196 L’EMPIRÉ COLONIAL FRANÇAIS
Mais bien avant que ces navires n’entrent en service,
les marines alliées dominent le péril : les Américains
arment 500, les Français 1 000, les Anglais 3 000 unités
de patrouille spécialement destinées à escorter leurs
navires de commerce et à combattre les sous-marins.
Dans tous les ports de l’Atlantique et de la Méditerranée.
les Alliés constituent des escadrilles de dirigeables, de
ballons remorqués, d’avions, d’hydravions, perfectionnant
leurs procédés d’écoute et de repérage. Au début de 1918,
ils coulent plus de sous-marins que l’Allemagne n’en peut
construire. Le tonnage marchand détruit par les sous-
marins tombe à 150 000 tonnes par mois ; la puissance de
production’ des Alliés va être à même de considérer
comme insignifiantes des pertes de cet ordre.
Si les Alliés ont pu mettre en œuvre d’une manière
victorieuse ces flottilles de petits navires et d’engins
aériens, c’est parce qu’ils disposaient d’un nombre presque
infini de points d’appui et ce, sur toutes les mers du globe.
Par contre, les Allemands ne pouvaient compter que sur
Wilhelmshafen et Zeebrugge dans le Nord, sur Pola et
Cattaro dans le Sud. S’ils avaient possédé au large trois
ou quatre bases, quelques îlots aussi bien fortifiées qu’Héli-
goland, l'issue de la guerre eût pu être absolument diffé-
rente.
Voyons maintenant ce qui se passe sur les théâtres
d’opérations extra-européens.
Les forces navales allemandes pouvant agir hors d’Eu-
rope consistent en deux croiseurs cuirassés. six croiseurs
légers, trois ou quatre paquebots secrètement armés en
guerre. Presque toutes ces unités sont groupées dans l’es-
cadre de Chine.
Parmi toutes leurs colonies d’Afrique, de Chine et du
Pacifique, les Allemands ne disposent que d’un point
d’appui fortifié, le port de ‘Kiao-Tchéou dans le Chan-
toung. L’entrée en guerre du Japon condamne cette
unique place à subir un sort plus rapide encore que celui