Full text: Compte rendu des travaux de la Chambre Syndicale pendant lʹannée 1926

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Ces taux sont basés sur plus de vingt-cinq ans d’expérience, 
comprenant deux périodes de guerre, trois périodes de crises et 
deux périodes de prospérité. 
Le cycle entier des affaires a été complété deux fois. com- 
srenant deux désastres extraordinaires. 
Durant cette période de plus de vingt-cinq ans, les Compa- 
gnies ont compilé, classifié et interprété l’expérience de milliers 
d’industriels, commerçants, négociants aux Etats-Unis, le détail 
des ventes aux catégories d’acheteurs différemment cotés, le 
pourcentage des pertes par rapport aux ventes effectuées ou 
AUX primes reçues. 
Les polices américaines prennent en considération le risque 
total encouru par le proposant, en raison de son chiffre d’af- 
aires, qui est pris comme base de calcul de la prime. Elles 
couvrent contre un certain coefficient (de 70 à 90 % en général) 
de la perte nette totale subie du fait de l’insolvabilité de l’un 
quelconque ou de plusieurs des clients de l’assuré, en excédent 
ioutefois d’une certaine perte considérée comme normale. Les 
assureurs américains considèrent, à juste titre en effet, que 
loute activité commerciale implique des pertes, à peu près les 
mêmes d’année en année, en période normale, et si on les 
envisage sur un nombre suffisant d’années, Il leur paraît donc 
tout à fait inutile de couvrir des pertes que chaque industriel 
peut à peu près exactement chiffrer en s’en rapportant à son 
:xpérience des années précédentes. 
Le but de l'assurance est de couvrir des pertes, au contraire, 
essentiellement ancrmales et pour ainsi dire impossibles à 
prévoir par chacun isolément, résultant des causes générales 
Jue nous avons étudiées, 
Ainsi, une première perte, appelée perte normale, évaluée 
dans chaque industrie d’après les statistiques des pertes subies 
en période normale, par la moyenne des individus, une pre- 
mière perte, disons-nous, est laissé» à la charge de l’assuré. 
Mais l'assuré, couvert contre l’excédent de cette perte nor- 
male, est-il libre d’octroyer des crédits à sa volonté, et n’y-a-t-il 
pas à craindre des abus de sa part ? Les Américains ont pourvu 
à cette objection par des limitations des crédits. 
Ces limites sont fixées dans des cotes de crédits établies par 
les agences commerciales de renseignements Dun et Bradstreet. 
Ces cotes donnent : 1° Une appréciation de la valeur morale des 
différentes firmes américaines, basées sur le passé de ces 
firmes, leur réputation commerciale ; 2° une appréciation du 
-apital des moyens financiers de ces firmes d’après les figures 
10. L’ASSURANCE-CREDIT
	        
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