LES BESOINS ET LA VALEUR 3
le moyen. Logiquement, aussi bien que pratiquement, c'est
le consommateur « qui fait les commandes ».
Pour autant qu’on peut synthétiser en quelques mots des.
notions aussi complexes, nous dirons :
Un bien a d'autant plus de valeur qu’il répond à un désir
plus intense.
L'intensité de ce désir dépend à la fois : — a) des jouissances
que ce bien peut procurer à ceux qui ne le possèdent pas ; —
b) des sacrifices qu’auraient à faire pour le remplacer ceux qui
le possèdent s’ils venaient à le perdre (1).
Comment mesure-t-on la valeur ?
Mesurer c’est comparer deux quantités — longueurs,
volumes, poids, etc. — et non pas seulement les comparer,
mais chercher combien de fois l’une est contenue dans l’autre.
Nous avons pour cela des instruments spéciaux selon la
nature des quantités que nous voulons mesurer, mètre,
balance. Ainsi pour mesurer les poids de deux corps, pour
les peser, nous mettons chacun d’eux dans les plateaux d’une
balance. Si les deux plateaux sont en équilibre c’est que les
deux poids sont égaux. S’il en faut mettre deux fois plus
d’un côté que de l’autre, nous disons que celui-ci pèse deux
fois plus que celui-là.
Avons-nous un moyen de mesurer les valeurs? Assurément :
c’est l’échange. L’échange aussi est une pesée et qui se fait
aussi à la balance : seulement la balance n’est pas visible :
elle est dans le for intérieur de chacun des coéchangistes.
Chacun d’eux, dans son for intérieur, pèse ce qu'il doit céder
(4) Cette loi double de la valeur est d'ailleurs déjà implicitement exprimée
par la formule courante de la loi de l'offre et de la demande. Prise au sens
étroit, ladite loi exprime simplement un rapport entre deux quantités, la quan-
tité offerte et la quantité demandée (à un prix donné).
Mais, dans un sens large, on peut entendre par demande le fait que les
choses sont plus ou moins désirées, c'est-à-dire leur utilité finale, et par offre
le fait qu’il est plus ou moins difficile de se les procurer, c'est-à-dire leur coùt
de production.
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