= 111 —
DISCOURS DE M. ROCCO, GARDE DES SCEAUX,
À LA CHAMBRE DES DÉPUTÉS.
«Je dois avant tout remercier mes collègues de la Com-
mission, le rapporteur et tous les orateurs qui m’ont précédé.
La Commission a rempli sa tâche non seulement avec diligence
mais en faisant preuve d’une profonde connaissance de la
question et avec le dessein le plus sincère de soutenir les idées
de pacification sociale et de restauration de l’Etat qui ont
déterminé le gouvernement à présenter cette proposition.
«Le rapporteur, M. Belloni, que je suis heureux de féli-
citer de son remarquable rapport, a mis en lumière les idées
fondamentales du projet de loi d’une façon parfaite.
«Ce projet de loi a eu la chance d’obtenir des approba-
tions presque unanimes et il a soulevé à l’étranger un si vif
intérêt que notre amour-propre d’Italiens doit en être flatté.
Encore une fois, l’Italie redevient une lumière du droit éclai-
rant le chemin de la civilisation.
« Mais si nous sommes aujourd’hui en mesure de discuter
et d. >mrouver un projet de loi comme celui-ci, c’est que le
climat historique le permet. La loi n’est qu’une forme; elle
rie crée pas les faits sociaux, elle les règle. T1 faut que la vie
sociale offre la possibilité d’une certaine discipline juridique
pour que celle-ci naisse viable. En conséquence, le projet de
loi sur les rapports collectifs du travail, ne pouvait venir
qu'aujourd'hui devant le Parlement parce que, aujourd’hui
seulement, existent les conditions sociales et politiques per-
mettant de discipliner juridiquement le travail, d’une façon
complète et organique. Il ne faut pas oublier que notre œuvre
de législateurs a été précédée par l’oeuvre des organisateurs
et des propagandistes: notre reconnaissance doit donc aller
Vers eux.
: «Le précédent logique et nécessaire du présent projet
de loi ‘est l’accord du 2 octobre établi au palais Vidoni entre
la Confédération de l’industrie et la Confédération des corpo-
rations fascistes. T1 est nécessaire de le rappeler, non seule-
V