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LE PÉROU ÉCONOMIQUE O”
dans les vallées de la Sierra, sur les versants orientaux et
occidentaux de la Cordillère, où tombe la pluie, où se trou
vent les torrents et les vallées propres aux cultures alimen
taires et aux cultures tropicales, où les flancs montagneux
du versant méridional sont tapissés de vastes forêts.
La Montana est presque déserte, surtout dans la partie
la plus proche du Brésil, habitée seulement par quelques
tribus d’indiens ; les centres de population sont rares et
éloignés les uns les autres.
Beaucoup de Péruviens se prétendent d’une pureté de
sang absolue, et assurent descendre des premiers conquis-
tadors, prétention qui, dans la majorité des cas, paraît con
testable. En réalité, le métis, ayant plus ou moins de sang
européen dans les veines, forme la base de la population
comme dans toutes les républiques hispano-américaines.
Mais, c’est la race indienne, la race conquise, qui
domine au Pérou comme dans toute la région tropicale de
la Cordillère; plus des deux tiers de la population sont des
Indiens de race pure ou des métis. Cette population
indienne a conservé les usages et la langue de ses pères.
Les métis participent des deux races ; aussi la civilisation
est-elle inégalement développée dans les dilférentes classes
de la société.
Les principales races du monde entrent dans la population
du Pérou. La race blanche, représentée par les Européens
et leurs descendants ; la race jaune, par les Chinois intro
duits comme coolies; la race noire, par les descendants des
africains emmenés comme esclaves pendant la colonisa
tion; enfin, comme nous l’avons dit, la race rouge améri
caine représentée par les Indiens civilisés, les Quechuas (1),
(1)Différents auteurs écrivent Qquechuas ou Quictiuas, d’autres Quechuas
(on prononce quetchoua) ; il nous semble que cette orthographe se rap
proche leplus de la prononciation indienne.