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intérieurs s’obtient tout aussi sûrement par la stabilisation et
la prime à l’exportation artificielle, dont il est bien douteux
d’ailleurs qu’il faille se réjouir, disparaît dans un cas comme
dans l’autre.
Mentionnons en passant que l’on peut être optimiste, au
moins relativement, même sur ce terrain.
Protégée par la merveilleuse harmonie de ses productions,
par sa lenteur d’évolution économique, par l’accumulateur que
constitue la main-d’œuvre étrangère qu’elle emploie, par la
complexité de ses impôts même, la France traversera cette
période avec une aisance relative.
Difficulté de concilier l’activité économique nécessaire avec
l’instabilité prolongée de la période de revalorisation. — Nous
avons vu le besoin qu’a le pays de retrouver un étalon de
valeur et il est pénible de voir s'éloigner la perspective de dis-
poser d’une monnaie stable et de n’avoir devant soi qu’une
longue période d’incertitude, car si nous affirmons que la reva-
lorisation est possible, nul ne peut prévoir le temps qu’il faudra
pour parcourir le chemin,
Que de ruines à chaque fluctuation de la monnaie, et qu’il
est pénible de se sentir longtemps encore manœuvrés par des
spécialistes de cet agiotage dont tant de commerçants sont
victimes !
Injustice. — Enfin, si les situations anciennes sont respec-
lées, si notamment les créanciers de PEtat, les obligataires
anciens de villes, ou de chemins de fer, ou de Sociétés indus-
trielles s’acheminent vers'une juste restitution, les situations
des créanciers et des débiteurs récents peuvent se voir à leur
tour injustement bouleversées.
Voici, Messieurs, loyalement exposées les caractéristiques et
les conséquences des deux systèmes que vous voyez prôner ou
critiquer dans tant d’articles et de discours.
On peut presque résumer, avec les imperfections que com-
porte un raccourci de ce genre, en disant que ceux qui ont
plutôt en vue les activités nouvelles des particuliers ‘sont
favorables à la stabilisation définitive et prompte, en risquant
les dangers financiers et moraux qu'elle comporte, et que ceux
qui ont plutôt en vue le maintien du crédit de l’Etat, le réta-
blissement d’un harmonieux édifice national et un maximum
de solidité du corps social, sont en faveur de la revalorisation