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Ces taux sont basés sur plus de vingt-cinq ans d’expérience,
comprenant deux périodes de guerre, trois périodes de crises et
deux périodes de prospérité.
Le cycle entier des affaires a été complété deux fois. com-
srenant deux désastres extraordinaires.
Durant cette période de plus de vingt-cinq ans, les Compa-
gnies ont compilé, classifié et interprété l’expérience de milliers
d’industriels, commerçants, négociants aux Etats-Unis, le détail
des ventes aux catégories d’acheteurs différemment cotés, le
pourcentage des pertes par rapport aux ventes effectuées ou
AUX primes reçues.
Les polices américaines prennent en considération le risque
total encouru par le proposant, en raison de son chiffre d’af-
aires, qui est pris comme base de calcul de la prime. Elles
couvrent contre un certain coefficient (de 70 à 90 % en général)
de la perte nette totale subie du fait de l’insolvabilité de l’un
quelconque ou de plusieurs des clients de l’assuré, en excédent
ioutefois d’une certaine perte considérée comme normale. Les
assureurs américains considèrent, à juste titre en effet, que
loute activité commerciale implique des pertes, à peu près les
mêmes d’année en année, en période normale, et si on les
envisage sur un nombre suffisant d’années, Il leur paraît donc
tout à fait inutile de couvrir des pertes que chaque industriel
peut à peu près exactement chiffrer en s’en rapportant à son
:xpérience des années précédentes.
Le but de l'assurance est de couvrir des pertes, au contraire,
essentiellement ancrmales et pour ainsi dire impossibles à
prévoir par chacun isolément, résultant des causes générales
Jue nous avons étudiées,
Ainsi, une première perte, appelée perte normale, évaluée
dans chaque industrie d’après les statistiques des pertes subies
en période normale, par la moyenne des individus, une pre-
mière perte, disons-nous, est laissé» à la charge de l’assuré.
Mais l'assuré, couvert contre l’excédent de cette perte nor-
male, est-il libre d’octroyer des crédits à sa volonté, et n’y-a-t-il
pas à craindre des abus de sa part ? Les Américains ont pourvu
à cette objection par des limitations des crédits.
Ces limites sont fixées dans des cotes de crédits établies par
les agences commerciales de renseignements Dun et Bradstreet.
Ces cotes donnent : 1° Une appréciation de la valeur morale des
différentes firmes américaines, basées sur le passé de ces
firmes, leur réputation commerciale ; 2° une appréciation du
-apital des moyens financiers de ces firmes d’après les figures
10. L’ASSURANCE-CREDIT