Full text: La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

LES FRANÇAIS DANS L’AFRIQUE OCCIDENTALE. 363 
conséquences plus étendues dans l'intérieur du continent : 
l’Afrique mineure fut un but peur les Romains, elle n’est 
qu’un chemin pour les Français. 
Ils étaient de longue date destinés à cette fortune. Sans 
remonter à la croisade où mourut Saint-Louis, dans le temps 
où le cardinal Ximénès et Charles-Quint poursuivaient l’Is 
lam sur les côtes barbaresques, à Tunis, à Alger, les rois de 
France nouaient avec les Musulmans de ces régions leurs 
premières relations amicales. François I*'', l’allié du sultan 
Soliman, combina ses flottes avec celles de Khaïr-eddin 
Barberousse, le chef des pirates d’Alger, et obtint de lui des 
capitulations avantageuses aux marchands français. Ce fut 
un grand scandale dans toute la chrétienté : on opposa la 
politique de Charles-Quint à celle de François 1", et on 
reprocha violemment à celui-ci de porter si mal son titre de 
fils aîné de l'Église. Ce fut pourtant le commencement d'une 
tradition à laquelle la France est demeurée fidèle, et l’en 
trée dans une voie où elle a fait de singuliers progrès. 
Ce n'est pas qu’elle n’ait entretenu avec les Barbaresques 
que des rapports cordiaux ; les navires français payèrent 
tribut comme ceux des autres nations à la piraterie barba- 
resque, et Louis XIV, redevenu le roi très chrétien, fit 
maintes fois bombarder les ports algériens, et donna aux 
Turcs de ces rivages de bonnes leçons qui leur servirent 
quelque temps. Mais, dans les intervalles de ces exécutions 
nécessaires, les relations de Marseille avec les côtes qui lui 
font face ne furent pas interrompues ; la seule richesse qui 
y pût attirer ses négociants était le corail de La Calle ; elle 
eut de bonne heure le monopole de cette pêche, et paya de 
ce fait aux deys d’Alger un fermage annuel dont le chiffre 
fut souvent sujet à discussion. Quoi qu’il en soit, la France 
fut, pendant trois siècles avant la conquête, le seul pays 
chrétien qui entretînt avec l’Algérie des relations régulières, 
qui la connût vraiment. 
Pendant les guerres de la Révolution et du premier Em 
pire, l’Angleterre ne songea pas à s’établir sur cette côte, 
parce qu’elle n’en avait pas besoin pour surveiller la route 
de l’Inde, qu'elle n’en pouvait prévoir les destinées, et que 
ce devait être une entreprise pénible, de longue haleine, où 
ses flottes n’auraient pas été suffisantes. Les deys d’Alger, 
surs du moins alors d’échapper aux colères du gouverne 
ment français, devinrent plus exigeants à l’égard des mar 
chands de Marseille, augmentèrent le taux du bail des pè-
	        
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