Full text: La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

LA CHUTE DE L’EMPIRE GREC. 
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fut un ardent musulman, un Tangri Konti ou serviteur de 
Dieu. Il fut un Turc, et non, comme le Tchinguiz-khan, le 
chef de toutes les tribus des Mongols bleus, et à cet égard, 
sa domination eut un caractère beaucoup plus national, 
tout en se renfermant, de ce fait, dans des limites territo 
riales plus étroites. Timour, surnommé Lenk, ou le Boiteux, 
à la suite d’une blessure (nous avons fait de là Tamerlan), 
établit sa capitale à Samarkand, où il revint fréquemment 
célébrer ses victoires : il fît quelques expéditions dans le 
bassin de l’Indus, mais ne chercha pas à s’y maintenir; il 
posséda vraiment le Turkestan, le Khorassan, l’Afghanis 
tan, la Perse, la Mésopotamie, la Transcausasie, la Géor 
gie et l’Arménie. Il entra en conflit avec les Mongols de la 
Horde d’or, maîtres de la Russie, les battit, et contribua à 
leur décadence, bientôt achevée par les tsars de Moscou. 
Il fut appelé en Asie mineure par les émirs Seldjoukides, 
jaloux des Osmanlis, et en partie dépouillés. Il projetait 
aussi de restaurer le khalifat de Bagdad, détruit par les 
Gengiskhanides en 1258 ; il prétendait réduire les Osmanlis 
à lui obéir, faire l’unité des Turcs musulmans. Il envahit 
l’Asie mineure ; Bayézid accourut d’Europe, lui livra 
bataille à Angora, fut vaincu et pris : l’armée des janissai 
res fut détruite (1402). Mais Timour ne poursuivit pas son 
succès ; il alla triompher à Samarkand et y mourut bien 
tôt (1405). 
Les Osmanlis restèrent quelques années tout étourdis de 
leur défaite, et leurs conquêtes en Europe leur échappèrent 
en grande partie. Mourad II refît leur puissance militaire, 
reprit ce qu’ils avaient perdu. Il y rencontra de rudes résis 
tances ; Georges Castriot, que les Turcs appelèrent Scan- 
der-beg, comparant sa bravoure à celle d’Alexandre de 
Macédoine, battit toutes les troupes qu’il envoya en Alba 
nie, et demeura indépendant. Jean Hunyade, le « chevalier 
blanc des Valaques », un héros venu de Transylvanie à la 
défense de la cause chrétienne, battit Mourad II sur la 
Morava (1443) et reconquit la Serbie. Il envahit la Bulga 
rie, avec une armée de Croisés où étaient le roi de Hongrie, 
Vladislas, le légat du pape Césarini ; mais Mourad rem 
porta la grande victoire de Varna (1444) : le légat et le roi 
y périrent. Hunyade se rejeta sur la Serbie méridionale, et, 
dans la plaine de Kossovo, tenta encore une fois la fortune 
des armes; il fut vaincu, mais resta maître de la plus 
grande partie de la Serbie méridionale.
	        
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