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sang français dans les veines, qui a suivi les mêmes traditions,
ayant le mème idéal, serait un homme qui ne pourrait pas
donner dans ses jugements arbitraux la preuve d’une
zonscience qui s’exprime librement et honnêtement (A pplau-
dissements).
Et puis, disait Rigaud, le juge est impartial ; il n’en est pas
de même de l’arbitre. L’arbitre, la plupart du temps, est dési-
gné par les parties ; il défend donc la cause de son client plutôt
zomme un avocat que comme un juge. Laissez-moi d’abord
vous faire remarquer — et nous en reparlerons tout à l’heure,
à propos de la désignation des arbitres, de leur sélection, de
‘eur mode d’élection -— laissez-moi d’abord vous dire que si
plus tard — je ne dis pas tout de suite parce que je crois que
ce serait imprudent — au lieu de laisser nommer les arbitres
par les parties on les faisait désigner par l’impartialité du Pré-
sident de la Chambre Arbitrale, cet argument tomberait de
ui-même puisque, en réalité, les arbitres ainsi désignés
n’auraient aucune apparence d’intérêt personnel.
Mais tout de même, soyons pratiques et reconnaissons donc
une chose : c’est que devant le juge il y a aussi des avocats
Jui plaident, l’un pour, l’autre contre. Je vois- devant moi des
maîtres éminents du Barreau dont le talent est égal à la
conscience et je ne pense pas être contredit si je déclare qu’en
toute sécurité un avocat peut défendre mordicus la cause de son
:lient, ne fut-ce que parce qu’il peut toujours faire valoir les
points faibles de la thèse de son adversaire. De même je ne vois:
bas grand mal à ce que les arbitres désignés par Pune des
parties prennent la défense chacun de celle qui l’a nommé.
Quant à la dernière allégation quê les commerçants fonction-
nant comme arbitres ont peur des responsabilités qu’ils
sraindront de se faire des ennemis, l’expérierice a constamment
démontré que pour se livrer à notre genre d’occupations et
d’amusements il faut avoir du tempérament et de la résistance,
>t même (souvenez-vous de la guerre) du courage ! Je ne crois
sas que ces hommes qui à tout instant doivent lutter contre les
difficultés toujours grandissantes de la situation économique,
se préoccuper de l’affrètement, de la hausse brusque ou de la
paisse inattendue et quelquefois irrationnelle des denrées, qui
loivent envisager quel sera le change ct examiner les prévisions
sur lesquelles ils doivent tabler, je ne crois pas, dis-je, que ces
rommes d’affaires soient d’une nature telle qu’ils aient peur de
léclarer, par exemple, que tel blé ou telle denrée ont été livrés
2. LA CLAUSE COMPROMISSOIRE