées, des drapeaux et de la foule entassée
s,, r les quais, dans le flamboiement et l’éclat de ses divers costumes natio
naux ! Tous les peuples de la monarchie avaient envoyé ce jour-là des repré
sentants à Pest.
Ici, des paysans magyars : moustache cirée, petit chapeau orné d’une
plume et penché sur 1 oreille, cravate à franges d’argent, s’alignaient d’un
aii (ici et mai liai ; derrière eux, semblables à un vol de papillons arrêté,
° 11 ' (> vait les jolies filles de Szegedin : tresses enrubannées et flottantes,
épaules couvertes d un mouchoir bariolé, robe verte, bleue, violette ou
oiauge, a côté d elles, des \ a laques aux longs cheveux couleur filasse, en
tunique de laine blanche, les jambes entourées de bandelettes comme leurs
nin eties de I époque romaine, se tenaient mélancoliquement appuyés sur
un giossiei baton, coupé en chemin, dans une haie; des juifs au type orien
tal, longue barbe inculte, nez en bec de faucon, papillotes sortant de
leuis calottes de velours ou de leurs gibus graisseux, le corps serré dans
mi cafetan de lustrine noire, se faisaient humbles et tout petits, et se bais
saient pour regarder en dessous; plus loin, de gros paysans allemands, à la
Li. peintre Zieliy a été charge par le gouvernement hongrois Je liver sur la toile cette Scène
ruminante ; il I a lait avec le talent si remarquable qu’on lui connaît.