L’ÉCHANGE
Il faut admirer ce qu’il y a d’ingénieux et de vrai au fond
dans cette analyse psychologique du mécanisme de l’échange.
Mais il ne faut l’accepter que comme le cadre qui embrasse
des faits très complexes. En fait, l’unité de prix n’est jamais
réalisée, même sur le marché qui répond le mieux aux condi-
tions théoriques, tel que celui de la Bourse.
La loi de l’offre et de la demande.
Autrefois, dans les traités classiques d’économie politique,
il y avait une formule très simple et très claire, en apparence
du moins, pour expliquer tout ce qui concerne la valeur et
le prix: on disait que la valeur d’échange varie en raison
directe de la demande et en raison inverse de l’offre.
Cette formule est aujourd’hui fort discréditée, un peu trop
peut-être. On peut certainement lui reprocher :
1° D’être, dans ses prétentions mathématiques, en contra-
diction avec les faits. Une réduction de moitié dans la quan-
tité offerte n’entraîne pas nécessairement un doublement des
prix : ce sera peut-être plus, peut-être moins, selon que le pro-
duit déficitaire répond à un besoin plus ou moins urgent (1).
2° De prendre l'effet pour la cause. Si l’accroissement de la
demande fait hausser le prix, il est clair que la hausse du
prix à son tour va faire décroître la demande : et si l’accrois-
vendeurs qui ont trouvé preneur, V® était le moins pressé de vendre, puisqu’il
se tenait le plus haut, et des trois acheteurs qui ont obtenu satisfaction, A*
était le moins pressé d'acheter puisqu'il offrait le moins. Or, il est très logique
que ce soient les deux parties les moïns impatientes de conclute le
marché qui fixent le pe parce que ce sont celles dont les prétentions
antagonistes ont le plus de chances de se rencontrer.
L'école autrichienne désigne les Ceux parties dont le concours détermine le
prix sous le nom de couple-limite.
(1) Nous avons vu durant la guerre des variations de prix qui étaient loin
d'être en proportion exacte de la raréfaction du produit. Le vin, par exemple,
dont le prix a varié de 30 fr. à 120 fr. l’hectolitre alors que la récolte ne
variait ouère.
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IV