Les données publiées concernent le plus souvent, pour un
même pays ou une même ville, différentes catégories ouvrières,
distinguées par classes de revenus. On indique pour chaque
catégorie la répartition de la dépense totale entre les différents
chapitres du budget. On donne aussi, dans la règle, la réparti-
tion moyenne pour l’ensemble des catégories. Dans d'autres
cas, les données publiées ne se rapportent qu’à l’ensemble des
ménages et la répartition est par suite une répartition moyenne,
Nous publions ci-après en une série de tableaux l’ensemble
des données recueillies. Nous y joignons un graphique repré-
sentant celles des données qui se rapportent, pour chacun
des pays considérés, aux différentes classes de revenus !.
Ces données permettent essentiellement deux ordres de com-
paraisons, portant 1) sur la répartition des dépenses selon les
différentes catégories de revenus dans le même pays et à la
même époque, 2) sur la répartition moyenne des dépenses dans
les différents pays après la guerre ?.
1. Répartition des dépenses selon les catégories de revenus. —
Les comparaisons de cet ordre ont une valeur particulière, en
ce sens que les données, réunies au même moment par une
même autorité et selon les mêmes méthodes, sont strictement
comparables.
Il ressort d’un examen des tableaux et des graphiques que
la fraction du budget total affectée aux dépenses alimentaires
atteint son maximum dans la tranche de revenu la plus basse
et va en diminuant à mesure que le revenu augmente®*.
Inversement, la fraction affectée à l’habillement et la frac-
lion affectée aux «Dépenses diverses » varient d’une manière
générale dans le même sens que le revenu.
2. Répartition moyenne des dépenses dans les différents pays
après la guerre. — Les comparaisons relatives à ce point doivent
être entreprises avec une grande circonspection. Aux différences
dans les méthodes d’enquête et d’élaboration des données
s’ajoutent les différences, parfois considérables, des milieux,
avec les conséquences qui en résultent, non seulement au point
de vue des mœurs et des conditions générales de vie, mais
1 Pour la Suisse, la distinction que nous avons retenue porte sur « ouvriers qualifiés »
et couvriers non qualifiés«, le classement établi par catégories de revenus se rapportant
à la fois aux ouvriers et au fonctionnaires.
* Les comparaisons relatives à la répartition des dépenses dans un même pays à des
époques différentes soulèvent de graves objections, les prix des différentes catégories
d’articles — notamment des produits agricoles et des produits industriels — ayant évolué
selon un rythme diflérent.
» Les faits cités confirment donc la «loi d’Engel ».