Metadata : Le problème de la marine marchande

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LE  PROHLÈME  DE  LA  MARINE  MARCHANDE.

et  de  22  tonnes,  (jrands  frères  d’une  série  d’autres  eiujins  de
tous  calibres,  attendent,  luisants,  malfjré  leur  couche  de
(jraisse,  le  moment  d’étre  livrés.  Quantité  de  pièces,  veuves
de  leurs  encombrants  affûts,  sont  méthodiquement  ranqées
debout,  cote  à  côte  dans  une  série  de  niches,  comme  des  parapluies ­
  au  vestiaire.  Les  torpilles,  les  obus,  méthodiquement
classés,  emplissent  de  vastes  magasins,  où  règne  l’ordre  le
plus  pariait.
Nous  atteignons  les  forges,  les  fonderies,  dont,  bien  avant
qu’on  y  parvienne,  l’approche  est  décelé  par  des  las  énormes ­
  de  scories  et  des  amoncellements  de  résidus  de  creusets.
Dans  les  fours  à  gaz,  d’une  blancheur  ardente,  chauffent  des
blocs  d’acier,  plus  gros  que  le  tronc  d’iin  chêne  bi-centenaire;
  des  grues  mues  par  l’électricité  vont  les  prendre  incandescents ­
  pour  les  placer  sous  d’énormes  marteaux-pilons
qui,  dociles  à  la  volonté  des  forgerons  manœuvrant  demi-nus
leurs  leviers,  tassent  et  arrondissent  leur  masse  brûlante,
comme  on  pétrirait  du  bout  des  doigts  un  morceau  de
cire  molle.  La  puissance  de  ces  engins  est  stupéfiante,  de
même  qu’est  irréprochable  l’aménagement  des  fonderies  adjacentes, ­
  où  des  fours  Siemens  perfectionnés  produisent  par
semaine  plus  de  mille  tonnes  de  métal  ouvrable.
L’usine  Armstrong  compte  sur  la  Tyne  deux  vastes  chantiers ­
  de  construction  :  celui  d’Elswick  même  —  en  amont
de  Newcastle  —  et  celui  de  Low-Walker,  en  aval  de  celte
ville.  Les  chantiers  d’Eslwick  peuvent  construire  à  la  fois
sept  navires  de  guerre  et  quatre  navires  de  commerce  ;  les
chantiers  de  constructions  militaires  m’ont  paru,  autant  que
j’ai  pu  en  juger  —  car  mon  guide  eut  soin  de  m’en  tenir  à
distance  —  plus  actifs  que  les  chantiers  commerciaux.  La
maison  Armstrong  construit  certains  de  ses  grands  navires
de  guerre  sans  attendre  qu’on  les  lui  commande;  j’ai  vu,  au
mouillage,  un  beau  croiseur,  presijue  entièrement  fini,  et  qui
            
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