-- 105
La taxe à la production, qui rend leur élasticité aux transac-
tions, ne peut causer aucune surprise de cette nature.
Il est évident que l’application de la taxe à la production
présente des difficultés ; mais l’industrie n’a-t-elle pas pris
l’habitude, depuis quelques années, de vivre au milieu des
difficultés ?
Celle-ci n’est nullement insurmontable ; il apparaît même
que les avantages que nous venons de citer sont d’une telle
importance que le commerce a intérêt à préparer les voies à
l'application de ce système.
À QUEL STADE DE LA PRODUCTION
FAUT-IL APPLIQUER LA TAXE ?
La première préoccupation de votre Commission a été
l’étudier à quel stade : importation, matière première, ou
fabrication, doit être établie la taxation, et s’il y a lieu d’appli-
quer en cela la même méthode à toutes les industries.
De l’enquête que nous avons menée auprès des industries
intéressées, il ressort qu’à priori, il y a une tendance à désirer
la solution la plus simple qui consiste à taxer la matière
première à l’occasion de son importation, ou de sa production
en France si la matière première est française.
Cette solution serait simple, présenterait peu de difficultés
d'application, et son contrôle en serait facile ; mais elle ne
permet pas de profiter des avantages que nous avons énumérés
aux troisième et quatrième alinéas qui précèdent : protection
à l’entrée, exonération à la sortie.
En effet, comment calculer la protection qui doit être
accordée à un produit fabriqué si c’est sa matière première
seule qui est taxée ? Et comment exonérer à la sortie un
produit fabriqué pour la taxe qui a frappé ses matières
premières ?
Comme ce sont là pour le commerce et l’industrie les deux
avantages principaux de la taxe unique, il faut rechercher une
méthode qui permette d’en profiter, et cette méthode est de
lrapper de la taxe unique le produit fabriqué au moment où il
est terminé et où il sort de l’usine,
Certains ont proposé d’associer les deux systèmes en taxant
d’une part les matières premières d’un droit faible, puis l’objet
fini au moment où il sort de l’usine pour être livré au com-
merce ou à la consommation. Cette méthode ne laisse qu’une
4. LA TAXE A LA PRODUCTION