Full text: Compte rendu des travaux de la Chambre Syndicale pendant lʹannée 1926

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Je sais que de dures crises jalonnent cette voie montante, 
je n’ignore pas que le manque de compréhension des vérités 
monétaires entraînera, notamment au point de rencontre du 
coût de la vie et de la valeur de la monnaie, une période de 
grave malaise. Mais, nous nous efforcerons tous de voir, à 
travers ces tristesses momentanées, la reprise de cette marche 
en avant qui conduit au mieux être général par l’enrichisse- 
ment de la nation. 
Malgré les détours où_m'’entraîne cette causerie, je n’oublie 
pas mon « leitmotiv » : vous donner confiance dans la vie qui 
s’ouvre devant vous. 
Nous avons vu que vous pouviez avoir confiance en vous 
et confiance dans le pays, mais, pour réussir, il faut encore 
autre chose : il faut aimer son travail. La joie seule permet 
l’ouvrage parfait et apporte à l’entreprise la poussée intérieure 
qui la fait sortir du rang. On pourrait presque dire, paraphra- 
sant à peine la belle apostrophe d’un grand orateur politique, 
que « la joie seule est créatrice ». 
C’est un grand moraliste qui écrivait : « L'accomplissement 
« du devoir est peu de chose ; le devoir s'impose sous des 
« sanctions sûres — il faut l’aimer — et quand l’amour et 
« le devoir se rencontrent, alors naissent les réalisations et 
« s’affirme le bonheur ». 
Mais, pour aimer son travail, il faut Pestimer, avoir foi en 
son ulilité intrinsèque, ne pas croire que l’on vit on parasite 
social, par je ne sais quelle rouerie constamment couronnée de 
succès. Et pour vous tous, nos collaborateurs, peut-être nos 
confrères de demain, je voudrais tenter une réhabilitation du 
rôle moral des affaires, justifier la fierté que vous devez res- 
sentir du genre de vie où vous placérent les cireonstances, un 
des plus nobles, je le prétends, qui soit donné à un-homme, 
en l’état actuel de la civilisation. 
Que de sarcasmes dans la littérature, que de imépris encore 
latent dans les mœurs, pour l’industriel et le négociant : « Les 
affaires c’est l’argent des autres > — « Le gendre de Monsieur 
Poirier »>.— et la plus venimeuse de toutes les allusions mépri- 
santes, cette affirmation que « Les affaires sont les affaires », 
c’est-à-dire qu’elles comportent une morale à part qui n’est pas 
celle de tout le monde et en tout cas pas celle des honnêtes 
gens. 
Cette double calomnie que l’homme d’affaires est un homme 
inférieur et quelque peu taré, pèse lourdement sur l’histoire
	        
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