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LA CHARTE DE GÜLHANÉ 
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militaires de l’Europe. Le sultan conservait le droit d’ex 
cepter de cette règle les bâtiments légers employés au ser 
vice des légations. 
Voici par conséquent quelle était la situation générale de 
la question d’Ôrient après cette crise de 1839-1841. La 
France en sortait blessée dans son amour-propre plutôt que 
vraiment battue et diminuée ; elle avait en somme conso 
lidé la puissance de Méhémet-Ali en Égypte par l’hérédité, 
et elle allait continuer d’exercer dans ce pays une influence 
considérable. La Russie était bien autrement atteinte ; le 
tsar avait été comme aveuglé par sa haine contre Louis- 
Philippe : il perdait tous les avantages du traité d’Unkiar- 
Skélessi, et partageait désormais avec les autres grandes 
puissances le protectorat de l’empire ottoman. L’Angleterre 
emportait tout le bénéflce de cette affaire: elle avait rejeté 
Méhémet et la France au sud, la Russie au nord, sauvé 
pour l’avenir la route continentale de l’Inde par la Mésopo 
tamie ; elle avait garanti le développement de son influence 
dans cette voie où elle devait remporter d’autres succès. 
Elle était prépondérante dans les pays du Levant. 
Ifl. — La charte de Gulhané. 
L’empire ottoman était désormais sous la garantie des 
grandes puissances; il ne devait plus jusqu’à nos jours 
échapper à cette tutelle collective ; c’était une nouvelle et 
grave étape de sa décadence: la Turquie est mineure, elle a 
un conseil judiciaire. 
Or il est impossible à l’Europe d’accepter la responsabilité 
des injustices ou des violences exercées par le gouverne 
ment ottoman sur ses sujets chrétiens ; en le protégeant, 
elle prend la charge de le réformer, de gré ou de force ; 
elle ne peut admettre que les drapeaux des puissances ne 
servent qu’à couvrir ses excès, et dès lors, plus l’action 
européenne sera effective dans l’empire, plus il se modi 
fiera. Le Tanzimat est le corollaire indispensable de la 
garantie des puissances. 
En effet, au lendemain des événements de 1840, le sultan 
fit un effort, sans doute très sincère, dans cette voie. 
Abd-ul-Medjid était un jeune homme ; mais le gouverne 
ment de Mahmoud et le souvenir ut, Sélim III avaient 
formé à Constantinople une nouvelle école d’hommes poli 
tiques, jeunes et intelligents, capables de sentir la nécessité
	        
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