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CHAP. Ill, — DU profit FONCIER DES MINES. 61 
vénients d avoir adopté l'or et l’argent comme intermédiaires dans 
les échanges, et comme appréciateurs de toutes les autres marchan- 
a civilisation s étend et que les nations deviennent plus populeuses et plus riches, 
par a raison qu alors elles ont plus d’échanges à opérer au moyen des monnaies 
ustensiles d or et d’argent à leur usage. Si, comme il est probable, la 
CIVI isation gagne l’Amérique tout entière ; si cevaste continent se couvre d’États 
indépendants, agriculteurs, manufacturiers, commercants, et par conséquent 
ne es ; si l’Europe est destinée en même temps, comme il est permis de le croire, 
a jouir, en raison du progrès des lumières, d’uiie plus grande liberté d’industrie, 
I en résultera pour l’opulence générale du monde des progrès tels, qu’ils surpas 
seront de beaucoup les progrès faits durant les trois derniers siècles, tout immen 
ses qu’ils sont. Les métaux précieux devenant par cette raison beaucoup plus de 
mandés, il se peut que les profits des propriétaires des mines, qui ont été en dé 
croissant jus(|u’ii présent, recommencent à croître. Mais il se peut, d’un autre cô 
te, que la quantité de métaux précieux qui sera jetée dans la circulation, soit 
par la decouverte de nouveaux filons, soit par de meilleurs procédés d’exploita- 
é cas ne peut pas paraître invraisemblable, lorsqu’on voit ¡M. de Humboldt af- 
irmer que dufiuis le commencement du seizième siècle jusqu’à la fin du dix-bui- 
tieme, la quantité annuelle de métaux précieux que l’Amérique a versée'en Eu 
rope, a augmenté successivement depuis 3,000,000 de piastres jusqu’à 35,300,000; 
e lenient que chaque année met au jour maintenant une quantité d’or et d’ar- 
' Phis de dix fois aussi grande que chacune des années qui ont suivi la décou 
verte de l’Amérique. Le même voyageur est tenté de croire que les gîtes de mine 
rais qui sont restés intacts dans la chaîne des Andes sont tellement considéra 
bles, que l’on commence à peine à jouir de cet inépuisable fonds de richesses 
que renferme le Nouveau-.Monde. 
Quel sera le rapport entre les progrès de la civilisation et des richesses d’une 
part, et le progrès du produit des mines d’autre part ? Nos neveux pourront l’ap 
précier ; mais de ce rapport seul, je ne crains pas de le dire, dépendront la va- 
eur des métaux précieux, et les profits fonciers de leurs propriétaires 
Quelle que soit cette valeur, elle importe peu aux nations. Les métaux servent ou 
comme monnaies ou comme ustensiles. Comme ustensiles, les objets de service 
qui en sont faits sont de haut prix si la matière première en est rare, et de bas prix 
SI elle est commune; les mêmes ustensiles, sont, dans ce dernier cas, plus abondants 
a la portee de plus de monde; mais leur rareté n’est pas une calamité, car ils ne 
ni c e première, ni même de seconde nécessité. Comme monnaies, que la 
atiere dont on les compose soit d une grande ou d’une petite valeur, il n’eu 
esu te lieu que la nécessité d’en transporter de grosses masses quand ils sont 
communs, et de petites quand ils sont rares; du reste, il n’ya jamais, dans quelque 
pays que ce soit, qu’une valeur en monnaie déterminée, non par la valeur de sa 
matière, non pùr la quantité qu’en fabrique le gouvernement, mais par la valeur 
c langes qui sont à faire. Les monnaies, fussent-elles de diamant ou fussent-
	        
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