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En cette matière comme en bien d’autres, un problème bien
éclairé est à moitié résolu. Efforçons-nous de comprendre
d’abord en quoi consistent ces deux méthodes. Voyons ensuite
leurs inconvénients et leurs avantages, et nous aboutirons
peut-être à une conclusion qui ne saurait laisser indifférents
les Pouvoirs Publics, quand elle représente l’opinion d’un
Groupement qui, comme le nôtre, parle au nom d’une portion
considérable du commerce extérieur français.
STABILISATION
La stabilisation d’une monnaie, au sens où nous l’entendons
et où elle vient d’être pratiquée en Belgique, c’est le rétablis-
sement de la convertibilité-or du billet, mais à un taux qui n’est
pas le taux ancien.
Le billet de banque de cent francs portant la signature de la
Banque de France était racheté par elle, avant guerre à présen-
tation, cinq louis d’or.
La stabilisation à Ia parité de 125 francs la livre par exem-
ple veut dire que la Banque reprendra le rachat à présentation
de ses billets, mais qu’au lieu de cinq louis elle n’en donnera
qu’un.
Il va sans dire que nous présentons l’opération en raccourci,
mais qu’elle peut comporter des modalités diverses, telles que
la création d’une nouvelle monnaie, la limitation du change
fixe aux opérations de commerce extérieur, ete…, mais son
essence est bien celle que nous indiquons : échange illimité des
billets contre un poids d’or inférieur au poids d’or qui était
donné avant-guerre en rachat du même billet.
CONSEQUENCES DE LA STABILISATION
En supposant la stabilisation réussie, et nous verrons plus
loin que c’est une œuvre délicate, ses conséquences sont mul-
tiples.
Sauf conventions contraires, la nouvelle valeur du billet
désormais constante, mais diminuée, règle l’exécution de tous
les engagements. Toujours en supposant la base 125 pour la
livre, l’Etat au lieu de payer ses rentes en billets de 100 francs
valant chacun 100 francs-or, ou par exemple vingt journées de
7. STABILISATION OU REVALORISATION