Full text: Compte rendu des travaux de la Chambre Syndicale pendant lʹannée 1926

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sang français dans les veines, qui a suivi les mêmes traditions, 
ayant le mème idéal, serait un homme qui ne pourrait pas 
donner dans ses jugements arbitraux la preuve d’une 
zonscience qui s’exprime librement et honnêtement (A pplau- 
dissements). 
Et puis, disait Rigaud, le juge est impartial ; il n’en est pas 
de même de l’arbitre. L’arbitre, la plupart du temps, est dési- 
gné par les parties ; il défend donc la cause de son client plutôt 
zomme un avocat que comme un juge. Laissez-moi d’abord 
vous faire remarquer — et nous en reparlerons tout à l’heure, 
à propos de la désignation des arbitres, de leur sélection, de 
‘eur mode d’élection -— laissez-moi d’abord vous dire que si 
plus tard — je ne dis pas tout de suite parce que je crois que 
ce serait imprudent — au lieu de laisser nommer les arbitres 
par les parties on les faisait désigner par l’impartialité du Pré- 
sident de la Chambre Arbitrale, cet argument tomberait de 
ui-même puisque, en réalité, les arbitres ainsi désignés 
n’auraient aucune apparence d’intérêt personnel. 
Mais tout de même, soyons pratiques et reconnaissons donc 
une chose : c’est que devant le juge il y a aussi des avocats 
Jui plaident, l’un pour, l’autre contre. Je vois- devant moi des 
maîtres éminents du Barreau dont le talent est égal à la 
conscience et je ne pense pas être contredit si je déclare qu’en 
toute sécurité un avocat peut défendre mordicus la cause de son 
:lient, ne fut-ce que parce qu’il peut toujours faire valoir les 
points faibles de la thèse de son adversaire. De même je ne vois: 
bas grand mal à ce que les arbitres désignés par Pune des 
parties prennent la défense chacun de celle qui l’a nommé. 
Quant à la dernière allégation quê les commerçants fonction- 
nant comme arbitres ont peur des responsabilités qu’ils 
sraindront de se faire des ennemis, l’expérierice a constamment 
démontré que pour se livrer à notre genre d’occupations et 
d’amusements il faut avoir du tempérament et de la résistance, 
>t même (souvenez-vous de la guerre) du courage ! Je ne crois 
sas que ces hommes qui à tout instant doivent lutter contre les 
difficultés toujours grandissantes de la situation économique, 
se préoccuper de l’affrètement, de la hausse brusque ou de la 
paisse inattendue et quelquefois irrationnelle des denrées, qui 
loivent envisager quel sera le change ct examiner les prévisions 
sur lesquelles ils doivent tabler, je ne crois pas, dis-je, que ces 
rommes d’affaires soient d’une nature telle qu’ils aient peur de 
léclarer, par exemple, que tel blé ou telle denrée ont été livrés 
2. LA CLAUSE COMPROMISSOIRE
	        
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